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Avenir de l'aéroport d'Orly et retrait d'Air France de la plateforme aéroportuaire

Question orale sans débat de M. Pascal Savoldelli - Économie, finances, souveraineté industrielle et numérique

Question de M. Pascal Savoldelli,

Diffusée le 22 novembre 2023

M. Pascal Savoldelli interroge M. le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique au sujet de l'avenir de l'aéroport d'Orly et du retrait d'Air France de la plateforme aéroportuaire.

Le 18 octobre dernier, la direction du groupe Air France annonçait son retrait total de l'aéroport d'Orly, au profit du développement de la filiale « bas coût » du groupe Air France - KLM, Transavia.

Ce transfert représente le départ de 1000 emplois. À cela il faut ajouter le départ des emplois induits, estimés à 1 pour 5. Soit un total de 6 000 emplois sur la plateforme aéroportuaire. Il estime que cela constituerait une catastrophe économique pour le Val-de-Marne comme pour l'ensemble du sud francilien.

Aussi, il précise que le retrait d'Air France pose la question même de l'avenir de l'aéroport d'Orly. Deuxième aéroport français et douzième européen en nombre de passagers, Orly est aujourd'hui l'aéroport le plus dynamique d'Île-de-France avec 25 millions de passagers sur les trois premiers trimestres de l'année 2023, soit une hausse de 14,5% par rapport à l'année précédente.

Cette dynamique repose sur une diversité d'activité allant de la présence d'Air France Industrie (maintenance et réparations moteurs) à proximité, au développement des vols « bas coûts » (57%), mais aussi au développement des longs courriers ces dernières années avec l'ouverture de lignes nouvelles notamment vers le continent américain.

Le retrait d'Air France constitue ainsi un risque considérable pour cet équilibre, alors même que la place de l'aéroport d'Orly comme hub majeur avait été confirmée à plusieurs reprises ces dernières années.

Il l'interroge donc sur les mesures qu'il compte prendre pour garantir l'avenir de l'aéroport d'Orly, qui passe par le maintien des activités et des emplois d'Air France sur la plateforme aéroportuaire.

Réponse - Agriculture et souveraineté alimentaire

Diffusée le 18 janvier 2024

M. le président. La parole est à M. Pascal Savoldelli, auteur de la question n° 939, adressée à M. le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.

M. Pascal Savoldelli. Monsieur le ministre, le 18 octobre dernier, la direction du groupe Air France annonçait son retrait total de l'aéroport d'Orly, un choix qui profiterait à Transavia, filiale low cost du groupe.

Ce transfert aurait pour conséquence le départ de 600 à 1 000 emplois d'Orly, sans compter les emplois induits, estimés à 1 pour 5. Cela conduirait - permettez-moi l'expression, monsieur le ministre - à un véritable « désarmement économique » du Val-de-Marne et du sud francilien.

L'État est le premier actionnaire d'Air France. Il lui alloue en outre des subventions au titre de sa mission de continuité territoriale. Pourtant, pas une seule fois le Gouvernement ne s'est exprimé.

Deuxième aéroport français et douzième aéroport européen, Orly est l'aéroport le plus dynamique d'Île-de-France et la passerelle avec les outre-mer. Cette dynamique fragile repose sur une diversité d'activités : présence d'Air France, industries à proximité, croissance des vols à bas coût et développement des longs courriers.

L'argument des économies après regroupement d'activité ne tient pas. Le potentiel d'Orly continue de s'accroître. Des compagnies privées sans mission de service public sont avides de récupérer des lignes, y compris pour la Corse.

J'en viens donc à mes deux questions, monsieur le ministre.

Le Gouvernement entend-il maintenir les emplois et les lignes d'Air France à Orly ?

Quelle est la vision stratégique du Gouvernement pour l'avenir de l'aéroport d'Orly ?

M. le président. La parole est à M. le ministre.

M. Marc Fesneau, ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire. Monsieur le sénateur Savoldelli, je vous remercie de votre question qui me permettra d'apporter un certain nombre d'éclairages au sujet du groupe Air France-KLM, qui est un opérateur important de l'aéroport d'Orly.

Ce projet se fonde d'abord sur un constat simple : la demande des vols sur le réseau national s'est effondrée depuis la crise sanitaire, du fait principalement de l'attractivité du train et du développement du travail en distanciel, ce qui entraîne des pertes importantes pour Air France, alors même qu'Orly, et c'est un atout, sera relié au centre de Paris grâce au prolongement de la ligne 14 du métro, qui sera inauguré en juin.

Basculer les vols interrégionaux opérés par Air France d'Orly vers Roissy présente également l'intérêt d'offrir un meilleur accès au réseau international à un certain nombre de nos concitoyens qui ne résident pas en Île-de-France.

Pour autant, comme vous l'avez indiqué, monsieur le sénateur, l'ensemble des créneaux aujourd'hui opérés par Air France seront repris par Transavia.

Je souhaite par ailleurs au nom du Gouvernement vous apporter trois garanties.

D'abord sur l'emploi, car 500 emplois étant concernés, y compris au sol, ce sujet est absolument crucial. Ce projet ne prévoit aucun licenciement et l'État sera très attentif aux solutions de reclassement offertes à l'ensemble de ces salariés franciliens.

Ensuite, l'activité à Orly continuera de bénéficier de la croissance de Transavia, qui a annoncé l'ouverture de quatorze nouvelles lignes en 2024, ainsi que du remplacement intégral de la flotte par de nouveaux appareils A320neo de dernière génération, qui présentent l'avantage non négligeable d'être plus propres et plus silencieux, et dont le premier exemplaire été livré à Orly il y a tout juste une semaine.

Enfin, pour ce qui est de la desserte du territoire, la direction d'Air France s'est engagée à maintenir 90 % de l'offre existante sur le réseau national et le groupe continue d'avoir des discussions avec les élus locaux sur les modalités précises de mise en oeuvre de cet engagement pour prendre en compte au mieux la situation difficile de certaines destinations.

M. le président. La parole est à M. Pascal Savoldelli, pour la réplique.

M. Pascal Savoldelli. Monsieur le ministre, vous nous dites que le réseau national s'est effondré. Je conteste cette affirmation, car chacun sait qu'il faut tenir compte de la période de la crise de la covid-19 ; or votre raisonnement - du moins celui d'Air France - s'appuie sur les chiffres de 2019.

J'ai bien noté votre engagement en matière d'emploi et le fait que le projet ne prévoyait aucun licenciement. Toutefois, on mesure d'emblée les nombreux problèmes qui se poseront et qui porteront notamment sur les trajets ou sur le transport vers l'aéroport.

Vous mentionnez à juste titre, la ligne 14, monsieur le ministre. L'État vient d'y investir 400 millions d'euros, sans compter les 3 milliards d'euros pour l'arrivée du métro au mois de juin 2024.

Je vous avoue que je suis très inquiet face à la concurrence que risque de subir Air France de la part d'autres compagnies, y compris sa filiale Transavia, qui chercheront à prendre sa place et à bénéficier du réseau de transport exceptionnel, financé par l'argent public, qui permettra de relier l'aéroport au centre de Paris.

J'ai une pensée pour les populations ultramarines, qui ont une histoire avec Orly. Celle-ci n'est pas seulement liée aux lignes aériennes, mais elle a aussi une dimension sociale et humaine.

Monsieur le ministre, je vous invite à traiter le sujet avec la plus grande attention, de manière que l'on ne vienne pas nous dire, dans plusieurs années, que l'aéroport d'Orly a été vendu au secteur privé comme un aéroport low cost.

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