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Crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi et distorsion de concurrence

Question écrite de Mme Patricia Schillinger - Finances et comptes publics

Question de Mme Patricia Schillinger,

Diffusée le 13 juillet 2016

Mme Patricia Schillinger attire l'attention de M. le ministre des finances et des comptes publics sur les distorsions de concurrence introduites par le crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE) entre les organismes selon qu'ils poursuivent un but lucratif ou non.

Si en principe les organismes non lucratifs n'ont pas vocation à entrer en concurrence avec des sociétés commerciales, et ne sont donc pas censés souffrir de l'absence du soutien public que représente le CICE, dans bien des secteurs la réalité est différente.

Ainsi, il n'est pas rare de voir de plus en plus d'organismes appartenant au secteur privé lucratif entrer dans des secteurs relevant jusque-là, uniquement, du monde associatif à but non lucratif (établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD), garde d'enfant, services à la personne…).

Un rapport parlementaire en date du 2 octobre 2014 évaluait à l'époque l'avantage offert par le CICE au secteur privé lucratif à environ 1 milliard d'euros.

Si l'abattement portant sur la taxe sur les salaires qui a plus que triplé lors de la loi n° 2012-1510 du 29 décembre 2012 de finances rectificative pour 2012 va dans le sens du soutien à la vie associative, celui-ci ne vise en réalité que de très petites associations ; aussi, pour les associations les plus grosses qui constituent 80 % des emplois, l'abattement sur la taxe portant sur les salaires est moins avantageux qu'une mise en œuvre théorique du CICE.

En conséquence, elle lui demande ce que le Gouvernement entend mettre en œuvre afin de rétablir l'égalité de traitement entre les secteurs lucratifs et non lucratifs.

Réponse - Économie et finances

Diffusée le 8 mars 2017

Le crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE) a été institué par l'article 66 de la loi n°  2012-1510 du 29 décembre 2012 de finances rectificative pour 2012. Prévu à l'article 244 quater C du code général des impôts (CGI), ce dispositif bénéficie aux entreprises imposées d'après leur bénéfice réel et soumises à l'impôt sur les bénéfices (impôt sur les sociétés et impôt sur le revenu).

L'ensemble des entreprises employant des salariés peut en bénéficier, quel que soit leur secteur d'activité et quel que soit leur mode d'exploitation. Les organismes qui ne se livrent pas à des activités lucratives sont placés hors du champ des impôts commerciaux et ne peuvent dès lors pas prétendre au bénéfice du CICE.

En revanche, en application des dispositions de l'article 231 du CGI, ces organismes sont soumis à la taxe sur les salaires (TS) à raison des rémunérations qu'ils versent à leurs salariés, lorsqu'ils ne sont pas assujettis à la TVA ou l'ont été sur moins de 90 % de leur chiffre d'affaires ou de leurs recettes au titre de l'année civile précédant celle du paiement des rémunérations.

Parmi ces organismes figurent notamment des associations, des mutuelles et des établissements des secteurs de la santé et de l'action sociale, qui n'ont pas bénéficié d'une baisse de charges dans les conditions identiques au CICE. Conscient de l'importance de ces organismes, qui participent au maintien dans notre pays d'un tissu sanitaire et social de premier rang, et après une étude approfondie de cette question, le Gouvernement a annoncé le 7 octobre 2016 la création, dans le cadre de la loi de finances pour 2017 (cf. art. 88 de la loi n°  2016-1917 du 29 décembre 2016 de finances pour 2017), d'un crédit d'impôt de taxe sur les salaires (CITS) au bénéfice notamment des associations, dans le but de soutenir l'emploi au sein du modèle associatif et conserver ainsi au sein de l'économie française un modèle original de développement qui allie performance économique et action collective désintéressée de citoyens ayant choisi délibérément de consacrer de leur temps à une cause.

L'abattement de taxe sur les salaires, adopté en 2013, avait constitué un premier pas pour soutenir l'accroissement de l'emploi dans les structures éligibles. La création à compter du 1er janvier 2017, au bénéfice des employeurs redevables de la taxe sur les salaires (TS), d'un crédit d'impôt égal à 4 % des rémunérations (n'excédant pas deux fois et demie le SMIC) qu'ils versent à leurs salariés au cours de l'année civile vient compléter le dispositif.

Ce crédit bénéficie non seulement aux associations, dont il est rappelé qu'elles employaient 1 886 150 salariés en 2012, pour une masse salariale de 44 Mds€ et 65 Mds€ de valeur ajoutée produite, mais aussi aux fondations reconnues d'utilité publique, aux centres de lutte contre le cancer ainsi qu'aux syndicats professionnels et aux mutuelles mentionnées à l'article 1679 A du code général des impôts.

Il permet de rétablir une forme d'équité de traitement entre acteurs en baissant le coût du travail et en encourageant l'emploi pour les organismes privés non lucratifs qui ne peuvent pas bénéficier du CICE et répond précisément aux préoccupations exprimées par l'auteur de la question.

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