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Crise du cinéma français

Question au Gouvernement de - Culture

Question de ,

Diffusée le 11 mai 2000

M. le président. La parole est à Mme Pourtaud.

Mme Danièle Pourtaud. Ma question s'adresse à Mme la ministre de la culture et de la communication.

Madame la ministre, le cinquante-troisième festival de Cannes s'est ouvert cette année sur ce qu'un grand quotidien du

soir a appelé « la crise du cinéma français ».

Je préfère souligner quant à moi que la France est l'un des rares pays à avoir encore une industrie du cinéma bien

vivante, puisque 189 films ont été produits en 1999 dans notre pays, et qu'il y en a quatre en compétition à Cannes. La

politique volontariste initiée par Jack Lang voilà bientôt vingt ans n'y est certainement pas étrangère.

Mais on ne peut pas pour autant considérer que tout va bien.

J'ai pour ma part trois grandes inquiétudes.

Ma première inquiétude, c'est la désaffection du public pour les films français.

En 1999, seulement 30 % des Français qui sont allés au cinéma ont choisi un film français, alors que la production

nationale représentait plus de 50 % de parts de marché en 1981. Certes, Astérix a réuni 9 millions de spectateurs,

mais, sur les 180 films français sortis en salle, seulement 23 ont dépassé les 500 000 entrées et près d'un tiers ont

réalisé moins de 25 000 entrées.

Ma deuxième inquiétude concerne la concentration de la distribution.

L'explosion des multiplexes et leurs pratiques commerciales...

M. Gérard Larcher. Tout à fait !

Mme Danièle Pourtaud. ... comme le lancement de la carte d'abonnement d'UGC menacent le réseau des salles

indépendantes... lorsqu'elles existent encore.

M. Gérard Larcher. C'est vrai !

Mme Danièle Pourtaud. Or, si les multiplexes ont certainement contribué à attirer les jeunes vers le cinéma, il n'en

reste pas moins que leur programmation laisse peu de place au cinéma français.

J'en donnerai deux exemples : UGC a sorti, en 1999, vingt-trois films, dont dix-sept américains, et Gaumont dix-huit

films, dont quinze américains et trois français. Il est clair que les autres films français ont besoin des salles

indépendantes pour rencontrer leur public.

M. Serge Vinçon. Tout à fait !

Mme Danièle Pourtaud. Enfin, ma troisième inquiétude porte sur les effets pervers de notre système d'aides. Je ne

citerai que l'un d'entre eux, mais d'autres pourraient être mis en évidence.

Sur les 180 films français sortis en 1999, un sur trois est un premier film. Malheureusement, dans 60 % des cas, c'est

aussi le dernier.

Pendant des années, nous avons mis l'accent sur le soutien aux jeunes réalisateurs. C'est effectivement très important.

Mais on doit, me semble-t-il, s'interroger en constatant que seul un réalisateur sur trois fera un deuxième film et

seulement un sur trente un troisième.

M. le président. Merci de poser votre question, madame le sénateur !

Mme Danièle Pourtaud. Madame la ministre, quelles sont vos pistes de réflexion sur ces divers problèmes ?

Réponse - Culture

Diffusée le 11 mai 2000

M. le président. La parole est à Mme le ministre.

Mme Catherine Tasca, ministre de la culture et de la communication. Madame la sénatrice, vous avez évoqué la crise

du cinéma français et vous vous posez de nombreuses questions sur l'avenir de celui-ci. Si je comprends vos

interrogations, je partage moins vos inquiétudes.

Certes, il y a des raisons de s'interroger : citons la crise relative de la fréquentation des salles pendant plusieurs

années, le poids considérable, voire excessif, du cinéma américain, les relations complexes, et souvent conflictuelles,

entre la télévision et le cinéma, et, enfin, l'inquiétude légitime face à l'inconnu que représentent certaines évolutions

techniques et économiques.

Pourtant, je suis revenue du festival de Cannes, où j'accompagnais le Premier ministre, qui a clos un colloque

international sur l'avenir du cinéma, raisonnablement optimiste, et même confiante dans l'avenir, car le cinéma français,

vous l'avez d'ailleurs souligné vous-même, est bien vivant et en bonne santé.

En effet, il est abondant et varié : 180 films ont été produits dans notre pays en 1999, parmi lesquels on trouve aussi

bien la Jeanne d'Arc de Luc Besson que Vénus beauté institut de Tonie Marshall ou encore La Vie rêvée des anges

d'Erick Zonca, pour citer de jeunes réalisateurs. Outre les quatre films présentés à Cannes en sélection officielle,

quelque vingt autres films sont présentés dans le cadre de la Quinzaine des réalisateurs et dans la section « Un certain

regard ».

Par ailleurs, depuis quelques années, nous assistons à la remontée de la fréquentation en salle, ce qui est la seule

véritable réponse du public. En 1999, c'est une fréquentation de 33 % qui répondait à l'offre de films français.

Bien entendu, je mesure, comme vous, les défis auxquels est confronté aujourd'hui le cinéma français.

Rappelons simplement que, tout au long de son histoire, le cinéma a su s'adapter, et même s'enrichir, des défis

technologiques, je pense à l'avènement du parlant et à l'arrivée de la couleur. L'arrivée du numérique peut également - je

le pense et c'était le point de vue des professionnels à Cannes - être une grande chance pour l'évolution économique,

technique et même esthétique du cinéma sur les plans. Il est vrai que nous devrons encadrer cette numérisation sur le

plan juridique pour qu'elle ne nuise pas, en particulier, aux droits d'auteur.

Nous aurons aussi à nous préoccuper des risques de la concentration financière, qui est considérable dans ce

domaine. Je tiens à vous dire que nous le ferons.

Aujourd'hui, mon souci est de prendre toutes les mesures susceptibles d'appuyer ce qui a toujours été l'axe de la

politique des pouvoirs publics, notamment de notre gouvernement, à l'égard du cinéma, à savoir le soutien de la

diversité.

M. le président. Merci de conclure, madame le ministre.

Mme Catherine Tasca, ministre de la culture et de la communication. S'agissant de la production, nous le ferons par

une révision des mécanismes d'aides.

S'agissant de l'exploitation - c'était votre dernière préoccupation, à laquelle je tiens à répondre - j'ai réagi, vous le savez,

au lancement de la carte UGC. Nous devons, certes, répondre à l'appétit des publics, notamment des jeunes, par des

politiques tarifaires dynamiques ; mais nous devons aussi, et je le ferai, soutenir l'existence d'un réseau diversifié,

indépendant et créatif de salles de diffusion du cinéma. (Applaudissements sur les travées socialistes ainsi que sur les

travées du groupe communiste républicain et citoyen.)

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