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Gestion par le conseil départemental du parc immobilier des casernes de gendarmerie

Question écrite de Mme Christine Bonfanti-Dossat - Intérieur

Question de Mme Christine Bonfanti-Dossat,

Diffusée le 14 avril 2021

Mme Christine Bonfanti Dossat attire l'attention de M. le ministre de l'intérieur, sur la gestion par le conseil départemental du parc immobilier des casernes de gendarmerie du Lot-et-Garonne. Comme dans de nombreux territoires, l'État préfère louer les casernes plutôt que d'en être propriétaire. Ce mode de fonctionnement demeure opportun pour l'État comme pour les collectivités locales tel que le conseil départemental qui a contractualisé avec un opérateur privé un bail emphytéotique administratif afin d'engager la construction de nouvelles casernes ou d'effectuer des travaux de rénovation conséquents sur le patrimoine existant.

Ce partenariat qui s'appuie sur une vision à long terme a besoin de stabilité dans les engagements si l'on veut maintenir le lien de confiance nécessaire afin de poursuivre les programmes d'investissement. Or, dans ce genre de dossier, la confiance repose sur la continuité des engagements financiers : par conséquent, les loyers payés par l'État au conseil départemental ne peuvent subir de baisse dans les années à venir alors même que, sur deux casernes, d'importants travaux de rénovation ont été menés à terme.

Si la direction générale des finances publiques confirmait son projet de baisse des loyers allant jusqu'à 25 %, sans communiquer les modes de calcul permettant d'apporter une réponse légitime à cette dévalorisation locative, ce fameux lien de confiance dans cette synergie contractuelle serait entaché.

Elle lui demande par conséquent de bien vouloir rassurer les acteurs locaux sur le maintien des loyers en vigueur entre l'État et le conseil départemental.

Réponse - Intérieur

Diffusée le 20 avril 2022

Le ministère de l'Intérieur est particulièrement attentif aux préoccupations des élus, et notamment de ceux qui œuvrent au bien-être matériel des forces de sécurité. Vous avez appelé l'attention du ministre de l'intérieur sur les difficultés liées à la conduite des contrats relatifs aux casernes de gendarmerie, qui ont été confiés à un opérateur privé au moyen d'un bail emphytéotique administratif.

Ces difficultés apparaissent dans la vie du contrat et tout particulièrement dans le cadre du renouvellement de bail de sous-location des locaux de gendarmerie par l'État. Le ministre souhaite tout d'abord remercier tous les élus et les collectivités pour l'attention qu'ils portent aux forces de l'ordre et singulièrement aux gendarmes.

Le choix de passer un contrat en BEA témoigne de la priorité donnée à l'entretien régulier des casernes au profit de nos concitoyens qui s'y rendent, et des gendarmes et de leurs familles qui y travaillent et y vivent. Vous soulignez l'écart qui se creuse lors du renouvellement de bail de sous-location des casernes par l'Etat.

Cette situation est liée au dispositif contractuel pour lequel deux contrats sont prévus et répondent à des logiques distinctes d'une part. Le contrat BEA-LOPSI constitue le support permettant le financement et l'acquisition d'un ensemble immobilier qui, à l'issue du bail, intégrera le patrimoine immobilier de la collectivité.

D'autre part, la prise à bail des locaux de gendarmerie par l'État est une simple location qui doit se conformer à la réglementation domaniale. Aussi il peut arriver que ces loyers, dont le montant est fixé par référence à la valeur locative réelle estimée par la direction générale des finances publiques, progressent moins vite que l'évolution du montant du contrat de BEA, qui obéit à une logique financière.

Cette situation peut conduire à des négociations longues lors du renouvellement du bail. Avec le ministre chargé des Comptes publics nous n'ignorons pas que ce différentiel peut peser de manière significative sur les budgets locaux. Ce dernier a d'ailleurs récemment réaffirmé sa détermination à avancer conjointement sur ce sujet et à mobiliser ses services.

C'est pourquoi suite aux conclusions rendues en juillet du groupe de travail interministériel mis en place fin 2019 et afin de rendre soutenable budgétairement l'écart entre les loyers, il a été décidé : dans une première phase, de la reprise du dialogue entre l'Etat et les collectivités pour proposer de nouvelles conditions financières de sous-location puis, dans une seconde phase et en cas d'échec, de l'accompagnement de la collectivité dans la perspective de négocier, voire de résilier le BEA.

La Direction de l'Immobilier de l'État (DGFiP), avec le concours de Fin Infra (mission de la direction du Trésor), propose donc aujourd'hui un accompagnement personnalisé de l'État aux collectivités territoriales, dès lors que ces dernières sont volontaires pour s'inscrire dans une telle démarche. En parallèle, la DIE a travaillé à une nouvelle méthode de détermination du loyer et d'évaluation de la valeur locative des casernes gendarmerie qui permettra à l'avenir d'éviter les problématiques d'écarts trop importants.

Le sujet de l'état du parc immobilier de la police et de la gendarmerie fera l'objet de travaux spécifiques dans les suites du Beauvau de la sécurité, conformément aux efforts prévus dans le cadre de la loi de finances 2022 et des réflexions portées dans le cadre de la futur loi de programmation du ministère.

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