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Gilets jaunes et colère sociale

Question au Gouvernement de Mme Esther Benbassa - Première ministre

Question de Mme Esther Benbassa,

Diffusée le 3 mai 2023

M. le président. La parole est à Mme Esther Benbassa, pour la réunion administrative des sénateurs ne figurant sur la liste d'aucun groupe. (Exclamations sur les travées du groupe Les Républicains.)

Mme Esther Benbassa. Ma question s'adresse à M. le ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion.

Monsieur le ministre, attendez-vous, comme le Président de la République, que les Français se lassent ou prennent peur ?

Violences et blessés, de part et d'autre, ne se comptent plus. Cela permet de remettre la sécurité au centre. Protéger les Français est certes un devoir, mais il en est un autre, que vous oubliez toujours : les entendre et leur répondre. C'est pourtant simple : ils ne veulent pas travailler deux ans de plus ! Mais leur colère a d'autres raisons encore, plus profondes, plus anciennes.

Je connais les « gilets jaunes » pour les avoir longtemps côtoyés dans les rues de Paris. (Exclamations sur les travées du groupe Les Républicains.) Or ils sont là, avec les autres, syndiqués ou pas, jeunes et vieux, le dépit en bandoulière, la rancune de leurs blessés déjà oubliés dans la tête. Tous, avec ou sans gilet, ont une seule exigence : vivre mieux.

Or vivre mieux, c'est aussi partir à la retraite à un âge qui permette d'en profiter vraiment et plus longtemps.

Mais vivre mieux, c'est aussi être traité autrement par ceux qui vous gouvernent. M. Macron peut se promener dans nos régions. S'il ne change pas, si le Gouvernement ne change, la colère ne retombera pas. Suffit-il de remercier dans un tweet les travailleurs pour se rapprocher d'eux ? La Ve République est à l'agonie. Votre exercice ultra-vertical du pouvoir la tue. Le RN, lui, vous remercie.

Monsieur le ministre, quand admettrez-vous qu'il faut négocier et que négocier, quand la colère est si grande, c'est aussi savoir céder ? Quand céderez-vous sur un texte inutile et injuste ? Céder n'est pas forcément perdre. (M. Daniel Breuiller applaudit.)

Réponse - Travail, plein emploi et insertion

Diffusée le 3 mai 2023

M. le président. La parole est à M. le ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion.

M. Olivier Dussopt, ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion. Madame la sénatrice Benbassa, vous dites qu'il faut négocier et discuter.

La réforme des retraites, sur laquelle vous revenez, a fait l'objet d'une concertation de quatre mois, qui n'a pas permis nous le savons de trancher tous les différends, mais qui a tout de même duré quatre mois. Elle a fait l'objet, ici même, d'une centaine d'heures de débat parlementaire.

À la fin, un texte a été adopté une première fois, à une large majorité, par le Sénat, puis une deuxième fois en commission mixte paritaire et, enfin, de nouveau dans l'hémicycle. Ce texte est légitime et a été adopté de manière démocratique.

M. David Assouline. Et le 49.3 ?

M. Olivier Dussopt, ministre. Vous dites qu'il faut négocier et continuer à discuter. C'est une réalité, et c'est ce que nous allons faire. Le Président de la République l'a dit, la Première ministre également : nous allons le faire. Plusieurs sujets relevant de l'agenda social, relatifs aux conditions de travail, à l'emploi des seniors ou au déroulement des carrières, doivent faire l'objet d'une négociation entre les partenaires sociaux.

D'autres sujets ont déjà fait l'objet de négociations, notamment le partage de la valeur. Nous allons d'ailleurs transposer intégralement et fidèlement l'accord passé par quatre des cinq organisations syndicales et trois organisations professionnelles.

Il existe également d'autres sujets sur lesquels nous continuerons à ouvrir des discussions, et d'autres encore qui relèvent, du fait de l'application de la loi portant réforme des retraites, du dialogue social. Je pense notamment à l'obligation qui incombe désormais aux branches professionnelles de négocier des accords de prévention de l'usure professionnelle, qui contribueront à l'amélioration des conditions de travail des uns et des autres.

Madame la sénatrice, vous dites qu'il y a des manifestations violentes au cours desquelles des personnes sont blessées. Vous parlez de grande violence et de troubles dans le débat public. Je souhaite formuler deux observations.

D'une part, j'ai en tête des images de vous-même manifestant il y a quelques mois et mimant le passage à tabac du Président de la République en donnant des coups sur une effigie le représentant.

D'autre part, j'ai également en tête la question que vous venez de poser. Pas une fois vous n'avez apporté votre soutien aux forces de l'ordre, qui sont mises à rude épreuve. Par vos encouragements au désordre, aux bouleversements et aux actes relevant d'une forme d'outrance, c'est vous, madame la sénatrice, qui êtes un marchepied pour le Front national ! (Applaudissements sur les travées des groupes RDPI et INDEP, ainsi que sur des travées des groupes UC et Les Républicains.)

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