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Mouvement lycéen

Question au Gouvernement de Mme Brigitte Gonthier-Maurin - Éducation

Question de Mme Brigitte Gonthier-Maurin,

Diffusée le 19 août 2012

Mme Brigitte Gonthier-Maurin. Ma question s'adresse à M. le ministre de l'éducation nationale.

Monsieur le ministre, en septembre dernier, sur France 2, évoquant la réforme du lycée, vous invitiez les lycéens à s'emparer du débat.

M. Xavier Darcos, ministre de l'éducation nationale. C'est ce qu'ils ont fait !

Mme Brigitte Gonthier-Maurin. Ils vous ont, semble-t-il, pris au mot,…

M. François Autain. Et au-delà !

Mme Brigitte Gonthier-Maurin. … à tel point que leur mobilisation, conjuguée à celle des enseignants, des parents d'élèves et, plus largement, de toute la communauté éducative, vous conduit à reculer sur la question de la réforme du lycée.

Vous affirmez que cette réforme serait « l'otage d'un mouvement social n'ayant pas grand-chose à voir avec des questions pédagogiques ».

M. Xavier Darcos, ministre. C'est ce que je crois, en effet !

Mme Brigitte Gonthier-Maurin. Ce qui vous inquiète, justement, c'est que peu à peu se révèle la cohérence de la politique conduite par le Gouvernement, dont la déconstruction du service public, en particulier de l'éducation nationale, est une étape, de même que celle du code du travail.

De fait, une aspiration à davantage d'égalité et d'équité semble se faire jour dans notre pays. Or les services publics permettent un véritable recul des inégalités.

La mobilisation prend de l'ampleur. À l'école, elle s'exprime sous plusieurs formes : des manifestations massives, comme aujourd'hui, des « réveillons revendicatifs » dans des lycées, des « nuits blanches » dans des écoles primaires, et, fait inédit, des actes de désobéissance.

Ainsi, des enseignants du primaire déclarent publiquement, au risque d'être sanctionnés, leur refus d'appliquer votre réforme. La loi instituant un service minimum d'accueil pour les élèves des écoles maternelles et élémentaires, votée en urgence cet été et dont mon groupe défendra d'ailleurs l'abrogation le 20 janvier prochain, n'a pas fait taire cette contestation.

Pour calmer les inquiétudes, vous annoncez notamment un plan national de formation des enseignants au traitement de la difficulté scolaire, destiné à pallier la suppression de 3 000 postes d'enseignant dans les réseaux d'aides spécialisées aux élèves en difficulté, les RASED.

M. Xavier Darcos, ministre. Pas la suppression, mais la sédentarisation !

Mme Brigitte Gonthier-Maurin. Mais quels moyens seront alloués à ce plan ? Les crédits pour la formation des enseignants ne cessent de baisser, budget après budget !

Vous assurez que les suppressions de postes n'affectent pas l'encadrement pédagogique. Comment expliquer alors aux parents que, à force de suppressions de postes de stagiaire, on en arrive à s'en remettre à l'ANPE pour recruter sous contrat à durée déterminée des personnels rémunérés 8,71 euros de l'heure pour assurer certains remplacements ?

M. Alain Gournac. La question !

Mme Brigitte Gonthier-Maurin. Monsieur le ministre, il faut cesser la caricature !

M. Alain Gournac. Arrêtez, vous n'êtes pas en train de vendre l'Humanité-Dimanche !

Mme Brigitte Gonthier-Maurin. Les enseignants, les parents d'élèves, les lycéens ne refusent pas la réforme, mais ils rejettent celle que vous prônez, parce qu'elle est régressive pour l'école publique et qu'elle va à l'encontre des besoins de notre système éducatif pour assurer l'élévation du niveau de connaissances et de formation de tous et de toutes. (Exclamations sur les travées de l'UMP.)

M. le président. Posez votre question, ma chère collègue.

Mme Brigitte Gonthier-Maurin. Mes chers collègues, je vous en prie, ne soyez pas si impatients ! (Mêmes mouvements.)

Monsieur le ministre, ma question est simple : quand allez-vous repartir de zéro, non seulement pour le lycée, mais pour toute l'école ? (Applaudissements sur les travées du groupe CRC-SPG et du groupe socialiste.)

M. le président. La parole est à M. le ministre.

Réponse - Éducation

Diffusée le 19 août 2012

M. Xavier Darcos, ministre de l'éducation nationale. Madame la sénatrice, en ce qui concerne la réforme du lycée, je vous répondrai très clairement…

M. Jean-Pierre Sueur. Et sans hésitation !

M. Xavier Darcos, ministre. … et sans hésitation, effectivement, en répétant d'ailleurs ce que j'ai déjà dit à plusieurs reprises, que nous allons reprendre les choses de zéro. (Exclamations sur les travées du groupe socialiste et du groupe CRC-SPG.)

M. François Autain. Table rase !

Mme Nicole Borvo Cohen-Seat. Oubliée, la réforme Fillon sur l'école !

M. René-Pierre Signé. Marche arrière toute !

M. Xavier Darcos, ministre. Nous allons, ensemble, reconsidérer complètement le dossier, en prenant le temps nécessaire, de sorte que nul ne puisse nous accuser d'agir à la va-vite, pour d'autres raisons que le seul souci de l'intérêt des jeunes de ce pays.

M. Jacques Mahéas. Vous allez ouvrir les lycées le dimanche ?

M. Xavier Darcos, ministre. Permettez-moi, madame la sénatrice, de vous rappeler les grands principes de la réforme, auxquels je reste très attaché. Je ne comprends d'ailleurs pas qu'ils puissent être discutés. (M. Jacques Mahéas s'exclame.) Attendez que je les cite, monsieur Mahéas, avant de porter un jugement !

Nous voulons que tous les lycéens aient une culture commune, que l'aide dont ils bénéficieront soit personnalisée, afin de soutenir davantage ceux qui sont le plus en difficulté.

M. Jean-Luc Mélenchon. Truismes !

M. Xavier Darcos, ministre. Nous voulons leur permettre un second choix d'option si le premier se révèle erroné et les place en situation délicate, afin d'éviter l'échec.

Mesdames, messieurs les sénateurs, d'aucuns nous accusent de vouloir instaurer un système scolaire injuste. Mais regardons la réalité de la situation actuelle : peut-on s'en satisfaire ?

Mme Nicole Borvo Cohen-Seat. Non !

M. Xavier Darcos, ministre. Voilà deux jours, l'OCDE a publié des statistiques montrant que le système éducatif le plus injuste de tous les pays développés,…

M. Jean-Luc Mélenchon. Ah non, pas vous, monsieur le ministre !

M. Xavier Darcos, ministre. … c'est-à-dire celui où la réussite est le plus liée aux déterminismes sociaux,…

M. Jean-Luc Mélenchon. Ne discréditez pas le système français en vertu de critères anglo-saxons ! Vous êtes un ministre français, tout de même !

M. Xavier Darcos, ministre. … c'est le nôtre, avec celui de la République tchèque !

M. François Autain. Monsieur le ministre, vous exagérez !

M. Xavier Darcos, ministre. C'est regrettable, mais c'est la réalité !

Mme Nicole Borvo Cohen-Seat. Défendez le modèle français, monsieur le ministre, au lieu de démanteler le service public de l'éducation !

M. Xavier Darcos, ministre. En France, le milieu d'origine, social et familial, continue d'influer très fortement sur le pronostic scolaire.

M. Jean-Luc Mélenchon. Ne discréditez pas l'éducation nationale !

M. Xavier Darcos, ministre. Ce n'est pas la discréditer que de dire la réalité ! Cela légitime notre objectif de mettre en place un système qui s'adapte mieux aux élèves, qui permette de répondre à leurs besoins !

M. Jean-Luc Mélenchon. Ce que vous faites n'est pas correct ! Un ministre de l'éducation nationale qui discrédite l'éducation nationale !

M. Xavier Darcos, ministre. D'ailleurs, madame Gonthier-Maurin, ces grands principes que je viens de rappeler sont précisément ceux sur lesquels nous nous étions mis d'accord avec les représentants des personnels et des lycéens. Nous ne les abandonnons pas !

Aujourd'hui, les circonstances imposent manifestement un surcroît d'explication et l'adoption d'une méthode de travail différente. Nous allons nous y employer, mais nous ne changerons rien à l'objectif de la réforme, car notre action est dictée par le souci de l'intérêt général, du bien de la nation. Nous travaillons pour l'avenir !

Mesdames, messieurs les sénateurs, je m'adresse aux élus que vous êtes : qui a intérêt à entretenir une confusion entre l'inquiétude des lycéens et leur besoin de dialogue, d'une part, et les événements qui se produisent çà et là dans nos quartiers, d'autre part ? Je regrette qu'un certain nombre d'élus, ainsi que le parti socialiste, qui défile aujourd'hui avec les lycéens, puissent indirectement encourager les débordements auxquels nous assistons.

M. Alain Gournac. Très bien !

Mme Brigitte Gonthier-Maurin. Continuez ainsi : vous allez être balayés !

M. René-Pierre Signé. On ne peut pas tout accepter !

M. Xavier Darcos, ministre. Ce n'est pas ainsi que l'on défend la jeunesse ! Je vous le dis : dans quelques années, quand on fera le bilan de tout cela, les jeunes verront bien qui, du gouvernement de François Fillon ou de ceux qui défilent aujourd'hui, les a vraiment aidés ! (Bravo ! et applaudissements sur les travées de l'UMP et de l'Union centriste. – Protestations sur les travées du groupe socialiste et du groupe CRC-SPG.)

M. Jean-Luc Mélenchon. Vous venez dénigrer l'éducation nationale devant le Sénat : c'est un comble !

Mme Nicole Borvo Cohen-Seat. C'est déshonorant !

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