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Problèmes liés à la modernisation et à l'extension de l'aéroport de Lille-Lesquin

Question écrite de M. Patrick Kanner - Transports

Question de M. Patrick Kanner,

Diffusée le 26 avril 2023

M. Patrick Kanner attire l'attention de M. le ministre délégué auprès du ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, chargé des transports à propos de la modernisation et de l'extension de l'aéroport de Lille- Lesquin.

Il a été interpellé sur la situation par le maire de la commune de Bouvines, premier vice-président de la métropole européenne de Lille, inquiet de voir la qualité de vie de ses concitoyens et l'attractivité de sa commune dégradée par l'extension de l'aéroport.

Quinzième aéroport de France en nombre de mouvements commerciaux en 2021, sa mise en conformité avec les normes de sécurité et de sureté européennes est incontestablement nécessaire pour garantir un bon accueil des usagers et des marchandises. Si la modernisation de l'aéroport fait consensus, son extension est sujette à de vives contestations de la part des 55 000 riverains et élus des communes environnantes (l'enquête publique menée par la préfecture du Nord entre le 10 janvier 2022 et le 14 février 2022 montre que 90 % des 1 400 citoyens enquêtés sont défavorables au projet).

Le doublement du trafic avec un passage à 3,9 millions de passagers en 2039, soit une augmentation totale du nombre de mouvements évaluée par Aéroport de Lille à + 12 % sur 20 ans, engendre de nombreuses inquiétudes sur des sujets comme les nuisances sonores (diurnes et nocturnes), la pollution de l'air (avec le rejet de CO2), et l'artificialisation des sols (imperméabilisation de 17 hectares).

Ces inquiétudes ne sont pas sans fondement. L'avis rendu en janvier 2021 par l'autorité environnementale (AE) au sujet de la dégradation de la qualité de l'air et le rapport publié par l'agence régionale de santé (ARS) sur les nuisances sonores sont sans appel et viennent confirmer ces inquiétudes. Ce projet est d'autant plus préoccupant lorsque l'on prend en considération que le département du Nord occupe la seconde place en matière de pollution en France et présente le taux de cancer le plus élevé dans le pays.

La demande des élus et des riverains n'est pas d'abandonner le projet mais bien de limiter son impact sur leur vie quotidienne. Afin de préserver le sommeil et la santé tant morale que physique des habitants, et pour limiter au mieux les nuisances sonores - nuisances qui peuvent provoquer des troubles du sommeil, des risques d'infarctus du myocarde et des dépressions - l'idée d'un couvre-feu d'au moins 7 heures consécutives (23h à 6h) a été imaginée (et même recommandée par l'ARS).

Pour rappel, la surexposition au bruit est aujourd'hui un problème de santé publique qui a un coût social annuel de 150 milliards d'euros selon l'agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (ADEME). Le couvre-feu permettrait un développement de l'aéroport tout en sauvegardant le bien-être de la population.

Enfin, au regard des engagements du Président de la République française de donner un vrai tournant écologique à son mandat et d'accroitre la part du ferroviaire en France, entreprendre un tel projet semble contradictoire, étant donné que le secteur aérien est responsable de 5,3 % des émissions totales de la France en 2019.

Dans une période de crise énergétique, il semble incohérent de privilégier le développement des transports aériens, surtout lorsque l'on sait que la métropole européenne de Lille est facilement accessible en TGV depuis de grandes villes européennes telles que Bruxelles en seulement 30 minutes, Londres en 2 heures, et Paris en une heure.

Il est essentiel que les décisions d'investissement en matière d'infrastructures de transport soient prises avec une vision ambitieuse de la transition écologique et une volonté de maintenir la qualité de vie des résidents.

Ainsi, face à la situation particulière du territoire lillois et à l'état actuel du pays, touché par une crise écologique sans précédent, il lui pose la question de savoir si l'État est disposé à revoir sa position.

Réponse - Transports

Diffusée le 12 juin 2024

Le projet de modernisation de l'aéroport de Lille-Lesquin est source d'inquiétudes pour les populations riveraines du fait des nuisances sonores et environnementales qui en découleraient. Pour prendre en compte ces préoccupations, le projet de modernisation s'accompagne de l'élaboration d'une charte de développement durable qui formalisera les engagements de l'exploitant devant l'État et les collectivités locales.

La prévision partagée par le Syndicat mixte propriétaire de l'aéroport de Lille-Lesquin (SMALIM) et la société Aéroport de Lille, titulaire de la délégation de service public pour son exploitation, est que le trafic progressera de 2,2 millions de passagers en 2019 à 3,4 millions en 2039. La prévision initiale de 3,9 millions de passagers a en effet été revue à la baisse.

S'agissant des vols de nuit, le SMALIM et Aéroport de Lille ont d'ores et déjà pris l'engagement de plafonner les vols de nuit au niveau de 2019 lors de la phase de concertation volontaire et dans le dossier sur la base duquel a été accordé l'arrêté préfectoral d'autorisation environnementale. L'exploitant développe par ailleurs, avec le soutien du SMALIM, une stratégie tarifaire qui favorise l'exploitation d'avions ayant une empreinte sonore faible ainsi que les « night-stop » (arrêts de nuit des appareils qui stationnent sur l'aéroport afin d'opérer le vol commercial prévu le matin suivant) et, à l'inverse, pénalise les mouvements de coeur de nuit.

Une étude d'impact a été lancée en janvier 2023 sous l'autorité du préfet du Nord. Cette étude comprend des analyses environnementales et socio-économiques et des étapes de concertation avec l'ensemble des parties prenantes. Dans ce cadre, une large concertation est d'ores-et-déjà entreprise et des points d'avancement sont régulièrement présentés lors des réunions de la commission consultative de l'environnement ou de son comité permanent.

A son issue, le préfet formulera ses recommandations sur d'éventuelles restrictions d'exploitation à mettre en place au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires ainsi qu'au ministre délégué chargé des transports.

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