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Recul du trait de côte

Question au Gouvernement de M. Dominique Théophile - Transition écologique et cohésion des territoires

Question de M. Dominique Théophile,

Diffusée le 10 avril 2024

M. le président. La parole est à M. Dominique Théophile, pour le groupe Rassemblement des démocrates, progressistes et indépendants.

M. Dominique Théophile. Ma question s'adresse à M. le ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.

Monsieur le ministre, le 8 mars 2024, l'inspection générale de l'environnement et du développement durable (Igedd) publiait un rapport sur les conséquences du recul du trait de côte. Ce rapport, bien que déjà très alarmant, a été complété la semaine dernière par celui du Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement (Cerema).

Les chiffres qui en ressortent font froid dans le dos. En 2028, environ un millier de bâtiments pourraient être touchés par le recul du trait de côte à l'échelle nationale. Encore pire, en 2050, selon le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec), le niveau de la mer aura augmenté d'un mètre ; à cette même échéance, le Cerema estime que 5 200 logements et 1 400 locaux d'activité, représentant une valeur totale de plus de 1,2 milliard d'euros, pourraient être affectés par ce recul.

Ces scénarios illustrent les possibles conséquences de l'inaction face aux effets du changement climatique, qui obligeront nombre de nos compatriotes de l'Hexagone comme des outre-mer à changer de logement ou à l'adapter.

Parmi les personnes les plus affectées figurent les habitants de mon département, la Guadeloupe, où 500 foyers, composés majoritairement de personnes âgées, voient leur vie menacée du fait de leur exposition aux phénomènes climatiques naturels.

Dans le cadre de la loi portant lutte contre le dérèglement climatique et renforcement de la résilience face à ses effets, dite loi Climat et Résilience, le Gouvernement a instauré un nouvel instrument, le bail réel d'adaptation à l'érosion côtière, afin d'accompagner ces familles et de les aider à se reloger.

Toutefois, ce bail concerne avant tout les propriétaires. Or la majorité des victimes de l'érosion en Guadeloupe ne le sont pas ; elles ne peuvent donc pas bénéficier de ce dispositif de droit commun.

Monsieur le ministre, face à l'ampleur de ces scénarios, l'anticipation s'impose. Les acteurs locaux sont déjà prêts et engagés, mais ils ont besoin de ressources.

Quelles sont les mesures prévues pour les accompagner et rendre le relogement de ces familles le moins pénible possible ? Quelles actions l'État mettra-t-il en place pour mieux appréhender ce phénomène et renforcer l'information des acquéreurs comme des locataires ? (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI.)

Réponse - Transition écologique et cohésion des territoires

Diffusée le 10 avril 2024

M. le président. La parole est à M. le ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.

M. Christophe Béchu, ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires. Monsieur Théophile, compte tenu de votre engagement en faveur de la sauvegarde des récifs coralliens, des départements et régions d'outre-mer (Drom) de façon générale, et de la Guadeloupe en particulier, je ne suis pas surpris que vous me posiez cette question véritablement d'actualité.

En effet, le Cerema a publié la semaine dernière les cartes aux horizons 2030, 2050 et 2100 des départements les plus touchés par la montée des océans, ainsi que les scénarios qu'il envisage.

La première raison pour laquelle mon ministère a commandé cette cartographie et fait en sorte qu'elle soit publiée est exactement la même que la vôtre lorsque vous m'interrogez sur ce sujet : il s'agit de favoriser la prise de conscience. Car 2050, ce n'est pas si loin !

En 2050, plus de 5 000 logements seront touchés par le recul du trait de côte et, sur ce nombre, 10 % se situent en Guadeloupe. Il est donc nécessaire d'examiner précisément l'évolution de ce phénomène sur votre territoire.

Une mission d'inspection spécifique aux outre-mer est en cours, afin d'étudier de manière plus fine la typologie particulière des habitats ultramarins. Dans l'Hexagone, on observe une surreprésentation des propriétés et des résidences secondaires parmi les 20 % d'habitations les plus touchées sur le littoral. Ce n'est pas nécessairement le cas partout, comme vous l'avez dit.

Très concrètement, le plan national d'adaptation au changement climatique, qui sera présenté dans les prochaines semaines et que connaît bien le sénateur Dantec, comprend un volet consacré à la montée des océans. Quant au projet de loi de finances pour 2025, il prévoira les dispositifs d'accompagnement budgétaire nécessaires.

La mission confiée à la députée Sophie Panonacle vise à définir, en concertation avec l'Association nationale des élus du littoral (Anel), et en particulier le maire des Sables-d'Olonne, la meilleure répartition possible des financements dédiés à l'information, à l'indemnisation et à la capacité de construction en zone rétro-littorale.

Voilà ce à quoi nous travaillons, avec un impératif : ne pas rester dans l'inaction. Dans certains endroits il faudra construire des digues ; dans d'autres, il faudra replanter des mangroves ; et, dans d'autres encore, il faudra éviter de mener un combat perdu contre la mer, selon ce que nous diront les experts.

Vous aurez l'occasion de vous exprimer très rapidement sur cette panoplie de mesures que nous envisageons, qui vont de l'étude des phénomènes à l'indemnisation. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI, ainsi que sur des travées du groupe INDEP.)

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