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Réforme du collège

Question au Gouvernement de M. Jean-Marie Bockel - Éducation nationale, enseignement supérieur et recherche

Question de M. Jean-Marie Bockel,

Diffusée le 21 mai 2015

M. Jean-Marie Bockel. Madame la ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche, votre réforme du collège suscite une vite opposition,…

M. Didier Guillaume. Surtout à droite !

M. Jean-Marie Bockel. … et pour cause : outre son contenu, la méthode employée s'apparente à une provocation. En publiant hier le décret au Journal officiel, sans consultation préalable du Parlement ni concertation avec la communauté éducative, de surcroît au lendemain d'une journée de mobilisation des enseignants, le Gouvernement s'est tout bonnement moqué du processus démocratique dans notre pays ! (Exclamations sur les travées du groupe socialiste.)

M. Roger Karoutchi. C'est de la provocation !

M. Alain Bertrand. Il faut réformer !

M. Jean-Marie Bockel. Certes, madame la ministre, le Parlement a approuvé le principe de votre réforme en adoptant la loi du 8 juillet 2013 d'orientation et de programmation pour la refondation de l'école de la République, mais cette loi n'avait pas été accompagnée de l'annonce d'un tel décret, comme il est pourtant de règle. Vous comprendrez donc que la majorité de nos collègues aient le sentiment d'avoir été dupés !

Madame la ministre, pourquoi refuser un débat devant le Parlement sur un sujet qui est au cœur des préoccupations de nos concitoyens ? Vous connaissez pourtant le rôle majeur joué par les commissions du Parlement, en particulier par la commission de la culture, de l'éducation et de la communication du Sénat, dont la présidente, Catherine Morin-Desailly, est très impliquée dans le suivi de ce dossier.

L'école française ne va pas bien. Alors oui, des réformes sont nécessaires, oui, il faut redresser l'école ; mais pas de cette manière !

M. Marc Daunis. Pour vous, ce n'est jamais la bonne manière !

M. Jean-Marie Bockel. Avec cette réforme, madame la ministre, vous tournez le dos à l'excellence républicaine ! (Protestations sur les travées du groupe socialiste.)

M. Didier Guillaume. C'est l'inverse !

M. Jean-Marie Bockel. Offrir aux élèves une chance de viser l'excellence, ce n'est pas pratiquer l'élitisme, sinon l'élitisme républicain dont parle si bien Jean-Pierre Chevènement, ni légitimer les inégalités, comme vous l'avez récemment prétendu ; c'est, au contraire, donner aux jeunes les moyens de leurs ambitions.

Le sacrifice des classes bilangues et européennes, qui, entre autres résultats, ont permis à l'allemand de rester la troisième langue vivante enseignée en France, l'atteinte portée à l'enseignement du latin et du grec, l'affaiblissement de l'enseignement de l'histoire, l'incompréhensible introduction des enseignements pratiques interdisciplinaires vont aggraver les problèmes que connaissent déjà nos collèges.

Madame la ministre, quelles « garanties », pour reprendre votre expression, comptez-vous introduire dans les textes d'application pour répondre au mécontentement général et aux inquiétudes ? L'acte d'autorité qu'a posé le Gouvernement en publiant en toute hâte, hier, le décret d'application ne rassure pas ceux qui sont inquiets, bien au contraire ! (Applaudissements sur les travées de l'UDI-UC et de l'UMP. – M. Gilbert Barbier applaudit également.)

Réponse - Éducation nationale, enseignement supérieur et recherche

Diffusée le 21 mai 2015

Mme Najat Vallaud-Belkacem,ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche. Monsieur Bockel, votre question me donne l'occasion de répondre à plusieurs procès d'intention qui me sont régulièrement faits. Nul plus que moi n'est attaché à l'excellence, mais l'égalité n'est pas l'ennemie de l'excellence : au contraire, c'est elle qui permettra à chaque enfant de France de pouvoir un jour réussir et progresser en faisant valoir son mérite, son travail et ses efforts.

Ce contre quoi je m'élève résolument, monsieur Bockel, c'est le rétrécissement de l'élite que l'on n'a cessé de constater au cours des dix dernières années. Contesterez-vous que la composition sociale des classes préparatoires et des grandes écoles se réduit ?(MM. Ronan Dantec et Michel Le Scouarnec acquiescent.) Contesterez-vous que seuls 75 % des enfants d'ouvriers, contre 95 % des enfants de cadres, obtiennent le brevet à la fin du collège ?(Marques d'approbation sur les travées du groupe socialiste et du groupe écologiste.)

M. Marc Daunis. Très bien !

Mme Najat Vallaud-Belkacem,ministre.Nous entendons nous attaquer à cette réalité des inégalités et du déterminisme social, qui est malheureusement la marque de fabrique du système éducatif français, en faisant en sorte que chaque enfant soit assuré de pouvoir acquérir, jusqu'à l'âge de 16 ans, le socle commun de connaissances, de compétences et de culture.

Aucun enfant ne doit plus sortir du collège sans maîtriser les savoirs fondamentaux en français, en mathématiques et en histoire !

M. Charles Revet. Il y a du pain sur la planche !

M. Alain Fouché. En effet !

M. Christian Cambon. C'est à l'école primaire qu'ils doivent être acquis !

Mme Najat Vallaud-Belkacem,ministre.Telle est la finalité de notre réforme, qui reprend l'ambition du collège unique, à savoir assurer une formation de même qualité à toute une classe d'âge,...

M. Martial Bourquin. Il était temps !

Mme Najat Vallaud-Belkacem,ministre.... tout en refusant l'uniformité : nous promouvons une personnalisation de la pédagogie, afin que chaque enfant puisse faire valoir son potentiel et ses talents. Cette personnalisation passe par l'accompagnement individuel des élèves, dont nous avons fait une règle.

Ainsi, en sixième, trois heures par semaine seront consacrées aux fondamentaux, pour que les élèves en difficulté puissent rattraper leur retard, et ceux qui sont en avance approfondir leurs connaissances.

Un sénateur du groupe socialiste.Très bonne mesure !

M. Claude Kern. Répondez à la question !

Mme Najat Vallaud-Belkacem,ministre.Aujourd'hui, un collège de 500 élèves ne dispose que de dix heures de dotation globale pour faire travailler les élèves en petits groupes. Grâce à la réforme, il en disposera l'année prochaine de soixante, ce qui créera de meilleures conditions pour la réussite du plus grand nombre.

Que l'on m'explique en quoi les élèves qui réussissent déjà en pâtiront !(Applaudissementssur les travées du groupe socialiste et du groupe écologiste, ainsi que sur certaines travées du RDSE.)

M. Richard Yung. Très bien !

M. le président. Veuillez conclure, madame la ministre.

Mme Najat Vallaud-Belkacem,ministre.Quand le niveau de l'eau s'élève, tous les bateaux montent. Notre réforme sert l'intérêt de tous les élèves, qu'ils soient en difficulté ou qu'ils réussissent !(Applaudissementssur les travées du groupe socialiste et du groupe écologiste, ainsi que sur certaines travées du RDSE.)

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