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Réforme de la politique agricole commune

Question écrite de - Agriculture

Question de ,

Diffusée le 19 mars 2002

M. André Vallet attire l'attention de M. le ministre de l'agriculture, de l'alimentation, de la pêche et des affaires rurales sur les projets de réforme de la politique agricole commune. Il lui rappelle que l'agriculture constitue un des piliers de l'Europe et qu'une trop large libéralisation de ce secteur ne serait pas sans conséquence sur l'ensemble de la politique européenne.

Il lui indique que ces projets de réforme prévoient la diminution des paiements compensatoires sur les céréales, le riz et les oléo protéagineux, l'instauration d'une jachère fixe sur dix ans et la mise en place d'une dégressivité des aides pouvant aller jusqu'à 19 % en 2012. Il l'informe que la profession agricole ne pourra en aucun cas accepter de telles mesures, notamment en ce qu'elles traduisent une conception de la PAC fondée sur des exploitations subventionnées sans aucun lien avec leur production.

Il lui rappelle également que les agriculteurs se sont mobilisés pour défendre une politique agricole cohérente et répondant aux attentes des consommateurs et des citoyens en termes de qualité des produits, de sécurité alimentaire et d'environnement. Dès lors, il lui demande quelles sont les positions du Gouvernement quant à ces projets de réforme de la politique agricole commune.

Réponse - Agriculture

Diffusée le 19 mars 2010

Le Gouvernement a eu, tout au long de cette négociation, trois préoccupations constantes : assurer la concertation avec les organisations professionnelles, sortir la France de son isolement, enfin, anticiper plutôt que réagir. A partir de cette ligne de conduite, et compte tenu de ce qu'étaient les propositions initiales de la Commission, mais aussi d'un certain nombre de nos partenaires de l'Union européenne, le Gouvernement se félicite d'un accord qui permet d'atteindre les objectifs que la France s'était fixés.

Tout d'abord, l'accord de Luxembourg a été obtenu sans aucune réduction du budget de l'Europe agricole à vingt-cinq pays membres, et consolide le retour financement de la France sur la politique agricole commune (PAC). En outre, parce qu'il a été conclu pour solde de tout compte, c'est-à-dire que ses dispositions ne seront pas modifiées du fait des négociations à l'Organisation mondiale du commerce (OMC), il renforce la position de l'Union européenne dans les négociations en cours au sein de cette organisation.

La baisse des prix des céréales a pu être totalement évitée et le dispositif des majorations mensuelles a été maintenu. Dans le secteur du lait, la baisse supplémentaire des prix est limitée au seul cas du beurre, où le marché est " lourd ", et elle est compensée à plus de 80 %. Surtout, les quotas laitiers ont été préservés jusqu'en 2014-15.

Le découplage total que nous rejetions est évité, et une formule satisfaisante de découplage partiel a été trouvée. Avec un taux de couplage de 25 % en grandes cultures, la pérennité de ces productions dans nos zones intermédiaires n'est pas remise en cause. Dans les productions animales, le maintien sous forme couplée de la prime ovine, de la prime à la vache allaitante et de la prime à l'abattage préserve celles des aides qui garantiront l'équilibre de nos territoires.

L'accord sur le découplage entrera en vigueur au plus tard en 2007, ce qui nous permettra d'ici là d'assurer une étroite concertation avec les organisations professionnelles agricoles pour en préciser les modalités et de garantir aussi une préparation efficace à la mise en oeuvre de ce nouveau dispositif de gestion des aides.

Enfin, la France a obtenu les contreparties qu'elle demandait pour que cet accord réponde aux attentes exprimées par les agriculteurs sur le terrain. Dans la perspective d'un développement durable, le programme de mise aux normes de nos exploitations va pouvoir être poursuivi grâce aux fonds de la modulation, de même que les productions non alimentaires, et en particulier les cultures énergétiques, vont pouvoir être encouragées.

Pour les jeunes agriculteurs, plusieurs mesures ont été décidées pour favoriser l'installation, y compris un relèvement des plafonds d'aides. La légitimité d'instruments de gestion des crises de marché se trouve enfin reconnue tant aux niveaux européen que national, avec des moyens financiers spécifiques.

C'est pourquoi l'accord conclu à Luxembourg constitue un bon accord pour les agriculteurs et pour les citoyens français.

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