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Santé publique et antennes relais de téléphonie mobile

Question écrite de - Santé

Question de ,

Diffusée le 19 février 2007

M. André Vallet attire l'attention de M. le ministre de la santé, de la famille et des personnes handicapées sur la dangerosité de l'implantation des antennes-relais de téléphonie mobile dans le paysage urbain. Il lui rappelle que les normes françaises d'implantation ne tiennent compte que de la recommandation du Conseil de l'Union européenne, qui correspond au seuil des effets thermiques.

Or, ces normes sont très nettement insuffisantes. Il lui indique que la quasi-totalité des riverains de ces antennes-relais se plaignent des mêmes maux : insomnie, maux de tête, troubles de la mémoire, hypertension, fausses couches, psoriasis, lymphones, leucémies... S'il est difficile d'établir un lien de causalité entre l'implantation de ces antennes-relais et les graves déficiences physiques dont souffrent les habitants personnes physiques, il convient d'appliquer le principe de précaution à l'encontre des stations-relais de téléphonie mobile et de prendre des mesures afin de protéger les populations riveraines.

Il convient donc d'éviter l'implantation de stations-relais à moins de 300 mètres des lieux habités et de faire en sorte que le lobe principal d'hyperfréquence ne soit pas dirigé sur les lieux où vivent des personnes sensibles (crèches, écoles, hôpitaux, centres de gériatrie...) Dès lors, il lui demande quelles mesures compte prendre le Gouvernement pour éviter que les intérêts économiques, qui sont ceux des entreprises de téléphonie, ne prennent le pas sur les impératifs de santé publique.

Réponse - Santé

Diffusée le 19 février 2008

Le décret n° 2002-775 du 3 mai 2002, qui fixe les valeurs limites d'exposition, reprend en droit français la recommandation du Conseil de l'Union européenne 1999/519/CE du 12 juillet 1999 relative à l'exposition du public aux champs électromagnétiques. Il instaure les valeurs limites prévues par cette recommandation et s'applique à l'ensemble des équipements émetteurs de radiofréquences, qu'il s'agisse notamment de la téléphonie, de la radio, de la télévision, des réseaux privés, des services publics.

La recommandation du 12 juillet 1999 faisait suite à une demande du Parlement européen qui avait relevé une disparité entre les mesures prises par les différents Etats en la matière, qu'il attribuait au fait que ces mesures ne reposaient pas toujours sur une évaluation scientifique. La Commission a fondé ses propositions sur les travaux scientifiques de la Commission internationale de protection contre les rayonnements non ionisants (ICNIRP) rattachée à l'OMS.

Les propositions de la Commission ont été soumises, d'une part, au comité scientifique directeur qui les a validées en juin 1998 et, d'autre part, au Parlement européen qui les a approuvées en mars 1999. In fine, le Conseil a adopté le texte voté par le Parlement européen, sous la forme d'une recommandation publiée le 12 juillet 1999.

La Commission s'est engagée à faire réévaluer régulièrement cette recommandation par le comité scientifique sur la toxicité, l'écotoxicité et l'environnement placé auprès d'elle. Le 30 octobre 2001, ce comité a estimé qu'aucune donnée scientifique nouvelle ne justifiait de modifier les valeurs limites de la recommandation.

Par ailleurs, la Commission a mené une enquête afin de connaître les modalités d'application de cette recommandation dans les Etats de l'Union européenne et les pays candidats à l'entrée dans l'Union européenne. Les résultats de cette étude ont été récemment publiés. D'après la Commission, une très large majorité des Etats membres a repris les valeurs limites d'exposition prévues par la recommandation européenne, ou s'apprête à le faire.

Toutefois, quelques réglementations nationales s'en éloignent. La direction générale de la santé a réuni, en juin 2000, un groupe d'experts dont le rapport et les recommandations ont été rendus publics le 7 février 2001. Ces recommandations - parmi lesquelles figurait l'adoption en droit français de la recommandation européenne - ont été reprises dans un plan d'action des pouvoirs publics présenté à la presse le même jour.

Dans son rapport, le groupe d'experts s'est interrogé sur l'intérêt de fixer des valeurs limites d'exposition plus faibles que celles de la recommandation européenne. Il a estimé que cette démarche serait justifiée si elle permettait de réduire les risques potentiels de manière effective, ce qui implique, d'une part, que les effets sanitaires liés aux champs de radiofréquences soient identifiés et, d'autre part, qu'on puisse déterminer des valeurs qui garantissent une réduction notable du risque.

Le décret du 3 mai 2002 a été élaboré sur la base de ce rapport. Dans ce décret, l'exposition à des sources multiples de radiofréquences a été prise en compte en fondant les valeurs limites d'exposition sur la sommation mesurée de toutes les sources de champs, selon une procédure de mesure et de calcul reconnue au plan international et sans se limiter au seul domaine de la téléphonie mobile.

Les valeurs limites fixées par le décret du 3 mai 2002 seront, bien entendu, révisées au vu des connaissances nouvelles. L'Agence française de sécurité sanitaire environnementale, récemment créée, s'est d'ailleurs vu confier pour mission une expertise scientifique en ce domaine.

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