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Sites funéraires et mémoriels du front Ouest de la Première Guerre mondiale

Question écrite de M. Yves Détraigne - Culture

Question de M. Yves Détraigne,

Diffusée le 26 mai 2021

M. Yves Détraigne souhaite appeler l'attention de Mme la ministre de la culture sur la candidature des « sites funéraires et mémoriels de la Première Guerre mondiale » sur la liste du patrimoine mondial de l'organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco).

En 2011, l'association « Paysages et sites de mémoire de la Grande Guerre » a été créée, avec la participation des départements du front et des régions belges flamande et wallonne, afin d'inscrire les 139 nécropoles militaires de la ligne de front Ouest au patrimoine mondial de l'Unesco.

Ces nécropoles, qui rassemblent des tombes de ressortissants de plus de 100 États, présentent un véritable intérêt architectural et traduisent la diversité de la mise en œuvre des mémoires funéraires combattantes par ces États. Tel que présenté à l'Unesco, le dossier porte non seulement l'enjeu de la transmission de l'histoire, mais témoigne également de la réconciliation des nations.

En outre, son aboutissement permettrait de continuer à faire vivre le tourisme mémoriel alors que les cérémonies autour du centenaire sont terminées.

Examiné une première fois en 2018 par le comité du patrimoine mondial réuni à Manama (Bahreïn), le dossier a fait l'objet d'un ajournement. En janvier 2021, les rapports d'experts réalisés à la demande du comité et d'ICOMOS international ont conclu que les sites rentrant dans cette catégorie ne relevaient pas d'une inscription au patrimoine mondial et ont préconisé qu'ils soient protégés ou reconnus par des mécanismes alternatifs du Conseil de l'Europe.

L'association « Paysages et sites de mémoire de la Grande Guerre » considère pourtant pour sa part qu'elle porte un dossier historique du fait qu'il n'existe plus d'anciens acteurs de cette guerre et qu'il n'entraîne pas de division mémorielle entre les États du front Ouest.

Considérant qu'une réunion du comité du patrimoine mondial est prévue fin juillet 2021, il lui demande si le Gouvernement français entend défendre cette candidature et soutenir l'inscription des sites funéraires et mémoriels de la Première Guerre mondiale sur la liste du patrimoine mondial.

Réponse - Culture

Diffusée le 30 juin 2021

Portée par la Belgique et la France, la candidature transnationale des « sites funéraires et mémoriels de la Première Guerre mondiale (front ouest) » pour l'inscription sur la Liste du patrimoine mondial est mise en œuvre, en France, par l'association des paysages et sites de mémoire de la Grande Guerre.

Ce projet est le résultat d'une intense collaboration entre le ministère de la culture en France, l'agence du patrimoine de Flandre et l'agence wallonne du patrimoine en Belgique. 139 sites composent cette candidature : 96 sont situés en France, 27 en Flandre et 16 en Wallonie. Ils témoignent de l'apparition d'un nouveau culte des morts, lequel attribue une sépulture à chaque défunt ou tout du moins un lieu qui en mentionne le nom, permettant de lui rendre hommage.

La Première Guerre mondiale est le moment où l'ensemble des belligérants créent des cimetières militaires, espaces particuliers consacrés à l'inhumation, à l'hommage, au recueillement. Des modèles sont créés et perdurent jusqu'à nos jours. Tous alliés ou ennemis d'hier sont présents et sont reconnus dans leur individualité et leurs souffrances.

La dimension universelle de cette proposition se traduit par la présence dans ces sites et mémoriaux des dépouilles et noms de soldats issus de tous les continents. Cette candidature a été déposée par la Belgique et la France à l'UNESCO en janvier 2017, pour être examinée par le Comité du patrimoine mondial en juillet 2018.

Or, le Comité, lors de sa session au Bahreïn en juillet 2018, a décidé d'ajourner l'examen de la proposition d'inscription des « sites funéraires et mémoriels de la Première Guerre mondiale (front ouest) » et de se donner le temps d'examiner la pertinence de l'inscription sur la Liste du patrimoine mondial de sites « associés à des conflits récents et à d'autres mémoires négatives et controversées  », selon la dénomination qu'il a alors retenue.

Cette décision a été prise au vu de la multiplication de l'inscription de ce type de sites sur les listes indicatives nationales de nombreux États membres. À la suite de cette décision, une commission d'experts identifiés par l'UNESCO s'est réunie les 4 et 6 décembre 2019 avec le soutien de la France.

Depuis lors, trois rapports d'experts demandés par le Centre du patrimoine mondial ont été publiés au second semestre 2020 sur le sujet : le rapport de la réunion d'experts de l'UNESCO des 4 et 6 décembre 2019, un document de réflexion produit par l'ICOMOS (Conseil international des monuments et des sites) et une étude sur les sites associés aux mémoires de « conflits récents et à d'autres mémoires négatives et controversées », fruit du travail de deux chercheurs indépendants.

Ces trois documents ont été présentés le 18 janvier dernier aux États parties à la Convention de 1972 lors d'une réunion spécifique d'information à l'UNESCO. Ces rapports considèrent que ces sites ne sont conformes ni à l'objet ni au champ de la Convention du patrimoine mondial et renvoient leur valorisation vers d'autres instruments internationaux, tels que les « sites de conscience » ou les « itinéraires culturels » du Conseil de l'Europe.

Lors de cette réunion, plusieurs États ont néanmoins exprimé leur souhait d'être associés plus étroitement à la réflexion en créant un groupe de travail sur ce sujet. Ce point est à l'ordre du jour du prochain Comité du patrimoine mondial qui pourrait prendre une décision en ce sens lors de sa 44e session élargie qui se tiendra du 16 au 31 juillet prochain.

Par ailleurs, ces rapports ont été présentés aux membres du Comité des biens français du patrimoine mondial (CFPM) le 19 janvier dernier. Il a alors été proposé d'organiser un groupe de travail au sein du CFPM pour poursuivre la réflexion nationale sur ce sujet, afin d'enrichir les débats futurs à UNESCO et de parvenir à un réexamen de cette candidature par le Comité du patrimoine mondial.

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