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Situation internationale

Question au Gouvernement de M. Roger Karoutchi - Premier ministre

Question de M. Roger Karoutchi,

Diffusée le 23 février 2022

M. le président. La parole est à M. Roger Karoutchi, pour le groupe Les Républicains. (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.)

M. Roger Karoutchi. Monsieur le Premier ministre, n'avez-vous pas le sentiment qu'il faut redéfinir la politique étrangère de la France ?

Voilà quelques mois, le Président de la République lance un ultimatum au Liban. Le Hezbollah, tenu par l'Iran, répond non et il ne se passe rien…

Quelque temps plus tard, nous demandons – nous exigeons ! – le retrait des forces azéries et des milices turques d'Arménie. Erdogan dit non et il ne se passe rien…

En Afrique, nos troupes ont lutté courageusement contre les djihadistes. Aujourd'hui, les milices russes du groupe Wagner tiennent le Mali et la Centrafrique et les gouvernements africains nous demandent de quitter les pays en question…

Il y a quelques jours, le Président de la République négocie avec Vladimir Poutine, il pense obtenir une désescalade ; immédiatement, les troupes russes envahissent le Donbass et menacent le reste de l'Ukraine…

Alors, monsieur le Premier ministre, n'avez-vous pas le sentiment que, face à des gens qui, eux, ne respectent pas le droit international, le simple respect de celui-ci nous affaiblit ? (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains. – Mme Anne-Catherine Loisier applaudit également.)

Réponse - Affaires européennes

Diffusée le 23 février 2022

M. le président. La parole est à M. le secrétaire d'État chargé des affaires européennes. (Marques de déception sur les travées du groupe Les Républicains)

M. Clément Beaune, secrétaire d'État auprès du ministre de l'Europe et des affaires étrangères, chargé des affaires européennes.

Monsieur le sénateur Karoutchi, peut-être pourrions-nous faire preuve sur ce sujet, grave, d'un peu de responsabilité et de hauteur de vue. (Protestations sur les travées du groupe Les Républicains.)

Que le monde qui nous entoure soit dangereux et difficile, c'est un fait. Que la France ne puisse en décider autrement, c'est une réalité. Néanmoins, le bilan que vous avez tiré, de manière partiale et partielle, ne reflète pas tout à fait, je crois, la réalité des choses. (Nouvelles protestations.)

À chaque occasion depuis cinq ans, la France, le Président de la République, a pris ses responsabilités.

Quand le président Trump est sorti de l'accord de Paris, c'est la France, avec ses partenaires européens, qui a sauvé cet accord et qui a permis que celui-ci survive jusqu'à la réintégration des États-Unis.

Quand la crise sanitaire a frappé tous les pays du monde, c'est nous qui avons pris l'initiative de faire du vaccin un bien public mondial et de nous protéger par une initiative européenne. (Mêmes mouvements.)

Un sénateur du groupe Les Républicains. Avec quel résultat !

M. Clément Beaune, secrétaire d'État. Quand il y a eu des crises internationales, le Président ne s'est jamais dérobé à ses responsabilités, quel que soit le moment, quel que soit le contexte, électoral ou autre. Il a pris des risques ; c'est ainsi que se fait la politique internationale.

Si l'on vous avait écoutés, notamment si l'on avait écouté votre collègue député, M. Christian Jacob, qui disait il y a quinze jours qu'il fallait dialoguer davantage avec M. Poutine, nous n'aurions rien fait. Le Président de la République a tenté cette chance. Fallait-il faire autrement ? Je ne le crois pas.

Que les choses soient compliquées, nous n'avions aucune naïveté à cet égard, mais considérez ce qui s'est passé de manière plus approfondie. Permettez-moi de prendre l'exemple de l'Europe. La France a été de retour, elle a été efficace. (Les protestations reprennent sur les travées du groupe Les Républicains.) Nous avons permis que soit adopté un plan de relance européen qui a sauvé notre économie et préservé l'Europe. Nous avons toujours agi en coordination européenne.

Enfin, à l'occasion de la crise qui nous occupe aujourd'hui, ne vous en déplaise, l'unité et la fermeté internationales, nous les avons construites ; c'est la France qui a pris – vous nous l'avez réclam頖 les initiatives en la matière ces derniers temps. (Mêmes mouvements.) C'est la France qui a pris ses responsabilités pour essayer d'élaborer une réponse.

On peut dire que le monde n'est pas dans une situation facile, mais il est difficile d'en imputer la responsabilité au Président de la République.

M. Roger Karoutchi. Ce n'est pas ce que j'ai fait !

M. Clément Beaune, secrétaire d'État. Nous avons toujours pris nos responsabilités.

Pour prendre un dernier exemple, qui nous tient à cœur tant à vous qu'à moi, monsieur le sénateur Karoutchi – celui de l'Arménie –, vous pourriez saluer les résultats obtenus ces dernières semaines par l'engagement du Président de la République, notamment lors du sommet du Partenariat oriental en décembre dernier, à savoir la libération d'un certain nombre de prisonniers.

M. Bruno Retailleau. Huit !

M. Clément Beaune, secrétaire d'État. Reconnaissez donc au moins avec honnêteté les avancées quand il y en a. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI, ainsi que sur des travées des groupes INDEP, RDSE et UC. – Protestations sur les travées du groupe Les Républicains.)

M. le président. La parole est à M. Roger Karoutchi, pour la réplique.

M. Roger Karoutchi. Monsieur le secrétaire d'État, je vous parle de problèmes de fond et vous reportez la question sur le Président de la République… Je ne suis pas en campagne électorale, moi ! (Rires et exclamations sur diverses travées, ainsi que parmi les membres du Gouvernement.)

Les membres du Gouvernement ne sont pas censés réagir dans l'hémicycle, monsieur le président ! Vous êtes au Parlement, mesdames, messieurs les ministres, pas dans votre bureau ! (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains. – Mme Anne-Catherine Loisier applaudit également.)

Un sénateur du groupe Les Républicains. C'est un scandale !

M. Roger Karoutchi. Je dis simplement que, face à des pays comme l'Iran, la Chine, la Russie ou la Turquie, qui ne respectent pas le droit international ni les règles du multilatéralisme d'après-guerre, vous, nous, tous les Européens, sommes faibles ! Les Kurdes, les Arméniens, les Libanais, les Africains comptent sur une Europe forte, sur une France forte.

Changeons de politique en France et en Europe pour être forts ! (Bravo ! et applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains. – Mme Anne-Catherine Loisier applaudit également.)

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