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Tourisme et transport aérien aux Antilles

Question écrite de - Outre-mer

Question de ,

Diffusée le 19 avril 2006

M. Rodolphe Désiré attire l'attention de Mme la ministre de l'outre-mer de la crise du tourisme aux Antilles-Guyane et par voie de conséquence sur celle du transport aérien vers ces destinations. L'on assiste en effet depuis plusieurs années à un véritable effondrement de l'économie touristique aux Antilles.

Pour ce qui est de la Martinique, tous les secteurs sont touchés. Le nombre de visiteurs de séjour est passé de 1998 à 2004 de 550 000 à 300 000 environ. Il en est de même pour le tourisme de croisière qui, en 1998, avait permis le passage en Martinique de 600 000 personnes et pour lequel le comité martiniquais du tourisme annonce 160 000 visiteurs pour 2004.

Cette situation est particulièrement préjudiciable aux petites structures, restaurants, organismes d'excursions, gîtes, meublés de tourisme, professionnels de l'artisanat, qui souffrent des tarifs élevés du transport aérien. Parmi les causes, multiples, de cette crise, l'on peut citer pour la Martinique le manque de planification du développement (un schéma de développement et d'aménagement du territoire a été voté en 1999 et n'a jamais été appliqué) ; la désinvolture des pouvoirs publics quant à la concurrence étrangère (Cuba, Saint-Domingue) ; la fuite des grands groupes hôteliers français (Accor, Méridien) et étrangers, orientant la clientèle vers les autres pays de la Caraïbe ; le monopole, enfin, de la compagnie aérienne nationale et les ententes des compagnies régionales desservant les Antilles, qui entraînent des tarifs aériens élevés, tant entre la métropole et les Antilles françaises qu'entre celles-ci et le reste de la Caraïbe.

Il semblerait que la politique tarifaire des compagnies privilégie les destinations des grandes Antilles, notamment Cuba et la République dominicaine, aux dépends des Antilles. On peut observer par ailleurs que la grande hôtellerie de la Martinique est dorénavant aux mains de sociétés locales qui n'ont aucune influence sur les flux touristiques métropolitains.

C'est donc bien la problématique du coût du transport dans le développement de l'économie locale qui est posé et il est particulièrement regrettable qu'aucun système de concertation entre les différents partenaires publics et privés n'existe pour fixer des plans d'action commerciaux, les besoins en sièges et la politique tarifaire annuelle.

Il en résulte que les usagers habituels, fidèles à la Martinique, clientèle dite " visite-famille-relation ", se trouvent pris en otage par les compagnies aériennes aux comportements prédateurs. Le Gouvernement est intervenu pour mettre en place le principe de continuité territoriale. Cela est un début mais est loin de résoudre le problème général.

Rappelons qu'aux Canaries, les passagers résidents appartenant à la Communauté européenne bénéficient de 30 % de réduction pour les trajets entre ces îles et la Péninsule, grâce à une continuité territoriale dont le principe est de donner les mêmes chances aux " insulaires " qu'aux " continentaux ".

Il est grand temps que la France s'engage, elle aussi, dans cette direction. La Commission européenne ayant adopté le 26 mai dernier une communication sur le rapport concernant les régions ultrapériphériques de l'Union, proposant un partenariat renforcé, développé autour de trois axes, la compétitivité de ces régions, leur accessibilité et leur insertion régionale, il lui demande ce que le Gouvernement envisage pour relancer le tourisme aux Antilles-Guyane et, dans l'avenir, mettre en adéquation les intentions affirmées de rattrapage économique - aussi bien du gouvernement français que de Bruxelles - et les outils nécessaires à ce rattrapage.

Réponse - Outre-mer

Diffusée le 19 avril 2009

Le repli que connaissait le secteur du tourisme outre-mer depuis 2000, particulièrement aux Antilles, a conduit le Gouvernement à adopter, dès l'automne 2002, un plan de relance du tourisme outre-mer, complété par les mesures sociales et fiscales de la loi de programme pour l'outre-mer du 21 juillet 2003.

Ce plan de relance du Gouvernement doit être compris comme un accompagnement de l'Etat, le secteur du tourisme étant très largement de la compétence des collectivités territoriales, et tout particulièrement des régions (lois modifiées n° 87-10 du 3 janvier 1987 et n° 92-1341 du 23 décembre 1992). L'une des mesures prévues par ce plan de relance concernait la création, parmi les adhérents du GIE Maison de la France, d'un club outre-mer mis en place en mars 2003, qui réunit une trentaine de membres et a réalisé diverses actions de promotion de l'outre-mer en métropole, dans plusieurs pays d'Europe de l'Ouest, au Québec.

Une autre mesure concernait la mise en place, sous l'égide de Maison de la France, d'une campagne de communication sur l'outre-mer en métropole, en Allemagne, en Belgique, en Suisse et en Italie à la fin de l'année 2003, sur le thème de " La France des trois océans ". Pour chacune de ces deux mesures, le ministère de l'outre-mer a apporté une contribution financière à laquelle se sont ajoutés des crédits alloués à Maison de la France par le ministère chargé du tourisme et des contributeurs privés.

Quelques organismes de promotion de l'outre-mer ont également participé à certaines des actions de cette campagne, qui s'ajoute à celles menées directement par les organismes de promotion touristique de l'outre-mer, sur des financements qui leur sont alloués par les collectivités territoriales. Le comité interministériel du tourisme de septembre 2003 a souhaité que cette campagne de communication soit reconduite en 2004 et 2005, sous réserve que les ministères concernés disposent des financements nécessaires, une telle action ne portant ses fruits qu'après deux à trois ans.

La fréquentation touristique des Antilles n'a pas encore connu le redressement espéré, d'autant que la concurrence de destinations plus récentes, telles que Cuba et plus encore la République dominicaine, reste particulièrement forte. Pour accélérer le redressement de la situation touristique des Antilles (et plus généralement des DOM), l'Agence française d'ingénierie touristique (AFIT) vient de lancer un appel d'offres pour une étude sur les motivations qui conduisent les personnes vivant en métropole (qui représentent plus de 80 % des touristes des DOM) à se rendre - ou pas - dans les DOM.

Cette étude, qui complète celles déjà réalisées par l'AFIT à la demande des collectivités locales (dont l'une sur la fréquentation de la Martinique et les possibilités d'y diversifier l'offre proposée aux touristes potentiels), devrait permettre de mieux cibler les actions de promotion des destinations outre-mer dans les prochains mois.

On relève d'ores et déjà quelques éléments favorables. Ainsi, les séjours et nuitées des Français de métropole dans les DOM ont augmenté respectivement de 21 % et 33 % au 1er semestre 2004 par rapport au 1er semestre 2003, et la durée moyenne de séjour s'est allongée de 11,2 nuitées en 2003 à 12,2 nuitées en 2004.

Le Gouvernement a par ailleurs engagé une action volontariste dans le domaine du transport. Afin de favoriser la baisse du coût du transport pour les populations d'outre-mer, la ministre de l'outre-mer a fait inscrire dans la loi de programme pour l'outre-mer du 21 juillet 2003 l'exonération de charges sociales pour les entreprises privées de transports aérien, maritime et fluvial desservant l'outre-mer.

Cette même loi, instaure également une dotation, dite de continuité territoriale, devant permettre chaque année à plus de 200 000 personnes résidant outre-mer de bénéficier d'une réduction de 30 % en moyenne pour un voyage entre la métropole et l'outre-mer. Ces différentes aides, en contribuant au rééquilibrage des coûts d'exploitation entre transporteurs ultra-marins et métropolitains et en favorisant un développement de la demande, doivent permettre un accroissement de la concurrence et, partant, induire une baisse des tarifs pratiqués par les transporteurs, profitable d'abord aux déplacements des résidents d'outre-mer, mais aussi aux autres passagers, et particulièrement les touristes.

La ministre de l'outre-mer se félicite des premiers résultats obtenus depuis l'an dernier, avec l'élargissement de l'offre de transport aérien, grâce à l'apparition de nouveaux opérateurs longs courriers tels Air Caraïbes pour la desserte des Antilles et Air Bourbon et Air Austral pour celle de la Réunion.

Cette amélioration de la concurrence a permis une certaine modération des prix : Air France a notamment instauré un nouveau tarif Tempo 5 à 380 euros hors taxe sur les Antilles. Enfin, les mesures d'adaptation des obligations de service public, instaurées par l'Etat sur les dessertes entre la métropole et les départements d'outre-mer, que le Gouvernement envisage de prendre sur la base des travaux conduits depuis un an, devraient permettre une optimisation des effets des aides précédentes en termes de baisse tarifaire.

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