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unknown - Communauté de communes - Nièvre et Somme - bilan patrimoine 2017
Document publié le Dimanche 1 janvier 2017
Lien du pdf (unknown - Communauté de communes - Nièvre et Somme - bilan patrimoine 2017)
Thèmes du document : Culture et patrimoine, Histoire et mémoire, Aménagement du territoire,
Bilan 2017
valorisation du patrimoine
Communauté de Communes
Nièvre et Sommepremière partie :
bilan - saison 2017
au prieuré de MoreaucourtFréquentation 2017
Date Type de visite Nombre de visiteurs 26 avril Collège ND Flixecourt - classe de 4ème 10
26 avril Touristes individuels 3
26 avril Réunion pédagogique 5
29 et 30 avril Montage installation art contemporain 1
30 avril Touristes individuels 2
4 mai Collège A. Rimbaud + école St Pierre 46
6 mai Permanence 5
13 mai Permanence 7
14 mai Touristes individuels 4
Samedi 20 mai Journée aux iris 260
21 mai Touristes individuels 14
22 mai Touristes individuels 3
Samedi 27 mai Permanence du samedi 17
Dimanche 28 Touristes individuels 2
Vendredi 2 juin RDV étudiant master Histoire 5
Samedi 3 juin Permanence 9
Lundi 5 juin 5
Vendredi 9 juin Collège Arthur Rimbaud 25
Samedi 10 juin Groupe catéchisme Flixecourt 75
Samedi 10 juin Balade gourmande 65
Samedi 10 juin Permanence 10
Dimanche 11 juin Cueillette avec Huber Lévêque 12
Samedi 17 juin permanence 6
Mardi 20 juin Groupe d’agriculteurs 20
Samedi 24 juin Permanence 8
Jeudi 29 juin Réunion des médiathèques 18
Jeudi 29 juin RDV – prof HG la Salle 2
Vendredi 30 juin Ecole primaire Ville le Marclet 25
Dimanche 2 juillet permanence 23
Mardi 4 juillet Cueillette cassis 5
Dimanche 9 juillet Permanence 19
Mardi 11 juillet Touristes individuels 2
Mercredi 12 juillet Animateurs Long + visiteurs Bouchon 5
Jeudi 13 juillet Centre de loisir – Saint Sauflieu 55
Dimanche 16 juillet Journée aux fruits rouges 65
Jeudi 20 juillet Centre de loisirs - Flixecourt 15
Dimanche 23 juillet Permanence 9
Dimanche 30 juillet Permanence 17
Dimanche 6 août permanence 26
Dimanche 13 août permanence 21
Mardi 15 août Touristes individuels 2
Jeudi 17 août Touristes individuels 2
Dimanche 20 août permanence 24
Dimanche 27 août permanence 10
Dimanche 3 septembre permanence 22
Jeudi 7 septembre Repas du personnel CCVN 30
Dimanche 10 septembre permanence 6
Jeudi 14 sept Visites – tankistes anglais 5
Vendredi 15 sept Groupe CCAS Amiens 26Dimanche 17 septembre JP – voitures anciennes. 32
Dimanche 17 septembre JP - individuels 28
Mercredi 20 sept RDV – prof la Salle 4
Dimanche 24 septembre permanence 17
Samedi 30 sept Educ tour - CCNS 20
Dimanche 1er oct permanence 10
Lundi 9 octobre Groupe 5ème collège Manessier 15
Jeudi 12 octobre Séance photo 2
Lundi 6 novembre Groupe 5ème collège Manessier 15
Jeudi 30 novembre Groupe de marcheurs 8
total 1204
La fréquentation de Moreaucourt depuis 2007
Année Nombre de visiteurs
2007 266
2008 312
2009 339
2010 185
2011 593
2012 806
2013 1180
2014 1302
2015 1610
2016 1328
2017 1204
Analyse de la fréquentation 2017
Comme en 2017, la fréquentation du site de Moreaucourt est en baisse. La fréquentation 2017 a retrouvé le même niveau qu’en 2013. Plusieurs raisons peuvent expliquer ce tassement de la fréquentation. Il y a l’effet calendrier, car les mois de juillet et août avaient 4 dimanches en 2017, au lieu de 5 en 2016. Le site est ouvert uniquement le dimanche aux visites individuelles. Mais la moyenne des visites individuelles sur les mois de juillet août reste sensiblement la même avec 24 visiteurs en moyenne chaque dimanche en août 2016, et 20 visiteurs en moyenne en août 2017. Par ailleurs, la météo estivale 2017 n’a pas été favorable aux visites de plein air. De plus, l’opération Jardins en scène, dispositif de la Région Hauts de France à laquelle nous participons depuis plusieurs années en organisant des installations d’art contemporain a été moins attractive. En 2017, le format imprimé du programme de cette manifestation culturelle a été supprimé. Seul le format numérique a été maintenu. Les années précédentes, Jardins en scène avait attiré de nouveaux publics au prieuré de Moreaucourt. Enfin, le prieuré de Moreaucourt a une capacité d’accueil limitée. La présentation de travaux de fin d’année de l’école primaire Hector Malot de Flixecourt prévue initialement à Moreaucourt n’a pas été organisée sur place, car les conditions de sécurité d’accueil du public ne nous semblaient pas suffisantes pour accueillir plusieurs centaines de personnes en même temps (manque de place de parking). Malgré cette baisse, la dynamique d’accueil des publics se poursuit dans plusieurs domaines : Les manifestations culturelles continuent d’attirer un public nombreux. La journée aux iris 2017 a attiré plus de visiteurs qu’en 2016. La fréquentation de la journée aux fruits rouges (juillet) a été la même qu’en 2016. Nous poursuivons aussi le travail engagé en direction des jeunes publics. Nous avons accueilli des classes du collège A. Manessier de Flixecourt, du collège ND de Flixecourt, du collège A. Rimbaud d’Amiens. Hors temps scolaire, nous avons accueilli un groupe de catéchisme de Flixecourt et plusieurs centres de loisirs au mois de juillet.
Les jardins de MoreaucourtDepuis janvier 2017 l’entretien paysager du prieuré de Moreaucourt n’est plus effectué par le chantier d’insertion de l’AREMA. C’est l’entreprise les Jardins d’Agrément basée à Ville-le-Marclet qui a été chargée de l’entretien paysager du site en 2017. L’entreprise assure la tonte régulière des pelouses, le nettoyage des massifs, la fauche des talus, la taille des topiaires, le désherbage des chemins, l’entretien des différents jardins.
Le marquage du bief
L’aménagement paysager du bief a été restauré en 2017 par Les Jardins d’Agréments. Cet aménagement évoque le passage de l’eau dans ce fossé qui était autrefois un bief destiné à actionner les roues des moulins à eau du prieuré. Le tracé du bief est signalé par un chemin bleu réalisé avec des pétales d’ardoises disposées entre des planches de bois.
Iris 2017
Comme chaque année nous avons réalisé de nouveaux massifs d’iris. Une nouvelle variété, Gypsy lord, a été plantée sous les chênes situés près de la chapelle. Un panel des différentes variétés présentes sur le site a été planté dans les massifs de la plaine nord.
La collection d’iris de Moreaucourt : Célébration song, Ciel et mer, Frison Roche, Gnu blue, Gold Milk, Honky Tonk Blues, Infusion de tilleul, Joyful skies, La part des anges, Magnétisme, Queen circle, Ré la blanche, Séducteur, Titan’s glory, Val de Loire, Victoria falls, Vitaéfire …La faune des jardins de MoreaucourtLe prieuré de Moreaucourt est entretenu sans produits phytosanitaires depuis plusieurs années. Cet entretien respectueux de l’environnement favorise la biodiversité. Cette année, nous avons observé plusieurs espèces de papillons sur le site en été.
La carte géographique non identifié
Timandre aiméeLa chenille du paon du jour et son papillon
La sitelle du torchepot jeune chouette chevêche tombée du nid
Une ruche à Moreaucourt
En 2015, Après le passage d’un essaim d’abeilles dans le parc du prieuré de Moreaucourt, Mr Gorlier, apiculteur à Breilly est venu installer une « ruchette » sur le site. En 2016, des abeilles ont colonisé cette petite ruche. Au printemps 2017, la « ruchette » a été remplacée par une ruche abritant une colonie d’abeilles domestiques. Elle a été placée dans l’ herbularius. Une première récolte de miel est prévue en 2018.Un site paysager
L’observatoire du paysage
L’Agence d’Urbanisme du Grand Amiénois a mis en place un observatoire du paysage afin d’analyser les effets du SCOT sur le paysage. Le prieuré de Moreaucourt, paysage remarquable de la vallée de la Nièvre, a été retenu parmi les sites témoins sélectionnés comme point d’observation des évolutions paysagères dans les prochaines années.
Un dossier de 44 pages a été réalisé par l’équipe chargée d’étudier l’aspect paysager du prieuré de Moreaucourt. Cette étude présente le prieuré de Moreaucourt son contexte environnemental.
Quelques documents extraits de cette étude :
l’animation pédagogiqueAvec le collège Arthur Rimbaud
Nous travaillons depuis plusieurs années avec l’équipe pédagogique du collège Arthur Rimbaud d’Amiens. Chaque journée pédagogique est co-construite avec les enseignants.
En 2017, nous avons mené deux projets pédagogiques avec le collège A. Rimbaud.
Avec les 6ème- CM2 : l’ermite de Moreaucourt
Les élèves de CM2 de l’école Saint-Pierre ont participé à une journée ludique et pédagogique au prieuré de Moreaucourt. Au cours de cette journée, les élèves ont participé à différentes activités : visite guidée, atelier d’écriture poétique, randonnée/parcours d’orientation jusqu’à la Breilloire.
Un scénario ludique a été proposé aux élèves à partir d’une histoire fictive. Avant la visite, les enseignants ont proposé aux élèves la lecture d’un faux article de presse relatant la vie d’un ermite à Moreaucourt décédé récemment. Ensuite, au cours de la journée les élèves récolté des indices et émis des hypothèses sur les raisons pour lesquelles cet homme avait décidé de vivre seul à Moreaucourt.
Faux article de presse - support pédagogique de la sortie scolaire à Moreaucourt
Poèmes écrits par les élèves à Moreaucourt :Silence au prieuré
Des plantes
Qui fleurissent
Ecrivent tout l'été
Les fleurs
Qui grandissent
Tranquillement
Le soleil
Qui brille
Transperce les nuages
Le lapin
Qui court
Dessine la forêt calme.
Ines
Silence au prieuré
Les plantes
Qui se taisaient
Dormaient à l 'heure du dîner.
Le soir
Qui tombe
Fatigue les ruines.
Les singes
Qui observent et surveillent
Le retour de Père Jacques.
Les oiseaux
Qui chantent volent et réveillent
Les fantômes des tours du prieuré.
Marie
Avec les 5ème : Prométhée à Moreaucourt
Une classe de 5ème du collège A. Rimbaud a travaillé toute l’année autour de la figure de Prométhée à travers le temps, en partenariat avec une compagnie de théâtre, dans le cadre d’un EPI Lettres-Histoire-LCA/SVT.En amont, les élèves ont écrit un texte théâtral sur les rituels prométhéens, et visité l’abbaye de Saint-Riquier la veille de leur visite à Moreaucourt.
A Moreaucourt, nous avons élaboré sur un scenario de fiction historique qui leur a permis de réinvestir les notions étudiées au cours de l’année.
Le scenario de fiction historique
Au début du 13ème siècle, une secte d’adorateurs de Prométhée s’est développée à l’abbaye de Saint-Riquier. Des moines érudits, connaisseurs du grec ancien étudient des manuscrits d’auteurs de l’antiquité relatifs au mythe de Prométhée. L’inquisition est alertée, une enquête est menée par Simon de Monfort. Mais la secte de l’abbaye de Saint-Riquier a des complices au prieuré de Moreaucourt. Les manuscrits interdits sont cachés dans la bibliothèque de Moreaucourt, où Simon de Montfort ne viendra pas enquêter, car sa famille est partie liée avec l’Abbaye Royale de Fontevraud.
Objectifs
Découvrir un monastère médiéval (l’Eglise au MA)
Connaître les plantes cultivées dans les jardins médiévaux
Faire réfléchir les élèves sur le vrai et le faux.
Activité des élèves
Les élèves ont mené une enquête leur permettant de reconstituer ce scenario fiction puis ils ont imaginé les rituels prométhéens de cette secte sous formes de scènes théâtrales. A la fin de cette journée chaque groupe a présenté son travail dans le cadre des jardins du prieuré.
Avec le collège Manessier
Chaque année les élèves du collège Manessier participent au concours scolaire du meilleur petit journal du patrimoine organisé par le magazine Arkéo junior. Les élèves doivent rédiger un article de presse sur le thème proposé. Le thème 2017/2018 est « animalité et patrimoine ». Nous avons proposé aux élèves d’explorer ce thème au prieuré de Moreaucourt. Les élèves ont visité le site en étant attentif à la présence de la faune dans le parc, ils ont ensuite découvert les représentations du bestiaire sur les objets archéologiques (céramiques, carreaux de pavage), puis nous avons présenté aux élèves les photographies animalières prises sur le site depuis quelques années. Les vestiges constituent en environnement favorable pour de nombreuses espèces.
Les chevaux de Moreaucourt dessin d’un carreau de pavage de l’égliseL’animation culturelle
La journée aux iris
La thématique de la journée aux iris 2017 était orientée vers le cirque et les arts de la rue.
La Cie Réverbère
Deux spectacles de la Cie Réverbère, « Riez sans modération » et « ça va foirer » ont été programmés par le service culturel de la CCNS. Ils ont été présentés près de la tour. Les performances burlesques d’équilibriste réalisées avec la participation de spectateurs volontaires ont rencontré un beau succès.
Poésie sous le tilleul
Nous invitions chaque année des poètes à la journée aux iris en partenariat avec l’association Lignes d’écritures. En 2017, le collectif cinq saisons composé de circassiennes en formation au pôle national du cirque et des arts de la rue d’Amiens a présenté ses créations sous le tilleul et dans les jardins du prieuré. Les poétesses du collectif ont lu leurs compostions écrites dans le cadre d’un atelier d’écriture et présenté des figures d’équilibristes associées aux textes.Sculptures végétales
Pour la 4ème consécutive nous avons monté une installation d’art contemporain à Moreaucourt en partenariat avec l’opération Jardins en scène du Conseil Régional Hauts de France. Cette installation a été réalisée par Virginie Morel, artiste Normande de la région de Vire. Virginie Morel a installé au prieuré ses sculptures en foin. Des œuvres représentant des singes et des oies sauvages ont été suspendues ou perchées dans les jardins du prieuré. Les singes savants, lisant des livres ont été installés sur les hauteurs des vestiges, dans la chapelle et dans la tour à la manière des singes qui peuplent les temples en ruine en Asie. Des oies sauvages ont été suspendues sous le tilleul, comme une évocation des nombreux oiseaux qui passent dans les jardins du prieuré. Le jeune public a particulièrement apprécié cette exposition.
Les formules gourmandes
Comme en 2016, nous avons accueilli deux animations associant la découverte du patrimoine aux plaisirs des papilles : la balade gourmande organisée par le restaurant aux marches de la baie en partenariat avec l’office de tourisme Nièvre et Somme, et une cueillette suivie d’un atelier culinaire à base de plantes sauvages en compagnie d’Hubert Lévêque.La journée aux fruits rouges
Pour la 4ème année consécutive nous avons organisé une balade contée mi-juillet à Moreaucourt en partenariat avec les foyers ruraux de la Somme. Nous avons convié cette année Régis Doye, habitué des lieux et le conteur amiénois Vincent Gougeat. Après la balade le public a été invité à déguster la bière princesse des marais, produite par la brasserie de la Somme à Domart-en-Ponthieu.
Un rassemblement de voitures anciennes
A l’occasion des journées du patrimoine l’Amicale rétro passion auto d’Amiens a organisé un rallye de découverte du patrimoine dans le secteur Nièvre et Somme. Une cinquantaine de véhicules anciens a fait halte au château d’Argoeuves, au château Hesse de Flixecourt, au château de la navette à Flixecourt, puis au prieuré de Moreaucourt. Les véhicules anciens ont été exposés près de la tour du prieuré et les membres de l’association ont suivi une visite commentée du site.La communication
Les actions de communication permettent de faire connaître à un large public le prieuré de Moreaucourt et son histoire.
France bleue Picardie
Nous avons enregistré cinq chroniques « pourquoi ? comment ? » avec Annick Bonhomme sur l’histoire du prieuré de Moreaucourt. Elles ont été diffusées pendant l’été.
Le magazine patrimoine du Courrier Picard
En septembre 2017, le Courrier Picard a édité le tome 2 du magazine « Patrimoine picard » dans lequel sont présentés 28 sites incontournable de la région. Une double page est consacrée au prieuré de Moreaucourt.Dans la presseDeuxième partie :
autres actions
de
valorisation du patrimoineActions éducatives 2017
Les principales actions éducatives de sensibilisation du jeune public au patrimoine ont été menées au prieuré de Moreaucourt. Nous avons aussi mené des actions de sensibilisation à d’autres lieux patrimoniaux.
Avec l’école primaire de Ville-le-Marclet
Les élèves de l’école primaire ont réalisé une sortie de fin d’année à vélo qui leur a permis de découvrir le patrimoine culturel de leur environnement local. Nous leur avons fait découvrir l’histoire de l’écluse de la Breilloire à Flixecourt ainsi que le prieuré de Moreaucourt.
Illustration Florence Gonzales et Julie Blond pour la table d’interprétation de la Breilloire – Conseil Département de la Somme
Avec le collège Manessier de Flixecourt
« Secrets d’histoire » Saint Frères
En partenariat avec le Réseau Canopé, le collège Manessier de Flixecourt a fait participer les élèves à la réalisation d’un film documentaire dans le genre des « Secrets d’histoire » de Stéphane Bern. Nous avons fournit de la documentation aux élèves sur le sujet, notamment des photographies de la famille Saint, et animé une visite commentée du château blanc de Flixecourt qui a servi de support à l’une des séquences du film.
Visuel de la ressource en ligne sur le site internet du Réseau Canopé
Le concours Arkéo JuniorChaque année les élèves du collège Manessier participent au concours scolaire du meilleur petit journal du patrimoine organisé par le magazine Arkéo junior. Nous les accompagnons régulièrement dans cette démarche de découverte du patrimoine culturel. Le concours 2016/2017 avait pour thème « les lieux de passage ». Nous avons proposé à Mme Collet, professeur documentaliste qui mène cette action pédagogique avec les élèves de partir à la découverte de Ribeaucourt. L’article rédigé par les élèves de 5ème du collège de Flixecourt a obtenu le 2ème prix du concours.
Extrait de la Une du petit journal réalisé par les élèves
Les visites du patrimoine culturel pour les scolaires
Visite Date Nombre de personnes Visite du château de Ribeaucourt – 5ème collège Flix. 27 février 14 Visite du château blanc, 5ème collège Flix. 6 mars 12 Présentation de la Breilloire, école primaire Ville le M. 30 juin 25 Total : 51Patrimoines culturels en Nièvre et Somme - été 2017
En 2017, nous avons élargi la programmation de visites-conférences à l’ensemble du territoire de la Communauté de Communes Nièvre et Somme.
Fréquentation des visites été 2017
Visite Date Nombre de personnes Saint-Léger-les-Domart, balade dans le bourg 15 juin 18
Saint-Ouen de cité en cité 22 juin 12
L’église de Bouchon 27 juin 32
Le château de Canaples 24 août 120
Promenade haute à l’Etoile 31 août 35
Le cimetière militaire Allemand de Bourdon 2 sept. 43
Total : 260
La fréquentation des visites de découverte des patrimoines culturels est en forte hausse. Nous passons de 95 visiteurs en 2016 à 260 visiteurs en 2017.Les autres actions de valorisation du patrimoine
Les tables d’interprétation vallée de Somme
Des tables d’interprétation sont installées au bord du canal dans le cadre du Grand projet vallée de Somme. Nous avons été associés à l’élaboration des contenus des tables d’interprétation qui seront prochainement installées sur notre territoire : à l’Etoile, à la Breilloire (Flixecourt), à Bourdon, et à Picquigny.
Le portail de l’église du prieuré de Moreaucourt sur la table d’interprétation de la Breilloire
Les patrimoines culturels Nièvre et Somme sur France Bleue
Nous avons enregistré plusieurs chroniques « pourquoi ? comment ? » avec Annick Bonhomme. Elles sont diffusées sur France Bleue Picardie depuis le mois de septembre.
- Les cinq châteaux de Flixecourt
- Le beau bourg de Ribeaucourt
- La façade Art Déco de la salle des fêtes de Saint-léger-les-Domart
- Le monument aux morts de Saint-Léger-les-Domart
- La Breilloire, une écluse pas comme les autres
- Les deux monuments aux morts de Vignacourt
- L’église de Vignacourt, une petite Cathédrale
- Le château de Canaples, une belle demeure inspirée de l’hôtel PaïvaLes fiches patrimoineBalade à Saint-Léger-les-Domart
Le bourg de Saint-Léger-les-Domart possède un cachet Art déco assez inhabituel pour une commune de l’ouest de la Somme. Ce style d’architecture s’est épanoui dans les territoires de l’est du département touchés par les destructions de la 1ère Guerre mondiale, plus rarement ailleurs. Saint-Léger-les- Domart n’a pas subi de destruction majeure pendant la Grande Guerre, mais dans les années 1920, la ville s’est embellie sous l’impulsion du sénateur-maire Anatole Jovelet.
Le nouvel hôtel de ville, en brique claires, a été construit en 1928 par l’architecte Dory, d’Amiens. Il est bâti à l’emplacement de l’ancienne mairie-école, qui datait de 1852. Ce nouveau bâtiment public répond à différents besoins. Aux trois portes qui s’ouvrent sur la façade correspondent trois fonctions distinctes : la mairie, la poste, et le dispensaire. La population ouvrière de Saint-Léger qui travaille chez Saint Frères dans les usines d’Harondel ou de Saint-Ouen a besoin d’un lieu de soin. La façade est animée par le jeu des appareillages de briques et des ouvertures placées sous des arcs stylisés. A l’angle, côté rue, une tourelle sur trompe donne au bâtiment un petit air de château Renaissance. Sous la tour, une sculpture en pierre de taille représente le visage d’un homme barbu.
De l’autre côté de la place, l’église présente un style néo-classique. Elle a été reconstruite en 1855 par l’architecte Charles Demoulin. Sa façade est sobre. Le portail encadré de pilastres est surmonté d’un fronton semi-circulaire, sans autres ornements.
La villa Jovelet se trouve près de l’église. La maison a été construite en 1906 pour Anatole Jovelet, maire de commune depuis 1897. Il occupe la fonction jusqu’en 1947 ! Anatole Jovelet a aussi été conseiller général (élu en 1906), député de la Somme de 1914 à 1923, puis sénateur de 1923 à 1940. Bâtie entre cours et jardin elle possède les attributs d’une maison de maître : le porche du RDC encadré de deux colonnes ioniques, le balcon du 1er étage avec sa grille en fer forgé, les pierres en bossage aux angles, attirent le regard. Mais, c’est surtout son plan carré et son style Louisiane qui en font une demeure originale. Le RDC est ceinturé d’une coursive couverte d’un toit en appentis, à l’américaine. Les toitures sont animées par des éléments décoratifs, frise de métal, épis de faîtage, et par les pignons semi-circulaires des façades.Un peu plus loin, au bord de la Domart, la salle des fêtes de Saint-Léger présente le même style que l’hôtel de ville. Elle a été construite 1928, par l’architecte Dory, lors de la même campagne de travaux. Sa façade à pignon, en briques claires, est ornée d’un motif en mosaïque et sgraffite de style Art déco. Au centre, une femme vêtue d’une robe à l’antique lit un livre. A ses côtés, deux femmes jouent de la musique, l’une de la flûte traversière et l’autre de la flûte de pan. Les trois grâces évoluent dans un paysage méditerranéen, au bord d’un lac. A l’arrière-plan, la ligne de crête d’un massif montagneux découpe l’horizon. L’auteur de ce décor polychrome est inconnu. Le devis des travaux de construction de la salle des fêtes, dont le coût s’élève à 100 000 francs, mentionne ce décor en sgraffite comme un élément à part, qui n’est pas pris en compte dans l’estimation.
Nous terminons cette balade dans Saint-Léger-les-Domart avec le monument aux morts, situé au centre du bourg, entre mairie et église. Le conseil municipal a décidé d’élever un monument aux morts en 1919. Il est inauguré deux ans plus tard, le 10 novembre 1921. Ce sont probablement les relations parisiennes du député-maire A. Jovelet qui lui ont permis d’acquérir cette statue en bronze, fondue par Rudier, dont la signature apparaît à la base de l’oeuvre. Le fondeur parisien a travaillé pour les plus grands, comme Rodin ou Bourdelle. La statue représente un poilu de la Grande Guerre, debout, les bras croisés, sans fusil. Le nom du sculpteur, Jean-Marie Mengue apparaît aussi en bas de l’œuvre. L’artiste est originaire de Bagnère-de-Luchon. Il réalisé le monument aux morts de sa ville natale. Il est identique à celui de Saint- Léger-les-Domart, mais il s’agit d’un groupe sculpté. Au sol, près du piédestal sur lequel le soldat se tient fièrement debout, les bras croisés, une femme, elle aussi en bronze, salue son homme qui part à la guerre. La commune de Saint-Léger a acquis un exemplaire du soldat, mais pas l’ensemble du groupe sculpté. C’est probablement la raison pour laquelle, ce poilu aux bras croisés a été interprété comme un soldat pacifiste, alors qu’il s’agit d’un homme mobilisé, qui part à la guerreSaint-Ouen de cité en cité
Saint-Ouen occupe une place à part dans l’histoire des cités ouvrières de la vallée de la Nièvre. C’est non seulement la commune où la société Saint Frères a fait construire les toutes premières cités ouvrières, bien avant celles de Flixecourt et de l’Etoile, mais c’est aussi la commune où la part de la population vivant dans les cités ouvrières a été la plus importante.
Dès 1863, Saint Frères fait construire le tout premier lotissement pour loger les ouvriers de sa filature de jute à Saint-Ouen. L’usine connait alors une expansion rapide, avec la création d’une corderie en 1879 et le développement d’une activité tréfilage. Elle occupe une surface de près de 37 ha et compte autant de salariés que celle de Flixecourt. Le village se transforme, les cités sortent de terre les unes après les autres.
La cité Saint-André est l’une des plus importantes cités ouvrières de la vallée de la Nièvre. Elle porte le nom de l’un des patrons de l’entreprise Saint Frères. André Saint (1871-1933) est le fils cadet de Charles Saint. A partir de 1902, il dirige les affaires de l’entreprise depuis son siège parisien. André Saint est un homme influent, fin connaisseur du marché du jute, dont on écoute les conseils éclairés pour acheter la matière première en Inde. La cité Saint-André compte 120 maisons en brique construites le long de la rue Pasteur et de la rue du docteur Martin. On peut distinguer trois groupes de logements dans cette cité. Les maisons des contremaîtres, plus grandes et plus hautes, ont été construites à l’entrée de la rue du docteur Martin de manière à contrôler le passage des ouvriers. La grande majorité des maisons ouvrières sont plus modestes, avec seulement un RDC et un étage sous comble, construites par bloc de 10 à 15 maisons, séparées par des venelles qui mènent aux jardins à l’arrière. Elles ont été construites entre 1909 et 1911. Rue du docteur Martin un groupe de vingt maisons construites dans les années 1920 attire notre attention. La cité des Italiens est une véritable cité dans la cité. On raconte que ce sont des maçons italiens qui ont construit ces logements après la 1ère Guerre mondiale. Les maisons sont plus grandes. Les façades sont décorées de faux pans de bois en ciment dans le style régionaliste.
La cité Saint-Jules présente aussi quelques particularités. Jules-Abel Saint est l’un des trois patrons de la société Saint Frères en 1882, lors de la construction des logements. Il dirige alors les établissements de Rouen. En 1880 il a marié sa fille Alice à Henri Saint, fils aîné du patron des usines de la vallée de la Nièvre.Cette petite cité compte vingt logements construits dans une impasse au bord de la Nièvre. L’entrée de la cité est marquée par la présence d’un bâtiment collectif qui servait de cantine ouvrière. Les portes et les fenêtres des maisons en brique sont placées sous des arcs en plein cintre.
Près de la cité Saint-Jules, rue de la République, on peut voir la Maison du peuple. La façade de ce bâtiment en brique construit en 1926 porte encore plusieurs inscriptions symboles de l’émancipation ouvrière : syndicat, mutualité, bibliothèque, libre pensée. Il témoigne de la forte implantation syndicale dans l’usine Saint Frères de Saint Ouen, où Pierre Saint estime qu’il y a « 300 anarchistes » en 1912.
Plus loin, la cité Saint-Jacques a été construite rue La Fayette en 1912-1913. D’un côté de la rue, les maisons sont sur la commune de Saint-Ouen, de l’autre, sur la commune de Bettencourt-Saint-Ouen. Les autres cités, Saint-Hubert, Saint-Jean, et Saint-Pierre se répartissent autour de l’usine, et forment une véritable ceinture rouge de maisons ouvrières.L’église Saint-Pierre de Bouchon
L’église Saint-Pierre de Bouchon est toute en pierre de taille. Sa silhouette est dominée par la flèche qui signale dans le paysage la présence du village au creux du vallon verdoyant. Comme à Franqueville ou à Fransu, trois parties distinctes se détachent nettement de cette architecture typique des petites églises rurales du secteur : en façade, un clocher massif surmonté d’une flèche élancée, puis une nef aux dimensions modestes, et un chœur plus large et plus haut. Le chœur se termine par un chevet plat qui pourrait dater du XIIème ou XIIIème siècle. Le clocher, classé monument historique en 1930, constitue l’élément le plus remarquable de son architecture. La tour, épaulée de contreforts à larmiers, est coiffée d’une flèche polygonale en pierre dont les rampants s’ornent de crochets. Une balustrade en pierre ajourée de motifs variés ferme la terrasse de toutes parts. La tour abrite une cloche fondue par Ignace Hanriot qui porte la date de 1771 et des inscriptions relatives au donateur, Ambroise Jourdain, seigneur du lieu à la fin du XVIIIème siècle.
La nef et le chœur ont été inscrits monument historique en 2001. Un cadran solaire a été gravé sur un contrefort de la façade sud de la nef. Treize rayons numérotés en chiffres romains partent d’un visage solaire près duquel on peut lire la date de 1737. Ce modèle de cadran solaire est assez proche de celui de l’église Saint-Pierre de Montières, près d’Amiens.
A l’intérieur, la petite église de Bouchon possède plusieurs éléments de mobilier protégés au titre des monuments historiques : une chaire à prêcher en bois du XVIIIème ou XIXème siècle, un Christ en Croix qui présente toutes les caractéristiques du style XVIème siècle, ainsi que plusieurs sculptures en bois ou pierre polychromes.Quelques œuvres protégées de cette église on plus particulièrement attiré notre attention.
Dans la nef, un Christ en Croix est fixé en hauteur, sur une poutre qui marque la limite avec le Chœur. Il fait ainsi office de poutre de gloire. La croix se termine par des fleurs de lys et les symboles des quatre évangélistes. Le Christ est en chêne, peint au naturel. Il porte une barbe taillée dans un style qui permet de situer l’œuvre au XVIème siècle. Ce genre de mobilier n’est pas très fréquent car il a bien souvent disparu lors de la Contre-Réforme. Mais on trouve encore quelques poutres de gloire dans les petites églises rurales, comme à Bouchon.
Dans le chœur, une statue de Saint-Pierre en pierre polychrome a été classée monument historique dès 1917. Le patron de l’église est assis sur un trône, coiffé de la tiare pontificale. Il est rare que Saint-Pierre soit représenté ainsi en souverain pontife. Son attitude majestueuse et le modelé du visage incitent à dater l’œuvre du XVIème siècle. Il repose sur une console de pierre, contemporaine de l’œuvre, représentant les armoiries des familles de Bournonville et de Belleforière-Soyecourt. L’ensemble a été restauré en 2013 par Christine Bazireau.
D’autres éléments du mobilier de l’église de Bouchon, non protégés, sont néanmoins intéressants.
Un retable de la Vierge portant la date de 1635 est posé contre le mur nord du chœur. Il témoigne de la vitalité artistique de la région dans la 1ère moitié du XVIIème siècle, tout comme la statue polychrome de Saint-Martin de l’église de Bettencourt-Saint-Ouen ou encore la clôture en bois de l’église de Franqueville. Bien qu’il soit incomplet, ce retable conserve dans sa partie centrale une niche destinée à accueillir la statue de la Vierge, encadrée de colonnes jumelées, et coiffée d’un fronton cintré; le tout peint en faux marbre.
L’église de Bouchon conserve aussi dans la nef un tableau des morts pour la France de la paroisse, de la 1ère Guerre mondiale. La recherche menée par l’Inventaire du patrimoine culturel de Picardie a montré que ce genre de lithographie est assez rare. L’estampe représente une femme en robe, couverte d’un voile, tenant contre elle une palme de laurier. Elle s’appuie sur un autel surmonté d’une croix, près duquel sont inscrits les noms victimes de la guerre. En bas, la lithographie porte les deux signatures d’H. Rozier, graveur, et Ch. Beraud dessinateur, ainsi que l’adresse 18 rue de l’Arcade, à Paris.Le château de Canaples
En 1898, l’architecte Bienaimé est chargé d’établir les plans d’une belle demeure qui sera bâtie sur le versant d’une colline qui domine la vallée de la Nièvre, tout près de l’endroit où elle reçoit les eaux de la Fieffes. La même année, Anatole Bienaimé a reçu la commande du nouvel hôtel de ville de Doullens. L’architecte amiénois est alors très investi dans le développement de la station balnéaire du Touquet. A Canaples, c’est Benjamin Hourdequin qui a fait appel à lui. Le château de Canaples est destiné à sa fille Marie-Louise, épouse de Joseph Le Roy, vétérinaire. Benjamin Hourdequin est pharmacien à Doullens, mais il s’est enrichi dans le phosphate. Benjamin Hourdequin possède des terrains à Beauval, sur la route de Doullens, où du sable est exploité depuis 1843. En 1883, en géologue lui propose de lui acheter une grande quantité de sable. Intrigué, il analyse sa composition et découvre qu’il contient une forte teneur en phosphate. Le produit est alors très recherché par les agriculteurs pour fertiliser leurs champs. Dix ans plus tard, Benjamin Houdequin a fait fortune, il peut offrir à sa fille la maison de ses rêves.
Pour cette commande, Bienaimé s’inspire directement de l’hôtel Païva, un hôtel particulier situé sur les Champs-Elysées, à Paris. L’hôtel Païva a été construit par Pierre Manguin, entre 1855 et 1868, dans le style néo-renaissance. Il porte le nom de sa propriétaire, une comtesse russe épouse d’un riche industriel allemand, cousin de Bismark. Cet hôtel particulier parisien est connu pour sa profusion de décors et notamment son escalier en onyx du Maroc. Anatole Bienaimé a choisi de bâtir l’immeuble en pierre de Savonnière. Cette pierre de taille extraite dans la Meuse est réputée pour sa dureté et ses qualités de pierre à sculpter. Le matériau est livré en gare de Canaples par le train. L’ensemble présente la même composition que l’hôtel de Païva. Le corps central s’élève sur trois niveaux et un étage sous comble. Il est rythmé par cinq baies aux décors variés. Elles sont surmontées de fronton triangulaires ou semi circulaires comme l’hôtel Païva. Les éléments de décor empruntés à la Renaissance sont partout présents : des guirlandes de fleurs courent le long des baies, des cartouches et des visages féminins - peut-être le portrait de Marie- Louise - ornent les linteaux, des sphères coiffent les frontons, des pots à feu surmontent les pinacles, des pilastres ioniques ou corinthien soulignent l’élévation.
A la différence de l’hôtel de Païva, le château de Canaples s’inscrit dans la cadre bucolique du val de Nièvre. Non loin du château, les communs en brique ont été particulièrement soignés. Les bâtimentsd’élevage sont organisés autour d’une cours à la manière d’une véritable ferme. L’ensemble s’inscrit au cœur d’un parc à l’anglaise planté d’essences variées, dont les pelouses dessinent comme une couronne de pétale autour du château
A l’intérieur, l’aile Est du château de Canaples a particulièrement attiré notre attention. Un jardin d’hiver y a été aménagé entre 1900 et 1910. L’architecte Aimé Delarue, dont le nom est écrit sur la verrière centrale, a pris le relais de Bienaimé. Cette pièce est entièrement décorée dans le style Art nouveau, du sol au plafond. Les grandes baies vitrées ont été réalisées par le peintre verrier Gaëtan Jeannin, de Boulogne- Billancourt. C’est probablement l’une des premières réalisations de cet artiste connu pour ses compositions Art déco dans les années 1920. La céramique a été utilisée pour les sols, les murs et le mobilier de jardin. Au centre de la pièce, une vasque en grès émaillé ornée de motifs de tournesols est posée sur un sol en mosaïque. Les murs sont couverts de carreaux de faïence. Dans partie basse, les carreaux unis forment des compositions géométriques tandis que la partie haute est décorée de motifs végétaux. L’ensemble n’est pas signé, mais il pourrait s’agir d’une production de l’entreprise Gentil et Bourdet, alors en plein essor, et installée à Boulogne-Billancourt, comme Gaëtan Jeannin.
En 2013, cet ensemble remarquable a été inscrit dans sa totalité suite à l’enquête menée par le service de l’Inventaire du patrimoine culturel de Picardie. Le parc est ouvert à la visite en été.L’ancien cimetière de l’Etoile
La commune de l’Etoile possède deux cimetières. Faute de place, et pour répondre aux exigences de salubrité publique, un nouveau cimetière a été créé en 1952 à la sortie du bourg, en direction de Flixecourt. L’ancien cimetière attenant à l’église n’a pas pour autant été supprimé.
Il faut gravir la pente qui monte à l’église Saint-Jacques-le-Majeur pour découvrir l’ancien cimetière de l’Etoile. Le site paysager s’inscrit dans un environnement privilégié. Plein sud, le coteau offre un point de vue panoramique sur la vallée de la Somme, parsemée d’étangs et de marais. Au nord, la limite du cimetière suit la lisière du bois qui couvre l’oppidum dit du « camp César », sur le promontoire.
Des croix en fer forgé décorées de motifs variés marquent l’emplacement primitif du cimetière au chevet de l’église. Au XIXème siècle, il est agrandi à plusieurs reprises. La population du village croît alors fortement après l’installation de l’usine Saint Frères aux Moulins-Bleus et la création d’une grande cité ouvrière à proximité. Les concessions sont aménagées sur des terrasses qui suivent les courbes de niveau du coteau calcaire.
Pour commencer notre visite nous empruntons l’allée du bas. Sur la tombe de Robert Cagé, une croix s’élève sur une rocaille. Une chouette sculptée, prête à s’envoler, est perchée sur la barre horizontale. L’animal nocturne peut guider l’âme du défunt dans la nuit. L’ensemble en ciment témoigne de l’évolution de l’art funéraire à la fin du XIXème siècle. Robert Cagé est mort pour la France en 1916, il n’avait pas 20 ans. Son nom est gravé en lettres dorées au-dessus d’une palme, sur la plaque en marbre noir posée sur la rocaille. Un peu plus loin, la croix en grès dite « de la station » signale un croisement d’allées. Elle a été placée ici en 1876 lors de l’agrandissement du cimetière. Cette croix ancienne, composée d’un socle, d’un pilier et de la croix elle-même s’élève à 2,50 m de haut. Sur le socle, figure une inscription gravée indiquant le nom d’Antoine Loiez qui l’a faite en 1788. Mais il est possible qu’elle soit plus ancienne. Plusieurs éléments de décors sont sculptés dans le grès; le visage d’un évêque, des fleurs de lys, et un cœur, à la manière d’un rébus picard. Près de la croix, sur la concession de la famille Fricot, une stèle en pierre de taille est décorée de motifs sculptés, représentant deux brins, le lis et la rose associés. En face, sur la stèle de la famille Marchand, ce sont des mains serrées accompagnées de l’inscription inspem resurectionis qui ont été sculptées dans le fronton semi-circulaire de la stèle. Un peu plus loin, le monument funéraire de la famille Patry abrite une œuvre du sculpteur Albert Roze. L’artiste amiénois a représenté cote à cote les portraits de deux frèresressemblants, morts pour la France durant la 1ère Guerre mondiale. L’œuvre en pierre blanche est placée sous un fronton en marbre noir, encadré de colonnes. Les initiales de Maurice et Paul Patry sont gravées sur le fronton. Maurice est mort à l’âge de 23 ans le 8 septembre 1914 dans la Marne. Son frère Paul est mort à 21 ans à Mesnil-les-Hurlus, en 1915. Tout au bout de l’allée du bas, d’autres tombes de soldats morts lors de la 1ère Guerre mondiale sont visibles, la sépulture commune d’Edmond Trouillet et Eugène Allet, tous deux morts dans un hôpital, et celle de Charles Delacroix décédé au centre psychiatrique de Dury, de paralysie générale.
Nous poursuivons la visite par l’allée du haut. Deux tombes de soldats britanniques morts en 1916 ont été placées à l’angle, dans la partie la plus haute du cimetière. Au centre de l’allée, nous nous arrêtons devant une autre concession de la famille Patry. Les époux Patry sont morts dans leur maison des Moulins- Bleus, lors du bombardement aérien de l’Etoile par les Alliés le 20 mars 1944.A leurs côtés, repose Raymond Patry, jeune gendarme de Crecy-en-Ponthieu mort le 3 septembre 1944, fusillé par les allemands le jour de la libération avec cinq autres hommes. En revenant vers l’église, une dernière tombe, un peu à l’écart, a attiré notre attention. Lucien Verdure, ouvrier agricole, est mort le 2 septembre 1944, jour de la libération de l’Etoile, mais son nom n’apparaît pas sur le monument aux morts. Le jeune homme est mort accidentellement, des suites de ses blessures, après l’explosion de sa charrette où se trouvaient probablement des munitions allemandes.
Depuis la terrasse qui surplombe l’église, un large panorama permet d’observer les paysages de la vallée de la Somme. Devant nous, l’église de l’Etoile, sans clocher depuis l’effondrement de 1985 et sans toiture ni charpente depuis l’incendie de 1985, participe à l’atmosphère romantique du cimetière. En face, au loin, le clocher blanc de l’église de Condé-Folie se dresse près de la nécropole nationale où sont inhumés les soldats des combats de 1940. Vers l’est, on aperçoit la cité des Moulins-Bleus. Plus près, en contrebas du coteau, les étangs disparaissent sous un épais manteau boisé. Et quand le paysage s’ouvre, les saules têtard pleins de solitude apparaissent ici et là dans les prés verdoyants des bords de Somme.Le cimetière militaire allemand de Bourdon
En 1954, une convention franco-allemande a été signée en vue de regrouper les corps des soldats allemands de la 2ème Guerre mondiale morts en France. 22 cimetières militaires allemands ont ainsi été créés. Celui d’Andilly, près de Toul, regroupe 33 000 soldats. C’est le plus important de France. Le plus connu et le plus visité se trouve à la Cambe en Normandie. Il compte 21 000 soldats. Celui de Bourdon a été aménagé entre 1962 et 1967 sur le plateau qui domine la vallée de la Somme, où les combats ont fait rage au printemps 1940. Il regroupe 22 216 soldats allemands tombés dans les trois départements du Nord, du Pas-de-Calais et de la Somme pendant toute la guerre.
Le Volksbund Deutsche Kriegsgräberfürsorge, plus communément appelé Volksbund, a confié la réalisation du cimetière à l’architecte Paul Schmitthenner (1884-1972). Il a conçu un espace funéraire auquel on accède par étape. D’abord, une allée plantée d’arbres guide le visiteur vers l’entrée centrale, percée dans un long bâtiment de briques. L’aile gauche abrite le logement du gardien, l’aile droite un espace d’information dans lequel on trouve les registres où sont inscrits les noms des soldats (die namenbuche). Ensuite, une allée bordée de tilleuls, plantés en signe d’amitié, mène au pavillon circulaire. Ce bâtiment de 12 mètres de diamètre s’élève à 10 mètres de haut. Il signale la présence du cimetière dans le paysage. Un mur d’enceinte circulaire abritant quelques tombes et des chênes fastigiés encadrent le pavillon. Ce bâtiment en grès du Palatinat n’est percé que de six petites ouvertures qui apportent un peu de lumière à l’intérieur. Sa forme de rotonde rappelle certain mausolées comme celui du roi wisigoth Théodoric à Ravenne. Des pavillons circulaires, comparable à celui de Bourdon ont été construits dans les cimetières militaires de Dagneux, dans l’Ain et de Niederbronn en Alsace, mais nous n’avons pas trouvé d’équivalent ailleurs.
On pénètre à l’intérieur du pavillon par une porte en métal ornée d’une étoile à douze branches inscrite dans un cercle. Au-dessus, un cadran solaire circulaire sculpté dans une pierre insérée dans la maçonnerie porte la date d’inauguration du cimetière en chiffres romains. A l’intérieur, la salle circulaire abrite la statue die Muter. Cette grande statue en marbre blanc, lumineux et étincelant, représente une pleureuse en deuil, symbole de la mère patrie qui a perdu ses enfants. Le sculpteur Gérard Marcks (1889- 1981), auteur des monuments aux morts de Hambourg et Cologne, a puisé ici son inspiration dans la statuaire féminine de la Grèce ancienne. Seule au milieu de la grande pièce circulaire, la Mère invite au recueillement.Ensuite, le visiteur peut accéder à la grande plaine où sont placées les tombes des soldats. Le champ de tombes est constitué de 44 blocs rectangulaires séparés par des allées gazonnées qui se coupent à angle droit. Les croix en pierre ont été disposées de manière à intensifier les perspectives. Cinq cent bouleaux plantés dans la plaine forment un bois clairsemé qui abrite les sépultures, à la manière des cimetières nordiques. L’atmosphère est paisible et lumineuse. Symbole de pureté et bienveillance, cet arbre apporte calme et sérénité. Sur chaque croix, sont gravés les noms de six soldats, trois d’un côté et trois de l’autre. L’inscription est brève, nom, prénom, grade, dates de naissance et de décès. L’ordre des inscriptions indique l’endroit où repose le corps du défunt. Le 1er est à gauche, le 2ème au centre, le 3ème à droite. Les pelouses sont tondues de manière à ce que les stèles restent bien visibles sans végétation.
Une allée centrale mène à une croix monumentale en fer de 12 mètres de haut, placée à l’extrémité du cimetière. C’est près de cette croix que se déroulent les cérémonies du souvenir. La première s’est déroulée le 17 septembre 1967, jour de l’inauguration du cimetière militaire de Bourdon, en présence de 4 000 personnes, parmi lesquelles de nombreuses familles allemandes endeuillées par le conflit. En septembre 2017, une cérémonie a été organisée pour commémorer le 50ème anniversaire du cimetière militaire allemand de Bourdon.