Offres
API
Connexion
Documents similaires
unknown - Communauté de communes - Les Bertranges - CAMPAIGN
unknown - Communauté de communes - Les Bertranges - Livret L
unknown - Communauté de communes - Les Bertranges - lafeuill
unknown - Communauté de communes - Les Bertranges - La Feuil
unknown - Communauté de communes - Les Bertranges - La Feuil
unknown - Communauté de communes - Les Bertranges - La Feuil
unknown - Communauté de communes - Les Bertranges - La Feuil
unknown - Communauté de communes - Les Bertranges - 11 novem
unknown - Communauté de communes - Les Bertranges - Trombino
unknown - Communauté de communes - Les Bertranges - 202410 l
unknown - Communauté de communes - Les Bertranges - EAU VIVE N2 V5
Document publié le Mercredi 1 janvier 2025
Lien du pdf (unknown - Communauté de communes - Les Bertranges - EAU VIVE N2 V5)
Thèmes du document : Eau et assainissement, Espaces terrestres et maritimes, Environnement,
N°
2 LE MAGAZINE D’INFORMATION DU BASSIN VERSANT DES NIÈVRES ET DU RIOT
Le Contrat Territorial des Nièvres et du Riot 2024I2026 6
Faire REvivre la rivière Nièvre et ses affluents 10
Un pavé dans la mare : gérer les inondations 12Prémery
Guérigny
Fourchambault
Nevers
N
S
E O
0 5 10 km
Linéaire principal
Linéaire secondaire
Tête de bassin versant prioritare
Aire d’alimentation de captage
Chemin principal de continuité écologique
Cours d’eau
Captages des sources de l’Ar
Captage Grenelle prioritaire
Linéaire ciblé pour
la programmation hydromorphologique
• Bon état de la masse d’eau
• Cours d’eau fortement rectifiés
• Quelques seuils et anciens moulins
• Nombreux étangs dégradés (amont)
• Étude de continuité
programmée (amont)
• Réseau de mares important
• Travaux de restauration de cours
d’eau programmés (aval)
Programmation
Obstacles à la continuité écologique Légende
La Nièvre de Champlemy
• Masse d’eau
fortement dégradée
• Cours d’eau
fortement rectifiés
• Problématique
hydrologie identifiée
• Besoin de
connaissances
Le Riot
La Nièvre
d’Arzembouy
• Bon état de la masse d’eau
• Cours d’eau fortement
rectifiés et incisés
• Tête de bassin versant
à restaurer
• Captage prioritaire
• Travaux de restauration de
cours d’eau programmés
La Renèvre
• Bon état
• Aval fortement rectifié
• Problématique quantitative
La Nièvre Aval
• Masse d’eau dégradée
• Pression hydromorphologique
• Pollutions diffuses présentes
• Nombreux seuils et anciens moulins
• Travaux de restauration programmés
(itinéraire principal et affluents principaux)
3 2 • • • • Bassin Versant des Nièvres et du Riot - Magazine N°2
Madame, Monsieur,
Vous avez entre les mains la deuxième
édition de « L’eau vive », magazine
d’information de notre Bassin Versant des
Nièvres et maintenant aussi du Riot. Cette rivière Nièvre a
grandement façonné notre territoire. En tant que riverain
d’Urzy, je partage mon quotidien avec ce cours d’eau qui
rythme nos saisons et le paysage local, avec ses déborde-
ments et périodes de basses eaux. Chargée d’histoire, la
rivière Nièvre revêt également un fort intérêt patrimonial,
alimentant autrefois forges, minoteries, lavoirs ou étangs,
tout au long de son cheminement ; autant de marqueurs
de la richesse illustre de notre territoire.
De nos jours, bien que nous ne l’exploitions plus sous
les mêmes formes, cette rivière continue de nous servir,
souvent d’ailleurs au travers d’aspects essentiels mais
que nous ne percevons pas.
Au travers de sa capacité à éliminer ou transformer
certaines pollutions (autoépuration par exemple), la
rivière peut contribuer naturellement à améliorer la
qualité de l’eau, et de fait permettre de réduire les
processus de traitements ultérieurs pour rendre cette
ressource prélevée « potabilisable ». Au bout du fil
(d’eau), c’est ainsi le contribuable qui est gagnant avec
une facture d’eau moins élevée et une ressource de
meilleure qualité. Le fonctionnement, l’état et l’usage
d’un cours d’eau ont un impact direct sur les services
que ce milieu est en mesure de nous rendre.
Par ailleurs, même si cela ne s’est pas trop vu dans nos
contrées ces derniers mois, le changement climatique est
là. L’été 2024 a été le plus chaud jamais mesuré sur la
planète Terre, où les records de température se sont en-
chaînés sans faiblir depuis plus d’un an, avec son cortège
de canicules, sécheresses ou inondations meurtrières,
alimentées par un réchauffement climatique sans répit.
Ce phénomène n’est évidemment pas sans impact :
effondrement de la biodiversité et diminution sensible
des débits des cours d’eau (assecs sévères suivis de
précipitations importantes) pour ne citer que ces deux
exemples.
C’est en se remémorant tous ces éléments et en s’appuyant
sur des bases solides que nous avons pu construire
l’application du Contrat Territorial des Nièvres 2016-2020, et
que nous avons décidé, élus locaux, de persévérer et
poursuivre notre engagement en faveur de la protection
des milieux aquatiques du territoire. Cette ambition
politique se traduit par la mise en œuvre du Contrat
Territorial Nièvres et Riot 2024-2026. Conscients que nous
ne pourrons pas régler seuls et en trois années ce qui a
été dégradé depuis plusieurs décennies, notre feuille de
route se veut collaborative, concertée et avec un engage-
ment sur le long terme. Parmi les différents axes de notre
stratégie, certains cibleront des problématiques qui me
tiennent plus particulièrement à cœur et que je considère
d’intérêt général : la lutte contre les pollutions diffuses et
leurs impacts sur la santé des milieux et des hommes, la
restauration de la continuité écologique des cours d’eau
pour des rivières vivantes, et la gestion quantitative de
l’eau pour que chacun puisse continuer de vivre de manière
juste et équitable.
Aujourd’hui, nos cours d’eau constituent notre patrimoine,
notre richesse, nos alliés et une source de vie que nous
aimerions inépuisable. N’oublions surtout pas qu’il s’agit
avant tout d’un bien commun et qu’il est de notre devoir
à toutes et à tous de contribuer à sa protection pour
notre propre survie.
Gilles Devienne
Président du Bassin Versant des Nièvres et du Riot
3 Le territoire du bassin versant des Nièvres et du Riot
4 • 5 À quoi bon protéger les espèces
et les milieux naturels ?
6 • 9 Le Contrat Territorial des Nièvres et du Riot 2024-2026
10 • 11 Faire REvivre la rivière Nièvre et ses affluents
12 • 15 Un pavé dans la mare : gérer les inondations
16 L’équipe du Contrat - Les élus
Éditorial
Sommaire
Le territoire du bassin versant des Nièvres et du Riot5 4 • • • • Bassin Versant des Nièvres et du Riot - Magazine N°2
À quoi bon
protéger les
espèces et les
milieux naturels ?
La réponse est simple : préserver les milieux naturels et
les espèces qui y vivent c’est, fondamentalement, protéger
l’économie, le tourisme, la santé. Des pans entiers de
notre économie, et c’est particulièrement visible dans la
Nièvre, dépendent du bon fonctionnement des milieux
naturels : l’agriculture, la sylviculture, la pêche de loisir, la
chasse, etc. Prenons un cas concret : comparons un cours
d’eau en bon état par rapport à un cours d’eau dégradé.
Sans aller dans le détail de ce qu’est un cours d’eau en bon
état, disons que plusieurs caractéristiques différencient
un cours d’eau fonctionnel d’un cours d’eau dégradé. En
voici quelques-uns :
• Une dynamique hydraulique et sédimentaire,
• L’accès à un lit majeur,
Aujourd’hui, nous entendons partout qu’il faut préserver l’environnement, la nature, les abeilles, etc. Pourquoi ? Pourquoi utiliser de l’argent public sur ces sujets plutôt que de mettre le paquet dans l’économie, le tourisme ou la santé ? Pourquoi protéger des petites bêtes au détriment des choses qui « comptent vraiment » ?
• L’existence d’une diversité de
milieux écologiques au sein
du cours d’eau,
• Une eau de bonne qualité
biologique et physico-
chimique,
• Une température de l’eau
adaptée,
• Une diversité d’espèces vivantes
au sein ou en lien avec le cours
d’eau.
Ces caractéristiques ne sont pas juste là pour faire « joli ».
Les conséquences sont concrètes :
Ces différences caractérisent ce que l’on
appelle les services rendus ou services
écosystémiques. De manière simple, ce sont
les services que rendent les écosystèmes
simplement par leur existence et leur qualité.
Plus ils sont en bon état, plus les services
rendus sont importants.
Le cas le plus emblématique est le choix de
la ville de New York 1 dans les années 1990.
La proposition initiale était d’investir dans
des usines de traitement de l’eau potable
pour un montant de 3,3 milliards de dollars
avec un coût annuel de fonctionnement de
1,6 milliard de dollars. À la place, la ville a
opté pour la restauration des fonctionnalités
du bassin versant et un travail avec le
secteur agricole pour limiter l’utilisation
de pesticides. Le coût total de l’opération
a été de 449 millions d’euros, soit 10 % du
montant initial, pour un résultat équivalent.
L’inverse est également vrai : plus les milieux sont dégradés
et plus la biodiversité est fragilisée, moins ils rendent
de services. Cela va parfois plus loin et ne s’arrête pas à
« ne plus rendre » les services qu’ils rendaient autrefois : ils
ont un effet négatif global sensible. Voici deux exemples :
• Le cas des tourbières 2, qui n’occupent que 3 % de la
superficie terrestre mais contiennent environ 25 % du
stock mondial de carbone organique du sol. Or, d’après
le CNRS et plus de 50 autres institutions, une fois
dégradés, ces milieux relâchent le CO 2 stocké dans
l’atmosphère. Les émissions annuelles de CO 2 par les
tourbières dégradées représentent d’ores et déjà 5 à 10 %
des émissions humaines annuelles mondiales de CO 2.
Plus elles sont dégradées, plus ce phénomène s’accélère.
• Une étude publiée dans la revue Science 3-4 le 6 septembre
2024 met en évidence le lien entre la mort de 1 300
nouveaux-nés aux États-Unis et la raréfaction des
chauves-souris. En effet, les populations de chauves-souris
de certains états américains se sont effondrées à cause
d’une maladie. Or, partout où la maladie est présente,
la mortalité infantile a augmenté de 8 %. L’explication
est simple : pour compenser la disparition du service
écosystémique rendu par les chauves-souris (la prédation
des insectes), les agriculteurs ont dû augmenter
l’utilisation d’insecticides de 31 % (ce qui a conduit
également à une baisse de 29 % de leurs revenus). Les
nourrissons étant très sensibles aux pesticides, cela se
traduit par un accroissement de leur mortalité.
Préserver les milieux, la biodiversité et les services
écosystémiques, ce n’est donc pas uniquement protéger
quelques poissons et des cailloux. C’est protéger un
système dont nous dépendons, c’est maintenir un tissu
économique, faire exister des activités, des usages, faire
vivre et perdurer un territoire.
SOURCES
1. www.partagedeseaux.info/Comment-la-remuneration-des-services-
ecologiques-a-permis-a-New-York-de
2. Loisel J. et al. (2020). Expert assessment of future vulnerability of the
global peatland carbon sink. Nature Climate Change, 7 décembre 2020.
DOI : https://doi.org/10.1038/s41558-020-00944-0
3. www.lemonde.fr/planete/article/2024/09/05/aux-etats-unis-la-
disparition-des-chauves-souris-a-accru-l-usage-des-pesticides-
augmentant-la-mortalite-infantile_6305064_3244.html
4. www.science.org/doi/10.1126/science.adg0344
Le changement climatique aura des effets majeurs sur les
cours d’eau en France et dans la Nièvre. Les cours d’eau tels
que nous les connaissons vont être profondément modifiés.
Les premières études à l’échelle de la Nièvre montrent :
• Une baisse des débits de 15 % à 40 % d’ici 2070 (Projet
Explore 2070),
• Baisse de 10 à 70 % des débits des mois d’août et de
septembre (Projet Explore 2070),
• Jusqu’à moins 20 % de recharge des nappes phréatiques
(Projet Explore 2070),
• Baisse de 5 à 10 % des capacités de remplissage annuel
des lacs, étangs et réservoirs (Projet Explore 2070),
• Augmentation significative de la température moyenne
annuelle de l’eau : + 2,1°C à l’horizon 2046-2054 en lien
avec une baisse de l’oxygène dissous (ICC-HYDROQUAL)
• L’augmentation des crues (+ 20 % de précipitation au
printemps) et donc de l’érosion,
• etc.
COURS D’EAU FONCTIONNEL COURS D’EAU DÉGRADÉ
Plus son état est bon, plus il va naturellement filtrer les pollutions et
plus le bétail va pouvoir s’abreuver dans le cours d’eau à moindre
risque sanitaire. Une eau de bonne qualité, c’est un troupeau en
meilleure santé.
Dégradé, le cours d’eau devient source de pathogènes pour le bétail.
Fragilisé, la qualité et la quantité des produits agricoles baisse. Fortement
dégradé, l’exploitant doit chercher des alternatives (installation d’un
compteur d’eau potable dans les parcelles, citerne, etc.).
Le cours d’eau est en lien avec le sous-sol. L’eau est filtrée avant
d’arriver dans la nappe phréatique, donc arrive moins polluée. À terme,
le cours d’eau devient une station de potabilisation naturelle de
l’eau, ce qui évite les investissements lourds pour potabiliser l’eau.
Les pollutions arrivent directement dans la nappe phréatique. Des
traitements supplémentaires sont alors nécessaires pour compenser
et rendre l’eau potable. Ce sont donc des coûts en plus pour les
gestionnaires et pour les contribuables.
Une faune piscicole nombreuse, diversifiée et en bonne santé va
se développer, avec des espèces exigeantes et recherchées comme
des truites sauvages. Le cours d’eau sera ensuite priorisé par les
pêcheurs de loisirs, des concours de pêche vont être organisés. Une
économie va se développer avec des retombées pour le territoire.
Des rempoissonnements annuels sont nécessaires pour compenser
la disparition des espèces recherchées par les pêcheurs. Les animaux
d’élevage sont de moins bonne qualité, moins intelligents et leur
espérance de vie est limitée. Le cours d’eau est moins attractif et les
amateurs finissent par ne plus venir.
Plus résilient, il sera plus à même de continuer à fonctionner en cas
de perturbation, notamment vis-à-vis du changement climatique
par exemple. Ce n’est pas la garantie qu’il résistera au changement
climatique mais plus son état est bon, plus il a de probabilité de
rester fonctionnel.
Dégradé, le cours d’eau fonctionne très simplement et devient très
fragile. La moindre perturbation peut créer une réaction en chaine
et la création d’un cercle vicieux qui conduit à l’effondrement du cours
d’eau. Les espèces vivantes disparaissent et l’eau devient inutilisable
pour l’homme.
1
2
3N
S
E O
Prémery
Nièvre de
Champlemy
Nièvre
d’Arzembouy
Guérigny
Fourchambault
Nevers
NEVERS
AGGLOMÉRATION
CC AMOGNES
CŒUR DU NIVERNAIS
CC CŒUR DE LOIRE
CC
LES BERTRANGES
Riot
Nièvre
aval
Périmètre Bassin Versant
des Nièvres et Riot
> L’implantation du Bassin Versant des Nièvres et du Riot
Loire
Autres cours d’eau
7 6 • • • • Bassin Versant des Nièvres et du Riot - Magazine N°2
2024 -- 2026 Ainsi, le 11 juin 2024, un nouveau partenariat, entre l’Agence de l’Eau Loire Bretagne, les différentes intercommunalités
du territoire (dont la CC Les Bertranges) et de nombreux
acteurs locaux a été signé : le Contrat Territorial des
Nièvres et du Riot 2024-2026.
Cette signature marque le début d’une nouvelle étape
dans la restauration des rivières Nièvres et du Riot.
Elle s’inscrit dans une démarche de reconnaissance
du rôle de l’eau et de la force hydraulique dans le
développement de la région mais aussi dans une volonté
forte de donner un avenir aux cours d’eau, à leurs
utilisations par l’homme.
Le Contrat
Territorial
des Nièvres
et du Riot
La préservation des milieux aquatiques, des cours
d’eau et de la ressource en eau est une compétence
obligatoire des intercommunalités. Afin de les
accompagner, les Agences de l’Eau proposent des
partenariats permettant de financer des actions
si elles permettent d’améliorer l’état écologique
des masses d’eau. Pour l’Agence de l’Eau Loire
Bretagne, il s’agit des Contrats Territoriaux.
Pourquoi signer un Contrat Territorial (CT) ?
Les CT sont des outils financiers. Cependant, leur ambition ne s’arrête pas là. Signer un CT, c’est :
> Vouloir fédérer les acteurs locaux autour d’un projet commun : protéger la rivière et le territoire ;
> Construire collectivement une politique de préservation de la ressource en eau adaptée au territoire et à ses enjeux ;
> Créer un espace de dialogue, d’échange et de partage sur la ressource en eau ;
> Sensibiliser sur les effets du changement climatique à venir
et commencer à adapter le territoire.
Le Contrat Territorial des Nièvres et
du Riot 2024-2026, les chiffres clés :
> 1 territoire cohérent
autour de 4 rivières principales
> 4 enjeux prioritaires
> 1,8 M € de budget prévisionnel
> 13 financeurs
> Une vingtaine
de partenaires locaux
Signature du Contrat Territorial - 11 juin 2024.
Oui, les rivières du territoire ont été
fortement marquées par l’activité
humaine : étangs, forges, moulins,
industries ou activités agricoles.
Ces différents aménagements
ont apporté la prospérité à ceux
qui les maitrisaient mais n’ont pas
été neutres sur le cours d’eau ni pour
le reste de la population. Ils trouvent
leur apogée avec l’installation de l’usine
Lambiotte (leader européen de la chimie
du bois), à la fin du 19 e siècle, dans la
commune de Prémery.
C’est la fermeture de cette dernière en
2002 qui sonnera comme un message
d’alerte face à l’état de dégradation du
cours d’eau, à l’empreinte environnementale et sanitaire
laissée, aux sacrifices consentis par les habitants.
Depuis 2011, les intercommunalités du bassin versant
(portées à l’époque par l’ancienne CC Entre Nièvres et
Forêt, devenue aujourd’hui Les Bertranges), se sont
engagées dans un programme de restauration des milieux
aquatiques avec pour ambition de répondre à l’objectif
réglementaire fixé par l’Union Européenne : l’atteinte
du bon état des masses d’eau du territoire d’ici 2027.
Une première étape a été franchie en 2016 avec la
signature du Contrat Territorial des Nièvres 2016-2020.
Ce premier CT, ambitieux, aura permis de nombreuses
avancées sur le front de la reconquête de la qualité de
l’eau. Il a posé les bases d’une politique locale de l’eau
et fédéré les acteurs locaux autour d’un projet commun.
Ce partenariat a montré qu’il était non seulement possible
d’améliorer l’état écologique des cours d’eau mais que
c’était une nécessité. Il a également démontré que
restaurer les rivières ne suffit pas pour améliorer la
qualité de l’eau. Il est nécessaire d’investir de nouvelles
thématiques : agriculture, eau potable, etc.50
23
22
3 2
Agence de l’Eau
Loire-Bretagne
Région Bourgogne-
Franche-Comté
EOCIs CT NR
Gestionnaires AEP
Autres co-financeurs
Répartition des financeurs - En % du budget total
48
9
32
11 Volet A
Volet B
Volet C
Volet D
Allotissement du budget - En % du budget total
9 8 • • • • Bassin Versant des Nièvres et du Riot - Magazine N°2
VOLET A
Un bilan opérationnel moyen
Pour cette deuxième étape, le défi est donc double :
> Poursuivre les actions engagées précédemment
(restauration des berges et des cours d’eau, continuité
écologique, etc.) ;
Sur un budget estimé à 5 580 000 € de dépenses
prévisionnelles, environ 2 230 000 € ont été réellement
utilisés, soit une réalisation d’environ 30 %. Cette
différence s’explique par un montant de travaux prévi-
sionnel très important (plus de 3,5 millions d’euros) qui
n’ont pu être mis en place en raison du renouvellement
de l’équipe de techniciens notamment.
Sur les 29 actions programmées dans le CT 2016-2020,
70 % des actions ont été initiées mais seulement 41 %
ont été menées à terme. Autrement dit, certains dossiers
sont plus longs à mettre en œuvre qu’imaginé au début
> Investir d’autres thématiques impactant la qualité des
masses d’eau (pratiques agricoles, alimentation en eau
potable, milieux humides, etc.) ;
L’enjeu est de taille et nécessite une stratégie sur le long
terme, divisée ici en 4 volets définis dans le cadre du
Contrat Territorial des Nièvres et du Riot 2024-2026 :
du CT. En effet, la présence d’une Déclaration d’Intérêt
Général ne dispense pas de l’accord des propriétaires
concernés, avec parfois des attentes opposées ou diffé-
rentes. Certains projets mettent ainsi de nombreuses
années avant d’émerger, au détriment du cours d’eau et
des populations.
La vraie réussite du CT reste la dynamique locale qui a été
engagée. La politique Gestion des Milieux Aquatiques
n’est plus remise en cause sur le territoire, l’ensemble
des partenaires locaux s’implique dans la démarche,
participe aux échanges et c’est une excellente nouvelle.
u Garantir l’ensemble des services écosystémiques
rendus par les milieux aquatiques
> Améliorer le bon fonctionnement des écosystèmes
et milieux aquatiques pour maintenir les activités
économiques qui en dépendent.
u Consolider les connaissances sur la ressource
en eau locale afin de mener une concertation
pertinente avec les acteurs locaux.
> Affiner ou compléter les données existantes sur le
territoire en terme :
• d’hydrologie : quelles ressources sont disponibles ?
• de milieux : quels besoins ont les milieux ?
• d’usages : quels besoins pour les usages humains ?
u Identifier les sources de pollutions diffuses
et réduire leurs impacts.
> Réaliser un diagnostic territorial exhaustif
concernant l’agriculture :
• Qualifier l’impact des pratiques agricoles sur la
qualité de l’eau et la santé des populations humaines
et non-humaines.
• Quantifier l’impact des pratiques agricoles sur la
qualité de l’eau et la santé des populations humaines
et non-humaines.
u Restaurer le fonctionnement écologique
des rivières
> Permettre aux cours d’eau de retrouver une
fonctionnalité et une morphologie équilibrées :
• Redessiner des rivières méandriformes (sinueuses).
• Limiter le piétinement du bétail dans le cours d’eau.
• Restaurer la végétation rivulaire (ripisylve).
• Limiter l’érosion des berges.
u Garantir l’ensemble des services
écosystémiques rendus par
les milieux aquatiques
u Sensibiliser les publics scolaires et grand public
> Organiser des évènements, projets pédagogiques,
animations, sorties nature, etc., à destination des
jeunes et moins jeunes afin de sensibiliser sur les
enjeux actuels et futurs autour de la ressource en eau.
u Fédérer les acteurs du territoire et la population
autour de la préservation de la qualité de l’eau
> Créer une dynamique locale et une appropriation
autour des enjeux liés à la qualité de la ressource.
Préserver et adapter le territoire aux changements climatiques à venir
Préserver et restaurer la qualité de l’eau
Assurer un bon fonctionnement du réseau hydrographique
Développer un ancrage territorial fort
• de climat : évolutions prévisibles en fonction du
changement climatique ?
u Anticiper la capacité d’adaptation
du territoire face au changement climatique
> Restaurer et préserver certains milieux (réseaux
de mares, zones humides) dont le fonctionnement
permet déjà d’atténuer les effets du dérèglement
climatique (réduction du risque d’inondation,
l’alimentation en eau des cours d’eau en période
estivale, etc.).
u Construire une politique foncière
> Définir une stratégie locale foncière (acquisition,
location) permettant de mener des actions ambi-
tieuses dans l’intérêt du plus grand nombre.
u Accompagner une évolution
des pratiques agricoles
> Proposer un accompagnement auprès des acteurs
agricoles locaux afin de favoriser l’émergence ou le
maintien de pratiques durables/vertueuses.
u Définir une politique de préservation
de la qualité de l’eau « potabilisable »
> Fédérer l’ensemble des gestionnaires d’eau potable
du territoire autour d’une dynamique commune/
concertée de préservation de la ressource.
u Reconnecter les Nièvres et le Riot à la Loire
> Décloisonner les rivières pour permettre le transit
sédimentaire naturel et l’accès des espèces aquatiques
aux milieux de qualité nécessaires à leur développement :
• Travailler sur les principaux obstacles à l’écoulement.
• Restaurer un transit sédimentaire équilibré.
• Favoriser les migrations de la faune aquatique.
u Coordonner la gestion
des vannages/empellements
> Définir une stratégie collective et concertée avec
les propriétaires de moulins, forges, étangs, etc.,
pour la manœuvre de leurs empellements en périodes
critiques (assecs et inondations).
u Suivre l’état des cours d’eau
> Connaître l’évolution qualitative des rivières suivant
différents indicateurs (biologiques, morphologiques,
physico-chimiques, chimiques).
u Suivre et évaluer le CT
> Assurer la mise en œuvre des différentes actions
ciblées.
> Qualifier et quantifier l’atteinte des objectifs fixés.
VOLET B
VOLET C
VOLET D Contrat Territorial des Nièvres et du Riot 2024-2026 : une montée en compétence
Le Riot, un nouveau venu !
Cette masse d’eau, jusque-là orpheline
(non intégrée à un CT), a été intégrée à
celui des Nièvres en 2024.
Le Riot, cours d’eau de 2 e catégorie
piscicole (cyprinidés dominants), prend
sa source au nord de Varennes-Vauzelles
et parcourt une douzaine de kilomètres
avant de rejoindre la Loire au niveau du
parc du Docteur-Faucher à Fourchambault.
L’Agence de l’Eau Loire Bretagne définit
le Riot comme une rivière en état
écologique médiocre (segmentation du
cours d’eau, modification du tracé naturel,
macro-polluants, impact des activités
humaines sur la quantité d’eau disponible).11 10 • • • • Bassin Versant des Nièvres et du Riot - Magazine N°2
La rivière est-elle morte ? Non, mais comme beaucoup d’autres
rivières, elle a disparu. Disparue de l’économie locale d’abord,
disparue de Nevers ensuite, disparue des usages et des pratiques
des habitants pour s’évanouir de leurs mémoires, disparue dans
le paysage pour n’être qu’un cours d’eau anonyme de plus. Seuls
les lieux gardent la mémoire.
Pourtant, les cours d’eau étaient la richesse du Département. Pendant un demi-millénaire, le territoire vibrait au son des forges, des foulons et des scieries. L’eau et la force hydraulique ont façonné le territoire, le paysage et les hommes. Les Forges de Guérigny ont marqué l’histoire de France en fournissant ancres de bateaux et canons pour la marine française, pour le France. Des innovations industrielles majeures ont été réalisées ici, sur la rivière Nièvre, comme le laminoir à lames pour les canons de fusils (Beaumont-la-Ferrière) ou la balle Blondeau (Nevers). Qui se souvient de cela ?
Fiers de cette histoire et résolument tournés vers l’avenir, les
élus du contrat territorial des Nièvres et du Riot se sont
lancés dans un pari un peu fou : faire revivre la rivière
Nièvre dans le cœur des Nivernais.
Cette ambition passe par trois axes principaux :
Faire REvivre la rivière Nièvre
et ses affluents
Investir dans les cours d’eau
pour les restaurer, les préserver
On ne restaure pas ce qui est inutile, on le remplace.
L’acte même de restaurer, au-delà du bénéfice de cette
restauration, est un acte politique qui fait état de la
valeur de ce qui est à restaurer.
Mettre en œuvre un programme de restauration ambitieux
en faveur des milieux aquatiques, c’est donc montrer à la
Rendre fier d’être riverain de la Nièvre
Être riverain ce n’est pas qu’une contrainte, gérer des
embâcles, etc. C’est beaucoup plus que cela.
Être riverain de quelque chose, c’est s’ancrer dans son
territoire, se l’approprier. C’est faire partie de quelque
chose de plus vaste que nous-mêmes.
Nous ne sommes pas riverains tout seul mais avec
d’autres. Être riverains c’est partager une même situation,
une même expérience, trouver un lieu commun, bâtir
des ponts.
Rappeler qu’un cours d’eau,
ce n’est pas que de l’eau
Il est aujourd’hui admis que les cours d’eau sont des
systèmes complexes résultants d’un ensemble d’équilibres
fragiles mais nécessaires à son bon fonctionnement.
Enlever une pièce, l’ensemble s’affaiblit, enlevez-en
plusieurs, il s’écroule. Il est également compris que ce
bon fonctionnement des milieux est bénéfique à
plusieurs titres.
population que les cours d’eau ont une réelle utilité,
qu’ils méritent d’être protégés.
Implicitement, c’est également lui rappeler qu’elle a dû
hériter ce patrimoine de ses ancêtres et qu’elle aussi
doit participer à sa protection et sa transmission aux
générations futures.
Un jour, les gens se désigneront peut-être spontané-
ment comme riverains de la Nièvre, alors les élus auront
réussi leur pari.
D’ici là, le mois Les Pieds dans l’Eau, qui a lieu tous les ans
en juillet sur le territoire, rappelle aux riverains le rôle
des cours d’eau, leurs enjeux, leur beauté, leur fragilité,
leur histoire. Cet événement est gratuit.
Il est donc nécessaire de transmettre ces connaissances
à la jeune génération afin qu’elle apprenne de leur
histoire et protège ce patrimoine précieux.
Pour cela, un programme de sensibilisation scolaire a
été mis en place et le budget a été augmenté de 20 %
depuis 2023. Toutes les écoles du territoire peuvent en
bénéficier gratuitement, renseignez-vous !
1
2
3Crue du cours d’eau avec
débordement dans le lit majeur
ALÉA
Inondation de gravité variable
selon l’aléa (l’ampleur de la crue)
et l’enjeu (vulnérabilité)
RISQUE
Personnes, biens,
activités économiques, etc.
ENJEU
13 12 • • • • Bassin Versant des Nièvres et du Riot - Magazine N°2
1. Les différents type d’inondation Le terme « inondation » regroupe des phénomènes
semblables mais d’origines différentes. On en distingue
généralement 4 types :
> les inondations par débordement du cours d’eau,
notamment suite à des pluies importantes ;
> les inondations par remontée de nappe, suite à une
surélévation inattendue du niveau de la nappe qui
se trouve à proximité du sol ;
> les inondations par ruissellement, lorsque l’eau
ne s’infiltre plus dans le sol, ruisselle pour s’accumuler
au moindre obstacle ;
> les inondations par submersion marine, lorsque de
grandes vagues provoquent l’entrée d’eau de mer
à l’intérieur des terres ;
Parfois, identifier le type d’inondation n’est pas évident
et il faut s’intéresser au déroulement du phénomène afin
d’en comprendre les causes.
Les inondations des 19, 20 et 21 juin 2024 ont été les plus
importantes vécues par les habitants du territoire du
bassin versant des Nièvres depuis au moins 70 ans. Au total,
78 communes ont été reconnues en état de catastrophe
naturelle dans le département et de nombreux dégâts ont
2. Le cas des inondations du 19 au 21 juin 2024 été occasionnés sur la partie aval du bassin versant des
Nièvres mais pas uniquement.
Pour évaluer ce type d’événement et ses conséquences,
il faut s’intéresser à la notion de risque : rapport entre
l’aléa et les enjeux sur le territoire concerné.
3. L’aléa Pour commencer, revenons sur l’événement en lui-même.
Le premier constat est qu’il existe relativement peu de don-
nées disponibles pour retracer le déroulé des événements.
Sur le bassin versant des Nièvres, nous pouvons compter sur
une station de mesure des débits (sur la Nièvre d’Arzembouy
à Poiseux), deux stations météo (Prémery et Nevers) et la
carte radar des précipitations, ce qui reste limité.
Si l’on regarde la station de mesure des débits à Poiseux,
sur la Nièvre d’Arzembouy, nous constatons que les débits
ont très rapidement augmenté et passent en 24 h de 1,2 m3/s
UN PAVÉ DANS LA MARE
Après un premier article sur les Espèces Exotiques Envahissantes, nous nous intéressons aujourd’hui à un sujet tout aussi épineux : la gestion des inondations. Ce sujet est relativement récent pour le territoire et n’était pas considéré comme un sujet majeur pour les bassins versants des Nièvres et du
Riot, mais les choses pourraient changer.
Cette rubrique a pour but
de décrypter les sujets abordés,
de les rendre compréhensibles,
d’être objective et de les vulgariser.
à 28 m 3/s, comme le montre le schéma. Le pic sera atteint
le 20 juin à 16h30 avec un débit de 39 m 3 /s. À titre de
comparaison, le débit moyen de la Nièvre à cet endroit
depuis 1969 est de 2,32 m3/s. Nous pouvons considérer
une réaction similaire sur la Nièvre de Champlemy, soit
un cumul à Guérigny (où les deux Nièvres se rencontrent)
à plus de 80m 3/s. Nous sommes donc proche, voire avons
dépassé, le débit de crue centennale (une probabilité sur
cent d’arriver par an) sur la Nièvre avec sans doute plus de
100 m3/s sur Nevers, même si le manque d’outil de mesure
nous empêche de le confirmer.
Une crue de cette ampleur reste donc un événement
statistiquement rare mais pour bien comprendre ce qu’il
s’est passé, il est nécessaire de s’intéresser aux précipitations.
En regardant les données disponibles sur les deux stations
proches du territoire (Prémery et Nevers-Marcy - données
disponibles sur infoclimat), on observe sur deux stations
différentes un cumul de précipitation de l’ordre de 70 mm
à 80 mm en trois jours. Cela arrive ponctuellement, en
moyenne une fois par an, (28 et 29 octobre 2023 ou encore
les 20 et 21 juin 2021). En regardant l’intensité des précipi-
tations, il est tombé, juin 2024, au maximum 36,3 mm en
24 h, soit moins que les 41 mm de juin 2021 et qui n’ont pas
eu les mêmes conséquences.
C’est en continuant d’analyser les données, et notamment
les données radar, que l’ampleur du phénomène apparait.
En effet, à la différence des situations précédentes où des
précipitations importantes restaient très localisées, les
précipitations sur le bassin versant des Nièvres et du Riot
ont été uniformes avec souvent plus de 100 mm en trois
jours, (l’équivalent d’un mois et demi de pluies).
Enfin, il faut s’intéresser au contexte de l’année 2024, une
année exceptionnellement humide. Les sols étaient
particulièrement saturés en eau suite à plusieurs mois de
précipitations supérieures à la normale (entre 100 % et
213 % supérieur aux normales à Marzy en mars, mai et juin
et jusqu’à 130 % supérieurs à la moyenne entre février et
juin pour Prémery). Or, la capacité d’infiltration d’un sol
dépend en partie de sa teneur en eau. Lorsque la capacité
de rétention du sol en eau est dépassée, l’eau ne s’infiltre
plus, ruisselle et va alimenter les cours d’eau, conduisant
à leur montée en charge puis à leurs débordements. On
parle de ruissellement hortonien.
La conjugaison de ces deux facteurs explique pourquoi
les têtes de bassin versant, zones les plus en amont, ont
été les premières impactées : confrontés aux mêmes
volumes de précipitations, les cours d’eau en tête de bassin
versant, plus petits, ont débordé plus vite que ceux en
aval. Ainsi :
> Les communes de Dompierre-sur-Nièvre, La Celle-sur-Nièvre
et Prémery ont fait état d’inondations dès le 20 juin matin ;
> À l’aval, les communes de Guérigny, Urzy, St-Éloi et Nevers
ont reçu le pic de crues plus tardivement, le 21 juin dans la
matinée, alors que le niveau à Prémery avait déjà baissé.
Une précision apparait également nécessaire : la gestion
des ouvrages hydrauliques par leurs propriétaires, quelle
qu’elle ait été au moment de l’épisode, a eu des effets plus
que négligeables sur l’aggravation des crues et des dégâts
causés. En effet, en cas de crues, l’usage (et la pérennité
du complexe hydraulique) veut que les propriétaires
d’ouvrages lèvent leurs vannages. Il existe un risque, lorsque
les vannes restent fermées, que l’ouvrage, ou du moins ses
vannes, soient emportées. Ce type de gestion est efficace
en cas de crues « normales ». En cas de crues exception-
nelles par contre, comme en juin, l’ampleur du phénomène
est telle que l’ouvrage devient transparent pour la crue,
l’eau passe.
Pour conclure, dans le cas qui nous occupe, l’aléa peut
donc être défini ici comme une inondation de ruisselle-
ment issue de la conjugaison de précipitations fortes et
de sols gorgés d’eau favorisant le ruissellement. Si ce type
de phénomène était jusqu’à présent relativement rare, le
changement climatique va changer la donne.
En effet, l’ensemble des spécialistes s’accordent sur deux
points :
> Les précipitations vont se concentrer sur des périodes
plus courtes, entre décembre et mai, conduisant à des
sols plus souvent gorgés en eau en hiver ;
> Le reste de l’année sera beaucoup plus sec, avec des
périodes de canicule ou de forte chaleur plus fréquentes
et plus longues et des orages estivaux plus intenses,
favorisant le ruissellement.
Inondations
Évolution des débits de la Nièvre à Poiseux entre les 19 et 21 juin 2024 - En m3 par seconde 40
30
20
10
0
mer. 19 6h00 12h00 18h00 jeud. 20 6h00 12h00 18h00 vend. 21 6h00 12h00 18h00 sam. 2215 14 • • • • Bassin Versant des Nièvres et du Riot - Magazine N°2
4. L’enjeu Maintenant que l’aléa est identifié, regardons du côté des
enjeux. Les dégâts causés par une inondation dépendent
principalement de ce qui a été inondé. C’est là que la notion
d’enjeu entre en prise de compte.
Les inondations sont récurrentes sur certaines zones
du territoire (à l’amont de Guérigny, dans le Val d’Urzy à
l’amont de Nevers, etc.) mais restent de faible envergure.
L’enjeu inondation est donc bien connu et toutes les com-
munes en bord de Nièvre sont dotées d’un Plan de Prévention
du Risque d’Inondation* (PPRI). Des réunions ont également
été organisées par les services de la Préfecture sur ce sujet.
Néanmoins, depuis 70 ans, l’occupation du lit majeur par
la rivière a été très ponctuel, souvent localisée en amont
des ouvrages hydrauliques. Il n’y a pas eu d’événements
majeurs avec des impacts sensibles sur les infrastructures
et le territoire, marquant les riverains. Lorsque l’on échange
avec les habitants, ils ont été beaucoup plus marqués par
les pollutions, notamment de l’usine Lambiotte. Ainsi, plu-
sieurs communes ont autorisé, à partir des années 1970,
des constructions dans des zones identifiées comme inon-
dables dans les documents d’urbanisme. Le territoire s’est
rendu vulnérable aux phénomènes extrêmes par négligence
d’une part mais aussi par « perte de mémoire » : ce type
d’événement, bien qu’exceptionnel, a forcément déjà eu lieu
par le passé mais la population n’en a pas gardé de trace
dans sa mémoire collective.
5. Les solutions fondées sur la nature, l’avenir de l’aménagement du territoire
Pendant longtemps, la seule réponse envisageable face
à ce type d’aléa était de canaliser et endiguer les cours
d’eau pour évacuer l’eau le plus vite possible et gagner
de l’espace dans le lit du cours d’eau. Au-delà des coûts
phénoménaux de construction et d’entretien, ce type
d’aménagement atteint ses limites en cas d’événement
exceptionnel. D’autre part, les conséquences sont drama-
tiques lorsque ces ouvrages cèdent par exemple. Ils ne
sont pas non plus neutres sur le fonctionnement même
du cours d’eau, ce qui peut avoir des impacts négatifs sur
les usages existants.
Si les solutions précédentes ont pour but d’accélérer
l’écoulement de l’eau, d’autres solutions, moins onéreuses,
ont au contraire l’objectif de ralentir la vitesse de déplace-
ment de l’eau lors de crues. Cela concerne l’eau issue du
ruissellement mais également l’onde de crue. L’idée est
simple : de la même manière que l’homme a observé son
environnement pour inventer le velcro ou découvrir
l’aspirine, l’idée est d’observer le fonctionnement des cours
d’eau et des bassins versants pour reproduire les effets qui
nous intéressent et limiter les effets négatifs des crues.
C’est ce que l’on les appels les solutions fondées sur la
Nature. La difficulté est qu’il est nécessaire de coordonner
cette politique d’aménagement à l’échelle du bassin versant.
Aujourd’hui, il est essentiel de sortir d’une réflexion à l’échelle
communale pour, par exemple, répartir les volumes d’eau
entre l’amont (à dominante rurale) et l’aval (à dominante
urbaine) du territoire ou encore ralentir suffisamment le
ruissellement à l’amont pour étaler l’onde de crue et en
limiter l’importance. Voici quelques pistes d’actions :
> Dans d’autres territoires, comme en Eure-et-Loire, le Préfet
impose une gestion coordonnée des vannages suivant
une méthodologie spécifique, basée sur les débits de la
rivière, qui se traduit par l’ouverture successive de toutes
les vannes. Coordonner les différents propriétaires
d’ouvrages, notamment sur la partie aval de la Nièvre afin
d’assurer la levée de leurs vannes serait un premier pas
pour garantir un meilleur flux et c’est justement l’une
des actions prévues dans le cadre du Contrat Territorial
des Nièvres et du Riot 2024-2026.
> Les mares, en nombre suffisant, sont autant de petits
bassins de rétention. Avec plus de 400 mares situées à
différents endroits en tête de bassin versant (Saint-
Malo-en-Donziois, Lurcy-le-Bourg, Saint-Bonnot), c’est
plus de 100 000 m 3 d’eau qui pourraient ainsi être gérés
aujourd’hui. D’autres réseaux pourraient être créés.
> Des zones humides pourraient être rendues inondables
à différents points stratégiques afin de stocker de manière
ponctuelle et préventive l’eau des crues. Ces zones
d’extension de crues serviraient de tampons et limiteraient
les dégâts sur des espaces plus sensibles.
> Les haies champêtres peuvent également jouer un rôle
important dans la prévention des inondations : elles
interceptent les ruissellements et les coulées de boue,
fixent la terre grâce à leurs racines, facilitent l’absorption
de l’eau par les sols. Différents types de haies peuvent
être utilisés : des haies de rupture de pente et des haies
brise-crue, au rôle complémentaire :
• Dans le fond des vallées de la Lèze par exemple, des
haies brise-crue d’environ 5 m de large ont été implan-
tées perpendiculairement au cours d’eau pour ralentir le
courant des crues et réduire l’impact des inondations.
• Sur les coteaux, des haies ont également été plantées
en rupture de pentes et au bas des parcelles sensibles
aux coulées de boue et à l’érosion. Une haie en rupture
de pente baisse de 50 % la vitesse de ruissellement sur
la pente et augmente le temps de trajet de 40 % pour
un sol nu et 20 % sur une prairie.
> Reméandrer un cours d’eau lui redonne un tracé sinueux
et en allonge son tracé. Les objectifs sont multiples et
complémentaires : ralentir les écoulements, restaurer les
conditions hydrauliques de la zone humide attenante,
réhabiliter les habitats aquatiques, améliorer la qualité de
l’eau. L’action participe au rétablissement des infrastructures
naturelles à même d’atténuer les crues et de soutenir les
étiages.
Une approche différente sur les crues est donc possible.
Nous avons les espaces nécessaires et les outils pour y
arriver. Il reste maintenant à construire une démarche collec-
tive qui légitimera cette nouvelle politique dans le territoire.
* Document de planification qui permet de délimiter les
zones exposées aux risques d’inondation et d’y prévoir
des interdictions ou des prescriptions spécifiques.
Aménagement des rives de la Nièvre. © Pierre Suchet
Réseau de mares.
Zone d’extension de crues
Cours d’eau reméandré. © Pierre Suchet
UN PAVÉ DANS LA MARE
Rappel
En cas de crues, les propriétaires d’ouvrages sont
tenus de :
• lever les vannes au maximum mais de manière
lente et progressive, en anticipant la venue de la
crue,
• prioriser la levée des vannes le plus en amont de
leur ouvrage,
• éviter les levées soudaines, problématiques à l’aval.Prémery
Guérigny
Fourchambault
Nevers
Nevers
Agglomération
Nevers
Agglomération
Les Bertranges
Amognes
Cœur du Nivernais
Amognes
Cœur du Nivernais
Cœur
de Loire
Le service Contrat Territorial
des Nièvres et du Riot
Les techniciens du Contrat Territorial sont
à votre écoute et répondent à vos questions
autour de la rivière et de ses enjeux.
Pour les contacter :
Par mail :
m.boureau@rivieresnievres.fr
ou a.etienne@rivieresnievres.fr
ou par téléphone au 03 86 37 23 23
L’entretien et bonnes pratiques
> Des berges et des cours d’eau
(érosion, plantations… )
> Des ouvrages hydrauliques
(vannage, empellements... )
La pollution des eaux
La mise en œuvre de vos projets
> Accompagnement technique, administratif,
réglementaire, mise en relation…
Les Bertranges
Gilles Devienne
Vice-Président
à l’Environnement &
Développement durable
Cœur de Loire
Pascal Fassier
Vice-Président au Cycle
de l’eau, Biodiversité,
Éducation à l’environnement
Nevers Agglomération
Maurice Maletras
Vice-Président
aux Enjeux de l’eau
Amognes Cœur
du Nivernais
Philippe Grand Clément
Vice-Président en charge
du Développement durable,
de l’Eau et l’assainissement