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Document publié le Mercredi 27 juin 2018 par la commune de Saint-Denis-des-Murs.
Lien du pdf (PLU - Annexes - charte archi paysage)
Thèmes du document : Bois et produits du bois, Aménagement du territoire, Ruralité,
A A GENCE GENCE POUR POUR LA LA V V ALORISA ALORISATION TION DES DES E E NTREPRISES NTREPRISES C C UL ULTURELLES TURELLES 50 50 P L A C E P L A C E D E S D E S M M A R T Y R S A R T Y R S D E D E L A L A R R É S I S T É S I S T A N C E A N C E 33000 B 33000 B O R D E A U X O R D E A U X
T T ÉL ÉL . 05 57 14 07 07 F . 05 57 14 07 07 F AX AX 05 57 14 07 00 05 57 14 07 00 E E - - MAIL MAIL A AVEC VEC @ @ W WANADOO ANADOO . . FR FR
S S EPTEMBRE EPTEMBRE 2005 2005
C h a r t e a r C h a r t e a r c h i t e c t u r a l e e c h i t e c t u r a l e e t p a y t p a y s a g è r e s a g è r e
S YNDICAT MIXTE M ONTS ET BARRAGES
É c o n o m i e
&
C u l t u r eSommaire A V E C - P a y s M o n t s e t B a r r a g e s - C h a r t e a r c h i t e c t u r a l e & p a y s a g è r e - S e p t e m b r e 2 0 0 5 2
P Pr ré éa am mb bu ul le e 3 3 3 3
C Co om mm me en nt t o op pt ti im mi is se er r l le es s r re es ss so ou ur rc ce es s d du u m mi il li ie eu u ? ? 4 4 4 4 Cadre géographique général 4 4 4 4
Des unités géographiques différenciées 5 5 5 5
Ambiances paysagères 8 8 8 8
Problématiques et enjeux 1 10 0 1 10 0
Préconisations générales 1 11 1 1 11 1
Q Qu ue el ll le e i in ns se er rt ti io on n d du u b bâ ât ti i d da an ns s l le e p pa ay ys sa ag ge e ? ? 1 12 2 1 12 2 Un mode d’occupation du sol semi-dispersé 1 12 2 1 12 2
Des implantations du bâti définies par le relief et les terroirs 1 13 3 1 13 3 Problématiques et enjeux 1 15 5 1 15 5
Préconisations générales 1 16 6 1 16 6
C Co om mp pr re en nd dr re e l le e b bâ ât ti i a an nc ci ie en n e et t l l’ ’a ad da ap pt te er r a au u m mo od de e d de e v vi ie e a ac ct tu ue el l 1 17 7 1 17 7 Des constantes dans la construction rurale traditionnelle 1 17 7 1 17 7
Facteurs d’évolution, problématiques et enjeux 2 28 8 2 28 8
Principes d’intervention généraux 2 29 9 2 29 9
C Co om mm me en nt t i in nt te er rv ve en ni ir r s su ur r l le e b bâ ât ti i o ou u c co on ns st tr ru ui ir re e a au uj jo ou ur rd d’ ’h hu ui i ? ? 3 30 0 3 30 0 Couvertures et ouvrages de toiture 3 30 0 3 30 0
Murs et enduits 3 37 7 3 37 7
OUvertures 4 42 2 4 42 2
Couleurs 4 46 6 4 46 6
Problématiques et enjeux 4 48 8 4 48 8
Principes d’intervention généraux 4 49 9 4 49 9
C Co om mm me en nt t t tr ra ai it te er r l le es s a ab bo or rd ds s ? ? 5 50 0 5 50 0
Espaces publics, espaces privés 5 50 0 5 50 0
Problématiques et enjeux 5 57 7 5 57 7
Préconisations 5 58 8 5 58 8
F Fi ic ch he es s- -c co on ns se ei il ls s 5 59 9 5 59 9
F Fi ic ch he e 1 1 - - Intégration des bâtiments agricoles dans le paysage 6 60 0 6 60 0
F Fi ic ch he e 2 2 - - Transformation des bâtiments agricoles en habitation 6 64 4 6 64 4
F Fi ic ch he e 3 3 - - Comment restaurer une maçonnerie en pierre de taille ? 6 69 9 6 69 9
F Fi ic ch he e 4 4 - - Comment restaurer une maçonnerie en moellons ? 7 71 1 7 71 1
F Fi ic ch he e 5 5 - - Comment restaurer une maçonnerie mixte ? 7 74 4 7 74 4
F Fi ic ch he e 6 6 - - Comment restaurer une construction en colombage ? 7 75 5 7 75 5
F Fi ic ch he e 7 7 - - Comment restaurer des mortiers, enduits
et badigeons ? 7 78 8 7 78 8
F Fi ic ch he e 8 8 - - Comment restaurer les couvertures et ouvrages
de couverture ? 8 86 6 8 86 6
F Fi ic ch he e 9 9 - - Comment intervenir sur les ouvertures
et les menuiseries ? 8 89 9 8 89 9
F Fi ic ch he e 1 10 0 - - Comment harmoniser les couleurs des différentes
composantes du bâti ancien ? 9 95 5 9 95 5
F Fi ic ch he e 1 11 1 - - Traitement des abords 9 98 8 9 98 8
G Gl lo os ss sa ai ir re e 1 10 03 3 1 10 03 3
B Bi ib bl li io og gr ra ap ph hi ie e 1 10 05 5 1 10 05 5
L Le es s a ad dr re es ss se es s u ut ti il le es s 1 10 08 8 1 10 08 8
L Le es s i in nt te er rv ve en na an nt ts s 1 11 11 1 1 11 11 1Préambule A V E C - P a y s M o n t s e t B a r r a g e s - C h a r t e a r c h i t e c t u r a l e & p a y s a g è r e - S e p t e m b r e 2 0 0 5 3
Le Pays Monts et Barrages est doté d’un patrimoine bâti et paysager fortement identitaire, élément essentiel de la
qualité du cadre de vie et de l’attractivité de son territoire. La qualité de ce patrimoine et la volonté des acteurs locaux de le valoriser ont valu au Pays le label de “Pays d’art et d’histoire”.
Sur le Pays Monts et Barrages, les paysages ont été
relativement bien préservés (bocages, forêts, vallées…),
mais ils subissent toutefois des évolutions qui leur portent atteintes : fermeture des paysages par le développement des forêts, augmentation des surfaces plantées de
résineux, mitage…
Quant aux paysages dit de “proximité” (abords des villages et des constructions isolées ou non), ils ont déjà subi très largement les assauts du monde moderne : construction de lotissements et de zones industrielles ou artisanales en périphérie de bourgs, prédominance du bitume, installation de mobilier inesthétique en milieu rural…
Le bâti ancien pâtit, quant à lui, de nombreuses
interventions non respectueuses de sa valeur originelle,
dues à une méconnaissance de ce bâti, des techniques constructives traditionnelles et de la disparition
progressive de l’utilisation de matériaux locaux au profit de produits standardisés.
Afin de limiter ces évolutions regrettables en sensibilisant l’ensemble des acteurs du territoire aux enjeux
représentés par ce patrimoine et à la nécessité de le
préserver, le Syndicat Mixte Monts et Barrages a souhaité élaborer une charte architecturale et paysagère.
Celle-ci a pour objectif de servir de guide pour aider les maîtres d’ouvrages (publics et privés) et tous les
professionnels (architectes, paysagistes, entrepreneurs du bâtiment, techniciens des collectivités et des structures institutionnelles…) à conduire des actions de
restauration et d’aménagement dans le respect de la qualité du patrimoine existant.
Cette charte comprend six chapitres :
— les cinq premiers sont consacrés à une analyse des différents éléments constitutifs du bâti et de son
environnement qui caractérisent l’identité
architecturale et paysagère du Pays de Monts et
Barrages.
Cet état des lieux a permis de définir une typologie du
bâti et de révéler les caractéristiques spécifiques du
patrimoine étudié qui doivent être préservées.
— la dernière partie regroupe plusieurs fiches-conseils, outils pratiques pour intervenir sur le bâti et son
environnement.
Ces recommandations tiennent compte à la fois de la
nécessité de sauvegarder la qualité patrimoniale
existante tout en l’adaptant à certaines nécessités de la
vie d’aujourd’hui.
L’ensemble de cette charte constitue donc à la fois un outil de connaissance du patrimoine du Pays Monts et
Barrages et de sensibilisation des acteurs locaux à ce
patrimoine, mais aussi un document de référence à
utiliser lors de phases pré-opérationnelles relatives à des projets d’intervention sur le bâti rural et son
environnement.Cadre géographique général
Le milieu
Le Pays de Monts et Barrages situé entre le Haut-Limousin et le plateau de Millevaches correspond à l’extrémité Nord-Ouest du Massif Central appelée “Montagne Limousine”.
Il se caractérise par :
— la présence de roches granitiques,
micashistes et gneiss qui constituent le
matériau privilégié des maçonneries
traditionnelles ;
— des altitudes de moyenne montagne : elles
varient de 750 mètres au Sud-Est où l’influence
montagnarde est sensible (777 mètres au Puy
de Crosat, commune de Beaumont-du-Lac) à
300 mètres en moyenne au Nord-Est, à
A V E C - P a y s M o n t s e t B a r r a g e s - C h a r t e a r c h i t e c t u r a l e & p a y s a g è r e - S e p t e m b r e 2 0 0 5
4
Comment optimiser les ressources du milieu ?
Montagne - Peyrat-le-Château La Vienne
- Saint-Denis-des-Murs
Bocage sur le plateau
- Linards
La Vienne - Eymoutiers
l’approche de Limoges, marquées par des reliefs et un climat plus doux (270 mètres aux alentours de Saint-Léonard-de-Noblat) ;
— un réseau hydrographique important : la Vienne, la Maulde et leurs affluents (le Taurion, la Combade,…) dessinent des vallées plus ou moins encaissées qui structurent la topographie et irriguent l’ensemble du territoire, lui conférant son charme particulier ;
— une couverture végétale et forestière généreuse, grâce à des précipitations importantes, créant une alternance d’espaces ouverts (bocage) et d’espaces plus fermés (forêts).Des unités géographiques différenciées
Le milieu
Trois unités géographiques peuvent être
distinguées à l’intérieur du territoire de Monts
et Barrages. Du Sud-Est au Nord-Ouest : une
zone d’influence montagnarde, un espace de
transition et une zone de plateau.
L L A A ZONE ZONE DE DE MONT MONTAGNE AGNE À À L L ’E ’E ST ST
Elle englobe la majeure partie du canton
d’Eymoutiers et se caractérise par la
prédominance des roches granitiques.
Les altitudes varient de 330 m (vallée de la
Maulde) à 777 m (Puy de Crosat). Cette zone
est soumise à une influence montagnarde, avec
des précipitations relativement importantes et
un climat plus froid que le reste du territoire,
d’où un retard de végétation et une contrainte
pour les cultures.
La montagne est la zone la plus boisée et
possède les trois quarts du peuplement en
résineux du territoire (douglas, épiceas,
mélèzes). Ces boisements plus sombres,
plantés en rangs serrés sont le résultat d’une
politique forestière volontariste.
A V E C - P a y s M o n t s e t B a r r a g e s - C h a r t e a r c h i t e c t u r a l e & p a y s a g è r e - S e p t e m b r e 2 0 0 5
5
Saint-Martin-
Terressus
Le Châtenet
-en-Dognon Sauviat -sur-Vige
Moissannes
Royères
SAINT-LÉONARD
-DE-NOBLAT Champnetery
Eybouleuf
La Geneytouse
Saint-Denis
-des-Murs
Cheissoux
Saint-Julien
-le-Petit
Bujaleuf
Augne
Peyrat
-le-Château
Beaumont
-du-Lac
Saint-Amand
-le-Petit
Nedde
Rempnat
EYMOUTIERS Saint-Anne
Saint-Priest
Domps
Neuvic
-Entier
Masléon
Roziers
-Saint-Georges
Linards
CHÂTEAUNEUF
-LA-FORÊT
Sussac
Saint-Gilles
-les-Forêts
Surdoux
Saint-Méard
La Croisille
-sur-Briance
É c o n o m i e
&
C u l t u r e
Juin 2005
N
Zone d'influence montagnarde :
Contreforts granitiques du plateau de Millevaches. Relief en alvéoles
Zone de transition :
Roche mère : micaschiste. Relief doux de collines
Zone de plateau :
Roches métamorphiques. Relief doux et plat, sauf vallées encaissées
D'après L. Magnin - 1999
LES TROIS UNITÉS GÉOGRAPHIQUES DU PAYS MONTS ET BARRAGES
Échelle
0 2 kmLe milieu
Le relief se structure en cuvettes appelées
“alvéoles”.
L’alvéole type définit des terroirs et compose le
paysage :
— les sommets, venteux, à sols secs et
caillouteux étaient occupés par des landes à
bruyères, fougères et genêts et ont été
récemment largement boisés en résineux ;
— les versants sont voués au pâturage ou
boisés quand ils sont très pentus,
traditionnellement en feuillus ;
— les replats, faiblement inclinés avec des
sols profonds, portent les meilleures terres.
C’est l’espace d’implantation de l’habitat et
des cultures ;
— les talus sont boisés en feuillus ;
— les fonds de vallée humides (ou “ribières”)
sont utilisés en prairies à pâture pour les
bovins et prairies de fauche.
Z Z ONE ONE DE DE TRANSITION TRANSITION
AU AU S S UD UD -O -O UEST UEST
Il s’agit d’un espace de transition entre la
montagne et le plateau marqué par une roche
mère micaschisteuse.
On passe d’une influence montagnarde au
Mont-Gargan (730 m) à un relief en collines
aux formes très douces, offrant de larges
panoramas.
A V E C - P a y s M o n t s e t B a r r a g e s - C h a r t e a r c h i t e c t u r a l e & p a y s a g è r e - S e p t e m b r e 2 0 0 5
6
1
2
3
4
5
Bloc-diagramme schématique de l’alvéole du
ruisseau de Feyssaguet - Saint-Setiers
D’après “Millevaches en Limousin,
Architectures du plateau et de ses abords”,
Cahiers de l’inventaire. 9, Ministère de la Culture, 1987
Sommet de croupe (crête)
(lande-forêt)
Versant convexo-concave
(pâturage-boisement)
Replat (habitat et cultures)
Talus (boisement)
Fond de vallée
(prairies humides)
1
2
3
4
5
Coupe schématique de l’alvéole du ruisseau
de Feyssaguet - Saint-Setiers
Saint-Setiers, Feyssac D’après “Millevaches en Limousin, Architectures du plateau et de ses abords”, Cahiers de l’inventaire. 9, Ministère de la Culture, 1987
Le Mont Gargan - Saint-Gilles-les-Forêts Collines limousines - Neuvic-EntierLe milieu
L L A A ZONE ZONE DU DU PLA PLATEAU TEAU À À L L ’O ’O UEST UEST
Elle est caractérisée par des roches
métamorphiques (gneiss, leptynite, migmatite)
et des sols acides mais profonds (de bonne
qualité agronomique).
Son altitude moyenne est inférieure à 500 m
(de 280 m en fond de vallée de la Vienne à
540 m à Bujaleuf).
Le relief doux est structuré par les vallées de
La Maulde, La Vienne et la Combade,
localement très encaissées.
Le climat, d’influence océanique, est doux. Les
précipitations restent importantes.
L’élevage prédomine : la forêt laisse
progressivement place au bocage avec de plus
grandes parcelles.
On distingue trois terroirs sur le plateau :
— les replats aux sols épais, consacrés aux
cultures et prés de fauche ;
— les talwegs aux sols hydromorphes, propices
aux pâtures ;
— les sommets de butte aux sols pauvres sont
souvent boisés.
Les surfaces boisées sont moins importantes
que dans la montagne : la transition vers
l’Ouest s’accompagne d’une ouverture du
paysage. Les feuillus sont plus fréquents
(chênes, châtaigniers, bouleaux, hêtres et
charmes). Ce boisement s’intensifie à
l’approche des vallées, notamment sur les
versants à pente forte et sur les sommets.
A V E C - P a y s M o n t s e t B a r r a g e s - C h a r t e a r c h i t e c t u r a l e & p a y s a g è r e - S e p t e m b r e 2 0 0 5
7
Le Châtenet-en-Dognon
La Geneytouse
Sauviat-sur-Vige, Vallégeas Saint-Denis-des-MursAmbiances paysagères
Le milieu
Ces composantes géographiques diversifiées, analysées dans le cadre de l’élaboration d’un Atlas des paysages du Limousin (1), déterminent des ambiances paysagères différenciées :
— “La zone sous influence montagnarde
est à dominante forestière, marquée par des
ambiances de croupes boisées, de
dépressions humides, de prairies à l’herbe
dense en clairières et murets de granit,
signe de l’épierrage des sols caillouteux.
A V E C - P a y s M o n t s e t B a r r a g e s - C h a r t e a r c h i t e c t u r a l e & p a y s a g è r e - S e p t e m b r e 2 0 0 5
8
(1) Ouvrage collectif en cours de préparation, sous l’égide du Conseil Régional, la DIREN et l’Université
de Limoges
— La zone de plateau ou “campagne-parc”, au climat moins rude et à la présence humaine plus marquée, se caractérise par des forêts plus petites et espacées. Le hêtre se fait modeste, les pâtures restent dominantes, mais les cultures trouvent une place non négligeable tandis que les vergers et arbres isolés font leur apparition (pommiers, noyers…).” [Atlas des paysages du Limousin] (1)
Campagne-parc - Linards Le Mont Gargan - Sussac Collines limousines - Neuvic-Entier Pays de Vassivière - Peyrat-le-ChâteauLe milieu
Sur le territoire de Monts et Barrages, le
paysage domine souvent le bâti.
Ses composantes sont, dans l’ensemble, bien
préservées, parfois à reconquérir :
— le bocage : prairies délimitées par des haies
vives, des clôtures avec sautadour, des
murets de pierre sèche ;
— la forêt : boisements de feuillus mais
importance croissante des résineux ;
— la lande : composée de bruyères, genêts,
genévriers, ajoncs dans les brandes ;
Ces paysages traduisent un équilibre (fragile)
entre agriculture, élevage et sylviculture.
Leur qualité est reconnue par la présence de
nombreux sites identifiés par la DIREN
comme :
— paysages sensibles : vallées de la Vienne,
de la Maulde, du Taurion et de la Combade,
Lac de Vassivière,… ;
— Sites protégés (inscrits ou classés) :
Peyrat-le-Château, Saint-Anne-Saint-Priest,
île de Vassivière, Moissannes, Sauviat-sur-
Vige…
A V E C - P a y s M o n t s e t B a r r a g e s - C h a r t e a r c h i t e c t u r a l e & p a y s a g è r e - S e p t e m b r e 2 0 0 5
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Bocage - Saint-Léonard-de-Noblat,
Lajoumard
Forêt - Peyrat-le-Château
Landes -
Mont Gargan, Saint-Gilles-les-ForêtsProblématique et enjeux
Le milieu
Le paysage est la résultante d’une interaction de l’homme et de la nature. Or, dans de nombreux territoires ruraux
comme celui de Monts et Barrages, les activités de l’homme ont considérablement évolué au cours du XXe siècle.
Le nombre d’exploitants agricoles a beaucoup diminué
entraînant un phénomène de déprise agricole. D’autre
part, le développement de la mécanisation et la recherche de la rentabilité ont entraîné l’agrandissement de la
surface des exploitations. Celle-ci s’accompagne dans
certains cas d’une suppression des haies limitant les
parcelles et pour les surfaces boisées par la plantation de résineaux, arbres poussant rapidement et donc
exploitables à court terme.
Sur le Pays Monts et Barrages, les évolutions marquantes du paysage qui nuisent à sa qualité sont :
— la suppression des haies, des murets, des clôtures
séparatives entre les champs ;
— la suppression des arbres isolés ;
— l’augmentation des surfaces boisées entraînant une
fermeture du paysage ;
— l’enrésinement des massifs boisés qui appauvrit le sol et crée des forêts sombres, peu hospitalières.
D’autre part, comme partout en France, on observe :
— un mitage du paysage par l’implantation de maisons
neuves isolées ;
— la création de lotissements, constructions banales sans intérêt architectural et dont l’insertion dans le paysage
pose des difficultés ;
— l’implantation de zones d’activités à l’entrée de certains des bourgs importants où, là encore, l’insertion dans le
paysage pose problème.
A V E C - P a y s M o n t s e t B a r r a g e s - C h a r t e a r c h i t e c t u r a l e & p a y s a g è r e - S e p t e m b r e 2 0 0 5
10Préconisations générales
Le milieu
Face à toutes ces évolutions, la préservation de paysages de qualité passe par :
— le maintien d’espaces ouverts en conservant les
landes (comme, par exemple, au sommet du Mont
Gargan), les pâtures et en aménageant des points de
vue depuis les routes, les sentiers de randonnées et
tout point stratégique offrant la possibilité d’une
perspective visuelle sur le paysage : point de vue
depuis un village ou une route, sommet de colline… ;
— la préservation et l’entretien des haies, des
clôtures et des murets pour maintenir le bocage.
Tous ceux qui font partie d’espaces publics peuvent
faire l’objet d’actions de sauvegarde, notamment par le
biais du travail d’associations de sauvegarde du
patrimoine ou d’insertion… ;
— le maintien des arbres isolés ;
— le maintien de la diversité des essences pour la
plantation des haies vives et des arbres isolés ;
— la plantation de feuillus pour les boisements et
l’entretien des forêts de résineux pour les rendre
accueillantes ;
— l’amélioration de la gestion des massifs
forestiers : dépressages, éclaircies, développement
de futaies…
— la conservation des routes et des allées plantées ;
— la délimitation de parcelles consacrées aux
constructions neuves (habitats et zones d’activités)
afin de limiter le mitage. Le choix des parcelles doit
respecter les principes d’implantation du bâti (voir
chapitre 2) ;
— le paysagement des lotissements et des zones
d’activités pour limiter leur impact visuel et favoriser
leur intégration dans le paysage.
A V E C - P a y s M o n t s e t B a r r a g e s - C h a r t e a r c h i t e c t u r a l e & p a y s a g è r e - S e p t e m b r e 2 0 0 5
11Un mode d’occupation du sol semi-dispersé
L’occupation du sol sur le Pays de Monts et
Barrages se caractérise par un mode de semi-
dispersion. L’habitat est partagé entre de
nombreux villages et de l’habitat isolé.
! ! les bourgs sont de taille variable et les plus développés représentent les chefs- lieux de canton : Saint-Léonard-de-Noblat, Eymoutiers, Châteauneuf-la-Forêt. Certains bourgs, comme Eymoutiers et Saint-Léonard-de-Noblat, sièges de fiefs autrefois puissants (religieux), se caractérisent par un regroupement concentrique autour d’une collégiale, noyau urbain ancien bien visible, cerné de murailles.
A V E C - P a y s M o n t s e t B a r r a g e s - C h a r t e a r c h i t e c t u r a l e & p a y s a g è r e - S e p t e m b r e 2 0 0 5
12
Bourg - Eymoutiers
Quelle insertion du bâti dans le paysage ?
Bourg - Saint-Léonard-de-Noblat Habitation isolée
- Châteauneuf-la-Forêt
Village - Surdoux
! les villages (très importants en Limousin),
sont constitués par le regroupement
d’exploitations. Leur taille varie de quelques
maisons à plusieurs dizaines de constructions.
On observe une multitude de petits villages
disséminés sur le territoire des communes,
de tailles diverses.
! les habitations isolées sont des
exploitations agricoles entourées de leurs
terres.
Insertion du bâti
Des différences géographiques sont observables. Dans la zone de plateau, l’habitat est plus diffus et les fermes isolées sont fréquentes (zone agricole). Les villes sont d’une certaine importance et situées à proximité des voies de communication structurantes.
Dans la zone montagnarde, les fermes isolées sont plus rares, l’habitat se concentrant essentiellement en villages et bourgs.Des implantations du bâti définies par le relief et les terroirs
Insertion du bâti
L’implantation du bâti rural obéit à des règles de bons sens déterminant des schémas constants sur l’ensemble du territoire :
— les sommets, balayés par les vents et aux sols relativement pauvres, sont occupés par le boisement et la lande ;
— les fonds de vallées, humides, abritent essentiellement des constructions pour lesquelles la proximité immédiate de l’eau répond à une nécessité fonctionnelle : moulins, tanneries… ;
— l’habitat et les espaces cultivés se situent traditionnellement sur les replats à mi-pente, qui représentent les terroirs les plus favorables pour accueillir les maisons et développer des terres agricoles.
A V E C - P a y s M o n t s e t B a r r a g e s - C h a r t e a r c h i t e c t u r a l e & p a y s a g è r e - S e p t e m b r e 2 0 0 5
13
Implantation sur un replat
Bujaleuf (vue vers Rouveix Bas)
Implantation au milieu d’une alvéole
Le Châtenet-en-Dognon
Implantation sur un replat - Sussac Filature au bord de l’eau - Royères
plateau (sommet de versant), entre les terres du haut et les pacages des vallons.
Dans la zone d’influence montagnarde, marquée par le principe de l’alvéole, les replats au micro-climat clément (abrité des vents, ensoleillement privilégié), accueillent constructions et cultures.
Le plateau est un lieu privilégié
d’implantation des villes et des voies de
communication, avec de larges espaces plans
propices à l’agriculture, caractérisés par des
maisons éparses sur les lieux d’exploitation
agricole. Les villages se situent en bordure du
Le regroupement des maisons en villages est
régi par des impératifs pédologiques autant que
sécuritaires.
D’après M. Robert, “De même que les
agglomérations s’établissent autour d’un site
défensif ou d’un édifice cultuel, les villages
s’organisent sur leurs terroirs”.Insertion du bâti
L’exploitation intelligente des atouts du milieu par
cette logique d’implantation assure une insertion du
bâti dans le paysage.
Exemples : étagement des toitures et du bâti dans
la pente ; bâti souvent adossé à un boisement avec
devant et autour de lui des prairies ; orientation du
bâtiment de manière à ce que la façade principale
soit le plus favorablement exposée…
L’occupation humaine et les choix d’implantation
résultent de la prise en compte du milieu et de ses
caractéristiques.
Le choix des lieux d’implantation des activités de
l’homme (exploitation des ressources et habitat)
répond à une logique raisonnée par rapport à la
géomorphologie du territoire (relief, orientation,
nature des sols…) permettant d’optimiser les
potentialités offertes par le milieu, en fonction de
ses besoins.
A V E C - P a y s M o n t s e t B a r r a g e s - C h a r t e a r c h i t e c t u r a l e & p a y s a g è r e - S e p t e m b r e 2 0 0 5
14
Insertion d’un village dans
le paysage - Rempnat, La
Terrade
Insertion d’un bâtiment
agricole dans le paysage
- Moissannes, La Mareille
Étagement de constructions dans la pente
- Sussac, vue de Chamont
Insertion d’un village dans le paysage
- Peyrat-le-Château, BalandeixProblématiques et enjeux
Insertion du bâti A V E C - P a y s M o n t s e t B a r r a g e s - C h a r t e a r c h i t e c t u r a l e & p a y s a g è r e - S e p t e m b r e 2 0 0 5 15
Les conséquences sur le paysage ont été multiples :
! Dispersion des constructions s’accompagnant d’une
banalisation du paysage, les constructions neuves ne
présentant plus de particularismes locaux.
! Absence de lisibilité du mode d’occupation du
territoire.
! Étalement urbain en périphérie des villes et des bourgs les plus importants. Cet étalement se produit de
manière concentrique autour des agglomérations et/ou
le long des voies de communication (village-rue très
étiré). Les villages initialement proches tendent à se
rejoindre. C’est le cas d’anciens villages situés non loin
d’Eymoutiers qui sont devenus des quartiers de la
ville.
! Implantation de l’habitat en ligne de crête ou en fond
de vallée. La qualité des sols, le caractère abrité du
site… ne prévalent plus pour l’installation d’une
habitation. La possibilité de points de vue, l’isolement
et l’ensoleillement sont à l’heure actuelle les principaux
facteurs qui déterminent le choix d’un site
d’implantation. Ces choix, associés à une architecture
ne privilégiant plus ni les matériaux locaux ni
l’harmonie avec l’environnement, entraînent une perte
d’intégration du bâti et des disharmonies au sein du
paysage.
La proportion des agriculteurs a considérablement baissé au cours du XXe siècle et témoigne de l’évolution des
activités humaines qui a entraîné un éloignement de
l’homme par rapport à la nature.
Les principes d’implantation des constructions qui
reposaient sur une connaissance et une confrontation
quotidienne avec la nature ont petit à petit perdu de leur importance.
Des implantations ne respectant plus ces principes ont
progressivement vu le jour : constructions au sommet de collines, en zone inondable, ...Préconisations générales
Insertion du bâti
Pour contrôler ce phénomène de construction anarchique, certains outils tels que les plans locaux d’urbanisme
(P.L.U.) ou les cartes communales permettent de
réglementer les implantations des nouvelles constructions.
Le zonage du territoire communal permet de limiter le
mitage et de densifier les villages en définissant les zones constructibles.
Toutes les communes du Pays de Monts et Barrages
encore non dotées de ce type d’outil réglementaire
devraient en élaborer un en respectant les principes de
base d’implantation du bâti, en vigueur dans le passé :
— pas de construction en ligne de crête et en fond de
vallée ;
— respect des vues sur les hameaux et les villages en
évitant de créer des ruptures visuelles par la création
de lotissements, de zones d’activités… ;
— favoriser le regroupement des constructions et éviter
leur dispersion dans des zones naturelles.
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16Des constantes dans la construction rurale traditionnelle
L’adaptation du bâti
Le bâti rural traditionnel se soumet aux règles
de la “bonne architecture”. Il est régi par des
règles de bon sens, de logique.
Ce bâti se caractérise par sa simplicité, sa
sobriété, sa subtilité.
Simplicité : architecture sans architecte,
œuvre de maçons, voire de propriétaires pour
les bâtis plus modestes (maisons basses).
Elle est le fruit de l’usage et de l’habitude :
— elle répond à des besoins fonctionnels ;
— elle reprend des modèles locaux traditionnels.
A V E C - P a y s M o n t s e t B a r r a g e s - C h a r t e a r c h i t e c t u r a l e & p a y s a g è r e - S e p t e m b r e 2 0 0 5
17
! Tracés et volumes simples
! Base carrée ou rectangulaire
! Toiture simple
! Rapports d’échelle et de proportion respectées.
Sobriété : peu d’éléments de décor, l’aspect fonctionnel prime. Peu de recherche esthétique ou d’ostentation (sauf pour les milieux plus aisés : notables ruraux et bourgeoisie commerçante des bourgs). Les matériaux sont pris sur les lieux même ou environnant la construction (“pierres de la carrière du domaine, eau du puits, terre à mortier des terres du domaine”) par facilité et souci d’économie.
Subtilité : variété et diversité des constructions, malgré une typologie simple et homogène grâce à la diversité des formes, des matériaux, des couleurs, des détails architecturaux…
Comprendre le bâti ancien et l’adapter au mode de vie actuel
Châteauneuf-la-Fôret Roziers-Saint-Georges, Le Puy Petit Augne Linards
P P RINCIPES RINCIPES DU DU BÂTI BÂTI TRADITIONNEL TRADITIONNEL
Peu de constructions sont antérieures au XVIIe siècle, la majeure partie datant de la fin du XVIIIe siècle et surtout du XIXe siècle.
Le bâti ancien reste très présent sur le territoire du Pays de Monts et Barrages dans ses caractéristiques traditionnelles.L’adaptation du bâti
T T YPOLOGIE YPOLOGIE P PAR AR PLAN PLAN D D ’ ’ ENSEMBLE ENSEMBLE
La disposition des ensembles de fermes relève de
deux principaux types, comprenant des variantes.
Les deux dispositions les plus courantes sont :
— le logis à éléments accolés, dit “bloc-à-terre” ;
— la ferme à éléments dissociés.
Elles sont conditionnées par des facteurs
culturels et économiques, voire topographiques.
" " Le “bloc-à-terre”
Mode d’articulation des espaces et volumes
joignant les deux fonctions d’habitation et
d’instrument de travail, il s’agit d’un bâtiment
plurifonctionnel : les habitants et les animaux
vivent sous le même toit, dans un même volume.
L’espace d’habitation du bloc-à-terre est
souvent plus modeste que la partie grange-
étable (plus développée, plusieurs granges-
étables pouvant être accolées).
Cette typologie est modeste et ancienne. Elle
se maintient jusqu’au début du XXe siècle.
Des variantes se rencontrent selon la
concordance ou non des élévations :
décrochement du niveau de toiture avec la
grange dépassant souvent le niveau du logis.
Parfois un four à pain est accolé (forme ronde
ou carrée).
Dans certains cas les bâtiments sont disposés
en équerre et alors plus représentatifs du
domaine, vaste propriété souvent en fermage
où les bâtiments d’exploitation et maison de
métayer dessinent une cour ouverte sur
champs (en plus d’annexes dissociées).
A V E C - P a y s M o n t s e t B a r r a g e s - C h a r t e a r c h i t e c t u r a l e & p a y s a g è r e - S e p t e m b r e 2 0 0 5
18
Rempnat Linards
“Bloc-à-terre”
Le Châtenet-en-Dognon, Montmolas Châteauneuf-la-ForêtL’adaptation du bâti
" " La ferme à éléments dissociés
Dans le cas d’éléments dissociés, la grange-
étable est située à côté ou en face du logis,
souvent avec d’autres dépendances (autre
grange, four à pain, porcherie, clédier, puits…).
Le logis peut être modeste mais aussi plus
développé.
L’organisation de l’ensemble reste variable :
— le long d’un chemin ou de part et d’autre de
celui-ci ;
— dispersé dans un espace libre ;
— formant une cour ouverte ;
— limité par une cour fermée (clôtures,
murets…).
Cette dernière organisation en cour fermée est
absente de la zone de “montagne” (question
d’espace ou de topographie ?) et davantage
propre aux domaines : exploitation importante
en métayage, la maison du maître se trouvant
un peu à l’écart avec son propre parc clos.
Au début du XIXe siècle, les bâtiments agricoles
s’agrandissent avec l’essor économique et sont
plus souvent dissociés des habitations. Ce type
correspond à un mode d’habitat et
d’organisation de la grande et moyenne
propriété marquant une évolution vers une
différenciation et une séparation des fonctions
et des espaces domestiques et agricoles.
On remarque parfois une disposition
d’ensemble de fermes sous la forme d’un type
intermédiaire : “bloc-à-terre” (maison-grange-
étable) avec d’autres granges et dépendances
dissociées. Ce type serait le fruit de
A V E C - P a y s M o n t s e t B a r r a g e s - C h a r t e a r c h i t e c t u r a l e & p a y s a g è r e - S e p t e m b r e 2 0 0 5
19
PBeaumont-du-Lac, Villemonjeanne Châteauneuf-la-Forêt, Le Petit Bueix
Éléments dissociés
Saint-Martin-Terressus, Le Maureix Linards, Les CourbesL’adaptation du bâti A V E C - P a y s M o n t s e t B a r r a g e s - C h a r t e a r c h i t e c t u r a l e & p a y s a g è r e - S e p t e m b r e 2 0 0 5 20
La Geneytouse, Taubiégeas Châteauneuf-la-Forêt, La Bessade
Grange-étable Grange
Sussac La Croisille-sur-Briance, Le Raineix
Granges auvergnates
l’agrandissement, du développement d’une
exploitation en “bloc-à-terre” ancienne.
Les granges peuvent être assez longues et
posséder un étage important.
Les dépendances présentent moins d’ouvertures
et souvent plus réduites (sauf pour les portes
charretières) et ont fait l’objet de moins de soin
dans leur construction que celles des logis en
termes d’éléments décoratifs (sans être des
constructions de moindre qualité).
Deux types de granges se distinguent,
réunissant toutes deux les fonctions de
stockage (fourrage) et d’abri pour les bêtes
sous un même toit (avec une disposition
étagée, le stockage prenant place en hauteur) :
— la grange limousine : l’étable se développe
de part et d’autre d’une aire d’entrée,
l’espace de stockage se situant sur des
barges de part et d’autre (au-dessus des
animaux), accessibles de l’intérieur par des
échelles en bois ;
— la grange auvergnate possède un véritable
étage : le stockage se faisant sans
interruption sur tout le niveau. L’accès se fait
par le côté opposé de celui de l’étable
(ouvertures réduites, petites portes) par une
levée de terre sur laquelle s’ouvre une ou
deux grandes portes charretières.
Elle concurrence la grange limousine à partir
du milieu du XIXe siècle. Le territoire de
Monts et Barrages en compte quelques
exemples.L’adaptation du bâti
T T YPOLOGIE YPOLOGIE DE DE L L ’ ’ HABIT HABITA AT T
La typologie peut s’appréhender par composition
d’ensemble mais aussi par élévation.
La typologie des bâtiments d’habitation s’organise autour de principes simples :
— base carrée ou rectangulaire ;
— une élévation variable : maison basse ou à un étage,
avec ou sans combles de surcroît éclairés ;
— en général, trois travées en façade.
On distingue trois catégories de bâtiment à usage
d’habitation :
— le logis de ferme ;
— le logis de maître (ou maison bourgeoise) ;
— la maison de bourg.
Chaque catégorie correspond à des modes d’habitat
différents (fonction, niveau social) :
" " Le logis de ferme
Le logis de ferme évolue à partir d’un module de base
très modeste et ancien : la maison basse monocellulaire.
Elle se compose d’une seule pièce, la salle commune,
et présente des ouvertures restreintes : une porte et
une fenêtre regroupées sur la façade principale, c’est-
à-dire la plus favorablement exposée et parfois des
combles éclairés.
La maison basse est souvent accolée à une grange-étable (typologie du bloc-à-terre) généralement plus développée que le logis.
Les logis s’agrandissent et se diversifient à partir de la fin du XVIIIe siècle, dans un contexte d’essor économique :
• en largeur : adjonction d’une pièce
Le logis à deux pièces (salle commune séparée par
une cloison de la chambre ou débarras). Il se rencontre
en bloc-à-terre comme en éléments dissociés.
On note parfois la présence d’une cave, aménagée
dans la pente du terrain avec accès extérieur.
# Implantation isolée ou en village, plus fréquente
vers la montagne (exploitations plus modestes ou
plus anciennes ?)
• en hauteur : avec un étage et parfois un comble de surcroît Le logis à étage, bien que plus modeste, s’apparente
à la typologie de la maison de maître,
" " La maison de maître ou maison bourgeoise
Elle se caractérise comme un logis à étage carré et niveau de comble (parfois ouvert de petites ouvertures ou de lucarnes). Elle comporte généralement trois travées en façade mais peut être plus développée : on compte parfois cinq
travées (fin XVIIIème-début XIXème), le développement des travées attestant de statuts sociaux plus importants. De plan rectangulaire ou carré, la maison de maître a
souvent une toiture à quatre pans, semblable à celui des maisons aquitaines, à faible pente.
La maison de maître est remarquable par la symétrie
dans les lignes et les vides, la régularité des ouvertures. Ce type de bâtiment n’apparaît hors des bourgs et
villages que plus tardivement à partir de la deuxième
moitié du XVIIIe siècle.
Hors des centres-bourgs, cet habitat est celui des
notables locaux :
• maison de maître, à l’écart, dans les exploitations en
métayage (domaines)
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21L’adaptation du bâti
• maison rurale non agricole à différencier du
logis de ferme développé.
On note souvent un retrait par rapport à la rue
ou la route et une séparation entre les espaces
publics et privés : terrain clos (mur, grille…).
Ces maisons, plus massives, sont le signe
d’une différenciation sociale et comportent des
détails architecturaux plus raffinés : génoises,
corniches, chanfreins…
" " La maison de bourg
La typologie de cet habitat est déterminé par des
parcelles plus réduites et étroites (rectangle
allongé perpendiculairement à la rue,
conséquence des contraintes spatiales des bourgs
médiévaux à enceinte).
La concentration du bâti laisse peu d’espaces
libres et la faible emprise sur rue a conduit à
une extension verticale de la maison.
L’immeuble est généralement accolé et aligné
sur la rue, de faible largeur avec trois travées
le plus souvent (parfois deux) et une grande
régularité des ouvertures en façade.
Cet habitat comporte parfois une boutique (et
arrière-boutique) en rez-de-chaussée, ouverte par
de larges baies en arcades. Le bourg concentre
en effet les activités commerciales et artisanales.
Plusieurs étages servent à l’habitation. Les
combles sont utilisés pour le stockage (séchage
des peaux par exemple).
Cet habitat possède parfois une petite cour sur
l’arrière.
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Peyrat-le-Château Châteauneuf-la-Forêt
Maisons de bourg
Maison de maître
- Saint-Méard
(Réf. photo Inventaire DRAC :
81-87 525 X)
Maison de maître
- Bourg de Châteauneuf-la-Forêt
(Réf. photo Inventaire DRAC :
81-87.874 V)L’adaptation du bâti
L’usage du pan de bois est généralisé dans les
bourgs, utilisé pour les étages sur un sous-
bassement maçonné.
Les maisons de bourg présentent donc un mode
d’habitat différent, avec une diversification des
catégories sociales plus marquée.
Les élévations soignées et ornées montrent un
désir de paraître, une volonté de distinction,
d’affichage d’un statut.
Les éléments de décor traditionnels sont repris et
développés de manière plus importante (larges
oculus avec ferronneries, bandeaux sculptés,
moulurations importantes, jeux de couleurs…).
Avec le temps, des influences moins locales se
font sentir.
B B ÂTIS ÂTIS ANNEXES ANNEXES ET ET P PA ATRIMOINE TRIMOINE
NON NON PROTÉGÉ PROTÉGÉ
On appelle ici bâti de proximité l’ensemble des
éléments annexes non abordés, sinon cités
rapidement, qui complète l’exploitation agricole ou
participe à la vie de la communauté villageoise.
Structures maçonnées ou de bois (plus ou moins
légères), souvent plus réduites et presque
exclusivement fonctionnelles, elles composent les
abords et donnent leur caractère aux ensembles
ruraux.
" " Four à pain et clédier
Très souvent lié à l’exploitation, le four pouvait
être intégré au logis (ouvrant dans la cheminée
ou dans un angle de la salle commune) ou être
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Photo AVEC 24/09/2004 Photo Inventaire DRAC
80-87 0187 X
Maison de bourg - Bourg de Bujaleuf
Photo AVEC 26/07/2004 Photo Inventaire DRAC
81.83.873 V
Maison de bourg - Bourg de Châteauneuf-la-Forêt
Photo AVEC 26/07/2004 Photo Inventaire DRAC
81.87.933 X
Maison de bourg - Bourg de Châteauneuf-la-ForêtL’adaptation du bâti
accolé à celui-ci. Il est toujours accolé au mur
pignon. Le cul de four marque une excroissance
à l’extérieur (carrée ou en abside) ou est inclus
dans l’épaisseur du mur.
Lorsqu’il est dissocié, il s’agît d’un bâtiment
rectangulaire, assez réduit, comportant le cul de
four et un avant-four (ou fournil) plus ou moins
vaste, lieu de préparation du pain mais aussi de
veillée ou d’épluchage de châtaignes, etc.
Le four à pain pouvait être collectif (partagé entre
plusieurs exploitations et familles) ou
communautaire et alors construit sur le couderc
et entretenu par la communauté villageoise.
Le séchoir à châtaignes ou clédier pouvait être
isolé et constitué par une petite construction
rectangulaire avec porte basse et une ouverture
en hauteur pour disposer (et remuer) les
châtaignes sur un lattis de châtaignier
aménageant des trous. Un feu était donc
entretenu dans la partie basse de la structure, la
fumée séchant les fruits.
Le clédier est cependant généralement associé au
four à pain. Il est disposé alors au-dessus du
fournil, sur un plancher aménagé de trous ou un
lattis de châtaignier, les châtaignes profitant de la
fumée et de la chaleur du four à pain.
" " Pigeonniers, poulaillers et porcheries
Propre à l’exploitation agricole, certaines
structures annexes servaient à abriter les
animaux de ferme et le matériel, souvent sans
caractéristiques architecturales remarquables.
Il existe peu de véritables pigeonniers sur le
territoire de Monts et Barrages, sauf dans
quelques anciens domaines seigneuriaux ou de
notables, bâtis circulaires ou carrés.
En revanche, des espaces ont été parfois
ménagés dans des granges et hangars. Plus
généralement, des cages à pigeons en bois
étaient accrochées aux façades des granges ou
sous le débord des toits.
Structures maçonnées ou de bois, les
poulaillers étaient souvent intégrés ou accolés
à un autre bâtiment annexe (étable, pigeonnier,
four,…) et disposés en hauteur. Ils pouvaient
être ainsi situés par exemple au-dessus de la
porcherie (petit édicule bas, rectangulaire et
peu éclairé, avec un toit en appentis).
" " Hangars et abris
Le hangar, structure de bois ouverte
(charpente à faîtage sur poteaux au sol) servait
à l’entrepôt des outils, du matériel agricole et
du bois de chauffe.
On notera enfin l’existence parfois de silos,
caves ou abris enterrés ou semi-enterrés pour
la conservation des légumes ou autres,
creusés à flanc de talus ou aménagés dans la
pente.
Des abris de prairie, en pierre et/ou en bois,
perdurent ça et là au milieu ou en bordure de
prairie, servant d’abri pour les bêtes ou pour le
berger.
" " Puits, abreuvoirs, fontaines et lavoirs
De très nombreuses exploitations possédaient leur
propre puits sinon s’approvisionnaient au puits ou
à la fontaine du village. On compte donc un grand
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Appenti - Linards, Les Courbes
Annexe - La-Croisille-sur-Briance,
Amboiras
Remise - Saint-Julien-le-Petit,
BarbarouxL’adaptation du bâti
nombre de puits sur le territoire du Pays de Monts
et Barrages, et de différents types.
S’ils se rencontrent parfois accolés à la grange
ou au logis (alors carrés et couverts d’un toit
en appentis), ils sont le plus souvent isolés. On
peut distinguer alors :
- le puits maçonné (pierre de taille et/ou
moellons), de forme circulaire,
hemicirculaire ou carrée, couvert d’un toit
en appentis (d’une seule pente), le plus
souvent, sauf pour quelques rares exemples
de puits circulaires, encore couvert de
lauzes ;
- le puits à margelle ouverte, le plus souvent
circulaire et couverts d’un toit à deux
pentes ;
- le puits non-couvert.
Le système de puisage varie également :
- à treuil et à manivelle pour les puits à
margelle et toit à deux pentes ou à poulie ;
- à treuil et à chevilles de bois (barreaux de
préhension fixés sur le treuil même) pour les
puits maçonnés et couverts ;
- et plus rarement à puisage direct.
Les puits peuvent s’accompagner de pierres
d’attente pour les seaux (de part et d’autre
de l’ouverture dans le cas des puits
maçonnés) et souvent d’un abreuvoir. On
peut remarquer parfois la présence d’un bac
à laver (avec un pan incliné). Ces
aménagements sont traditionnellement en
pierre, margelles et abreuvoirs sont taillés
dans un seul bloc.
Les abreuvoirs (ou bacs) accompagnent souvent
aussi les fontaines.
Les fontaines constituent le point d’eau du
village, ou parfois de l’exploitation (alors très
sobres et souvent à pompe). Simple source
jaillissante ou captée par une conduite, elle
alimente les réservoirs, abreuvoirs et lavoirs.
Ces fontaines publiques se sont généralisées au
XIXe siècle avec le développement des
adductions d’eau.
Elles sont souvent situées sur le couderc ou la
place de l’église, associées au lavoir, de facture
sobre ou parfois plus monumentales.
À la fonction utilitaire, peut être associé un
caractère cultuel : fontaine surmontée d’une
croix ou dévouée à un saint, ou encore
accompagnée de pratiques superstitieuses
(“bonne fontaine”, ayant des vertus
curatives…).
Un très grand nombre de lavoirs se rencontre
dans les villages et bourgs, édifiés
principalement aux XIXe et début XXe siècles.
Parfois maçonnés (pierre de taille, de granit),
ils sont presque tous aujourd’hui en béton.
Lieu de sociabilité, les lavoirs réunissaient les
femmes et pouvaient également faire l’objet de
croyances et de rites.
Les lavoirs sont souvent couverts. Certains
présentent un ou deux côtés de galeries
couvertes, d’autres (plus ou moins modestes)
sont ouverts.
Certaines exploitations avaient aménagé un
lavoir au bord d’un ruisseau ou d’une
source/fontaine jaillissante. Souvent
sommaires, ceux-ci sont constitués de quelques
pierres à laver disposées autour d’une sorte de
bassin creusé, ou parfois consistant
A V E C - P a y s M o n t s e t B a r r a g e s - C h a r t e a r c h i t e c t u r a l e & p a y s a g è r e - S e p t e m b r e 2 0 0 5
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Lavoir - Rempnat
Puits - Linards, Le Burg
Puits couvert en lauze -
DompsL’adaptation du bâti A V E C - P a y s M o n t s e t B a r r a g e s - C h a r t e a r c h i t e c t u r a l e & p a y s a g è r e - S e p t e m b r e 2 0 0 5 26
uniquement en un abreuvoir ou bac avec un
plan incliné.
" " Les croix et calvaires
Les croix et calvaires se comptent en très
grand nombre sur le territoire (plus d’une
centaine recensés lors d’un pré-inventaire).
Localisations, formes, tailles et matériaux sont
très variés.
Ces croix ou calvaires (où figure la passion du
Christ) sont tantôt en pierre (granit), en fer, en
bronze, en béton et parfois en bois, plus ou
moins travaillés.
On les rencontre sur les bords des routes et
aux carrefours. Elles ornent les places d’église
ou les entrées de bourgs et villages.
Si leur datation parait généralement difficile,
certaines (notamment les calvaires plus
figuratifs) remontent aux XV-XVI e siècles.
Toutes les périodes sont toutefois
représentées.
Elles témoignent de la ferveur religieuse des
populations, souvent conjuguées à des
croyances plus profanes (notamment liées à
l’eau : elles accompagnent en effet
fréquemment les fontaines…).
Beaucoup de croix ont été remaniées et
certaines sont détériorées. Si on observe de
nombreuses croix restaurées et mises en
valeur, certaines restent masquées par la
végétation ou des aménagements parfois
maladroits.
" " Les moulins à eau
Lié à un réseau hydraulique important,
l’énergie dégagée par l’eau a permis dès le
Moyen Âge de mettre en place toute une
économie d’autarcie. Le moulin
appartenait à la communauté villageoise ou
à quelques particuliers (nobles, notables
qui pouvaient en tirer un revenu).
Positionnés sur les rivières (Vienne, Maulde,
Cambade…) et sur les ruisseaux, des canaux de
dérivation ont été souvent aménagés pour
assurer un débit régulier (ménageant une
cascade notamment).
Les moulins se sont largement développés au
XIXe siècle avec l’industrialisation : moulins à
grains (seigle, orge, colza…) pour en retirer la
farine ou l’huile, moulins à papier aussi ou moulins
pour actionner les scieries, les soufflets de forge,
les filatures…
On compte encore sur le Pays de Monts et
Barrages plus d’une trentaine de moulins
parfois abandonnés, parfois restaurés et
transformés en habitation. Bien peu de moulins
sont antérieurs au XVIIIe siècle. La majorité
date du XIXe siècle et parfois du début du
XXème siècle (architecture industrielle).
Le moulin pouvait être associé à un logis, isolé,
accolé ou intégré au moulin.
Le Limousin, à la frontière des pays d’oïl et
d’oc, se partage entre roues verticales (pays
d’oïl : roues visibles de l’extérieur) et roues
horizontales (pays d’oc : roues situées à
l’intérieur en partie basse du bâtiment, l’eau
circulant sous celui-ci).
Croix - Sussac
Croix - Augne
Calvaire - Beaumont-
du-LacL’adaptation du bâti
Plusieurs moulins du Pays de Monts et
Barrages sont bien conservés et restaurés,
donnant à voir leurs mécanismes. Mais on ne
compte plus que quelques rares cas de roues
encore en place.
" " L’architecture industrielle
Le bourg et le village présente des caractéristiques
liées à l’industrialisation du territoire :
— des ateliers : annexes accolées aux logis ou
aux granges, plus ou moins grandes,
marquées parfois par des ouvertures plus
larges (exemple d’ateliers de maréchal-
ferrant) ;
— les poids-publics : petite construction
souvent carrée avec la pesée devant ;
— les tuileries-briquetteries : développées au
XIXe siècle. Ensemble dissocié ou accolé de
bâtiments bas (composition de masse
harmonieuse), horizontalité marquée par des
hangars-séchoirs tout en longueur et
verticalité marquée par la cheminée haute de
10 à 15 m au-dessus du four à foyer enterré
et voûté.
— les gares et hangars avec le développement
des voies ferrées (bâtiments ayant parfois
perdu leur utilité) ;
— les usines : on citera le cas de l’ancienne
usine d’extraits tannants, datant de 1894, à
Saint-Denis-des-Murs, caractéristique de
l’architecture industrielle par l’utilisation de
la brique, du fer et du verre, et notamment
sa haute cheminée de brique.
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Photo AVEC 03/08/2004 Photo Inventaire DRAC
78-87 0535 X
Moulin - Eymoutiers, Le Moulin de Légaud
L’énergie offerte par l’eau a été particulièrement utilisée par les moulins depuis le Moyen Âge. Le phénomène s’est particulièrement accentué aux XIXe et surtout XXe siècles avec la construction de barrages, sur la Vienne et la Maulde principalement, associés à des centrales électriques. Installations importantes, en béton pour l’essentiel, elles témoignent de l’architecture industrielle du milieu du XXe siècle, implantées dans des sites souvent encaissés et boisés.Facteurs d’évolution, problématique et enjeux
L’adaptation du bâti
Le bâti ancien est en partie inadapté aux modes de vie actuels.
Le bâti ancien traditionnel répondait à des besoins et
fonctionnalités d’une société dominée par l’activité agricole (us et pratiques d’une autre époque).
Les besoins, contraintes, activités et aspirations des
habitants du Pays de Monts et Barrages sont de nature
différente. La continuité, la transmission du bâti traditionnel doit s’associer à une logique d’adaptation à ces fonctions et exigences nouvelles.
Cette adaptation est d’autant plus importante que le territoire connaît des évolutions socio-économiques sérieuses.
L’arrivée de nouveaux habitants (néo-ruraux), qui n’ont pas la culture du pays, accentue la transformation du contexte par des comportements nouveaux en matière d’intervention sur le patrimoine.
La recherche du confort, d’adaptation du bâti ancien à des nouveaux usages et besoins induit de profondes
transformations / mutations avec un réel risque de perte de caractère. Les ensembles préservés dans leurs
caractéristiques de base se font plus rares dans les zones à forte pression foncière.
Les annexes et petites dépendances des anciennes
exploitations agricoles ont bien souvent perdu leur utilité, avec la disparition des activités qui les avaient créées.
Ces éléments participent au caractère de ces ensembles
ruraux. Particulièrement sensibles et souvent menacées de destruction, ces structures sont à préserver. Elles sont le témoignage de l’histoire des lieux.
Dans les villages, four à pain, fontaine et lavoir étaient des véhicules de lien social, lien souvent perdu aujourd’hui, qu’il faudrait recréer, peut-être en faisant revivre ce petit
patrimoine ?
Parce que ce bâti traditionnel constitue l’identité du
territoire, il faut préserver autant que possible ses éléments caractéristiques. Tel est l’enjeu : une nécessaire adaptation d’un bâti inconfortable, tout en préservant ce qui fait son identité.
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28Principes d’intervention généraux
L’adaptation du bâti A V E C - P a y s M o n t s e t B a r r a g e s - C h a r t e a r c h i t e c t u r a l e & p a y s a g è r e - S e p t e m b r e 2 0 0 5 29
! Différencier les logiques d’intervention sur le bâti
ancien en privilégiant la restauration et la
réhabilitation
Cette charte s’inscrit dans une logique de restauration et de réhabilitation. Les conseils donnés visent le respect du bâti ancien tout en l’adaptant aux besoins actuels de
confort.
Rappel de définitions
• restaurer : remettre dans son état initial un ouvrage
bâti
• réhabiliter : mettre aux norme d’habitabilité (confort,
normes électriques et sanitaires, chauffage, isolation,
etc.) une construction ancienne tout en respectant son
intérêt architectural
• rénover : terme initialement employé dans le domaine de l’urbanisme et qui, par extension, signifie toute
intervention importante sur du bâti ancien sans souci
spécifique de préserver son caractère architectural.
! Respecter et conserver les éléments identitaires
Chaque type de bâti présente des caractéristiques propres (importance, taille et localisation des ouvertures, formes générales…) qui l’identifient.
! Penser à l’impact visuel des interventions (formes,
couleurs…) et à leur rapport harmonieux avec le bâti et le
paysage.
Le respect des proportions est essentiel pour ne pas créer de disharmonies dans la perception d’un ensemble bâti : proportion des murs, toitures, ouvertures… et dispositions des éléments les uns par rapport aux autres.
! Prêter une attention particulière au choix des matériaux
utilisés en privilégiant les matériaux locaux.
! Privilégier autant que possible des interventions
réversibles surtout si vos moyens ne permettent pas de
procéder à une réalisation totalement satisfaisante d’un
point de vue esthétique.
! Conserver le bâti de proximité (appentis, four, puits…)
qui participe au charme des lieux.
! Veiller à respecter les réglementations en vigueur
pour toute intervention qui modifie l’apparence extérieure
de votre patrimoine : déclaration de travaux et demande
de permis de construire pour de nombreuses
interventions : agrandissement ou création d’ouverture,
création d’une clôture, agrandissement de la partie
habitable…C o u v e r t u r e s e t o u v r a g e s d e t o i t u r e
A V E C - P a y s M o n t s e t B a r r a g e s - C h a r t e a r c h i t e c t u r a l e & p a y s a g è r e - S e p t e m b r e 2 0 0 5
30 Restaurer et construire
Les toitures constituent les éléments bâtis parmi les plus visibles dans un site un peu dégagé. Leur forme et leur couleur, selon les matériaux utilisés, ont un impact important dans le paysage. Elles caractérisent un territoire et marquent son identité. Le Pays de Monts et Barrages présente des types et modes de couverture spécifiques.
Comment intervenir sur le bâti ou construire aujourd’hui ?
F F ORMES ORMES
Sur le territoire de Monts et Barrages, deux
grands types de toitures prédominent, liés aux
facteurs climatiques, culturels et à la
production locale des matériaux de couverture.
! ! L ES TOITS À LONGS PANS À DEUX PENTES DOMINENT
Ils caractérisent la majorité : - des logis bas ;
- des bâtiments agricoles ;
- du bâti dense des centre-bourgs.
Leurs pentes varient selon le matériau de couverture et la zone géographique : - sur le plateau, pente faible avec la tuile canal ;
- sur la montagne, pente forte avec l’ardoise ;
- sur le sud-ouest du pays, pente forte avec la tuile plate.
Toit en tuiles canal - Royères Toit en tuiles canal - La Geneytouse Toit en ardoises - Eymoutiers Toit en tuiles plates - Masléon
Exemples de toits à deux pentesA V E C - P a y s M o n t s e t B a r r a g e s - C h a r t e a r c h i t e c t u r a l e & p a y s a g è r e - S e p t e m b r e 2 0 0 5
31 Restaurer et construire
M M A ATÉRIAUX TÉRIAUX DE DE COUVERTURE COUVERTURE ET ET
MISE MISE EN EN OEUVRE OEUVRE
Jusqu’au XIXe siècle, la très grande majorité
des maisons paysannes était couverte de
chaume (paille de seigle battue et mise en
gerbe, puis fixée sur un lattis). De longue
tenue, légère et assurant une bonne isolation
thermique, ce type de couverture et sa mise en
œuvre ont entièrement disparu du Pays de Monts et Barrages. On observe de rares vestiges notamment sur une grange, protégée par une tôle ondulée (La Croisille-sur- Briance à Ténèze).
Le chaume a été remplacé au cours du XIXe siècle principalement par la tuile et par l’ardoise, rapidement répandues avec le développement des réseaux routiers et l’ouverture des voies ferrées. Ces transformations de mode de couverture s’accompagnèrent de deux phénomènes : la réduction parfois de la pente pour l’installation de l’ardoise et donc le rabaissement des pignons ; ou le rehaussement des murs avec l’aménagement d’un étage.
! ! L ES TOITS À CROUPE À QUATRE PENTES SONT ÉGALEMENT ASSEZ REPRÉSENTÉS , NOTAMMENT SUR LA MOITIÉ OUEST DU TERRITOIRE
Ils coiffent : - les maisons de maîtres ;
- les maisons de bourgs ;
- et ponctuellement certains ensembles de fermes.
Ils sont généralement couverts en tuiles plates, notamment dans le sud-ouest du territoire, mais certains présentent une couverture :
- en tuiles creuses pour des toits à pente fabile (influence de type aquitaine) ;
- en ardoise, plus rare et essentiellement sur des maisons de maîtres en centre-bourgs.
Châteauneuf-la-Forêt Saint-Méard Saint-Méard Eymoutiers
Exemples de toits à croupe à quatre pentesA V E C - P a y s M o n t s e t B a r r a g e s - C h a r t e a r c h i t e c t u r a l e & p a y s a g è r e - S e p t e m b r e 2 0 0 5
32 Restaurer et construire
La tuile se développe et se généralise au
XIXe siècle. La production jusque là était très
locale : façonnées et séchées sur place dans les
champs, les tuiles étaient cuites dans des fours
temporaires.
La tuile plate se développe donc avec les tuileries
au milieu du XIXe siècle. Sa couleur varie selon la
terre qui la compose et les conditions de sa
cuisson (degré d’oxydation).
Elle possède un crochet pour son accrochage sur
un lattis traditionnellement en chêne, mais
aujourd’hui plus souvent en sapin (d’usage plus
facile mais moins durable).
Posée en recouvrement partiel, l’usage de la tuile
plate implique des pentes voisines de 45 degrés
(voire plus) pour assurer une bonne étanchéité.
La tuile creuse (ou tuile canal) est posée sur des
toits à faible pente (entre 14 et 21 degrés), en
alternance concave-convexe et en recouvrement
important. Elle constitue une lourde charge pour
les charpentes, confèrant aux toitures anciennes
cet aspect souple et ondulant.
Au début du XXe siècle, la tuile mécanique à côte
(classique du type “Marseille” ou à motifs
losangés) a également été utilisée, notamment sur
le bâti industriel et les dépendances de quelques
domaines agricoles.
Toit en tuile plate
Châteauneuf-la-Forêt
Toit en tuile plate
Roziers-Saint-Georges
Toit en tuile creuse
Champnétery
Toit en tuile creuse
Royères
Toit en tuile mécanique
Beaumont-du-Lac
Toit en tuile mécanique
Sant-Amand-le-PetitA V E C - P a y s M o n t s e t B a r r a g e s - C h a r t e a r c h i t e c t u r a l e & p a y s a g è r e - S e p t e m b r e 2 0 0 5
33 Restaurer et construire
Toit en ardoise
Eymoutiers
Toit en ardoise
Sant-Amand-le-Petit
Couverture de puits
en lauze
Domps et Eymoutiers
Bardeau de châtaignier
Saint-Denis-de-Murs et
Eybouleuf
Contrairement aux autres matériaux de
couverture, l’ardoise n’est pas un matériau local.
Elle provenait au début de Corrèze (carrières et
galeries d’Allassac et Travessac). Elle a été
supplantée au milieu du XIXe siècle par l’ardoise
d’Angers, moins chère et donc plus largement
employée dès le début du XXe siècle.
Plus représentée sur la Montagne, elle couvre des
toits pentus et souvent de grands volumes
(l’ardoise étant moins lourde que la tuile).
L’ardoise est posée sur un bardage ou voligeage
jointif, clouée, chevillée ou crochetée, et retenue
par des encoches latérales.
Ce type de couverture a également remplacé la
lauze. La lauze, disparue aujourd’hui, était débitée
dans des dalles de schiste et servait de couverture
pour les annexes et petites structures. Il reste
quelques rares exemples de lauzes en Limousin,
notamment des bordures de toits, posées en
recouvrement sur les rampants.
Le Pays de Monts et Barrages ne compte plus que
trois puits ainsi couverts sur les communes de
Domps, Eymoutiers et Neuvic-Entier.
Le bardeau de châtaignier (ou essentes),
autrefois plus utilisé, ne se rencontre plus que
ponctuellement sur les clochers d’église et parfois
les jouées de fenêtres-lucarnes.A V E C - P a y s M o n t s e t B a r r a g e s - C h a r t e a r c h i t e c t u r a l e & p a y s a g è r e - S e p t e m b r e 2 0 0 5
34 Restaurer et construire
La toiture est parfois animée par un décrochement sous forme de fronton marquant la porte d’une grange, ou la travée centrale de la façade d’une maison à étage.
La toiture participe en effet au caractère de la maison, caractère renforcé par les détails et décors de toit : fronton, lucarnes, monumentalité de la cheminée, épis de faîtage…
La règle de symétrie des logis à étage, maisons de maître et maisons de bourg s’applique aussi pour les ouvertures de combles, et notamment pour les lucarnes. La lucarne ajoute un caractère spécifique et appuie un statut social. Certaines sont toutefois le fait d’adjonctions tardives.
E E LÉMENTS LÉMENTS DE DE DÉT DÉTAIL AIL ET ET OUVRAGES OUVRAGES DE DE T TOITURE OITURE
La protection des murs (et des enduits) des maisons rurales est assurée par des avants-toits débordants qui rejettent l’eau loin des murs et laissent apparaître les éléments de charpentes et poutraisons. Les pièces de bois ainsi visibles ont parfois été travaillées et peuvent présenter des motifs sculptés.
Les pignons également sont par tradition couverts par un débord du toit. Les gouttières ne sont donc pas nécessaires et se trouvent employées essentiellement sur les maisons de bourg.
Le débord dans certains cas est accentué par le retrait du mur de façade du logis par rapport à la grange accolée, ou peut marquer l’entrée d’une grange.
Saint-Léonard-de-Noblat Saint-Méard Eybouleuf Roziers-Saint-Georges
Exemples d’avants-toitsA V E C - P a y s M o n t s e t B a r r a g e s - C h a r t e a r c h i t e c t u r a l e & p a y s a g è r e - S e p t e m b r e 2 0 0 5
35 Restaurer et construire
Leur position également peut varier par
rapport à l’égout du toit :
- engagée dans le mur au niveau de
l’égout ;
- au dessus de l’égout dans la pente.
Les lucarnes ont souvent des structures en
bois. Elles sont couvertes de tuiles ou
d’ardoise. Les jouées (parois latérales)
sont parfois encore recouvertes de
bardeaux de bois ou de voliges.
On observe divers types de lucarnes sur
le territoire de Monts et Barrages :
- lucarnes-fenêtres (souvent en bâtière ou
à capucine), plus fréquentes sur les
maisons de bourg et maisons de maître ;
- lucarnes plates (outeaux), simple jour et
aération ;
- lucarnes à foin.
Lucarnes à foin
Royères et Saint-Méard
Outeau
Châteauneuf-la-Forêt
Lucarne-fenêtre en bâtière
Roziers-Saint-GeorgesA V E C - P a y s M o n t s e t B a r r a g e s - C h a r t e a r c h i t e c t u r a l e & p a y s a g è r e - S e p t e m b r e 2 0 0 5
36 Restaurer et construire
Les souches de cheminées se situent le plus souvent au droit des murs pignons pour les toitures à deux pans,
dans la ligne du faîtage ou parfois un peu décalées sur un versant. Leur situation est plus libre sur les toits à
croupes : au droit du pignon (à la base de la croupe),
dans la pente ou sur la ligne de faîtage.
En pierre de taille, en gros moellons ou en brique, les
cheminées peuvent être élancées, parfois monumentales avec plusieurs niveaux de décrochement (notamment sur la Montagne), ou souvent plus simples et trapues.
On note une majorité de souches en brique (depuis le
XIXe siècle) avec cordons en saillie peu avant les dernières assises, et chapeautées de tuiles creuses. Les plus
anciennes sont en moellons de granit ou pierre de taille.
D’emploi très ancien, des épis de faîtage ornent
quelques toitures à croupes du territoire. Poteries
vernissées à l’origine, les épis sont plus ou moins élaborés : simple boule ou cône surmonté d’une pointe, boule ou
croix, ou motifs plus complexes de cordons, anses et
oiseaux stylisés.
De couleur brune à gris-vert, ils ont divers rôles :
- fonctionnel tout d’abord : ils couvrent la jonction des
versants et assurent leur étanchéité ;
- décoratif et social : ils décorent et affichent un rang (ils se rencontrent sur les maisons bourgeoises) ;
- symbolique : dernier élément de la construction, ils
pouvaient faire l’objet d’un rite d’installation ;
- magique : on leur a attribué, semble-t-il, un rôle de
protection des biens et des personnes.
On peut observer parfois des épis de faîtage et girouettes métalliques (en fer), également très travaillés.
Saint-Méard
Bujaleuf
Souche de cheminée en pierre
Peyrat le Château
Exemples d’épis de faîtage
Souche de cheminée en brique
Roziers-Saint-Georges
Saint-Julien-le-PetitA V E C - P a y s M o n t s e t B a r r a g e s - C h a r t e a r c h i t e c t u r a l e & p a y s a g è r e - S e p t e m b r e 2 0 0 5
37 Restaurer et construire
M u r s e t e n d u i t s
M M AÇONNERIE AÇONNERIE
Le bâti traditionnel présente des caractères
communs :
- bâti sans fondation, s’appuyant directement
sur l’affleurement rocheux, ou dans une petite
tranchée ;
- matériaux pris sur les lieux ou environnant la
construction : selon le type de roche
disponible, les maçonneries présenteront des
organisations et couleurs variées.
On distingue toutefois des mises en œuvre différentes :
MAÇONNERIE EN PIERRE DE TAILLE
Plus caractéristique de la zone dite montagnarde, elle est formée de blocs de granit de bonne qualité et souvent parfaitement taillés, posés sur leur lit (dans la position qu’ils occupaient dans la carrière avant d’être extraits). Les murs sont montés en assises régulières à joints très fins. Des assises de hauteurs différentes se répètent fréquemment.
Les plus grosses pierres sont utilisées pour les chaînes d’angle (blocs posés alternativement de chaque côté de l’angle, les plus gros blocs généralement en partie basse) et pour les encadrements des baies.
Dans le pays de Monts et Barrages, les murs élevés en pierre de taille, de facture remarquable, sont rares et ne se rencontrent que vers la montagne. Plus fréquents sont les murs en moellons (« limousinerie ») parfois enduits. Parmi les autres modes constructifs, on note également le pan de bois, parfois la brique, des murs souvent composites et de rares exemples de pisé.
Eybouleuf
Maçonnerie construite
directement sur le rocher
Exemples de maçonnerie en pierre de taille
Nedde Nedde Beaumont-du-LacA V E C - P a y s M o n t s e t B a r r a g e s - C h a r t e a r c h i t e c t u r a l e & p a y s a g è r e - S e p t e m b r e 2 0 0 5
38 Restaurer et construire
MAÇONNERIE DE MOELLONS
Les maçonneries de moellons sont plus fréquentes. Si le granit domine, les schistes et gneiss sont très présents vers le Limogeois et le Sud-ouest, bien que ces derniers soient plus fréquemment montés en maçonneries mixtes et plus souvent enduites.
Les murs de moellons sont composés de deux
parements avec un remplissage intérieur de petites pierres et de terre. Ce sont des murs épais, montés à « fruit »
(plus larges en bas qu’en haut : de 80 à 60 cm en bas et de 60 à 40 cm en haut), pour des raisons d’isolation
thermique et de contraintes techniques dues à l’absence de liant résistant.
Les maçonneries sont hourdées à la terre : mortier maigre (terre grasse semi-argileuse : argiles et tuf) n’étant bien souvent qu’un liant dans la construction traditionnelle. Il vient remplir les vides inévitables et ne participe guère à la solidité du mur, assurée par le calage des pierres.
La chaux n’a été employée qu’à partir du milieu du
XIXe siècle. Avant le développement du chemin de fer, elle n’était utilisée que par les plus aisés.
Chaînes d’angle et encadrements sont souvent constitués de blocs de granit. Les chaînes peuvent toutefois être faites en moellons de même nature que le mur, et les
encadrements en bois.
Là encore on peut distinguer deux techniques différentes :
— la maçonnerie de moellons apparents.
Les moellons de granit dégrossis sont montés très serrés et calés. Ils forment des lits horizontaux (assises), de
hauteur variable.
Le liant n’est souvent pas visible sur les murs, donnant
ainsi l’illusion de structure en pierre sèche, d’où le nom de « limousinerie » pour ces moellons très serrés, assisés et laissés bruts.
Moellons de schiste rouge
avec encadrement
en granit - Champnétery
Moellons de schiste
et quartz - La
Croisille-sur-Briance
Moellons
de schiste
et gneiss
Linards
Maçonnerie hourdée à
la terre - Linards
Encadre-
ment en
bloc de
granit
Masléon
Moellons de granit
EymoutiersA V E C - P a y s M o n t s e t B a r r a g e s - C h a r t e a r c h i t e c t u r a l e & p a y s a g è r e - S e p t e m b r e 2 0 0 5
39 Restaurer et construire
La pierre sèche véritable, c’est-à-dire les pierres calées et montées sans liant, est davantage utilisée pour les murets de clôture (champ et cour).
— la maçonnerie de moellons destinée à recevoir un enduit.
Il s’agit d’un maçonnerie au « tout-venant » montée de manière moins régulière, souvent sans organisation précise. Elle est plutôt composite (gneiss, schiste, granit ou quartz) et de moindre qualité.
Ces maçonneries sont traditionnellement couvertes d’un enduit, plus ou moins couvrant.
De même composition que le liant, il s’agit généralement d’un talochage des débords de joints. On parle ainsi d’enduit semi- couvrant ou « à pierres vues », laissant visible une partie des blocs. Il s’observe plus souvent sur les ensembles de ferme. Les enduits plus couvrants étaient de même composition que le liant, avec éventuellement adjonction de chaux. Ils se rencontrent davantage sur les façades des maisons de bourg et de maître. Les chaînes d’angle et encadrements de granit sont souvent en saillie, présentant une semelle piquetée ou layée pour accrocher l’enduit. Lorsque ces éléments ne sont pas en saillie, l’enduit vient mourir naturellement sur la pierre, sans surépaisseur (enduit plus fin), ou arrêté à la règle pour ménager un bandeau en creux.
Les murs intérieurs (pour les maisons plus aisées) étaient faits d’un mélange de chaux et de sable tamisé ou de plâtre, les murs étant ensuite badigeonnés de lait de chaux.
Les murs des habitations, quoique traditionnellement très sobres, peuvent présenter des éléments architecturaux et décoratifs plus soignés sur les maisons de bourg et maisons de maître. Outre les chaînes d’angles, les encadrements (et d’autres détails liés aux ouvertures et précisés plus loin), les façades peuvent être animées par des bandeaux saillants (plats ou moulurés)
soulignant les niveaux, et des corniches notamment à doucine et talon (moulurations à profil en S, vers la montagne sur des maçonneries en pierre de taille). Ces éléments sont généralement en granit.
On note parfois la présence d’inclusions de quartz blanc, et notamment des croix dessinées sur quelques pignons de grange par ces blocs blancs ou un percement de cette forme…
Enduit à
“fleur de
bosse”
Saint-
Méard
et enduit à “fleur de
bosse” - Champnétery
Chaînage d’angle en granit
Saint-Martin-Terressus
Maçonnerie de pierre
sèche
Sauviat-sur-Vige
Maçonnerie à pierres
vues - La Geneytouse
Enduit à pierres vues
avec joints délignésA V E C - P a y s M o n t s e t B a r r a g e s - C h a r t e a r c h i t e c t u r a l e & p a y s a g è r e - S e p t e m b r e 2 0 0 5
40 Restaurer et construire
Cette technique se rencontre sur de nombreuses maisons, majoritairement situées dans les centres-bourgs. On ne note en effet que quelques rares exemples de logis de ferme utilisant cette technique, et le plus souvent des annexes.
Le pan de bois a permis dans les bourgs d’augmenter la hauteur des bâtiments tout en allégeant les murs (réduction importante de leur épaisseur) et sans doute le coût des matériaux et de la mise en oeuvre…
Dans presque tous les cas, un enduit de terre et de chaux recouvrait et protégeait l’ossature à pans de bois, du moins côté rue. Un léger retrait de l’angle ou décrochement permet toutefois souvent d’identifier ces structures.
L’ossature bois (structure porteuse) reçoit parfois un bardage de bois fait de planches posées à l’horizontale ou verticalement. Cette technique se rencontre essentiellement sur des annexes : hangars, remises et abris de prairie. Elle se développe particulièrement actuellement (ateliers, extensions, bâti agricole..) et permet souvent une bonne intégration au milieu.
Royères Maisons à pans de bois
Saint-Léonard-de-Noblat
Saint-Denis-des-Murs Le Châtenet-en-Dognon
P P AN AN DE DE BOIS BOIS
Le colombage (structure à pans de bois et torchis) est une technique ancienne abondamment utilisée jusqu’au début du XIXe siècle.
L’ossature bois (structure porteuse) est formée de poteaux et traverses de bois ou écharpes en croix de Saint-André, assemblés par des chevilles, tenons et mortaises.
Le torchis intervient en remplissage. Il est constitué de terre (tuf gras très argileux, de jaune à rouge) et de chaux, mélangées à des roseaux séchés ou du foin. L’ensemble est coffré, coulé autour de palaçons ou éclisses placés en force dans les rainure du colombage. La brique a pu dans quelques cas être employée pour le remplissage.
Le pan de bois se retrouve également sur quelques cloisons intérieures ou pignons , le torchis étant appliqué sur un lattis de châtaignier fixé à l’ossature bois.A V E C - P a y s M o n t s e t B a r r a g e s - C h a r t e a r c h i t e c t u r a l e & p a y s a g è r e - S e p t e m b r e 2 0 0 5
41 Restaurer et construire
B B RIQUE RIQUE
L’usage de la brique (et du mache-fer) s’est répandu au
XIXe siècle. Si les murs en brique sont rares dans l’habitat du Pays de Monts et Barrages, ils sont un peu plus fréquents dans les bâtiments d’exploitation, notamment les annexes, les ateliers et plus particulièrement les usines. Ils se sont
notamment développés à proximité des briqueteries.
La brique se rencontre également comme remplissage de pans de bois, parfois apparent.
Elle est plus fréquente dans les bourgs, principalement dans les encadrements des baies (et oculi), ainsi que dans les souches de cheminées.
De couleur variable (rouges plus ou moins oxydés, ou gris pour le mache-fer), elle introduit souvent ainsi un jeu de couleur qui anime le mur.
Construction en brique
Bujaleuf
Maisons en pisé
Bujaleuf
Encadrement de baie en brique
Le Châtenet-en-Dognon
P P ISÉ ISÉ
Mode de construction rarement utilisé, le pisé est très
ponctuellement utilisé sur le territoire de Monts et Barrages (Bujaleuf), et principalement dans des fermes. Technique auvergnate, le pisé est un mur de terre sans autre structure intérieure. Plus précisément, il consiste en un mélange de roseaux battus, de terre (sable argileux) et de chaux, malaxés et moulés dans des « banches ». Ces blocs ainsi formés, dits « banchées », sont liés entre eux par un lit de chaux ou de terre, et prennent appui sur un soubassement maçonné les isolant de l’humidité du sol. Un enduit de chaux ou de terre pouvait être ensuite appliqué.
Ces structures peuvent être renforcées par des chevrons de bois durs, noyés et liant les angles.
Le pisé assure une parfaite isolation thermique. Les murs sont montés à fruit, et mesurent entre 60 et 50 cm d’épaisseur. Ils nécessitent d’être protégés des intempéries (murs couverts). Ils peuvent être fragilisés par les infiltrations des eaux de pluie ou une surcharge de la toiture…A V E C - P a y s M o n t s e t B a r r a g e s - C h a r t e a r c h i t e c t u r a l e & p a y s a g è r e - S e p t e m b r e 2 0 0 5
42 Restaurer et construire
P P ERCEMENTS ERCEMENTS
Les percements sont plus réguliers et souvent plus
larges et nombreux sur les maisons de maître et de
bourg où la symétrie prime (organisation en travées).
Les maisons paysannes (maisons basses et plus
modestes) ont quant à elles des ouvertures limitées (en
nombre, et souvent en taille) et moins régulières.
Les ouvertures se regroupent sur la façade antérieure,
sur le mur le plus favorablement exposé. Elles sont très
limitées sur la façade postérieure, et presque
inexistantes sur les pignons où elles ne consistent
souvent qu’en une aération étroite du grenier (comble).
Ouvertures
Les ouvertures, par leur localisation, leur proportions ou leur régularité, participent à l’animation des façades et à l’harmonie des constructions. Elles leur donnent un rythme, orientent la composition et caractérisent leur physionomie. Si leurs tailles, formes et compositions varient sur le territoire, certains traits généraux se dégagent cependant.
Sussac La Geneytouse Linards Eymoutiers
Les principaux percements sont des rectangles isolés plus hauts que larges. La porte est au centre de la façade des maisons comportant un nombre impair de travées. Elle est parfois surmontée d’une imposte. Sur les parcelles étroites des bourgs ou sur les petits logis de ferme, elle est placée sur le côté de la façade.
Les petites ouvertures, destinées à l’éclairage des combles ou aux fenêtres d’évier dans les logis modestes, sont souvent carrées. Les combles comme les pignons présentent en effet des ouvertures réduites, petits carrés ou oculi (œil de bœuf). Ces derniers pouvant être formés de moellons, pierres de taille ou briques. On a pu observer notamment, autour d’Eymoutiers, une préférence pour les ouvertures carrées à la place des oculi.A V E C - P a y s M o n t s e t B a r r a g e s - C h a r t e a r c h i t e c t u r a l e & p a y s a g è r e - S e p t e m b r e 2 0 0 5
43 Restaurer et construire
E E NCADREMENTS NCADREMENTS
Les encadrements (linteau, jambages et appui) peuvent être de pierre, de bois ou de brique.
Souvent en pierre, ils sont constitués de gros blocs de granit et se rencontrent davantage dans les maçonneries à gros moellons taillés, et semble-t-il plutôt dans les maisons de bourg et de maître.
Les encadrements de bois sont également fréquents, en
chêne (pour sa longévité) ou en châtaignier (imputrescible et résistant aux insectes). On les observe dans les
ensembles de ferme. Ils semblent plus spécifiques aux
maçonneries composites ou de tout venant.
La brique (et le mache-fer) a été employée à partir du
XIXe siècle, sur de nouveaux bâtiments et lors de la reprise d’anciennes ouvertures (notamment en remplacement du bois, et de nombreux oculi). Elle est donc moins
traditionnelle, et davantage liée à l’architecture industrielle.
Diverses combinaisons s’observent : encadrement souvent en un seul matériau (tout en bois, tout en pierre ou tout en brique), ou parfois matériaux associés.
Par exemple un linteau de bois sur un encadrement de
pierre (mais jamais l’inverse) ou sur un encadrement de brique. De même sur une façade de maison basse,
l’encadrement de la porte peut être en pierre, et celui des fenêtres en bois, mais là encore jamais l’inverse. Le granit n’étant pas toujours présent sur les lieux même, le choix de la pierre montre un soin particulier accordé à l’entrée du logis.
Les jambages (ou pieds-droits) de bois des portes reposent sur des pierres pour isoler les bois du sol. Dans le cas d’un seuil en bois, celui-ci est isolé du sol par des pierres ou un vide. Les seuils semblent cependant plus fréquemment en pierre.
Encadrement
granit
de porte
Sainte-Anne-
Saint-Priest
Encadrement bois
de porte
Linards
Encadrement bois de
fenêtres
Eymoutiers
Oculus avec
encadrement pierre
Neuvic-Entier
Oculi avec
encadrement brique
Roziers-Saint-
GeorgesA V E C - P a y s M o n t s e t B a r r a g e s - C h a r t e a r c h i t e c t u r a l e & p a y s a g è r e - S e p t e m b r e 2 0 0 5
44 Restaurer et construire
Les linteaux sont souvent surmontés d’un arc de décharge qui a pour fonction de déporter sur les côtés les charges qui fragilisent le linteau. L’arc est un élément architectonique. Le supprimer risquerait d’affaiblir lourdement le linteau et ainsi la cohésion de la maçonnerie.
Il existe plusieurs formes d’arc de décharge :
— arc triangulaire (assez fréquent) : pierres coffrées sur des planches de bois, souvent laissées dans le mur ;
— arc droit ou aplati, généralement en un seul bloc, ne laissant qu’une fine rainure et donnant parfois l’illusion de linteaux doubles, rencontrés notamment dans le canton d’Eymoutiers ; — arc en plein-cintre de plusieurs pierres.
C’est également un élément décoratif : l’espace entre l’arc et le linteau ménage une niche parfois comblée ou abritant un élément décoratif (statuette de la Vierge par exemple).
Les ouvertures portent en effet souvent l’essentiel des éléments décoratifs d’une façade.
Les linteaux des portes de logis, ou même parfois des granges- étables, présentent souvent des sculptures simples ou inscriptions : blasons, croix, motifs végétaux ou géométriques, initiales, chronogrammes (date de construction, à considérer toutefois avec prudence du fait du remploi de certaines pierres)…
Les encadrements de pierre sont parfois chanfreinés : angle taillé en biseau, plus large sur le canton d’Eymoutiers, ou présentant une feuillure (angle rentrant).
Les appuis de fenêtre sont parfois saillants et éventuellement moulurés.
Certains encadrements peuvent apparaître de nos jours en saillie, conséquence de la tendance regrettable à l’enlèvement des enduits couvrants qui venaient mourir contre eux.
Pour les ensembles agricoles et les villages, le décor se caractérise par une grande sobriété, se limitant généralement à quelques éléments très simples. Par contre, les maisons de bourg et parfois de maître présentent des éléments plus développés et plus fréquents (ferronneries, moulurations plus importantes, ouvertures en arcade, bandeaux et corniches…).
Saint-Méard
Linteaux surmontés d’arcs
de décharge cintrés
Champnétery
Linteau surmonté d’arc
de décharge triangulaire
Linteau ouvragé
Le Châtenet-en-Dognon
Linteau ouvragé
Saint-Léonard-de-NoblatA V E C - P a y s M o n t s e t B a r r a g e s - C h a r t e a r c h i t e c t u r a l e & p a y s a g è r e - S e p t e m b r e 2 0 0 5
45 Restaurer et construire
M M ENUISERIES ENUISERIES
Portes, fenêtres et contrevents (volets) sont traditionnellement en bois de chêne ou de châtaignier.
Les portes sont constituées de larges planches (souvent de largeur inégale) posées verticalement ou horizontalement pour les plus anciennes (parfois cloutées), et clouées sur des
traverses de chêne.
Certaines portes sont ajourées dans leur moitié supérieure (vitrage de 4 carreaux ou parfois sur quelques portes de dépendances des bandes découpées verticalement). Elles sont souvent surmontées d’une imposte, vitrée à 3 carreaux ou barrée.
Les fenêtres datent pour la plupart du XIXe siècle. Il ne semble pas exister d’exemples plus anciens. Composées de deux vantaux, elles se caractérisent le plus souvent par un vitrage formé de 3 carreaux par vantail (parfois 4, voire 6 ou 8) avec des vitres carrées ou légèrement plus hautes que larges, séparées par de petits bois.
Certaines ouvertures plus réduites sont partiellement fermées par un barreaudage de bois. Ces barreaudages se rencontrent sur les aérations de cave (souvent plus longues que hautes) ou de grenier, et parfois sur les impostes (alors en fer). Les barreaux de bois se rencontrent exclusivement dans les
encadrements de bois.
Les contrevents, quand il y en a, sont des volets pleins, faits de larges planches, à 2 ou 3 traverses et pentures simples
(droites). Ils sont généralement sans écharpe : les écharpes ne sont fréquentes que depuis le début du XXe siècle. Les volets peuvent être parfois percés de motifs décoratifs : cœur, trèfle, losange…
Les persiennes sont plus récentes et plus présentes sur les maisons de bourg. Le plus souvent, elles se situent alors à l’étage, associées à des volets pleins en rez-de-chaussée.
Quelques portes de grange possèdent des pentures en forme de spirales, forme plus travaillée et décorative, rencontrée
notamment dans des domaines (granges de château…).
Saint-Léonard
de-Noblat
Porte de larges
planches cloutées
Champnétery
Porte ajourée
Champnétery
Domps
La Croisille-sur-
Briance
Volets percés de motifs décoratifsC o u l e u r s
A V E C - P a y s M o n t s e t B a r r a g e s - C h a r t e a r c h i t e c t u r a l e & p a y s a g è r e - S e p t e m b r e 2 0 0 5
46 Restaurer et construire
L’architecture limousine traditionnelle, et
notamment en Pays de Monts et Barrages,
présente certaines caractéristiques chromatiques.
Les dominantes sont données par la couleur des
toits et des murs, qui forment l’essentiel de la
construction. Ces couleurs dominantes se
complètent d’éléments plus petits en contraste
(portes, fenêtres, volets…). Les couleurs
traditionnelles ne sont pas éclatantes et
constituent plutôt une palette d’une grande
simplicité et sobriété.
Le bâti traditionnel tire ses matériaux du sol et du sous-sol environnant la construction. Ces matériaux de provenance locale composent le bâti et lui donnent ses couleurs : pierres, bois, briques, enduits des murs (tuf, argile, sable) et ardoises ou tuiles de couverture.
Cet assemblage des matériaux restitue les couleurs du terroir. La gamme chroma- tique des façades et des toitures est ainsi en parfaite cohérence avec l’environnement naturel du bâti, lui permettant de se fondre harmonieusement dans le paysage.
Le territoire se partage entre tuiles plates (tonalités rouges flammées) ou creuses (orangées) et ardoises (bleu gris), maçonneries de pierre de taille ou plus souvent mixtes et enduites… Ainsi selon les lieux, la tradition et les maté- riaux présents sur place, on constate des assemblages et combinaisons variées.
Selon la nature des roches et leur qualité, l’appareillage des murs aura des teintes ocre, beige-jaune à rosé, gris clair ou bleu-gris foncé. Les jeux de couleurs sont variables : maçonneries sombres de gneiss et schiste (gris bleuté à rose ou noir) jouant sur les teintes avec les blocs d’encadrement et de chaînes d’angle en granit clair (beige à jaune ou rosé) ou des inclusions de quartz blanc, correspondances entre tuiles et briques d’encadrement, etc.
Neuvic-Entier Châteauneuf-la-Forêt Porte traitée au carbonyle Linards
MasléonA V E C - P a y s M o n t s e t B a r r a g e s - C h a r t e a r c h i t e c t u r a l e & p a y s a g è r e - S e p t e m b r e 2 0 0 5
47 Restaurer et construire
La couleur des enduits est donnée par ses
composants (tuf, argile, sable) avec un souci
d’harmonie selon les couleurs des toitures et
l’environnement immédiat. Selon les lieux, les enduits
tendent ainsi du beige à l’ocre jaune, rouge ou brun,
du gris-beige au gris bleuté…
Les couleurs des menuiseries suivent l’harmonie des
tonalités : toiture, murs et environnement immédiat
entrent en considération dans le choix de leur couleur.
Il s’agit souvent de couleurs mates ou délavées :
bleu, ocre et rouge-brun pour les plus anciennes
(teintes de terres et d’ocres assez fréquentes sur le
bâti rural notamment). Les verts et gris sont plus
tardifs mais couramment employés.
En milieu rural essentiellement, les bois sont parfois
laissés à l’état brut (brun-noir) ou passés au
carbonyle (ce qui leur donnent une teinte de noir de
fumée, virant au sépia) ou encore à l’huile de
vidange.
Les bourgs présentent souvent des tons plus
nuancés. Le gris très légèrement bleuté notamment
est fréquent.
Une à deux couleurs ou nuances sont ainsi
traditionnellement utilisées. La porte d’entrée peut
être d’une teinte un peu plus foncée que le reste, de
même parfois les fenêtres par rapport aux volets.
Ces divers assemblages permettent une harmonie et
une bonne insertion du bâti dans le paysage. Le choix
de ces couleurs est donc important et doit être pensé
dans ce souci d’équilibre. Le territoire compte des
tonalités spécifiques liées à ses composants (au
terroir) qui permettent cependant un choix très varié
de nuances à utiliser. Des palettes chromatiques ou
nuanciers existent pour guider les habitants et les
faire participer à l’harmonie entre le bâti et les
paysages.
Masléon
Le Châtenet-
en-Dognon
Saint-Méard
Augne
Saint-Denis-
des-Murs
MoissannesP r o b l é m a t i q u e s e t e n j e u x
A V E C - P a y s M o n t s e t B a r r a g e s - C h a r t e a r c h i t e c t u r a l e & p a y s a g è r e - S e p t e m b r e 2 0 0 5
48 Restaurer et construire
Pendant de nombreuses années, après la seconde guerre
mondiale, le patrimoine bâti vernaculaire (habitations, bâtiments agricoles, petit patrimoine) a été peu valorisé, voire méprisé et abandonné, ses qualités fonctionnelles et de confort ne
correspondant pas aux besoins nouveaux émergeant chez ses occupants et utilisateurs.
L’exode rural et l’évolution du monde rural, notamment dans les modes de production agricole, ont entraîné l’abandon et la ruine de nombreux bâtiments. D’autres ont été adaptés aux modes de vie et de production contemporains.
Un nombre important d’habitations s’est également transformé en résidences secondaires durant les dernières décennies. L’intérêt pour ce patrimoine est croissant depuis plusieurs années et un nombre important de personnes acquièrent et réinvestissent ce bâti ancien.
Malheureusement, nombreuses sont les interventions destinées à remettre en état ce bâti et à le rendre conforme aux normes
actuelles d’habitabilité, qui le dénaturent gravement.
On observe ainsi fréquemment de nombreuses erreurs
d’intervention notamment sur l’aspect extérieur des bâtiments dont les plus courantes sont :
— la réfection des toitures sans respect de la souplesse de facture des toits et une utilisation de matériaux de couverture peu
esthétiques : ardoises synthétiques, tuiles mécaniques de style “romane-canal”, tuile plate mécanique… ;
— le traitement des façades avec des enduits ciments gris très fréquents dans les villages du Pays de Monts et Barrages et qui rendent certaines rues et places particulièrement tristes et peu attrayantes. L’utilisation de mortiers de chaux trop fortement
hydrauliques et trop clairs est également répandue et trop
souvent associée à la mode du rejointoiement des façades en moellons. De nombreuses maisons perdent ainsi leur caractère originel.
— la pose de menuiseries, très souvent pré-fabriquées, qui ne respectent pas la simplicité et le mode d’assemblage des
menuiseries anciennes : lourdes écharpes en Z sur les
contrevents, ferronneries peintes en noir sur les portes et volets, suppression des impostes des portes et systématisation de l’emploi du PVC… ;
— le choix des couleurs notamment pour la peinture des menuiseries : des couleurs de plus en plus criardes sont choisies alors que les anciens choisissaient toujours des couleurs de menuiseries s’harmonisant parfaitement avec la couleur des toits, des enduits de façade et la végétation environnante.
Le charme et la beauté des fermes, des hameaux et des villages se trouvent ainsi largement endommagés. Certains facteurs ne rendent pas facile aujourd’hui la mise en œuvre d’action de restauration-réhabilitation de qualité :
— fermeture des carrières locales (pierre et tuf) et rareté croissante des matériaux de récupération (moellons, pierres de taille, tuiles
artisanales…) ;
— cessation d’activité des briqueteries et tuileries artisanales ; — perte importante des savoir-faire dans de nombreux corps de métiers et difficulté importante de transmission des savoir-faire aux jeunes générations ;
— impératif de rentabilité économique des entreprises poussant à la mise en œuvre de techniques rapides et standardisées ;
— pression des fournisseurs de matériaux favorisant l’emploi de produits prêt-à-l’emploi (notamment enduits à la chaux) ;
— formation des artisans privilégiant les techniques de construction et n’abordant pas les problématiques spécifiques de la restauration/ réhabilitation ;
— surcoûts entraînés parfois (mais pas toujours) par la mise en œuvre de certaines techniques traditionnelles ou l’utilisation de certains matériaux ; — beaucoup de maîtres d’œuvre ne respectent pas la valeur originelle du bâti ancien.
Malgré ce contexte peu propice à des interventions de bonne qualité, on constate aussi souvent que certaines interventions sont avant tout dues à une méconnaissance du bâti sur lequel on doit intervenir. En sachant respecter ce patrimoine et en adoptant certaines logiques d’intervention, il est possible de réhabiliter ce bâti de manière qualitative et dans le respect de la réglementation.P r i n c i p e s d ’ i n t e r v e n t i o n g é n é r a u x
A V E C - P a y s M o n t s e t B a r r a g e s - C h a r t e a r c h i t e c t u r a l e & p a y s a g è r e - S e p t e m b r e 2 0 0 5
49 Restaurer et construire
Avant d’entreprendre toute intervention sur le bâtiment à réhabiliter, il est nécessaire de bien observer le bâti et son environnement et d’autres constructions anciennes
comparables. Ensuite on réfléchira :
— aux besoins et objectifs visés ;
— au type ou degrés d’intervention : préférer l’entretien
régulier et les interventions ponctuelles et ciblées ;
— au choix des techniques, matériaux et couleurs les plus adaptés : préférer les matériaux traditionnels ou
artisanaux, sinon s’assurer de la bonne compatibilité avec le bâti (texture, couleur, insertion) ;
— à la façon dont l’intervention va se dérouler : travaux
réalisés par soi-même, par un artisan, avec intervention d’un architecte ou non…
L’architecture ancienne est faite de simplicité.
Veiller à conserver autant que possible son caractère et ses éléments traditionnels.
Les fiches pratiques présentées dans cette charte ne peuvent traiter de façon exhaustive de toutes les questions qui se posent à chacun. Différents domaines d’intervention ont donc été sélectionnés et développés.
Différents organismes existent sur le territoire et agissent en qualité de conseil.
Des aides également existent, en contrepartie d’interventions réfléchies et de qualité.
(se reporter au document « Informations pratiques »)
Il faut rappeler que les interventions sur le bâti sont aujourd’hui soumises à des contraintes réglementaires et administratives : normes réglementaires applicables aux logements, aux
établissements recevant du public, aux activités économiques, aux chantiers de construction…
Ainsi toute intervention touchant à l’aspect extérieur d’un bâti (volume, façade, toiture..) nécessite une déclaration de travaux, voire un permis de construire (ou de démolir).E s p a c e s p u b l i c s , e s p a c e s p r i v é s
Les abords A V E C - P a y s M o n t s e t B a r r a g e s - C h a r t e a r c h i t e c t u r a l e & p a y s a g è r e - S e p t e m b r e 2 0 0 5 50
Place de village - Châteauneuf-la-Forêt, Serre Cheminement - Peyrat-le- Château, Le Chalard-Haut
Cheminement - Saint-
Julien-le-Petit, Barbaroux
Place de village - Cheissoux
Les abords immédiats sont essentiels pour la valorisation du bâti. Ils le relient à la campagne environnante ou à la rue. Ils participent au même ensemble harmonieux et doivent être traités avec une attention équivalente à celle portée aux bâtiments.
Ces abords sont constitués de mails, places, allées plantées, arbres isolés, haies, murets, vergers, potagers, cours…
Les arbres ou arbustes, le traitement des sols, les clôtures ou les haies, le mobilier doivent être en parfait accord avec le bâti.
Les composantes de ces abords révèlent une grande richesse et une grande variété de traitement mais la simplicité et la sobriété prédominent toujours.
Les abords et l’entrée des bourgs et villages se différencient selon l’importance du regroupement. Bourgs et villages importants sont marqués par des constructions plus récentes formant leur périphérie et malheureusement souvent mal intégrés au paysage : lotissements ou zones commerciales, artisanales ou industrielles plus ou moins importantes.
P P LACES LACES ET ET CHEMINEMENTS CHEMINEMENTS
La relation entre espaces publics et privés et donc
le traitement de leur transition se font différemment
selon qu’on se situe dans un bourg, dans un petit
village ou à proximité d’une ferme isolée.
Comment traiter les abords ?Les abords
Le caractère urbain est marqué par la présence de
trottoirs, murs, façades sur rue (cachant les
possibles jardins ou cours), grande place
goudronnée et plus souvent vouée au
stationnement…
Les centres possèdent moins d’espaces libres et les
récents aménagements ont laissé peu de place à la
végétation (arbres, arbuste, pelouses…). Ils
conservent toutefois encore quelques éléments
traditionnels : lavoirs, poids public…
Les villages et les maisons isolées ont davantage
gardé leur écrin de végétation : terrains
communaux ou privés, prairies et vergers bordent
les voies d’accès, clos de murets bas, de haies
boisées ou d’échalas de châtaigniers.
La végétation se prolonge dans le village à travers
les bords de rue en herbe, les jardins privés, les
cours. Les sols traditionnels sont plus souvent
préservés : chemin de terre ou route empierrée,
caniveaux en opus incertum bordent encore les
maisons…
Au centre ou à une extrémité du village (selon son
développement), s’étend le coudert, place du village
(et / ou de l’église). Lieu communautaire auquel est
souvent associé fontaine, lavoir, four à pain,
Monument aux morts, mail planté de tilleuls, bancs
de pierre, pelouses… Ces places ont ainsi parfois
gardé leur caractère et une partie de leur rôle social
(organisation de différentes manifestations).
Les routes menant aux bourgs et villages sont parfois
plantées d’allées d’arbres (hêtres, chênes,
châtaigniers…). Ces allées marquent parfois aussi les
accès aux fermes (tilleuls, pommiers…) ou plus souvent
aux domaines et châteaux (épicéas, chênes, hêtres…).
A V E C - P a y s M o n t s e t B a r r a g e s - C h a r t e a r c h i t e c t u r a l e & p a y s a g è r e - S e p t e m b r e 2 0 0 5
51
Cheminement
- Eybouleuf, Les Vergnes
Cheminement - Moissannes,
Levaud-Fernand
Place de village
- Sussac, ancien marché à bestiaux
Place de village
- bourg de Linards, mailLes abords
C C L LÔ ÔTURES TURES
Palissades, haies, murets limitent les fermes et
propriétés, comme les parcelles. Elles délimitent
ainsi l’espace privé de l’espace public.
Les haies assurent une continuité entre les
abords de la maison, les prairies et les champs.
Elles créent une transition subtile entre espaces
public et privé. la végétation se poursuivant
l’un dans l’autre, avec une harmonie et un jeu
de transparence…
Elles servent également pour :
- la fourniture de bois de chauffe, perches de
châtaigniers, piquets… ;
- la fourniture de fruits (baies, noisettes, noix…) ;
- le maintien de la biodiversité, de la stabilité
des sols, du dépôt du limon, le maintien des
talus et ralentissement du ruissellement ;
- la garde des animaux (technique du plessage :
introduction de branches coupées dans la haie
pour en faire un mur infranchissable) ;
- la sécurité pour les propriétés (épineux) ;
- l’effet brise-vent pour les cultures ou jardins :
plantée perpendiculairement aux vents
dominants, avec de hauts arbres, elle doit
rester filtrante (perméabilité de 50%).
Dans les prairies, les haies soulignent le
parcellaire, elles sont formées d’arbustes et de
plus grands arbres : à feuillage caduc pour la
plupart, à baies, fruits ou graines, support de
lierre…
Ces haies champêtres sont idéalement bordées
d’une banquette herbeuse et forment un
réseau qui maille le territoire.
Certaines haies, plus rares, se limitent à une
essence : châtaigniers, noisetiers…, complétées
de clôtures en bois.
A V E C - P a y s M o n t s e t B a r r a g e s - C h a r t e a r c h i t e c t u r a l e & p a y s a g è r e - S e p t e m b r e 2 0 0 5
52
Les haies arbustives mêlent souvent différentes
essences et se développent davantage en
épaisseur. De grands arbres de haut-jet
(frênes, ormes, chênes, charmes, châtaigniers,
noyers…) peuvent accompagner les arbustes
(saules, aulnes, noisetiers, ajoncs, viornes,
troènes, sureaux, genêts, fusains, aubépines,
buis, cornouillers, prunelliers, chèvrefeuilles…).
Les haies délimitant l’espace privé sont parfois
des haies vives : haies de hautes tiges, taillées
et parfois liées et renforcées par des perches
horizontales ou parfois associées à une
palissade de bois. Ces haies sont généralement
basses. Dans l’idéal, elles sont associées à des
arbres de haut jet brisant la continuité et
apportant de l’ombre ou des fruits.
Les murets de pierres sèches, calées et
montées sans liant, dessinent parfois encore le
parcellaire. Ils ont été construits peu à peu
avec l’épierrage des terres : murets bas et
parfois irréguliers. Ils sont plus ou moins
présents selon les lieux. Nombre d’entre eux
ont été détruits pour agrandir les surfaces
exploitées.
Ces murets bordent traditionnellement aussi les
rues des villages ou délimitent les propriétés en
bord de route. Ceux-ci sont généralement plus
réguliers (blocs équarris) et mieux assemblés.
Clôturant les prairies et les vergers, les
palissades sont également utilisées pour clôturer
l’habitat, sa cour ou son jardin. Ces palissades
sont constituées de palins de châtaigniers
fendus, cloués (de manière plus ou moins
espacée) sur des lisses fixées à des piquets.
Les clôtures des prairies étaient parfois
complétées de fagot ou branches.
Souvent remplacées par le fil de fer, elles
Clôture - La Geneytouse, Les Allois
Clôture - Sauviat-sur-Vige
Clôture - Linards, Les CourbesLes abords
facilitaient le passage de l’homme par des
sautadours, sorte d’échelle de bois à poteaux
et deux traverses.
Les portails ou portes de jardin reprennent
souvent ce principe de palins de bois.
Les ferronneries (grilles et balustres) ferment
davantage les maisons bourgeoises et les
châteaux, ou encore se rencontrent dans les
bourgs. Celles qu’on observe datent du XVIIIe
ou plutôt des XIXe et XX e siècles. Souvent
simples, droites, avec des barreaux en métal
plein et de section ronde ou carrée, elles
forment parfois des motifs plus décoratifs, et
marquent un niveau social plus aisé.
Généralement peintes ou bleuies à l’huile et à
chaud, elles témoignent d’un artisanat ancien
et local, et méritent d’être préservées.
Des différences s’observent encore selon qu’on
se situe en habitat groupé (bourg ou village)
ou isolé (lieu-dit constitué d’une ou de
quelques exploitations ou maisons). Le bourg
et le grand village possèdent des espaces plus
fermés et opaques : haies et murets plus hauts
masquant l’espace privé depuis l’extérieur, qui
peut s’expliquer par la promiscuité…
En milieu rural, espaces public et privé se mêlent
plus facilement, le végétal se prolongeant l’un
dans l’autre. Dans les villages vers la montagne, il
arrive que les exploitations s’entremêlent : les
cours y sont rarement fermées.
A V E C - P a y s M o n t s e t B a r r a g e s - C h a r t e a r c h i t e c t u r a l e & p a y s a g è r e - S e p t e m b r e 2 0 0 5
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Clôture - Saint-Méard
Clôture - Saint-Léonard-de-Noblat,
Chigot
Clôture - Nedde, abords du bourg Clôture - Bourg de NeddeLes abords
C C OURS OURS ET ET JARDINS JARDINS
L’espace privé est plus ou moins matérialisé dans
ses limites extérieures.
Les exploitations agricoles se caractérisent
généralement par la présence d’une cour. Cette cour
peut être fermée (clôturée) ou ouverte. Elle peut être
aussi délimitée par la disposition des bâtiments
d’habitation, d’exploitations et les annexes autour d’elle.
Dans le cadre d’une exploitation, la cour est un
espace de stockage et de circulation : zone de
passage, elle marque la transition entre l’habitation,
les bâtiments d’exploitations et annexes, l’espace
public ou encore les terres exploitées. Son entrée
peut être marquée par des piliers ou encore par
deux arbres faisant effet de porte.
TRAITEMENT DES SOLS
Le sol de la cour, selon les cas, est laissé naturel :
terre tassée ou en herbe. Les pelouses dans ce cas
maintiennent l’espace ouvert, délimitent les
circulations tout en mettant en valeur l’ambiance
minérale du bâti.
De nombreux exemples montrent toutefois des sols
plus travaillés, constitués de moellons de granit,
gneiss ou schiste, de taille variable, plus ou moins
organisés (opus incertum le plus souvent ou pavage
plus régulier). Les surfaces ainsi recouvertes sont
parfois importantes : cour entièrement « pavée » ou
presque, ou simple bordure le long de l’habitation.
Il est fréquent de trouver les pieds des murs traités en
moellons : caniveaux appareillés en pavés ou plus
souvent en moellons au tout-venant d’opus incertum. La
plupart des toits n’ayant pas de gouttière, ces caniveaux
facilitaient l’écoulement des eaux, et asseyaient la
construction de manière plus finie et esthétique.
A V E C - P a y s M o n t s e t B a r r a g e s - C h a r t e a r c h i t e c t u r a l e & p a y s a g è r e - S e p t e m b r e 2 0 0 5
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Cours - Champnétery, La
Joubertie
Cours - Linards, Le Burg
Sol - Bourg de Peyrat-le-Château Sol - La Geneytouse, Le ChâtainLes abords
Le village et le bourg possèdent aussi des caniveaux
de moellons. Ils sont constitués de moellons posés
en deux pans incurvés, parfois délimités par des
pierres fichées en profondeur (debout et enterrées).
Les cours de ville, les salles basses, les caves et les
couloirs de certaines maisons étaient pavées.
Quelques sols intérieurs ont été observés : pavage
régulier de grosses dalles dans l’entrée d’une
habitation de bourg (actuellement mairie) ou
moellons irréguliers pour le sol d’une dépendance
(four à pain).
Les maisons rurales autrefois possédaient un sol en
terre battue (argile foulée), du moins jusqu’au
XIXe siècle. Il existait également des sols de cuisine
ou de dépendances, en pierres « hérissées » ou en
galets, mais malheureusement ceux-ci ont été
souvent remplacés (à l’exemple d’un sol de galet
recouvert d’une chape de ciment lors d’une
rénovation).
J ARDINS ET PLANTATIONS
La végétalisation des abords est souvent le principal
moyen d’assurer une bonne insertion du bâti dans
le milieu.
Selon qu’il s’agit d’une maison isolée, d’une
exploitation, d’un regroupement en village ou en
bourg, les composantes peuvent variées ou dominer
plus ou moins :
- la maison isolée, à vocation plutôt agricole, est
entourée d’un jardin verdoyant et fleuri, et d’un
potager ;
- l’exploitation présente souvent une cour marquée
par un arbre isolé et est parfois accompagnée
d’une mare (réservoir d’eau). Quelques arbres
entourent souvent l’ensemble.
- dans le village, maisons et jardins sont imbriqués.
La végétation des espaces privés participe au
paysage collectif de la rue et prend plusieurs
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Caniveau en opus incertum
Bourg de Moissannes
Arbre isolé - Châteauneuf-la-Forêt,
Moussanas
Potager - Beaumont-du-Lac, Villemoujane
Caniveau en opus incertum
Bourg de RoyèresLes abords
formes : vergers, fleurs grimpantes, murets,
potagers, bosquets, haies arbustives se
prolongeant en clôture…
Les murs des bâtiments servent souvent de
support à des treilles ou des plantes
grimpantes (vigne,…) qui habillent et mettent
en valeur la maçonnerie et font ressortir les
éléments composants la façade.
Arbustes et rosiers anciens agrémentent
également les jardins (ornementaux ou
fruitiers,…).
Un arbre isolé et majestueux marque souvent
les jardins et cours (tilleul, vieil if, noyer,…). Il
capte le regard, apporte de l’ombre et équilibre
l’ensemble du bâti. Tout comme les bosquets
d’arbres, il est un repère visuel.
Quelques arbres autour encadrent le volume des
bâtiments et assurent leur insertion dans le paysage.
Le jardin est un espace plus fermé, plus réservé
aujourd’hui, lieu privatif de détente.
Autrefois, la tradition voulait que chaque maison
ait son « jardin à légumes ». Le jardin était
donc davantage un outil de production familial.
Les potagers sont encore très nombreux sur le
territoire et participent pleinement au paysage
de proximité. On les rencontre très souvent
clôturés par des palissades de châtaignier.
Bien que moins fréquents du fait du manque
d’espace, on observe quelques potagers aux
abords des bourgs. La tradition du potager
semble cependant davantage lié au monde rural.
Eléments traditionnels du paysage rural, les
vergers sont également très présents
(pommiers, poiriers, pruniers, pêchers,
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cognassiers…), et de plusieurs formes :
- arbres fruitiers au milieu de champs ;
- regroupés sur une parcelle jouxtant la maison ;
- formant une allée menant à celle-ci ;
- ou palissés contre un mur ensoleillé dans un
coin du jardin.
L’étang ou la mare que l’on trouve parfois
associés à l’exploitation ou au domaine
constituent une réserve d’eau (ou de poissons)
et possèdent une végétation spécifique des
zones humides (saules, aulnes, frênes, joncs…).
MOBILIERS ET ANNEXES
Les bâtiments d’habitation et d’exploitation
sont souvent complétés par des constructions
annexes parfois plus légères (remise, abri en
bois) ou maçonnées (four à pain, puits…)
Les cours ou jardins possèdent souvent un
puits, une fontaine (à pompe ou non) avec
bassin ou plus souvent un abreuvoir en pierre.
Ces éléments apportent l’eau au cœur des
fermes et à proximité des habitations.
Les cours, granges, remises peuvent garder les
marques de leur vocation agricole : vieille
charrue ou charrette, chaînes, vieux outils,
claie à la porte ou porte dédoublée, empêchant
les animaux de basse-cour de rentrer…
Des bancs de pierre ou de bois (parfois fait
d’une seule planche) agrémentent les façades
ou prennent place à l’ombre d’un arbre dans la
cour ou le jardin.
Des cordes de bois coupés s’alignent le long
des jardins ou à l’abri sous les granges
ouvertes.
Haie - Linards, Les Courbes
Four à pain-clédier - Roziers-Saint-Georges
Treille - Bourg d’Eybouleuf
Étang - MoissannesProblématiques et enjeux
Les abords
Le territoire reste caractérisé par une grande richesse et une grande diversité des essences (chênes, hêtres, châtaigniers, noisetiers, noyers,…) et des modes d’utilisation du sol.
L’impact des activités agricoles, d’élevage et sylvicole sur la composition des paysages reste très lisible et leurs
caractéristiques identitaires sont globalement bien conservées, bien qu’une tendance à la banalisation des paysages,
phénomène général, soit perceptible ici aussi.
Exemple des entrées de bourg ou de village, caractère
parfois trop urbain (bitumé) des bourgs où la végétation tend à perdre sa place…
La bonne insertion du bâti dans le paysage est un véritable enjeu pour le territoire, pour conserver ses paysages et son cadre de vie. Le traitement des abords prend ici toute son importance : assurer le lien étroit entre le paysage et le bâti. La végétalisation des abords réduit l’impact visuel du bâti, tout en le mettant en valeur, en soulignant ses volumes, d’où
l’importance de leur traitement. Les espaces végétalisés sont complémentaires du bâti et évitent un aspect trop urbain en créant des espaces de respiration et de convivialité.
Avec les transformations des modes de vie, l’arrivée de néo- ruraux, on observe une perte d’identité, une standardisation des abords. Les plantes et mobiliers « pseudo-rustiques » sont « choisis sur catalogue » donc mal adaptés au territoire, en décalage avec l’identité locale. Les paysages de proximité ne remplissent plus alors leur rôle d’insertion, de prolongement du végétal au cœur du bâti.
On observe ainsi le développement de plantes « exotiques » sans lien avec le territoire, de haies de thuya, ainsi qu’une tendance à la fermeture de l’espace privé : on cherche à s’enfermer chez soi. On perd ainsi l’effet de transparence. Les haies sont devenues de véritables murs, hauts, taillés,
uniformes et opaques. L’espace privé devient réservé et clos. Cela semble lié au développement de l’individualisme, on cherche à se cacher du regard de l’autre. De tout ceci se dégage une impression d’enfermement et d’exaltation de la propriété privée.
La banalisation tend à se retrouver dans les aménagements des espaces publics, également choisis sur catalogue, et en
décalage avec l’esprit des lieux. L’aménagement de ces espaces (places notamment) est important pour conserver ou recréer leur convivialité, leur fonction sociale de lieux de rencontre et d’échange.
On observe l’utilisation trop fréquente de l’enrobé, la priorité donnée à la voiture, la suppression des arbres (ou leur taille radicale), le manque de mise en valeur du petit patrimoine, le développement d’un mobilier moderne, certes incontournables tels que poubelles, transformateurs EDF, cabines
téléphoniques… mais dont la facture et les couleurs sont souvent inadaptées et inesthétiques en milieu rural.
A V E C - P a y s M o n t s e t B a r r a g e s - C h a r t e a r c h i t e c t u r a l e & p a y s a g è r e - S e p t e m b r e 2 0 0 5
57Préconisations
Les abords
Le but étant de prolonger la végétation et le paysage au cœur du bâti et de créer un écrin valorisant pour les constructions, seuls des aménagements simples privilégiant les matériaux locaux, la plantation d’essences locales et laissant une place importante au végétal doivent être envisagés.
Il faut donc :
! Privilégier les essences locales, parfaitement adaptées pour la plantation d’arbres isolés, d’allées plantées, de bosquets et de haies.
! Conserver les arbres remarquables, les espaces verts et boisés dans les bourgs et villages.
Conserver aux petits villages anciens leur caractère (trottoirs en herbe…)
! Ne pas surcharger les espaces publics de plantations de fleurs, souvent banales et placées dans des jardinières au lieu d’être plantées en pleine terre.
! Privilégier des formes et matériaux locaux naturels :
végétaux, bois, pierre pour les clôtures et le mobilier. Formes simples et non trop travaillées… Pas de fioritures ni de faux rustique.
! Eviter un cloisonnement trop marqué et trop hermétique des espaces. Privilégier les formes offrant une certaine ouverture ou transparence : muret bas, palins écartés, grille, haie
basse ou haie d’arbustes plus aérée et moins opaque…
A V E C - P a y s M o n t s e t B a r r a g e s - C h a r t e a r c h i t e c t u r a l e & p a y s a g è r e - S e p t e m b r e 2 0 0 5
58Fiches-conseils A V E C - P a y s M o n t s e t B a r r a g e s - C h a r t e a r c h i t e c t u r a l e & p a y s a g è r e - S e p t e m b r e 2 0 0 5 59
F Fi ic ch he e 1 1 - - Intégration des bâtiments agricoles dans le paysage
F Fi ic ch he e 2 2 - - Transformation des bâtiments agricoles en habitation
F Fi ic ch he e 3 3 - - Comment restaurer une maçonnerie en pierre de taille ?
F Fi ic ch he e 4 4 - - Comment restaurer une maçonnerie en moellons ?
F Fi ic ch he e 5 5 - - Comment restaurer une maçonnerie mixte ?
F Fi ic ch he e 7 7 - - Comment restaurer des mortiers, enduits et badigeons ?
F Fi ic ch he e 8 8 - - Comment restaurer les couvertures et ouvrages de couverture
F Fi ic ch he e 9 9 - - Comment intervenir sur les ouvertures et les menuiseries ?
F Fi ic ch he e 1 10 0 - - Comment harmoniser les couleurs des différentes composantes du bâti ancien ?
F Fi ic ch he e 1 11 1 - - Traitement des abords
F Fi ic ch he e 6 6 - - Comment restaurer une construction en colombage ?Fiche 1 - Bâtiments agricoles
Les bâtiments agricoles répartis dans la campagne
ont fréquemment un impact fort sur le paysage.
Les constructions récentes liées aux nouveaux
modes de production s’effectuent le plus souvent à
la périphérie des exploitations.
Elles fragilisent le bocage, créent des ruptures dans
le paysage et dévalorisent l’ancien corps de ferme.
Il est donc essentiel, pour conserver l’authenticité
des lieux, pour donner une image valorisante de sa
région, de rechercher les moyens d’intégrer le
mieux possible les nouveaux bâtiments agricoles
construits sur le territoire du Pays de Monts et
Barrages.
Trois points essentiels doivent être considérés pour
réussir un projet qui concilie à la fois la
fonctionnalité du nouveau bâti et sa bonne
intégration dans l’environnement :
— le choix d’implantation du bâtiment ;
— la végétalisation des abords ;
— l’architecture du bâtiment (volumes, matériaux
et couleurs).
I I MPLANT MPLANTA ATION TION DU DU NOUVEAU NOUVEAU BÂTIMENT BÂTIMENT
Le choix du site d’implantation devra, dans la mesure du possible, respecter les consignes suivantes :
— préférer une implantation au plus près de l’exploitation afin d’éviter la dispersion du bâti dans le paysage.
On veillera toutefois à la réglementation en vigueur qui
impose une distance minimum par rapport aux habitations pour certains types de bâtiments agricoles.
— éviter l’implantation en ligne de crête qui expose le bâtiment au vent… mais aussi aux regards ;
— préférer les implantations sur terrain plat ou à l’abri d’une colline ;
— si la construction en terrain plat n’est pas possible, éviter une implantation perpendiculairement aux courbes de niveau qui impliquent d’importants remblais ;
— le choix du site doit également tenir compte d’une
éventuelle extension ;
— à partir des routes et voies d’accès, évaluer la perception du nouveau bâtiment et de son lien avec l’exploitation
existante.
Le choix du lieu et l’implantation du bâtiment nécessitent une étude d’implantation. Il est important de se rendre sur le terrain pour étudier :
— l’organisation de l’exploitation ;
— le parcellaire existant ;
A V E C - P a y s M o n t s e t B a r r a g e s - C h a r t e a r c h i t e c t u r a l e & p a y s a g è r e - S e p t e m b r e 2 0 0 5
60
Intégration des bâtiments agricoles dans le paysageFiche 1 - Bâtiments agricoles
— le relief ;
— la végétation en place à conserver ou à créer à
l’issue du projet ;
— les travaux à réaliser en déblai ou remblai ;
— …
L L A A VÉGÉT VÉGÉTALISA ALISATION TION DES DES ABORDS ABORDS
La plantation d’arbres et d’arbustes sera importante
pour minimiser l’impact visuel d’un bâtiment,
notamment s’il s’agit d’une construction de grandes
dimensions.
La disposition de haies, d’arbres en bosquet,
adoucira l’effet de masse de la construction. Outre
le rôle de protection visuelle, ces plantations
pourront abriter le bâtiment des intempéries.
Pour la plantation d’arbres en bosquet, on
privilégiera les essences locales : chênes,
châtaigniers, hêtres, frênes…
Les haies bocagères seront, quant à elles,
composées d’au moins trois essences et
pourront intégrer des arbustes (noisetiers, sureaux,
églantiers…) et des arbres de haut jet (mêmes
essences que pour les arbres plantés en bosquet).
Les haies seront plantées à au moins 5 ou
10 mètres du nouveau bâtiment pour leur laisser la
place de se développer sans le toucher. On évitera
les haies de conifères ou de lauriers qui créent une
rupture dans le paysage et qui ne laissent pas filtrer
le vent et créent des tourbillons d’air néfastes.
L L’ ’ ARCHITECTURE ARCHITECTURE DE DE LA LA NOUVELLE NOUVELLE
CONSTRUCTION CONSTRUCTION
L ES VOLUMES
Si le volume du bâtiment à construire est très important, on essaiera de le fractionner en plusieurs corps pour obtenir une échelle plus harmonieuse vis-à-vis de l’ancienne ferme et de placer, dans la mesure du possible, les bâtiments
orthogonaux les uns par rapport aux autres. Ces différents corps de bâtiments peuvent être juxtaposés si les besoins techniques de l’exploitation le nécessite.
Pour l’éclairage naturel, prévoir sous la sablière des
ouvertures répétitives très allongées ou des ouvertures verticales en pignon.
L ES MATÉRIAUX
Avant tout choix, examiner les matériaux et les couleurs utilisés dans les bâtiments anciens de l’exploitation pour essayer de préserver une harmonie entre les constructions anciennes et nouvelles.
Privilégier les matériaux naturels qui s’intègrent mieux dans le paysage et notamment la pierre et le bois.
Matériaux à utiliser :
! Pour les soubassements :
• parpaings enduits au mortier de chaux teint en masse par le sable
• ou maçonnerie de pierre.
! Pour les bardages :
les bardages ne doivent pas être posés près du sol sous
A V E C - P a y s M o n t s e t B a r r a g e s - C h a r t e a r c h i t e c t u r a l e & p a y s a g è r e - S e p t e m b r e 2 0 0 5
61enduit, bardage bois, toiture en tuile.
L ES COULEURS
— Privilégier la distinction de couleurs entre toits et murs et éventuellement aussi entre soubassement et
bardage.
Ne pas réaliser de construction de couleur uniforme.
— Choix des couleurs voisines de celles qui dominent le paysage (tons sombres, matériaux naturels).
• Enduits colorés par le sable : ton ocre
• Bardage vert pâle, brun foncé ou noir
• Toiture : gris-vert, ocre, rouge ou bleu ardoise
Proscrire les couvertures en damier
— Traiter les bardages aux produits d’imprégnation noir mat (de préférence écologique).
Fiche 1 - Bâtiments agricoles
risque de les voir pourrir. Ils sont posés au-dessus
d’un soubassement d’une hauteur de 60 à 90 cm
(trois rangées de parpaings).
On peut poser des bardages à l’horizontale à
recouvrement partiel, notamment sur les pignons
et des bardages à la verticale, avec couvre-joint
sur les longueurs.
Si le bâtiment est court, les bardages à
l’horizontale peuvent être employés.
Bois : douglas ou mélèze (résineux)
chêne ou châtaignier.
Traitement du bois :
• par cryptogyl : imprégnation sous vide dans un
autoclave.
Donne une couleur vert pâle non uniforme selon
les fibres du bois (traitement des poteaux
téléphoniques).
• par créosote : imprégnation par trempage en
bain.
Donne une couleur brun foncé (traitement des
traverses de chemins de fer)
• brou de noix et xylophène.
! Pour les toitures :
• plaques ondulées en fibro-ciment (teintées gris-
vert, ocre ou rouge)
• acier galvanisé (rouge, gris-vert ou bleu-
ardoise)
• tuiles mécaniques à côtes
• toiles goudronnées colorées vert ou noir (type
pays nordique).
! Pour les ouvertures :
• poly-carbonate
• verre.
Certaines associations de matériaux sont
intéressantes ; exemple : soubassement en parpaing
A V E C - P a y s M o n t s e t B a r r a g e s - C h a r t e a r c h i t e c t u r a l e & p a y s a g è r e - S e p t e m b r e 2 0 0 5
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Insertion d’un bâtiment agricole dans le paysage
- Moissannes, La MareilleFiche 1 - Bâtiments agricoles A V E C - P a y s M o n t s e t B a r r a g e s - C h a r t e a r c h i t e c t u r a l e & p a y s a g è r e - S e p t e m b r e 2 0 0 5 63
État juin 2002
P ROPOSITIONS D’ INTÉGRATION DE BÂTIMENTS AGRICOLES EXISTANTS Dessins G. Magne CAUE 87
Proposition de bardage.
Traitement des bois : produit d’imprégnation gris vert ou rouge brique ; portes peintes en mat ocre jaune ou gris légèrement bleuté
État février 2002 Proposition d’intégration par le recouvrement des murs par un bardage de boisFiche 2 - Changement d’usage d’un bâtiment A V E C - P a y s M o n t s e t B a r r a g e s - C h a r t e a r c h i t e c t u r a l e & p a y s a g è r e - S e p t e m b r e 2 0 0 5 64
Transformation des bâtiments agricoles en habitation
Respect des emplacements
des percements d’origine en leur
redonnant de bonnes proportions avec
des matériaux adaptés au bâti :
• pierre de taille de récupération pour
la porte d’entrée maçonnée à joints vifs
sans vue
• briques rouges repressées pour les
ouvertures de l’étage
• menuiseries traditionnelles
en bois peints
État initial Proposition d’aménagement CAUE 87
Cette fiche-conseil présente différents exemples de
transformation de granges anciennes en habitations.
Chaque exemple montre l’état initial du bâtiment et le projet d’aménagement suite au changement d’usage.
Ces projets ont été conçus par Georges MAGNE du
CAUE de la Haute-Vienne. Ils correspondent à des
bâtiments existants en Haute-Vienne et pour le dernier exemple à une grange située dans le département de la Creuse.
TRANSFORMATION D’ UNE GRANGE EN HABITATION
Ils permettent de montrer qu’en respectant certains
principes de disposition des ouvertures dans une
façade, de proportions des ouvertures, d’utilisation de
certains matériaux ... il est possible de transformer un bâtiment ancien et de modifier son usage tout en
respectant sa valeur originelle. Le dernier exemple
présenté montre également que l’usage de matériaux
contemporains est compatible avec le respect de ce
patrimoine, s’ils sont utilisés à bon escient.Fiche 2 - Changement d’usage d’un bâtiment A V E C - P a y s M o n t s e t B a r r a g e s - C h a r t e a r c h i t e c t u r a l e & p a y s a g è r e - S e p t e m b r e 2 0 0 5 65
TRANSFORMATION D’ UNE GRANGE
EN HABITATION
Création d’ouvertures pour l’habitation
en partie haute de la grange.
Deux choix ont été faits pour les
encadrements des baies :
le bois et la brique rouge.
Proposition d’aménagement CAUE 87 État initial
Partie habitation :
• reprise des encadrements de baies défectueux dans leur facture initiale • voligeage de la partie haute du mur et reprise de l’endroit en partie basse • finition à pierre vue
Extension de la grange :
• création de deux ouvertures distribuées harmonieusement • remplacement du portail de grange par deux ouvrants en croisée et imposte fixe à quatre carreaux
RESTAURATION D’ UNE MAISON D ’HABITATION ET EXTENSION DANS LA GRANGE ATTENANTE
État initial Proposition d’aménagement CAUE 87Fiche 2 - Changement d’usage d’un bâtiment A V E C - P a y s M o n t s e t B a r r a g e s - C h a r t e a r c h i t e c t u r a l e & p a y s a g è r e - S e p t e m b r e 2 0 0 5 66
Après démolition d’un tiers du bâtiment, voligeage du pignon au droit d’une ferme. Reprise des charpentes.
Construction d’un mur bahut en maçonnerie de réemploi. Voligeage d’un mur intérieur délimitant un séjour-cuisine. Reprise des menuiseries et des ouvertures sur les murs gouttereaux.
Proposition d’aménagement CAUE 87 État initial
Proposition d’aménagement CAUE 87 État initial
TRANSFORMATION D ’ UNE GRANGE PARTIELLEMENT RUINÉE EN HABITATIONFiche 2 - Changement d’usage d’un bâtiment A V E C - P a y s M o n t s e t B a r r a g e s - C h a r t e a r c h i t e c t u r a l e & p a y s a g è r e - S e p t e m b r e 2 0 0 5 67
État initial Proposition d’aménagement CAUE 87 Proposition d’aménagement CAUE 87
CRÉATION D ’UNE SALLE D’ EAU ( POUR L ’HABITATION EN MITOYENNETÉ) EN PARTIE HAUTE D ’UNE GRANGE
Deux choix possibles pour les ouvertures : brique ou bois.
TRANSFORMATION
D’ UN ANCIEN MOULIN
Deux ouvertures ont été ajoutées
en axes de travées.
Toutes les menuiseries ont été refaites
en bois peint dans des proportions
équilibrées.
Proposition d’aménagement CAUE 87 État initialTRANSFORMATION D’ UNE GRANGE EN HABITATION
Le souhait des propriétaires, outre le grand espace proposé par le volume intérieur sous les fermes, est de pouvoir
utiliser les combles.
La proposition s’appuie sur une répartition des baies
équilibrée, le choix des matériaux adoptés (granit provenant de démolitions, briques rouges repressées, menuiseries en acier cortène ou aluminium pré-peint).
La division des baies en façon de croisée a été retenu. La partie basse est utilisée en garage et chaufferie. Le balcon sur poutrelle d’acier cortène utilise le fer méplat et le fer pleint croisillonné.
Les combles sont éclairées
par des lucarnes rampantes
en bâtières axées en symétrie
des ouvertures basses.
Souches de cheminées en
briques rouges repressées.
Les ouvertures sur pignons
utilisent le même
vocabulaire que celles des
murs gouttereaux.
Fiche 2 - Changement d’usage d’un bâtiment A V E C - P a y s M o n t s e t B a r r a g e s - C h a r t e a r c h i t e c t u r a l e & p a y s a g è r e - S e p t e m b r e 2 0 0 5 68 État initial
État initial
Proposition d’aménagement CAUE 87
pour la Conservation Départementale
du Patrimoine de la Creuse
Proposition d’aménagement CAUE 87 pour la Conservation
Départementale du Patrimoine de la CreuseFiche 3 - Pierre de taille A V E C - P a y s M o n t s e t B a r r a g e s - C h a r t e a r c h i t e c t u r a l e & p a y s a g è r e - S e p t e m b r e 2 0 0 5 69
C o m m e n t r e s t a u r e r u n e m a ç o n n e r i e e n p i e r r e d e t a i l l e ?
R R EMPLACEMENT EMPLACEMENT OU OU RÉP RÉPARA ARATION TION DE DE PIERRES PIERRES DÉGRADÉES DÉGRADÉES
Deux techniques peuvent être adoptées.
La première consiste, après dégagement de la ou des pierres à remplacer, à maçonner à l’aide d’un mortier de chaux (voir § sur la fabrication des mortiers) des pierres de réemploi ou des pierres neuves de même provenance (voir fiche sur les carrières). Celles-ci doivent en effet présenter les mêmes caractéristiques de dureté, de grain et de couleur que les autres pierres du mur pour lui conserver son homogénéité. Le remplacement de pierres ne peut être entrepris que par une personne ayant une certaine maîtrise de la technique. Le remplacement de certaines pierres maîtresses en particulier (ex. : linteaux de fenêtres ou de portes) nécessite un étayage pour ne pas mettre en péril la solidité de la construction… et la sécurité de l’intervenant !
La seconde technique permet de réparer des pierres abîmées en grattant la pierre en décomposition et en la colmatant avec un mortier de résine reproduisant la texture de la pierre. De “faux” joints sont ensuite dessinés “en creux” dans ce mortier humide et une fois celui-ci sec, les joints sont remplis avec le même mortier que celui utilisé pour le reste du mur.
Ce procédé est économique, mais en vieillissant le mur peut présenter des différences de teintes entre vraies et fausses pierres.
DÉMARCHE
Avant d’engager toute intervention sur
un mur ancien, on procédera à une
analyse détaillée de son état.
L’observation portera notamment sur :
- l’existence ou non de pierres
endommagées (fendues, en
décomposition, usées…) ;
- l’état de salissure des pierres
- la qualité des pierres (dureté, grain,
couleur…) ;
- l’état des joints ;
- …
Ce travail préliminaire permettra de
définir la nature et l’importance des
travaux à entreprendre : remplacement
ou non des pierres, procédé de
nettoyage à adopter, importance des
joints à reprendre…
Pour le changement de pierre et le
nettoyage de façade, il est souvent
préférable de faire appel à un maître
d’œuvre et à des entreprises
spécialisées. En revanche, pour une
reprise ponctuelle de quelques joints, il
est possible d’intervenir soi-même en
respectant certaines règles.
À ÉVITER
Les placages “cache-misère” ne permettant pas
une restauration solide et de qualité du mur.Fiche 3 - Pierre de taille A V E C - P a y s M o n t s e t B a r r a g e s - C h a r t e a r c h i t e c t u r a l e & p a y s a g è r e - S e p t e m b r e 2 0 0 5 70
N N ETT ETTOY OYAGE AGE DES DES P PAREMENTS AREMENTS
Différentes techniques peuvent être utilisées pour
ravaler une façade. Le choix de l’une d’entre elles
dépendra en particulier de :
— la qualité des pierres à nettoyer ;
— des caractéristiques constructives du mur
(percements, modénature…) ;
— de l’état de salissure des murs ;
— …
Toutefois, sur le territoire de Monts et Barrages, les
maisons en pierre de taille sont exclusivement
construites en granit. Cette pierre ne nécessite pas,
la plupart du temps, de nettoyage. Elle peut, si
nécessaire, être lavée et frottée à la brosse pour
enlever lichens, salissures,…
À ÉVITER
Les lavages à forte pression.
Les sablages secs ou humides.
L’utilisation de produits chimiques altérant la pierre
Tout procédé de grattage intempestif.
Et bien sûr l’utilisation d’enduits et de peintures
couvrant.
R R EST ESTAURA AURATION TION DES DES JOINTS JOINTS
Pour procéder au rejointement de joints dégradés,
on pratiquera de la façon suivante :
1. Observer le mortier employé initialement pour
essayer d’en déterminer la composition et
retrouver sa couleur.
Il s’agit généralement d’un mélange de chaux
grasse et de sable de carrière local (voir § sur les
mortiers).
2. Dégarnir les joints à restaurer en veillant à ne pas
épaufrer la pierre.
3. Garnissage des joints avec le mortier en tassant
au maximum celui-ci entre les pierres. Racler
l’excédent de mortier au nu de la pierre avec le
tranchant de la truelle.
À NE PAS FAIRE
Rejointoyer avec un mortier dont la couleur n’est pas
identique à la pierre.
Adopter une finition lissée en creux des joints
réalisée à la brosse ou à l’éponge ou avec le plat de
la lame sauf pour les murs.
E E NTRETIEN NTRETIEN DES DES P PAREMENTS AREMENTS
L’entretien d’une façade en pierre de taille
granitique n’est pas nécessaire. Cette pierre se salit
peu sous l’effet de la pollution et sa dureté lui
permet de résister aux assauts du temps.
À RETENIR
Remplacer les pierres endommagées par des
pierres de même provenance ou présentant au
moins les mêmes caractéristiques que les autres
pierres du mur.
Restaurer les joints à l’aide d’un mortier de chaux
grasse et de sable de carrière locale de même
couleur que la pierre.
Ne jamais enduire des murs appareillés en pierre
de taille. Beaumont-du-LacFiche 4 - Moellons A V E C - P a y s M o n t s e t B a r r a g e s - C h a r t e a r c h i t e c t u r a l e & p a y s a g è r e - S e p t e m b r e 2 0 0 5 71
C o m m e n t r e s t a u r e r u n e m a ç o n n e r i e e n m o e l l o n s ?
DÉMARCHE
Observer le mur sur lequel vous
souhaitez intervenir :
- s’agit-il d’un mur de façade (assez
souvent) généralement enduit ou d’un
mur-pignon ou arrière dont les
moellons sont laissés apparents ?
- quelle est la nature de la pierre (granit,
gneiss, micaschiste…) et du liant utilisé
(terre, mortier de chaux…) ?
- dans quel état se trouve la
maçonnerie ?
À partir de cette observation, définir un
programme d’intervention pour pallier aux
désordres repérés.
Avant de démarrer les travaux, il est
indispensable de bien observer la façon
dont le mur à réparer a été construit.
Bujaleuf
La maçonnerie sur l’ensemble de la région Limousin témoigne de la remarquable technique nommée par extension “limousinage”. La solidité des murs repose sur :
- un choix minutieux des pierres ;
- leur positionnement en lits plus ou moins réguliers avec joints contrariés ; - leur calage par des plaquettes (micaschiste par exemple), des petites pierres plates ou des morceaux de tuiles.
Cet appareillage construit avec grand soin permettait d’utiliser très peu de mortier. Celui-ci comblait juste les interstices inévitables.
Toute intervention sur un mur ancien en moellons devra donc être réalisée dans le respect du mode constructif.
Avant d’engager tout travaux, vérifier que les conditions climatiques seront favorables au séchage du mortier de chaux. Le durcissement de celui-ci est favorisé par une évaporation continue qui ne doit pas être ni ralentie par le froid, ni accélérée par un réchauffement trop rapide. Les meilleures périodes pour entreprendre ce type de travaux sont généralement le printemps et l’automne où chaleur et froid importants sont évités.
Châteauneuf-la-ForêtFiche 4 - Moellons A V E C - P a y s M o n t s e t B a r r a g e s - C h a r t e a r c h i t e c t u r a l e & p a y s a g è r e - S e p t e m b r e 2 0 0 5 72
D D ÉDOUBLEMENT ÉDOUBLEMENT D D ’ ’ UN UN MUR MUR
Les murs en moellons constitués de deux parements
avec un remplissage “tout venant” peuvent se
détériorer sous l’effet d’infiltration d’eau qui
endommage le mortier, de rongeurs qui font leur
nid au cours du temps. Un mur peut alors tomber
ou un des parements être partiellement écroulé.
Dans ce cas, il faut :
- enlever les pierres du parement tombé ou les
pierres qui tiennent mal sur le pourtour du
parement écroulé ;
- supprimer tout le remplissage en train de se
déliter ;
- remonter le parement en moellons en replaçant
les pierres par lit avec joints contrariés (décalés
d’un lit à l’autre) et en refaisant le remplissage à
l’aide de pierres tout venant récupérées et du
nouveau mortier de chaux confectionnés ;
- la mise en place de boutisses ou parpaings
traversants est conseillée pour lier la maçonnerie.
Une telle restauration nécessite souvent de faire
appel à un professionnel. On veillera toutefois à :
- l’emploi de mortier de chaux aérienne (mélangée
à de la chaux hydraulique pour les soubassements
si nécessaires) ;
- l’emploi de moellons identiques à ceux du reste du
mur ;
- un montage du parement correspondant à l’état
initial où le mortier était peu employé, servant
juste à combler les vides inévitables entres les
moellons.
On fera également attention à supprimer les
éventuelles infiltrations d’eau (voir l’état des
toitures).
É É CARTEMENT CARTEMENT DES DES MURS MURS
Dans les vieilles bâtisses, les murs ont très souvent
“travaillé” avec le temps et il arrive parfois que
faute d’entretien ou à cause d’une surcharge
importante à certains endroits de la construction,
les murs tendent à s’écarter. Il faut alors faire appel
à un professionnel pour :
— vérifier la cause de l’écartement des murs ;
— contrôler si les murs sont stabilisés ou pas (pose
de témoins) ;
— décider de la pose d’un ou plusieurs tirants, voire
d’une ceinture complète de la construction ;
— reprendre les descentes de charges.
F F ISSURES ISSURES ET ET LÉZARDES LÉZARDES
On différencie deux types de fentes dans les murs :
- les fissures d’une largeur de 0,2 à 2 mm ;
- les lézardes d’une largeur supérieure à 2 mm.
Comme pour l’écartement des murs, il faut trouver
la cause de ces différents désordres : surcharge
excessive à un endroit du mur, infiltration d’eau,
mouvements de sol… ?
Si le mur n’est pas stabilisé, il faut poser des tirants
avant d’intervenir.
Si le mur est stabilité, on peut procéder directement
au calfeutrage des fissures et des lézardes par
coulage de mortier à la chaux. Cette opération a
également intérêt à être pratiquée par un
professionnel.
Maison avec tirans
Saint-Léonard-de-Noblat
Schéma de principe de
construction d’un mur à
double parement.
D’après le Guide pour la
restauration et l’entretien de
l’architecture rurale, Parc naturel
régional de la BrenneFiche 4 - Moellons A V E C - P a y s M o n t s e t B a r r a g e s - C h a r t e a r c h i t e c t u r a l e & p a y s a g è r e - S e p t e m b r e 2 0 0 5 73
R R EST ESTAURER AURER UN UN MUR MUR EN EN MOELLONS MOELLONS
ENDUIT ENDUIT DE DE CIMENT CIMENT
Le ciment a été fréquemment utilisé pour enduire le
soubassement de murs et assurer leur étanchéité. Il
a également été employé pour réaliser un enduit
couvrant sur certaines façades.
L’emploi de ce matériau est catastrophique et est à
proscrire sur les maçonneries anciennes. Il est de
nature à entraîner les désordres suivants :
- emprisonnement de l’humidité et à terme
détérioration de la pierre gorgée d’eau,
pourrissement des bois insérés dans les murs,
formation de salpêtre… ;
- murs gris d’une grande platitude et fort triste ;
- sur un plan hygiénique : les habitants de ces
maisons sont obligatoirement soumis à un taux
d’humidité important (remontées capillaires et
absence d’évapo-transpiration).
Dans de tels cas, il faut :
- déposer tous les ajouts de ciment et procéder au
nettoyage du parement découvert ;
- supprimer avec un marteau-piqueur ou marteau-
burin (à la main) le ciment ;
- ravaler la façade dans l’esprit de la construction
avec choix d’un enduit correspondant à l’état
initial (voir Fiche-conseil 7)
À RETENIR
Confectionner les mortiers de hourdage à l’aide d’un
mélange de chaux aérienne ou chaux très faiblement
hydraulique (NHL 3,5), de tuf local éventuellement
rendu moins gras par l’ajout de sable de carrière.
Ajouter à ce type de mortier un peu de chaux
hydraulique uniquement pour travailler sur les
fondations et les soubassements humides.
Ne jamais utiliser dans le mortier de ciment blanc ou
gris.
Choisir de préférence le printemps ou l’automne
pour réaliser les travaux.
Le mortier doit être utilisé non comme un matériau
assurant la solidité de la maçonnerie, mais
uniquement pour combler les vides. Les pierres
doivent être sérieusement sélectionnées, placées et
calées… pour restaurer un mur conçu pour durer des
centaines d’années !
Moissannes
Saint-Denis-des-MursFiche 5 - Maçonnerie mixte A V E C - P a y s M o n t s e t B a r r a g e s - C h a r t e a r c h i t e c t u r a l e & p a y s a g è r e - S e p t e m b r e 2 0 0 5 74
C o m m e n t r e s t a u r e r u n e m a ç o n n e r i e m i x t e ?
Moissannes
R R EMPLACEMENT EMPLACEMENT DE DE BRIQUES BRIQUES ENDOMMAGÉES ENDOMMAGÉES
Les briques cassées ou abîmées devront être remplacées par des briques entières. Les nouvelles briques devront être de même taille, facture, texture et couleur. Il s’agira soit de briques de récupération, soit de briques fabriquées artisanalement. À défaut de telles solutions, il faudra avoir recours à des briques industrielles en choisissant un modèle aussi proche que possible des briques initialement employées.
Après dégarnissage des joints et enlèvement des briques endommagées, placer et caler les nouvelles briques. Rejointoyer uniquement avec un mortier de chaux de la couleur de la pierre du mur.
R R EJOINT EJOINTOIEMENT OIEMENT DES DES BRIQUES BRIQUES
Le joint au fer apparu tradivement n’est pas à conseiller. Pratiquer plutôt le joint plein coupé au tranchant de truelle au nu de la brique.
E E NTRETIEN NTRETIEN DES DES MAÇONNERIES MAÇONNERIES EN EN BRIQUE BRIQUE
- Nettoyage à l’eau sous faible pression avec éventuellement un brossage pour les salissures les plus résistantes.
- Éviter le sablage.
- Traitement à l’oxide pour ôter la laitance des briques maçonnées en remplacement.
À RETENIR
Remplacer les briques endommagées par des briques entières de
même nature que les autres briques (privilégier la récupération).
Rejointoyer au mortier de chaux exclusivement.
Entretien des briques à l’eau avec un léger brossage.
DÉMARCHE
Comme pour les autres types de murs,
commencez par observer :
- les caractéristiques architecturales du
bâti ;
- les matériaux choisis : nature des
pierres, briques, pans de bois… ;
- les procédés de mise en œuvre des
matériaux ;
- l’état des différentes composantes de
la maçonnerie ;
afin de définir les travaux à réaliser.
Les murs en pierre et pans de bois
ayant fait l’objet de fiches-conseil
spécifiques, nous traiterons dans ce
chapitre uniquement des maçonneries
en briques, ce matériau étant utilisé sur
le Pays de Monts et Barrages
essentiellement pour l’encadrement des
baies et les souches de cheminées (ce
dernier cas étant traité dans la fiche-
conseil 8).Fiche 6 - Pans de bois A V E C - P a y s M o n t s e t B a r r a g e s - C h a r t e a r c h i t e c t u r a l e & p a y s a g è r e - S e p t e m b r e 2 0 0 5 75
C o m m e n t r e s t a u r e r u n e c o n s t r u c t i o n e n c o l o m b a g e ?
Ces constructions généralement
présentes dans les centres-bourgs
(rares exemples de logis de ferme et
d’annexes) peuvent être enduites et ne
sont donc pas immédiatement
repérables. Avant toute intervention il
faut donc apprendre à repérer ce type
constructif.
C C OMMENT OMMENT REPÉRER REPÉRER UNE UNE STRUCTURE STRUCTURE À À P PANS ANS DE DE BOIS BOIS LORSQU LORSQU ’ ’ ELLE ELLE EST EST ENDUITE ENDUITE ? ?
Plusieurs indices permettent de repérer une ossature à pans de bois sur une façade enduite :
- “encadrement en bois des baies ;
- léger retrait à l’angle des murs occasionnant un décrochement visible de la fenêtre parfois sur toute la longueur de la sablière de plancher ; - trace des lattis discernable quelques fois sous le mouchetis” (extraits du document CAUE 87).
Si vos observations conduisent à la conclusion d’une construction à pan de bois, plusieurs questions se poseront :
- l’enduit couvrant est-il en bon état ou non ? Peut-il faire l’objet de reprises partielles ou doit-il être refait complètement ?
- faut-il mettre à jour ou non le pan de bois sur certaines façades ? - si oui, comment traiter des pans de bois apparents ?
- …
L’ensemble des points abordés dans cette fiche peuvent vous fournir des éléments de réponse à ces différentes questions.
C C OMMENT OMMENT RÉP RÉPARER ARER UNE UNE OSSA OSSATURE TURE À À P PANS ANS DE DE BOIS BOIS ? ?
À l’origine, ces ossatures étaient réalisées en bois de brin ou en bois refendu à l’aide de scie.
Le bois utilisé était la plupart du temps le chêne.
La construction de ces structures était confiée à des charpentiers.
Toute intervention sur un pan de bois nécessitera donc de faire appel à un charpentier professionnel.
Saint-Léonard-de-NoblatFiche 6 - Pans de bois A V E C - P a y s M o n t s e t B a r r a g e s - C h a r t e a r c h i t e c t u r a l e & p a y s a g è r e - S e p t e m b r e 2 0 0 5 76
M M ETTRE ETTRE À À JOUR JOUR OU OU NON NON LE LE P PAN AN DE DE
BOIS BOIS ? ?
Les règles énumérées dans le document édité par le
CAUE 87 peuvent servir de guide :
- dans presque tous les cas, l’ossature à pans de
bois était recouverte en façade par :
• un enduit
• ou un platelage.
- par contre, les pans de bois sont laissés
apparents :
• sur les façades arrières et de côtés (venelles,
cours…)
• sur les maisons à encorbellement
(décrochement de l’étage reposant sur des
corbeaux)
• sur les étages en attique (situés au sommet
des constructions avec des proportions
moindres).
Depuis quelques années, un effet de mode veut que
l’on mette à jour les pans de bois comme on a pu le
faire avec les murs en moellons. Or, dans ce cas
aussi, on expose le bois aux agressions climatiques
et la construction peut être fragilisée. Sur un plan
esthétique, ce parti pris est également contesté :
“l’effet n’est généralement pas des plus heureux et
introduit dans le tissu urbain des discontinuités
anecdotiques discutables”.
D’autre part, comme le souligne aussi le CAUE,
“outre la fragilisation du mur, la mise à jour
systématique du pan de bois entraîne la disparition
de l’encadrement ou le porte à faux du chambranle
sous lequel s’infiltreront les eaux de pluie et les
poussières entraînant à terme le pourrissement du
support”. Saint-Léonard-de-Noblat
Eymoutiers
C C OMMENT OMMENT TRAITER TRAITER DES DES P PANS ANS DE DE
BOIS BOIS APP APPARENTS ARENTS ? ?
TRAITEMENT DE L’OSSATURE BOIS
Lorsqu’on veut laisser (dans les cas où le parti
architectural le justifie) des pans de bois apparents,
on s’emploiera en priorité à effacer les traces du
lattis de recouvrement (ponçage ou brossage) et
faire disparaître également les pointes et les clous
de fixation. On traitera ensuite en fonction de leur
décor (croix de Saint André régulée, sablière
moulurée ou champ freiné…), les pans de bois au
produit d’imprégnation mate exclusivement (noir
couvrant) ou au badigeon à la chaux (ocre de
charon, rouge brique) ; l’emploi du brou de noix et
de l’huile de lin peut s’avérer intéressant.
R EMPLISSAGE ( OU FOURRURE )
La meilleure solution consisterait à fermer les creux
entre pans de bois à l’aide de torchis maintenu par
éclisses (châtaignier refendu placé entre les pans de
bois) et coffré, mais peu d’entreprises maîtrise ce
procédé simple à mettre en œuvre et d’une
meilleure cohésion et isolation que les mortiers.
Mais il est possible d’utiliser le même type de
mortier que celui employé pour enduire les moellons
(chaux aérienne ou très faiblement hydraulique
augmenté de tuf et de sable de carrière, voire de
briques pilées). Enfin, on n’omettra pas dans le
meilleur des cas d’utiliser le tuileau de briques si
possible de récupération hourdée à la chaux à joints
pleins ou joints soufflés (mortier laissé tel quel
après écrasement par les lits de tuileau).
Les parties hautes ou attiques sont, dans de
nombreux cas, à claire-voies : création des greniers
et protection par l’avant-toit.Fiche 6 - Pans de bois A V E C - P a y s M o n t s e t B a r r a g e s - C h a r t e a r c h i t e c t u r a l e & p a y s a g è r e - S e p t e m b r e 2 0 0 5 77
E NDUIT DE PAREMENT
L’enduit sera réalisé de la même manière que pour
les maçonneries en pierre. Les matériaux utilisés
sont le tuf et la chaux gâchée avec de l’eau. Et la
finition est un enduit à plein recouvrant pans de
bois et remplissage. Pour une bonne adhérence du
mortier celui-ci peut être posé sur lattis ou grillage.
À ÉVITER
Rechercher une planéité parfaite de l’enduit sur
une façade présentant de part son procédé
constructif des irrégularités.
Respecter celles qui font partie du charme des
constructions.
C C OMMENT OMMENT TRAITER TRAITER LES LES P PANS ANS DE DE BOIS BOIS RECOUVERTS RECOUVERTS ? ?
Peu fréquent sur notre territoire d’étude et par extension en Limousin, le recouvrement des pans de bois seuls par des essentes ou bardeaux de châtaignier reste l’exception. Il s’agit d’assurer la protection d’une ossature très endommagée. Le cas échéant, on aura intérêt à remplacer la pièce de charpente dans sa facture initiale plutôt que de la recouvrir par des bardeaux en surépaisseur ou des ardoises comme cela peut se pratiquer en Normandie.
Cédant à une mode actuelle, beaucoup de colombages ont été mis à nu qui ne le justifiait pas : absence de décor dans les tracés, banalité des constructions, mauvais état des bois. On aura soin, si le recouvrement est en mauvais état (enduit lépreux ou soufflé) de déposer le mortier en conservant si possible le lattis en fonction de son état. Dans le cas contraire, on déposera l’ensemble. La meilleure solution, pour les questions de respiration de la structure sous-jacente, consiste à réaliser un recouvrement par voligeage (planches délignées, sciées non rabotées, de chêne ou de châtai- gnier, posées à l’horizontale en recouvrement partiel sur l’ossature) ou un platelage (planches demi-bouffetées) cloué sur tasseaux.
Le recouvrement par enduit s’effectuera sur lattis de châtaignier, neuf ou de récupération, procédé qui, à l’inverse des grillages céra- miques ou autre, laisse encore respirer l’ossature. Cet enduit sera réalisé à la chaux aérienne ou faiblement hydraulique teintée en masse par le sable avec une finition talochée à la taloche mousse, éventuellement badigeonné à fresco à la peinture à la chaux.
À RETENIR
Éviter la mise à jour systématique des pans de bois
qui fragilise les constructions.
Traiter les pans de bois au badigeon de chaux
coloré (ocre-jaune ou rouge sang-de-bœuf) ou aux
produits d’imprégnation mate rappelant le
carbonyle ou l’huile de vidange.
Restaurer à l’aide de torchis (tuf, chaux, paille ou
bourre animal) ou remplissage au mortier de chaux
ou tuileau.
Réaliser le remplissage dans le plan de l’ossature
sans creux ni surépaisseur.
À RETENIR
Conserver si possible le lattis sous-jacent en ne
laissant tomber que le vieil enduit.
Remplacer le vieil enduit et le lattis par un bardage
(volige ou platelage).
Traiter le bois au produit d’imprégnation similaire à
celui des pans de bois laissés apparents (voir supra).
Enduits couvrants réalisés à la chaux.
Finition talochée.Fiche 7 - Mortiers, enduits et badigeons A V E C - P a y s M o n t s e t B a r r a g e s - C h a r t e a r c h i t e c t u r a l e & p a y s a g è r e - S e p t e m b r e 2 0 0 5 78
Comment restaurer des mortiers, enduits et badigeons ?
Les mortiers servent de liant entre les
matériaux (pierre, brique, bois…) de
construction des murs.
Les enduits permettent de recouvrir
soit partiellement ou complètement les
parements de façades. Ils ont un rôle à
la fois protecteur de la maçonnerie et
décoratif.
Les badigeons permettent de colorer
les enduits de parement et ainsi de
“rafraîchir” une façade sans refaire les
enduits.
L L ES ES MORTIERS MORTIERS
L ES DIFFÉRENTS TYPES DE MORTIERS
MORTIER DE TERRE OU “ MORTIER D’HIRONDELLE ”
La plupart des murs en moellons des maisons anciennes étaient hourdées à la terre. La terre locale (tuf = arène granitique ou sable de terrain), plus ou moins argileuse, était mouillée et appliquée directement entre les pierres pour servir de liant. Ce mortier était employé avec parcimonie : il ne servait pas à assurer la solidité de la construction mais uniquement à colmater les vides inévitables. Aujourd’hui, cette technique n’est plus utilisée. Plus aucun artisan ne sait monter et réparer des murs avec ce type de mortier.
MORTIER DE CHAUX
La diffusion de la chaux a permis plus tard l’utilisation d’un mortier composé de tuf et de chaux. Le tuf, sable de terrain donne sa couleur au mortier ! On peut également ajouter des tuiles ou des briques pilées qui renforcent la coloration du mortier.
Note
Le ciment est composé de calcaire, d’un pourcentage élevé d’argile et d’autres additifs.
Son utilisation en restauration est à proscrire absolument car ses propriétés sont trop éloignées de celles des mortiers traditionnels.
Son utilisation peut entraîner de sérieux désordres constructifs : - rétention de l’humidité avec, à terme, détérioration des pierres, pourrissement de certains bois inclus dans la maçonnerie ;
- sur un plan esthétique, il est également fort nuisible ;
- sa couleur grise dénature totalement les maçonneries et il ne peut pas se colorer à l’aide de tuf.
Il existe un ciment blanc souvent perçu comme adapté à la restauration, mais ses caractéristiques étant les mêmes que le ciment gris, son emploi est à prohiber complètement pour les travaux de restauration.
Mortier de terre - Sussac
Mortier de chaux
Saint-Léonard-de-NoblatFiche 7 - Mortiers, enduits et badigeons A V E C - P a y s M o n t s e t B a r r a g e s - C h a r t e a r c h i t e c t u r a l e & p a y s a g è r e - S e p t e m b r e 2 0 0 5 79
L ES MATIÈRES PREMIÈRES À UTILISER POUR LA CONFECTION DES MORTIERS DE CHAUX
Les mortiers de chaux se composent :
- d’un agrégat : le tuf (sable de terrain ou arène) mélangé ou non à du sable de carrière ou de rivière ;
- d’un liant : la chaux ;
- et parfois de certaines matières ajoutées comme des tuiles ou briques pilées.
L ES DIFFÉRENTS TYPES DE CHAUX
CHAUX AÉRIENNE
Fabriquée à partir de calcaire (100 % de calcaire)
cuit à 950° (chaux vive) puis éteinte avec de l’eau
(chaux éteinte).
Cette chaux aérienne éteinte pour le bâtiment
(CAEB) durcit à l’air par réaction avec le gaz
carbonique.
Lorsque la chaux est fabriquée à l’aide de calcaire
pratiquement pur, on l’appelle chaux aérienne
grasse.
Lorsque le calcaire contient jusqu’à 8 % maximum
d’argile, on parle de chaux aérienne maigre.
Atouts : - plasticité et souplesse de la maçonnerie
- respiration des murs
- bonne adhérence aux joints des murs
montés à la terre
- se colore parfaitement avec le tuf.
Inconvénients : ne durcit pas au contact de l’eau
- emploi exclusivement saisonnier.
Utilisations :
- rejointements des murs anciens
(à l’exception de soubassements
humides)
- enduits de façades.
CHAUX HYDRAULIQUE
Fabriquée à partir de roches calcaires impures
contenant plus de 8 % d’argile.
On distingue :
- la chaux hydraulique naturelle :
fabriquée à partir de calcaire contenant plus de 8
% d’argile sans additifs autres.
- la chaux hydraulique artificielle :
fabriquée à partir de calcaire contenant plus de 8
% d’argile et des matières inertes. Sa composition
est proche de celle du ciment.
Les chaux hydrauliques durcissent rapidement au
contact de l’eau (prise hydraulique) puis de l’air
(prise aérienne).
Atouts : - prise à l’eau
- plus étanche
Inconvénients : souplesse moindre
- tendance à emprisonner l’humidité dans
les murs
- prend moins bien la coloration du tuf.
Utilisations : à utiliser dans des mortiers mélangés
(avec de la chaux aérienne) pour :
- les sous-couches
- gobetis
- garnissage préliminaires de joints
- soubassements
- fondations.Fiche 7 - Mortiers, enduits et badigeons A V E C - P a y s M o n t s e t B a r r a g e s - C h a r t e a r c h i t e c t u r a l e & p a y s a g è r e - S e p t e m b r e 2 0 0 5 80
On distingue deux principaux types de chaux :
Ancienne Nouvelle
appellation appellation
CAEB CL 90 Chaux naturelle
(Calcic Lime) pure sans spécificité
DC de résistance
(Dolomitic Lime) mécanique
XHN30 NHL2 Chaux naturelle
(Natural Hydraulic L) pure avec résistance
NHL-3-5 mécanique
- 5
Z souvent avec ciment
HL produits artificiels
Nouvelle technologie de la norme NFP 15-311
de janvier 1996.
L E TUF
Le tuf est le nom donné en Limousin au sable
d’arène ou terre minérale. Les Maisons
Paysannes de France1 le définissent de la façon
suivante :
“C’est la roche désagrégée que l’on trouve sous la
couche superficielle de terre végétale arable (noire).
Les tuffières sont donc des sablières locales… Les
tufs colorent le mortier, ce que ne peut pas donner
un sable de rivière ou un sable de carrière lavé ou
autrement débarrassé de ses “fines”. La coloration
obtenue est d’autant plus vive que la chaux est peu
hydraulique. Elle varie beaucoup selon le terroir
d’origine du tuf et procure leur belle qualité aux
enduits réalisés à la chaux aérienne”.
Le tuf extrait des tuffières est plus ou moins gras
selon sa teneur en “fines” (grains de sable). Un bon
artisan savait sentir si le tuf était trop gras (risque
de faïençage) ou pas assez (mauvaise prise). On
peut remédier à cette absence de “sensibilité” par
certaines manipulations (voir fiches diffusées par les
Maisons Paysannes de France - Haute-Vienne) qui
permettent de déterminer le pourcentage de fines
sachant que la teneur en fines souhaitables est
d’environ 15 % si l’on se réfère aux DTU 26-1
intitulés “Enduits aux mortiers de ciments, de chaux
(aérienne en particulier) et de mélange plâtre et
chaux aérienne”.
Toutefois, rappelons que les Documents Techniques
Unifiés (DTU) ne s’appliquent pas à des
constructions antérieures à 1958, ni à l’utilisation de
matériaux traditionnels. Ce sont les règles de l’art
qui prévalent, c’est-à-dire la mise en œuvre de
toutes techniques traditionnelles qui a fait la preuve
de leur pérennité. Et comme le rappellent les
Maisons Paysannes de France : “Pour ce qui est de
la garantie décennale, les assureurs des artisans ne
sauraient réprouver les règles de l’art et les
techniques traditionnelles qui sont en cohérence
avec les supports et ont largement fait la preuve de
leur durabilité”.2
Tuf
Roziers-Saint-Georges
Tuffière à Saint-Denis-
des-Murs
1 Cassette vidéo “Chaux et arène” réalisée par Les Maisons Paysannes
de France avec Michel Auzemery, maçon.
2 “Chaux et arène”. Document d’accompagnement de la cassette-vidéo
réalisée par Les Maisons Paysannes de France.Fiche 7 - Mortiers, enduits et badigeons A V E C - P a y s M o n t s e t B a r r a g e s - C h a r t e a r c h i t e c t u r a l e & p a y s a g è r e - S e p t e m b r e 2 0 0 5 81
R ÉALISATION DU MORTIER
! Avant réalisation du mortier, vérifier la teneur en
fines de tuf.
Si celle-ci est trop importante (tuf trop gras), il
faut se procurer du sable de carrière et le
mélanger au tuf… ou mettre peu de chaux en se
rapprochant de la technique initiale de hourdage
à l’argile pure.
Exemple : trois parts de tuf brut à 20 % de fines
mélangées à une part de sable de carrière à 0 %
de fines, peut permettre d’obtenir un mélange à
15 % de fines.
Si le tuf est insuffisamment “gras”, il faudra
ajouter plus de chaux pour confectionner le
mortier mais celui-ci sera moins coloré par le tuf.
! Réaliser le mélange chaux aérienne (liant) et
sable (agrégat) à sec à la main ou dans une
bétonnière selon la quantité désirée (ou au
mélangeur).
! Ajouter ensuite l’eau nécessaire à l’obtention
d’une pâte non colorante.
Un mélange de chaux aérienne et de chaux
hydraulique peut être utilisé pour certains types
de travaux déjà décrits mais il ne faut en aucun
cas ajouter du ciment blanc ou gris dans le
mortier pour les raisons déjà énoncés ci-dessus.
À titre indicatif : il faut généralement une part de
chaux pour trois ou quatre parts de tuf selon sa
teneur en “fines”.
L L ES ES ENDUITS ENDUITS
L ES MATIÈRES PREMIÈRES
Celles-ci sont les mêmes que pour les mortiers de
chaux (se reporter § 2).
Selon la technique de mise en œuvre (enduit
monocouche ou en trois couches), les proportions
de matière première varieront.
TECHNIQUES DES ENDUITS
L’ ENDUIT À “ PIERRES VUES ”
Cette technique consiste à “gobeter” largement le
mur et à racler au nu de la pierre avec le tranchant
de la truelle le surplus de mortier.
Cet enduit est facile et rapide à réaliser. Il offre une
matière agréable à l’œil qui convient parfaitement
pour des murs en moellons de bâtiments situés hors
des bourgs.
À NE PAS FAIRE
Brosser ou lisser à l’éponge les joints.
Faire en creux les joints en mettant trop à nu les
moellons, ce qui risque de mettre en péril.
l’étanchéité des murs et leur conservation.
E NDUIT À “ FLEUR DE BOSSE”
Pour confectionner cet enduit, une seule couche de
mortier totalement couvrante est appliquée sur le
parement. Ensuite, le maçon passe une taloche et
met à jour uniquement la tête de moellons qui
affleure le plus de la maçonnerie. Toutes les pierres
en retrait disparaissent dans l’enduit. Ce procédé
est également assez simple et rapide à mettre en
œuvre. Il est particulièrement adapté à des façades
de bâtiments situés en pleine campagne. Il permet
une bonne protection de la maçonnerie. Son aspect
est agréable à la vue. La maçonnerie présente une
unité tout en révélant des têtes de moellons qui
peuvent être de taille et couleur différentes.
Un sablage superficiel après durcissement complet
de l’enduit peut s’avérer intéressant pour nettoyer
les têtes ou tranches de moellons.
Enduit à “pierres vues”
Cheissoux
Bujaleuf
Enduit à “fleur de bosse”
Saint-Léonard-de-NoblatFiche 7 - Mortiers, enduits et badigeons A V E C - P a y s M o n t s e t B a r r a g e s - C h a r t e a r c h i t e c t u r a l e & p a y s a g è r e - S e p t e m b r e 2 0 0 5 82
L ES ENDUITS COUVRANTS
Ces enduits sont généralement réalisés en trois
couches :
- le gobetis, couche de quelques millimètres
appliquée du haut vers le bas selon la technique
du “jeter de truelle”, geste typique du maçon ;
- le dégrossi ou corps d’enduit, couche d’un
centimètre maximum, appliqué selon la même
technique que le gobetis ;
- la couche de finition de cinq à sept millimètres,
dose assez fine pour éviter le faïençage.
Compte tenu de leur épaisseur, ces enduits devront
nécessairement tenir compte des encadrements de
baies et de chaînes d’angle en fonction du relief par
rapport au plan de maçonnerie :
- si les pierres de taille présentent une “vue” au
moins égale à l’épaisseur de ce type d’enduit,
simple remplissage de la tapisserie de façade ;
- si les pierres de taille sont montées dans le plan
de la maçonnerie, l’arrêt de la surépaisseur de
l’enduit sera réalisé à bandeaux droits à la règle
dans une largeur variant de 15 à 20 cm et en
aucun cas détouré arbitrairement (façon de faire
du plus mauvais effet).
L ES FINITIONS
Enduit taloché
Initialement ces enduits étaient confectionnées à la
truelle et pour une couche de finition plus lisse on
utilisait la taloche au lieu de les racler avec le
tranchant de la truelle.
On ne cherchait pas à faire un enduit parfaitement
plat et régulier. Les irrégularités donnaient un
caractère vivant à l’enduit, révélant qu’il était “fait
à la main”.
Les mouchetis
Plus tard, on a substitué aux enduits à la truelle ou
talochés, “les mouchetis”. Ceux-ci sont obtenus en
projetant la dernière couche de mortier avec un
balai.
Encore plus récemment, on a effectué des mouche-
tis à l’aide d’une machine à projeter le mortier. Ce
sont les enduits en mouchetis tyrolien.
Les mouchetis sont d’aspect moins vivant que les
enduits à la truelle. Leur matière, leur régularité en
font des enduits qui ne peuvent correspondre qu’à
un certain type de bâtiment : habitations des
bourgs datant de la première moitié du XXe siècle.
Enduits grattés trop systématiquement employés
sur les constructions neuves (murs de parpaings) ou
les constructions anciennes. On leur préfèrera les
enduits talochés.
Le faux appareil
L’enduit à plein recouvre totalement les parements
en incluant les chaînages d’angle et l’encadrement
des ouvertures. L’enduit est ensuite badigeonné et
un “faux appareil” est peint pour dessiner chaînages
et encadrement.
Cette technique, spécialité des “façadiers” de début
du XXe siècle, visait à obtenir un effet décoratif
parfois critiquable, parfois réussi sur des façades
dépourvues de modénature soignée. L’enduit
talochée était alors régulée à “faux-appareil” tracé
au fer, rehaussé quelque fois d’un fil décoratif rouge
brique ou noir de fumée.
C C OMMENT OMMENT CHOISIR CHOISIR D D ’ ’ INTER INTERVENIR VENIR
SUR SUR UN UN ENDUIT ENDUIT ? ?
R EFAIRE OU RÉPARER UN ENDUIT ?
Très fréquemment, on peut se contenter d’intervenir
ponctuellement sur les enduits “à pierres vues” et
“à fleur de bosse”. Seules les zones où le mortier se
décolle du mur doivent être refaites.
Exemples d’enduits
couvrants
Linards
Sussac
Restauration partielle
d’enduit - Royères
Saint-Denis-des-MursFiche 7 - Mortiers, enduits et badigeons A V E C - P a y s M o n t s e t B a r r a g e s - C h a r t e a r c h i t e c t u r a l e & p a y s a g è r e - S e p t e m b r e 2 0 0 5 83
Si on utilise de la chaux naturelle et du tuf pris dans
les environs immédiats du bâtiment et la même
technique que celle utilisée pour le reste du mur, les
interventions récentes se fondront parfaitement
avec les zones d’enduit ancien.
La plupart des artisans ne souhaitent pas réaliser ce
type de travaux peu intéressants sur un plan
économique et n’entrant pas dans leur logique
d’intervention habituelle.
Une reprise d’un enduit à “pierres vues” ou à “fleur
de bosse” est réalisable par un non-professionnel à
condition de réaliser quelques essais sur de petites
zones tests. Si toutefois vous préférez faire appel à
un maçon, insister pour qu’il ne touche pas les
parties du mur où l’enduit “tient”.
Q UEL TYPE D’ENDUIT CHOISIR ?
• Si l’enduit d’origine existe, bien l’observer :
texture, couleur, technique… et le refaire tel quel.
• Si l’enduit d’origine a été enlevé, observer les
habitations ou les bâtiments semblables au vôtre
situés à proximité. Selon la nature du mur
(façade, pignon, arrière), le type de bâtiment
(habitation rurale, de bourg, bâtiment agricole),
les caractéristiques constructives (pierre de taille,
moellons, maçonnerie mixte, pan de bois…),
déterminer quel devait être l’enduit d’origine.
À ÉVITER
Recouvrir totalement un appareillage destiné à être
laissé nu ou enduit partiellement.
Rejointoyer un mur destiné à être enduit.
Les effets de mode qui ont conduit à :
. l’utilisation du mortier trop blanc lissé à la brosse
ou à l’éponge sur des façades rejointoyées
. la réalisation d’enduit gratté à la taloche à pointe
de couleur ou à des enduits à la tyrolienne sur des
façades qui auraient conservé tout leur charme
avec des enduits à fleur de bosse.
C C OMMENT OMMENT RÉALISER RÉALISER LES LES ENDUITS ENDUITS ? ?
P RÉPARATION DU SUPPORT
Sur toutes les zones nécessitant une intervention,
dégarnir les joints au burin sur un à deux
centimètres de profondeur pour que le nouvel
enduit accroche bien à la maçonnerie.
Procéder au dépoussiérage du mur en passant une
brosse.
Colmater les fissures s’il y en a au mortier de
chaux (voir fiche sur maçonneries en moellons).
Avant d’appliquer le mortier, humidifier le mur
avec une projection d’eau.
À ÉVITER
L’utilisation du marteau-piqueur ou du burineur
(électrique ou pneumatique) car leurs vibrations
peuvent entraîner une dégradation des
maçonneries.
P RÉPARATION DU MORTIER
Préparer le mortier à l’aide de matières premières
déjà décrites, à la pelle, ou dans une bétonnière
selon les quantités nécessaires.
A PPLICATION DE L’ENDUIT
Application en projetant le mortier à la truelle sur
support humidifié selon l’une des techniques
(monocouche ou en trois couches avec finition à
pierre vue, fleur de bosse ou talochée) déjà
présentée.
À NE PAS FAIRE
Créer des surépaisseurs avec des détourages
marqués autour des chaînages d’angles et des
encadrements, mais arrêter l’enduit à la règle à
bandeaux droits en cas de surépaisseur.Fiche 7 - Mortiers, enduits et badigeons A V E C - P a y s M o n t s e t B a r r a g e s - C h a r t e a r c h i t e c t u r a l e & p a y s a g è r e - S e p t e m b r e 2 0 0 5 84
À RETENIR
Pour les enduits, utiliser un mélange de tuf et
chaux aérienne.
N’intervenir que sur les parties endommagées
d’encadrement.
Refaire les enduits à la truelle en :
• raclant au nu de la pierre avec le tranchant de la
truelle pour les enduits à pierres vues
• utilisant la taloche pour les enduits à fleur de
bosse et les enduits à plein
• faire mourrir les enduits au nu de la pierre des
chaînages et des encadrements sauf si ceux-ci sont
piquetés et donc destinés à être enduits.
Q UE PENSER DES ENDUITS PRÊTS À L ’ EMPLOI ?
Les enduits prêts à l’emploi sont des mélanges
pigmentés dans lesquels on n’a plus qu’à ajouter de
l’eau.
Ces enduits sont donc simples d’emploi. Mais,
même s’ils sont de mieux en mieux adaptés au bâti
ancien, nous déconseillons fortement leur usage. Ils
représentent la négation du lien unissant le bâti à
son environnement en imposant un sable
standardisé comme agrégat. La variété de texture
et de couleur des enduits qui fait la richesse et la
diversité du bâti de pays disparaît au profit d’une
standardisation des façades.
D’autre part, leur composition, sous couvert de
secret de fabrication, est souvent introuvable. Ces
produits peuvent contenir différents adjuvants, des
résines et du ciment.
Enfin, ils présentent deux autres inconvénients :
- ils sont assez chers ;
- ils nient le savoir-faire du maçon et limitent sa
créativité. Celui-ci devient un exécutant qui ne fait
plus appel à un savoir-faire particulier.
L L ES ES BADIGEONS BADIGEONS
Très souvent, les enduits sont laissés bruts et
vieillissent en même temps que la pierre. Mais
parfois, dans les bourgs et sur les maisons de
maîtres, les façades sont badigeonnées au lait de
chaux.
Cette peinture, outre son rôle décoratif, joue un rôle
hygiénique (vertus aseptisantes et bactéricides du
lait de chaux) et protecteur pour les enduits.
L ES MATIÈRES PREMIÈRES
Tous les badigeons utilisés sur le Pays de Monts et
Barrages sont réalisés à partir de chaux aérienne.
Le badigeon est composé :
— de chaux aérienne ;
— d’eau ;
— de pigments ;
— et éventuellement d’adjuvants : rétenteurs
d’eau, agent mouillant, fixateurs…
Les pigments peuvent être :
— issus de minéraux naturels, les “terres” ou
“ocres” qui sont des oxydes de fer. Ils teintent le
lait de chaux de couleurs allant du beige pâle à
marron en passant par des teintes orangées ou
rosées selon la nature des “terres” utilisées.
— des pigments synthétiques qui sont des
oxydes.Fiche 7 - Mortiers, enduits et badigeons A V E C - P a y s M o n t s e t B a r r a g e s - C h a r t e a r c h i t e c t u r a l e & p a y s a g è r e - S e p t e m b r e 2 0 0 5 85
COMMENT RÉALISER UN BADIGEON ?
Le badigeon s’applique à secco ou a fresco.
À fresco, on applique le badigeon sur un enduit qui
n’a pas encore séché, c’est-à-dire dans les deux ou
quatre heures qui suivent la confection de l’enduit.
À secco, technique la plus utilisée, le badigeon est
passé sur un enduit sec.
P RÉPARATION DU BADIGEON
Délayer la chaux avec l’eau pour obtenir un lait
assez épais et ajouter pigment et éventuellement
fixateur.
Dosage indicatif : un volume de chaux pour deux à
cinq volumes d’eau.
Réaliser quelques essais de couleur sur de petites
proportions de mur en laissant sécher car les teintes
s’éclaircissent en séchant.
A PPLICATION DU BADIGEON
Se fait à l’aide d’une brosse souple (pas de nylon)
ou d’un pinceau épais.
Appliquer de haut en bas pour ne pas avoir de trace
de coulure sur votre mur.
L ES PEINTURES MINÉRALES
Proposées par beaucoup de fabricants, elles sont
une bonne solution pour ravaler des enduits
décolorés mais de bonne facture, types mouchetis
et enduits récents.
BujaleufFiche 8 - Couvertures A V E C - P a y s M o n t s e t B a r r a g e s - C h a r t e a r c h i t e c t u r a l e & p a y s a g è r e - S e p t e m b r e 2 0 0 5 86
Comment restaurer les couvertures et ouvrages de couverture ?
DÉMARCHE
Avant toute intervention, il sera
nécessaire de :
- observer l’aspect extérieur de la
toiture : forme, souplesse de facture,
nature et couleur du matériau de
couverture… Si celle-ci est fortement
endommagée ou a été altérée par
diverses interventions, observer aux
alentours les toitures de même forme
les plus anciennes.
- procéder à un diagnostic de l’état
du toit : état de la charpente et de la
couverture ;
- sur la base de ce diagnostic et des
souhaits d’aménagement (ex :
aménagement des combles), définir
un programme des travaux de
restauration / réhabilitation.
Pour mener à bien ce travail
d’observation et de réflexion, les
conseils de professionnels sont
indispensables. Mais attention, il faudra
veiller à ce que ces conseils s’inscrivent
bien dans la démarche visée ici, c’est-à-
dire celle d’une restauration /
réhabilitation respectueuse du
patrimoine bâti ancien.
Q Q UELQUES UELQUES CONSEILS CONSEILS POUR POUR LE LE SUIVI SUIVI DE DE LA LA REST RESTAURA AURATION TION D D ’ ’ UNE UNE CHARPENTE CHARPENTE
Quelle que soit l’ampleur des travaux à engager pour la restauration d’une charpente, ceux-ci requièrent l’intervention de véritables professionnels. Il faudra toutefois veiller à la prise en compte des points suivants : - inciter les professionnels à ne pas engager une réfection totale de la charpente si la dépose et le remplacement de quelques pièces sont possibles. Les assemblages traditionnels des charpentes font partie de notre patrimoine et il est important de les conserver.
- en cas de reprise partielle ou totale, veiller au respect de la souplesse de facture de la charpente. Comme le souligne le CAUE de Haute-Vienne, ce point est important : “la flexure des arêtiers et contre-flexure à l’égout est volontaire… Elle avait pour but, outre la beauté qu’elle donnait au toit par sa souplesse, de faire “serrer” la tuile canal, lui assurant une meilleure assise et une meilleure étanchéité… Les faîtages n’étaient pas, non plus, parfaitement rectilignes, cela venait de l’emploi des bois de brin et de leur mise en œuvre”.
Le savoir-faire et la sensibilité de l’artisan seront déterminants dans le respect de cette souplesse de facture. Demandez lui de vous montrer certaines de ces réalisations pour vous faire une idée des résultats de son travail.
Châteauneuf-la-Forêt Saint-Léonard-de-Noblat MoissannesFiche 8 - Couvertures A V E C - P a y s M o n t s e t B a r r a g e s - C h a r t e a r c h i t e c t u r a l e & p a y s a g è r e - S e p t e m b r e 2 0 0 5 87
R R ÉFECTION ÉFECTION DES DES COUVERTURES COUVERTURES
CHOIX DU MATÉRIAU DES COUVERTURES
Le choix du matériau de couverture a souvent été
lié à l’importance de la pente du toit (tuile canal
pour les pentes faibles et tuiles plates ou ardoise
pour les pentes fortes) et aux évolutions des
disponibilités de matériaux.
Sur le territoire de Monts et Barrages, pour les toits
à deux pentes, on privilégiera la tuile canal pour les
pentes faibles et la tuile plate ou l’ardoise pour les
toits à pentes fortes. Les toits à croupe (4 pentes)
seront recouverts de tuiles plates, d’ardoises ou de
tuiles canal selon le degré de leur pente.
Certains modèles de tuiles et d’ardoise doivent être
choisis prioritairement :
À privilégier À proscrire
! Tuile canal tuile artisanale tuile mécanique de
à fond plat avec style “romane-canal”
courants ou à tenon
! Tuile plate tuile artisanale tuile plate
mécanique
! Ardoise ardoise naturelle ardoise synthétique
! Tuile tuile à côte des
mécanique modèles suivants :
(pourles • Bisch-Seltz
bâtiments • H 14
agricoles) • type Marseille
Note : des tuiles de récupération peuvent être utilisées
sachant que l’état de la toiture, en pourcentage plus ou
moins important, est récupérable. L’emploi de ces tuiles
nécessitera un suivi de la couverture afin de vérifier leur pérennité.
Pour les tuiles neuves, privilégier l’emploi de tuiles
fabriquées artisanalement et localement. Elles doivent être d’une couleur homogène et naturelle, de celle de la terre telle qu’elle est au sortir de la cuisson. Elles ne doivent
pas être colorées après cuisson.
Les tuiles mécaniques à côtes peuvent remplacer
sur les bâtiments agricoles les tuiles plates ou
l’ardoise car elles sont moins coûteuses, mais
donnent un résultat acceptable sur le plan
esthétique.
L’ensemble de ces matériaux de couverture devront
être posés sur un voligeage de préférence en chêne
ou en châtaignier ou a défaut en pin douglas, les
chevrons de rives restant en chêne.
L ES FINITIONS
• Proscrire la mise en place de bandeaux de
recouvrement des chevrons de rive. Les toitures
anciennes en étaient dépourvues. Le chevron de
rive sera laissé apparent. Proscrire l’emploi des
tuiles de rives à rabat.
• Scellement des faîtages et arrêtiers avec
embarrures généreuses au mortier de chaux et
mise en place de casseaux (languettes de tuiles
placées dans le mortier en sur-courant).
• Scellement ou non du dernier rang de tuiles
courbes à l’égoût du toit.
• Scellement au mortier de chaux du dernier
rang des tuiles plates aux rives du toit.
• Rives des toits de tuiles courbes traitées à très
faible débord de larmier.
• Les rives de tuiles mécaniques à côtes
(grange ou hangar) seront traitées à chanlatte
(planches clouées sur le chevron de rive) de
châtaignier ou de chêne.
• Refaire ou maintenir les coyaux (pièce de bois
en siffet qui relie l’égout du toit) qui donne une
forme esthétique à la toiture et qui éloigne l’eau
de pluie des murs.
Chanlatte en recouvrement
de chevrons - Eymoutiers
Tuiles plates - Roziers-
Saint-Georges
Ardoises - Saint-Amand-
le-Petit
Coyau - Roziers-Saint-
GeorgesFiche 8 - Couvertures A V E C - P a y s M o n t s e t B a r r a g e s - C h a r t e a r c h i t e c t u r a l e & p a y s a g è r e - S e p t e m b r e 2 0 0 5 88
• Passer les chevrons et les voliges apparents
au produit d’imprégnation noir non brillant
pour assurer la protection du bois.
• Poser des gouttières uniquement en zinc
commun laissé brut ainsi que leurs descentes.
Proscrire l’utilisation de gouttière en PVC ou en
aluminium. Il n’est pas utile de poser des
gouttières en cuivre ou zinc patiné qui sont plus
coûteux que le zinc brut. Le dauphin devra être en
fonte et peint.
L L ES ES SOUCHES SOUCHES DE DE CHEMINÉE CHEMINÉE
Les souches de cheminée participent à la beauté et
à l’équilibre des toits. On veillera donc :
- à les conserver ;
- à ce que leur hauteur ou l’étroitesse du conduit soit
suffisante pour assurer un bon tirage en cas
d’utilisation de la cheminée. Cela permettra d’éviter
l’emploi d’aspirateurs préfabriqués, plateaux en
béton… très inesthétiques. Le cas échéant, on aura
recours aux mitres hautes de poterie.
- à restaurer le couronnement des cheminées tel
qu’il était initialement avec, par exemple, trois
rangées de briques en saillies pour les cheminées
construites en briques ;
- à utiliser pour les joints et les solins un mortier
composé de chaux hydraulique naturelle et de
sable de rivière.
L L ES ES OUVRAGES OUVRAGES EN EN T TOITURES OITURES
" Conserver les épis de faîtage présents
essentiellement sur les toitures à croupes. Ils
protègent les flèches des poinçons et sont
également décoratifs.
" Conserver les lucarnes si elles sont anciennes
et/ou sont en harmonie dans leurs proportions et
leur facture avec l’ensemble du bâti.
" Dans le cas d’aménagement de comble avec
création de lucarnes, donner à ces dernières
des dimensions modestes conformes à celles
des anciennes lucarnes existant déjà sur votre
maison ou sur des maisons voisines et imposer ce
choix à l’artisan choisi.
" Choisir dans la plupart des cas le même matériau
de couverture des lucarnes que celui du toit. Sur le
territoire de Monts et Barrages, les jouées de
lucarnes peuvent toutefois être recouvertes de
bardeaux de châtaignier ou de voliges.
" Traitement des rives de la toiture de la lucarne
identique à celles du toit : pas de recouvrement
total du chevron, utilisation d’un mortier de chaux
pour sceller les tuiles.
" L’éclairage de comble peut être assuré par la
création de châssis aux dimensions modestes qui
sont souvent discrets. Souche de cheminée - Roziers-Saint-Georges
Épis de faîtage - Saint-
Julien-le-Petit
Lucarne - Roziers-Saint-
GeorgesFiche 9 - Ouvertures et menuiseries A V E C - P a y s M o n t s e t B a r r a g e s - C h a r t e a r c h i t e c t u r a l e & p a y s a g è r e - S e p t e m b r e 2 0 0 5 89
Comment intervenir sur les ouvertures et les menuiseries ?
L L ES ES OUVERTURES OUVERTURES
La transformation ou la création d’ouvertures se pose essentiellement dans deux cas :
— augmenter la luminosité de certains espaces intérieurs ; — éclairer des espaces suite à une restructuration de l’organisation intérieure du bâti.
Dans ces deux cas, les interventions doivent être longuement réfléchies.
L’observation de l’existant doit guider la réflexion et aider à trouver des solutions satisfaisantes selon qu’on a affaire à une façade aux ouvertures aléatoires ou une façade ordonnée et symétrique.
TRANSFORMATION DES OUVERTURES EXISTANTES
Le principe consistera, dans tous les cas de figures, à garder les proportions initiales quand elles sont équilibrées et non à les surdimensionner pour satisfaire à des exigences de hauteur (porte d’entrée) ou d’entrée de lumière (fenêtre).
MODIFICATION DES ENTRÉES
De nombreuses constructions antérieures au XIXe siècle présentent de faibles, voire de très faibles hauteurs de porte d’entrée. On pourra dans bien des cas surélever les linteaux de la hauteur d’une assise en pierre de taille sans nuire aux proportions. Cette hauteur pourra recevoir une imposte vitrée. On réemploiera le linteau initial ou on le restituera dans sa facture lorsqu’il s’agit d’un encadrement de briques.
MODIFICATION DES FENÊTRES
Pour des raisons d’éclairement, on pourra être amené à transformer une petite fenêtre souvent de proportion carrée équipée d’un châssis à quatre carreaux en fenêtres plus hautes normalisées à trois carreaux par battant. On s’évertuera à ne jamais dépasser la hauteur de la porte d’entrée s’il s’agit d’une fenêtre basse.
DÉMARCHE
Lors de la restauration d’une maison
ancienne, on est fréquemment amené à
intervenir sur les ouvertures (fenêtres et
portes) et leurs menuiseries.
Les ouvertures des maisons anciennes,
surtout en milieu rural, ne satisfont
généralement pas nos besoins de
lumière. D’autre part, le changement de
fonction d’un bâtiment (souvent une
dépendance à vocation agricole en
habitation) pose le problème de
l’adaptation des ouvertures au nouvel
usage.
Quant aux menuiseries, elles peuvent
s’être détériorées avec le temps et ne
pas présenter les performances
souhaitées en matière d’isolation.
Face à ces différentes considérations, il
faudra intervenir avec prudence en
respectant certaines règles. Le nombre,
le rythme et les proportions des
ouvertures sont déterminants pour
l’équilibre de la façade. Les menuiseries
ont, quant à elles, outre leur rôle
fonctionnel, une importance essentielle
dans le décor de la façade.Fiche 9 - Ouvertures et menuiseries A V E C - P a y s M o n t s e t B a r r a g e s - C h a r t e a r c h i t e c t u r a l e & p a y s a g è r e - S e p t e m b r e 2 0 0 5 90
Quant aux fenêtres hautes placées pour l’éclairage
des combles sous la sablière du toit, l’expérience
montre qu’il vaut mieux souvent les doubler que de
les transformer ; on ne doit pas pour des raisons
évidentes de proportions augmenter la hauteur et la
largeur des baies au niveau des étages.
CRÉATION D ’OUVERTURES
La règle veut que l’on respecte les axes de travée et
le rythme des percements dans la façade. On
pourra, dans bien des cas, les doubler sans porter
préjudice et atteinte à l’équilibre et à l’harmonie de
la construction. On ne recherchera pas forcément la
symétrie absolue mais on satisfera plutôt à
l’appréciation de l’œil.
Les solutions proposées ci-contre illustrent assez
bien notre propos.
Proposition d’aménagement État juin 2002
Proposition de restauration État décembre 2003
EXEMPLES DE CRÉATIONS D’OUVERTURES (HAUT-VIENNE) Dessins G. Magne CAUE 87Fiche 9 - Ouvertures et menuiseries A V E C - P a y s M o n t s e t B a r r a g e s - C h a r t e a r c h i t e c t u r a l e & p a y s a g è r e - S e p t e m b r e 2 0 0 5 91
La modification ou la création d’ouvertures nouvel-
les s’est exprimée au cours des siècles en utilisant
des matériaux similaires aux matériaux initiaux :
pierre ou bois. On a fréquemment fait appel à la
brique au début du XXe siècle comme en témoignent
les photographies des pages 34 et 36.
On a beaucoup employé la brique pour des
agrandissements d’habitat pris en prolongement de
la maison sur les granges ou les étables (cas d’une
maison bloc à terre avec grange attenante).
On a eu recours au même procédé lors de
surélévations de maison basse : pierre de taille pour
les fenêtres en rez-de-chaussée et briques pour
celles des étages. Outre sa facilité d’emploi et sa
mise en œuvre souvent élégante, la brique
accompagne de sa note colorée chaleureuse les
façades austères de schistes ou de granit.
On n’hésitera pas pour les nouveaux percements à
faire appel à cette association de bon aloi. Dans ce
cas, les briques seront de production locale, de
couleur uniformément rouge maçonnées à joints
pleins à la chaux, à jambage droit ou harpée (à
besace), linteau arcaturé ou aplati. Dans certains
cas, il pourra être opportun de placer en linteau une
poutrelle métallique (UPN) moisée à rosace
(particulièrement adaptée aux grandes baies créées
dans des murs de granges).
L’utilisation du bois (madrier de chêne) est facile
d’emploi, mais pas toujours du meilleur effet ; pour
qu’elle le devienne il faudra respecter les règles
suivantes :
- madriers bruts de sciage (non rabotés) ;
- débords latéraux importants (pas forcément
symétriques) des linteaux et des pièces d’appui
par rapport aux jambages ;
- linteaux et appuis chevillés aux jambages,
chevilles coupées au ras de l’assemblage ;
- cadre extérieur sans vue moïsé au cadre intérieur.
On pourra associer ces trois matériaux (pierre, bois,
brique) dans l’ordre suivant :
- jambage pierre, linteau bois ou brique ;
- jambage brique, linteau bois ou métal.
Les ouvertures sur pignons, hautes ou basses, quel-
ques fois délicates, peuvent néanmoins satisfaire, si
on respecte ces règles (proportions, matériaux,
répartitions), aux exigences d’une réhabilitation
respectueuse de l’esprit de la construction.
À RETENIR
Garder les proportions initiales des ouvertures
quand elles sont équilibrées.
Mieux vaut créer de nouvelles ouvertures que de
surdimensionner celles qui existent.
Créer des ouvertures en respectant les axes de
travées sans rechercher une symétrie absolue sauf
dans le cas particulier de façades ordonnancées.
L L ES ES MENUISERIES MENUISERIES
Les menuiseries anciennes étaient en bois. Une
restauration bien conduite devra au moins respecter
ce matériau de base sans exclure toutefois l’emploi
du métal (acier ou aluminium pré-peint) convenant
parfaitement aux transformations des bâtiments
annexes.
On rejettera de toute évidence les PVC et autres
matériaux synthétiques ou assimilés (ce qu’ont fait
de nombreux pays de l’Union Européenne).
Les bois utilisés pendront en compte des exigences
écologiques et de durabilité. Ainsi, seront exclus les
bois exotiques (déforestation) ou de faible
résistance (résineux ou bois tendre).
Eymoutiers
Sussac
Le Châtenet-en-DognonFiche 9 - Ouvertures et menuiseries A V E C - P a y s M o n t s e t B a r r a g e s - C h a r t e a r c h i t e c t u r a l e & p a y s a g è r e - S e p t e m b r e 2 0 0 5 92
L ES FENÊTRES
Le réticulage des fenêtres sera dessiné à proportion
des baies. Le pourcentage le plus répandu étant le
tiers de trois carreaux par vantail. Les fenêtres
actuelles, presque toutes industrialisées, sont
livrées à double vitrage. On ajoutera donc des petits
bois rapportés sur les carreaux au dehors comme
au dedans. La largeur de ces petits bois sera
fonction de la dimension de la fenêtre. Elle sera
légèrement inférieure à la largeur des montants du
battant.
On pourra également s’orienter vers la croisée
classique : petits bois ajoutés au tiers supérieur du
vitrage. À rejeter : un seul carreau par battant et
des baguettes métalliques dorées ou argentées à
l’intérieur du vitrage comme le proposent certains
fabriquants aux catalogues banalisés (cela se voit !).
Les petites fenêtres carrées (étage de comble ou
fenêtre basse) seront équipées de châssis à quatre
carreaux à profil simple de petits bois assemblés
d’équerre ou à coupe d’onglet.
L ES PORTES
Vitrées ou pleines, elles peuvent présenter une
imposte ou en être dépourvues.
Les portes vitrées classiques sont simples : quatre
carreaux, cimaises centrales, un panneau, une
plinthe sur toute la largeur, simple poignée en fer
losangée à platine ronde, petit bois du vitrage droit
ou à coupe d’onglet.
La partie vitrée est égale en dimensions à la partie
pleine, une cimaise centrale les sépare. On peut
trouver au-dessus de ces portes une imposte fixe.
Vitrée généralement, elle est à deux carreaux.
Les portes pleines sont surmontées de l’imposte
(à division droite ou losangée).
Les portes sont planchéiées à la fin du XIXe et au
XXe siècles à la verticale, en planche bouvetée
souvent d’inégale largeur.
Une plinthe biseautée court sur toute la largeur.
Poignée laiton ou fer rond ou losange.
Les modèles les plus anciens (XVIIIème et début
XIXème) peuvent présenter un assemblage de
planches horizontales cloutées à l’extérieur.
On restaurera ces portes anciennes, si leur état le
permet, en respectant leur ferrage : clous de
réemploi, clous forgés main ou clous neufs de
charpente de marine.
À RETENIR
Pour les portes, veiller à respecter la facture
d’origine :
• imposte à deux ou trois carreaux
• proportion égale des parties pleines et vitrées
(quatre carreaux), cimaise centrale et petits bois
du vitrage
• planches bouvetées
• plinthes biseautées sur toute la largeur
• ferrage d’origine
• pose de simples poignées en fer.
L ES CONTREVENTS
Les maisons rurales pouvaient être dépourvues de
contrevents aux étages, mais elles en possèdent
presque toujours au rez-de-chaussée. De simple
facture, réalisés en bois, ils étaient dans bien des
cas faits par des charrons. Les contrevents
menuisés plus soignés se sont répandus davantage
au début du XXe siècle.
FAÇON DE RÉALISER LES CONTREVENTS
Contrevents pleins, planches larges bouvetées
assemblées à joints vifs maintenus par des barres
de section demi-arrondies engagées à clé sans
écharpe.
Pour une bonne tenue dans le temps, placer une
alaise en partie haute.
Des motifs décoratifs agrémentent ces ouvrages :
Domps
Saint-Léonard-de-NoblatFiche 9 - Ouvertures et menuiseries A V E C - P a y s M o n t s e t B a r r a g e s - C h a r t e a r c h i t e c t u r a l e & p a y s a g è r e - S e p t e m b r e 2 0 0 5 93
oculus losangé, en croissant de lune, en trèfle ou en
cœur percé au tiers inférieur des ouvrants.
Les pentures seront simples, longues, droites. Elles
éviteront toute pseudo rusticité proposée par les
quincailleries (queues de carpes, épines…).
Contrevents ajourés, généralement placés à l’étage,
quelquefois dans les fermes mais surtout dans les
maisons de maîtres et les maisons de ville, seront
persiennés à la “française” à lames fixes. Même
exigence de simplicité pour les pentures. On pourra
placer en rez-de-chaussée les mêmes types de
contrevents demi-persiennés à la française.
À RETENIR
Contrevents pleins : planches larges bouvetées
assemblées à joints vifs maintenues par des barres
de sections demi-arrondies.
Pas d’écharpes.
Oculus en forme de losange, trèfle…
Contrevents ajourés persiennés à la “française”
aux étages et demi-persiennés en rez-de-chaussée.
Peindre les menuiseries en mat ou satiné en
privilégiant les gris colorés.
CAS CONCRET : TRANSFORMATION D ’UN PORTAIL DE
GRANGE
La plupart des portails de grange s’ouvrent à
l’intérieur et quelques-uns s’ouvrent à l’extérieur et
se rabattent sur les murs gouttereaux.
On pourra très bien conserver ce portail après
restauration si nécessaire en le maintenant ouvert
la journée pour habiter l’intérieur. Dans ce cas, on
mettra en place un cadre vitré en bois ou acier posé
en recul avec sas lorsque le portail s’ouvre en
dedans et en tableau lorsque le portail s’ouvre au-
dehors. Le pourcentage de ce vitrage respectera les
proportions de l’ouverture mais c’est l’aménagement
intérieur qui dictera la division horizontale.
Généralement pratiqué au tiers supérieur en façon de
travers d’impostes pour des questions de hauteur de
plancher. Le bâti de ce vitrage pourra largement faire
appel au métal pré-peint ou au bois.
Les exemples montrent qu’il vaut mieux s’orienter
vers peu de division et de grands vitrages que des
sections répétées à petits carreaux souvent du plus
mauvais effet. Dans tous les cas, on respectera une
allège pleine au bas des ouvrants et des dormants.
Dans le cas de la dépose du portail et de l’occultation
de l’ouverture en tableau par une baie vitrée, celle-ci
sera placée derrière la feuillure du tableau lorsqu’elle
existe et à faible recul du parement extérieur quand
elle n’existe pas. On sera alors particulièrement
attentif au dessin de l’ouvrage (équilibre et
proportion).
Les propositions ci-dessous peuvent servir
d’exemples.
Proposition d’aménagement État juin 2002
EXEMPLE DE TRANSFORMATION D’UN PORTAIL DE GRANGE (HAUT-VIENNE) Dessins G. Magne CAUE 87Fiche 9 - Ouvertures et menuiseries A V E C - P a y s M o n t s e t B a r r a g e s - C h a r t e a r c h i t e c t u r a l e & p a y s a g è r e - S e p t e m b r e 2 0 0 5 94
L ES COULEURS
Toutes ces menuiseries étaient en principe peintes
sauf exception : châtaignier notamment et quelques
fois chêne.
En même temps qu’une protection, la couleur
donnait aux constructions leur caractère et leur
originalité.
En milieu rural, comme on le voit sur les
photographies présentées supra, les teintes les plus
fréquemment répandues étaient celles utilisées par
les charrons : ocre-jaune, rouge et bleu, ocres
naturels, ou oxydes métalliques délayés dans du lait
de chaux et fixés à l’alun ou autre adjuvant.
Tout était peint, le ferrage comme le bois, de la
même couleur. Le bois laissé brut recevait
fréquemment une protection aux dérivés de bitume
(coaltar, brai, carbonyle) ou d’huile usagée (huile de
vidange).
Beaucoup de portails et de cadres bois ont conservé
ce noir mat caractéristique. On peut trouver dans le
commerce des produits écologiques équivalents.
Pour le choix des couleurs, voir Fiche 8.
À RETENIR
Restaurer les menuiseries en utilisant du bois ou
du métal pour les bâtiments annexes.
Proscrire l’emploi des PVC, des bois exotiques ou
de faible résistance.
Réticulage des fenêtres et largeur des petits bois à
déterminer en fonction de la proportion des baies.
Rejeter la pose des fenêtres à un seul carreau par
battant.Fiche 10 - Les couleurs A V E C - P a y s M o n t s e t B a r r a g e s - C h a r t e a r c h i t e c t u r a l e & p a y s a g è r e - S e p t e m b r e 2 0 0 5 95
Comment harmoniser les couleurs des différentes composantes du bâti ancien ?
C C OULEURS OULEURS DES DES T TOITURES OITURES
Pour les toitures, nous avons déjà souligné l’importance d’employer certains types de tuiles (voir Fiche-conseil 1) ou de l’ardoise naturelle. Dans le cas des tuiles, on veillera à utiliser des tuiles de couleur brute correspondant à leur teinte juste après leur cuisson, non modifiée par des procédés de type vieillissement prématuré, fumage… On évitera le panachage des toits qui mixe tuiles foncées et tuiles claires…
En revanche, l’emploi de la tuile et de l’ardoise sur un même corps de bâtiments est tout à fait possible dans certains cas :
— toiture à La Mansart avec brisis d’ardoise et terrasson recouvert de tuiles (plates ou mécaniques) ;
— habitation recouverte d’ardoises et grange attenante couverte en tuiles plates ou mécaniques.
L’emploi de tuiles plates pour l’habitation et de tuiles mécaniques pour les dépendances est également possible…
Quant aux souches de cheminée en brique, elles devront être de couleur unie.
C’est avant tout l’observation de constructions voisines qui permettra de choisir le matériau de couverture, le Pays de Monts et Barrages étant caractérisé par différentes zones où dominent soit les toits de tuile rouge, soit les toits d’ardoise bleutée.
À RETENIR
Utiliser certaines tuiles (voir Fiche-conseil 8) à la couleur brute correspondant à
celle de leur sortie après cuisson ou de l’ardoise naturelle.
Ne pas panacher des tuiles foncées et claires.
Utiliser des briques de couleur rouge unie pour refaire les souches de cheminées
en brique.
DÉMARCHE
Le bâti ancien a été construit à l’aide de
matériaux de provenance ou
d’extraction locale qui ont déterminé les
couleurs des bâtiments existants. Ces
teintes naturelles, discrètes permettent
aux bâtiments de s’inscrire parfaitement
dans le paysage sans créer de
dissonance par des contrastes trop
francs entre l’environnement naturel et
les constructions.
Les dominantes chromatiques
architecturales sont essentiellement
constituées par la couleur des
maçonneries, des couvertures et enfin
des menuiseries.
Afin de respecter cette harmonie qui
nous séduit tant entre la nature et les
constructions anciennes, on veillera à
respecter l’utilisation de certains
matériaux et à privilégier l’emploi de
certaines couleurs.
L’observation de l’environnement et des
teintes des bâtiments anciens est un
préalable important dans le choix des
couleurs.
On privilégiera la simplicité tout en se
défiant de l’uniformité.Fiche 10 - Les couleurs A V E C - P a y s M o n t s e t B a r r a g e s - C h a r t e a r c h i t e c t u r a l e & p a y s a g è r e - S e p t e m b r e 2 0 0 5 96
C C OULEURS OULEURS DES DES MURS MURS
La couleur des murs est le résultat :
— soit du matériau de construction (pierre, brique,
pisé…) et/ou d’une coloration dans la masse des
enduits de recouvrement ;
— soit d’une finition à l’aide de peinture.
La coloration dans la masse est le résultat de la
combinaison des différentes substances entrant
dans la composition des enduits et notamment le
tuf. L’ajout de tuile et/ou de brique pilées sera
également déterminant.
Dans tous les cas, la couleur des enduits oscille
dans une palette d’ocre gris clair à ocre plus
affirmé.
Pour les enduits badigeonnés ou teintés, la
prudence s’impose et ce type de finition doit être
réservé uniquement à des cas particuliers : maison
de bourg à la modérature peu soignée, architecture
initialement conçue avec enduit badigeonné et faux-
appareil…
On fera très attention à ne pas choisir de couleur
trop claire comme c’est le cas pour les constructions
neuves.
À RETENIR
Utiliser du tuf, de la tuile ou de la brique pilée pour
obtenir des mortiers et enduits à la chaux de
couleur ocre-gris clair à ocre plus affirmé.
Enduits badigeonnés et peints à réserver dans des
cas très particuliers.
C C OULEURS OULEURS DES DES MENUISERIES MENUISERIES
Le territoire de la charte (et le Limousin par
extension) est un pays de gris colorés.
On évitera, par conséquent, toutes teintes criardes
ou lumineuses, rappelant celles employées en bord
de mer.
Les menuiseries doivent être peintes et non vernies
ou lasurées.
Si on veut laisser le bois naturel (par exemple sur
un bâtiment agricole), on le protégera à l’huile de
lin et on peut également le teinter au brou de noix.
Les couleurs à privilégier pour peindre les
menuiseries sont celles qu’utilisaient les charrons :
gris-vert, gris-bleu, bleu-vert, vert ou bleu sulfate,
rouge-brun.
Le blanc est à proscrire absolument.
Le choix de la teinte sera à rechercher en fonction
de la meilleure harmonie possible avec les couleurs
du toit et des murs.
Les peintures utilisées doivent être mates ou
satinées mais non brillantes.
La couleur sera obtenue en utilisant :
— soit un pigment naturel délayé dans une phase
aqueuse et fixé par de l’alun ou autres produits
similaires ;
— soit une peinture prête-à-l’emploi.
On pourra choisir une ou deux couleurs pour les
menuiseries d’un même bâtiment. Si deux couleurs
sont retenues, l’une sera destinée aux portes,
l’autre aux fenêtres et contrevents. Dans ce dernier
cas, on recherchera le meilleur accord possible.
Exemples :
- gris-bleu pour les fenêtres et contrevents et ocre-jaune pour la porte ;
- gris-vert pour les fenêtres et contrevents et rouge-brun pour les portes ;
- ocre-jaune pour les menuiseries d’une habitation et
rouge-brun pour celles des bâtiments agricoles attenants.
Saint-Méard
La Croisille-sur-Briance
Sauviat-sur-VigeFiche 10 - Les couleurs A V E C - P a y s M o n t s e t B a r r a g e s - C h a r t e a r c h i t e c t u r a l e & p a y s a g è r e - S e p t e m b r e 2 0 0 5 97
Avec la brique, on préfère à toutes autres la couleur
complémentaire c’est-à-dire gris-vert ou gris
sulfate, ce qu’avaient instinctivement perçu les
anciens.
Si une seule couleur est choisie, on peut la décliner
en peignant par exemple la porte légèrement plus
foncée ou les contrevents plus clairs que les
fenêtres et la porte…
Dans tous les cas, on veillera à ne pas choisir des
teintes trop claires car, avec le temps, les peintures
ont tendance à se dépigmenter.
Toutes les ferronneries des menuiseries doivent être
peintes dans la même couleur que le bois et non en
noir comme on le voit couramment.
À RETENIR
Utiliser des peintures mates ou satinées.
Choisir une ou deux couleurs maximum pour les
menuiseries d’un même bâtiment.
Couleurs à privilégier : les gris colorés.
Proscrire le blanc pour la peinture des menuiseries.
Peindre les ferronneries de la même couleur que le
bois et surtout pas en noir.
C C OULEURS OULEURS DES DES FERRONNERIES FERRONNERIES
Pour les grilles et portails métalliques, peindre en
satiné ou brillant en blanc, bleu-gris foncé, gris-vert
ou gris-bleu-vert.
Éviter absolument le noir et le vert bouteille qui ne
sont pas toujours du meilleur effet.
Les grilles et barraudages des fenêtres doivent,
quant à eux, être traités dans la même couleur que
les menuiseries du bâtiment ou fixés à l’huile
chaude…
À RETENIR
Utiliser des peintures satinées ou brillantes.
Privilégier le blanc, le bleu-gris foncé, le gris-vert
ou gris-bleu-vert.
Grilles et barraudages des fenêtres à peindre de la
même couleur que les menuiseries.
La Geneytouse
ChampnéteryFiche 11 - Traitement des abords
L L’ ’ ORGANISA ORGANISATION TION DES DES ESP ESPACES ACES
PRIVÉS PRIVÉS EXTÉRIEURS EXTÉRIEURS
Les abords des habitations sont souvent organisés
autour d’espaces dédiés à différentes utilisations :
cour d’entrée et/ou cour arrière, jardin d’agrément,
potager, verger, espaces de circulation, espace de
travail pour les exploitations agricoles…
Lorsqu’il est possible de maintenir la vocation des
espaces, il est souhaitable de conserver leur
organisation, celle-ci ayant souvent été choisie
judicieusement.
Bien aménagés, ces espaces offrent un cadre de
qualité au bâti.
Pour aménager les abords, on observera
attentivement les vues que l’on souhaite conserver
ou au contraire dissimuler depuis l’intérieur de
l’habitation et depuis les différents espaces
extérieurs privatifs.
Les vues sur le bâti depuis les espaces publics
seront aussi étudiées.
Sur un plan, on notera la vocation des différents
espaces à aménager, les végétaux existants à
conserver et à supprimer, les plantations à réaliser,
les cheminements et les points de vue à réaliser.
L L ES ES REVÊTEMENTS REVÊTEMENTS DE DE SOL SOL
Pour l’aménagement des sols, il est possible de
choisir les traitements de sols suivants :
! sols compactés
- terre battue
- sol stabilisé sablé
- sol empierré et gravillonné
! sols pavés
- pavage classique en pavés de récupération :
12 x 20 x 18 mm posés au tuf et au sable
- pavage en opus incertum : grosses pierres
enfoncées dans le sol et calées entre elles
- revêtement en dalles de récupération posées sur
tuf ou mortier maigre bord à bord (pose à coupe
de pierre) sans joint.
! sols enherbés avec allées en opus incertum,
sablées ou gravillonnées.
Quel que soit le choix retenu, on veillera à respecter
l’écoulement des eaux et à conserver ou à refaire
les caniveaux pavés sur lit de sable et tuf ou en
opus incertum.
A V E C - P a y s M o n t s e t B a r r a g e s - C h a r t e a r c h i t e c t u r a l e & p a y s a g è r e - S e p t e m b r e 2 0 0 5
98
Espaces extérieurs privés : cours et jardins
Cour enherbée - Linards
Cour pavée
Eymoutiers, Le Lac
Caniveau
Roziers-Saint-GeorgesFiche 11 - Traitement des abords
L L ES ES VÉGÉT VÉGÉTAUX AUX
Les cours ou jardins d’agrément pourront être
plantés d’arbres isolés qui fourniront de l’ombre. On
privilégiera les espèces locales telles que le tilleul, le
frêne, le marronnier, l’érable…
Les vergers seront plantés d’arbres alignés ou en
quinconce avec sols enherbés. On choisira de
préférence des espèces anciennes, souvent
résistantes et donnant des fruits goûteux (voir
Centre Nature de La Loutre et l’association l’Arbre à
Lettre). Les variétés locales seront privilégiées,
notamment pour les pommiers et les cerisiers,
arbres très présents sur le territoire de Monts et
Barrages.
Le jardin potager sera installé dans un endroit
abrité des vents. Si le terrain disponible est réduit,
il pourra être planté de légumes, de fleurs et de
quelques arbres comme l’étaient couramment les
“jardins de curé”.
Le jardin d’agrément planté de fleurs pourra
associer des arbustes d’ornement (buis, osmanthe,
filaria…), des vivaces, des plantes grimpantes
(chèvre-feuille, vigne, glycine, clématite…), des
rosiers anciens…
L L ES ES HAIES HAIES
Les haies peuvent permettre de structurer les
différents espaces composant les abords, d’abriter
du vent certaines plantations, de masquer des vues
peu agréables… Elles jouent également un rôle
important dans la gestion des eaux pluviales et dans
le maintien de la biodiversité en fournissant abri et
nourriture aux animaux, notamment aux oiseaux.
Elles sont composées d’arbustes et d’arbres à
feuilles caduques. Pour une haie champêtre, au
moins trois essences différentes doivent la
composer. Celles à privilégier sont :
- pour les arbustes : le cornouailler sanguin, le
noisetier, le fusain, le sureau, le prunelier,
l’aubépine…;
- pour les arbres : le charme, l’érable champêtre, le
merisier, l’aulne, le châtaignier…
Ces haies, selon leur emplacement, peuvent être
taillées ou laissées libres.
Pour les planter, on choisira de jeunes plants
d’environ 30 cm. Après préparation du terrain, on
disposera les plants sur deux rangées en quinconce,
en les espaçant suffisamment pour permettre leur
croissance. Pour éviter l’emploi de désherbant
chimique, recouvrir le sol de paille, d’écorce ou d’un
film plastique opaque. Plantées en novembre-
décembre selon cette technique, les haies
atteignent en 3-4 ans la taille d’un homme.
La plantation de haies de thuyas ou de lauriers-
palme est à proscrire en milieu rural comme en
milieu urbain. Elles produisent un paysage
monotone sans lien avec le paysage du Pays Monts
et Barrages ; elles sont sensibles aux maladies et
parasites et nécessitent des tailles constantes pour
limiter leur hauteur dans des limites acceptables.
A V E C - P a y s M o n t s e t B a r r a g e s - C h a r t e a r c h i t e c t u r a l e & p a y s a g è r e - S e p t e m b r e 2 0 0 5
99
Cour
Le Châtenet-en-Dognon
Verger - Linards
Haie - Linards
Jardin potager
Saint-Amand-le-PetitFiche 11 - Traitement des abords
L L ES ES CL CLÔ ÔTURES TURES , , PORT PORTAILS AILS , , MURETS MURETS
Outre les haies qui peuvent servir de limite
séparative, les clôtures de la propriété peuvent être
matérialisées par des murets en pierre ou des
palissades en bois.
Lorsqu’elles existent, on privilégiera leur réfection
selon la technique d’origine : murs en pierre sèche,
murs en moellons montés à l’aide de mortier
d’hirondelle ou d’un mélange tuf, sable et chaux
naturelle, clôture en palins de châtaignier… ou tout
simplement clôture de champ à trois fils.
Si elles sont à créer, on choisira une clôture adaptée
au style du bâti (par exemple : mur plus ou moins
haut en pierres maçonnées pour une maison
bourgeoise de bourg, haie bocagère pour séparer le
jardin des champs attenants pour une ferme située
en pleine campagne…).
Dans tous les cas, on recherchera l’utilisation de
matériaux locaux et on proscrira tout modèle
préfabriqué et matériau standardisé (PVC, fausse
pierre…) qui transformeraient villages et hameaux
en zone pavillonnaire.
Pour les barrières et portails, en milieu rural, on
choisira des modèles le plus simple possible, souvent
en bois de chêne ou châtaignier à claire-voie.
Dans les bourgs et les domaines, des portails en
ferronnerie ou en bois seront retenus, mais là
encore la simplicité est à rechercher.
Les conseils donnés par le CAUE de la Haute-Vienne
sont à respecter : “Les imitations actuelles de
ferronneries anciennes n’ont, dans la plupart des
cas, aucun intérêt ou ne sont qu’un pâle reflet ; il
faudra donc rechercher dans les démolitions ou sur
le marché de l’occasion des grilles à réticules, à
piques ou à dents-de-loup pour remplacer les
éléments dégradés ou disparus.
Quand on fera appel aux grilles modernes, on
préférera toujours le fer plein aux profilés creux, en
recherchant la simplicité du dessin et de la forme et
le bon respect des proportions (écartement des
barreaux, hauteur, etc.).”
L L E E PETIT PETIT P PA ATRIMOINE TRIMOINE
Les abords des habitations sont souvent riches
d’éléments de petit patrimoine : appentis, puits,
fours, murets… qu’il est important de conserver car,
outre qu’ils témoignent d’un savoir-faire constructif
et de certaines activités humaines, ils peuvent être
utiles (appentis, murets…) ou à nouveau le devenir
(puits).
Comme pour le bâti, on essaiera de les restaurer en
utilisant les matériaux locaux et en adoptant une
technique constructive la plus proche possible de
celle utilisée pour les bâtir.
A V E C - P a y s M o n t s e t B a r r a g e s - C h a r t e a r c h i t e c t u r a l e & p a y s a g è r e - S e p t e m b r e 2 0 0 5
100
Portail - Moissannes
Clôture - Sauviat-sur-Vige
Muret - Beaumont-du-Lac
Puits - Moissannes Lavoir - Beaumont-du-LacFiche 11 - Traitement des abords
Depuis ne nombreuses années, on observe
dans les bourgs une dominance du tout enrobé
et une régression du végétal qui confèrent aux
espaces publics un aspect triste, totalement
anti-convivial. Leur aménagement demande
une attention particulière pour le choix des
traitements de sol, des plantations et du
fleurissement pour rendre ces espaces
accueillants.
L L E E TRAITEMENT TRAITEMENT DES DES SOLS SOLS
Les revêtements de sol à retenir sont :
— les bitumes et émulsions :
• asphaltes colorées
• bicouches gravillonnées
— les bétons.
L ES BÉTONS
Ceux-ci impliquent la réalisation de joints de dilatation respectant des normes précises. On pourra souligner ces joints de rangs de brique.
Les bétons pourront être traités en :
- sablés ;
- désactivés avec différentes tailles de granulats concassés ou roulés. Préférez à tout autre les granulats de granit gris ou bleus moins sensibles aux hydrocarbures.
Ce type de traitement en désactivé a été employé trop
systématiquement. On sera donc prudent sur le choix qu’on en fera.
L E PAVAGE
Préférer à tout autre le pavé classique qu’on ne trouve guère aujourd’hui qu’en récupération. Les petits pavés industrialisés ont une mauvaise tenue dans le temps.
Il existe une incompatibilité entre les pavés et le ciment, notamment sous l’effet du poids des voitures. L’emploi du ciment est donc à proscrire absolument.
L’emploi de dalles en granit s’avère également intéressant d’un point de vue esthétique, mais leur pose nécessite une main-d’œuvre spécialisée. D’autre part, leur prix de revient est onéreux dans la mesure où on doit respecter une pose de qualité : épaisseur des dalles, pose à joints vifs sur hérisson, mortier maigre traditionnel…
A V E C - P a y s M o n t s e t B a r r a g e s - C h a r t e a r c h i t e c t u r a l e & p a y s a g è r e - S e p t e m b r e 2 0 0 5
101
Espaces publicsFiche 11 - Traitement des abords
L L ES ES PLANT PLANTA ATIONS TIONS ET ET LE LE
FLEURISSEMENT FLEURISSEMENT
L’excès de fleurissement est souvent plus nuisible
que son absence. Il faut proscrire l’installation de
tout type de jardinière posée sur le sol ou
suspendue.
Préférer les plantations de pleine terre sous forme de
bosquets verts (buis, fusain, nerprun alaterne,
filaria…) ou de vivaces (giroflées, iris, myosotis…).
Accorder une place importante à l’arbre en pleine
terre sous la forme d’arbres isolés ou plantés en
alignement (chêne, platane, marronnier…). Si la taille
s’avère nécessaire, privilégier les méthodes de taille
“douce” qui permettent de dédensifier les houppiers.
Pour les surfaces enherbées, les traiter en pré tondu
à l’herbe naturelle et non en pelouse plantée.
Pour l’organisation des plantations, les organiser en
fonction du tracé des allées, du modelé des terrains,
de l’ensoleillement… tout en privilégiant la simplicité.
Pour le traitement des haies, se reporter aux conseils
donnés dans la partie précédente consacrée aux
espaces extérieurs privés.
L L’ ’ ÉCLAIRAGE ÉCLAIRAGE
Privilégier un éclairage indirect par projecteurs
dissimulés au sol ou sous les avant-toits.
S’il s’agit d’un éclairage sur mât, préférer un modèle
unique, sobre, d’une couleur discrète, variante de
gris colorés.
Rechercher la qualité du produit.
L L E E MOBILIER MOBILIER
L E MOBILIER DE PROTECTION
Actuellement, de nombreux modèles banalisés sont
proposés sur le marché.
Si l’installation de bornes s’avère nécessaire, on choisira des bornes en pierre toujours cylindriques plutôt que
prismatique.
Les barrières devront, elles aussi, être installées à bon
escient.
On les choisira de facture simple (simple croisillon) sans
oublier que les haies peuvent également servir de protection. On emploiera également les palins de châtaigniers (livrés en rouleau chez les feuillardiers et maintenus par des fils de fer).
L ES BANCS PUBLICS
Éviter les bancs compliqués ou pseudo-design. Choisir
des modèles classiques de bonne pérennité comme, par
exemple, les bancs en fonte et en bois à petites lattes
ou les bancs de pierre faits d’un linteau de récupération
posé sur deux boutises.
A V E C - P a y s M o n t s e t B a r r a g e s - C h a r t e a r c h i t e c t u r a l e & p a y s a g è r e - S e p t e m b r e 2 0 0 5
102
Place de village - bourg de Linards, mail