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PLU - Annexes - Spr plan 07 01 1
PLU - Annexes - spr presentation 07 01
Document publié le Jeudi 23 juin 2005 par la commune de Charité-sur-Loire.
Lien du pdf (PLU - Annexes - spr presentation 07 01)
Thèmes du document : Aménagement du territoire, Culture et patrimoine, Histoire et mémoire,
1
LA CHARITE-SUR-LOIRE (Nièvre) ZONE DE PROTECTION DU PATRIMOINE
ARCHITECTURAL, URBAIN ET PAYSAGER (Z.P.P.A.U.P.)
RAPPORT DE PRESENTATION
Bernard WAGON Alice ROGES
Z.P.P.A.U.P. Créée par arrêté du Préfet de la Région Bourgogne le 24 février 20052
SOMMAIRE
INTRODUCTION
..................................................................................................... 3
A - PRESENTATION GENERALE DU SITE
................................................... 4
A-I. DONNEES GEOGRAPHIQUES, ADMINISTRATIVES
...................... 5
I.1
– SITUATION GEOGRAPHIQUE ET ADMINISTRATIVE
....................................... 5
I.2
– RESEAU VIAIRE
............................................................................................... 5
I.3–
IMPLANTATION DE L
' HABITAT
....................................................................... 7
A-II. DONNEES HISTORIQUES
..................................................................... 11
B - ANALYSE DU SITE
...................................................................................... 17
B-I. MORPHOLOGIE URBAINE
........................................................................ 18
I.1
– LE PRIEURE CLUNISIEN A L
' ORIGINE DE LA VILLE
I.2
– LA CHARITE
, PLACE FORTE
............................................................................ 18
I.3
– L
' ESPACE URBAIN
.......................................................................................... 18
I.4
– LES REMEDES AUX PROBLEMES DE CIRCULATION
........................................26
I.5
– INTERVENIR SUR L
' ESPACE URBAIN
............................................................30
I.6
– LES PREOCCUPATIONS HYGIENISTES
.......................................................... 31
I.7
– VIVRE AVEC LA LOIRE
....................................................................................33
B-II. PATRIMOINE BATI
.................................................................................38
II.1-
LES MONUMENTS HISTORIQUES
.................................................................38
II.2-
L E PATRIMOINE NON PROTEGE
...................................................................40
II.3-
L A TYPOLOGIE ARCHITECTURALE
................................................................49
B-III. PAYSAGES JARDINS ET PERSPECTIVES
......................................59
III.1-
LES PROTECTIONS EN FAVEUR DU PAYSAGE ET DES ESPACES NATURELS
59
III.2-
ENVIRONNEMENT NATUREL
......................................................................60
III.3-
LES ENTITES PAYSAGERES
........................................................................63
III.4-
LA VEGETATION
.........................................................................................67
III.5-
L ES JARDINS ET LES MAILS
.....................................................................69
III.6-
L ’ ANALYSE DES PERSPECTIVES SUR LE SITE
............................................. 71
C - DONNEES SOCIO-DEMOGRAPHIQUES
................................................77
C-I. SITUATION DEMOGRAPHIQUE.
..........................................................78
C-II. POPULATION ACTIVE
............................................................................79
C-III. PARC DE LOGEMENT
.............................................................................80
D - MOTIVATIONS DES PROTECTIONS
.................................................... 81
D-I. DELIMITATION DE LA Z.P.P.A.U.P.
.................................................82
I.1-
LES PROTECTIONS ACTUELLES DES SITES ET MONUMENTS HISTORIQUES
82
I.2-
LE PERIMETRE ET JUSTIFICATION
................................................................82
D-II. OBJECTIFS DE PROTECTION
.............................................................84
II.
1-
L E
C ONTENU
................................................................................................84
II.
2-
LES REGLES ET RECOMMANDATIONS RELATIVES AU PATRIMOINE BATI
.90ZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
INTRODUCTION
3
Le caractère exceptionnel du patrimoine architectural, historique, urbain de
la
ville
de
la
Charité-sur-Loire
résulte
essentiellement
de
ses
monuments
majeurs
et
notamment
ceux
du
prieuré
clunisien
et
de
l’ensemble urbain cohérent qui s’est inscrit dans le quadrilatère de ses murs, sur le versant de la rive droite de la Loire. La Zone
de
Protection
du
Patrimoine
Architectural
et
Urbain
a
pour
objectif essentiel de protéger l'ensemble urbain qui s’est développé de manière cohérente après la fondation de l’abbaye. Il regroupe les édifices « phares »
de
la
ville
intra
muros
mais
aussi
les
éléments
bâtis
des
quartiers de la vieille ville, certains faubourgs d’extension de la « cité ». Ces
éléments
bâtis
sont
intéressants
autant
pour
leur
valeur
architecturale qu’historique. Ils participent à la « lecture » urbaine de la vieille ville à travers l’histoire et contribuent à l’identité de la Charité- sur-Loire. Le patrimoine s’étend également à l’aspect paysager et comprend des espaces ouverts qui valorisent l’ensemble urbain (perspectives, écrin de verdure autour de la vieille ville…). Actuellement, un grand nombre de monuments est protégé au titre des monuments historiques au sein de la ville intra-muros. Celle-ci est aussi quasiment couverte en totalité par un site inscrit. Il existe un autre site, la Saulaie, inscrit au nord du faubourg sur un espace non urbanisé. Autour des monuments protégés, des périmètres de 500 mètres ont été établis
pour
conserver
l’environnement
des
édifices.
Le
caractère
aléatoire de ces périmètres ne permet plus aujourd’hui de prendre en compte la complexité du « monument » que constituent la ville ancienne et ses faubourgs. De même, la qualité paysagère du site n’est pas prise en compte. La Zone de Protection du Patrimoine Architectural, Urbain et Paysager (Z.P.P.A.U.P.) est un outil de choix pour assurer une protection cohérente et évolutive du patrimoine de la Charité-sur-Loire.
Le périmètre de la Z.P.P.A.U.P. est délimité en fonction de l’histoire de la ville, de la morphologie urbaine et de tout élément paysager qui contribue à pérenniser la lecture du site. Il prend en compte tous les types de bâtis intéressants présents dans la ville ainsi que le patrimoine naturel lié au site urbain. Les ensembles urbains isolés de la ville ancienne et présentant un grand caractère architectural ont aussi été intégrés dans le périmètre. Ainsi, la rigueur géométrique du cercle de 500 mètres des monuments historiques
et
le
site
inscrit
disparaissent
au
profit
d’une
approche
historique, architecturale et paysagère du site. Les
documents
réglementaires
de
la
Z.P.P.A.U.P.
(plans
graphiques
et
règlement) et le rapport de présentation sont le support d’une mise en valeur claire et volontaire de tout le patrimoine. Les dispositions que l’on y inclut permettent d’adapter les projets aux caractères de l’architecture et
du
paysage.
Les
recommandations
architecturales
et
paysagères
doivent aider les concepteurs et les pétitionnaires dans leurs projets de construction, de restauration et d’entretien.4
A – PRESENTATION GENERALE DU SITEZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
A -
PRESENTATION GENERALE DU SITE
5
A-I.
DONNEES
GEOGRAPHIQUES,
ADMINISTRATIVES
ET
ENVIRONNEMENTALES
I.1 – SITUATION GEOGRAPHIQUE ET ADMINISTRATIVE
Située à 24 km au Nord de Nevers, chef lieu du département et à 28 km au sud de Cosne, sous-préfecture dont elle dépend, la cité charitoise se trouve à 55 km à l’Ouest de Clamecy et à 50 km à l’Est de Bourges. 213 km la séparent de Paris.
I.2 – RESEAU VIAIRE
La Charité-sur-Loire se trouve au carrefour de deux grandes voies : la RN 7, axe Nord-Sud, et la RN 151, reliant D’Est en Ouest, Bourgogne et Berry. Les autres franchissements routiers du fleuve se situent en amont à Nevers et, en aval, à Cosne. La Loire ne sert plus d’axe de navigation. La ville
est
desservie
par
le
réseau
S.N.C.F.
La
présence
d’un
petit
équipement pour
les
wagons
de marchandises
a
favorisé
l’implantation
d’une petite zone industrielle et artisanale. Cas des routes historiques Source : Chemins de Saint-Jacques – Guides Gallimard La Bourgogne constituait véritablement un carrefour des chemins vers Compostelle
qu’ils
viennent
de
Paris,
de
Belgique,
de
Luxembourg,
de
Lorraine, d’Alsace, d’Allemagne ou de Suisse mais aussi de Pologne, de Bohême ou de Norvège. Sur le plan historique, les maîtres de la Bourgogne ont su créer des liens politiques et économiques étroits, y compris par le mariage, avec la Castille et l’Aragon. L’abbaye de Cluny d’où sont parties les idées de reconquête catholique de l’Espagne, et qui a établi un dense réseau d’accueil des pèlerins tout comme le site de Vézelay, abbaye et
monastère, point de départ vers Compostelle, ont joué un rôle majeur dans le développement de pèlerinage. Source : Chemins de Saint-Jacques – Guides GallimardZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
A -
PRESENTATION GENERALE DU SITE
6
La
ville
de la
Charité-sur-Loire
se situait
sur la
via
Lemovicensis.
Le
chemin berrichon partait de Vézelay, passait par la Charité-sur-Loire, traversait
le
fleuve
pour
se
diriger
vers
Bourges
puis
Neuvy-Saint-
Sépulcre. Carte de Cassini A
l’origine,
La
Charité-sur-Loire
était
une
petite
bourgade
appelée
« Seyr », nom d’origine phénicienne signifiant : ville exposée au soleil. Dès le XIème siècle, Seyr prit le nom de « La Charité » à cause de l’aide et de l’aumône que les religieux du prieuré roman Sainte-Croix donnaient aux pèlerins, aux pauvres et aux passants et devint alors une étape quasi incontournable sur le chemin de Saint-Jacques. En effet, fidèles à l’action
de Cluny dans le développement d’un pèlerinage de masse, les abbayes de l’ordre ont été parmi les principaux lieux d’accueil sur les routes. Les pèlerins qui effectuaient ici une halte sur leur route, profitaient aussi du commerce local et le rendaient prospère. Le prieuré et son enceinte en 1818 (cadastre napoléonien) Au début du Moyen-Age, le prieuré, avec ses 200 moines, possédait plus de 400 dépendances et obédiences à travers l’occident chrétien. La ville, devenue fille aînée de Cluny, devint un important centre de négoce sur la route de Saint-Jacques de Compostelle, grâce à la Loire. Le transport de marchandises variées (sel, bois, tissus, denrées, …) fit du port de La Charité-sur-Loire un endroit très actif jusqu’en 1559 où un grand incendie ravagea la ville.ZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
A -
PRESENTATION GENERALE DU SITE
7
Place des Pêcheurs Située
sur
la
route
de
Saint-Jacques
de
Compostelle,
l’église
Sainte
Croix
a
été
édifiée au 12
e
siècle. La nef de cette église
s’est effondrée au 17
e
siècle
Logis du prieur- début du siècle
La Charité doit aussi son nom à sa situation privilégiée sur la Loire. En effet, elle est avec Nevers l’un des deux points de passage du fleuve. Celui de la Charité-sur-Loire était très fréquenté par les pèlerins car la traversée de la Loire s’y avérait moins difficile qu’à Nevers car le cours d’eau y est moins large. La construction en 1520 d’un pont en pierre facilitant la traversée de la Loire, vint accroître l’importance de la ville et du prieuré comme étape du pèlerinage sur la route de Vézelay. La Charité-sur-Loire était aussi une étape pour les pèlerins, tout aussi nombreux, qui se rendaient à Rome voire à Jérusalem en longeant le fleuve.
I.3 – IMPLANTATION DE L’HABITAT
v
la ville ancienne et ses abords
Le centre ancien Installé au carrefour entre deux voies terrestres et une voie fluviale, le site de est le théâtre d’une urbanisation très ancienne ; le VIIIème siècle y voit s’y ériger un couvent de l’ordre de Saint-Basile. Vers 743, une invasion des Vandales brûla le monastère. Reconstruit sur intervention de Pépin le Bref, le nouveau couvent fut établi
sous la
règle
de
Saint-Benoît
et
sous
la
constitution
de
Saint
Colombant. Il disparut une seconde fois en 771, victime de hordes de Barbares qui avaient envahi la Gaulle.ZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
A -
PRESENTATION GENERALE DU SITE
8
La ville s’est édifiée lors de la première Fondation Clunisienne datant de 1056 et s’est très rapidement fortifiée. La bonne défense de la cité contre les agresseurs va obliger à élever des constructions imbriquées les unes dans les autres, dans des rues étroites : rue des Chapelains, rue du Grenier à sel, celles de la Sabatée, des Bancs vieux ou de la rue Basse de Loire.
La
ville
a,
dans
sa
partie
ancienne,
conservé
l’essentiel
de
ses
structures d’origine. Carte de Cassini – La ville est fortifiée et reliée au faubourg de Loire. Celui-ci n’est pas urbanisé. Gérigny est mentionné sur la carte.
Cadastre
napoléonien
(1818)
–
Tableau
d’assemblage.
La
ville
se
développe
au
sein
des
remparts. Le Faubourg de Loire s’urbanise. Le dépôt de mendicité est mentionné au sud de la ville. Cadastre napoléonien (1818) L’enceinte enserrant la ville, composée de murailles et de fossés encore visible pour l’essentiel au début de ce siècle, jusqu’à l’apparition du chemin de fer, servi de limite tangible à la zone urbanisée.ZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
A -
PRESENTATION GENERALE DU SITE
9
L’agglomération est restée à l’intérieur des remparts jusqu’au début du siècle dernier. Extrait du plan du canton – 1878 - Apparition de la voie ferrée et l’asile des aliénés sur le plan. Carte de 1948 – Début du développemnt urbain hors des remparts.
Certains accidents du site (la Loire et les coteaux en amont et en aval de la ville fortifiée)
et
la
création
de
plusieurs
obstacles
physiques,
tels
l’hôpital
psychiâtrique et la voie ferrée, ont conduit le développement urbain à se faire principalement sur le plateau, vers le Nord, Nord-Ouest. L’implantation de la gare n’ a fait qu’accroître cete tendance. Carte de 1966.
v
le faubourg
A la Charité, la Loire possède la particularité rare d’enserrer entre deux de ses bras, une île sur laquelle les charitois ont bâti leur « faubourg », village hors de la ville, qui semble la prolonger. Elle est entourée de verdiaux, sortes d’îlots qui naissent dans le lit même du fleuve.ZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
A -
PRESENTATION GENERALE DU SITE
10
Le Faubourg de Loire Les noms y sont évocateurs, l’éperon, la chevrette, le quai d’aval, la tête de l’Ourth, tant d’endroits d’où l’on voit le fleuve, mais aussi d’où l’on veille sur la tranquillité de la ville, point de vue imprenable sur La Charité, sur son église et ses remparts, sur ses maisons aux toits de tuiles ou d’ardoises blotties au pied de l’église prieurale. Au
cours
des
siècles,
le
Faubourg
fut
une
place
privilégiée
pour
les
armées
ennemies s’attaquent à la Charité. Sa position, en effet, offrait face aux remparts de la ville basse, une bonne position d’attaque. Une manufacture de quincaillerie, dirigée par un anglais s’y installa en 1756 avant d’occuper de nouveaux locaux, à La Charité-sur-Loire même, à partie de 1762.
Carte de Cassini
Plan
napoléonien - 1818
Plan
napoléonien - 1818
1878
1948
1966ZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
A -
PRESENTATION GENERALE DU SITE
11
A-II. DONNEES HISTORIQUES Sources : LL - Histoire de La Charité, Louis Leboeuf, 1897, réédition 1991 par Res Universalis. La Charité-sur-Loire – Une histoire urbaine du Moyen-Age à nos jours – Marie- José Garniche Dates
Evénements
Modifications topographiques
La Charité = Seyr
756
Passage
de
Pépin-le-Bref,
à
son
retour
d’Italie
Restauration de l’abbaye Ordre de St Benoît
771
Incursion des barbares
Destructions
1052
Don du monastère à l’évêque d’Auxerre
Restaurations.
1056
L’évêque
d’Auxerre
donne
ses
biens
à
l’abbaye de Cluny. St Hugues envoie des religieux
sous
la
conduite
du
prieur
Gérard.
Commencement
de
l’église
du
monastère (achevée en 1107).
1059
Fondement du nouveau monastère
Epanouissement du monastère, acquisition de
nombreuses
dépendances,
administration.
Installation
des
ouvriers
et
marchands ;
construction
de
maisons
pour
des
seigneurs
de
la
maison de Bourbon, l’archevêque de Bourges, les évêques d’Auxerre, de Nevers, Nyons.
Le
nombre
de
religieux
au
monastère
variera de 200 (sous St Hugues) à 18 (à la veille de la révolution). L’importance
de
« l’aumône »
attire
les
pauvres
:« allons à La Charité ».
1071
Geoffroy
de
Champallement,
évêque
d’Auxerre
finance
des
travaux
sur
ses
deniers.
Construction
des
cloîtres
et
du
grand réfectoire du couvent.
1081
Philippe 1
er
: autorisation de clore la ville.
1102
Mort du prieur Gérard.
1106
Bulle
du
pape,
comprenant
la
définition
des
« terres de La Charité ».
De
Tronsanges
et
Champvoux
au
sud,
jusqu’aux rives du Mazou et à
Mesves au nord. Sur la rive gauche, une partie de la vallée de la Loire, jusqu’à
St
Léger,
en
face
de
Tronsanges
1107
Le pape Pascal II consacre l’église
1143
Guillaume ou Guy, prieur. Nombreux
actes
d’acquisitions
et
cessions
1149 ?
Thudart, prieur.
1154
Raynaud, prieur.
1162
Humbaud, prieur.
1164
et
1166
Permission
« aux religieux, bourgeois et
habitants de closre leur ville de murs ».
1165
Rodolphe de Sully, prieur
1173
Geoffroy 1
er
, prieur
1175
Odes II, prieur.
1179
Guy, prieur. Les
armes
« Echiquier
d’Argent
et
Gueules en Chef d’azur, chargé de trois tours d’argent crénelées et maçonnées de sable » deviendront les armes de la ville.
1182
Renault, fils de Guillaume IV, comte de Nevers renouvelle la permission de clore la ville.
Epoque
d’origine
des
remparts
et
des tours du château. Les
murailles
de
la
ville
ont
été
faites au XIVème, XVème, XVIème.
1191
Savary, prieur.
1198
Guillaume
de
Gaucourt
(Guillaume
II),
prieur.
XIIIèm e
Multiplication
des
chartes
d’affranchissement
des
communes
commencé sous Louis le Gros. La
charte
de
La
Charité
pourrait
être
antérieure à 1213. Institution du Baillage (pouvoir royal) à St Pierre-le-Moutier.
1202
Suite à l’accroissement de la population, création d’une deuxième paroisse.
Eglise St Pierre (vendue
comme
bien
national,
puis
transformée en commerce).
1204
Incendie d’une partie du prieuré et de la nef de Notre-Dame.
Réparations
par
Philippe
Auguste
(les
salles
attenantes
à
l’église
datent de cette époque).
1209
Geoffroy de Donzy, prieur. Guillaume (Guillaume III)), prieur.
1216
Incendie en ville
Destruction de maisons.
1216
Hugues de Bourbon, prieur.
1220
L’évêque
d’Auxerre
crée
une
nouvelle
Eglise Saint-JacquesZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
A -
PRESENTATION GENERALE DU SITE
12
paroisse.
(vendue
comme
bien
national
en
1792, puis démolie).
1224
Etienne, Prieur.
1233
Donzy, prieur.
1237
Thibault, prieur.
1240
Guillaume IV, de Pontoise, prieur
1244
Jean de Rivière, prieur.
1250
Révolte
de
notables
(fomentée
par
le
comte de Nevers). Saint-Louis
place
La
Charité
sous
les
ordres
de
la
couronne
(fleur
de
lys
ajoutée au blason).
1262
Milon de Vergy, prieur.
1274
Simon d’Armentières, prieur.
1282 ?
Bertrand de Colombier, prieur.
1296
Pierre de Beaujeu, prieur.
1302, 10 avril
Philippe
le
Bel
réunit
à
Paris
les
Etats
Généraux.
1333
Jean de Mazières, prieur
1336
Guillaume V, de Poitiers, prieur.
1342
Othon, prieur.
1350
Pierre du Puy-Icher, prieur
1364
Bernard du Puy-Cendrat, prieur
1355
Robert Lanelle, capitaine anglais pille La Charité. Disette, mortalité.
Réparation
des
murailles
et
de
la
clôture du prieuré.
1364
Bernard
de
la
Salle
et
Hortongo,
capitaines du roi de Navarre mettent la ville à sac. Philippe-le-Hardi,
duc
de
Bourgogne
libère la ville.
1383
Charles
VI
ordonne
de
réparer
les
murailles.
1394
Valentin du Puy, prieur.
1398
Lettre patente de Charles VI permettant aux habitants de s’assembler.
1410
Le
bailli
de
St
Pierre
ordonne
des
réparations de la défense.
1420
Jehan de Vinzelle, prieur
1421
Le
duc
de
Bourgogne
s’empare
de
La
Charité.
Pillage
du
monastère
et
transformation en place forte.
1421
Le Dauphin Charles reprend La Charité,
ensuite reprise par Perrinet-Gressard.
1426
Thibault de Doye de Grivelles, prieur.
1429 ?
Jeanne-d’Arc
lève
le
siège
devant
La
Charité.
1438
Thibault de Doye de Grivelles donne au prieuré le moulin qu’il avait fait construire sous les ponts, proche de la
Chapelle
St
Nicolas,
avec
une
vigne nommée Le Râble, au dessous du clos du prieuré.
1439
Jean Chambellan, prieur.
1470
Philibert de Marafin, prieur. La ville est mise en demeure par le roi de réparer la muraille.
1483
Lettres
patentes
du
roi
sur
les
prélèvements (grenier à sel) pour réparer les murailles.
1486
Charles de Bourbon, prieur. Fin de la guerre de Cents Ans ; début de la France Monarchique.
Fin de la dignité de prieur du ressort des moines au profit de la
commende.
1488
Antoine des Roches, prieur.
1488
Louis XII donne une garnison à la ville et en 1504 le droit de
courte-pinte.
1503
ou
1505 ?
Incendie au quartier St Jacques.
Destruction des halles, les maisons avoisinant l’église et le clocher.
1504
Jean de la Magdelaine de Ragny, prieur.
Réparations
de
bâtiments
et
créations
(dortoir,
clocher
de
la
Bertranges,
infirmerie,
pressoir
commun rue des Chapelains, maison de l’aumonerie,
reconstruction
des
halles détruites par le feu en 1503).
1520
Les habitants décident la démolition du pont
de
bois
sur
la
Loire,
mais
les
religieux qui disposent du moulin de 1438 s’y opposent. Ensuite accord.
Travaux pour le pont en pierre (11 arches).
1559
Incendie dans le prieuré et dans la ville.
200
maisons
près
de
l’église
détruites. Mutilation de l’église.
1560
Les
habitants
sont
en
majorité
protestants.
Pillage de l’église.ZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
A -
PRESENTATION GENERALE DU SITE
13
? 23 juin
Le
maréchal
de
La
Fayette
reprend
la
ville.
Pillage de maisons.
1563,
2
mars
Prise de la ville par les protestants. Reprise de la ville par les catholiques.
1568
Remise en état des fortifications.
1569, 12 mai
Siège.
Les
protestants
reprennent
la
ville. Massacre des religieux, on évalue en tout 900 victimes.
1569,
6
juillet
Le comte Anne de Sansac, maréchal de France
assiège
la
ville,
et
abandonne
après un mois.
Destructions au canon.
1570, 11 Août
Coligny obtient la signature de la paix (La Rochelle, Cognac , Montauban, La Charité aux protestants) pour 2 ans. Ensuite, la ville est remise au roi.
Réparations des murailles.
1572, 24-25 août
St Barthélémy
Pillages
1575
La Charité remise aux protestants (avec Bourges, Saumur, Angoulême et Niort).
1576
Jacques de Morogues, sieur des Landes, nommé gouverneur par le Duc d’Anjou
1577
L’armée
royale
attaque
la
ville
qui
capitule.
Maisons
touchées,
dont
celle
du
gouverneur,
maison
des
Landes,
Grand’rue.
Création
d’une
brèche
dans le rempart, devenu «
Porte de
la Brèche ». Ludivico
fait
démolir
deux
arches
du
pont
et
abattre
trois
tours
carrées du château.
Doye, gouverneur.
Pillage dans la ville.
Lettres patentes de Henri III.
Rétablissement des arches du pont et
de
la
levée
destinée
à
refluer
l’eau vers la ville. Réparation des murs.
1580, 25 novembr e
Le roi séjourne à La Charité.
1582
M. de Lenoncourt, conseiller d’Etat fait réparer l’église et les chapelles.
1588
Réparation de la tour ronde
M. de Carouge, gouverneur. Le sieur de Langeron, gouverneur. Louis de Clèves, prieur.
1602, 26 octobre
Lettres patentes de Henri IV
Installation
des
Pères
Recollets,
fondation
du
monastère,
construction de l’église.
1617, 1
er
septemb re
Lettres de cachet du roi supprimant la fonction de gouverneur
1622
Charles de Gonzague, prieur.
1624
Fondation du couvent des Bénédictines.
L’établissement, vendu comme bien national après la révolution, devint collège
puis
couvent
des
visitandines
puis
hôpital
civil
(chapelle construite en 1821).
1627
Travaux d’entretien pour le
pont.
1628
Dom Edeline, prieur.
1629
Passelaigue,
prieur,
puis
dom
Robert
Mauvielle.
1633
Consécration de l’église du couvent des Récollets par Dominique Séguier, évêque d’Auxerre.
1635
Richelieu
institue
les
intendants,
mandataire du roi..
1637
Incendie
sur
une
partie
du
faubourg.
1639
Fondation
d’un
Hôtel-Dieu
(sœurs
hospitalières de St Augustin).
1652
Bussy-Rabutin séjourne à La Charité (La Fronde). A partir de cette époque, période de paix et de prospérité.
Constructions
neuves,
notamment
contre
les
murailles.
Fossés
convertis en jardins et vergers.
1665
Jacques
Nicolas
Colbert
(fils
du
ministre), prieur.
Réparation du clocher touché par la foudre
en
1666.
Subventionne
de
ses deniers l’école laïc.
1681
Début de la construction de l’Hôtel Dieu
1682, 30 Août
Fêtes de la naissance du fils du roi
On
fait
fondre
une
cloche
pour
l’horloge de l’Hôtel de Ville.ZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
A -
PRESENTATION GENERALE DU SITE
14
1686, 18 décemb re
Autographe de Louis XIV faisant don de l’emplacement du Temple et du cimetière protestant
pour
l’Hôtel-Dieu
de
La
Charité
Le
temple
du
Crot
Guillot
confisqué par le roi et sa démolition ordonnée. On utilise ses matériaux pour construire le nouvel hôpital rue des hôtelleries.
1690
Création
d’un
office
de
Conseiller
Procureur
du
Roi
et
un
Secrétaire
de
Greffier.
Fin
de
la
construction
de
l’Hôtel
Dieu (hospice civil et militaire)
1691, 12 octobre
Les habitants sont libérés de la servitude du four banal. Jacques
Nicolas
Colbert
cumule
les
fonctions.
1692
Edit
portant
création
de
Maires
perpétuels et d’assesseurs.
1673
Construction d’un pont de pierre de 10 arches reliant le faubourg à la rive gauche de la Loire.
Disette et pauvreté
1694
Acquisition d’un immeuble, place du Pilori, pour installer l’Hôtel de Ville.
Etablissement
du
cimetière
du
nouvel Hôtel-Dieu, au-devant de la Porte de La Marche.
1695, 26 mai
Première pierre de la nef de Notre- Dame
détruite
par
l’incendie
de
1559 (Claude Mathieu, architecte)..
1707
Acquisition
d’une
maison
servant
de
collège.
1708
Frédéric-Constantin
de
la
Tour-
d’Auvergne, prieur.
1711
Crue de la Loire
Dégats sur la jetée et le pont coté Berry.
1719
Incendie du quartier St Jacques
110 maisons dévastées.
1731- 1763
Reconstruction
du
pont
entre
le
faubourg et la rive gauche.
1732
Frédéric-Jérôme
de
Roye
de
La
Rochefoucault, prieur.
1735
Démolition du corps de garde et du pont-levis de la Porte du Pont, rasés et recouverts de pavés
1757
Michel
Alcock
fonde
une
fabrique
(boutons, limes, fayences).
Installation
à
La
Chevrette
aux
Fagots (moulin sur bâteau).
1758
Le Cardinal de Bernis, prieur.
La
porte
de
Paris
subit
quelques
réparations
1759
Destruction de la Porte de Paris
1760
Construction
de
deux
pilastres
surmontés de personnages casqués et
armés
à
l’emplacement
de
la
Porte de Paris.
1767
La
communauté
prend
à
sa
charge
l’acquisition
des
pavés
pour
les
travaux
devant
le
couvent,
les
Récollets
et
l’Hôtel-Dieu.
1770
Le
terrain
de
la
Saulaye
planté
d’Ormes
et
de
Tilleuls
est
transformé
en
promenade.
Arrachage
et
vente
des
arbres
arrivés à maturité.
1774
La Communauté décide de vendre la place de la Verrerie pour financer l’entretien des puits.
1777-78
Vente de pâtures.
1785-86
Adoucissement
de
la
pente
du
chemin menant de la porte de Paris à la Loire (rue de la Fosse-aux-Lions dont une partie du parcours se situe sur l’ancien fossé du mur de ville.
1786
Le marché situé place de la Revenderie ou place des Pêcheurs est transféré place de la Verrerie. Eclairage
des
rues :
50
réverbères
en
cuivre, à poulies et cordages.
Démolition
de
la
porte
St
Pierre,
remplacée
par
deux
pilastres
en
pierre (avec les armes du Roi et de la
Ville).
Passage
de
18
pieds
de
largeur.
1788
Vœux des municipalités
sur la meilleure
forme
dans
laquelle
pourrait
être
convoquée
l’assemblée
des
Etats
Généraux.
Transfert du cimetière de l’Hôtel- Dieu (21.12.1788) dans les fossés de la ville et nivellement du cimetière actuel
pour
faire
une
promenade
publique (dénommée place Misère).
Récoltes désastreuses.
1789, janvier
La Loire gèle depuis 2 mois.
Ecroulement
d’un
pilastre
de
la
porte de la Marche lors du dégel. Pont menacé : 3 arches s’écroulent. L’écroulement des ponts obstrue la circulation par voie d’eau.
1793
une citoyenne
Lebeuf est autorisée, en
1793, à ouvrir une école publique.ZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
A -
PRESENTATION GENERALE DU SITE
15
1797
Etablissement du temple de l’Etre Suprême dans l’église Notre-Dame
1809
La
manufacture
de
quincaillerie
et
de
boutons est acquise par le département de la Nièvre le 29 juin 1809
Institution d’un dépôt de mendicité dans
le
domaine
de
l’ancienne
quincaillerie.
1830
Deux écoles d’enseignement mutuel, l’une de filles, l’autre de garçons, fonctionnent à La Charité, regroupant 80 filles et 90 garçons.
1834- 1835
Travaux d’installation d’un nouveau cimetière
au
lieu
dit
« queue
de
mouton »
1835
Le
domaine
de
l’ancienne
quincaillerie
devient asile départemental d’aliénés.
Les
acquisitions
de
terrains,
les
agrandissements, la construction de nouveaux
bâtiments,
se
succèdent
sans discontinuer jusqu’à la fin du siècle.
1836
L’architecte
Paillard
remet
un
devis
de
reprise
complète
du
bâtiment
de
la
mairie, établi sur deux étages.
1838
Le classicisme prudent et un peu austère de la façade, la double volée de l’escalier, officialisent la fonction du bâtiment.
Transformation de la mairie.
1848
la mairie abrite une succursale de la Caisse d’Epargne de Nevers
1840
Classement
de
l’église
Notre-Dame
au
titre des monuments historiques
Construction
des
abattoirs
municipaux
1853
Les Visitandines qui occupaient un ancien couvent
de
bénédictines,
quittent
La
Charité pour Nevers.
Acquisition du couvent par la mairie
1856
Transfert
de
l’hôpital
dans
l’ancien
couvent des Bénédictines.
1861
Construction de la Gare
1866
la mairie abrite le télégraphe
1869
Mise en service de la voie ferrée
1870
Destruction
des
pilastres
de
la
Porte Saint-Pierre
1876
Restauration de la place Misère. Création
de
la
promenade
des
Anglais.
1877
Agrandissement
du
cimetière
au
lieu dit « queue de mouton ».
1882
L’architecte Bouvault dessine en 1882 un projet
ambitieux
de
groupe
scolaire,
comprenant école primaire élémentaire et école primaire supérieure.
1885
Le
plan
adopté
est
limité
dans
ses
prétentions : il n’y a pas d’atelier, mais un champ d’expériences agricoles et un petit jardin botanique.
Construction
de
l’école
primaire
supérieure..
Le
pensionnat
peut
accueillir 40 pensionnaires.
1895
Ouverture d’un cours supérieur
1897
Les travaux complémentaires donnent à l’établissement
la
dimension
prévue
à
l’origine.
Agrandissement de l’école primaire supérieure.
1925
Construction
de
la
cité
ouvrière
Montupet Construction
du
lotissement
Pasteris (Champ du Seigneur)
1932
Destruction
des
pilastres
de
la
Porte de Paris.
1950 env
Incendie
de
la
vieille
halle
et
reconstruction. Construction
de
l’école
des
filles,
devenue « école des remparts ».
1954
Aménagement du camping Construction du lotissement Lagrue Construction
de
piscines,
de
gymnase Construction d’un hôpital, de deux maisons de retraite. Construction des H.L.M. Pépinières) Construction
des
silos,
des
châteaux
d’eau,
destruction
du
vieux château eau
1955
Construction du lotissement Vivien
1957
Construction du lotissement Marit – et
de
plusieurs
groupes
d’habitations (40 lots, 17 lots)
1958- 1972
Réalisation de 24 lotissements (2 à 3 lots en moyenne)
1973
Découverte
fortuite
des
vestiges
de
l’église St Laurent.
Construction du lotissement Girault
1976-
Réalisation
de
5
lotissementsZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
A -
PRESENTATION GENERALE DU SITE
16
1978
(<6lots)
1980
Création
de
la
rocade
et
suppression du passage à niveau. Réalisation
du
lotissement
Plein
soleil (73 lots)
1986
Création d’un lotissement (Garon)
1990
Création de la zone d’activité des plantes des religieuses. Création
de
l’autoroute
Paris-
Nevers
1996
Création d’un lotissement communal (Vallourec)
1999
Création
du
lotissement
Roux
(SOREC METAL)
2002
Aménagement
de
la
traversée
du
Faubourg de Loire
2003
Aménagement
du
square
des
Bénédictines
2003
Etudes
pour
la
révision
du
P.O.S.
transformé en P.L.U., en application des lois d’urbanisme de 2000 et 2003.
Aménagement de la rue du Pont
Cour du Château - 1905
Eglise saint-Pierre - 1903
Faubourg de Loire
Grande rue - 1905
Hôtel de la Gare – 1903
La poste-1950
Maison Garceau17
B – ANALYSE DU SITEZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
B -
ANALYSE DU SITE
18
B-I. MORPHOLOGIE URBAINE Source : La Charité-sur-Loire – Une histoire urbaine du Moyen-Age à nos jours – Marie-José Garniche
I.1- LE PRIEURE CLUNISIEN A L’ORIGINE DE LA VILLE
Au milieu du 11
e
siècle, l’abbaye de Cluny, forte d’un prestige considérable
et d’une solide puissance économique, décide de fonder au lieu-dit Seyr qui appartenait au seigneur de La Marche, un monastère conçu d’emblée comme
un
grand
établissement.
La
construction
de
cet
ensemble,
vraisemblablement commencée peu avant 1059, n’a sans doute été achevée qu’au début du 12
e
siècle. Il comprend alors la grande église Notre-Dame,
une église plus modeste mais néanmoins spacieuse, Saint-Laurent, des bâtiments
monastiques,
cloîtres,
réfectoire,
dortoirs,
communs,
hôtellerie,
aumônerie,
cellier,
et
une
résidence
pour
le
prieur.
C’est
probablement à ce moment qu’un bourg s’est développé au contact du prieuré, à proximité des voies de communications fluviales et terrestres, acquérant rapidement une certaine importance. Eglise Notre-Dame
Passage Prosper Mérimée
Le prieuré dirige le processus d’urbanisation : en s’édifiant, il attire déjà une population d’ouvriers du bâtiment. Un marché apparaît à proximité immédiate
(toponyme
médiéval
de
la
Revenderie),
alimenté
par
les
produits
d’un
domaine
ecclésiastique
bien
géré
et
excédentaire.
Des
tenanciers, serfs, artisans, attachés au domaine, se familiarisent sans doute assez vite avec ce « marché seigneurial » qui s’ouvre bientôt à des transactions
plus
étendues.
D’après
une
chronique
(anonyme
et
très
tardive) intitulée Histoire chronologique du prieuré, le seigneur de La Marche constate bientôt un déplacement de l’économie et du peuplement, des abords de son château vers La Charité. Le chroniquer fait état de la présence de nobles et d’ecclésiastiques qui construisent en ville des logis leur permettant de résider une partie de l’année près du monastère ; de celle de pèlerins qui feront plus tard halte à La Charité sur la route de Saint-Jacques de Compostelle. Pour ces hommes
pieux,
une
infrastructure
d’auberges,
de
logements,
une
aumônerie – hôpital pour les pauvres – sera créée. La consécration de l’église Notre-Dame en 1107 par le pape (clunisien) Pascal II, révèle à travers la pompe des cérémonies, la puissance du prieuré, qui ne se démentira guère au cours des temps. Néanmoins, ces premiers épisodes de la croissance du bourg de La Charité nous sont inconnus : on ne sait rien de la physionomie de la ville qui formait probablement un noyau urbain à proximité du prieuré, ni de l’apparence des bâtiments civils, on ne sait pas non plus si, en ces temps reculés, le gué était doublé d’un Pont permettant le franchissement de la Loire.
I.2- LA CHARITE, PLACE-FORTE
La Charité n’a sans doute pas échappé aux phénomènes cycliques de flux et de reflux de l’urbanisation, à l’instar des villes d’Occident qui ont connu, du 11
e
au 13
e
siècle, une tendance générale au développement, au 14
e
et dans la première moitié du 15
ème
, une période de recul, du milieu du 15
e
au 16
e
siècle, une nouvelle progression. L’occupation du sol a donc dû varier
à l’intérieur des murs.ZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
B -
ANALYSE DU SITE
19
On ignore à quelle époque La Charité s’est dotée de murailles. Il est vraisemblable que dans un premier temps, seul le prieuré était enclos, par souci de protection, par désir d’isoler la population monastique de la vie séculière, mais aussi en raison de l’existence d’un « privilège royal ». Le mur de la ville est sans doute apparu dans le courant du 12
e
siècle si l’on
en croit les mentions qui figurent dans l’Histoire chronologique du prieuré. La première, en 1081, est une autorisation du roi Philippe 1
er
de clore la
ville (il semblerait qu’elle soit restée lettre morte). Une autre, donnée en 1164 par le Comte de Sancerre, évoque l’autorisation de fortifier la cité. La même chronique signale à plusieurs reprises, aux 14
e
et 15
e
siècles, des
travaux,
notamment
en
1359,
lorsque
Jean
le
Bon
ordonne
de
faire
réparer les murailles, tours, portes et fossés. Le prieur s’y emploie sur les deniers du monastère. Remparts du Champ Baratté Rue Saint-Jacques
Rue des Fossés
On peut, aujourd’hui encore, les suivre dans une bonne partie de leur cheminement.
Au
Nord,
dominant
le
Champ
Baratté,
le
rempart,
bien
conservé, comporte trois tours (1,2,3 au plan ci-contre). Il se continue vers l’Est, en direction de la Place de Paris où s’ouvrait la porte du même nom. Non loin, à l’emplacement d’une tour ronde (4) dont on voit encore la base,
le
mur
bifurque
vers
le
Sud
longeant
deux
rues
aux
noms
évocateurs, la rue des Fossés (au bord de laquelle s’élève encore une autre tour - 5) et la rue des Fossés prolongée. C’est à l’intersection de ces deux rues que s’élevait la Porte Saint Pierre parfois
dénommée
aussi
Saint-Père.
Une
nouvelle
tour
(6)
subsiste
à
l’angle de la rue des Peyronnies, à partir de laquelle le mur redescend leZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
B -
ANALYSE DU SITE
20
long de l’hôpital psychiatrique où s’élève encore une dernière tour (7). Il rejoignait ensuite l’extrémité Sud de la rue des Hôtelleries et la Porte de La Marche. Une quatrième porte, la Porte du Pont, s’ouvrait au débouché de cet ouvrage. Une cinquième, dite « de la Brèche » fut créée au 16
e
siècle sur l’emplacement d’une brèche pratiquée en 1577 dans la partie Est du rempart. Il faut ajouter aux sept tours encore existantes, les deux mentionnées sur la vue gravée d’Israël Sylvestre (milieu du 17
e
siècle) : l’une percée
d’une poterne, sans doute située à l’extrémité de la rue du Petit Rivage, l’autre plus au Sud, non loin de la Porte de La Marche. Une dernière se situait à l’angle Nord-Ouest du rempart, sur la Loire. On ne connaît en revanche aucun vestige de murailles à l’Ouest, du côté de la Loire ; l’observation in-situ fournit néanmoins quelques renseignements. Si l’on repère, dans le bas de la ville, la limite Ouest des maisons datant de la fin du 15
e
et du début du 16
e
siècle, il est possible de tracer une ligne
qui court en retrait des façades actuelles sur le quai. A l’ouest de cette ligne, les constructions sont postérieures, remontant apparemment aux 18 e et 19
e
siècles. C’est ce mur, dont la Loire baigne le pied, qui figure au
premier plan de la vue d’Israël Sylvestre. Le pont, donnant passage vers l’Ile et au-delà vers le Berry, constituait également un élément déterminant du dispositif de défense de la ville : La Charité lui doit d’ailleurs toute son importance stratégique et elle fut grande. La plus ancienne mention d’un pont en pierre remonte à 1520, date
à laquelle il aurait remplacé un pont de bois qui peut avoir été un ouvrage temporaire. Il se poursuivait, au-delà du faubourg, par un autre pont de bois qui ne sera construit en dur qu’en 1673. Le pont de Loire était défendu par trois et peut-être quatre ouvrages fortifiés : la Porte du Pont, du côté de la ville, une tour munie d’un pont- levis entre les 6
ème
et 7
ème
arches, dispositif que l’on retrouve à la sortie
du
Faubourg.
Il
est
probable
qu’un
quatrième
ouvrage
existait
au
débouché du Pont, sur l’Ile. La gravure d’Israël Sylvestre montre 10 arches, détail repris dans le récit du voyageur Brakenhoffer qui écrivait en 1644-1646. Or il existe à ce jour deux arches dans le sous-sol de la rue du Pont et peut être une troisième sous le quai, dont la présence peut légèrement modifier le tracé supposé du rempart dans cette partie de la ville. Celui-ci s’élevait sans doute, à une période antérieure au milieu du 17
e
siècle qu’il est difficile de
situer, à une quarantaine de mètres plus à l’Est dans la rue. Les noms des rues du Petit et du Grand Rivage, évoquent des bandes de terrain à fleur d’eau, régnant au pied des murs, auxquelles on devait pouvoir communiquer par des poternes. C’est là qu’accostaient les bateaux transportant les marchandises et notamment le sel destiné à ravitailler tout le Nord du Nivernais, qui était déchargé dans le grenier à sel, dont le bâtiment existe toujours.
Vue
gravée
d’Israël
Sylvestre
(extrait)ZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
B -
ANALYSE DU SITE
21
I.3- L’ESPACE URBAIN
y « C’est une ville mal bâtie, haute et basse » (J.J. Bouchard, 1630) ; «une belle
et
plaisante
petite
ville,
très
peuplée »
(Brachenhoffer,
1644-
1646) ; «elle est fort grande, mais pleine de pauvres gens dont il faut excepter les pères bénédictins. Leur couvent occupe presque le quart de la ville » (S. Locatelli, 1664-1665). On peut toutefois tirer de l’étude des documents cadastraux et de l’observation sur le terrain un certain nombre de renseignements sur l’occupation de l’espace urbain.
•
Le parcellaire
Les
premiers
noyaux
urbains,
établis
au
contact
du
prieuré,
se
sont
vraisemblablement
développés
à
l’Ouest,
au
Sud-Ouest
et
au
Sud
du
monastère. Les Cadastres successifs font apparaître un maillage très irrégulier, des voies étroites et sinueuses avec des coins et recoins, qui excluent toute idée de planification urbaine. Il faut néanmoins savoir que la recherche contemporaine a beaucoup tempéré la notion d’urbanisme spontané et a établi que la construction était, vers le 13
e
siècle, une
entreprise concertée entre les propriétaires du sol. Les tentatives de réglementation
de
l’urbanisme
s’attachent
essentiellement
alors
aux
problèmes d’empiètement sur le domaine public et d’écoulement des eaux, pluviales ou usées, préoccupation cruciale dans toute ville enserrée de remparts. On observe dans certaines ruelles (ruelle basse de Loire, rue du Grenier à sel) des constructions sur voûtes, reliant, de part et d’autres de la voie, deux maisons qui se font face (rue de la Prison, actuellement rue de l’Hôtel de Ville). Il s’agit là d’un astucieux moyen de gagner sur l’espace public au centre-ville, lieu de l’activité économique et sociale. On relève le même souci dans la hauteur démesurée de certaines maisons. Des traces de remaniements apparaissent nettement dans le parcellaire, qu’il faut peut-être imputer à une série d’incendies ayant dévasté certains quartiers, ceux de 1216, 1424, 1503 et 1524 (quartiers Saint-Jacques et de la Halle), 1559. Le haut de la ville est à cet égard significatif : sur le côté Nord de la rue Camille Barrère, au-dessous de l’église Saint-Pierre, le parcellaire
conserve
un
tracé
médiéval,
avec
des
lanières
étroites
pénétrant l’îlot en profondeur. Les riches maisons, qui seront habitées au 18 e siècle par les gens de robe, présentent – à l’exception de quelques- unes, qui ont pignon sur rue – une façade sur la rue, tandis que la façade postérieure ouvre sur une cour prolongée à l’arrière par des bâtiments àZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
B -
ANALYSE DU SITE
22
usage de communs : granges, vinées, écuries, aisances diverses, donnant sur la rue des Pontots. En revanche, au Sud de la même rue, autour de la Halle, le tracé des rues est rectiligne et marque un net souci de ménager des circulations plus larges et aérées. Ce quartier semble avoir été construit plus tardivement, soit après les incendies du 16
ème
siècle, soit au 17
ème
, voir même au 18
ème
siècle.
•
Une activité intense autour du prieuré
Dans son histoire chronologique, le chroniquer décrit l’intense activité de la
ville,
qui
bourdonne
comme
une
ruche
autour
du
prieuré ;
il
est
aujourd’hui difficile de vérifier cette affirmation sans doute quelque peu enthousiaste.
Le
seul
repère
utilisable
est
le
censier
(registre
des
redevances dues au prieuré) établi vers 1740 et révisé à la fin du 18
ème
siècle, et encore faut-il aborder avec prudence ce document postérieur à la période qui nous intéresse. On peut néanmoins en retirer, en imaginant que tout n’apparaît pas comme par enchantement au début du 18
ème
siècle, quelques tendances. L’axe
principal conduisant du Pont à la Place Saint-Pierre (aujourd’hui rue du Pont,
puis
Grande
rue
Marchande)
et
la
rue
des
Eaux
(rue
de
La
République), connaissent une forte concentration de boutiques, abritant ateliers et magasins de vente. Sur l’axe Nord-Sud, entre la Porte de Paris et la Porte de la Marche, ainsi qu’au Faubourg, sont situées, au contact des portes de la ville, les auberges, une quinzaine au total. Les quartiers bas, où sont encore conservés à cette époque des vestiges de murailles (rue des Bancs Vieux), sont occupés par les gens de Loire, mais aussi par des artisans que leurs activités rejettent un peu à l’écart compte tenu des désagréments occasionnés : tanneurs, mégissiers, mais aussi bouchers. L’écorcherie, d’après le censier, était située, intra-muros, à proximité de la partie basse de l’actuel Parc Adam.
Trois quartiers ont une vocation plus rurale qu’urbaine : des vignerons sont installés dans le haut de la ville, au Nord-Est de la Grande rue Marchande, rue des Pontots, rue des Fumiers, rue des Engins (rue et ruelle du Nord), au Sud-Est de la Grande rue marchande, rue du Filet, de la Panneterie (rue du Pavillon), des Oisons, rue Saint-Jean, rue de la Vauxguyon. La rue des Chapelains et la rue des Bancs Vieux en abritent également un certain nombre. Deux foyers importants d’activité commerciale se situent en bas, et en haut de la ville : le marché, proche de l’enclos prieural, la revenderie, ainsi que
la
halle,
au
Sud
de
la
Grande
rue
Marchande.
Lieu
majeur
de
perception des taxes seigneuriales sur les marchandises, la halle fut, après l’incendie du quartier Saint-Jacques en 1503, rétablie par le prieur Jean de la Madelaine. Il s’agissait alors d’un bâtiment de charpentage, qui sera à nouveau détruit en 1524 puis reconstruit. Carte sur les quartiers (source : Extrait du plan de synthèse D – GHECO)
LEGENDE
Site présentant un intérêt patrimonial Impact visuel positif Impact visuel négatif Traces des fortifications Champ Baraté Espace vert de qualité Ouvrages hydrauliques d'intérêt patrimonial Axe majeur d'intérêt patrimonial Murs Chemin rural intéressant Site inscrit
Emplacements de bâtiments religieux, enceinte du Prieuré Quartier des Guêtrots - Habitat modeste, en partie construit sur les franges Plan parcellaire en damier Présence des vignerons Quartier de la Loire : activités liées à l'eau Présence des métiers tels tanneurs, mariniers, mais aussi bouchers (écorcherie) Quartier médiéval Axe commercial : maisons de commerces, hôtelleries, auberges Axes historiques principaux au sein de la vieille ville
Porte de la ville
Lieux d'échanges commerciauxZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
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ANALYSE DU SITE
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Vestiges, fortification du château
Aménagements portuaires encore visibles
Consolidation des berges (Moyen Age - 18e siècle)
Présence de grosses
maisons de commerce
datant du 18e-19e s.
Aménagements portuaires encore visibles (anneaux - chemin de halage)
Quai neuf : aménagements portuaires encore visibles
Quai vieux
Accès à la Loire
Accès à la Loire
Pont (1673) avec arches "souterraines" de pierre
LA VIEILLE VILLE
Quartier marchand
Présence de bâtiments
(commerces, quincailleries...)
datant du 19e siècle
Chemin rural de la Montagne
aménagé du 19e siècle
(en ligne de crête)
Champ Baraté
Ecole
supérieure (habitat 19e siècle)
Porte du Pont
Porte de la Marche
Porte de Paris
Porte de Saint-Pierre
Eglise
Saint-Pierre
Ancienne pépinière
Ancien cimetière de l'église Saint-Pierre
Le quartier se construit après son déplacement
Traces des remparts
de la ville
Brèche Jeanne d'Arc
Halle aux Blés
au 16e siècle, brûlée
puis reconstruite
Couvent des Recollets Marché au 19e siècle
Aménagements
portuaires
encore visibles
Arbres alignés le long du quai de 1860 à 1960 (d'après cartes postales anciennes)
Couvent des Bénédictines
Emplacement de l'ancienne
église Saint-Jacques
Rue des Hôtelleries : présence d'hôtelleries de part et d'autre de la rue jusqu'en 1850 environ (date de fin de passage de la route royale avec la création de la déviation)
Emplacement de
l'Hôtel Dieu
Au départ du faubourg, présence de mariniers et de pêcheurs, puis développement des maisons de commerces, auberges
Garage des bateaux
Grenier à sel
(Pays de la Gabelle)
Place au Beurre ou ancienne place de la Verrerie : marchés
Place des Pêcheurs : marché au 19e siècle Commercialisation des surplus du monastère
Le Guichet
(passage souterrain vers la Loire)
Trace d'une tour dans les
Archives Municipales
Murs de clôture du Prieuré
Auberge du Cygne
Ancien port aux bois (grumes, tonneaux,...) Faisait partie de l'économie locale (proximité de la forêt de Bertranges, vignes, petite métallurgie dont les chantiers navals de l'Atlantique)
Faubourg : île calcaire consolidé Travaux de consolidation du Moyen-Age jusqu'au 18e siècle
Parc Adam
Enceinte
du PrieuréZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
B -
ANALYSE DU SITE
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•
Le franchissement des remparts
Au milieu du 17
ème
siècle, après un épisode guerrier durant la Fronde, on
répare,
avec
l’aide
financière
des
habitants,
les
murailles
battues
en
brèche. Ce sera la dernière intervention d’envergure sur les remparts. Les remparts, les portes et les fossés Les tours de défense reprendront un service plus pacifique en 1707, lorsque par lettre de cachet, Louis XIV impose à la ville l’hébergement de 150
prisonniers
faits
à
Almansa
en
Espagne,
pendant
la
Guerre
de
Succession
d’Espagne :
ils
seront
logés
dans
la
Tour
Ronde,
dite
des
Espagnols, qui avait déjà abrité des prisonniers de guerre en 1645, et la Tour Carrée. La longue
paix
qui
s’installe
efface
peu
à
peu
les
traumatismes
des
guerres, et les remparts, plus ou moins laissés à l’abandon, prennent un aspect plutôt ruiniforme, propice aux actes de dégradations de toute nature,
fréquemment
constatés
par
les
échevins.
Ainsi,
en
1703,
des
riverains arrachent les grilles de fer du corps de garde du Rivage ; en 1707,
on
déplore
près
de
la
Porte
de
Paris,
des
accumulations
d’immondices, de gravats, de fumiers, toujours signalés soixante ans plus tard, malgré semonces et procès aux contrevenants… Bientôt, à partir de 1730 environ, les habitants investissent ces murs et ces espaces découverts devenus sans objet. La municipalité loue à bail des terres
à
l’intérieur
des
remparts,
des
portions
de
fossés
extérieurs,
souvent, il est vrai, pour régulariser une situation de fait, les terrains en question étant déjà emblavés ou construits par les bailleurs. Les
principales
tours
et
les
corps
de
garde
sont
affermés
à
des
particuliers, la Porte de La Marche en 1732, la Tour du Prévost, à l’Est de la ville, en 1736, le corps de garde quasi ruiné de la Porte du
Rivage en 1737, la Porte de Paris en 1738, enfin la Tour de Cuffy au Nord-Ouest en 1758. Passé
ce
temps
intermédiaire
et
ces
mesures
somme
toute
conservatoires, les portes de ville sont démolies. Les raisons invoquées pour ce démantèlement sont d’ordre pratique ; coût d’entretien important, resserrement
de
la
voie
de
passage
au
niveau
de
la
porte,
création
d’encombrements. La première mention d’une démolition est celle du corps de garde et du pont-levis de la Porte du Pont, rasés et recouverts de pavés, en 1735. La Porte de Paris, après avoir été quelque peu réparée en 1758, est détruite l’année suivante. Dès 1765, il existe un projet de démolition de la Porte Saint-Pierre, mais il ne sera exécuté que vingt ans plus tard ; L’idée de marquer les entrées de ville est bien ancrée dans les esprits. C’est ainsi qu’en 1760, un an tout juste après la suppression de la Porte de Paris, on aménage
une
sorte
de
nouvelle
Porte,
en
construisant
deux
pilastres
surmontés de personnages casqués et armés… De la même façon, la destruction de la Porte Saint-Pierre en 1785, est immédiatement suivie de la construction moins encombrante, mais bien réelle, de deux pilastres accolés aux maisons de chaque côté de la rue, et décorés de symboles guerriers. Quelques années plus tard, en des temps troublés, les portes remplissent une ultime fois leur fonction primitive : à la suite d’une émeute provoquée le 29 juillet 1789 par une
«troupe
de
brigands
armés »
, les échevins
mettent en place une garde de jour et de nuit aux six portes (de Paris, de Saint-Pierre, de La Marche, de La Brèche, «à la Barque », et Quai Neuf). Au 19
e
siècle, les murailles sont par endroits en très mauvais état, sauf
dans la partie Nord, ou bien ont été démolies peu à peu, les matériaux étant adjugés au plus offrant.ZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
B -
ANALYSE DU SITE
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Quant aux pseudo portes, leur sort sera réglé assez tardivement : les pilastres de la Porte Saint-Pierre, obstacles à la circulation et cause de malpropreté, sont supprimés vers 1870 ; ceux de la Porte de Paris, dont l’aspect penché était source d’inquiétude, mais que les habitants tenaient à conserver, ne seront détruits qu’en 1932.
•
Les promenades
Dans les villes closes de murailles, où la place est terriblement comptée, il y a
très
peu
d’espaces
libres.
Ce
n’est
qu’avec
l’extension
des
cités
affranchies du carcan des remparts, qu’il devient possible de transformer des terrains non plantés, la plupart du temps en promenades ombragées. La promenade de la Saulaie En 1683, l’est de l’île est déjà planté d’ormes et de tilleuls, des saules occupant la partie Ouest. En 1731, on abat, trop vieux, tilleuls, ormes et marronniers d’Inde. Une fois la replantation effectuée, la Saulaie est affermée à un jardinier, qui a le droit de faire blanchir des toiles dans les endroits découverts. Chemin de la Saulaie
Plan de la promenade de la Saulaie (1787)
Source : M.J. Garniche
Un ambitieux projet de promenade est réalisé en 1770, grâce au revenu de la vente de la nouvelle génération d’arbres (700 livres) et aux deniers de la Ville (1400 livres). De février à juin, la place est nivelée, des terres amenées
des
Pâtureaux ;
la
promenade
est
entourée
de
palissades
et
fermée par deux grilles de fer. 800 plants de charmille et 5000 d’épine blanche constituent la haie vive, à la périphérie de carrés plantés de 100 ormes issus de la pépinière de la Ville. On installe des bancs de pierre jusqu’au port. La promenade des Anglais
Cette promenade a été réalisée au début du 19
ème
siècle. Elle constitue
une entrée végétale dans la ville en liaison avec la place Misère. Le mail est composé de platanes.
La place Misère Cette
promenade
est
qualifiée
d’ancienne
en
1813
et
1822,
époque
à
laquelle on se soucie d’en réparer le soutènement, de 125 mètres de long (moellon blanc de la carrière de La Pointe, chaperon en pierre de Narcy). Ces travaux ne se feront qu’en 1859. On installe en 1845 une palissade de bois peinte en vert à l’huile. On y fait peu de frais et des particuliers prennent l’habitude d’y entasser du minerai et de la pierre à bâtir, jusqu’à ce que le maire émette l’idée, en 1876, de la restaurer et de la prolonger d’une nouvelle promenade, le long de la route n° 7, devant l’asile d’aliénés.ZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
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ANALYSE DU SITE
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La place de la Porte de Paris Cette promenade est devenue en 1809 un terrain
« vain et vague
», où
l’on dépose fumiers et immondices. La municipalité souhaitant la rétablir, l’adjudicataire plante, en 1813, 288 ormes et acacias, en quinconce, et obtient l’autorisation d’ensemencer les endroits découverts. Mais l’entretien est mal fait, beaucoup de plants meurent, et en 1816, des troupes alliées bivouaquant sur le terrain, coupent et brûlent les arbres rescapés. On plante à nouveau, en prenant soin d’entourer la place d’une haie d’épine blanche, qui sera décimée par les bestiaux convoyés vers Paris par les marchands. En 1861, les enfants et les « malveillants » en ont achevé le saccage. Un dernier projet, d’une grande pelouse où pourraient se tenir des fêtes, ne se fera pas, la place étant appelée à être absorbée dans le territoire des écoles primaire et supérieure dans les années 1880. La promenade Saint-André Au devant de la Porte Saint-Pierre, le cimetière paroissial abandonné en 1835,
s’est
vite
transformé
en
territoire
incertain
où
pacagent
les
bestiaux, ce que les charitois estiment choquant. Afin d’en faire un lieu de promenade,
ils
offrent
aux
élus,
en
1849,
de
participer
à
son
aménagement, avec leurs chevaux et leurs charrettes. On ne se préoccupe de ces travaux qu’en 1854, et on construit un « petit chalet » pour loger le garde-champêtre
…
Mais
la
promenade
est
bien
vite
rattrapée
par
l’urbanisation. I.4- LES REMEDES AUX PROBLEMES DE CIRCULATION
•
Les règlements de police urbaine
Aux 18 et
19
e
siècles, les échevins, pour résoudre les problèmes de
circulation, prennent deux types de mesures : des règlements de police, qui visent à désencombrer rues et places, rendre plus fluide le trafic intra-muros, et plus lisible le réseau urbain. Dans un espace surexploité, circuler devient de plus en plus dangereux et problématique, en raison de l’affluence
quotidienne
des
personnes
et
des
véhicules.
Enfin,
on
se
préoccupe d’améliorer l’état de chaussées et la visibilité de nuit. Les difficultés, à l’intérieur de la cité traversée par une route royale importante, sont identiques à ceux des siècles précédents : charrettes, malles-poste et voitures en tout genre sont contraints d’emprunter des rues parfois très pentues, accusant virages à l’équerre et rétrécissements brusques, irrégularités de revêtement et encombrements chroniques de certaines zones.
•
Transfert des places de marché
Les
endroits
le
plus
critiques
sont
incontestablement
la
petite
place
l’hôtel de Ville, la place de la Verrerie, et la place de la Croix des Pêcheurs devant l’église Notre-Dame. 1903- Mairie et place du marchéZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
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ANALYSE DU SITE
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En 1787, un rapport de police se résume à une longue litanie d’accidents survenus
à
la
Revenderie,
sur
la
place
des
Pêcheurs,
faute
d’espace
suffisant entre les étals de marchands de veaux et de volailles, et les charrettes qui circulent dans la Grande Rue, ou traversent la place pour entrer dans la cour des pères bénédictins
« chargées
de
fers,
bois,
charniers, qui se fabriquent dans les usines et bois du prieuré ». Depuis
1762,
les
échevins
songeaient
à
scinder
en
deux
ce
marché
quotidien, installé entre le parvis de Notre-Dame et l’entrée de la rue des Hôtelleries. Ils décident, en 1787, que volailles, veaux, charcuterie et triperie resteront à la Revenderie ; tandis que les menues denrées, tels que
gibiers,
œufs,
fruits,
fil
et
chanvre
seront
vendus
place
de
la
Verrerie. Il est d’ailleurs question d’édifier un hangar sur cette place, pour protéger et canaliser les étals, mais ce projet est abandonné au profit de la construction d’échoppes individuelles pour les forains. En 1806, la place de la Commune (de l’Hôtel de Ville) devient à son tour marché de comestibles, la place de la Verrerie ne conservant, en 1837, que les objets manufacturés en bois ou en osier.
•
Mesures de désencombrement de l’espace urbain
La municipalité veille aux aliénations et anticipations d’espace public par de particuliers, habitude séculaire et très répandue… A partir de la seconde moitié du 18
ème
siècle, elle s’attache à limiter les
avancées du bâti sur les rues : en 1791, une ordonnance interdit aux commerçants d’installer des auvents au-dessus de leurs boutiques ; en 1832 ordre est donné à un propriétaire de la rue de la Prison d’enlever ses boute roues, qui rendent la rue impraticable aux voitures. Les puits sont parfois bien mal placés, dans des rues très passantes. Pour cette raison on démolit en 1774 le puits de la rue des Hôtelleries, à l’angle de la rue du Barbeau (bas de la rue Sainte-Anne). En 1777, les rouliers ayant achevé la margelle du puis de la place de la Verrerie, on se dispose à
le combler ; l’année suivant, on répare l’ensemble des puits endommagés presque partout par des voitures. Place de la Verrerie – 1838- Source : M.J. Garniche
Le
puits
de
la
place
des
Pêcheurs
est
remplacé
par
une
pompe
en
1834,
les
autres
un
peu
plus
tard,
jusqu’en 1850. Le puits de la rue
du
Puits
des
Ais
est
supprimé en 1867, celui de la place de l’Hôtel de Ville en 1870.
Un autre moyen d’améliorer la circulation est d’obtenir des riverains qu’ils ôtent leurs dépôts d’ordures. Les habitants de la rue du Ponceau, en colère,
résument
la
situation :
(la
rue,
non
pavée)
« est,
suivant
les
saisons,
couverte
de
poussière
ou
de
boue.
Ces
boues
battues
et
mélangées avec des déjections de toutes sortes et autres immondices dont
la
rue
abonde
de
tout
temps,
en
font
une
espèce
de
cloaque,
d’où
s’exhalent
des
vapeurs
nuisibles
à
la
salubrité
du
quartier
(…).
Cette rue est presque centrale, populeuse. »
(pétition, 1833). Ce genre
d’exemple
pourrait
être
cité
de
nombreuses
fois.
Des
règlements
de
police
urbaine,
depuis
le
18
ème
siècle,
tentent
sans
grand
succès,
de
remettre de l’ordre, mais cette situation est endémique jusqu’au 20
ème
siècle. Les voitures stationnées un peu partout en ville représentent également un danger et un vrai souci. A tel point qu’en 1834, la municipalité décide que la place de l’Hôtel de Ville sera le seul endroit réglementaire pour remiser les véhicules ; encore faudra t-il les éclairer toute la nuit au moyen d’une lanterne.ZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
B -
ANALYSE DU SITE
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•
Identification des rues et des maisons
On procède en 1804, au numérotage des maisons rendu obligatoire par une loi de 1791. Il s’agit d’une mesure avant tout fiscale : les charitois sont tenus de loger les gens de guerre, et les propriétaires des maisons non encore identifiées semblent échapper à cette charge… Il est nécessaire également de faciliter aux militaires le moyen de découvrir et de parvenir promptement aux logements respectifs ». (1810) Un recensement général est donc mis en œuvre par ordre de maison, rue et numéro de maison. En fait, le numérotage ne sera réalisé, directement sur les murs par un peintre en bâtiment, qu’en 1815, et révisé parce que presque effacé, en 1834. La même année a lieu une réflexion d’ensemble sur le nom des rues ; même, on anticipe pour nommer des rues ou des quartiers
à
peine
en
cours
de
construction,
comme
le
Faubourg
de
Bellevue, au-delà de la porte de Paris, divisé en rue de Narcy, et rue des Glads. On crée aussi l’appellation rue du Champ Baratté.
•
Améliorer la sécurité
L’entretien du pavé L’état
de
rues
continuellement
soumises
à
un
important
transit
de
voitures, est une préoccupation importante des municipalités. Repiquer le pavé est une nécessité constante, et le refaire à neuf une fréquente obligation. En 1730, on dresse un toisé complet des rues, avec l’emprise de chaque propriété riveraine. En effet, il est d’usage que les propriétaires entretiennent
le
pavé
devant
leurs
immeubles,
sur
une
largeur
représentant environ le quart de la chaussée. Le pavé est reconstruit en totalité en 1767, l’entrepreneur adjudicataire des travaux devant l’entretenir ensuite pendant 9 ans, rue par rue. En 1779, les propriétaires sont contraints de refaire à neuf devant chez eux.
L’Etat entreprend ensuite la réfection complète de la grande route en l’an IX (1800). Pavés (quai Clémenceau)
Pavés
aux
abords
de
l’église
Notre
Dame
(chevet)
Par la suite, le budget annuel de l’entretien du pavé semble bien modeste : tout au plus de 100 à 400 francs lui seront consacrés jusqu’en 1850. L’état des rues est toujours problématique, ce qui occasionne un certain nombre d’essieux cassés, comme celui de Stendhal en 1837, qui profite de son séjour forcé d’une journée à La Charité pour décrire une ville pleine de merveilles. Des devis nous montrent, en 1787, et en 1862, que deux types de pavages coexistent à La Charité. Certaines rues, les plus fréquentées et les plus en vue, comme la place de l’Hôtel de Ville, la place des Pêcheurs, sont chaussées de pavé blanc, calcaire, de 20 centimètres de côté, provenant des carrières de Malvaux
(commune de Garchy) ; dans d’autres rues ce
pavé
blanc
règne
seulement
le
long
des
maisons ;
le
plus
souvent,
on
emploie des « cailloux », de 6 centimètres de diamètre, cassés à l’anneau, et tirés des carrières de Sancerre (rognons de silex). Quelques lambeaux de ruelles dans le bas de la ville présentent encore ces pavements. A partir de 1859, le macadam remplace le pavé dans certaines rues (rue Sainte-Anne, rue des Bancs Vieux) : il s’agit d’un cailloutage fait de pierreZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
B -
ANALYSE DU SITE
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concassée et de sable agglomérés, et damés au rouleau. Cette technique ne semble pas donner partout satisfaction, puisqu’on en revient assez rapidement au pavage. Si les maires considèrent que le bon état du pavé – si difficile à obtenir et à conserver ! –
« est
un véritable ornement et une source de sécurité »
(1801), ils considèrent tout autant, mais avec un empressement variable, que l’éclairage est une condition indispensable de la sécurité publique. L’éclairage public Avant 1786, il ne semble pas que la ville ait été éclairée. A cette date après enquête et réflexion, les conseillers municipaux prévoient d’acquérir 50 réverbères à 2 mèches, alimentés à l’huile de noix, de tripes, de pied de bœuf ou de navette, pour être éclairés par un allumeur 90 nuits par an pendant 6 heures (coût : 4450 livres, entretien quotidien de 6 sols par réverbère). En réalité, en l’an XIII (1805), 27 réverbères ont été achetés et posés. Pour le reste, les cafetiers et aubergistes ont obligation d’éclairer la façade de leurs établissements, du coucher au lever du soleil. L’éclairage est tant bien que mal complété jusqu’en 1845, souvent sur pétition des habitants : 38 réverbères donnant 114 becs. Pour l’exercice 1847, la commune s’équipe d’un gazomètre et acquiert 52 becs
de
gaz,
dont
l’alimentation
et
l’entretien
sont
concédés
à
un
entrepreneur d’éclairage. Toujours sur demande insistante des charitois, on installera une vingtaine de nouveaux réverbères jusqu’en 1870. L’affaire de la route royale n°7 Une des causes principales d’insécurité à l’intérieur de la ville est la route royale n° 7 qui induit un trafic de gros roulage extrêmement périlleux.
2 ème
projet de rectification de la route royale n°7
(1837) - Source : M.J. Garniche
Remédier
à
ce
problème
revient à détourner la route du centre de la ville, ce que propose l’ingénieur des Ponts et
Chaussées
Mossé,
en
1837. La déviation se ferait par le lieu-dit Vallée Bégat, au
Nord
de
la
ville,
et
se
prolongerait par le chemin de halage
le
long
de
la
Loire,
qu’il
faudrait
renforcer
et
élargir.
Ce trajet n’est pas du goût des commerçants des rues de Paris et des Hôtelleries : Mossé propose donc un compromis, dans un nouveau projet : la route évite La Charité par la vallée Bégat, traverse le clos de vigne du champ Baratté, et rejoint la rue des Hôtelleries par la cour du château dans le prieuré, la place des Pêcheurs, non sans porter atteinte au passage du logis du prieur, au bâtiment de la Porterie, et surtout à la partie du collatéral de l’église Notre-Dame situé contre le clocher d’entrée. Prosper Mérimée, Inspecteur des Monuments Historiques, s’indigne du sort réservé à Notre-Dame : (…)
« on détruirait une partie du collatéral
Nord
que
la
Révolution
a
respecté,
enfin
on
séparerait
absolument
l’église de son clocher ».
Il saisit de l’affaire le Président du Conseil des
Bâtiments Civils, et l’église est classée en 1840 ;C’est le projet de route royale le long des quais qui l’emporte.ZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
B -
ANALYSE DU SITE
30
I.5- INTERVENIR SUR L’ESPACE URBAIN Parallèlement
aux
mesures
de
sécurité,
les
maires
prennent,
dans
le
courant du 19
ème
siècle, des décisions qui, peu à peu, transforment l’espace
urbain hérité du Moyen Age.
•
Le plan d’alignement
La loi impériale du 16 septembre 1807, et le décret du 27 juillet 1808, imposent aux communes la révision du profil des rues de petite voirie, pour les rendre plus rectilignes, et les élargir. L’alignement proposé par les maires, via la préfecture et le ministère de l’Intérieur, est arrêté par le Conseil d’Etat. A la charité, le plan est levé à partir de 1809, la municipalité apporte des modifications jusqu’en 1845, après que le rue des Hôtelleries et la rue de Paris, déclassées de la grande voirie, devenues chemins vicinaux, aient rejoint le plan d’alignement, finalement homologué en 1846. En vertu de ces décisions, des maisons de la rue des Hôtelleries et de la Grande Rue notamment, débordant sur la chaussée, seront abattues et remplacées par des constructions alignées sur le plan général.
•
Transformations et créations de places
Trois places, lieux de marchés, sont source d’encombrement maximum, la place de la Verrerie, de l’Hôtel de Ville, et la place au-dessus de la halle aux grains. Marché
quotidien
depuis
1787,
la
place
de
la
Verrerie,
installée
sur
l’emplacement d’un jardin acquis par la Ville en 1699, a été agrandie en 1861, après démolition d’une grange qui verrouillait l’espace au Nord-Est.
Place de la mairie - 1900
Halle et Croix Saint-Vincent
La place de l’Hôtel de Ville est à l’origine simple élargissement de rues convergentes.
La
ville
acquiert
comme
bien
national
le
couvent
des
Récollets, qui s’étend jusqu’à la rue Sainte-Anne, détruit l’église, proche de la mairie, pour agrandir cet espace. Le dernier des bâtiments restants disparaît en 1869, et la place connaît différents projets d’aménagements. Le problème de la place qui entoure la halle (la Chaume aux Moutons), est tout autre : dans cet espace réduit et encombré, les voitures ont des difficultés pour tourner. En 1846, la ville donne son aval à un projet d’aménagement qui prévoit le nivellement de la place, avec un important soutènement et deux volées d’escaliers pour pallier la déclivité.
•
Création de nouvelles rues
Depuis le 18
ème
siècle existait le long du fossé extérieur du rempart Nord,
un chemin très malaisé, quasiment impraticable parce que fort pentu. Or, au début du 19
ème
siècle, les habitants, excédés par les dégâts causés
journellement
par
les
chevaux,
vaches
et
moutons
que
l’on
conduit,
à
travers
la
rue
de
Paris
et
la
Grande
rue,
aux
Pâtureaux,
prairies
communales situées de l’autre côté de la Loire, réclament un aménagement permettant d’utiliser enfin ce chemin, appelé à l’époque rue de la Fosse aux Lions (chemin de la Montagne).ZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
B -
ANALYSE DU SITE
31
chemin de la Montagne En 1809, le nivellement, les travaux d viabilisation et l’entretien de la « rue » sont adjugés à un entrepreneur. Mais les problèmes sont toujours identiques
en
1832,
et
le
chemin,
inaccessible
aux
voitures,
est
progressivement abandonné. Un
autre
chemin
longeant
le
mur
d’enceinte,
cette
fois
au
sud
et
à
l’intérieur, la rue du Puits de Converse, pose le même problème de pente. C’est en 1831 qu’il est transformé en escalier de 87 marches (on en compterait aujourd’hui 84 !) en pierres de Narcy avec contremarches en moellons de la carrière de La Pointe. Au milieu du 19
e
siècle, il n’existait que deux rues, à partir de la rue des
hôtelleries, pour rejoindre les quais et les abreuvoirs, les rues du Petit et du Grand Rivage, et quelques « traboules » étroites, dont le Ponteau de l’Abreuvoir. En 1857, après un échange sur le terrain de l’ancien hospice, le Conseil décide d’ouvrir une rue de proportions confortables, avec des trottoirs de 2 mètres
de
large,
pavée
de
cailloux,
qui
prendra
le
nom
d’Hyde
de
Neuville,
« un des plus illustres enfants de la ville (…), ancien ministre
de la Marine, homme d’Etat aussi distingué par son mérite que par son courage civique » (1858).
•
Les transformations liées au chemin de fer
La création d’une gare et d’un passage à niveau à La Charité, sur la ligne Paris-Nevers en 1861, transforme radicalement le paysage à l’Est de la Porte
Saint-Pierre,
par
le
développement
d’un
nouveau
vecteur
d’urbanisation. De nouvelles voies sont ouvertes pour faciliter l’accès au chemin de fer : rues du Crocodile ; rue des Glads, puis Glinglas, puis rue des Ecoles ; rue de la Pépinière, sur l’emplacement de l’ancienne pépinière de la Croix Bertignel ; rue de la Gare, bien sûr. Ce quartier, qui ne cesse de s’étendre vers l’Est, est caractéristique, sauf rue de la Gare, de l’urbanisation des faubourgs résidentiels du 19
e
siècle,
les pavillons remplaçant les maisons mitoyennes intra-muros, en une trame lâche et discontinue.
I.6- LES PREOCCUPATIONS HYGIENISTES •
Le problème des boues
« Il ne suffit pas qu’une ville soit dans une position avantageuse en bon
air
pour
croire
que
ce
même
air
est
toujours
salubre.
Les
fumiers, les boues et autres ordures qui séjournent continuellement et qui
croupissent
dans
les
rues
exhalent
des
odeurs
infectes
et
corrompent absolument l’air surtout par les chaleurs, ce qui occasionne quelquefois des maladies dont on ignore la cause ». Ce discours, préambule à un « projet de salubrité » pour la Charité datant de la
période
révolutionnaire,
montre
à
quel
point
la
grande
idée
hygiéniste de la seconde moitié du 18
ème
siècle, selon laquelle les effluves
nauséabonds
produisent
tôt
ou
tard
des
infections,
a
pénétré
profondément le pays. Sur ce principe, une lutte inégale entre les édiles et les ordures, et la victoire est bien longue à venir.ZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
B -
ANALYSE DU SITE
32
Les municipalités, depuis le 17
e
siècle, s’appliquent à contrôler les fluides
susceptibles d’infiltrer les sols et de les putréfier. Ainsi en 1765, ils ordonnent le pavage de l’égout (ou rigole) de la rue des boucheries
« qui
son issue dans rivière Loire
». Ils font paver, en 1832, la rue de la Prison,
véritablement
obstruée
par
les
fumiers
et
les
immondices
de
toute
nature, le pavage constituant une barrière aux imprégnations maléfiques. L’essentiel
de
cette
lutte
séculaire
s’organise
toutefois
autour
de
l’évacuation
des
déchets
en
dehors
de
la
ville.
Dès
1676,
dans
les
registres
municipaux,
il
est
fait
mention
d’une
« assemblée
portant
pouvoir d’entreprendre un charretier pour nettoyer les rues . Les baux d’adjudication des boues se succèdent avec régularité tout au long du 18
e
siècle, mais, à peu près au même rythme, arrivent au Conseil les plaintes des
habitants
à
propos
de
la
négligence
des
adjudicataires,
qui
sont
souvent
destitués.
Les tâches
des
boueurs
sont
toujours les
mêmes :
ramassage des ordures 2 fois par semaine, dépôt sur 4 emplacements réservés à cet effet, Porte de Paris, Porte de la Marche, de Saint-Pierre, Faubourg. Porte de Paris
Faubourg-1925
Les boueurs ne sont pas rétribués au 18
e
siècle, mais exemptés de la
charge de loger les gens de guerre, leur taille est réduite de moitié, et ils disposent de boues qu’ils peuvent vendre. Malgré un véritable programme de salubrité pour La Charité à la fin du siècle, l’adjudication du balayage des places publiques, la rémunération des boueurs à partir de 1792 (150
livres annuelles), la fin du siècle connaît de gros problèmes, les boues n’étant enlevées que de loin en loin. L’imprégnation
du
sol
et
de
l’air
par
les
matières
organiques
en
décomposition, que Chevreul, un des tenants de l’hygiénisme, redoutait tellement,
se
poursuit
au
19
e
siècle.
En
1811,
le
maire
est
obligé
de
préciser à nouveau les modalités du balayage privé, qui doit être achevé à 8 ou 9 heures selon la saison, les tas bien rassemblés le long des murs … il y aurait là quelque progrès, puisqu’ auparavant, le balayage avait plutôt un caractère exceptionnel ; ainsi, le maire ordonne de balayer devant sa maison pour le passage de la princesse Adélaïde de Savoie, fiancée au duc de Bourgogne, le 30 octobre 1696. Lorsque Napoléon emmène à Paris le pape Pie VII, et que celui-ci s’arrête à La Charité, le 28 brumaire an XII (1804), les propriétaires doivent, pour l’occasion, balayer 3 jours durant devant chez eux. En 1831, les particuliers du quartier de la Porte de Paris sont sommés d’ôter sous quinzaine leurs dépôts de fumiers, gravats, immondices, qui encombrent la promenade. Un conseiller membre de la Garde Nationale écrit
au
maire.
« Les
gardes
nationaux
allant
à
l’exercice
ou
en
revenant ont été obligés de rompre leurs files ou leurs pelotons pour éviter de se mettre dans la boue jusqu’au mollet ». Au total, peu de progrès peuvent être enregistrés au 19
siècle dans la
lutte
contre
les
« boues ».
La
remarque
du
maire
à
un
conseiller
qui
souhaitait la mise en place de pissoirs en ville, résume à elle seule le fatalisme dont la municipalité semble atteinte :
« Il
n’y
a
pas
lieu
de
s’occuper
de
l’établissement
de
pissoirs
avant
que
la
ville
ne
soit
pourvue
de
l’eau
nécessaire
pour
les
nettoyer
(….).
Il
y
a
lieu
seulement
pour
le
moment
de
prier
l’administration
des
Ponts
et
Chaussées de vouloir bien en faire établir sur le pont en pierres, de chaque côté de la pyramide » (1861).ZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
B -
ANALYSE DU SITE
33
•
L’abattage des animaux de boucherie
Les conditions d’abattage étant mal réglementées, les échevins, en 1702, dressent une liste des habitants habilités à tuer. Les bouchers achètent des bêtes, et les font pacager dans les communaux, dits « les Pâtureaux ». Les maires essaient de réglementer les pâturages :
« les bouchers de la
ville envoient journellement une quantité non limitée et considérable de moutons
qui
consomment
toute
l’herbe
des
Pâtureaux
qui
doivent
nourrir les vaches des habitants ».(
1762) Défense est faite alors aux
bouchers d’envoyer plus de 100 moutons, sous peine d’une amende de 20 livres. Cet arrêté sera repris quelques années plus tard (1787), preuve que l’interdiction n’a pas été respectée. Dans le quartier de la rue des Chapelains, un « magasin » sert de tuerie, mais les bouchers abattent aussi en ville. En l’an IX (1800), après une plainte
de
voisins
qui
parlent
« d’exhalaisons
nuisibles »,
la
mairie
interdit à un boucher d’abattre des animaux dans le bâtiment qui lui sert de tuerie, en plein centre-ville. Dans un semblable souci de contrôler le bétail intra-muros, elle défend, en 1807, de
« nourrir
des
animaux
immondes »
(des porcs) en ville ; les
bouchers ne pourront les garder chez eux que 24 heures. Il
n’est
qu’une
solution
pour
garantir
l’hygiène
de
l’abattage
et
débarrasser la ville d’une partie de ses fumiers : construire un abattoir. L’idée naît, non pas des bouchers, mais des habitants, en 1830. Entre ce moment et la construction, il se passe plusieurs années, pendant lesquelles on fait le choix d’un terrain, en dehors des murs et proche de la Loire, à l’angle de la rue de la Fosse aux Lions. Les travaux commencent en 1836, mais tout n’a pas été prévu : il faut ajouter aux constructions initiales un hangar pour saigner et griller les porcs, des latrines, un mur de soutènement derrière le bâtiment, qui s’écroule d’ailleurs à la première occasion, en 1840. Le coût de l’ensemble
est élevé (43000 francs), les bouchers prennent prétexte du danger pour demander de tuer ailleurs, ce qui leur est refusé. On répare, on agrandit encore, en acquérant un terrain en arrière de l’échaudoir.
Les
bouchers
semblent
avoir
adhéré
assez
tardivement
à
cette « institution » tôt venue dans le paysage charitois, d’autant que, là encore, la municipalité ne fait pas preuve d’une grande vigilance à
propos
du choix des fermiers adjudicataires et du suivi de leurs prestations. Les conditions
du
bail
passé
en
1854
sont
pourtant
draconiennes,
et
ne
transigent ni avec l’hygiène, ni avec la probité du bailleur, qui perçoit pour la mairie des droits fixés pour chaque type d’animal. Toujours est-il qu’en 1849, puis en 1868, l’abattoir est déclaré insalubre par la mairie et hors d’usage. Des travaux pour garantir l’hygiène des opérations d’abattage et de préparation des viandes (adduction d’eau) sont alors commandés de toute urgence. I.7- VIVRE AVEC LA LOIRE
•
Les ports, les quais, les chemins de halage
Il semblerait que depuis le 17
ème
siècle au moins, on ait eu la volonté
d’aménager les abords du fleuve, pour se protéger des eaux furieuses de crues qui dévastent tout sur leur passage, et apportent des quantités énormes de sable sur les rives, mais aussi pour utiliser au mieux les berges, à l’abri desquelles les bateaux chargent et déchargent toutes sortes de marchandises.ZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
B -
ANALYSE DU SITE
34
Chemin de halage –Début du siècle
Faubourg et pont sur la Loire - 1935
•
En aval du pont
Des travaux très importants ont profondément modifié l’aspect de la rive en aval du pont. Cette partie de la berge, basse, n’offrait pas de refuge naturel,
et
se
trouvait
être
un
danger
en
cas
de
crue,
une
fois
les
remparts démolis. En 1778, on décide donc de construire un quai (le Quai Neuf)
d’une
longueur
de
102
toises,
entre
le
pont
et
la
tour
d’angle
subsistant du rempart. Ces travaux d’envergure, terminés en 1780, exigent la démolition d’une dizaine de maisons, jardins, appentis des tanneries proches du rivage. Le remblai
important
que
réclame
la
construction
du
quai
nécessite
l’enfouissement des deux premières arches du pont. Quai Foch - 1921
Quai Foch – 2002 - GHECO
L’entrée de la ville est matérialisée par
« un pan coupé circulaire en tour
creuse qui sera ménagé à l’entrée du côté de la grande rue pour en faciliter le tournant ».
Le Conseil municipal, fier de cette
« demi-lune »
construite à l’entrée du pont, a l’intention, en 1782, de poser une table de marbre
noir
où
seront
« gravées
en
lettres
d’or
les
marques
de
reconnaissance qui doivent les habitants ce cette ville à M. Boucher, Inspecteur
général
des
Turcies
et
Levées
(..),
qui,
pour
son
attachement
pour
cette
ville,
l’a
décorée
de
réparations
et
constructions aussi utiles qu’agréables. » …
•
En amont du pont
L’amont
du
pont
était
un
port
dont
l’activité
se
déployait
autour
du
Grenier à Sel. Au 18
siècle, il est nommé « Vieux Quai », ce qui suppose un
aménagement antérieur qu’il est aujourd’hui impossible de dater. C’est seulement au 19
ème
siècle que ce quai fait l’objet de travaux. Il
existait déjà une levée depuis La Charité jusqu’au hameau de Voluray, puisqu’en
1807,
à
la
suite
d’un
accident
qui
coûta
la
vie
à
plusieurs
personnes, le maire demande au service de la navigation d’y construire, pour servir de garde-corps, une banquette de 50 cm de haut. Le chemin de halage du Vieux Quai avait l’inconvénient d’être incommode et étroit ; en 1833, on abat de vieux ormes qui gênent le passage, et dont les racines déchaussent le pavage. Les propriétaires riverains sont tenus, la même année, de râper les haies de façon à laisser libre un passage de 4 mètres. En 1839,
les
travaux,
prévus
depuis
1823,
mais
retardés
par
des
négociations avec les riverains, commencent enfin : on élargit le quai, on établit un chemin de halage et une chaussée passant sous le pont, la suite des travaux en aval devant avoir lieu dans la foulée.ZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
B -
ANALYSE DU SITE
35
Le pont sur la Loire
Quai Clémenceau - 1934
Cette partie du quai, juste en amont du pont, prend alors l’aspect qu’elle va conserver
jusqu’au
20
e
siècle :
dévolue
au
lavage
du
linge,
avec
le
premier bateau « lavandier » installé en 1839, le second en 1840 ; ils seront
trois
bateaux-lavoirs
côte
à
côte,
à
la
fin
du
19
siècle.
Aux
parapets du quai sèchent de grandes pièces de toile, et des draps sont installés sur un fil tendu de façon à ne pas gêner le halage.
•
Les ports
Au 19
e
siècle, les ports les plus importants sont ceux de l’île du faubourg,
la Tête de l’Oure (Ours, Ourthe), et la Saulaie. Les glaces de l’hiver 1789-90, puis les crues de 1790, avaient mis à mal la Tête de l’Ourthe :
« le port de l’Eperon, autrefois appelé la Tête de
l’Ours, avait été excavé en plusieurs endroits, le perré endommagé ». Le faubourg tout entier s’était trouvé en grand danger d’être emporté. Réparé l’année suivant, il retrouve son activité. La Tête de l’Ourthe et la Saulaie sont des endroits très encombrés : en 1809,
les
dépôts
de
marchandises,
bois,
charbon,
moellons,
tuiles,
carreaux, ardoises, chaux, sel, ont envahi les chemins de halage, les glacis, les alentours des abreuvoirs. Ces entrepôts sont adjugés pour 6 ans à un fermier qui exercera la police des quais.
A
plusieurs
reprises,
entre
1816
et
1826,
l’Ingénieur
des
Ponts
et
Chaussées doit interdire des dépôts sauvages, et défendre l’idée que les chemins de halage sont utiles à la Tête d l’Ours. L’activité de ces entrepôts, plutôt qualifiés de « chantiers » dans les archives, décline dans la seconde moitié du 19
e
siècle. En 1877, le Service
de la Navigation autorise la Ville de La Charité à planter d’arbres
«l’ancien
port de l’Ourthe, sur le quai et la partie triangulaire à la pointe de l’île ».
•
Se protéger des crues
C’est, plus encore que la ville basse de La Charité, le faubourg, qui a souffert constamment des crues. Déjà, au 17
ème
siècle, on avait aménagé le cours de la Loire au niveau du
faubourg : en 1665, le prieur, seigneur de La Charité, doit rétablir le bâti « resserrant
la
rivière »,
moyennant quoi, il pourra planter des saules
dans le terrain que la rivière occupe. Quelques années plus tard, en 1678, 100 arpents de terre, la chaussée, la levée ayant été emportée par une crue, la construction d’une chevrette, sorte de digue reliant la pointe sud de l’île à la rive gauche du fleuve, est décidée. A-t-elle été réalisée dès cette époque ? La crue de 1690 a ravagé le faubourg et la rive gauche de la Loire, qui a été recouverte de sables : un ordre royal impose de rétablir la levée. En 1744, la communauté des habitants de La Charité s’adresse à Trudaine, alors directeur des Ponts et Chaussées dans le but d’obtenir, en plus de la réalisation de la chevrette, déjà bien avancée, la construction d’un quai sur la rive droite, le long de la ville :
« par
la
construction
de
cette
chevrette, l’on voit visiblement que toutes les eaux de ladite rivière tomberont du côté de cette dite ville, duquel côté de cette dite ville, il n’y a ni quai ni défense, les eaux pénètreront jusque dans la ville etZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
B -
ANALYSE DU SITE
36
feront dommage aux murailles et aux murs des maisons qui les feront écrouler. (…) Il serait nécessaire qu’il y eût un qui au long de ladite ville,
de
la
largeur
convenable,
par
muraille,
ou
par
glacis,
en
elle
sorte que (…) les habitants puissent avoir l’usage d’un port ». Après
les
crues
meurtrières
de
1846
et
1856,
la
totalité
des
habitants du faubourg demande un endiguement de la Loire ; supplique réitérée par le maire au service de la Navigation en 1860, d’autant que
des
maisons
minées
par
l’eau
ont
dû
être
reconstruites,
les
jardins désensablés… Le service de la Navigation tergiverse sur les mesures à prendre. Il est finalement décidé, en 1862, d’abaisser la chevrette, et pratiquer des débouchés pour les eaux du côté du pont reliant l’île à la rive gauche. La dernière crue importante du siècle, en 1866, frappe encore La Charité ; cette fois on accuse la nouvelle digue du Berry, qui s’étend le long de la rive
gauche
depuis
La
Charité
jusqu’à
Marseilles-les-Aubigny,
d’avoir
rejeté les aux et les sables sur la ville.
•
Histoires de ponts
C’est à la fin du 19
ème
siècle que le commerce sur le fleuve, relayé par le
trafic sur le canal latéral à la Loire et le chemin de fer, s’effondre assez brutalement. La Charité demeure toutefois, pour quelques années encore, un important bourg de marché, les populations des deux rives de la Loire maintenant leurs habitudes Séculaires d’échanges de proximité. Bien que plusieurs fois démoli et reconstruit, le pont de pierre, entre la ville et le faubourg, conserve la morphologie d’un pont du 16
ème
siècle.
Entre l’île du Faubourg et la rive du Berry, les ponts successifs ont connu bien des vicissitudes, probablement à cause de la nature même du lit qui reçoit leurs fondations, moins stable que sur la rive droite du fleuve.
Dès 1627, le seigneur prieur se préoccupe de remplacer le pont de bois existant par un pont de pierre ; mais en 1658, à l’occasion d’une débâcle de glace très menaçante, on apprend que ce vieux pont de bois, dit du Berry, a été emporté. Pont de pierre Monseigneur Colbert, prieur et seigneur, entreprend alors d’édifier un pont
de
pierre,
dont
la
construction
s’achève
en
1673.
Ouvrage
apparemment
peu
fiable,
puisque
3
arches
donnent
de
sérieuses
inquiétudes en 1724. Les échevins, alarmés par la nouvelle de la nécessité d’une
reconstruction
totale,
et
donc
des
difficultés
prévisibles
et
durables de communication avec le Berry, font remontrance à l’intendant de la Généralité de Bourges, lui demandant d’autoriser une réparation partielle. Pont Neuf En fait, à cause peut-être du coût induit par une reprise complète en pierre,
on
se
contente
de
reconstruire
en
bois.
Une
compagnie
du
régiment Royal Marine est chargée des travaux et prend ses quartiers pour des années à La Charité, le « Pont Neuf » n’étant livré qu’en 1763. L’hiver 1789-90 fut rude, et les glaces s’accumulèrent contre ce nouveau pont qui fut emporté à son tour. Pont provisoire Un ponton et le service d’un « charrière » (bac) sont immédiatement mis en place pour éviter la rupture des échanges avec le Berry, tandis qu’un pont de service en bois s’édifie. Les plaintes des usagers arrivent très vite : la passerelle n’a que 4 pieds et demi de large (moins d’1,50m !), elle ne couvre que les 2/3 du bras de la Loire, le reste étant constitué d’une petite levée, elle n’est élevée que de 6 pieds au-dessus des basses eaux, (2 m), les bêtes risquent des accidents…ZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
B -
ANALYSE DU SITE
37
Bien sûr, ce petit pont est enlevé par les crues en 1799, et réparé grâce à une souscription publique. Entre temps, un pont de bois a été mis en construction, les gros matériaux, bois, grumes et pieux sont entreposés à la Tête de l’Ourthe, le bois carré et les épures à la Saulaie. Ce pont provisoire est achevé en 1805. Il doit être continuellement réparé ; en 1831, l’idée de le remplacer par un pont de pierre fait son chemin. Pont de fil en fer Une équipe de commodo et incommodo est lancée en 1835. L’état avait avancé la possibilité d’une construction métallique, qui fait plutôt peur : le premier pont suspendu français date de 1822, il n’y a pas assez de recul pour juger de sa fiabilité. Un système mixte est adopté et réalisé, qui conjugue maçonnerie et métal : 2 arches de pierre sont appuyées sur les rives, et reçoivent des pylônes supportant des câbles d’une portée de plus de 109 mètres. Vives
inquiétudes,
dès
1845,
pour
le
pont
suspendu,
que
les
édiles
appellent le
« pont de fil de
fer »,
dont les fils formant les câbles ont
tendance à s’oxyder et à rompre. A force de plaintes, de réclamations, d’études, on décide de démolir ce pont mal en point. Pont de fonte Il est remplacé, en 1868, par un pont appuyé sur les précédentes
culées,
et sur des piles intermédiaires. C’est le pont de fonte, dont les éléments ont été fabriqués par la société Commentry-Fourchambault. Son état est jugé inquiétant dès le début du 20
ème
siècle…ZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
B -
ANALYSE DU SITE
38
B-II. PATRIMOINE BATI
II.1 – LES PROTECTIONS «MONUMENTS HISTORIQUES»
Classements successifs du
prieuré
de la Charité-sur-Loire
Liste de 1840
Protections en 1930
Protections en 1979
Protections en 2000
Avis de la Commission Supérieure des Monuments HistoriquesZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
B -
ANALYSE DU SITE
39
Liste des Monuments Historiques à La Charité-sur-Loire (source : DRAC) N°
Monuments classés
Date de protection
Précisions
1
Restes des remparts
17 novembre 1937
Parties protégées : enceinte ; tour. Vestiges du 4
e
quart 14
e
siècle. Propriété de la commune
2
Eglise Sainte Croix
Classement par liste de 1840
Située sur la route de Saint-Jacques de Compostelle, l’église Sainte Croix a été édifiée au 12
e
siècle. La nef de cette
église s’est effondrée au 17
e
siècle.
3
Eglise clunisienne et chapelle (vestiges)
Classement par arrêté du 7 septembre 1979
Cad.AW 172. Propriété de la commune.
N°
Monuments inscrits à l’inventaire des M.H.
Date de protection
Précisions
4
Eglise paroissiale Sainte Croix (ancienne)
Inscription par arrêté du 24 août 1927
Restes de l’ancienne église paroissiale Sainte Croix
: inscription par arrêté du 24 août 1927. Les restes du
collatéral Nord sont intégrés dans des propriétés privées. 7, 9, 11 place Sainte Croix
5
Abbaye (ancienne) ou ancien prieuré
Inscription par arrêté du 6 novembre 1929 et du 7 janvier 1946
Salle capitulaire, entrée du prieuré
(Cad. AW 131),
logis du prieur
(cad. F 141, 143) : inscription par arrêté du 6
novembre 1929 /
Rampe en fer forgé
située dans le corps de bâtiment de l’ancien prieuré : inscription par arrêté du
7 janvier 1946
6
Grenier à sel (ancien)
Inscription par arrêté du 2 avril 1980
Façades et toitures
(cad. AX 13, 14, 18, 19) : inscription par arrêté du 2 avril 1980. Propriété d’une personne privée.
Grenier à sel situé rue du Grenier à sel.
7
Hôpital (ancien)
Inscription par arrêté du 12 octobre 1929
Les deux portes renaissance
: inscription par arrêté du 12 octobre 1929.
31 rue des Chapelains. Propriété d’une personne privée.
8
Immeuble
Inscription par arrêté du 20 octobre 1971
Porte monumentale
(cad. AX 52, 2 a 31 ca) : inscription par arrêté du 20 octobre 1971
17 quai Clémenceau. Propriété d’une personne privée.
9
Immeuble
Inscription par arrêté du 9 juin 1971
Façades et toitures ; ancien réfectoire des moines ; ancienne salle à manger, avec son décor
(cad. AW 444, 27
a 67 ca) : inscription par arrêté du 9 juin 1971 - 8 cour du château. Propriété d’une société privée.
10
Immeubles
Inscription par arrêté du 27 octobre 1971
Façades et toitures ; escalier
(cad. AW 128, 129, 473) : inscription par arrêté du 27 octobre 1971.
4 et 6 cours du château. Propriété d’une personne privée.
1 1
Maison
Inscription par arrêté du 13 octobre 1971
Façades et toitures sur rue
(cad. AW 29, 73 ca) : inscription par arrêté du 13 octobre 1971
2 quai du Maréchal Foch. Propriété d’une personne privée.
12
Maison dite du Sabotier
Inscription par arrêté du 22 juin 1956
Façades sur rue et versants de toiture correspondants
(cad. F 1052, 73 ca) : inscription par arrêté du 22 juin
1956 / 2 rue des Hôtelleries, 22 rue du Petit Rivage. Propriété d’une personne privée.
13
Maison
Inscription par arrêté du 13 octobre 1971
Portail et passage vouté
(cad. AW 154, 90 a) : inscription par arrêté du 13 octobre 1971- 23 Grande-rue. Propriété
d’une personne privée.
14
Maison
Inscription par arrêté du 17 février 1972
Façades et toitures sur rue
(cad. AX 1, 1a 16 ca) : inscription par arrêté du 17 février 1972
1 quai Clémenceau. Propriété d’une personne privée.
15
Maison
Inscription par arrêté du 14 mai 1927
Maison du 15
e
siècle, près de l’église Sainte Croix
. Propriété d’une personne privée.
16
Pressoir (ancien) du prieuré
Inscription par arrêté du 12 octobre 1929
Porte
: inscription par arrêté du 12 octobre 1929.
16 rue des Chapelains. Propriété d’une personne privée.
17
Eglise Saint-Pierre (ancienne)
Inscription par arrêté du 15 octobre 1971
Restes de l’ancienne église Saint-Pierre
(cad. AW 489, 3 a 25 ca -
490, 52 ca) : inscription par arrêté du 15
octobre 1971 / 1 avenue Gambetta, 1 place Saint-Pierre. Propriété d’une personne privée.
18
Ancien domaine prieural
Inscription par arrêté du 20 octobre 2000
Cellier, porterie, sols du prieuré et de l’ancienne église Saint-Laurent, vestiges de l’église prieurale Sainte Croix
, en totalité, situées sur les parcelles n°s 80, 108, 109, 111, 125, 126, 131, 138, 139, 140, 142, 149, 150, 163, 164,
165, 171, 188, 519 d’une contenance respective de 1a 37ca, 5a 72ca, 8a 43ca, 12a 07ca, 2a 35ca, 1a 20ca, 1a 06ca, 47ca, 24ca, 21ca, 48ca, 28ca, 50ca, 64ca, 60ca, 15 a 50ca, 2 a 20ca, 95ca, 1 ha 33 a 4caZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
B -
ANALYSE DU SITE
40
II.2 – LE PATRIMOINE NON PROTEGE
Le patrimoine de la Charité-sur-Loire est riche et diversifié. Au sein de la ville ancienne et des faubourgs, de nombreux immeubles présentent un intérêt soit pour :
- leur aspect architectural, - leur rareté, - la présence d’éléments archéologiques ou historiques, - leur ancienneté ou leur singularité (dont la richesse décorative), - leur
participation
à
la
création
d’un
ensemble
homogène
et
constitutif de l’ensemble urbain (unité des styles, d’échelle,…)
Ceci concerne également le petit patrimoine au sein de la ville (puits, portes, bornes, …), les murs de clôtures, les ouvrages hydrauliques mais aussi le patrimoine bâti des « écarts », au sein des espaces agricoles. L’ensemble de ce patrimoine a été identifié et protégé au titre de la Z.P.P.A.U.P..
Quelques éléments d’histoire sur des édifices publics
Source : La Charité-sur-Loire – Une histoire urbaine du Moyen-Age à nos jours – Marie-José Garniche
•
Les hôpitaux
L’Hôtel-Dieu : hospice civil et militaire L’Hôtel-Dieu, situé près de la Porte de la Marche, avait été construit entre 1681 et 1690. Sa position entre le rempart Ouest et la rue des Hôtelleries ne permettait aucun agrandissement.
Le 13 janvier 1853, le maire constate que l’hospice civil et militaire
« n’a
ni cours, ni jardins, ni promenoirs où les malades puissent respirer un air pur et bienfaisant, pas de salles séparées pour les opérations et les maladies contagieuses, pas de laboratoire pour la préparation des médicaments, pas de salles particulières pour les malades qui désirent être seuls ». Or, les Visitandines qui occupaient un ancien couvent de bénédictines, quittent La Charité pour Nevers. Occasion à saisir : cet établissement est situé sur la « montagne », il occupe 42 ares, et la plupart des bâtiments sont neufs. Le coût d’acquisition et de travaux s’élève à 58000 francs environ. En septembre1856, le transfert de l’hôpital s’effectue, écrit le curé dans le journal paroissial,
« sans cérémonie aucune ».
Hôtel Dieu Grand Monarque Il
faut
attendre
la
fin
du
19
ème
siècle pour que des agrandissements et
la
construction
de
nouveaux
pavillons
permettent
une
certaine
mise aux normes de l’époque.
chapelle – rue des hôtelleriesZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
B -
ANALYSE DU SITE
41
Loire et hôpital – 1902 Le dépôt de mendicité : asile d’aliénés Un
autre
établissement
hospitalier
prend,
au
19
ème
siècle,
une
place
considérable dans la ville, le Dépôt de mendicité. Il est installé, hors les murs, dans le vaste domaine de la manufacture de quincaillerie et de boutons fondée en 1756 par Michel Alcock, cédée à Hyde de Neuville en 1788, et acquise par le département de la Nièvre le 29 juin
1809.
Cet
achat
prend
place
immédiatement
après
le
décret
impérial
du
5
juillet
1808,
qui,
dans
l’esprit
d’une
loi
révolutionnaire
promulguée mais jamais appliquée, institue dans chaque département un Dépôt de mendicité. A
cette
époque,
la
mendicité
est
confondue
avec
le
vagabondage,
considéré comme un fléau des campagnes encore plus que des villes, et regardé comme un délit, les tenants de l’hygiénisme
« caressent le projet
d’évacuer
tout
à
la
fois
l’ordure
et
le
vagabond,
les
puanteurs
de
l’immondice
et
l’infection
sociale ».
(Alain
Corbin,
le
miasme
et
la
jonquille). La Charité se trouve ainsi placé au cœur du dispositif,
n’étant toutefois
que le « dépositaire » de l’établissement installé sur son territoire. En 1808, le domaine acquis par le Département se compose d’une avant- cour, d’une maison de maître, d’un jardin, de divers corps de bâtiments, écuries, cours, autres dépendances, le tout clos de murs. Les forges, qui existent encore, non comprises dans la vente, seront démolies. L’établissement est prêt à recevoir, en 1812, une centaine de mendiants, dans les bâtiments primitifs auxquels on a adjoint une chapelle. Un devis de 1814 prévoit la construction de 12 cellules supplémentaires. En 1820, le Dépôt est transformé en
« maison
de
correction
et
de
refuge
» ; mal géré, onéreux, l’établissement devient
« l’égout des filles
publiques
et
des
vénériens
de
la
ville
de
Nevers »
, on y soigne les
malades
« que
la
nature
même
de
leur
mal
fait
repousser
des
hospices ».
(E.Duminy, Petit Charitois, 11 déc. 1909).
C’est en 1835 que la maison devient asile départemental d’aliénés. Les acquisitions de terrains, les agrandissements, la construction de nouveaux bâtiments, se succèdent sans discontinuer jusqu’à la fin du siècle : en 1845,
on
édifie
des
bâtiments
séparés
pour
les
« furieux »
et
les
« paisibles »
; on aménage les abords, en canalisant la rivière Douceline
qui coulait dans un terrain vague devant l’établissement. On clôt la façade de l’asile, on ouvre au culte une chapelle en 1854. Par la suite, les agrandissements viseront à séparer les malades selon la nature de leur maladie (pavillon des épileptiques, cellules des femmes agitées etc …).ZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
B -
ANALYSE DU SITE
42
Parallèlement, le domaine horticole et viticole, élément important de la cure, s’étend par l’acquisition de la Grande Joada, qui ajoute 10 hectares aux 4 entourant l’asile. Bâtiment au sein de l’ancienne manufacture royale
•
Du cimetière paroissial à la ville des morts
Sous l’Ancien Régime, il existe à La Charité, outre ceux des communautés religieuses, plusieurs cimetières, entourant les églises paroissiales Saint- Jacques,
Saint-Pierre,
Sainte-Croix.
Ce
dernier
est
situé
dans
la
nef
ruinée de Notre-Dame, et sera renforcé d’un cimetière « au bout de la rue des Chapelains », autorisé en 1693 ; en 1694 est établi le cimetière du nouvel Hôtel-Dieu, au-devant de la Porte de La Marche. Pendant la Révolution, on déplore la surpopulation du cimetière Sainte- Croix, devenu
« insuffisant »
en l’an VI (1797). Le Conseil envisage alors
d’utiliser le cimetière de la rue des Chapelains,
« qui a déjà servi »,
et
éventuellement de l’agrandir. En 1800 (an VIII),
« il
est
dans
le
plus
mauvais état possible, (…) entièrement ouvert à tous les animaux qui fouillent
la
terre
et
profanent
le
respect
dû
aux
centres
de
nos
ancêtres qui y reposent ».
Sous l’influence des hygiénistes, le Consulat, grand réorganisateur, émet un décret, le 12 juin 1804, dont l’application transformera radicalement, au 19
e
siècle, le paysage urbain français : les cimetières des villes devront
être fermés, et transférés en dehors des cités, dans des lieux vastes, clos, de préférence exposés au Nord. A la Charité, après la réunion des 3 paroisses
en
une
seule,
en
1791,
seul
le
cimetière
Saint-Pierre,
au
Faubourg
Saint-André,
entre
la
route
de
Varzy
et
celle
de
Raveau,
recevait
les
inhumations.
A
la
fin
de
1804,
le
maire
affirme
que
ce
cimetière de bonne dimension, établi sur un terrain sec et pierreux, peut facilement absorber le décès annuel de 140 individus, et satisfait ainsi aux exigences du décret. On ne se préoccupe donc pas de transférer ailleurs le cimetière avant 1832 (le décret prévoyait un délai d’application de 10 ans). A cette date, le Conseil
décide
d’acquérir
un
terrain,
et
choisit,
après
bien
des
hésitations, un champ à la Queue de Mouton, couvrant presque un hectare. Les travaux d’installation suivent, en 1834-35. Cimetière au lieu dit queue de mouton Ce nouveau
cimetière
rompt
avec
les
habitudes
passées :
il
est
bien
circonscrit et clos de murs (appareillés en moellons de la carrière de Sourdes,
commune
de
Varennes-les-Narcy),
divisé
en
allées
avec
des
allées plantées d’arbres, qui en font une sorte de jardin public. Plus tard,ZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
B -
ANALYSE DU SITE
43
en 1862, on abattra quelques arbres « de peu de valeur », et en 1872, 67 peupliers et 2 noyers arrivés à maturité seront adjugés. Les lieux d’inhumation sont séparés en 3 sections : 4389 m2 sont réservés aux
« cadavres au
- dessus de 7 ans »
; 1794 m2 aux enfants ; 1310 m2
sont
concédés,
temporairement
pour
30
ans,
ou
à
perpétuité.
Ces
concessions, qui répondent aux aspirations de tombes individuelles, sont la grande
nouveauté
de
l’époque.
Les
sépultures,
dès
lors
identifiables,
comportent de épitaphes en forme de faire-part : un texte dresse le portrait du défunt et invite à prier pour le repos de son âme. Le style des tombes s’inspire de l’antique. Stèles, colonnes, marquent verticalement le lieu de l’inhumation. En 1844, la Ville entreprend déjà des réparations aux murs de clôture, à l’entrée, dont la partie circulaire est à reconstruire complètement et à ré- enduire. Une grille de fer ouvragée ferme l’ensemble (1845). La chapelle, elle aussi menace ruine, dès 1847. Le chevalier Billebault, notable et conseiller municipal, la reconstruit à ses frais, et fait creuser au fond un caveau pour sa famille, lui-même et la famille Choumery qui lui est
apparentée.
La
municipalité
n’entretiendra
pas
mieux
la
nouvelle
chapelle.
Totalement
délabrée,
celle-ci
et
démolie
par
l’ancien
maire
Choumery, qui édifie à la place un monument familial. La chapelle et le caveau, d’abord construits par les notables, sont des éléments caractéristiques de l’architecture des cimetières après 1850. Les cimetières des années 1820-1830, hérissés de stèles individuelles et plantés de grands arbres, de rosiers et d’arbustes, correspondaient à l’idée
romantique
selon
laquelle
la
nature
compatit
à
la
douleur
des
familles. Désormais, prime une conception plus familiale de la mort, qui réunit les êtres chers : les tombes jumelées, les enclos renfermant dans leurs
grilles
toute
une
lignée,
peuplent
les
allées
d’un
cimetière
transformé
en
une
véritable
ville,
impression
accentuée
par
l’encombrement
que
constituent
les
sépultures
horizontales,
qui
ont
remplacé les stèles dressées des débuts. A l’exemple des villes de cette époque, les cimetières deviennent vite exigus. Celui de La Charité, 40 ans après sa création, fait l’objet d’un agrandissement en 1877.
•
Les bâtiments institutionnels
A la sortie de l’Ancien Régime, les villes, en quelques années, ont dû faire face à ce problème : trouver des immeubles répondant à des fonctions qui n’étaient
pas
jusqu’ici
du
ressort
des
municipalités.
Prison,
tribunal,
justice
de
paix,
gendarmerie,
assez
tard
dans
le
19
e
siècle,
se
sont
trouvés réduits à l’état d’équipements techniques, purement utilitaires, non identifiables en tant que tels, n’étant revêtus d’aucun caractère et d’aucune esthétique officiel. L’impression que l’on retire de la lecture des archives de La Charité est assez pénible : ces locaux changent constamment de place, se remplacent les uns les autres dans les mêmes bâtiments, jouant une partie épuisante (pour le lecteur), de chaises musicales. Les bâtiments nationalisés pendant la Révolution servent bien souvent à héberger ces nouveaux services ; à La Charité, le couvent des Récollets sur la petite place près de l’église, joue ce rôle et devient établissement public en 1806 après la démolition de l’église. Le démarrage des constructions officielles a lieu dans les années 1835, époque
d’une
municipalité
qui
semble
avoir
eu
à
cœur
de
mettre
aux
normes architecturales ses institutions.ZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
B -
ANALYSE DU SITE
44
Le Temple de l’Etre Suprême Pendant la période révolutionnaire, on assiste à une explosion (obligatoire) de lieux nouveaux, à vocations diverses, le plus significatif d’entre eux étant le Temple de l’Etre Suprême, situé dans le seul espace anciennement sacré et prestigieux : l’église Notre-Dame. Il devient an l’an VI (1797), le temple décadaire, où tout citoyen doit se rendre, chaque décadi (jour chômé, le dixième de la décade), pour y entendre la lecture des lois, des avis de décès, assister à des mariages, des jugements… il est matérialisé, dans la grande nef, par une enceinte de 42 pieds de long (environ 14 mètres), renfermant un Autel de la Patrie, une tribune, des bureaux, des places pour les officiels et les élèves des deux sexes. Des fêtes ont lieu dans ce temple, l’Anniversaire de la Juste Punition du Roi des Français, la fête de la Souveraineté Publique, et le 20 prairial an VII
(1799),
les
fêtes
funéraires
des
ministres
Bonnier
et
Roberjot,
plénipotentiaires assassinés par les autrichiens ; cette cérémonie donne lieu à une véritable scénographie funéraire. Par un subtil glissement de sens, le Temple de l’Etre Suprême devient « Temple de l’Eternel ». On y célèbre pêle-mêle, le 15 août 1807, la Saint- Napoléon, l’anniversaire de la naissance l’Empereur, le rétablissement de la religion, les traités de paix avec la Prusse et la Russie, et, en procession, on se rend sur la nouvelle place, pour la baptiser Place Napoléon. L’Hôtel de Ville L’Hôtel de Ville, acquis en 1698, tombe de vétusté en 1761 : escalier dangereux, salles non plafonnées, infiltrations, planchers en miettes… Le Cardinal de Bernis, seigneur prieur de La Charité, finance un aménagement plus significatif de la grande salle, en y installant un siège de judicature digne de ce nom.
Des projets de reconstruction de la façade semblent dater du tout début du 19
e
siècle, mais à part quelques travaux intérieurs en 1816, la mairie
reste dans l’état jusqu’en 1836, date à laquelle l’architecte Paillard remet un devis de reprise complète du bâtiment, établi sur deux étages. Antoine Choumery, maire, réceptionne les travaux en 1838. Le classicisme prudent et un peu austère de la façade, la double
volée
de
l’escalier,
officialisent enfin la fonction du bâtiment. Plus tard, la mairie abritera une
succursale
de
la
Caisse
d’Epargne de Nevers (1848), et
plus
tard
encore,
le
télégraphe (1866).
Mairie
La prison Le sort de la prison est lié à celui de l’hôtel de ville, puisqu’elle occupe le même bâtiment, juste en dessous, donnant dans la rue de la Prison d’un côté,
et
dans
la
rue
des
Ourbes
de
l’autre.
Pendant
la
période
révolutionnaire, la prison, qui sert pour tout le district, extrêmement délabrée, se compose en tout et pour tout d’une chambre, d’un cachot et d’une cour. « Les prisonniers sont entassés dans une même prison, si vous voulez donner ce nom à une voûte très malsaine de 8 pieds de large (2,70 mètres) sur 10 à 12 de long (4 mètres) et à une autre qui est à côté de 10 pieds de long et 4 de large, une cour de 15 pieds (5 mètres) de long
et
12
de
large,
dans
laquelle
le
soleil
ne
donne
presque
jamais, et qui est infectée par des lieux d’aisance et un puits perduZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
B -
ANALYSE DU SITE
45
qui reçoit les égouts et les eaux de tous les bâtiments qui entourent cette cour ». (1796). Après une évasion de 4 détenus par un trou du mur de la rue des Ourbes, un devis des réparations les plus urgentes est établi ; sans lendemain. Le maire s’adresse au sous-préfet, à qui il décrit les conditions de détention, et la
promiscuité
qui
règne
entre
les
deux
sexes.
Le
sous-préfet
souhaiterait que le couvent des Récollets, concédé à la Ville en 1809, soit réutilisé pour y loger la prison, le tribunal de police, la justice de paix, la gendarmerie. Un projet de Paillard, non daté, nous est parvenu. Il existe des projets de transformation de la prison, mais il est difficile aujourd’hui
d’apprécier
ce
qui
a
pu
être
réalisé,
assurément
l’exhaussement
des
murs,
et
la
reconstruction
de
la
façade
rue
des
Ourbes.
A
la
suite
de
la
fermeture
de
la
chambre
de
sûreté
par
la
préfecture, en 1856, à cause des conditions catastrophiques de détention, le maire imagine un projet de prison plus grande, qui ne se fera pas. La justice de paix Elle voyage beaucoup au cours du siècle, logée d’abord dans le couvent des Récollets,
au-dessus
de
l’ancien
cloître.
En
1837,
elle
s’installe
provisoirement à la mairie, puis au collège. On retrouve dans les archives des devis de travaux en 1831, 1839,1853, mais on ignore s’ils furent suivis d’exécution. En 1868, le local de la mairie est jugé trop exigu : la justice de paix se transporte alors dans l’ancienne salle d’asile des filles, louée à madame Lebault, dans la cour du Château. La gendarmerie Très modeste pendant la Révolution (effectif : 2 hommes), la gendarmerie n’a pas de locaux propres, mais des chambres en ville (an VIII, 1799).
Elle est aux Récollets en 1804, dans une partie du couvent très dégradée ; puis, elle est à nouveau dans une maison louée, en 1817, à la vicomtesse de Lespinasse. On répare continuellement ce local inadapté. Un troisième gendarme venant en 1836 renforcer la brigade, on recherche une « caserne » plus spacieuse. Le couvent de Récollets, une fois encore, est
mis
à
contribution,
et
l’architecte
Paillard
propose
un
plan
de
bâtiments officiels intégrés, avec une construction « capable de loger convenablement la justice de paix, la gendarmerie, un instituteur, de 120 à 160 élèves, aux frais de la commune ». Tout n’est pas réalisé, mais la gendarmerie prend place dans le bâtiment du collège qui vient d’être fermé. Il y a maintenant 6 gendarmes, avec leurs chevaux ; Pour agrandir la place, la Ville décide, en 1867, de démolir la gendarmerie, qui sera à nouveau logée en ville.
•
Les écoles
Le collège L’ancien collège, crée par décision de l’évêque d’Auxerre en 1707, est supprimé à la Révolution, en 1791. Rétabli en 1807, il est installé dans le bâtiment proche de l’hôpital, appartenant aux bénédictines du Mont de Piété, dans une petite rue baptisée alors rue du Collège. Le bail de la maison expiré, il déménage tout naturellement aux Récollets, en 1817. On envisage alors de procéder à des améliorations, et notamment de lui offrir une façade plus conforme à sa fonction solennelle : l’escalier projeté sera-t-il un fer à cheval surmonté d’une porte néo-classique à métopes et triglyphes, ou bien une volée de marches en rotonde enserrant un édicule supportant une urne ? Ni l’un, ni l’autre, ces projets de 1821 ne verront jamais le jour.ZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
B -
ANALYSE DU SITE
46
Quelques travaux de confort seront financés par la Ville ; des réparations incessantes, ajoutées au manque de résultats du collège, conduisent la municipalité à le fermer, en 1837. Le collège privé qui va s’ouvrir par la suite, dirigé par le père de Camille Barrère n’aura lui aussi qu’une brève existence. Les écoles primaires La première école semble être celle qui s’est ouverte en 1694, sur ordre de Monseigneur Colbert, seigneur et prieur, avec la collaboration de la communauté
des
habitants,
qui
financent
les
gages
du
maître,
les
fournitures et la salle de classe dans l’ancien Hôtel-Dieu. Elle vivote tout au long du 18
ème
siècle, et doit être fermée à la Révolution ; une citoyenne
Lebeuf est autorisée, en 1793, à ouvrir une école publique. A partir de 1830, deux écoles d’enseignement mutuel, l’une de filles, l’autre de garçons, fonctionnent à La Charité, regroupant 80 filles et 90 garçons. La municipalité est à la recherche, en 1842, d’un nouveau local pour l’école de garçons : leur choix se porte sur la maison Ojam, à l’angle de la rue de la
Montée
Saint-Jacques
et
de
la
rue
Saint-Jaques :
cet
immeuble
possède tout ce que souhaitent les hygiénistes, l’espace, l’air, la lumière. Les travaux de transformation sont adjugés en 1845. Porte de Paris-Ecole des filles-1906
L’école
des
filles
était
à
cette
époque installée aux Récollets, dont les
derniers
bâtiments
disparaissent
en
1867.
La
ville
acquiert
alors
la
maison
Mathieu,
dans la partie de la rue du Champ Baratté
qui
fait
un
angle,
et
la
transforme
en
école
de
filles
et
salle d’asile.
L’école primaire supérieure La municipalité appelait depuis longtemps
de
ses
vœux
la
création
d’un
établissement
« secondaire »,
une
demande
avait même été adressée en ce sens à Napoléon III, lors de son passage à La Charité, en 1861 ;
Ecole primaire supérieure
Un projet d’école professionnelle, en 1872, n’aboutit pas. Le 14
août 1874,
le
Conseil
municipal
décide
de
créer
une
école
primaire
supérieure.
L’architecte Bouvault dessine en 1882 un projet ambitieux de groupe scolaire,
comprenant
école
primaire
élémentaire
et
école
primaire
supérieure. Le plan adopté en 1885 est limité dans ses prétentions : le nombre de salles de classe est insuffisant, il n’y a pas d’atelier, mais un champ d’expériences agricoles et un petit jardin botanique. Le pensionnat peut accueillir 40 pensionnaires (le nombre d’élèves ne dépassant jamais 70 au 19
ème
siècle). Un cours supérieur est ouvert en 1895, et des travaux
complémentaires, en 1897, donnent enfin à l’établissement la dimension prévue à l’origine. A la fin du 19
ème
siècle, à la Charité, deux ensembles bâtis coexistent et
vivent une existence différente. Dans le centre ancien, le commerce multi séculaire des marchés quotidiens ou hebdomadaires se tient encore aux mêmes endroits, lieux toujours forts courus et très encombrée, renforcés des activités de service que ce siècle a mis en place, et dont les bâtiments affichent nettement leur fonction :
la
poste
et
la
mairie
modernes,
le
télégraphe,
la
caisseZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
B -
ANALYSE DU SITE
47
d’Epargne ; les cafés qui vont supplanter les auberges, les magasins en passe
de
remplacer
« les
boutiques »
des
artisans
commerçants,
contribuent à l’agitation de l’ancienne cité intra-muros et masquent pour un temps encore la désaffection inéluctable de ce bourg réduit à des activités de proximité. A
côté
du
centre
urbain
traditionnel,
se
développent
des
quartiers
tournés
vers
de
nouvelles
fonctions.
Ainsi,
l’asile
d’aliénés
est
une
véritable cité, avec son organisation propre ; l’école primaire supérieure affiche, avec ses 66 mètres de façade, le triomphe de l’idée scolaire républicaine ; ce grand bâtiment et la gare du chemin de fer servent de repères topographiques à un nouveau quartier de pavillons, construit à l’image
du
château
dans
un
parc,
plus
ou
moins
modestes,
rarement
ostentatoires. Enfin, les routes promises à l’avenir que l’on sait, constituent également les
vecteurs
d’une
urbanisation
très
lâche,
dont
les
constructions
rattrapent
les
bâtiments
des
exploitations
agricoles
de
la
campagne
environnante. Les écarts
•
Gérigny
Au Nord Est de La Charité-sur-Loire, au delà de la RN 7 et de la ligne de chemin
de
fer,
setrouve
le
hameau
de
Gérigny
comprenant
plusieurs
maisons d’habitations anciennes et récentes. Au
milieu
de
ce
hameau,
traversé
par
une
seule
voie,
se
dresse
un
intéressant château ou manoir, bâti aux XV-XIVeme siècles, flanqué de tourelles, entouré de fossés encore remplis d’eau. Avec des bâtiments annexes, une ancienne avenue, et une superficie d’environ 20 hectares en exploitation agricole, l’ensemble constitue le domaine dit « château de Gérigny ». Sous l’ancien régime, Gérigny était érigé en fief dépendant de la paroisse de Saint-Pierre de La Charité.ZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
B -
ANALYSE DU SITE
48
•
La pointe
Situé
à
deux
kilomètres
environ
au
Nord
de
la
Charité, en bordure de la RN
7,
le
Manoir
de
la
Pointe date de la fin du XVème
siècle.
On
y
accède par une large allée de marronniers.
Un
des
propriétaires,
seigneur
du
lieu,
Louis
Bernot
de
Charant,
fit
construire dans le parc, en 1640, une petite chapelle qui existe toujours. D’importants
bâtiments
de
ferme
et
un
vieux
pigeonnier
complètent
l’ensemble.
•
La grange Joada
Il existait un chemin appelé « de Saint-Lazare à la Grange Voida » qui avait été sans doute une accordée aux lépreux. Au XIIème siècle, beaucoup de léproseries avait leur « Grange », domaine agricole exploité par des hommes « sains » (souvent des religieux) et par des « ladres ». Au XVIIIème siècle, la carte de Cassini mentionne la « grange » mais au XIXème siècle, le dictionnaire topographique indique « Grange Voida ». Ce dernier terme est à rapprocher de « voeda » (en Auvergne) qui vient lui-même du latin populaire « vocuus », mots signifiant vide, vidé, d’où le nom pris par la grange délaissée (voida). Avec le temps, la signification de l’adjectif s’est perdue, le terme s’est modifié par déformation phonétique, donnant l’actuelle dénomination : la « Grange Joada »
Les bâtiments présentent quelques détails architecturaux intéressants et sont un témoin de l’histoire de la Charité. Le bâtiment principal comporte un pignon médiéval.ZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
B -
ANALYSE DU SITE
49
II.3 – LATYPOLOGIE ARCHITECTURALE
Les caractères de l’habitat du 12
e
au 17
e
siècle
Source : La Charité-sur-Loire – Une histoire urbaine du Moyen-Age à nos jours – Marie-José Garniche Il
est
à
ce
jour
extrêmement
difficile
d’esquisser
une
typologie
rigoureuse. Une telle entreprise requiert de croiser de multiples sources : constatations archéologiques, étude des plans et des élévations, relevés précis, consultation de documents d’archives (inventaires après décès, prix faits). L’étude de terrain qui prend en compte la morphologie des maisons, la présence d’éléments décoratifs ou architecturaux datables (mais
il
peut
s’agir
de
remplois),
la
forme
des
ouvertures,
permet
néanmoins de tracer quelques grandes lignes. Ce travail est encore rendu compliqué
du
fait
des
nombreux
remaniements
qu’ont
subi
les
constructions. La situation chronologique proposée n’est donc que simple hypothèse, piste pour bâtir le cahier des charges de la nécessaire étude d’ensemble de l’habitat civil charitois. Les traces des 12
e, 13
e
et 14
e
siècles
A l’observation directe, ces traces sont assez rares et ténues. Il s’agit d’éléments de décor comme le rang de perles qui court sur la moulure de la façade du Grenier à Sel, ou le départ d’arc du 52 rue Camille Barrère, qu’on peut faire remonter au 12
e
siècle. Plus significative est une fenêtre
qui semble en place au 37 rue Sainte-Anne. Elle est formée de deux arcatures en rouleau retombant sur une colonnette centrale ornée d’un chapiteau à crochets (peut-être plus tardive). Deux parties de baies trilobées, rue des Hôtelleries, répondent à celles de l’ancienne boucherie banale, Place de Pêcheurs, ainsi qu’à celles du cellier des Moines dans l’enclos prieural, et celle d’une maison, rue de la Sabottée. Ce type de fenêtres est répandu en France aux 13
e
et 14
e
siècles.
Rue de Bourgogne Rue Sainte Anne
Rue de la Sabottée
Les maisons des 15
e
et 16
e
siècles
•
La hauteur du pignon
Rue des Hôtelleries
Pour gagner de la place, dans la mesure où l’on ne peut s’étendre
en
surface
à
une
époque
d’intense
occupation du sol, on construit des bâtiments élevés, comprenant rez-de-chaussée, deux étages et grenier ou galetas sous les combles. Les toits sont aigus, très pentus et le faîtage des pignons est parfois orné de ramperolles à bourrelets et de pots à feu.ZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
B -
ANALYSE DU SITE
50
•
Les tours escaliers
L’escalier des 15 - 16 siècles, est en vis. Rue des Ourbes
Rue du Nord
Si l’espace le permet, il est
inclus
dans
la
maison,
sinon
il
est
rejeté
à
l’extérieur,
abrité par une tourelle circulaire ou polygonale. Par manque de place et sans
souci
d’empiéter
sur la voie publique, il peut
être
construit,
moitié
dans
la
maison,
moitié sur la rue.
•
Les ouvertures
Rue du Nord
Rue des Hôtelleries – Source GHECO
De nombreuses fenêtres à simple vantail, à meneaux, à croisées, existent encore à La Charité, souvent modifiées ou amputées à l’époque moderne. La taille
importante
de
ces
baies
constitue
un
signe
ostentatoire
de
richesse. Dans les maisons plus ordinaires, les fenêtres sont souvent de
petites dimensions, par économie du travail et du matériau et par crainte du froid. L’utilisation du verre étant presque exclusivement réservé à un usage domestique, seule la partie haute des baies pouvait être vitrée, ou garnie de toile cirée ou de parchemin huilé, la partie basse étant équipée de volets. Les maisons situées au 16 rue Camille Barrère, au 13 et au 31 rue des Chapelains (façade postérieure) présentent de telles ouvertures. A la fin de la période, certaines façades offrent un décor très élaboré dont l’encadrement des fenêtres est l’élément central (façade postérieure de la porterie du prieuré, façades du 3 rue du Nord, des 10 et 19 Grande Rue). Les portes peuvent être relativement simples : Porte ornée d’un écu au 15 rue du Pont, porte moulurée au 10 rue des Bancs Vieux. D’autres sont plus richement décorées, ainsi celles des 16 et 31 rue des Chapelains et celle du 9 rue des Hôtelleries. Rue des Hôtelleries
Rue Saint-Anne
Nombre
de
maisons
enfin,
affichent
leur
fonction,
présentant
une
boutique directement ouverte sur la rue. Très dénaturées pour la plupart, elles conservent toutefois leur caractéristique principale, une ouverture en plein cintre abritant une porte d’entrée voisinant avec un muret qui supporte une banquette destinée à la présentation des produits vendus.ZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
B -
ANALYSE DU SITE
51
Cette grande ouverture permettait en outre d’éclairer l’échoppe, lieu de travail de l’artisan ou du commerçant. Les maisons à pans de bois Rue des Chapelains
La Charité n’a conservé que peu de maisons
à
pans
de
bois.
Ont-elles
été détruites, où n’étaient-elles pas nombreuses. On ne le sait. La rue des Chapelains en compte quelques- unes unes, ainsi que la rue du Nord ; des pans de bois se révèleront peut- être dans le futur, lors de piquages d’enduits. Le principe du pan de bois est facile à mettre en œuvre, moins onéreux que la construction en pierre, plus solide que le rustique pisé.
Deux poutres de bois horizontales, les sablières haute et basse, reliées par
des
contreventements
croisés,
sont
solidaires
des
planchers
des
étages et de la charpente du toit. Le remplissage entre les bois se fait soit à l’aide de terre crue armée de pierrailles, soit avec des briques, ou, comme c’est le cas à la Charité, au moyen de torchis, mélange d’argile et de paille solidarisé par un entre lac de branchettes. Le pan de bois est souvent construit en encorbellement, c’est-à-dire en léger surplomb par rapport à la maçonnerie du rez-de- chaussée. Lorsqu’il n’est pas masqué par un enduit, il peut recevoir un
décor de moulures ou de colonnettes. Les maisons des 2 et 4 rue des Chapelains étaient probablement enduites. La maison du boucher Il s’agit d’une maison composite, qui présente une façade antérieure, sur la rue des Chapelains, dont le premier étage est à pan de bois, et une façade postérieure sur cour en maçonnerie. Très dénaturée, la façade de la rue des Chapelains a une largeur de 7 mètres. La forme actuelle du pignon fait penser que le toit était plus pentu à l’origine. Elle donne à l’arrière sur une petite cour intérieure située en contrebas, reliée à la rue des Bancs Vieux par un petit bâtiment que l’on traverse par un couloir.
Cette
cour
qui
abrite
un
puits
devait
desservir
plusieurs
maisons. Du fait de la dénivellation du terrain, le rez-de-chaussée donnant sur la rue des Chapelains se trouve au 1
er
étage sur la cour. De ce côté, on
trouve au Nord, une tour escalier et au Sud une petite aile, reliées entre elles par une sorte de terrasse construite sur voûte. Sous la voûte, se trouve l’entrée d’une pièce, elle aussi voûtée, qui pouvait être un cellier ou une écurie. L’intérieur de cette maison révèle une remarquable poutre reposant sur des corbeaux de pierre, qui est ornée d’engoulants sculptés sur les deux faces de chacune de ses extrémités ; de même, un écu central tenu de chaque côté par un animal assis (cochon ?) est décoré d’un couteau, d’un tranchoir et d’un couperet, ce qui donne à penser que le propriétaire pouvait être un boucher. L’écorcherie se trouvait à proximité et le censier du 18
ème
siècle cite encore deux bouchers dans la rue des Chapelains.
L’étage est cloisonné par un pan de bois formé de poteaux verticaux assez serrés reposant sur cette poutre. Une cloison de même nature, délimitant un couloir qui donnait sur porte de la rue, au rez-de-chaussée, a été déposée récemment. Des deux cheminées, seule subsiste une partie des conduits, les autres éléments ayant disparu depuis longtemps.ZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
B -
ANALYSE DU SITE
52
Les maisons du 17
e
siècle
Cette période n’a pas laissé une forte empreinte sur les bâtiments civils charitois. Quelques maisons procèdent du 17
e
siècle par des éléments
architecturaux typiques : lucarnes, portes piétonnes ou cochères. La porte d’entrée
du
17
quai
Clémenceau,
plaquée
sur
une
importante
maison
présentant des baies des 15
ème
et 16
ème
siècles, constitue, avec son relief
prononcé, son fronton brisé d’inspiration palladienne ouvert sur un écu central, un exemple caractéristique du début de la période. Dans le haut
de la rue Camille Barrère, à proximité de Saint-Pierre,
plusieurs maisons ont été construites au 17
ème
siècle : celle du 52 est
précédée d’une cour avec porte cochère ; la façade du 77, qui comporte des boutiques en arcades au rez-de-chaussée, semble avoir été plaquée sur un bâtiment plus ancien, ainsi qu’en attestent les ramperolles ornant le pignon. Typologie architecturale : Chaque
époque
a
produit
un
type
de
construction
identifiable ;
cela
constitue
en
quelque
sorte
des
familles
de
formes ;
elles
peuvent
comprendre de nombreuses variantes ; la répétition de ces formes par secteurs de la ville bien souvent accompagne les périodes de croissance et les fonctions typées (maisons de chanoines et de notables le long du prieuré
(de
type
« médiéval),
hôtels
particuliers
proches
de
la
Loire,
maisons de vignerons vers l’est, villas à la fin du XIXème siècle. Plus que leurs
caractéristiques
propres,
qui
comporte
déjà
en
soi
la
valeur
patrimoniale
qui
justifie
leur
protection,
ces
immeubles
participent
à
l’ensemble
urbain
et
à
son
homogénéité.
L’ensemble
de
ces
édifices
« typés »,
hors
édifices
exceptionnels,
fait
l’objet
de
dispositions
conservatoires au règlement de la Z.P.P.A.U.P.. Les
différentes
familles
de
bâtiments
se
caractérisent
par
leur
implantation, la volumétrie, l’aspect des façades, de la toiture, les détails architecturaux, les clôtures, etc.
les familles de bâtiments suivantes sont reconnues :
S
- Maison de ville à volume simple,
C
- Maison de ville à volume complexe, immeuble, bien souvent
construit en profondeur sur parcellaire étroit, O
- Maison de ville à façade ordonnancée,
L
- Maison de ville à façade « libre »,
M
- Maison de ville à façade ornementée (modénatures, sculptures),
P
- Maison de ville à toit à forte pente,
m
- Maison de ville à toit mansardé,
pm
- Petite maison de ville,
ip
– Immeuble placard,
im
– Immeuble de rapport,
V
– Villa,
H
- Hangar et chais.ZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
B -
ANALYSE DU SITE
53
MAISON DE VILLE A VOLUME SIMPLE REF : AX-01-183-ruedelarepublique18 INSERTION DANS L’ESPACE (lecture du plan cadastral) : Situation de la parcelle : alignement Disposition sur la parcelle : à l’alignement de la rue VOLUME IMMEUBLE Nombre de volumes : 1
Nbre de niveaux : R+1 à R+2
Nbre de travées : 1 à 3
FACADE Composition de la façade : Façade plate, enduite, avec ou sans modénature Matériaux : Enduit, pierre de taille, enduit et pierre de taille
Modénature : Egout de toit Autres éléments :
TOITURE Sens :
parallèle à la rue
Forme : 2 pentes ou brisé mansardé Pente : 45 à 60 °
Autres éléments : Matériaux : brique ou enduit ou enduit + brique.
CLOTURE Néant
JARDIN Absent ou à l’arrière de la parcelle
MAISON DE VILLE A VOLUME COMPLEXE, IMMEUBLE DEVELOPPE EN PROFONDEUR SUR PARCELLAIRE ETROIT REF : AW-27-311-RueBarrere-n 85 / AW-27-311- RuedesPonteaux autre immeuble INSERTION DANS L’ESPACE (lecture du plan cadastral) : Situation de la parcelle : alignement1 Disposition sur la parcelle : VOLUME IMMEUBLE Nombre de volumes : 1 Nombre de niveaux :
R+1
Nombre de travées : 2 à 5
PAVILLON DE GARDIEN ANNEXES Sur jardin
FACADE Composition de la façade : Matériaux :
Modénature : Bandeaux, appuis de fenêtre Autres éléments :
TOITURE Sens :
parallèle à la rue
Forme : 2 pentes ou brisé mansardé Pente : 45 à 60 °
Autres éléments : Matériaux : brique ou enduit ou enduit + brique.
CLOTURE Matériaux :
JARDINZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
B -
ANALYSE DU SITE
54
MAISON DE VILLE A FACADE ORDONNANCEE REF : AX-08-205-ruesaintanne-n 29 INSERTION DANS L’ESPACE (lecture du plan cadastral) : Situation de la parcelle : alignement Disposition sur la parcelle : VOLUME IMMEUBLE Nombre de volumes : 1 Nbre de niveaux : R+1 Nombre de travées : 3
PAVILLON DE GARDIEN ANNEXES
FACADE Composition de la façade : ordonnancée Matériaux : pierre et enduit
Modénature : Autres éléments :
TOITURE Sens :
parallèle à la voie
Forme : deux pentes Pente : >45°
Autres éléments : cheminées Matériaux : tuile, parfois ardoise
CLOTURE Matériaux
JARDIN
MAISON DE VILLE A FACADE « LIBRE » REF : AX-01-185-ruesaintanne-n 1 INSERTION DANS L’ESPACE (lecture du plan cadastral) : Situation de la parcelle : alignement Disposition sur la parcelle : VOLUME IMMEUBLE Nombre de volumes : 1 Nbre de niveaux : R+1 Nombre de travées :
PAVILLON DE GARDIEN ANNEXES
FACADE Composition de la façade : libre Matériaux : pierre et enduit
Modénature : Autres éléments :
TOITURE Sens :
parallèle à la voie
Forme : deux pentes Pente : > 45°
Autres éléments : cheminées Matériaux : tuile
CLOTURE Matériaux
JARDINZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
B -
ANALYSE DU SITE
55
MAISON DE VILLE A FACADE ORNEMENTEE (modénatures, sculptures) REF : AW-30-174-rueBarrere-n 53 INSERTION DANS L’ESPACE (lecture du plan cadastral) : Situation de la parcelle : alignement Disposition sur la parcelle : VOLUME IMMEUBLE Nombre de volumes : 1 ou 2 successifs Nbre de niveaux : R+3 Nombre de travées : 3
PAVILLON DE GARDIEN ANNEXES
FACADE Composition de la façade : ordonnancée Matériaux : pierre
Modénature : Corniche encadrements de fenêtre Autres éléments :
TOITURE Sens :
2 pentes et mansardes
Forme : mansarde Pente :
Autres éléments : cheminées Matériaux : ardoise
CLOTURE Matériaux
JARDIN
MAISON DE VILLE A TOIT A FORTE PENTE REF : AW-27-3225-ruedeParis-n 02 INSERTION DANS L’ESPACE (lecture du plan cadastral) : Situation de la parcelle : alignement Disposition sur la parcelle : angle VOLUME IMMEUBLE Nombre de volumes : 1 Nbre de niveaux : R+1 Nombre de travées : 2
PAVILLON DE GARDIEN ANNEXES
FACADE Composition de la façade : ordonnancée Matériaux : Pierre et enduit
Modénature : Autres éléments :
TOITURE Sens :
parallèle à la voie
Forme : 2 pentes Pente :
Autres éléments : cheminée Matériaux :
CLOTURE Matériaux
JARDINZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
B -
ANALYSE DU SITE
56
MAISON DE VILLE A TOIT MANSARDE REF : AX-02-151-ruedelaverrerie-n 14 INSERTION DANS L’ESPACE (lecture du plan cadastral) : Situation de la parcelle : alignement Disposition sur la parcelle : angle de voies VOLUME IMMEUBLE Nombre de volumes : 1 Nbre de niveaux : R+1 Nombre de travées : 3
PAVILLON DE GARDIEN ANNEXES
FACADE Composition de la façade : ordonnancée Matériaux : pierre et enduit
Modénature : Bandeaux, chaînages d’angle appareillés à bossages Autres éléments : lucarnes cheminées
TOITURE Sens :
parallèle à la voie
Forme : mansarde Pente :
Autres éléments : Matériaux : ardoise
CLOTURE Matériaux
JARDIN
PETITE MAISON DE VILLE REF : AX-04-133-ruedeshotelleries INSERTION DANS L’ESPACE (lecture du plan cadastral) : Situation de la parcelle : alignement Disposition sur la parcelle : VOLUME IMMEUBLE Nombre de volumes : 1 Nbre de niveaux : R+1 Nombre de travées : 1
PAVILLON DE GARDIEN ANNEXES
FACADE Composition de la façade : Matériaux : pierre et enduit
Modénature : Autres éléments :
TOITURE Sens :
parallèle à la voie
Forme : 2 pentes Pente :
Autres éléments : lucarne Matériaux : tuile
CLOTURE Matériaux
JARDINZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
B -
ANALYSE DU SITE
57
IMMEUBLE PLACARD REF : AX-01-162-placedegaulle INSERTION DANS L’ESPACE (lecture du plan cadastral) : Situation de la parcelle : Disposition sur la parcelle : VOLUME IMMEUBLE Nombre de volumes : Nbre de niveaux : Nombre de travées :
PAVILLON DE GARDIEN ANNEXES
FACADE Composition de la façade : Matériaux :
Modénature : Autres éléments :
TOITURE Sens :Forme : Pente :
Autres éléments : Matériaux :
CLOTURE Matériaux
JARDIN
IMMEUBLE DE RAPPORT REF : AX-04-130-placeCdtBarat INSERTION DANS L’ESPACE (lecture du plan cadastral) : Situation de la parcelle : Disposition sur la parcelle : VOLUME IMMEUBLE Nombre de volumes : Nbre de niveaux : Nombre de travées :
PAVILLON DE GARDIEN ANNEXES
FACADE Composition de la façade : Matériaux :
Modénature : Autres éléments :
TOITURE Sens :Forme : Pente :
Autres éléments : Matériaux :
CLOTURE Matériaux
JARDINZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
B -
ANALYSE DU SITE
58
TYPE VILLA REF : AX-24-617-avenueGambetta-n 18 INSERTION DANS L’ESPACE (lecture du plan cadastral) : Situation de la parcelle : en retrait par rapport à l’alignement et par rapport aux limites séparatives Disposition sur la parcelle : volume isolé VOLUME IMMEUBLE Nombre de volumes : 1 Nbre de niveaux : R+1 Nombre de travées : 3
PAVILLON DE GARDIEN éventuellement ANNEXES éventuellement
FACADE Composition de la façade : ordonnancée Matériaux : pierre et enduit
Modénature : Encadrement de baies, chaînages, corniche Autres éléments :
TOITURE Sens :
4 pans
Forme : mansarde Pente :
Autres éléments : Lucarnes cheminées Matériaux : ardoise
CLOTURE : 1 clôture et porche rôle important dans l’espace urbain Matériaux
pierre et enduit
JARDIN Oui : apparat devant agrément derrière
HANGAR ET CHAIS REF : AX-06-112-ruedesOurbes-n 08 INSERTION DANS L’ESPACE (lecture du plan cadastral) : Situation de la parcelle : à l’alignement Volume accolé Disposition sur la parcelle : VOLUME IMMEUBLE Nombre de volumes : 1 Nbre de niveaux : R+attique Nombre de travées :
PAVILLON DE GARDIEN ANNEXES
FACADE Composition de la façade : libre Matériaux : pierre et enduit
Modénature : chainages Autres éléments :
TOITURE Sens :Forme : Pente :
Autres éléments : Matériaux :
CLOTURE Matériaux
JARDINZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
B -
ANALYSE DU SITE
59
IMMEUBLES EXCEPTIONNELS AX – 06 – 108 – Place de Gaulle - Mairie AX – 07 – 105 – au n° 24 Grande Rue
B-III. PAYSAGES, JARDINS ET PERSPECTIVES
III.1-
LES
PROTECTIONS
EN
FAVEUR
DU
PAYSAGE
ET
DES
ESPACES NATURELS :
* Protection de sites au titre de la loi du 02 mai 1930 :
- La plantation de peupliers « la saulaie » dans l’île dite « Faubourg de Loire » - site inscrit le 8 juin 1948. - L’ensemble formé par la vieille ville et délimité par :
* le chemin vicinal ordinaire n°3, dit de « la Montagne » * la rue des fossés prolongée * la limite sud de la section cadastrale AX * la LoireZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
B -
ANALYSE DU SITE
60
*
Création
de
la
Réserve
Naturelle
du
Val
de
Loire
par
le
décret
ministériel n° 95-1240 du 21 novembre 1995. La réserve naturelle comprend la partie du Val de Loire s’étendant de la Charité-sur-Loire au lieu dit Boisgibault (commune de Tracy-sur-Loire). Elle couvre un linéaire fluvial d’environ 19 km, soit une superficie d’à peu près 1900 hectares. La vallée de la Loire protégée par la réserve naturelle est un ensemble exceptionnel, sans équivalent dans le Val de Loire moyen, tant pour ses qualités paysagères, que pour la diversité des milieux qui la constituent, l’abondance et la variété des espèces animales et végétales qu’elle abrite dont certaines sont rares ou très rares. Il s’agit d’un site d’importance majeure pour l’avifaune à l’échelle nationale et européenne. C’est à la fois un lieu
d’hivernage,
de
nidification
ou
de
halte
migratoire
pour
de
nombreuses espèces d’oiseaux.
III.2 - ENVIRONNEMENT NATUREL
v
Un relief contrasté
La commune de la Charité-sur-Loire présente un relief contrasté. Deux coteaux entourent la cité ancienne, elle-même surplombant la Loire. Les pentes les plus fortes sont orientées vers l’ouest, en direction du fleuve. Les points les plus hauts se situent de part et d’autre de la ville ancienne (206 à 212 mètres). Ce relief permet de percevoir la presque totalité du site urbain en divers points, soit en vues rasantes, soit depuis les points hauts surmontant la ville, notamment au dessus du prieuré, soit depuis le faubourg
ou
les
coteaux
en
venant
de
Bourges.
Les
nombreuses
perspectives sur l’ensemble urbain, ses abords et la vallée de la Loire justifient l’attention apportée à l’aspect unitaire du bâti, notamment de l’intra-muros, mais aussi aux abords, aux coteaux arborés et aux lignes de crête.
Les quais neuf et vieux de la ville de La Charité-sur-Loire s’élèvent à 160 mètres ainsi que la gare, le prieuré clunisien se situe entre 165 et 180 mètres. Le plateau nivernais succède aux coteaux. Il est en partie occupé par les extensions de la ville de la Charité. Son relief s’incline légèrement vers l’Est.ZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
B -
ANALYSE DU SITE
61
Aux coteaux escarpés formés linéairement selon l’axe de la Loire, s’oppose la douce topographie du lit mineur du cours d’eau. On y trouve les points les plus bas (156 mètres environ).
Cas du relief alluvial
L’alternance de « mouilles » (points bas) et de « seuils » (point haut), la présence des grèves et des îles créent le
relief alluvial
à l’intérieur du lit
mineur. Banc de sable – Faubourg de Loire
Bancs de sable boisés sur la Loire
La
mobilité
des
sables
transportés
par
le
cours
d’eau
n’entraîne
pas
nécessairement le déplacement parallèle des formes topographiques du lit. A la surface des hauts fonds, les grèves se déplacent perpétuellement vers aval pour aller se perdre dans la mouille la plus proche. Et tandis qu’elles sont dispersées par les courants vers leur extrémité aval, elles sont reconstituées, du côté amont par les dépôts venant constamment se former sur les seuils. Les sables cheminent mais le haut fond reste. Les basses eaux atténuent les dénivellations formées par les crues au sein du lit mineur, elles abaissent la crête des seuils et remblaient les mouilles. Lorsque le niveau de l’eau s’est assez abaissé pour permettre l’émersion des
grèves,
les
mouilles
isolées
parmi
les
bancs
de
sable,
deviennent
comparables à une série de petits lacs séparés par des barrages. Les
crues
d’automne
reconstituent
en
un
instant
le
relief
des
seuils
et
balaient les alluvions accumulés dans les mouilles pendant la saison des maigres. Les
îles
reproduisent
avec
plus
de
relief
et
d’ampleur
les
traits
caractéristiques de la topographie du lit de la Loire. Elles ne sont elles- mêmes que des grèves surélevées par les apports successifs des crues.
v
L’hydrologie
La Loire est le seul cours d’eau présent sur la commue de la Charité-sur- Loire. Il s’agit du plus long fleuve français avec ses 1012 km de sa source à son embouchure.
Il
draine
un
bassin
versant
recouvrant
le
cinquième
du
territoire national. Restée
à
l’écart
des
grands
aménagements
réalisés
depuis
la
fin
du
XIXème siècle sur les autres grands fleuves, la Loire est maintenant considérée comme le dernier grand fleuve sauvage d’Europe. Ses paysages ont
conservé
un
caractère
naturel
marqué,
lié
à
un
grand
intérêt
écologique. A la Charité, la Loire a déjà presque effectué la moitié de son parcours, puisqu’il se situe à Pouilly-sur-Loire, à 13 km en aval. C’est un fleuve souvent tranquille, laissant couler, à l’étiage, un filet d’eau sur les sables, mais parfois capricieux, lors de ses plus fortes crues qui le font sortir fort loin de son lit.ZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
B -
ANALYSE DU SITE
62
v
La Loire : un écosystème riche et fragile
(d’après « Nature de Loire
- Deux sentiers à Herry (Cher) pour découvrir le dernier fleuve
sauvage… » - Conservatoire du Patrimoine Naturel de la Région Centre) Un fleuve en constante évolution Le lit de la Loire change de place au cours du temps : d’un côté, le fleuve sape
la
berge,
elle
s’érode.
De
l’autre,
il
dépose
les
matériaux
qu’il
transporte avant qu’ils ne sédimentent. On parle de dynamique fluviale. Une vallée de verdure En
bordure
de
l’eau,
les
berges
sont
boisées,
le
sous
bois
est
généralement
dense,
impénétrable
de
par
la
présence
de
fourrés
d’arbustes épineux tels l’Aubépine, l’Eglantier, le Prunellier. Il s’agit de fruticées. La Loire
aux
abords
de
la
digue
de
la
Chevrette
Berges boisées de la Loire
Ce boisement linéaire est spécifique des bords de rivière : il est constitué d’arbres, d’arbustes et de plantes régulièrement inondés. Ils supportent l’immersion. Les arbres sont surtout des saules et des peupliers. Ce type de boisement est appelé ripisylve. Celle-ci a un rôle épurateur essentiel. Les végétaux qui la composent consomment les nitrates et les
phosphores qui proviennent des terrains riverains. Elle est très utile pour limiter la pollution des eaux. La faune La Loire entre La Charité-sur-Loire et Boisgibault est l’un des sites les plus
remarquables
de
la
Loire
Moyenne,
notamment
pour
sa
richesse
avifaunistique. Au fil de l’année, le fleuve offre des conditions de vie favorables à de nombreux oiseaux :
-
les
oiseaux
migrateurs
de
passage
utilisent
l’axe
ligérien
au
printemps pour rejoindre leur site de reproduction au Nord de l’Europe, et en automne lors du voyage retour vers l’Afrique par exemple.
Les chevaliers sont des migrateurs de passage (à l’exception du
chevalier guignette pouvant nicher sur les grèves) ainsi que le Balbuzard pêcheur (rapace piscivore), la Bondrée apivore.
-
les oiseaux nicheurs
, parfois même migrateurs, utilisent chaque
printemps les bords du fleuve comme site de reproduction.
Les sternes, naines et pierregarin, et le petit Gravelot sont des
migrateurs nicheurs qui affectionnent les grèves de Loire où ils déposent leurs œufs à même les galets. Le Milan noir joue un rôle important en éliminant les poissons morts ou malades.
- les oiseaux hivernants
, venus du Nord de l’Europe, passent l’hiver
au bord du fleuve (ex : le Grand Cormoran, le canard Colvert).
-
les oiseaux sédentaires
sont présents toute l’année en bord de
Loire (Martin-pêcheur, Héron cendré …) où ils se reproduisent. La Loire possède une faune piscicole riche. On y trouve les poissons les plus diverses, du sandre à l’ablette, du silure au gardon, du saumon au goujon, du brochet à la carpe, etc. On peut également observer le castor, le chevreuil, le cerf, le sanglier et des petits mammifères.ZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
B -
ANALYSE DU SITE
63
Les conséquences de l’extraction du sable dans le lit de la Loire Autrefois, chacun pouvait prélever du sable moyennant le paiement d’un droit à la journée. Puis les machines ont remplacé le travail des hommes. Elles ont permis d’extraire des quantités importantes de matériaux au point d’abaisser le lit de la Loire et d’engendrer de graves conséquences. Depuis
1992,
les
extractions
de
granulats
sont
interdites
dans
le
lit
mineur (zone en eau la plus grande partie de l’année) de la Loire. Les extractions dans le lit mineur sont en particulier à l’origine d’un enfoncement du lit entraînant de graves modifications :
- Accentuation de l’érosion des berges - Colonisation végétale et arbustive des grèves - Déchaussement des piles des ponts - Problème d’alimentation des puits de captage
En dix ans, entre la Charité-sur-Loire et Sancerre, plus d’un million de tonnes de matériaux ont été extraits uniquement dans le lit mineur.
III.3- LES ENTITES PAYSAGERES Les entités paysagères sur la Charité-sur-Loire
GHECOZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
B -
ANALYSE DU SITE
64
Différenciation des entités bâties.
Source : GHECO
v
La vallée de la Loire, un élément majeur de la qualité du site.
La
Loire
coule
entre
deux
rives
qu’elle
a
modelées
et
qu’elle
unit
physiquement dans un même contexte paysager. La rive droite, située à l’extérieur de la courbe générale du fleuve, est bordée par un coteau escarpé. La rive gauche, à l’intérieur de la boucle, est une plaine alluviale, presque au niveau de l’eau. Le lit de la Loire, dans son écrin de verdure, est l’élément primordial de ce paysage, avec ses îles, ses grèves, ses bras intermittents, ses boisements spontanés,
entretenant
une
ambiance
de
nature
et
de
calme
même
à
proximité de la ville de la Charité et de l’île du Faubourg. Le Faubourg, outre son intérêt architectural (Cf. plans graphiques de la Z.P.P.A.U.P.), possède une qualité paysagère indéniable de par sa situation géographique : cette île au milieu de la Loire permet des perspectives remarquables
sur
la
ville
de
La
Charité-sur-Loire
et
ses
abords,
de
nombreuses vues sur la Loire L’intérêt
du
site
réside
aussi
dans
l’organisation
de
l’occupation
de
l’espace : l’axe principal de l’île du Faubourg est dense. A l’arrière, les îlots ne sont
pas
totalement
bâtis
et
permettent
à
la
végétation
de
se
développer. Plus on s’éloigne du centre du Faubourg, plus le végétal couvre une
surface
important
et
favorise
la
transitions
avec
les
boisements
naturels des bords de Loire. La transition entre le « milieu urbain » et le « milieu naturel » se fait en douceur, progressivement, du centre vers l’extérieur de l’île. Cependant, le paysage est ici très fragile, car sa qualité réside en grande partie dans le rapport entre un ensemble bâti assez compact et des abords naturels quasiment « vierges » de tout aménagement. La vocation du site, hors zones urbaines et agricoles, est d’être un milieu naturel lié à l’écosystème fluvial de la Loire : présence de bancs de sables, développement d’une végétation spontanée, …ZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
B -
ANALYSE DU SITE
65
La Z.P.P.A.U.P. permet de protéger l’ensemble de l’île du faubourg et ses abords, en tenant compte de sa sensibilité paysagère. La vallée de la Loire est étroitement liée au site de la Charité-sur- Loire par les vues remarquables qu’elle offre sur la vieille ville et ses abords.
Elle
participe
aussi
à
la
qualité
paysagère
du
lieu
par
la
présence de la végétation sur ses berges, créant un écrin de verdure autour des zones urbanisées : le faubourg, la ville de la Charité-sur- Loire. Les nombreuses îles de bancs de sable, partiellement boisées et ponctuant le lit de la Loire ajoutent de la diversité au paysage de la vallée. L’ensemble
de
la
vallée
de
la
Loire
est
protégé
au
titre
de
la
Z.P.P.A.U.P. sur le territoire communal.
v
Les coteaux
De part et d’autre de la ville de la Charité-sur-Loire, sur la rive droite, des coteaux surplombent la Loire. Ils
forment
un
écrin
autour
des
éléments
architecturaux
et
urbains
majeurs de la ville et favorisent des perspectives sur la ville intra-muros. La ville de la Charité-sur-Loire a pris naissance juste au bord de l’eau, en un lieu où le coteau, moins en pente qu’ailleurs, se présente comme une demi-cuvette ouverte sur la rivière. Le relief
et
la
végétation
engendrent
des
« barrières
visuelles »
sur
l’horizon et limitent l’espace à l’arrière de la vieille ville et de la Loire. Les
plantations
de
hauts
jets
masquent
certains
éléments
bâtis
du
paysage et donnent à l’ensemble un caractère verdoyant qui met en valeur l’ensemble urbain et architectural de la vieille ville.
*
Coteau au Nord de la ville
Il est composé :
-
de
nombreux
jardins.
La
plupart
d’entre
eux,
pris
individuellement,
ne
présentent
pas
un
caractère
arboré
remarquable.
Cependant, le coteau, vu depuis la rive gauche de la Loire et le pont reliant le Faubourg à la ville de la Charité, présente un aspect végétal important. Les
masses
végétales
estompent
les
formes
du
bâti
ou
masquent
totalement les constructions.
- de parcelles en friches. Il s’agit d’espaces naturels en
cours d’évolution. Le développement de la strate arbustive est important, créant des fourrés denses de buissons épineux.
- de parcelles vouées à l’agriculture. La plupart sont en
cultures.
Seules
quelques
parcelles
en
prairies
existent
encore
à
proximité de la Loire, à l’Ouest de la Ferme de la Pointe. Elles sont en partie envahies par des arbustes. Jardins
à
proximité
du
chemin
de
la
montagne
Vue sur le coteau nord depuis le faubourg de la Loire
Entre la Ferme de la Pointe et l’ancienne scierie (actuel service technique de la mairie), le coteau ne présente aucune urbanisation. Il constitue un espace tampon entre la Loire et les quartiers d’extension de la Charité- sur-Loire Il contribue à la qualité paysagère de l’entrée de ville au NordZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
B -
ANALYSE DU SITE
66
et crée un « espace de respiration » pour l’étendue urbaine. Il permet aussi
une lecture claire de l’ensemble urbain en qualifiant une limite nette
entre les zones urbanisées et les espaces en cultures. Au Nord des remparts, plusieurs constructions ont été édifiées sur la ligne de crête. Elles ont un fort impact visuel. Le boisement situé sur le flanc de coteau crée une coupure d’urbanisation entre ces maisons et celles présentes en contrebas, le long du quai Maréchal Foch. Il isole le site du prieuré et
de la cité ancienne des extensions urbaines et favorise
ainsi sa lecture paysagère et historique. Au début du siècle, le coteau était occupé par des jardins et aucune construction n’était implantée sur la ligne de crête.
* Coteau au sud de la ville :
Il est beaucoup plus préservé de l’urbanisation qu’en aval de la Charité. La superficie en bois est plus importante et on trouve davantage de grands jardins arborés. Des friches arbustives se sont développées sur les pentes. On trouve quelques parcelles en cultures et en prairie à l’Ouest de la rue des réservoirs, le long de la voie ferrée. Celle-ci offre quelques perspectives sur la vallée de la Loire. Paysage de coteaux au sud de la ville La végétation forme un écrin autour du site de l’Hôpital.
Depuis la rive gauche de la Loire, le coteau apparaît comme une immense masse boisée jusqu’en limite du site de l’Hôpital. Vignes et CHS – 1911
Le centre ancien de La Charité-sur- Loire est mis en scène : il forme un point
d’appel
important
pour
le
regard, encadré par la végétation. Au
début
du
siècle,
une
grande
partie
de
ces
espaces
était
en
vignes.
Les
coteaux
de
part
et
d’autre
de
la
ville
de
la
Charité-sur-Loire
sont
protégés
au
titre
de
la
Z.P.P.A.U.P..
Ils
participent
à
la
valorisation du « monument urbain » en offrant un écrin de verdure autour la ville ancienne, côté Loire.
v
Le plateau nivernais
A l’Est de la Charité sur Loire, il n’est pas visible depuis la rive gauche de la Loire et le faubourg. Il n’existe
aucun lien paysager entre le site
prestigieux de la ville ancienne de la Charité et le plateau. C’est un paysage ouvert, avec une vue peu limitée par des masses boisées et avec un faible relief. Le parcellaire est encore lanièré par endroit, témoignage d’une activité viticole ancienne. Le plateau ne présente pas d’intérêt majeur excepté le long des entrées de ville et aux abords du lieu dit « Gérigny »possédant un patrimoine architectural
exceptionnel.
Dans
ce
secteur,
les
champs
et
un
bois
accompagnent l’architecture et permettent des vues.ZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
B -
ANALYSE DU SITE
67
L’entité du plateau nivernais n’a pas été incluse dans le périmètre de la Z.P.P.A.U.P. dans son ensemble car elle n’a pas de lien paysager direct avec la ville ancienne de la Charité-sur-Loire. Les sites inclus dans le périmètre de la Z.P.P.A.U.P. pour leur qualité architecturale et paysagère
sont :l’entrée
de
ville
Est
(RN
151),
les
abords
du
cimetière, trois écarts (le « château de Gérigny », la « ferme de la Pointe », la « Grange Joada »).
III.4 - LA VEGETATION
v
Au sein du lit mineur de la Loire
La grève désigne la plage de sable et de cailloux qui apparaît en période d’étiage, c’est-à-dire au moment des basses eaux. Sur les grèves, les conditions de vie sont extrêmes : l’été, la température atteint 50°C ; l’autre partie de l’année, la grève est noyée. Seules les plantes annuelles s’y développent. Leur cycle de vie, de quelques semaines, s’achève
par
la
formation
de
graines
qui
assureront
une
nouvelle
génération l’année suivante. Sur les bourrelets, anciennes berges consolidées par l’apport de vase et d’humus, le sol est plus riche. Les plantes y sont plus nombreuses et restent plusieurs années en place, à la différence des plantes annuelles des
grèves :
Alysson
blanchâtre,
Onagre
bisannuel,
Barbarée
vulgaire,
Saponaire, Asperges, etc. L’osier est une plante très vigoureuse qui répand des colonies de jeunes pousses
sur
les
grèves,
à
la
faveur
des
maigres
d’été.
Les
arbustes
réussissant à se développer deviennent d’actifs agents de sédimentation : à chaque crue, l’accumulation des alluvions s’élève autour d’eux, et en pendant chaque période de maigre, ce sont les arbustes qui croissent pour former une oseraie.
Carte de la végétation
GHECOZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
B -
ANALYSE DU SITE
68
Cette butte de végétation est appelée un « verdiau » en terme nivernais. Celui-ci change de caractère et prend le nom d’île vers le moment où sa surface, exhaussée par les apports des crues, atteint environ 3 mètres au-dessus de l’étiage. Les îles présentes dans le lit mineur de la Loire sont fixes. Elles sont protégées sur leurs flancs par une ceinture d’osiers. A fur et à mesure qu’elles s’élèvent, elles se recouvrent d’une végétation de terre ferme, peu faite pour résister à l’attaque des courants. On y trouve des arbres d’espèces
variées
(Peuplier
noir,
Ormes,
Robinier
faux-acacia,
Frênes,
Erables…) dont les graines ont été apportées par les eaux ou par le vent. Cette végétation se retrouve sur les berges du Faubourg, la rive droite de la Loire, au sud de la ville sous forme d’arbres isolés, de bosquets ou de boisement. Quelques Aulnes glutineux poussent sur les berges de la Loire. Le quai du Maréchal Foch est géré par le service des espaces verts de la Ville de la Charité-sur-Loire, en partenariat avec le gestionnaire de la réserve naturelle du Val de Loire. Des peupliers noirs y ont été abattus, les saules sont coupés en « têtards »pour éviter qu’ils se développent trop en hauteur. Des fourrés d’arbustes (ormes, noisetiers, églantiers) sont conservés lors des interventions de fauchage aux abords du chemin de halage. Actuellement,
au
Nord
de
l’île
du
Faubourg,
des
peupliers
noirs
se
développent
sur
des
bancs
de
sable
et
risquent
de
masquer
les
perspectives sur le centre ancien de La Charité-sur-Loire et de fermer le paysage. La Z.P.P.A.U.P. ne contraint donc pas à la végétation systématique de la végétation arborée pour faciliter une gestion des espaces verts adaptée à la mise en valeur des différents types d’espaces.
v
Les boisements
*
Les deux boisements présents le long de la Loire
, sur la rive droite,
participent à la qualité paysagère du site de la Charité.
Celui situé an Nord de la commune, entre le chemin de halage et le
fleuve, possède une strate arbustive très dense constituée d’Aubépine, d’Eglantier, d’Epine noire, de Cornouiller, etc. Le Peuplier
Noir,
l’Orme,
le
Robinier
faux-acacia
sont
nombreux.
On
rencontre aussi du Frêne, du Chêne pédonculé.
A l’Ouest de la Promenade des Anglais, au sud du centre ancien, les
essences le plus souvent rencontrées au sein du boisement linéaire sont le Peuplier noir, le Frêne, le Robinier faux-acacia. Le Robinier
faux-acacia
est
originaire
d’Amérique
du
Nord.
Il
a
été
introduit en France comme arbre d’ornement. Echappé des jardins, le Robinier envahit plus particulièrement les bords des cours d’eau où il provoque la disparition des autres espèces. L’Osier est présent en bord de Loire dans chacune des ripisylves. Ripisylve * Aux abords de la ferme de la Pointe
, au Nord de la commune, il existe
un bois composé d’essences variées et ceinturé par un mur haut. Les feuillus
sont
les
plus
nombreux :
Platanes,
Tilleuls,
Erables,
Ormes,
Charmes, Chênes pédonculés … Des résineux sont aussi présents : Cèdre, Pin…ZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
B -
ANALYSE DU SITE
69
*
Aux abords du Château de Gérigny
, le bois est constitué uniquement
de feuillus : Tilleul, Charme, Orme, Frêne, Robinier faux-acacia, Erable champêtre, Châtaignier, etc. L’Aubépine, le Noisetier se trouvent dans le sous-bois. La Pointe
Gérigny
La
protection
des
boisements
au
titre
de
la
Z.P.P.A.U.P.
est
renforcée. De même, les espaces verts, les espaces libres à dominante naturelle, les jardins et les parcs participant à la qualité paysagère du site de la Charité-sur-Loire sont protégés au titre de la Z.P.P.A.U.P.. Les
boisements
majeurs
sont
protégés
aux
plans
graphiques
de
la
Z.P.P.A.U.P. en tant qu’espaces boisés ou plantés d’arbres. Certains d’entre eux déjà protégés comme espaces boisés (E.B.C.) au P.O.S. doivent être consolidés par le P.L.U. aussi en E.B.C.. Les
espaces
boisés
de
la
Charité-sur-Loire
sont
protégés
dans
la
Z.P.P.A.U.P. en tant qu’espaces boisés ou plantés d’arbres. Les
espaces
verts
ou
espaces
libres
à
dominante
naturelle
sont
protégés aux plans graphiques de la Z.P.P.A.U.P. par des petits ronds verts clairs
.
III.5- LES JARDINS ET LES MAILS
v
Les jardins
Les jardins, qu’ils soient privés ou publics, composent des espaces de respiration au sein du bâti, donnent un aspect plus végétal à la ville. Les jardins privés présents le long des axes majeurs tels l’avenue du Général Leclerc, la RN 151 succédant à l’avenue Gambetta, participent à laZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
B -
ANALYSE DU SITE
70
qualité paysagère des entrées de ville. Ces jardins accompagnent souvent un bâti possédant une grande qualité architecturale. Sur les coteaux, les jardins donnent un caractère verdoyant au site. La végétation masque en partie les constructions, estompe la forme du bâti. Les jardins du centre ancien de la Charité et du Faubourg donnant sur la Loire créent un lien avec les berges arborées du fleuve. Plusieurs jardins assurent une continuité végétale avec les boisements spontanés des îles proches du Faubourg, sur la digue de la Chevrette. Ils permettent aussi de conserver des espaces de respiration au sein du bâti.ZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
B -
ANALYSE DU SITE
71
Les jardins privés et publics participant à la qualité paysagère de la ville sont protégés aux plans graphiques de la Z.P.P.A.U.P. par des gros ronds verts.
v
Les mails
Plusieurs mails sont présents au sein de la ville de La Charité-sur-Loire :
- avenue du Général Leclerc
: Charme, Prunus
Le
Robinier
faux
acacia,
le
Sorbier
et
le
pommier
à
fleur
ont
été
progressivement remplacés entre 2000 et 2002 par d’autres essences car ils dépérissaient : Prunus , Noisetier de Bizance (Corylus Colurna), Poirier à fleurs (Pyrus Calleryana). Auparavant, le mail était constitué de Marronniers (début XX
ème
), puis de
Peupliers; ils ont été abattus à cause des dégâts occasionnés par leur système racinaire.
- Quai Clémenceau
: Le mail d’Erables a été abattu car les sujets
étaient
malades.
De
nouvelles
plantations
d’Erables
planes
ont
été
réalisées mais les arbres se développent mal.
- Avenue de la Gare
: Tilleuls
Les tilleuls en place sont vieillissants et plusieurs ont déjà été abattus sans
renouvellement.
La
réalisation
d’une
étude
phytosanitaire
serait
nécessaire pour faire un diagnostic précis de l’état des arbres. Le service des espaces verts souhaite mener une réflexion sur cette avenue
et
prévoir
des
réserves
foncières
pour
l’emplacement
des
nouvelles plantations. Le choix des nouveaux arbres se porte sur une
essence ayant un développement moyen : Tilleul, Orme résista, Frêne, Charme pyramidal…
- Avenue du Champ du Seigneur
: Erables.
Les arbres ne se développent pas à cause de la réalisation du réseau souterrain (maltraitance des racines lors de la mise en place du gaz).
- avenue Gambetta
: mail de feuillus
Il existe un projet de réalisation d’une haie champêtre (hêtre, charmille) à l’entrée de ville Est proche du stade du rugby et du parc Maurice.
- promenade des Anglais :
Mail de platanes.
La trame indiquant les mails existants est reportée graphiquement au document graphique de la Z.P.P.A.U.P..
III.6- LES PERSPECTIVES
D’après l’étude « La charité-sur-Loire – Abbaye clunisienne, site urbain et abords » -Jean Pierre et Françoise DUTHOIT – Novembre 1975 Globalement, le site de la Charité est organisé linéairement selon l’axe de la Loire Les vues lointaines sur l’ensemble de la vieille ville dépassent le territoire communal. La présence d’une perspective sur un monument majeur de la ville depuis une entrée de ville participe à la qualité de celle-ci et favorise la découverte du site. Au sein de la ville de La Charité-sur-Loire (dont la ville ancienne), il existe de nombreuses perspectives urbaines sur les monuments de la ville.ZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
B -
ANALYSE DU SITE
72
v
Les vues depuis la ville sur ses abords
Le site de la vieille ville se présente sous la forme d’une demi-cuvette ouverte sur la Loire ; un tel relief ne permet des vues que depuis des points hauts en bordure de la cuvette dans la direction de la Loire, sur la ville et la rive opposée, soit vers le Nord-Ouest, l’Ouest et le Sud-Ouest. Les
vues
majeures
depuis
la
ville
sont
situées
principalement
sur
les
remparts Nord de la ville, actuellement aménagés en promenade publique, et en
haut
de
toutes
les
rues
qui
atteignent
les
limites
de
la
ville
ancienne : rue St-Jacques, rue Sainte Anne, rue Grande et rue de Paris, à partir desquelles on ne peut avoir que des vues très sectorielles, mais non moins importantes pour autant. Au contact immédiat des murailles ceinturant la ville ancienne se sont installés durant le vingtième siècle plusieurs bâtiments importants :
au
sud, dominant la ville ancienne, une extension de l’Hôpital Psychiatrique, au Nord, le groupe scolaire et son agrandissement en bordure de la rue de la Montagne, à l’Est, plusieurs groupes d’immeubles en bandes. Des masques végétaux accompagnent au Nord les murailles et au Sud l’Hôpital d’où des vues très vite limitées en direction du Nord et du Sud. Vers
l’Est,
il
n’existe aucune
vue
possible
sur le
plateau
bourguignon,
exception faite vers le Sud-Est où, depuis la tour des Espagnols, le regard se porte sur le massif forestier de la Bertranges, à quelques 6 km de la ville. Les territoires visibles depuis la ville ancienne se situent essentiellement hors des limites de la commune.
v
Les vues sur la ville depuis ses abordsZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
B -
ANALYSE DU SITE
73
Vues majeures sur la ville
Source GHECO
Les vues depuis la rive droite Lorsque l’on aborde La Charité-sur-Loire par le Nord en venant de Paris, ou vers le Sud, en arrivant de Nevers, on n'a pratiquement aucune vue sur la ville. Le regard est d’abord attiré par la Loire qui borde la route nationale n°7. Pour l’essentiel, la vision s’organise autour du plan d’eau comme élément principal
très
prégnant,
sur
lequel
se
greffent
deux
fonds
de
vues
remarquables : le pont du XVIème siècle prolongé par l’île du Faubourg et les nombreux bancs de sable jalonnant la Loire, partiellement plantés d’une végétation de haute tige assez dense. Le Faubourg de Loire
GHECO
De cette rive droite, l’attention de l’observateur n’est pas sollicitée côté ville : il longe un terrain en pente, occupé d’une façon éparse, qui ne lui donne aucune profondeur de vision. Aux abords de la ville ancienne, son regard suit un front continu de constructions d’esprit classique. A hauteur du pont, il peut avoir une vision fugace sur l’intérieur de la ville.
La place Misère, au Sud de la ville, constitue un autre point de vue où l’on peut lire essentiellement la masse de la Tour Sainte-Croix dominant la silhouette urbaine. Le paysage
urbain
de
La
Charité-sur-Loire
n’est
pratiquement
pas
saisissable
pour
l’œil
qui
se
déplace
le
long
de
la
rive
droite
de
la
Loire. Les éléments visuels les plus marquants sont le pont du XVIème siècle et le Faubourg. Le pont sur la Loire
GHECO
Les vues depuis la rive gauche Le tissu ancien La silhouette de la ville ancienne est celle d’un velum régulier percé en son milieu par la tour Sainte-Croix et le clocher de la Bertrange. Il a une forme creuse très régulière ; les constructions qui le composent reflètent une
grande
homogénéité
tant
dans
leurs
dimensions
que
dans
leurs
matériaux.
Le
plus
souvent,
les
couvertures
sont
à
deux
pentes
trèsZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
B -
ANALYSE DU SITE
74
prononcées entre pignons formant chevronnières et revêtues de tuiles plates. Le gros-œuvre est fait généralement en maçonnerie de blocage largement enduit. Aux XVIIIème et XIXème siècle, et particulièrement, depuis
le
développement
des
communications,
l’ardoise
a
fait
son
apparition. Certains
secteurs
et,
particulièrement,
certaines
constructions
intimement
liées
au
site
ancien
de
La
Charité-sur-Loire
ponctuent
visiblement, par une légère émergence, ce velum, y créant par leur volume des repères remarquables. En fait,
ces
immeubles
dominent
légèrement
en
hauteur
ceux
qui
les
entourent
immédiatement.
On
peut
préciser
qu’il
s’agit
de
quelques
décimètres, voire d’un mètre ou plus, mais en aucun cas d’une hauteur d’un niveau complet.
Par
contre
la
quantité
de
cheminées
crée
un
graphisme
remarquable
dans
le
paysage
des
toitures. Ces cheminées, situées le plus souvent au droit des murs pignon s’élèvent au dessus du niveau des faîtages, pour assurer leur tirage, et étant
donné
la
forte
pente
des
toitures
présentent
une
dimension
d’autant
plus
importante que les demeures du bord de Loire offrent
des
couvertures
à
quatre
pentes
(en
« pavillon ».
Bien
souvent
devenues
inutiles,
elles
risquent
de
disparaître,
ce
qui
constituerait une altération des formes architecturales originelles et un appauvrissement du paysage pittoresque. La première couronne Il existe au contact immédiat des murailles ceinturant la ville ancienne, une
zone
particulière
qui
contient
des
bâtiments
qui
ne
sont
plus
à
l’échelle
du
tissu
ancien.
Deux
d’entre
eux
abritent
des
équipements
publics : l’hôpital couronné par les immenses châteaux d’eau de la ville et l’école des Remparts. Certaines constructions portent atteinte à la qualité du site : leur volume, leur hauteur, leur longueur, leur couronnement et leur modénature sont tout-à-fait étrangers au paysage. Les limites vertes Les récents volumes bâtis ont sensiblement remonté les bords du volume creux et régulier, percé par la tour Sainte-Croix et le clocher de la Bertrange, qui caractérise la silhouette de la ville ancienne. Parfaitement délimité en plan par le tracé des remparts, ce site ancien est nettement circonscrit dans l’espace visuel par deux zones plantées et boisées : au Nord, on trouve, au-delà des pentes herbeuses du champ Baratté, les plantations de haute tige des remparts et du Chemin de la Montagne,
tandis
qu’au
sud,
les
jardins
et
les
terrasses
de
l’hôpital
psychiatrique
forment
une
solution
de
continuité
avec
l’urbanisation
progressive du coteau.ZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
B -
ANALYSE DU SITE
75
L’Urbanisation récente Au-delà
de
ce
site
ancien,
se
développe
l’aménagement
des
coteaux
dominant la Loire et du plateau nivernais. Compte tenu du relief, cette poussée se fait particulièrement sentir vers le Nord de la Cité. Logements et équipements trouvent là des possibilités d’extension à proximité de la RN 7. Ce développement est, au regard du paysage, très distinct de la cité ancienne. Les observations faites depuis la rive gauche entraînent deux remarques : - le tissu urbain contemporain apparaît plus verdoyant qu’il ne l’est en réalité ; - les
volumes
bâtis
qui
le
composent
semblent
plutôt
regroupés
par
secteur, de nature différente : groupement de maisons individuelles sur le coteau dominant la Loire, ensemble d’immeubles collectifs sur le plateau.
Ces derniers créent actuellement au Nord du site ancien de la Charité, une ponctuation qui n’ajoute rien visuellement à la qualité des lieux. La gêne qu’ils constituent semble plus liée au hasard qui a sans doute présidé à leur implantation dans le site qu’à leurs volumes eux-mêmes. Les masques des bords de Loire Parsemés d’îles et de bancs de sable sur lesquels croissent des arbres de haute
tige,
les
bords
de
Loire
constituent,
pour
celui
qui
contemple
l’Abbatiale clunisienne dans son contexte urbain, un premier plan végétal remarquable. Organisée en bandes le long du cours d’eau de la Loire, cette végétation joue le rôle de masques successifs, tantôt cachant, tantôt montrant le plan d’eau qui vient baigner les quais bordant la ville, dérobant souvent au regard les premiers plans urbains pour laisser découvrir, les dominant, une succession de couvertures entourant tour et clocher du prieuré.ZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
B -
ANALYSE DU SITE
76
La Loire vue depuis le Faubourg de Loire
GHECO
Le Pont Seul élément du paysage à être perpendiculaire à la trame générale, le pont du XVIème siècle reliant la ville au Faubourg sert de fond, dans tous les cas, aux vues que l’on peut avoir sur le plan d’eau. Au-dessus du pont apparaissent toujours la ville et les coteaux.ZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
C – DONNEES SOCIO-DEMOGRAPHIQUES
77
C- DONNEES SOCIO-DEMOGRAPHIQUESZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
C – DONNEES SOCIO-DEMOGRAPHIQUES
78
La Charité sur Loire
Evolution de la population 1975-1999
6426
6416
5686
5460
4500 5000 5500 6000 6500
1975
1982
1990
1999
La Charité sur Loire
Soldes naturel et m igratoire Taux de variation annuel en %
1975-1999
-0,29
-0,62
0,27
-0,88
-1,5
-0,79
0,34
-0,45
-0,02
-2
-1,5
-1
-0,5
0
0,5
1975-1982
1982-1990
1990-1999
Tx annuel solde naturel Tx annuel solde migratoire Taux de variation annuel total
C-1. SITUATION DEMOGRAPHIQUE •
L’évolution démographique
En 1999, La Charité sur Loire compte 5460 habitants. On constate une
baisse démographique depuis 1982
, forte au cours des
années 1980 (- 730 habitants), plus mesurée entre les deux derniers recensements (1990-1999 (- 226 personnes).
Année de recensement
Population sans double-compte
1975
6426
1982
6416
1990
5686
1999
5460
•
Soldes naturel et migratoire
Au cours des années 1990, le déficit naturel a contribué à la baisse de la
population
: entre les recensements de
1990 et 1999, ont été
enregistrées :
487
naissances,
contre
883
décès
.
Le
déficit
naturel
s’élève donc à 396 personnes.
On
observe
une
baisse
régulière
du
nombre
de
naissances
et
une
augmentation du solde naturel, caractéristiques du vieillissement de la population communale.
En %
Naissances
Décès
Taux de natalité
Taux de mortalité
1975-1982
538
670
11,91
14,83
1982-1990
510
812
10,46
16,66
1990-1999
487
883
9,68
17,55
En %
Tx annuel solde naturel
Tx annuel
solde migratoire
Taux de variation
annuel total
1975-1982
-0,29
+0,27
-0,02
1982-1990
-0,62
-0,88
-1,50
1990-1999
-0,79
+0,34
-0,45
On observe une forte baisse de population et un taux de variation annuel de population très marqué entre 1982 et 1990. Toutefois, le solde migratoire, négatif entre 1982 et 1999, redevient positif entre 1990 et 1999, et le taux de variation annuel, même s’il reste négatif, a fortement diminué (-0,45 entre 1990 et 1999, contre –1,50 entre 1982 et 1990). La population communale tend à se stabiliser au cours de la décennie 1990.ZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
C – DONNEES SOCIO-DEMOGRAPHIQUES
79
La Charité sur Loire LES ACTIFS rgp 1999
1770
310
2087
0
500 1000 1500 2000 2500
Population active
Population active ayant un em ploi
Chôm eurs
C-2. LA POPULATION ACTIVE •
La population active En 1999, parmi les 5460 habitants de la commune,
2080
personnes
sont actives
: 1096 hommes et 991 femmes.
Au
moment
du
recensement
(mars
1999),
310
de
ces
actifs
déclarent chercher un emploi et 1770 travaillent
.
Parmi les actifs ayant un emploi, 208 exercent une profession à leur compte ou aident leur conjoint. Les 1562 autres sont salariées.
Population active
2087
Hommes
1096
Femmes
991
Population active ayant un emploi
1770
Salariés
1562
Non salariés
208
Chômeurs
310
Taux de chômage
14,9 %ZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
C – DONNEES SOCIO-DEMOGRAPHIQUES
80
La Charité sur Loire
Le parc de logements 1999
Résidences principales
82,2%
Résidences secondaires
ou
occasionnelles
5,9%
logements vacants
11,9%
La Charité sur Loire
Résidences principales selon l'âge d'achèvem ent
de 1949 à 1974
31,9%
de 1975 à 1989
21,1%
1990 et après
5,7%
avant 1949
41,3%
C-III. LE PARC DE LOGEMENTS En
mars
1999
la
commune
de
La
Charité
sur
Loire
comporte
2860
logements
, dont :
−
2351 résidences principales
−
170 résidences secondaires ou occasionnelles.
−
339 logements vacants
Le parc de logements a évolué de manière positive :
+2,8 % entre 1990
et 1999
: + 3,8 % de résidences principales + 4,9 % de résidences secondaires
Le nombre de logements vacants a augmenté de 4 % entre 1990 et 1999.
Le
parc comporte
972 logements construits avant 1949 (41,3 %).
Les
2/3
des
résidences
principales
sont
des
logements
individuels
(65,9%). Taille des logements (résidences principales)
nbre résidences
principales
%
1 pièce
90
3,8
2 pièces
325
13,8
3 pièces
625
26,6
4 pièces et plus
1311
55,8
Les grands logements 4 pièces ou plus sont majoritaires sur la commune. La plupart des résidences principales ont au moins une baignoire ou une douche
et
possèdent
le
chauffage
central
ou
électrique.ZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
C – DONNEES SOCIO-DEMOGRAPHIQUES
81
D – MOTIVATIONS DES PROTECTIONSZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
D – MOTIVATIONS DES PROTECTIONS
82
D.1- DELIMITATION DE LA ZPPAUP
I.1-
LES
PROTECTIONS
ACTUELLES
DES
SITES
ET
MONUMENTS HISTORIQUES
Actuellement, de nombreux édifices sont protégés au sein de la ville ancienne au titre de la loi relative aux monuments historiques, notamment à l’intérieur du prieuré. Des
périmètres
de
500
mètres
ont
été
établis
autour
de
ces
constructions pour en conserver l’environnement immédiat. Leur caractère aléatoire
ne
permet
pas
de
prendre
en
compte
la
complexité
du
« monument » que constitue la ville ancienne et ses faubourgs ainsi que la qualité paysagère du site. La Zone de Protection du Patrimoine Architectural, Urbain et Paysager (Z.P.P.A.U.P.) est un outil de choix pour assurer une protection cohérente et évolutive du patrimoine de la Charité-sur-Loire. A la mise en application de la Z.P.P.A.U.P., le périmètre de 500 m autour des monuments protégés disparaît au profit d’une approche historique, architecturale et paysagère du site.
II.2- LE PERIMETRE ET JUSTIFICATION
Le périmètre retenu pour la délimitation de la Z.P.P.A.U.P. de la Charité- sur-Loire
a
été
déterminé
après
une
analyse
détaillée
des
sites
constitutifs du patrimoine urbain, architectural, historique et paysager qui a pris en compte les éléments suivants : a) le bâti patrimonial : le centre ancien de la Ville de la Charité-sur-Loire Le nombre important de monuments majeurs et identitaires (la grande église Notre-Dame, les hauts bâtiments du prieuré…), les vestiges de la
clôture du prieuré et des remparts de la cité, les églises paroissiales St Pierre et St Jacques, la conservation d’une organisation seigneuriale de l’espace urbain (traces d’un parcellaire médiéval sur une partie de la ville, d’une
trame
bâtie
ancienne),
la
richesse
architecturale
des
édifices
permettent de « lire » l’histoire de la ville Il est intégré dans la Z.P.P.A.U.P. : - l’ensemble de l’ancienne « cité » intra muros comprenant :
* les quartiers bas liés historiquement aux activités du bord de Loire (mariniers, mégissiers, tanneurs, bouchers…), * les quartiers commerçants le long des axes principaux qui comportaient une forte concentration de boutiques abritant ateliers et magasins de vente (rue du pont, Grande rue…), des auberges (rue des hostelleries…), * les quartiers dits des « guêtrots » initialement à vocation plutôt rurale qu’urbaine et constitués d’un habitat modeste. Des vignerons étaient installés dans le haut de la ville au Nord est de la grande rue marchande et au sud est. *
les
lieux
ayant
historiquement
un
rôle
important
dans
l’activité commerciale. Ils sont situés en haut et en bas de la vieille ville (le marché proche de l’enclos prieural, la Revenderie, ainsi que la halle, au sud de la Grande rue).
- l’ensemble des bâtiments du prieuré et son mur de clôture, l’église Notre Dame, les restes de l’ancienne église Sainte Croix, les vestiges de l’église clunisienne et de la chapelle. Les édifices au sein de la clôture du prieuré présentent un intérêt historique et architectural indéniable. Un grand nombre d’entre eux est classé au titre des monuments historiques dès les années 30 jusque dans les années 80. Le 20 novembre 2000, a été proposé au classement au titre des monuments historiques la totalité de la clôture du prieuré ; de même une inscription sur la liste du Patrimoine Mondial (U.N.E.S.C.O.) est proposée. - les vestiges des remparts.ZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
D – MOTIVATIONS DES PROTECTIONS
83
b) Les faubourgs de la ville Plusieurs
grandes
avenues
des
faubourgs
sont
bordées
par
un
bâti
intéressant:
nombreuses
villas
avec
leur
jardin
et
clôture
attenants :
avenue du Maréchal Leclerc, avenue Gambetta… L’axe
de
la
RN
151
présente
un
intérêt
patrimonial
et
architectural
diversifié. :
villas
de
1880-1894,
cité
ouvrière
Montupet
de
1925,
l’ensemble péri-urbain du Château Saint-Maurice et de la Maison de la Marquise. Il constitue aussi une entrée de ville de qualité. c) les quartiers d’extension proches des faubourgs Ils se caractérisent par des habitations modestes, souvent implantées en retrait des voies, des clôtures homogènes et de nombreux jardins. Les quartiers inclus dans la Z.P.P.A.U.P. se situent à l’Est de la ville intra- muros et de la voie ferrée. L’attrait paysager des jardins, l’homogénéité des clôtures forment une transition harmonieuse entre les espaces plus ruraux et les faubourgs. Quelques fermes à structure bâtie dominante de type traditionnel de qualité sont implantées au sein de ces quartiers d) Les quais L’ensemble des quais de la vieille ville (le quai neuf, quai Clemenceau et le quai vieux, quai Foch), les aménagements en bordure de l’île du Faubourg, les chemins de halage ont été pris en compte dans la Z.P.P.A.U.P. ainsi que les éléments portuaires encore visibles, le pont de pierre, les accès à la Loire dont le guichet (passage souterrain vers la Loire).
e) le cimetière au lieu dit « Queue de mouton » Les
travaux
de
création
du
cimetière
débutent
en
1834-1835.
Ce
cimetière est bien circonscrit et clos de murs, divisé en carrés. Une grille de fer ouvragée ferme l’ensemble (1845). Il existe de nombreuses tombes présentant un intérêt architectural. Le style
des
tombes
s’inspire
de
l’antique.
Stèles,
colonnes
marquent
verticalement le lieu de l’inhumation. Le cimetière est inclus dans la Z.P.P.A.U.P.
de façon à ce qu’en soit
conservé
le caractère
pittoresque et
en
vue
du
maintien
des
tombes
anciennes
ouvragées
ou
« historiées ».
Les
tombes
ne
sont
pas
répertoriées au titre de la Z.P.P.A.U.P. dans le détail ; cette disposition, suppose que la commune se dote, ultérieurement, d’un cahier des charges permettant
de
préserver
les
monuments
funéraires
présentant
un
« intérêt d’art ou d’histoire locale ». f) le site de l’hôpital L’hôpital (ancien asile d’aliénés : « le Dépôt de mendicité ») est installé en dehors de la vieille ville, dans le vaste domaine de l’ancienne manufacture royale de quincaillerie et de boutons fondée en 1756. Ce site se caractérise par des édifices imposants présentant un fort intérêt architectural, des vues sur la vieille ville et la Loire, de vastes espaces non bâtis favorisant la lisibilité de la ville intra-muros. g) Les perspectives. Le site de la vieille ville se présente sous la forme d’un versant en cuvette ouverte sur la Loire ; un tel relief ne permet des vues que depuis des points hauts en bordure de la cuvette dans la direction de la Loire, sur la ville et la rive opposée, soit vers le Nord-Ouest, l’Ouest et le sud-ouest. Les
vues
majeures
depuis
la
ville
sur
ses
abords
sont
situées
principalement sur les remparts Nord de la ville et en haut de toutes les rues qui atteignent les limites de la ville ancienne.ZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
D – MOTIVATIONS DES PROTECTIONS
84
Les vues lointaines sur l’ensemble de la vieille ville dépassent le territoire communal. On aperçoit l’ensemble du site depuis les coteaux Ouest de la rive gauche de la Loire et de manière plus lointaine lors de l’approche en venant de Bourges Au sein de la ville de La Charité-sur-Loire (dont la ville ancienne), il existe de nombreuses perspectives urbaines sur les monuments de la ville. h) les espaces naturels du site Ils
forment
un
écrin
autour
des
éléments
architecturaux
et
urbains
majeurs de la ville et favorisent des perspectives sur la ville intra-muros. Le relief
et
la
végétation
engendrent
des
« barrières
visuelles »
sur
l’horizon et limitent l’espace à l’arrière de la vieille ville et de la Loire. Les
plantations
de
hauts
jets
masquent
certains
éléments
bâtis
du
paysage et donnent à l’ensemble un caractère verdoyant qui met en valeur l’ensemble urbain et architectural de la vieille ville. i) les « écarts » Le château de Gérigny et ses abords s’inscrit dans le patrimoine charitois. Un périmètre spécifique se justifie pour cet écart. La ferme au lieu dit « Grange Joada ». Le Manoir au lieu dit « La pointe »
D.II- OBJECTIFS DE PROTECTIONS
II.1- LE CONTENU
v
La division du territoire en secteurs
Le périmètre de la Z.P.P.A.U.P. comprend l’ensemble de la vallée de la Loire,
le
centre
ancien
de
la
ville,
les
faubourgs
et
les
quartiers
d’extension présentant un intérêt architectural et/ou paysager. Il
est
divisé
en
plusieurs
secteurs
sur
lesquels
s’appliquent
des
prescriptions particulières : Secteur «PA» : le centre ancien, le faubourg et ses abords.
Il
comprend
la
ville
ancienne,
intra-muros,
les
murs
et
sensiblement les fossés ou glacis en pied de
mur ainsi que le
faubourg de Loire. Les
ensembles
situés
en
secteur
« PA »
sont
au
cœur
de
la
Z.P.P.A.U.P. et en sont le motif principal.
Secteur «PB» : L’ensemble bâti assez dense autour de la cité.
Il s’agit : -
des quartiers contigus à la cité, dont l’extension s’est faite en ordre semi-continu ; ils sont constitués d’immeubles (villas) de la fin du XIXème siècle et du début du XXème siècle dont certains
d’entre
eux
présentent
un
grand
intérêt
architectural.
-
du site de l’hôpital (C.H.S. au sud de la ville intra muros.
Le caractère patrimonial des lieux est moindre qu’en secteur PA ; toutefois les quartiers du secteur PB s’inscrivent dans le site intéressant
de
la
commune
et
comprend
des
éléments
anciensZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
D – MOTIVATIONS DES PROTECTIONS
85
dispersés. La Z.P.P.A.U.P. émet des directives dont les modalités d’application
doivent
être
affinées
ou
nuancées
au
P.L.U.
pour
assurer la cohérence architecturale et urbaine, tout en modulant ces orientations à la spécificité des lieux.
Secteur «PC» : les quartiers récents Ce sont les quartiers plus éloignés de la cité, constitués de lotissements assez récents ; leur caractère paysager, sur le flanc du coteau en bord de Loire ou en crête, leur confère un rôle d’écrin dans le site. Le caractère
patrimonial
des
lieux
est
moindre
qu’en
secteur
PA ;
toutefois les quartiers du secteur PC s’inscrivent dans le site intéressant de la commune. La Z.P.P.A.U.P. émet des directives dont les modalités d’application doivent être affinées ou nuancées au P.L.U. pour assurer la cohérence architecturale,
urbaine et paysagère, tout en modulant ces
orientations à la spécificité des lieux. On distingue le secteur PC1 destiné à l’évolution ultérieure des quartiers Nord de l’ensemble urbanisé pour lequel, en cas d’urbanisation, le flanc de coteau devra faire l’objet d’une insertion du bâti autre que par lotissement en implantation de villas en série et en discontinu. Ces secteurs concernent les espaces bâtis de quartiers neufs (début XXème siècle et suivant) Secteur «PL» : le lit de la Loire.
Ce
secteur
concerne
le
lit
majeur
de
la
Loire.
Une
partie
du
secteur PL est couverte par la réserve naturelle du Val de Loire Les constructions y sont interdites sauf les aménagements liés au fleuve et les travaux d’entretien des ouvrages hydrauliques.
Secteur «PP» : Les secteurs paysagers à dominante végétale
Ces secteurs correspondent aux espaces naturels et agricoles Toutefois, on trouve
• en PP1 le parc de SAINT MAURICE et la demeure • en PP2 la Grange JOADA et ses abords
Des prescriptions sont déterminées « à la parcelle », indépendamment du zonage (le bâti et les espaces non-bâtis qui relèvent du patrimoine); les secteurs
déterminent
les
espaces
pour
lesquels
les
objectifs
de
protection sont hiérarchisés :
-
en PA, protection de l’ensemble urbain,
-
en PB, protection de quelques immeubles et d’espaces arborés ou de jardins,
-
en PC, préservation de l’ambiance végétale dominante,
-
en PL, lit de la Loire,
-
en PP, maintien des dominantes paysagères
En PC et en PP, la Z.P.P.A.U.P. se réduit essentiellement à des directives qui devront être prises en compte au PLU.
v
Les catégories de protection du patrimoine bâti et naturel
Indépendamment de ces différents secteurs et des prescriptions qui s’y appliquent, la Z.P.P.A.U.P. de la Charité-sur-Loire établit une servitude de protection sur les différents types d’éléments patrimoniaux analysés à savoir : I- Le patrimoine architectural exceptionnel (repéré par un quadrillage rouge au plan) : Les bâtiments sont identifiés comme exceptionnels soit pour leur aspect architectural,
leur
rareté,
la
présence
d’éléments
archéologiques
ouZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
D – MOTIVATIONS DES PROTECTIONS
86
historiques,
leur
ancienneté
ou
leur
singularité
(dont
la
richesse
décorative). On les rencontre essentiellement dans la ville ancienne et de manière ponctuelle dans les faubourgs. Il s’agit de bâtiments institutionnels tels l’école supérieure (collège actuel), la mairie mais aussi, le clos Reverin, le pont de pierre reliant le centre ville et le Faubourg de Loire, des corps de ferme isolés, des immeubles de ville, des villas. Les immeubles sont identifiés au plan réglementaire de la Z.P.P.A.U.P. par des
croisillons
rouges
(immeuble
reconnu
pour
ses
particularités
historiques, architecturales et urbaines). Ils
font
l’objet
d’une
prescription
de
conservation
correspondant
au
repérage effectué sur les plans graphiques et d’obligations d’entretien et de restauration, dans le respect des matériaux et des techniques de construction
originelles.
Ils
correspondent
aux
édifices
les
plus
représentatifs du bâti ancien, et dont l’intégrité nécessite leur stricte conservation :
•
les immeubles caractéristiques de l’histoire de la Charité-sur-
Loire •
les maisons de ville et les villas qui présentent une modénature
élaborée •
les
ensembles
urbains
isolés
de
grand
intérêt
architectural
(Ferme de la Pointe, Château de Gérigny, Grange Joada).
II - Le patrimoine architectural typique ou constitutif de l’ensemble urbain (repéré par un hachurage rouge au plan) : Ce patrimoine est constitué par du
bâti ancien, construit en matériaux
traditionnels (pierre, moellon enduit) ou utilisant des techniques devenues rares.
?
?
?ZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
D – MOTIVATIONS DES PROTECTIONS
87
Il possède une valeur historique globale ; effet d’unité urbaine par l’unité des matériaux. Il couvre les constructions qui, par leurs volumes et leur aspect architectural participent à l’ensemble qu’elles créent, soit par l’unité des styles, soit par l’unité d’échelle, soit par leur qualité architecturale. Ce patrimoine comprend aussi un bâti de moindre intérêt mais dont la qualité de réalisation (structure en pierre de taille, proportions, volumes, détails)
contribue
à
créer
des
ensembles
homogènes :
succession
de
façades identiques ou homogènes ; continuité d’ordonnancement (rythme de percements identiques ou proche), continuité de ligne d’égouts de toits ou de bandeaux. Les constructions sont localisées sur l’ensemble du périmètre et touchent différents types architecturaux constituant le patrimoine bâti de la commune. Le patrimoine
concerne
les
fronts
urbains
à
l’alignement
des
voies
principales dans le bourg et les quartiers d’extension. La qualité architecturale de ces immeubles n’est pas « exceptionnelle » à la
différence
de
celle
des
édifices
précédents
mais
leur
qualité
de
réalisation et leur « ordonnancement » contribue à créer des ensembles homogènes. Leur construction de type « traditionnel » avec d’épais murs de pierre ou de moellon, leur couverture de tuiles, en majorité, leurs détails
de
modénature
(moulures,
bandeaux,
encadrement
de
baies,
linteaux), leurs menuiseries de bois (fenêtres, volets) en font des édifices rares,
que
l’on
imaginerait
pas,
aujourd’hui
reconstruire
par
ces
techniques ; leur place est donc entière au patrimoine au titre de la Z.P.P.A.U.P... La démolition ou la modification complète de ces édifices ne seront pas autorisés si elles viennent perturber la continuité urbaine. Cela signifie, clairement leur maintien, pour la majorité d’entre-eux dans l’unité urbaine.
Seul
un
projet
qui
nécessiterait
une
démolition
(péril)
ou
l’insertion d’un programme exceptionnel (hors logement) dont la « couture urbaine serait garantie pourrait ainsi être admis. III-
La
trace
des
anciens
remparts
et
de
la
clôture
du
prieuré
(repérée par un tireté gris au plan) Il est reporté au plan réglementaire de la Z.P.P.A.U.P. par un tireté gris Ces murs devront être conservés impérativement, entretenus et mis en valeur. Ils ne devront pas faire l’objet de surhaussement en dehors d’une éventuelle reconstitution. Ils ne devront ni être modifiés ni être percés. IV- Murs de clôtures repérés (par un trait ou tireté rouge au plan) Il est différencié au plan réglementaire les murs et soutènement de type traditionnel (trait rouge), les murs à créer (tireté rouge).
?ZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
D – MOTIVATIONS DES PROTECTIONS
88
Parties intégrantes de l'ensemble urbain, ces murs, par leur situation, leur ancienneté,
leur
constitution
marquent
l’espace
bâti
de
manière
significative. Ces éléments de clôtures sont à la fois présents dans le centre
ancien
mais
aussi
dans
le
faubourg
de
Loire,
les
quartiers
d’extension et les fermes isolées. Les éléments d’accompagnement font partie de ces clôtures (portails, piliers, grille d’entrée...). V- Les détails architecturaux particuliers (repéré par une étoile rouge gris au plan) Ont
été
répertoriés
sur
les
plans
graphiques
les
éléments
et
détails
architecturaux de grand intérêt patrimonial par une étoile rouge. •
les portes et portails
•
les bornes
•
les croix, les puits
•
des
détails
de
constructions
particuliers
(grands
appareillages
de
pierre, linteaux, bords de quais …), etc. Les
ouvrages
et
parties
d’ouvrages
devront
être
conservées
impérativement, entretenus et mis en valeur. Leur modification n’est pas autorisée si elle est incompatible avec leur nature. VI - Les espaces boisés ou plantés d’arbres (repéré par une trame de petits triangles verts au plan) Ils sont repérés au plan réglementaire par des petits triangles verts foncés. Ce sont des boisements possédant un intérêt paysager fort. Ils correspondent aux masses boisées :
-
en bord de Loire (ripisylve)
-
sur les coteaux
entourant la ville ancienne de la Charité-sur-
Loire (écrin de verdure)
-
des écarts : château de Gérigny, la Pointe.
-
à l’Ouest du cimetière au lieu dit « queue de mouton » (bois de résineux)
Ils reprennent également les Espaces Boisés Classés (E.B.C.) du POS en vigueur. VI
-
Les
espaces
verts
ou
espaces
libres
à
dominante
naturelle
(repéré par une trame de petits cercles vert clair au plan) Ils ont été repérés au plan réglementaire par des petits ronds verts clairs Ils comprennent :
- les espaces libres à dominante naturelle du Faubourg de Loire,
présents au sein du lit de la Loire et le long de la voie ferrée.
- les espaces agricoles participant à la qualité d’un site : entrée de
ville Est (Avenue Gambetta - RN 152)
- des espaces verts
VII
-
Les
jardins
et
parcs
(repéré
par
une
trame
de
petites
croix
vert clair au plan) Ils ont été repérés au plan réglementaire par des petites croix verts clairs.Sont protégés
-
les jardins associés à l’habitat :
-
présents
le
long
des
axes
majeurs
de
la
ville
accompagnant
des
constructions présentant une qualité architecturale : avenue du général Leclerc, l’avenue Gambetta, l’avenue du Champs du Seigneur…ZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
D – MOTIVATIONS DES PROTECTIONS
89
- situés sur les coteaux (ligne de crête, flanc de coteau) au Nord et au sud du centre ancien de la Charité - visibles depuis l’espace public depuis les quais du centre ancien et de ceux du Faubourg
- les espaces libres
participant à la lecture historique de la ville :
une partie de la végétation arborée présente aux abords du rempart au Nord du Champ Baratté est protégée en jardin pour permettre d’abattre les arbres perturbant la lecture urbaine du site.
- les parcs et jardins publics, ayant un rôle paysager : parc Adam,
parc arboré du Château St Maurice. VIII - Les espaces libres à dominante minérale (repéré par une trame de hachures discontinues grises au plan) Ils ont été repérés au plan réglementaire par un hachurage discontinu gris Il s’agit :
-
de
cours,
esplanades,
parvis
protégés
pour
leur
intérêt
architectural (élément d’accompagnement du bâti principal)
- d’espaces libres aux abords des traces des fortifications afin de
permettre la lecture historique de la ville
- des quais Clémenceau, du Maréchal Foch et celui du Faubourg de
Loire (chemin de la Saulaie)
- de rues et ruelles qui par leur nature ou leur forme participent à
la
qualité
urbaine
du
centre
ancien.
Elles
sont
nombreuses
dans
les
quartiers bas de la vieille ville : rue basse de Loire, rue de la Sabottée… IX –
Les
mails
d’arbres
alignés
(repéré
par
une
trame
de
petits
cercles en lignes au plan)
Les mails existants sont protégés et sont à compléter pour conserver une cohérence du mail. Ils sont reportés sur les plans graphiques par des ronds linéaires verts. Les principaux mails sont situés sur :
-
-l’avenue du Général Leclerc,
-
le Quai Clemenceau,
-
l’avenue de la Gare,
-
la promenade des Anglais
-
l’avenue du Champ du Seigneur,
-
l’avenue Gambetta.
X – Les passages
(repéré par une bande de points rouge au plan)
Ils ont été repérés au plan réglementaire par des ronds rouges alignés. Ils permettent de préserver les passages dans les cœurs d’îlots, lorsqu’ils existent
et
dans
certains
cas
de
préserver
les
accès
originels
aux
immeubles
(couleur
par
nature,
porches
de
demeures
ou
d’hôtels
particuliers)
Ces
prescription
n’empêche
pas
la
fermeture
des
accès
privés par une porte ou portail, mais interdit des occupation contre nature du patrimoine, comme créer un local dans un porche traditionnel d’accès. Certains passages piétonniers sont à préserver (chemin de la Montagne, passage par le parc Adam…) ou à restaurer (sentier de la Côte des Erables dit de Jeanne d’Arc). XI-
Les perspectives ou faisceaux de vue (repéré par une flèche de
couleur violette) Elles sont identifiées par une flèche violette Ces faisceaux
portés au plan graphique permettent de maintenir une
perspective naturelle sur le centre ancien de La Charité-sur-Loire et les monuments urbains majeurs. Toute construction nouvelle qui sera projetéeZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
D – MOTIVATIONS DES PROTECTIONS
90
dans un faisceau de vue ne devra pas présenter une hauteur susceptible de faire obstacle à une perspective existante. Ces plans comportent l'application d'une légende établie à la mesure des prescriptions qui exigent une situation en plan, à savoir :
II.2-
REGLES
ET
RECOMMANDATIONS
RELATIVES
AU
PATRIMOINE BATI -
Les éléments architecturaux de référence
Si
la
ville
ancienne
de
La
Charité-sur-Loire
présente
une
cohérence
visuelle frappante vu de loin, c’est qu’elle est constituée de bâtiments construits
progressivement
et
ayant
utilisé
un
langage
architectural
relativement
constant :
unité
de
hauteurs,
unité
de
couleurs
et
de
matériaux, constantes dans la pente des toitures, unité de dimensions, d’échelle et de volume des bâtiments, constantes dans les proportions des pleins
et
des
vides
aux
façades,
constantes
dans
l’emplacement
des
cheminées ou dans la forme des lucarnes, etc. Les anciens faubourgs, quant à eux, sont remarquables par l’harmonie entre
les
hauteurs
des
bâtiments,
l’homogénéité
du
vocabulaire
architectural employé, en particulier au niveau des façades. Il
semblait
donc
primordial
de
pouvoir
protéger
cette
unité,
tout
en
permettant à des aménagements éventuels, à des travaux d’amélioration du bâti ou à des constructions neuves de trouver leur place dans cette logique,
de
se
réapproprier
les
références
architecturales
tout
en
inventant de nouvelles, de s’intégrer harmonieusement et judicieusement dans ces tissus riches d’histoire.
L’étude des éléments architecturaux de référence permet d’appréhender de façon détaillée ce qui fait à la fois la variété et l’unité du centre historique et des anciens faubourgs de La Charité-sur-Loire. Elle s’effectuera selon quatre axes essentiels :
- La forme des constructions, - Les matériaux, - Les couleurs, - Les clôtures
Chaque
analyse
d’élément
constitutif
est
suivie
d’indications
qui
faciliteront la définition des prescriptions architecturales du règlement. A/ La forme
Hauteur
Le bâti du centre historique de la Charité-sur-Loire est caractérisé par une
relative
homogénéité
des
hauteurs
et
du
nombre
d ‘étages :
une
moyenne
de
deux
ou
trois
étages
par
façades.
Seuls
les
monuments
importants, militaires,
religieux
ou publics,
dépassent
de
cette
masse
régulière : clochers, tours, etc. Les toitures occupent par ailleurs une place importante en surface et en hauteur, notamment en raison des fortes pentes des couvertures les plus anciennes. Dans les anciens faubourgs, les constructions présentent également des hauteurs homogènes. Indications en matière de hauteur : Aucune limite précise de hauteur ne peut être imposée, car elle implique une trop grande uniformisation du bâti. Cependant, il est bien entendu impératif de tenir compte de la hauteur des bâtiments voisins pour toute nouvelle
construction
éventuelle
ou
toute
transformation
sur
le
bâti
existant.ZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
D – MOTIVATIONS DES PROTECTIONS
91
Implantation
Le bâti est, d’une manière quasi générale, implanté à l’alignement des voies.
Ceci
est
résulte
des
conceptions
urbaines
qui
ont
porté
sur
plusieurs siècles, à la pratique de la ville « close » avec l’économie d’espace que cela nécessite et à l’effet sécuritaire que constitue l’îlot refermé sur lui-même. Deux types d’implantation à l’alignement des voies sont à distinguer :
•
Les
constructions
« à
pignon
sur
rue ».
Le
faîtage
est
perpendiculaire
à
la
rue ;
cela
correspond
bien
souvent
à
des
structures
d’origines
médiévales,
sur
parcelles
étroites
(en
lanière).
•
Les
constructions
à
égout
sur
rue.
Le
faîtage
de
toiture
est
parallèle à l’axe de la voie ; c’est ce type qui prévaudra rapidement à La Charité-sur-Loire et sera développé tout naturellement à l’époque
classe
et
contemporaine
où
le
pignon
sur
rue
ne
se
pratique plus.
Dans ces deux cas, la position de l’axe des toitures (du faîtage) est déterminante. Des implantations en retrait par rapport à l’alignement Si c’est le propre des constructions en milieu rural (châteaux, demeures, et hôtels particuliers ; dans ce dernier cas, en milieu urbain, l’alignement est respecté par l’intermédiaire des dépendances qui referment la cour coté rue. C’est après le milieu du XIXème siècle que l’implantation en retrait de l’alignement
se
répand,
avec
l’architecture
des
villas.
Les
villas
dites
« parisennes »
et de « villégiature » servent de modèle dans toute la
France pour se trouver généralisées à la fin du XIX
ème
siècle et au début
du XX
ème
siècle. Les clôtures, élevées ou fortement architecturées par
une grille, assurent la continuité visuelle du bâti. Les portails adoptent
dans ces cas des allures parfois monumentales, derrière lesquelles les bâtiments sont réellement mis en scène. Dès
les
« années
50 »
le
système
se
développe
au
niveau
national,
largement
porté
par
les
politiques
d’aides
au
logement,
par
le
développement des constructeurs « clefs-en-main » et par le désir d’une population
d’ascendance
rurale
de
retrouver
« en
ville »
l’ambiance
campagnarde du jardin autour de la maison. Les lotissements qui se sont développés
autour
du
noyau
ancien,
sur
les
coteaux
et
vers
le
nord
témoignent de l’étalement produit par les 50 ans d’urbanisme de l’après- guerre. Indications en matière d’implantation : Comme pour ce qui est des hauteurs des bâtiments, chaque cas de figure mérite une réflexion particulière quant à son implantation par rapport à la voie
ou
aux
constructions
avoisinantes.
Cependant,
l’implantation
à
l’alignement est une nécessité dans l’intra-muros et les faubourgs et reste souhaitable, pour son caractère urbain en continuité des faubourgs.
Les toitures
Les toitures occupent une place dominante dans le paysage urbain du centre historique, tant par leur surface que leurs volumes ou leur hauteur. Il s’agit de toits à pente raide dont l’angle le plus fréquent s’approche généralement des 40 et 45° voire 60° pour l’architecture des XVème au XVIIème siècles. Les toits brisés
offrent des pentes combinées de 30 et
70° environ.ZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
D – MOTIVATIONS DES PROTECTIONS
92
Le centre ville de la Charité-sur-Loire
Quatre grands types de toitures sont repérables à La Charité-sur-Loire : La toiture simple à deux versants égaux, particulièrement bien adaptée aux
bâtiments
de
petites
dimensions
qui
présentent
par
exemple
une
faible longueur de façade sur rue. Le faîtage de ce type de toiture se trouve généralement orienté parallèlement à la voie, les lucarnes pouvant ainsi être disposées dans le prolongement vertical de la façade. La toiture
à
une
ou
deux
croupes,
que
l’on
retrouve
souvent
sur
les
immeubles de plus grande dimension, notamment dans leur longueur. Elle est surtout représentative des bâtiments isolés, comportant au moins un étage, ou encore des constructions présentant un pignon sur la voie. Dans ce dernier cas, la pente de la croupe se trouve dans l’alignement visuel des autres toitures. La toiture à pans brisés, qui permet de dégager des combles plus hauts et plus habitables. Elles sont souvent recouvertes à la fois de tuiles et d’ardoises,
ou
peuvent
être
tout
en
tuile.
Les
pentes
avoisinent
respectivement 45°, pour la partie haute et 60° à 70° pour la partie inférieure. La toiture à la Mansart que l’on trouve sur quelques bâtiments du XIXème et du
début
du
XXème°
siècles.
Les
angles
des
pentes
avoisinent
respectivement les 70 à 80° pour les brisis (partie inférieure) et 30° les terrassons
(partie
supérieure).
Ce
type
de
toit,
couvert
d’ardoise,
développé
sur
des
maisons
bourgeoises
correspond
à
des
immeubles
importants, car ils s’intègrent difficilement sur les petits édifices.
Les pignons apparents
Le nombre d’immeubles situés en mitoyens, sur des parcelles de faible largeur, coiffés de hautes toitures de type médiéval ou renaissance met en valeur, par le jeu des alternances de hauteur d’importants pignons etZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
D – MOTIVATIONS DES PROTECTIONS
93
parfois leurs souches de cheminées. C’est une expression typique de ce type
de
bâti
qu’il
convient
de
préserver.
Parfois
émerge
nettement
quelques
grands
pignons
« renaissance »,
dégagé
des
toitures,
dont
la
pente
à
été
réduite
au
fil
du
temps.
Ces
vestiges
ont
une
valeur
« archéologique », pour l’histoire de la cité.
Les débords de toitures et l’égout
Les débords des toitures protègent les murs goutterots du ruissellement des eaux de pluie en rejetant ces dernières vers l’avant des façades, d’autant plus que les rives de toitures étaient dépourvues de gouttières. A la
Charité-sur-Loire
comme
dans
toute
la
région,
les
toitures
ne
débordent jamais au-dessus des murs de pignon. Les pièces de bois de la charpente ne sont jamais visibles sur ces bâtiments. La largeur de ces débords dépasse rarement les 20 cm. L’égout est la base du versant d’un toit, formé par les tuiles les plus basses, là où l’eau de pluie doit s’écouler dans les gouttières ou s’égoutter sur le sol. Cet élément qui court tout le long de la base des versants des toits est généralement constitué d’une épaisseur de deux tuiles (trois maximum) superposées et scellées ensemble au mortier sur la corniche.
Les coyaux et les dévers de toiture
Le coyau est cette incurvation que de nombreux toits anciens observent à proximité de l’égout sur toute la longueur d’un versant. Il est formé par la présence d’un petit chevron placé sur la charpente pour couvrir l’épaisseur (parfois importante du mur. Le dévers donne ce mouvement que la partie inférieure de la charpente effectue vers les rives latérales du toit afin d’éloigner du solin l’eau des pluies. Indications :
Ces
deux
parties
courbes
du
toit,
coyau
et
dévers,
donnent
de
la
« souplesse » aux formes des toitures. Elles doivent cependant rester discrètes et de faible importance dans tout le centre historique comme dans les quartiers des faubourgs : trop prononcées, elles donneraient aux toitures un aspect caricatural. Néanmoins, les toits à pans brisés, à la Mansart ou les toits de grandes dimensions nécessitent la présence de légers coyaux sans lesquels ils semblent trop « rigides ».
Ordonnance des ouvertures
L’ordonnance des ouvertures, c’est-à-dire leur disposition, leur rythme, l’espacement entre elles, sur une façade est un geste architectural de première importance. C’est cette composition des pleins et des vides qui donne sa force de caractère à un bâtiment même de dimensions modestes, qui accentue l’impression de stabilité ou d’élan vers le ciel qui peut s’en dégager. Dans
les
quartiers
anciens
de
la
Charité-sur-Loire,
l’ordonnance
des
ouvertures des bâtiments anciens reste simple mais efficace : elle se fait par
étage
et
selon
des
axes
verticaux
rigoureux
(par
travées).
La
symétrie est souvent employée pour les immeubles isolés même simples qui tendent alors vers le monumental. Il y a rarement d’étage dominant et les baies sont souvent de dimensions homogènes entre tous les étages. Indications en matière d’ordonnance des ouvertures : Restaurer un immeuble peut être l’occasion de repenser l’ordonnance des ouvertures en façade, lorsque des remaniements ont déstructuré le dessin primitif. Quant aux constructions neuves, elles devront tenir compte des schémas
qui
entrent
dans
la
composition
générale
des
façades
de
la
Charité-sur-Loire,
notamment
la
composition
à
la
fois
par
étages
(horizontale) et par travées (verticale).ZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
D – MOTIVATIONS DES PROTECTIONS
94
Les lucarnes
Les lucarnes, baies verticales permettant
d’éclairer
les
combles,
sont
des
éléments
architecturaux
plus
modestes
en dimension que les fenêtres de
façade,
mais
de
première
importance
car
elles
se
dégagent
de
la
façade
en
se
profilant
vers
le
ciel
et
animent les toitures, rythment les façades qu’elles prolongent vers le haut et dont elles sont parfois
un
élément
décoratif
expressif.
Deux types de lucarnes dominent :
- les lucarnes « à la capucine » (à croupe) - les lucarnes à pignon découvert
D’autres types d’ouverture sont également repérables sur les toitures de la Charité-sur-Loire comme les lucarnes à demi-rentrante et les occulus.
Indications en matière de lucarnes
:
Il est évidemment indispensable de maintenir les lucarnes qui sont très présentes
sur
les
immeubles
de
la
Charité-sur-Loire
comme
d’autres
localités de la région. Il faut absolument éviter de créer de grandes lucarnes ; la dimension des lucarnes, plus petite que celle des fenêtres correspond à une hiérarchie dans l’élévation de la façade. Même si on trouve des lucarnes sur la plupart des bâtiments, quelle que soit leur destination, leur forme et leur emplacement sur les toitures répondent à des règles précises :ZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
D – MOTIVATIONS DES PROTECTIONS
95
- le faîtage de la lucarne ne dépasse pas en hauteur la demi-pente
du toit principal ;
-
le
nombre
de
lucarnes
sur
un
même
versant
est
limité
et
s’ordonne de façon rigoureuse ;
-
les
lucarnes
se
situent,
en
général,
dans
l’axe
vertical
des
ouvertures de la façade (les lucarnes prolongent l’ordonnance des baies et soulignent l’eurythmie de la façade) ;
- les versants donnent une légère courbure due, bien souvent, à la
présence du coyau ;
- il faut éviter d’utiliser des éléments de zinc, qui doivent être
dissimulés, aux faîtages, rives et arêtiers ;
- pour les lucarnes « à la capucine », les arêtiers ne sont jamais
traités « à joints vifs » (c’est-à-dire avec des tuiles coupées en biais), ni avec des tuiles en équerre, mais composés, comme dans l’ensemble de la région, à partir de mortier en quantité abondante (rare) ou, mieux, avec des tuiles faîtières noyées dans du mortier ;
- les jouées sont de préférence enduites et parfois essentées de
tuiles ou d’ardoises ;
- les chevrons sont impérativement dissimulés ; - les gouttières ne doivent pas ’être posées sur es lucarnes ; - les fenêtres des lucarnes comptent quatre ou (rarement) six
carreaux,
- les persiennes et volets sont à proscrire impérativement, Les souches de cheminées
Les
souches
sont
les
parties
visibles
(hors
combles)
des
conduits
de
fumée
ou
de
chauffage,
qui
émergent
des
toitures
et
rythment
la
silhouette des quartiers centraux de la Charité-sur-Loire. Comparées
aux
constructions
rurales
de
la
région
les
souches
de
cheminées qui reposent sur les toits du centre de la Charité-sur-Loire sont beaucoup plus hautes. Ceci s’explique par la densité du tissu urbain, donc par le besoin d’évacuer les fumées plus haut et d’accélérer le tirage d’air. Il n’est pas rare d’ailleurs de voir des souches anciennes prolongées
vers
le
haut
par
une
maçonnerie
récente,
parfois
de
manière
peu
esthétique. Placées sur des toits à fortes pentes, les souches de cheminées sont particulièrement visibles, même depuis le sol. Il est donc primordial d’en soigner la restauration ou la construction. Leur position peut être différente selon les types de toitures : - pour les toits à deux versants, les souches peuvent se trouver à l’aplomb du mur de pignon, soit au faîtage, soit au milieu d’un rampant du pignon. Dans les deux cas, le solin de rive contourne la souche en son pied. - pour les toits à croupes ou à la Mansart, elles se trouvent au milieu d’un pan
du
toit.
Une
disposition
symétrique
des
souches
est
d’ailleurs
fréquente. Indications en matière de souches de cheminées :ZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
D – MOTIVATIONS DES PROTECTIONS
96
Les souches de cheminées sont des murs à part entière, elles doivent donc impérativement être constituées ou enduites des mêmes matériaux qui ont été utilisés pour les façades ou en brique. - le nombre des souches sur une même construction est limité (une ou deux, plus rarement jusqu'à quatre) ; - les souches sont placées à des endroits relativement constants, selon le type de toiture - une certaine symétrie dans la répartition des souches est fréquente même sur les toits de modestes dimensions ; elle stabilise la silhouette des toitures et renforce la noblesse de certaines constructions ; - chaque souche regroupe plusieurs conduits de fumée (une par étage), d’où leur silhouette généralement trapue ; le conduit unique donne une souche d’aspect frêle et trop fine ; - les couronnements des souches sont des éléments décoratifs à part entière, toujours soignés ; les éléments préfabriqués en béton sont à éviter, leur dessin « mécanique » enlaidissant bien souvent les toitures ; - les solins qui entourent la base des souches sont très épais, de forme presque pyramidale ; - les souches, qui sont des maçonneries à part entière, sont constituées des mêmes matériaux que les murs, surtout lorsqu’il s’agit de souches placées au pignon, dans le prolongement du mur de ce dernier.
A EVITER
REFERENCES
Les corniches
Les corniches servent à soutenir l’égout de la toiture (qui en lui-même ne fait pas partie de la corniche) et à éloigner le ruissellement des eaux pluviales
loin
des
murs
de
la
façade.
Outre
cette
fonction,
la
saillie
qu’elles forment embellit le haut des murs et assure la liaison entre ces derniers et le toit. Le jeu de la lumière y est primordial : grandes ombres horizontales,
ou
réduites
à
un
trait
fin,
ombres
dégradées
sur
des
doucines, etc.ZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
D – MOTIVATIONS DES PROTECTIONS
97
Les
corniches
des
bâtiments
du
centre
historique
sont
caractérisées
d’une manière générale par une grande simplicité de profil. Les débords de toiture étant peu importants, les corniches demeurent discrètes mais sobrement esthétiques. Sur les bâtiments dont la toiture est à deux versants seulement, la corniche s’arrête à chaque extrémité de la façade selon un profil semblable à certains entablements classiques. Les corniches peuvent être en pierre taillées ou en enduit (enrobant des moellons ou de la brique placés parfois en saillie en haut de la façade). Indications en matière de corniches : La présence
des
corniches
est
indispensable,
pour
des
raisons
tant
fonctionnelles qu’esthétiques. Leur dessin répond à des règles précises, leur mise en œuvre devant être le résultat d’un travail rigoureux. - les dimensions et le style des corniches sont en rapport avec la taille du bâtiment : un immeuble de petite taille n’aura pas de corniches hautes et compliquées mais sobres et d’un profil simple ; - les
immeubles
de
grande
taille
ou
les
immeubles
d’angle
ont
des
corniches
plus
importantes,
auxquelles
répondent
généralement
des
bandeaux placés en façade ;
- les profils en gradins égaux et réguliers ne donnent jamais des résultats intéressants et sont à éviter.
Autres éléments de modénature et moulurations
Beaucoup d’éléments de mouluration ont été supprimés avec le temps sur de nombreuses façades, ce qui est nier leur rôle fonctionnel (protéger les façades du ruissellement des eaux de pluie) et esthétique. Ces corniches, bandeaux, moulures d’appui des fenêtres, etc, sont souvent constituées de pierre taillée, très rarement façonnées au mortier. Le jeu des ombres et des lumières confère aux façades présentant des saillies un dessin adapté à la composition ordonnancée des façades.
Exemples de modénature et détails architecturaux
GHECO
Les
canalisations
extérieures
(gouttières,
chêneaux
et
descentes
pluviales) Les toitures anciennes ont la particularité de déborder au-dessus des murs. De ce fait, la mise en place de gouttières ne peut se faire de manière discrète, contrairement à la plupart des chêneaux.ZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
D – MOTIVATIONS DES PROTECTIONS
98
On cherchera donc, autant que possible, à laisser visible, depuis le sol, la ligne de l’égout du toit, ceci en plaçant la gouttière pendante relativement bas. Une
autre
solution
peut
être
celle
de
la
pose
de
gouttières
dites
« havraises »
qui,
de
par
leur
forme,
savent
rester
discrètes
et
ne
masquent ni l’égout du toit, ni les corniches. Enfin, soulignons ici encore l’aberration de créer des lucarnes dans le prolongement du nu de la façade : non seulement elles n’apparaissent pas dans
la
région
de
la
Charité-sur-Loire
mais,
au
niveau
fonctionnel
et
esthétique, elles multiplient les segments de gouttières. Indications en matière de canalisations extérieures : - les lucarnes gagnent à ne pas être ceinturées de gouttières et autres tuyaux de descentes ; - l’égout du toit et la corniche ne doivent pas être masqués, dans la mesure du possible, par la gouttière ; - les tuyaux de descente doivent être placés à des endroits où ils sont dissimulés (angles rentrants et non pas devant les chaînes d’angle par exemple), verticalement et en aucun cas transversalement.
Les menuiseries de fenêtres et les vitrages
Le dessin des menuiseries des fenêtres est un élément important dans la composition des façades. Le menuiserie « occupe » le trou de la baie ; le graphisme
introduit
par
le
bois
correspond
à
l’échelle
du
savoir
(la
capacité
réduite
de
produire
des
surface
en
verre)
à
l’époque
de
la
construction ;
les
fenêtre
à
carreaux
sont
intimement
liées,
par
leur
forme
et
leur
matière
à
l’époque
de
la
création
de
l’immeuble.
Des
menuiseries bien dessinées accentuent l’harmonie générale de la façade, donnent de l’équilibre ou de l’ampleur à des bâtiments même simples, sans relief.
Les
formes
des
menuiseries
ont
changé
du
Moyen-Âge
à
l’époque
classique, puis s’est stabilisée sous la forme courante (à la Française) jusqu’à maintenant ; cette dernière forme est majoritaire sur la commune.
•
Du Moyen-Âge à la Renaissance : fenêtres à meneaux en pierre, la menuiserie est à simple vantail, Le vitrage est enchâssé dans du plomb.
•
A
la
fin
de
la
Renaissance
les
meneaux
sont
en
bois ;
les
menuiseries à petits carreaux correspondent à la faible capacité de créer des surfaces de verre.
•
Ensuite, jusqu’à nos jours, la fenêtre « à la Française, à deux vantaux et à 6 ou 8 carreaux se développe. Le système d’ouverture à noix et gueule de loup représente l’une des plus belles inventions techniques en matière de menuiseries.
•
Des formes spécifiques de menuiseries ont été créées pour des bâtiments de la fin du XIX
ème
siècle et du début du XX
ème
siècle.
Ces
menuiseries
peuvent
être
décoratives
(bois
cintrés)
ou
disposer les bois de manière originale. Il convient de préserver ces menuiseries composées avec l’immeuble et en harmonie avec celui-ci.
Indications en matière de menuiseries de fenêtres et de vitrages : Afin d’obtenir un bon dessin de fenêtre, il convient d’observer quelques règles élémentaires ; - les menuiseries sont en bois peint. - la fenêtre occupe la totalité de la baie, est installé en retrait de la façade (20-25 cm environ dans l’embrasure) et épouse la forme de la maçonnerie, - les menuiseries sont toutes du même type sur une façade ordonnancée qu’il ne faut pas dépareiller, - les petits bois sont les plus étroits possibles (2 à 4 cm de largeur maximum) et de même dimension partout,ZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
D – MOTIVATIONS DES PROTECTIONS
99
- les montants centraux sont également étroits (10 à 12 cm de largeur maximum) ; - les vitres sont de proportion légèrement rectangulaire, plus hautes que larges. - la forme des menuiserie correspondant à l’époque des bâtiment doit être respectée (sauf fenêtres à meneaux, seule la fenêtre « à la Française » est admise, à 6 ou 8 carreaux (3 ou 4 par vantail). - il faut garder les menuiseries anciennes, les entretenir et réparer ou en cas de nécessité les recopier strictement. - les vitrages à deux rectangles simples (une vitre par vantail, sans bois) sont à proscrire, ils rompent le rythme général de la façade.
Les fermetures
On trouve plusieurs types de volets suivant les époques.
•
Jusqu’à l’époque classique, les volets étaient intérieurs,
•
Les volets extérieurs à deux vantaux sont une création récente, qu’on trouve rarement avant la fin du XVIIIème siècle, car ils correspondent à des façades peut moulurées, les volets extérieurs ouverts cachant les moulures d’encadrement des baies !
•
Les
volets
repliables
« en
accordéon
dans
l’ébrasement
de
la
maçonneries,
se
trouvent
sur
des
immeubles
de
l’époque
industrielle,
fin
XIX
ème
ou
début
du
XX
ème
siècles ;
apparaît
aussi, à cette époque là, le rideau roulant utilisé surtout sur les façades commerciales.
Les volets pleins (à rez-de-chaussé) et surtout les persiennes (volets avec lames laissant passer l’air et un peu de lumière, aux étages) sont les éléments dominants et de référence pour les bâtiments des quartiers centraux
de
la
Charité-sur-Loire.
Outre
leur
caractère
utilitaire,
ces
objets ont l’avantage d’animer les façades sur lesquelles ils se rabattent quant ils sont ouverts, et de mettre en valeur des ouvertures. Indications en matière de fermetures :
- les volets traditionnels, en bois peint doivent être conservés, entretenus ou recopiés strictement à l’identique, en cas de nécessité l- es volets et les persiennes sont en bois ; les persiennes métalliques comme les volets roulants sont à éviter. -il est difficile de dissimuler les coffres des volets roulants ; -les volets roulants nécessitent un coffre intérieur ou extérieur, ce qui réduit la hauteur de la fenêtre et des rails de guidage qui dénaturent l’architecture ancienne. - ils sont recouverts de peinture de couleur claire et surtout ne sont pas recouverts d’une lazure ou vernis incolore ou encore d’une peinture ton bois ; - ils
sont
en
applique
sur
la
façade,
au
nu
des
murs,
et
non
en
renforcement contre la fenêtre ; - les lucarnes ne peuvent recevoir de volets extérieurs ; - comme pour les menuiseries des fenêtres, il y a intérêt à conserver le même modèle de volets pour tout un bâtiment, ou tout au moins par étage : Des volets pleins ou des persiennes à demi-ajourées à rez-de-chaussée avec des persiennes aux étages supérieurs.
Les portes d’entrée
Les portes d’entrée des quartiers anciens de La Charité-sur-Loire sont souvent des portes pleines avec ou sans imposte vitrée. Leur dessin reste simple : un rectangle proportionné à celui de l’ouverture est souligné d’une moulure large ou formée par des chanfreins. Ce rectangle se décompose généralement
en
plusieurs
parties
(quatre
généralement,
de
hauteur
inégale en bas et en haut). Indication en matière de portes d’entrée
:
Bien qu’il soit difficile de trouver un modèle de référence en matière de porte d’entrée à La Charité-sur-Loire, certaines règles sont à observer. Elles sont valables pour toutes les époques.ZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
D – MOTIVATIONS DES PROTECTIONS
100
- les moulures sont préférables aux chanfreins (qui mettent en relief les traverses) ; - le
rectangle
qui
compose
la
base
du
dessin
des
moulures
est
proportionnel au rectangle de l’ouverture ; - les portes d’entrée sont pleines ; les modèles vitrés disposent d’une partie basse (sur plus d’un mètre) pleine et le vitrage prise dans le chassis est protégé par une grille en fonte ou en fer forgé. - elles ont essentiellement en bois ; on exclura tous les modèles en métal, lourds et froids, ainsi que les grilles de protection, même « décoratives » ; - la seule surface en verre doit se situer au niveau de l’imposte ; celle-ci doit reprendre les dimensions des vitres des baies de la façade (voir chapitre « dessin des vitrages »° ; - le bouton d’ouverture gagne à être placé au milieu du vantail.
Les balcons
Les
balcons
sont
des
ouvrages
en
saillie
assez
fréquents à La Charité-sur- Loire.
Ils
confèrent
à
certains
immeubles
une
allure très « urbaine », une impression
de
stabilité
et
de monumentalité. Leur
rôle
est
rarement
utilitaire
(ils
ne
servent
pratiquement
jamais)
mais
leur
fonction
décorative
est
évidente,
notamment
sur les grandes façades.
Leur emplacement répond à quelques règles constantes, et il n’est pas rare de voir l’équilibre initial de façades anciennes rompu par la création d’un balcon plus récent à un endroit incongru. Indications en matière de balcons : - ils sont situés à des
endroits « stratégiques » afin de participer à
l’animation
des
façades :
devant
les
ouvertures
des
premiers
étages,
devant les ouvertures centrales lorsque la façade est symétrique, au- dessus des
portes
d’entrée,
au
coin
des
immeubles
en
angle,
etc.
Ils
ne
doivent jamais « déstabiliser » l’ordonnance d’une façade (créer un balcon sur une façade ancienne est un acte difficile) ; -
les
consoles
supportant
les
balcons
ont
un
impact
visuel
important
et
surplombent
parfois
une
porte
d’entrée ;
elles
sont
généralement
très
volumineuses, en pierre taillée, jamais en bois, exceptionnellement en métal ; -
les
garde-corps
sont
réalisés
en
ferronnerie
(fer,
fonte,
etc)
et
exceptionnellement en bois ; - la main courante est de section plus importante que les autres barreaux, mais elle demeure plate.
Les escaliers extérieurs, les perrons
Autres ouvrages en saillie visibles sur certaines façades des quartiers centraux
de
la
Charité-sur-Loire,
les
perrons
et
escaliers
extérieurs
assurent la liaison entre la rue et l’intérieur des immeubles, les escaliers débordant sur les trottoirs. Indications en matière de perrons et escaliers extérieurs : La pierre taillée est bien entendu le matériau idéal pour obtenir de beaux escaliers, mais on peut reconstituer des perrons de qualité correcte et éviter les marches tout en ciment en utilisant des bordures de trottoirs délaissées comme nez de marche et du ciment de même teinte pour le reste (*).ZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
D – MOTIVATIONS DES PROTECTIONS
101
(*) Cette réutilisation des bordures de trottoirs ou de pavés est une opération que devrait réaliser la commune de la Charité-sur-Loire. Les ouvrages de ferronnerie qui s’y rattachent doivent être simples et mis en place de préférence parallèlement au nu de la façade. B./ Les matériaux Les
maçonneries
(et
surtout
les
enduits
qui
les
recouvrent)
et
les
éléments de couverture des toitures sont les deux principaux éléments constitutifs de l’architecture de la Charité-sur-Loire sur lesquels on peut (et l’on doit) intervenir de préférence, si l’on cherche à mettre en valeur le patrimoine de la ville. Contrairement à d’autres paramètres comme la forme des constructions, l’ordonnance des ouvertures ou les modénatures, ces deux éléments sont facilement maîtrisables et l’amélioration de leur aspect peut contribuer de manière spectaculaire à l’embellissement des quartiers anciens de la ville.
Les matériaux des murs
•
Les pans de bois
Il subsiste dans la ville ancienne de la Charité-sur-Loire
que peu de
maisons en pan de bois héritées de l’époque médiévale (rue des chapelains, rue du Nord…). Ce procédé de construction a permis, dans bien des cas, l’encorbellement du
premier
étage
sur
le
rez-de-chaussée.
Les
pans
de
bois
sont
généralement hourdis de moellons, ceux-ci étant le plus souvent enduits. Indications en matière de pans de bois : Le contraste
entre
le
bois
et
les
hourdis
donne
un
effet
graphique
intéressant.
On
peut
l’accentuer
légèrement
par
le
recouvrement
des
éléments de bois d’un badigeon de lait de chaux teinte. La couleur sera
sombre sans être triste et ne devra pas chercher à imiter la texture d’un bois quelconque. •
Les maçonneries de moellons
Plusieurs immeubles de la Charité-sur-Loire ont été bâtis en moellons, choisis pour leur coût moins élevé que la pierre taillée, et
pour leur
maniabilité.
Ils
ont
presque
toujours
été
recouverts
d’un
enduit
dissimulant leur aspect irrégulier et leur assise rarement horizontale. La structure générale du bâtiment est cependant le plus souvent montée avec des pierres de taille assurant la stabilité de l’ensemble : chaînes d’angle, bandeaux, corniches, encadrement des baies, etc. Les murs de moellons laissés apparents sont généralement le résultat de la suppression de l’enduit d’origine. La suppression de l’enduit d’origine n’est pas recommandée. Ceci pour plusieurs raisons :
- la présence d’un enduit est préférable sur toutes maçonneries
composées de petits moellons d’aspect médiocre ;
-
l’absence
d’enduit
sur
des
moellons
donne
un
aspect
plutôt
« rustique » et rural à des bâtiments situés en ville ; le bâtiment ainsi traité perd son caractère urbain, bien « fini » ;
- supprimer un enduit équivaut à se priver d’une protection efficace
des
maçonneries,
notamment
contre
le
gel
(auquel
les
moellons
sont
facilement exposés et sensibles) ;
- la présence d’enduit sur une façade permet de jouer avec les
couleurs et donc de donner un caractère heureux à des quartiers entiers ;
- un enduit permet également de mettre en valeur, par contraste,
les différents éléments de modénature qui enrichissent une façade : on laisse apparents les corniches, bandeaux, encadrements, chaînes d’angle, etc., souvent composés de pierres taillées.ZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
D – MOTIVATIONS DES PROTECTIONS
102
Indications en matière de murs de moellons : - si l’on tient à laisser apparentes des maçonneries de moellons, on peut procéder à un beurrage des joints pour obtenir un système « à pierres vues » : on remplit abondamment les joints qui affleureront au nu des murs, laissant légèrement émerger par endroits les faces externes des moellons ; - éviter
impérativement
les
joints
en
creux
qui
donnent
un
aspect
faussement
rustique
à
une
façade
et
fragilisent
les
moellons
en
les
exposant au gel ; - on cherchera cependant le plus souvent possible à recouvrir les murs de moellons par l’application d’un enduit, recouvrant totalement les pierres. Une façade franchement enduite pourra jouer sur les couleurs et mettra en valeur
les
éléments
de
modénature
laissés
apparents
(corniches,
bandeaux, chaînes d’angle, encadrements de baies, etc.) ; •
Les maçonneries de pierre taillée
Il existe des immeubles à la Charité-sur-Loire composés de pierre taillée. Il s’agit
généralement
de
bâtiments
importants,
religieux
ou
civils,
facilement identifiables et qui ont bénéficié de la mise en œuvre de matériaux de grande qualité. Le calcaire présent dans la région a très souvent été utilisé, donnant aux façades des couleurs discrètes variant du gris clair aux ocres très pâles. Il est le plus souvent dommage de recouvrir d’un enduit une façade dont les pierres taillées ont un bel aspect. Elles doivent donc le plus souvent être laissées apparentes. C’est donc le traitement de joints qui doit bénéficier d’une attention particulière.
Indications en matière de murs en pierres taillées : - on cherchera autant que possible à laisser apparentes les maçonneries de pierre taillée ; - le traitement des joints doit mériter une attention particulière. Les joints seront discrets, de même teinte que la pierre, jamais réalisés en creux (pour éviter les infiltrations d’eau et un aspect faussement rustique fort dommageable) mais au nu même de la façade.
Les matériaux de couverture
Les toitures de la Charité-sur-Loire sont pour la plupart couvertes de tuile plate, parfois d’ardoise ou, plus rarement, des deux types d’éléments couvrants (toitures brisées, à la Mansart). - la tuile plate traditionnelle (même si son apparition est relativement récente),
dite
« bourguignonne »,
est
de
petite
taille,
relativement
épaisse et irrégulière. Elle confère aux toitures une couleur rouge sombre ou brun aux nuances variées et chaudes, bien que peu animée par des ombres. L’emploi de tuiles plates, en effet, rend difficile la création de surfaces
courbes,
de
dévers
ou
autres
souplesses
de
formes,
ce
qui
explique une certaine rigidité dans le dessin et le modelé général des toitures de la région (en comparaison avec les ardoises notamment). Les arêtiers, du toit comme des lucarnes, sont généralement traités avec des tuiles faîtières coniques, raccordées au mortier. Les tuiles faîtières à emboîtement sont à proscrire impérativement. - la tuile mécanique à relief Elle a malheureusement remplacé plusieurs toitures de la Charité-sur- Loire faites en tuiles plates bourguignonnes et a envahie les toitures contemporaines. Elles ne permettent aucune souplesse dans les lignes des toitures.ZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
D – MOTIVATIONS DES PROTECTIONS
103
- l’ardoise Elle est souvent employée pour les brisis des toitures à la Mansart ou à pans brisés, la tuile plate ne pouvant être mise en œuvre sur une pente trop raide. Quelques monuments et grands bâtiments religieux ou civils bénéficient également
d’un
tel
traitement,
afin
de
les
rendre
plus
identifiables
notamment. - le zinc Les toitures en zinc, lorsqu’elles existent, ont un aspect contrastant avec les teintes chaudes et variées des toitures de la Charité-sur-Loire. C./ Les couleurs La couleur
doit
être
considérée
comme
un
élément
constitutif
de
l’architecture traditionnelle au même titre que la forme des ouvertures ou le dessin
des
toitures.
Elle
reflète
les
particularismes
régionaux
en
matière de construction et participe bien souvent à l’intégration du bâti dans le paysage. On distinguera :
- les couleurs naturelles, à l’état brut, des matériaux traditionnels
de construction, que la fabrication industrielle restituent souvent avec difficultés ; on les trouve dans les sables qui composent les enduits de qualité ;
- les couleurs utilisées dans un but plus volontairement décoratif,
qu’il s’agisse de pigments intégrés à la composition de certains enduits ou de
peintures
recouvrant
les
menuiseries.
Cette
deuxième
palette
chromatique
est,
de
nos
jours,
plus
facilement
maîtrisable
que
la
précédente. Elles sont étudiées ci-dessous. La palette chromatique locale englobe surtout des ocres jaunes clairs, des gris pâles, des roses et des bruns-rouge. Rappelons enfin qu’en aucun cas,
elle n’intègre le blanc pur pour les murs, même s’il représente une certaine idée de la propreté. La Charité-sur-Loire se caractérise par une gamme de couleurs calme et tout en nuances : opposant plutôt les valeurs (degré de clarté) que les tonalités (couleurs dominantes). Parfois, quelques teintes plus « osées, plus tranchées, sont utilisées pour les façades : jaune pâle, rose, ocre- jaune pur. Elles
conviennent bien aux façades bien ordonnées du XIX° (ou
plus récentes), en suggérant une ambiance urbaine presque méridionale, surtout lorsque les modénatures sont soulignées d’une teinte claire (pierre apparente ou enduit). Dans
tous
les
cas,
les
couleurs
« maîtrisées »
(enduits,
peintures)
répondent aux teintes « à l’état brut » des matériaux de couverture (tuile bourguignonne rose vieillissant brun-rouge) ou des maçonneries laissées apparentes.
Les couleurs des menuiseries
Les
éléments
de
menuiserie
font
partie
de
la
palette
chromatique
« ponctuelle » qui anime les façades par contrastes ou complémentarités. Les couleurs des menuiseries sont donc toujours choisies avec soin, en fonction de celles de la façade, et dans tous les cas, harmonisées entre elles
(une
même
couleur
pour
l’ensemble
des
menuiseries
d’un
même
bâtiment). Ce sont surtout des couleurs pâles, gris et bleus délavés, qui sont utilisées pour les portes, fenêtres ou volets. Le blanc agresse immanquablement une façade en la rendant sale par contraste. Les teintes sombres telles le vert bouteille, le bleu de Prusse, le brun- rouge sont rares et sont appliquées principalement sur les portes d’entrée en bois, et sur les portails, parfois sur les éléments de ferronnerie. Par contre, le ferrage des éléments de fermeture (portes, volets) sera peint de la même couleur que le bois.ZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
D – MOTIVATIONS DES PROTECTIONS
104
Le bois « naturel » est à éviter impérativement pour la connotation « néo- rustique »
négative
qu’il
véhicule
inévitablement.
Il
est
pratiquement
absent de la palette chromatique locale. Les volets neufs, en particulier, seront peints. Par contre, il est impensable de recouvrir une belle porte ancienne et patinée, garnie d’éléments de ferronnerie. Les couleurs des murs Les murs de pierre taillée, généralement constitués de calcaire dur, ont une patine où s’exprime différentes nuances de gris ou d’ocres jaunes très pâles. Cette teinte légère se retrouve souvent aux seules chaînes d’angle et encadrements de baies, lorsque le reste de la maçonnerie est enduit. Cette structure apparente mérite d’être mise en valeur par un enduit plus chaud appliqué sur le reste des façades. Lorsque les moellons sont laissés apparents (à éviter cependant en milieu urbain), les joints sont souvent de teinte plus franche et, en tout cas, bien beurrés et toujours au nu de la pierre. Le moellon se trouve ainsi noyé dans le mortier. Leur teinte grise, jaune ou rose est maintenue dans un réseau légèrement contrasté (présence de sables allant de l’ocre jaune pâle au brun clair). Les enduits, badigeons et peintures reprennent généralement la même palette chromatique que les pierres locales. Les encadrements de baies peuvent être soulignés d’une teinte plus claire que la façade. L’effet de contraste peut ainsi valoriser des murs d’un gris chaud (vers l’ocre) et des menuiseries d’un gris plus froid (vers le bleu). On proscrira donc les couleurs lourdes et tristes, comme les crépis de ciment gris sombre, mais également les couleurs vives et sans nuances comme le blanc que l’on n’utilisera qu’exceptionnellement et seulement
lorsqu’il est « cassé » (éventuellement pour souligner bandeaux, chaînes d’angle et autres corniches des immeubles classiques, lorsque l’on tient à recouvrir la pierre d’origine). D./ Les clôtures Les clôtures ont plusieurs fonctions : matérialiser les limites parcellaires, protéger
les
propriétés
de
l’extérieur,
assurer
la
continuité
du
bâti
(poursuivre l’alignement entre deux maisons disjointes). Elles occupent des surfaces parfois plus importantes que celles des murs du bâtiment lui- même.
Elles
reprennent
et
soulignent
le
style
architectural
de
la
construction qu’elles entourent. Elles n’adoptent pas, cependant, la même forme selon les types de tissu urbain, selon les types de quartiers, voire même selon l’implantation des bâtiments. Ainsi, d’une manière générale : - les clôtures pleines, allant parfois jusqu’à 2 ou 3 m de haut, conviennent plus volontiers au centre historique - les murs-bahuts, d’une hauteur de 40 cm à un mètre généralement, sont plutôt adaptés au secteur des anciens faubourgs, les grilles et la végétation occupant la partie supérieure des ouvrages. Cependant, selon les cas, il est possible de concevoir un mur-bahut dans les quartiers les plus anciens, lorsqu’il isole de la rue une petite cour, un jardin en angle
ou qu’il entoure un bâtiment entièrement cerné par des
voies. De
même,
dans
les
quartiers
des
anciens
faubourgs,
certaines
rues
apparaissant
comme
un
prolongement
du
centre
historique
admettent
volontiers des murs pleins. Les entrées pratiquées dans les clôtures sont des éléments importants qui méritent une attention particulière. Elles ont toujours fait l’objet, au cours des siècles précédents, d’un traitement particulier tendant parfois au monumental : piliers imposants, grilles ouvragées, petits toits coiffant les piliers, …ZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
D – MOTIVATIONS DES PROTECTIONS
105
Les piliers constituent l’un des éléments les plus importants. Ils sont généralement carrés, reposent sur un soubassement et sont coiffés d’un couronnement simple mais dessiné selon la logique des corniches. Indications en matière de clôture : - les clôtures sont constituées des mêmes matériaux que le bâtiment qu’elles protègent ou, tout au moins, elles ont un aspect identique (même enduit) ; - les chaperons (partie supérieure) sont souvent composés de pierres taillées
laissées
apparente ;
on
trouve
également
des
tuiles
plates
disposées sur deux pentes, vers l’extérieur ; - murs pleins ou murs-bahuts sont généralement épais ; les piliers le sont encore plus et dépassent légèrement sur la voie publique ; - les clôtures d’une même propriété relèvent de la même unité, bien que celle qui est la plus visible de la rue soit souvent traitée dans un style plus achevé ; - les portails et autres portes-charretières sont encadrées de piliers massifs
dont
les
couronnements
sont
bien
dessinés
(on
évitera
les
couronnements en béton moulé de forme pyramidale par exemple).
-
Les
devantures
commerciales
et
artisanales
et
leurs
enseignes
La perception visuelle d’un centre ancien s’effectue principalement au niveau des rez-de-chaussée, d’autant plus que l’on se trouve dans un tissu urbain dense à la voirie étroite. Il est donc primordial, dans le cadre d’une politique de mise en valeur des sites
urbains
anciens,
de
démontrer
l’intérêt
de
la
valorisation
des
devantures
comme
complément
de
l’architecture
(celle
des
étages
supérieurs) et, d’une manière plus générale, comme support du dynamisme économique local. Dans les rues des quartiers centraux de la Charité-sur-Loire, il existe de nombreuses
devantures
anciennes.
Plusieurs
ont
été
dégradées
et
mériteraient d’être préservées. La qualité des devantures commerciales, dans
les
quartiers
anciens
participe
à
la
qualité
du
décor
et
de
l’environnement urbain et partant, à l’image d’une ville toute entière. L’inscription d’une façade commerciale dans l’architecture des édifices anciens reste une difficulté majeure, principalement pour des raisons de limites d’emprise (il est tentant de recouvrir d’un bout à l’autre le rez-de- chaussée d’un immeuble par une vitrine). Il
existe
souvent
une
réelle
dissonance
entre
une
devanture
très
envahissante, très agressive, recouverte de matériaux réfléchissants ou tape-à-l’œil, et les étages supérieurs de l’immeuble à l’architecture sobre et élégante. On oublie facilement qu’un bâtiment forme un tout, et que l’harmonie d’une façade peut valoriser une boutique et, qu’à l’inverse, une boutique peut participer à la valorisation de l’architecture d’un centre ancien remarquable. Il ne
s’agit
pas
non
plus
de
refaire
à
tout
prix
des
devantures
« à
l’ancienne » ; des façades commerciales contemporaines pouvant tout à fait s’intégrer à un bâtiment ancien et le mettre en valeur. Le respect d’un certain
nombre
de
contraintes
architecturales
peut
faire
naître
des
réalisations nouvelles exemplaires. Indications en matière de devantures commerciales et artisanales : Forme : - retrouver l’homogénéité des façades (lecture de bas en haut et non- rupture entre la devanture et les étages supérieurs).ZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
D – MOTIVATIONS DES PROTECTIONS
106
- ne pas détruire les proportions de l’édifice ancien dans lequel le local commercial vient d’insérer - laisser apparaître la structure portante de l’immeuble (au lieu de la fragiliser, de la supprimer, de la modifier) - respecter
la
symétrie
éventuelle
dans
l’ordonnance
des
ouvertures
(l’immeuble paraît plus stable, mieux dessiné) -
respecter
les
modénatures
d’origine
(corniches,
bandeaux,
chaînes
d’angle, etc., qui font l’une des richesses des façades de la Charité-sur- Loire)- pas
de
grande
glace
éventrant
la
façade
à
rez-de-chaussée
et
envahissant
parfois
jusqu’au
premier
étage
(l’immeuble
d’origine
est
défiguré) ; mieux vaut suivre le prolongement des limites verticales des percements situés aux étages supérieurs - pas de dépassement en hauteur au-delà des corniches, balcons, appuis de fenêtres ou tout autre élément en saillie qui matérialise l’étage supérieur (ne pas envahir les étages supérieurs, mais s’harmoniser avec l’ordonnance de la façade) - pas de devanture unique sur toute la longueur d’une façade voire sur plusieurs édifices à suivre (il vaut mieux scinder la vitrine) - tenir compte aussi de l’environnement immédiat de la boutique : les autres boutiques voisines (se caler dans leur prolongement), les autres enseignes
(en
particulier
les
modèles
anciens
encore
existants),
les
gabarits de la voie (il est absurde d’installer des lettrages gigantesques lorsque la devanture se trouve dans une ruelle), la hauteur de la façade, …
- pas de vitrine en retrait (il ne sert à rien de créer un système d’arcades sous un seul immeuble, même à un immeuble d’angle) ; pour les petites vitrines qui tirent parti d’un renforcement pour être plus grandes (en biais par exemple), on peut admettre leur retrait à condition qu’elles soient clôturées par une grille dans le prolongement de la façade aux heures de fermetures ; - pas de grilles de protection dont les rouleaux sont apparents - pas de bâches fortement saillantes, ni fixes - éviter, toujours en matière de décoration extérieure des boutiques, le pastiche et le style « pseudo-ancien » (qui fait presque toujours lourd et faux) ;
chercher
plutôt,
si
l’on
veut
donner
une
note
ancienne
à
la
devanture,
à
récupérer
les
éléments
existants
(coffrages,
étals
par
exemple) et dans tous les cas, rechercher la simplicité et la mise en valeur des murs existants (maçonneries apparentes ou enduites). Matériaux : - utiliser, autant que possible, les mêmes matériaux que sur le reste de la façade (l’on obtient une unité architecturale bien meilleure qu’en coupant la façade horizontalement) - ne pas utiliser de matériaux réfléchissants : aluminium, verre en grande quantité,
plastiques,
etc.
(un
mauvais
bardage
d’aluminium
fait
penser
immanquablement aux parois d’un hangar) -
retrouver
la
simplicité
des
coffrages
de
bois
anciens,
avec
leurs
moulures
et
chanfreins
(ils
sont
encore
nombreux
dans
le
centre
historique) - ne pas inventer, à rez-de-chaussée, des parements qui n’existent pas aux étages supérieurs, notamment pierre grossièrement taillée, céramique, bardeaux
de
bois,
briques
dite
« à
parement »,
lambris),
mais
plutôtZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
D – MOTIVATIONS DES PROTECTIONS
107
prolonger
les
enduits
existants
aux
étages,
ou
retrouver
les
pierres
taillées des angles. -
pas
de
recouvrement
des
ouvrages
en
saillie
par
des
imitations
de
toitures, utilisant le chaume, les fausses tuiles, les bardeaux de bois (le pastiche se démode vite et le faux fait pauvre). Enseignes : - éviter la prolifération des enseignes (une seule suffit lorsqu’elle est posée à un endroit judicieux, c’est-à-dire à hauteur de vue ; au-delà d’une certaine hauteur, l’œil ne perçoit plus directement les messages) - éviter les couleurs criardes, vives, agressives (contraires à la douceur des couleurs bourguignonnes) E / Restaurer ou construire à La Charité-sur-Loire : erreurs à éviter et recommandations architecturales générales Les maisons traditionnelles de la Charité-sur-Loire respectent le site et s’intègrent, de manière générale, plutôt bien aux paysages urbains ou naturels. Lors de leur construction, un certain nombre de règles élémentaires, héritées
des
siècles
précédents,
ont
été
appliquées :
ordonnance
des
ouvertures, pente du toit, situation des souches de cheminées, aspect et couleur des enduits, etc. Or,
depuis
l’entre-deux-guerres
jusqu’à
aujourd’hui,
de
nombreuses
modernisations
d’habitations
anciennes
se
sont
traduites
par
des
transformations radicales : modifications des volumes et des ouvertures, maquillage de l’architecture traditionnelle, oubli du langage architectural local, dégradation du site par des bâtiments devenus peu discrets…
Aussi, pour le bâti existant, une règle générale s’impose : Pas de TRANSFORMATIONS mais des RESTAURATIONS (ne modifier ni les volumes, ni les matériaux afin de ne pas changer l’aspect des façades, des toitures, des cheminées, etc.). Une restauration permet d’améliorer le confort d’un logement et ne coûte pas plus cher que des travaux de transformation. Quelques
conseils
et
recommandations
générales
à
l’attention
des
professionnels du bâtiment et des particuliers pour les restaurations. Ces conseils sont également valables pour la conception des nouvelles constructions. •
Implantation et hauteur des bâtiments
Eviter : - l’implantation en milieu de parcelle Essayer plutôt : - de tenir compte des bâtiments existants autour - d’implanter les nouvelles constructions à l’alignement (façade ou pignon)
-
de respecter le principe des cours et venelles
-
d’assurer
la
continuité
du
bâti
grâce
aux
clôtures
qui
prolongent les murs des bâtiments principaux
•
Maçonneries
Eviter : - de supprimer les soubassements existants - d’inventer de nouveaux soubassements, notamment en peinture trompe- l’œil - d’inventer de faux appareillages - de souligner les joints (en les faisant saillir, en les creusant ou encore en les redessinant à la peinture)ZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
D – MOTIVATIONS DES PROTECTIONS
108
- de retirer, pour faire rustique et campagnard, les enduits anciens pour leur substituer des joints en laissant les moellons apparents, surtout en centre-ville. - les enduits ternes, blancs, gris - le fignolage systématique (des joints en particulier, lorsque l’on tient à laisser les pierres apparentes) - de peindre les moellons des murs, ou les pierres et les briques encadrant les baies Essayer plutôt : - de tirer parti de l’existant - de retrouver la couleur de l’enduit d’origine pour les murs et pour l’encadrement des ouvertures (poché plus clair) - de choisir des liants donnant des mortiers de teintes ocres, etc., pour les joints, afin qu’ils se confondent avec les couleurs des pierres, moellons ou briques - de
conserver
la
stratification
traditionnelle
des
maçonneries :
les
parements laissés visibles doivent avoir des assises horizontales, et leurs lits doivent être continus, pour donner une impression de stabilité au bâtiment - fondre, si l’on tient à laisser les pierres apparentes, les jonctions entre les moellons, pierres ou briques, à l’aide du mortier (l’irrégularité des joints beurrés est intéressante, même autour des éléments de béton) •
Toitures
Eviter : -
les
toitures-terrasses
pour
les
bâtiments
principaux
comme
les
annexes
-
les toitures dont la pente est inférieure à 45°
-
les toitures compliquées à plusieurs pentes, surtout pour de petits bâtiments
-
de mettre en place des reliefs de toiture en métal
-
les corniches et rebords de toits trop courts (suffisamment larges, ils évitent le ruissellement de l’eau de pluie sur les murs)
Essayer plutôt : -
de
conserver
la
toiture
existante
ou
retrouver
l’identique
(pente,
forme, etc.)
-
de conserver les matériaux de couverture autant que possible, surtout s’il s’agit de tuiles plates
-
de conserver l’aspect des faîtages et arêtiers (beaucoup de mortiers pour les embarrures, pas d’éléments à emboîtement)
-
de
se
passer
autant
que
possible
des
accessoires
de
toitures,
gouttières, tuyaux de descente, notamment sur les lucarnes
-
de conserver la simplicité et le dessin des corniches anciennes
•
Lucarnes
Eviter : -
les chien-assis, les houteaux triangulaires
-
les volets aux fenêtres des lucarnes
Essayer plutôt : -
de conserver les lucarnes « à la capucine » existantes
-
d’adopter un dessin simple pour les fenêtres (quatre carreaux)
•
Ouvertures, Menuiseries Extérieures
Eviter : -
les baies mal équilibrées, notamment plus larges que hautes
-
les persiennes et volets en métal
-
les volets ou persiennes placées contre la fenêtre (en renfoncement) et non au nu de la façade
-
les écharpes (traverses de volets de bois en Z, que l’on rencontre seulement au Pays Basque ou en montagne)ZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
D – MOTIVATIONS DES PROTECTIONS
109
-
les petits carreaux systématiques (les laisser aux grands bâtiments imposants)
-
de décaper les linteaux pour les laisser apparents
-
placer des linteaux de bois au-dessus des baies
Essayer plutôt : -
respecter l’ordonnance de la façade (les pleins dominent les vides)
-
d’adopter un dessin simple pour les menuiseries des baies (six vitres de préférence pour les baies principales, huit maximum, quatre pour les lucarnes)
-
de prendre la vitre comme module de référence unique et constant pour toutes les fenêtres d’un même bâtiment (même pour les impostes au-dessus des portes d’entrée par exemple)
-
de choisir des largeurs égales pour les petits bois
•
Clôtures
Eviter : -
de les supprimer
-
de les remplacer par des clôtures en éléments mécaniques et rigides, en PVC…
-
les
clôtures
« décoratives »
et
compliquées
(maçonnerie
+
bois
+
ardoises + fausses pierres apparentes, par exemple)
-
les grilles compliquées
Essayer plutôt : -
de les restaurer
-
de conserver leurs dimensions et leur aspect
-
de retrouver la simplicité des clôtures anciennes, avec leur épaisseur et leur « fruit »
-
de les compléter au besoin par un grillage et/ou une haie simple
-
de créer des portails en bois debout, de dessin simple
Devantures, vitrines commerciales
Eviter : - de supprimer des murs pour ouvrir de grandes vitrines -
d’employer des matériaux hétéroclites
-
de multiplier sur une même façade les enseignes
-
de
supprimer
ou
de
faire
disparaître
la
structure
porteuse
du
bâtiment
(la
façade
se
retrouve
comme
sur
pilotis,
fragilisée
et
instable, inélégante)
Essayer plutôt : -
de rechercher la simplicité
-
de conserver les coffrages en bois anciens
-
de respecter l’axe des percements des étages supérieurs
-
de respecter les symétries ou ordonnances existantes des ouvertures de la façade
-
de
faire
participer
la
boutique
à
la
qualité
architecturale
de
l’ensemble
Cheminées Eviter : - d’abandonner, de supprimer les anciennes cheminées - de mettre en place des souches grêles et hautes - de placer les nouvelles souches loin du faîtage du toit et loin des pignons Essayer plutôt : -
de conserver les souches et conduits existants
-
de
conserver
l’emplacement
des
anciens
conduits
et
souches
(leur
emplacement a souvent été déterminé après de nombreux essais)
-
de regrouper les nouveaux conduits
-
de conserver les solins épais constituant une base pour les souches comme pour les autres reliefs de toiture
Eléments de décor, serrurerieZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
D – MOTIVATIONS DES PROTECTIONS
110
Eviter : -
de créer des balcons (ils ne servent généralement à rien et ne sont pas adaptés aux petits bâtiments de plein-pied)
-
les barres d’appui de baies
-
les persiennes métalliques
-
les décors peints
-
les éléments de décor en « rustiques », de type lanternes, garde- corps, etc., sur les façades ou les toits
Essayer plutôt : -
de rechercher la simplicité, la sobriété, le dépouillement, mise en valeur des enduits, des maçonneries anciennesZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
LEXIQUE
111
LEXIQUE Enrochement : ouvrage pour protéger les berges de l’érosion. Erosion : action du courant lorsqu’il arrache des matériaux fins, sur les berges par exemple. Etiage : baisse périodique des eaux d’un cours d’eau Fruticée : fourré dense d’arbustes épineux (Epine noire, Eglantier…). Grève : dépôt de sédiments qui se découvre en période de basses eaux. Ligérien : qui se rapporte à la Loire Lit majeur : espace occupé par le fleuve lors des crues. Lit mineur : espace occupé par le fleuve la plus grande partie de l’année. Mouille : fosse allongée présente au sein du lit mineur, partie la plus profonde du cours d’eau, généralement accolée à une rive légèrement convexe. Piscivore : qui se nourrit exclusivement de poissons Sédimentation : accumulation de fines particules qui étaient en suspension dans l’eau. Seuil : sorte de passage présent entre deux mouilles qui abaisse par endroit la surface des grèves.ZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
BIBLIOGRAPHIE
112
¾
OUVRAGES et ETUDES
- ADEAN et PRONAT –
Etude sur les vals d’Allier et de la Loire – DRAE -
1985 - Association les amis de la Charité-sur-Loire –
La Charité-sur-Loire au fil
des siècles, le long des rues – Camosine, les annales des pays nivernais n°81 - Association
pour
les
fouilles
archéologiques
nationales
–
Actes
du
colloque International de Tours– Archéologie urbaine – 17-20 novembre 1982 - Amicale
Philatélique
Charitoise
–
Cent
ans
de
cartes
postales
à
la
Charité-sur-Loire (Nièvre) – Michel MOREAU - 1995 - BESTAZZONI Sophie et LEROY Angélique -
« Nature de Loire
- Deux
sentiers à Herry (Cher) pour découvrir le dernier fleuve sauvage… » - Conservatoire du Patrimoine Naturel de la Région Centre - CAMOSINE – Manoirs et châteaux du Nivernais II – Les annales des pays nivernais n°32 - 1981 - Conservatoire du Patrimoine Naturel de la Région Centre – Projet de réserve
naturelle
du
val
de
Loire
entre
la
Charité-sur-Loire
et
Bois-
Girault –Note de présentation- 1992 - Conservatoire du Patrimoine Naturel de la Région Centre – Projet de réserve
naturelle
du
val
de
Loire
entre
la
Charité-sur-Loire
et
Bois-
Girault –Note sur les incidences générales et les conséquences socio- économiques de la création de la réserve- 1992
-
DESRUELLES
Maurice
–
Balzac,
Stendhal
et
Prosper
Mérimée
à
la
Charité-sur-Loire – Mars 1957 - DUTHOIT Jean Pierre et Françoise -
La Charité-sur-Loire – Abbaye
clunisienne, site urbain et abords - Novembre 1975 - DRAC - Liste des Monuments Historiques à La Charité-sur-Loire (base Merimée) -2002 - Chemins de Saint-Jacques – Guides Gallimard - INSEE – données statistiques sur la Charité-sur-Loire - 1999 - JOLIVEL Luc – Etat des classements du prieuré clunisien de la Charité- sur-Loire de 1840 à 2000 - 2002. - Mairie de la Charité-sur-Loire –
liste des lotissements – 02.02.2001
- Musée de la Charité-sur-Loire -
La Charité-sur-Loire – Une histoire
urbaine du Moyen-Age à nos jours – Marie-José Garniche - 2000 -
Musée
de
la
Charité-sur-Loire
-
La
Charité-sur-Loire,
150
ans
de
restauration du patrimoine – Marie-José Garniche - 2000 - Station ornithologique du Bec d’allier (SOBA) –
Etude du peuplement
d’oiseaux du val de Loire entre la Charité et les Loges - 1987ZPPAUP DE LA CHARITE-SUR-LOIRE
BIBLIOGRAPHIE
113
¾
AUTRES DOCUMENTS
- IGN – cartes au 1/25000
ème
La Charité-sur-Loire (2523 O), révision de
1996 – Jouet-surl’Aubois (2524 O), révision de 1993 - JOLIVEL Luc – cartes postales anciennes sur la Charité-sur-Loire (CD- rom). - Mairie de la Charité-sur-Loire – service espaces verts – informations sur la végétation de la commune – M. FUSCIEN - 2002 - Préfecture de la Nièvre - Décret ministériel n° 95-1240 du 21 novembre 1995 portant sur la création de la Réserve Naturelle du Val de Loire.