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Conseil Municipal - discours 8 mai 2026
Document publié le Jeudi 1 janvier 2026 par la commune d'Omergues.
Lien du pdf (Conseil Municipal - discours 8 mai 2026)
Thèmes du document : Histoire et mémoire, Guerre en Ukraine, Armement,
Discours cérémonie du 8 mai 2026
Monsieur le maire,
Mesdames et Messieurs les élus du Conseil municipal,
Mesdames, Messieurs,
Chers enfants,
Nous sommes réunis au pied de ce monument aux morts pour rendre l’hommage de la
nation à ceux qui ont donné leur vie pour notre liberté. Oui, chers enfants, chers
concitoyens, le 8 mai, nous rendons tous un hommage solennel aux vainqueurs de la
Seconde Guerre Mondiale, mais aussi et surtout, à toutes les victimes de cette
tragédie sans pareille.
La nuit du 7 au 8 mai 1945, c’est une certitude, restera à jamais une date clé de notre
Histoire. Elle marque le moment où le général Alfred Jodl, chef d’état-major de la
Wehrmacht, signa au quartier général des forces alliées du général Dwight
Eisenhower, à Reims, la capitulation sans condition de l’Allemagne nazie.
En effet, il y a 81 ans, après des années d’épreuves, d’horreurs et de combats, la
France et l’Europe étaient libérés de l’emprise totalitaire et génocidaire nazie.
Le plus vaste et le plus meurtrier des conflits de l’histoire humaine venait de toucher à
sa fin en Europe : Plus de 60 millions d’hommes et de femmes ont trouvé la mort
durant cette période. Des soldats bien sûr, mais aussi plus de 40 millions de civils,
hommes et femmes, 6 millions de juifs dont beaucoup d’enfants, des tziganes, des
homosexuels, des porteurs de handicap, des gaullistes, des communistes, des
résistants, ou des citoyens dont les opinions ne plaisaient pas à l’occupant ou au
régime de Vichy.
Les pertes matérielles sont également considérables : de nombreuses installations
portuaires et ferroviaires, des routes, des villages et des villes sont ravagés.Parmi les victimes de cette guerre, il y a aussi des Omerguois, morts ou emprisonnés
sous le joug de l’Allemagne nazie pour venir au secours de notre liberté.
Pensons au soldat André Rastouil, soldat de 2ème classe au 141e Régiments
d’Infanterie Alpine, né le 17 novembre 1918 aux Omergues et mort pour la France le
11 juin 1940 à Verberie dans l’Oise, lors de la « Bataille de France », alors que son
régiment tentait de freiner l’avancée allemande vers le sud.
Pensons à Kléber Blanc, né aux Omergues le 12 mai 1912 et soldat au 7e régiment du
Génie, ainsi qu’à Elie Donnet, né le 4 octobre 1912 aux Omergues, faits prisonniers et
internés au Stalag XVII-A à Kaisersteinbruch, en Autriche actuelle.
Pensons à Marcel Bouchet, né le 17 juin 1913 aux Omergues ainsi qu’à Aimé
Reynaud, né le 17 mars 1914 aux Omergues, et René Jullien, né le 1er février 1914
aux Omergues, prisonniers de guerre du 7e régiment du Génie, faits prisonniers et
internés au Stalag VII-A à Moosburg, en Allemagne.
Pensons à Louis Borel, membre de la Résistance cité comme ayant participé à des
actions de sabotage ou de liaisons dès 1943 aux côtés d’autres patriotes de la région.
Pensons à Emile Amic, né le 16 février 1904 aux Omergues ainsi qu’à Fernand Latil,
né le 3 mars 1904 aux Oimergues, prisonniers de guerre du 7e régiment du Génie, fait
prisonniers et internés au Frontstalag 152 à Châlons-sur-Marne.
Pensons à tous ceux du maquis de la section atterrissage-parachutage de la vallée du
Jabron, secteur très actif de la Résistance.
Ceux qui continuèrent de croire à la France n’étaient pas des surhommes. Ce furent
des femmes et des hommes de tous âges, de tous horizons, de toutes convictions,
avec leurs peurs et leurs doutes, mais unis par la même exigence : ne pas subir, ne
pas céder.Ensemble, ils ont combattu pour la paix et contre la barbarie. Ils ont souffert, ils se sont
battus, privés de leur jeunesse, d’une vie normale et paisible. Ils se sont révoltés et
beaucoup d’entre eux n’ont pas échappé au sacrifice suprême pour des causes qu’ils
savaient justes, en particulier celles de résister au déni du droit, de la liberté et de la
justice.
« Dès le 3 septembre 1939 » rappelle le général de Gaulle, « nous avons tiré l’épée,
seuls avec l’Angleterre, pour défendre le droit violé sous les espèces de la Pologne ».
A Londres, sous les bombes du Blitz, à Brazzaville, où l’ordre de la Libération est crée,
se poursuivit la lutte de ceux qui pressentaient que cet affrontement était une guerre
contre l’humanité.
Souvenons-nous des sous-mariniers du Casabianca, déjouant la vigilance ennemie
pour armer la Résistance en Corse.
Souvenons-nous des commandos Kieffer, débarqué en Normandie à l’aube du 6 juin
1944.
Honorons, sur les plages de Provence, les soldats venus d’Afrique, d’Asie et du
Pacifique – tirailleurs, goumiers, spahis de la 1ère armée française menée par le
général de Lattre de Tassigny, remontant jusqu’à Berlin. De Lattre qui, face à ce qu’il
appelait « les puissances du mensonge » dira : « nous avons découvert tout le prix de
notre civilisation en éprouvant sa fragilité. »
Ce temps de recueillement qu’est le 8 mai est l’occasion, pour chacun d’entre-nous, de
rappeler notre attachement à la liberté et aux droits de l’homme, ainsi que notre
reconnaissance à ceux qui ont combattu pour la paix. Cette victoire que nous
célébrons, c’est d’abord la leur. Gardons en mémoire leurs combats, leurs luttes et
leurs sacrifices.
Comprenons aussi que la paix n’est jamais acquise, avec pour preuve le retour du
populisme, du nationalisme et des tentatives de domination territoriale aux portes de
l’Europe.Oui, soyons les vecteurs de Paix en opposant la conviction à la brutalité et à la
provocation.
Nous devons le dire avec force et conviction, en particulier lorsque l’on s’adresse aux
jeunes habitants des Omergues. À leur tour, ils doivent être demain, les « passeurs de
mémoire ». François Mitterrand s’était rendu en Allemagne pour commémorer le
50ème anniversaire de la fin de la guerre. Lors de son dernier discours comme
président de la République, il déclara : « L’Europe, nous la faisons, restons fidèles à
nous-mêmes, relions le passé et le futur et nous pourrons passer, l’esprit en paix, le
témoin à ceux qui nous suivront ».
Chers enfants, je voudrais féliciter chacun d’entre vous, pour avoir consacré une partie
de votre journée à nous accompagner dans le recueillement ainsi que dans l’hommage
à ceux qui nous ont rendu notre liberté et notre dignité.
Se souvenir, c’est notre devoir, pour que les trois mots qui résonnèrent au sortir de la
guerre : « plus jamais ça », ne soient pas oubliés par les générations comme les
nôtres qui ont été jusqu’à présent épargnées par la guerre.
C’est ainsi que le sacrifice de ceux qui sont morts et que nous célébrons ce 8 mai
2026 n’aura pas été vain.
Vive l’Europe libre. Vive la République. Et vive la France !