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unknown - Agglomération - Carcassonne - 2026 PopUp Livret Pédagogique CDAC 0
Document publié le Jeudi 1 janvier 2026
Lien du pdf (unknown - Agglomération - Carcassonne - 2026 PopUp Livret Pédagogique CDAC 0)
Thèmes du document : Culture et patrimoine, Histoire et mémoire, Mode, textile et habillement,
Livret Pédagogique
Centre d’art contemporain1- Une Histoire /des histoires
a- Comprendre la notion d’Histoire
b- Les histoires : récits et formes narratives
c- Les récits d’artistes : une fenêtre sur l’intime
2- Un goût pour l’esthétique de l’ordinaire
a- Figurer le quotidien dans la tradition picturale
1) La scène de genre
2) La nature morte
3) Le paysage
b- Une volonté avant-gardiste de fusionner l’art et la vie
1) Ready-made
2) L’art vidéo
3- Médiums, supports et vocabulaire
4- Annexe 1 : Qu’est-ce que l’art contemporain ?
Annexe 2 : Un centre d’art contemporain c’est quoi ?
5- Le parcours Pop-up Collections
- Jessica MOLINIER, Médiatrice culturelle
Sommaire
Livre pédagogique réalisé par :A. Comprendre la notion d’Histoire
Histoire (Définition en ligne du Dictionnaire de l’Académie française, 9e édition)
➢ Récit relatif à des actions, à des évènements dignes de mémoire concernant
le passé d’un peuple, d’un individu, etc.
En d’autres termes, l’Histoire (avec un grand H) désigne l’étude du passé et des sociétés humaines.
Elle vise à comprendre les événements anciens et les différentes évolutions que connaissent les
peuples d’un point de vue politique, économique, social ou culturel. Ainsi, cette discipline s’appuie
sur des sources historiques (archives, artefacts, images ou témoignages) que les historiens
analysent, croisent et interprètent afin de construire un récit cohérent du passé.
➢ Quand l’art raconte l’Histoire !
L’Histoire est une discipline qui entretient des liens étroits avec le domaine artistique. Elle constitue
depuis longtemps un sujet majeur dans la peinture, la sculpture et la littérature, car elle permet
de représenter des événements considérés comme remarquables pour une société. Les artistes ne se
contentent pas d’illustrer le passé, ils le mettent en scène, le subliment et parfois le questionnent.
En peinture, ce dialogue entre l’art et l’Histoire s’articule essentiellement autour d’un genre appelé la
peinture d’Histoire ou le « grand genre ». Depuis la Renaissance, la peinture connait une
classification des genres qui s’établit en fonction du sujet représenté dans l’œuvre. Cette hiérarchie
des genres picturaux prend une tournure officielle en 1667 lorsqu’elle est théorisée par André Félibien
dans sa Préface des conférences à l’Académie royale de peinture et de sculpture. Au sommet de cette
pyramide hiérarchique, trône la peinture d’histoire qui regroupe les représentations en grand
format de scènes historiques, religieuses ou mythologiques.
1- Une Histoire/des histoires➢ Référence : Ovide, Métamorphoses, Livre XIII,
(13, 723-788).
Cette toile représente un célèbre épisode
de la mythologie antique : l’idylle
amoureuse d’Acis et Galatée, menacée
par la jalousie du cyclope Polyphème.
Arrivant par les flots, la nymphe Galatée
apparaît vêtue d’un drapé bleu
sublimant les charmes naturels de son
corps. Elle est accompagnée de son
cortège aquatique. Représenté aux cotés
de la nymphe, Acis tient le voilage bleu
qui ondule au-dessus d’eux. Autour du
couple, des amours ailés (putti)
évoquent la célébration de leur union. À
droite, accompagné de son troupeau,
Polyphème regarde la scène depuis son
promontoire rocheux. Ce cyclope (géant
pourvu d’un troisième œil au milieu du
front) évolue dans un paysage
tourmenté où le nuage de fumée
représente le volcan l’Etna, au pied
duquel coule le fleuve Acis en Sicile.
François Perrier, Acis et Galatée, n.d, huile sur toile,
96 x 134 cm, musée des beaux-arts de Carcassonne.
Focus d’œuvre• Dans l’art contemporain, un épisode de l’Histoire
occupe parfois une place essentielle en devenant le
sujet principal d’une œuvre.
➢ Référence à lire en classe : La lettre de Guy Moquet à sa famille.
B. Les histoires : récits et formes narratives
Récit (définition en ligne du Larousse)
➢ Action de relater, de rapporter quelque chose.
Les histoires (avec un petit h) sont à comprendre au sens de récits. Elles peuvent être :
• Fictives (inventées, imaginaires ou fantastiques)
• Inspirées de faits réels (ex : faits divers, articles de journaux, évènements historiques)
• Personnelles (ex : souvenirs, expériences vécues, témoignages)
Les histoires sont souvent associées aux domaines de l’écriture (roman, conte, nouvelle, etc.) ou de
la tradition orale (mythe, légende), plus largement au champ de la littérature. Pourtant, elles ne se
cantonnent pas uniquement aux mots ou à la parole. L’art est lui aussi capable de raconter des
histoires et de plonger un individu dans un récit. Une image, qu’elle soit peinte, dessinée, sculptée
ou encore photographiée, peut ainsi transmettre une narration et faire naitre tout un imaginaire.
L’installation Cher Guy reconstitue une salle de
classe en hommage à Guy MOQUET, un jeune
militant communiste de 17 ans fusillé par les
Allemands en 1941. Cette œuvre met en scène six
tables d’écoliers surmontées de six plateaux de
plâtre transpercés et de six chaises. Elle a une
dimension mémorielle importante.
Sophie DUBOSC, Cher Guy, 2007,
installation, les Abattoirs, Musée- Frac
Occitanie Toulouse.Une histoire n’est donc pas seulement un contenu, c’est également une mise en scène, une mise en
image des événements. Ainsi, il n’est pas rare que des écrivains ou des poètes fassent appel à des
artistes afin de donner à voir, par des illustrations, ce qui est raconté. Toutefois, ces représentations
artistiques ne se limitent pas à illustrer fidèlement le texte, mais elles en proposent parfois une
interprétation supplémentaire ou profondément personnelle.
L’exemple de la gravure de Gustave Doré illustrant la fable La Cigale et la Fourmi de Jean de La
Fontaine.
➢ Référence : Jean de La Fontaine, Fables choisies mises en vers par M. La Fontaine, 1668.
➢ Objectifs pédagogiques de la visite : Comprendre que l’Histoire et la notion de récit ne se
limite pas au domaine littéraire. Explorer les différentes façons de présenter des histoires (écriture,
tradition orale, illustrations, œuvres). Etablir une analyse comparée de récits littéraires avec ses
représentations artistiques.
Gustave Doré, La Cigale et la Fourmi,
1867, gravure sur bois, département des
Estampes et de la Photographie, BnF.
Dans les Fables, les animaux sont
traditionnellement utilisés pour représenter des
comportements humains. Ici, la cigale représente
l’insouciance et la fourmi le dur labeur, soit des
attitudes morales opposées. Dans la gravure de
Gustave Doré, les personnages ne sont pas
représentés comme des animaux, mais comme
des êtres humains. L’artiste fait ici le choix
délibéré d’abandonner le procédé
d’animalisation pour accentuer la valeur morale
du récit et offrir une lecture plus directe du
message de La Fontaine.Indépendamment de l’illustration d’ouvrage, certains artistes s’inspirent des histoires pour en faire le
sujet principal de leurs œuvres.
L’artiste contemporaine Fiorenza Menini s’inspire souvent de récits littéraires
pour créer ses photographies. Dans son œuvre The Little Marmaid (qui signifie
la petite sirène en anglais), elle fait référence au célèbre conte La petite Sirène
écrit par Hans Christian Andersen en 1837.
Conte (définition en ligne du CNRTL)
➢ Récit d'aventures imaginaires destiné à distraire, à instruire en amusant.
Sur cette photographie, l’artiste choisit de représenter un moment très précis du conte. Il s’agit de
l’instant où la sirène devient humaine. Fiorenza capture l’un des moments les plus importants du récit
: la transformation de la sirène en jeune femme humaine.
➢ Texte à lire : Extrait de La petite Sirène d’Andersen qui relate sa transformation.
« Le soleil ne s’était pas encore levé lorsqu’elle vit le château du prince. Elle s’assit sur la
côte et but l’élixir ; ce fut comme si une épée affilée lui traversait le corps ; elle s’évanouit
et resta comme morte. Le soleil brillait déjà sur la mer lorsqu’elle se réveilla, éprouvant
une douleur cuisante. Mais en face d’elle était le beau prince, qui attachait sur elle ses yeux
noirs. La petite sirène baissa les siens, et alors elle vit que sa queue de poisson avait
disparu, et que deux jambes blanches et gracieuses la remplaçaient. »
Qu’est-ce qu’une sirène ?
Dans l’Antiquité, la sirène est une créature fantastique mi-femme, mi-oiseau connue pour
envoûter les navigateurs par son chant mélodieux. Au cours du temps, sa représentation évolue
et elle devient une femme-poisson, comme on la connaît aujourd’hui grâce au conte d’Andersen
et à son adaptation cinématographique par les studios Walt Disney.Observer :
➢ Que vois-tu sur l’image ?
➢ Où se passe la scène ?
➢ Quels objets reconnais-tu ?
Comprendre :
➢ À quel moment de l’histoire de La Petite Sirène cette image fait-elle référence ?
➢ Pourquoi l’artiste a-t-elle choisi une salle de bain plutôt qu’une plage ?
➢ Quels éléments rappellent le monde de l’eau, de la mer ?
À toi de jouer ! : (atelier découpage/ collage)
➢ Munis-toi d’une feuille de dessin, de ciseaux et d’une colle et propose ta propre représentation de ce moment précis de l’histoire. Tu peux t’aider de magazines ou de publicités pour réaliser le décor de ton œuvre. Attention ta sirène doit être représentée dans un lieu moderne afin de faire dialoguer la tradition et la modernité. (Explique ton choix)
Fiorenza Menini, The Little Marmaid,
n.d, photographie, 87x 62 cm, Frac
Occitanie Montpellier.
Fiorenza Menini propose une version surprenante
de cette scène. Dans le conte, la sirène arrive
normalement sur une plage, au bord de la mer. Ici,
l’artiste place la scène dans une salle de bain. On y
voit une femme inconsciente, allongée sur le sol,
nue, avec des palmes noires aux pieds. Ces palmes
sont ici une référence directe à la queue de poisson
de la sirène. Autour d’elle, il y a des objets du
quotidien comme des toilettes et une machine à
laver. Rien qui ne renvoie ici au paysage maritime
dans lequel elle s’évanouie. Toutefois, ces éléments
ne semblent pas si éloignés du contexte aquatique
puisqu’ils ont besoin d’eau pour fonctionner. À mi-
chemin entre la tradition et la modernité, cette
œuvre dialogue à la fois avec un conte ancien et
notre monde contemporain.
QuestionsC. Les récits d’artistes : une fenêtre sur
l’intime
Les récits peuvent aussi être ceux des artistes eux-mêmes, qui nous livrent leur intimité. À travers ces
histoires personnelles, ils peuvent partager des souvenirs, des émotions, des expériences de vies ou
des éléments liés à leur identité. Pour raconter ces histoires, ils peuvent utiliser l’écriture (journal
intime) ou encore l’art. À travers l’autoportrait, le portrait individuel ou encore le portrait de
famille, une véritable fenêtre sur leur intimité s’ouvre alors au spectateur.
Intime (définition en ligne du Larousse)
➢ Qui est au plus profond de quelqu'un, de quelque chose, qui constitue
l'essence de quelque chose et reste généralement caché, secret.
Intimité (définition en ligne du Dictionnaire de l’Académie française, 9e édition)
➢ Caractère de ce qui appartient à la nature profonde, intime d’un être. Domaine de la vie
personnelle, privée.
• L’art du portrait
Portrait (définition du CNRTL)
➢ Représentation, d'après un modèle réel, d'un être (surtout d'un être animé) par un
artiste qui s'attache à en reproduire ou à en interpréter les traits et expressions
caractéristiques.
Il existe différents types de portraits :
➢ L’autoportrait permet à l’artiste de se représenter lui-même et
de raconter une partie de son histoire. Il devient une forme de récit
personnel, où l’artiste peut évoquer son identité, sa classe sociale, sa
culture ou encore ses émotions. L’autoportrait peut se décliner sous
de multiples formes : par la photographie, la peinture, l’installation,
la vidéo, la sculpture, etc.
➢ Titre : Frida Kahlo, Autoportrait au collier d'épines et colibri, 1940, collection privée.➢ Le portrait individuel masculin et féminin, qui obéit à des codes bien
distincts selon le genre et l’époque auquel il appartient.
Titre : Hyacinthe Rigaud, François Ier Castanier, n.d, huile sur toile, 97
x 131 cm, musée des beaux-arts de Carcassonne.
➢ Le portrait collectif représente essentiellement des familles, des
confréries ou des groupes sociaux, souvent dans un format paysage.
Titre : Jean Jalabert, Portrait de Madame Coste-Reboulh et de son fils Alphonse
Coste-Reboulh, 1855, huile sur toile, 92 x 75 cm, musée des beaux-arts de
Carcassonne.
➢ Le portrait d’apparat, conçu pour magnifier le statut et le pouvoir du
modèle.
Titre : Hyacinthe Rigaud, Portrait de Louis XIV, 1701, Louvre, Paris.
La réunion de famille de Delphine Balley
appartient à la série photographique l’Album
de famille (commencée en 2002), dans laquelle
l’artiste met en scène son propre assassinat le
jour de son mariage fictif. Les sept
personnages présents sur cette image sont les
membres de sa propre famille qu’elle met en
scène dans une véritable saga
photographique. À mi-chemin entre l’univers
du mariage et celui de la veillée mortuaire,
cette scène digne d’un fait divers ouvre une
fenêtre sur le jardin secret de l'artiste : sa
famille.
Delphine Balley, La réunion de famille, 2007,
photographie, 133 x 156 x 8 cm, Frac Occitanie
Montpellier.Dans l’histoire de l’art, les artistes ne se sont pas uniquement intéressés aux événements ou figures
importantes de l’Histoire. La banalité quotidienne a également été une source d’inspiration majeure
dans l’art. Ce goût pour l’ordinaire se manifeste d’abord dans la peinture, à travers la scène de genre,
la nature morte ou encore le paysage, qui donnent à voir des aspects multiples de la vie quotidienne.
Dans l’art contemporain, avec le ready-made, la performance ou l’art vidéo, des objets hétéroclites
et des actions ordinaires deviennent des œuvres d’art à part entière.
➢ Objectif pédagogique de la visite : Comprendre que le quotidien est une source
d’inspiration artistique qui traverse les époques. Découvrir différentes formes de représentation
de l’ordinaire (scène de genre, nature morte, installation, vidéo, etc.). Porter un regard nouveau
sur son environnement en comprenant que des éléments simples (objets, gestes …) peuvent
devenir matière à création artistique. Découvrir les différents genres artistiques et leurs évolutions
dans l’histoire de l’art.
A. Figurer le quotidien dans la tradition picturale
1) La scène de genre
Scène de genre (définition en ligne du Larousse)
➢ Catégorie picturale comprenant les scènes de caractère anecdotique,
familier, intime ou populaire.
Ce genre se développe particulièrement en Europe à partir du XVIᵉ
siècle. La tradition flamande et hollandaise joue un rôle essentiel
dans cette évolution. Des artistes précurseurs tels que Pieter
Bruegel l’Ancien ont largement contribué à donner une place
importante aux scènes de la vie quotidienne.
2- Un goût pour l’esthétique de
l’ordinaire
Pieter Bruegel l’Ancien, Danse de
noces, v.1600, musée des beaux-
arts de Bordeaux.Un exemple intéressant est celui du Portrait de la famille Guillard exécuté par le peintre
carcassonnais Jacques Gamelin.
Cette toile se situe à la frontière entre le portrait de famille et la scène de genre car ici il ne s’agit pas
seulement de représenter des individus, mais aussi de montrer une situation de vie et le milieu
domestique (intérieur de cuisine) dans lesquels ils évoluent.
Comment reconnaître une scène de genre ?
Elle se reconnaît par plusieurs caractéristiques essentielles :
• Des scènes de la vie quotidienne (repas, scène de travail, rue, intérieur
domestique…).
• Des personnages ordinaires, souvent anonymes.
• Une grande attention portée aux détails (vêtements, objets, gestes).
• Un souci de réalisme dans la représentation.
La scène de genre incarne aussi un véritable miroir de la société. Elle reflète les modes, les
mœurs, les habitudes, les statuts, les métiers ou encore les inégalités d’une époque déterminée.
Cette œuvre représente trois générations
de la famille Guillard dans un moment de
vie ordinaire. Les dix personnages
portraiturés sur cette toile donnent à voir
un véritable miroir de leur époque.
Chaque membre de la famille affirme un
statut social distinct, en accord avec les
convenances en vigueur. Leurs tenues
témoignent de la mode de leur temps,
tandis que le décor révèle un certain goût
pour les intérieurs domestiques. Jacques Gamelin, Le portrait de la famille Guillard, n.d, huile sur toile, 57.4 x 67.5 cm
musée des beaux-arts de Carcassonne.2) La nature morte
Nature morte (définition en ligne du Larousse)
➢ Terme qui désigne la représentation peinte d'objets, de fleurs, de fruits, de
légumes, de gibier ou de poissons. Quand la juxtaposition de certains motifs évoque
la vanité des choses de ce monde, il s'agit d'un genre particulier de nature morte : la
vanité.
Né dans l’Antiquité, ce genre pictural connaît un grand engouement aux XVIe et XVIIe siècles et
devient un genre majeur en Europe. La nature morte transforme des éléments du quotidien en
véritables sujets artistiques grâce à une composition savamment pensée, au travail ingénieux de la
lumière, des couleurs et des matières. Les artistes ne se contentent pas uniquement de représenter des
éléments du quotidien, ils cherchent également à leur donner du sens en leur conférant une dimension
symbolique. Longtemps considéré comme le moins prestigieux dans la hiérarchie des genres, il
investit largement les intérieurs de nobles demeures, avec des formats variables selon la richesse des
commanditaires.
Le saviez-vous ?
Clara Peeters, Nature morte avec tazza en
vermeil, 1613, collection privée.
La nature morte est un genre très pratiqué par les femmes artistes, même
si elles ne sont pas les seules à s’y consacrer. En effet, pendant
longtemps, les règles de bienséance leur interdisaient l’accès aux cours
d’anatomie et à l’étude du nu d’après modèle vivant, indispensables
pour la peinture d’histoire jugée plus noblement. Elles se tournent donc
davantage vers la nature morte ou le portrait. La peintre flamande Clara
Peeters en est un exemple remarquable, connue pour ses compositions
minutieuses de fruits et d’objets du quotidien.
Clara PEETERS
(v.1587- après 1637)3) Le paysage
Peinture de paysage (définitions en ligne du Musée des beaux-arts de Caen, 2019)
➢ Le mot paysage désigne à la fois une réalité extérieure à l’observateur et
la représentation que l’homme en donne, notamment à travers la peinture. Le mot
désigne donc, d’une part, la partie de pays, l’étendue de terre que la nature présente
à l’observateur (synonymes : site, vue) ; d’autre part, la figuration picturale ou
graphique d’une étendue de pays où la nature tient le premier rôle et où les figures et les
constructions sont secondaires.
➢ On parle de peinture de paysage lorsque le site figuré occupe une place prépondérante dans
l’espace du tableau et constitue le sujet principal de l’œuvre, et non pas simplement son
cadre ou son décor. Or ceci advient pour la première fois en Occident dans la peinture des Pays-
Bas au XVIIe siècle, avec des artistes tels que Jan van Goyen ou la famille van Ruisdael et en
Italie avec les Carrache.
Jan van Goyen, Ferme au bord de la mer, 1631, musée des beaux-arts de Carcassonne.Une petite histoire de la peinture de
paysage
Durant l’Antiquité, la représentation du paysage apparait timidement dans l’art
à travers des éléments de nature intégrés à des scènes mythologiques peintes sur
les vases ou les fresques. Pendant de nombreux siècles, le paysage reste un élément
secondaire. Dans les peintures d’histoire notamment, il sert surtout à mettre en
scène des personnages. Il n’existe pas encore comme sujet principal ou unique de
la peinture.
Le paysage devient autonome au XVIIe siècle dans la peinture hollandaise. Bien
qu’il devienne un genre à part entière, ce dernier occupe une place moins
importante au sein de la hiérarchie picturale théorisée en 1667. Ainsi, le paysage est
considéré comme moins noble que les grands sujets religieux ou mythologiques de
la peinture d’histoire. Malgré cela, le paysage se développe fortement grâce à des
artistes comme Nicolas Poussin ou Le Lorrain. Ces peintres proposent un paysage
idéalisé, rythmé par des ruines antiques et où la nature n’est pas représentée telle
qu’elle est dans la réalité mais recomposée de manière harmonieuse.
Au XIXe siècle, la notion de paysage connait une évolution remarquable. Les
artistes s’intéressent de plus en plus à la nature et cherchent à la représenter de
manière plus réaliste. Cela remet en question les règles traditionnelles de l’art,
selon lesquelles l’artiste devait choisir les plus belles parties de la nature et les
recomposer pour créer un paysage idéal. Grace à l’invention du tube de peinture,
les peintres de l’école de Barbizon commencent ainsi à sortir de leur atelier pour
peindre directement dans la nature, dans la forêt de Fontainebleau. On appelle cela
« peindre sur le motif ». Ce groupe d’artistes dont le chef de file est Théodore
Rousseau ne cherche pas à embellir ou idéaliser la nature, mais à la représenter telle
qu’elle est, avec un véritable souci de réalisme.
Avec l’impressionnisme, cette recherche évolue davantage. Les artistes ne
cherchent plus seulement à représenter fidèlement un paysage, ils cherchent à saisir
« une impression » en traduisant les effets de la lumière, les couleurs changeantes
et les variations du temps. Enfin, à la fin du siècle, des groupes comme Pont-Aven
et les Nabis rompent avec ce naturalisme. Ils simplifient les formes, abandonnent
la perspective traditionnelle et utilisent de grands aplats de couleurs, donnant ainsi
une dimension plus décorative aux paysages.Que nous raconte ce paysage ?
➢ Quel type de paysage est représenté dans cette œuvre ? (Maritime / montagneux / rural / urbain)
➢ Le paysage est-il réaliste ou semble-t-il imaginaire ?
➢ Le paysage est-il naturel ou aménagé par l’homme ?
➢ Ce paysage comporte-t-il des éléments d’architecture ? Quel monument occupe le second plan de
la toile ?
➢ Quels éléments attirent le regard en premier ?
➢ Quelles couleurs sont utilisées ? Sont-elles plutôt chaudes ou froides ?
➢ La lumière est-elle forte, douce, sombre ? naturelle ou artificielle ?
➢ Le peintre cherche-t-il à représenter un lieu précis ou une ambiance ?
➢ Le paysage paraît-il calme, animé, inquiétant, joyeux ? Pourquoi ?
➢ Y a-t-il beaucoup de détails ou plutôt des formes simples ?
➢ Peut-on ressentir une saison ou un temps particulier (soleil, pluie, neige…) ?
La cité sous la neige d’Eugène Pech offre une
vue enneigée sur la cité médiévale de
Carcassonne. L’artiste a vécu toute sa vie au
pied de cette cité et peint cette vue depuis la
fenêtre de la maison familiale. Les bâtiments,
les toits et les rues semblent silencieux sous la
lumière douce et froide de l’hiver. Ce tableau
est réalisé dans un camaïeu de bleus, avec
quelques touches orangées aux fenêtres qui
viennent réchauffer l’ensemble. Le peintre
carcassonnais ne cherche pas ici à représenter
chaque détail du paysage avec précision, mais
plutôt à capter une ambiance. Ses touches de
peinture visibles et légèrement floues donnent
à voir un souvenir de son enfance, presque
comme une impression de rêverie.
Eugène Pech, La cité sous la neige, n.d,
huile sur toile, 50 x 65 cm, musée des
beaux-arts de Carcassonne.B. Une volonté avant-gardiste de fusionner l’art et
la vie
Loin de se limiter à la peinture, la représentation du quotidien s’étend aussi à nos gestes et à nos objets
les plus familiers. Sortis de leur usage habituel, ils sont parfois envisagés comme des œuvres à part
entière dans l’art contemporain. Cette démarche vise ainsi à brouiller la frontière entre l’art et la
banalité du quotidien.
1) Le ready-made
Ready-made (définition en ligne du Larousse)
➢ Objet manufacturé promu au rang d'objet d'art par le seul choix de l'artiste.
Le ready-made c’est quoi ?
Marcel Duchamp, Fontaine, 1917,
Centre Pompidou, Paris.
Le ready-made (terme anglais qui signifie « tout fait ») apparaît
au début du XXᵉ siècle, dans une période où les artistes
cherchent à remettre en question les règles traditionnelles de
l’art. Ils s’interrogent sur la place de l’artiste, la notion de
création et la définition même de l’œuvre d’art. C’est dans ce
contexte particulier que Marcel Duchamp développe ce
concept où il commence à sélectionner des objets manufacturés
qu’il détourne comme des œuvres d’art.
En 1917, il présente Fontaine, un urinoir renversé et signé « R. MUTT », exposé comme une
sculpture. Ce geste marque une rupture majeure dans l’histoire de l’art. Duchamp montre
qu’une œuvre ne repose pas uniquement sur la fabrication ou un savoir-faire, mais que le
concept developpé par l’artiste est aussi primordial. Cette démarche a profondément influencé
l’art contemporain, en ouvrant la voie à des pratiques où les objets du quotidien deviennent
des supports de réflexion et de création.➢ Proposition d’atelier pédagogique
• Niveau : Collège.
• NB : Possibilité de le faire en classe ou dans la salle pédagogique du Centre d’art contemporain.
• Activité : Dans la continuité de cette démarche avant-gardiste, les élèves peuvent être invités à
travailler à partir d’un objet du quotidien (qu’ils rapportent de chez eux).
• Chaque élève choisit un objet (trousse, chaussure, peluche, jouet…) et cherche à le détourner pour
en faire une œuvre. Par groupes de 5 ou 6 élèves, ils peuvent réfléchir à une histoire, une mise en
scène en associant les différents objets à une image ou à un texte, ou encore en leur donnant un
nouveau contexte.
• L’objectif est de transformer ces objets en support capable de raconter des histoires personnelles
ou imaginaires. Faire l’usage de la photographie pour capturer les œuvres. Les élèves présentent
ensuite par groupe leur création en expliquant le sens qu’ils ont voulu lui donner.
L’œuvre Témoins n°1 (Gant d’un cow-boy du
Colorado) de Benoît Broisat appartient à une série
de plusieurs œuvres mettant en scène des objets du
quotidien mis en regard avec leur photographie.
Cette première œuvre des Témoins se déploie sous
la forme d’un diptyque associant une image issue
du magazine National Geographic et un objet réel : le
gant porté par le cow-boy visible sur la
photographie. L’objet, extrait de son usage
quotidien, devient porteur de sens. Ici, il ne s’agit
plus simplement d’un gant, mais d’un élément qui
évoque une histoire : celle de l’artiste qui a mené
une sorte de chasse au trésor pour parvenir à se
procurer cet objet. L’œuvre invite ainsi à réfléchir à
la manière dont les objets peuvent devenir les
témoins d’une histoire.
Benoit Broisat, Témoins n°1 (Gant d’un cow-boy du
Colorado), 2009, objet et impression sur papier,
Frac Occitanie Montpellier.2) L’art vidéo
L’art vidéo (définition en ligne du Larousse)
➢ Forme d'art fondée sur l'enregistrement et la fabrication d'images électroniques
restituables en direct ou en différé.
Une brève histoire de l’art vidéo
L’art vidéo apparaît au début des années 1960, à un moment où les artistes contemporains
cherchent à remettre en question les formes traditionnelles de l’art (peinture de chevalet,
sculpture en ronde bosse…). On doit la paternité de cette nouvelle expression artistique à
deux artistes : Nam June Paik (13 Distorded TV Sets, 1963) et Wolf Vostell. Grâce aux
premières caméras portables, la vidéo devient un médium accessible qui permet de filmer
le réel, des performances, des représentations de danse ou des scènes du quotidien. Par sa
légèreté et son immédiateté, la vidéo s’impose peu à peu dans le domaine de l’art
contemporain comme une pratique artistique à part entière.
Aujourd’hui, la vidéo est devenue à la fois un art reconnu et un outil très courant. Elle
investit plusieurs domaines artistiques telles que la musique, la danse ou le spectacle
vivant. Facile à utiliser, elle s’est largement répandue grâce à Internet et aux réseaux
sociaux qui permettent de créer, de diffuser et de partager du contenu facilement dans le
monde entier.
Bill Viola, The Reflecting Pool,
1977-1979, musée cantonal des
beaux-arts de Lausanne.Cependant, la vidéo n’appartient pas uniquement au domaine artistique. Elle fait aussi partie de
notre usage quotidien. Filmer le réel permet de conserver des souvenirs, de documenter des moments
de notre vie ou de partager des instants avec ses proches. Les réunions de famille, les voyages ou les
scènes du quotidien deviennent alors des traces de mémoire et de transmissions.
Certaines de ces vidéos, créées sans intention artistique au départ, peuvent ensuite être réutilisées et
devenir des œuvres d’art, à l’image de La double absence de Socheata Aing.
Socheata Aing, La double Absence, 2024, vidéo
couleur sonore stéréo, 22min 32s, les
Abattoirs, Musée – Frac Occitanie Toulouse.
Dans La double absence, un film de 22 minutes et 32
secondes, Socheata Aing s’appuie sur des archives
vidéo familiales filmées par son père. Celui-ci quitte le
Cambodge à l’âge de 20 ans pour fuir le régime des
Khmers rouge (communistes radicaux). Réfugié
politique en France, il y fonde ensuite une famille
composée de cinq filles, dont Socheata. Afin de montrer
à sa famille restée au Cambodge leur nouvelle vie en
France, il filme leur quotidien. À travers ces images se
transmettent une culture et un héritage familial tels que
la musique traditionnelle, la langue, les rites et
offrandes, ou encore la cuisine cambodgienne.
Initialement, ces vidéos n’étaient pas destinées à
devenir une œuvre d’art. Elles avaient avant tout pour
vocation de partager un quotidien et de garder un lien
avec la famille restée au pays. En 2023, alors qu’elle se
trouve dans la maison familiale, Socheata Aing
découvre une dizaine de CD contenant ces
enregistrements vidéo. Elle décide alors d’en faire un
film à titre posthume, prolongeant ainsi le geste de
mémoire entrepris par son père.
Le film prend la forme d’un diptyque où plusieurs
enregistrements vidéo se succèdent, se rencontrent et
parfois se répondent. Dans la partie basse du film se
trouvent essentiellement représentés des moments de
vie en France. Dans la partie supérieure apparaissent
des souvenirs filmés lors d’un voyage en famille au
Cambodge. Une mise en dialogue se crée alors entre la
vie en France et le retour au pays natal.
➢ Référence : Socheata Aing, La
double Absence, 2024.
Film disponible en ligne à l’adresse
suivante : https://vimeo.com/1147295242.L’exposition Pop-up Collections donne à voir une très grande variété de médiums et supports
artistiques. Découvrons-les ensemble :
➢ Les Mediums artistiques
Peinture à l’huile (définition en ligne du Grand Palais)
➢ La peinture à l’huile désigne une recette de peinture qui utilise des huiles pour lier les couleurs
et les faire adhérer au support à peindre. La substance colorée de la peinture se présente le
plus souvent sous forme d’une poudre à base de matière organique ou minérale que l’on
appelle pigments. Cette poudre est mélangée à des huiles grasses de lin, noix ou œillette (une
variété de pavot) qui servent de liant. On obtient alors une
substance épaisse et visqueuse que l’on peut utiliser après
avoir ajouté un diluant pour la rendre fluide. Il s’agit
d’essence de térébenthine, de lavande ou de romarin ou bien
de produits dérivés de la distillation du pétrole. Le diluant, en
plus ou moins grande quantité permet d’obtenir des couches
picturales transparentes que l’on peut superposer pour obtenir
un glacis et donner des effets de profondeur.
Titre : Léonard de Vinci, La Joconde, v. 1503-1506, Louvre, Paris.
Photographie
➢ La photographie est un médium artistique qui consiste à
capturer une image grâce à la lumière, à l’aide d’un appareil
photographique. Elle peut être documentaire, artistique ou
expérimentale, en noir et blanc ou en couleur, argentique ou
numérique.
Titre : Man Ray, Le Violon d’Ingres, 1924, Centre Pompidou, Paris.
3- Médiums, supports et vocabulaireSculpture (définition en ligne du Dictionnaire l’Académie française,
9e édition.)
➢ Action de sculpter, de façonner une œuvre ou un ornement par
la taille d’un matériau dur et, par extension, de réaliser une
œuvre d’art en trois dimensions grâce à diverses techniques.
Titre : Michel-Ange, David, 1501-1504, Galleria dell’Accademia, Florence.
Installation
➢ Une installation est une œuvre qui occupe un espace
(intérieur ou extérieur) pour créer une expérience. Elle peut
combiner objets, images, sons, vidéos, lumière.
Titre : Olafur ELIASSON, The Weather Project, 2003, Tate Modern,
Londres.
La vidéo / Arts des nouveaux médias
➢ L’art vidéo utilise dans sa production la vidéo,
l’image en mouvement, les technologies
numériques et parfois l’interaction : vidéos-
projections, installations audiovisuelles, œuvres
multimédias.
Titre : Nam June PAIK, TV Buddha, 1974, Stedelijk Museum,
Amsterdam.
➢ Les supports
• Acier : Nom que l’on donne au fer combiné avec le charbon, et devenu susceptible d’acquérir,
par certains procédés de l’art, un grand degré de dureté. (Définition en ligne du Dictionnaire
l’Académie française, 9e édition.)
• Bois : Le bois est la substance ligneuse tirée des arbres. (Définition en ligne Le Robert)• Coton : Bourre végétale composée de filaments longs, fins, soyeux, qui enveloppe les graines
d’un arbuste, le cotonnier. (Définition en ligne du Dictionnaire l’Académie française, 9e édition.)
• Papier : Matériau léger à base de fibres végétales, réduite en pâte pour former une couche fine.
• Plâtre : Matériau obtenu par calcination du gypse, qui, après broyage et affinage, se présente
sous la forme d’une poudre de couleur blanche, et que l’on travaille en le délayant avec de l’eau.
((Définition en ligne du Dictionnaire l’Académie française, 9e édition.)
• Tissu : Surface souple et résistante constituée par un assemblage régulier de fils entrelacés, tissés
ou à mailles. (Définition en ligne Le Robert)
• Toile : Surface fabriquée en fibres végétales tissées (coton, lin) utilisée comme support pour la
peinture. La toile est généralement tendue sur un châssis en bois.
• Métal : Matériau dur et conducteur regroupant différentes matières comme le fer, l’aluminium,
le cuivre ou le bronze.
• Fil nylon : Fil synthétique souple et résistant fabriqué à partir de matières plastiques.
➢ Vocabulaire
Moulage (définition en ligne du CNRTL)
➢ Action de couler une matière dans un moule creux pour l'obtention d'un objet après solidification.
Naturalisme (définition en ligne du CNRTL)
➢ Représentation exacte de la nature, du réel.
Diptyque (Définition en ligne du Dictionnaire l’Académie française, 9e édition.)
➢ Sens 1 : Œuvre composée de deux panneaux pouvant être rabattus l’un sur l’autre.
➢ Sens 2 : Œuvre composée de deux parties qui se répondent ou s’opposent, spécialement en parlant
d’œuvres littéraires.Activité au Centre d’art contemporain
• Jeu d’observation et d’analyse :
1) Observe attentivement les œuvres de l’exposition et essaye de reconnaitre
les différents médiums utilisés par les artistes.
2) Observe les œuvres, et dresse une liste des différents matériaux utilisés (il
est possible de s’aider des cartels présents dans chaque salle de l’exposition).
Préciser pour chaque matériau s’il est naturel ou industriel ? / fragile ou
solide ? / transparent, brillant, rugueux, mou ?
3) Pose-toi les questions suivantes :
•Peut-on tourner autour de l’œuvre ou seulement la regarder de face ?
•L’œuvre occupe-t-elle l’espace ?
•Faut-il écouter, regarder, se déplacer ou participer en entrant à l’intérieur
de l’œuvre ?
•L’œuvre provoque-t-elle une émotion différente selon le médium utilisé ?
•Certains médiums créent-ils plus d’immersion ?
À toi de jouer !
Choisis l’œuvre qui t’a le plus marquée et explique :
➢ Quel médium est utilisé.
➢ En quel matériau est-elle réalisée.
➢ Que représente-t-elle en quelques mots.
➢ Comment tu as vécu ta rencontre avec l’œuvre.Définition du mot « contemporain » (dictionnaire Le Robert illustré, 2013)
• Qui est de la même époque que (exemple : Jeanne d’arc était
contemporaine de Charles VII)
• Qui se sont produits à la même époque
Art moderne (dictionnaire en ligne l’internaute)
• Période de l'histoire de l'art qui concerne la première moitié du XXe siècle. Elle regroupe
différents mouvements et débute avec Les Demoiselles d'Avignon de Pablo Picasso. Elle s'achève
avec le début de l'art contemporain à partir des années 1960.
Art contemporain (définition en ligne du Ministère de la Culture)
• La définition de l’art contemporain est assez complexe. L’art contemporain inclut les œuvres
créées depuis 1945 jusqu’à nos jours. Elles peuvent être des peintures, sculptures, photographies,
performances, dessin, tous les médiums y sont propices.
Dans l’art contemporain, « Les idées peuvent être des œuvres d’art. »
- Sol LEWITT, Artforum, juin 1969.
• La définition de l’art contemporain proposée par Daniel BUREN dans la revue L’Oeil en 2011
illustre un autre aspect intéressant de ce courant artistique : « "Contemporain" est un terme
complètement dénué de sens, mais c’est l’une des trouvailles les plus performantes jamais
trouvées afin d’annihiler dans l’œuf tout ce qu’un artiste pourrait présenter d’un tant soit peu
neuf et dérangeant. »
• Daniel BUREN, L’Œil, no 638, « Le système dérape », p. 125-129, Paris, 2011.
En d’autres termes, l’art contemporain peut viser à questionner, provoquer ou faire réfléchir.
L’objectif n’est pas toujours de « plaire » ou d’être « esthétique », mais de susciter un regard, une
émotion, un questionnement.
L’art contemporain est souvent en dialogue avec son époque : il interroge les contextes sociaux,
culturels, politiques, technologiques, écologiques, les identités, les mémoires, les transformations
du monde. (Ministère de la culture)
Annexe 1 : Qu’est-ce que
l’art contemporain ?• La naissance de l’art contemporain
À partir de la fin du XIXᵉ siècle, avec l’avènement de la photographie, l’art moderne se développe
et bouscule les règles classiques de l’art académique en libérant la couleur (Fauvisme), la forme
(Cubisme), le geste (Expressionnisme), puis en remettant en question la représentation du réel (avec
l’abstraction). Marcel DUCHAMP, avec ses ready-made est un artiste qui bouleverse les codes et
montre que l’idée peut être plus importante que l’objet. Son œuvre Fontaine, un simple urinoir
renversé signé « R. MUTT » remet en question la sacralité de l’objet d’art.
Les multiples expérimentations de l’art moderne ont ensuite ouvert la voie à l’art contemporain : un
art sans normes, dans lequel l’artiste peut utiliser n’importe quel médium (vidéo, son, installation,
performance…) et où la réflexion et l’expérimentation deviennent fondamentales.
• Quelle est la différence entre l'art moderne et l'art
contemporain ?
Junior Fritz-Jacquet, Résilience, 2025.
Marcel DUCHAMP, Fontaine, 1917,
Centre Pompidou, Paris.
L’art moderne casse les codes de la
représentation traditionnelle tandis
que l’art contemporain se soucie
principalement de la réflexion, de la
conception et de ses matériaux et
supports. (Ministère de la Culture)Centre d’art contemporain (définition en ligne de l’Association française de développement des centres d’art contemporain)
• Les centres d’art contemporain sont des acteurs essentiels du
secteur des arts visuels et font partie des fers de lance de la
politique de décentralisation culturelle. À travers leurs
programmations ambitieuses et leurs singularités structurelles,
ils constituent des dispositifs incontournables de production et
de diffusion de l’art contemporain.
Depuis leur émergence il y a près de 50 ans pour les plus anciens, ils contribuent au dessin
d’une histoire de l’art comme à l’accès du plus grand nombre à la création actuelle.
Galerie d’art (définition en ligne l’internaute)
• Salle d'exposition et de vente d'œuvres d'art.
Musée d’art (définition en ligne l’internaute)
• Etablissement public où sont conservées et exposées des collections d'objets qui présentent
un intérêt artistique, historique, scientifique, technique, etc.
Annexe 2 : Un centre d’art
contemporain c’est quoi ?• Les missions d’un Centre d’art contemporain
1) Offrir de la visibilité à l’art d’aujourd’hui
➢ Organiser des expositions accessibles à tous.
➢ Présenter des démarches artistiques variées.
2) Accompagner le public
➢ Proposer des visites, ateliers, rencontres…
➢ Donner des clés simples pour comprendre l’art contemporain.
➢ Accueillir la diversité des publics.
3) Soutenir les artistes
➢ Promouvoir la création artistique.
➢ Mettre à leur disposition des moyens : espace, matériel, accompagnement, logement.
4) Être un lieu de découverte
➢ Ouvrir l’esprit.
➢ Faire réfléchir sur le monde d’aujourd’hui.
➢ Donner envie de créer, d’imaginer.
L’histoire du bâtiment
Ancien siège de la Banque de France érigé en
1858, le bâtiment a connu de nombreuses
transformations au fil du temps. Depuis juin
2025, ce lieu patrimonial accueille désormais le
Centre d’art contemporain de Carcassonne.
Stéphane PARAIN (artiste à résidence)
façonnant l’œuvre monumentale BLOOM
dans la cour du Centre d’art contemporain de
Carcassonne.L’exposition Pop-up Collections a été conçue comme un parcours à travers la ville, invitant le public
à une déambulation sensible, accessible et surprenante dans cinq lieux patrimoniaux :
Le Musée des beaux-arts
Le Centre d’art contemporain
La Chapelle des Dominicaines
5-Le parcours Pop-up Collections
La Halle aux Grains
La Chapelle du petit Saint-GimerCentre d’art contemporain
5 Rue Jean Bringer
Du lundi au Dimanche de 10h à 12h30 et de 13h30 à 18h.
Tel : 04.68.77.73.96