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Document publié le Lundi 1 juillet 2024
Lien du pdf (PLU - Annexes - informations haies)
Thèmes du document : Aménagement du territoire, Espaces terrestres et maritimes, Bois et produits du bois,
6.2 DOCUMENTS D’INFORMATION
RELATIFS A LA REALISATION DE HAIES
VEGETALESPlanter des haies
champêtres
en IsèrePlanter des haies en Isère
2
Ce guide est une première approche pour vous faire
découvrir les haies champêtres de l’Isère.
Certaines structures communales et intercommunales
ont mis en place, avec l’appui du Conseil général de
l’Isère (04 76 00 33 31), des consultances paysagères ou
un programme d’aide à la plantation de haies de pays
comme la Communauté de communes de Mens (04 76
34 67 66) ou la Communauté d’agglomération du Pays
Voironnais (04 76 32 74 60). Renseignez-vous !
Informez-vous aussi auprès de votre commune ou
des pépiniéristes locaux. Ils vous aideront à choisir les
essences qui correspondent le mieux à votre jardin.Planter des haies en Isère
3
Pour réussir une belle haie
- Et si vous plantiez une haie ?
pages 4 à 5
- Quelle haie pour votre habitation ?
pages 6 à 7
- Etape n°1 : Choisir les espèces
qui constitueront votre haie
pages 9 à 19
- Etape n°2 : La plantation
pages 20 à 23
- Etape n°3 : L’entretien
pages 24 à 25
- Préserver les paysages isérois
page 26
- Les obligations à respecter
et bibliographie
page 27
S o m m a i r ePlanter des haies en Isère
4
Et si vous plantiez une haie ?
Depuis des décennies, la plupart des haies plantées
autour des jardins et des maison sont composées de
thuyas, de cyprès ou de lauriers.
Une solution de facilité qui ne met pas forcément en
valeur les habitations et qui est la cause de nombreuses
maladies des végétaux. Ainsi, il est fréquent de voir des
haies entières, ravagées par les insectes, les champi-
gnons incurables, la sécheresse ou le gel.
Aujourd’hui, on redécouvre les multiples formes et
avantages de la haie.
Un festival de couleurs
Plaisir des yeux, les haies changent de teintes
au rythme des saisons. En plantant des arbres
à fleurs ou à baies, vous apprécierez, à chaque
saison une nouvelle palette de couleurs.
Sans oublier la beauté verdoyante des
frondaisons printanières ou la chaleur des
feuillages automnaux.
P o u r r é u s s i r u
Une haie de thuyas malade.
Des haies colorées, au fil des saisons..
Agissez pour la biodiversité : choisissez vos essences en fonction d
essence mellifère
visitée par les
abeilles
essence très
mellifère visitée
par les abeilles
source de nectar pour les autres
insectes ou les lépidoptères
nocturnesPlanter des haies en Isère
5
n e b e l l e h a i e
Un écrin pour votre maison
De petites ou de grandes tailles, caducs ou per-
sistants, les arbustes, une fois associés en haie,
embellissent votre cadre de vie et le rendent
unique. Composée d’essences locales, votre
haie s’intégrera parfaitement dans le paysage
environnant. Entourée de verdure, de teintes
chatoyantes, de parfums subtils, votre maison
est plus belle à vivre et plus attrayante.
Un geste pour préserver l’environnement et
maintenir la biodiversité
La haie est aussi un lieu de vie pour les oiseaux, les
insectes et autres petits mammifères. Elle leur apporte
abri et nourriture et vous offre un beau spectacle de la
nature. En particulier, les insectes pollinisateurs (abeilles,
papillons, coléoptères...), essentiels à notre survie sont
très dépendants des ressources de nourriture. Les haies
peuvent leur apporter tout au long de l’année
un abri et une source de pollen indispensables.
Agissez pour la biodiversité : choisissez vos
essences en fonction de leur intérêt pour les
insectes pollinisateurs.
Un écrin de verdure pour votre maison.
La haie sert de gîte et de couvert aux oiseaux,
comme la mésange bleue.
e leur intérêt pour les insectes pollinisateurs.
Choisissez également vos essences en fonction de leur période de floraison. Par exemple, le noisetier repré- sente une des rares sources de pollen à la sortie de l’hiver, période délicate pour la survie des insectes pol- linisateurs. Le buis qui fleurit en mars-avril est important pour le redémarrage des colonies d’abeilles, etc…
Février
Mars - Avril
Mai- Juin
Protégeons nos
pollinisateurs en IsèreQuelle haie pour votre habitation ?
Selon leur hauteur, leur largeur, leur forme, leur com-
position végétale, la manière de les tailler... les «haies»
sont d’une grande variété.
Elles sont classées en quatre grandes familles, (les haies
libres, les haies taillées, les petits brise-vent, les bandes
arbustives), auxquelles s’ajoutent d’autres formes végétales
plus vigoureuses, plus proches des boisements que des haies :
les grands brise-vent, les bandes boisées, les bosquets et les
allées boisées.
Les haies libres sont des alignements d’arbustes, à feuilles
caduques et persistantes, seulement contenus par une taille
destinée à les équilibrer entre eux et à éviter leur trop fort
développement, en général 2 à 3 m de haut. On associe en
général 4 à 8 espèces, à fleurs, à feuillages et à baies.
Les haies taillées peuvent avoir la même com-
position que les haies libres, qui peuvent
d’ailleurs devenir haies taillées si on les soumet
à une taille stricte des trois faces.
Mais, en général, on choisit des arbustes spécia-
lement adaptés à cette taille sévère «en mur
végétal» de 1 m de large et de 2,5 m de haut.
Planter des haies en Isère
6
P o u r r é u s s i r u
s
s
Les haies libres sont faciles d’entretien et très décoratives.
Les haies taillées servent souvent de clôture.Les petits brise-vent peuvent avoir la même
composition arbustive, mais une taille unique-
ment verticale leur permet de monter jusqu’à
6 à 10 m selon les espèces choisies. Les grands
brise-vent ont le même but, mais, comportant
des arbres en plus des arbustes, leur hauteur
peut dépasser 20 mètres.
Les bandes arbustives diffèrent des formes précédentes
par une largeur de 2 à 3 m au sol, généralement dans
le cas de la juxtaposition de deux haies libres entre deux
jardins voisins. On peut alors varier davantage les espèces
(plus de 10). Et si l’on ajoute des arbres, il s’agira d’une
bande boisée pour les grands jardins, parcs, fermes, lotis-
sements, zones industrielles.
Ces haies ne sont pas présentées dans ce document.
7
n e b e l l e h a i e
s
s
Les haies brise-vent sont efficaces
pour protéger les bâtiments.
Les bandes arbustives délimitent de grands espaces.
Planter des haies en IsèrePlanter des haies en Isère
8
P o u r r é u s s i r u
Les conseils
du jardinier
Pour réussir
une belle haie,
il faut associer
différentes espèces
d’arbres et d’arbustes.
Il est préférable
de choisir des essences
locales afin de
favoriser leur
croissance et
de respecter les
paysages de l’Isère.
essence mellifère
visitée par les
abeilles
essence très
mellifère visitée
par les abeilles
source de nectar pour
les autres insectes ou les
lépidoptères nocturnes
Choisissez également vos essences en fonction de leur période de floraison. Par exemple, le noisetier représente une des rares sources de pollen à la sortie de l’hi- ver, période délicate pour la survie des insectes pollinisateurs. Le buis qui fleurit en mars-avril est important pour le redémarrage des colonies d’abeilles, etc…
Février
Mars - Avril
Mai - Juin
Agissez pour la biodiversité : choisissez vos essences en
fonction de leur intérêt pour les insectes pollinisateurs.Planter des haies en Isère
9
n e b e l l e h a i e
Etape n°1 : Choisir les espèces qui constitueront votre haie
Ces essences sont idéales pour la composition d’une haie taillée de 1 m de large et 2,5 m de haut.
Pour arbres plantés en
haie taillée haie libre brise-vent
AUBEPINE BLANCHE
Crataegus oxyacantha
CADUC Adaptée montagne et plaine.
Tous sols. Baies en automne-hiver.
BOURDAINE
Frangula alnus
CADUC
Adapté plaine.
Sols humides, acides.
Baies toute l’année.
BUIS
Buxus sempervirens
PERSISTANT Adapté montagne et plaine.
Sols secs, calcaires.
CHARME COMMUN
Carpinus betulus
MARCESCENT Adapté plaine.
Sols secs, humides, calcaires.
Mai - Juin
Mars - Avril
Mai - Juin
MaiPlanter des haies en Isère
10
P o u r r é u s s i r u
CHEVREFEUILLE DES BOIS
Lonicera periclymenum
PERSISTANT
Adapté plaine.
Sols secs, humides.
Baies en automne-hiver.
CORNOUILLER SANGUIN
Cornus sanguinea
CADUC
Adapté plaine.
Sols humides, calcaires.
Baies en automne-hiver.
COTINUS (arbre à perruques)
Cotinus coggygria
CADUC
Adapté plaine.
Sols secs, calcaires.
ERABLE CHAMPETRE
Acer campestre
CADUC Adapté montagne et plaine.
Sols secs, humides, calcaires.
FRAGON PETIT HOUX
Ruscus aculeatus
PERSISTANT
Baies en automne-hiver.
GENET A BALAIS
Cytisus scoparius
PERSISTANT
Adapté montagne et plaine.
Sols secs, acides.
Juin à Août
Avril - Mai
Mai
Mars - Avril
Juillet - Août
Mai - Juin11
n e b e l l e h a i e
PERSISTANT
NERPRUN PURGATIF
Rhamnus cathartica
Adapté montagne et plaine.
Sols secs, humides, calcaires.
Baies en automne-hiver. CADUC
HOUX VERT
Ilex aquifolium
Adapté montagne et plaine.
Sols secs, humides, acides.
Baies en automne-hiver.
NERPRUN ALATERNE
Rhamnus alaternus
PERSISTANT
Adapté plaine.
Sols secs, calcaires.
Baies en automne-hiver.
NOISETIER
Corylus avellana
CADUC
Adapté montagne et plaine.
Sols humides, calcaires.
Graines en automne-hiver.
PRUNELLIER
Prunus spinosa
CADUC
Adapté montagne et plaine.
Tous sols.
Baies en automne-hiver. PERSISTANT
TROENE
Ligustrum vulgare
Adapté plaine.
Tous sols.
Mai
Février à Avril
Mars à Mai
Mars - Avril
Mai
Juin - Juillet
Planter des haies en IsèrePlanter des haies en Isère
12
P o u r r é u s s i r u
Les conseils
du jardinier
Vous pouvez mélanger
arbres à feuilles
persistantes et arbres
à feuilles caduques.
Les arbres persistants
ne perdent jamais leurs
feuilles. A l’inverse,
les arbres à feuilles
caduques les perdent en
hiver, mais varient de
teintes avec les saisons.
Certains arbres ont un
feuillage dit marcescent
car leurs feuilles
flétrissent sans tomber.
essence mellifère
visitée par les
abeilles
essence très
mellifère visitée
par les abeilles
source de nectar pour
les autres insectes ou les
lépidoptères nocturnes
Choisissez également vos essences en fonction de leur période de floraison. Par exemple, le noisetier représente une des rares sources de pollen à la sortie de l’hi- ver, période délicate pour la survie des insectes pollinisateurs. Le buis qui fleurit en mars-avril est important pour le redémarrage des colonies d’abeilles, etc…
Février
Mars - Avril
Mai - Juin
Agissez pour la biodiversité : choisissez vos essences en
fonction de leur intérêt pour les insectes pollinisateurs.Planter des haies en Isère
13
n e b e l l e h a i e
Pour des arbres plantés en
haie taillée haie libre brise-vent
Ces essences sont adaptées pour une haie libre de 2 à 3 m de haut.
AMELANCHIER
Amelanchier ovalis
CADUC
Adapté montagne et plaine.
Sols secs, calcaires.
Baies en été.
ARGOUSIER
Hippophae rhamnoïdes
CADUC
Adapté montagne et plaine.
Sols secs, calcaires.
Baies en automne-hiver.
CAMERISIER A BALAIS
Lonicera xylosteum
CADUC
Adapté montagne et plaine.
Sols secs, calcaires.
Baies en été.
CERISIER DE SAINTE LUCIE
CADUC
Adapté plaine.
Sols secs, calcaires.
Baies en été.
Avril - Mai
Avril - Mai
Avril - Mai
Avril - MaiPlanter des haies en Isère
14
P o u r r é u s s i r u
EPINE-VIRETTE
Berberis vulgaris
CADUC
Adapté montagne et plaine.
Sols secs, calcaires.
Baies en automne-hiver.
CORNOUILLER MALE
Cornus mas
CADUC
Adapté plaine.
Sols secs, calcaires.
Baies en été.
ERABLE DE MONTPELLIER
CADUC
Adapté plaine.
Sols secs.
Graines en automne-hiver.
FUSAIN D’EUROPE
Evonymus europaeus
CADUC
Adapté montagne et plaine.
Sols secs, calcaires.
Baies en automne-hiver
GROSEILLIER DES ALPES
CADUC
Adapté montagne.
Sols secs, humides.
Baies en été.
NEFLIER
Mespilus germanica
CADUC
Adapté plaine.
Sols secs.
Baies en automne-hiver.
Mars
Juin - Juillet
Mai - Juin
Avril à Juin
Mai
Mai - JuinPlanter des haies en Isère
15
POMMIER COMMUN
Malus domestica
POIRIER SAUVAGE
Pyrus communis
CADUC CADUC
Adapté montagne et plaine.
Sols secs.
Baies en été.
Adapté montagne et plaine.
Sols humides.
Baies en automne-hiver.
SUREAU NOIR
Sambucus nigra
CADUC
Adapté montagne et plaine.
Sols humides, calcaires.
Baies en été.
SUREAU ROUGE
Sambucus racemosa
CADUC
Adapté montagne.
Sols humides, acides.
Baies en été.
VIORNE LANTANE
Viburnum lantana
CADUC
Adaptée montagne et plaine.
Sols secs, calcaires.
Baies en été.
VIORNE OBIER
Virbunum opulus
CADUC
Adapté plaine.
Tous sols.
Baies en été.
n e b e l l e h a i e
Avril - Mai
Avril - Mai
Mai
Mai
Mai - Juin
Mai - JuinPlanter des haies en Isère
16
P o u r r é u s s i r u
Les conseils
du jardinier
N’oubliez pas
de laisser de la place
pour le développement
des racines. En général,
le volume occupé par
les racines est le même
que celui de toute la
ramure. Pensez égale-
ment à ne pas planter
trop près de votre
maison afin d’éviter
tout conflit avec les
racines et de limiter
les risques de chute,
en cas de tempête.
essence mellifère
visitée par les
abeilles
essence très
mellifère visitée
par les abeilles
source de nectar pour
les autres insectes ou les
lépidoptères nocturnes
Choisissez également vos essences en fonction de leur période de floraison. Par exemple, le noisetier représente une des rares sources de pollen à la sortie de l’hi- ver, période délicate pour la survie des insectes pollinisateurs. Le buis qui fleurit en mars-avril est important pour le redémarrage des colonies d’abeilles, etc…
Février
Mars - Avril
Mai - Juin
Agissez pour la biodiversité : choisissez vos essences en
fonction de leur intérêt pour les insectes pollinisateurs.17
n e b e l l e h a i e
Pour des arbres plantés en
haie taillée haie libre brise-vent
Ces essences sont idéales pour une haie brise-vent de 6 à 20 m de haut.
CHATAIGNIER
Castanea sativa
ALISIER BLANC OU ALLOUCHIER
Sorbus aria
CERISIER A GRAPPES
AULNE GLUTINEUX
Alnus glutinosa
CADUC CADUC
CADUC CADUC
Adapté plaine.
Sols calcaires.
Graines en automne-hiver.
Adapté plaine.
Sols humides.
Graines en automne-hiver.
Adapté plaine.
Sols humides.
Baies en été.
Adapté plaine.
Sols secs, acides.
Graines en automne-hiver.
Mai
Avril à Juin
Février à Avril
Juin
Planter des haies en Isère18
P o u r r é u s s i r u
CHENE PUBESCENT
Quercus pubescens
Adapté montagne et plaine.
Graines en automne-hiver.
Adapté montagne et plaine.
Sols secs, humides, calcaires. MARCESCENT
FRENE COMMUN
Fraxinus excelsior
CADUC
Adapté montagne et plaine.
Sols humides, calcaires.
Graines en automne-hiver.
MELEZE
Larix decidua
CADUC MARCESCENT
HETRE
Fagus silvatica
Adapté montagne.
Sols humides, calcaires, acides.
Graines en automne-hiver.
Adapté montagne.
Sols secs.
MERISIER
Prunus avium
CADUC Sols humides, calcaires, acides.
Baies en été.
ERABLE CHAMPETRE
Acer campestre
CADUC
Avril - Mai
Avril - Mai
Avril - Mai Avril - Mai
Avril - Mai
Planter des haies en IsèrePlanter des haies en Isère
19
n e b e l l e h a i e
ORME CHAMPÊTRE
Ulmus minor
NOYER COMMUN
Juglans regia
MURIER BLANC
Morus alba
CADUC CADUC CADUC
PERSISTANT
Adapté plaine.
Sols calcaires.
Baies en été.
Adapté plaine.
Sols humides, calcaires.
Graines en automne-hiver.
Adapté montagne et plaine.
Sols humides.
SORBIER DES OISELEURS
Sorbus aucuparia
CADUC
Adapté montagne.
Sols secs.
Baies en automne-hiver.
TILLEUL A GRANDES FEUILLES
Tilia platyphyllos
CADUC
Adapté plaine.
Sols humides, calcaires.
RESINEUX PERSISTANTS
Mai
Mai - Juin
Mai
Juin
Mars1 - Les jeunes plants*, à racines nues
ou en godets, sont les plus recomman-
dés : leur reprise et leur croissance sont
les meilleures, leur plantation la plus
facile et leur prix le plus intéressant.
2 - La protection des racines doit être
immédiate dès leur arrivée de pépinière.
Si possible dans du sable, au nord, avec
arrosage.
3 - L’idéal est d’avoir préparé le pas-
sage d’un motoculteur par un paillage
hivernal installé depuis l’été, qui
décompose l’herbe. On enlève le reste
du paillage et l’on affine la terre.
4 - Le film à utiliser est dit
“spécial haies” en 140 cm
de large. Avant le dérou-
lage, on a tracé au cordeau
deux sillons espacés de 1 m
environ.
5 - Les bords du film sont
enterrés dans ces sillons. La
tension est assurée en fixant
le film aux 2 extrémités à
des piquets, et la tension
latérale est assurée en écra-
sant le film au pied dans les
sillons.
6 - Après ouverture du film
au cutter ou ciseaux aux
emplacements prévus, on
plante les jeunes plants à
l’aide d’un outil étroit. Eviter
absolument de marcher sur le
film, mais tasser vigoureuse-
ment chaque plant.
7 - Arroser s’il fait sec. Placer
une collerette plastique de
30 x 30 cm sous le film autour
de chaque plant, pour éviter
l’enherbement. Et maintenir
bien en place par une pelle-
tée de sable ou graviers.
20
P o u r r é u s s i r u
Racines
nues Godet
Collerette
30 x 30 cm
Un paillage hivernal
prépare l’ameublissement
Etape n°2 : La plantation, de novembre à
Planter sur film plastique ou sur toile tissée
*Vous pouvez acheter des plants mais aussi en obtenir en procédant par prélèvement de semis naturels, par bouturage ou par marcottage sur des espèces en place dans la nature (avec l’autorisation des propriétaires).
Planter des haies en IsèrePlanter sur paillage naturel
5 - Le “pralinage” des jeunes
plants à racines nues est
recommandé : mélange au
1/3 d’eau, bouse fraîche et
argile, ou pralin du commerce.
Les godets sont au préalable
humidifiés dans un seau d’eau.
6 - Planter sur paillage est très
facile : on écarte le mulch,
on ameublit à la fourche à
bêcher un trou de plantation,
on plante les jeunes plants et
l’on referme le paillage, et
l’on arrose s’il fait sec.
7 - Aujourd’hui, le compost
de déchets verts produit
par des centaines de plates-
formes communales, est le
mulch idéal pour la planta-
tion des haies, surtout celles
entourant les jardins.
8 - Mais couvrir ce compost
d’un mulch est conseillé : le
compost reste humide et nour-
rit mieux les plants. De nom-
breux mulchs sont possibles
: tontes, feuilles, bois broyé,
écorces de fèves de cacao...
1 - Dès l’été, couvrir la bande
de 1,5 à 2 m devant recevoir
la haie, par un épais paillage,
ici un rouleau de 200 kg pour
20 m de long sur 2 de large.
Au jardin, on privilégie les
tontes de gazon, les fanes,
les feuilles.
2 - La plantation sur butte
(petit talus) à la charrue est
intéressante. Elle augmente
l’épaisseur de la couche
fertile à la disposition des
plants, et pour les terrains à
tendance humide, elle évite
l’engorgement hivernal.
3 - Pendant l’hiver, la faune
du sol décompose l’herbe et
la base du paillage. Mais si
le sol est envahi de vivaces
(chiendent, orties, chardons,
rumex..) il est préférable de
les arracher dès l’été, avant
le paillage.
4 - Avant de planter, piqueter
selon le schéma de planta-
tion. L’avantage des paillages
naturels sur le plastique, est
que la plantation peut inter-
venir quel que soit le temps
: la terre paillée est plus per-
méable.
Planter des haies en Isère
21
Labour
en butte
Paillage
de la butte
Eau
Bouse
fraîche
Argile
n e b e l l e h a i e
arsPlanter des haies en Isère
22
P o u r r é u s s i r u
Planter une haie taillée
w à feuilles caduques :
aubépine blanche / bourdaine / cornouiller sanguin / cotinus / érable
champêtre / nerprun purgatif / noisetier / prunellier
w à feuilles persistantes ou marcescentes :
buis / charme commun / chèvrefeuille des bois / fragon petit houx /
genêt à balais / houx vert / nerprun alaterne / troène champêtre
Il faut choisir des espèces supportant bien la taille. Sachez que le caractère “champêtre” d’une haie résulte autant du mélange de plusieurs espèces dans cette haie, comme le fait la nature, que du choix d’espèces champêtres.
1ère DISPOSITION : 1/2 caduque, 1/2 persistante en ligne
Caducs : 1 - Nerpruns purgatifs (x4) / 2 - Érables champêtres (x4)
3 - Cornouillers sanguin (x4)
Persistants : A - Troènes (x4) / B - Houx (x4) / C - Nerpruns alaternes (x4)
2e DISPOSITION : 2/5 caduque, 3/5 persistante
Caducs : 1 - Aubépines (x5) / 2 - Viornes obiers (x5)
Persistants : A - Houx (x5) / B - Troènes (x5) / C - Nerpruns alaternes (x5)
3e DISPOSITION : 1/3 caduque, 1/3 persistante
Caducs : 1 - Noisetiers (x5) / 2 - Fusains d’europe (x5)
Persistants et marcescents : A - Troènes (x6) / B - Chèvrefeuilles des bois (x6)
C - Charmes (x6)
4e DISPOSITION : entièrement persistante
Formule N°1 : A - Troènes (x8) / B - Buis (x8) / C - Nerpruns alaternes (x8)
Formule N°2 : A - Houx (x8) / B - Troènes (x8) / C - Nerpruns alaternes (x8)
B A C B C A B
1 3 1 2 3 1
C 1 2 A B 1 C 2
A 1 C 2 B
C 1 A 2 C 1 A
2 A B C 1 A B
B C A B C A
A C B C A B C
1 m
1,00 m
1,00 m
1 m 0,40 m
0,40 m
0,40 m
0,40 m
Quatre dispositions possibles et les quantités de jeunes plants à commander pour 12 m de haie taillée23
n e b e l l e h a i e
0,80 m
0,80 m
0,80 m
Planter une haie libre
w à feuilles caduques :
amélanchier / argousier / camerisier à balais / cerisier de Sainte-Lucie /
cornouiller mâle / épine-vinette / érable de Montpellier / fusain d’Europe
/ groseillier des Alpes / néflier / poirier sauvage / pommier commun /
sureau noir / sureau rouge / viorne lantane / viorne obier
w à feuilles persistantes ou marcescentes :
buis / charme commun / chèvrefeuille des bois / fragon petit houx /
genêt à balais / houx vert / nerprun alaterne / troène champêtre
Toutes les espèces recommandées pour haies taillées, caduques et persistantes, peuvent être aussi retenues pour les haies libres. D’autres s’y ajoutent :
COMPOSITION symétrique semi-persistante
Caducs : 1 - Cornouillers mâles (x4) / 2 - Amélanchiers (x4) / 3 - Argousiers (x4)
Persistants : A - Troènes (x4) / B - Nerpruns alaternes (x4) / C - Houx (x4)
COMPOSITION symétrique semi-persistante
Caducs : 1 - Epines-vinettes (x3) / 2 - Sureaux rouges (x3) / 3 - Viornes obier (x3)
Persistants : A - Nerpruns alaternes (x4) / B - Troènes (x4) / C - Chèvrefeuilles des bois (x4)
Grands arbustes
Caducs : I-II-III - 2 de chaque à choisir
Persistants : A-B-C - 2 de chaque à choisir
Petits arbustes
Caducs : I-II-III - 4 de chaque à choisir
Persistants : A-B-C - 4 de chaque à choisir
Trois dispositions possibles et les quantités de jeunes plants à commander pour 12,5 m de haie (écart 1,25 m), ou pour 15 m (écart 1,5 m) ou pour 20 m (écart 2 m)
Écart
Écart
II III
a 1 b 3 a 2 c 1 2 c
1 b 3
Écart
COMPOSITION symétrique
grands arbustes au fond, petits arbustes devant
Planter des haies en IsèrePlanter des haies en Isère
24
P o u r r é u s s i r u
Etape n°3 : L’entretien
Comment tailler une haie ?
Janvier N Janvier N + 1 Janvier-Juin N + 2 Janvier-Juin N + 3 Janvier-Juin N + 4 Juin N + 5
Caducs :
Ne pas tailler
(sauf plantation
tardive, en cas
de bourgeons
démarrés :
raccourcir de
1/3 à 1/2)
Persistants :
Ne pas
tailler (sauf
les troènes,
toujours les
raccourcir de
1/2 à 1/3)
Persistants :
Raccourcir 1/3
à 1/2 selon la
croissance
Commencer à tailler
«au carré» les 3
faces, en montant
de 10 à 15 cm à
chaque coupe
Continuer à monter la haie de 5 à 10 cm deux fois
par an : Taille d’hiver, d’octobre à février. Taille d’été
en juin. Éviter de tailler de mars à mai à cause des nids.
Continuer de la
même manière
jusqu’à 1,5 à 2 m
Caducs :
Recéper à
10 cm.
Comment conduire une haie taillée ?
1 - Taille sévère pour étoffer la base.
2 - Ne monter la haie que de 20 à 30 cm par ans.
Comment conduire une haie libre ?
1 - Taille sévère pour étoffer la base les trois premières années.
2 - Une taille en courbes permettant à chaque arbuste de prendre son volume.
Janvier N + 1 Janvier N + 1 LES ANNÉES SUIVANTES
Caducs :
Ne pas tailler
(sauf plantation
tardive, en cas
de bourgeons
démarrés :
raccourcir de 1/3
à 1/2)
Persistants :
Ne pas
tailler (sauf
les troènes,
toujours les
raccourcir de
1/2 à 1/3)
Persistants :
Raccourcir 1/3
à 1/2 selon la
croissance
Espèces à floraison printanière (février-mai) : après floraison, rabattre de 1/2 à 2/3 les tiges florales, sauf celle des espèces à baies qui ne seront rabattues que l’hiver suivant. Espèces à floraison estivale (juin-septembre) : seront rabattues en fin d’hiver avant le départ en végétation (fin février-début mars) pour garder les teintes et fruits d’automne. Un rabattage sévère pour que la haie reste dense et fasse au printemps de fortes pousses florifères.
Caducs :
Recéper à
10 cm.Planter des haies en Isère
Comment tailler des arbustes ou des arbres ?
1/3 sans
branches
Deux tailles sont à bien connaître si l’on veut former de beaux arbres et arbustes, qu’ils soient isolés, ou inclus dans des haies, des alignements ou des bandes boisées, le RECÉPAGE et le BALIVAGE :
LE RECÉPAGE est
une coupe à 5-10 cm :
w soit des arbres ou
arbustes à mener en
cépées sur souche,
forme très décorative,
w soit des arbres tordus
ou fourchus, bref qui
ont mal démarré.
Parmi les rejets
vigoureux l’année
suivante, on sélectionne
le meilleur que l’on
mènera en bel arbre par
le “balivage”.
LE BALIVAGE
comprend 2 opérations :
w Le défourchage
qui consiste à ne garder
qu’un tronc, et à
supprimer les quelques
branches latérales de
trop forte vigueur.
Une opération ne
concernant que
certaines espèces,
surtout l’orme résistant.
D’autres espèces
ont peu besoin de ce
défourchage, surtout
les aulnes.
w L’élagage qui consiste
à éliminer progressi-
vement les branches
basses. Mais cet élagage
doit rester modéré.
1 - LE RECÉPAGE concerne :
- la plupart des arbustes
- les arbres à mener en taillis sur souche
- des arbres à mener en haut jet,
lorsqu’ils ont pris une mauvaise
forme. Ne garder alors qu’un seul
rejet bien droit
2 - LE BALIVAGE : défourchage + élagage
Jeune plant
1er hiver 2 e hiver 3e hiver 4e hiver
1er hiver 2 e hiver 3e hiver 4e hiver
Rejets vigoureux
Recépage
à 10 cm
1/3
2/3
Chaque année, «défourcher», c’est-à-dire
ne conserver qu’un seul axe central, et
«élaguer», c’est-à-dire tailler près
du tronc quelques branches
basses de manière à obtenir
la proportion
2/3 avec branches,
1/3 sans branches.
Explication plus précise :
BON : MAUVAIS :
Fourche
conservée
Grosses
branches
conservées
Petites
branches
systémati-
quement
supprimées
Suppression ou
réduction des
branches latérales
trop vigoureuses
(2, 3, 4)
Fourche supprimée
près de la tige
principale
Branches plus
fines conservées
n e b e l l e h a i e
Le recépage Année suivante : cépée
25Planter des haies en Isère
26
4 règles d’or
pour préserver les paysages isérois
1. Privilégiez les essences locales et évitez de planter des espèces exotiques (thuyas, cyprès, lauriers, érables negundo…) afin de respecter la diversité des paysages isérois.
2. Plantez au moins six essences différentes pour une plus grande biodiversité et résistance aux maladies.
3. Plantez différents étages de haie (herbacé, arbustif, arboré) qui serviront de gîte et de couvert aux coccinelles, hérissons, mésanges, chauves-souris, chouettes, chevêches….
4. Créez de nouvelles haies et maintenez celles existantes pour favoriser le déplacement des animaux, pour lutter contre la sécheresse et pour participer à l’équilibre des écosystèmes.
Les haies sont le «patrimoine» de la nature.
Elles témoignent tout autant de l’histoire du monde rural
que de la qualité environnementale des villes.
En Isère, 64 paysages différents sont recensés et présentés
dans le Cd-Rom «Les chemins du paysage», outil de
connaissance des territoires isérois, disponible en partie sur
www.isere-environnement.fr ou au service environnement
du Conseil général de l’Isère : sce.env@cg38.fr.
P o u r r é u s s i r uPlanter des haies en Isère
27
Les obligations à respecter
Bibliographie
Planter des haies - Dominique Soltner, collection sciences et
techniques agricoles, 8e édition, 1999, 112 pages
Petit guide des arbres et haies champêtres - Dominique Soltner, collection sciences et techniques agricoles, 17e édition, 2004, 20 pages
Arbres et biodiversité, rôle des arbres champêtres - Philippe Pointereau, Solagro, 2002, 32 pages
Les droits de l’arbre. Aide-mémoire des textes juridiques - Anne Diraison, Ministère de l’écologie et du développement durable, 2003, 63 pages
Planter les haies du Voironnais - Communauté d’agglomération du Pays voironnais, 2003, 24 pages
Comment aménager votre jardin ? - Communauté de communes de Mens
L’année du jardinier dans les Alpes - Cathy et Gilles Leblais,
Tétras édition
La cuisine sauvage des haies et des talus - Annie-Jeanne
et Bernard Bertrand, éditions Terran
D’autres ouvrages sont disponibles à la Maison
de la nature et de l’environnement de l’Isère
(04 76 54 31 62, www.mnei.asso.fr).
n e b e l l e h a i e
Distances de plantation
Code civil art. 671/1.
Entre deux propriétés, à défaut de règlements
et d’usages, les arbres, arbustes et arbrisseaux
doivent être plantés à au moins :
- 2 m de la limite séparative pour les haies
dont la hauteur est supérieure à 2 m.
- 0,5 m de la limite séparative pour les haies
inférieures à 2 m de hauteur.
Entretien et responsabilité
Code civil art. 673.
Le voisin envahi par des branches d’arbres,
d’arbustes ou d’arbrisseaux peut contraindre
le propriétaire à les couper.
Mitoyenneté
Détermination du propriétaire
Code civil art. 666 à 670 - Code civil art. 1322.
Réalisation des plantations à frais communs pour
les haies à cheval sur la limite de deux propriétés.
Entretien des haies mitoyennes
Code civil art. 667.
Taille, élagage et remplacement
des pieds manquants se font
à frais communs.
D’autres textes réglementent la plantation de haies. Vous trouve-
rez de nombreux renseignements en consultant le Code civil, le
Code de l’environnement et le Code de la voirie routière ou sur le
site www.legifrance.fr.
Vous pouvez aussi vous adresser au Conseil d’architecture,
d’urbanisme et de l’environnement de l’Isère (04 76 00 02 21,
www.caue-isere.org).
Enfin, les services techniques de votre commune vous informeront
sur la réglementation prévue au Plan d’occupation des sols ou au
plan local d’urbanisme.
Où trouver des essences locales
en Isère pour votre haie ?
- chez votre pépinièriste ou en jardineries
- ou auprès des Jardins de la solidarité
Bureau : Immeuble Chamechaude, Quartier
Champlong BP 43 - 38430 MOIRANS
Tel – Fax Bureau : 04 76 35 66 16
Tel – Fax Site : 04 76 35 01 69
jardins.solidarite@wanadoo.frCom CGI - Novembre 2010 - Photos : D. Soltner / G. Leblais / J.F. Noblet - Illustrations : D. Soltner / H. Fagnier - Création Orépük
graphiste
Conseil général de l’Isère - 7, rue Fantin Latour - 38000 Grenoble Service environnement - tél. 04 76 00 33 31 - www.isere.fr
Agissez pour la biodiversité ! Plantez des haies en choisissant vos essences en fonction
de leur intérêt pour les insectes pollinisateurs.
Brochure disponible sur demande au service environnement du Conseil général
Protégeons nos
pollinisateurs en IsèreLes plantes envahissantes
de l’Isère
septembre 2006Buddléia de DavidEditorial
Grâce à sa grande superficie, à la variété des paysages, des altitudes et des influences climatiques, l’Isère est un département exemplaire en matière de biodiversité.
La colonisation de l’espace par des plantes envahissantes est une des causes d’appauvrissement de la diversité de notre patrimoine naturel. Certaines plantes exotiques envahissent lentement notre territoire et posent de réels problèmes de santé, c’est le cas bien connu de l’ambroisie qui est à l’origine de nombreux cas d’allergie.
Dans le cadre de ses politiques de protection de l’environnement d’une part et de santé publique d’autre part, le Conseil général a souhaité attirer l’attention du grand public sur ce sujet. Le document réalisé par la société botanique Gentiana constitue un support simple et pédagogique pour connaître et repérer ces « pestes végétales ». Elle prend naturellement sa place dans la collection « environnement » du Conseil général.
Il nous reste à souhaiter qu’elle connaîtra, comme les autres publications de cette collection, un grand succès et que nous pourrons grâce à elle, et chacun à notre niveau, jouer un rôle pour limiter l’impact négatif des plantes envahissantes.
Le Président du Conseil général de l’Isère
André Vallini
Député de l’Isère
3 Les plantes envahissantes de l’IsèreTable des matières
Editorial Page 3
Introduction Pages 5 à 8
La lutte contre les plantes envahissantes Pages 26 à 28
Liste des plantes envahissantes de l’Isère Page 29
Page 30
Bibliographie et sites internet Page 31
Quinze espèces de plantes envahissantes
Ailante
Ambroisie
Les asters américains
Berce du Caucase
Bident à fruits noirs
Buddléia
Érable negundo
Impatiente de Balfour
Impatiente de l’Himalaya
Jussie à grandes fleurs
Raisin d’Amérique
Les renouées (renouée du Japon, renouée de Sakhaline, renouée de Bohême) Robinier faux acacia
Séneçon du Cap
Solidage géant
Pages 10 à 24
4
Adresses utiles
Les plantes envahissantes de l’Isère5
Introduction
Les invasions, un phénomène en expansion
Depuis longtemps, l'homme, par ses déplacements,
a favorisé l'arrivée de nouvelles espèces végétales.
La plupart de nos « mauvaises herbes » compagnes
des moissons, adonis, nielle des blés, nigelle des
champs, sont originaires du Proche-Orient. Elles ont
été introduites involontairement avec les stocks de
céréales cultivées au néolithique. L’intégration de
ces plantes, peu nombreuses s’est étalée sur
quelques milliers d’années. Elle s’est faite en
douceur et a contribué de manière positive à la
biodiversité, sans modifier de manière radicale la
flore locale ou les milieux.
Avec la découverte du Nouveau Monde, puis l’aug-
mentation brutale des déplacements humains et
des échanges au vingtième siècle, le rythme d’intro-
ductions de nouvelles espèces n’a cessé de croître.
Elle atteint, par exemple, trente espèces par an en
moyenne au Royaume-Uni où l’évolution de la flore
est bien suivie.
Qu’elles soient introduites volontairement pour
l’agriculture ou l’horticulture ou involontairement,
le devenir des espèces exotiques est variable. Peu
d’entre elles s’implanteront dans la flore locale (on
parle alors d’espèce naturalisée) et une très faible
proportion (1% environ) finiront par devenir des
espèces envahissantes.
Qu’est-ce qu’une espèce envahissante ?
Sont considérées comme espèces envahissantes les
espèces exotiques naturalisées qui par « leurs
proliférations dans des milieux naturels ou semi-
naturels, y produisent des changements significa-
tifs de composition, de structure et/ou de fonction-
nement des écosystèmes ».
Causes d'introduction de ces espèces
Les plantes exotiques sont introduites volontaire-
ment ou involontairement par l’homme :
On trouve :
• les plantes cultivées (dans les jardins des particu-
liers, jardins botaniques, pour l’aquariophilie, dans
les champs, vergers, pour la reforestation…),
• les plantes introduites fortuitement avec les
espèces cultivées (en mélange avec les graines,
dans la terre…),
• les espèces clandestines arrivées par différentes
voies : apports par les bateaux, les roues des avions,
des engins militaires… Il existe une multitude de
voies d’introduction.
Les plantes envahissantes de l’Isère
Impatiente de l’Himalaya6 Les plantes envahissantes de l’Isère
Caractéristiques des espèces envahissantes
Toute espèce introduite ne devient pas une espèce
envahissante. Les raisons qui fondent le « succès »
d’une espèce exotique envahissante tiennent en
trois points :
• c’est une espèce qui possède un grand pouvoir de
multiplication (soit en produisant un grand
nombre de graines, soit par des facultés de
reproduction végétative étonnantes),
• c’est une espèce qui est capable de s’adapter et
de résister aux perturbations,
• c’est une espèce qui arrive sans ses prédateurs et
concurrents naturels.
D'où viennent ces plantes ?
De tous les secteurs biogéographiques où le climat
est comparable au climat local. Pour l’Isère on peut
citer : l’Amérique du Nord, centrale et dans une
moindre mesure l’Amérique du Sud, l’Asie centrale
et du Sud-Est, l’Afrique du Sud (climat méditerranéen).
La mise en place
du phénomène
d’envahissement
De l’arrivée d’une espèce
exotique sur un territoire
à l’apparition de problè-
mes (environnementaux
ou de santé publique) liés
à sa présence massive, un
processus général d’en-
vahissement peut être
décrit :
• une phase de latence
où l’espèce apparaît de
façon sporadique sur le territoire et où sa
présence n’est pas encore bien établie,
• une phase d’apparition où l’espèce profite de
conditions souvent artificielles pour augmenter de
façon importante ses populations,
• une phase de colonisation où l’espèce multiplie
ses foyers de colonisation,
• une phase d’invasion puis d’intégration écologi-
que où l’espèce après avoir colonisé la plupart
des sites disponibles se propage dans les milieux
naturels et provoque des nuisances fortes.
Il faut retenir que plus on avance dans ce
processus plus la lutte sera difficile et coûteuse. Il
convient donc d’agir de façon ciblée dans les
toutes premières phases pour viser l’éradication.
Ensuite, il est trop tard pour atteindre cet objectif
et on ne pourra qu’éviter l’implantation dans les
secteurs exempts de l’espèce, ou accepter sa
présence en luttant sur les sites à plus forts enjeux
environnementaux.
Causes d'aggravation
du phénomène d’envahissement
L'urbanisation et le développement de grands axes
de communication sont responsables de l'expan-
sion d'espèces exotiques pionnières et envahissan-
tes. Quatre raisons à cela :
• le transport de terres contaminées par des
graines ou des fragments de ces espèces permettent
leur installation dans de nouvelles zones,
• les grandes surfaces laissées à nu par ces travaux
permettent aux espèces de s'installer et de
proliférer,
• les réseaux routiers, autoroutiers forment de longs
linéaires propices à la colonisation de nouveaux
espaces, Ambroisie7 Les plantes envahissantes de l’Isère
• l’introduction volontaire pour la fixation des talus
par des espèces déjà connues comme envahissan-
tes (buddléia, robinier) participe au développe-
ment du phénomène.
Nuisances engendrées par ces espèces
La première conséquence ou du moins la plus
facile à quantifier est l’atteinte à la santé humaine.
Dans la région Rhône-Alpes, près de 100 000 per-
sonnes souffrent de problèmes liés à l'ambroisie
(rhinite, conjonctivite, asthme, urticaire, eczéma).
La berce du Caucase, cette belle ombellifère peut,
quant à elle, provoquer de graves dermatoses après
contact et exposition au soleil.
Le caractère compétitif des espèces envahissantes
va également leur permettre de concurrencer voire
d’éliminer les espèces indigènes. En France, près
d’une dizaine d’espèces végétales rares voire très
rares sont directement menacées par des plantes
envahissantes.
L’Union mondiale pour la nature, l’UICN, considère les
invasions biologiques (animales ou végétales) comme
la deuxième cause de régression de la biodiversité
dans le monde, juste après la destruction des
habitats.
Les espèces envahissantes en Isère
Ce livret est le fruit d'un travail de recensement
mené par Gentiana sur les espèces envahissantes du
département de l'Isère.
Grâce à cet inventaire, une hiérarchisation des
problèmes posés par toutes ces espèces a été
possible et a permis de dresser une liste d'espèces
envahissantes sur le département (voir page 29).
Nous avons choisi de présenter 15 espèces envahis-
santes, représentatives soit par leurs nuisances, soit
par leur forte expansion.
Un grand merci à : R. Chevreau, R. Marciau, A. Mikolajczak (CBNA), G. Pache, B. Pont, R. Quesada, R. Vignal.8 Les plantes envahissantes de l’Isère
AIRE D’ORIGINE DE LA PLANTE ESPÈCE ENVAHISSANTE AVÉRÉE
ESPÈCE ENVAHISSANTE POTENTIELLE
PROVOQUE DES ATTEINTES À LA SANTÉ HUMAINE
UTILISATIONS ACTUELLES OU PASSÉES
MODE DE DISSÉMINATION
!
!
Description
Une description succincte de l’espèce est donnée, complétée par deux photos de la plante. H : hauteur de la plante en mètres Fl : période de floraison
Répartition
La carte de localisation fait référence au travail d’inventaire effectué par Gentiana. Le nombre de communes de l’Isère où l’espèce a été notée est indiqué.
Espèces de substitution
Des espèces de substitution sont proposées pour les espèces encore vendues en jardinerie. Les listes ne sont pas exhaustives.
Les termes suivis d’un astérisque sont définis dans le glossaire page 28.
Comment lire la fiche espèce
Les espèces sont traitées par ordre alphabétique des noms français.
Explication des pictogrammes :Quinze espèces de plantes envahissantes Pages 10 à 24
Érable negundoLes plantes envahissantes de l’Isère
Description
Arbre à tronc droit avec une écorce lisse.
Feuilles (jusqu'à 60 cm de long), caduques, alternes et
composées de 6 à 12 paires de folioles. Les folioles sont
ovales, avec à leur base 1 à 4 dents terminées par une glande.
Froissées elles dégagent une odeur désagréable.
Fleurs vertes jaunâtres, à 5 pétales, formant de grosses
grappes. Les fruits sont des samares* torsadées de 3 à 4 cm
de long.
H : 25 - 30 • Fl : juin - juillet
Milieux colonisés en Isère
Milieux fortement perturbés : bords de route, friches indus-
trielles, bords de voies ferrées. En milieux naturels sur les
coteaux secs ou en pelouse sableuse.
Espèce encore largement plantée dans les parcs et les jardins.
Elle est adaptée à la vie en ville car elle tolère la pollution.
Nuisances dues à l’invasion
L'ailante produit des substances toxiques qui inhibent le
développement des autres espèces. Il forme alors des
peuplements monospécifiques.
Son système racinaire peut provoquer des dommages dans
les villes.
Méthodes de contrôle
L'arrachage manuel avec évacuation des résidus peut se
réaliser dans le cas d'individus peu nombreux et jeunes.
En Corse, l’ONF teste des techniques d’encerclage de la tige
pour faire déssécher l'arbre suivi de coupe. Le taux de réus-
site est de 90 %. En prévention il est préconisé de tailler les
arbres avant la fructification pour éviter la dissémination
par les graines.
Répartition
Présent sur une grande partie du territoire français ; les
problèmes d’envahissement se font ressentir plutôt dans le
sud de la France.
En Isère, l’ailante apparaît dans la partie nord-ouest. On ob-
serve ses plus fortes concentrations en vallée du Rhône.
Notée dans 66 communes sur les 533 que compte l’Isère.
10
CHINE ORNEMENTAL GRAINES, RACINES !
Espèces de substitution : pour l’ornement préférer les frênes (Fraxinus excelsior, Fraxinus angustifolia), le micocoulier.
Présence
Le Bourg
d'Oisans
Clelles
Voiron
Les Abrets
St. Marcellin
Beaurepaire
Villard
de Lans
Vienne
Bourgoin
Jallieu
Vizille
GRENOBLE
Ailante, faux-vernis du Japon
Ailanthus altissima (Mill.) Swingle - SimaroubacéesAmbroisie, ambroisie à feuilles d'armoise
Ambrosia artemisiifolia L. - Asteracées
11 Les plantes envahissantes de l’Isère
AMÉRIQUE DU NORD GRAINES !
Description
Plante annuelle, herbacée à
tige fortement velue dans le
bas. Feuilles, opposées dans le
bas devenant alternes,
losangiques ou triangulaires,
profondément découpées.
Fleurs mâles et fleurs femel-
les séparées ; les fleurs mâles
forment des inflorescences
typiques, en longs épis au
sommet des tiges, disposés
un peu en forme de chande-
lier. Les fleurs femelles sont
à l’aisselle des feuilles supé-
rieures, en dessous des épis
mâles.
H : 0,10 - 1,50
Fl : août à octobre
Milieux colonisés en Isère
Zones rudérales et zones de terre laissée à nu : bords de
routes et d'autoroute, friches industrielles, terrains vagues,
décharges.
Dans les cultures (tournesol, maïs, colza, céréales après les
moissons, sur les chaumes). Également dans les jachères et
bandes enherbées où elle disparaît rapidement si le milieu
n’est pas remanié.
Parfois sur les berges d’étangs, dans le lit des rivières, ou en
pelouses sableuses.
Nuisances dues à l’invasion
Provoque des pollinoses (ou « rhumes des foins »), dues à
l’inhalation de grains de pollen. Espèce adventice de culture,
entrant en compétition avec les plantes cultivées.
Méthodes de contrôle
L’arrachage manuel de la plante avant la floraison est très
efficace mais peu adapté aux grandes surfaces car il nécessite
une main d’œuvre importante.
Dans les zones non cultivées envahies, un fauchage avant
la floraison permet d’éviter la dissémination du pollen.
Des expériences probantes de gestion de l’ambroisie par du
pâturage ovin sont menées en Drôme.
Répartition
Espèce présente actuellement
sur une grande partie du
territoire français avec
cependant une plus forte
densité en région Rhône-
Alpes.
En Isère, l’ambroisie est
présente sur une large
partie nord-ouest du
territoire et s’étend jusqu’à
l’agglomération greno-
bloise et les abords du
Vercors.
Dans le sud, elle colonise les
voies de communication et
atteint Bourg-d’Oisans et le
Trièves.
L’altitude ne la freine pas et
elle franchit parfois 1000 m,
en Chartreuse notamment.
Notée dans 342 communes sur
les 533 que compte l’Isère.
Présence
GRENOBLE
Bourgoin
Jallieu
Le Bourg
d'Oisans
Vizille
St. Marcellin
Clelles
Villard
de Lans
Voiron
Les Abrets Vienne
Beaurepaire12
Les asters américains
Aster lanceolatus Willd.,
Aster novi-belgii L., Aster x salignus Willd.- Astéracées
ORNEMENTAL GRAINES, RHIZOMES !
Les plantes envahissantes de l’Isère
Espèces de substitution : les dahlias ou les chrysanthèmes.
Description
Plantes herbacées vivaces à tiges dressées, ramifiées dans
le haut, glabres ou peu poilues, parfois rougeâtres dans le
bas.
Fleurs en capitule à fleurs ligulées* extérieures blanches,
roses, bleues ou violettes.
Feuilles alternes, lancéolées et dentées de façon inégale.
H : 0,30 - 0,60 m • Fl : fin août - octobre
Milieux colonisés en Isère
Milieux rudéraux (friches, digues, bords de routes…)
Fort potentiel envahissant dans les prairies humides dégra-
dées (par drainage) des plaines alluviales. Parfois en berges
des cours d’eau ou en clairières des forêts alluviales.
Nuisances dues à l’invasion
Formation de peuplements denses ou monospécifiques qui
conduisent à une diminution de la biodiversité et qui concur-
rencent fortement la végétation des prairies humides ou
fraîches.
Méthodes de contrôle
Pratique de la fauche avec exportation de la matière. Cette
fauche est pratiquée deux fois (une fois en juin et une fois
tardivement fin août ou début septembre).
L’action du pâturage mérite également d’être étudiée.
Répartition
Espèce présente sur une large partie du territoire national.
En Isère, l'espèce est présente dans les vallées alluviales,
dans le Grésivaudan, dans la vallée
du Rhône et en Ile Crémieu.
Notée dans 93 communes
sur les 533 que compte
l’Isère.
Présence
Le Bourg
d'Oisans
Clelles
Voiron
Les Abrets
St. Marcellin
Beaurepaire
Villard
de Lans
Vienne
Bourgoin
Jallieu
Vizille
GRENOBLE
AMÉRIQUE DU NORD13
Berce du Caucase
Heracleum mantegazzianum Sommier & Levier
Apiacées (ombellifères)
CAUCASE ORNEMENTAL GRAINES
Description
Plante herbacée très robuste. Feuilles profondément
divisées.
Fleurs blanches disposées en ombelles* pouvant mesurer plus
de 1 m de diamètre. La plante fleurit 3 ou 4 ans après sa
germination puis meurt.
H : 2 - 5 m • Fl : juin à septembre
Habitats colonisés en Isère
Bords de cours d’eau et fossés.
Parfois en bords de routes.
Nuisances dues à l’invasion
Espèce très compétitive, qui par sa croissance rapide et sa
grande taille, élimine de nombreuses espèces indigènes et
conduit à une dégradation du milieu.
Par ailleurs toutes les parties de la plante contiennent de
la furocoumarine qui provoque, au contact de la plante, de
fortes réactions allergiques (dermatoses), surtout lorsque la
peau est exposée au soleil.
Méthodes de contrôle
Arrachage manuel de la plante dans le cas de population
réduite (prendre les précautions nécessaires pour éviter un
contact avec la plante).
Fauche répétée des peuplements avant la fructification
pour éviter la dissémination.
Répartition
Espèce présente dans le nord
et l’est du territoire national.
En Isère, l’espèce est pré-
sente surtout en Char-
treuse et en Matheysine
où elle semble être en
forte expansion.
Notée dans 19 communes
sur les 533 que compte
l’Isère.
19 communes concernées
Les plantes envahissantes de l’Isère
Espèces de substitution : les dahlias ou les chrysanthèmes.
Présence
Le Bourg
d'Oisans
Clelles
Voiron
Les Abrets
St. Marcellin
Beaurepaire
Villard
de Lans
Vienne
Bourgoin
Jallieu
Vizille
GRENOBLE
!14
Bident à fruits noirs, Bident feuillé
Bidens frondosa L.- Astéracées GRAINES !
Les plantes envahissantes de l’Isère
Description
Plante annuelle à tige rouge ou brune, glabre.
Feuilles opposées, composées de 3 à 7 folioles bien distinc-
tes, lancéolées, à fortes dents.
L'inflorescence est un capitule dépassé par 5 à 8 bractées.
Les capitules sont disposés au sommet des tiges.
H : 0,2 à 1 m • Fl : août à octobre
Milieux colonisés en Isère
Berges exondées des rivières et des étangs, lits des cours
d'eau et canaux asséchés l'été.
Nuisances dues à l’invasion
Espèce qui concurrence les espèces pionnières des berges
et gravières exondées.
Méthodes de contrôle
Aucune méthode n’a été expérimentée jusqu’à présent.
Pratiquer une fauche avant la fructification des plantes
pour éviter la dissémination et épuiser le stock de graines
du sol.
Répartition
Espèce largement répandue
dans tout le territoire na-
tional, notamment le
long des grands fleuves
et rivières.
En Isère, on rencontre
le bident à fruits noirs
le long de l'Isère, au
bord du Rhône et
dans le bas Dauphiné,
dans le lit de certains
cours d'eau.
Notée dans 46 communes
sur les 533 que compte l’Isère.
Présence
Le Bourg
d'Oisans
Clelles
Voiron
Les Abrets
St. Marcellin
Beaurepaire
Villard
de Lans
Vienne
Bourgoin
Jallieu
Vizille
GRENOBLE
AMÉRIQUE DU NORD15
Buddléia, Arbre aux papillons
Buddleja davidii Franch.- Buddlejacées CHINE ORNEMENTAL GRAINES, BOUTURES !
Les plantes envahissantes de l’Isère
Description
Arbuste à tige quadrangulaire, blanche quand elle est jeune.
Feuilles opposées ovales, vertes dessus, blanches
tomenteuses dessous. Les fleurs pourpres ou lilas, groupées
en une inflorescence conique ou pyramidale, sont formées
d'un tube surmonté de 4 lobes étalés. Elles produisent un
nectar qui attire les papillons et d'autres insectes butineurs.
H : 1 à 5 m • Fl : juin à octobre
Milieux colonisés en Isère
Milieux artificiels ou perturbés : bords de routes et de voies
ferrées, bords de chemins forestiers, digues, friches indus-
trielles, décharges, carrières.
Également en milieux naturels, sur les gravières de certains
cours d'eau, en lisières ou dans les clairières des forêts
alluviales.
Nuisances dues à l’invasion
Forme des peuplements très denses, pauvres en espèces.
Concurrence fortement d’autres espèces pionnières
indigènes.
Méthodes de contrôle
Arrachage des plants et revégétalisation de la zone enva-
hie (il supporte mal l’ombre). Lors de l’arrachage penser à
détruire ou évacuer les rémanents pour éviter les reprises
par boutures. La coupe n’a pour seul effet que de rendre
les pieds coupés plus vigoureux. Le Buddléia semble mal
supporter le feu.
Répartition
Espèce largement répandue
dans toute la France.
Le buddléia est disséminé
sur tout le territoire. Il est
particulièrement envahis-
sant sur les bords du Drac
et de l’Isère.
Notée dans 205 commu-
nes sur les 533 que compte
l’Isère.
Présence
Le Bourg
d'Oisans
Clelles
Voiron
Les Abrets
St. Marcellin
Beaurepaire
Villard
de Lans
Vienne
Bourgoin
Jallieu
Vizille
GRENOBLE16
Érable negundo (ou négondo)
Acer negundo L. - Acéracées CHINE ORNEMENTAL GRAINES, BOUTURES !
Les plantes envahissantes de l’Isère
Description
Arbre à tronc lisse et à feuillage caduc.
Les feuilles, opposées, sont composées* de 3 à 7 folioles
ovales aiguës.
Les fleurs vertes, en grappes, fleurissent et donnent des
fruits, les doubles samares*, dont les ailes forment des
angles aigus.
H : 15 - 20 m • Fl : avril - mai
Milieux colonisés en Isère
Dans les forêts alluviales au milieu des saules et des
peupliers.
Cet arbre tolérant à la pollution atmosphérique est
fréquemment planté en ville.
Nuisances dues à l’invasion
Dégradation des forêts alluviales par la formation de
peuplements monospécifiques et remplacement des essen-
ces indigènes.
Perturbe la dynamique végétale.
Méthodes de contrôle
La coupe de l’arbre n’est pas efficace car cette espèce
rejette de souche.
Des études sont en cours pour mieux connaître le fonction-
nement invasif de cette espèce.
Répartition
En France, le long des grands réseaux hydrographiques
(Rhône, Garonne, Loire, et Rhin). Cette espèce est en phase
active d’invasion.
En Isère, l'espèce est observée le
long de l'Isère et du Rhône.
Les cas réels d'envahisse-
ment sont localisés en aval
de Lyon. On l’observe
également en planta-
tion dans les villes.
Notée dans 41 com-
munes sur les 533 que
compte l’Isère.
Espèces de substitution : peupliers, érables sycomores et planes, bouleaux.
Présence
Le Bourg
d'Oisans
Clelles
Voiron
Les Abrets
St. Marcellin
Beaurepaire
Villard
de Lans
Vienne
Bourgoin
Jallieu
Vizille
GRENOBLE17 Les plantes envahissantes de l’Isère
Espèce(s) de substitution : la balsamine (Impatiens balsamina).
Description
Plante annuelle herbacée à tige glabre.
Feuilles ovales lancéolées, alternes. Le pétiole* est non
glanduleux.
Fleurs bicolores, roses et blanches avec un éperon long et
droit, disposées en grappes.
H : 0,5 - 1,2 m • Fl : juillet à octobre
Milieux colonisés en Isère
Envahit le lit de cours d'eau asséchés en été et certains fossés.
Parfois observée en lisière de forêts alluviales.
Souvent plantée aux abords des maisons dans les villages.
Nuisances dues à l’invasion
Formation de peuplements denses qui concurrencent les
espèces pionnières indigènes.
Méthodes de contrôle
Fauche des colonies avant la floraison.
Il est possible également d’adapter les même méthodes
de lutte que pour les renouées.
Répartition
Répandue sur tout le territoire national.
En Isère, l'espèce a été observée dans le Grésivaudan, l’Ile
Crémieu, en plaine de Bièvre et bas Dauphiné où
l'on observe les plus grosses colonies.
Notée dans 37 communes sur les
533 que compte l’Isère.
Impatiente de Balfour, balsamine de Balfour
Impatiens balfouri Hook.f. - Balsaminacées
Présence
Le Bourg
d'Oisans
Clelles
Voiron
Les Abrets
St. Marcellin
Beaurepaire
Villard
de Lans
Vienne
Bourgoin
Jallieu
Vizille
GRENOBLE
HIMALAYA ORNEMENT ! GRAINES BOUTURESDescription
Plante annuelle herbacée à tige glabre, rougeâtre, non
ramifiée.
Feuilles ovales lancéolés, opposées ou verticillées* par 3
dans le haut de la tige. Le pétiole* est bordé de glandes
portées par un long poil. Le bord des feuilles est denté et
chaque dent est terminée par une glande rouge. Grosses
fleurs pourpres disposées en grappe à l'aisselle de feuilles.
Ces fleurs possèdent un éperon court et rabattu vers le bas.
H : 1 - 2 m • Fl : juin à octobre
Milieux colonisés en Isère
Espèce qui se développe le long des cours d'eau, sur les
berges et en sous-bois ouvert. On la rencontre également
dans certains fossés et canaux.
Nuisances dues à l’invasion
Concurrence les espèces végétales indigènes de petite taille
et conduit à une diminution de la biodiversité des zones
alluviales.
Provoque une augmentation de l’érosion des berges
colonisées.
Méthodes de contrôle
Fauche des colonies avant la floraison pour éviter la dissé-
mination et épuiser la banque de graines, dont la viabilité
n’est que de quelques années.
Il est possible également d’adapter les même méthodes de
lutte que pour les renouées.
Répartition
Espèce présente dans une large partie du territoire français
avec des plus fortes concentrations dans l'est (axe Rhin -
Rhône) et en Midi-Pyrénées.
En Isère, l'espèce se développe
essentiellement le long de
l'Isère et du Rhône où elle
connaît ses plus gros
peuplements.
Notée dans 37 com-
munes sur les 533 que
compte l’Isère.
18
!
Les plantes envahissantes de l’Isère
Cette espèce n’est plus vendue en jardinerie.
Présence
Le Bourg
d'Oisans
Clelles
Voiron
Les Abrets
St. Marcellin
Beaurepaire
Villard
de Lans
Vienne
Bourgoin
Jallieu
Vizille
GRENOBLE
GRAINES
BOUTURES ORNEMENTAL HIMALAYA
Impatiente de l’Himalaya, balsamine de l’Himalaya
Impatiens glandulifera Royle - Balsaminacées19
Jussie à grandes fleurs, Ludwigie à grandes fleurs
Ludwigia grandiflora (Michx.) Greuter & Burdet - Onagracées AMÉRIQUE ORNEMENT
Les plantes envahissantes de l’Isère
Espèce(s) de substitution : Diverses renoncules aquatiques indigènes.
Description
Plante amphibie avec des tiges rougeâtres pouvant
atteindre 6 m de long lorsqu'elles sont immergées.
Feuilles linéaires alternes, plus ou moins velues, à pétiole* nul.
Fleurs jaunes vifs, à 5 pétales jointifs.
H : 0,2 - 0,8 m • Fl : juin à septembre
Milieux colonisés en Isère
Zone d’eau stagnante (étang).
Nuisances dues à l’invasion
Formation de peuplements denses qui contribuent à la
diminution de la biodiversité tant végétale qu’animale.
Provoque l’accélération du comblement des milieux.
Provoque des nuisances pour la pratique d’activités de loi-
sir comme la pêche.
Méthodes de contrôle
La méthode la plus efficace sur le long terme est l’arra-
chage manuel. Il est envisageable en début d'invasion ou
sur de petites surfaces.
Enlèvement à la pelle mécanique équipée de griffes ou
d’un godet classique.
Une finition à la main est quand-même préconisée.
Pour ces travaux, afin d’éviter le bouturage suite à la
fragmentation des tiges, il est nécessaire d’employer des
barrages flottants ou des grillages.
Techniques de « bâchage » efficaces sur des surfaces
réduites, mais non sélectives.
Répartition
Présente essentiellement dans
le sud et l’ouest du territoire
national.
C’est une espèce qui sem-
ble avoir une dynamique
très rapide.
En Isère, la jussie à gran-
des fleurs est localisée
uniquement sur la com-
mune de Saint-Savin où un
programme d’élimination est
en cours.
Présence
Le Bourg
d'Oisans
Clelles
Voiron
Les Abrets
St. Marcellin
Beaurepaire
Villard
de Lans
Vienne
Bourgoin
Jallieu
Vizille
GRENOBLE
GRAINES
BOUTURES !20
GRAINES !
Les plantes envahissantes de l’Isère
Raisin d’Amérique, Phytolaque américaine
Phytolacca americana L. - Phytolacacées
ORNEMENT,
TEINTURES AMÉRIQUE DU NORD
Description
Plante vivace, herbacée, de 1 à 3 m de haut, à tige glabre
souvent rougeâtre, rameuse dans le haut.
Les feuilles sont alternes, ovales (jusqu'à 25 cm de long), non
dentées.
Les fleurs blanches à 5 pétales, forment des grappes
étroites et allongées en juillet et août. Ces grappes sont
dressées à la floraison et pendantes à maturité. Les fruits
sont des baies noires toxiques.
H : 1 - 3 m • Fl : juillet à août
Milieux colonisés en Isère
Milieux rudéraux bouleversés : bords de routes, friches
industrielles, bords de voies ferrées, terrains vagues, décharges.
En milieu naturel ou semi-naturel, l’espèce se développe
intensément après les travaux forestiers dans les coupes ou
en lisières forestières.
Nuisances dues à l’invasion
Forme des peuplements denses, pauvres en espèces.
Il semble toutefois que ses effets ne soient que temporaires. La
phytolaque supporte mal l’ombrage induit par le retour d’un
couvert végétal dense.
Méthodes de contrôle
Peu d'informations sur des méthodes de contrôle.
A préconiser : arrachage des jeunes plants avec exportation
des résidus. Également une coupe ou broyage avant la
fructification suivie d’une régénéra-
tion de la végétation naturelle.
Répartition en France
et en Isère
Espèce présente actuel-
lement sur une grande
partie du territoire
français.
En Isère, le raisin
d’Amérique est dissé-
miné surtout dans la
partie ouest du terri-
toire.
Notée dans 37 communes
sur les 533 que compte l’Isère.
Présence
Le Bourg
d'Oisans
Clelles
Voiron
Les Abrets
St. Marcellin
Beaurepaire
Villard
de Lans
Vienne
Bourgoin
Jallieu
Vizille
GRENOBLE21
ASIE
ORIENTALE ORNEMENTAL !
Les plantes envahissantes de l’Isère
RHIZOME
BOUTURES
Ces espèces ne sont plus vendues dans le commerce.
Description
Plantes herbacées vivaces mesurant jusqu’à 4 m de hauteur.
L'appareil racinaire est constitué d'un rhizome vigoureux.
Feuilles alternes oblongues mesurant jusqu’à plus de 30 cm de
long.
Fleurs blanches réunies en grappes dressées de 10 à 20 cm de
long.
Fruits entourés de trois ailes blanches translucides.
H : 2 - 4 m • Fl : août à novembre
Milieux colonisés en Isère
Lisières et clairières des forêts alluviales, rives et berges de
cours d’eau, fossés.
Également dans des milieux rudéralisés : talus bords de
route, terrains vagues, décharges…
Nuisances dues à l’invasion
Se développent en peuplements monospécifiques qui ont
un impact négatif sur la biodiversité.
Perturbe la régénération naturelle des forêts alluviales.
Accélère l’érosion des berges.
Gêne la circulation et l’accès des usagers.
Méthodes de contrôle
En prévention, extraction des jeunes plants récemment
observés.
La fauche est efficace si accompagnée d’autres mesures,
comme la plantation dense de ligneux. Attention aussi à la
dispersion des fragments provoquée par cette technique.
Une autre technique qui semble très efficace propose la
plantation de ligneux avec recouvrement du sol par un
géotextile.
Répartition
Répandue sur tout le territoire national.
En Isère, l'espèce est disséminée sur
une large partie nord-ouest du
territoire. Les plus fortes
concentrations s’observent le
long des grands cours d’eau
(Isère et Rhône) et de cer-
tains de leurs affluents
(Bourbre, Guiers, Gère, …).
Notée dans 239 commu-
nes sur les 533 que
compte l’Isère.
Présence
Le Bourg
d'Oisans
Clelles
Voiron
Les Abrets
St. Marcellin
Beaurepaire
Villard
de Lans
Vienne
Bourgoin
Jallieu
Vizille
GRENOBLE
Les renouées
(Renouée du Japon, Renouée de Sakhaline, Renouée de Bohême)
Reynoutria japonica Houtt., Reynoutria sachalinensis (F.Schmidt) Nakai,
Reynoutria x bohemica Chrtek & Chrtkova - PolygonacéesDescription
Arbre mesurant jusqu’à 25 m de hauteur.
Tronc droit à écorce profondément fissurée.
Les jeunes rameaux sont épineux, avec des épines situées
à la base des feuilles.
Feuilles alternes, composées* de 6 à 20 folioles ovales.
Les fleurs blanches sont en grappes pendantes de 20 cm de
long. Elles dégagent une odeur agréable.
H : 10 - 25 m • Fl : mai à juillet
Milieux colonisés en Isère
Espèce pionnière des milieux perturbés : remblais, talus de
bords de route et bords de voies ferrés, friches.
En milieu naturel, colonise les coupes forestières en sols
plutôt acides (Bonnevaux, Chambarans), les coteaux secs
abandonnés, les bords de cours d'eau et de rivières et les
forêts alluviales (bord d'Isère).
Largement planté pour la production de bois.
Nuisances dues à l’invasion
Forme des peuplements monospécifiques et enrichit le
milieu en azote, ce qui conduit à une modification et un
appauvrissement de la flore et une perte de biodiversité.
Méthodes de contrôle
La coupe conduit à des rejets de souche et des drageonne-
ments très actifs.
A préconiser : la coupe (en hiver) suivie d’une coupe des rejets
deux fois par an et ce pendant plusieurs années. A poursuivre
sur les souches encore vigoureuses.
Prévoir aussi un arrachage des jeunes
plants.
Répartition
Présent dans une grande
partie du territoire
national (100 000 ha
plantés).
En Isère, cette espèce
est également large-
ment répandue. Très
fréquent dans l'ouest
du département, il
devient rare sur les
contreforts des massifs
calcaires. Il s'enfonce dans les
vallées du Grésivaudan et du
Drac. Il est rare en altitude où on ne
le rencontre plus que rarement en bords de route.
Notée dans 429 communes sur les 533 que compte l’Isère.
22
EST DES
ÉTATS-UNIS !
Les plantes envahissantes de l’Isère
Espèces de substitution : préférer d’autres papilionacées locales (baguenaudier, cytise aubour) ou les sorbiers pour l’ornement.
Robinier faux acacia, acacia
Robinia pseudoacacia L.- Fabacées
GRAINES ET
DRAGEONS
PLANTATION POUR BOIS,
MELLIFÈRE, ORNEMENT
Présence
Le Bourg
d'Oisans
Clelles
Voiron
Les Abrets
St. Marcellin
Beaurepaire
Villard
de Lans
Vienne
Bourgoin
Jallieu
Vizille
GRENOBLE23
Séneçon du Cap
Senecio inaequidens DC - Astéracées AFRIQUE DU SUD GRAINES !
Description
Plante herbacée à
nombreuses tiges qui
forment généralement
des touffes. Les feuil-
les sont étroites et li-
néaires, légèrement
dentées.
Les fleurs jaunes sont
disposées au sommet
des tiges.
H : 0,2 - 0,4 m
Fl : mai à janvier
Milieux colonisés
en Isère
Essentiellement dans
des milieux artificiali-
sés : bords de route et
de voies ferrées, ter-
rains vagues.
En milieux naturels ou
semi-naturels, dans les
pelouses sableuses, les
jachères et les pâtures
notamment en vallée
du Rhône.
Nuisances dues à l’invasion
En Isère, cette espèce est encore en phase d'expansion et
elle n'a pas encore donné toute sa mesure.
On sait que dans d'autres régions sa dynamique et sa com-
pétitivité conduisent à des peuplements denses qui dimi-
nuent fortement la biodiversité.
Méthodes de contrôle
En prévention, arrachage des touffes en cas de populations
réduites. Fauche des zones envahies dans les pâturages, les
friches ou sur les bermes des voies de communication avant
fructification pour limiter l’expansion de l’espèce.
Il est également possible de faire du sursemis avec des
espèces à fort taux de recouvrement (luzerne, trèfles).
Cette espèce n’est pas consommée par les herbivores.
Répartition
L'espèce est en expansion, à partir des voies de communi-
cation, dans pratiquement tout le pays.
Les problèmes se concentrent en région
méditerranéenne.
En Isère, les deux foyers du
Séneçon du Cap sont la
vallée du Rhône et le
Grésivaudan autour de
Grenoble. Il arrive égale-
ment dans l’Ile Crémieu et
le bas Dauphiné.
Notée dans 49 communes
sur les 533 que compte
l’Isère.
Les plantes envahissantes de l’Isère
Présence
Le Bourg
d'Oisans
Clelles
Voiron
Les Abrets
St. Marcellin
Beaurepaire
Villard
de Lans
Vienne
Bourgoin
Jallieu
Vizille
GRENOBLEDescription
Espèce vivace à tige dressée
non ramifiée mesurant
jusqu'à plus de 2 m.
Feuilles alternes, lancéolées
et glabres.
Fleurs jaunes groupées en
grappes pyramidales denses.
H : 0,5 - 2 m
Fl : juillet à septembre
Attention : Confusion possi-
ble avec le solidage du
Canada, beaucoup moins
fréquent en Isère, qui se
distingue par sa tige et ses
dessous de feuilles densé-
ment poilus.
Milieux colonisés en Isère
Milieux rudéraux (remblais, des bords de routes ou voies fer-
rées, friches urbaines et industrielles) parfois en prairies
grasses sur des coteaux.
Particulièrement envahissant dans les marais, les prairies
humides ou les roselières, notamment en secteur ayant subi
des drainages.
Également présent en sous-bois alluvial quand la nappe a
été abaissée.
Nuisances dues à l’invasion
Forme des peuplements denses dont la diversité est forte-
ment réduite en rapport avec la végétation d’origine.
Méthodes de contrôle
Des méthodes de contrôle par la fauche sont mises en place.
L'idéal est de pouvoir réaliser deux fauches avec exporta-
tion de la matière.
Faucher une fois avant la floraison puis tardivement en
septembre.
Il est également possible de prévoir une gestion par un
rehaussement des niveaux d’eau.
Répartition
Occupe une grande partie du territoire français
En Isère, certains secteurs sont
particulièrement touchés
comme l'Ile Crémieu, les
Monts du Chat et le
Voironnais ainsi que la
Chartreuse, le Grési-
vaudan, la Mathey-
sine, la basse vallée
de l'Isère.
Notée dans 319 com-
munes sur les 533 que
compte l’Isère.
24
Solidage géant
Solidago gigantea Aiton - Astéracées
ORNEMENTAL,
MELLIFÈRE GRAINES, RHIZOME !
Les plantes envahissantes de l’Isère
Espèces de substitution : dahlias, chrysanthèmes.
Présence
Le Bourg
d'Oisans
Clelles
Voiron
Les Abrets
St. Marcellin
Beaurepaire
Villard
de Lans
Vienne
Bourgoin
Jallieu
Vizille
GRENOBLE
AMÉRIQUE DU NORDLa lutte contre
les plantes envahissantes Page 26 à 28
Liste des plantes
envahissantes de l’Isère Page 29
Adresses utiles Page 30
Bibliographie
et sites internet Page 31
Ambroisie (feuille)26 Les plantes envahissantes de l’Isère
La lutte contre les plantes envahissantes
Lutter contre les espèces envahissantes nécessite
de prendre les problèmes en amont pour agir
efficacement et avec un moindre coût.
1. Ce que chacun peut faire à son niveau
Certains gestes citoyens peuvent contribuer à la
réduction ou éviter la contamination par des
espèces envahissantes. Sachez faire les bons
gestes…
Dans les jardins
• éviter d’acheter et de planter les espèces recon-
nues comme envahissantes,
• si vous avez déjà des plantes envahissantes dans
votre jardin, veillez à ce qu’elles ne sortent pas !
Éliminer les drageons, couper les fleurs une fois
fanées. Vous pourrez également, dans le meilleur
des cas, remplacer ces espèces par des espèces
indigènes (voir espèces de substitution),
• porter ses déchets verts dans une déchetterie.
Dans la nature
Lorsqu’on découvre une station d’espèce envahis-
sante, il est possible à tout un chacun :
• d’assurer l’arrachage lorsque cela est encore pos-
sible,
• de prévenir les autorités compétentes (communes,
services des routes du Conseil général),
• d’en informer une association de protection de la
nature locale.
D’autres règles de conduite :
• ne pas se « débarrasser » de ses déchets verts dans
la nature,
• ne pas vider ses aquariums dans un cours d’eau,
un étang, une mare,
• ne pas laisser les plantes arrachées à fort pouvoir
bouturant (renouées, jussie) dans les zones inon-
dables.
Attention : vous avez peut-être l’habitude de
nourrir les oiseaux en hiver. Il faut savoir que les27 Les plantes envahissantes de l’Isère
paquets de graines de tournesol peuvent contenir
des graines d’ambroisie. Soyez vigilant et élimi-
nez-la si elle apparaît sous votre mangeoire.
2. Des bonnes pratiques à mettre en œuvre
dans les communes
Certaines de ces préconisations peuvent être repri-
ses dans l’élaboration des cahiers des charges pour
les travaux publics.
Agir le plus tôt possible
Dès la découverte d’une espèce connue comme
envahissante, pratiquer un arrachage manuel, peut-
être plus coûteux en effort et en temps la première
fois, mais plus efficace dans la durée.
Formation du personnel
Former les personnels techniques à la reconnaissance
des espèces. Ils joueront ainsi un rôle de veille, impor-
tant pour une réponse rapide et efficace.
La terre végétale source de contamination
Pour éviter toute contamination par des fragments
ou des graines d’espèces envahissantes, abandon-
ner le recours systématique à l’apport de terre
végétale et favoriser la réutilisation des matériaux en
place. Vous pouvez intégrer cette préconisation dans
le règlement du Plan local d’urbanisme.
Gestion des résidus
Les résidus d’arrachage ou de broyage seront brûlés
ou portés en déchetterie, ne pas les laisser sur place.
Les zones de sol mis à nu : un terrain favorable aux
plantes envahissantes
Les espaces où le sol est mis à nu pendant plusieurs
années (zones en attente d’urbanisation ou
d’aménagement) sont très favorables aux espèces
envahissantes. Penser systématiquement à une
couverture végétale préventive : semer avec des
espèces couvrantes (trèfle rampant, ray-grass,
fétuque rouge…).
Gestion des bords de route
Sur les bords de routes, ne pas faucher en dessous
de 10 cm de hauteur, car il y a risque de mise à nu
du sol, ce qui favorise les espèces envahissantes
pionnières (ambroisie notamment).
Utilisation d’herbicides ?
L’impact des herbicides sur la santé et l’environne-
ment n’est jamais anodin, on privilégiera une action
manuelle ou mécanique. Le cas de luttes chimiques
contre les espèces envahissantes est souvent décevant
ou inefficace, voire parfois aggrave les problèmes.
Sur les accotements, les herbicides entraînent la
mise à nu du sol et favorisent l’installation des es-
pèces envahissantes. Penser plutôt à des semis de
plantes couvrantes.
Ne pas oublier !
• favoriser les plantations d’espèces locales,
• faire nettoyer les engins de chantiers avant et
après les travaux,
• assurer une surveillance après les opérations de
gestion.28 Les plantes envahissantes de l’Isère
Un arrêté à faire respecter :
En Isère, un arrêté préfectoral a été pris concernant
l’ambroisie (Arrêté préfectoral Isère du 7 mars 2000) :
« ...les propriétaires, locataires, ayants droit ou
occupants à quelque titre que ce soit, (y compris
agricoles) ainsi que les gestionnaires des domaines
publics de l'État et des collectivités territoriales, et
les responsables des chantiers de travaux, sont tenus
de prévenir la pousse des plants d'ambroisie, de
nettoyer tous les espaces où pousse l'ambroisie.
En cas de défaillance des intéressés, les maires sont
habilités à faire procéder, aux frais de ceux-ci, à la
destruction des plants d'ambroisie. »
Glossaire
Feuille composée
on parle de feuille composée lorsque le limbe forme
des parties bien distinctes les unes des autres : les
folioles.
Feuille verticillée
les feuilles sont dites verticillées lorsqu’elles sont
insérées au même niveau (et tout autour) de la
tige.
Fleurs ligulées
chez les composées (astéracées), la ligule désigne
la corolle de certaines fleurs fortement dévelop-
pée vers l'extérieur du capitule en forme de pétale
simple. Lorsque les fleurs du capitule ne sont pas li-
gulées, elles sont tubulées.
Ombelle
on parle d’ombelle lorsque les fleurs d’une même
inflorescence sont portées par des pédoncules qui
partent du même point.
Pétiole
pédoncule qui porte la feuille, la reliant à la tige.
Samares
fruit sec à une seule graine, muni d'une excrois-
sance périphérique en forme d'aile membraneuse.29
Listes des plantes envahissantes de l’Isère
Les plantes envahissantes de l’Isère
En Isère on compte plus d’une trentaine d’espèces
végétales envahissantes ou potentiellement
envahissantes :
Ailante (Ailanthus altissima)
Ambroisie (Ambrosia artemisiifolia)
Les asters américains (Aster lanceolatus,
Aster novi-belgii, Aster x salignus)
Armoise annuelle (Artemisia annua)
Armoise des frères Verlot (Artemisia verlotiorum)
Azolla fausse-fougère (Azolla filiculoides)
Berce du Caucase (Heracleum mantegazzianum)
Bident à fruits noirs (Bidens frondosa)
Buddléia (Buddleja davidii)
Chénopode fausse ambroisie
(Chenopodium ambrosioides)
Egeria (Egeria densa)
Elodée de Nuttall (Elodea nuttallii)
Elodée du Canada (Elodea canadensis)
Erable negundo (Acer negundo)
Erigeron annuel (Erigeron annuus)
Herbe de la Pampa (Cortaderia selloana)
Impatiente à petites fleurs (Impatiens parviflora)
Impatiente de Balfour (Impatiens balfouri)
Impatiente de l'Himalaya (Impatiens glandulifera)
Jussie à grandes fleurs (Ludwigia grandiflora)
Lentille d'eau minuscule (Lemna minuta)
Mélilot blanc (Melilotus albus)
Onagres (Oenothera biennis)
Panic capillaire (Panicum capillare)
Paspale dilaté (Paspalum dilatatum)
Raisin d'amérique (Phytolacca americana)
Les renouées (Reynoutria x bohemica,
R. japonica & R. sacchalinensis)
Robinier (Robinia pseudoacacia)
Séneçon du Cap (Senecio inaequidens)
Solidage du Canada (Solidago canadensis)
Solidage géant (Solidago gigantea)
Sorgho d'Alep (Sorghum halepense)
Spirée blanche (Spiraea alba)
Sporobole d'Inde (Sporobolus indicus)
Vergerette de Sumatra (Conyza sumatrensis)
Vergerette du Canada (Conyza canadensis)
Vigne vierge (Parthenocissus inserta)AFEDA, Association française d'étude des ambroisies
25, rue Ambroise-Paré F 69800 Saint-Priest
tél. 04 78 40 61 75 • assoc.orange.fr/afeda
Agence de l'eau Rhône-Méditerranée-Corse
12-4, allée de Lodz 69363 Lyon cedex 07
tél. 04 72 71 26 00 • www.eaurmc.fr
AVENIR
Conservatoire des espaces naturels de l’Isère
10, rue Raspail, 38000 Grenoble • tél. 04 76 48 24 49
avenir.38.free.fr
CORA Isère (Centre ornithologique Rhône-Alpes)
MNEI, 5, place Bir-Hakeim 38000 Grenoble
tél. 04 76 51 78 03 • oiseauxisere.free.fr
CGI (Conseil général de l’Isère) Service environnement
9, rue Jean-Bocq, 38000 Grenoble • tél. 04 76 00 33 31
isere-environnement.fr
DDE (Direction départementale de l’équipement)
17, boulevard Joseph-Vallier, BP 45, 38040 Grenoble
tél. 04 76 70 76 52 • www.isere.equipement.gouv.fr
DIREN Rhône-Alpes (Direction régionale de l’environnement)
208, rue Garibaldi, 69003 Lyon • tél. 04 37 48 36 52
www.environnement.gouv.fr/rhone-alpes
Drac Nature
101 bis, rue Hers, 38350 La Mure • tél. 04 76 81 36 76
Espace Nature Isère
BP 1 38470 L’Albenc • tél. 04 76 36 50 10
enisere.asso.fr
FRAPNa Isère (Fédération régionale des associations
de protection de la nature de Rhône-Alpes)
MNEI, 5, place Bir-Hakeim 38000 Grenoble
tél. 04 76 42 64 08 • frapna.org
Gentiana Société botanique dauphinoise D.Villars
MNEI, 5, place Bir-Hakeim 38000 Grenoble
tél. 04 76 03 37 37 • www.gentiana.org
Gère Vivante
Ancienne mairie, 2, rue Veyet, BP 41, 38780 Pont-Evêque
tél. 04 74 57 63 78 • perso.orange.fr/gere-vivante
Grésivaudan Nature
304, rue Paul-Éluard, 38920 Crolles • tél. 04 76 08 98 65
Hien Nature
2, place Saint-Jean-Baptiste, 38690 Biol • tél. 04 74 92 25 75
Le Pic Vert
1225, Le Mouret, 38140 Réaumont • tél. 04 76 91 45 41
Lo Parvi
Place du Doyenné, 38890 Saint-Chef • tél. 04 74 92 48 62
perso.orange.fr/lo.parvi
Centres de ressources
Terre vivante
Domaine de Raud, 38710 Mens • tél. 04 76 34 80 80
www.terrevivante.org
Médiathèque de la Maison de la nature
et de l’environnement de l’Isère
5, place Bir-Hakeim, 38000 Grenoble • tél. 04 76 54 31 62
mnei.fr
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Adresses utiles
Les plantes envahissantes de l’Isère31
Bibliographie
Ambrosia, ambroisie, polluants biologiques.
Déchamp C. & Méon H., 2002. Ed. ARPPAM.
Dossier « les plantes invasives ».
La Garance Voyageuse n°48. 1999.
Plantes envahissantes. Miniguide de « La Salamandre » n°11.
Plantes envahissantes de la région méditerranéenne. AME -
CBNMP, 2003. Agence méditerranéenne de l’environne-
ment. Agence régionale pour l’environnement Provence-
Alpes-Côte d’Azur. 48 p.
Plantes invasives en France, Muller S. (coord.), 2004. Muséum
national d’histoire naturelle.
Premier bilan d’une enquête nationale destinée à identifier les
xénophytes invasifs sur le territoire français (Corse comprise).
Aboucaya, A., 1999 - Actes du colloque « Les plantes
menacées de France », Brest, 15-17 oct. 1997. Bull. Soc. Bot.
Centre Ouest, N.S., n° spécial, 19 : 463-482.
Stratégie européenne relative aux espèces exotiques envahissantes.
Genovi P. & Shine C., 2004. Conseil de l’Europe
Stratégie d'intervention et moyens de lutte contre les espèces
invasives de zones humides. 5 e journée d’échanges techniques
entre les gestionnaires d’espaces naturels. Conservatoire Rhône-
Alpes des espaces naturels, 2005. 87 p.
Journées techniques nationales « Renouées »,
Actes, 2003. Association ECHEL.
Sites internet
Gestion des plantes exotiques envahissantes en cours d'eau
et zones humides - Guide technique (Édition 2006).
corela.org/actions/thematiques.asp
Plantes envahissantes de l’État de Genève
Fiches info sur les plantes exotiques envahissantes
etat.geneve.ch/dt/site/protection-nature/master-home.jsp
Plantes envahissantes de la région méditerranéenne
Programmes d’actions et de recherche, guide sur les plantes
envahissantes
www.ame-lr.org/plantesenvahissantes/index.html
Commission suisse pour la sauvegarde des plantes sauvages
Information sur les plantes exotiques envahissantes en
Suisse, liste noire et liste grise, fiches par espèces
cps-skew.ch
La lutte contre l’ambroisie en région Rhône-Alpes
Dossier d’information, guides méthodologiques et prati-
ques, réglementation, rapport d’étude de la région Rhône-
Alpes.
ambroisie.info
L'AFEDA, Association française d’étude des ambroisies,
première association à avoir soulevé le problème de l'am-
broisie.
assoc.orange.fr/afeda
Les invasions d’espèces
Revue Sud-Ouest nature de la SEPANSO
perso.orange.fr/federation.sepanso/
rubrique « les Réserves naturelles au fil des mois »
Renouées du Japon
perso.orange.fr/fallopia.japonica/
Tela Botanica
Le réseau de la botanique francophone - Données scienti-
fiques et techniques relatives aux plantes envahissantes.
tela-botanica.org/papyrus.php?menu=366
Les plantes envahissantes de l’IsèreConseil général de l’Isère
7, rue Fantin-Latour
38000 Grenoble
Service environnement
tél. 04 76 00 33 31
www.isere.fr
Agence de l’Eau
Rhône Méditerranée et Corse
2-4, allée de Lodz
69363 Lyon cedex 07
tél. 04 72 71 26 00
www.eaurmc.fr
Gentiana Société botanique
dauphinoise
MNEI, 5, place Bir-Hakeim
38000 Grenoble
tél. 04 76 03 37 37
www.gentiana.org
Gentiana - septembre 2006 – F. Gourgues – Photos :
P. Chaintreuil / F. Gourgues – Mise en page, pictogramme : MNEI / C. Basset