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Acte - DE 043 2024
Acte - DE 049 2025
Acte - DE 064 2025
Acte - DE 048 2025
Procès Verbal - PV CM 17 MAI 2025
unknown - dossier spr barre des cevennes
Document publié le Vendredi 8 novembre 2013 par la commune de Barre-des-Cévennes.
Lien du pdf (unknown - dossier spr barre des cevennes)
Thèmes du document : Histoire et mémoire, Aménagement du territoire, Culture et patrimoine,
S ITE P ATRIMONIAL REMARQUABLE
Cyril GINS
paysagiste DPLG
Co-traitant
30140 MIALET
Agence RAPHANEAU FONSECA
architecture & patrimoine
(Mandataire)
07110 CHASSIERS
ALPICITÉ
urbanisme, cartographie
Co-traitant
05200 EMBRUN
Charlotte BLEIN, ArcheVive
historienne et archéologue
Co-traitant
30319 ALÈS
Étude préalable - mai 2023
COMMUNE DE BARRE DES CÉVENNES
Département de la LozèreSPR de Barre-des-Cévennes / étude préalable / mai 2023
Bureau d’études : Agence Raphaneau Fonseca, architecture // Cyril GINS, paysage // Charlotte BLEIN, histoire // Alpicité, urbanisme 2
SOMMAIRE
PRÉSENTATION
PARTIE 1 : LES GRANDES PÉRIODES HISTORIQUES
1.1 Introduction
1.2 Préhistoire, protohistoire et Antiquité
1.3 Le Moyen Âge
1.4 L’époque moderne (XVIe-XVIIIe siècle) : l’essor de Barre des Cévennes
1.5 L’époque contemporaine (XIXe - XXe siècle) : le déclin des foires
PARTIE 2 : L'ANALYSE PAYSAGÈRE
2.1 Une commune de transition et d’interface, géographique, climatique et paysagère 2.2 Un village géologie et paysage
2.3 Un village et deux visages paysagers
2.4 Une très grande diversité d’ambiances
2.4 Les éléments signaux du village: Un dialogue entre éléments bâtis et paysagers 2.6 Un village et trois séquences d’approche
2.7 Chemins et drailles
2.8 Jardins vivriers
2.9 Les espaces publics
PARTIE 3 : L'ANALYSE URBAINE ET ARCHITECTURALE
3.1 L'habitat dispersé
3.2 Le patrimoine monumental réparti sur le territoire communal
3.3 La morphologie urbaine du centre
3.4 Les typologies architecturales
3.5 Les éléments d'architecture caractéristiques
3.6 Les édifices monumentaux du bourg
3.7 Le patrimoine contemporain
PARTIE 4 : PROPOSITION DE PÉRIMÈTRE SPR
4.1 cartes des protections et servitudes
4.2 Le périmètre proposé
4.3 Le centre village où se concentrent les éléments patrimoniaux majeurs 4.4 LES ENJEUX d’Une relation FORTE entre le village et son socle
BIBLIOGRAPHIE
p.3
p.6
p.7
p.9
p.11
p.12
p.14
p.15
p.16
p.17
p.19
p.24
p.25
p.26
p.30
p.32
p.33
p.40
p.41
p.46
p.48
p.55
p.61
p.65
p.68
p.69
p.70
p.71
p.72
p.73
p.76
Croquis, UDAP de la LozèreSPR de Barre-des-Cévennes / étude préalable / mai 2023
Bureau d’études : Agence Raphaneau Fonseca, architecture // Cyril GINS, paysage // Charlotte BLEIN, histoire // Alpicité, urbanisme 3
Barre des Cévennes est un bourg singulier, situé
à la frontière entre les vallées Cévenoles et les
causses du haut Gévaudan, autrefois lieu de 13
foires annuelles qui lui ont valu un rayonnement
exceptionnel. Implanté à 920m d'altitude, la
structure urbaine s'étire le long d'une grande
rue, au pied d’une barre calcaire de près d’un
kilomètre de long appelée le Castelas. L'ensemble
en quatre strates : Castelas / bourg / jardins /
pente enherbée constitue un patrimoine urbain
et paysager de grande qualité.
Située dans le département de la Lozère, à
proximité de Florac Trois Rivières, la commune
compte 203 habitants (2019) répartis entre le chef-
lieu et plusieurs petits hameaux (le Vergougnous,
le Malhautard, le Malhautier et le Mazeldan). Elle
fait partie du Parc National des Cévennes (une
part importante de son territoire est située en
zone "cœur" de parc) et membre depuis 2017 de
la communauté de communes Gorges Causses
Cévennes.
A la confluence des influences méditerranéennes
et du massif central, Barre fut tour à tour un centre
de pouvoir médiéval, au coeur de la Réforme au
XVIe siècle, réputée pour ses foires sous l'Ancien
Régime, et point de départ de la Guerre des
Camisards. Cette petite localité a depuis le moyen
âge les attributs d’une petite ville. Cette situation
de confluence a assuré sa prospérité durant
des siècles et a légué un patrimoine historique,
paysager et bâti très singulier, d’une petite ville
disposée en balcon sur les Cévennes.
La préservation du patrimoine du bourg est
renforcée par la présence de l'église romane
classée Monument historique et de son périmètre
de protection des abords.
De son riche passé, elle a gardé ses fonctions
de centralité et ses services essentiels pour le
bassin de vie, constituant un « pôle de services
et de proximité » avec une école, la poste, une
gendarmerie, un commerce multi-services, un
centre d'incendie et de secours,... Elle bénéficie
également d'un cadre de vie privilégié et d'un
environnement naturel exceptionnel offrant de
nombreuses possibilités d'activités de pleine
nature, notamment les grandes itinérances : Sur
les pas des Huguenots, Le Chemin de Stevenson, le
GR67, le Chemin Urbain V.
Cette histoire hors norme permet de mener
des projets de très grande envergure tel que
la Maison de l’Agropastoralisme en lien avec
la tradition pastorale du site. Par ailleurs, la
commune a impulsé et accompagné des projets
valorisant le patrimoine bâti avec la rénovation de
l'ancienne gendarmerie (commerce multiservices,
salle associative, logements communaux),
l’aménagement de la traversée du bourg. Elle
s’est portée acquéreur du « château » situé
dans la Grand Rue et qui abrite aujourd’hui la
bibliothèque communale pour poursuivre la
dynamisation du centre. La dynamique concerne
plus largement la commune avec des rénovations
d’anciennes fermes situées dans les écarts, la
création d’hébergements et la volonté de créer un
écohameau.
PRÉSENTATIONSPR de Barre-des-Cévennes / étude préalable / mai 2023
Bureau d’études : Agence Raphaneau Fonseca, architecture // Cyril GINS, paysage // Charlotte BLEIN, histoire // Alpicité, urbanisme 4
Depuis l'inscription du "Paysage culturel de l'agro-pastoralisme méditerranéen - Causses Cévennes" au patrimoine mondial de l'UNESCO en 2011, Barre des Cévennes est identifié comme l'un des trois "Hauts-Lieux de l'Agro-Pastoralisme" en Lozère.
Cette inscription porte en elle la reconnaissance d’un territoire façonné par un
agropastoralisme multimillénaire. Le pastoralisme ovin, sédentaire ou le plus souvent transhumant, est la forme la plus connue dans les Cévennes. Elle se
caractérise par le recours aux estives sur des terres d'altitude. Les bergers regroupent leurs troupeaux pour la montée en estives par les drailles, chemins longeant les crêtes. Son influence sur les paysages cévenols et caussenards plus particulièrement constitue les fondements de la Valeur Universelle Exceptionnelle (VUE) qui a légitimé l’inscription de ce territoire sur la liste du Patrimoine mondial de l’UNESCO.
La commune projette la création d’un centre d’interprétation sur les paysages de l’agropastoralisme. Cela passe notamment par l’ouverture de trois sentiers d’interprétation sur des parcours transhumants, des foires commerciales à bestiaux et par l’acquisition d'une vaste maison du XIXe siècle, dite « Maison de l'Orient », située à l'entrée Est du village.
Le bâtiment sera porteur de plusieurs fonctions de services publics et touristiques avec un fort impact sur la vie quotidienne et l’attractivité du village. Le projet doit aussi permettre de créer une dynamique autour de la filière agricole, ainsi que de créer une mini « vie étudiante » en apportant un plus d’activité à l’année sur la commune (formations, réunions, stages…). Une étude de maîtrise d'oeuvre est en cours pour projeter l'aménagement du bâtiment et de ses abords. La "Maison de l’Orient – Haut Lieu de l’Agropastoralisme" accueillera : un espace d'interprétation de l'agro-pastoralisme (module UNESCO), un espace scénographique sur les Camisards et les Maquisards, un point d'information touristique (OT + PNC), une boutique d’artisanat d’art, un restaurant, la Mairie, l'agence postale communale, une maison des métiers de l'agropastoralisme.
HAUT LIEU DE L’AGROPASTORALISME - UNESCO
"Maison de l'Orient"
Extraits du dossier d'esquisse - Octobre 2021. Concepteurs : LCD’O atelier d’ar- chitecture Priam&Allart (architecte mandataire), Vincent Vanel (architecte associé), Claude Chazelle (paysagiste), Franck Watel & Cécile Auréjac (sénographe)SPR de Barre-des-Cévennes / étude préalable / mai 2023
Bureau d’études : Agence Raphaneau Fonseca, architecture // Cyril GINS, paysage // Charlotte BLEIN, histoire // Alpicité, urbanisme 5
LE PARC NATIONAL DES CÉVENNES
Le parc national des Cévennes a été créé en 1970 et s’étend sur trois
départements : la Lozère, le Gard et l’Ardèche. Son aire d’adhésion
regroupe actuellement 118 communes dont Barre des Cévennes.
Son siège est situé à Florac. Il est le plus vaste des parcs nationaux
de France métropolitaine, le seul à être situé en moyenne montagne
et également le seul dont le cœur, zone protégée et réglementée,
accueille une population permanente significative.
Le parc national des Cévennes se compose de deux zones : une cœur,
qui concentre les patrimoines naturel, culturel et paysager les plus
rares et une aire d'adhésion, qui recouvre des territoires ayant une
grande proximité à la fois biogéographique et culturelle avec le cœur.
La zone cœur couvre la plus grande partie du territoire communal,
seule la vallée du Grisoulle, intégrant le bourg se situe en dehors
mais reste dans l'aire d'adhésion (voir plan des servitudes en fin de
d'étude).
L’adhésion d’une commune à la charte implique automatiquement
trois engagements : la compatibilité de ses documents d’urbanisme
avec la charte, la réglementation de la circulation des véhicules à
moteur pour préserver les rapaces, l’interdiction de la publicité dans
l’agglomération.
Le décret n° 2013-995 du 8 novembre 2013 porte approbation de
la charte du Parc national des Cévennes. Celle-ci a été modifiée par
délibération du conseil d’administration du parc national, du 1er mars
2016.
La charte du parc national établit un projet de territoire organisé en
quatre grandes ambitions :
- Une mobilisation pour l’excellence écologique ;
- Une culture vivante et partagée, source de cohésion sociale et
territoriale ;
- Un développement économique valorisant les patrimoines ;
- Une intégration harmonieuse de la vie contemporaine dans les
paysages cévenols et caussenards.SPR de Barre-des-Cévennes / étude préalable / mai 2023
Bureau d’études : Agence Raphaneau Fonseca, architecture // Cyril GINS, paysage // Charlotte BLEIN, histoire // Alpicité, urbanisme 6
PARTIE 1
LES GRANDES PÉRIODES HISTORIQUESSPR de Barre-des-Cévennes / étude préalable / mai 2023
Bureau d’études : Agence Raphaneau Fonseca, architecture // Cyril GINS, paysage // Charlotte BLEIN, histoire // Alpicité, urbanisme 7
1.1 INTRODUCTION
Bien que le territoire de Barre des Cévennes ait
connu des occupations anciennes (préhistorique,
protohistorique, antique), l’installation humaine à
l’emplacement du village actuel et le développement
de ce dernier s’inscrivent dans des temps relativement
récents, à savoir ceux de la toute fin du haut Moyen
Âge et du début du Moyen Âge central. L’histoire de
Barre des Cévennes se caractérise ainsi par une franche
rupture durant l’époque médiévale du point de vue de
l’occupation du territoire et de l’installation humaine, et
cette rupture est encore accentuée par le succès que
connaissent les foires et les marchés de l’agglomération
dès le bas Moyen Âge qui, en quelques siècles à peine,
dote l’établissement d’un véritable caractère urbain et
de privilèges exceptionnels.
Il pourrait s’agir-là du résultat d’un biais de perception
lié aux sources, souvent silencieuses pour les périodes
les plus anciennes (Antiquité et haut Moyen Âge).
Mais, si cette hypothèse ne peut être exclue, les rares
données dont nous disposons pour Barre des Cévennes
ne plaident pas en sa faveur. Comme nous le verrons
plus en détail, il apparaît ainsi que l’installation humaine
à l’emplacement actuel de Barre des Cévènnes a été
tardive, tandis que l’essor qu’a connu l’agglomération
durant le bas Moyen Âge est le résultat d’une véritable
volonté politique des seigneurs locaux qui ont su
valoriser la situation géographique de l’établissement.
Barre des Cévennes, une ville d’interfaces
Barre des Cévennes appartient sans conteste possible
aux Cévennes d’un point de vue à la fois historique,
culturel et géographique (orientation méditerranéene
du centre-bourg), mais il n’en va cependant pas de
même d’un point de vue géographique. Son territoire
révèle en effet des caractéristiques géologiques et
physiques plus proches de celles des Causses que des
Cévennes, à commencer par exemple par la présence
d’une grande proportion de calcaire relativement au
schiste (généralement dominant dans les Cévennes)
ou encore la présence des Cans, dont la structure
s’apparente à celle des Causses. Barre des Cévennes
se situe par ailleurs à la limite entre les Cévennes et
la région des Causses, mais aussi finalement entre
Auvergne et Méditerranée, et c’est précisément cette
position qui va notamment servir l’essor et la notoriété
de ses foires.
Notons par ailleurs que le territoire de Barre des
Cévènne est traversé par la ligne de partage des eaux
et la tradition veut que le faît du toit de la chapelle
Saint-Jean jadis installée sur le Castelas se trouvait
exactement sur cette ligne de partage, répartissant les
eaux entre Atlantique et Méditerranée.SPR de Barre-des-Cévennes / étude préalable / mai 2023
Bureau d’études : Agence Raphaneau Fonseca, architecture // Cyril GINS, paysage // Charlotte BLEIN, histoire // Alpicité, urbanisme 8
Moyen Âge Époque contemporaine
Moyen Âge central Bas Moyen Âge
1500 1800
1000 1300
Époque moderne
Début XX e s.
Disparition des foires
Années 1530
Diffusion des idées de la Réforme à
Barre des Cévennes
1265
1ère mention écrite du château neuf
Il a probablement été construit au XIIe ou
XIIIe s.
500
843
Traité de Verdun
Partage de l’Empire Carolingien
Haut Moyen Âge
1914-1918
1ère guerre mondiale
1914-1918
1ère guerre mondiale
1789
Révolution française
Xe-XIe s.
Barre des Cévennes se structure
Construction de la tour seigneuriale et de
la chapelle Saint-Jean sur le Castellas
1042
1ère mention écrite de Barre
Le seigneur est alors Frédol de Barre
XIIe-XIIIe s.
Construction de l’église
Les 1ère phases de construction de l’église
dateraient du XIIIe, voire du XIIe s.
XVe- XIXe s.
Âge d’or de Barre des cévennes
XIVe s.
Foires et marchés
Barre accueille déjà un mar-
ché hebdommadaire et plu-
sieurs foires annuelles
Milieu du XVe s.
Essor des foires
Les seigneurs de la ville multiplient
les foires (12 foires annuelles)
Fin XV e s.
Barre, une ville importante
Barre est considérée comme l’une
des principales villes du diocèse
XVIe s.
Construction de maisons bourgeoises
Barre acceuille une population de bourgeois
et de notable
1445
Fortification de la ville
Le seigneur obtient du roi le droit de
«clore et fortifier » la ville
1823-1826
Construction du temple
Années 1880-1890
Élargissement de la Grand’Rue
De nombreuses façades des maisons
bourgeoises du XVIe s. sont détruites
Début XVIIIe s.
Rénovation du château neuf
Lechâteau neuf est intégralement
rénové par Jacques Le Picard de
Selletot
XIVe s.
Consulat
Barre obtient le consulat,
qui lui accorde le statut de
« ville »
1562-1598
Guerres de religion
Du massacre de Wassy à la pro-
mulgation de l’Édit de Nantes
31 oct. 1517
«Début» de la réforme
Martin Luther publie ses 95 thèses
contre les Indulgences
1685
Révocation de l’Édit de Nantes
1702-1710
Guerre des Camisards
1791
Liberté de culte
Xe-XIIe s.
Société féodale
Développement et multiplication
des seigneuries locales
1337
Début de la guerre de 100 ans
Elle dure jusqu’en 1453
Repères chronologiques :SPR de Barre-des-Cévennes / étude préalable / mai 2023
Bureau d’études : Agence Raphaneau Fonseca, architecture // Cyril GINS, paysage // Charlotte BLEIN, histoire // Alpicité, urbanisme 9
1.2 PRÉHISTOIRE, PROTOHISTOIRE ET ANTIQUITÉ
Une occupation très ancienne
L’occupation du territoire de l’actuelle commune de
Barre des Cévennes est certainement très ancienne,
mais les traces laissées par les installations humaines
préhistoriques et protohistoriques sont rares.
Parmi celles-ci, on peut d’abord mentionner la Can de
Combes qui a livré des traces d’occupation néolithique,
avec la grotte sépulcrale de Balmegouse (2e moitié du
3e millénaire, pour la première partie de la grotte).
Il y a par ailleurs le site du Rocher des Fées, qui constitue
l’un des deux groupes de gravures rupestres les plus
importants des Cévennes. S’il ne fait aucun doute que
ces gravures appartiennent à des époques antérieures
aux temps historiques, leur datation demeure délicate
et les sondages archéologiques menés sur le site n’ont
pas livré de données supplémentaires. Le site du Rocher
des Fées n’est pas le seul à avoir livré des gravures
de cette nature. Un bloc à cupules, également gravé
d’une croix, a par ailleurs été découvert à environ 1 km
au sud-est du village, au-dessus du bois de la Can (à
l’emplacement de l’ancienne déchetterie). Il semble
avoir aujourd’hui disparu. Enfin, dans le secteur des
Balmes, plusieurs sites présentent des cavités de tailles
variables, creusées à même la roche affleurante ou sur
des blocs de pierre.
Il faut également ajouter à cela les trois tumuli de l’Âge
du Fer installés en bordure de la Can Noire, entre le site
du Rocher des Fées et le Col des Faisses. À cette époque
(Âge du Fer), le territoire de Barre des Cévennes est alors
proche de la frontière qui séparait le peuple gaulois des
Gaballes, au nord, et celui des Volques, au Sud.
En l’état des connaissances, le site du Castellas comme
celui du village n’ont pas livré de traces d’occupation des
époques pré et protohistorique, à l’exception peut-être
des structures d’ancrage (Pastière du Diable) repérées
sur le Castellas. La régularité du profil des structures
laisse toutefois penser que des outils métalliques
ont été utilisés pour leur réalisation. Ces structures
peuvent aussi bien dater de l’Âge du Fer que de l’époque
médiévale.
Structures d’ancrage
Plan du village et du Castellas, in Rapport du SRA 2004
Gravures du « rocher des Croix » à Barret
Tumulus de l’Âge du Fer de la Can NoireSPR de Barre-des-Cévennes / étude préalable / mai 2023
Bureau d’études : Agence Raphaneau Fonseca, architecture // Cyril GINS, paysage // Charlotte BLEIN, histoire // Alpicité, urbanisme 10
L’Antiquité
Le territoire de Barre des Cévennes est soumis à la
domination romaine à la suite de la conquête de César,
durant le Ier s. av. J.-C. De façon assez inhabituelle, les
traces d’occupation gallo-romaine ne sont pas plus
nombreuses que celles des époques précédentes. Le
site gallo-romain le plus évident est celui découvert
au Pesquié, à proximité de la ferme anciennement
dénommée Saint-Pierre-de-Noalhac, où la tradition
situe la chapelle Saint-Pierre.
Il est toutefois à souligner que le site actuellement
occupé par le village de Barre des Cévennes, tout comme
le Castelas, n’ont livré aucune trace pour cette période,
ce qui laisse supposer une occupation plus récente.
Paléolithique
Néolithique
Âge du Fer
Antiquité
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Carte de l’occupation du territoire de Barre des Cévennes à travers les tempsSPR de Barre-des-Cévennes / étude préalable / mai 2023
Bureau d’études : Agence Raphaneau Fonseca, architecture // Cyril GINS, paysage // Charlotte BLEIN, histoire // Alpicité, urbanisme 11
1.3 LE MOYEN ÂGE
Le haut Moyen Âge correspond à une période
troublée par les différentes vagues de migration de
peuples venus du nord et de l’est (les Wisigoths ou les
Burgondes par exemple) entre la fin de l’Empire romain
et la fin du VIIe siècle, puis par les guerres. Elle est
généralement considérée comme un âge « obscure »,
qui se caractérise par une chute de la démographie, un
appauvrissement général et un rétrécissement marqué
de l’emprise des agglomérations. L’écriture se raréfiant
considérablement et l’emploi de matériaux périssables
(bois notamment) étant favorisé au regard des périodes
antérieures tout autant que postérieures, nous avons
peu de sources pour appréhender le haut Moyen Âge.
À l’heure actuelle, pour l’ensemble de ces raisons
certainement, cette période du haut Moyen Âge n’est
pas représentée à Barre des Cévennes. Il est évident que
l’occupation humaine de certains sites s’est poursuivie
durant cette période, mais nous n’en avons pas trace.
Le Moyen Âge central (XIe-XIIIe siècle)
Ce n’est qu’à partir du Xe, voire du XIe siècle, que des
éléments tangibles témoignent d’une occupation du
site du village. En 1042, le nom de Barre apparaît pour
la 1re fois dans un document écrit. Il est alors indiqué
que le nom du seigneur est Frédol de Barre. La famille
seigneuriale « de Barre » demeure jusqu’en 1425.
Le Castellas
De façon classique, à partir du Xe siècle ou du XIe siècle,
le village était dominé par une tour seigneuriale,
installée à l’extrémité sud du Castellas. Il en est fait
mention en 1054. Il ne reste strictement rien de cet
édifice, notamment parce que l’espace sur lequel il était
implanté a servi de carrière de pierre. Au XVIe siècle
déjà, le Castrum était en ruines.
Dans sa partie nord, le Castellas accueillait également
la chapelle Saint-Jean, elle aussi datée du Xe ou du
XIe siècle, dont les ruines sont encore visibles.
Le village
À cette époque, Barre des Cévennes n’est certainement
qu’un village, qui devait d’ores et déjà adopter une
disposition similaire à celle que nous lui connaissons
aujourd’hui, à savoir des habitations s’organisant de part
et d’autre d’une rue principale, parfois séparées entre
elles par des ruelles perpendiculaires à cette dernière.
Il fait peu de doute que les niveaux d’élévation les plus
anciens de certaines maisons du village (fondations)
datent de cette époque.
Durant cette époque, le village est doté de son église.
La tradition veut que celle-ci ait été construite sous le
règne du pape gevaudanais Urbain V (1310-1370), mais
il est fortement probable qu’elle soit en réalité plus
ancienne et date, pour ses phases de construction les
plus anciennes, du XIIIe, voire du XIIe siècle
Notons enfin que c’est durant cette période que fut
édifié le château neuf, bien que l’aspect que nous lui
connaissons aujourd’hui date du XVIIe siècle Il est en
effet fait mention de cet édifice en 1265.
Plan du village et du Castellas, in Rapport du SRA 2004
Site du castrum à l’Est du CastellasSPR de Barre-des-Cévennes / étude préalable / mai 2023
Bureau d’études : Agence Raphaneau Fonseca, architecture // Cyril GINS, paysage // Charlotte BLEIN, histoire // Alpicité, urbanisme 12
Le bas Moyen Âge (XIVe-XVe siècle)
Le bas Moyen Âge constitue pour la ville de Barre des
Cévennes une période décisive : c’est à cette époque
que les foires qui caractérisent le village et en font sa
notoriété prennent de l’ampleur et que ce dernier se
voit adopter un véritable caractère urbain, structuré
autour de la Grand'Rue.
Les foires
Dès le XIVe siècle, selon un rythme plutôt propre
aux villes, Barre des Cévennes accueille un marché
hebdomadaire et plusieurs foires dans l’année. Le
nombre de ces dernières va croître au milieu du
XVe siècle, sous l’impulsion des seigneurs de la ville
qui veulent, de cette manière, valoriser la situation
géographique de la commune. Dès cette époque,
Barre des Cévennes voit ainsi se dérouler 12 foires par
an spécialisées dans le commerce des bestiaux, et ce
nombre augmente à 15 dans les siècles qui suivent. Le
succès de ces foires est directement lié à la situation
de l’agglomération, entre les Cévennes et la région des
Causses, de la Margeride et de l’Aubrac. Elles attiraient
des marchands et des négociants d’Auvergne, mais
aussi du Quercy ou encore du Périgord, de Bordeaux.
Le développement de Barre des Cévennes, son essor
économique et démographique depuis le bas Moyen
Âge et jusqu’à la fin de l’Époque moderne sont
ainsi directement conditionnés par l’histoire de ces
foires, dont la multiplication relève d’une volonté
seigneuriale. À la fin du XVe s., Barre des Cévènnes est
ainsi considéré comme l’une des principales villes du
Diocèse de Mende.
1.4 L’ÉPOQUE MODERNE (XVIe-XVIIIe
SIÈCLE) : L’ESSOR DE BARRE DES CÉVENNES
La vitalité économique qu’a connue Barre des Cévennes
grâce au développement des foires à partir du XVe siècle
s’est poursuivie tout au long de l’Époque moderne et
a entraîné un essor démographique certain. La ville
accueille alors une population de bourgeois et de
notables, dont la proportion est non-négligeable (les
notables représentent près de 10% de la population
durant cette époque). Il s’agit d’une bourgeoisie
rurale, composée de gros propriétaires fonciers et de
quelques riches paysans, de notaires et d’homme de
loi, mais aussi de marchands et de négociants. De façon
générale à Barre des Cévennes, l’accès à la bourgeoisie
se fait essentiellement par le biais du commerce ou de
l’exercice des hommes de loi (notaire particulièrement).
La ville
Témoin des standards de cette classe de la population,
la Grand'Rue de Barre des Cévennes voit se construire
plusieurs maisons bourgeoises ou seigneuriales à partir
du XVIe siècle, dotées de fenêtre à croisées ou faites en
pierre de taille, dont il demeure quelques exemples.
Ces édifices, dont quelques uns ont été alignés lors de
l’élargissement de la Grand’rue à la fin du XIXe siècle,
dans les années 1880-1890, témoignent sans équivoque
du dynamisme de l’économie locale durant l’Époque
moderne et de l’essor consécutif de la bourgeoisie
locale. C’est également à cette époque-là, au début du
XVIIIe siècle, que le château neuf est entièrement rénové
par Jacques Le Picard de Selletot.
La fortification de la ville
Privilège qui accompagne l’essor du bourg, en 1445, le
seigneur de Barre, Louis de Taulignan, reçoit le droit de
fortifier la ville de la part du roi (« clore et fortifier »).
Il ne s’agit alors pas de construire un mur d’enceinte,
mais, au regard de la physionomie de l’agglomération,
de simplement fermer par des portes chacune des
extrémités de la rue principale.SPR de Barre-des-Cévennes / étude préalable / mai 2023
Bureau d’études : Agence Raphaneau Fonseca, architecture // Cyril GINS, paysage // Charlotte BLEIN, histoire // Alpicité, urbanisme 13
Plan du village , in Chabrol J.-P., 1983
L’économie
Comme nous l’avons souligné, les foires constituent
l’élément essentiel de l’économie locale, de la fin du
Moyen Âge au début du XXe siècle et leur nombre a varié
selon les époques, entre 12 et 15 par an. Elles étaient
relativement brèves (quelques heures), mais l’ensemble
du bourg était systématiquement mobilisé pour
l’évènement de la veille au lendemain et intégralement
investi, de la place de l’Orient (marché aux cochons) à la
Loue, en passant par les environs immédiats de l’église
(marché du bétail à laine et des caprins), la Grand’rue
(marchands divers), la Halles aux grains ou encore le
foirail (bovins). Durant leur apogée, les foires drainaient
des marchands de Lozère, de Haute-Loire, d’Aveyron,
du Cantal, de Var, des Bouches-de-Rhône, du Vaucluse,
de l’Hérault, du Gard, d’Ardèche et de Drôme. Barre
des Cévennes était ainsi intégré dans un vaste réseau
d’échange qui profitait largement aux productions
cévenoles telles que la soie par exemple revendue aux
foires internationales de Beaucaire ou à Lyon, ou encore
la laine, produite localement ou importée via Marseille,
Sète et Montpellier, et envoyée dans le haut Gévaudan
pour être travaillée.
Autre élément important de l’économie de Barre
des Cévennes : l’exploitation des communaux qui
permettait à la frange de la population la plus modeste
un complément de revenus certains (pâturage, bois,
défrichements, cultures).
Un privilège exceptionnel
Dès le Moyen Âge, au regard de son dynamisme
économique, Barre des Cévennes se voit attribuer
un privilège exceptionnel pour sa taille, celui de
s’administrer, bien que le seigneur local ait un
droit de regard sur cette administration. Dès le
XIVe siècle, elle obtient le consulat et voit s’organiser
différentes institutions et fonctions consulaires qui,
dans une certaine mesure, lui accordent le statut
de ville ainsi qu’une reconnaissance particulière.
Elle est en effet considérée comme l’une des
principales villes du Diocèse de Mende.
La Réforme
Dès les années 1530, c’est-à-dire très tôt, les idées
de la Réforme se diffusent à Barre des Cévennes,
en raison certainement des liens commerciaux
entretenus avec les villes du sud, telles Montpellier,
Nîmes ou encore Uzès. Barre des Cévennes a ainsi
constitué une des principales portes d’entrée du
Protestantisme dans les Cévennes et les notables
ont joué un rôle essentiel dans ce processus. On
notera d’ailleurs que durant l’époque moderne,
la plupart des bourgeois de Barre des Cévennes
sont des protestants. Les notaires par exemple
sont les premiers à adhérer à la Réforme et à la
diffuser. Ils accroissent ainsi leur notoriété. Durant
le XVIIe siècle, leur influence décroît légèrement,
tandis qu’au XVIIIe siècle des notaires catholiques
s’installent à nouveau dans la ville.
Les Guerres de religion ne perturbent pas l’équilibre
de la ville ainsi que son dynamisme économique.
Elles s’accompagnent par contre d’une augmenta-
tion de la population catholique.
Éléments d’architecture témoignant de la vitalité économique
de la ville durant l’Époque moderne, in Chabrol J.-P., 2013SPR de Barre-des-Cévennes / étude préalable / mai 2023
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1.5 L’ÉPOQUE CONTEMPORAINE (XIXE - XXE SIÈCLE) : LE DÉCLIN DES FOIRES
L’âge d’or de Barre des Cévennes et son essor
extraordinaire ont été relativement brefs sur l’échelle
des temps historiques (5 ou 6 siècles au maximum) et
le XIXe se caractérise par un affaiblissement notable
de l’économie et une baisse de la démographie de
l’agglomération. Ce phénomène est commun à la plupart
des territoires ruraux français, notamment marqué par
l’exode rural lié à l’essor industriel à partir de la première
moitié du XIXe siècle. Mais, à Barre des Cévennes, il
est encore accentué par le déclin progressif des foires
à partir du milieu du XIXe siècle et leur disparition au
début du XXe siècle.
L’évolution démographique de l’agglomération
Village médiéval, ville, puis village moderne, la
démographie de Barre des Cévennes est en effet le
reflet direct de l’histoire de ses foires. Au XVIIe siècle,
avant l’Édit de Nantes (1685), Barre connaissait une
population d’environ 530 habitants, tandis que les
Balmes et le Bousquet-La-Barthe en regroupaient
à elles deux un peu plus de 210. La population du
territoire de l’actuelle commune regroupait donc près
de 740 habitants. Quand les Balmes et le Bousquet-La
Barthe furent rattachés à Barre des Cévennes en 1830,
il y avait encore plus de 700 habitants sur le territoire de
la commune, tandis qu’elle en comptait moins de 700
après 1866, moins de 550 à la toute fin du XIXe siècle et
seulement 358 en 1931. À la fin du XXe siècle, il n’y avait
plus que 180 habitants à Barre.
L’évolution urbaine
Du fait de l’évolution démographique de la commune
durant les deux derniers siècles, la physionomie
de l’agglomération ne s’est guère modifiée depuis
le XVe siècle. Barre des Cévennes se résumait
principalement à un ensemble « de maisons contiguës »
organisées autour de la Grand’rue et c’est encore le
cas aujourd’hui, si l’on omet les constructions les plus
modernes qui se sont développées de part et d’autre du
« centre historique ». Tout au long de son histoire, Barre
des Cévennes s’est ainsi caractérisée par la concentration
de sa population au sein du bourg, contrairement à
ce que l’on constate de façon plus traditionnelle dans
l’ensemble des Cévennes où l’habitat est principalement
dispersé.
Parmi les changements notables de cette époque, il y
a notamment la destruction des portes qui servaient
à « clore et fortifier » la ville, situées à chacune des
extrémités de la rue principale, pendant la première
moitié du XIXe siècle.
Il y a aussi la construction du Temple au début du
XIXe siècle. Depuis la révocation de l’Édit de Nantes
et jusqu’à cette époque, la population protestante de
Barre n’avait pu bénéficier d’un lieu de culte. Ce n’est
qu’au début du XIXe siècle, une fois la liberté religieuse
accordée au Français en 1789, qu’un Temple est
construit à Barre des Cévennes, entre 1823 et 1826.
Carte postale ancienne : le Champ de Foire, début du XXe s.
Carte postale des années 50 : vue aérienne du village.SPR de Barre-des-Cévennes / étude préalable / mai 2023
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PARTIE 2
L'ANALYSE PAYSAGÈRESPR de Barre-des-Cévennes / étude préalable / mai 2023
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Barre des Cévennes
Le Pompidou
La Can l’Hospitalet
Ligne de partage des eaux
2.1 UNE COMMUNE DE TRANSITION ET D’INTERFACE, GÉOGRAPHIQUE, CLIMATIQUE ET PAYSAGÈRE
Barre des Cévennes s’inscrit en position dominante
par rapport au fin réseau des Gardons qui irriguent les
Cévennes.
Le village se situant au point de départ du Vallon de
Grisoulle qui alimente le Gardon de Sainte Croix. Vers
l’est et le Sud Est s’étirent les Cévennes, la plaine du
Languedoc et la Méditerranée.
A quelques centaines de mètres au nord ouest du
village, le cours d’eau (Malzac) ne chemine plus vers la
Méditerranée mais vers l’Atlantique.
Barre des Cévennes se trouve donc à la charnière de ces
deux unités qui ne sont pas que théoriques: au sud du
Castelas, les pentes sont fortes, les combes profondes,
tandis qu’au nord le paysage de vallée et de prairies
est plus doux surmontés par des «tables calcaires»
annonçant les paysages des Grands Causses.
Le Castelas, forme géologique ruiniforme, indissociable
de la silhouette de Barre des Cévennes assure cette
transition: son flanc sud est méditerranéen et son flanc
nord est atlantique.
En conséquence, cette ligne de crête qui traverse de part
en part la région forme une ligne de partage des eaux
qui distinguent les Cévennes Méridionales des Cévennes
Atalantiques: le village de Barre des Cévennes, perché à
950 mètre d’altitude , au pied du Castelas commandeait
l’un des passages les plus fréquentés entre les Basses et
les Hautes Cévennes.
Il apparait que cette grande différence de pente et de
géologie à permis une occupation différente des sols
dont la lecture est encore possible aujourd’hui. Au
nord, la plaines de Malzac pouvait accueillir des terres
labourables et des prairies comme en témoigne la
toponymie «Fromental» ou «Géminard», tout comme
la présence de trois moulins sur le cours de Malzac.
Aujourd’hui, ces anciennes terres labourables se sont
transformées en prairies clôturées mais ces parcelles
dessinent un paysage agricole encore très dessiné.
Au sud les terres plus pentues et plus pauvres
accueillaient plus favorablement les troupeaux ovins.
Ce mode d’occupation des sols génère un dessin du
terroir agricole moins lisible.SPR de Barre-des-Cévennes / étude préalable / mai 2023
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2.2 UN VILLAGE ET UNE GÉOLOGIE INDISSOCIABLES POUR FORMER LE GRAND PAYSAGE DE BARRE
Le village de Barre des Cévennes
Les jardins vivriers
Les pentes du vallon
de Grisoulle
La plaine agricole de Malzac La Castellas
Paysage de Malzac- Versant Atlantique Village - Ravin de Grisoulle - Versant Méditerranéen
Barre des Cévennes présente une silhouette
particulièrement remarquable visible depuis de très
nombreux points de vue.
Inscrite dans un paysage longtemps marqué par
l’agro-pastoralisme méditerranéen dont le mode de
mise en valeur, principalement fondé sur les parcours
ovins et les pâturages, a permis le maintien de paysages
remarquablement ouverts.
Au centre, de ce grand paysage, s’étire le village présen-
tant une silhouette bâtie remarquable, point focal au
centre de son territoire.
En outre, dans le cas de Barre des Cévennes, il ne s’agit
pas seulement d’une silhouette bâtie mais bien d’un en-
semble parfaitement indissociable fondé sur:
• Le Castelas,
• le village,
• la ligne de jardin vivrier
• Le ravin de Grisoulle.
C’est bien cet ensemble qui constitue la très grande uni-
té et visibilité de Barre des Cévennes.
En effet, le Castelas, qui domine le village de 50 mètres
environ, avec son relief ruiniforme, présente une forme
très caractéristique permettant d’isoler cette éminence
des autres reliefs de la région. Il en constitue une sil-
houette très singulière permettant depuis de nombreux
points de vue d’annoncer le village sans pour autant le
voir.SPR de Barre-des-Cévennes / étude préalable / mai 2023
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Vue aérienne du Castelas et du village de Barre-des-Cévennes - © Pierre Lahoud
Le site exceptionnel de Barre de Cévennes est donc bien
le résultat de l'articulation entre un paysage construit et
un paysage naturel très identifiable.
La barre rocheuse ayant permis l'implantation du village
en lui offrant un point de contrôle important, une pro-
tection contre les vents du nord et l'émergence de nom-
breuses sources.
En effet, géologiquement, le village s'est implanté au
contact de deux ensembles lithologiques majeurs : le
socle hercynien (constitué des « schistes des Cévennes »,
série caractérisée dans la région par un faciès dominant
de micaschistes quartzeux) et la couverture mésozoïque
(constitué de grès et de calcaires). Le contact entre ces
différentes couches horizontales de grès, de calcaires et
de shistes érodés favorise l'émergence de sources auto-
risant les implantations humaines.
Le Castelas, ensemble calcaire de forme allongée,
constitue donc une butte témoin que l'érosion a peu à
peu séparé des Grands Causses.
En outre, l’érosion à l’origine de l’individualisation du
Castelas a fonctionné de manière « différentielle » selon
la résistance des roches à l'érosion. En effet, certaines
couches de calcaire ont une composition chimique
particulière : les ions calcium ont été remplacés par des
ions de Magnésium donnant un calcaire spécial appelé
« dolomie », qui présente la particularité d’être moins
soluble que la calcite des calcaires ordinaires.
Cette particularité donne naissance à des reliefs très
particuliers, les reliefs dolomitiques ou ruiniformes,
permettant au castelas d'offir une silhouette
particulièrement marquante et pittoresque dans le paysage.
Le relief dolomitique du
Castelas
La table calcaire sommitale du
Castelas
Une synergie forte entre une silhouette géologique et une silhouette bâtie pour faire de Barre des Cévennes un point foacal dans le grand paysageSPR de Barre-des-Cévennes / étude préalable / mai 2023
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GR 67
Can Noire
Grisoulle Vallon de Malzac
La Can l’Hospitalet
Pont St Gallines
Le visage atlantique
Le visage cévenol
Vue depuis l’est
Le Castelas
Le village
2.3 UN VILLAGE ET DEUX VISAGES PAYSAGERS
Un village, une histoire mais également
une économie agricole qui ne peut se
penser sans ces deux «visages» très
complémentaires: le visage Cévenol et le
visage «atlantique». C’est le Castelas qui
permet le trait d’union entre ces deux
unités:
Au nord, sur le bassin versant atlantique,
domine les terres labourables où étaient
cultivés les céréales mais également les
grands pâturages communaux dont Barre
des Cévennes était largement pourvu. Ce
secteur est encore largement dominé par
un paysage fortement agricole.
Au sud, les pelouses pentues, domaine
de l’agro-pastoralisme méditerranéen et
les bancels (terrasses), qui servaient à la
culture du châtaignier en complément des
parcours ovins extensifs.SPR de Barre-des-Cévennes / étude préalable / mai 2023
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Le visage atlantique Le visage Méditerranéen
Ligne de partage des eaux
Vue depuis l’ouest Le Castelas, point d’articulation
de ces deux unités paysagères
C’est donc bien l’une des caractéristiques
importantes de Barre des Cévennes que d’être un
territoire de marche et de transition: une marche
paysagère, une marche géologique, une marche
climatique et une marche culturelle.
Cette notion de village «limite» ou de «marche» n’est
pas étrangère au caractère singulier de ce village
cévenol. En effet, la position géographique du village
l’a transformé en bourg commerçant et groupé
traversé par une rue centrale à la morphologie très
singulière dans le contexte cévenol ou caussenard
marqué par une forte dispersion de l'habitat.SPR de Barre-des-Cévennes / étude préalable / mai 2023
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Malzac RD 983
Castelas Barre des
Cévennes Ravin de Grisoulle
Combe de Malzac
La plaine de Malzac, le versant atlantique
1
2
3
4
3. Vue depuis le Castelas sur la fenêtre paysagère de la plaine de Malzac
2. Vue sur le Castelas et la plaine de Malzac depuis la RD 983
1. Vue sur le Causset et la plaine de Malzac depuis la RD 20
4. Vue sur le Malzac depuis le chemin du Bramadou
Au nord du Castelas, s’étire la vaste plaine de Malzac. Ce cours d’eau prend sa source sur le col de Rey à la limite ouest de la commune. Il chemine dans une petite combe boisée longée par la route départementale RD 983 avant d’entrer sur une plaine remarquablement ouverte et assez horizontale. Le ruisseau de Malzac est d’ailleurs obligé d’opérer plusieurs petits méandres pour contrer une topographie plane. Ce caractère marque d’ailleurs une différence forte avec le versant méditerranéen où les combes sont plus rectilignes en raison d’une topographie plus mouvementée.
Cette plaine est bordée au nord par une ligne de reliefs: le Can des Combes et le Causset qui ferme cette fenêtre paysagère très singulière marquée par une forte prégnance de l’agriculture aujourd’hui totalement dévolue à l’élevage. La continuité des prairies dont les limites sont fixées soit par des haies soit par des clôtures en pieux de châtaigniers offre une forme paysagère très structurante du paysage.
La silhouette bâtie de Barre ne s’offre pas à la vue depuis cette fenêtre paysagère. Néanmoins le Castelas est très présent et offre une forme de pivot au coeur de ce paysage. Il annonce le village de Barre des Cévennes même si ce dernier demeure invisible.SPR de Barre-des-Cévennes / étude préalable / mai 2023
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Le visage cévenol et méditerranéen
Chemin des Combes
Ravin des Grisoulles
Le Castelas La Can Noire
Barre des Cévennes
Malzac
1
2
3
1. Vue sur la silhouette du village depuis le chemin de la Can Noire
2. Vue sur la silhouette du village depuis les antennes
3. Vue sur la silhouette du village depuis Billière
4. Vue sur la silhouette du village depuis la RD 983 sous le village de vacances
Côté sud, le paysage plonge profondément en direction du ravin de Grisoulle qui chemine à près de 100 mètres en contre-bas du village. Le village s’inscrit alors en belvédère en surplomb du grand paysage cévenol.
C’est depuis ce secteur que les points de vue sont les plus spectaculaires embrassant à la fois la silhouette bâtie du village mais également le Castelas. Les points de vue sont nombreux : en contre plongée depuis Billière, de face depuis le GR 67 ou depuis les entrées nord et sud du village.
Depuis le sud, s'appréhende l’ensemble du paysage de Barre des Cévennes: La couronne de jardins, la silhouette du village et le paysage ruiniforme du Castelas.SPR de Barre-des-Cévennes / étude préalable / mai 2023
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Le caractère spectaculaire du versant méditerranéen : une combe rectiligne, une silhouette affirmée surmontée par le paysage ruiniforme du Castelas
Le versant méditerranéen et son caractère spectaculaire :
Le versant atlantique marqué par l’ondulation du paysage :
Un versant très agricole, marqué par une ondulation du paysage, la pontuation des mas bâtis, les haies et les arbres isolésSPR de Barre-des-Cévennes / étude préalable / mai 2023
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Vallon de Malzac
Barre des Cévennes et sa silhouette
La silhouette de Barre des Cévennes surmontée par le Castelas
Moulin de Géminard
2.4 UNE TRÈS GRANDE DIVERSITÉ D’AMBIANCES
Barre des Cévennes est marqué par
un contexte paysager pluriel dont le
centre et le point d’articulation sont
identifiables par le Castelas.
Si physiquement le village est tourné
vers le sud, son arrière «pays»
agricole n’en demeure pas moins
fondamental dans la structuration
agro-pastorale du territoire dont
l’économie repose à la fois sur les
terres de parcours mais également
sur les terres labourables.
Dans l’articulation de ces deux
espaces, le Castelas peut-être
considéré comme un monument
paysager autour duquel s’organisent
les différentes ambiances paysagères.SPR de Barre-des-Cévennes / étude préalable / mai 2023
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Ancien hôtel de la Corniche
(1920-1925)
2.4 LES ÉLÉMENTS SIGNAUX DU VILLAGE: UN DIALOGUE ENTRE ÉLÉMENTS BÂTIS ET PAYSAGERS
Hangar Place de la Loue et poid public
Le temple
L’église
Place de l’Orient et
bâti «au Grand Orient»
Station
d’épuration
La Gendarmerie
Salle polyvalente
Village vacances
Lotissements
Jardins vivriers
Castelas Le Causset Col des Pauses Serre Long et Fontmort
Dans le Grand paysage et principalement depuis les coteaux nord de la Can Noir située en face du village, la silhouette du village est identifiable par de nombreux éléments signaux bâtis et non bâtis qui entrent en résonnance:
Parmi les éléments bâtis se trouvent:
• La morphologie générale du village étirée en piémont du Castelas
• Quelques constructions marquantes (Temple, église, ancien hôtel...)
• Les équipements publics des années 1970 à l’entrée Est du village
• Le village de Vacances prolongé par le lotissement à l’est du village
Parmi les éléments paysagers qui complètent et dialogue fortement avec le village et son architecture se trouvent :
• Les reliefs écrins d’arrière plan (Le Causset)
• le Castelas qui surplombe le village
• L’étirement situé à l’est du village du col des Pauses et du Plan de Fontmort
• Les jardins vivriers
• Le socle du village jusqu’au vallon de Grisoulle dont les caractères sobre et ou-
vert sont indispensables à la lecture de la silhouette du village.SPR de Barre-des-Cévennes / étude préalable / mai 2023
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La Can des Ferrières La Can des Combes Le Causset
Le Castellas et le village
2.5 UN VILLAGE ET TROIS SÉQUENCES D’APPROCHE
L’approche progressive : la Combe de Malzac - Le travelling paysager
Depuis le col de Rey, la RD 983 chemine dans la combe de Malzac: relativement étroite. La combe offre peut d’ouverture. Néanmoins, au détoure de quelques virages apparait le Castelas annonciateur du village (si l’on considère le Castelas comme l’un des monuments du village). Il faut attendre le franchissement du quartier Saint Pierre pour que le paysage s’ouvre progressivement et que le Castelas devienne de plus en plus présent.
Il faut attendre une très légère remontée de la route, sur la ligne de partage des eaux qui marque l’entrée ouest de Barre des Cévennes, pour que le regard puisse embrasser le village de Barre des Cévennes au pied du Castelas. En conséquence, depuis le col de Rey, cette approche du village est très progressive et cinématographique avec des effets d’annonces, de suggestions et de suspens.
Grâce au Castelas et à sa silhouette singulière annonciatrice du village, «la présence-absence» du village s’appréhende depuis de très nombreux points de vue qui dépassent de loin la stricte visibilité de la silhouette du village. En conséquence, l’approche de Barre des Cévennes s’apparente à un trevelling paysager depus la présence lointaine du Castelas, jusqu’à la lecture de sa silhouette ruiniforme puis la découverte du village implanté sur son flanc sud.SPR de Barre-des-Cévennes / étude préalable / mai 2023
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1
2
3
4 5
1. Depuis la combe, le Castelas constitue le point focal et annonce le village
2. A la sortie de la Combe, le paysage s’ouvre, le Castelas demeure au centre du paysage
3. A partir du quartier de Saint Pierre, les premiers alignements d’arbres annoncent l’approche du village toujours signalé par le Castelas
4 Ultime remontée de la route avant la découverte «attendue» du village.
5 Découverte du village et de la combe des Grisoules une fois la dernière «bosse» de la chaussée franchieSPR de Barre-des-Cévennes / étude préalable / mai 2023
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L’approche «frontale» - Depuis le Sud : lecture franche de la silhouette du village
1
2
3 4
1 Depuis Billière
2 Depuis le village de vacances
3 Depuis le GR 67/7 4 Depuis la can Noire
En rupture avec l’approche progressive de l’ouest, la perception sud présente un caractère très spectaculaire qui permet la découverte simultanée des quatre grands ensembles paysagers qui composent le village: le vallon de Grisoulle, les jardins vivriers, la silhouette bâtie et le Castelas.SPR de Barre-des-Cévennes / étude préalable / mai 2023
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L’approche par rapport au flanc nord du Castellas
Le moulin de Roux Les Bastides Le Fromental
Enfin depuis le nord et la fenêtre paysagère centrée autour du vallon de Malzac, la découverte du village ou plus exactement son intuition s’opère par le truchement du Castelas qui apparait alors comme un monument constitutif du paysage villageois de Barre des Cévennes.
Les points de vue sur le Castelas sont nombreux puisque cette butte témoin ferme le paysage de la plaine au sud. Par ailleurs sa silhouette nord, boisée de pins noirs, apparaît comme une tache sombre omniprésente dans le paysage.
Par contraste, s’étire au cœur de la plaine la marqueterie des prairies herbeuses closes de piquets en châtaigniers qui constituent un élément récurrent important dans le paysage de la plaine de Malzac.
Le vallon de Malzac
La plaine de Malzac depuis le sommet du CastelasSPR de Barre-des-Cévennes / étude préalable / mai 2023
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2.6 CHEMINS ET DRAILLES
Sous l’Ancien Régime, le Gévaudan est une région
très mal drainée par les axes de circulation. Il existe
néanmoins des échanges d’une certaine importance
avec le Bas Languedoc. Il s’agit toutefois d’une
circulation essentiellement interne menant vers les
localités accueillant des foires ou des marchés1.
Le réseau de grands itinéraires comprend les
collectrices, les drailles, fréquentées par les troupeaux
de transhumants, les chemins muletiers accessibles aux
piétons, cavaliers, convois de mulets et troupeaux, puis
à partir du milieu du XVIIe siècle des routes utilisables
par les diligences.
La situation de Barre a une importance significative
dans cette histoire des échanges puisque parmis les
collectrices les plus anciennes et les plus fréquentées, il
y avait celles arrivant du Bas Languedoc (collectrice de
L'Asclier) rejoignant Florac par le col de Rey d'orientation
Sud/Nord. La draille reliant Anduze à la collectrice de
l'Asclié la rejoignait au col de Rey constituant un site de
péage pour les troupeaux avant d'amorcer la descente
sur Florac.
La draille reliant Anduze au col de Rey a probablement
très tôt été utilisée pour d’autres fonctions que la seule
transhumance et former un chemin de muletier. Cet
itinéraire de crête sera intégré aux chemins royaux
permettant notamment de faciliter le contrôle de la
région et de lutter contre les protestants des Cévennes.
Un temps abandonné, le club Cévenol militera pour
sa réouverture à des fins touristiques. La route est
réouverte à la grande circulation le 17 août 1930, sous
le nom de « Corniche des Cévennes »2.
1 Jean Delaspre, 1994
2 Marc Lemonnier, https://www.reveeveille.net/candelhospitalet/histoire-de-la-corniche-des-cevennes/
Bien que situé quelques kilomètres à l'écart de ce point
de passage majeur, le bourg de Barre était traversé
d'une part par une draille amenant les troupeaux aux
pâturages du Bougès et du Lozère et d'autre part par
un chemin de muletiers venant d'Alès également classé
comme chemin royal des Cévennes en 1684. Ainsi, s'il
ne constitue pas un carrefour routier de premier plan,
le bourg de Barre est un lieu de passage important. Le
péage du Col de Rey constituera l'une des sources de
richesse et de puissance des seigneurs de Barre durant
l'Ancien Régime.
La plupart des communes qui bordent la collectrice
principale de L’Asclié (Vébron, Cans et Cévennes...)
possèdent un ensemble villageois situé en aval « en
bas » (vallée du Tarnon, de la Mimente, vallée Française
ou vallée Borgne), et des quartiers plus modestes le long
de la collectrices et des plateaux d’altitude traversés. En
effet, chaque hameau situé dans la vallée disposait d’
une « jasse » ou un hameau d’estive. L’activité agricole
s’organisait entre ces deux pôles selon les saisons, en
une sorte de semi nomadisme saisonnier.
Cet étagement et cette compémentarité du bâti se
retrouve pas ou peu à Barre des Cévennes, qui ne
dispose pas d’écarts en direction du plateau de la Can
l’Hospitalet et de la collectrice qui le traverse.
Barre des Cévennes se distingue donc des vallées
proprement cévenoles qui sont marquées par la
dispersion du bâti et l’étagement de l’organisation du
territoire.
Photo prise vers le nord en direction de l’Hospitalet
que l’on devine au fonds, l'emprise de la draille
est large de plusieurs dizaines de mètres (Marc
Lemonnier, https://www.reveeveille.net/candelhos-
pitalet/la-draille-de-margeride)
Carte de la collectrice Nord/ Sud parfois appelé
la draille de la Margeride ou collectrice de
l’Asclié. Barre des Cévennes se situe à quelques
kilomètres à l'ouest de cette voie importante.SPR de Barre-des-Cévennes / étude préalable / mai 2023
Bureau d’études : Agence Raphaneau Fonseca, architecture // Cyril GINS, paysage // Charlotte BLEIN, histoire // Alpicité, urbanisme 31
Cadastre Napoléonien de 1823:
Carte IGN Actuel
1
1. Le chemin muletier 1. Ponceau sur le chemin muletier
2. Le GR 67 ancien chemin muletier permettant de relier le Pompidou et les vues qui s'ouvrent sur la silhouette du village
Ancienne draille
Ancien chemin muletier
GR 67 (ancien chemin muletier entre Barre et le Pompidou)
2
Les drailles sont indissociables l’agro-pastoralisme
cévenole permettant une complémentarité entre les
différents étages de cultures et un lien entre les plaines
de la Méditerranée (La Crau) et les terroirs d’altitude.
La spécificité de l’organisation villageoise barroise, dont
le bâti est groupé, réside dans le peu d’étages de culture
nécessitant des voies entre les différentes unités bâties.
La plupart de l’organisation agricole s’organise donc
autour du village avec une couronne de jardins vivriers,
des surfaces importantes dévolues aux pâturages d’été
permettant l’engraissement des animaux et quelques
terres labourables.
Là encore, l’importance historique du paturage et des
terres labourables ancre davantage le terroir de Barre
des Cévennes dans l’aire plus septentrionale du Mont
Lozère que dans l’aire cévenole.
En conséquence, la centralisation des activités n’a pas
engendré la construction d’un tissu de chemins et de
drailles très conséquent :
Les chemins principaux permettait de lier:
• Barre à Florac par le Col de Rey (point d’accroche avec
la collectrice)
• Barre à la Vallée Française par le Plan de Fontmort
• Barre à la vallée de la Mimente en passant par le
moulin de Géminard ou celui de Roux
• Barre au Pompidou
Ces principaux chemins ont été le support de la création
des routes départementales au cours du XIXe siècle.
Ce patrimoine subsiste donc à l’état de « reliques» à
proximité de Barre des Cévennes.
Le chemin le plus qualitatif est l'ancien chemin muletier
permettant de relier le village à Mazeldan. Le passage
de la RD 983 en amont a permis de conserver l’intégrité
de ce chemin.
1. Vue sur le chemin muletier de
Mazeldan encore très préservé
1SPR de Barre-des-Cévennes / étude préalable / mai 2023
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2.7 JARDINS VIVRIERS
Jardins vivriers qui s’étagent
sous la silhouette du village.
L’organisation des jardins situés sous le village. Les jardins
sont entourés de murs permettant d’offir un micro-climat
nécessaire à cet altitude.
Chemin de desserte des jardins entourés
de hauts murs. Les jardins sont rendus
accessibles par des portes.
La ligne de jardins qui souligne la silhouette de Barre des Cévennes. Ils s’organisent sous la rue de «sous Barre» en offrant ine interface de très grande qualité entre le village et le grand paysage.
Jardins vivriers
Jardins d’interface entre le village et le
Grand paysage.
La ligne de jardins soulignant la silhouette du village
Barre des Cévennes offre un système de jardins vivriers
remarquablement complets. Ils se présentent sous
la forme de parcelles organisées à la parallèle des
courbes de niveaux relativement longues et étroites
étagées dans la pentes et soutenus par des murs de
pierres sèches, les faïsses ou bancels.
Ces jardins sont entourés de hauts murs permettant
à la fois de les borner mais sutout d’offrir un micro-
climat favorable sur ces terres d’altitude.
Ils sont maillés par des accès perpendiculaires à la
pente. Les murs de clôtures sont percés de portes
permettant la desserte des parcelles cultivées.
La plupart de ces jardins sont pourvus de bassins ou
de sources provenant de resurgences.
Ces jardins soulignent la silhouette du village et
constituent une part importante du système agro-
pastoral complet entre parcours, terres labourables
et jardins, reprenant une division du finage agricole
caractéristique: L’hortus, l’ager et le saltus.
Le paysage lié aux jardins vivriers est
indissociable de la rue «Sous Barre»
qui marque l’interface entre le village
et les espaces plantés. Il s’agit d’une
véritable rue «belvédère» ouverte
sur le grand paysage, bordée par des
soutènements en pierres à l’ amont
et par les murets de protection des
jardins en aval.SPR de Barre-des-Cévennes / étude préalable / mai 2023
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Le village-rue de Barre des Cévennes s’organise autour d’une variété d’espaces publics fortement hiérarchisés et lisibles dans le paysage urbain:
• Les rues principales organisées à la parallèle des courbes de niveaux. Elles sont étagées dans la pente (Rue de l’Eglise, rue principale et rue sous Barre. Ces rues sont plurifonctionnelles assurant le transit, la desserte locale et le maillage du bourg. Par ailleurs, ces rues (notamment la rue principale) sert également d’espace public important au sein duquel se tenaient les foires et activités villageoises. En effet, si la limite entre espace privé et espace public est assez claire le long de ces voies (façades, murets...), les activités du bourg généraient un débordement des activités privées sur la rue.
• Les places structurent le village selon plusieurs configurations. Elles peuvent être situées aux extrémités du village (Place de la Loue et place de l’Orient), constituer une articulation entre deux voies principales (Place de la Madeleine) ou servir de «parvis» (place du Bladarié située devant l'église), accueillir une fontaine essentielle pour les usages domestiques (place du Thérond). La grande place du Foirail, ancienne place du marché aux animaux est située au sud du village pour profiter d'un espace plus important.
• Les Androunes qui permettent de lier les trois rues principales étagées en franchissant le dénivelé à la perpendiculaire des courbes de niveau.
Les places principales
Les voies principales
Les Androunes
Rue de l’église
Rue Principale
Rue sous Barre
RD983
Place de l’Orient
Place du Foirail ou du
Pourcarié
Place de la Madeleine
Place du Bladarié
Place du Thérond
Place de la Loue
2.8 LES ESPACES PUBLICSSPR de Barre-des-Cévennes / étude préalable / mai 2023
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Place et fontaine du Thérond La rue principale Androune du Castelas
Rue des Jardins La rue principale La place de l’OrientSPR de Barre-des-Cévennes / étude préalable / mai 2023
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1. Passage du Théron 2. Rue des Jardins, liant la rue principale à la rue sous Barre
3. L’Androune 4. Ruelle du château 5. L’Androune du Castelas
1 5
2
4
3
Repérage des androunes principales :
Ces voies secondaires situées à l’écart des contingences liées à
la circulation automobile ont souvent conservé un traitement de
sol caladé réalisé en pierres calcaires posées sur chant ou à plat.
Quelques androunes sont traitées sous la forme de pas d’âne.
Les traitements de sol très qualitatifs des androunes de Barre des Cévennes
Les Androunes
Pour desservir les voies principales étagées dans la pente, un fin réseau de calades nommées les androunes variant de 2 à 4 mètres de large lient la rue principale aux rues supérieure et inférieure.
Organisées à la perpendiculaire des courbes de niveaux, ces chemins sont
généralement caladés ou pavés et le dénivelé est franchi grâce à un système de «pas d’ânes» permettant d’atténuer la pente tout en permettant le passage des charettes.SPR de Barre-des-Cévennes / étude préalable / mai 2023
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Les rues et places
La place de la Madeleine et la rue principale
Place de la Loue et du poid public située à l'entrée
ouest du village
La place du Blédarié non revêtue servant de parvis à l'église. La vente du grain s'effectuait à cet endroit expliquant la topnymie de la place
Les places du village ont des fonctions urbaines
permettant de gérer le croisement de plusieurs rues
dans le village ou en articulant les extensions opérées
dans la seconde moitié du XIXe siècle (Place de l'Orient).
Sur un plan économique et social, ces places servaient
surtout à offrir au bourg des espaces ouverts permettant
la tenue des foires et marchés dans un espace très
contraint par l'étroitesse de la rue principale.
Ainsi, la place du Foirail situé hors du bourg principal
permettait la réunion d'un grand nombre d'animaux
lors des foires aux bestiaux comme en témpoigne la
carte postale ci-contre. La place, située hors des flux
principaux du village sert aujourd'hui de poche de
stationnement.
La place située devant l'église ou place Blédarié
permettait à la fois d'offrir un parvis mais surtout un
espace où pouvait s'échanger le grain.
La place de la Loue, à l'extrémité ouest du village
permettait d'accueillir le poid public du village.
Par ailleurs, dans un contexte d'espace assez contraint,
les rues et notamment la rue principale constitue un
véritable espace public au sein de laquelle les foires et
marchés pouvaient déborder effacant les distinctions
rue/place, privé/public, intérieur/extérieur..SPR de Barre-des-Cévennes / étude préalable / mai 2023
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La place d’Armes (ancienne place du Foirail)
La place de l’Orient
La place d'Armes s'appelait, au Moyen Âge, la place de la "Pourcarié”, car elle servait de marché aux porcs. Par la suite, la marché s'est ouvert aux bœufs, aux chevaux et aux mulets, elle a donc été rebaptisée “place du foirail” avant de devenir place d'Armes à la Révolution.SPR de Barre-des-Cévennes / étude préalable / mai 2023
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1
2
3
1. Premier hangar qui annonce l’entrée dans le village. Très mar-
quant dans le paysage d’entrée de village, il représente un enjeu
fort. La commune projète la réalisation d’un «béguinage» pour
personnes agées
2. En longeant le hangar (projet de béguinage). Au nord, se trouve
une aire de jeu pour enfants abrités sous les frondaisons
3. En approchant de l’ancien hôtel du Castelas, «signal» dans le
paysage
L’entrée Ouest
4. La place de la Loue qui annonce l’entrée dans le village rue
L’entrée ouest est marquée à la fois par
une ouverture paysagère exceptionnelle
sur la silhouette du village et le vallon de
Grisoulle mais également par un hangar
(ancien bâtiment agricole) très marquant
et à fort enjeu pour la qualité de l’entrée
ouest du village.
Dans son PLU, la commune envisage la
création d’un béguinage pour personnes
âgées.
En se rapprochant du village, l’ancien
hôtel du Castelas constitue un signal
marquant séparé de la place de la Loue
par un espace de respiration. Ce dernier
isole clairement le village «historique»
des extensions plus récentes.SPR de Barre-des-Cévennes / étude préalable / mai 2023
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1. Accroche de la rue de l’église avec la rue principale (RD 13).
Enjeu de qualification de cette entrée qui annonce la structure du
village
2. Au pied des bâtiments publics, très marquants dans le paysage
et ouvert en surplomb du vallon de Grisoulle
3. Espace de respiration entre les bâtiments publics et la place de
l’Orient
L’entrée Est
4. La place de l’Orient qui annonce l’entrée dans le village-rue
1
2
3
4
L’entrée Est présente un paysage
hétéroclite mais très marquant dans
le paysage. L’approche du village est
marquée par l’intersection entre la rue
de l’église et la RD 13 qui annonce la
structure du village étagée le long de
trois rues principales. La qualification
de cette intersection représente un
enjeu fort.
En poursuivant vers le village,se trouve
un alignement de bâtiments publics
construits dans les années 1970
qui sont établis à l’alignement de la
voie en balcon sur le grand paysage.
Leur prégnance présente des enjeux
paysagers et architecturaux importants.
Ils sont séparés du village par un petit
espace de respiration permettant
d’isoler (comme pour l’entrée Ouest)
le village d’origine médiévale de ces
extensions plus récentes.SPR de Barre-des-Cévennes / étude préalable / mai 2023
Bureau d’études : Agence Raphaneau Fonseca, architecture // Cyril GINS, paysage // Charlotte BLEIN, histoire // Alpicité, urbanisme 40
PARTIE 3
L'ANALYSE URBAINE ET ARCHITECTURALESPR de Barre-des-Cévennes / étude préalable / mai 2023
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3.1 L'HABITAT DISPERSÉ
Barre des Cévennes se distingue des communes des
vallées proprement cévenoles où l'habitat dispersé est
prépondérant. Ainsi, on ne retrouve qu'un petit nombre
de hameaux et de fermes isolées sur le territoire
communal 1.
Il existe quatre hameaux principaux : Malbautard et
Malbautier situés au Nord de la commune, regroupant
quelques fermes chacun ; le hameau de Vergougnoux,
formant d’avantage un petit village avec des maisons
de type villageois, hautes et mitoyennes ainsi qu'une
maison forte ; le hameau de Mazeldan, situé au sud de
la commune et regroupant également quelques fermes
dispersées.
Les fermes isolées se situent généralement au pied de «
cans », à l'abri des vents du nord et à la limite des grès et
des schistes d'où jaillissent quelques sources.
La commune possédait trois moulins encore existants
le long du ruisseau de Malzac. Les ouvrages associés
(béals, retenues d’eau,…) sont encore présents.
1 En 1789, on signalait seulement « sept petits hameaux ou maisons à la
campagne » ; neuf en 1831 (Chabrol)
Ferme des Combes. Vaste ferme fortifiée.
Hameau de Mazeldan. Regoupement de quatres fermes principales
de type cévenoles, dipsosées en U autour de cours ouvertes.
Lieu-dit La cure, ancien prieuré.
Hameau de Malhautier. Regroupement de cinq fermes de type
cévenoles, implantées dans la pente et très regroupées.
Hameau de Vergougnoux regroupant une dizaine de maisons et
une maison forte.
Barre des Cévennes
Moulin de Geminard.
Hameau de Malhautard. Regoupement de deux fermes principales
de type cévenoles, dipsosées en U autour de cours fermées.SPR de Barre-des-Cévennes / étude préalable / mai 2023
Bureau d’études : Agence Raphaneau Fonseca, architecture // Cyril GINS, paysage // Charlotte BLEIN, histoire // Alpicité, urbanisme 42
Le bâti situé dans les écarts se regroupe généralement
en hameaux qui constituent de petites agglomérations
qui étaient dépourvues d'enceinte. C'est principalement
l'activité agricole qui y a conditionné l’organisation du
bâti ainsi que les modes de vie.
A Barre des Cévennes, les hameaux ne sont formés
que de quelques mas agricoles et reprennent pour la
plupart les caractéristiques de l'habitat cévenol. Ainsi,
ils s’implantent sur des versants à forte pente, ils sont
entourés de terrasses de cultures et situés à proximité
de la châtaigneraie et de points d’eau. L’espace utilisable
est rare, donc optimisé, conduisant à un regroupement
du bâti qui s'établi sur un parcellaire serré.
Le mas traditionnel se compose d'un corps de bâtiment
principal implanté le plus souvent perpendiculairement
à la pente, autour duquel s'articulent des bâtiments
annexes pour l'exploitation agricole.
Spécifique aux Cévennes, la clède constitue l'une de
ces annexes. Apparue dès le XVIe siècle, elle servait de
séchoir à châtaignes. C'est un petit bâtiment de deux
niveaux, le plancher à claire-voie est constitué de
poutres, de solives et de lattes disjointes.
La magnanerie est également un bâtiment caractéristique
du secteur. Avec le développement de la sériciculture
à partir du XVIIIe siècle, les cévenols ont adapté leur
maison en y ajoutant une magnanerie. Ce local servant
à l'élevage du ver à soie devait comprendre un espace
ventilé, chauffé et aéré. On retrouve donc généralement
une série de fenêtres hautes et étroites, des cheminées
régulièrement espacées dans les angles du bâtiment et
sur les murs gouttereaux, des murs intérieurs, jointoyés
ou enduits, et badigeonnés à la chaux.
Lieu-dit la Billière
Lieu-dit le Mazeldan
1-Encastrement dans la pente et les
faïsses
2-Volume de base
3-Volume de base avec surélévation
et extensions parallèles aux courbes
de niveau
Source : Maisons des Cévennes,
PNC 2010
Lieu-dit le Malhautier
Lieu-dit le Malhautard Magnanerie au Mazeldan
Lieu-dit le Bartas
L'habitat de type Cévenol
Les principes constructifs sont simples, la portée des
poutres définit la largeur des pièces (environ 4m) et
la simplicité des charpentes (pannes de mur à mur)
donne une architecture aux volumes simples, avec une
toiture à deux versants dont l’inclinaison est imposée
par l’utilisation de la lauze de schiste (de l’ordre de 35 à
45%). Ainsi, le mode constructif détermine largement le
gabarit des bâtiments. Les murs sont rarement enduits.SPR de Barre-des-Cévennes / étude préalable / mai 2023
Bureau d’études : Agence Raphaneau Fonseca, architecture // Cyril GINS, paysage // Charlotte BLEIN, histoire // Alpicité, urbanisme 43
Dans la zone centrale de la commune, dominée par les
"cans", petits monts au relief moins escarpé que les
vallées, se sont développées des fermes isolées, dont
les caractéristiques architecturales s'apparentent aux
fermes des plateaux lozérien (Causses, Mont Lozère,
Margeride).
Sur des pentes plus faibles, l'implantation du bâti est
généralement parallèle aux courbes de niveau, sous un
affleurement rocheux qui protège des vents dominants.
Les volumes sont ramassés et leur hauteur reste limitée.
L'activité d'élevage y est prépondérante ; aInsi, la
bergerie constitue un volume important s'étirant en
longueur. Sur la dizaine de fermes situées dans le
secteur, on retrouve plusieurs dispositions : la grange
peut former un bâtiment indépendant avec deux
niveaux (selon la typologie des fermes du Mont Lozère)
: le rez-de-chaussée pour le bétail et le premier étage
pour le stockage de la paille et du foin, accessible par le
pignon avec le niveau haut du terrain ou par une rampe.
Plus rarement, bergerie et habitation sont regroupées
dans un même bâtiment avec les bêtes au rez-de-
chaussée et le logis à l'étage (selon la typologie des
fermes caussenardes).
Les bâtiments annexes (abri, four, clède) peuvent se
juxtaposer aux bâtiments principaux pour former une
cour.
Les principes constructifs diffèrent peu de l'habitat
cévenols, on retrouve les murs épais constitués d'un
double parement de moellons, les couvertures en
lauze de schiste, en revanche les charpentes sont plus
élaborées avec des fermes pour couvrir les vastes
volumes de grange.
Lieu-dit Bel air
Lieu-dit Le Bramadou Lieu-dit Les Bastides
Carte postale ancienne, vue du vallon du Malzal et de ses fermes
Lieu-dit Fromental Lieu-dit Le Bouquet
Les fermes de plateau
Source : Maisons des Cévennes, PNC 2010SPR de Barre-des-Cévennes / étude préalable / mai 2023
Bureau d’études : Agence Raphaneau Fonseca, architecture // Cyril GINS, paysage // Charlotte BLEIN, histoire // Alpicité, urbanisme 44
Il existe trois moulins hydrauliques sur la commune, tous
implantés le long du Malzac, les moulins de Géminard
et de Quet étant installés chacun sur un versant à
l’élargissement d’une vallée affluente. Jean-Paul Chabrol
révèle que leur production était relativement modeste,
pénalisée par le faible débit du ruisseau1. Les meuniers
étaient également paysans, les moulins forment donc
un ensemble bâti comprenant également le logis et la
ferme.
1 "Les susdits moulins sont à eau et ne sont propres que pour moudre le
seigle et le millet ; ils ne peuvent être occupés que pendant la moitié de
l'année à cause du manque des eaux" Chabrol, 1983
Moulin de Géminard
Extraits du cadastre napoléonien de 1823 indiquant l'emplacement des arrivées d'eau
Moulin du Quet Moulin du Roux
Les moulins
De développement médiéval, le moulin cévenol est mu par
une roue horizontale entraînée par un jet d'eau libéré sous
pression d'un réservoir, lui même alimenté par un canal
conduisant l'eau dérivée du cours d'eau par un barrage.
On retrouve tous ces ouvrages en place pour le moulin de
Géminard.SPR de Barre-des-Cévennes / étude préalable / mai 2023
Bureau d’études : Agence Raphaneau Fonseca, architecture // Cyril GINS, paysage // Charlotte BLEIN, histoire // Alpicité, urbanisme 45
Outre la clède et la magnanerie vu précédemment, les
fermes possédaient d'autres annexes correspondant
aux modes de vie traditionnels.
Durant l'ancien régime, la cuisson du pain était un
privilège du seigneur (four banal), ensuite les fours
privatifs se sont multipliés. Il peut être intégré à la
maison ou constituer un bâtiment isolé. Il est toujours
conçu sur le principe de la voûte sphérique plus ou
moins aplatie, formée de pierres taillées bloquées dans
un assemblage précis.
Les hameaux possédaient leurs fontaines, généralement
sous la forme de bassin servant d'abreuvoir ou de lavoir.
Elles pouvaient être couvertes.
Dans cette région majoritairement protestantes, les
croix de chemin sont peu nombreuses. Il existe deux
croix en fer aux entrées Est et Ouest du bourg. En
revanche, il existe des cimetières familiaux dans de
nombreux lieux-dits.
Fontaine du hameau de Malhautier
Four à pain du hameau de
Malhautard
Four à pain du moulin de Géminard
Cimetière protestant du moulin de Géminard
Fontaine du hameau de Vergougnoux
Le petit patrimoineSPR de Barre-des-Cévennes / étude préalable / mai 2023
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Château de Terre-Rouge (disparu)
Le bâtiment était constitué d'une tour carrée de 5m
environ de côté et 10m de hauteur, d'une grande salle
sous voûte. La façade mesurait environ 20 mètres de
long, et présente les caractéristiques d’un château-fort
à usage militaire. Il pu être associé à l'Hospitalet situé
à 3km plus au nord et tenu par un ordre religieux pour
l'accueil des pèlerins et voyageurs au croisement de
routes importantes.
3.2 LE PATRIMOINE MONUMENTAL RÉPARTI SUR LE TERRITOIRE COMMUNAL
Barre des Cévennes est le résultat d'une fusion de trois
communes au XIXe siècle. Elles formaient des paroisses
distinctes avec chacune leur lieu de culte (l'église Notre
Dame de l'Assomption pour Barre, Notre-Dame des
Balmes et l'ancienne église paroissiale du Bousquet de
la Barthe aujourd'hui ruinée) ainsi que différents fiefs
matérialisés par des châteaux ou maisons fortes (Les
Balmes, Terre Rouge, Vergougnoux).
Notre-Dame des Balmes
Le site était à l’époque romane le siège d’un castrum.
Une voie fréquentée entre Barre et Saint-Julien-d’Arpaon
(eux aussi sièges de castra de la même baronnie) est
sans doute à l’origine de cette double implantation du
sanctuaire prioral pour l’accueil, et du château pour la
garde et le contrôle. Au XIVe siècle, Les Balmes étaient
devenues prieuré séculier comme Barre-des-Cévennes.
La paroisse existait encore au XVIIIe siècle.
L'église Notre-Dame des Balmes 1 est orientée. Son
plan simple, d’une nef peu développée, couverte en
berceau plein cintre, prolongée par une courte travée
droite de chœur, est typique des églises romanes de
l’ancien Gévaudan. L’abside est voûtée en cul-de-four.
Le parement de l'ensemble est construit en bel appareil.
1 sources : www.sauvegardeartfrancais.fr
Le château des Balmes
Il est cité dès le XIIIe siècle. Le corps de logis est en
forme de U sur trois niveaux. Une tour donnant sur une
cour intérieure pouvait servir de cage d'escalier ou de
pigeonnier.
La façade principale orientées au sud est caractéristique
de l'époque Renaissance avec ses ornements en pierre
de taille : bandeaux moulurés, baies à croisées dont
celle du rez-de-chaussée, l'encadrement est finement
sculpté et torsadé, surmonté d'un larmier reposant
sur deux corbeaux sculptés sous la forme de figures
humaines.
Le château du Vergougnoux
Il faisait partie de la
paroisse des Balmes.
Le corps de logis
rectangulaire à trois
niveaux est flanqué
deux tours-pigeonniers
rondes à quatre
niveaux.
Château des Balmes
Notre-Dame des BalmesSPR de Barre-des-Cévennes / étude préalable / mai 2023
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localisation du bâti ancien sur la commune
1
2
Bâti présent sur le cadastre napoléonien
Bâti présent sur le cadastre napoléonien démoli
Bâti postérieur au cadastre napoléonien
3
1
2
3SPR de Barre-des-Cévennes / étude préalable / mai 2023
Bureau d’études : Agence Raphaneau Fonseca, architecture // Cyril GINS, paysage // Charlotte BLEIN, histoire // Alpicité, urbanisme 48
3.3 LA MORPHOLOGIE URBAINE DU CENTRE
Village-rue : une forme urbaine rare en altitude
Le bourg de Barre des Cévennes s’est développé historiquement sous la forme d’un village-rue, forme urbaine particulièrement rare dans les Cévennes avant le XIXe siècle. S’il existe quelques exemples identifiés par Jean-Paul Chabrol (Lasalle, Saint-Jean du Gard, Saint-André de Valborgne), ils sont tous situés en fond de vallée, la topographie conditionnant fortement la morphologie urbaine. Le bourg conserve l'aspect qu'il avait sous l'Ancien Régime : une centaine de maisons hautes serrées les unes contre les autres le long de la Grand'Rue.
Si à Barre, la contrainte topographique a très certainement eu une influence majeure pour l’implantation du bourg, s'étirant sur un étroit replat entre le Castelas et le ravin du Gardon. Deux autres facteurs peuvent également expliquer cette remarquable
densité du bâti, conférant un caractère urbain affirmé : d'une part la fonction défensive de la cité, fortifiée au XVe siècle et d'autre part, la primauté de la vocation commerciale de Barre qui a pu minimiser les espaces accordés aux dépendances agricoles (cours, granges,...) et valoriser les emplacements situés le long de la route. Les maisons implantées du côté montagne étaient les plus privilégiées car elles bénéficiait des sources qui affleuraient au niveau des caves alors qu'aujourd'hui ce sont les maisons situées de l'autre côté de la rue qui sont les plus valorisées (vue, ensoleillement, jardin attenant). De même, la partie centrale du bourg, à proximité du château regroupe les maisons les plus cossues.
Extraits du cadastre napoléonien de 1823 Vue satelliteSPR de Barre-des-Cévennes / étude préalable / mai 2023
Bureau d’études : Agence Raphaneau Fonseca, architecture // Cyril GINS, paysage // Charlotte BLEIN, histoire // Alpicité, urbanisme 49
L'autorisation de fortifier la ville est attestée au XVe siècle,
toutefois les ouvrages défensifs semblent s'être limités
aux deux portes situées aux extrémités de la Grand'Rue.
En effet, comme pour de nombreux bourgs du sud de
la France, la muraille était principalement constituée
des soubassements des maisons mitoyennes située en
périphérie du bourg. Ainsi, les premiers niveaux de cave
étaient aveugles et les éventuelles ouvertures murées
en période de conflit.
Il ne subsiste aujourd'hui aucune trace de ces portes.
La première, appelée porte de Florac, se dressait au
voisinage du Temple ou de l'ex-bascule publique. Peu
avant la Révolution de 1789, elle avait été réhaussée
pour faciliter le passage des charettes. Elle fut démolie
dans le premier tiers du XIXe siècle.
L'autre porte, dite «des Cévennes ou de l'Orient», était
située à la jonction des routes venant de Sainte-Croix-
Vallée-Française et de Saint-Germain-de-Calberte. Elle
fut détruite en 1836.
Les limites du bourg marquées par l'enceinte fortifiée
Croquis schématique de la porte de l'Orient (Chabrol, 1983) Rare soubassement encore fermé sur deux niveaux de sous-sol qui devait représenter le type de façade donnant sur l'exterieur du bourg et constituant l'enceinte fortifiée.SPR de Barre-des-Cévennes / étude préalable / mai 2023
Bureau d’études : Agence Raphaneau Fonseca, architecture // Cyril GINS, paysage // Charlotte BLEIN, histoire // Alpicité, urbanisme 50
Le côté nord de la rue principale rassemble
les bâtisses les plus cossues, d'origine
commerçantes. Elles sont implantées entre rue
et courette, à flanc de côteau, à l'écart toutefois
des zones à risque de chutes de pierres.
Du côté sud de la rue, se sont des maisons plus
modestes et plus récentes, bénéficiant d'un
jardin attenant pour une partie d'entre-elles.
L'église est le seul édifice ancien situé au-dessus de la
rue sur Barre, fixant la côte d'altitude maximale du bourg.
Ainsi, elle domine et ponctue la silhouette urbaine.
Le carrefour d'entrée de ville Est, au niveau de la
maison de l'Orient forme un espace public dilaté et en
belvédère, contrastant avec la densité du bourg.
La place d'Armes est le seul espace public d'une
certaine ampleure dans le centre bourg, ancien site
principal des foires de Barre. Situé en contre-bas, il a
entrainé un épaississement du tissu urbain.
Le quartier de la porte
des Cévennes
Le quartier
du foirail
Le quartier
du Thérond
L'organisation du bourg au pied du CastelasSPR de Barre-des-Cévennes / étude préalable / mai 2023
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Les parcelles sont peu larges et régulières laissant supposer un certain degré de planification. Elles s’étirent en longeur de la rue principale vers une ruelle arrière.
Le bâti occupe toute la surface de la parcelle. Il est aligné sur la rue et mitoyen de part et d’autre.
La façade principale s’ouvrent sur la rue. Elle est ordonnancée mais reste modestes (traditionnellement enduites avec éventuellement un décors peint, seul l’encadrement de la porte d’entrée est en pierre de taille). C’est sur cette séquence que l’on retrouve le plus de baies fenières avec système de poulie donnant accès au "pailler", témoignant de l’activité agricole de la maison.
Les parcelles en lanière traversantes
Bâti présent sur le cadastre napoléonien
Bâti présent sur le cadastre napoléonien démoli
Bâti postérieur au cadastre napoléonienSPR de Barre-des-Cévennes / étude préalable / mai 2023
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Les parcelles sont relativement larges et profondes. Elles se prolongent par une seconde parcelle arrière non bâtie offrant une cour ou un jardin.
Le bâti occupe toute la surface de la parcelle sur rue. Il est aligné sur la rue et mitoyen de part et d’autre.
La façade principale s’ouvrent sur la rue. Elle est ordonnancée et ornée (baies à croisée, bandeaux, encadrements en pierre de taille,...). Le bâti de cette séquence correspond à des hôtels urbains avec rez-de-chaussée à arcades témoignant de la vocation commerçante.
Les parcelles massées avec jardins
Bâti présent sur le cadastre napoléonien
Bâti présent sur le cadastre napoléonien démoli
Bâti postérieur au cadastre napoléonienSPR de Barre-des-Cévennes / étude préalable / mai 2023
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Les parcelles massées avec jardinsSPR de Barre-des-Cévennes / étude préalable / mai 2023
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Parcelles formant des îlots
Les parcelles situées au nord de la rue principales s’apparentent aux parcelles en lanière identifiées précédemment.
Au centre du bourg, 3 îlots constituent le seul secteur avec une véritable épaisseur. Ils sont desservis par un maillage de ruelles se rejoignant sur la seule place importante du village.
Le parcellaire est morcelé, mono-orienté, le bâti étant non traversant, implanté dos-à-dos.
La grande parcelle de l’ancienne gendarmerie a été remembrée pour créer cet immeuble à la fin du XIXe siècle.
Bâti présent sur le cadastre napoléonien
Bâti présent sur le cadastre napoléonien démoli
Bâti postérieur au cadastre napoléonienSPR de Barre-des-Cévennes / étude préalable / mai 2023
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3.4 LES TYPOLOGIES ARCHITECTURALES
Les volumes
Les maisons d'origine médiévale
Les maisons castrales primitives ne dépassaient
généralement pas deux niveaux et ne possédaient que
de rares et très petites ouvertures. Ainsi, les édifices
que nous avons aujourd'hui sont donc le résultat de
transformations intervenues plus tardivement par
surélevation, transformation des façades ou plus
généralement par reconstruction totale. La maison
barroise haute et étroite s'incsrit toutefois dans un tissu
urbain très peu remanié depuis la période médiévale.
En effet, la voirie et le parcellaire présentent une grande
permanence au fil des siècles.
Les façades pignons orientées sur la rue sont les
témoins des dipositions urbaines les plus anciennes.
Elles sont généralement séparées les unes des autres
par un passage étroit destiné à permettre l'écoulement
des eaux de pluie plus que la circulation des individus. Il
ne reste que quelques exemples car les règles urbaines
imposèrent la mitoyenneté, l'abandon de couverture en
chaume et l'orientation de la façade gouttereau sur rue,
formant le prototype de la maison villageoise moderne
à partir de la fin du XVIe siècle. C'est également à
cette période qu'apparaît le rez-de-chaussée vouté et
une nouvelle organisation des niveaux, notamment
l'affirmation d'un espace plus particulièrement réservé
à l'habitat et à la vie intime aux étages. On y accède
par un escalier droit et on y trouve la cuisine, une
"souillarde" et une ou deux pièces d'habitation. Au
deuxième étage, quelques chambres. Enfin, surmontant
le tout, le pailler dans lequel on entassait le foin ou la
paille. C'est là que dormaient le plus souvent les bergers
ou les domestiques de la maison (Chabrol, 2013).SPR de Barre-des-Cévennes / étude préalable / mai 2023
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Les maisons de notables
A côté de cette typologie élémentaire, les notables
(négociants, marchants, propriétaires foncier,...) ont
édifiées des maisons plus larges, aux façades à plusieurs
travées intégrant des modénatures relativement
élaborées.
Lorsque le rez-de-chaussée est ouvert par une arche,
c’est qu’il accueillait une activité commerciale ou
lorsqu’il comporte plus simplement une porte (dont
l’encadrement est généralement sculpté) et des
fenêtres, il s’agit d’un hôtel particulier.
A partir du XVIe siècle, certaines demeures importantes
se dotent d’une desserte verticale assurée par un
escalier en vis, intégré dans une cage fermée. Elle peut
apparaître en façade lorsqu’elle prend la forme d’une
tour plus ou moins engagées par rapport au mur de
façade. Cette tour peut être placée :
• soit en saillie sur la façade sur rue ou sur cour, semi-
engagée (vis hors-œuvre) ;
• soit à l’intérieur du volume de la maison,
immédiatement derrière une façade et repérable par
de petite ouvertures alignées (vis dans-œuvre).SPR de Barre-des-Cévennes / étude préalable / mai 2023
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Les façades
Les façades sont le plus souvent ordonnancées avec
alignement des baies et une disposition relativement
symétrique. Les ouvertures sont plus hautes que larges
avec une décroissance des baies en fonction des étages.
Certains éléments caractéristiques permettent toutefois
de distinguer les principales époques de construction.
Les fragments caractéristiques de la période médiévale
ont disparus (ou repris simplement en réemploi) avec
un important remaniement des façades dès l'époque
classique. C'est donc de cette période que l'on retrouve
les façades caractéristiques les plus anciennes (baies
à croisées, bandeaux moulurés, linteaux en acolade,
arcades,...).
Les façades représentatives des XVIIe et XVIIIe siècles
sont caractérisées par un ordonnancement et la
généralisation des fenêtres en hauteur.
Les boutiques ont largement contribué à façonner
l'aspect de la rue principale et le caractère urbain du
bourg. A partir de la période Moderne, les enfilades
d'arcades surbaissées ont permis d'ouvrir largement les
espaces de commerce sur la rue. En effet, les devantures
médiévales ouvertes par des arcs plein cintre ou brisé ne
permettaient pas de faire des étalages très étendus. Les
jours de foire, ces arches pouvaient servir de rayonnage,
le banc inférieur de la baie ou ses volets rabattus était
utilisé pour présenter la marchandise aux chalands.
Les nombreuses façades remaniées à la fin du XIXe siècle
marquent le paysage urbain de la rue principale, avec
diverses déclinaisons pour la mise en œuvre des enduits
et de décors peints.
Façade de la période Renaissance Encadrement médiéval en réemploi Façade caractéristique des XVIIe et XVIIIe siècles
Façade caractéristique du XIXe siècle
A l'arrière des arcades, un passage d'environ 1m
permettait de passer d'un commerce à l'autreSPR de Barre-des-Cévennes / étude préalable / mai 2023
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Les façades alignées à partir du plan de 1881
Plan d'alignement de 1881
Report du plan d'alignement sur le cadastre actuel
Un plan d'alignement datant de 1881 prévoyait un élargissement significatif de la Grand'rue avec un gabarit porté à 6m50 de largeur sur toute la traversée. Ce sont principalement les façades des maisons situées au nord de la voie qui avait vocation à être démolies et alignées plusieurs mètres en retrait. Les maisons commerçantes les plus anciennes et le château étaient donc concernés. Si le tracé de la moitié orientale de la rue suivait peu ou prou son inflexion d'origine, celui de l'entrée ouest proposait un tracé largement rectifié et rectiligne.
Dans son application, les travaux ont concerné une vingtaine de maisons de part et d'autre de la rue, sur les portions où le resserrement était le plus important (le passage pouvait se réduire à 3m). Ainsi, on peut identifier quelques séquences regroupant des façades ordonnancées et marquées par des décors caractéristiques de cette époque (décors peints, enduits à la tyrolienne). Quelques chronogrammes gravés sur les clés des linteaux nous renseignent sur les dates de ces transformations.
(1) Ensemble de façades
alignées
(2) Façades alignées avec
conservation du volume
caractéristique des maisons
d'époque médiévale
(3) Vue de la moitié occidentale de
la Grand'rue au tracé rectiligne
(2)
(1)
(3) V
Emprise actuelle du bâti
Ré-alignement du bâti
Tracé projeté de la voirie
Chronogramme
1913
1913
1894
1804
1885SPR de Barre-des-Cévennes / étude préalable / mai 2023
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Les espaces intérieurs des maisons du bourg
s'organisent en étage. La distribution se
faisait le plus souvent par un escalier droit
latéral. L'escalier à vis dans ou hors œuvre
apparaît à partir du XVIe siècle pour les
bâtisses le plus cossues. Les transformations
ou les constructions plus tardives ont utilisé le
modèle de distribution de l'hôtel urbain avec
une cage d'escalier centrale desservant les
pièces de part et d'autre, supprimant ainsi les
pièces commandées et permettant une plus
grande intimité dans les modes de vie. Du côté
nord de la rue principale, la pièce de vie se
situe au premier étage ("bel étage") et le rez-
de-chaussée était occupé par un commerce
plus ou moins saisonnier ou l'étable. Ce
premier niveau peut être entièrement ou
partiellement voûté. Du côté sud, la pièce de
vie se situe au niveau de la rue, en surplomb
du jardin. Le niveau de comble servait de
"pailler", où l'on entasse le foin et la paille
pour l'hiver et où dormaient le plus souvent
les bergers ou les domestiques.
Il existe peu d'éléments ouvragés ou
monumentaux excepté quelques cheminées.
Les espaces sont simples, bénéficiant d'une
grande hauteur sous plafond. Les murs voire
même les planchers étaient enduits à la chaux
ou au plâtre.
A noter un espace d'environ 1m de profondeur,
situé en front de rue en arrière des arcades,
qui menageait un passage d'un commerce à
l'autre, en particulier les jours de foire. Ils ont
été murés ou transformés en niches.
Intérieurs représentatifs
Emprise du bâti sur la parcelle
Façade sur rue
Cour
Salle du 1er étage
A A'
Cave voûtée Rez-de-chaussée
Plan rez-de-chaussée
Plan étage 1
Plan étage 2
Plan combles
d'après le relevé de Dollfus atelier
Coupe AA'
Parcelle B 32, Rue PrincipaleSPR de Barre-des-Cévennes / étude préalable / mai 2023
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Emprise du bâti sur la parcelle
Emprise du bâti sur la parcelle
Façade sur rue
Façade sur rue
Plan schématique du
rez-de-chaussée
Escalier à vis
Couloir voûté cloisonné plus
tardivement avec la fermeture
de l'arcade
Voûte en berceau sous
la partie entrée-cuisine
Cuisine semi-en-
terrée par rapport
à la ruelle
Chambre située à l'étage qui
pour l'anédote a été inspirée de
celle de J.-J. Rousseau
Séjour ouvert sur la façade
sud et donnant accès au
jardin
Voûte croisée sous la partie
séjour
Petit passage (muré) qui
permettait d'aller une arcade
à une autre
Parcelle B 501, Rue Principale
Parcelle B 124, Rue PrincipaleSPR de Barre-des-Cévennes / étude préalable / mai 2023
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Une géologie mouvementée pourvoyeur d'une grande variété de pierres
Barre des Cévennes est située entre de quatre grands massifs montagneux : le causse Méjean (calcaire) à l'ouest, le Bougès et le mont Lozère (granite) au nord, les crêtes cévenoles (schiste) à l'est et le mont Aigoual (schiste et granite) au sud. Ainsi, la commune se situe dans une zone hétérogène du point de vue géologique. On retrouve les trois roches principales des massifs alentours auxquelles il faut ajouter le grès constituant le socle du Castelas.
On va retrouver cette variété de pierres dans les murs de soutènement en pierres sèches et dans les maçonneries des maisons. Dans les hameaux implantés dans les vallées, le schiste domine alors que dans le bourg, les murs et les encadrements en pierre de taille sont le plus souvent réalisés en pierre calcaire.
3.5 LES ÉLÉMENTS D'ARCHITECTURE CARACTÉRISTIQUES
Extrait du diagnostic pour
l'aménagement patrimonial,
touristique et culturel de la Mai-
son de l’Orient et de ses abords
- LCD’O atelier d’architecture
priam&allart
Panneau d'information situé sur le sentier d'interprétation de Barre. Il donne à voir la Can Noire en face expliquée par une coupe géologique. Elle indique les différentes strates de roches de la montagne que l'on retrouve ensuite dans les pierres du mur de soutènement situé à côté du panneau.
(de bas en haut : 1- granite, 2- quartzite, 3-schiste, 4- grès, 5- calcaire, 6- dolomie)SPR de Barre-des-Cévennes / étude préalable / mai 2023
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Les murs
Les murs étaient réalisés en maçonnerie de pierre, avec double parement de moellons généralement enduits.
Les enduits réalisés à base de chaux et de sables locaux recouvrent les façades du bourg, à l'exception des maçonneries en pierre de taille. Leur finition était lissée, à texture lisse et fine. A partir du XIXe siècle, on voit apparaître des décors peints soulignant la modénature de la façade (chaîne d'angle, encadrements,...).
Les percements
Les encadrements des baies sont en pierres de taille, monotithes pour les appuis et et linteaux. Certains linteaux plus modestes peuvent être en bois et des ouvertures plus larges ou appartenant à une modernature plus élaborée peuvent être réalisées par un arc en pierre.
Les toitures
Le toit traditionnel est à deux versants, les croupes sont rares, présentes sur quelques bâtiments ou rénovation du XIXe siècle.
Il est couvert de lauze de schiste généralement taillée en écaille1. Les lauzes étaient traditionnellement fixées par une cheville enfoncée dans la douelle (planches jointives alignées horizontalement au-dessus des chevrons), aujourd'hui elles sont le plus souvent fixées au clou. Pour éviter les infiltrations et les remontées d'eau, les rangées doivent se recouvrir sur les 2/3 de la surface (1/3 de pureau, partie visible), et sont placées à pose jointive et à dimensions décroissantes de l'égout au faîtage.
Les rives sont réalisées par simple débord de lauzes de plus grandes tailles posées horizontalement sur les rives des longs pans. Les faîtages sont réalisés par des lauzes croisées formant lignole, des encoches latérales de 5 à 8 cm permette de les imbriquer.
1 Lors de la taille, les formes en écailles produisent moins de déchets que les formes rectangulaires
Enduit avec décors peint
Toitures en lauzesSPR de Barre-des-Cévennes / étude préalable / mai 2023
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Les cheminées
Les souches de cheminées sont traditionnellement maçonnées et enduites.
Relativement massives, elles constituent un élément important de la silhouette bâtie. Elles sont couvertes par des dalles en schiste posées sur des plots en pierre.
Les lucarnes
On retrouve quelques lucarnes qui s'ouvrent sur les façades principales de maisons du bourg. A l'origine, il s'agissait de lucarnes à foin plus hautes et plus larges, établies à l'aplomb de la façade dites « meunières ».
Les menuiseries
Les portes et fenêtres sont en bois peint. Les portes d'entrée principales comportent généralement des assemblages de panneaux géométriques ou des décors chantournés pour les plus anciennes, les portes annexes sont traitées de manière simple mais finement exécutées (double lames croisées).
Lucarne "meunière" et petit pigeonnier en lauze
Porte secondaire à lames de bois croisées Fenêtre à petits carreauxSPR de Barre-des-Cévennes / étude préalable / mai 2023
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Variété des détails architecturaux
Poulie et baie fenière témoin de l'usage
agricole
Encadrement en pierre de taille
(XXe siècle)
Baie à croisée,
cordons torsadés
Baie à croisée
Baie à croisée
Portail monumental (XVIIIe
siècle)
Linteau en accolade
Enduit projeté à la tyrolienne et
décors peint
Enfilades d'arcades surbaissées et ancien étale de commerce amovibleSPR de Barre-des-Cévennes / étude préalable / mai 2023
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3.5 LES ÉDIFICES MONUMENTAUX DU BOURG
Le château1
Le bâtiment dit "château" se situe au centre du bourg, implanté le
long de la Grand'Rue. Mentionné pour la première fois au XIIIe siècle
comme "château neuf", son aspect actuel correspond à une phase
de construction datant de la fin du XVIe - début du XVIIe siècle. Il est
probablement très différent de sa configuration médiévale et s'apparente
dès lors à un hôtel urbain fortifié qui présente quelques éléments de
fortification mais avec un rôle plus ostentatoire que militaire.
Il s'agit du bâtiment le plus cossu de la rue centrale, la façade principale
est constituée de trois travées de baies alignées encadrées initialement
par deux échauguettes. Elle s'élève sur 3 niveaux, séparés par des
cordons filants entre les étages courants et une corniche moulurée
formant l'avant-toit. Les fenêtres comprenaient des traverses et
meneaux en bois et non en pierre. Le mur est construit en pierres de
taille calcaires appareillées de manière régulière. Le rez-de-chaussée
était constitué d'arcades partiellement rebouchées au XIXe siècle pour
réduire l'ouverture à des portes droites.
Une tour d'escalier en vis et partiellement hors œuvre est située au
cœur du bâtiment, elle ne débute qu'à partir du niveau intermédiaire
de la cour arrière. Un four banal2, situé au rez-de-chaussée, devait déjà
se trouver à la base du bâtiment3. Il s'agit d'un grand four de 3 m de
diamètre auquel on accède par une des arcades de la rue puis par une
porte.
Le bâtiment n'a pas connu d'évolution significative après sa construction.
Seule l'extension Est semble plus tardive et dater probablement du
XIXe siècle. L'évolution est plus significative dans l'aménagement de la
bâtisse (huisserie, mobilier, embellissement...).
1 D'après l'étude de la Conservation du patrimoine culturel du Département de la Lozère, Cécile Fock-Chow-Tho, septembre 2021
2 L'ouvrage de Jourdan nous apprend que le 2 juillet 1588, le seigneur de Barre traite avec Pierre Desfons, consul et notaire de Barre, de questions intéressant le « four banier » de la ville, Ibidem 3 Le conduit de cheminée, qui traverse la totalité de la bâtisse, prouve que le four existait dès l'origine de la construction (ou à défaut de four, s'agissait-il d'une cheminée monumentale ?), Ibidem
Restitution de la façade ouest et du plan du rdc au
XVIIe siècle, Cécile Fock-Chow-Tho, septembre 2021
Emprise du château sur le cadastre napoléonien de 1823
Vue de la façade sur rue Pièce principale du premier étageSPR de Barre-des-Cévennes / étude préalable / mai 2023
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Eglise Notre-Dame de l'Assomption
Cette église, possession de l’évêque de Mende,
suit un plan très simples aux volumes bien définis et
modestes, mais adaptés aux besoins liturgiques d'un
territoire rural.
Elle se compose d'une nef de trois travées romanes
voûtée en berceau plein cintre avec doubleaux. L'abside
voûtée en cul de four, est précédée d’une travée en
berceau légèrement brisé, constituant un petit chœur.
Comme la plupart des églises romanes du secteur,
elle a été modifiée ultérieurement notamment par
l’adjonction de chapelles au niveau de la nef, conférant
à l'édifice des faux collatéraux. Une chapelle au nord
(XIVe siècle) et trois au sud ont été ajoutées, ainsi
qu'une travée à l'ouest (XVe siècle). Cette travée forme
porche dans sa partie basse. Une voûte d'arête sépare
ce porche de la tribune couverte d’une croisée d'ogive.
A l’extérieur, l’abside présente un bel appareil de
moellons où alternent calcaires et grès. Une corniche,
soutenue d’une série de modillons nus, souligne le
bord de la toiture.
Avant la Révolution française, le clocher se trouvait
sur le côté septentrional de l'église, au-dessus de la
chapelle. Le clocher fut rasé et l'église transformée en
temple de l'Être Suprême1. Un campanile a été élevé à
la fin du XVIIIe siècle, contre la façade ouest du porche.
Cette église est classée Monument historique par arrêté
du 5 octobre 1931.
1 Chabrol, 1983
Crédit photo : OT des Gorges du Tarn, Causse et Cévennes
Emprise de l'église sur le cadastre napoléonien de 1823
Vue du clôcherSPR de Barre-des-Cévennes / étude préalable / mai 2023
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Le temple
Les temples construits aux XVIe et XVIIe siècle avaient
été détruits lors de la révocation de l’édit de Nantes en
1685. A Barre, les temples bâtis à côté de l'église1 puis
sous le village furent démolis obligeant à célébrer le
culte « au désert » – c’est à dire à l’air libre ou chez des
particuliers.
Grâce à une souscription et surtout avec l'aide financière
de l'Etat, les Barrois acquièrent trois petites maisons à
l'entrée de la ville où sera construit le nouveau temple
entre 1823 et 1826.
Son architecture de style néoclassique est très sobre
comme la plupart des temples édifiés à cette époque.
La façade d'entrée est perpendiculaire à la rue, ouverte
sur une cour. La travée centrale est composée par le
portail d'entrée en pierres de taille, des baies géminées
coiffées d'un occulus et le mur-clocher.
Le bâtiment s'élève sur 3 niveaux : le rez-de-chaussée
semi-enterré situé au niveau de la Grand'Rue, le premier
étage de la grande salle du culte et un dernier niveau
où se déploie une galerie. Les façades latérales sont
ouvertes par de grandes baies à linteau droit au premier
étage et cintré au dernier niveau.
1 Le premier temple fut érigé près de l'église en 1608, peu après l'arrivée
du protestantisme dans la région. Il n'en subsiste qu'une pierre, aujourd'hui visible sur la façade d'une maison de la rue principale, où l'on peut lire :
"Qui est de dieu, oit la parole de Dieu, 1408". Les protestants construisirent un second temple sous le village en 1675 (Chabrol, 1983).
Carte postale ancienne
Emprise du temple sur le cadastre napoléonien de 1823
Vue du clôcherSPR de Barre-des-Cévennes / étude préalable / mai 2023
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3.6 LE PATRIMOINE CONTEMPORAIN
Le village de gîte
(d’après l’étude d’inventaire du CAUE 48)
Au cours des années 60, le département de la Lozère lance une
grande opération de création d’hébergement touristique sous la
forme de village de gîtes notamment.
Celui de Barre des Cévennes sera réalisé en 1971 sous la maîtrise
d’ouvrage du syndicat intercommunal des Hauts Gardons et conçu
par les architectes Bernard Capelle et Robert Prohin.
Situé sur un versant au sud du village, séparé de ce dernier par
un petit vallon, il formera une première extension urbaine en
périphérie du centre historique.
Les 30 gîtes s’organisent en fonction des courbes de niveau et
l’implantation dans la pente permet de s’ouvrir largement sur
la grand paysage. Chacune des maisons est orientée Est/Ouest,
traversante, accolée 2 à 2 ou par rangée de 3 et ainsi créer des
lots mitoyens réduisant les coûts de construction et l’emprise au
sol. Les bâtiments sont reliées par des cheminements piétons
qui suivent les courbes de niveau, l’accès aux gîtes s’effectuant
toujours sur la partie haute.
Les murs périphériques sont construits en pierre massive laissée
apparente, le plancher de la mezzanine et la charpente sont en
bois massif, les poutres sont laissées apparentes.
Au centre du complexe, on retrouve un bâtiment d’accueil et
d’espaces collectifs de plus grand volume, ouvert sur une placette.
Une demarche de labellisation «architecture contemporaine
remarquable» des sept villages vacances de Lozère est en cours.
Plans extraits de l’étude
d’inventaire du CAUE 48SPR de Barre-des-Cévennes / étude préalable / mai 2023
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PARTIE 4
PROPOSITION DE PÉRIMÈTRE SPRSPR de Barre-des-Cévennes / étude préalable / mai 2023
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4.1 CARTES DES PROTECTIONS ET SERVITUDESSPR de Barre-des-Cévennes / étude préalable / mai 2023
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4.2 LE PÉRIMÈTRE PROPOSÉ
PROJET
Projet de Site Patrimonial Remarquable
de Barre-des-Cévennes
Proposition de périmètre - mai 2022
Réalisation : Raphaneau Fonseca architectes
Légende :
Périmètre SPR proposé
Périmètre de protection MH
Périmètre zone cœur PNC
Echelle graphique :
200m 0
Le périmètre proposé pour le SPR couvre
le secteur sud du village offrant une
perception complète sur l’ensemble formé
par la relation forte entre le Castelas, le
village, les jardins vivriers et les pentes
abruptes en surplomb du ravin de Grisoulle.
En conséquence, il est proposé que les
limites ouest du SPR soient calées sur le
cours du Grisoulle permettant également
d’établir une continuité de protection
avec la zone «coeur» du Parc National des
Cévennes.
Au nord, la limite suit les RD 983 et RD 20
dont l’intersection marque un cone de vue
majeur sur le village.
Au nord ouest, le périmètre intègre la
majeure partie du Castelas, véritable
monument du village, à l’exeption de son
piémont nord n’offrant pas de relation
directe avec le village.
Au sud, la limite proposée suit une limite
«naturelle» formée par un petit valat
traversant l’ancienne draille d’accès au
village. Le périmètre inclu le petit faubourg
établit dans les années 1970 pour accueillir
la salle communale et la gendarmerie
notamment et qui participe, en perception
lointaine, à la silhouette du village.
Vallon de Grisoulle
Valat
RD983
RD 20
Le CastelasSPR de Barre-des-Cévennes / étude préalable / mai 2023
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4.3 LE CENTRE VILLAGE OÙ SE CONCENTRENT LES ÉLÉMENTS PATRIMONIAUX MAJEURS
Projet de Site Patrimonial Remarquable
de Barre-des-Cévennes
Proposition de périmètre
Légende :
Périmètre SPR proposé
Bâti présent sur le cadastre de 1823
Bâti présent sur la photo aérienne de 1947
Echelle graphique :
Temple
Le château
Vestiges du
castrum
Place du
Thérond
Ancienne
colonie
Place de la
Madeleine
Place du Foirail
ou place d’Armes
Place de l’Orient
Village de gîtes
Cimetière
Eglise
Emplacement ancienne
chapelle Saint-Jean
Emplacement du
second temple
détruit
Emplacement
présumé du 1er
temple (1608)SPR de Barre-des-Cévennes / étude préalable / mai 2023
Bureau d’études : Agence Raphaneau Fonseca, architecture // Cyril GINS, paysage // Charlotte BLEIN, histoire // Alpicité, urbanisme 73
Enjeu sur la gestion
des soutènements et
équipements sur le socle
du village
Enjeu sur le choix des
essences plantées sur le
socle
Enjeu sur le traitement
paysager du socle
(cheminements,
soutènements, plantations,
engazonnements...)
Enjeu sur la préservation
des jardins vivriers et du
petit patrimoine associé
Enjeu sur la préservation
du petit patrimoine d’origine
agricole et globalement du
caractère agro-pastorale du
socle
Enjeu sur le développement
du village sous la silhouette
générale
Enjeu sur le maintien des
espaces ouverts
Enjeu sur la fermeture des
paysages par les pins noirs
Enjeu d’encadrement des
dispositifs de prévention de
chute de blocs
4.4 LES ENJEUX D’UNE RELATION FORTE ENTRE LE VILLAGE ET SON SOCLE
L’inscription du village sur le socle géomorphologique est particulièrement
important à Barre des Cévennes.
En effet, la géologie, la pente, les affleurements rocheux ne peuvent être lisibles et s’exprimer pleinement que si les aménagements sont modestes laissant une grande place aux paysages ouverts de prairies agro-pastorales.
A l’inverse, depuis une trentaine d’année, ce paysage «naturel» d’accompagnement se modifie sensiblement faisant apparaître des enjeux importants pour le maintien des qualités de Barre des Cévennes.
Sur le Castelas, le développement des Pins noirs d’Autriche ferme peu à peu la relation de co-visibilté entre le village et son «monument naturel». Les sculptures ruiniformes de la partie sommitale sont déjà en partie masquées par les ligneux. En outre, les dispositifs de prévention des risques de chute de blocs sont à encadrer fortement pour ne pas altérer cette géologie dolomitique caractéristique. A l’aval, la tendance pourrait être d’y établir tous les usages «contingents» du village. La construction de la STEP répond d’ailleurs à cette logique.
Il convient donc d’encadrer fortement l’inscription de ces dispositifs au risque de banaliser les pentes du vallon de Grisoulle qui sont essentielles pour souligner la silhouette du village.
.SPR de Barre-des-Cévennes / étude préalable / mai 2023
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La STEP, son chemon d’accès en courbe et les déblais/remblais
assez visibles sous la silhouette du village
Depuis le sommet du Castelas, les pins noirs interdisent déjà toute
relation visuelle avec le village
Paysage ruiniforme présent au sommet du Castelas. La prévention
du risque de chute de blocs devra être encadrée pour éviter
l’altération de ce paysage géologique exceptionnel
Exemples de sécurisation de falaises qui risquerait d’altérer gravement le paysage du Castelas
Le Castelas, depuis les rives de Grisoule, jusqu’au sommet est en symbiose avec le village sur de nombreux plans :
• historique (le château primitif est situé sur le sommet du Castelas),
• climatique (le Castelas offre une protection contre les vents du nord et
forme un «micro-climat»,
• hydrographique (de nombreuses sources affleurent sur les pentes
karstiques du Castelas à proximité du village)
• paysager , l’ensemble formant un monument naturel «signal» très
important dans la lecture de la silhouette de Barre des Cévennes
Par ailleurs, ces secteurs d’accompagnement ne sont pas sans enjeux liés aux changements d’usages, à la sécurisation ou à l’accueil de nouvelles activités. En effet, le Castelas est soumis à un Plan de Prévention Chute de blocs qui pourrait justifier des travaux de confortement ou de mise en sécurité de la falaise qui doivent être encadrés.
A l’aval, la construction de la STEP est visible notamment pas la construction de la piste d’accès et des déblais réalisés. En outre, les aménagements paysagers divers sont immédiatement visibles et impactent la compréhension globale du village et de son paysage. La gestion des cheminements, des déblais/remblais et du vocabulaire végétal sur le socle constitue un enjeu majeur de préservation des paysages de Barre des Cévennes.SPR de Barre-des-Cévennes / étude préalable / mai 2023
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Croquis schématique figurant le périmètre proposé :
Grisoulle
RD 983
RD 20 Le Castelas
Valat
2
Périmètre proposé sur la photo de la silhouette du village :
Ce périmètre permet d’englober les
quatre éléments indissociables qui
fondent les qualités de Barre des
Cévennes et d’encadrer les évolutions
possibles y compris des secteurs
d’accompagnement paysagers :
• le Castelas et l’enjeu fort autour des
travaux de sécurisation des falaises
• La silhouette du Village, sa
morphologie et son épannelage
• la couronne de jardins vivriers et
l’ensemble du petit patrimoine
associé (murets, soutènements,
fontaines...)
• les premières pentes du vallon de
Grisoulle et les enjeux liés à l’accueil
d’activités contingentes (STEP)
ou de changement de pratiques
(émergence de parcs paysagers à la
place du paysage agro-pastoral.)SPR de Barre-des-Cévennes / étude préalable / mai 2023
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https://www.reveeveille.net/candelhospitalet/le-chateau-de-terre-rouge/