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Document publié le Vendredi 9 novembre 2018
Lien du pdf (PLU - Annexes - diagnostic agricole)
Thèmes du document : Environnement, Agriculture et alimentation, Aménagement du territoire,
BLEZAT consulting
Développer les filières alimentaires | Révéler les territoires ruraux
-REÇAS a Seus-Préfeciure deCALAIS le
| à 9 NOV, 2018
Communauté de Communes
de la Région d'Audruicq
BLEZAT Consulting
18, rue Pasteur - 69007 Lyon - FRANCE
Tel : +33 (0)4 78 69 84 69 | Fax : +33 (0)4 78 72 28 65 | contact@blezatconsulting.fr www.blezatconsulting.fr
Auteur : Marie MALLEBAY
v . 16/06 /14
Diagnostic agricole,
du territoire de la
Communauté de
communes de la
Région d’Audruicq
(CCRA)© BLEZAT — consulting
24
71
75
Diagnostic agricole
BLEZAT Consulting |Rapport | 24/01/13 2
SOMMAIRE
1 INTRODUCTION ................................................................................................................ 4
2 CONTEXTE AGRICOLE DU TERRITOIRE ........................................................................ 6
2.1 Productions présentes, généralités........................................................................................................................ 6
3 LES FILIERES PRESENTES SUR LE TERRITOIRE ..............................................................10
3.1 Filières végétales ......................................................................................................................................................10
3.2 L’élevage ....................................................................................................................................................................24
3.3 Labels ..........................................................................................................................................................................26
3.4 Agriculture biologique.............................................................................................................................................26
3.5 Zoom sur les filières de proximité ........................................................................................................................28
3.6 Evolution de la PAC et impact potentiel sur le territoire ................................................................................32
3.7 Bilan des filières et synthèse des enjeux ............................................................................................................35
4 LA DYNAMIQUE SOCIODEMOGRAPHIQUE DES EXPLOITATIONS ......................36
4.1 Description des données démogr aphiques et de l’évolution .........................................................................36
4.2 Surfaces et parcellaires ...........................................................................................................................................43
4.3 Foncier ........................................................................................................................................................................48
4.1 Les bâtiments ............................................................................................................................................................52
4.2 Bilan : Des difficultés d’installation et d’extension ..........................................................................................53
5 EVOLUTIONS DU TERRITOIRE ET IMPACT SUR L’AGRICULTURE .............................54
5.1 Un territoire désormais sous forte influence urbaine......................................................................................54
5.2 Un monde agricole lui-même en évolution ........................................................................................................60
5.3 Enjeux : .......................................................................................................................................................................61
6 POTENTIALITES NATURELLES ET ANTHROPIQUES DU TERRITOIRE..........................62
6.1 Les Wateringues : un territoire artificiel, patrimonial .....................................................................................62
6.2 Les sols et la qualité agronomique des terres....................................................................................................71
6.3 Le climat et ses évolutions .....................................................................................................................................75© BLEZAT — consulting
TE A GRICULTEURS
91
Diagnostic agricole
BLEZAT Consulting |Rapport | 24/01/13 3
6.4 L’eau et l’environnement .......................................................................................................................................80
6.5 La consommation d’énergie...................................................................................................................................91
6.6 Enjeux Eau et Environnement ...............................................................................................................................93
7 SYNTHESE DU DIAGNOSTIC DE TERRITOIRE .............................................................94
7.1 Les enjeux stratégiques de l’agriculture pour le territoire..............................................................................94
8 ANNEXE : ANALYSE DE L’ENQUETE AGRICULTEURS...............................................99
8.1 Méthodologie et caractéristique de l’échantillon .............................................................................................99© BLEZAT — consulting Diagnostic agricole
BLEZAT Consulting |Rapport | 24/01/13 4
1 INTRODUCTION
1.1. Le Plan Local d’Urbanisme (PLU) intercommunal de la Communauté de Communes de la Région d’Audruicq
1.1.1 La volonté de construire un projet de territoire
La Communauté de Communes de la Région d’Audruicq (CCRA) représente le rassemblement institutionnel de 15 communes (Audruicq, Guemps, Muncq Nieurlet, Nortkerque, Nouvelle -Eglise, Offekerque, Oye-Plage, Polincove, Recques-sur-Hem, Ruminghem, Saint-Folquin, Saint Omer Capelle, Sainte-Marie-Kerque, Vieille-Eglise, Zutkerque). Cette structure affiche ainsi une volonté de partager un projet de développement et d’aménagement. Elle comptait 26075 habitants en 2010.
1.1.2 L’intercommunalité et l’agriculture
En 2012, lors de la mise en chantier du futur PLU intercommunal, a été fait le choix d’intégrer un volet agricole au projet, afin d’élargir et renforcer la politique agricole intercommunale. Cette démarche, qui n’est pas obligatoire, constitue un affichage clair en faveur de la prise en compte de l’agriculture dans le projet de développement du territoire.
L’échelle intercommunale présente l’avantage d’être à un niveau d’action particulièrement adapté aux problématiques liées à l’agriculture : l’économie d’échelle, l’échelle opérationnelle et pertinente (structures des parcellaires, dynamique économique, circulation…), ainsi que la possibilité de concertation.
L’étude engagée s’attache à respecter une double demande :
- Pour la construction même du PLU intercommunal, un travail sur les aspects « réglementaires » obligatoires,
- Dans le cadre d’une vision globale et à long terme, l’engagement vers un projet agricole de territoire, et l’instauration d’un échange pérenne avec la profession agricole, permettant de préfigurer d’opérations d’aménagement et/ou de développement durable.
1.1.3 Réalisation de l’étude
L’étude, commandée en 2013, a débuté en septembre 2013. La réalisation du diagnostic s’est étalée sur la période septembre 2013 – février 2014. Pour cela, des analyses bibliographiques, des rencontres avec les organismes ressource (agricoles, gestion de l’eau, gestion des politiques agricoles, …), et des enquêtes auprès des agriculteurs ont été menées. Le repérage des bâtiments a été engagé par le cabinet Urbycom (réalisation du PLU intercommunal global), et enrichi de façon qualitative (non exhaustive) lors d’ateliers communaux.
Dans le cadre de ce diagnostic, les agriculteurs ont été sollicités sur deux temps fort : - Un questionnaire individuel a été adressé par courrier à l’ensemble des exploitations ayant leur siège social sur le territoire. Une cinquantaine de retour permet une représentativité d’environ 20% de la surface agricole utile du territoire et de 25% en nombre d’exploitations.© BLEZAT — consulting Diagnostic agricole
BLEZAT Consulting |Rapport | 24/01/13 5
- Des rencontres communales ont été organisées en fin d’année 2013, au sein desquelles l’ensemble des exploitants de la commune ainsi que les élus municipaux étaient conviés. Ces réunions ont permis de saisir le ressenti des agriculteurs du territoire, leur fonctionnement et leur quotidien, en lien avec leur environnement de travail. Elles ont aussi permis de situ er certains éléments sur carte. Une centaine d’exploitants s’est déplacée pour participer à ces rencontres
1.2. Les fonctions de l’agriculture sur le territoire
Le diagnostic présenté ici s’articule autour des fonctions de l’agriculture, afin de faire au mieu x le lien avec le territoire dans lequel elle s’inscrit et sur lequel prend place le projet de développement de la communauté de communes.
La fonction première de l’agriculture est nourricière. L’autonomie alimentaire est en passe de devenir un enjeu de plus en plus prégnant, à une époque d’incertitudes concernant les évolutions climatiques, les ressources énergétiques. Même si aujourd’hui, la mise en place structurée de circuits de commercialisation, de transformation, aboutit à une complexité certaine pour le lien entre lieu de production et alimentation, le territoire de la CCRA est producteur « excédentaire » d’un certain nombre de denrées, et se pose même en lieu de production de poids à l’échelle nationale pour la chicorée.
Outre cette vocation primaire, l’agriculture répond également à une fonction économique, de production. Elle permet de créer de la valeur sur un territoire, et de générer de l’emploi. Pour cela, diverses conditions sont nécessaires à son bon fonctionnement : bâti, matériel, équipements, irrigation, circulation, foncier…
Elle présente aussi des fonctions sociales qui peuvent résulter d’une activité spécifique (accueil à la ferme, produits de proximité…), ou d’aménités (lien à la terre, aspect patrimonial, paysage et cadre de vie…). Elle exerce enfin des fonctions environnementales, particulièrement sur le territoire de la CCRA, située sur le delta de l’Aa, une zone humide asséchée par l’Homme depuis dix siècles, permettant de maitriser le niveau de l’eau et de rendre l’espace productif.
Ces diverses fonctions seront analysées au sein des chapitres suivants :
- Les filières présentes sur le territoire
- La dynamique socioéconomique
- Evolution du territoire et impact sur l’agriculture
- Les potentialités naturelles et anthropiques du territoire
NB : tout au long du diagnostic, une analyse issue de l’enquête auprès des exploitations sera proposée afin d’enrichir les éléments présentés. On gardera en tête que l’analyse est faite à partir d’un échantillonnage et ne se veut donc pas exhaustive (voir annexe, partie 8).© BLEZAT — consulting
Orientation technico-économique de la commune
+ Céréales et oléoprotéagineux ER Bovins lait
Autres grandes cultures EM Bovins viande
EM Légumes et champignons EN Bovins mixtes
MN Fleurs et horticulture diverse ER Ovins, caprins
ES Viticulture EN Polyélevage d'herbivores
EN Fruits et autres cultures permanentes BB Porcins
BB Aviculture
“ Autre polyélevage
«— Polyculture dominante
EM Polyélevage dominant
= Polyculture et polyélevage
EN Exploitations non classées
[__] Sans exploitation
Source : Agreste - Recensement agricole 2010
GEOFLA® Copy » VON : Parts : 2010 » Roproducéon morte
LO
Diagnostic agricole
BLEZAT Consulting |Rapport | 24/01/13 6
2 Contexte agricole du territoire
2.1 Productions présentes, généralités
2.1.1 L’agriculture au niveau régional et départemental
L’agriculture de la région Nord Pas de Calais couvre aujourd’hui encore près de deux tiers du territoire régional et est en majorité orientée vers les grandes cultures (blé tendre, orge, colza, betterave…), avec des terres arables qui représentent 80% de la SAU*. Quelques secteurs se spécialisent dans le maraichage (proximité de Lille, de Dunkerque) ou vers de l’élevage (sud du département du Nord, Boulonnais…)
La surface agricole utilisée du territoire régional a diminué entre 2000 et 2010 de 2,9%, selon un rythme d'environ 2500 ha/an, pour atteindre 830 660 ha. (DREAL / Agreste)
On dénombre aujourd’hui 13 500 exploitations agricoles (-25% par rapport à 2000) employant 22 510 UTA** (-28% par rapport à 2000).
Les structures sont de taille supérieure (61 ha par exploitation en 2010) à la moyenne française (53 ha).
*SAU : Surface Agricole Utile
**UTA : Unité de Travail Agricole© BLEZAT — consulting
SURFACE AGRICOLE UTILISÉE
(SAU) en pourcentage 2010 / 2000
0 et plus
de0à-25%
BH de-25à-5%
ion de Lille M -5 % et mains
Evolution de la SAU entre 2000 et 2010
f EVOLUTION DE LA
Source : Recensement agricole ZUTU
Agreste Nord - Pas de Calais - Mémento 2013
Diagnostic agricole
BLEZAT Consulting |Rapport | 24/01/13 7
L’agriculture régionale peut être confrontée, dans certains secteurs, à des phénomènes de déstabilisation liés à la péri-urbanité. Celle-ci est caractérisée par le fait que les espaces agricoles sont à la fois outils de production pour les agriculteurs et espaces ouverts contribuant au cadre de vie des citadins (entre les grandes agglomérations et les territoires côtiers). Une bonne partie des exploitations est ainsi impactée, par :
Une forte pression foncière sur les espaces agricoles avec un étalement urbain parfois non contrôlé
Des circulations agricoles rendues difficiles
Des difficultés d’accès au foncier pour les candidats à l’installation
Un manque de tolérance de la population urbaine vis-à-vis des gênes parfois occasionnées.
…
Le département du Pas de Calais regroupe, sur 476 330 ha de superficie agricole (57% de la SAU régionale), la moitié des exploitations régionales (6 750), avec une moyenne de 69 ha par exploitation. Les productions sont dominées par les grandes cultures.
La consommation d’espace agricole a été similaire au rythme national (-2,5% de SAU sur la dernière décennie), soit une perte de 20 500 ha en 10 ans (presque la surface de la CCRA) . L’agriculture emploie l’équivalent de 11 300 UTA en 2010, soit une diminution de 28% par rapport à 2000.BLEZAT — consulting
Les Petites Régions Agricoles du Nord-Pas de Calais
Monites Données cartographiques : PPIGE — BDcarto - © IGN 2010 — www.ppige-npdc.fr
Retrouvez les statistiques agricoles sur www.agreste.agriculture.gouv fr DRAAF Nord - Pas de Calais / SRISE / FM/ 14.12.2011
Diagnostic agricole
BLEZAT Consulting |Rapport | 24/01/13 8
2.1.2 Caractérisation de l’agriculture du territoire d’étude
Le territoire se situe au sein de la petite région agricole des Wateringues.
La région des Wateringues est très spécifique en termes de contexte naturel de d’aménagements anthropiques :
« Les wateringues sont un territoire de polder, aménagé à partir du Xème siècle, qui couvre environ 900 km2 dans le département du Nord (arrondissement de Dunkerque) et celui du Pas-de-Calais (arrondissements de Calais et de Saint-Omer). Ce territoire qui coïncide avec le delta de l'Aa est situé à une cote voisine du niveau moyen de la mer, parfois en dessous de ce niveau; toujours au-dessous du niveau des hautes eaux. Le cordon dunaire, qui longe la côte, assure une protection partielle contre l'intrusion de la mer.
Le maintien hors d'eau de la population et de l'activité, fait appel à un dispositif complexe de gestion des eaux en fonction de la marée, qui comporte notamment un réseau dense de canaux avec de nombreuses vannes, écluses et stations de pompage. »
(Source : Mise hors d'eau du polder des wateringues dans le Nord et le Pas-de-Calais, CGPC-CGAAER-IGE, 2007)
Source : site CCRABLEZAT — consulting
Autres grandes cultures
_ Polyculture dominante
EM Polyélevage dominant
. Polyculture et polyélevage
Répartition des cultures sur la CCRA en surfaces
(source: RPG 2010)
AUTRES
CULTURES
INDUSTRIELLES
11%
PRAIRIES
TEMPORAIRES
1%
PRAIRIES
PERMANENTES
5%
AUTRES GELS
1% SEMENCES
1%
PLANTES A
FIBRES
PROTÉAGINEUX AUTRES \_ORGE MAIS GRAIN ET
2% COLZA CEREALES 4% ENSILAGE
2% 1% 4%
Diagnostic agricole
BLEZAT Consulting |Rapport | 24/01/13 9
Orientation technico-
économique des communes
(s ource Agres te)
L’assèchement a permis la conquête de zones humides sur la mer, et notamment l’implantation de l’agriculture.
Aujourd’hui, sur le territoire de la CCRA, la qualité des sols et les
travaux de restructuration des parcelles permettent les productions
en grandes cultures qui sont plébiscitées par les exploitants.
Quelques secteurs présentent du polyélevage (au sud, en limite de
polder).
En termes d’assolement, le territoire est particulièrement orienté
vers les céréales et la betterave industrielle, qui occupent environ
70% de la SAU.
Pour les céréales, ce sont essentiellement le blé tendre, l’orge et
l’escourgeon qui sont représentés.
Les cultures industrielles sont par ailleurs développées, avec la betterave sucrière, la chicorée, la pomme de terre, les légumes industriels. (SAU : 16900 ha)
L’élevage présente un cheptel bovin de plus de 4 000 têtes, dont 650 à 700 vaches laitières, et quelques porcins, ovins, caprins et volailles.
Le territoire comptait 248 exploitations en 2000 (d’après le RGA 2010), soit 3,6% des EA du département du Pas-de-Calais. La surface agricole utile (SAU) occupe 16 000 ha (dont plus de 90% de terres labourables), soit 76 % de l’espace et 3,4% de la SAU du département. Les exploitations comptent en moyenne 65 ha contre 68,6 ha pour le département. Remarque : d’après la nomenclature SIGALE, l’espace agricole est de 18 666 ha en 2009, soit 85% de l’occupation des sols. Ce décalage entre les 2 bases de données s’explique par l’approche déclarative d’un côté et photoaérienne de l’autre).© BLEZAT — consulting Diagnostic agricole
BLEZAT Consulting |Rapport | 24/01/13 10
3 Les filières présentes sur le territoire
Pour chaque filière, on décrira :
- Les chiffres clé : les volumes et/ou les surfaces, l’importance du territoire de la CCRA au sein
de sa filière, le chiffre d’affaires estimé
- La dynamique : les flux, les opérateurs, les tendances à l’œuvre.
3.1 Filières v égétales
3.1.1 Filière céréales et oléo-protéagineux
La production de céréales et oléo-protéagineux est prépondérante sur le territoire puisqu’elle concerne près de deux tiers des surfaces. De plus, la quasi-totalité des exploitations sont concernées, que ce soit dans le cas d’une activité polyculture (grandes cultures et cultures industrielles), ou en complément d’autres activité (polyculture élevage). Les exploitations en production animales ont souvent des surfaces en céréales, permettant notamment soit d’améliorer l’autonomie alimentaire, soit de garantir un complément financier (actuellement, le cours des céréales reste attractif, comparativement aux cours de l’élevage).
Estimation des volumes et de la valeur
Estimation de la production locale : l’assolement et les rendements moyens nous permettent d’évaluer la production du territoire à 86 300 tonnes de céréales, soit environ 2,8% des 3 millions de tonnes produites par la région (pour 2 % de la SAU).
NB : le territoire bénéficie de rendements en blé (95 à 110 q/ha) supérieurs de 30% à la moyenne française.
Estimation de la valeur : on estime le chiffre d’affaires brut à environ 17 millions € valeur
brute en céréales (estimation grâce au cours des céréales, consulté le 17/01/14)
Tableau : évaluation des volumes et valeurs produits sur le territoire en céréales et oléo protéagineux
Culture Surfaces 2010 (ha) Rendement moyen (t/ha) Estimation volumes (t) Prix (€/t) cours 17/1/14 Estimation valeur brute (€)
Blé tendre 8 400 9 75 000 192 14 400 000 Maïs grain et ensilage 700 9 6 200 172 1 066 000 Orge 600 6,5 3 900 197 770 000 Autre 120 - 600 - - Colza 330 3,5 1 150 359 410 000 Protéagineux 410 4,5 1 850 250 460 000 TOTAL 10 500 - 86 300 t - 17 200 000 € (Calcul Blezat Consulting à partir des données de surface du RPG 2010, et des rendements moyens en région)Diagnostic agricole
BLEZAT Consulting |Rapport | 24/01/13 11
Description des flux, des opérateurs
En France, la commercialisation des céréales se répartit entre des coopératives (74%), et le négoce (26%). Source Coop de France métiers du Grain
Le territoire présente donc une dynamique particulière puisqu’il s’inscrit dans la tradition flamande du négoce, favorisé notamment par la présence du port de Dunkerque qui traite entre 50 et 80% des débouchés régionaux. Les coopératives tendent à grappiller des parts de marché sur la région, et le tissu de négociants, s’il est encore développé, est, comme à l’éch elle nationale, en phase de concentration.
Les agriculteurs expliquent passer par les deux systèmes, à la fois par le négoce, à la fois par la coopérative, avec une logique d’opportunisme. Une partie des fermes dispose d’ailleurs de capacités de stockage, permettant ainsi de vendre au meilleur prix.
On trouve peu d’opérateurs spécifiquement basés sur le territoire, et ceux qui y exercent disposent d’une très large aire de collecte. Parmi les opérateurs ayant une activité sur la zone, on a repéré :
Négoce Devulder et Ghys à Audruicq
Coopérative Unéal / Groupe Advitam :
o 7235 points de collecte, 2,4millions tonnes traitées.
o 10 000 agriculteurs adhérents et clients
o Chiffre d’affaire de 600 millions €
o 1 800 employés
o Basé à Saint Laurant Blangy (62)
Coopérative La Flandre
o basée à Bergues
o Chiffre d’affaire de 60 millions €
o Activités : approvisionne en produits phytosanitaires et
collecte céréales
Transformation : Sarl moulin de Recques
o Fonctionne à l’énergie hydraulique (Hem)
o Spécialité : blé local variété Camp-Rémy
o Activité artisanale, 2 emplois
(NB : liste non exhaustive)
Dynamiques à l’œuvre et perspectives
Les facteurs de variation des couts de production (et donc de l’assolement) La demande mondiale est aujourd’hui importante et ne devrait pas diminuer. La production, quant à elle, est susceptible de connaitre de fortes fluctuations, impactant ainsi les prix (aléas climatiques, état des stocks, crises géopolitiques…). Les prix devraient donc se maintenir à un niveau plutôt correct.
Les couts de production peuvent quant à eux tempérer la rentabilité de la culture : coût des intrants (en hausse, liés coût du pétrole), réforme de la PAC ( voir partie 3.6) peuvent impacter les exploitations, qui souvent investissent dans du matériel correspondant.
Loca l isation des organismes céréaliers
Source : Passion Céréales
http://passioncereales.fr/© BLEZAT — consulting Diagnostic agricole
BLEZAT Consulting |Rapport | 24/01/13 12
Infrastructures
Le port de Dunkerque est récemment monté en puissance avec une augmentation de ses capacités de stockage céréalières en 2011 (jusqu’à 500 000 tonnes). Ses débouchés concernent notamment l’Europe du nord et le Maghreb.
À l’horizon 2020, le futur canal Seine-Nord Europe offrira de nouvelles perspectives à la filière céréalière, grande utilisatrice de la voie fluviale. Depuis l’Oise jusqu’à Dunkerque, cette importante infrastructure permettra de transporter près de 15 millions de marchandises sur l’un des corridors de transit les plus empruntés. En ouvrant la France sur le réseau fluvial à grand gabarit du nord et de l’est de l’Europe, il renforcera la région Nord-Pas-de-Calais dans son rôle de tremplin logistique majeur du transit de céréales en France.
Source : Passion Céréales
Estimation du potentiel de consommation
La production en blé, sur le territoire, correspond à l’équivalent de près de 300 baguettes par an soit la consommation théorique en pain de 1,4 millions de français (= la population du département du Pas de Calais).
Hypothèses :
- Consommation moyenne de pain : 57 kg / français/an (source Credoc)
- Blé panifiable, c’est-à-dire avec un taux de protéines suffisamment élevé. En réalité, étant
donné qu’une partie importante des débouchés locaux passe par le port des Rouen et l’export vers le Maghreb (dont les habitudes de consommation ne demandent pas les mêmes qualités plastiques pour la panification), le taux protéique est une exigence moindre.© BLEZAT — consulting
mm
Diagnostic agricole
BLEZAT Consulting |Rapport | 24/01/13 13
3.1.2 Filière betterave à sucre
La production de betterave à sucre, en France, se localise sur le quart nord du pays. La région Nord- Pas de Calais fait partie des grands territoires de production nationaux. C’est une production étroitement liée à ses transformateurs, qui imposent aux producteurs leurs règles (calendrier du ramassage, condition de récoltes et donc tri des parcelles susceptibles d’accueillir la betterave… voir partie 5). La production est encore sous quota PAC, mais leur fin, programmée en 2017, impactera directement les producteurs.
Près de deux tiers des exploitations du territoire cultivent la betterave, avec en moyenne 10 hectares. Les plus grosses surfaces montent à 40 ha/exploitation.
Estimation des volumes et de la valeur
Estimation de la production locale : l’assolement et les rendements moyens nous permettent d’évaluer la production du territoire à 140 000 tonnes de betterave soit près de 25 000 tonnes de sucre, soit environ 3,2% des 4,3 millions de tonnes produites par la région (pour 2 % de la SAU).
Tableau : évaluation des volumes et valeurs produits sur le territoire et comparaisons de territoires
Estimation de la valeur : on estime le chiffre d’affaires brut à environ 5 millions € valeur
brute.
Description des flux, des opérateurs
En France, on retrouve essentiellement 3 gros opérateurs, coopératives (Tereos (n°1 France avec 210 000 hectares de betterave, 5 milliards € chiffre d’affaire, 12 000 coopérateurs, 26 000 salariés), Cristal union (n°2 Fr)), et privés (Saint Louis sucre (n°3 français), membre du groupe Südzucker, 1er sucrier européen).
Surfaces Volume de betteraves Volume de sucre Rendement moyen
France 391 400 ha 32 Mt en 2013
4,52 Mt sucre
blanc dont 2,125
Mt exporté
Rendement
moyen : 81-
84t/ha pour 16°S
Nord Pas de
Calais Estimé : 53 300 ha
4372 000 t (13,5%
production française)
Estimé :
960 000 t
Rendement
moyen : 81-
84t/ha pour 16°S
Territoire
(données RPG
2010, calcul
BC)
1500 à 1800 ha (source :
entretien Tereos). Environ
10% de la production du
site de Lillers
127 000 à 153 000 t
(3,2 % production
régionale pour 2 % de
sa SAU)
Estimé :
25 000 t
Site de Lillers :
85t/ha pour 16°S
soit 14 t
sucre/ha© BLEZAT — consulting Diagnostic agricole
BLEZAT Consulting |Rapport | 24/01/13 14
La production de betterave est quasi en totalité sous contrat. Sur le terri toire, c’est la coopérative Tereos, qui gère la production. Le groupe possède 41 sites dont 2 proches du territoire : Attin (87 km Audruicq)
Lillers (55 km Audruicq). C’est sur ce site qu’est traité près de 95% de l a production de la région d’Audruicq.
En termes d’approvisionnement, le territoire de la CCRA se situe au-delà du rayon moyen de 39 km. Ceci étant, ce n’est pas une réelle problématique pour la coopérative en termes d’accessibilité « seule la mer nous arrête! ». En revanche, la concentration des sites peut s’avérer plus problématique pour les exploitants : en effet, chaque site devant traiter un plus grand périmètre, les tournées s’allongent et les périodes de ramassage reculent (de fin novembre à janvier). La production de la CCRA représente environ 10% du volume traité par le site de Lillers. Cette importance s’explique par la présence de sucreries, qui ont fermé depuis, mais qui ont permis aux agriculteurs de capitaliser les droits à produire (betterave soumise à quotas), et donc la culture betteravière.
Entre des surfaces stables et des rendements en hausse régulière depuis 40 ans, la production sucrière présente une légère hausse, et une stabilité sur 20 ans (malgré les baisses de surface du plan d’abandon en 2008). La culture de la betterave demande une rotation de 5 ans minimum.
La concentration de la filière entraine un grand nombre d’associés coopérateurs et par conséquent le sentiment d’une dilution du poids au sein des décisions du groupe. Ce phénomène est plutôt mal vécu, avec fatalisme.
Dynamiques à l’œuvre et perspectives
La filière betterave en 2013-2014 : la préparation de l’ « après-quota »
Rappel : Suppression des quotas en 2017
- Fin du quota Europe : 13 Mt
- Fin du prix minimum de 26,29€/t
- Maintien du dispositif interprofessionnel et de la politique contractuelle
Production sur le site de Lillers
Salariés
permanents et
saisonniers
140 salariés permanents et 80 salariés saisonniers
Activité Saisonnière : production de sucre, séchage des pulpes
Activités Annuelles : production d’alcool, conditionnement de sucres industriels
SUCRE 100 000 tonnes de sucre blanc
110 000 tonnes de sirops
73 000 tonnes de pulpes surpressées
65 000 tonnes de pulpes déshydratées (Coproduits vendus pour l’alimentation
ALCOOL 80 000 m3 d’alcool brut (spiritueux, parfumerie cosmétique, pharmacie, carburation)
55 000 tonnes d’écumes (valorisées en amendement calcique au champ)
35 000 tonnes de vinasses concentrées (Concentrent les minéraux : fertilisation)
+ PRODUITS AMYLACES© BLEZAT — consulting Diagnostic agricole
BLEZAT Consulting |Rapport | 24/01/13 15
Les industriels affichent une volonté d’améliorer la compétitivité (meilleurs rendements, réduction de coûts industriels) :
- En cours : abattement forfaitaire pour limiter le surscalpage (betterave dont une partie de la racine a été coupée et laissée au champs) laissant du sucre aux champs. Lillers fait partie des 4 usines pilotes.
- Révision du système de tare-terre (ensemble des matières étrangères qui entourent la betterave une fois arrachée : terre…), testé à Lillers, 2€/betterave aujourd’hui - Lavage des échantillons
- Automatisation du laboratoire de saccharimétrie
- Allonger la durée de la campagne à 100/130 jours
- Économies d’énergie
- Internationalisation et diversification (produits et activités)
- Génétique : programme Aker visant à améliorer rendement et rattraper la canne à sucre - Impact de la réforme: volonté et des moyens mis en œuvre au niveau du groupe pour q ue les intérêts de la betterave restent majeurs (une rentabilité à LT et des revenus assurés) - intérêt agronomique, débouchés assurés (sucre mais aussi alcool, éthanol…) perspectives d’évolution favorables (rare culture à avoir un rendement en hausse
Effet sur la localisation géographique de la production à l’échelle nationale : à dire d’industriel, la production pourrait se développer au sud de Paris (Loiret, Champagne Ardennes), sans générer particulièrement de baisse sur les territoires actuellement producteurs, puisque les gens sont localement attachés à la culture de la betterave.
Les groupes à l’échelle mondiale continuent à se concentrer.
L’ensemble de ces paramètre montre aussi que les producteurs continueront à être tributaires des exigences des industriels.
Estimation du potentiel de consommation
La production en betterave sucrière, sur le territoire, correspond à l’équivalent de près de 25000 tonnes de sucre soit la consommation théorique de 830 000 français (= la moitié de la population du département du Pas de Calais).
Hypothèses :
- Consommation moyenne de sucre : 35 kg / français/an
- Prenant en compte le sucre de table et le sucre présent dans les produits transformés@ BLEZAT — consulting Diagnostic agricole
BLEZAT Consulting |Rapport | 24/01/13 16
3.1.3 Filière légumes
Les exploitations du territoire, en majorité dans le modèle polycultures/grandes cultures, intègrent pour certaines la production de légumes « plein champs » dans leur assolement. Ces cultures, comme la betterave, sont essentiellement sous contrat avec les industriels et doivent respecter un certain nombre d’exigences : irrigation des parcelles (assurance lors des années sèches), propreté (pas de corps étrangers type déchet)… Les contrats sont faits par produit.
Le maraichage n’est traditionnellement pas inclus dans la classification « légume plein champs ». On retrouve quelques producteurs sur le territoire, et on notera la présence d’horticulture.
Estimation des volumes et/ou surfaces, l’importance du territoire dans la filière
Estimation de la production locale : (données RPG 2010, rendements moyens, calcul BC) o Le périmètre de la CC d'Audruicq comporte 40 agriculteurs livrant les usines Bonduelle.
o Surfaces estimées : La surface cultivée est de 350 ha soit 7% de la surface totale de l'organisation de producteurs OPLINORD.
Tableau : évaluation des volumes produits sur le territoire
Surface (ha) Rendement moyen (t/ha) Volumes (t)
Pois 210 45 9 450 Haricots 80 10 800 Carottes 55 50 2 750 Chou-fleur 5 10 50 TOTAL Env. 350 ha - Env. 13 000 t
Estimation de la valeur : on estime le chiffre d’affaires brut à environ 30 millions € valeur
brute (estimation cours janvier 2014). La valeur ajoutée de ces produits est intéressante pour le producteur
Estimation du chiffre d’affaires, description des flux, des opérateurs,
D’après l’enquête 2013, La culture de légumes se fait principalement à l’échelle industrielle , notamment via des contrats avec Bonduelle (petits pois, haricots…).
Chiffres-clé du groupe Bonduelle :
- 1 896,1 millions d'euro de CA
- 8 971 collaborateurs (équivalent temps plein)
- Implanté dans 18 pays, Présence marque dans 100 pays
- 57 sites industriels et sites d'auto-production
- 128 000 hectares cultivés par 3700 planteurs
- 4 marques : Bonduelle, Cassegrain (France), Arctic Gardens (Canada), Globus (Russie et CEI)© BLEZAT — consulting Diagnostic agricole
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Le site Bonduelle à Renescure, site initial du groupe (35 km d’Audruicq)
- Production :
o 115 000 tonnes de conserve /an dont 43 000 tonnes petits pois carottes ; 20 000 tonnes légumes secs
o Environ variétés de 50 légumes
o Conditionnement : conserves, surgelés, bocaux
- Main d’œuvre : 470 salariés renforcés par 260 saisonniers en 3:8 (légumes d’é té : 57% des volumes)
- Commercialisation : 100% export (Allemagne, Flandres, pays nordiques)
Concernant le maraichage, les maraichers repérés lors de l’enquête sont souvent en production biologique et inscrit dans des commercialisations de proximité. Une exploitation a développé une activité de cueillette à la ferme.
Dynamiques à l’œuvre et perspectives
Le groupe Bonduelle affiche une attitude plutôt confiante sur ses perspectives d’avenir. La proximité de la Belgique est un élément important, avec des formats adaptés à l’export et des volumes exportés qui pourraient encore progresser.© BLEZAT — consulting
DS RS OT |
Diagnostic agricole
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3.1.4 Filière pomme de terres
La filière pomme de terre est plutôt « jeune », comparativement aux
autres grandes cultures, sur le territoire de la région d’Audruicq
(quelques décennies). Le Nord-Pas de Calais est pourtant aujourd’hui la
première région productrice de France.
Il s’agit essentiellement de pommes de terre de « consommation ».
La pomme de terre est un produit fragile, sensible aux maladies. La rotation des cultures est donc un élément déterminant pour assurer sa bonne production.
Estimation des volumes et de la valeur
Estimation de la production locale : l’assolement et les rendements moyens nous permettent d’évaluer la production du territoire à 65 000 tonnes de pommes de terre. A noter que la production a connu une progression de 10% sur les 10 dernières années.
Estimation de la valeur : on estime le chiffre d’affaires brut à environ 13 millions € valeur
brute (estimation novembre 2013)
Tableau : évaluation des volumes produits
Description des flux, des opérateurs
Grossistes
D’après l’enquête, les pommes de terre sont essentiellement commercialisées auprès de grossistes, négociants ou courtiers, avec un débouché export important (camions espagnols ou des pays de l’est qui reviennent d’Angleterre). 4 répondants ont un contrat avec un industriel, et 3 pratiq uent la vente directe de pommes de terre. Entre 5 et 10% des pommes de terre sont à destination industrielle. Les pommes de terre dites « de consommation » sont en partie destinées à l’export, à savoir qu’elles correspondent notamment bien aux attentes des consommateurs espagnols. Les pommes de terre locales sont réputées pour leur taille et leur blancheur, leur chair ferme, lavables (selon les années). Parmi les variétés (avec une grande variabilité), on retrouve la « Mona Lisa », la « Mélodie ». Ces flux sont favorisés par la proximité du territoire avec l’axe des transporteurs espagnols. Un circuit souvent décrit est le flux de fruits (type agrumes) vers la Grande Bretagne, et les camions redescendent ensuite vers le sud chargés de pommes de terre françai ses, garantissant ainsi la rentabilité des transports.
Surfaces Volume Rendement moyen
France ~ 130 000 ha 6 106 000 t dont 1 234 000 t pdt industrielle 46t/ha
Nord Pas de Calais 39 910 ha (RGA 2010) 1 838 000 t (37% production française) Dont 145 000 t pdt industrielle 46t/ha
Territoire (données
RPG 2010, calcul
BC , entretien)
Environ 1500
Dont 100 en industriel
65 000 t (3,8% production régionale
pour 1,8% de sa superficie) 45 à 50 t/ha© BLEZAT — consulting Diagnostic agricole
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Industriels
On compte 3 agriculteurs sur le territoire en pomme de terre industrielle pour McCain (production de frites, pommes sautées). A noter que pour faire des frites, ce n’est pas tant la variété que la taille qui détermine la qualité du produit. Il existe un certain nombre de variétés autorisées, qui peuvent alterner. Les récoltes peuvent être acheminées à Harnes, Béthune, mais aussi Matougues (51 / Marne) : en effet, certaines variétés sont spécifiques, et correspondent à l’attente d’un client spécifique.
Le groupe possède 3 sites en France, sur lesquels 450 000 tonnes sont traités par an. - N°1 : Matougues (51) : production uniquement, 250 employés. Client : Mac Donald’s - N°2 : Harnes (62) : production, marketing, vente. Clients : McCain, Quick, Buffalo Grill, 700 employés
- N°3 : Bethune (62) : production. Marques de distributeurs, premiers prix, spécialités (cubes, carrés…), 350 employés
La région d’Audruicq n’est pas très importante pour le groupe (environ 1% des approvisionnements), car elle est plus tournée vers le frais. Le secteur de Noirmoutier sera par exemple plus important.
Dynamiques à l’œuvre et perspectives
Comme vu précédemment, la rotation culturale est un paramètre important dans la culture de la pomme de terre. Plus la surface disponible est importante, plus la rotation est facilitée, ce qui explique notamment la recherche de l’augmentation des surfaces des producteurs. Ce ux-ci sont par ailleurs capables de parcourir de grandes distances pour produire la pomme de terre.
A dire d’acteurs, le territoire, grâce à l’irrigation, en termes industriel, intéresse plus la filière légumes (grâce à l’irrigation, sécurisante), que la filière pomme de terre. La filière industrielle se considère encore en croissance avec un rythme de croisière prévu pour 2015.
Estimation du potentiel de consommation
La production en pomme de terre, sur le territoire, correspond à l’équivalent de près de 65000 tonnes de pomme de terre soit la consommation théorique de 4,5 millions français (= trois fois la population du département du Pas de Calais).
Hypothèses :
- Consommation moyenne de pomme de terre : 35 kg / français/an
- Tous formats confondus© BLEZAT — consulting
RS ST KE 1
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3.1.5 Filière chicorée
La chicorée est un produit dont la consommation a fortement
diminué en France, mais qui désormais se stabilise. Le Nord-Pas-de
Calais reste la principale terre de production. C’est un produit très lié
à la transformation, et l’on retrouve un opérateur en situation de
monopole. La filière chicorée en France est très concentrée sur le
groupe Leroux.
Le territoire de la Région d’Audruicq est lui-même très important au sein de la production de ce groupe, car la production constitue une spécialité historique de la région aux sols légers (sableux), et avec des bâtiments anciens (séchoirs), et au climat bien adapté. La production sur l’intérieur des terres, avec un climat plus marqué et des terres plus lourdes, est plus difficile.
Estimation des volumes et de la valeur
Estimation de la production locale : l’assolement et les rendements moyens nous permettent
d’évaluer la production du territoire à 23 000 tonnes de chicorée. Ce chiffre est très important car il représente près d’un quart de la production française.
Estimation de la valeur : on estime le chiffre d’affaires brut à environ 1,3 millions € valeur
brute
Tableau : volumes estimés
Surfaces Volume Rendeme
nt moyen
Nombre de
planteurs
France 2600 ha en France en
2011 (concentré en
Nord Pas de Calais)
Estimé : 90 000 à 100 000 t
(1er producteur UE)
45-50t/ha 240 EA
6,5 ha/EA, (2 à
25 ha/EA)
Territoire (données
RPG 2010, calcul BC),
entretien
400 ha 23 000 t
Près d’un quart de la
production française
45T/ha 60 EA
Estimation du chiffre d’affaires, description des flux, des opérateurs
Société Leroux (Orchies)
o Leroux, leader sur le marché de la chicorée pure (filiale de Finaler) : 96% de part de marché (produits petit déjeuner, mais aussi farine)
Chiffre d'affaires
35 millions d’Euros de chiffre d’affaires net en 2012
50% du chiffre d’affaires réalisé avec des clients industriels
35% du chiffre d’affaires réalisé à l’export dans plus de 50 pays.
Main d’œuvre : 205 salariés dont 180 sur le site d’Orchies (59)
o Production :
Volumes : 80 000 tonnes de racines de chicorée traitées et cultivées chaque année dans le nord de la France.
Zone d’approvisionnement : 80% des racines cultivées en Flandre Maritime. Le gros de la production est situé dans le triangle Dunkerque/ Calais/ Saint Omer. Secteurs sur Orchies, Abbeville.© BLEZAT — consulting Diagnostic agricole
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Près de 100% des volumes sont contractualisés
Payé 72€/t, soit 3000€/ha brut pour l’agriculteur : on valorise une culture technique
Usagers belges (inuline)
o A noter qu’il s’agit d’un marché émergent
o L’inuline est utilisée en tant que complément alimentaire riche en fibres
Chicorée du nord, cafés Poitau, Oye Plage
o Transformation artisanale
o Label Saveur en’Or
Dynamiques à l’œuvre
La production, après avoir connu une baisse (liée à la baisse de consommation), atteint un rythme de croisière et une stabilité des surfaces.
Une nouvelle utilisation est en cours d’émergence : l’inuline (fibres, épaississant, prébiotique), et traitée par des opérateurs belges pour en faire un additif alimentaire.© BLEZAT — consulting
RS EE RE 1 5
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3.1.6 Filière lin
Le lin est une culture très exigeante. Elle demande des sols de qualité, ainsi
qu’un contexte climatique doux, tempéré et aéré. La proximité des terres
au littoral garantit sur le territoire de la Région d’Audruicq une bonne
alternance de pluviométrie et d’asséchement, limitant la sensibilité aux
champignons.
Le lin cultivé sur le territoire est essentiellement utilisé pour ses fibres
(usage non alimentaire).
Estimation des volumes et/ou surfaces, l’importance du territoire dans la filière
Estimation de la production locale : l’assolement et les rendements moyens nous permettent
d’évaluer la production du territoire à 800 tonnes de fibres de lin.
Estimation de la valeur : on estime le chiffre d’affaires brut à environ 1,6 millions € valeur
brute
Tableau : estimation des volumes sur le territoire et par groupe
Le territoire se situe au cœur de la zone d’approvisionnement de la coopérative linière de Bourbourg (59). Il représente près d’un quart de ses approvisionnements.
Ses terres sont très favorable à la production, grâce à ses terres limoneuses « petite Normandie ». Recques-sur-Hem fait partie des meilleures terres.
La plante présente de nombreux atouts :
- nécessitant peu intrants, elle est respectueuse de l’environnement ;
- au sein de la rotation culturale, elle nécessite 6 à 7 années intercalaires, et elle est excellente
en tête d’assolement (suivie du blé).
Elle demande par ailleurs un savoir-faire développé :
- Plantée au printemps, arrachée en juillet, il est nécessaire de la laisser rouïr à terre. Elle est
ensuite récoltée de mi-aout à mi-septembre (il existe donc un risque élevé de perte sur cette période critique, en cas de trop fortes pluies)
- Elle demande beaucoup de main d’œuvre spécialisée lors de la récolte.
Surfaces Volume Rendement moyen Nombre de planteurs
FESTAL 39 400 55 700 t fibre
longue
6 à 8 t paille / ha 10 coopératives
600 salariés
3 100 adhérents
Coop Lin Bourbourg 2080 (2012) à
3000 (2013)
5 500 t,
10% FESTAL
7 à 8 t paille / ha
1,6 à 1,7t fibre/ha
392 adhérents (2013)
Territoire (données
RPG 2010, calcul BC),
entretien
500 Environ 800 t - Une cinquantaine© BLEZAT — consulting Diagnostic agricole
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Estimation du chiffre d’affaires, description des flux, des opérateurs
Quelques chiffres France : (source : France Agricole 2013)
Le marché mondial du lin à fibres longues : estimé à 160 000 t /an
Provenance : 2/3 de France, Belgique, Pays-Bas.
France : 85 000 t sur 55 000 ha (rendements passés de 10 à 12 q/ha dans les années 1980 à 14 à 15 q/ha en 2013)
Cours : 175 €/ quintal (hausse de 5€ en 1 an)
Coopérative linière de Bourbourg :
o Adhérente au réseau FESTAL :
3/4 de la production mondiale - sur 1/4 des
surfaces mondiales –
10 coopératives de teillage de lin et une de
chanvre, situées sur une large bande
littorale allant de Caen à Dunkerque.
o Activité
La Coopérative de Bourbourg représente
10% des 10 coopératives FESTAL, et 5% de
la production nationale ; la CCRA
représente ainsi 1% de la production
nationale
Dynamiques à l’œuvre et perspectives
La filière bénéficie d’une belle progression, même si elle reste peu répandue. - En termes d’offre : Ces dernières années ont été marquées par des conditions climatiques favorables et des rendements qui s’améliorent (Référence : 1,6 à 1,7t/ha), et le Nord se positionne bien à l’échelle nationale. L’Europe produit actuellement 80 000 ha et prévoit de monter à 120 000 d’ici 20 ans (une hausse très progressive).
- En termes de demande : les qualités techniques de fibre de lin sont importantes : la fibre de lin remplace la fibre de verre, de carbone… on la retrouve dans les raquettes de tennis, le bâti fenêtre…
- Le point faible de la filière se situe dans la seconde transformation, délocalisée en Chine. Les opérateurs souhaiteraient ramener la production en Europe. Sa dépendance à la transformation externe en fait une cible de critiques sur la pérennité de la filière.© BLEZAT — consulting
Nombre de têtes
bovins viande
3 500
bovins lait
1700
Porcins 3 000
Unités Gros Bétail (UGB)
Diagnostic agricole
BLEZAT Consulting |Rapport | 24/01/13 24
3.2 L’élev age
D’après l’enquête 2013, l’élevage, activité agricole traditionnelle, est aujourd’hui beaucoup moins pratiqué sur le territoire. Nombre d’agriculteurs sur le territoire ont fait le choix de pratiquer la culture de pomme de terre au détriment de l’élevage ces dernières années, lorsque leur surface le permettait.
Une bonne part des exploitations qui ont une activité d’élevage font également de la polyculture.
A noter que les chiffres fournis constituent des approximations : en effet, la faible densité d’élevage entraine un secret statistique important.
Estimation du cheptel présent sur le territoire de la CCRA (en nombre de tête et en équivalent gros bétail ,
Estimation Blezat à partir RGA 2010
* UGB : unité gros bétail ; 1 vache = 1 UGB, 1 porc = 0,4 UGB, 1 brebis ou 1 chèvre = 0,2 UGB, volaille = 0,007 UGB)
3.2.1 La filière bovine
L’activité d’élevage constitue le plus souvent un atelier complémentaire de l’activité de polyculture, en particulier en bovin viande.
Le cheptel bovin est estimé à plus de 4 000 têtes en 2010, ce qui constitue une baisse du cheptel de près de 20% en 10 ans (contre une baisse de 8% à l’échelle nationale).
Il se décline en :
- Bovin viande :
o Cheptel : 3000 têtes environ,
Note : un gros élevage de veaux gras sur le secteur
o Volumes produits : une approximation grossière permet
d’estimer la production à près de 200 tonnes équivalent
carcasse.
o Commercialisation : vente à des négociants et quelques cas de vente directe : pour cela, l’existence d’un petit abattoir à proximité (celui de Zegerscappel a été évoqué lors des commissions communales) est indispensable.
- Bovin lait :
o Cheptel : 700 vaches laitières environ
o Volumes produits : une approximation grossière permet
d’estimer la production à près de 3 millions de litres de lait.
o Collecte par une coopérative ou industriel (Sodial, …). La
collecte a lieu tous les 3 jours (6 traites).
o NB : Dans le cas d’élevage laitier, cette production est le plus
souvent l’atelier principal.@ BLEZAT — consulting Diagnostic agricole
BLEZAT Consulting |Rapport | 24/01/13 25
3.2.2 La filière porcine
On estime qu’il y a une dizaine d’élevages porcins sur le territoire, tous hors sol. Le cheptel est estimé à 3000 têtes environ, pour une production de 160 tonnes équivalent carcasse.
D’après l’enquête agriculteurs, la commercialisation peut se faire soit directement avec des bouchers, soit via la vente à une coopérative.
3.2.3 La filière ovine
On trouve quelques élevages d’ovin viande sur le territoire. Le cheptel est estimé à 200 bêtes environs (attention, très fort secret statistique). Les éleveurs pratiquent pour la plupart la vente directement auprès de bouchers.
3.2.4 La filière caprine
On repère sur le territoire une exploitation en caprin lait, avec transformation à la ferme pour du fromage. La commercialisation passe essentiellement en vente directe.
3.2.5 La filière volaille
Plusieurs types d’élevage de volaille sont présents sur le secteur. Tout d’abord, des ateliers d’élevage industriel, avec de la production de volaille de chair, mais aussi d’œufs et de poussins. Il y a aussi des élevages spécialisés sur la production de Volaille de Licques (Label et IGP, voir partie 3.3).
L’estimation du cheptel est difficile, malgré les volumes importants, à cause du secret statistique à l’échelle communale. On estime donc le cheptel à partir des surfaces en bâtiments avicoles et de ratios de densité. Le canton d’Audruicq dispose d’environ 7000 m² de bâtiments avicoles (enquête structures 2004, Agreste). En prenant une densité de 40 volailles/m²/an, on donne une approximation du cheptel à 280 000 volailles, majoritairement poulets de chair (environ 420 t).
La commercialisation passe en filières longues et filières directes.
3.2.6 La filière équins
On repère 3 à 4 centres équestres sur le territoire.
3.2.7 Autres élevages
On notera la présence de quelques élevages atypiques (autruche, ânes…).
3.2.8 Produits de la mer
Malgré sa situation sur le littoral, l’activité de pêche n’est pas développée sur le secteur (pas de port, présence d’une réserve naturelle).
On repère cependant un producteur de moules, dont l’activité est sensible aux qualités sanitaires de l’eau.BLEZAT — consulting
E
AGRICULTURE
BIOLOGIQUE
Aire géographique
de l'IGP Volailles de Licques
Saveurs (44h
Diagnostic agricole
BLEZAT Consulting |Rapport | 24/01/13 26
3.3 Labels
Le territoire de la Région d’Audruicq se distingue par la présence de labels de qualité.
L’IGP (indication géographique protégée) et le Label Rouge pour
les volailles de Licques, recouvre différents produits : dinde
fermière (premier produit à avoir obtenu le Label, 1979), poulet
blanc fermier, pintade fermière, chapon fermier, poularde
fermière, poulet jaune fermier.
La réputation est historique et liée à l’existence dès le 18ème
siècle, d’élevage de dindes par les moines de l’Abbaye de Licque s.
Cet élevage s’est étendu à la vallée et la réputation des produits a
gagné toute la région et même l’Angleterre. Depuis 1960, les
éleveurs produisent d’autres espèces avec autant de savoir-faire.
Les espèces retenues sont des souches et croisement de souches
à croissance lente. L’élevage se fait en plein air. Cette filière est
liée à l’abattoir de Licques (situé à 15 km d’Audruicq).
Par ailleurs, on retrouve la bannière Saveurs en’Or qui regroupe 680 produits régionaux. Sur le territoire, 2 produits y sont attachés :
- Chicorée Lutun à Oye Plage (atelier artisanal)
- Moules de Bouchot à Oye Plage
3.4 Agriculture biologique
D’après GABNOR et l’enquête terrain, on recense 5
producteurs en agriculture biologique sur le territoire,
dont 4 en cultures végétales : 3 maraichers ou producteurs
spécialisés, 1 arboriculteur, et 1 bovin lait.
Concernant les projets de reconversion, l’enquête 2013 n’a pas permis
de repérer de projets d’exploitations engagés dans la démarche .
Cependant, ont été cités lors des rencontres, des projets à long terme
(avec la succession d’un jeune).
Les exploitations engagées dans cette démarche sont quasi
exclusivement des structures engagées sur des filières de proximité.
Pour ce qui est des exploitations en filières longues, celles-ci n’y voient aujourd’hui pas particulièrement d’intérêt puisque la demande des opérateurs aval n’oriente pas les choix techniques sur ce modèle.© BLEZAT — consulting
Sans réponse
Pas de démarche qualité
Agriculture raisonnée
Global Gap
Agriculture biologique
Charte Qualité Lait
Label Rouge
10 15 20 25 30
Diagnostic agricole
BLEZAT Consulting |Rapport | 24/01/13 27
Enquête : Démarche qualité
Seuls 8 répondants ont indiqué suivre une démarche qualité (17 personnes ont répondu à cette question), avec en premier lieu l’engagement dans l’agriculture raisonnée (sans que cela soit forcément sanctionné par un label).
2 exploitations sont certifiées Global Gap, une démarche souvent nécessaire pour pratiquer l’export (pomme de terre) et commercialiser auprès de l’industrie agroalimentaire.
Figure 1 : engagement des agriculteurs dans des démarches qualité
Source : BLEZAT Consulting d’après enquête agriculteurseo
BLEZAT — consulting
35
30
25
20
15
10
<10% du CA
31
>75% du CA
14
10-50%
9 50-75%
Es <10% du CA 10-50% 50-75% >75% du CA
Diagnostic agricole
BLEZAT Consulting |Rapport | 24/01/13 28
3.5 Zoom sur les filières de proximité
En région Nord Pas de Calais, une ferme sur cinq pratique la vente directe de ses produits : il s’agit ainsi d’une tradition forte en région, autant pour les producteurs que pour les acheteurs. De nouvelles formes de circuits courts et de valorisation locale de la production agricole sont mises en place et gérées par des agriculteurs qui se regroupent pour cette activité. (Source : chambre d’agriculture Nord-Pas de Calais)
Si la vente directe a toujours existé, la demande du consommateur, elle, a évolué : souvent plus urbain, celui-ci est aussi en attente d’un lien à la terre (succès des cueillettes, des ateliers à la ferme, des fêtes…)
3.5.1 Démarches repérées de vente directe
Sur le territoire de la CCRA, près de 20% des exploitations vendent tout ou partie de leur production en vente directe. (RGA 2010). Cependant cela ne représente pas forcément de gros volumes : - pour plus de la moitié de ces exploitations, cela représente moins de 10% de la production de l’exploitation.
- Une quinzaine d’exploitations commercialisent à plus de 75% leur production en circuits courts.
Taux de vente directe pour les exploitations pratiquant les circuits courts sur la CCRA Source RGA, traitement Blezat
Le territoire dispose d’un panel développé de productions (légumes, fruits, viande, produits laitiers, produits transformés…), permettant une gamme diversifiée.
On retrouve divers modes de commercialisation : à la ferme, marchés (le plus courant), cueillette…
Remarque : la vente directe de pommes de terre, par les cultivateurs industriels, a quasiment disparu. Les exploitants expliquent ne pas s’y retrouver financièrement par rapport au temps nécessaire à la tenue d’une permanence. Néanmoins, quelques initiatives originales, comme la vente en libre-service de filets sur des bornes en cœur de village, existent.eo
BLEZ AT — consulting
(11214101 3
TU
Diagnostic agricole
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3.5.2 Diversification non alimentaire : gîtes, logements étudiants, …
De multiples services d’accueil sont proposés au travers de réseaux spécialisés : des loisirs, de l’hébergement, de la restauration et aussi des produits à la ferme avec « Bienvenue à la Ferme », accueil pédagogique « Savoir Vert », logement étudiant avec « Campus Vert »…
On notera que l’ensemble de ces initiatives, près d’une dizaine, confère une certaine densité d’offre sur le territoire, plus élevée qu’à l’échelle du Pas de Calais.
- Fermes pédagogiques du savoir vert http://www.savoir-vert.asso.fr/
Il s’agit d’une association constituée de 113 fermes pédagogique. Les classes ou les groupes sont accueillis à la journée ou à la demi-journée. Tous les niveaux scolaires sont concernés. Les visites sont préparées à l’avance entre l’enseignant et l’agriculteur. En 2012, plus de 3500 visites de ferme ont été réalisées.
Trois fermes pédagogiques avec ce label sont présentes sur la CCRA :
- La ferme des ailes à ZUTKERQUE
- Les Pépinières de Berthem à ZUTKERQUE
- Les fleurs de l’Aa à SAINTE MARIE KERQUE
- Bienvenue à la ferme
Il s’agit d’un réseau soutenu par les chambres d’agriculture. On recense 132 exploitations adhèrent au réseau à l’échelle régionale. Sur le territoire de la CCRA, on repère « L'Autruche du Terroir », à Zutkerque.
- Accueil Paysan
Il s’agit d’une association mettant en réseau des exploitations partageant un modèle de production. On recense plus de 400 exploitations à l’échelle nationale. Sur le territoire de la CCRA, on repère « La ferme du Coq aux Ânes », à Zutkerque.
- Théâtre à la ferme
L’initiative du « Théâtre à la ferme, initiée par le comité de promotion économique et touristique intercommunal, le CPETI, est récente. Le principe est de faire venir une troupe, accueillie pour ses représentations dans des corps d’exploitation. Les acteu rs s’appuient sur des thématiques locales, et des dégustations sont proposées. En 2014, 5, il y aura 5 fermes partenaires.
Cette démarche a pour l’instant connu un grand succès, avec des représentations complètes.
- Campus Vert, http://www.campusvert.com/, entretien Blezat
Le Campus Vert est une association lancée en 1995 sur le territoire de Béthune, et qui compte aujourd’hui 120 exploitants qui offrent 450 studios à destination des étudiants. Cette démarche a émergé face à la pénurie de logements étudiants sur la région.
Le principe connait un beau succès, car pour l’instant, le site déclare avoir 4 demandes pour 1 offre. Le développement se poursuit donc progressivement. Le taux d’occupation sur tous les territoires confondus à plus de 95%, une occupation de 11,5 mois sur 12. Un échange riche entre les locataires Campus vert et les propriétaires… font qu’à ce jour, aucun adhérent ne souhaite quitter le réseau. En© BLEZAT — consulting Diagnostic agricole
BLEZAT Consulting |Rapport | 24/01/13 30
revanche, le campus Vert n’est pas en phase de campagne de sensibilisation : il y a des demandes régulières des agriculteurs mais les projets ne correspondent pas toujours au cahier des charges. L’investissement des agriculteurs s'effectue à plusieurs niveaux:
- Réalisation d’une partie des travaux
- Financement, avec le soutien du Campus Vert, FEADER et Conseil Régional - En revanche, le volume de travail n’est pas sensé augmenter.
- Processus :
o Dès qu’un agriculteur est intéressé pour réaliser des chambres d’étudiant à la ferme, le Campus Vert effectue une visite à domicile permettant de
présenter l’association, son fonctionnement et son cahier des charges.
mesurer la faisabilité du projet.
o Lorsque l’agriculteur monte un dossier, il connait donc les conditions déterminées par le cahier des charges.
Cette démarche présente un certain nombre d’intérêts pour l’exploitant : - Le Campus Vert note qu’il s’agit avant tout de permettre une valorisation et/ou une sauvegarde de son patrimoine.
- L’accueil de jeunes et l'échange sur le métier est également une motivation forte. - Et c'est aussi obtenir un complément de revenu, sans augmenter la charge de travail. - En termes financiers, le retour d’investissement se fait entre 9 et 13 ans, selon les projets. Le taux de rentabilité est de 2 à 15%.
Sur la région de Calais/Audruicq, il existe 20 studios répartis sur 5 exploitations. Un 6ème exploitant est en cours de réalisation de 5 nouveaux studios. Le territoire ne présente cependant pas une forte pression, il s’agit d’un site à mi-chemin entre Calais et Dunkerque. Les besoins sont distincts selon le secteur :
- Sur la partie sud de la CCRA, le développement de ce type de projet peut s’envisager si on trouve des formes alternatives au déplacement tel que covoiturage, transport en commun, location voiture électrique…
- Sur la partie Nord, un appui en communication, un soutien à l’investissement, et une exonération de certaines taxes (ordures ménagère…) pourraient être intéressants.© BLEZAT — consulting Diagnostic agricole
BLEZAT Consulting |Rapport | 24/01/13 31
3.5.1 L’Ecopole Alimentaire de la Région d’Audruicq : la volonté d’une démarche de structuration de l’offre locale
L’Ecopole Alimentaire, situé sur Nouvelle-Eglise, est un projet de la CCRA engagé en 2009/2010, et dont les travaux devraient aboutir en 2015. Ses objectifs sont les suivants : - Objectif 1 : développer à partir de ce site et en lien avec des producteurs présents sur le territoire les volumes et la distribution des produits agricoles (en particulier certifiés AB) et contribuer à l’organisation et au développement de divers modes de commercialisation par des circuits de proximité
- Objectif 2 : créer des emplois et accompagner les porteurs de projets en leur permettant de tester leurs activités : un incubateur de projets économiques maraîchers, un atelier de transformation…
- Objectif 3 : pédagogie à l’alimentation. En lien avec le projet social du territoire, l’objectif est de donner (ou redonner) un horizon alimentaire à chacun et d’agir pour une équité sociale en ce qui concerne l’accès à une alimentation diversifiée et de qualité : atelier d’insertion, maison de l’alimentation
- Objectif 4 : une porte d’entrée touristique et d’accueil sur le territoire
L’Ecopole accueille la structure associative Terre d’Opale. Il s’agit d’une plateforme de production et de diffusion de produits locaux, bio et solidaires, issus d’une dizaine de fermes locales. Ce regroupement de productions permet de diffuser des paniers de légumes et fruits issus de l'agriculture biologique sur le littoral de Dunkerque à Boulogne et son arrière -pays, ainsi que d’approvisionner la restauration collective (en particulier au niveau des collèges). Les producteurs, qui n’ont habituellement, de façon individuelle, pas la portée pour répondre à ce type de marché, peuvent ainsi rayonner de façon plus visible. Le laboratoire, en cours de réalisation, s’attachera à renforcer la capacité de la production locale à répondre à la demande et à stru cturer cette filière.
Lors de la réalisation de l’étude, les besoins éventuels des exploitants en place ont été testés , par rapport au dimensionnement de ce laboratoire. De façon générale, les exploitations engagées dans le modèle « grandes cultures » ont estimé ne pas avoir besoin de transformation. En revanche, pour certains (en particulier ceux qui n’ont pas une surface satisfaisante), il pourrait s’agir d’une piste de diversification intéressante afin d’améliorer la valeur ajoutée.© Ed
C7] 13.5887 - 20.0000 C7 20.0000 - 30.0000
Es; 30.0000 - 40.0000 Es 40.0000 - 50.0000
EM 50.0000 - 60.0000 EM 60.0000 - 70.0000
ES 70.0000 - 80.0000 ES 50.0000 - 90.0000
EM 90.0000 - 104.7309
Diagnostic agricole
BLEZAT Consulting |Rapport | 24/01/13 32
3.6 Ev olution de la PAC et impact potentiel sur le territoire
3.6.1 Des productions historiquement soutenues
Malgré les différentes réformes qui ont impacté la
politique agricole commune européenne depuis sa
création, visant à intégrer notamment la dimension
environnementale, les grandes cultures restent une des
filières les plus soutenues et donc dépendantes des aides
(du 1er pilier surtout – « aides directes »).
En France, l’aide moyenne à une exploitation de grandes cultures, en 2010, était de 26 700€ par bénéficiaire, soit environ 45% du revenu moyen par actif non salarié. Les exploitations en grandes cultures représentent actuellement 31% des bénéficiaires de la PAC et 36% du budget.
En région Nord-Pas-de-Calais, les revenus, comme les niveaux d’aide, sont plus élevés que la moyenne nationale, toutes productions confondues.
Par exemple, les agriculteurs du Pas de Calais ont reçu 287 millions d’euros en 2010 au titre du 1er pilier de la PAC (aides directes à la production), soit 21 200€ en moyenne par bénéficiaire.
Figure : Revenu moyen par département
pour les moyennes et grandes exploitations (RCAI/UTANS en 2012)
(Source : Ministère de l’agriculture, 2013)
3.6.2 Les impacts pressentis de la réforme 2014
Certains éléments de la réforme PAC post 2013 sont en cours de négociation au niveau national, mais les grandes lignes sont déjà validées et l’enveloppe globale du 1er pilier de la PAC va baisser d’environ 5% pour la France métropolitaine.
Quel que soit le scénario qui sera finalement choisi, on devrait observer une baisse importante du budget d’aide aux grandes cultures, au profit des zones d’élevage et des filières jusqu’alors non ou peu soutenues par la PAC : maraichage, arboriculture, viticulture.
Chiffres clefs pour les grandes cultures à
l’échelle nationale
300€ par ha de droit à paiement unique (DPU 2010)
26 700€ d’aide moyenne par bénéficiaire en 2010
59 500€ de revenu moyen (2010-2012) par actif non
salarié (résultat courant avant impôt)
1,1 UTA par tranche de 100 haés consulting Diagnostic agricole
BLEZAT Consulting |Rapport | 24/01/13 33
L’enveloppe financière du 1er pilier dédiée aux grandes cultures pourrait baisser de 160 à 400 millions d’euros sur un total de 2,93 milliards d’euros en 2010 toutes productions confondues.
Cette baisse pourrait être en partie compensée par le paiement vert soumis à de nouvelles règles agro-environnementales (cependant relativement peu contraignantes) et une régionalisation du 2nd pilier de la PAC (augmentation des montants financiers, renforcement des dispositifs agro- environnementaux).
De ce fait, la réforme de la PAC risque de fortement impacter les exploitations en grandes cultures du département du Pas-de-Calais, et a fortiori ceux du territoire d’étude. Afin de maintenir leur niveau de revenu, les agriculteurs du territoire pourraient mettre en œuvre les stratégies suivantes : Réduire les charges:
Économiser les intrants (gains de marge brute)
Mutualiser les équipements (CUMA, groupements employeurs) ,
Optimiser les déplacements et donc le foncier (schéma de desserte…) Créer de la valeur :
Relation interprofessionnelle et contractualisation (amont-aval),
Diversification (des productions, des circuits de commercialisation)
Innover en changeant les pratiques, notamment par l’agro-écologie (et bénéficier des dispositifs
agro-environnementaux)
En termes d’impacts, les documents ci-dessous, à l’échelle nationale, permettent de se situer pour les exploitations du Pas de Calais :
Des aides réduites de 50 à 100 €
Un montant compris entre 270 et 280€
-9% sur le RCAIBLEZAT — consulting
michn+phae
EFFETS REDISTRIBUTIFS Effet spécifique de la convergence partielle de l'aide verte mEffet spécifique de la convergence partielle des DPB
+300 mEffet net /SAU EA de la majoration 52 1°ha — meffet spécifique / ha de l'uniformisation nationale
_ : _ Effet spécifique psnva (perte budget FR) +250 L Zonage = France ; Surfaces = — ‘ : |
DPU_OVign_80Verg_20Estiv ; Réduc. Budg. BERR RE AAEN ARR Ep =-8% : Montagne = 0% : JA = 1% ; Couplé mEffet net /SAU EA JA Le +200 L=15% ciblage = 202 EVA. 47 ENL (plaine) … ms total effets nets /SAU EA zones à handicap & transfert DR 94 €lha Prot., 10 JB : Majoration des 52 . geffet spécifique / ha de la réduction budgétaire France
premiers ha = 20% du budget ; — RESULTANTE +150 + Convergence partielle à 70
+100
+50
+0 :-
-50 |
-100 +
-150
2 2 D Zz > É Z 2 2z 0 Ë OZ D z2|% Z NW >» à À D 4 133 6 Ê 5 2 3 5 8 à LE Le à à à à à à ë Ë À g 2 0 À nu & < à 4 M % 2|E # à > à © g 8 9 8 à 8 © 8 4 5 3 +8 8 < 8 & z o Oo * Ë ÿ 3 6 & ë 2 8 = e 8 2 4 «< & 8 ä 5 DH à I a 2 9 $ 2 <
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œŒ
à
Tableau 1. L'impact régional de la réorientation des aides directes (toutes OTEX)
classement par ordre décroissant selon l'indicateur « impact en euros par ha de SAU »
Nombre Impact en Impact du scénario testé en euros ou en %
d’'exploit. Millions d'€ I Exploit. [UTA l Ha de SAU Î Aides % Product. % RCAI
Limousin 7 730 34 4 500 2 800 45 11% 5,5% 22%
L. Roussillon 15 830 28 1 800 800 39 13% 1,4% 71%
Corse 1450 5 3 700 1 900 39 13% 3,9% 14%
Rhône-Alpes 20 700 36 1 700 800 28 7% 1,2% 5%
Auvergne 14 070 36 2 500 1 700 27 6% 2,6% 8%
Franche-Comté 6 100 17 2 800 1 600 25 8% 1,6% 5%
PACA 11 290 10 900 300 23 6% 0,6% 2%
Midi-Pyrénées 25 730 14 500 300 7 2% 0,5% 2%
Aquitaine 23 850 -1 0 0 -1 0% 0,0% 0%
Pays-de-la-Loire 24 760 -12 -500 -200 6 1% 0,2% 1%
Bretagne 25 300 -14 -600 -300 -9 -2% 0,2% 1%
Bourgogne 14 760 -16 -1 100 -500 -10 -3% 0,6% 2%
Poitou-Charentes 17 170 -22 -1 300 -700 -13 4% 0,7% -2%
Basse-Normandie 12 590 -19 -1 500 -800 -16 -5% 0,7% 4%
Lorraine 7 700 -28 -3 700 -1 900 -24 1% -1,6% 5%
Centre 18 010 -91 -5 100 -2 600 -39 -12% -2,4% 8%
Haute-Normandie 6 830 -44 -6 500 -3 500 -55 -16% -2,8% -13%
Alsace 6 580 -17 -2 700 -1 200 -59 -15% -1,6% 5%
Nord-Pas-de-Calais 10 280 -53 -5 100 -2 600 -63 -17% -2,2% 9%
Ch.-Ardennes 18 950 -105 -5 500 -2 600 -63 -18% -2,0% 6%
Ile-de-France 4110 -38 -9 300 -4 800 -71 -21% -3,9% -11%
Picardie 10 660 -116 -10 900 -5 900 -85 -22% 4,1% -13%
France 304 420 -396 -1 300 -600 -15 4% 0,7% 3%
Sources : Agreste — RICA France 2011 / Traitement INRA SAE2 Nantes
Diagnostic agricole
BLEZAT Consulting |Rapport | 24/01/13 34BLEZ AT — consulting Diagnostic agricole
BLEZAT Consulting |Rapport | 24/01/13 35
3.7 Bilan des filières et synthèse des enjeux
L’analyse de l’ensemble des filières étudiées précédemment nous permet de synthétiser quelques chiffres-clé pour le territoire de la Communauté de communes de la Région d’Audruicq :
Valeur ajoutée :
- Productions végétales : près de 40 millions € (estimation Blezat à partir de l’estimation des volumes et du cours moyen en janvier 2014)
- Productions animales : près de 2 millions € (estimation Blezat à partir de l’estimation des volumes et du cours moyen en janvier 2014)
Emploi :
- 350 emplois agricoles (source RGA 2010)
- 70 à 80 emplois en industries agro-alimentaires à l’échelle régionale (estimation Blezat à partir du nombre d’employés sur les sites et la part des volumes issus du territoire) - Une dizaine de transporteurs (approximation en tenant compte de la saisonnalité) - Soit près de 430 emplois liés à l’activité agricole (agricole + aval)
Potentialités :
- Des rendements en blé (95 à 110 q/ha) supérieurs de 30% à la moyenne française. - Une configuration (naturelle et anthropique) favorable à des cultures exigeantes telles la betterave (taille des parcelles suffisante, accès transporteurs), les légumes (capacité d’irrigation), la pomme de terre (rotation culturale), le lin (rotation culturale, climat océanique).
- La présence de signes officiels de qualité (IGP et Label Rouge Volailles de Licques)
Capacité alimentaire :
- 65 000 t pomme de terre : la consommation annuelle de 4,5 millions de français - 75 000 t de blé = la consommation en pain de 1,4 millions français
- 140 000 t betteraves : la consommation annuelle en sucre de 830 000 français - 3 millions litres lait : la consommation annuelle de 45 500 français en produits laitiers - Environ 420 tec de volaille : la consommation annuelle de 16 800 000 français
Les enjeux à retenir pour cette approche économique sont les suivants : - Préserver le potentiel de production tout en s’adaptant au contexte (demandes des IAA, performances techniques…)
- Saisir l’opportunité de valoriser et d’accompagner la structuration des filières locales
Les pistes qui se dégagent pour l’action publique :
PLUi • Protection de l’outil de travail : le foncier
Projet
Agricole
• Soutenir l’adaptation de l’agriculture « classique » au marché et aux évolutions réglementaires
• Approche technico-économique en lien avec l’impact sur l’environnement • Réflexion pour des aménagements spécifiques et collectifs (zones de dépôt, stations de lavage collectives…)
• Soutien émergence structuration « filières de niches »
• Événementiels
• Lien aux habitantseo
BLEZAT —— consulting
Ovins et autres
herbivores
5%
Bovins mixte
1%
Bovins viande
2%
Bovins lait
1% Fruits
1%
Maraichage,
horticulture
5%
Diagnostic agricole
BLEZAT Consulting |Rapport | 24/01/13 36
4 La dynamique sociodémographique des exploitations
4.1 Description des données démographiques et de
l’év olution
4.1.1 Nombre d’exploitations
En 2010, le territoire d’étude comptait 248 Exploitations Agricoles (EA) ayant leur siège sur le territoire de la Communauté de Communes de la Région d’Audruicq. (RGA 2010) C’est un chiffre qui évolue à la baisse : -25% depuis 2000, et -57% depuis 1988. Cette évolution reste similaire au niveau national (-26% entre 2000 et 2010).
A noter que ces exploitations représentent 95% des 16 900 ha de SAU (surface agricole utile). Au total, 463 exploitations ont des terres sur le territoire (source : RPG 2011).
4.1.2 Orientation technicoéconomique des exploitations, productions et débouchés
La grande majorité (deux tiers) des exploitations sont orientées vers la grande culture (avec une répartition variable de céréales, oléo-protéagineux, pommes de terre, betteraves, chicorée, l in…). Une plus faible partie pratique à la fois les grandes cultures et l’élevage. Souvent, il s’agit d’exploitations dans une dynamique de réduction de l’atelier élevage au profit de la grande culture.
On retrouve aussi, dans une moindre mesure, des ex ploitations spécialisées dans l’élevage : élevage hors sol (porc ou volaille), 8% ; bovins 4% ; ovins et autres herbivores 5%.
Enfin, des exploitations en production végétale : 5% (arboriculture, horticulture, maraichage).
Répartition des exploitations selon leur orientation technico-économique (OTEX), RGA 2010
Remarque : lire annexe enquête auprès des agriculteurs 2013.BLEZAT — consulting
m Moyennes et grandes exploitations m Petites exploitations
100%
90%
80%
70%
60%
50%
40%
30%
20%
10%
0%
CCRA Pas-de-Calais Nord-Pas-de-Calais
EARL avec
chef
d'exploitation
9%
Exploitation EARL avec
individuelle coexploitants
74% 6%
Autres
5%
Diagnostic agricole
BLEZAT Consulting |Rapport | 24/01/13 37
4.1.3 Production brute standard (PBS)
Les exploitations de la CCRA ont un PBS cumulé de 36 M€, ce qui représente en moyenne un PBS de 140 k€ par exploitation
Ce montant est dans la moyenne du département
Il a progressé de 27% depuis 2000 du fait de l’augmentation de la taille moyenne des exploitations
Par contre, le PBS global a diminué de 5% entre 2000 et 2010
Les grandes et moyennes exploitations, dont l’appellation ne correspond en fait pas à la surface mais au PBS (plus de 25 000 €), constituent 84% des structures sur la CCRA contre 78% en moyenne sur le département et la région.
Note : PBS = chiffre d’affaire des exploitations hors subventions
Graphique : taux de moyennes et grandes exploitations
4.1.4 Structure juridique
Les exploitations du territoire sont le plus souvent individuelles (source RGA 2010) avec trois quarts des exploitations. Ce chiffre est plus élevé qu’à l’échelle départementale (63%) ou régionale (65%). Graphique : répartition en nombres des exploitations selon leur structure juridique
248 exploitationseo
BLEZAT — consulting
100%
90%
80%
70%
60%
50%
40%
30%
20%
10%
0%
B 60 ans et plus
B 50-60 ans
m 40-50 ans
m Moins de 40 ans
Diagnostic agricole
BLEZAT Consulting |Rapport | 24/01/13 38
4.1.5 Main d’œuvre
En 2010, sur les 248 exploitations agricoles, on dénombrait 350 UTA (unités de travail agricole), soit 1,4 UTA/exploitation en moyenne. Ce chiffre représente des réalités variées : la taille des exploitations sociétaires peut-être variable, avec l’emploi ou non de main-d’œuvre saisonnière, et la double activité est aussi répandue.
Voir aussi : annexe enquête
L’emploi saisonnier représente 6,7% de l’emploi agricole (source RGA 2010), ce qui est plus faible que la moyenne départementale (9,9% et régionale (11,2%).
Enquête : 11 répondants ont indiqué avoir recours à des saisonniers, principalement pendant la période estivale ou au début de l’automne (pour la récolte de pommes de terre notamment).
4.1.6 Age des chefs d’exploitation
La pyramide des âges montre une part des chefs d’exploitations de plus de 50 ans similaire au niveau régional : 48% en 2010 (soit une centaine d’exploitations). (RGA 2010)
A noter cependant que la part des plus de 60 ans y est plus importante (16% contre 14% en région).
Graphique : répartition en nombres des exploitations selon l’âge du chef d’exploitation© BLEZAT — consulting
Reprise
familiale &
HCF
4%
Sans réponse
5%
Diagnostic agricole
BLEZAT Consulting |Rapport | 24/01/13 39
4.1.7 Succession / transmission
Le taux de reprise est globalement bon sur le territoire (28% des EA sans successeur connu contre 38% en France, RGA 2010)
60% des exploitations de plus de 50 ans sont sans successeur : Cette situation est identique à la moyenne du Pas-de-Calais. Concrètement, cela représente environ 60 exploitations sans successeur seront à transmettre dans les 10-15 prochaines années.
Enquête : L’analyse des enquêtes agriculteurs CCRA 2013 permet d’appuyer l’analyse avec des éléments qualitatifs (à prendre avec précaution car non exhaustifs) :
Parmi les 7 exploitants qui envisagent une cessation d’activité dans les prochaines années, 2 ne souhaitent pas encourager d’installation à leur suite (avec pour un le souhait de transformer son bâtiment d’exploitation en appartements). Les autres souhaitent que leur exploitation soit reprise ; un seul précise qu’il a un repreneur à l’heure actuelle.
Parmi les exploitants en phase de croisière, plusieurs ont répondu à la question sur l’avenir de leur exploitations : ils souhaitent que leur exploitation soit reprise par la suite, avec dans la plupart des cas une succession familiale (enfant). Ces réponses traduisent un certain optimisme des agriculteurs du territoire sur l’avenir de l’agriculture, et le souhait de faire perdurer leur activité .
4.1.8 Installation
Concernant l’installation, on note de grosses difficultés pour l’installation hors cadre familial : seulement 8% des DJA (dotation aux jeunes agriculteurs) sont affectées à des installations hors cadre familial en région Nord-Pas de Calais, contre 29% en France en 2009.
Ces difficultés sont en lien avec l’accès au foncier, en termes de disponibilité et de prix.
Enquête : Une large majorité des installations (toutes exploitations confondues) s’est faite dans le cadre familial. 2 exploitations, avec plusieurs associés, combinent à la fois reprise familiale et installation hors cadre familiale. Parmi les 4 installations hors cadre familial, la plus récente date de 2007. La faible part d’installations hors cadre familiale s’explique en partie par la difficulté d’accès au foncier : les surfaces disponibles sont rares, se libèrent essentiellement en cas d’arrêt d’activité d’un exploitant, avec des prix souvent élevés. La concurrence est forte entre agriculteurs déjà en place qui souhaitent agrandir leur surface, et laisse peu de place à des éventuels porteurs de projets non issus du milieu agricole.
Figure 2 : modalité d'installation des exploitants
Source : BLEZAT Consulting d’après enquête agriculteurs© BLEZAT — consulting Diagnostic agricole
BLEZAT Consulting |Rapport | 24/01/13 40
4.1.9 Dynamique des exploitations
L’enquête a posé la question aux exploitants de leur dynamique d’exploitation :
Figure 3 : phase de développement de l'exploitation
Source : BLEZAT Consulting d’après enquête agriculteurs
Enquête : La plupart des exploitants qui ont répondu au questionnaire sont en rythme de croisière pour leur activité agricole. Ceux qui estiment être en phase de croissance se sont installés au cours des dernières années.
Enquête : 5 exploitants ont répondu à la question sur l’avenir envisagé pour leur bâtiment d’exploitation :
- 2 envisagent un agrandissement
- 2 l’aménagement pour un atelier et du stockage
- 1 l’aménagement d’appartements.
La majorité des exploitations qui ont répondu au questionnaire sont en dével oppement ou en rythme de croisière. Les projets envisagés pour l’avenir sont de plusieurs ordres : - L’agrandissement des surfaces est de loin le souhait le plus fréquemment exprimé par les agriculteurs (70% des répondants), et cela pour assurer un revenu convenable de l’exploitation, pouvoir installer un enfant, développer de nouvelles productions, avoir les surfaces pour l’alimentation des animaux, arrêter une double activité... mais tous reconnaissent la difficulté de s’agrandir aujourd’hui du fait d’une demande nettement supérieure à l’offre.
- L’investissement dans du matériel de production fait partie des projets de 11 exploitations, dont 5 qui envisagent d’investir dans du matériel pour le conditionnement ou la transformation des produits.
- A noter que le développement de nouveaux modes de commercialisation n’intéresse qu’une exploitation parmi les répondants.e
BLEZAT — consulting
Agrandissement des surfaces
Investissement dans du matériel de production
Construction de nouveaux bâtiments
Nouveaux modes de commercialisation
Mise aux normes de bâtiments
Développement d'une nouvelle production animale
Développement de la production laitière
0 5 10 15 20 25 30 35
Partenariat avec la restauration collective Rs
Vente directe, restauration collective et AB =
Vente directe et restauration collective |
0 1 2 3 4 5 6 7
Diagnostic agricole
BLEZAT Consulting |Rapport | 24/01/13 41
Figure 4 : projets de développement des exploitations
Source : BLEZAT Consulting d’après enquête agriculteurs
Il ressort ainsi de l’enquête que les exploitations agricoles du territoire sont très orientées sur leur activité de production. Elles sont organisées avant tout en filières longues, avec des débouchés auprès de coopératives et industriels qui assurent la transformation et la commercialisation des produits. Elles n’envisagent que rarement d’intégrer l’aval de la filière (quelques projets de transformation/conditionnement uniquement). Par ailleurs, avec peu de main d’œuvre sur l’exploitation, elles ne sont en général pas organisées pour développer des activités qui mobilisent de la main d’œuvre (transformation, commercialisation), et requièrent des savoir-faire nouveaux.
Avec une forme sociétaire qui tend à se développer dans les exploitations agricoles, 5 répondants souhaitent créer une société ou recherchent des associés.
Figure 5 : intérêt pour l'agriculture, la vente directe, la restauration collective
Source : BLEZAT Consulting d’après enquête agriculteurs© BLEZAT — consulting Diagnostic agricole
BLEZAT Consulting |Rapport | 24/01/13 42
4.1.10 Difficultés rencontrées et attentes
Les rencontres locales ainsi que l’enquête permettent de mettre en évidence un certain nombre de difficultés et de les hiérarchiser.
Il est intéressant de constater que les difficultés citées en priorité dans les commissions communales diffèrent en partie des éléments exprimés dans les questionnaires individuels. La paperasse est en effet un élément fortement cité dans les questionnaires, alors que lors des réunions communales, les difficultés de circulation, de l’eau et de respect des normes environnementales ont davantage fait parler. (Mais peut-être l’acte de remplissage du questionnaire a-t-il biaisé les réponses !)
Commissions communales : La question d’entrée a souvent été « pour vous, qu’est-ce qui a changé sur le territoire sur les dix dernières années ? ». Les réponses ont été variées selon les secteurs. La question de l’évolution des comportements des usagers de la route ou du voisinage est ressortie de façon assez importante. Les remarques sur le climat sont également venues de façon spontanée.
Les problématiques principalement citées ont donc touché le lien avec les autres usagers du territoire, la fonctionnalité des wateringues, les craintes par rapport à de nouvelles mesures environnementales et aux conséquences sur les pratiques agricoles. A noter que le sujet foncier, analysé par ailleurs comme très problématique, a très rarement été évoqué de façon frontale : les exploitants ont plutôt abordé les stratégies de recherche d’une meilleure valeur ajoutée faute de pouvoir s’agrandir.
Enquête : En dehors de la paperasse, qui ressort comme la première difficulté rencontrée par les agriculteurs répondants, la présence de nuisibles (avant tout le rat musqué, mais aussi le renard et le pigeon ramier) ainsi que la gestion de l’eau sont les 2 principales problématiques qui ressortent du questionnaire.
Ensuite vient la difficulté de disponibilité de la terre, qui est un frein important alors que les projets de développement des exploitations passent principalement par l’agrandissement des surfaces.
La difficulté à tirer un revenu de l’activité agricole est mis en avant par 11 exploitants, dont 5 sont doubles actifs (une situation qui semble alors plus subie que voulue) et 5 éleveurs (contexte particulièrement perturbé ces dernières années, avec une forte hausse des charges d’exploitation – en particulier pour l’alimentation animale, et des prix pas toujours rémunérateurs).
La question des conflits avec le voisinage, qui a été un point fort discuté lors des commissions communales, n’apparait ici qu’en 9ème position, avec seulement 6 exploitants qui le mettent en avant.© BLEZAT — consulting
Paperasse
Présence de nuisibles
Gestion de l'eau
Accès à la terre
Respect des normes
Circulation
Drainage
Revenu
Conflit avec le voisinage
Proximité des habitations
Morcellement des parcelles
Accès à l'eau
1988
0 4 6 8 10 12 14 16 18 20 22 24 26 28 30
206 he 50,6 ha 64,5 ha en
en 2000 2010
Diagnostic agricole
BLEZAT Consulting |Rapport | 24/01/13 43
Figure 6 : difficultés rencontrées par les exploitants agricoles dans leur activité
Source : BLEZAT Consulting d’après enquête agriculteurs
Les agriculteurs qui ont répondu au questionnaire expriment des attentes diverses vis -à-vis de la CCRA dans le cadre du diagnostic. Les principales attentes sont les suivantes : - protéger l’espace agricole, concentrer l’habitat autour des bourgs ;
- prendre en compte l’agriculture en tant qu’activité productrice et non uniquement comme réserve de foncier ;
- envisager les conséquences sur l’agriculture des décisions d’urbanisme (circulation, morcellement, réduction des zones d’épandage, etc.) ;
- maintenir et entretenir le réseau de wateringues ;
- travailler en concertation avec la profession agricole ;
- maintenir le caractère rural du territoire, en limitant son urbanisation.
4.2 Surfaces et parcellaires
4.2.1 Taille des exploitations
La taille moyenne des exploitations ayant leur siège sur le territoire est de 64,5 ha en 2010. C’est un chiffre en progression et légèrement supérieur à la taille moyenne régionale de 61 ha/ exploitation).
Cette évolution, conjointe à la diminution du nombre d’exploitations, témoigne de la restructuration des exploitations.
On peut noter aussi que c’est une taille plutôt modeste par rapport à la taille moyenne des exploitations en orientation technico-économique dominante grandes cultures à l’échelle nationale. En France, la taille moyenne des exploitations en grandes cultures est de 116 ha en 2010. Parmi les hypothèses expliquant ce phénomène, on peut souligner la forte tension sur l e marché foncier, ainsie
BLEZAT — consulting
SAU
CC] <500 ha
[2] 500 à 800 ha
EM 800 à 1 100 ha
EM : 100 à 1 300 ha
EE 1:01
Diagnostic agricole
BLEZAT Consulting |Rapport | 24/01/13 44
que le fait que les exploitations cultivent des cultures à forte valeur ajoutée (betterave, pomme de terre…).
Remarque : les surfaces ne sont pas toujours satisfaisantes en termes de revenu. Le cas échéant, les exploitations cherchent des stratégies d’adaptation : certains exploitants (souvent les plus jeunes) optent pour une stratégie de diversification (élevage, accueil) ou restent double actifs .
4.2.2 Surface agricole utile (SAU)
La SAU des exploitations ayant leur siège sur le territoire était de 16 000 ha en 2010. Ils exploitent donc 95% des 16 900 ha de la SAU totale (16 900 ha).
SAU et exploitations agricoles des communes de la CCRA, Source : RGA2010
En termes d’évolution, cette SAU a connu une baisse plus prononcée que dans le reste du département sur la dernière décennie : Baisse de 5% par rapport à 2000, et de près de 10% par rapport à 1988, soit près de 850 ha de SAU perdue.
La SAU est essentiellement consacrée aux grandes cultures (94% en 2010).eo
BLEZ AT — consulting
Répartition des cultures sur la CCRA en surfaces
(source : RPG 2010)
AUTRES
CULTURES
INDUSTRIELLES
11%
PRAIRIES
PRAIRIES
PERMANENTES
5%
AUTRES GELS
1% SEMENCES
1%
PLANTES A
FIBRES
o
PROTÉAGINEUX AUTRES \_ORGE MAIS GRAIN ET
2% COLZA CEREALES 4% ENSILAGE
2% 1% 4%
nombre
d'EA
12
EE Nb EA == SAU cumulée
10
1 200
1 000
800
<10ha
Hi: 10à 25ha 25à 50ha 50à 75 ha 75à 100ha 100150 >150ha ha 600 SAU
Diagnostic agricole
BLEZAT Consulting |Rapport | 24/01/13 45
Enquête BC :
La SAU cumulée des exploitations qui ont répondu au questionnaire représente 3 300 ha, soit 20% de l’ensemble de la SAU des exploitations du territoire (16 000 ha selon le RGA). Les répondants ont une taille moyenne supérieure à celle de l’ensemble des exploi tations : 80 ha contre 65 ha en moyenne sur l’ensemble du territoire.
Les exploitations les plus nombreuses ont entre 25 et 150 ha de SAU. Sans surprise, les exploitations de plus de 100 ha concentrent une part importante de la SAU : elles représentent 27% des exploitations, mais 55% de la SAU. Inversement, les exploitations de moins de 25 ha pèsent peu dans l’ensemble de la SAU (moins de 2%).
Figure 7 : répartition des exploitations ayant répondu à l’enquête et de la SAU en fonction de la taille des exploitations
Source : BLEZAT Consulting d’après enquête agriculteurs
4.2.3 Modes de faire-valoire
BLEZAT — consulting
60,8 et moins
0098764 76,5 à 85,1
85,2 à 93,8
93,9 et plus
Diagnostic agricole
BLEZAT Consulting |Rapport | 24/01/13 46
Le taux de fermage sur le territoire de la CCRA est de 86,1%, un chiffre nettement plus élevé que le niveau national (76,5%), mais similaire aux ratios départementaux (88,1%) et régionaux (87,9%).
Taux de fermage par commune
Source : Agreste, RGA 2010
Enquête : Au niveau de l’échantillon enquêté, la quasi-totalité des répondants ont une part de leurs terres en fermage. En termes de surfaces, le fermage représente 81% de la SAU de notre échantillon.
Figure 8 : répartition de la SAU entre fermage et propriété
Source : BLEZAT Consulting d’après enquête agriculteurs
4.2.4 Structure des parcellaires© BLEZAT — consulting
Sans réponse
14%
Groupé
32%
Morcelé
54%
Diagnostic agricole
BLEZAT Consulting |Rapport | 24/01/13 47
Les parcelles, sur le territoire de la CCRA, ont un historique de structuration très particulier : il s’agit de marais asséchés grâce à un réseau de canaux (wateringues). Initialement de petite taille, les parcelles ont pu être agrandies grâce à une politique de drainage avec une vague de restructuration dans les années 70. La taille de ces parcelles reste cependant petite par rapport à d’autres territoires de grandes cultures, et implique des conditions d’accès spécifique (pont). Certains secteurs, situés en bordure des wateringues (sud-ouest, sur Nortkerque, Zutkerque…) ne dépendent quasiment pas du drainage. Les parcelles y sont de taille plus importante et de meilleure qualité agronomique. C’est aussi sur ces secteurs (et à proximité de la voie LGV) qu’ont été effectués des remembrements. Ces remembrements ont permis d’améliorer la qualité globale des parcellaires, mais présentent quelques défauts : outre le fait de n’être pas toujours bien vécus, ils n’ont pas été toujours bien réfléchit par rapport aux parcelles en pente, ce qui a des conséque nces sur le ruissellement.
Enquête : Plus de la moitié des répondants déclare avoir un parcellaire morcelé. Cette situation a également été mise en avant lors des commissions communales, avec :
- Un « éparpillement » des parcelles sur plusieurs communes qui nécessite plus de déplacements, et a des conséquences à la fois en termes de temps et de conditions de travail (difficultés de circulation), mais aussi de charges (prix du carburant). L’agrandissement progressif des exploitations contribue fortement à cette situation ;
- des parcelles jugées parfois trop petites. Cela dépend toutefois des communes, plusieurs communes du territoire n’ayant jamais eu de remembrement. La densité du réseau de wateringues a également un impact fort sur la taille des parcelles.
Figure 9 : part des agriculteurs jugeant leur parcellaire groupé ou morcelé
Source : BLEZAT Consulting d’après enquête agriculteursBLEZAT — consulting
Répartition de l'occupation des sols en 2009
(nomenclature SIGALE)
ZONES URBAINES
8% AUTRES ESPACES
ARTIFICIALISES
1%
SURFACES EN EAU
1%
FORETS ET MILIEUX SEMI-
NATURELS
4%
Diagnostic agricole
BLEZAT Consulting |Rapport | 24/01/13 48
4.3 Foncier
4.3.1 Occupation des sols
Comme on l’a vu précédemment, la surface agricole utile (SAU) du territoire est de 16 900 ha. Le graphique suivant permet de visualiser la place de l’agriculture au sein du territoire : environ trois quart de l’espace.
Réalisation Blezat, données Région Nord-Pas de Calais, SIGALE ®
4.3.2 Disponibilité du foncier agricole
Lors de la réalisation de l’étude, l’ensemble des acteurs interrogés ont souligné le phénomène de verrouillage du foncier sur ce territoire.
Cette pression peut être expliquée par plusieurs facteurs :
- Une demande très forte en foncier agricole, non seulement par les exploitations du territoire, mais aussi des exploitations des territoires voisins (proximité, et effet vase communiquant avec la pression foncière issue des Pays-Bas, via la Belgique) - Quelques exploitations bénéficient de capitaux « externes à l’agriculture », ce qui leur permet d’emporter les enchères et qui contribue à faire monter les prix . Les agriculteurs affichent une certaine résignation face à ce phénomène, la question reste taboue. - Les terres de la Région d’Audruicq sont recherchées : malgré la contrainte des watergangs (voir partie 6.1), les terrains sont plats, irrigables, de bonne qualité agronomique, avec d’excellents rendements et permettant d’accueillir une belle diversité de productions.e
BLEZAT — consulting
marché des
terrains à bâtir
13%
marché des
espaces de loisirs
8%
marché forestier
7%
Hectares
1000
900 -
800 -
700 :-
600
500
400 -
300
200 -
100 -
di
S96 ha
2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011
5723K€
12000
10000
sx Surface ha
Diagnostic agricole
BLEZAT Consulting |Rapport | 24/01/13 49
4.3.3 Marché
L’analyse des publications de la SAFER permet de se faire une idée des transactions à l’échelle régionale.
Répartition des surfaces échangées en 2011, SAFER
Après une reprise du marché foncier constatée en 2011, 2012 se caractérise par un marché foncier total en net repli tant sur les surfaces négociées (-12%) que sur le nombre de transactions (-10%), ainsi que sur la valeur globale (-15%).
Le Marché des biens perdant ou ayant perdu la destination agricole pour des usages divers qualifié de Marché non agricole est en repli sur 2012 (-20%) et depuis 2010. Il se décompose en trois sous marchés :
- un marché forestier stable sur 2012 mais qui inclut également les terrains en nature de landes boisées ou non.
- un marché de l'espace résidentiel et de loisirs qui reste actif, mais néanmoins en repli, - un marché de l'espace en vue de son artificialisation (achat par les Collectivités publiques, terrain à bâtir et industriel). Ce marché voit son volume depuis la troisième année se réduire fortement, il s'élève à 930 ha (2 000 ha en 2009).eo
BLEZ AT — consulting
Surface en ha K€
14000 500000
450000
12000
400000
10000 16 K€ 350000
300000
8000
250000
6000 200000
4000 150000
1 42 00000
2000
50000
0 0 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012
mn59 s62 ”\aleur KE
Réorientation Protection de
l'environnement Développement
7% économique
En faveur de Etoffements
l'installation
37%
Maintien du preneur
25%
parcellaires
12%
Diagnostic agricole
BLEZAT Consulting |Rapport | 24/01/13 50
Quant au Marché agricole, les surfaces négociées ont diminué de 9%. Néanmoins, la part du marché agricole sur le marché total augmente (75 % contre 72 % en 2011) et comprend : - les acquisitions par le fermier en place pour 4 445 ha, leur part de marché se maintient à 64% du marché agricole.
- le marché qualifié d'accessible et soumis au droit de préemption de la SAFER se contracte, il s'élève à 1 569 ha, en fort repli (-20%).
- les exemptions SAFER (vente en famille, échange...) représentent 957 ha
http://www.flandres-artois.safer.fr//iso_album/ACTIVITE2011.pdf
A l’échelle Flandres Artois, le diagramme suivant donne une idée de la destination des terres acquises puis rétrocédées par la SAFER :
Source : https://flandres-artois.vigifoncier.fr//index.php?cont=main&event=page&page=observatoire-foncier© BLEZAT — consulting
Prix des terres et prés en 2012
Moyennes triennales Terres et prés libres Terres et prés occupés (en euros courants/ha) 2011 2012 2011 2012
Nord
Flandre intérieure, Flandre tanina 10 670 11 570 4 910 5 170
Région de Lille, Pévèle 9 860 11 580 4 950 5 190 Plaine de la Scarpe 7 610 8 430 3 690 3 890
Hainaut 8 000 9 310 4 070 4 230
Thiérache 6 050 6 540 4 140 4 130
Plaine de la Lys 12 860 12 890 4 750 4 900 Cambrésis 9 730 9 700 4 170 4 220
Pas-de-Calais
Boulonnais 7 780 8 590 4 350 4 650 Haut Pays d'Artois 9 020 10 600 4 240 4 520
Ternois 9 610 10 940 4 490 4770 Pays de Montreuil, Bas -Champs picards 9 540 9 570 4 230 4 400
Artois 12 030 11 770 4 580 4 840
Collines Guinoises, Wateringues 10 520 10 390 4 650 4 900
Pays d'Aire, Béthunois, Plaine de la Lys 10 100 11 020 4 150 4 390
Source : Safer - SSP - Terres d'Europe - Scafr
Diagnostic agricole
BLEZAT Consulting |Rapport | 24/01/13 51
4.3.1 Prix des terres
Le ressenti des agriculteurs est que le prix du foncier est très élevé, et ceci notamment car la disponibilité est très faible. De plus, certains « gros » acquéreurs sont accusés de faire monter les prix. Les ressenti du prix des terres peut aussi s’appliquer au tarif des locations. Le tableau suivant indique effectivement que les secteurs des Wateringues et de l’Artois présentent parmi les prix du foncier les plus élevés de la région, sans toutefois atteindre les prix pratiqués autours de Lille et la plaine de la Lys. (attention : la concurrence entre agriculteurs n’est pas le seul facteur de hausse des prix, la pression urbaine joue aussi un rôle)
D’après le bilan d’activité 2011 de la SAFER, on constate que le prix des terres libres s'établit en 2011 à 10 050 €/ha dans le Pas-de-Calais, et celui des terres louées à 4400 €/ha pour l'ensemble de la Région Nord-Pas-de-Calais (source : SAFER/SSP/Terres d'Europe/SCAFR), chiffres très supérieurs aux moyennes nationales qui s'établissent respectivement à 5430 €/ha et 3830 €/ha. De 2004 à 2011, en euros courants, le prix des terres libres a augmenté de 48% en région contre 25% au niveau national, et pour les terres louées de 25%, ce qui correspond à la moyenne nationale. Toujours d’après ce bilan de la SAFER, L'augmentation des prix depuis 2005 est liée à la progression des revenus agricoles et à la baisse des taux d'intérêt réels.
Les prix des biens loués sont moins soumis aux fluctuations de revenus que ceux des biens libres, et l’amplitude des variations de prix d'une année à l'autre est plus faible. En Nord Pas -de-Calais, malgré les hauts niveaux de prix du foncier, les loyers, eux-mêmes historiquement élevés, permettent un rendement locatif (loyer à l'hectare perçu l'année N ramené à un hectare de terre acheté l'année N - 1)) entre 3,5% et 4,5% en 2009-2011, parmi les plus élevés, la moyenne nationale étant de 1,4%.© BLEZAT — consulting Diagnostic agricole
BLEZAT Consulting |Rapport | 24/01/13 52
4.1 Les bâtiments
Ce travail est réalisé pour la partie réglementaire du PLU intercommunal. Les éléments sont cartographiés soussystème d’information géographique.
Le développement urbain récent a concouru à augmenter la proximité entre des sièges d’exploitations agricoles et des habitations, ce qui peut générer des tensions de voisinage (bruits, odeurs…).
Il s’agit donc de limiter au maximum la construction de nouvelles habitations à proximité des sièges d’exploitation, afin de limiter ces conflits et permettre aux exploitants d’évoluer au sein de leur outil de travail.és consulting Diagnostic agricole
BLEZAT Consulting |Rapport | 24/01/13 53
4.2 Bilan : Des difficultés d’installation et d’extension
L’analyse sociodémographique et foncière de l’agriculture du territoire nous permet de synthétiser quelques chiffres-clé pour le territoire de la Communauté de communes de la Région d’Audruicq :
Une agriculture compétitive et pourvoyeuse d’emplois
- Des exploitations professionnelles (21% pluriactifs),
- De taille moyenne : 64 ha en moyenne (50 en 2000) ; (61 ha en NPC), maxi 417ha - Environ 430 emplois liés à la production du territoire (350 emplois agricoles, 70-80 IAA, dizaine transporteurs)
Un tissu d’exploitations pouvant être fragilisé
- Diminution du nombre d’exploitations : - 25% en 10 ans (France : -26%) entre 2000 et 2010 - Démographie :
o Un bon taux de reprise (28% des EA sans successeur connu contre 38% en France) o Mais moins d’exploitants de moins de 40 ans (18%)
- De grosses difficultés d’installation hors cadre familial, d’accès au foncier (8% des DJA en région contre 29% en France en 2009)
- Adaptation : certains exploitants (souvent les plus jeunes) optent pour une stratégie de diversification (élevage, accueil) ou restent double actifs
Les enjeux à retenir pour cette approche sociodémographique sont les suivants : - Pérennité de l’offre : Difficultés d’implantation des porteurs de projet : Accompagner la transmission et ou la création de nouvelles activités agricoles
Les pistes qui se dégagent pour l’action publique :
PLUi
• Préserver le foncier (surfaces et fonctionnalité), ainsi que les capacités de production (bâtiments d’élevage…)
• Protéger les siège d’activités et établir une distance de recul à tous les corps de ferme (quelle que soit la production, pas uniquement les installations classées) en plus de la réglementation « de base ». Cela permet en outre des possibilités d’évolution de production au sein d’une exploitation
Projet
agricole
• Développer les partenariats avec les structures d’installation agricole (chambre d’agriculture et autres structures), collectifs pour l’acquisition de foncier…e
BLEZAT — consulting
Vers la
Belgique Vers la Grande
Bretagne
Diagnostic agricole
BLEZAT Consulting |Rapport | 24/01/13 54
5 Evolutions du territoire et impact sur l’agriculture
5.1 Un territoire désormais sous forte influence urbaine
5.1.1 Construction du territoire
Depuis quelques décennies, le territoire a connu de profondes transformations. L’agrandissement des villes voisines, l’arrivée d’infrastructures comme l’autoroute et la LGV (1993), ont à la fois restructuré le paysage, et entrainé un développement à proximité des sites d’accès.
Dynamiques autour de la Communauté de Communes de la région d’Audruicqe
BLEZAT — consulting
. villes, littoral et vallées urbaniées : desse 1
. villes, littoral et vallées urbanisées : classe 2
. villes, littoral et vallées urbanisées : dasse 3
Camp. agricoles et industrielles sous faible influence urbaine
Came. vieillies à très faible densité : desse 1
Camp. vieillies à très faible densité : classe 2
Came. vieillies à très faible densité : desse 3
Hors champ (unités urbaines>10 000 emploi)
Montreuil C Saint-Pol-
Berck sur-Ternoise!
Fra y meries A =snes; pe
D Eourmies
Diagnostic agricole
BLEZAT Consulting |Rapport | 24/01/13 55
Ainsi, les communes du territoire sont aujourd’hui classé es par la DATAR comme « campagnes densifiées, du littoral et des vallées, à forte croissance résidentielle et à forte économie présentielle ».
Typologie des campagnes françaises
Source : Datar INRA CESAER / UFC-CNRS ThéMA/Cemagref DTMA METAFORT, 2011BLEZAT — consulting
Bunkerque
Boueqne sucmen
Carte 8
__ L'arrière-pays littoral a vu le nombre de ses
Taux de croissance communal du nombre de ménages
INSEE 1999-2009
MB 02581 (216)
M 0:1530,25 (388)
M 0:1280,15 (184)
M 00930,12 (190)
M 02 40.09 (557)
Eambrai
considérablement"ts
phénomène qui touche, plus généralement, les secteurs : périurbains les plus tendus
27000
25000
23000
21000
19000
17000
15000
1975 1982 1990 1999 2010
Diagnostic agricole
BLEZAT Consulting |Rapport | 24/01/13 56
5.1.2 Croissance démographique
La Région Nord-Pas de Calais a connu une croissance démographique de +2,5% sur la période 1999- 2009. Cette croissance est localisée en particulier sur la partie nord-est de la région, et certaines des communes de la CCRA présentent parmi les plus forts taux de progression.
Taux de croissance communal du nombre de ménages en Nord-Pas de Calais
Sur la CCRA, la population était de 16191 habitants en 1975. En 2011, elle était de 26 387 habitants, soit une progression de 63% en 36 ans. Si l’on s’intéresse à la période 1999-2011, la progression démographique est de +8%, soit plus du triple du rythme régional.
Évolution de la population : + 8,5 % en 10 ans (département Pas de Calais : + 1,4%)BLEZAT — consulting
Artificialisation du territoire régional entre 1998 et 2009
Rythme amuel d'artificialisation communale (ha/an)
DB 8 à24 (14)
B 428 (74)
B 2 à 4 (166)
(279)
GoulogNe suname
Sethune
Répartition de la consommation
des logements régionaux en fonction
de leur type et de leur date de construction
M 1990-2005 M 1948- 1975
M 1976-1990 M Avant 1948
SRCAE
Nord-Pas
de
Calais
d'après
INSEE
2006
HLM Maisons Appartements. Résidences Logements
LC hors HLM hors HLM secondaires vacants
Diagnostic agricole
BLEZAT Consulting |Rapport | 24/01/13 57
5.1.3 Evolution de l’occupation des sols
La carte suivante permet de visualiser les zones où le taux d’artificialisation est élevé en région Nord - Pas de Calais. Sans surprise, c’est sur le pourtour des agglomérations que le taux est le plus élevé. L'artificialisation touche les bords de l'armature principale de la trame urbaine, mais aussi les territoires périurbains
Artificialisation des sols entre 1998 et 2009
Source : DREAL NPC, septembre 2013, http://www.nord-pas-de-calais.developpement- durable.gouv.fr/IMG/pdf/occupation_du_sol_en_nord-pas-de-calais.pdf
Sur le territoire de la CCRA, en 2009, l’espace agricole représente 77% des surfaces. Les terres artificialisées représentent 9% des surfaces.
Le tableau suivant indique l’évolution des surfaces sur la période 1998-2009.
type de surface 1998 2009 variation (ha) variation (%)
surfaces agricoles 18955 18666 -289 -2%
surfaces naturelles 1137 1204 67 6%
surfaces artificialisées 1683 1904 222 13% Source : SIGALE, analyse Blezat Consulting
On note ainsi que les surfaces agricoles
ont perdu 289 ha (2%) en 10 ans, tandis
qu’à la fois les surfaces artificialisées et
naturelles ont progressé. Les terres
artificialisées ont progressé de 13%, mais
en valeur absolue ce chiffre reste à
relativiser puisqu’il ne représente que
222 ha (1% de la superficie totale).BLEZAT — consulting
£ DM tificiaisé Évolution 1998/2009 mm agricois
(DDTM 62) MM liaturel et forestier
EM Zones humides
EM Surfaces en eau
Diagnostic agricole
BLEZAT Consulting |Rapport | 24/01/13 58
La carte suivante permet de visualiser les sites de développement sur la CCRA. Il s’agit globalement de bourgs qui grossissent, souvent le long des rues principales. Sur la partie sud du territoire, l’artificialisation des sols peut paraitre un peu moins groupée, en parti culier car elle est moins contrainte par le réseau de watergangs.
Localisation des changements de destination des sols
Source : SIGALE
5.1.4 Perception de l’urbanisation du territoire par le monde agricole
L’arrivée d’une nouvelle population, engendre un certain nombre de difficulté pour le monde agricole.
De façon mathématique, la simple augmentation de la population génère une augmentation du nombre d’usagers de la route, qui doivent cohabiter sur de petites routes de campagne avec les engins agricoles.
Le développement du logement entraine de même de plus nombreuses zones mitoyennes, générant ainsi des risques de friction liées à la proximité (bruit, odeurs, poussières…). Enfin, cette population, plus citadine, ne connait pas forcément les modes de fonctionnement de l’agriculture, et cela peut occasionner des tensions, des conflits d’usage. A noter aussi : lors des ateliers communaux, les agriculteurs ont signalé que les conflits de voisinage ne sont pas uniquement le fait de nouveaux arrivants, mais aussi l’évolution de comportements des gens « du cru ». Enfin, certains remarquent qu’en expliquant régulièrement leur démarche, ils pouvaient limiter les tensions avec le voisinage.© BLEZAT — consulting Diagnostic agricole
BLEZAT Consulting |Rapport | 24/01/13 59
La deuxième grande difficulté est liée à l’impact physique de l’évolution des infrastructures sur la fonctionnalité agricole.
- L’artificialisation des sols, si elle reste modérée, renforce la problématique de la disponibilité foncière, déjà fort prégnante (voir partie 4.3). Les parcellaires, déjà morcelés (jeu des reprises des terres), risquent de l’être davantage.
- La circulation peut aussi être rendue délicate : Les parcelles, déjà isolées par les canaux notamment, peuvent voir leur accessibilité réduite si certains ponts sont supprimés. Par ailleurs, les automobilistes sont très exigeants sur la propreté de la chaussée, qui doit être nettoyée le plus tôt possible (en période de ramassage des betteraves, de la chicorée notamment).
Tout cela a pour conséquence de générer pour l’exploitant des tâches et du temps passé supplémentaires, ainsi que du stress.
Enquête : Perception de l’urbanisation du territoire
19 exploitants sur les 44 n’ont pas exprimé d’opinion sur leur perception de l’urbanisation du territoire. Ceux qui ont répondu expriment des inquiétudes par rapport au développement de l’urbanisation, qui a des conséquences directes sur l’activité agricole :
- Imperméabilisation des sols et difficultés renforcées d’écoulement des eaux ; - Arrivée de nouvelles populations de néo-ruraux qui créent des difficultés de cohabitation, et un phénomène de cité-dortoir ;
- Difficulté d’accès à certains terrains agricoles avec la construction de maisons en bord de route ;
- Perte de surfaces cultivables ;
- Morcellement des exploitations agricoles.
- Source de spéculation foncière.
Les exploitants souhaitent voir cette urbanisation mieux maitrisée (voire stoppée pour quelques- uns), avec une concentration de l’habitat près des centres-villes. Il faudrait expliquer aux nouveaux arrivants les contraintes du monde rural et de l’activité agricole.
5.1.5 Parcelles stratégiques pour l’agriculture
Les aménageurs se posent régulièrement la question de savoir quelles sont les parcelles stratégiques pour l’agriculture, en termes de qualité agronomique, de propriété, de proximité à l’exploitation…
Les critères sont variables selon le type de système en place. Ce qu’il est important de voir, c’est la possibilité d’évoluer au sein de son activité agricole, ne pas fermer de portes.
Pour les élevages, ce sont souvent les parcelles proches du siège qui sont importantes, et un accès maintenu jusqu’aux bâtiments de stabulation. Pour les parcelles de fauches, on privilégiera des terrains plats et mécanisables (relativement accessibles sur le secteur).
Concernant le maraichage, on observe souvent une surface d’exploitation restreinte : le moindre hectare peut donc être stratégique en termes de rentabilité d’exploitation.
Pour les grandes cultures, même si la qualité agronomique est importante, la fonctionnalité des parcelles (taille, accessibilité) prendra souvent le pas en termes de hiérarchisation des enjeux. Et de façon globale, la taille du parcellaire de l’exploitation ne doit pas descendre en dessous d’un certain© BLEZAT — consulting Diagnostic agricole
BLEZAT Consulting |Rapport | 24/01/13 60
seuil afin de garantir d’une part la rentabilité économique et d’autre part d’assurer les rotations parfois longues.
5.2 Un monde agricole lui-même en év olution
Face à son environnement en mutation, le monde agricole évolue lui -même :
Comme on l’a vu (partie 4.1), le nombre d’exploitations et d’agriculteurs est en baisse (divisé par 2 en 25/30 ans). L’agriculteur est donc de moins en moins visible, au sein d’une population qui augmente. Certaines municipalités, par exemple, n’ont plus de représentant agricole au sein du conseil municipal. Parfois, les exploitants qui travaillent sur place ne sont pas originaires du secteur : on ne sait plus exactement à qui on a affaire. Le nombre d’élevage a aussi diminué. L’élevage, avec ses horaires réguliers, permettait aussi une certaine proximité avec la population. C’est beaucoup moins le cas, d’autant plus lorsque la production est hors sol.
Les engins agricoles sont de plus en plus gros, de plus en plus impressionnants. Et si l es techniques sont de plus en plus pointues (types intrants, dosages, dilution, choix variétés…), cela occasionne des interrogations (voire des suspicions) de la part des néophytes : si l’on ne sait pas que les doses sont diluées, on imagine que plus les passages sont nombreux, plus il y a de produits épandus. D’ailleurs, la suspicion est renforcée par des pratiques surprenantes : travaux de nuit, le week-end… Là encore, si l’on ne sait pas que l’efficacité est meilleure sur ces plages horaires, dans ce cas -là « c’est qu’ils ont quelque chose à cacher ». Les travaux du week-end sont liés à des impératifs climatiques (faible laps de temps pour être efficace) ou à des contraintes des collecteurs (circuit).
Tous ces éléments rendent auprès du grand public l’agriculteur plus di stant, ils permettent de véhiculer la pensée « agriculteur=pollueur », et il est perçu comme une entrave à la circulation et au bon fonctionnement du territoire. Cette méconnaissance entraine donc de la méfiance.© BLEZAT —— consulting Diagnostic agricole
BLEZAT Consulting |Rapport | 24/01/13 61
5.3 Enjeux :
Un territoire qui évolue :
• Développement des villages, des
infrastructures
• Urbanisation : + 220 ha soit 13 %
d’artificialisation en 10 ans (1998-
2009) soit 1% du territoire
• Croissance démographique (+ 8 %
en 10 ans (et +50% en 30 ans))
• Localisation : impact fort des sorties
d’autoroute
• Un territoire sous influence urbaine
« campagne densifiée », qui n’est plus
uniquement agricole
Conséquences sur l’agriculture
Relations de voisinage :
• Une nouvelle population, plus
nombreuse et moins rurale
• Plus de zones mitoyennes = plus
de zones de friction
• Plus de circulation
Fonctionnalité agricole :
• Moins de disponibilité foncière
• Un parcellaire morcelé
• Une circulation plus délicate
Tâches et temps passés supplémentaires
Une agriculture qui évolue
• De moins en moins d’agriculteurs (divisé
par 2 en 25/30 ans)
• Moins d’élevage
• Des engins de plus en plus gros
• Des techniques de plus en plus pointues
(types intrants, dosages, dilution, choix
variétés…)
• Travaux la nuit (efficacité des produits
renforcées) et le week-end (impératifs
climatiques et collecteurs)
Conséquences sur les habitants
• Moins de présence, de visages connus
• Des engins de plus en plus
impressionnants
• Des travaux non compris (agriculteur =
pollueur?)
• Travail de nuit : des choses à cacher!
Méconnaissance et méfiance
Les enjeux à retenir pour cette approche foncière sont les suivants :
- Cohabitation et relations avec la population non agricole
o En aménagement : maitrise de l’expansion urbaine, ne pas laisser se développer le phénomène de mitage
o Pour la circulation
- Valorisation de l’image de l’agriculture et reconnaissance de son rôle dans le développement (toujours en cours!) du territoire
Les pistes qui se dégagent pour l’action publique :
PLUi
• Aménagement :
• Protection du foncier agricole (surfaces et fonctionnalité : ne pas remettre en cause les accès aux parcelles, conserver les chemins d’accès, possibilité de schéma) • Périmètres autour des sièges d’exploitations (quelle que soit la production)
• Changement de destination des bâtiments (à définir)
• Circulation :
• Création d’aires de croisement / refuges
• Aménagements urbains à privilégier (ronds -points, ponts…)
Projet
agricole
• Circulation : Dialogues avec les « aménageurs » (notamment CG) pour adapter les routes • Image :
• Guide de circulation agricole (présentation des engins, période d’utilisation…)
• Idées : charte de bonnes pratiques, fêtes des voisins…
• NB : besoin de propositions de la part de la profession agricole. Les exploitations en grande filière peuvent présenter les engins agricoles, la filière… (à la ferme ou au comice)BLEZAT nsulting —— co
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Diagnostic agricole
BLEZAT Consulting |Rapport | 24/01/13 62
6 Potentialités naturelles et anthropiques du territoire
Le territoire de la Région d’Audruicq présente de nombreuses spécificités qui en font un environnement de travail agricole très particulier.
On abordera ici d’une part le contexte naturel et l’adaptation de l’Homme à ce milieu, ainsi que les diverses problématiques de développement durable qui se posent aujourd’hui.
6.1 Les Wateringues : un territoire artificiel, patrimonial
Le territoire de la Région d’Audruicq s’inscrit dans la Région des Wateringues, c’est-à-dire le delta de l’Aa, d’une surface globale de 85 000 ha.
Historiquement, le territoire de la Région d’Audruicq est un marais qui a été asséché à partir du XIIe siècle (voir partie 6.1).
Le Delta de la Aa vers 800 après JC, d’après J. Malbrancq
Le territoire s’est alors développé avec la formation champs et de villages sur les points hauts.
Région d’Audruicq, carte de Cassini, XVIIIe sièclee
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Tesritoire des Waterinques |
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Diagnostic agricole
BLEZAT Consulting |Rapport | 24/01/13 63
Au début du XXe siècle, le territoire était donc tourné vers l’agriculture, avec des surfaces de culture, de l’élevage, et une spécialité de chicorée (séchoir traditionnels).
Les Wateringues du Nord-Pas de Calais
http://institutionwateringuesnpc.pagesperso-orange.fr/
Les Wateringues résultent d’un aménagement des marais, entamé depuis XIIe siècle, avec un assèchement progressif grâce à la mise en place d’un système de canaux, d’écluses, de digues et d’évacuation à la mer.
Altitude sur la Région d’Audruicq : des zones sous le niveau de la mer
Le Plan de restauration des Wateringues, dans les années 1965, a permis un tournant sur la potentialité agricole et résidentielle du secteur :
- Historiquement, les parcelles étaient en forme de billons de 20m x 50m à 20m x 100 m (soit 0,1 à 0,2 ha). Exemple : marais de St Omer aujourd’hui.
- Un drainage concerté a permis la restructuration parcellaire. Les drains, généralement espacés de 10 à 14 m, sont reliés à des collecteurs pour évacuer l’eau vers les watergangs.és BLEZAT — consulting
Wateringues en
OO0O ha de terres à une altitu
sur le réseau hydraulique
mer de plus de 100 m3/s
Diagnostic agricole
BLEZAT Consulting |Rapport | 24/01/13 64
L’augmentation de taille des parcelles, combinée à la mécanisation, ont donné à l’agriculture son visage actuel, tourné vers les grandes cultures intensives.
- De plus, depuis les années 1970, les pompes de relevage à la mer ont mis un terme aux inondations régulières du secteur, sécurisant les récoltes.
Désormais, les 3 maillons essentiels que sont le drainage, le bon fonctionnement des watergangs et l’évacuation de l’eau à la mer assurent la fonctionnalité actuelle du territoire.
La gestion est assurée à plusieurs niveaux :
- Pour l’évacuation de l’eau à la mer, c’est l’Institution des Wateringues, créée en 1977, qui est responsable des pompes de relevage.
- Les Voies Navigables Françaises (VNF), sont responsables de l’entretien des grandes artères, comme le Canal de Calais et de l’Aa.
- Pour la gestion des plus petites artères, les canaux, l’entretien se fait historiquement par les sections de Wateringues (associations forcées de propriétaires). Il existe 8 sections en Pas de Calais et 4 sections dans le Nord. Sur le territoire de la région d’Audruicq, on retrouve les 1ère et 2ème sections du Pas de Calais. Parmi les fonctions des sections, on retrouve l’entretien des émissaires, l’évacuation de l’eau pendant les grandes crues, la réalimentation des watergangs l’été (irrigation, abreuvement bétail)
- Enfin, les agriculteurs exploitants sont responsables de l’entretien du réseau secondaire, c’est-à-dire les fossés entre leurs parcelles.
Dans les faits, la gestion s’avère compliquée car un grand nombre de paramètres sont à prendre en
compte
- Quantité de canaux à entretenir et diversité des travaux nécessaires : dragage des fonds, fascinage des berges, mise en place et renouvellement des pompes, construction de ponts, d’écluses, étanchéité (pour avoir de l’eau dans les zones hautes sans noyer les zones basses)… L’ampleur du réseau à entretenir entraine des difficultés pour les gestionnaires à assurer le bon état des watergangs (ce qui débouche sur les questions financières…) . Les sections imagent cette problématique : « 150 km à renouveler, 1 km de budget /an »…
- Divergence des intérêts des usagers : si, en général, en hiver, les usagers s’entendent sur le besoin d’évacuer l’eau des parcelles, en revanche en été on peut observer des divergences de besoins (besoin d’eau pour les cultures irriguées, ou au contraire pour d’autres productions sèches…). Les conflits peuvent exister entre agriculteurs, mais aussi avec d’autres usagers, comme avec les VNF qui souhaitent maintenir un niveau suffisant pour laisser passer les péniches (ce qui débouche sur la question de l’entretien des canaux par lese
BLEZAT — consulting
litution Interdépartementale Nord-Pas-de-Calais
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Diagnostic agricole
BLEZAT Consulting |Rapport | 24/01/13 65
VNF…). Par ailleurs, les riverains, qui doivent réglementairement laisser la servitude pour l’entretien des watergangs, sont parfois réticents (voire parfois ont oublié cette règle). Certains propriétaires refusent par exemple le nettoyage des berges en décl arant que « c’est la nature », ce qui entraine des dégradations du réseau et une augmentation de la population des nuisibles que sont les rats musqués.
- Ressources financières limitées : les ressources financières sont assurées par les usagers (propriétaires privés, agriculteurs, et collectivités). Les subventions départementales ont été supprimées en 2008.
Fonctionnement des structures dédiées :
Les sections sont les unités de gestion locales. Elles ont en charges les travaux tels : le curage, le fascinage, le faucardage, le débroussaillage, l’entretien des pompes, l’entretien des écluses. Elles assurent par ailleurs un service de proximité dans le cas de problématiques ponctuelles (exemple : inondations).
Les sections de Wateringues
On en retrouve 2 sur le territoire de la CCRA, qui ont opté pour des modes de fonctionnement différents :
- 1ère section des Wateringues
o Fonctionnement : en autonomie, avec matériel propre et salarié
o Réseau : 270 km de linéaire
o Budget : 550 000 € (2013)
Ressources : taxe propriétaires (de 27 €/ha à 36,61€/ha), avec un coefficient 8 pour la voierie publique.
Dépenses : achat matériel, personnel, travaux. 10% Institution des Wateringues ; 9% électricité (pompes). Environ 8 km de réseau curé annuellement.
o Difficultés :© BLEZAT — consulting Diagnostic agricole
BLEZAT Consulting |Rapport | 24/01/13 66
Les watergangs de la 1ère section du Pas de Calais sont passés sous la réglementation des cours d’eau suite à l’élaboration d’un Plan Puriannuel de Gestion (PPG). Elle connait ainsi, outre les exigences primaires de la section, la nécessité de respecter un grand nombre de normes environnementales (avec une multiplicité des interlocuteurs), ce qui peut entrainer des retards de travaux, voire en pénaliser certains (demandes antagonistes) .
Difficultés de communication auprès de ses adhérents
o Projets / besoins :
Rénover les pompes sur le bassin nord, si possible plus économes en énergie Embaucher un deuxième technicien
Idée de réalisation d’une fiche technique
Souhait de travailler sur l’écluse d’Hennuin pour la problématique de l’embouchure de l’Hem
Besoin d’un accès au service de déclaration d'intention de commencement
de travaux (DICT), pour mieux s’adapter aux travaux à venir
Besoin de faire respecter les servitudes par les propriétaires
- 2ème section des Wateringues
o Fonctionnement : en partenariat avec les sections 3, 4 et 5, au sein de l’Union des Wateringues. L’administratif et le technicien sont mutualisés, et les travaux sont délégués à des prestataires.
o Réseau : 190 km de linéaire
o Budget : environ 350 000 € (le budget est travaillé à l’échelle de l’Union) Ressources : taxe propriétaires (de 31 €/ha), avec un coefficient 8 pour la voierie publique (qui devrait passer à 9 prochainement)
Dépenses : travaux prestataires, salaires (secrétaire, technicien, comptable à l’échelle de l’Union des Wateringues). 9% Institution des Wateringues ; 6% électricité (pompes). Environ km de réseau curé annuellement.
o Difficultés : l’Union des Wateringues défend le fait que les watergangs ne sont pas des cours d’eau : il s’agit d’un réseau hydraulique qui maintient le territoire hors d’eau, il doit donc rester fonctionnel avant tout.
o Projets / besoins :
Une reconnaissance du service rendu à la collectivité, et en particulier par les agriculteurs : un projet de communication. Par exemple : expliquer qu’un fort coefficient de marée est positif car il permet de vider le réseau lors de la marée basse.
Besoin de faire respecter les servitudes par les propriétaires, avec la collectivité qui doit jouer son rôle de gendarme
Besoin d’un lieu de dépôt pour les boues de curage (pas très propres à cause des déchets)
Les deux structures expliquent qu’elles ont des difficultés à satisfaire leurs usagers, car leurs ressources ne permettent pas de traiter l’ensemble du réseau en une seule campagne. On assiste parfois à des mécontentements des usagers, qui ne voient pas de résultats directs alors qu’ils payent une redevance conséquente à leur échelle.
Des questions se posent sur la gouvernance, face à la nouvelle loi sur la « modernisation de l’action publique territoriale et affirmation des métropoles », qui affecte aux EPCI (établissements de coopération intercommunale, ici : la CCRA) la compétence de la gestion des cours d’eau. La problématique se pose à 3 niveaux :
- peut-on définir les watergangs en tant que cours d’eau ?e
BLEZAT — consulting
Nord
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Flandre
intérieure
MT Audrdiéa Stations Capacités
@) Tixer 24.0 mi/s
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Mardyck 25.2 m°/s
8 Houtgracht 6.0 m2/s
(s) Langhegracht 2.5 mi/s
- S Basse-Colme 11.0 mi/s
2 Rivière d'Oye 4.7 m/s ï (s) Pierrettes 9.1 mi/s 2 (e) Calais 8.0 m°/s “ (0) Marck 3.3 m/s Gi Batellerie 4.0 mi/s
@2 Partiteur de Watten
Diagnostic agricole
BLEZAT Consulting |Rapport | 24/01/13 67
- quelle légitimité technique et quelles ressources financières ont les EPCI ? - quelle réactivité de l’administration face à des problèmes nécessitant une intervention immédiate, lors de week-end… ?
Les deux structures expriment par ailleurs une inquiétude face à la prochaine évolution de la taxe allouée à l’Institution des Wateringues : celle-ci devrait doubler. Les gestionnaires se trouvent donc partagés entre l’augmentation de la taxe des usagers (déjà perçue comme fort élevée), et la réduction du linéaire entretenu annuellement (déjà perçu comme insuffisant aujourd’hui).
L’institution des Wateringues gère la partie aval du réseau, avec les pompes à la mer. - Budget : 25 000 000 Francs / 4 700 000 €
- Ressources : 20% CT ; 28% privé ; 52% agriculture
- Dépenses : 80% fonctionnement / 20% investissement
(source : http://institutionwateringuesnpc.pagesperso-orange.fr/)
Les besoins sont tournés vers le remplacement des pompes actuelles, qui connaissent des difficultés
de fonctionnement (exemple de Gravelines : le voyant passe au vert sur la console (ce qui signifie
que la porte est ouverte), mais en réalité la porte n’est ouverte que de quelques centimètres).
Capacités de pompage des pompes à la mer et altitudes© BLEZAT — consulting Diagnostic agricole
BLEZAT Consulting |Rapport | 24/01/13 68
Les nombreuses difficultés engendrent des tensions sur l’entretien, avec des agriculteurs mécontents
du budget consacré et des résultats qui ne paraissent pas toujours à la hauteur des investissements :
- Des revendications du milieu agricole pour mieux pre ndre en compte l’eau sur le territoire : o Des agriculteurs qui ont l’impression de payer pour tout le monde
o Une réglementation pas toujours appliquée (application des servitudes…) ni toujours satisfaisante (cf. rat musqué et interdiction de la lutte chimique,
o L’impression que les gens ont oublié l’histoire du site et le fait qu’on soit sur un territoire totalement anthropisé
- Un milieu agricole qui s’interroge sur des choix de gestion passés :
o Agrandissement des parcelles (fossés comblés), état du drainage, tassement des terres
o Gestion du réseau secondaire
- Une problématique de l’eau qui dépasse le seul monde agricole :
o Problématique d’inondations de la Hem
o Problématique de défense face à la submersion marine
o Lutter contre la prolifération du rat musqué
o Des choix de gestion importants réalisés en grande partie en dehors du territoire (VNF, SRCE, Institution des Wateringues…)
La question de réduction des risques ne se limite pas à la problématique d’entretien et doit être transversale à toute la politique d’aménagement
Le schéma suivant se propose de mettre à plat l’ensemble des facteurs impactant l’état des wateringues (incluant d’un côté l’état des berges, et de l’autre le niveau d’eau dans les canaux). - On distinguera divers types de facteurs (naturels, agricoles, gestion, urbanisation). - On propose aussi de visualiser les impacts du mauvais état du réseau à la fois sur l’agriculture et sur le grand public.e
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Diagnostic agricole
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BLEZAT — consulting
Figure 10 : importance du drainage dans la SAU
des exploitations (29 répondants)
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Diagnostic agricole
BLEZAT Consulting |Rapport | 24/01/13 70
Quelques éléments sur le drainage :
- Un aménagement qui a permis la mise en place de l ’agriculture telle qu’on la connait aujourd’hui : Le drainage fait partie des aménagements réalisés pour améliorer le potentiel cultural des parcelles. Dans les années 1965-1970, un plan de restauration a été engagé pour remettre en état l’ensemble du système de watergangs. A l’époque, les parcelles étaient encore de petite taille, sous forme de billons (20m x 50 à 100 m), et probablement sous un mode de production tel que le marais de St Omer aujourd’hui. L’agrandissement des parcelles a été permis par la mise en place des premiers drains.
- Un fonctionnement du drainage spécifique à la région des Wateringues : Sur ce territoire, il faut aussi s’assurer que l’eau du drainage sera évacuée par les watergangs. Le parcellaire et la topographie impliquent de poser les collecteurs à des endroits définis, ce qui implique par ailleurs que le drainage individuel n’est pas toujours possible. Plusieurs étapes sont nécessaires à la mise en place des drains : les études préalables (pédologie, topographie) sont réalisées par l’ASADI. Cette structure s’occupe par ailleurs du suivi du chantier (avec un géomètre) et peut se positionner en tant que relais auprès des banques et des financeurs potentiels. Les travaux de drainage sont eux-mêmes réalisés par des entreprises spécialisées - Quelques difficultés ont été repérées lors d’un diagnostic réalisé en 1999 sur l’état du drainage sur le territoire de la Région d’Audruicq :
o Tuyaux et collecteurs constamment sous l’eau : Le niveau parfois insuffisamment bas dans les réseaux de watergangs ne permet pas d’évacuer l’eau des parcelles. Ce niveau peut être lié à divers paramètres : pluviométrie, mauvaise évacuation des watergangs par les canaux (eux-mêmes parfois insuffisamment dragués)
o Installations vieillissantes qu’il faut entretenir (coûts élevés de l’entretien, oxydation, remplacement des filtres…). Le fonctionnement des drains et lié à la qualité des filtres installés, qui évitent que ceux-ci ne soient bouchés par le sable (sables fins et pissards). Ces filtres doivent être renouvelés lorsqu’ils ne sont plus opérationnels, mais cela implique de nouveaux travaux. Divers types de filtres ont utilisés dans les drains et présentent des qualités variables :
Filtres en tourbe et paille : décomposition en quelques années
Filtres en coco réputés imputrescibles : décomposition en 10 à 15 ans : le plus utilisé en 1999
Filtres synthétiques : pas de dégradation, mais le sable passe parfois.
Enquête :
L’eau est une question centrale pour les agriculteurs du territoire :
75% de l’échantillon rencontre des problèmes liés à l’eau dus à :
- l’entretien des wateringues ;
- des fossés non curés, ou qui ont été rebouchés ;
- l’imperméabilisation des sols, conséquence de
l’urbanisation et de certains aménagements (ligne TGV).
85% des répondants ont des terres drainées, et cela représente
plus de 2 000 ha de SAU (soit au moins 60% de la SAU des
exploitations de l’échantillon). Le drainage est un point central
pour les cultures du territoire : cela concerne la majeure partie des
parcelles des exploitations.
A l’heure actuelle, les deux tiers des exploitants qui ont des terres drainées rencontrent des difficultés avec le drainage (voir paragraphe précédent).
Environ la moitié des répondants pratiquent l’irrigation. Ils le font en général sur une petite partie de leurs terres (10 à 20% des surfaces), bien que la majorité des terres soient irrigables.e
BLEZAT — consulting
Inventaire, Gestion et Conservation des Sols
dans le Nord - Pas de Calais
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Carte synthétique des pédopaysages à 1/250 000
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Diagnostic agricole
BLEZAT Consulting |Rapport | 24/01/13 71
6.2 Les sols et la qualité agronomique des terres
6.2.1 Description pédologique des sols
On sait déjà, grâce aux rendements moyens (plus de 95 q/ha en blé), à la diversité des cultures présentes, aux prix du foncier agricole, que les sols sont de bonne qualité. Les exploitants parlent de sols légers ou équilibrés avec de la matière organique et des minéraux fertiles (limons).
Les documents suivants permettent d’enrichir la connaissance des sols.
Carte des pédopaysages du Nord-Pas de Calais (source DRAAF)
On retrouve sur le territoire de la Région d’Audruicq, du nord au sud :
- Sur la bordure littorale, au nord, on retrouve des « sols peu évolués sableux, calcaires des dunes récentes ». Les terres y sont de moindre qualité. C’est sur ce secteur que l’on retrouve plutôt des pâtures. Quelques terrains, intermédiaires, sont mixtes et hétérogènes au sein d’un même champ. On parle localement de terre « fidèle » (argileuse, qui colle aux chaussures) et « infidèle » (sableuse, qui s’envole).
- De la moitié sud de Oye-Plage jusqu’à peu près le niveau de l’A16, on retrouve des « sols alluviaux calcaires limino-argileux à argilo-limoneux et sable » (aval plaine). C’est l’un des deux sols majoritaire des Wateringues.
- De la A16 jusqu’à la limite sud des Wateringues, on retrouve des « Sols alluviaux calcaires limino-argileux à argilo-limoneux avec intercalation sableuse sur tourbe » (amont plaine). - Sur la partie sud-ouest du territoire, plus en altitude, on retrouve les « Sols bruns lessivés limoneux hydromorphes sur argile et argile sableuse de l'Avant Pays de l'Artois ». ce sont les meilleures terres du territoire.és BLEZAT — consulting
___Tres bonne
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Diagnostic agricole
BLEZAT Consulting |Rapport | 24/01/13 72
Enquête :
Les exploitants de l’échantillon jugent avoir des terres plutôt de qualité moyenne à bonne, avec aussi certaines parcelles qui sont jugées d’excellentes qualité. Deux éléments ressortent : - la qualité hétérogène des sols, qui varient parfois fortement au sein d’une même parcelle (sable, limon, argile) ;
- malgré une bonne qualité agronomique, les sols du territoire sont souvent difficiles à travailler, avec une contrainte forte liée à l’eau (vigilance nécessaire en cas de fortes pluies car les terres sont basses, drainage nécessaire, dépendance du réseau des wateringues).
Figure 10 : perception de la qualité des terrains cultivés
Source : BLEZAT Consulting d’après enquête agriculteurs
Un tiers de l’échantillon a constaté une évolution des sols ces dernières années. Ces évolutions sont surtout liées à l’eau, mais aussi aux pratiques : niveau d’eau trop élevé (impact des inondations de 2012 et épisodes de fortes pluies plus fréquents, gestion des watergangs…), sols asphyxiés du fait d’un mauvais écoulement de l’eau (mauvais drainage) et du tassement du sol lié aux engins trop lourds et aux périodes d’activité qui s’étalent plus tard dans l’hiver…).
Ces évolutions climatiques et pédologiques ont des conséquences sur :
- l’organisation du travail, avec des périodes d’activité qui sont raccourcies et plus intenses (trouver le moment le plus favorable pour ne pas abimer les terres) ;
- les rendements (récoltes parfois plus précoces, baisse de la fertilité du sol, apparition de maladies).© BLEZAT — consulting Diagnostic agricole
BLEZAT Consulting |Rapport | 24/01/13 73
6.2.2 Des sols qui se tassent, entre humidité et emploi d’engins de plus en plus lourds.
Pour les agriculteurs, la problématique est d’entrer à tout prix dans les champs pour en sortir la récolte et ne pas trop pénaliser la culture suivante.
Conséquence, le sol est une « victime collatérale » des conditions climatiques, subissant un fort matraquage, avec du mal à s’en remettre. La densité du sol s’exprime en g/cm3 : un passage peut provoquer une augmentation de la densité de près de 5%. La compaction entraine une diminution de la macroporosité du sol et de sa conductivité hydraulique.
Diverses pistes techniques sont explorées afin de décompacter les sols.
Il existe d’une part une réflexion en matière de prévention, avec une voie d’évolution prometteuse : les pneumatiques. Des recherches en cours orientés sur des hybrides pneu / chenille.
En matière de « réparation », il existe la possibilité du décompactage mécanique, le « sous- solage ». En fonction des facteurs de cause de compaction, des caractéristique du sol, la compaction sera située à une plus ou moins grande profondeur, et le sous-solage devra intervenir juste en dessous de cet horizon (= couche de sol). Mais la décompaction comporte des risques : remontée de roches à la surface, lissage du sol au niveau des socs de la sous-soleuse… (et quid des drains !). Pour les agriculteurs qui usent du semis direct, le bénéfice de plusieurs années de pratique peut s’avérer perdu par la nécessité de travailler le sol en profondeur afin de limiter les dégâts. Il faut donc user de cette méthode avec parcimonie : ne réaliser les travaux qu’en conditions ni trop sèches ni trop humides. Et pour que le sous solage ne soit pas qu’une solution temporaire , il faut identifier les causes et modifier les façons culturales.e
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Teneur en carbone organique
dans le sol (en g/kg)
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Diagnostic agricole
BLEZAT Consulting |Rapport | 24/01/13 74
6.2.3 Matière organique des sols
Les taux de matière organique étaient en moyenne, à l’échelle du canton d’Audruicq, sur la période 2005-2009, compris entre 10 et 14g/kg de terre ce qui est relativement faible.
Ce chiffre est en progression. Après une baisse de la teneur en carbone organique d’environ 20% sur la période 1990-2005, pour une teneur moyenne inférieure à 10g/kg (= trais faible), il s’agit de chiffres encourageant mettant en évidence l’action agricole.
Comment interpréter ces chiffres ?
Il n’existe pas vraiment de teneur de référence souhaitable en matière organique, en valeur absolue, car cette teneur dépend de la propriété du sol qu’on veut améliorer. Dans le Nord - Pas-de-Calais, il s’agit principalement des sols très limoneux, dominant, qui présentent des teneurs faibles en matière organique. Cette faiblesse peut porter préjudice à la production et il donc important de surveiller ce taux.
Lors des rencontres auprès d’agriculteurs, il a été cité quelques démarches d’amélioration du taux de matière organique (mises en place après 2005), dont les résultats seraient déjà visibles. Ce genre de démarche peut servir d’exemple technique pour d’autres terrains présentant les mêmes caractéristiques.
NB : Les données présentées sont issues de la BDAT (Base de Données Analyse des Terres), élaborée à l'échelle nationale, et avec la collaboration de laboratoires d'analyses de terre agréés par le Ministère chargé de l'Agriculture. Il s’agit d’une base de données a construite à partir de 790 000 échantillons d'horizons de surface de sols cultivés, prélevés en France depuis 1990, et alimentée chaque année par de nouveaux résultats d’analyses. Les résultats des traitements sont agrégés en cantons.
http://bdat.gissol.fr/geosol/main.php
Attention, elles ne représentent pas les travaux particuliers à chaque exploitation, ni les évolutions après 2009.e
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Températures moyennes annuelles à Boulogne/Mer
{écart à la moyenne, en °C)
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BPie à Douugne {| réate Pie à
Satogne)
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BLEZAT Consulting |Rapport | 24/01/13 75
6.3 Le climat et ses év olutions
6.3.1 Météorologie
Températures :
Le nombre de jours dits "chauds" a augmenté de la manière significative à Lille, mais pas à Boulogne - sur-Mer, l’inertie due à la mer et les brises côtières tempérant les fortes chaleurs. La hausse des températures n’a pas fait l’objet de remarques de la part des agriculteurs.
Pluviométrie :
La pluviométrie annuelle tend à dépasser plus régulièrement le linéaire depuis les années 1990. Les agriculteurs décrivent les épisodes de pluie comme plus aléatoires et plus intenses, ce qui peut occasionner des inondations plus régulières.
Pluviométrie à Boulogne-sur-Mer sur la période 1956-2010
Source : http://www.observatoire-climat-npdc.org/, Météo France
Les risques de crues sont surveillés par l’outil VIGICRUES, un observatoire déd ié.e
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D www.vigicrues.ecologie.gouv.fr/niv_spc.php?idspc=1
Vigicrues : Information sur la vigilance "crues"
Information nationale ,/ Informations locales
Actualisation le mercredi 20 novembre 2013 à 10h01
Prochaine édition le mercredi 20 novembre 2013 à 16h00 Situation hydrologique par tronçon :
Nom Vigilance Localiser
Sambre
Helpe Mineure
Helpe Majeure
Solre
Lawe - Clarence
Lys amont
Lo
ho]
5
ho]
Lo
ho]
Lo
Lo]
5 Lys plaine
H Rouge : Risque de crue majeure. Menace directe et généralisée de la sécurité des personnes et des biens.
EH Orange : Risque de crue génératrice de débordements importants susceptibles d’avoir un impact significatif sur la vie collective et la sécurité des biens et des perso:
Jaune : Risque de crue ou de montée rapide des eaux nRe pas de dommages significatifs, mais nécessitant une vigilance particulière dans le cas d'activités saisonnières et/ou exposé
EH Vert : Pas de vigilance particulière requise.
Pour plus d'information(s) consulter :
le site local du SPC
5 ite du service d'accueil du SPC A v” la plaquette de communication sur la vigilance crues du S.P.C. Su ue it le Règlement d'Information sur les Crues du S.P.C. (R.I.C.)
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BLEZAT Consulting |Rapport | 24/01/13 76
Capture d’écran de VIGICRUES, http://www.vigicrues.ecologie.gouv.fr/ Consulté le 20 novembre 2013
Sur le terrain, la récurrence des aléas climatiques sur la dernière décennie a provoqué la
l’augmentation du nombre de crues centennales ou cinquantennales, couplées à l’accélération des
débits (exemple : en 2012, ont été dénombrées 2 crues centennales et 3 crues cinquantenales) .
Plusieurs parcelles ont connu des pertes de récolte (terres noyées avant la récolte ou durant la
période des semis).
6.3.2 Niveau de la mer
Les épisodes de fortes pluies, couplés à des marées à grand coefficient, et la hausse du niveau de la mer (généré par le réchauffement climatique) peuvent induire des évolutions sur le trait côtier.
La carte suivante met en évidence les évolutions constatées sur la pointe nord de la France :e
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2006
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BLEZAT Consulting |Rapport | 24/01/13 77
La zone située entre les secteurs de Calais-Est et du Platier d’Oye a fortement progradé entre 1949 et 2000 avec une avancée moyenne supérieure à 150 m. Le littoral d’Oye Plage connaît maintenant une stabilisation depuis 1989. Quant au secteur situé entre le Fort Vert et Oye-Plage, son avancée moyenne a été inférieure à 50 m entre 1949 et 2000. L’Est de Dunkerque et Sangatte n’ont pas ou très faiblement évolué contrairement aux rivages d’Equihen-Ste Cécile, de la Slack ou de Wissant . La marge d’incertitude [moyenne des amplitudes indiquées] est estimée à +/ - 9.5 m. (DIREN, 2007)
6.3.3 Risque de submersion
On se rappelle ici que la Région des Wateringues s’assimile à un polder. Face au phénomène de réchauffement climatique et à l’augmentation du niveau de la mer (Les prévisions du Giec (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) annoncent une montée des eaux d’un mètre d’ici 2100), plusieurs régions polderisées en Europe se posent la question de leur devenir.
Dans certains cas, l’idée de dépolderisation est avancée, et sont générées par des motivations diverses (voir illustration page suivante). On peut y voir notamment des motifs environnementaux (« laisser la nature reprendre ses droits »), mais il peut aussi arriver que la dépolderisation se fasse de manière défensive, lorsque des habitations sont en danger et que le coût de l’entretien devient trop élevé.
La question se pose plus souvent sur des sites où les terres sont de qualité moindre, et qu’on a pu constater une déprise agricole.
Sur la région des Wateringues, ce n’est pas ce type de configuration que l’on trouve : l’espace agricole est très bien tenu et l’on observe pas du tout de phénomène de déprise. En termes urbains, de nombreux bourgs se sont développées, et des investissements sont réalisés sur les pompes à la mer et les digues.
Néanmoins, peut-on parler, à long terme, de risque zéro pour la submersion marine sur ce territoire ?é
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e défensifs
etouristiques
Depuis 30 ans, l'homme dépoldérise,
de façon de plus en plus "totale".
les dépoldérisations sont
touristiques et écologiques, surtout dans
les polders du Conservatoire du Littoral.
les dépoldérisations sont
écologiques et imposées par la loi, du fait
d'une résistance à la mer.
la situation est contrastée,
tant techniquement qu'en termes d'objectifs.
des enjeux défensifs et
juridiques expliquent l'importance des
dépoldérisations réalisées ou projetées.
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BLEZAT Consulting |Rapport | 24/01/13 78
On veut ici rappeler que la Région de Wateringues n’est pas sur un territoire conquis, mais sur un espace fragile en termes hydrauliques, et qu’il faut entretenir afin d’assurer son bon fonctionnement. Cet entretien doit se faire sur le territoire, à diverses échelles (fossés agricoles, watergangs, canaux, pompes à la mer), ainsi qu’en amont (réflexion sur le ruissellement et l’imperméabilisation des sols).© BLEZAT — consulting
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Diagnostic agricole
BLEZAT Consulting |Rapport | 24/01/13 79
http://physio-geo.revues.org/1740© BLEZAT — consulting Diagnostic agricole
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6.4 L’eau et l’env ironnement
6.4.1 Préambule : l’environnement, une demande vécue par les agriculteurs comme une contrainte
La question de l’environnement est aujourd’hui une prise de conscience généralisée, garante du développement durable de notre société. Il s’agit d’une attente sociétale, avec des attentes fortes qui peuvent se retrouver sur la biodiversité, les paysages, l’agriculture biologique, des loisirs nature, l’eau potable, santé publique…
Le respect de la Nature et de l’Environnement parait donc une cause d’intérêt général.
Cependant, il s’agit aussi d’une thématique qui peut être très mal vécue par les agriculteurs. Qui dit respect de l’environnement dit établissement de règles / d’un cadre réglementaire qui peut être global et décliné localement (européen, national, régional…)
Et cette réglementation s’avère concrètement très lourde dans le quotidien d’une exploitation, en termes financiers, organisationnels, de temps passé :
• Orientation sur les pratiques agricoles, batterie de phytosanitaires et règles d’utilisations • Entretien de l’espace (bandes enherbées, haies…)
• Localement, le piégeage du rat musqué
Par ailleurs, le respect de la réglementation occasionne du stress :
• Éco conditionnalité des aides
• Contrôles vécus comme invasifs
• Sanctions vécues comme lourdes voire démesurées
• Aspect inflexible du règlement (dates rigides…)
Parmi les principales actions environnementales par la profession agricole en Nord-Pas de Calais, on retrouve :
- Des bandes enherbées de 5m le long de tous les cours d’eau sont entretenues par l’agriculture ; cette démarche concerne 6 500 hectares en région.
- Sur 25% des surfaces agricoles sont implantées des cultures après récolte pour prévenir l’érosion des terres et contribuer à l’amélioration de la qualité des eaux.
- Dans le cadre d’Ecophyto 2018, visant à réduire si possible de 50% l’utilisation de produits phytosanitaires, le projet « EXPE » qui teste toutes les innovations et les 5 réseaux « FERME » qui mettent en pratique les différentes techniques permettent d’ac- compagner les agriculteurs du Nord-Pas de Calais. Les agriculteurs et leurs salariés se sont formés pour être certifiés à travers la démarche Certiphyto.
- Dans la zone des Wateringues, qui regroupe 86 000 hectares et concerne des populations rurales et urbaines, la gestion de la maîtrise de l’eau est surtout assurée par le monde agricole.
Enquête BC :
Les démarches plus respectueuses de l’environnement relèvent avant tout de l’agriculture raisonnée, et marquent rarement un engagement ferme par rapport à un cahier des charges : une exploitation en agriculture biologique, une exploitation qui a souscrit une MAEt (curage des fossés). La question de la réduction des intrants se pose sous l’angle économique pour la plupart des répondants : l’augmentation des coûts de traitements mène à une utilisation plus raisonnée (utiliser la juste dose). Plusieurs ont mené cette réflexion avec leur comptable.© BLEZAT — consulting Diagnostic agricole
BLEZAT Consulting |Rapport | 24/01/13 81
La question sur les arbres n’a pas suscité beaucoup d’intérêt : la moitié des exploitants y ont répondu. Parmi ceux-là, 2/3 estiment que les arbres sur les parcelles sont indispensables, et 1/3 qu’ils sont nuisibles.
La plantation de nouveaux bosquets n’est jugée nécessaire que par 7 exploitants qui indiquent que cela doit être fait modérément, avec suivi, et de préférence sur des zones non cultivées.
Concernant l’évacuation des eaux de vidange et la gestion des déchets, il ne ressort pas de besoin marqué :
- 4 exploitants expriment un besoin d’équipements pour l’évacuation d es eaux de vidange (installation d’un phytobac au niveau communal par exemple). Les autres estiment que la dilution au champ des fonds de cuves est suffisante.
- 3 exploitants souhaiteraient avoir des solutions pour le recyclage des plastiques et pneus. Globalement, l’évacuation des déchets de ferme se fait grâce à la collecte des déchets professionnels par l’organisme Adivalor (créé par l’APCA, Coop de France, InVivo, la FNSEA…), ou la récupération par les coopératives et industriels.
Malgré l’évidence de l’intérêt des règles environnementales pour le bien commun, les agriculteurs le vivent donc comme une contrainte. Et chaque nouvelle réglementation ne sera pas accueillie comme l’occasion de protéger encore mieux l’intérêt général, mais avec méfiance, voire crispation, en particulier si l’information est mal transmise : « qu’est-ce qu’on va encore nous imposer? ». de plus, il n’est pas toujours compris qu’on les accuse de polluer, alors qu’ils « travaillent avec la Nature », surtout lorsque les comportement des autres ne parait pas plus vertueux…
Plusieurs règles paraissent donc essentielles à respecter si l’on souhaite que les réglementations soient appliquées en bonne entente.
- Il s’agit d’une part de bien comprendre ce que l’on souhaite protéger et l’intérêt de le faire, - et d’autre part d’établir des règles d’application pertinentes et justifiées afin d’améliorer leur acceptabilité et leur efficacité.
On va voir par la suite que divers documents s’attachent à la protection de l’ eau et de la biodiversité. Si le monde agricole est globalement conscient de l’importance de la préservation des milieux, en revanche il se montre exigeant sur la définition de l’état zéro et des objectifs à atteindre , car ces règles engendrent des conséquences sur leur activité au quotidien. Mal réfléchies ou appliquées sans finesse, les règles environnementales peuvent avoir des conséquences négatives non seulement sur l’activité économique agricole, mais aussi sur la durabilité même du système dans lequel elles s’inscrivent (Par exemple : quid de l’application de règles concernant les cours d’eau sur les watergangs, dont l’entretien est antagoniste avec ces prescriptions ?).© SES
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Diagnostic agricole
BLEZAT Consulting |Rapport | 24/01/13 82
6.4.2 Biodiversité
Divers recensements existent et permettent d’évaluer la biodiversité sur le site.
Sur le territoire, on les retrouve sur le littoral (Zone Naturelle du Platier d’oye), en périphérie de l’Aa, sur la Hem, et sur les massifs boisés (bois de Recques, forêt d’Eperlecques…).
Recensements de biodiversité (Znieff, N2000…)
Source CARMEN
6.4.3 Nuisibles
Le rat musqué est un nuisible très présent sur la CCRA.
Sa présence est particulièrement nuisible sur ce territoire, car il niche dans les berges des watergangs
qu’il dégrade de ce fait.
Il existe une campagne importante de piégeage des rats musqués. Le piégeage chimique est
désormais interdit.
Le rat musqué est également le vecteur d’une maladie bactérienne, la leptospirose.
6.4.4 Continuités écologique et trame verte et bleue
La trame verte et bleue est un outil d’aménagement du territoire qui vise à (re) constituer un réseau écologique cohérent, à l’échelle du territoire national, pour permettre aux espèces animales et végétales, de circuler, de s’alimenter, de se reproduire, de se reposer... En d’autres termes, d’assurer leur survie, et permettre aux écosystèmes de continuer à rendre à l’homme leurs services. Les continuités écologiques correspondent à l’ensemble des zones vitales (réservoirs de biodiversité) et des éléments (corridors écologiques) qui permettent à une population d’espèces de circuler et d’accéder aux zones vitales. La Trame verte et bleue est ainsi constituée des réservoirs de biodiversité et des corridors qui les relient.© BLEZAT — consulting
EXTRAIT DE LA TRAME VERTE ET BLEUE DU PAYS DU CALAISIS
Les fuseaux des corridors biologiques
—— Dominante boisée
Cartographie : Agence Noyon + Données : DIREN Nant-Pas de Calais.Spué: Fond cartographique : SCAN 25 IGN, 8D Topo
Les grands ensembles paysagers à renaturer Autres problématiques
LL Amélioration de la qualité — Qualité des habitats aquatiques / des habitats et des watergangs AAAAÀ
UE Le glacis : lutte contre l'érosion === Défense du cordon dunaire : et le ruissellement et boisements x
interparcellaires “r
Maintien du bocage
et revalorisation des vergers se
Vallée de la Hem et “marches “ns
-.... CHardinghen-Fianes" : maintien
7777777 elou développement bocager
. des prairies humides aux coteaux
calcaires
La gestion urbaine
A, Pbles urbains et villages isolés
: “enjeu de nature et ville et de
valorisation des berges el canaux
Diagnostic agricole
BLEZAT Consulting |Rapport | 24/01/13 83
Elle est localement définie par le SRCE (Schéma Régional de Cohérence Ecologique).
On propose ici la carte retenue par le SCOT du Calaisis :© BLEZAT — consulting Diagnostic agricole
BLEZAT Consulting |Rapport | 24/01/13 84
Sur la CCRA, plusieurs éléments sont repérés, notamment :
- Zone humide à la jonction de la Aa et du Mardick, et en pointillé sur le canal de Calais - Cours d’eau : rivière d’Oye
- Bandes enherbées « à renaturer »
ATTENTION : La dénomination « à renaturer » est source d’incompréhension sur le territoire. On peut en effet estimer que si l’on v au bout de la logique, la renaturation constituerait à laisser le marais se réinstaller… Un débat est donc en cours sur la qualification des watergangs. Les agriculteurs défendent le fait que les watergangs sont un réseau hydraulique qui ne peut être assimilé à des cours d’eau : leur existence est liée à l’intervention humaine et conditionnée par un entretien lui-même antagoniste avec les procédures recommandées pour la renaturation des cours d’eau (exemple : plantation d’arbres sur les berges, qui provoquent leur affaissement, le nichage des rats musqués…).
6.4.5 Zones humides
Les zones humides sont définies à l’échelle du SAGE du delta de l’Aa. Elles permettent de définir la déclinaison spatiale de préconisations sur cette thématique.
Un premier travail de qualification a été réalisé et doit être enrichi par les communes ( en cours printemps 2014).és BLEZAT — consulting
Localisation des SAGE en Nord-Pas-de-Calais
C1 région Nord-Pas-do-Catais
C1 vépartements
——— Cours d'eau principaux (BD Carthage 2009)
—— Autres cours d'eau (BD Carthage 2009)
e Villes principales
les SAGE :
MN Aucomarois UNI sarque Deüie
| 77 DEN samère
Es] Bassin côtier du Boulonnais ss Scarpe amont
M cr BR 5:70
UM cc re MN sensée
[on | Escaut = Yser
CR
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BLEZAT Consulting |Rapport | 24/01/13 85
6.4.6 Les documents de planification et de gestion de l’eau
Le territoire de la Région d’Audruicq est inclus dans le delta de l’Aa. L'Aa est un fleuve côtier qui prend sa source à Bourthes dans les collines crayeuses de l'Artois, se répand dans la cuvette de Saint- Omer (Marais Audomarois), se faufile par le goulet de Watten, s'étale dans le vaste Delta (de Calais à Nieuwport en Belgique) et se jette enfin dans la Mer du Nord à Gravelines.
Le bassin versant de l'Aa fait l'objet de deux S.A.G.E. à part entière :
- SAGE de l'Audomarois, approuvé par arrêté inter-préfectoral le 31 Mars 2005 - SAGE du Delta de l'Aa, approuvé par arrêté inter-préfectoral le 15 Mars 2010. La région d’Audruicq dépend de ce dernier.
Il dépend du schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux ( SDAGE) Artois-Picardie. (2,6 Mds € 2010- 2015)
Le schéma d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE) est un document de planification de la gestion de l'eau à l'échelle d'une unité hydrographique cohérente (bassin versant, aquifère, ...). Il fixe des objectifs généraux d'utilisation, de mise en valeur, de protection quantitative et qualitative de la ressource en eau et il doit être compatible avec le schéma dire cteur d'aménagement et de gestion des eaux (SDAGE).
Le SAGE est un document élaboré par les acteurs locaux (élus, usagers, associations, représentants de l'Etat, ...) réunis au sein de la commission locale de l'eau (CLE). Ces acteurs locaux établissent un projet pour une gestion concertée et collective de l'eau.© BLEZAT — consulting
sur
L'AGRICULTURE : des solutions adaptées
aux types de risques de pollution
les risques de pollutions les risques de pollutions au niveau de la ferme via les champs
1) Les effluents à
ES pe
(stabulation,
lavage de la salle
de traite...) 2) la
1)la protection 3) l'utilisation
2) Les pesticides fertilisation des du sol (le stockage des des sols cultures produits, le
remplissage du = L L JL
a ° E engrais produits érosion
l TOUR EP) phytosanitaires Mes. ,
> s'équiper + adapter les pratiques agricoles à
= sde fosses, du matériel.) l'environnement (diagnostiquer ses pratiques, se former...) Be :
= Commission Géographique Aa-Yser-Audomarois le 8 juin 2010 à Rexpoëde porn F—
Diagnostic agricole
BLEZAT Consulting |Rapport | 24/01/13 86
On s’intéresse ici aux prescriptions en lien avec l’activité agricole. De manière générale, plusieurs paramètres peuvent impacter l’activité agricole :
- Sur la quantité d’eau : demandes sur les prélèvements et le niveau d’étiage. Sur le territoire, on a vu que la quantité d’eau disponible ne constitue pas un besoin, elle n’est pas définie comme un enjeu
- Sur la qualité de l’eau : deux éléments peuvent être
observés, à savoir d’une part par rapport à l’eau potable et
d’autre part sur la pollution des milieux. Sur le territoire de
la communauté de Communes de a région d’Audruicq, il n’y
a pas de zone de captage pour l’eau potable. En revanche,
un certain nombre d’éléments sur la pollution des milieux
sont fléchés. C’est donc sur ce dernier point que
s’orientent les prescriptions concernant les activités
agricoles, qui est d’ailleurs affiché en tant qu’enjeu
prioritaire à l’échelle du SDAGE.
Quelles peuvent être les mesures portant sur l’activité agricole envisagées contre les pollutions diffuses ?
- Pièges à pollutions diffuses :
o Couverture des sols en période de lessivage
o Création de haies et de bandes enherbées
- Techniques alternatives :
o Utilisation de techniques alternatives aux herbicides de synthèse (action du plan régional écophyto 2018, portées par la DRAAF)
o Formation aux bonnes pratiques (fertilisation, protection des plantes et érosion) (action du plan régional écophyto 2018, portées par la DRAAF)
- Restructuration des parcellaires
o Acquisition pour échange ou renaturation des cours d’eau
NB : la mise aux normes des exploitations agricoles est sensée être finie depuis 2012.BLEZAT — consulting Diagnostic agricole
BLEZAT Consulting |Rapport | 24/01/13 87
Observation : Lors de la concertation, on a noté des tensions sur les questions de gestion de l’eau, avec des torts rejetés sur l’amont. L’amont lui-même qui rétorque ne pas devoir payer pour l’aval : la question de la cohérence entre les actions des divers bassins se posent.
Quelles peuvent être les mesures portant sur l’activité agricole envisagées contre les pollutions diffuses EN AMONT de la CCRA ?
SMAGE de l’Aa
- Objectifs :
o préserver les milieux aquatiques et le marais audomarois de l’envasement et de tous autres risques de pollutions diffuses,
o protéger le capital sol, outil de travail des exploitants agricoles,
- Méthode de sensibilisation des agriculteurs du territoire. Cette mission a été initiée par le Parc naturel régional des Caps et Marais d’Opale en 2000 et reprise par le SmageAa depuis 2006. Elle consiste en une animation spécifique s’appuyant sur différents fonds d’aide tels que le couvert hivernal ou les diguettes végétales ainsi que sur des diagnostics de territoire.
- Actions proposées :
- NB : La réflexion se fait le plus en amont possible sur le bassin versant afin de ralentir les ruissellements et de limiter l’érosion des sols.
- L’identification sur ces sous-bassins versants des disfonctionnements éventuels doit permettre d’établir un diagnostic.
- Une validation du diagnostic par les acteurs locaux (agriculteurs, élus, …) est alors nécessaire pour proposer un plan d’actions permettant d’agir et d’apporter des solutions.
- Ce plan d’actions s’appuie sur des outils permettant de mettre en place o des petits aménagements paysagers (fonds d’aide)
o des dispositifs permettant une meilleure intégration de cette problématique dans les pratiques agricoles (MAET).
o Animation incluse dans le Programme d’Action de Prévention des Inondations
Localisation du SMAGE AA@ BLEZAT — consulting
, nn. |
Diagnostic agricole
BLEZAT Consulting |Rapport | 24/01/13 88
- Le SMAGE propose ses propres MAEt (mesure agroenvironnementales territorialisées) o Objectif : Les mesures agri-environnementales permettent la mise en place d’actions agronomiques à plus-values environnementales visant, ici, une action bénéfique sur la problématique des ruissel lements et d’érosion des sols. Pour agir sur la gestion de l’eau tant en terme qualitatif que quantitatif , il convient de :
limiter et freiner au maximum les ruissellements sur les parcelles des versants ;
réduire les transports de matière en suspension (MES) ;
de filtrer les eaux pouvant être chargées en éléments chimique et minéral ;
réduire la pression d’intrants pour préserver la ressource.
o Principe : L’exploitant s’engage alors à respecter un cahier des charges et en contrepartie il peut recevoir une aide financière de la part de l’Etat. Le SmageAa s’est identifié en tant qu’opérateur pour porter un projet sur l’enjeu "Eau" et prioritairement sur l’enjeu "érosion" ; le souhait premier du SmageAa étant que des actions concrètes se mettent en place sur le terrain tant par la mise en place d’aménagements (diguettes végétales) que par la contractualisation de mesures agronomiques adaptées. Le territoire éligible à ce projet s’étend sur 61 communes (ou parties de communes).
o Les mesures que peuvent souscrire les exploitants sont les suivantes : Création et entretien d’un couvert herbacé (bandes ou parcelles enherbées)
Entretien de haies (différents types)
La gestion extensive de prairie (socle PHAE et réduction d’intrant 100 U Azote)
Bande enherbée, Quelmes, SmAgeAa
- D’autres fonds ont été mis en place :
o Le fonds d’aide aux couverts hivernaux
Dès 2004 un fonds d’aide à la mise en place de couverts hivernaux était mis à la disposition des exploitants pour leur permettre de couvrir les
terres restées nues l’hiver et destinées à des cultures de printemps. Le
SmageAa finançait les semences et en contrepartie l’exploitant assurait
le semis de cette interculture en s’engageant à ne pas détruire le couvert
avant la date indiquée dans le cahier des charges.
Ce fonds d’aide, qui n’existe plus à l’heure actuelle, a permis de couvrir en 2004 environ 890 ha avec la participation de 71 agriculteurs. En 2005,
c’est 103 exploitants qui ont permis de couvrir environ 1230 ha et en
2006, ils étaient 91 pour couvrir 1190 ha. Ce programme a connu unBLEZ AT — consulting Diagnostic agricole
BLEZAT Consulting |Rapport | 24/01/13 89
franc succès, mais il n’a pu être poursuivi pour des raisons
réglementaires d’ordre Européen.
o Le fonds d’aide "diguettes végétales"
Un autre outil est cependant disponible sur le territoire ; il s’agit du fond d’aide à l’implantation de diguettes végétales. Les diguettes végétales
sont des éléments végétaux en saule que l’on instal le dans l’axe des
écoulements afin de les freiner et de piéger les sédiments que l’eau peut
entraîner. Ces petits aménagements permettent de limiter la création de
ravines dans les parcelles agricoles et évitent ainsi la perte de terre,
souvent la meilleure terre, qui se trouve entraînée vers le milieu
aquatique voire même au point le plus en aval, c’est-à-dire dans le
marais audomarois.
Pour bénéficier de cet outil, l’exploitant doit signer une convention avec le SmageAa qui prend en charge 80% de coût de la réalisation. Les 20%
restants sont à la charge de l’exploitant ou des exploitants quand
l’ouvrage est installé en mitoyenneté. C’est une association de
réinsertion par le travail qui réalise le chantier et l’entretien le premier
hiver suivant la mise en place. Par la suite, c’est l’agriculteur qui s’engage
à entretenir l’ouvrage (taille, décapage en pied d’ouvrage) pour que
celui-ci reste fonctionnel le plus longtemps possible.
Lancé dès 2001 par le Parc naturel régional des Caps et Marais d’Opale et complété depuis par le SmageAa, cet accompagnement a permis la
réalisation de plus de 374 ouvrages soit 4484 mètres linéaires sur
l’ensemble du bassin versant de l’Aa. 181 agriculteurs ont participé à
cette action dont le montant total à septembre 2012 est de 92 324 €
Complémentarité diguettes végétales et couvert hivernal,
Salveques, SMAGEAA Diguettes végétales, Ledinghem, SMAGEAAe
BLEZAT — consulting
BETA
Sens de l'écoulement de La Hem
Diagnostic agricole
BLEZAT Consulting |Rapport | 24/01/13 90
SYMVAHem :
La Hem est en effet une rivière très sensible aux inondations.
Le SYMVAHEM a pour objet de prendre en charge la réalisation
de travaux et d’actions visant à prévenir les inondations de la
Hem, à atténuer leur effets et limiter l’impact des eaux de
ruissellement s’évacuant dans la Hem (zone d'expansion des
crues, zones de rétention des ruissellements, mise en place de
mesures agri-environnementales (pose de fascines, bandes
enherbées, ...).
Objectifs :
- Limiter les risques d’inondations et de coulées de boue
- Maîtriser la pollution des eaux (moins d’apports de sédime nts dans les rivières
Action à engager :
- Préserver les zones tampons existantes : les
prairies, les bosquets, les boisements et les haies
déjà en place.
- Privilégier certaines techniques agronomiques sur
les versants agricoles : couverture hivernale des
sols agricoles, travail du sol simplifié etc.
- Mettre en place des aménagements hydrauliques
«légers» dont l’effet cumulé permettra de limiter
les volumes d’eau arrivant dans la Hem :
plantations de haies, fascines* et bandes
enherbées.
- Aménagements régulateurs : digues, fossé de rétention, fossé d’infiltration. - Aménagements de stockage : bassin de rétention, tampons et mares.
- Formation des agriculteurs
- Intégration du programme d’actions et de prévention des inondations (dit «PAPI») du Delta de l’Aa.
Source : Reflets sur la Hem, n°6, novembre 2013
En termes de retours, ceux-ci sont assez positifs : les premiers effets bénéfiques ont pu être observés, et de nouvelles demandes sont faites par les propriétaires pour bénéficier d’aménagements. De nouveaux moyens financiers sont à prévoir pour assurer la continuité du projet.© BLEZAT — consulting
consommation d'énergie finale entre 199 et 2011, Nord-Pas de Calais et France (tp) \—
8
8 î
8 1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011
Le — Consommation finale France (Mtep, réeW10) —— Consommation finale Nord-Pas de Calais (Mtep) 9
_
Corsommaton énergétique
en ktep
8
1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011
& B GP M Fioul © Étectricité D Charbon M Gaz naturel
conrisiésiiés d'énergie de l'agriculture par type d'énergie entre 1990 et 2011 (ktep) ——
\.
NORENER 2013
Diagnostic agricole
BLEZAT Consulting |Rapport | 24/01/13 91
6.5 La consommation d’énergie
Note : les éléments fournis ici sont issus du CERDD et ne sont disponibles qu’à l’échelle régionale
6.5.1 Les consommations énergétiques
La consommation énergétique régionale, tous secteurs confondus, était de 13,1 Mtep (million tonnes équivalent pétrole) en 2011 soit 3,3 tep/hab. (contre 2,5 tep/hab. en moyenne en France). Ceci fait du Nord-Pas de Calais la 3e région française la plus consommatrice, après l’Île-de-France et Rhône- Alpes.
La moitié de la consommation énergétique est industrielle.
Après avoir atteint un maximum en 2002, la tendance est à la baisse et à la stabilisation des consommations. Ceci étant, sur la période 1990-2011, la consommation nette a augmenté de +7%.
Zoom sur la consommation d’origine agricole :
La consommation énergétique par l’agriculture représente 123 ktep en 2011 soit 1% de la consommation régionale. Cette consommation a connu une baisse dans les années 2000 et est aujourd’hui plutôt stable.
http://www.cerdd.org
En revanche, la facture énergétique de l’agriculture, essentiellement constituée par le fioul, explose (+140 % en 10 ans), à cause de la hausse du prix du pétrole.@ BLEZAT — consulting
Evolution des émissions du secteur Agriculture
kTeg
CO2
1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1926 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008
Diagnostic agricole
BLEZAT Consulting |Rapport | 24/01/13 92
6.5.2 Les émissions des gaz à effet de serre (GES)
Les émissions en gaz à effet de serre régionales, tous secteurs confondus, étaient de 19 290 kilotonnes équivalent CO2 en 2011.
La tendance est à la baisse des émissions (diminution de 17% des émissions entre 1990 et 2008), grâce à la substitution énergétique et aux délocalisations
Zoom sur les émissions GES agricoles :
Les émissions GES agricoles correspondent :
- à la consommation d’énergie
- à la fermentation entérique (émissions de méthane des animaux),
- à la gestion des sols agricoles
- et la gestion des effluents
Les émissions agricoles représentent 15,2% du total des émissions régionales. L’agriculture est notamment responsable de la majorité des émissions de CH4 et de N2O de la région avec respectivement 46 % et 72 % des émissions totales.
Depuis 1990, les émissions ont diminué de 27 %, passant de 4 036 kT éq CO2 à 2 942 kT éq. CO2 en 2008, pour plusieurs raisons :
- la diminution de la consommation d’énergie et la substitution énergétique - la diminution des surfaces cultivées de 7,9 % en 18 ans
- la forte baisse de la consommation d’engrais azotés de 19,7 %.
- la forte diminution des effectifs animaux (en partie compensée par l’intensification des élevages)© consulting Diagnostic agricole
BLEZAT Consulting |Rapport | 24/01/13 93
6.6 Enjeux Eau et Env ironnement
Les enjeux liés aux Wateringues :
• Clarification du rôle de chacun :
• Entretien du réseau
• Financement des travaux
• Même s’il existe des difficultés, valorisation du travail effectué par les sections de wateringues
• Lutte contre le rat musqué
• Prévention face à l’augmentation des facteurs de risque : faut-il optimiser l’entretien ou faut-il tout repenser, face à des handicaps croissants dans le temps ??
• Statut dans le droit de l’eau
Objectif général de la stratégie : Afficher clairement que la question de réduction des risques doit être transversale à toute la politique d’aménagement
PLUi
• Vers une logique de prévention : Limiter l’imperméabilisation des sols et gérer les eaux pluviales • Limiter les surfaces AU, adapter les modes de construction
• Être concret sur le respect des servitudes, le choix et l’entretien des ponts et des têtes de pont (sans oublier l’intégration paysagère)
• Au sein d’un, cahier de recommandations, inclure des fiches dédiées (servitudes, ponts, passerelles sans busage, wateringues…). Ces fiches pourraient aussi être distribuées aux nouveaux arrivants
Projet
agricole
• Gestion :
• La collectivité en tant que relais de communication auprès des structures extraterritoriales (d’une part pour faire reconnaitre la spécificité locale, et d’autre part expliquer les contraintes associées).
• Actions croisées avec le PAPI du delta de l’Aa, le SAGE, le SYMVAHem (exemple : animation) • Vers un logique d’anticipation sur les sols :
• Sites d’essais (avec par exemple des partenariats avec GEDA, Fredon…), sur la conduite des sols par rapport à l’eau sur la base d’un groupe de volontaires, les pneumatiques... • Proposition de MAEt adaptées au contexte local
Les enjeux environnementaux :
• Faire comprendre l’intérêt de la protection de l’environnement aux agriculteurs ? • Etablir des règles d’application pertinentes et justifiées afin d’améliorer leur acceptabilité et leur efficacité
PLUi
• Prise en compte du schéma de trame verte et bleue
• Prise en compte du SAGE et détermination des zones humides effectué par Urbycom dans le cadre de la réalisation
• Préservation des fossés
Projet
agricole
• Voir démographie : Soutien émergence structuration « niches »
• Échelle supra territoriale : faire des propositions
• Échelle locale : vers l’innovation
o Faciliter l’accès à l’agro écologie et à l’innovation pour répondre à l’ambition agronomique et aux orientations des schémas de trame verte (couvert végétal, épandage…) o Proposer des mesure agro environnementales (MAEt) plus adaptées au contexte local : articulation de l’agriculture « classique » avec des éléments plutôt patrimoniaux : paysages bocages, prés vergers… ?
Base du volontariat
Soutien de structures ressource (exemple GEDA) : Montrer ce qui se fait Idée de projets étudiants pour apporter des indicateurs sur des sites pilotes • Grand public : sensibilisation (jardiniers notamment)@ BLEZAT — consulting Diagnostic agricole
BLEZAT Consulting |Rapport | 24/01/13 94
7 SYNTHESE DU DIAGNOSTIC DE TERRITOIRE
7.1 Les enjeux stratégiques de l’agriculture pour le
territoire
7.1.1 Atouts et contraintes du territoire pour l’agriculture
atout faiblesses
Filières :
- des filières performantes et organisées
en circuits longs, avec une solidité
économique et un savoir-faire
- une agriculture qui sait s’adapter aux
demandes des industries agro-
alimentaires
- un réseau en place en filières de
proximité
Démographie agricole : Un tissu agricole qui se
maintient
Foncier : des terres très bien valorisées
Eau et environnement :
- des conditions climatiques très
favorables (hydrométrie, ventilation
permettant de limiter les malaies…)
combinées à des sols de qualité et
améliorés grâce aux watergangs et au
drainage, permettant un large potentiel
de production
Filières :
- des filières dépendantes d’opérateurs
en situation de monopole et qui
imposent leurs règles
- pas de seconde transformation sur le
territoire
- une tendance à la simplification des
productions vers le végétal
- des démarches de proximité encore
isolées
Démographie agricole :
- un vieillissement de la population
- des charges de structure plus élevées
que la moyenne (entretien watergangs)
Foncier :
- une tendance à l’ « hyper
agrandissement » avec des structures
externes aux communes qui accélèrent
le phénomène de concentration
- difficultés d’accès hors cadre familial
- difficulté pour certaines exploitations
d’atteindre une taille économiquement
viable
Eau et environnement :
- la pluviométrie en excès peut provoquer
pertes de récoltes (partielles voire
totales), et on constate des difficultés
croissantes d’assainissement, de
capacité de ressuyage des sols
- un modèle agricole qui peut avoir des
conséquences sur des sols fragiles et qui
questionne la pérennité du système :
engins de plus en plus gros et lourds
- une crispation et des conflits sur les
règles© BLEZAT — consulting Diagnostic agricole
BLEZAT Consulting |Rapport | 24/01/13 95
opportunités menaces
Filières :
- des actions de la CCRA promouvant les
savoir-faire et l’alimentation locale, la
possibilité de bénéficier des services de
l’Ecopole
- un bassin de consommateurs proche
- la démarche de valorisation « Le Calaisis
on y prend goût »
Démographie agricole : l’accueil de « sang neuf »
Foncier :
- une réflexion globale sur le foncier de la
CCRA permettant de faire émerger un
projet agricole (nouveaux circuits
possibles…), et qui va au-delà de la
réglementation de base.
- Faute de pouvoir s’agrandir faute de
terres, des réflexions émergent pour
améliorer la valeur ajoutée et permettre
l’implantation de nouveaux producteurs
Eau et environnement :
- proposer la reconnaissance d’un
système exceptionnel
- aller vers des modèles plus durables tout
en restant économiquement
performants
Filières :
- des opérateurs qui imposent des règles
trop strictes, des prix non négociables
-
Démographie agricole :
- non renouvellement des générations
- grosses structures externes « sans
visage »
- la cohabitation avec un territoire plus
périurbain que jamais
Foncier : un foncier verrouillé ne permettant
plus de projets tournés vers le local
Eau et environnement :
- un entretien des wateringues mis à mal,
avec des risques d’inondation
augmentés pour la collectivité
- la présence du rat musqué, espèce
nuisible
- des mesures agro-environnementales
peu adaptées et qui peuvent générer
des crispations
- la non reconnaissance des particularités
de la région du delta de l’Aa, créée de
façon artificielle, qui peut entrainer des
mesures contre-productives© RER Diagnostic agricole
BLEZAT Consulting |Rapport | 24/01/13 96
7.1.2 Récapitulatif des enjeux
Réfléchir aux formes d’agricultures présentes sur le territoire
- Enjeux économiques :
o Préserver le potentiel de production tout en s’adaptant au contexte (demandes des IAA, performances techniques…)
o Saisir l’opportunité de valoriser et d’accompagner la structuration des filières locales
- Enjeux sociodémographiques :
o Pérennité de l’offre : Difficultés d’implantation des porteurs de projet : Accompagner la transmission et ou la création de nouvelles activités agricoles
Assurer la pérennité du site, son potentiel agricole et résidentiel
- Enjeux liés aux Wateringues :
o Clarification du rôle de chacun :
Entretien du réseau
Financement des travaux
Même s’il existe des difficultés, valorisation du travail effectué par les sections de wateringues
Statut dans le droit de l’eau
o Lutte contre le rat musqué
o Prévention face à l’augmentation des facteurs de risque : faut-il optimiser l’entretien ou faut-il tout repenser, face à des handicaps croissants dans le temps ??
- Enjeux environnementaux :
o Faire comprendre l’intérêt de la protection de l’environnement
o Etablir des règles d’application pertinentes et justifiées afin d’améliorer leur acceptabilité et leur efficacité
Améliorer la cohabitation et le dialogue entre l’agriculture et les usage rs du territoire et donner une place à l’agriculture au sein du développement
- Cohabitation et relations avec la population non agricole
o En aménagement : maitrise de l’expansion urbaine, ne pas laisser se développer le phénomène de mitage
o Pour la circulation
- Valorisation de l’image de l’agriculture et reconnaissance de son rôle dans le développement (toujours en cours!) du territoireés BLEZAT — consulting
Grande Bretagne
Méditerranée
Transport
fruits
Espagne
Éléments structurants du territoire
Limites communales
Infrastructures autoroutières
Infrastructures ferroviaires
Cours d'eau et voies d'eau
Agglomérations urbaines OIIII
Dynamique de l'eau
— Sens d'écoulement
O Risques de difficultés d'écoulement
Transformation hors
territoire
Betterave, Pomme de terre industrielle, céréales,
chicorée 2° transformation, abattage...
Terres agricoles à fort potentiel économique
[_] Terres arables
Dont terres à meilleur potentiel {hors wateringues,
taille des parcelles plus importante...)
æ Espaces naturels (bois, littoral)
Flux de matière
Lieux d'exportation
Eporcérésls Type de matières exportées
DEEE > Possibilité de développement des filières de
proximité
Diagnostic agricole
BLEZAT Consulting |Rapport | 24/01/13 97
7.1.3 Carte de synthèse des flux liés à l’activité agricole du territoire de la Communauté de Communes de la Région d’Audruicq© BLEZAT — consulting Diagnostic agricole
BLEZAT Consulting |Rapport | 24/01/13 98
7.1.4 Suite de l’étude
Suite à l’élaboration du diagnostic et au partage des éléments produits avec les élus du territoire et la profession agricole, un deuxième temps d’étude sera construit.
L’objectif est de poursuivre le travail de co-construction d’un projet agricole avec les acteurs locaux, en appuyant plus particulièrement sur les thématiques suivantes (mise en évidence comme enjeux lors du diagnostic) :
- Agro écologie : soutien à la formation d’un réseau de volontaires
- Eau et agriculture
- La lutte contre le rat musqué
- Les circuits de commercialisation
- Programme de communication
Les éléments acquis permettront par ailleurs d’enrichir la réalisation du PLUi, qui ajustera la cartographie des sièges, des projets de changement de destination, des installations classées.© BLEZAT — consulting
100%
90%
80%
70%
60%
50%
40%
30%
20%
10%
0%
Echantillon EA de la CCRA
m Polincove
m Recque-sur-Hem
Zutkerque
8 Vieille-Eglise
& Saint-Omer Capelle
m Saint-Folquin
B Sainte Marie Kerque
E Ruminghem
m Oye-Plage
m Offekerque
m Nouvelle Eglise
= Nortkerque
m Muncq Nieurlet
E Guemps
B Audruicq
Diagnostic agricole
BLEZAT Consulting |Rapport | 24/01/13 99
8 ANNEXE : Analyse de l’enquête agriculteurs
8.1 Méthodologie et caractéristique de l’échantillon
Un questionnaire a été adressé par courrier à l’ensemble des agriculteurs ayant leur siège d’exploitation sur la CCRA. Ce questionnaire comporte des questions ouvertes et fermées, sur les caractéristiques des exploitations agricoles (production, emploi, foncier…), les principales problématiques rencontrées par les agriculteurs du territoire (eau, nuisibles, évolution des sols…) ainsi que les perspectives d’évolution des exploitations agricoles (voir questionnaire en annexe).
Environ 240 courriers ont été envoyés en octobre 2013 par la CCRA. 44 personnes ont répondu au questionnaire, soit un taux de retour de 18%.
Etant donné la taille de l’échantillon, les données issues de cette enquête ne doivent pas être généralisées à l’ensemble des exploitations du territoire. Les enseignements de cette enquête viennent ainsi enrichir le diagnostic avec un retour sur le ressenti des agriculteurs sur leur activité, qui complète la matière récoltée lors des commissions communales.
Représentativité de l’échantillon : La comparaison des caractéristiques des répondants par rapport à l’ensemble des EA du territoire montre que :
- Par rapport à la localisation des exploitations, 3 communes sont surreprésentées par rapport à leur poids dans l’ensemble des sièges d’exploitation. Il s’agit de Saint -Folquin, Sainte-Marie-Kerque et Audruicq qui représentent 48% des répondants, contre 25% de s EA du territoire. Au contraire, les communes de Oye-Plage, Offekerque et Guemps sont nettement sous-représentées.BLEZAT — consulting
100% -
90% -
80% -
70% -
60% - B Autres
B EARL
EH GAEC
50% -
40% -
m Exploitation individuelle 30% -
20% -
10% -
0% -
Echantillon EA de la CCRA
100%
90%
80%
70%
60% B 60 ans et plus
m 50-60 ans
m 40-50 ans
50%
40%
m Moins de 40 ans
30%
20%
10%
0%
Echantillon EA de la CCRA
Diagnostic agricole
BLEZAT Consulting |Rapport | 24/01/13 100
A noter que 2 répondants ont leur siège d’exploitation en dehors de la CCRA, sur les communes de Lottinghen et de Merckeghem.
- La répartition de l’échantillon par rapport à la forme juridique des exploitations est proche de la réalité, avec toutefois une légère surreprésentation des exploitations en EARL au détriment des exploitations individuelles et des GAEC. La forme GAEC reste minoritaire sur le territoire.
Figure 11 : répartition des répondants et de l'ensemble des EA de la CCRA en fonction de la forme juridique de l’exploitation
Source : BLEZAT Consulting d’après questionnaire et RGA 2010
- Par rapport à l’âge des répondants, on peut noter que les jeunes exploitants (moins de 40 ans) sont ceux qui ont le plus répondu au questionnaire, et sont par conséquent surreprésentés dans l’échantillon. Au contraire, les exploitants de 60 et plus sont moins représentés dans notre échantillon.
Figure 12 : répartition des répondants et de l'ensemble des EA de la CCRA en fonction de l’âge des exploitants
Source : BLEZAT Consulting d’après questionnaire et RGA 2010© BLEZAT —— consulting Diagnostic agricole
BLEZAT Consulting |Rapport | 24/01/13 101
PBS (production brute standard)
La polyculture, OTEX dominante sur le territoire, se retrouve dans les activités des EA qui ont répondu au questionnaire. Ces dernières produisent différentes cultures industrielles (betterave principalement, mais aussi chicorée, lin), ainsi que des céréales et des pommes de terre. La culture de céréales est la plus répandue, aussi bien dans les exploitations en polyculture (débouchés principaux en coopérative et négoce) que celles qui pratiquent l’élevage, pour une utilisation en autoconsommation.
Tableau 1 : surfaces par type de culture et surface moyenne par exploitation
Surface Nombre
Surf moyenne / EA
productrices
Céréales 1 477 32 46,2
Oléagineux 143 9 15,8
Protéagineux 39 5 7,8
Betteraves 337 28 12,0
Fourrage / maïs grain 126 12 10,5
Pomme de terre 302 23 13,1
Lin 157 18 8,7
Légumes 130 13 10,0
Chicorée 59 11 5,4
Autre 93 13 7,2
Sans réponse 12
Source : BLEZAT Consulting d’après enquête agriculteurs
L’élevage, activité agricole traditionnelle, est aujourd’hui beaucoup moins pratiqué sur le territoire. Une exploitation indique d’ailleurs avoir laissé son activité d’élevage pour la culture de pommes de terre, un choix qui a été fait par nombre d’agriculteurs sur le territoire ces dernières années lorsque leur surface le permettait.
La quasi-totalité des exploitations qui ont une activité d’élevage font également de la polyculture.
Tableau 2 : cheptel des exploitations pratiquant l'élevage, et cheptel moyen par exploitation
Cheptel Nb d'EA Cheptel moyen / EA
Bovins lait 505 7 72
Bovins viande 105 5 21
Veaux 143 3 48
Ovins 135 2 68
Porcins 1 600 3 533
Volaille de chair 72 300 4 18 075
Poules pondeuses 14 550 3 4 850 Source : BLEZAT Consulting d’après enquête agriculteurs© BLEZAT — consulting Diagnostic agricole
BLEZAT Consulting |Rapport | 24/01/13 102
Main d’œuvre
Enquête : Les chiffres exhaustifs ne sont pas produits, mais sur l’échantillonnage enquêté, on relève que plus de 25% des agriculteurs sont doubles actifs. Selon les cas, ils sont ETA ou salariés non agricoles.
Figure 13 : part des doubles actifs dans les répondants
Source : BLEZAT Consulting d’après enquête agriculteurs
Enquête : Les exploitations du territoire n’emploient globalement pas beaucoup de main d’œuvre : dans 90% des cas, le nombre d’ETP est compris entre 1 et 2 par exploitation. Parmi les répondants, quatre ont 3 ETP ou plus (jusqu’à 6, en polyculture).
Enquête : La main d’œuvre familiale est de moins en moins fréquente sur les exploitations : un tiers des répondants ont de la main d’œuvre familiale qui travaille sur l’exploitation. Le conjoint du chef d’exploitation travaille aussi parfois sur l’exploitation (11 exploitations ayant répondu), mais le plus souvent de façon partielle (0,5 ETP ou moins dans la majorité des cas).
Figure 14 : part des exploitations qui emploient de la main d'œuvre
familiale
Source : BLEZAT Consulting d’après enquête agriculteursBLEZAT eo —— consulting
Dévebpper les filières alimentaires ! Révéter les territoires ruraux
Communauté de Communes
de la Région d'Audruicq
REÇUS 6 Sous Frétec #ecture
| à D NOV, 2018 |
DIAGNOSTIC AGRICOLE DU TERRITOIRE DE LA
COMMUNAUTE DE COMMUNES DE LA REGION
D’AUDRUICQ
CARTOGRAPHIES ANNEXES PAR COMMUNEAUDRUICQ
1
10
9 8 7
6 5 4
3
2
20 19 16
12 11
Localisation des sièges et
périmètres de protection
Localisation des
parcellairesGUEMPS
Localisation
des sièges et
périmètres de
protection
Localisation des
parcellaires
28 29 31 32
33
34
35 36
37 38
39 40
30MUNCQ-NIEURLET 48 49
50
52
53
141
Localisation
des sièges et
périmètres de
protection
Localisation des
parcellairesNOUVELLE-EGLISE
Localisation
des sièges et
périmètres de
protection
Localisation des
parcellaires
80
85 86
79
84
76
81
77
83
78
226NORTKERQUE Localisation des sièges et périmètres de protection
Localisation des parcellaires
59
69
63
68
66 64
60
56
110
61
67
62
58OFFERKERQUE
Localisation
des sièges et
périmètres de
protection
Localisation des
parcellaires
92 93
30
96 95
97
98
102
103
41
100
108OYE-PLAGE
Localisation des sièges et
périmètres de protection
Localisation des
parcellaires
111 112
113 114
115 118
119
125
127
122
123
130
126
124
198
121
133 134 128
120POLINCOVE
Localisation
des sièges et
périmètres de
protection
Localisation des
parcellaires
137
138
136RECQUES-SUR-HEM
Localisation des sièges et
périmètres de protection
Localisation des
parcellaires
142
141
139
140RUMINGHEM
Localisation des sièges et
périmètres de protection
Localisation des parcellaires
149 151
153 154
148 147
146 145
144
143SAINT-FLOQUIN
Localisation
des sièges et
périmètres de
protection Localisation des
parcellaires
206
203
197
188
199
110
192
195
190
210
189
201
193
209
202
205 204
207
117
196
200SAINT-OMER-CAPELLE
Localisation
des sièges et
périmètres de
protection
Localisation des
parcellaires
10 212
223
217 217
222
221 220 219
218
216 215 214
213SAINTE-MARIE-KERQUE
Localisation
des sièges et
périmètres de
protection
Localisation des
parcellaires
166 169
176 175
171
172
170
181
177
163
178
55
183
164
182
184
185
179
153
180
173VIEILLE-EGLISE
Localisation
des sièges et
périmètres de
protection
Localisation des
parcellaires
233
230
79
231
228
232
240
229
234
236
225
226
227ZUTKERQUE
67
Localisation des sièges et
périmètres de protection
Localisation des
parcellaires
142
245
254
252
248 249 250
253
256
259
255
257
251
261 260
258
262