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PLU - Règlements - Limitations de la constructibilité pour des raisons environnementales, de risques, d’intérêt général
Document publié le undefined NaN undefined NaN à NaNhNaN par la commune de Marennes.
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Thèmes du document : Eau et assainissement, Aménagement du territoire, Espaces terrestres et maritimes,
IMSRN – Agence de Montpellier
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I N G E N I E R I E
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I ngéni er i e des M ouvement s de Sol
et des Ri sques Nat ur el s
Mairie de MARENNES
DIAGNOSTIC DES RISQUES DE
MOUVEMENTS DE TERRAIN
COMMUNE DE MARENNES
RAPPORT D’ETUDE
[Dossier 2016/M2/69/0877]
Annexe 4-page 3- Commune de MARENNES Diagnostic des risques de mouvements de terrain – mai 2018 – IMSRN / Agence de Montpellier
Sommaire
I. Rappel des objectifs de l’étude _________________________________________________ 5
II. Délimitation et contexte de la zone d'étude _____________________________________ 8
II.1. Délimitation de la zone d'étude et occupation du territoire ____________________________ 8
II.2. Contextes géomorphologique, géologique et sismique ________________________________ 9 II.2.1. Géomorphologie __________________________________________________________________ 9 II.2.2. Géologie _______________________________________________________________________ 10 II.2.3. Sismique _______________________________________________________________________ 11
II.3. Contexte climatique ___________________________________________________________ 11
II.4. Contexte hydrographique ______________________________________________________ 12
III. Généralités sur les mouvements de terrain _____________________________________ 13
III.1. Eboulements / Chutes de blocs et de pierres _____________________________________ 13
III.2. Glissements de terrain / Coulées de boue _______________________________________ 14
IV. Diagnostic des risques de mouvements de terrain _______________________________ 17
IV.1. Recherche historique et bibliographique __________________________________________ 17
IV.2. Reconnaissance des phénomènes naturels et cartographie ___________________________ 21 IV.2.1. Visite de terrain __________________________________________________________________ 21 IV.2.2. Description et cartographie des éboulements / chutes de blocs et de pierres sur la zone d’étude ____ 22 IV.2.3. Description et cartographie des glissements de terrain / coulées de boue de la zone d’étude _______ 22 IV.2.4. Observations des zones d’urbanisation future ___________________________________________ 24
IV.3. Résultats du diagnostic des risques de mouvements de terrain ________________________ 25
V. Cartographie de l’aléa Glissements de terrain ____________________________________ 27
V.1. Définition de l’aléa ____________________________________________________________ 27
V.2. Résultats de la cartographie de l’aléa Glissements de terrain _________________________ 29
VI. Constructibilité___________________________________________________________ 31
VI.1. Zone Z4 – Contraintes très fortes ________________________________________________ 31
VI.2. Zone Z3 – Contraintes fortes ___________________________________________________ 32
VI.3. Zone Z1 – Contraintes faibles ___________________________________________________ 34
VI.4. Recommandations d’ordre général ______________________________________________ 35
VII. Conclusions _____________________________________________________________ 37
VIII. Bibliographie __________________________________________________________ 39-page 5- Commune de MARENNES Diagnostic des risques de mouvements de terrain – mai 2018 – IMSRN / Agence de Montpellier
I. R APPEL DES OBJECTIFS DE L ’ ETUDE
En Mai 2012, le BRGM a fait paraître les résultats d’une cartographie de la susceptibilité aux « mouvements de terrain » sur le département du Rhône (hors Grand Lyon) [Rapport BRGM/RP-61114-FR]. La précédente étude datait de 1989, avec une mise à jour en 2009, et avait été réalisée par le CETE de Lyon.
L’étude BRGM constitue un porté-à-connaissance à grande échelle, 1/25 000 (contre 1/50 000 pour celle du CETE), permettant l’orientation des actions locales mais ne pouvant en aucun cas être utilisée comme une carte d’aléas.
La cartographie réalisée prend en compte 3 phénomènes : les glissements de terrain, les coulées de boue et les chutes de blocs. Elle est le résultat d’une analyse multicritère : en résumé, une combinaison des différents facteurs qui conditionnent l’apparition de ces mouvements de terrain.
La commune de MARENNES est, d’après les résultats de cette étude, potentiellement exposée à 2 phénomènes : les glissements de terrain essentiellement et les coulées de boue de manière plus restreinte [Fig. 1].-page 6- Commune de MARENNES Diagnostic des risques de mouvements de terrain – mai 2018 – IMSRN / Agence de Montpellier
Figure 1 : Carte de susceptibilité aux mouvements de terrain sur la commune de MARENNES [Source : BRGM]
Les niveaux de susceptibilité variant de faibles à élevés, la société IMSRN a été chargée par la commune d’établir un diagnostic des risques de mouvements de terrain (suivant ainsi les directives des services de la Préfecture), dans le cadre de l’élaboration de son Plan Local d’Urbanisme (PLU).
Les objectifs de cette mission sont :
- de s’assurer que, depuis mai 2012, date de parution du rapport sur la cartographie de la susceptibilité aux « mouvements de terrain » dans le département du Rhône (hors Grand Lyon), aucun désordre de type glissements de terrain, chutes de blocs ou coulées de boue ne s’est produit dans la commune ;-page 7- Commune de MARENNES Diagnostic des risques de mouvements de terrain – mai 2018 – IMSRN / Agence de Montpellier
- d’aller examiner – visuellement – le contexte topographique, géologique et hydrogéologique/hydraulique de la commune et de recenser les indices de mouvements de terrain, afin de s’assurer que les niveaux de susceptibilité sont conformes à ceux déterminés par la dite étude ;
- de conclure sur la nécessité de réaliser :
o une étude d'aléa « mouvements de terrain » et de constructibilité
o et, le cas échéant, une étude de risques avec définition de parade, pour les phénomènes de coulées de boues et de chutes de blocs.
La zone d’étude définie correspond à l’ensemble du territoire communal, cependant une attention particulière sera portée sur les zones urbanisées et d’urbanisation future.
A noter que cette étude ne concerne pas les phénomènes liés à l’activité sismique (rupture de failles, liquéfaction, effet de site, …), les affaissements / effondrements ainsi que le retrait- gonflement des argiles.-page 8- Commune de MARENNES Diagnostic des risques de mouvements de terrain – mai 2018 – IMSRN / Agence de Montpellier
II. D ELIMITATION ET CONTEXTE DE L A ZONE D ' ETUDE
II.1. Délimitation de la zone d'étude et occupation du territoire
La commune de MARENNES se situe dans le Sud du département du Rhône, à une dizaine de km au Sud de LYON [Fig. 2]. Elle se situe dans la plaine de l’Ozon.
Figure 2 : Localisation de la zone d'étude [Source : IMSRN]
Le périmètre de la présente étude correspond à l’ensemble du territoire communal de Marennes ce qui représente une superficie de 12,37 km². La commune comptait 1 552 habitants lors du dernier recensement de 2013 (données INSEE).
Sa population se répartit entre le bourg et ses lotissements périphériques (Chartognière, la Grande Terre, …), les hameaux (Pacalon, Petit Poizat, …) et les constructions isolées. Une zone d’activité, la Donnière, est présente au Nord-Ouest du territoire communal.-page 9- Commune de MARENNES Diagnostic des risques de mouvements de terrain – mai 2018 – IMSRN / Agence de Montpellier
Les secteurs non urbanisés sont quant à eux recouverts par des cultures, des prés et des forêts de feuillus.
II.2. Contextes géomorphologique, géologique et sismique
II.2.1. G éomor ph ol ogi e
L’altitude de la commune de MARENNES varie entre 183 m NGF au Nord-Ouest du territoire communal à 366 m au Planet [Fig. 3].
Le territoire communal peut être divisé en 2 parties :
- La plaine de l’Ozon, recouverte par des alluvions et des dépôts fluvio-glaciaires du Quaternaire ;
- Une zone collinaire, occupant le tiers Sud du territoire communal, constitué par des moraines et des formations lœssiques (en pied). A noter que cette colline est entaillée du Sud au Nord par une série de talwegs.
Figure 3 : Scan25 en relief de la commune de MARENNES [Source : IGN / Google Earth / IMSRN]-page 10- Commune de MARENNES Diagnostic des risques de mouvements de terrain – mai 2018 – IMSRN / Agence de Montpellier
II.2.2. G éol ogi e
D’après la carte géologique au 1/50 000 de GIVORS (n° 722, BRGM), la zone d’étude appartient à la Plaine de l’Est Lyonnais, un secteur présentant une succession de plaines et de vallées.
Sur le territoire communal de MARENNES, on retrouve 4 lithologies différentes [Fig. 4, 5 et 6] :
- Œy : Formations loessiques (Würm) → lœss éolien, siliceux et calcaire
- Gy4 : Moraines du stade de Saint-Just - Chaleyssin (Würm) → moraines
- Ny4 : Nappes de raccordement du stade de Saint-Just - Chaleyssin (Würm) → dépôts fluvio-glaiciaires
- Fz : Alluvions fluviatiles modernes (Quaternaire) → alluvions sablo-caillouteuses
Figure 4 : Affleurement de lœss le long de la route en aval de Chantemerle [Source : IMSRN]
Figure 5 : Affleurement de dépôts fluvio-
glaciaires le long de la route en contrebas
de la Condamine [Source : IMSRN]-page 11- Commune de MARENNES Diagnostic des risques de mouvements de terrain – mai 2018 – IMSRN / Agence de Montpellier
Figure 6 : Carte géologique de la commune de MARENNES [Source : BRGM]
II.2.3. S i s mi que
La commune de Marennes est classée en zone de sismicité modérée (niveau 3 sur 5) sur le nouveau zonage sismique de la France (entré en vigueur le 1ier mai 2011).
II.3. Contexte climatique
Le secteur où se situe la commune de MARENNES présente un climat semi-continental qui se traduit par des hivers doux et pluvieux et des étés frais et relativement humides.
Ainsi l’amplitude thermique entre l’été et l’hiver est peu importante (une vingtaine de degrés). On note 2 pics de précipitations, l’un en fin de printemps et l’autre en automne (avec environ 100 mm) [Fig. 7].-page 12- Commune de MARENNES Diagnostic des risques de mouvements de terrain – mai 2018 – IMSRN / Agence de Montpellier
Figure 7 : Normales annuelles à la station de LYON [Source : www.meteofrance.com ]
II.4. Contexte hydrographique
Le réseau hydrographique de la commune de MARENNES se développe principalement autour du ruisseau de l’Ozon qui traverse le territoire communal d’Est en Ouest. Il recueille les écoulements en provenance des talwegs dans les collines au Sud [Fig. 8].
Figure 8 : Réseau hydrographique de la commune de MARENNES [Source : BD-Carthage / IMSRN]-page 13- Commune de MARENNES Diagnostic des risques de mouvements de terrain – mai 2018 – IMSRN / Agence de Montpellier
III. G ENERALITES SUR LES MOUVEMENTS DE TERRAI N
Sous le terme "mouvements de terrain" sont regroupés tous les déplacements gravitaires de masses de terrain sous l’effet de sollicitations naturelles ou anthropiques. La cinématique peut être lente ou extrêmement rapide. On distingue 5 familles de mouvements de terrain :
Affaissements / Effondrements [Non étudiés dans le cadre de cette étude] ;
Eboulements / Chutes de blocs et de pierres ;
Glissements de terrain / Coulées de boue ;
Ravinement [Non étudié dans le cadre de cette étude] ;
Retrait-gonflement des argiles [Non étudié dans le cadre de cette étude].
Il convient ici de rappeler les causes de ces instabilités qui sont à rechercher dans :
- la pesanteur (force de gravité) qui constitue le moteur essentiel des mouvements de terrain ;
- l’eau qui est le premier facteur aggravant des désordres. Ainsi les conditions climatiques et notamment la pluviométrie (période de pluies intenses ou longues), et les conditions hydrologiques (circulations superficielles ou souterraines) sont à prendre en considération ;
- la nature et la structure géologique des terrains présents sur le site (présence d’argiles ou de marnes, accidents tectoniques, fracturations, …) ;
- la pente et la morphologie des versants (présence d’escarpements, talwegs concentrant les écoulements, …) ;
- le couvert végétal (racines s’insinuant dans les fractures et favorisant la déstabilisation des blocs, versant nu sensible à l’érosion, ...) ;
- l’action anthropique qui se manifeste de plusieurs façons et qui contribue de manière très sensible à déclencher directement des mouvements : modification de l’équilibre naturel de pentes (talutage ou déblais en pied de versant, remblaiement en tête de versant, carrières ou mines souterraines), modifications des conditions hydrogéologiques du milieu naturel (rejets d’eau dans une pente, pompages d’eau excessifs), ébranlements provoqués par les tirs à l’explosif ou vibrations dues au trafic routier, déforestation, …
III.1. Eboulements / Chutes de blocs et de pierres
L'éboulement est un phénomène qui affecte les roches compétentes et fracturée. Il se traduit par le détachement d'une portion de roche de volume quelconque depuis la masse rocheuse [Fig. 9]. La cinématique est variable : par basculement, rupture de pied, glissement banc sur banc, … ; mais dans tous les cas elle est très rapide.
Le dépôt des éléments en pied d’escarpement à forte activité prend la forme d’un tablier ou d’un cône d’éboulis dont la végétalisation dépend de la fréquence des chutes (la végétation ne pourra pousser sur une zone régulièrement atteinte).-page 14- Commune de MARENNES Diagnostic des risques de mouvements de terrain – mai 2018 – IMSRN / Agence de Montpellier
Pour les phénomènes plus ponctuels, les seules traces visibles sont généralement les blocs immobilisés dans le versant et les trouées qu’ils ont percées dans le couvert forestier.
On différencie les éboulements d'après la taille des éléments détachés (contrainte essentiellement par le degré de fracturation de la roche) :
Eboulement en masse lorsque le volume total est supérieur à 1000 litres (1 m³) ;
Chute de blocs lorsque le volume est compris entre 1 et 1000 litres (1 dm³ à 1 m³) ;
Chute de pierres lorsque le volume est inférieur ou égal au litre (1 dm³).
Figure 9 : Schéma conceptuel du phénomène éboulement / chutes de blocs [Source : IMSRN]
La trajectoire des blocs suit généralement la ligne de plus grande pente mais peut varier du fait de la forme des éléments et de la topographie.
Les distances atteintes sont également fonction de ces 2 paramètres mais également de la hauteur de chute et de la taille du bloc (accumulation d’énergie cinétique), du couvert végétal et des éventuels obstacles (murs, bâtiments, …). A noter que certaines topographies, telles que les replats, peuvent avoir un effet de tremplin permettant à des blocs mêmes volumineux d’effectuer des bonds de plusieurs mètres de haut.
Le facteur déclenchant principal de ce type de mouvement est la gravité, mais les phénomènes climatiques (pluies, cycles gel-dégel) jouent également un rôle important.
La présence de végétation au niveau des fractures est un phénomène aggravant.
III.2. Glissements de terrain / Coulées de boue
Le glissement de terrain est un phénomène qui affecte, en général, des roches incompétentes et qui provoque le déplacement d’une masse de terrain avec rupture (surface de cisaillement). Cette rupture peut se localiser soit au sein du même matériau (rupture circulaire), soit le long d’une discontinuité telle qu’un joint de stratification ou alors le long d’une interface entre les matériaux de couverture et le substratum.-page 15- Commune de MARENNES Diagnostic des risques de mouvements de terrain – mai 2018 – IMSRN / Agence de Montpellier
Dans les cas les plus développés, il se caractérise par la formation d’une niche d’arrachement en amont et d’un bourrelet de pied en aval et être limité sur les côtés par des rampes latérales [Fig. 10]. L’instabilité des terrains peut le plus souvent se manifester par de légères déformations topographiques (moutonnement, ondulations du versant) Les volumes mis en jeu sont très variables.
Figure 10 : Schéma conceptuel du phénomène glissement de terrain [Source : IMSRN]
L’apparition du phénomène est étroitement liée à la nature des matériaux ainsi qu’à la pente. D’autres facteurs entre ensuite en jeu tels que les écoulements (cours d’eau en bas de versant qui favorisent l’érosion de la butée de pied et circulations internes qui « lubrifient » la surface de rupture) ou encore le couvert végétal susceptible de retenir et de drainer les instabilités superficielles.
Les facteurs déclenchant peuvent être naturels : fortes pluies saturant les couches instables (donc les alourdissant et augmentant la pression interstitielle), crues augmentant l’érosion en pied, séisme, … mais également anthropiques (terrassement, modification des conditions hydrauliques, vibrations et secousses, …).
Quand la masse glissée se propage à grande vitesse sous forme visqueuse avec une teneur en eau très élevée, on parle alors de coulée de boue.-page 16- Commune de MARENNES Diagnostic des risques de mouvements de terrain – mai 2018 – IMSRN / Agence de Montpellier
Aussi, une coulée de boue se caractérise
donc comme un glissement par une niche
d’arrachement en amont. En revanche la
propagation se fait généralement dans un
couloir de faible largeur (au regard de la
longueur de la coulée). La zone de dépôt en
pied présente le plus souvent un évasement
[Fig. 11].
Figure 11 : Coulée de boue à LAVEYRON (Drôme)
[Source : IMSRN]
La coulée de boue peut également prendre naissance dans la partie aval d’un glissement de terrain.
Ce type de phénomène concerne exclusivement les formations à cohésion faible et de composition granulométrique adéquate, telles des colluvions ou des éboulis de pente reposant sur un versant constitué de marnes, d’argiles ou même de formations morainiques. Le facteur de déclenchement principal des mouvements est la pluie qui favorise le décollement de la couche superficielle. La pente (parfois aggravée par l’absence de la végétation) est un facteur de prédisposition principal.-page 17- Commune de MARENNES Diagnostic des risques de mouvements de terrain – mai 2018 – IMSRN / Agence de Montpellier
IV. D IAGNOSTIC DES RISQUE S DE MOUVEMENTS DE T ERRAIN
Le diagnostic des risques de mouvements de terrain se décompose en 2 phases :
1. Recherche historique et bibliographique concernant les évènements survenus dans le passé et la connaissance antérieure du risque, par consultation des données disponibles et entretien avec les élus ;
2. Reconnaissance des phénomènes naturels et cartographie par observation visuelle sur le terrain.
IV.1. Recherche historique et bibliographique
Pour acquérir ou compléter la connaissance des phénomènes naturels sur le territoire communal, il convient d’effectuer en premier, un recensement des événements historiques ainsi qu’une collecte des données et études liées aux risques présents sur la zone d’étude ou à proximité de celle-ci (à condition que la configuration soit similaire).
Le recueil des informations a été réalisé par consultation des bases de données du BRGM (dont la BD-MVT) et par recherche sur internet ainsi que par entretien avec les élus lors de la réunion de lancement.
Il a permis de recenser 2 événements historiques1 sur la commune de MARENNES [Tab. 1].
1 Il convient de rappeler à ce niveau, qu’il serait préférable de considérer les données historiques avec une certaine prudence. D’une façon générale, la
densité et la répartition des informations historiques et leurs précisions sont beaucoup plus grandes dans les zones habitées ou fréquentées régulièrement ; c’est donc dans ces zones que les évènements passés sont les mieux connus, ce qui ne signifie évidements pas qu’il ne s’en produisit pas dans d’autres secteurs. Par ailleurs, en période de crise importante (guerre, famine, épidémie, …), Ce type d’informations concernant les risques naturels (inondations, mouvements de terrain, séismes, …), passent généralement en second plan et ne sont pas souvent signalés dans les archives.-page 18- Commune de MARENNES Diagnostic des risques de mouvements de terrain – mai 2018 – IMSRN / Agence de Montpellier
IDENTIFIANT DATE LOCALISATION PHENOMENES
VICTIME(S) DEGAT(S)
PERTURBATION(S)
DESCRIPTION
(CAUSES, VICTIMES, DEGATS, …) SOURCE
Evt_MvT_01 1983 (récurrent) Combe Louve ? Réactivation d’un glissement de terrain BRGM (BD-MVT)
Evt_MvT_02 Avril 1991 Combe Louve ? Longueur : 100 m / Largeur : 30 m / Dénivelé : 30 m / Amplitude de glissement : 3 m / Présence de moutonnement BRGM (BD-MVT)
Tableau 1 : Liste des événements historiques, correspondant à des mouvements de terrain, recensés sur la commune de MARENNES [Source : IMSRN]-page 19- Commune de MARENNES Diagnostic des risques de mouvements de terrain – mai 2018 – IMSRN / Agence de Montpellier
Par ailleurs sur les 9 arrêtés de reconnaissance de catastrophe naturelle pris sur la commune [Tab. 2], 6 concernent des mouvements de terrain (coulées de boue et glissements de terrain). La plupart de ces arrêtés concernent des événements impactant une vaste région (non limités au territoire communal) et correspond à d’importants épisodes pluvieux.
Type de catastrophe Début le Fin le Arrêté du Sur le JO du
Tempête 06/11/1982 10/11/1982 18/11/1982 19/11/1982
Poids de la neige - chutes de neige 26/11/1982 27/11/1982 24/01/1983 29/01/1983
Poids de la neige - chutes de neige 26/11/1982 28/11/1982 15/12/1982 22/12/1982
Inondations, coulées de boue et
glissements de terrain
01/04/1983 30/04/1983 21/06/1983 24/06/1983
Inondations, coulées de boue et
glissements de terrain
01/05/1983 31/05/1983 21/06/1983 24/06/1983
Inondations et coulées de boue 16/06/1986 16/06/1986 25/08/1986 06/09/1986
Inondations et coulées de boue 16/06/1988 16/06/1988 24/08/1988 14/09/1988
Inondations et coulées de boue 05/10/1993 10/10/1993 19/10/1993 24/10/1993
Inondations et coulées de boue 04/09/2008 06/09/2008 18/05/2009 21/05/2009
Tableau 2 : Arrêtés de reconnaissance de catastrophe naturelle sur la commune de MARENNES [Source : www.prim.net ]
Le Plan Local d’Urbanisme (PLU) en cours de
réalisation et daté du 22/12/2017 [Fig. 12], ainsi
que le Projet d'Aménagement et de
Développement Durable (PADD) nous ont été
transmis par l’Atelier de l’aRue.
Figure 12 : PLU en cours d’élaboration de MARENNES
[Source : Atelier de l’aRue]-page 20- Commune de MARENNES Diagnostic des risques de mouvements de terrain – mai 2018 – IMSRN / Agence de Montpellier
La recherche bibliographie a mis en évidence l’existence d’un Plan de Prévention des Risques Inondation (PPRI) de l’Ozon, dont la commune de MARENNES fait partie. Prescrit le 06/11/1998 et approuvé le 09/07/2008, ce document n’apporte pas d’informations complémentaires concernant les risques étudiés dans ce diagnostic.
Les données ainsi obtenues ont été dans la mesure du possible vérifiées, confirmées et complétées par l’examen sur le terrain des traces résultant d’évènements anciens ainsi que par l’observation des indices actuels dans le cas des phénomènes évolutifs.
L’analyse des données recueillies combinée aux observations de terrain a permis d’établir la typologie des phénomènes susceptibles de se produire, et surtout d’identifier les configurations (lithologie, pente, hydrologie, …) favorables à leur déclenchement. Ces données constituent par ailleurs, une étape fondamentale d’une démarche d’expertise permettant de faciliter la prise en compte de ces phénomènes.-page 21- Commune de MARENNES Diagnostic des risques de mouvements de terrain – mai 2018 – IMSRN / Agence de Montpellier
IV.2. Reconnaissance des phénomènes naturels et cartographie
IV .2.1. V i si te de ter r ai n
Notre visite de terrain s’est déroulée le 08 août 2016, lors d’une journée ensoleillée, dans un contexte météorologique hebdomadaire sec.
Le trajet effectué a fait l’objet d’un suivi GPS [Fig. 13].
Figure 12 : Suivi GPS et principales observations de terrain (points jaunes) de la visite de terrain du 08 août 2016 [Source : IMSRN]-page 22- Commune de MARENNES Diagnostic des risques de mouvements de terrain – mai 2018 – IMSRN / Agence de Montpellier
IV .2.2. D es cr i pti on et ca r togr aph i e des éboul eme nts / ch utes de bl ocs et de pi er r es sur l a zone d’étu de
En raison de l’absence de roches massives, le phénomène Eboulements / Chutes de blocs n’a pas été observé sur la commune de MARENNES.
Très localement, les affleurements de dépôts morainiques peuvent libérer des pierres du fait de l’érosion des talus ; cela ne présente pas de risques pour les personnes et les biens.
En raison de son caractère très ponctuel et de son intensité plus que limitée, ce phénomène ne présente pas de risques et n’appelle donc a aucune mesure de prévention.
IV .2.3. D es cr i pti on et car togr aph i e des gli ssements de terr ai n / coul ées de bo ue d e l a zone d’étu de
Sur le territoire communal de MARENNES, le phénomène est lié à la présence de formations argileuses et/ou meubles tels que les moraines ou les lœss.
L’intensité du phénomène sera d’autant plus grande que la pente est forte et que les circulations d’eau seront importantes (situation de talweg concentrant les écoulements et/ou sapement des butées de pied naturelles par les cours d’eau).
Le phénomène peut également être déclenché par des travaux de terrassement réalisés sans précaution particulière.
Suite à notre observation des images aériennes et à notre visite de terrain du 08 août 2016, aucun glissement actif de grande ampleur n’a été observé. Cependant nos investigations ont mis en évidence des indices témoignant de l’instabilité de certains secteurs.
Ainsi dans les zones à fortes pentes
(supérieures à une trentaine de
degrés), et/ou en situation de talwegs
engendrant une concentration des
écoulements (superficiels mais
également souterrains), on observera
des ondulations topographiques plus
ou moins bien marquées [Fig. 14].
Figure 13 : Ondulations topographiques
dans la combe des Endiennes, en amont
de la fontaine Chatal [Source : IMSRN]-page 23- Commune de MARENNES Diagnostic des risques de mouvements de terrain – mai 2018 – IMSRN / Agence de Montpellier
Elles témoignent d’un mouvement superficiel (de quelques décimètres à quelques mètres). En cas de très fortes précipitations, le phénomène peut évoluer jusqu’à la rupture des terrains superficiels et l’apparition d’une loupe de glissement.
En cas de forte concentration d’eau dans la partie glissée, les matériaux vont perdre leur cohésion et prendre la forme d’une coulée de boue.
Des désordres ont été observés sur
certains talus très pentus, la
déformation de la végétation
témoigne du mouvement des terrains
[Fig. 15].
Figure 14 : Glissement du talus avec
présence d’ arbres déformés dans les
secteurs des Tuileries [Source : IMSRN]
Enfin des glissements pourront apparaître en bordure de cours d’eau du fait du sapement des berges lors de crues ; ce phénomène est appelé érosion de berge.
Ces instabilités pourront avoir pour conséquences des désordres sur les constructions et infrastructures (bâti, murs, chaussée) en cas de fondations ou de dimensionnement non adaptés : fissures, déformations, ...
Des poteaux inclinés, du fait du glissement des terrains superficiels, ont été observés le long de la RD 150a au niveau de Fontagnières.
L’apparition de fissures sur les bâtiments peut également avoir pour cause le retrait-gonflement des argiles, le vieillissement des fondations, les vibrations du trafic, ... cependant lorsque les constructions sont situées sur des terrains avec une pente suffisante, un phénomène de glissement de terrain (éventuellement accompagné de retrait-gonflement) est à suspecter.-page 24- Commune de MARENNES Diagnostic des risques de mouvements de terrain – mai 2018 – IMSRN / Agence de Montpellier
IV .2.4. Obs er vati on s des z ones d’ur ba ni sati on futur e
L’urbanisation future du territoire communal prendra la forme d’une densification de la zone urbaine existante avec la mise en construction des espaces agricoles en son centre.
Des constructions (logements individuels et collectifs) étaient en cours de réalisation lors de notre visite de terrain. Les zones à urbaniser sont délimitées par le Plan Local d’Urbanisme (PLU) [Fig. 16].
Figure 15 : Zones d’urbanisation future (en jaune) sur le PLU en cours de réalisation [Source : Atelier de l’aRue]-page 25- Commune de MARENNES Diagnostic des risques de mouvements de terrain – mai 2018 – IMSRN / Agence de Montpellier
La zone d’urbanisation future est quasiment plate (pentes inférieures à 2°) [Fig. 17].
Quelques fissures sur des constructions en périphérie ont été observées mais elles sont sans doute liées à des phénomènes de retrait-gonflement ; la pente n’étant pas suffisante pour engendrer un glissement des terrains. La stabilité à l’état naturelle des parcelles est assurée.
Figure 16 : Zone d’urbanisation future (en cours d’aménagement) au centre de la zone urbaine [Source : IMSRN]
IV.3. Résultats du diagnostic des risques de mouvements de terrain
Le diagnostic des risques de mouvements de terrain réalisé sur la commune de MARENNES a permis de mettre en évidence les points suivants :
Le risque d’éboulements / chutes de blocs n’est éventuellement présent qu’au niveau de quelques talus morainiques. Ce risque est très limité de part son intensité et son extension. Ainsi aucune mesure particulière n’est à prendre vis-à-vis de ce phénomène.
Aucune coulée de boue (ni aucune trace d’événement ancien) et aucune zone de production potentielle de grande ampleur (talweg avec terrains à nu et ravinés) n’a été identifiée au cours de notre étude. Cependant la présence de terrains argileux et/ou meubles en surface constitue un facteur favorable à l’entrainement d’une charge solide par des phénomènes de ruissellements / crues torrentielles, dans les talwegs, lors de très fortes précipitations.
Concernant le phénomène de glissements de terrain, le risque est présent sur le tiers Sud du territoire communal avec cependant des intensités faibles à moyennes. En effet, les terrains sensibles sont rendu instable en zone pentue et/ou du fait de circulations d’eau. Des travaux de terrassement mal maîtrisés peuvent également provoquer une déstabilisation des versants.
Globalement, la cartographie de la susceptibilité aux « mouvements de terrain » sur le département du Rhône (hors Grand Lyon) est cohérente avec les observations effectuées mais cette carte réalisée à grande échelle n’est pas suffisamment précise.-page 26- Commune de MARENNES Diagnostic des risques de mouvements de terrain – mai 2018 – IMSRN / Agence de Montpellier
En conclusion, des 3 phénomènes étudiés les glissements de terrain sont ceux potentiellement les plus présents sur la commune de MARENNES. Il n’a pas été observé de secteurs instables de grande ampleur (glissements vifs).
La réalisation d’une cartographie de l’aléa Glissements de terrain va permettre de préciser les dispositions envisageables dans les différents secteurs notamment en termes de constructibilité (étude géotechniques, gestion des rejets d’eau, …).
En revanche, le caractère superficiel des mouvements de terrain ne constitue pas un frein à l’urbanisation et au développement de la commune.-page 27- Commune de MARENNES Diagnostic des risques de mouvements de terrain – mai 2018 – IMSRN / Agence de Montpellier
V. C ARTOGRAPHIE DE L ’ ALEA G LISSEMENTS DE TERRAI N
V.1. Définition de l’aléa
De façon générale, l’aléa peut être défini comme la probabilité d’apparition d’un phénomène de nature et d’intensité données sur un territoire donné, dans une période de référence donnée.
Cette définition comporte donc les éléments suivants :
- La référence à un ou plusieurs phénomènes bien définis et d’une intensité donnée : cette dernière sera estimée la plupart du temps en fonction de la possibilité de mettre en œuvre une parade technique pour s’en prémunir et du coût de sa réalisation. Ces paramètres seront évalués à l’aide des caractéristiques des phénomènes répertoriés.
- Une composante spatiale : un aléa donné s’exerce sur une zone donnée, qu’il faut délimiter. Des difficultés peuvent surgir dans le cas de phénomènes pouvant affecter des zones au-delà de leur limites visibles : exemple de la régression vers l’amont de certains glissements de terrain ou la propagation vers l’aval des chutes de blocs.
- Une composante temporelle : c’est la probabilité plus ou moins grande d’occurrence temporelle du phénomène. Vis-à-vis des inondations l’événement de référence est d’après le guide PPR « la plus forte crue connue et, dans le cas où celle-ci serait plus faible qu’une crue de fréquence centennale, cette dernière ». Pour les mouvements de terrain, la complexité du milieu naturel géologique et son évolution ne permettent pas de quantifier la probabilité d’occurrence : la seule voie actuellement opérationnelle consiste en une approche plus qualitative, dite de prédisposition du site à un type de phénomène donné.
Ainsi la cartographie des aléas Mouvements de terrain s’appuiera sur l’analyse :
- de la probabilité d’occurrence : prédisposition que présente un site à être affecté par un phénomène,
- et de l’intensité : ampleur des désordres, impacts ou nuisances susceptibles de résulter du phénomène redouté.
L’évaluation des aléas est basée, à dire d’expert, sur l’ensemble des informations recueillies (archives historiques et bibliographiques, analyse des données et visites de terrain) et selon la démarche présentée ci-après.
Pour la qualification des aléas, les ouvrages de protection existants ne seront pas pris en compte (car leur bon fonctionnement et leur entretien ne peuvent être garantis dans le temps).-page 28- Commune de MARENNES Diagnostic des risques de mouvements de terrain – mai 2018 – IMSRN / Agence de Montpellier
Aléa Indice Critères
Fort G3
- Glissements et/ou coulées de boue actifs dans toutes pentes avec nombreux indices de mouvements (niches d'arrachement, fissures, bourrelets, arbres basculés, rétention d'eau dans les contre-pentes, traces d'humidité) et dégâts au bâti et/ou aux axes de communications
- Zones de terrain meuble, peu cohérent et de fortes pentes présentant des traces d’instabilités nombreuses
- Auréole de sécurité autour de ces glissements et/ou coulées de boue
- Zone d'épandage des coulées de boue
- Glissements anciens ayant entraîné de fortes perturbations du terrain
- Berges des torrents encaissés qui peuvent être le lieu d'instabilités de terrain lors des crues
Moyen G2
- Situation géologique identique à celle d'un glissement actif et dans les pentes fortes à moyennes (35° à 15°) avec peu d'indices de mouvement (indices estompés)
- Topographie légèrement déformée (mamelonnée liée à du fluage)
- Glissements et/ou coulées de boue fossiles dans les pentes fortes à moyennes (35° à 15°)
- Glissement actif dans les pentes faibles (< 15° ou inférieure à l'angle de frottement interne des matériaux du terrain instable) avec pressions artésiennes
Ces zones présentent une probabilité moyenne d’apparition de glissement de faible ampleur, mais qui peut devenir forte sous l’action anthropique (surcharge, route, terrassement).
Faible G1
- Glissements fossiles dans les pentes faibles (< 15° ou inférieure à l'angle de frottement interne des matériaux du terrain instable)
- Glissements potentiels (pas d'indice de mouvement) dans les pentes moyennes à faibles (à titre indicatif : 20 à 5°) dont l'aménagement (terrassement, surcharge…) risque d'entraîner des désordres compte tenu de la nature géologique du site.
Nul - Pentes trop faibles ou nulles et/ou lithologie non compatible
Tableau 3 : Echelle de gradation de l’aléa Glissements de terrain / Coulées de boue [Source : IMSRN]-page 29- Commune de MARENNES Diagnostic des risques de mouvements de terrain – mai 2018 – IMSRN / Agence de Montpellier
V.2. Résultats de la cartographie de l’ aléa Glissements de terrain
La définition des aléas a conduit à l’élaboration d’une carte indiquant les limites et les niveaux d’aléas sur fonds IGN au 1/5 000.
La cartographie des zones d’aléa prend en compte une zone d’influence des mouvements de terrain, comprenant la limite de l’expansion du phénomène en amont et en aval (régression, coulée, épandage, …) et l’extension latérale.
Dans la majorité des cas, l'évolution des phénomènes naturels est continue, la transition entre les divers degrés d'aléa est donc théoriquement linéaire. Lorsque les conditions naturelles – notamment la topographie – n'imposent pas de variations particulières, les zones d'aléas fort, moyen et faible sont "emboîtées" ; cela traduit la décroissance de l'activité et/ou de la probabilité du phénomène avec l'éloignement. Cette gradation est théorique, et elle n'est pas toujours représentée, notamment du fait des contraintes d'échelle et de dessin.
A l’issue de cette cartographie, environ 35 % du territoire communal est exposé à un aléa Glissements de terrain, et 13 % correspond à de l’aléa moyen à fort.
L’aléa Glissements de terrain se retrouve uniquement sur le versant au Sud de la commune. Il est constitué de terrains sensibles au phénomène de Glissement de terrain (moraines) et la pente est suffisamment importante pour que des déstabilisations puissent s’y produire.
L’aléa est classé en Fort (G3) uniquement en fond de talweg du fait de possibles écoulements pouvant entrainer des ruptures de berges.
L’aléa est classé en Moyen (G2) dans les secteurs où les pentes sont moyennes et/ou présentant une configuration en talweg (concentration des écoulements pouvant engendrer des instabilités).
Enfin l’aléa a été classé en Faible (G1) sur le reste du versant du fait des pentes plus faibles ; les sols sont relativement stables en l’état mais des terrassements importants et mal maîtrisés pourraient entraîner des désordres.-page 31- Commune de MARENNES Diagnostic des risques de mouvements de terrain – mai 2018 – IMSRN / Agence de Montpellier
VI. C ONSTRUCTIBILITE
La cartographie de l’aléa a ensuite été traduite en termes de constructibilité, plusieurs zones ont été définies :
- des zones inconstructibles (Z3) : dans ces zones certains aménagements tels que les ouvrages de protection ou les infrastructures publiques sont autorisés sous certaines conditions [Voir ci-après].
- des zones inconstructibles sauf exceptions (Z2) : dans ces zones les extensions à l’existant et certains aménagements tels que les ouvrages de protection ou les infrastructures publiques sont autorisés sous certaines conditions [Voir ci-après].
- des zones constructibles sous conditions (Z1) : la constructibilité obéit à des règles précises [Voir ci-après].
- des zones sans contrainte spécifique (Zones "blanches") : dans ces zones, les projets doivent être réalisés dans le respect des autres réglementations en vigueur.
Pour chaque zone ont été définis des éléments à intégrer au PLU en cours d’élaboration.
VI.1. Zone Z3 – Contraintes très fortes
En zone Z3, il est recommandé d’interdire toute nouvelle construction. Cependant les travaux d’utilité publique, tels que les routes, réseaux, … et les ouvrages de protection sont permis sous réserve d’études géotechniques suffisantes.
Eléments à intégrer dans le PLU
Zone Z3 – Inconstructible : Aléa fort Glissement de terrain (G3)
Sont interdits :
Les rejets d’eau par infiltration dans le sol ;
Tout projet nouveau, hormis les exceptions ci-dessous soumise à des prescriptions spéciales.
Sont autorisés (sous réserve de respecter les D.T.U. et les règles de l’art) :
Les ouvrages ou outillages nécessaires à l’exploitation des captages d’eau potable, au fonctionnement des équipements de services publics (station d’épuration, station de pompage, réseaux d’eau et d’assainissement, réseau électrique, téléphone, …), sous condition, pour le maître d’ouvrage, de garantir la prise en compte de l’aléa et de ne pas avoir de locaux d’habitation, ni de locaux recevant du public ;
Tous travaux et aménagements de nature à réduire les risques ou à les annuler.-page 32- Commune de MARENNES Diagnostic des risques de mouvements de terrain – mai 2018 – IMSRN / Agence de Montpellier
VI.2. Zone Z2 – Contraintes fortes
En zone Z2, il est recommandé d’éviter toute nouvelle construction. Cependant les annexes de faible importance au bâti existant (garages, hangars, …), les travaux d’utilité publique, tels que les routes, réseaux, … et les ouvrages de protection sont permis.
Il est fortement recommandé au maître d'ouvrage de vérifier que toute annexe au bâti existant réponde aux conclusions d'une étude géotechnique préalable. Cette étude, de type G2 AVP selon la norme NF P 94-500, définira :
- la profondeur du niveau de fondation (détermination d’un niveau ayant une portance suffisante) ;
- la stabilité des fondations, notamment vis-à-vis des efforts de cisaillement ;
- la stabilité des terrassements, déblais et remblai, lorsqu’ils créent un dénivelé définitif dépassant 0,5 mètre de hauteur ;
- l’impact sur la stabilité du versant et plus particulièrement sur la stabilité des parcelles avoisinantes ;
- l’impact sur les paramètres hydrogéologiques (écoulements).
Une parfaite maîtrise des écoulements est fortement recommandée ; l’eau étant un facteur déclencheur et aggravant vis-à-vis des phénomènes de glissements de terrain. Ainsi il est préférable qu’aucun rejet d’eau (eaux usées après traitement, pluviales et collectées par drainage) ne soit effectué dans les terrains.
En cas d’impossibilité, l’infiltration est possible à condition d’éviter les puits perdus (l’infiltration sur une surface importante est moins problématique pour les terrains qu’une injection ponctuelle).
Remarque :
Dans le cadre des études géotechniques citées précédemment, une analyse de la sensibilité des sols vis-à-vis du phénomène de retrait-gonflement des argiles est souhaitable (en raison de la nature des terrains superficiels).-page 33- Commune de MARENNES Diagnostic des risques de mouvements de terrain – mai 2018 – IMSRN / Agence de Montpellier
Eléments à intégrer dans le PLU
Zone Z2 – Inconstructible sauf exceptions : Aléa moyen Glissement de terrain (G2)
Sont interdits :
Tout projet nouveau, hormis les exceptions ci-dessous soumise à des prescriptions spéciales.
Sont autorisés (sous réserve de respecter les D.T.U. et les règles de l’art) :
Les abris de jardin, garages et constructions annexes aux bâtiments existants, et les bâtiments liés à l’activité agricole (hors habitation), à condition qu’ils n’aggravent pas les risques et n’en provoquent pas de nouveaux. Les annexes à usage d’habitation ne pourront dépasser 20 m² de surface de plancher ;
Les ouvrages ou outillages nécessaires à l’exploitation des captages d’eau potable, au fonctionnement des équipements de services publics (station d’épuration, station de pompage, réseaux d’eau et d’assainissement, réseau électrique, téléphone, …), sous condition, pour le maître d’ouvrage, de garantir la prise en compte de l’aléa et de ne pas avoir de locaux d’habitation, ni de locaux recevant du public ;
Tous travaux et aménagements de nature à réduire les risques ou à les annuler ;
Les travaux courants d'entretien et de gestion des constructions et des installations existantes ;
Les réparations et confortements effectués sur un bâtiment sinistré dans le cas où la cause des dommages n'a pas de lien avec le risque qui a entraîné le classement en zone.
Gestion des eaux usées, pluviales et de drainage :
Les eaux usées seront évacuées vers un réseau collectif. En l’absence de réseau collectif, les eaux usées seront évacuées selon les modalités du zonage Eaux Usées (pas de puits perdus) ;
Les eaux pluviales et les eaux collectées par drainage seront évacuées selon les modalités du zonage Eaux Pluviales.-page 34- Commune de MARENNES Diagnostic des risques de mouvements de terrain – mai 2018 – IMSRN / Agence de Montpellier
VI.3. Zone Z1 – Contraintes faibles
En zone Z1, l’étude géotechnique préalable n’est pas nécessaire. Cependant elle est recommandée en cas de décaissement important (supérieur à 2 m).
En revanche une parfaite maîtrise des écoulements est recommandée ; l’eau étant un facteur déclencheur et aggravant vis-à-vis des phénomènes de glissements de terrain. Ainsi il est préférable qu’aucun rejet d’eau (eaux usées après traitement, pluviales et collectées par drainage) ne soit effectué dans les terrains.
En cas d’impossibilité, l’infiltration est possible à condition d’éviter les puits perdus (l’infiltration sur une surface importante est moins problématique pour les terrains qu’une injection ponctuelle).
Eléments à intégrer dans le PLU
Zone Z1 – Constructible sous conditions (contraintes faibles) : Aléa faible Glissement de terrain (G1)
Gestion des eaux usées, pluviales et de drainage :
Les eaux usées seront évacuées vers un réseau collectif. En l’absence de réseau collectif, les eaux usées seront évacuées selon les modalités du zonage Eaux Usées (pas de puits perdus) ;
Les eaux pluviales et les eaux collectées par drainage seront évacuées selon les modalités du zonage Eaux Pluviales.-page 35- Commune de MARENNES Diagnostic des risques de mouvements de terrain – mai 2018 – IMSRN / Agence de Montpellier
VI.4. Recommandations d’ordre général
La maîtrise des écoulements étant essentielle contre les mouvements de terrain, il convient de rappeler quelques recommandations d’ordre général (liste non exhaustive, toute mesure visant à assurer la stabilité des pentes et à réduire l’infiltration dans le sol est utile) :
- concevoir les projets de manière à limiter au maximum la concentration des eaux de ruissellement ;
- assurer l’étanchéité des fossés routiers ;
- renforcer la surveillance des réseaux d’eau (de la part de la commune, des entreprises et des particuliers) afin de s’assurer de leur étanchéité ;
- préserver les couloirs naturels des ravins et vallons ;
- entretenir (élagage, éviter le dessouchage, …) et préserver les espaces boisés ;
- traiter les instabilités déclarées dans les zones vulnérables ;
- adoucir les talus trop raides et de les végétaliser.
De plus lors de travaux de réfection des réseaux d’eau (potable, usée ou pluviale), l’utilisation de dispositifs acceptant sans rupture les déformations du sol support (raccords souples, par exemple) est préférable.-page 37- Commune de MARENNES Diagnostic des risques de mouvements de terrain – mai 2018 – IMSRN / Agence de Montpellier
VII. C ONCLUSIONS
De part sa configuration géologique (principalement des terrains granitiques altérés) et morphologique (plateau en bordure de plaine et entaillé par des talwegs), le diagnostic des risques de mouvements de terrain a montré que la commune de MARENNES est sensible aux glissements de terrain.
Une cartographie de l’aléa Glissements de terrain a été réalisée puis traduite en termes de constructibilité.
Il apparaît que l’urbanisation future envisagée dans le PLU est compatible avec la présence de risques naturels moyennant leur prise en compte en amont des projets : études géotechniques et/ou maîtrise des écoulements.
Des dispositions concernant l’existant ont également été définies.
Par ailleurs, le diagnostic a fait apparaître qu’aucun secteur ne nécessitait la mise en place de travaux de confortement / protection.
Ce diagnostic des risques concerne uniquement les mouvements de terrain.
Cependant il est important de noter que des phénomènes de ruissellement (potentiellement chargés en matériaux) sont susceptibles de se produire en cas de fortes précipitations, il est recommandé d’éviter toute construction en fond de talweg ; un éloignement de 5 m de part et d’autre de l’axe est à appliquer.-page 39- Commune de MARENNES Diagnostic des risques de mouvements de terrain – mai 2018 – IMSRN / Agence de Montpellier
VIII. B IBLIOGRAPHIE
Carte géologique BRGM – 1/50 000 – N° 722 – GIVORS (1968)
Renault O. – Cartographie de la susceptibilité aux « mouvements de terrain » dans le département du Rhône (hors Grand Lyon) – élaboration d’un document de porter à connaissance – Rapport final – Rapport BRGM/RP-61114-FR, 73 pages, 31 illustrations, 1 annexe, 1 carte hors-texte
Projet d'Aménagement et de Développement Durable / Commune de MARENNES – Atelier de l’aRue – 2016
Projet de Plan Local d’Urbanisme / Commune de MARENNES – Atelier de l’aRue – 2017
Sites internet :
o www.prim.net
o www.geoportail.fr
o Google Earth
o www.infoterre.brgm.fr
o cms.marennes.net
o www.rhone.gouv.fr