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Déliberation - a0501001
Document publié le Lundi 17 janvier 2005 par la commune de Besançon.
Lien du pdf (Déliberation - a0501001)
Thèmes du document : Humanitaire, Justice et droit, Droits de l'homme,
Communications diverses de M. le Maire
M. LE MAIRE : Tout d’abord, comme le veut la tradition et bien que je l’aie déjà fait avec la majorité d’entre vous, je vous présente évidemment à toutes et à tous, les élus mais aussi les citoyens, les représentants de la presse, nos vœux de bonheur et surtout une excellente santé pour l’année qui démarre.
* * *
Mais je ne veux pas ouvrir cette séance du conseil municipal sans évoquer quelques faits dramatiques récents auxquels, selon moi, une assemblée comme la nôtre, ne peut rester insensible. Tout d’abord, bien sûr, je vais exprimer une pensée émue et fraternelle pour toutes les victimes de la terrible catastrophe qui est survenue en Asie, où l’on parle de 165 – 170 000 morts, saurons-nous jamais le nombre de personnes qui y ont perdu la vie. Nous savons que ce sont désormais des pays dévastés, des milliers de disparus mais aussi des millions de personnes qui ont tout perdu et beaucoup d’enfants, entre autres, qui ont aussi perdu toute leur famille. La cicatrice est profonde et chacun d’entre nous –je le sais parce que j’ai reçu de nombreux témoignages- chacun d’entre nous ressent cette brûlure au plus profond de lui et dans sa chair. Partout bien sûr des actions ont été engagées, des actions de solidarité et d’urgence et à Besançon nous avons débloqué –elle est déjà partie- une aide de 10 000 € et je remercie l’ensemble des groupes politiques qui m’ont autorisé à verser cette aide, avant la délibération du Conseil Municipal que nous voterons ce soir, selon une procédure d’urgence pour répondre à ces besoins.
J’ai déjà dit et je le répète, la Ville de Besançon et ses agents, les agents du service public et municipal sont disponibles pour participer à un dispositif qui soit concerté dans une des régions sinistrées afin d’aider à la reconstruction. On sait bien ce qui se passe lorsque certaines grandes nations ont fini leur «show» avec leurs hélicoptères et leurs porte-avions, lorsqu’on aura rengainé les micros, les caméras, les stylos, là-bas les populations et les plus démunis car ce sont eux qui ont été les plus frappés car les moins protégés, ces derniers vont rester dans les difficultés pendant des années. Et nous devrons donc aider à la reconstruction. C’est pour ça que nous voulions prendre l’initiative d’un concert de solidarité en janvier un peu en urgence ; cette manifestation aura certainement lieu mais en prenant un peu plus de recul car je crois que les aides d’urgence ont déjà été données, beaucoup d’entre nous ont donné et nous réfléchirons avec les associations pour voir comment nous pouvons mettre quelque chose en place pour aider à la reconstruction. Je voudrais redire aussi que nos compétences sont disponibles, que ce soit dans le domaine de l’eau, dans le domaine de l’assainissement, dans le domaine de la voirie, pour intervenir dans le cadre d’une initiative régionale comme nous l’avons déjà fait. Nos techniciens, nos ingénieurs me rappelaient par exemple qu’ils étaient allés, pour quelques-uns, entre autres en Afghanistan lorsqu’il y avait eu des événements, ou beaucoup d’entre eux sont déjà allés, entre autres, au Burkina Faso et en Côte d’Ivoire.
Et je voudrais aussi que notre hommage aille en direction d’une autre victime d’un terrible drame, c’est le Commandant Jean-Louis VALET qui est tombé au Liban il y a quelques jours et dont nous avons célébré les obsèques jeudi dernier. Le Commandant VALET est un ancien de l’état major des forces n° 1 de Besançon, nous le connaissions bien, c’était un observateur non armé, il remplissait une mission de paix au sein de la FINUL pour le cadre des Nations Unies et il est tombé pour la paix et je veux dire une nouvelle fois ici à son épouse, à ses enfants et à sa famille qui sont tous bisontins, notre peine, notre émotion et toute notre amitié.
Je voudrais dire aussi mon émotion devant le très probable nouvel enlèvement en Irak d’une journaliste française, Florence AUBENAS, et de son collaborateur et redire, comme nous l’avons déjà fait, lorsque les deux journalistes avaient été enlevés il y a quelques mois, que la liberté d’informer est un fondement de nos sociétés civilisées et que s’y attaquer c’est lâche déjà, et c’est très grave parce que c’est le signe d’un dangereux obscurantisme mais lorsque l’on ne veut pas, effectivement, que l’on informe, lorsque l’on fait peser des menaces sur la vie de femmes et d’hommes dont le seul rôle est d’informer objectivement et de donner des informations au monde entier, cela on ne peut pas l’accepter.
BULLETIN OFFICIEL DE LA COMMUNE DE BESANÇON 3
17 janvier 2005Donc cet obscurantisme, le négationnisme, voilà des menaces qui sont bien réelles pour la paix et je suis convaincu que nous nous retrouvons aussi tous dans cette assemblée pour condamner sans réserve les déclarations récentes du président du Front National. A quelques jours de la Journée Mondiale de la Déportation et des crimes contre l’Humanité, ces propos suscitent mon indignation et j’en suis sûr la vôtre ainsi que notre totale réprobation. Je vous rappelle d’ailleurs que le 27 janvier à 18 heures, sur l’Esplanade des Droits de l’Homme, nous commémorerons le 60ème anniversaire de la libération du camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau. Je souhaite que notre présence soit très nombreuse à cette cérémonie qui sera d’ailleurs une réponse à ces propos négationnistes et puis aussi l’occasion pour le Maire et toute la population bisontine de saluer la mémoire de toutes ces victimes de l’obscurantisme, de saluer la mémoire de nos 100 fusillés de la Citadelle dont le plus jeune avait, je vous le rappelle, 16 ans, des milliers, des millions de victimes anonymes de la barbarie nazie et de nous élever une nouvelle fois solennellement contre les thèses révisionnistes prônées par cette droite extrême, contre cet obscurantisme et pour la paix, pour la liberté, pour l’amitié et la solidarité avec les peuples qui souffrent.
En hommage aux victimes de la furie des éléments et de la folie humaine, je vous demande de bien vouloir respecter avec moi une minute de silence.
* * *
Je vous remercie.
Dont acte.
Récépissé préfectoral du 9 février 2005.
4 BULLETIN OFFICIEL DE LA COMMUNE DE BESANÇON
17 janvier 2005