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Arrêté - Préfecture - Dordogne - 20251030 cp Carriere Razac
Document publié le Mercredi 1 janvier 2025
Lien du pdf (Arrêté - Préfecture - Dordogne - 20251030 cp Carriere Razac)
Thèmes du document : Environnement, Transports, Animaux,
À Périgueux le 30 octobre 2025
COMMUNIQUE DE PRESSE
Ce jour, le secrétaire général de la préfecture accompagné du directeur départemental des territoires de la Dordogne a rencontré Madame Noëlla CHATENOUD à la mairie de Thiviers au sujet du projet de carrière de quartz porté par la société Imerys au lieu-dit Razac, dans la commune de Thiviers. Ce projet suscite un nombre important d’interrogations.
Afin de clarifier les informations relatives à l’autorisation environnementale qui a été délivrée à cette société, il est nécessaire de rappeler d’une part des éléments procéduraux d’examen d’une demande d’autorisation environnementale, et d’autre part les éléments de fond propres à l’autorisation en question.
1. Sur la forme : Une procédure complète, exigeante, et contrôlée à plusieurs reprises par les services de l’État
Le dépôt de la demande d’autorisation environnementale pour l’exploitation d’un gisement de galets de quartz extra-silicieux par la société Imerys remonte au 1er août 2022. Conformément au code de l’environnement, cette demande doit être accompagnée d’un nombre de pièces important, et en particulier d’une étude d’impact qui a pour but d’établir les incidences d’un projet sur l’environnement dans lequel il s’implante.
Cette pièce centrale est fournie par le pétitionnaire, à qui il revient de s’assurer de sa complétude et de sa véracité avant de la transmettre aux services de l’État en charge de l’instruction du dossier.
Cette étude est transmise à la mission régionale des autorisations environnementale (MRAE) qui l’instruit, s’assure qu’elle correspond aux attendus et enjeux à prendre en compte et demande éventuellement des compléments au pétitionnaire. Ici, la MRAE a rendu un avis le 6 juillet 2023, auquel Imerys a répondu par des compléments apportés le 9 avril 2024.
Pour rappel, la MRAE est une instance autonome vis-à-vis des autres services de la DREAL, garantie par le code de l’environnement (articles R.122-21 à 24), afin de renforcer l’indépendance des décisions prises sur les projets soumis à autorisation environnementale.
L’étude d’impact et l’avis de la MRAE complets ont été joints à la procédure d’enquête publique qui s’est régulièrement déroulée du 24 juin au 24 juillet 2024 et au cours de laquelle 167 observations ont été formulées, ce qui a permis au public de se prononcer sur ce projet et de formuler certaines questions reprises dans les conclusions de l’enquête publique. La commissaire enquêtrice, indépendante, désignée par le président du tribunal administratif de Bordeaux et agissant sous son contrôle, a rendu un avis favorable au projet porté par Imerys, sous réserve d’aménagements routiers sur la RD77 pour garantir le croisement des flux de véhicules, d’un meilleur encadrement des émissions de poussières et du suivi de la qualité de l’eau du ruisseau de Pierrefiche.
Ces prescriptions formulées par la commissaire enquêtrice ont toutes été reprises dans l’arrêté préfectoral d’autorisation environnementale délivré le 3 juillet 2025.
2. Sur le fond, l’ensemble des aspects environnementaux ont été pris en compte avant d’autoriser cette carrière, dont l’empreinte sur les milieux diffère des projets de carrières à ciel ouvert « classiques »
Lors des 3 années d’instruction minutieuse du dossier de la carrière de Razac, la MRAE a conclu que l’analyse des enjeux environnementaux du site et leur prise en compte dans le projet d’exploitation par le pétitionnaire étaient satisfaisants (p.10 de l’avis). Il est à ce titre notamment identifié unezone humide de « 280 m² impactée au niveau de la prairie artificielle » qui sera compensée par la création d’une zone humide de 1 570 m² hors du périmètre du projet (à 300 mètres).
Les opposants ont récemment soulevé la présence potentielle de sources dans le périmètre du projet. Les services de l’État procéderont à une analyse complémentaire sur le terrain relative à ce point, dès lors que les conditions climatiques le permettront – la réalisation de cette analyse ne peut se dérouler ni en période de sécheresse, ni en période de fortes précipitation.
La présence d’espèces protégées, telles que le sonneur à ventre jaune a été identifiée par le porteur de projet dans l’état initial du site d’Imerys. Au vu de son statut, le porteur a prévu des mesures, validées par les services de l’État et prescrites dans l’arrêté préfectoral d’autorisation afin d’en assurer l’effectivité : afin d’éviter, de réduire ou de compenser l’impact des travaux et de l’exploitation sur le milieu.
1. Ainsi, l’évitement de plus de 8,1 ha de boisements au nord-est qui concentrent les enjeux faunistiques et de biodiversité du site est acté, ce qui assure leur préservation pendant toute la durée de l’exploitation de la carrière.
2. Au-delà des mesures d’évitement, des mesures de réduction des impacts sur la biodiversité tels que la réalisation des travaux de défrichement et de débroussaillage en dehors des périodes de nidification et de reproduction de l’avifaune et des amphibiens (p.230 de l’étude d’impact, et article 2.2.6 de l’arrêté préfectoral), la création d’un ouvrage sous la piste d’accès à la zone nord-est pour rétablir le déplacement des amphibiens, ou bien la lutte contre les espèces invasives sont rendues obligatoires par l’arrêté d’autorisation et seront régulièrement contrôlées.
3. Enfin, lorsque le projet ne peut éviter ou réduire les impacts sur certains espaces, le porteur a l’obligation de compenser les atteintes par des mesures spécifiques, comme la création d’une zone humide de 1570 m² hors du périmètre de l’exploitation des carrières.
Enfin, il convient de rappeler que l’exploitation du site de Razac, autorisée pour 15 ans, ne correspond pas aux carrières à ciel ouvert classiques. L’exploitation sera phasée dans le temps avec un défrichage et un reboisement successifs des zones exploitées par les pré-cribleuses une fois les galets extraits. Cette exploitation par tranches de 2 à 4 ha, permet de limiter drastiquement les conséquences sur le site, et de garantir la continuité écologique lors de l’exploitation par Imerys. L’extraction des galets de quartz se fait qui plus en creusant à seulement 3 à 5 mètres de profondeur, ce qui diffère des méthodes d’excavations employées pour d’autres minerais ou matières premières sous forme de mines à palier creusant à plusieurs dizaines de mètres.
De plus, l’entreprise a déjà engagé les mesures de compensation et de limitation des pollutions sonores et visuelles pour les riverains en plantant plus de 1800 arbres d’espèces endémiques sur le merlon de protection au sud du projet de carrière.
S’agissant du défrichement qui s’est déroulé le 22 octobre, les 4 ha abattus étaient entièrement constitués de pins maritimes et de quelques chênes d’Amérique, essences non-endémiques, plantées dans une logique d’exploitation sylvicole, et non d’une forêt historique.
3. Un projet nécessaire pour la transition écologique, la souveraineté européenne et nationale
Enfin, je tiens à souligner que l’exploitation de cette carrière contribue à notre souveraineté nationale et européenne. Les galets de quartz extraits permettent de produire du silicium, qui est une matière classée comme critique pour l’Europe. Le silicium est utilisé dans la production de puces électroniques, de cellules photovoltaïques et de batteries de voitures électriques et contribuent donc à la transition écologique.
Actuellement le premier producteur mondial de silicium est la Chine, qui l’extrait dans des conditions environnementales bien moins respectueuses qu’en France, et qui nécessite ensuite d’être importé par bateau pour être utilisé en Europe.