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Document publié le Lundi 11 novembre 2024 par la commune de Marie.
Lien du pdf (unknown - discours 11 novembre 2024)
Thèmes du document : Histoire et mémoire, Armement, Guerre en Ukraine,
Chers amis Mariols,
Depuis 102 ans, le 11 novembre partout en France, les Françaises et les
Français s’unissent à l’occasion de la signature, il y a 106 ans, de l’Armistice
en forêt de Compiègne. Le 11e jour, du 11e mois, à 11 h, la Première
Guerre mondiale prenait fin.
En ce jour, comme chaque année, nous nous unissons pour que perdure
la flamme essentielle de la mémoire, la flamme essentielle du passage de
témoin, celle encore, qui doit nous rappeler, combien les guerres —
qu’importe que nous soyons l’attaquant ou le défenseur — toutes les
guerres sont meurtrières.
Grande et douloureuse fut, en effet, cette guerre, dont notre pays, la
France, principal champ de bataille de ces combats sanguinaires, est sortie
exsangue avec un million quatre cent mille morts. Toutes les guerres
laissent derrière elles, amertume, chagrin, désarroi, horreur. Toutes
trimballent, de villes en villages, les affres du sang, de la douleur, l’odeur
de la poudre encore brûlante, la tristesse, la désolation. Durant quatre
années de 1914 à1918 c’est 18,6 millions de morts dont 9 millions de civils.
« Une boucherie » comme beaucoup la qualifieront et à juste titre : durant
la seule journée du 22 août 1914, 27 000 soldats français sont tués !
Je veux aussi rappeler qu’aux cotés de la longue liste de Mariols tombés au
champ d’honneur dont les noms sont gravés sur le monument face à nous
et de l’olivier en mémoire des 89 victimes des 2 attentats de Nice figure
désormais depuis le 8 mai dernier la plaque en mémoire de l’abbé
BARIN « Juste parmi les Nations » et des Mariols ayant eu un rôle majeur
pour sauver des israélites ici à Marie lors de la 2ème guerre mondiale. Une
action mémorielle dont je suis fier, dont les mariols peuvent être fiers.
Les guerres sont toujours effroyables, elles se traduisent par le sacrifice de
ceux qui souvent avaient juste 20 ans, appelés sous les drapeaux pour
défendre la patrie, le pays avec courage, dans une mission qui sans doute
les dépassait.Ce devoir mémoriel st un geste en soi un geste à la fois personnel et
collectif, un geste de devoir. C’est avant tout un geste du présent qui nous
invite à regarder notre passé commun, sans le juger, sans l’effacer ou le
réécrire, mais en cherchant, assurément, à le comprendre afin de pouvoir
construire cet avenir nécessairement respectueux de chacun. Comme
l’affirmait Paul Valéry : « la mémoire est l’avenir du passé » et chaque
11 novembre nous donne ainsi l’occasion de faire cet examen de
conscience, d’écrire ensemble les pages nouvelles de notre histoire et de
redire notre horreur de la guerre.
La mémoire est un héritage autant qu’elle doit être une leçon. Ce devoir
de mémoire que nous devons à nos aînés, à ces soldats Mariols et à tous
les soldats français héros de notre histoire, nous rappelle également
combien la Paix doit guider notre quotidien et demeurer au cœur de
l’apprentissage civique de chaque génération et des plus jeunes en
particulier pour une cause, celle de la Liberté.
J’ai bien conscience de toute la difficulté qu’il y a de parler de la Paix. Et
pourtant, je voudrais ce matin, parce que c’est l’essence même de cette
cérémonie mémorielle, vous parler de cette paix. Cette paix tant espérée
par les Poilus Mariols et de France, cette paix tant recherchée lors des
nombreux conflits armés, cette paix, qui aujourd’hui, est régulièrement
remise en cause à quelques heures d’ici ou jusque sur notre sol. Si cette
commémoration a pour but initial de se souvenir, elle a je crois depuis son
existence, l’ambition que nous puissions en tirer des leçons. Des leçons
qui devraient nous donner à réfléchir, nous engager sur la voie de la paix.
Que diraient-ils aujourd’hui ? Que diraient-ils, nos poilus devant l’état du
monde ? Que diraient-ils face aux confrontations successives des uns et
des autres quand eux, ont donné leur vie pour la paix ?
Je pense hélas que nous n’avons pas ou peu appris. Le ferons-nous un
jour ? Sensibiliser, éduquer, enseigner. Arrivé au pouvoir, Léon Blum avait
d’ailleurs déclaré : l’Éducation, résolument orientée vers la paix, doit être
au cœur de notre action.Alors à une époque où perdurent les tensions dans différents endroits de
la planète ; Comment ne pas être préoccupé ? La guerre, la haine, refont
surface faisant, comme toujours, des victimes civiles innocentes en
Ukraine, en Israël, au Yémen au Soudan ou en Palestine et même sur notre
sol avec des attentats.
Quelles qu’en soient les raisons, la folie impériale ou, désormais, le
terrorisme islamiste qui fait resurgir la bête immonde, quelles que soient
nos origines ou nos croyances, notre humanité profonde est
quotidiennement attaquée, aussi notre présence à ce rassemblement
républicain qui célèbre la Mémoire et la Paix, revêt un unique dessein, celui
de rendre un hommage à toutes les victimes innocentes, aux trop
nombreuses victimes de ces conflits armés et de célébrer la Paix.
Cette cérémonie, est dédiée à tous ceux qui sont tombés pour défendre
notre Nation, notre civilisation, nos valeurs ; à tous ces combattants pour
la liberté et la Paix. C’est celle de tous les morts pour la France, notamment
nos militaires qui ont péri en 2024 sur les théâtres d’opérations sur lesquels
la France est engagée.
Il est de notre devoir à tous, inlassablement, de mettre tout en œuvre pour
préparer la Paix, sans angélisme, avec réalisme et détermination. Au
lendemain des deux grands conflits mondiaux, nos aînés nous ont montré
que ce chemin était possible. À nous d’être à leur hauteur ;
Du fond de leur immense désespoir, année après année de cette guerre
terrible qui semblait sans fin, les Poilus blottis dans la boue collante de
leurs tranchées se sont sans doute pris à rêver, pour se donner encore, jour
après jour, une ultime raison de tenir. « Plus jamais ça ! », proclamaient-
ils, à nous de reprendre cette incantation et de tout faire pour que leur voix
ne s’éteigne jamais.
Enfin, je nous invite à réfléchir sur cette phrase de Victor Hugo : Et de
l’union des libertés dans la fraternité des peuples naîtra la sympathie
des âmes, germe de cet immense avenir où commencera pour le
genre humain la vie universelle et que l’on appellera la paix.
Vive la paix, vive la République, vive Marie et vive la France !
Je vous remercie