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Arrêté - ob eccd8a message 18 juin 2023
Document publié le Dimanche 18 juin 2023 par la commune de Bazoche-Gouet.
Lien du pdf (Arrêté - ob eccd8a message 18 juin 2023)
Thèmes du document : Histoire et mémoire, Guerre en Ukraine, Droits de l'homme,
Message de Patricia Miralles, secrétaire d'Etat auprès du ministre des Armées,
chargée des Anciens combattants et de la Mémoire
à l'occasion de la journée nationale commémorative de l'appel historique du
général de Gaulle à refuser la défaite et à poursuivre le combat contre
l'ennemi
18 juin 2023
18 juin 1940 : dans la déroute, dans le désastre, dans la panique, soudain depuis
Londres une voix s'élève: un Français parle aux Français.
En moins de 400 mots irrévocables, dans une étincelle qui deviendra flamme
puis embrasement, il appelait les Français, terrassés par l'effondrement devant
l'agresseur nazi, à ne pas renoncer à l'espérance.
À quarante-neuf ans, le général de Gaulle sortait de la discipline et de
l'obéissance aveugles pour entrer dans l'histoire. Pour s'assurer que le destin de
la France ne s'arrêterait pas là, dans un dernier carré le soir d'une bataille, parmi
des réfugiés épuisés par l'exode, au pied d'un char détruit se consumant
lentement, en écoutant une voix qui renonce au combat.
Seul et démuni de tout, sans armée, sans compagnon ou presque, arrivé la veille
comme «un naufragé de la désolation sur les rivages de l'Angleterre », il sait
qu'il faut continuer la lutte, à tout prix, pour qu'au jour de la Victoire la France
ne soit pas ce pays vaincu de juin 1940.
La première chose à faire était de hisser les couleurs. La radio s'offrait pour
cela. Ne sachant rien des hésitations du gouvernement britannique qui
auraient pu lui faire rater son rendez-vous avec le destin de la France, mais
certain pourtant de l'appui de Winston Churchill, il rédige son allocution.
En moins de 400 mots ciselés, il s'adresse aux sentiments des Français comme
à leur raison. Le diagnostic est lucide, la prédiction raisonnée, l'appel pressant,
le message sans équivoque : « Quoi qu'il arrive, la Flamme de la résistance
française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas ».Sans doute, bien peu de Français l'entendirent ce 18 juin. Mais le lendemain,
comme ce jour-là, le général parlerait à la radio de Londres. Faisant de ses
ondes, même interdites par Vichy, même brouillées par l'ennemi, les fils qui rattacheraient les Français libres aux Français occupés, qui uniraient Îles résistants à la France et à la République qui, hors du sol national, se maintenaient.
Très vite aussi, les échos de l’Appel du 18 Juin servirent de point de ralliement
à ceux qui étaient déjà entrés dans la voie de la résistance ou s'apprêtaient à le faire, parfois sans l'avoir attendu, parfois sans l'avoir entendu, alors que tant d'autres entraient dans la voie de la collaboration.
Les couleurs hissées, il fallait saisir l'épée. Faire que la France et des Français
prennent part à la lutte mondiale qui continuait. Ce fut fait. Et il fallait que ce
général inconnu soit reconnu comme le chef d’une France en exil, mais
combattante et libre. Ce fut fait aussi.
En moins de 400 mots inoubliables, nourris d'une certaine idée de la France, de
beaucoup de courage et d'obstination, de beaucoup de clairvoyance aussi,
c'est une page lumineuse de l'Histoire de notre Nation qui s'écrivait au milieu
de tant d'ombres.
En ce jour, notre gratitude s'exprime envers lui, envers ses compagnons, envers
toutes celles et tous ceux qui le suivirent et le rejoignirent. Ils manifestèrent qu'il ne pouvait y avoir de France dans l’asservissement ni dans le déshonneur. Qu'il n’y avait pas de France sans liberté.
Vive la République!
Vive la France!