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Arrêté - Texte 11 11 2019 1
Conseil Municipal - Souvenirs de la guerre 1939 1945
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Arrêté - temoignage Marie Therese Le Bihannic
Document publié le undefined NaN undefined NaN à NaNhNaN par la commune de Lanester.
Lien du pdf (Arrêté - temoignage Marie Therese Le Bihannic)
Thèmes du document : Armement, Guerre en Ukraine, Histoire et mémoire,
Marie-Thérèse Le Bihannic, déportée à 18 ans,
vous raconte ses onze mois de déportation et de peur…
Marie-Thérèse Le Bihannic a été déportée à 18 ans. A 82 ans, elle raconte aujourd’hui les mois qu’elle a passés dans les camps de concentration nazis pendant la guerre 1939 / 1945.
« Durant la guerre, j’habitais dans la ferme familiale à Querrien dans le Finistère. J’avais 18 ans lorsque des soldats allemands sont venus nous arrêter, mon père et moi, à 5 h du matin, le 22 mai 1944.
En allant à la prison de Quimperlé j’ai compris ce qui se passait. Dans une voiture militaire allemande, j’ai vu une copine d’école se cacher sous une couverture. Elle nous a dénoncé pour de l’argent car elle savait que nous hébergions parfois des résistants de passage.
En prison les Allemands nous ont torturé pour que nous dénoncions des résistants. Ils m’ont allongée sur une table et m’ont tapé les fesses jusqu’à ce qu’elles deviennent noires.
Puis, mon père a été renvoyé dans sa ferme. Les Allemands avaient besoin que les agriculteurs travaillent pour avoir des denrées. Quant à moi, j’ai été emprisonnée à Fresnes le 9 juillet, dans la cellule n°308.
Je suis ensuite partie pour Romainville. Puis, j’ai été déportée à Ravensbrück, en Allemagne, au Nord de Berlin. Dans ce camp de concentration réservé aux femmes, 20 000 déportées y ont été tuées.
Là-bas je travaillais dehors, par tous les temps. Nous devions construire une route et couper des arbres dans la forêt. Du matin au soir, nous n’avions pas le temps de nous reposer et au moindre signe de fatigue je recevais un coup de bâton. Eté comme hiver, je portais les mêmes vêtements et nous ne pouvions pas nous laver. Nous avions un repas le matin et un repas le soir, qui n’était constitué que d’une simple soupe avec des carottes et des pommes de terre. Nous ne mangions jamais de viande. Parfois, les Polonaises qui nous servaient les repas nous frappaient avec leurs louches quand nous n’allions pas assez vite. A mon arrivée au camp je pesais 55 kg, en revenant je ne faisait plus que 35 kg.
Mon séjour au camp de Mauthausen fût la période la plus dure. Là-bas, je devais limer des obus destinés à bombarder mon pays. De plus, il était difficile de communiquer avec les autres déportés car personne ne parlait la même langue. Je n’ai jamais essayé de m’échapper, car les fugitifs étaient tués et je ne savais pas où aller.
J’ai été libérée le 22 avril 1945 par la Croix Rouge Internationale, qui m’a ramenée en Suisse. Le 2 mai 1945 je suis enfin rentrée chez moi.
A mon retour, ma mère ne me reconnaissait pas. Je ne pesais que 34 kg. Au début, je prenais un kilogramme par jour. Je me sentais fatiguée et je n’avais pas la force de sortir. Je faisais beaucoup de cauchemars. Dans les camps, j’ai frôlé la mort et j’ai souvent eu peur de mourir. »
CONSEIL MUNICIPAL DES ENFANTS
2008 - 2009
« Histoire, Mémoire, Centenaire de la Ville »