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Thèmes du document : Histoire et mémoire, Armement, Guerre en Ukraine,
Journée nationale de commémoration de la Victoire du 8 mai 1945
MESSAGE
de Monsieur Sébastien LECORNU, ministre des Armées,
et
de Madame Patricia MIRALLÉS,
secrétaire d'État auprès du ministre des Armées,
chargée des Anciens combattants et de la Mémoire
8 mai 2024
Il y a 79 ans, à Berlin, la France surmontait «l'étrange défaite » de mai 1940 et
l'esprit de collaboration. Le 8 mai 1945, l'Allemagne nazie capitulait, le fracas
des armes se taisait en Europe.
Ce jour-là, il faisait chaud sur la France comme dans le cœur des Français
lorsqu'ils ont appris la nouvelle : « La guerre est gagnée ! Voici la Victoire ! ».Ces
quelques mots, prononcés par la voix du Général de Gaulle, qui depuis le 18
juin 1940 avait poursuivi le combat, ont résonné dans le pays, et bien au-delà.
La délivrance est là. Et, en même temps que les larmes de joie, la douleur fait
briller les yeux des Françaises et des Français.
Car la Victoire, si heureuse soit elle, n'efface ni la guerre qui a eu lieu, ni ses
ravages et ni ses morts. Des ruines de Rennes et de Saint-Lô, aux plages de
Normandie et de Provence, d'Oradour-sur-Glane aux monuments aux morts sur
lesquels on gravera bientôt des noms nouveaux: c'est dans un silence de mort
que résonnent les premiers cris de la Libération. Dans le silence des murs d'Izieu
et de celui de toutes les maisons dont les habitants furent assassinés.
Page 1 sur 3Le 8 mai 1945, dans un élan collectif, chacun pleure les morts et salue ceux qui
ont combattu. 79 ans après, réunis devant nos monuments aux morts, nous leur
rendons un même hommage.
Nous nous souvenons de ceux de 40 et de leurs efforts héroïques, à
Montcornet, à Saumur, à Narvik ou dans les Alpes.
Nous nous souvenons des hommes et des femmes qui ont refusé d'abandonner
la Patrie à ceux qui l'avaient occupée et à ceux qui l'avaient trahie. Résistants,
ils s'étaient engagés sans calcul, sans garantie, mais résolus à vivre libre ou à
mourir.
Nous nous souvenons des combattants des Forces Françaises Libres, venant de
France, d'Afrique, des outre-mer et d'ailleurs. lis étaient soldats, légionnaires,
aviateurs, tirailleurs, marsouins où marins. Ils sont arrivés sur les plages de
Normandie et de Provence après les glorieux combats de Bir-Hakeim, de
Koufra, dans les sables des déserts d'Afrique et du Levant, à Monte Cassino. Ils
débarquaient en France, guidés par la liberté, qu'ils aimaient plus que leur
propre vie. Ils se sont battus et n'ont jamais plié.
Nous nous souvenons du soutien décisif de nos Alliés d'alors, de ces
combattants partis à l'assaut de l'ennemi côte à côte avec les Français libres,
de ces millions d'hommes et de femmes qui se sont unis pour hâter la Victoire.
Nous nous souvenons également de toutes les victimes civiles qui payèrent un
immense tribut. Elles trouvèrent la mort dans les exactions de l'occupant ou les
bombardements de l'invasion ou de la Libération.
Nous nous souvenons des victimes de la déportation politique et raciale, dans
les camps de concentration et dans les camps de la mort. Nous nous souvenons
des juifs, tziganes, homosexuels, handicapés physiques ou mentaux, hais et
assassinés simplement parce qu'un jour ils étaient nés.
Nous nous souvenons aussi de ces Français et des ces Françaises d'Alsace ou de
Moselle, enrôlés malgré eux dans l'armée de l'occupant, sous un drapeau qui
n'était pas le leur.
I y à 79 ans, la France et l'Europe avaient perdu leur innocence. Et c'est avec la
conscience grave du passé que chacun se mit à imaginer les jours heureux.
Avant même la fin de la guerre, de nouveaux défis se faisaient jour. De nouvelles
ambitions, aussi.
Page 2 sur 3Une ambition politique partagée par toutes les forces qui avaient contribué à
la Libération et qui, rassemblées autour du général de Gaulle, avaient formé un
gouvernement provisoire. L'ambition de l'établissement de la démocratie la
plus large, car les peuples avaient compris, par les armes et par le sang versé,
que le nationalisme est un fusil chargé. Tous pressentaient déjà que la
construction européenne serait nécessaire au salut de l'Europe.
Une ambition sociale, celle de la sécurité sociale, du droit au travail, de la
sécurité de l'emploi. Celle qui a donné à tous les enfants la possibilité de
bénéficier de l'instruction et d'accéder à la culture, pour que soit ainsi promue
une élite non de naissance mais de mérite.
Une ambition économique qui, ne se limitant pas à la reconstruction, a offert
à notre pays les moyens de son indépendance et de sa prospérité.
De la guerre, du 8 mai 1945, nous avons conservé une mémoire. Celle-ci s'est
nourrie de l'histoire des combats de la France Libre et de la Résistance comme
de celle de la déportation et de la collaboration. Cette mémoire est notre
héritage autant qu'une leçon.
Depuis 79 ans, nous ne l'avons pas oubliée. Pour toujours, elle nous anime.
Vive la République !
Vive la France!
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