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unknown - 80eme anniversaire Liberation 25 08 2024
Document publié le Dimanche 25 août 2024 par la commune de Camaret-sur-Aigues.
Lien du pdf (unknown - 80eme anniversaire Liberation 25 08 2024)
Thèmes du document : Guerre en Ukraine, Armement, Histoire et mémoire,
Discours
Date et Lieu : dimanche 25 août 2024 – Place église Saint Andéol
OBJET : 80ème anniversaire de la Libération de Camaret
Durée : 10mn
Mesdames, messieurs, chers amis,
Tout d’abord, permettez-moi de remercier les personnalités pour
leur présence.
26 août 1944 : les Camarétois sont libres après plusieurs années
d’occupation allemande !
L’action conjuguée des soldats Américains de la 3ème Division
d’Infanterie et de la Résistance locale a sonné le glas de
l’occupation. C’était il y a 80 ans, pratiquement jour pour jour.
Aujourd’hui, nous sommes heureux de commémorer cette
Libération pour la première fois à Camaret. Les divisions
américaines avaient pour objectif premier de progresser vers la
Vallée du Rhône alors que les forces françaises devaient libérer
Marseille et Toulon. Les forces de la Résistance française ont joué
tout au long de cette opération un rôle majeur. En Vaucluse, denombreux maquisards ont pris part à cette Libération : je pense
notamment aux maquisards du Haut Vaucluse, du Ventoux, de
Vaison, des Monts de Vaucluse etc. Permettez-moi d’avoir une
pensée toute particulière pour eux ce soir. Nous n’oublierons
jamais le sang versé pour la victoire et pour notre liberté.
Partout en Provence, les villes sont libérées une à une suite au
débarquement qui a commencé dans la nuit du 14 au 15 août sur
les plages de la Mer Méditerranée entre Cavalaire et Saint-
Raphaël dans le Var. L’effusion de joie qui s’en suivit fut à la
hauteur de l’oppression. Les cris d’exaltations et les salves
d’applaudissement couvraient pour toujours le joug nazi. Dans
les rues et sur les places, la reconnaissance pour les libérateurs
est totale. Les trois couleurs nationales réapparaissent avec
fierté, la Marseillaise est de nouveau entonnée avec passion. La
liesse populaire se mêle aux sirènes des Jeep.
Petit retour en arrière quelques années auparavant dans notre
village. Il faut savoir que Camaret a été relativement épargné par
la guerre, bien qu’il y ait eu beaucoup d’allemands stationnés
dans la région. Leur QG était installé à la Maison Bèque de 1942
à 1944, et leur chef avait élu domicile à la maison Dunan au bout
du cours du Midi. Les anciens du village se souviennent encore
que les enfants de l’école ont été chassés de leur classe située
dans la maison de l’impasse du Patiol. Une partie d’entre eux ont
trouvé refuge dans la chapelle Saint Andéol pour suivre les cours.Pour se protéger des alertes, les allemands avaient creusé des
tranchées dans la cour de l’école Saint Andéol, et auraient sortis
des ossements de l’ancien cimetière. Des enfants de la jeunesse
hitlérienne âgées de 15 ans ont campé dans la maison Tassis
(actuellement la Quadrangerie située derrière la Maison Bèque)
et s’entrainaient. Les allemands avaient également construit une
piste en pierre, à travers champs, reliant la base d’Orange Caritat
à la piste du Plan de Dieu mais qui n’a jamais été utilisée.
En 1941 arrive à Camaret une grande famille juive pour s’y
réfugier. Quand les autorités, représentantes du régime de Vichy,
se rendent à Camaret, le maire de l’époque Monsieur Fernand
GONNET leur assure qu’aucun juif ne vit ici. Mais le 24 août 1942,
une partie de cette famille est arrêtée, visée par la liste de
déportation publiée deux jours plus tôt par la Préfecture. Ils sont
transférés aux Milles, puis à Drancy, et enfin à Auschwitz en
septembre 1942. Le reste de la famille, sera quant à elle arrêtée
2 ans plus tard. Sur les 10 personnes arrivées en 1941, seule une
d’entre elles aurait survécu. Nous leur avons rendu un vibrant
hommage l’année dernière avec le dévoilement d’une plaque
que vous retrouverez dans la Grand’Rue derrière le Ravelin.
Quelques jours avant l’arrivée des alliés, les soldats allemands
ont fait sauter les pistes d’Orange Caritat et du Plan de Dieu afin
de freiner leur avancée. Ils avaient battu en retraite les derniers
jours avant la Libération, et beaucoup se sont fait piéger par les
maquisards qui les attendaient plus haut dans la Drome et dansla Vallée du Rhône. Après le débarquement, nombre de
Camarétois étaient allés se réfugier dans les bois de Sérignan et
allaient y dormir parce qu’ils avaient peur que Camaret soit
bombardé, à chaque alerte.
A partir du 15 août 1944, pas moins de 260 000 combattants de
l’Armée B dirigée par le général Jean de Lattre de Tassigny sont
arrivés dans le sud de la France. L'armée B se distingue par sa
taille et sa composition :
• 250 000 soldats sur 350 000 engagés,
• intégrant 5 divisions d’infanterie,
o 2 divisions blindées,
o 2 groupes de Tabors marocains,
o un groupe de commandos,
o un bataillon de choc,
o des unités de chars,
o des unités de parachutistes,
o des troupes dans les services de logistique et d’appui
(du matériel, des essences, des transmissions et de la
santé).
La majorité de ses composantes provenaient de ce que l'on
désignait à l'époque comme l'« Armée d'Afrique », incluant des
unités métropolitaines telles que les chasseurs d'Afrique et
les zouaves, ainsi que de nombreux soldats originaires des
colonies. À cela s'ajoutait également la participation significativede combattants de la France libre. La Marine
française contribuait également avec 34 bâtiments, en
déployant des fusiliers marins. Au terme de l'opération, plus
de 324 000 soldats, 68 000 véhicules et 490 000 tonnes de
ravitaillement arrivent en Provence dès le 15 août. Les ports de
Marseille et Toulon, libérés, deviennent cruciaux pour le transit
de plus de 900 000 hommes et 4 millions de tonnes de matériel
jusqu'en 1945.
Ce succès stratégique a toutefois été éclipsé par la Libération de
Paris, survenant presque simultanément et qui a capté
l'attention médiatique de l’époque.
L'armée B, devenue la 1re armée le 19 septembre 1944,
symbolise l'engagement de la France dans sa propre Libération,
soulignant le rôle vital des troupes françaises. Renforcée par plus
de 137 000 résistants des FFI, cette armée a contribué à
l'émergence d'un État démocratique français sans occupation
préalable.
Comme vous le savez, notre village se préoccupe
particulièrement de la continuité du devoir de mémoire :
préserver pour pouvoir transmettre aux plus jeunes la mémoire,
et les valeurs françaises et républicaines, des hommes et femmes
qui ont défendu le territoire national et ses idéaux. La paix et
l'histoire doivent être au cœur de l’apprentissage civique des
générations futures. Chaque citoyen doit connaître, pour mieuxle sauvegarder et l’honorer, l’héritage des anciens combattants.
Se souvenir permet de construire le présent.
Je ne serais pas plus long mais permettez-moi de remercier
chaleureusement toutes les personnes qui ont permis
l’organisation de cet événement : Pascal et Sylvette Gill du CATM
Camaret et de Travaillan qui vous proposent une exposition à la
chapelle Saint Andéol durant tout le week-end (nous allons
d’ailleurs nous y rendre après cette cérémonie). Merci à Nicolas
Courtine, Wilfrid Boissier et Philippe Ezan pour la qualité de leurs
documents présentés lors de cette exposition. Je remercie
également Dominique Bodon, Yvon Chastan, Patrick
Choukroune, Brice Gras, Michel Monnier, Patrick Segouin,
Vincent et Rosy Alexis, Laurianne Bonfils et Patrick Thill qui sont
venus avec leurs véhicules militaires et véhicules d’époque. Je
sais que vous êtes très sollicités en cette fin août, et c’est une joie
de pouvoir compter sur votre présence ce dimanche après-midi
à Camaret. Je remercie également nos porte-drapeaux et les
représentants des associations patriotiques. Je remercie les
commerçants du village qui ont décoré leurs vitrines avec des
drapeaux américains et français et qui ont affiché de nombreuses
photos de la Libération. Je remercie nos anciens du village pour
leurs précieux témoignages, ils sont les garants de la mémoire de
Camaret que nous devons transmettre aux générations futures.
Je remercie nos élus et nos agents municipaux, Hervé Auriach,
Liliane Diaz et Corinne Pagano qui ont fait un très gros travail derecherches, nos services techniques emmenés par Patrick
Largeron.
Et sans oublier, Monika et Tim Stoy, qui nous font l’honneur de
leur présence en ce jour si particulier pour Camaret. Il me semble
que vous êtes invités à de très nombreuses cérémonies à travers
notre belle Provence en l’espace de quelques jours ! Chère
Monika et Tim, la ville de Camaret est reconnaissante aux soldats
américains. Nous pensons également à nos alliés britanniques et
canadiens qui ont débarqué sur le littoral normand ou sur les
rives de la Méditerranée ainsi que tous ceux qui ont participé à
ce débarquement. Nous avions inauguré il y a quelques années,
une plaque commémorative en hommage au Lieutenant Donald
Tracy qui est mort au combat dans le ciel de Camaret le 13 août
1944. Vous pouvez d’ailleurs voir cette plaque juste ici.
Ensemble, aujourd’hui encore, nous exprimons gratitude et
amitié à nos amis américains et nous sommes fiers de dévoiler
cette nouvelle plaque commémorative en leur honneur.
Dévoilement de la plaque…
Vive la France, vive les Etats-Unis et vive la Paix !