Offres
API
Connexion
Documents similaires
unknown - Communauté de communes - Centre Corse - 2026 E1 00
unknown - Communauté de communes - Centre Corse - RQO2025 E1
unknown - Communauté de communes - Centre Corse - 2026 E1 00
unknown - Communauté de communes - Centre Corse -
unknown - Communauté de communes - Centre Corse -
unknown - Communauté de communes - Centre Corse -
unknown - Communauté de communes - Centre Corse -
unknown - Communauté de communes - Centre Corse -
unknown - Communauté de communes - Centre Corse -
unknown - Communauté de communes - Centre Corse - 2022 O2 06
unknown - Communauté de communes - Centre Corse - 2022 E1 005
Document publié le Samedi 1 janvier 2022
Lien du pdf (unknown - Communauté de communes - Centre Corse - 2022 E1 005)
Thèmes du document : Démocratie, Justice et droit, Guerre en Ukraine,
2022/E1/005
REPONSE DE MONSIEUR LE PRESIDENT DU CONSEIL EXECUTIF
A LA QUESTION DEPOSEE PAR MONSIEUR JEAN MARTIN MONDOLONI
AU NOM DU GROUPE « UN SOFFIU NOVU »
OBJET : Processus de discussion.
Monsieur le Président du groupe Un soffiu novu,
Vous vous êtes situé dans votre question orale à la hauteur des enjeux qui nous préoccupent
toutes et tous. Et je voudrais essayer de vous répondre avec la même hauteur. D’abord, pour vous dire
que je ne discute avec aucune officine gouvernementale.
J’ai deux types de contacts avec le gouvernement ou les représentants de l’Etat. Les premiers
sont ceux que nécessite la gestion des affaires courantes et des grands dossiers de la Corse, en
application des compétences qui sont les nôtres.
J'ai eu par exemple des contacts avec Monsieur Beaune, le ministre des Transports pour les
DSP maritime et aérienne, et des réunions de travail ; j'ai eu des contacts et des réunions de travail au
titre de la révision de la programmation pluriannuelle de l'énergie avec des membres du
gouvernement, avec la CRE, avec la direction générale de l'énergie.
J'ai des contacts réguliers avec le préfet de Corse, représentant de l'État dans l'île, avec lequel
les relations sont marquées du sceau de la loyauté et du respect réciproque, et il en est de même de
mes rapports avec le préfet de Haute-Corse ; ces discussions se font dans le cadre des prérogatives qui
me sont confiées par la loi et par le suffrage universel, et j'en rends compte régulièrement à
l'Assemblée de Corse, qui a toujours, in fine, le dernier mot lorsqu'il s'agit de débattre et de délibérer.
En ce qui concerne les contacts que j’ai au titre du processus qui a été initié en mars dernier,
je les ai avec une seule personne, celui qui a été désigné par le Président de la République et par le
gouvernement, pour engager et mener le processus de négociation avec la Corse ; cette personne c'est
le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin ; et lorsque j'ai des contacts avec lui, y compris en tête à
tête, je vous en informe, j'en informe l'Assemblée de Corse et les Corses, il n'y a donc pas de contact
avec des officines - mais je ne pense pas que c’était l'esprit de de votre question -.Alors très brièvement vous dire que depuis décembre 2015, j'ai, nous, avons cherché en permanence
à enraciner la paix civile, à ouvrir le chemin du dialogue, et à construire une solution politique.
Moi, à la place qui est la mienne, avec les convictions qui sont les miennes, avec les charges
qu’imposent la fonction que les Corses ont souhaité me confier, j’ai deux objectifs qui sont
indissociables, vous le savez ; le premier c'est de m'inscrire avec une fidélité irréductible dans le fil
historique du combat qui a été mené par des générations de femmes et d'hommes pour que ce peuple,
notre peuple, puisse être reconnu dans son existence, dans ses droits, et que les femmes et les
hommes d'aujourd'hui et de demain puissent vivre dans une société apaisée, libre et démocratique.
C'est la raison d’être de mon engagement.
Le deuxième volet, indissociable, est que nous devons construire cette Corse ensemble. J'ai
mené avec d'autres femmes et d'autres hommes et des milliers de femmes et d'hommes, une
démarche qui s’appelle “Fà Populu Inseme”, elle s’appelait avant “Pè a Corsica” et c’est toujours le
même fil.
On ne change pas un pays à travers l'exercice mécanique d'une majorité absolue, on change
un pays et on fait face aux échéances que nous impose l'histoire, en recherchant les convergences les
plus larges possibles, d'abord avec sa famille politique, et ensuite avec toutes les femmes et les
hommes, quelles que soient leurs idées, y compris lorsqu'elles sont apparemment plus ou moins
éloignées des nôtres.
Alors vous me dites, nous sommes en « état d'hibernation », non ! Nous ne sommes pas en
état d'hibernation. On est dans une phase qui est une phase d'incertitude majeure, de risques
extrêmes, mais pas de notre fait ; je ne peux pas accepter le procès en attentisme de notre part, nous
avons été des partenaires loyaux, engagés, et cet engagement a été confirmé à plusieurs reprises de
façon chaque fois plus massive par le suffrage universel dans notre mandat, dans nos objectifs. Nous
avons enraciné la paix, nous la défendons, nous disons avec force qu'il ne peut y avoir d'autres chemins
que la démocratie, et nous disons à l'État “ouvrez la discussion” !
Ce que j'ai dit à Gérald Darmanin, c'est que premièrement, il y a un contexte judiciaire et
politique qu'il appartient à l'État d'éclaircir. Ce sont pour nous des conditions sine qua non et ce sont
vous le savez, quelle que soit notre volonté d'avancer le plus vite possible, des conditions sine qua non
pour que la confiance revienne et au-delà de la confiance qui est indispensable, pour que nous ayons
la certitude de vouloir tourner ensemble, la page des conflits. Et ça passe par la vérité et la justice pour
Yvan Colonna, ça passe par l'application du droit pour Alain Ferrandi et pour Pierre Alessandri, ça passe
par des gestes sur les prisonniers où anciens prisonniers politiques qui ne peuvent pas être traités, et
le ministre en a convenu comme des terroristes islamistes à travers le fijait, ça passe par l’intégration
dans la discussion à un moment ou à un autre, de la gestion d'amende ou de dommages et intérêts qui
sont de quelques millions d'euros, mais qui fragilisent des familles entières.
Ce que j'ai dit également au ministre, très clairement, c’est qu’on ne peut pas d'un côté,
construire un processus politique et, de l'autre, vivre au rythme de la logique de conflit qui s'alimente
; pendant 7 ans, il n'y a pas eu un attentat.
Aujourd'hui, de ci, de là, il y a des destructions, c'est parce qu'on a redonné un espace à cette
façon d'agir, signifiant aussi un recul de l'espérance démocratique.
L'État doit créer les conditions, on ne peut pas se lever tous les matins en se disant qu'il y aura
peut-être une rafle contre des jeunes parce qu'ils ont participé à une manifestation. On ne peut pas
supporter, y compris s'il y a des désaccords au sein de de la famille politique nationaliste, de voir des
responsables politiques d'une organisation publique être interpellés, gardés à vue, il faut qu'on sorte
de cette logique-là. C'est ce que j'ai dit, et au-delà de ça, nous avons dit clairement où nous voulions
aller et le peuple nous a donné mandat d'aller notamment vers un statut d'autonomie. Ce que j'ai dità Gérald Darmanin c'est que nous attendons des actes et des paroles. Les actes et les paroles sont
clairs, hier, il y avait un film projeté à l'initiative de la Présidente de l'Assemblée de Corse, cet héritage-
là, c'est notre héritage indivis et je suis fier d'en assumer la charge avec vous toutes et vous tous.
Mais lorsqu'on retourne en arrière, à une époque où les nationalistes ne pesaient rien
électoralement ; il y avait un François Mitterrand, qui est venu en Corse et qui a dit, “soyez-vous vous
même, il y a un peuple, il y a des élections, il y a des compétences” c'était ses mots.
Il y avait en 1988/1989 un Pierre Joxe qui a dit : “il existe un peuple corse, composante du
peuple français” et qui l'a inscrit dans la loi.
Il y a eu en 1998 un Jospin qui a dit au pupitre de l’Assemblée nationale : “j'accepte de recevoir
dès la semaine prochaine à Matignon tous les élus de la Corse, y compris ceux qui à l'époque,
soutenaient la violence politique clandestine qui était omniprésente pour construire ensemble une
solution politique “, dans un processus qui a duré 24 mois.
Nous n'allons pas monter à Paris uniquement pour discuter de points techniques, même si
nous sommes prêts au plan technique, nous irons à Paris dans le cadre d'un processus politique qui a
vocation à apporter une solution politique à un conflit qui dure depuis des décennies et qui est
fondamentalement un conflit politique, même s'il a des dimensions économiques, sociales, culturelles,
sociétales extrêmement prégnantes.
Alors je termine, par la question : où est le projet ? Gérald Darmanin n'est pas dans le rôle d'un
examinateur qui doit distribuer des bons ou des mauvais points à un projet qui demanderait à recueillir
l'unanimité de l'Assemblée de Corse. Ce que je demande clairement, on en a fait la démonstration à
travers la réponse tout à l'heure à Marie-Anne Pieri, c’est un statut d'autonomie. Nous avons été
mandatés pour défendre cette revendication, les autres nationalistes en acceptent le principe. Pour
un statut d'autonomie, il faut une révision constitutionnelle ; on ne va pas participer à un processus si
on n'a pas un certain nombre de garanties.
Y aura-t-il une révision constitutionnelle ? Je pense que le gouvernement doit le dire. Il l’a dit
devant des députés, il doit le dire clairement devant l'opinion publique, y compris l'opinion publique
corse. Si cette révision conditionnelle a lieu, elle doit concerner la Corse. Et si elle a lieu, elle aura lieu
en 2024, cela veut dire qu’avant la fin de l’année 2023 nous devons avoir trouvé les voies et moyens
d’une solution politique globale.
Je termine en disant, les gestes sont attendus, on demande la justice, on demande la logique
d'apaisement et il appartient à chacun de la créer, ici et à Paris et puis ensuite nous allons travailler. Je
pourrais vous faire remarquer avec quelque malice que, y compris sur des dossiers importants,
conférence sociale ou DSP, je vous ai proposé que nous travaillions ensemble, ne l'avons pas fait, mais
écartons ça. Tout à l'heure, je voudrais vous le proposer dans le cadre de mon discours, je voudrais
vous proposer une méthode claire. Nous savons où nous voulons aller d’un point de vue de la révision
constitutionnelle ; l'autonomie pour nous, c'est le transfert d'un pouvoir de nature législative qui est
encadré uniquement par le juge qui vérifie la constitutionnalité des textes qui seront votés dans un
certain nombre de domaines de compétences pour la Corse, ça, c'est la première chose.
Ensuite, il y a l'équation budgétaire et fiscale, et troisièmement, il y a les priorités qui sont les
nôtres.Je vous propose que nous travaillions ensemble, tous les élus, et je vais proposer une méthode
qui nous permettra également à un autre niveau d'impliquer l'ensemble des forces vives parce que
nous avons besoin de leur implication. Et ne doutez pas, si votre volonté est d'aboutir, la nôtre est
identique, faisons-le ! Si nous le faisons nous allons réussir , et nous n'avons pas d'autre choix ni d’autre
option que celle de la réussite.
Je vous remercie.