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Document publié le Samedi 1 janvier 2022
Lien du pdf (unknown - Communauté de communes - Centre Corse - 2022 O2 056)
Thèmes du document : Agriculture et alimentation, Changement climatique, Eau et assainissement,
SECONDA SESSIONE URDINARIA DI U 2022
RIUNIONE DI I 29 E 30 DI SITTEMBRE DI 2022
2EME SESSION EXTRAORDINAIRE DE 2022
REUNION DES 29 ET 30 SEPTEMBRE 2022
REPONSE DE MONSIEUR DOMINIQUE LIVRELLI A LA QUESTION DEPOSEE PAR MONSIEUR JEAN-BAPTISTE ARENA AU NOM DU GROUPE CORE IN FRONTE
Objet : Aides aux éléveurs corses
M. le Conseiller,
Je vous remercie pour votre question,
Comme vous le soulignez, le risque de forte déprise économique et sociale est avéré pour
l’ensemble des filières d’élevage insulaire et particulièrement pour la filière ovine-caprine, avec la
combinaison de facteurs qui se cumulent de façon inédite, tant par leur ampleur que par leur effet
d’entraînement :
- Surcoûts d’alimentation liés aux marchés des denrées mais aussi des besoins accrus des
cheptels avec la sécheresse actuelle,
- Hausse du coût des engrais et des carburants,
- Baisse des rendements des fourrages/céréales, entraînant une trésorerie insuffisante pour
assurer la remise en culture de surfaces fourragères (sécheresse et surcoût dû à
l’augmentation des intrants).
Cette spirale est susceptible d’entraîner une baisse des cheptels et de la production, voire la faillite
et la disparition des exploitations les plus fragiles.
Pour faire face à cette situation exceptionnelle, la Collectivité de Corse au travers de l’ODARC se
mobilise pour tenter de trouver des solutions aux difficultés rencontrées, et ce, en complément du
plan de résilience porté par l’Etat.
2022 / O2/056En effet, il est utile de rappeler que l’ODARC ne maîtrise pas le plan de résilience et a, dès sa
mise en place, alerté les services de l’Etat sur les difficultés qu’auraient les éleveurs pour mobiliser les
3M€ de l’enveloppe dévolue à la Corse.
Malheureusement, cette crainte s’est avérée justifiée et seul un tiers de cette somme semble,
à l’heure actuelle, pouvoir être réellement octroyé aux éleveurs corses. En début de semaine, l’ODARC
a réitéré sa demande auprès de l’Etat pour qu’une solution soit trouvée afin que les 2M€ restants
puissent être utilisés dans le cadre d’un régime plus approprié et mieux adapté aux spécificités des
exploitations insulaires.
En parallèle, l’ODARC a lancé en septembre un appel à projets « Cultures protéiques » visant à
soutenir la réalisation de cultures fourragères comprenant majoritairement des légumineuses
(luzerne, trèfles) susceptibles de fournir une alimentation riche en protéines aux cheptels. Doté d’une
enveloppe de plus d’1M€, ce dispositif permettra un soutien à hauteur de 60/70% des coûts (engrais,
semences et travaux) pour les agriculteurs aînés et de 75% pour les jeunes agriculteurs.
De plus, l’ODARC a sollicité la Collectivité de Corse au travers de son Budget Supplémentaire
pour qu’une enveloppe exceptionnelle de 2,5M€ puisse être allouée à l’Office dans le cadre d’une aide
conjoncturelle de gestion de crise en direction des éleveurs et particulièrement au bénéfice de la filière
ovine-caprine. Les modalités d’octroi de cette aide sont encore en cours de construction afin d’être
réactifs, efficaces et pertinents dans son déploiement.
Enfin, le projet de pôle de compétences en filière fourrage-céréales de l’ODARC à Migliacciaru
est en cours de développement. Le premier comité stratégique se tiendra la semaine prochaine avec
notamment le groupement de fourrage et de céréales de Corse, les chambres d’agriculture, l’INRAE…
L’enjeu est de mener, sur ce site, des essais sur des variétés plus résistantes, plus résilientes, moins
dispendieuses en eau ainsi que des expérimentations sur la fertilisation et l’irrigation des cultures afin
de développer une production plus durable et mieux adaptée au changement climatique.
Concernant la problématique des transports que vous soulignez, la réglementation très contraignante
de la PAC ne prévoit pas d’accompagner l’introduction de matières premières (notamment fourrage,
céréales, aliments) à destination des producteurs primaires que sont les agriculteurs. De plus, les
règlements européens encadrant les aides d’Etat interdisent cet accompagnement. Une exception
existe pour les régions ultrapériphériques, mais celle-ci ne peut s’appliquer à la Corse. Il n’y a donc pas,
à l’heure actuelle, de possibilités d’aides au transport dans ce domaine. Cependant, l’ODARC en lien
étroit avec le Conseil Exécutif et l’Office des transports s’emploie activement à faire modifier cette
directive et sollicitera, dans le cadre du processus en cours, l’Etat pour infléchir la position de l’Europe
et obtenir, ainsi, un statut dérogatoire pour les éleveurs corses.
Toutefois, cette crise est aussi le révélateur de la fragilité de notre système d’élevage auquel
nous nous efforçons d’apporter des solutions structurelles profondes que ce soit en termes de
politique d’installation, de sécurisation foncière, de productivité, d’autonomie alimentaire et de
formation.
Je vous remercie.