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unknown - Communauté de communes - Centre Corse - 2022 O2 054
Document publié le Samedi 1 janvier 2022
Lien du pdf (unknown - Communauté de communes - Centre Corse - 2022 O2 054)
Thèmes du document : Changement climatique, Énergies, Environnement,
SECONDA SESSIONE URDINARIA DI U 2022
RIUNIONE DI I 29 E 30 DI SITTEMBRE DI 2022
2EME SESSION EXTRAORDINAIRE DE 2022
REUNION DES 29 ET 30 SEPTEMBRE 2022
REPONSE DE MADAME FLORA MATTEI A LA QUESTION DEPOSEE PAR MADAME CHRISTELLE COMBETTE AU NOM DU GROUPE UN SOFFIU NOVU ET MADAME VERONIQUE PIETRI AU NOM DU GROUPE CORE IN FRONTE
Objet : Electrification portuaire / Objet : Electrification des ports de commerce de Corse, ou
en est-on?
Je vous remercie pour ces deux questions qui portent principalement sur l’articulation fondamentale
et nécessairement équilibrée entre la protection de l’environnement et le développement raisonné de
nos activités portuaires.
Comme indiqué lors de la question orale de juin dernier au sujet de la multiplication des activités liées
aux croisières sur la Corse et principalement dans le golfe d’Aiacciu, le Conseil exécutif veut poser les
bases claires, en concertation avec l’ensemble des acteurs concernés, afin de bâtir un
modèle économique, mais aussi touristique, plus vertueux, résilient et durable.
D’ailleurs, à ce sujet, des réunions en plusieurs temps seront organisées, dont la première se déroulera
le 12 octobre prochain, et qui réunira l’Assemblée de Corse, le Conseil exécutif, la CCI, les maires en
prologue à un cycle de discussions.
Il est essentiel de rappeler que nos six ports de commerce insulaires demeurent des
plateformes essentielles pour le maintien de l’économie de nos régions, leurs bassins de vie et plus
généralement de la Corse. Cependant, cette économie ne doit pas s’opérer au détriment de la santé
de nos concitoyens, des riverains ni même des opérateurs et usagers des ports. Pour preuve, il y a eu
2022 / O2/054
2022/O2/057de récentes réactions des autorités et manifestations des villes de Nice et de Marseille, donc de l’autre
côté de la Méditerranée en ce qui concerne ce point précis.
C’est dans ce cadre que la Collectivité de Corse et ses partenaires s’investissent pour un transport
maritime plus propre avec la mise en œuvre de l’électrification à quai des navires. Nous connaissons
les limites finies de notre monde et de ses ressources, nous touchons du doigt ce plafond de verre
technologique des carburants et motorisations et le plafond qu’atteint la mobilité lourde en termes
d’émission de gaz à effet de serre et notamment l’implacable bilan carbone du secteur des transports.
Ces dispositifs -coûteux- auront le mérite de limiter le rejet de fumées et de particules fines, une fois
les navires à quai, et d’améliorer ainsi la qualité de l’air aux abords des infrastructures portuaires
concernées.
Croisons maintenant les champs des contraintes notamment sur la source de financement :
avec quelles sources de financements, sachant que l’on ne pourra plus compter sur les
reliquats de la DCT en ces temps inflationnistes complexes pour les secteurs combinés de
l’énergie et du carburant ?
Et surtout quel échéancier pour l’électrification des postes à quai dans la perspective de la
neutralité carbone exigible par les accords de Paris d’ici 2050 ?
A court terme, il s’agit donc prioritairement de programmer le raccordement des navires à quai sur le
réseau électrique existant, des 2 principaux ports de commerce, Aiacciu et Bastia, avant 2025 qui
correspond au passage en zone ECA - .
Le raccordement des navires à quai nécessite d’importants travaux préalables sur les réseaux publics
de distribution ainsi que des aménagements complémentaires sur les installations portuaires.
L’idée étant de mener ces opérations en parallèle de la décarbonation de notre mix-énergétique
insulaire , sous peine de devoir assumer voir se déplacer la pollution depuis le port vers les régions
urbaines périphériques aux abords des centrales du Vaziu et de Lucciana.
Les dernières études sont en cours de finalisation avec l’opérateur EDF pour quantifier et chiffrer le
montant de l’ensemble des prestations à mettre en œuvre sur les communes de Bastia et d’Aiacciu.
En parallèle, différents projets et démonstrateurs sont en cours d’études (techniques, socio-
économiques, financières,…) sur les infrastructures portuaires et font l’objet d’échanges avec nos
interlocuteurs (CCI, EDF, les compagnies maritimes, l’Etat, …).
Dans le cadre de la PPE, des pistes complémentaires de conversion énergétique doivent être explorées
ou sont en phase de test à bord des navires ou dans nos ports.
Nous pouvons citer :
- Les groupes électrogènes mobiles : ce dispositif a permis d’alimenter un navire à quai durant
34 heures, soit suffisamment d’énergie électrique pour couvrir près de trois rotations,
- Thalassothermie ou hydromaréthermie : en limitant les besoins en électricité de la station pour
l’escale des navires et en utilisant des échangeurs thermodynamiques. La consommation de
ces postes sera limitée et de ce fait influera moins sur la taxe carbone des différents
connecteurs,- Enfin, pour approfondir la faisabilité du développement de technologies de conversion
énergétiques, il faut que nous accompagnions – comme nous y invite la PPE - une montée en
puissance des ENR pour une île-montagne non interconnectée dont les STEP avec les dénivelés
que l’on connaît et notamment les projets d’hydrogène décarbonés appuyés par l’Etat et la
Commission européenne comme le déploiement d’une pile à combustible à quai alimentée en
hydrogène et pouvant assurer une partie des besoins électriques des navires. On pourra alors
définir des objectifs pour la seconde période d’application de la PPE, une étude doit être
menée dans le cadre de la prochaine révision, et elle devra apporter un éclairage précis sur
les choix technico-économiques les plus pertinents (à court, moyen et plus long termes).
Nous sommes donc engagés en faveur d’un transport maritime plus propre pour l’ensemble
de nos ports, la CdC mobilisera différentes sources de financement, territoriales, nationales ou
européennes, pour poursuivre les efforts et accompagner au plus près de ses attentes, nos
gestionnaires de ports et nos armateurs pour relever ensemble cet immense défi.
Je vous remercie !