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unknown - Changement climatique en Drôme CEREMA 2018
Document publié le undefined NaN undefined NaN à NaNhNaN par la commune de Dieulefit.
Lien du pdf (unknown - Changement climatique en Drôme CEREMA 2018)
Thèmes du document : Eau et assainissement, Changement climatique, Environnement,
La Drôme face au
changement
climatique
DDT de la Drôme
4 place Laennec BP1013 - 26015 VALENCE
Tel : 04 81 66 80 00 Courriel : ddt@drome.gouv.fr
site internet des services de l'Etat : drome.gouv.fr
Année après année,
le changement climatique et
ses conséquences se concrétisent
toujours plus pour la Drôme et ses
habitants. Les aléas climatiques ont et auront
des impacts significatifs sur notre cadre de vie,
notre santé, l’économie du territoire et sa capacité à
produire. Face à ce constat, il convient de lutter pour
limiter le changement dont l’activité humaine est
responsable mais aussi de s’adapter à ce changement.
Parce que la Drôme présente une grande diversité de
géographie, de paysages et de climats d’un bout à l’autre du
département, le changement climatique ne se traduira pas
uniformément sur le territoire. Le présent document est issu d'un
travail des équipes de la DDT, avec l'appui du CEREMA. Son objet est
de proposer un état des lieux des évolutions prévues dans chaque zone du
territoire, d’identifier les principaux enjeux de l’adaptation à ces
évolutions et de présenter des actions engagées ou qui pourraient être
engagées par l’ensemble des acteurs du territoire pour y faire face.
La réussite de l'adaptation au changement climatique mobilise tous les
acteurs du territoire, services de l’État, collectivités, opérateurs, acteurs
privés. L’anticipation et l’engagement de tous seront essentiels. Ce document
se propose d'y contribuer.
Le Préfet,
Eric Spitz
La géographie du département
de la Drôme est marquée par :
- un secteur ouest constitué de plaines à
moins de 500 m d’altitude, de vallées et
plateaux, réparti en deux zones : la Drôme
des collines au nord de l’Isère et la vallée le
long du Rhône et au sud de l’Isère ;
- un secteur nord et est montagneux, à plus de
500 m d’altitude, réparti en trois zones : le Royans-
Vercors, le Diois et les Baronnies. Les altitudes sont
inférieures à 1 500 m.Dans la Drôme des collines et au nord de Tain-l'Hermitage le climat se caractérise par un mélange d'influences océaniques (hiver frais, été doux) et semi-continentales (climat de transition : été chaud, hiver rude). À l'est du département : l'influence des climats de montagne s'affirme.
Dans la plaine de Valence : le climat est de type méditerranéen altéré (été chaud et sec, hiver et automne humide). C’est une zone de transition, l'influence méditerranéenne commence à s'y faire sentir avec une sécheresse d'été plus affirmée. A partir de Montélimar : le climat est qualifié de méditerranéen franc (été très chaud et hiver doux avec des vents locaux souvent violents)
Il pleut entre 60 et 1 00 jours par an en moyenne sur le département et entre 1 00 et 1 30 jours par an dans le Vercors.
Un climat actuel contrasté selon les zones géographiques
La hausse des températures
moyennes dans la Drôme a pu
être quantifiée entre +1 et
+1, 5°C depuis 1989 (source :
ORECC), plus marquée au
printemps et en été avec +2°
au printemps et +2, 6° en été
pour Montélimar et une
hausse des températures
moyennes maximales et
minimales, respectivement de
+1, 3° et +1, 7°C à
Montélimar .
La moyenne du cumul annuel
des précipitations pour la
période 1971-2000 se situe
entre 700 mm de pluies au
sud du département et
jusqu’à 1 100 mm pour le
reste du territoire.
Pour le V ercors, il pleut
entre 1 100 et 1700 mm par
an.
T empératures moyennes annuelles 1976-2005 Précipitations moyennes annuelles 1961-1990
Le climat futur de plus en plus chaud
Les projections climatiques produites par Météo France
annoncent une poursuite des augmentations de températures à
moyen et long termes, quel que soit le scénario d’évolution des
émissions de gaz à effet de serre envisagé, ainsi qu’une variabilité
inter-annuelle accrue des conditions climatiques.
Ces projections sont fondées sur des scénarios d’évolutions
climatiques définis à l’échelle internationale en fonction de
seuils de concentrations de gaz à effets de serre présents dans
l’atmosphère. Il existe un scénario optimiste correspondant aux
concentrations les plus faibles et un scénario pessimiste
correspondant aux concentrations les plus importantes. Deux
autres scénarios intermédiaires existent : l’un plus proche de
l’optimiste, l’autre plus
proche du pessimiste.
Selon les projections de
Météo France, dans la
Drôme :
- les températures
moyennes devraient
augmenter de + 1 ,5 à 2°C
à l'horizon 2050 selon le
scénario intermédiaire
optimiste
- les températures moyennes devraient augmenter de + 4,5° à
+ 5°C à l'horizon 2080 selon le scénario pessimiste
Les projections ne permettent pas de distinguer clairement des
tendances d'évolution du régime des précipitations.
Les projections indiquent également :
- une augmentation du nombre de journées estivales (température
maximale > 25°C) plus marquée en zone montagneuse qu’en
plaine, de + 1 5 à + 20 jours à horizon 2050 et supérieur à + 30
jours sur tout le département à horizon 2080, par rapport à la
référence 1 976-2005 comprise entre 1 0 jours en zone
montagneuse et 70 jours en plaine au sud de la Drôme
- une diminution du nombre de jours de gel (température
minimale < 0°C) d’une dizaine de jours en plaine et jusqu’à -20
jours en montagne à horizon 2050. Cela pourrait atteindre -50
jours en montagne à horizon 2080, par rapport à la référence
1 976-2005 avec en moyenne 1 0 jours de gel en plaine et plus
d’une centaine de jours de gel en montagne
- une diminution de la couverture neigeuse, en durée, de l’ordre
de plusieurs semaines pour des altitudes proches de 1 500m, en
extension spatiale et en épaisseur.
Les enjeux de l'adaptation dans la Drôme
Les évolutions climatiques constatées et attendues vont impacter le territoire, à la fois sur la santé des personnes et le cadre de vie quotidien et sur l’économie du territoire et sa capacité de production.
En outre, des interactions croisées existent entre les différents impacts du changement climatique. Si les impacts directs des évolutions du climat sur les milieux, les ressources et les activités se conçoivent assez intuitivement, les impacts sur ces secteurs ont aussi des effets indirects
sur d’autres secteurs.
Particulièrement impactée par l’augmentation des
températures, la biodiversité actuelle serait menacée par la
fragilisation de certaines espèces sensibles aux sécheresses
et au stress hydrique, le développement d’espèces parasites
ou invasives, l’évolution des aires de répartition des espèces
et un décalage entre la phénologie des plantes et les besoins
des animaux.
Les ressources en eau pourraient être affectées à la fois en
quantité, avec une baisse des réserves et des débits, et un
allongement des périodes d’étiage, mais aussi en qualité
avec une augmentation de la température des eaux de
surface, la prolifération de microbes et l’augmentation des
concentrations de polluants et aussi avec un accroissement
des tensions sur la ressource, moins accessible et plus
demandée, en particulier en période de fortes chaleurs et
sécheresses.
Outre un asséchement généralisé des sols lié à un déficit
hydrique accru, les variations des cycles de gel-dégel
pourraient favoriser les glissements de terrains et
éboulements en zones de montagne.
Une fréquence accrue des fortes chaleurs augmenterait le
risque de feux de forêt dont la période d’occurrences
s’élargirait à mai-septembre et dont la superficie
augmenterait.
Les augmentations de températures moyennes ou extrêmes
sont susceptibles d’augmenter les risques sanitaires dus
aux insectes ou aux maladies, à la dégradation de la qualité
de l’eau et aux allergies vis-à-vis des espèces allergènes. Les
populations sensibles (personnes âgées, jeunes enfants,
travailleurs en extérieur) pourraient être impactées par les
fortes chaleurs répétées et d’intensité accrue qui contribuent
directement à la mortalité par maladies cardiovasculaires
ou respiratoires. Ces dernières sont exacerbées par la
teneur de l’air en ozone et d’autres polluants ou la
concentration en pollens et autres aéroallergènes qui
augmentent aussi avec la température.
En matière d’habitat, une dégradation du confort thermique
est à prévoir en été, des dégâts ou difficultés d’utilisation
des bâtiments impactés par des mouvements de terrain
pourraient aussi intervenir, entraînant un impact sur la
valeur immobilière du bâti.
Les évolutions des températures, et notamment les fortes
chaleurs, pourraient conduire à des restrictions ou
interdictions d’utilisation des réseaux et infrastructures de
transports ou d’informations, voire à leur dégradation. Les
variations de cycles gel-dégel sur sols argileux et les déficits
hydriques répétés pourraient aussi provoquer des
dégradations des infrastructures routières et ferroviaires.
Fortement impactés par les modifications attendues sur les
ressources en eau, l’agriculture et l’élevage seraient aussi
directement affectés par les évolutions des températures et
la variabilité climatique inter-annuelle. Pour l’ensemble des
cultures et pratiques d’élevage, le besoin en eau va
s’accroître et pourrait remettre en cause la pérennité de
certaines activités en cas de restrictions d’usage importantes.
Les grandes cultures verront probablement leur rendement
fortement varier (augmentation en lien avec l’accroissement
des températures, baisse en lien avec les sécheresses,
parasites, gel tardif) et des dates de production modifiées
suite au décalage de la phénologie des plantes. Fortement
implantées dans la Drôme, les cultures de plantes
aromatiques et semences, les arbres fruitiers et la viticulture
seraient eux aussi soumis aux sécheresses plus fréquentes,
aux événements extrêmes, aux modifications de la
phénologie et aux impacts potentiels sur la main d’œuvre
agricole en période estivale. L’élevage bénéficierait d’une
augmentation de la production de fourrage mais plutôt au
printemps et en automne, alors que l’été verrait la
production diminuer en période de sécheresse et une
remontée de la végétation.
Concernant la forêt, la répétition des situations de stress
hydrique, générées par les fortes chaleurs et les sécheresses,
conduit à un affaiblissement des arbres, une diminution de
leur croissance et du feuillage, correspondant à un mode
«survie». Si de nouvelles situations de stress hydriques
surviennent dans ces conditions, les arbres dépérissent. Dans
la Drôme, on constate déjà des dépérissements importants
des pins dans les contreforts montagneux et des sapins dans
le Haut-Diois.
La diminution de l’enneigement consécutive à
l’augmentation des températures est particulièrement
marquée sur les stations de moyenne altitude et impacte
l’activité de tourisme hivernal, en raccourcissant la durée
de la saison de ski, en générant des insatisfactions des
clients et une moindre fréquentation.
Les impacts sur la santé des personnes et le cadre de vie Les impacts sur l’économie du territoire et sa capacité à produire
2 3
Projection des températures moyennes à l'horizon 2050Le tourisme estival pourrait être d’une part favorisé en
montagne, les espaces d’altitude constituant des zones de
fraîcheur attractives, mais aussi limité par les conséquences
d’une augmentation du risque incendie en zones boisées. Le
tourisme d’eau vive pourrait être impacté par une diminution
de l’accès à la ressource en eau, une concentration touristique
sur les points d’eau et une dégradation de la qualité de l’eau.
Le changement climatique impacterait surtout les activités
industrielles dépendant fortement de la ressource en eau,
telles les activités agro-industrielles, de transformation des
fruits, d’exploitation du bois et celles dont les rejets
nécessiteraient des modifications importantes de process ou
traitement des eaux usées compte-tenu des difficultés
croissantes d’absorption des rejets ou eaux de refroidissement
par les rivières.
En matière d’urbanisme, les évolutions climatiques
pourraient conduire à des modifications de répartition de la
population et à une relocalisation de certaines activités, les
zones à risques accrus (feux de forêt, mouvement de terrain,
accès à la ressource en eau plus difficile, canicules fréquentes)
étant délaissées au profit de territoires plus favorables.
6 zones d'impacts différenciées
Sur le département de la Drôme, ces impacts font
émerger 6 zones d’enjeux :
- La vallée du Rhône, depuis le nord du
département jusqu’à Montélimar, caractérisée par
des espaces urbains et péri-urbains, où les enjeux
concernent surtout la santé, l’habitat, l’industrie ;
- La Drôme des collines où les enjeux concernent
surtout les ressources en eau ;
- Le territoire du Tricastin où les enjeux portent sur
l’industrie ;
- Le Vercors, dont les enjeux sont la préservation de
la biodiversité, le tourisme hivernal et estival, une
possible augmentation de population, le patrimoine
forestier et l'irrigation ;
- Le Diois, concerné par des enjeux liés à la
vulnérabilité de ses forêts aux parasites et aux
incendies, aux risques de mouvements de terrain. En
termes d’activités, les enjeux portent
essentiellement sur le tourisme de neige et d’eau
vive ainsi que sur la viticulture et l'irrigation.
- Les Baronnies, avec des enjeux de tourisme
(d'eau, thermal, de nature, viticole ou encore l'agro-
tourisme), d'adaptation de l’agriculture et des forêts
et le risque accru d’incendie.
La Drôme face au changement climatique
Date de publication : octobre 2018
Rédaction / Composition : DDT26 - Contribution : Cerema
DDT de la Drôme 4 place Laennec BP1013 - 26015 VALENCE
4Des leviers d'adaptation hiérarchisés
8 orientations à renforcer ou à engager
À partir de ces constats, plusieurs leviers d’adaptation se dégagent, concernant différents acteurs (institutions, groupes d’acteurs économiques, etc.) :
- Limiter les impacts sanitaires du changement
climatique
- Préserver et restaurer les milieux naturels et les
sols et favoriser leur fonctionnalité
- Développer la gestion concertée des usages de
l'eau, la restauration de la qualité de l’eau et des
économies de la ressource en eau
- Se prémunir contre les risques naturels
- Adapter l'économie locale au changement
climatique : passer d'une politique de gestion de crise
climatique à une politique d'anticipation des
changements climatiques
- Faire évoluer la ville et les bâtiments
- Améliorer et diffuser la connaissance
- Favoriser et contribuer à une approche
transversale du changement climatique
22 actions à piloter par l’État ou les acteurs locaux
Sur la base d’un travail de sélection d’actions pouvant permettre la mise en œuvre des orientations identifiées comme pertinentes et devant faire l’objet soit d’une mise en œuvre renforcée, soit d’un engagement à court terme, 22 actions ont été identifiées en précisant, pour chacune d’elle, les principaux acteurs concernés (listées au verso). Elles sont caractérisées selon 3 critères :
- les actions déjà mises en œuvre et qui nécessitent d’être poursuivies de manière efficace ; - les actions dont la réalisation demande une durée longue et qui nécessitent d’être engagées à court terme ; - les actions « sans regret », qui sont pertinentes et adaptées quelles que soient l’ampleur et l’échéance du changement climatique.
Les conditions de la réussite
L’adaptation des territoires au changement climatique passe par une inflexion des méthodes de production, mais aussi d’aménagement.
La plupart des actions envisagées ne produiront, par nature, des effets qu’à long terme, pour des raisons qui tiennent soit au fait que les décisions reposent sur des choix de particuliers (habitants, petites entreprises à caractère familial), soit au fait qu’il s’agit de restaurer la qualité de milieux vivants.
Aussi, l’effort collectif et de chacun doit-il porter sur la recherche d’efficacité des mesures, l’interrogation et l’adaptation permanente des modèles de production ou des parti-pris et types de choix opérés jusqu’à ce jour. Plusieurs politiques publiques, notamment celles du domaine de l’eau, sont déjà définies en fonction de ces objectifs d’adaptation, et demandent à être poursuivies, patiemment et avec opiniâtreté.
Les actions de renouvellement d’aménagement, d’équipement, de réhabilitation, ne coûteront pas plus cher en intégrant directement et sans regret les objectifs d’adaptation au changement climatique. Toute action de mise en réseau des maîtres d’ouvrage pourrait aider à partager les bonnes pratiques.
La réussite passe aussi par une prise de conscience généralisée, et donc des actions
d’information, et de communication partagée. Dans ce contexte, les plans climat air énergie territoriaux constituent un outil important de transversalité, cohérence et partage, au service de l’adaptation au changement climatique.
La Drôme face au changement climatique - Publication : octobre 201 8
5Actions à piloter par l’État ou les acteurs locaux
Carte reliefDrôme :
Source : ©IGN – 2013 - BD TOPO® ou BD
CARTO®
Cartographie : DDT26
Cartes climat (températures, précipitations et
projections) :
Source «Drias, données Météo-France,
CERFACS, IPSL»
Cartographie : Cerema
Carte impact :
Source : ©IGN – BD TOPO - 2018
Cartographie : département de la Drôme
6