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unknown - Communauté d'agglomération - Provence Alpes agglomération - 45 PE ETAB ANNEXE2.1 Projet detablissement Les Garnements
Document publié le Dimanche 1 janvier 2023
Lien du pdf (unknown - Communauté d'agglomération - Provence Alpes agglomération - 45 PE ETAB ANNEXE2.1 Projet detablissement Les Garnements)
Thèmes du document : Famille, Éducation, Grandes et moyennes entreprises,
1
Réactualisation Juin 20232
SOMMAIRE
PROJET SOCIAL
PROJET EDUCATIF ET PEDAGOGIQUE
I/Présentation de la structure
1-Généralités
2-Les locaux
3-Les moyens
4-Les compétences professionnelles mobilisées
II/Les valeurs des Gar’nements en conformité avec le cadre réglementaire
1-Le cadre réglementaire
2-Les objectifs éducatifs et pédagogiques
III/L’accueil d’une nouvelle famille
1-L’admission
2-L’adaptation/familiarisation
IV/La vie quotidienne
1-La rencontre avec une nouvelle famille
2-Doudou/Objet transitionnel et sucette : quelle place ?
3-Les petits bobos du quotidien
4-L’hygiène et la sécurité
5-Le jeu c’est du sérieux !
6-Le livre dans tous ses états
7-L’alimentation
8-Le sommeil
9-La propreté apprentissage ou acquisition ?
10-Quelques petits éclairages
Les écrans
La motricité libre
L’égalité fille-garçon
L’environnement
V/La place des parents
Conseil de crèche
VI/Accueil d’une famille dont l’enfant à des besoins particuliers
VII/Prestations d’accueils proposées
ANNEXE 1 Les commandements du travail en équipe
ANNEXE 2 Les commandements des enfants et de leur famille
ANNEXE 3 Charte Nationale3
PROJET SOCIAL
La structure multi-accueil les Gar’nements est implantée sur la commune de
Mallemoisson, située à quelques kilomètres de Digne les Bains.
C’est un passage obligé pour se rendre dans la Préfecture des Alpes de Haute Provence.
L’établissement reste proche de nombreuses communes comme Mirabeau, Thoard, Le
Chaffaut-Saint-Jurson, Malijai, Aiglun… Le territoire de la communauté d’agglomération dont
fait partie la structure est vaste et étendu. Cet état de fait engendre une fréquentation
scolaire et un besoin d’accueil des plus jeunes en crèche en augmentation.
La population de Mallemoisson est assez hétérogène. Elle est issue du monde agricole, du
secteur tertiaire et l’on dénombre une forte proportion de personnes travaillant pour les
administrations.
L’établissement a évolué au fil des années, et depuis 2002, il est devenu un multi-accueil dont
la gestion appartient à la communauté d’Agglomération Provence Alpes Agglomération. En
effet, parentale en juin 1995, elle a intégré la communauté de commune des Duyes et Bléone
puis la communauté d’agglomération « Provence Alpes Agglomération ».
Le territoire affiche clairement une volonté de prendre en compte les besoins d’accueil des
jeunes enfants par des infrastructures et prestations adaptées à la demande de la
population.
Cet établissement représente un lieu de vie, d’échanges et de rencontres qui s’ouvre vers les
familles et l’extérieur. A titre d’exemples, le travail avec l’école maternelle de Mallemoisson
ou encore le projet de sortie à la Médiathèque. L’ouverture sur les infrastructures
existantes dépendant de la volonté des autres acteurs et évoluant chaque année. Un travail
intergénérationnel avec une association du troisième âge est en projet. De nombreuses
associations sportives, culturelles sont implantées sur la commune de Mallemoisson.
De façon plus élargie, le partenariat avec L’UDAF et le CODES permet à la structure de
s’ouvrir sur son environnement tout en jouant un rôle d’acteur de la prévention précoce.4
PROJET EDUCATIF ET PEDAGOGIQUE
I/Présentation de la structure :
1-Généralités
La structure a un agrément de 30 places et fonctionne en multi-accueil.
Elle est ouverte de 7h30-18h30 avec une modulation d’agrément permettant d’être au plus
juste de la fréquentation. Nous pouvons accueillir des enfants de 2 mois ½ à 3 ans en contrat,
et en accueil occasionnel. Les enfants sont divisés en deux groupes les plus petits « Les
Cacahuètes » et les plus grands « Les Pirouettes ».
L’établissement ferme ses portes 3 semaines en été et quelques jours entre Noël et le jour
de l’an. Nous fermons également pour des journées pédagogiques.
La structure est agréée par le Président du Conseil Départemental et reçoit des aides
financières de la Caisse d’Allocations Familiales et de la Mutualité Sociale Agricole.
2-Les Locaux
L’établissement est composé d’un RDC pour les enfants et d’un étage, qui est réservé
aux professionnels.
Salle de grands
Salle des bébés5
Terrasse-Jardin côté salle des bébés
3-Les Moyens
Le budget annualisé est géré par la directrice de l’établissement mais les membres de
l’équipe travaillent en collaboration afin de choisir les actions prioritaires de l’année à venir.
Nous renouvelons régulièrement le matériel pédagogique ainsi que le gros matériel.
Nous continuons à travailler l’aménagement des espaces avec l’achat de nouveaux mobiliers.
Ce projet coûteux est étalé sur plusieurs années : il concerne à la fois l’intérieur et
l’extérieur de l’établissement. L’accent a été mis sur l’ergonomie pour tous. Nous avons
travaillé afin de favoriser la libre circulation des enfants. L’intervention d’une
psychomotricienne a permis également une meilleure adaptation et une évolution des espaces
au cours de l’année, en fonction du développement des groupes.
L’appui de l’équipe du service technique permet d’effectuer au quotidien de petits travaux et
de faire évoluer nos espaces.
4-Les compétences professionnelles mobilisées
Marie-Christine
FERAUD
Agent d’entretien Manon DE LUCA Directrice Adjointe
Auxiliaire de
Puériculture
Claudia PETIT
Animatrice6
Le travail auprès des familles nécessite de se détacher de nos convictions et de nos
modèles éducatifs. Il s’agit de s'adapter sans cesse, et donner ou redonner du sens à nos
actions en plaçant l’enfant en priorité. Cette dynamique a un impact sur la construction de la
relation de confiance avec les familles.
Plusieurs éléments sont constitutifs d’un travail en équipe « réussi », c’est-à-dire au profit du
bien-être des familles. Une bonne organisation, un niveau de communication suffisant et
adapté, des espaces de paroles et d’écoute, des outils et des propositions de formations
régulières et pertinentes…sont autant d’éléments que nous allons mettre en évidence.
Revenons sur la communication : communiquer c’est « transmettre, partager quelque chose
avec quelqu’un ». Il peut y avoir un décalage entre ce que l’on veut transmettre et la façon
dont le message est reçu. L’objectif d’une communication « réussie » est donc de limiter au
maximum le décalage entre l’intention et l’interprétation. Communiquer dans une équipe, c'est
permettre à tous d’avancer dans la même direction. C'est le désir d'aller vers l'autre et avec
l'autre et cela dans l'intérêt de l'enfant et de sa famille. C'est un travail quotidien qui
permet de mettre en commun, non seulement les points de vue, mais aussi les expériences et
les compétences. De cette façon, nous tentons d'éviter les quiproquos et les
incompréhensions sources de tensions.
La façon d’accompagner les professionnels, c’est-à-dire le management, a un impact
considérable sur la dynamique de travail. Au sein des Gar’nements, nous tentons de laisser
une place à chacun pour qu’il se sente écouté, suffisamment accompagné et par la même
valorisé. La bientraitance est donc la base de notre projet en équipe et auprès des familles.
Nous partons du postulat que des professionnels qui se sentent bien traités, vont pouvoir
proposer un accompagnement du même ordre aux enfants et à leur parent.
De plus, une organisation efficiente du travail permet également une cohérence des pratiques
éducatives.
Au sein des Gar’nements, nous avons réfléchi à la façon dont nous souhaitons accueillir les
nouvelles personnes dans l’établissement qu’elles soient en stage ou en poste. La construction
d’un livret d’accueil participe à cette dynamique. De plus, lors de l’arrivée d’une nouvelle
personne nous mettons en place une référence afin de mieux accompagner celle-ci. Nous
définissons également des temps supplémentaires d’échanges.
Nous avons construit en équipe un document qui pose les principes qui nous apparaissent
comme étant fondamentaux en équipe et en direction des familles (annexes 1 et 2). Cela
implique une posture professionnelle véhiculant la bienveillance.
De plus, nos pratiques et par la même notre projet d’établissement s’appuient sur la charte
nationale pour l’accueil des jeunes enfants (annexe 3).
Comme nous le soulignions précédemment les outils servent la dynamique d’équipe au bénéfice
des familles. Nos divers protocoles, les réunions que nous organisons (générale et de groupe 1
fois par mois, avec les parents), les groupes de réflexion, les affichages, les cahiers de7
transmissions et, évidemment, notre projet d’établissement, représentent des moyens qui
fluidifient le travail ensemble. Les journées pédagogiques sont également des moments de
travail essentiels.
Il ne faut pas oublier l’importance des différentes rencontres informelles et formelles, que
nous proposons de façon plus individualisées. Qu’ils s’agissent d’entretiens de recadrage, ou
d’entretiens professionnels, ils contribuent à créer des espaces d’écoute et de partage.
D’ailleurs, les entretiens professionnels permettent de mettre à jour les fiches de postes et
d’évaluer ensemble les besoins de formation. La formation de l’équipe est un élément
essentiel qu’elle soit sur site en groupe ou par le biais du CNFPT.
La mise en place des APP (Analyses de Pratiques Professionnelles) est un élément qui permet
à l’ensemble de l’équipe de prendre de la distance et de trouver des solutions aux diverses
situations rencontrées au quotidien.
Plus généralement, nos plannings cohérents et la mise en place d’un document de continuité de
direction favorisent une organisation de la dynamique d’équipe.
En définitive, la volonté de chacun permet un niveau de communication pertinent servant la
dynamique d’équipe.
II/Les valeurs des Gar'nements en conformité avec le cadre réglementaire :
1-Cadre réglementaire
Notre mission est fixée par l'article R 2324-17 du Code de santé publique "Les
établissements d'accueil de moins de 6 ans veillent à la santé, à la sécurité, au bien-être et
au développement des enfants qui leur sont confiés. Dans le respect de l'autorité parentale,
ils contribuent à leur éducation...Ils apportent leur aide aux parents pour favoriser la
conciliation de leur vie professionnelle et de leur vie familiale". Les articles L.114.1 et L.114-2
du code de l’action sociale et des familles encadrent aussi nos pratiques.
Nous nous devons également d’être en conformité avec les dispositions du Décret n°2010-613
du 7 juin 2010. Cet établissement concourt à l’intégration des enfants présentant un handicap
ou atteints de maladie chronique qu’il accueil.
Tout au long de ce projet d'établissement, nous souhaitons mettre en lien le travail d'équipe,
le respect de l'enfant et de sa famille. Ces trois axes indissociables et essentiels,
constituent notre objectif et notre fil conducteur dans tous ce que nous entreprenons.
2-Les objectifs éducatifs et pédagogiques
Le projet éducatif et pédagogique s’appuie sur les valeurs du projet éducatif de la
communauté d’agglomération Provence Alpes Agglomération.8
Les valeurs de la crèche sont portées par des actions éducatives concrètes nous
permettant de faire vivre nos convictions. En effet, tout au long de la rédaction de ce projet
les valeurs et moyens mis en œuvre seront transversaux. C'est pour cela que nous avons fait
le choix de ne pas les détailler en introduction, mais plutôt de les décrire, au fur et à mesure
du déroulement de ce document.
Le bien-être est une valeur centrale et primordiale en toute circonstance dans l'accueil et
l'accompagnement des enfants et de leurs parents, que nous proposons en équipe. Cela se
concrétise par une démarche d'individualisation. Il s'agit entre autre de favoriser la notion
de petit groupe afin de permettre l'expression, les échanges avec les enfants mais également
entre eux. Cette dynamique se retrouve dans tous les temps forts comme nous allons
l'expliciter dans notre projet. Le décloisonnement sert à la fois l'accompagnement proposé
aux enfants, tout en alimentant la cohésion d'équipe. Ce dernier élément, nous le verrons
ultérieurement, est un travail continu et indispensable.
Cependant, nous sommes dans un lieu collectif qui ne nous permet pas de répondre à toutes
les demandes et attentes des parents. Nous tentons de mettre en place une continuité dans
la prise en charge, mais nous ne sommes pas dans une reproduction de chaque modèle familial.
Sans jugement, nous nous devons d'instaurer une relation de confiance qui se construit dans
le temps. Nos décisions peuvent être comprises et acceptées, si nous prenons le temps
d'expliquer notre pratique aux parents. Nous partons du postulat que plus nous ouvrirons nos
portes et travaillerons avec transparence, plus notre profession, notre travail seront
reconnus et aura un impact positif dans la construction des relations de confiance.
Nous partons également du postulat qu'une équipe qui est dynamisée avec bienveillance, va
transmettre cette valeur au quotidien aux les familles.
Pour cela, il est indispensable que les professionnels disposent de moyens individuels et
collectifs. En effet, des outils de travail adaptés, des espaces de parole, un accompagnement
et des formations régulières, participent à cette démarche. Cet élément est développé en
première partie.
Le terme de bien-être, utilisé dans notre société, revêt plusieurs sens qui diffèrent selon les
contextes et les individus. Il paraît alors essentiel de préciser comment il se concrétise à la
crèche les Gar'nements. C'est en ce sens, que nous avons fait le choix de construire notre
projet en débutant par l'accueil d'une nouvelle famille.
De plus, les notions de bienveillance et de bientraitance, prennent tous leurs sens dans le
travail d’accompagnement au quotidien. Cela se concrétise par notre volonté de viser le bien-
être et le bonheur pour l’enfant dans un groupe, d’une manière désintéressée et
compréhensive.
La bientraitance n’est pas seulement l’absence de maltraitance, mais une démarche active que9
la Haute Autorité de Santé définit comme : « une manière d’être, d’agir et de dire soucieuse
de l’autre, réactive à ses besoins, respectueuse de ses choix et de ses refus ». « Elle
nécessite un questionnement tant individuel que collectif de la part des acteurs ».
En d’autres termes, il s’agit d’une posture professionnelle que nous devons mettre en œuvre
pour assurer une relation de confiance et de collaboration avec les familles. L'objectif est de
trouver le moyen d'accompagner l’enfant dans son développement, plus que de détecter un
dysfonctionnement. Pour autant, notre rôle de prévention reste essentiel. Nous devons nous
adapter, écouter, rassurer et valoriser les parents parfois. Cette bienveillance se concrétise
en faisant preuve de compréhension et d'indulgence envers l'autre. Il est possible de poser
des interdits, de dire non à un enfant, d'intervenir dans une situation de conflit, tout en
étant bienveillant. A titre d’exemple, lorsque nous mettons des mots justes sur une situation
de conflit, en évitant d'avoir des paroles blessantes ou encore quand nous prenons le temps
de verbaliser à l’enfant ce qu’il s’est passé.
De manière générale, il est important que les règles de vie soient claires et que tous les
adultes s’impliquent pour les faire appliquer. La sérénité et la sécurité d’un groupe d’enfants
repose avant tout sur la vigilance des adultes présents. Le cadre et les limites doivent être
cohérents et stables. Notre rôle n’est pas de punir mais de créer un environnement
sécurisant et sécurisé. Sachant que la punition ne fait pas sens pour des enfants de l'âge
accueilli.
Les règles sont simples comme : Ne pas se mettre en danger, Respecter le matériel,
Respecter Soi et les autres. Il est nécessaire que les parents soient un soutien et un relai
pour éduquer leurs enfants à ces règles collectives, il s’agit de « l’éducation partagée ». Les
agents ne sont pas là pour punir à la place du parent.
Afin de proposer un accompagnement de qualité, il nous semble primordial d’impliquer l’enfant
et ses parents dans le déroulement quotidien de la crèche. La construction du projet éducatif
et pédagogique implique un lien étroit entre toutes ces parties.
III/L’accueil d’une nouvelle famille :
1-L'admission
Le premier contact avec les parents est important, il se déroule le plus souvent par
téléphone afin d'inscrire l'enfant sur la liste d'attente. Puis lorsqu’il est admis, par le temps
d'inscription. Ce moment n'est pas seulement administratif et formel, il représente
également un instant de rencontre où il faut prendre le temps d'écouter et de rassurer
lorsque cela est nécessaire. La visite de la structure rend évidemment l'accueil pour les
familles plus concret.10
2-L'adaptation/familiarisation
L'accueil en crèche signifie une séparation des parents avec leur enfant. Ce moment
est accompagné très différemment en fonction des besoins et du rythme de chacun. En
effet, nous proposons une période d'adaptation qui dure 15 jours où progressivement l'enfant
augmente le temps de présence à la crèche. Pour autant, cette période est construite avec la
famille et l'équipe. Elle est très importante car elle pose les bases d'une relation de
confiance mutuelle.
Cette rencontre se déroule dans un contexte particulier que nous accompagnons de façon
individualisée afin que cette séparation soit la plus sereine possible. Ce processus de
séparation, par lequel l'enfant réussit intérieurement à se considérer comme un être à part
entière distinct de sa mère, prend du temps. Notre rôle est de faire en sorte que cette
étape soit plus simple même si cela ne va pas de soi. Nous posons avec les parents les bases
d'une sécurité affective indispensable pour la construction de l'enfant. En partant toujours
du principe que le parent reste le premier éducateur de son enfant. Ce dernier va être
accompagné en tant que sujet de plus en plus en capacité de faire des choix et reconnu en
tant qu'individu.
IV/La vie quotidienne:
1-La rencontre avec une nouvelle famille
L'accueil au quotidien, qu'il ait lieu le matin ou à n'importe quel moment de la journée,
est essentiel. Là encore, il s'agit d'individualiser au mieux ce moment en respectant les
rituels, le rythme de chacun. En effet, les parents ont des façons de se séparer, de leur
enfant différentes que nous essayons de respecter.
C'est en ce sens que nous tentons en équipe de penser l'espace d'accueil afin de favoriser un
accueil de qualité, où en toute discrétion et confidentialité, les parents puissent nous
transmettre les éléments qui leurs semblent importants.
Il est intéressant de préciser que les attentes, les besoins, les préoccupations des familles
et les nôtres peuvent parfois être différents, pour autant nous devons toujours recentrer
nos pratiques dans l'intérêt de l'enfant. En effet, cela implique qu'il faut également
respecter que les parents ne sont pas prêts à nous livrer certaines informations mais qu'ils le
seront peut-être plus tard.
Nous avons surtout besoin d'éléments concrets sur les rythmes de sommeil, repas et
traitement, le reste se construit au quotidien par la confiance. Notre posture au moment de
l’accueil est essentielle : écoute, empathie, respect, disponibilité...Plus l'enfant va être
sécurisé, mieux il parviendra à avoir la capacité de se séparer et d'explorer autour de lui.11
Lors des retrouvailles, nous laissons le temps aux familles avant d'intervenir et transmettre
les informations de la journée. Le choix des informations est également à penser. Au-delà des
éléments de sommeil, repas... nous tentons de mettre l'accent sur de petites anecdotes, les
progrès de l'enfant, ses nouvelles expérimentations...Nous essayons de prendre en compte la
disponibilité physique et intellectuelle du parent, avant de transmettre certaines
informations qui nécessitent son attention. Parfois, le moment n'est pas propice, du fait de la
présence et de l'attente d'autres parents. Dans ce cas, nous reportons la transmission au
lendemain.
Afin d’étoffer les transmissions faites aux parents des plus grands, nous avons mis en place
un tableau avec les photographies des activités faites le jour. Le professionnel peut montrer
au parent ce que l’enfant a fait et l’enfant peut s’en saisir pour discuter.
De plus, nous avons mis en place un petit cahier qui fait le lien régulièrement avec les parents,
composé de dessin, photographies et anecdotes.
Au sein des Gar’nements, nous n’avons que peu de moment où nous ne permettons pas l'arrivée
ou le départ des familles. Cette décision a été prise afin de s'adapter au mieux aux
contraintes professionnelles des parents. Cela demande de notre part plus de flexibilité et
une meilleure organisation, qui change chaque année en fonction des contrats des parents.
Nos horaires d'accueils sont différenciés selon le groupe où l'enfant est accueilli. En effet,
chez les grands, par souci du respect du bien-être des enfants et des moments de repas,
siestes et goûters, il n'y a pas d'accueil après 9h30. Les arrivées et les départs sont
possibles à 12h30, puis à 15h30 et enfin après 16h30.
Chez les bébés, il n'y a pas d’accueil de 11h à 12h30. Les accueils des familles ne doivent pas
impacter le rythme de l'enfant et /ou l'organisation de la structure. Ces éléments sont
précisés sur notre règlement de fonctionnement, que nous prenons le temps de présenter aux
familles lors de l’inscription. Celui-ci est d’ailleurs réactualisé tous les ans.
2-Le Doudou/Objet transitionnel et sucette : quelle place ?
Le doudou et la sucette sont les bienvenus à la crèche, ils ont un rôle essentiel pour les
enfants.
Les doudous sont à leur disposition et ils peuvent les prendre à chaque fois qu'ils ressentent
un besoin de réassurance. La sucette est donnée sur simple demande.
Nous permettons aux enfants de circuler à l'intérieur et à l'extérieur de la crèche avec ces
objets. Nous les invitons simplement à les poser (sans brusquer ou imposer) lors de certaines
activités ou lors de jeux comme le vélo (pour des raisons de sécurité) ou au moment des
repas. Nous demandons aux enfants de retirer leur sucette de la bouche lorsqu'ils parlent, et
nous sommes vigilants à ce qu’ils ne l’aient pas toute la journée. Nous utilisons le jeu pour
détourner leur attention.12
L'enfant depuis sa naissance se repère essentiellement dans son environnement grâce aux
odeurs, au toucher, à la voix et est comblé par la succion. La satisfaction orale tient une place
prépondérante. La succion est un besoin physiologique pour le plus petit qui diminue au fur et
à mesure que l'enfant grandit. Le tout petit tète pour se nourrir mais aussi pour se
réassurer. Ces éléments participent à la sécurité affective nécessaire pour la construction de
l'enfant.
Le doudou remplit plusieurs rôles essentiels dans la construction du moi de l'enfant, qui petit
à petit se détache de la fusion avec sa mère, et prend conscience de lui en tant qu'individu.
Face aux multiples frustrations de la journée, aux petits chagrins, quand il y a des blessures...
le doudou console l'enfant. Il apprend ainsi à se réassurer seul sans forcément qu'il y ait
toujours une intervention de l'adulte. Cela n'exclut évidemment pas le regard bienveillant du
professionnel qui saura si besoin le consoler, mettre des mots sur sa tristesse...C'est ainsi
qu'il sera en capacité progressivement de surmonter ses peines. Durant la période
d’adaptation, le doudou et la sucette sont souvent beaucoup sollicités par l’enfant.
C'est pour cela que l'équipe peut demander aux parents un objet qui a l'odeur des parents qui
fera lien entre la crèche et la maison.
D.W. Winnicott considère le doudou comme le premier objet matériel choisi par le nourrisson
dans son environnement immédiat, qui lui permet la transition entre la relation primitive au
sein maternel et la constitution d'objets dans le monde extérieur. L'objet transitionnel est
dans cette position caractéristique qui fait "transition" en ce sens qu'il est une part de
l'enfant tout en lui étant déjà extérieur.
Cette continuité entre la maison et la crèche, est fondamentale pour poser les bases d'une
relation de confiance au bénéfice de chacun : enfant, parents et professionnels.
Doudou, pouce, tétine...occupent donc une place centrale et un rôle primordial dans le
développement des enfants et par conséquent à la crèche.
Il est important de préciser que l’enfant n’a pas forcément les mêmes besoins de « doudou »
et « sucette » à la maison et à la crèche. En effet, le fait d’être séparé de ses parents peut
augmenter le besoin de réassurance avec un objet connu.
3-Les petits bobos du quotidien
Au quotidien nous devons accompagner les enfants dans leur soif d'exploration. Il
s'agit de trouver un équilibre entre le respect de leur besoin et leur sécurité. Malgré toute
notre vigilance, cela n'empêche pas de petites chutes ou blessures. Dans ce cas, nous
rassurons l'enfant qui s'est fait mal en mettant des mots sur ses maux avec bienveillance.
Nous avons de quoi le soigner et nous prévenons les parents en fonction de la gravité de la
blessure. Cela participe à la construction de la confiance avec les familles.13
Si la blessure est plus grave, nous avons une procédure interne qui vise à prévenir les
urgences et les parents ensuite. Heureusement ce type de situation est rare.
L'équipe est cependant formée aux gestes de premiers secours que nous revoyons
régulièrement grâce à la présence de notre infirmière. Il en va de même pour tous les petits
soins du quotidien ainsi que pour les PAI (Protocole d’Accueil Individualisé).
Nous réactualisons régulièrement nos protocoles d'hygiène et de soins afin d'assurer une
cohérence dans notre pratique. Cela participe à une formation continue car les connaissances
et la réglementation évoluent et nous tentons de nous adapter au mieux.
En plus d’un médecin référent, nous pouvons compter sur l'appui d’une infirmière, qui est
présente 5 jours dans le mois. La mise en place d’une coordination facilite et homogénéise nos
pratiques sur le territoire en véhiculant une cohérence issue de la concertation des
professionnels.
4-L'hygiène et la sécurité
L’équipe veille à une bonne hygiène de l’enfant tout au long de la journée. Même si des
temps de change sont fixés, les couches sont changées dès que le besoin s’en fait ressentir.
Au vu du nombre de fois où les enfants sont déshabillés au cours de la journée, et pour ne pas
entraver leur liberté de mouvement, nous demandons aux parents qu’ils soient vêtus avec des
tenues confortables. De plus, leur soif « de faire tout seul » doit être favorisée par des
vêtements et chaussures qui s’enfilent aisément. Dans leurs différentes découvertes, les
enfants se tâchent, c’est pour cela qu’il est essentiel de privilégier pour les familles des
tenues qui n’ont pas de valeur affective ou autre.
Nous veillons à l’hygiène de chaque enfant mais cela ne doit pas entraver leur besoin
d’exploration. Ils peuvent se salir que ce soit par le biais des ateliers, à l’extérieur, lors des
repas….. Cet aspect est très important pour le développement de l’enfant et de sa créativité,
qui découvre le monde avec plaisir, par le biais de tous ses sens.
Durant les changes, nous veillons au respect de l’intimité de l’enfant, tout en le faisant le plus
possible participer. Il peut par exemple lever les fesses pour que nous puissions glisser sa
couche. C’est un moment d’échange privilégié car nous sommes en tête à tête avec lui. Il est
essentiel de verbaliser ce qu’il se passe ainsi que les soins que nous lui prodiguons tout au long
de notre action.
Concernant, l’hygiène et la sécurité des locaux c’est une autre dynamique. Au quotidien,
l’ensemble de l’équipe est garante d’un environnement sécurisé et accueillant pour les
familles. Nous avons également un agent qui veille à l’entretien des espaces, avec des actions
plus spécifiques. Rappelons que le respect des règles de sécurité et d’hygiène est soumis à14
des contrôles (commission de sécurité, service PMI : protection Maternelle et Infantile,
services vétérinaires…) et leur non-respect peut entraîner des conséquences individuelles et
collectives. C’est en ce sens que nous travaillons régulièrement à la mise à jour de l’ensemble
de nos protocoles et nos fiches de données de sécurité….Nous sommes également dans
l‘obligation de respecter les normes d’hygiènes alimentaires (HACCP). Nous avons d’ailleurs
mis en place un PMS (Plan de Maitrise Sanitaire).
5-Le jeu c’est du sérieux !
Jouer pour l’enfant est semblable à un travail pour nous adultes : une activité
respectable, sérieuse, qui l’aide à grandir. « Le jeu, c’est le travail de l’enfant, c’est son
métier, c’est sa vie » (Pauline Kergomard 1838-1925 : a créé les écoles maternelles).
Il est présent tout au long de sa journée et constitue le fondement de son développement
intellectuel, affectif et psychomoteur. Seul ou en groupe, en atelier ou non, le jeu c’est du
sérieux. En effet, des jeux moteurs aux jeux d’imitations en passant par les jeux de
construction ou de création, l’enfant joue tout au long de la journée. Pour le jeune enfant,
chaque moment est vécu de façon ludique. La position de l’adulte est essentielle, elle doit lui
permettre de laisser libre court à sa créativité. De ce fait, le jeu est un élément
fondamental, c’est un réel besoin car il favorise la croissance affective et émotionnelle ainsi
que sa santé psychique. Il contribue à la naissance des émotions. L’enfant se découvre
progressivement puis prend conscience des objets autour de lui et des adultes. Ensuite, il
découvre qu’il a une existence différenciée et un pouvoir sur les objets. C’est un moment de
plaisir, d’échange, de partage entre enfants et avec les adultes. Cette notion est évidemment
centrale car le plaisir est à la fois la base et le moteur pour lui.
Tenir compte de toute cette dimension permet pour l’équipe de créer un environnement
propice au jeu et à l’échange, tout en assurant le bien-être de chaque enfant dans le groupe.
C’est en ce sens, qu’au sein des Gar’nements il n’y a pas de plannings d’activités afin de
permettre aux professionnels de s’adapter aux enfants, en leur faisant des propositions, sans
imposer, en fonction de leurs humeur, besoins, capacités…
Le jeu est également un moyen pour l’enfant de revivre, de rejouer des scènes du quotidien,
des moments difficiles pour mieux se les approprier et les surmonter. Au cours de son
développement, il ressent des angoisses dites de séparation. Pour les surmonter, il doit
acquérir progressivement la permanence de l’objet. Le jeu du « coucou-caché », le fait de
jeter les objets, les jeux de transvasement aident l’enfant. Il découvre qu’il a un pouvoir sur
l’objet et test en quelque sorte la fiabilité de son entourage, se repère dans l’espace en
évaluant peu à peu la distance. C’est ainsi par le jeu qu’il accepte progressivement que l’adulte
s’éloigne de lui et se sépare.15
Le jeune enfant s’imprègne de son environnement, de ce qui l’entoure, de ce qu’il voit,
entend…C’est aussi dans le regard, l’attention, les paroles, une position bienveillante de
l’adulte qu’il se construit en tant qu’individu. C’est ce que l’on appelle l’effet miroir : c’est à
travers l’Autre que le « Je » se forme.
Notre travail constitue donc à accompagner l’enfant le plus individuellement possible afin de
s’adapter au mieux à ses besoins, son rythme, ses capacités…L’enfant est encouragé, valorisé
dans ses compétences, mis en position d’acteur, de sujet… C’est en ce sens qu’à la crèche les
Gar’nements les professionnels favorisent des ateliers en petit groupe. D’ailleurs, cet
élément fait partie intégrante de nos valeurs dans tous les temps du quotidien.
Nous accompagnons en faisant avec et pas à la place de l’enfant. Ainsi, nous limitons les
interventions sur la production et aucune notion d’esthétisme ne prévalent à l’activité. Notre
travail au quotidien nous demande de prendre garde à nos propres exigences afin de ne pas
mettre l’enfant en échec. Nous transmettons des consignes simples, expliquées et répétées,
au besoin au cours des ateliers. La posture des professionnels est là encore significative. Il
s’agit d’écouter, d’accompagner en verbalisant les actes de l’enfant, de le rassurer par une
position contenante. Ces moments sont riches en observations et analyses que nous
partageons en équipe. Notre but est de mettre en place un cadre sécurisé et sécurisant dans
lequel l’enfant pourra évoluer librement et sereinement. C’est pour cela que les propositions
faites doivent être réfléchies en amont : cadre, espace, durée, nombre d’enfants, matériel
(installation et rangement) sont autant de paramètres qu’il faut anticiper pour leur bien-être.
Le travail en cours sur les fiches d’activités et l’organisation des festivités participe à cela.
Très souvent, par opposition aux activités dirigées, les professionnels parlent de
« jeux libres », c’est-à-dire de jeux qui naissent à l’initiative des enfants qui s’approprient les
objets à leur disposition. Cette notion est essentielle pour favoriser le développement des
jeunes enfants. Il s’agit de penser l’espace afin de favoriser la libre circulation. Cet élément
fait partie intégrante de notre projet. En effet, au sein des Gar’nements, nous avons travaillé
en équipe à l’aménagement des espaces de vie, et nous continuons de le faire. Cela a pour but
de favoriser la libre circulation des enfants dans la crèche, qui sert le décloisonnement des
groupes.
Cette dynamique de travail leur permet aussi de se détacher et de favoriser leur
apprentissage et découverte, face aux différentes activités ou jeux libres proposés par les
professionnels. Cela favorise également un meilleur accompagnement des enfants d’âge moyen
qui sont répartis dans les deux groupes grands-bébés (en fonction des moments de l’année).
Ainsi, équipe et familles se connaissent et peu importe le groupe auquel ils sont rattachés, il
n’y a pas de lieux, de personnes inconnues qui pourraient générer une insécurité. De plus,
l’enfant est en position d’acteur de sujet libre de ses mouvements. Cela permet lors
d’adaptation de faciliter le passage des enfants.16
L’aménagement bien pensé en équipe, change au fil de l’année pour s’adapter au mieux à leur
évolution psychomotrice. Nous réfléchissons régulièrement en croisant nos observations de la
manière dont ils occupent l’espace. La création de coins participe à cette dynamique, en
mettant en place des repères qui viennent structurer le jeu et sécuriser les enfants.
Cependant, nous savons qu’ils ont également le besoin de détourner les objets et de circuler
librement. De ce fait, ces espaces ne doivent pas entraver leur développement. Ils ne doivent
pas être enfermant avec une règle qui consisterait à imposer un jeu dans un espace. A titre
d’exemple, l’enfant peut jouer à la poupée dans le coin voiture, si les autres enfants ne sont
pas gênés. La position de l’adulte est très importante car il est visible pour le groupe, pour
rassurer et intervenir au besoin en créant un cadre sécurisant, qui permet aux enfants de
faire leur expérimentation. Chacun peut se consacrer entièrement à sa créativité, en
assimilant le réel qui va se construire par le biais des expériences et des répétitions. Ainsi,
dans ce type de jeux, ils intègrent progressivement des petites règles de base de la vie en
société.
De plus, les jeux à disposition en petite quantité doivent être adaptés et renouvelés
régulièrement car la capacité d’attention des enfants est assez courte. Il ne s’agit pas au
sein des Gar’nements de sur stimuler mais plutôt d’accompagner. Les moments « d’ennui »
pour l’enfant sont autant importants et contribuent à la construction de son imagination.
En définitive, le jeu est un support essentiel pour le développement de l’enfant. Il favorise
des observations intéressantes que nous ne manquons pas de partager avec les parents, pour
mettre en évidence des évolutions, des situations cocasses, drôles….Ces transmissions
enrichissent la relation avec les familles et participent à la construction d’une relation de
confiance. Ils entretiennent une continuité entre la vie à la crèche et à la maison.
6-Le livre dans tous ses états
Le livre est un objet : il peut être regardé, manipulé, touché…Il a un rôle essentiel dans
le développement de l’enfant. Il l’aide à dépasser ses peurs, ses émotions, à apprendre, à
rêver, à s’évader, à développer sa créativité et son imaginaire. La lecture permet de préparer
les enfants à l’acquisition du langage et, plus tard, à l’apprentissage de la lecture.
Grâce à l’accompagnement de l’adulte, le fait d'écouter une histoire et de tourner les pages,
favorisent la mise en place des repères temporels pour l'enfant. Et ceci est favorisé par la
culture du livre, qui lui, est inséparable de la construction narrative : il y a un avant, un
pendant et un après. Elle est également inséparable de la mémoire des évènements du passé.
Pour comprendre chaque nouvelle situation, il faut se souvenir de ce que l’on a entendus ou lus
juste avant. L'acquisition de toutes ces informations demande du temps et un
accompagnement des adultes.17
Lire avec les tout-petits c’est le plaisir de découvrir des histoires, le partage d’émotions et
d’échanges qui en fait un moment privilégié. Le livre a une grande importance au sein de la
crèche ; des ateliers lecture sont mis en place au quotidien, sans rythme particulier, sans
moment défini à l’avance, selon les besoins et les envies des enfants. Souvent un moment « de
lecture » est proposé avant la sieste, afin de les aider à être plus calmes et détendus avant
le départ pour le dortoir.
Les enfants demandent parfois que nous leur lisions plusieurs fois par jour ou par semaine le
ou les mêmes ouvrages. Cette répétition leur permet de consolider de nouvelles
connaissances, et deviendront par la suite un jeu de mémoire en collaboration avec l'adulte.
Lire une même histoire, peut aussi se présenter comme un rituel pour un enfant. Cela le
rassure et le met en position de sécurité.
Si l'histoire nous parait répétitive nous essayons d’innover le récit, par des marionnettes, des
intonations différentes ou par poser des questions sur l'histoire aux enfants.
L’ennui peut être bénéfique et permet au cerveau, très actif durant cet état, de traiter un
grand nombre d'informations liées à nos expériences ou souvenirs et de les associer pour
construire de nouvelles idées. Il va stimuler la créativité grâce à de nombreuses pensées.
Au sein des Gar’nements, le livre a une place centrale au quotidien. Nous avons le projet de
mettre en place un espace en accès libre, où nous pourrions renouveler les propositions.
De plus, une professionnelle va régulièrement à la médiathèque afin de renouveler davantage
nos ouvrages. Le projet serait de réinstaurer un partenariat avec celle de Mallemoisson afin
de pouvoir s’y rendre avec un petit groupe d’enfants.
La crèche a également établi un partenariat avec l’UDAF, dans le cadre du dispositif « lire et
faire lire ». Il se concrétise par la venue hebdomadaire d’une bénévole, qui conte des
ouvrages aux enfants. Nous souhaitons faire évoluer ce projet à destination des familles,
avec le prêt de livres que l’UDAF met à notre disposition dans une petite valise, et que nous
utilisons régulièrement. De plus, nous souhaiterions inviter les parents lors d’ateliers avec
notre conteuse. Afin de travailler sur la continuité crèche-maison, nous l’invitons à tous nos
moments festifs, durant lesquels elle propose une petite animation littéraire.
7-L’alimentation
Au-delà d’un besoin physiologique le repas répond à un plaisir oral essentiel pour
l’enfant. Cette satisfaction lui rappelle la succion : elle le place dans un état de sécurité et de
bien-être. Ce plaisir est un facteur dynamisant grâce auquel il éprouve le désir de se tourner
vers le monde extérieur. L’enfant a un goût prononcé, plus de 10 000 cellules gustatives, alors
que l’adulte n’en possède que la moitié. Ce sens, très développé, est souvent difficile à
satisfaire. C’est pourquoi le plaisir est primordial dans l’alimentation. Le but étant de18
maintenir l’équilibre entre le plaisir et l’alimentation. Le plaisir et la nourriture sont liées dès
les premières semaines de vie, de la « tétée nourriture » couvrant sa faim au «
suçotement plaisir » qui traduit la relation d’amour avec sa maman.
Quelque soit l’âge de l’enfant, le repas est un moment très important de la journée. C’est un
temps rempli d’affect où se jouent et se rejouent des instants primordiaux, tel que le lien
maternel. En collectivité, l’enjeu est donc différent car les parents ne sont pas présents, et
la relation à l’adulte est d’un autre ordre. Cela reste néanmoins un moment où l’enfant
retrouve ou recrée une relation avec l’adulte. Il va tester la solidité et la fiabilité des limites
établies. De ce point de vue, il est essentiel que les professionnels offrent un cadre
sécurisant et sécurisé avec des règles communes. Cette cohérence éducative participe à la
construction pour l’enfant de la sécurité affective. Le repas constitue un support à partir
duquel il peut expérimenter son environnement et ses capacités.
L’autonomie est favorisée afin de rendre l’enfant le plus acteur possible. Au sein des
Gar’nements, un travail a été fait dans cet objectif en débutant par un aménagement de
l’espace et du mobilier davantage approprié. Les enfants vont en petit groupe au repas après
s’être lavé les mains. Ils se servent seuls les plats qui leur sont proposés et sont libres de
manger avec leurs doigts, de refuser de manger un aliment…. La position de l’adulte est
primordiale, il s’agit d’inviter les enfants à goûter avec plaisir les aliments proposés sans
forcer ou exercer une pression quelconque du type : pas de dessert si tu ne manges pas le
plat. L’utilisation des couverts se fera progressivement. Le système de la « double cuillère »
est un moyen supplémentaire pour accompagner les enfants. Il est important de préciser que
« manger avec ses doigts », « patouiller » dans son assiette, lui permet d’éveiller ses cinq
sens. Cela l’aide à découvrir et différencier les textures, la chaleur des aliments. La
manipulation favorise la motricité fine, qui sollicite les petits muscles des doigts. Si cette
étape lui est refusée, l’enfant exprimera son mécontentement en transformant les repas en
épreuves de force.
Le mobilier et l’aménagement d’espace, a pour but de créer pour chaque table un
environnement privilégié favorisant les échanges entre enfants et avec le professionnel. Le
confort de chacun a d’ailleurs été pensé. Le repas peut être ainsi un moment de plaisir et de
complicité.19
Pour le groupe des plus grands, le repas s’échelonne de 11h15 à 12h15 environ. Cela dépend de
plusieurs facteurs : les activités qui ont été proposées le matin, l’état de fatigue des enfants,
leur nombre, et surtout en fonction du moment de l’année ….En effet, nous essayons de nous
adapter au groupe, à leur rythme et besoin. Ils quittent donc le repas également en petits
groupes.
Pour les plus petits, le repas est à la demande et l’organisation de ce moment est toujours
fonction des besoins et rythmes des enfants. A ce propos, les plus grands de ce groupe,
prennent leur repas dans l’espace cuisine plutôt que de rester dans la pièce de vie. Cela a une
double utilité : permettre aux enfants de sortir de cette pièce, et rester en relation
privilégiée avec un adulte du fait de l’absence des autres enfants.
A la fin du repas, un gant leur est donné pour qu’ils puissent se nettoyer seuls pour les plus
grands devant un miroir. Ainsi, ils peuvent progressivement appréhender leur schéma corporel
de façon plus ludique. Les plus petits sont aidés dans cette tâche par un adulte qui verbalise
l’action.
Pour mettre en place les repas, l’équipe de la crèche se base sur un tableau d’introduction des
aliments et des textures généralisées, tout en s’adaptant à chaque enfant et chaque
situation. Pour cela, le professionnel et les parents établissent en premier lieu le régime
alimentaire de l’enfant en répertoriant les aliments introduits, les textures, les quantités, les
horaires de repas, les habitudes en général afin que l’on puisse au mieux répondre aux besoins
de celui-ci. Il est important que cette fiche d’informations soit remise à jour en suivant son
évolution. Nous partons du principe que les introductions de nouveaux aliments et textures
sont faites par les parents à la maison, puis nous pouvons poursuivre à la crèche. Nous
sommes vigilantes à la présentation des aliments et veillons à ne pas mélanger les saveurs en
utilisant l’assiette compartimentée.
Nous faisons un point régulier avec nos fournisseurs afin de réajuster au besoin les menus et
les produits proposés, pour le repas et le goûter. Le travail avec une nutritionniste nous a
permis de mettre à jour nous connaissances.
8-Le sommeil
Les temps de repos tiennent une place importante dans la vie du jeune enfant, et par
conséquent durant la journée en crèche. Cela conditionne pour lui l’ensemble de ses
acquisitions et son développement.
Le sommeil est une phase de construction et de récupération essentielle pour lui. Il a
plusieurs rôles dans son développement. Il s’agit d’un temps de repos, un moment où le
cerveau ralentit son activité mais il permet aussi la sécrétion de l’hormone de croissance. Le20
sommeil est aussi indispensable pour la maturation cérébrale et joue un rôle essentiel dans le
processus de mémorisation.
Chaque enfant a un rythme de sommeil qui lui est propre, avec « de gros » et des « petits »
dormeurs ; cependant nous pouvons dégager quelques repères :
-Le nouveau-né a un rythme de sommeil régulé par ses besoins alimentaires.
-Entre 6 mois et 4 ans, l’enfant va réduire progressivement son temps de sommeil,
passant de 3 à 4 siestes/ jour à 2 vers 12 mois et 1 vers 18 mois. Par contre, la durée totale
de sommeil ne diminue que faiblement.
-À 6 mois, un enfant dort en moyenne 15h/jour, et à 2 ans il dort 13h/jour en moyenne.
Entre 3 et 4 ans il dort 12h/jour.
L’installation de l’enfant lors des siestes contribue au sentiment de sécurité nécessaire à son
endormissement comme les rites d’endormissement. Nous lui proposons un objet familier pour
faciliter ce moment de séparation, la place du « doudou » et de la « sucette » sont encore là
très importants. Nous restons vigilantes à la taille et à la possible dangerosité des doudous
(foulards…). Le respect des règles de sécurité pour le couchage sont également importantes
(température de la pièce, feuille de surveillance, surélever le lit si nécessaire, pénombre…).
Ce temps de coucher doit être agréable et non une punition. La période d’adaptation de
l’enfant joue un rôle significatif dans le sommeil, elle permet de connaître ses habitudes de
vie, mais aussi de le sécuriser pour qu’il se sente à l’aise avec les professionnels.
Notre accompagnement au sommeil des enfants au sein de la crèche les Gar’nements tente de
tenir compte de ces éléments. Pour le groupe des bébés, le coucher se fait de façon
individualisé, en respectant autant que possible le rituel d’endormissement de l’enfant. Le
travail avec les familles peut vraiment nous aider dans cette période complexe pour lui afin
qu’il accepte de lâcher prise et de s’endormir. Certains rituels à la maison sont transférables
d’autres non, certains fonctionnent uniquement dans un lieu…. et surtout le rythme et les
besoins de l’enfant évoluent de façons significatives, ce qui implique une adaptation
permanente de l’équipe. Nous sommes attentives aux premiers signes d’endormissement afin
de respecter au mieux leur sommeil.21
Pour les plus grands, les enfants vont en petit groupe se coucher. Après un temps de change,
les plus petits ou ceux qui manifestent le plus de fatigue, vont avec un professionnel tout
doucement se reposer avec leur doudou et sucette. Le fait de partir en petit groupe permet à
l’adulte d’être disponible pour répondre aux besoins de façon individualisée.
Là encore, l’ensemble de l’équipe tente au mieux de respecter les rituels, les rythmes de
chacun. Lorsque l’enfant en a besoin, un professionnel reste à côté de lui, le berce…Ils se
réveillent de façon échelonnée.
Un membre de l’équipe est présent tout au long de la sieste. Lorsqu’il n’y a plus que quelques
enfants au dortoir et que la majorité d’entre eux sont réveillés, la porte reste ouverte avec
la surveillance et la collaboration de l’équipe des bébés. Le couloir est fermé par un portillon
pour une question de sécurité.
9-La propreté : apprentissage ou acquisition ?
Cette étape est très importante pour l’enfant car elle peut générer beaucoup
d’émotions positives ou négatives qui vont laisser dans son subconscient un impact de la même
teneur. C’est en ce sens que notre accompagnement, en lien avec les parents, joue un rôle
significatif. Ce moment doit être vécu sereinement pour l’enfant, ses parents et en équipe.
Nous tentons de respecter le rythme, le besoin de chacun dans le groupe. Dans ce domaine,
comme dans tous les autres, nous ne devons exercer aucune pression, contrainte ou forme de
chantage. Il ne s’agit pas non plus d’anticiper cette étape, l’enfant sera en capacité de nous
faire comprendre qu’il est prêt. Nous sommes attentifs à certains signes qui peuvent indiquer
cela. En effet, la maturation neuromusculaire (contrôle des sphincters) est associée à une
maturité intellectuelle, qui va lui donner la possibilité de comprendre et de s’exprimer. C’est
en ce sens que l’on parle d’acquisition et non d’apprentissage. L’enfant n’apprend pas à être
propre.
Un enfant qui demande régulièrement à aller aux toilettes, qui a souvent la couche sèche, le
fait de monter les escaliers en quinconce, ou de faire du vélo, sont autant de signes, que nous
pouvons observer et partager en équipe, puis transmettre aux parents. Nous poursuivons
cette étape à la crèche dès qu’à la maison, espace qui représente un lieu de vie sécurisant, il a
déjà « réussi » cette expérience durant au moins plusieurs jours.
Si au contraire nous observons que dans ce lieu collectif, il n’est pas encore prêt, nous en
référons aux parents, sans jamais dévaloriser ou juger les familles. Par expérience, nous
savons que souvent l’enfant n’a pas une évolution constante. Certains éléments de vie viennent
perturber ses avancées (arrivée d’un autre enfant, déménagement, événement familial…) et
réactiver un besoin de réassurance, en se raccrochant aux repères. Il va chercher ce qu’il
connaît pour mieux supporter la nouveauté et l’angoisse qu’elle peut procurer. Pour autant, il
est nécessaire de rassurer les parents car lorsqu’il est dans cette posture, l’enfant ne perd
pas ses acquis. C'est une manière pour lui de s'exprimer. A nous d'y être attentif et22
compréhensif.
Rappelons que si l’enfant ressent une pression ou un sentiment d’échec, il risque d’intérioriser
cette sensation négative qui va lui renvoyer une image décevante de lui. Il peut aussi devant
la pression et l’enjeu, notamment pour des parents qui s’inquiètent de la future entrée à
l’école, passer cette étape avec des difficultés associées.
Il est important dans cet accompagnement de respecter son intimité et de lui permettre
d’être acteur. Le plaisir, le jeu, reste encore et toujours, un chemin vers lequel nous suivons
l’enfant. La posture de l’adulte est très importante car il doit verbaliser, encourager,
rassurer l’enfant, sans ajouter une pression supplémentaire.
Afin de préserver l’intimité de chacun, nous avons fait installer de petites cloisons entre les
sanitaires. Pour favoriser l’autonomie des enfants, nous les faisons montrer par les escaliers
du plan de change, et nous nous efforçons de les changer debout lorsque cela est possible.
Allons un peu plus dans les détails, vers l’âge de 2 ans l’enfant entre progressivement dans le
« stade anal » qui se concrétise par les premières questions autour de la propreté. Pour la
toute première fois, l’enfant va avoir le choix de faire ou de ne pas faire quelque chose, que
personne ne pourra faire à sa place. Il va découvrir que les adultes attendent un
comportement de sa part, et il pourra donc selon sa volonté satisfaire ou non cette demande.
Cette phase est compliquée pour l’enfant car la réponse des adultes est difficile à cerner
pour lui. En effet, quand il fait caca dans son pot, l’enfant fait un cadeau aux adultes, il
répond à leur demande ; les adultes le féliciteront mais ils feront disparaître juste après les
selles dans les toilettes. L’enfant lui est habitué depuis son plus jeune âge au fait que ses
parents gardent ses cadeaux, il ne comprend donc pas la réponse que lui apporte l’adulte.
Pendant cette phase, l’enfant va aussi expérimenter le pouvoir qu’il peut avoir sur autrui. Il va
comprendre qu’il pourra répondre favorablement ou refuser une demande.
Tous les jeux de pouvoir s’installent durant cette même période, c’est le « stade du Non »,
l’enfant apprend à s’opposer, exprime sa colère et en découvre les conséquences. Il sent le
pouvoir qu’ont les autres sur lui, tâche d’y résister, de s’en protéger. La manière dont le jeune
enfant traverse cette période aura des répercussions sur sa conception ultérieure des jeux
de pouvoir. Il retiendra « qui a du pouvoir sur qui » et « qui est plus fort que qui », ce qui
explique la recherche du pouvoir, que ce soit de manière tyrannique, déguisée ou
manipulatrice, les comportements violents ou non et les attitudes de soumissions.
De plus, pour l’enfant les selles constituent une partie de lui qui se détache. C’est en ce sens,
que nous l’impliquons en lui laissant tirer la chasse, de façon symbolique il peut accepter que
cet élément s’éloigne de lui et son angoisse diminue. Une fois encore la posture de l’adulte est
essentielle.23
10-Quelques petits éclairages
Les écrans :
Un projet dans le cadre d’ateliers parents que nous avons est de travailler la place des écrans
avec les familles pour les jeunes enfants.
La motricité libre :
La motricité libre consiste à laisser libre de ses mouvements un jeune enfant, afin qu’il
acquière progressivement par lui-même, la connaissance de son corps. C'est aussi lui
permettre de se développer en toute confiance et à son rythme, et de prendre conscience du
pouvoir qu'il peut avoir dans son environnement et son espace.
Cette dynamique se concrétise en premier lieu par un aménagement d’espace adapté puis par
une posture de l’adulte.
La motricité libre contribue aussi à une autonomie physique (capacité à effectuer seul des
actes psychiques de la vie courante comme se déplacer, manger, …) ainsi qu’une autonomie
psychique (capacité cérébrale permettant de maîtriser des actes de la vie, d'être capable de
décider par soi-même). Elle commence dès que l'enfant dit « je » et qu’il a confiance en lui.
Pour cela, il faut l’encourager pour le mettre en sécurité tout en lui apportant une aide en
cas de difficulté ou d'incapacité à faire. C’est donc, le laisser apprendre tout seul et ne pas
faire à sa place.
Dès les premiers mois, le nourrisson a besoin d'être entouré physiquement pour se constituer
une sécurité affective. Cette sécurité de base acquise, l'enfant va pouvoir ensuite
s'exprimer par sa motricité. Cette étape est fondamentale et cruciale car elle va lui
permettre d'être libre de ses mouvements : le laisser bouger, explorer l'espace, saisir les
objets, les relâcher, sentir les formes, les textures,... Il peut donc tester les limites de son
corps et expérimenter de nouvelles positions librement.
C’est en ce sens, qu’il est nécessaire de ne pas anticiper les acquis de l’enfant. Cela le freine
dans son évolution motrice. En effet, c'est prendre le risque de le priver des expériences
sensorimotrices qui sont essentielles à une bonne connaissance de lui-même.
Nous avons pu observer en structure petite enfance, que nous nous heurtons à une difficulté
récurrente : l’enfant est en posture assise à la maison sans la maitriser, et le temps d’accueil24
à la crèche devient complexe car il souhaite que nous fassions de même. Nous pensons bien
agir en permettant à l'enfant d'explorer le monde comme nous pouvons le percevoir debout
en tant qu'adulte. Cependant, pour rester cohérent avec la notion de bientraitance, nous ne
positionnons pas l’enfant ainsi, tant qu’il n’est pas en capacité physique de le faire seul. Dans
cette situation, le travail en collaboration avec les parents est essentiel car il permet de
transmettre nos valeurs.
En équipe nous tentons de développer des stratégies pour donner envie à l’enfant de se
mouvoir et de ne pas rester bloqué dans une posture. Nous pouvons le porter pour recréer
une sécurité affective, tout en l’incitant à trouver du plaisir dans d’autres positions. C'est
avancer progressivement avec lui. Les sensations dans ses pieds, ses jambes et son bassin lui
sont nécessaires pour aller plus loin dans les explorations sensorimotrices qui lui permettront
de retrouver une autonomie psychomotrice, qui le mènera vers une marche harmonieuse et un
équilibre rassurant.
Nous pouvons mettre en place quelques exercices pour accompagner l’enfant :
-se retourner sur le ventre puis revenir sur le dos : nous mettons l’enfant couché sur un tapis
avec quelques jouets autour de lui pour l’éveiller et lui permettre d’aller les chercher.
-ramper : nous installons l’enfant sur le sol pour qu’il puisse mieux se mouvoir sans être bloqué
par un tapis, ce qui lui permet de se déplacer par reptation dans la pièce de vie.
-se mettre à quatre pattes : nous lui laissons l’espace, le temps nécessaire, et proposons des
activités psychomotrices pour lui permettre la maîtrise de son équilibre pour l’acquisition de
la marche.
-se mettre debout avec appui : nous proposons à l’enfant des meubles, table
rebords ...etc...pour lui permettre de l’aider à se relever ainsi cela lui permettra de renforcer
les muscles de ses jambes et de trouver son équilibre.
-puis acquérir la marche…nous laissons l’enfant faire ses propres expériences en
l’encourageant dans ses prises de risques et en veillant à sa sécurité.
La motricité libre continue après l’acquisition de la marche en permettant aux enfants plus
grands d’expérimenter leur propre corps dans divers activités psychomotrices : la
gymnastique, la draisienne, le vélo, le toboggan…
A la crèche les Gar’nements, nous proposons un aménagement de l’espace, modulable selon
l’âge, propice à des expérimentations corporelles et sensorielles. Nous laissons l’enfant faire
ses propres expériences en toute bienveillance par notre présence, notre soutien et nos
encouragements.
L’égalité fille-garçon
Au sein de la crèche nous veillons au quotidien à maintenir l’égalité fille-garçon que ce soit
dans nos actions ou nos discours. Ce travail nous le menons également en direction des25
familles qui parfois véhiculent des stéréotypes notamment sur le choix des jeux. Nous
insistons alors sur le fait que tous est asexués au sein de la crèche.
L’environnement
Le travail mené depuis un an avec le CODES « un environnement sain pour nos bambins »
contribue à une formation des professionnels en faisant évoluer les pratiques. Cette action
est également en direction des familles par le biais d’ateliers pédagogiques. En effet, cette
démarche en faveur de l’environnement a contribué à utiliser des produits nettoyants et
d’hygiène plus respectueux.
De plus, nous travaillons davantage avec des entreprises locales, nous privilégions les circuits
courts et les aliments de saisons par exemple.
Cette démarche nous a également amené à réfléchir quant à la performance énergétique de
l’établissement (travaux d’isolation, changement baie vitrée-menuiseries …).
Nous tentons de diminuer les impressions en remplaçant par des mails par exemple.
V/ La place des parents :
Comme nous le soulignions précédemment les parents restent les premiers éducateurs
de leur enfant. Notre rôle est de les accompagner et de les rassurer sans jugement ni
intrusion, en partageant/croisant nos observations et nos connaissances pour comprendre
certaines situations.
Parfois, les parents ont une représentation et ne connaissent pas forcément les contraintes
de la collectivité. Nous pouvons proposer des solutions en leur présentant une journée type et
les règles de la vie en collectivité, lors d'une réunion, par exemple. Nous pouvons également le
travailler ensemble sous forme de plaquettes ou de documents affichés au sein de
l’établissement.
De plus, les demandes, attentes et besoins des parents diffèrent : certains d'entre eux
attendent des transmissions très précises alors que d'autres veulent savoir si la journée
s'est bien passée. C’est à nous de nous adapter à chacun.
Le partenariat parents/professionnels est indispensable pour établir une relation de
confiance qui va porter l’enfant. Cette dynamique positive facilite également notre
accompagnement. C’est en ce sens que nous essayons d’ouvrir le plus possible nos portes aux
familles, afin de travailler en transparence. Ouvrir nos portes se manifeste aussi, au
quotidien lors des accueils, en invitant les parents à accéder à la pièce de vie où se trouve
leur enfant. Ce lien se concrétise aussi lors de festivités où les familles sont conviées et
incitées à participer. Nous avons d’ailleurs le projet, au sein des Gar’nements, de proposer
des ateliers à destination des familles afin de favoriser la relation de confiance au bénéfice
de tous.
De manière générale, la communication est évidement le pilier. Elle se concrétise donc de26
façon orale au quotidien mais également par le biais de mails, du tableau d'affichage, de
rendez-vous plus formels et de réunions.
Le conseil de crèche
Le conseil de crèche est une instance de représentation des parents qui nous parait
indispensable. Sa mise en œuvre est très récente. Il s’agit de permettre aux parents
d’intervenir dans la vie de l’établissement, de mieux comprendre le fonctionnement et les
décisions qui sont prises. Cela contribue à répondre aux questionnements et à partager
ensemble notre pratique, toujours avec l’idée de transparence.
Après l’élection de deux parents choisis par les familles et d’un à deux professionnel,
l’instance peut débuter avec la participation de la direction de la crèche. Deux à trois
réunions par an favorisent ce lien.
VI/L’accueil d’une famille d’ont l’enfant à des besoins particuliers et prévention:
Nous accueillons des enfants qui bénéficient d’un PAI (Protocole d’Accueil
Individualisé) qui est un document qui permet d’accompagner au mieux l’enfant dans un
univers collectif. Nous utilisons différents supports pour diffuser l’information en équipe et
être capable d’agir au quotidien et en cas d’urgence si besoin. L’appui de notre infirmière et
du Médecin référent est essentiel.
Le travail avec le CAMPS nous permet également de bénéficier d’un appui en cas de besoin et
d’espaces d’échange pour sans cesse réfléchir ensemble à nos pratiques auprès de l’enfant.
De manière générale, nous partons du postulat que chaque enfant est différent et peut avoir
des besoins particuliers que nous tentons de prendre en compte dans un environnement
collectif. Dans ce cas, cela implique de s’adapter à des enfants même si il n’y pas de
diagnostic et/ou de prise en charge du secteur de santé. Cela est possible si l’on instaure
avec les parents une relation de confiance permettant une collaboration.
Notre travail de prévention est également important même si nous n’en avons pas
toujours conscience. La formation permet d’une part de ne pas basculer dans le jugement et
d’autres parts d’adapter notre posture professionnelle auprès des enfants et dans le discours
auprès des parents. Le travail d’équipe vient enrichir le regard porté sur chacun grâce à nos
observations et analyses croisées.
VII/Les prestations d’accueils proposées :
Afin de permettre aux parents de mieux concilier vie professionnelle et vie familiale,
nous avons pris la décision de proposer uniquement des contrats dits non mensualisés. Les
parents transmettent un planning au mois en précisant les jours et horaires de présences.27
Ce contrat a une influence positive car il est plus flexible et donc en adéquation avec les
besoins des parents. Il diminue la « surconsommation » d’heures imposées à l’enfant non
nécessaire, liée à une réservation fixée pour la durée du contrat et diminue la facturation. De
notre part, cela a diminué de façon importante l’écart entre les heures réalisées et
facturées. Ce type de contrat n’est pas sans contrainte car il implique plus de travail
administratif de saisi par exemple.
Avec toujours l’idée d’améliorer l’accompagnement des familles, nous avons modifié deux
éléments : une facturation qui est passée de la demi-heure à 15 minutes et une absence de
carences en cas de maladie justifiée avec un remboursement dès le premier jour.
Nous proposons des accueils d’urgence, validés par notre coordinatrice petite enfance, dans
les situations familiales identifiées comme telles. Ces contrats d’un mois renouvelable jusqu’à
3, laissent le temps aux parents, soit de trouver une autre solution, soit d’avoir une place
dans l’établissement.
Nous proposons également de l’accueil occasionnel, en essayant de maintenir une régularité de
présence pour l’enfant. Cela permet à des enfants de faire une première expérience de
socialisation et à des parents de débuter une démarche de recherche d’emploi par exemple.28
ANNEXE 1
Les commandements du travail en équipe
- Confidentialité, tu respecteras.
- Ponctuelle, tu seras.
- Des projets à terme, tu mèneras.
- Avec tes collègues, en collaboration tu travailleras et tu communiqueras.
- Être à l'écoute et tolérante de ton équipe, tu sauras.
- Demander de l’aide, tu n’hésiteras pas.
- De bonnes relations, tu instaureras. Ta vie personnelle, derrière toi tu
laisseras.
-Toujours propres et rangées les pièces, tu laisseras.
-L’équipe d’une même voix parlera et agira. A tes collègues, confiance tu feras.
-Tout au long de la journée la bonne humeur, tu garderas.
ANNEXE 229
Les commandements du travail auprès des enfants et
de leur famille
- Bienveillante, tu resteras.
- Une relation de confiance, tu créeras.
- Sans jugement, l’enfant et sa famille, tu accueilleras.
- Être à l'écoute, Patiente, et tolérante tu seras.
- Toujours disponible et accueillante, tu resteras.
- Donner de bons conseils, tu sauras. Des règles de vie claires, tu établiras.
- Faire preuve de professionnalisme, tu sauras. La distance professionnelle, tu
garderas.
-A la sécurité toujours tu veilleras.
-Dans son évolution, l’enfant tu guideras, jamais à sa place tu ne feras.
Pour finir : ton sourire, encore et toujours, tu offriras !
ANNEXE 330
La charte nationale
L’accueil de qualité en France doit répondre dans tous les lieux d’accueil, aux 10
grands principes suivants :
1. Pour grandir sereinement, j’ai besoin que l’on m’accueille quelle que soit
ma situation ou celle de ma famille
2. J’avance à mon propre rythme et je développe toutes mes facultés en
même temps : pour moi, tout est langage, corps, jeu, expérience. J’ai be-
soin que l’on me parle, de temps et d’espace pour jouer librement et pour
exercer mes multiples capacités
3. Je suis sensible à mon entourage proche et au monde qui s’offre à moi. Je
me sens bien accueillie quand ma famille est bien accueillie, car mes
parents constituent mon point d’origine et mon port d’attache
4. Pour me sentir bien et avoir confiance en moi, j’ai besoin de profession-
nels qui encouragent avec bienveillance mon désir d’apprendre, de me so-
cialiser et de découvrir
5. Je développe ma créativité et j’éveille mes sens grâce aux expériences
artistiques et culturelles. Je m’ouvre au monde par la richesse des
échanges interculturels
6. Le contact réel avec la nature est essentiel à mon développement
7. Fille ou garçon, j’ai besoin que l’on me valorise pour mes qualités person-
nelles, en dehors de tout stéréotype. Il en va de même pour les profes-
sionnels qui m’accompagnent. C’est aussi grâce à ces femmes et à ces
hommes que je construis mon identité
8. J’ai besoin d’évoluer dans un environnement beau, sain et propice à mon
éveil
9. Pour que je sois bien traité, il est nécessaire que les adultes qui
m’entourent soient bien traités. Travailler auprès des tout-petits néces-
site des temps pour réfléchir, se documenter et échanger entre collègues
comme avec d’autres intervenants
10. J’ai besoin que les personnes qui prennent soin de moi soient bien
formées et s’intéressent aux spécificités de mon très jeune âge et de ma
situation d’enfant qui leur est confié par mon ou mes parents.