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Document publié le Jeudi 1 janvier 2026 par la commune de Marie.
Lien du pdf (Conseil Municipal - discours du 8 mai 2026)
Thèmes du document : Féminisme, Libertés publiques, Égalité et non-discrimination,
Mesdames et Messieurs les représentants des Anciens Combattants,
Mesdames et Messieurs les représentants de la Gendarmerie et des Sapeurs-pompiers, et des associations locales,
Mes chers collègues du Conseil Municipal,
Mesdames, Messieurs amis de Marie et Mariols,
Le 8 mai 1945, à Berlin est signé la capitulation sans conditions de l’Allemagne nazie. Enfin s’achevait les années de terreur, de souffrance, de spoliation irréparable et de privations pour tous les Français. Ce fut la fin d’un conflit mondial qui avait commencé en septembre 1939, et qui allait laisser derrière lui des champs de ruines, des douleurs et des cicatrices profondes. Plus de 50 millions de morts, des villes anéanties, des familles dispersées, des peuples meurtris.
Aujourd’hui, nous tous Mariols et amis devant ce monument aux morts, nous commémorons avec émotion le 81ème anniversaire de la victoire des forces alliées contre le nazisme et la barbarie.
81 ans… Depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, celle que l’on nomme communément « la dernière guerre » … avec cette certitude qu’une telle horreur ne saurait se reproduire.
81 ans… le temps d’une vie. Une vie pour penser à toutes celles sacrifiées sur l’autel de la folie de quelques hommes.
Des vies sacrifiées pour que nous puissions vivre la nôtre, les nôtres, depuis 81 ans. Ces vies, nous les avons mises à profit, pour construire la démocratie. Mettre en place la sécurité sociale, les congés payés, le droit de vote des femmes, la recherche de la justice sociale, de l’égalité dans tous les domaines, même s’il reste bien des choses à construire.
81 ans… de progrès, pas toujours au même rythme, mais avec une constante, une pensée devenue tellement naturelle, que nous n’y faisions plus attention : la paix, comme condition préalable à tout cela, à toutes ces vies, à tous ces progrès.
En cette journée, nous commémorons donc ces 81 ans de paix, en même temps que les vies perdues qui les ont rendues possibles, mais nous le faisons le coeur plus lourd qu’il y a 10 ans. Le 8 mai 2016, j’évoquais déjà ici devant vous le combat toujours nécessaire pour défendre les valeurs portées par les combattants et les résistants de 39/45, combattre certains discours xénophobes et intolérants, qui commençaient à se faire jour.
Alors ce jour, ce lieu, nous rappellent le prix de notre liberté et la nécessité de ne jamais oublier ceux qui l’ont gagnée pour nous.
Nous pensons d’abord à ces soldats, ces populations civiles et ces innocents qui ont perdu la vie, à ceux qui ont souffert, et à tous ceux qui ont résisté, sans renoncer à l’espoir. Leur courage a permis à notre nation de survivre, de se relever, et leur héritage continue d’éclairer notre présent.
Mais ce jour est aussi une invitation à l’action, car la paix n’est pas donnée : « Il n’y a pas de chemin vers la paix, la paix est le chemin ». Elle se construit chaque jour, dans le dialogue, le respect des droits humains, et le refus des violences et des divisions. La démocratie et la liberté exigent vigilance, solidarité et responsabilité.
Aujourd’hui, nous plaçons aussi notre regard sur ceux qui derrière le général Charles de Gaulle, dans les heures les plus sombres et tristes de notre histoire, ont refusé de subir l’occupation nazie et ont lutté contre la barbarie pour bâtir une France à nouveau libre, parmi eux, les soldats desforces françaises libres (3 000 hommes l’été 1940 et 70 000 en 1943) les résistants avec en particulier les grands noms qui ont donné une voix à la résistance tels Jean Moulin, Lucie Aubrac, Pierre Brossolette, mais aussi tous ces résistants anonymes, ces hommes et ces femmes ordinaires qui ont fait des choses extraordinaires dont le courage et le dévouement restent des sources d’inspiration. Nous en avons un bel exemple avec l’Abbé Barin, « Juste parmi les Nations », sauveur de juifs, ici à Marie, à quelques mètres de ce monument, qui avec la complicité de Mariols a caché et sauvé des familles, une plaque de marbre en témoigne et nous rappelle l’importance du courage partagé par les Mariols et le prêtre.
Il est aussi nécessaire de rappeler ces noms qui s’identifient à l’horreur : Dachau, Buchenwald, Auschwitz, Mauthausen, Ravenbrück, et bien d’autre encore, horribles théâtres de génocides perpétrés auprès des populations tziganes, des homosexuels, des handicapés, et de la solution finale visant à exterminer les juifs d’Europe, une bien triste évocation de ce que peut engendrer la haine et l’intolérance si elles ne sont pas combattues.
Soyons très vigilants et luttons contre ces idées négationnistes qui se répandent dangereusement. Entendons et écoutons les derniers témoins en vie qui nous exhortent avec résilience et humanité à défendre la dignité humaine et à lutter contre toute forme d’antisémitisme et de discrimination envers l’être humain.
N’oublions pas ces Mariols, Roger Bibiano, Jules Blanc, Angelin Donadeï, Alex Steppel, prisonniers dans des stalags allemands, revenus marqués, à jamais, par ce qu’ils avaient enduré et vu durant 5 longues années.
Ces combats et ces gestes exemplaires s’inscrivent dans les valeurs républicaines qui fondent notre nation : liberté pour chacun dans le respect des droits fondamentaux ; égalité des droits et des chances ; fraternité qui unit toutes les différences ; laïcité qui garantit la neutralité de l’État et la liberté de conscience ; solidarité qui porte chacun lorsque l’autre est en difficulté.
Pour éclairer notre conscience citoyenne face au monde actuel, rappelons ces quelques défis contemporains parfois très proches de nous qui appellent l’action : en Ukraine, en Afrique, au Moyen Orient, des populations, meurent, souffrent et tant de vie se trouvent menacées. Ces conflits nous touchent tous, parce que la dignité humaine ne connaît pas de frontières.
Que ce rappel nous pousse à favoriser le dialogue et à défendre les droits humains pour chacun, partout. Engageons-nous à protéger ces valeurs qui nous réunissent : la dignité de chaque personne, l’égalité des chances, et l’ouverture envers les autres. Que les leçons du passé nous guident vers un monde moins cruel, plus tolérant et plus juste.
Je conclurai par cette citation de Marc Bloch, résistant, arrêté, torturé, puis exécuté par la Gestapo le 16 juin 1944 « L’incompréhension du présent naît fatalement de l’ignorance du passé ». Souvenons-nous, souvenons-nous toujours.
Merci aux associations, aux anciens combattants, aux autorités, aux Mariols qui portent ce devoir de mémoire. Votre présence honore nos compatriotes qui ont donné leur vie pour la patrie. Vous êtes désormais les passeurs de mémoire qui rendent possible la réflexion et la sagesse qui guideront nos choix demain.
Vive la Paix, Vive Marie, Vive la République, Vive la France !