Offres
API
Connexion
Documents similaires
Conseil Municipal - acte 20095495 D
Conseil Municipal - acte 20085191 D
Conseil Municipal - acte 20085611 D
Conseil Municipal - acte 00035051 D
Conseil Municipal - acte 20110010 D
Conseil Municipal - acte 00016964 D
Conseil Municipal - acte 00106837 D
Conseil Municipal - acte 00098241 D
Conseil Municipal - acte 00009811 D
Conseil Municipal - acte 00075747 D
Conseil Municipal - acte 00035051 D
Document publié le Lundi 28 septembre 2015 par la commune de Bordeaux.
Lien du pdf (Conseil Municipal - acte 00035051 D)
Thèmes du document : Culture et patrimoine, Éducation, Médias,
EXTRAIT DU REGISTRE DES DELIBERATIONS
DU CONSEIL MUNICIPAL
___________
Conseillers en exercice : 61
Date de Publicité : 29/09/15
Reçu en Préfecture le : 29/09/15
CERTIFIÉ EXACT,
Séance du lundi 28 septembre 2015
D - 2 0 1 5 / 3 9 2
Aujourd'hui 28 septembre 2015, à 15h00,
le Conseil Municipal de la Ville de Bordeaux s'est réuni en l'Hôtel de Ville, dans la salle de ses séances, sous la présidence de
Monsieur Alain JUPPE - Maire
Interruption de séance de 16h35 à 16h40
Etaient Présents :
Monsieur Alain JUPPE, Madame Virginie CALMELS, Monsieur Nicolas FLORIAN, Madame Alexandra SIARRI, Monsieur Didier CAZABONNE, Madame Anne BREZILLON, Monsieur Fabien ROBERT, Mme Anne-Marie CAZALET, Monsieur Nicolas BRUGERE, Madame Brigitte COLLET, Monsieur Jean-Louis DAVID, Madame Emmanuelle CUNY, Monsieur Stephan DELAUX, Madame Nathalie DELATTRE, Monsieur Marik FETOUH, Madame Laurence DESSERTINE, Monsieur Jean-Michel GAUTE, Madame Magali FRONZES, Monsieur Pierre LOTHAIRE, Madame Emilie KUZIEW, Monsieur Pierre De Gaétan NJIKAM MOULIOM, Madame Arielle PIAZZA, Monsieur Jérôme SIRI, Madame Elizabeth TOUTON, Monsieur Joël SOLARI, Madame Ana maria TORRES, Monsieur Jean- Pierre GUYOMARC'H, Monsieur Michel DUCHENE, Madame Mariette LABORDE, Madame Marie-Françoise LIRE, Monsieur Erick AOUIZERATE, Monsieur Philippe FRAILE MARTIN, Monsieur Gérald CARMONA, Madame Anne WALRYCK, Madame Marie-Hélène VILLANOVE, Madame Florence FORZY-RAFFARD, Madame Constance MOLLAT, Monsieur Alain SILVESTRE, Madame Marie-José DEL REY, Madame Maribel BERNARD, Monsieur Guy ACCOCEBERRY, Monsieur Yohan DAVID, Monsieur Edouard du PARC, Madame Estelle GENTILLEAU, Monsieur Marc LAFOSSE, Monsieur Yassine LOUIMI, Madame Stéphanie GIVERNAUD, Madame Solène COUCAUD- CHAZAL, Madame Cécile MIGLIORE, Madame Michèle DELAUNAY, Monsieur Pierre HURMIC, Monsieur Vincent FELTESSE, Madame Emmanuelle AJON, Monsieur Nicolas GUENRO, Madame Delphine JAMET, Monsieur Matthieu ROUVEYRE, Madame Catherine BOUILHET,
Excusés :
Monsieur Benoit MARTIN, Madame Sandrine RENOU, Mme Laetitia JARTY ROY, Monsieur Jacques COLOMBIERSchéma directeur de la lecture publique
et de la politique du livre 2015-2020
Monsieur Fabien ROBERT, Adjoint au Maire, présente le rapport suivant :
Mesdames, Messieurs,
En 2013, il s’est vendu en France près de 428 millions de livres, selon le Syndicat National des Editeurs. La littérature demeure la première industrie culturelle française. La structure économique du secteur se décline tout autant avec les incontournables maisons d’édition de Saint-Germain-des-Prés qu’avec un maillage dense d’éditeurs indépendants installés en région. La littérature est surtout la figure de proue du rayonnement culturel français dans le monde. 15 écrivains français ont ainsi été récompensés du Prix Nobel de littérature et la France est à ce titre, la nation la plus distinguée. Parmi eux, en 1952, le bordelais François Mauriac.
Bordeaux et la littérature entretiennent depuis près de deux millénaires une relation forte et fertile. Il faut certainement aller chercher son origine dans l’œuvre du poète Ausone que le monde de l’écrit tient pour le premier représentant des lettres latines de France. La Ville porte haut ses couleurs littéraires : ses universités n’ont-elles pas été baptisées du nom de Montaigne et de Montesquieu ? Bordeaux n’est-elle pas dotée très tôt (1712) d’une Académie Nationale des Sciences, Belles-Lettres et Arts, consécration d’une vie littéraire riche, encore très dynamique aujourd’hui ?
Dans le sillage des deux philosophes, Bordeaux a donné à la littérature les écrivains Jean de la Ville de Mirmont, Louis Emié, François Mauriac, Raymond Guérin ou encore Pierre Veilletet. Aujourd’hui, le monde littéraire bordelais s’ancre dans la qualité et l’importance de ses libraires et de ses éditeurs ; Mollat est la plus grande librairie indépendante de France.
L’expansion des librairies bordelaises et l’apparition de nouveaux éditeurs sont d’ailleurs allées de concert avec le développement du réseau de lecture publique de la Ville. Dès 1944, les quartiers de Bordeaux ont progressivement été équipés de bibliothèques et 1991 verra l’inauguration de la Bibliothèque centrale de Mériadeck, qui demeure la deuxième plus vaste de France.
Les Bordelais lisent et veulent faire lire. A l’aube du XXIème siècle la vie littéraire bordelaise entre en effervescence : des maisons d’éditions se créent, des auteurs BD s’installent en masse et les évènements littéraires se multiplient.
Lors de sa séance du 27 octobre 2014, le Conseil Municipal a été saisi d’un débat d’orientation culturelle destiné à bâtir le Document d’Orientation Culturelle (DOC) de la Ville de Bordeaux. Pour mémoire, il est explicitement mentionné que la Ville «élaborera un Schéma directeur de la lecture publique et de la politique du livre». Véritable outil structurant, ce Schéma prend appui sur la richesse des actions et outils existants qu’il convient de préserver en proposant de nouveaux développements tant dans le domaine de la lecture publique que de la politique du livre dans un cadre budgétaire forcément contraint.
Il vous est aujourd’hui proposé d’adopter ce Schéma.
La lecture publique : une politique accessible et innovante
Riche d’un ensemble de dix bâtiments (parmi lesquels la deuxième bibliothèque municipale de France en surface, celle de Mériadeck), d’une bibliothèque mobile (le bibliobus) et de multiples actions menées hors-les-murs, la Bibliothèque municipale de Bordeaux constitue le premier réseau culturel de proximité à travers la ville. Et c’est un réseau qui va continuer de se densifier et de se diversifier pour resserrer le maillage, en phase avec les enjeux, les évolutions et les aménagements du territoire.
1. La lecture publique, établissement culturel de proximité1.1 Le maillage des bibliothèques : un réseau dense et diversifié
Alors que la bibliothèque Capucins-Saint-Michel est en cours de requalification totale de
mai à novembre 2015 (couverture, accessibilité, rénovation, réaménagement des espaces,
renouvellement du mobilier), il convient de prioriser les opérations nécessaires sur les autres
bibliothèques existantes. Celles de Bacalan et de Jardin Public nécessitent agrandissement
et mise en accessibilité et aux normes de sécurité. Elles devront, de plus, s’adapter finement
au public ; Bacalan doit être en mesure de recevoir et d’attirer les nouveaux habitants des
bassins à flots, la bibliothèque du Jardin Public, avec l’apport de l’espace du rez-de-chaussée,
pourra accueillir un rayon adulte et un rayon ados plus conséquent. Les bibliothèques de la
Bastide, Bordeaux-Lac et Grand Parc font l’objet d’études de relocalisation dans le cadre des
projets d’urbanisme portant sur les quartiers concernés.
Le réseau s’enrichira au début de l’année 2018 de l’ouverture de la bibliothèque du quartier
Caudéran, sur le site de Stéhélin, dont les travaux de construction débuteront en septembre
2016. Avec une surface de 1300 m2, il s’agira de la bibliothèque de quartier la plus étendue,
nouvelle illustration (après la bibliothèque Flora Tristan, ouverte en 2013, et ses 1000 m2)
de la « montée en gamme » des équipements de lecture publique en proximité.
Les bibliothèques éphémères, dites « biblio. » (biblio-point), ont fait leur preuve et se
poursuivront, avec les moyens nécessaires apportés par la Ville et par des partenaires. Le
biblio.sport, devenu, avec un succès croissant d’année en année, une véritable bibliothèque
saisonnière de la mi-juillet à la mi-août au sein du Quai des sports, connaît en 2015 sa
quatrième édition ; il permet de toucher un public majoritairement jeune qui reste à Bordeaux
dans la période estivale et qui est peu habitué à la fréquentation des lieux culturels.LA VILLE S’ENGAGE à renforcer et diversifier son réseau de lecture publique
Afin de rénover et mettre aux normes ses bibliothèques, la Ville se dotera
prochainement d’un schéma directeur immobilier (en voie d’élaboration) afin de prioriser ses
investissements.
Par ailleurs, après l’ouverture de la médiathèque de Caudéran, d’autres créations ex nihilo
de bibliothèques sont à l’étude sur la rive droite à l’horizon 2020-2022, dans les nouveaux
quartiers Brazza et Garonne-Eiffel, dessinant, avec la bibliothèque de la Bastide relocalisée en
un pôle culturel mutualisé avec l’antenne du Conservatoire, un « arc de la lecture publique »
rive droite.
La typologie des structures de lecture publique se complète en 2015 par l’implantation à
Bordeaux de « relais-lecture », dispositif inspiré de l’expérience positive menée au Havre.
Adossé à une bibliothèque de quartier, le relais-lecture est une structure de petite taille,
souple et réactive, qui vient s’implanter dans un lieu accueillant du public et en partenariat
étroit avec la structure municipale, associative ou autre, qui fait vivre ce lieu. Cette
nouveauté permettra de renforcer le maillage territorial et de faciliter l’accès à la lecture, sous
l’appellation générique « Lire à… ». Le projet-pilote, « Lire à Tauzin », ouvre en septembre
2015 à la maison de quartier Tauzin. D’autres implantations sont dès à présent à l’étude :
Cité municipale, centre social et familial Bordeaux Nord, aux Chartrons…
En lien étroit avec la Direction des sports, le biblio.plage a été organisé pour la première fois
en juillet-août 2015 sur la plage de Bordeaux-Lac afin d’attirer un public familial, bordelais,
métropolitain et des touristes.
Enfin, la bibliothèque mobile évoluera prochainement vers une « desserte légère » à la faveur
du remplacement du bibliobus vieillissant par des véhicules plus faciles d’utilisation, ce qui
permettra de combiner des dessertes régulières ou ponctuelles et donc d’introduire souplesse
et réactivité dans le dispositif.Le réseau des bibliothèques de la Ville est également riche des bibliothèques des divers
établissements culturels municipaux : grâce à leurs collections spécialisées, ces bibliothèques
sont complémentaires de celles de la Bibliothèque municipale et enrichissent l’offre
documentaire accessible à la population. D’ores et déjà, les fonds du Musée d’Aquitaine et du
Centre Jean-Moulin, du Conservatoire, des Archives municipales, de l’Ecole des Beaux-Arts
et du Jardin Botanique, sont répertoriés dans le catalogue des collections des Bibliothèques
de la Ville. Cette action va se poursuivre pour inclure au catalogue les bibliothèques des
autres établissements : CAPC, Muséum d’histoire naturelle, Musée des Beaux-Arts et Musée
des Arts décoratifs. La riche bibliothèque historique des Archives municipales sera bientôt
accessible au public dans le nouveau bâtiment des Archives sur la rive droite, qui accueillera
également les archives de Bordeaux Métropole et de plusieurs communes ayant fait le choix
de la mutualisation. Les Archives municipales enrichissent également un portail internet
donnant accès à un nombre croissant de sources historiques numérisées.
1.2 Donner l’envie de lecture à tous
Si la Bibliothèque municipale sort ainsi de ses murs pour aller vers les publics dans les lieux
qu’ils fréquentent, c’est aussi dans ses locaux-mêmes qu’elle affiche sa nouvelle image. Les
bibliothèques (qu’on appelle en d’autres endroits des médiathèques, mais la réalité est la
même) veulent être des lieux accueillants, attractifs, accessibles à tous, bien aménagés, des
lieux de vie, de rencontre, de convivialité.
Elles chercheront également à mieux connaître, quantitativement et qualitativement, leurs
publics et aussi les non-publics, c’est-à-dire les personnes qui ne les fréquentent pas, afin
d’être mieux outillées pour s’efforcer de développer et fidéliser leur population d’usagers.
Elles chercheront à toujours mieux former leurs personnels, dans le sens d’une démarche
qualité, notamment en matière d’accueil. Développant une offre de collections documentaires
et de services, attractive et adaptée à tous les publics, en phase avec l’évolution des pratiques
actuelles, les bibliothèques constitueront toujours plus des lieux de découverte, pour le
loisir, la vie quotidienne, l’étude, l’information, la formation et l’auto-formation, des lieux-
ressources pour les différents besoins et envies de l’usager. La bibliothèque devient ainsi lieu-
ressource pour la recherche d’emploi ou l’apprentissage des langues, par exemple, en lien
avec les organismes sociaux et les structures sociales des quartiers. Les bibliothèques sont
également des relais culturels. Elles contribueront ainsi à faire mieux connaître les auteurs et
les éditeurs locaux ou encore la programmation des musées.
La bibliothèque doit aujourd’hui s’inscrire dans son environnement et être au plus proche
des usagers. Le projet de la bibliothèque Caudéran allie ainsi la qualité des collections
documentaires, axées plus particulièrement sur des thématiques en rapport avec le lieu - la
nature, le sport, les cultures urbaines -, à la convivialité inter-générationnelle des espaces :
espace goûter, jardin pédagogique, patio de lecture… La pratique du jeu, nouvelle évolution
de l’activité des bibliothèques, génératrice de lien social, y sera davantage marquée.
En lien avec de nombreux partenaires, les actions menées hors les murs porteront une
attention particulière à des publics identifiés : portage de documents à domicile, petite
enfance, seniors, publics empêchés ou éloignés comme les personnes détenues…La VILLE S’ENGAGE pour adapter l’offre de lecture à tous les publics
En septembre 2015, la cafétéria « Entre parenthèses » sera ouverte à la bibliothèque Mériadeck et accessible depuis l’intérieur et l’extérieur.
Prochainement dotées d’une signalétique extérieure harmonisée entre tous les établissements culturels, les bibliothèques constitueront des repères bien visibles dans la cité.
En s’appuyant sur la compétence et l’expertise développées à l’Espace Diderot de la bibliothèque Mériadeck, les collections et les actions destinées plus particulièrement- mais pas uniquement- aux personnes de tous âges en situation de handicap (visuel, auditif, psychique, les dys-…), seront étendues plus largement à travers les bibliothèques du réseau.
Avec 47h hebdomadaires, Mériadeck est l’une des bibliothèques municipales les plus ouvertes de France. Pourtant, il convient de faciliter encore l’accès de tous aux médias culturels et d’adapter les horaires aux nouvelles temporalités de la vie. Il faut gagner en proximité et en flexibilité mais il convient tout d’abord d’interroger les publics pour mieux connaître leurs attentes. La Ville lancera prochainement une étude en vue d’un élargissement des horaires de certains de ses bâtiments ou de la desserte mobile qui, après vérification des conséquences financières et organisationnelles pourra établir des scenarii dont les plus pertinents pourront être soumis à enquête auprès des usagers.
Par l’ensemble de ces actions, la Bibliothèque municipale se veut toujours plus proche et familière, ouverte et plurielle, évolutive et expérimentale. Vecteur d’équité culturelle et de cohésion sociale, accessible librement et gratuitement, elle proposera la mise en œuvre de la gratuité de l’inscription à compter du 1er janvier 2016 pour tout usager, c’est-à-dire l’emprunt gratuit de documents, ce qui enlèvera un frein à l’utilisation de la totalité de ses services et doit amener une hausse du nombre d’inscrits. Cette décision de la Ville de Bordeaux, acte fort, devrait entraîner les autres communes dans son sillage et permettre ainsi la circulation facile des usagers d’une bibliothèque à l’autre au sein de la métropole de Bordeaux.
En complément de la gratuité, la Bibliothèque s’efforcera de simplifier les procédures d’inscription, afin de faciliter le premier contact et la relation avec l’usager et de tenir compte plus facilement des situations individuelles.
2. Les bibliothèques, vecteur d’équité culturelle et de cohésion sociale
2.1 Collaborer avec les acteurs et les partenaires du territoire
Détentrice d’un vaste patrimoine écrit et graphique accumulé au fil des siècles et dont
une part importante appartient à l’Etat qui l’a confiée à la Ville (en mettant dès lors des
conservateurs à disposition), la Bibliothèque, sans rien sacrifier des bonnes conditions de
conservation, continuera la démarche qu’elle a engagée pour faire mieux connaître ce
patrimoine auprès de tous les publics, au moyen d’une médiation patrimoniale novatrice dans
tout le réseau des bibliothèques et aussi hors les murs, en valorisant ou en exposant certaines
collections. Mémoire collective, universelle tout autant que locale, le patrimoine est facteur
d’identité et de fierté partagée.Pour mener ses actions, la Bibliothèque municipale s’appuie naturellement sur des acteurs et
partenaires du territoire, nombreux et très divers. Dans le domaine éducatif, ces partenaires
vont de la crèche à l’université.
Après une première année de fonctionnement des TAP (temps d’activités péri-éducatives),
la Bibliothèque municipale, dotée de 2 ETP d’animateur, a touché quelques 1200 enfants
appartenant à 60 classes. Les TAP constituent en effet une occasion ludique et attractive,
hors temps scolaire, de faire venir en bibliothèque des groupes entiers d’enfants dans une
démarche qualitative et d’égalité des chances.
La Bibliothèque municipale, qui accueille chaque jour de nombreux étudiants surtout à
Mériadeck, développera le partenariat avec les universités et en particulier la coopération
avec les bibliothèques de l’enseignement supérieur, avec en perspective notamment l’accès
réciproque gratuit des publics.
L’espace « A la une » de Mériadeck, accueille des œuvres de l’artothèque Les Arts au mur
de Pessac. Les bibliothèques ont vocation à contribuer à promouvoir les arts et les artistes.
Les bibliothèques de quartier, en particulier, jouant un rôle de centres culturels, constituent
des lieux tout indiqués pour la proximité avec l’art à travers la ville. Et ce d’autant plus
que certaines disposent d’un espace d’animation et d’exposition qui se prête à la médiation
artistique.
LA VILLE S’ENGAGE à collaborer avec les acteurs du territoire
Ainsi, pour toucher les enfants dès le plus jeune âge, seront poursuivis l’offre de lecture
dans les crèches, le partenariat avec les RAM (réseaux d’assistantes maternelles) et l’accueil
des assistantes maternelles dans les bibliothèques.
Il importe également de continuer à valoriser et développer l’offre proposée par les
bibliothèques au sein des TAP et lors des accueils de classes afin de toucher progressivement
75% des élèves bordelais.
Les liens avec les établissements culturels du territoire seront consolidés et formalisés, qu’il
s’agisse de musées (CAPC, Musée d’Aquitaine…), de structures comme le FRAC, le musée
de la Création Franche, de l’Opéra, du Conservatoire, de services à vocation patrimoniale
comme les Archives municipales ou les Archives départementales…2.2 Contribuer à la construction de l’individu et du citoyen
Si les bibliothèques ne sont pas des structures sociales, elles n’en ont pas moins un rôle
social, contribuant au vivre ensemble et à l’éducation à la citoyenneté, à la construction de
l’individu et du citoyen, d’autant plus dans la période de « l’après-Charlie ».
Parties prenantes du PACTE (de cohésion sociale et territoriale), les bibliothèques participent
aux actions de lutte contre l’illettrisme, à travers les interventions d’écrivains publics, les
services d’auto-formation, le développement des collections par langue et niveau de lecture,
ou encore l’organisation d’ateliers d’écriture.
L’organisation d’ateliers multimédia contribue à réduire « la fracture numérique » et
« l’illectronisme » (équivalent de l’illettrisme dans le domaine de l’information électronique),
la Bibliothèque concourt à la démocratisation de l’accès à internet.
LA VILLE S’ENGAGE pour renforcer l’égalité des chances
Les bibliothèques renforceront les liens avec les partenaires sociaux et socio-culturels, parmi lesquels les centres sociaux et les centres d’animation, en menant des projets collaboratifs du type « La fabrique du citoyen », par exemple sur le thème « Littérature et diversité » ou bien encore en développant leurs actions de lutte contre l’illettrisme.
Les bibliothèques pourront engager une réflexion pour devenir encore davantage des lieux de ressources et d’accompagnement dans la vie quotidienne, en développant les partenariats, pour l’aide et le soutien dans la recherche d’emploi ou de logement, dans les démarches administratives et en direction des organismes sociaux.
La Bibliothèque poursuivra la mise en œuvre d’actions qui font participer et valorisent les usagers et créent de la proximité (par exemple, le Prix des lecteurs organisé par l’Escale du livre, l’opération « Nos lecteurs ont du talent », le café littéraire L’Esperluette mis en place avec Radio Campus…) ou qui favorisent la circulation et l’échange des idées et le débat, notamment sur les « questions de société ».
3. Une bibliothèque connectée
L’attente des usagers repose aussi sur l’adaptation continue des collections documentaires.
L’offre est ainsi de plus en plus diversifiée, mêlant livres, revues, CD, DVD… et collections
numériques, elles-mêmes diverses car englobant aussi bien les jeux vidéo, la vidéo à la
demande, le livre numérique (ou « e-book »), la presse en ligne, la musique libre, les
ressources d’auto-formation, que les applications sur tablette numérique. Accessibles sur
place en bibliothèque, ou pour certaines également à distance, ces ressources numériques
font bien de la Bibliothèque municipale une « bibliothèque connectée ». L’écho rencontré par
la récente enquête, diffusée à l’échelle de notre métropole, sur les attentes en matière de
documentation numérique, montre bien l’intérêt du public : l’enquête a recueilli 900 réponses
spontanées.3.1 Diffuser et valoriser les ressources patrimoniales locales
Donnant accès à des ressources en ligne et à divers services à distance, le portail de la
Bibliothèque municipale, ouvert en 2013, est bien lui aussi un instrument de proximité.
Il donne accès à la bibliothèque numérique patrimoniale, désormais baptisée « Séléné »,
douzième bibliothèque du réseau bordelais. Séléné permet de diffuser et valoriser, localement
et à travers la planète, les grandes richesses patrimoniales de la Bibliothèque municipale
classée de Bordeaux.
3.2 La Bibliothèque Numérique de Référence (BNR)
L’ampleur des réalisations et des projets de la Bibliothèque municipale en matière de
numérique, de plus en plus présent dans toutes les activités de l’établissement, lui ont valu de
se voir attribuer en 2015, par le Ministre de la Culture, Fleur Pellerin, le label de « Bibliothèque
numérique de référence », à l’égal d’une quinzaine de bibliothèques à travers la France.
3.3 Le portail des médiathèques de la Métropole
C’est plus largement au niveau métropolitain que les outils numériques permettent de créer
de nouveaux services à l’usager. Forte de son expertise en la matière et de son poids dans le
paysage de la Lecture publique, la Bibliothèque municipale de Bordeaux est depuis septembre
2014 en charge du projet du portail métropolitain des médiathèques municipales et des
bibliothèques universitaires, travaillant pour ce faire en association étroite avec la Direction
générale de l'innovation numérique et des systèmes d'Information. Donnant actuellement
accès à une cartographie et une description des bibliothèques du territoire, à un agenda
des évènements culturels et des ateliers multimédia, le portail va s’enrichir en octobre
2015, d’une part, de l’accès à des ressources numériques souscrites par la métropole pour
l’ensemble des usagers des 28 communes inscrits en bibliothèque (soit plus de 120 000
personnes), d’autre part, du catalogue commun des ressources documentaires de l’ensemble
des bibliothèques du territoire métropolitain, municipales ou universitaires.LA VILLE S’ENGAGE à développer une politique numérique innovante
Plus de 10 000 documents numérisés sont déjà mis en ligne sur “Séléné”, concernant
majoritairement Montaigne -dont en 2016, le fameux « Exemplaire de Bordeaux », volume
des Essais annoté de la main de l’auteur, Montesquieu- puisque 80% des documents
manuscrits connus de l’auteur sont conservés à Mériadeck, l’histoire et l’architecture de
Bordeaux et les manuscrits médiévaux conservés à la Bibliothèque. Cette bibliothèque
virtuelle va continuer de s’enrichir au fil des années de documents manuscrits, imprimés ou
graphiques ayant un lien avec Bordeaux et sa région.
Grâce au label “BNR”, une programmation triennale d’actions permettra de poursuivre,
avec le soutien de l’Etat, une politique active d’équipement, de mise en place de services
numériques et de numérisation. Sont prévus par exemple l’installation de nouveaux salons
de lecture numérique sur tablettes, une visite virtuelle de la bibliothèque Mériadeck, des
expositions virtuelles, le retour automatisé des documents…
Concernant le portail des médiathèques de la Métropole, l’équipe projet travaille maintenant
à la perspective de faire circuler les documents, grâce à la gratuité de l’inscription en
bibliothèque (en vigueur et à l’étude dans plusieurs communes) et à l’adoption d’un logiciel
documentaire (dit SIGB = Système intégré de gestion de bibliothèque) commun aux
établissements de la Métropole. La coopération au sein du réseau des bibliothèques des 28
communes pourra vivre aussi par la mise en oeuvre d’autres types de projets communs, par
exemple en matière d’action culturelle ou de nouveaux services aux usagers.
La richesse de ces orientations stratégiques en matière de lecture publique montre que
l’action volontariste menée par la Ville de Bordeaux, avec l’aide de l’Etat, pour requalifier et
moderniser son réseau de Lecture publique, que ce soit à Mériadeck ou dans les quartiers,
porte ses fruits, contribuant à amplifier l’accès à la lecture et plus largement à la culture pour
le plus grand nombre. Le rôle social des bibliothèques est aussi un rôle citoyen et participe du
vivre-ensemble. Ces orientations stratégiques concourent au rayonnement régional, national
et international de la Ville et de la Métropole à l’heure de l’affirmation de grandes métropoles
de stature européenne.Synthèse
Les 19 engagements de la Ville de Bordeaux pour la lecture publique
LA VILLE S’ENGAGE à renforcer et diversifier son réseau de lecture publique
1. Construire un schéma directeur immobilier.
2. Créer de nouvelles bibliothèques à l’horizon 2020-2022 dans l’« arc de la lecture
publique » rive droite.
3. Expérimenter le relais-lecture « Lire à Tauzin ».
4. Organiser un biblio.plage en juillet-août 2015.
5. Faire évoluer la bibliothèque mobile vers une « desserte légère ».
LA VILLE S’ENGAGE pour adapter l’offre de lecture à tous les publics
6. Ouvrir la cafétéria « Entre parenthèses » à la bibliothèque Mériadeck.
7. Doter d’une signalétique extérieure harmonisée tous les établissements.
8. Etendre les collections et les actions destinées aux personnes de tous âges en situation de handicap.
9. Lancer une étude en vue d’un élargissement des horaires.
10. Proposer la gratuité de l’inscription à compter du 1er janvier 2016 et simplifier les procédures d’inscription.
LA VILLE S’ENGAGE à collaborer avec les acteurs du territoire
11. Poursuivre l’offre de lecture dans les crèches.
12. Toucher progressivement 75% des élèves bordelais.
13. Renforcer les liens avec les établissements culturels du territoire.
LA VILLE S’ENGAGE pour renforcer l’égalité des chances
14. Renforcer les liens avec les partenaires sociaux et socio-culturels pour, notamment, mieux lutter contre l’illettrisme.
15. Préciser comment les bibliothèques peuvent être des lieux de ressources et d’accompagnement dans la vie quotidienne.
16. Poursuivre les actions qui font participer et valorisent les usagers.
LA VILLE S’ENGAGE à développer une politique numérique innovante
17. Enrichir la bibliothèque numérique “Séléné”.
18. Poursuivre une politique active d’équipement, de mise en place de services numériques
et de numérisation.
19. Faciliter la circulation des usagers et des documents entre les établissements de la
Métropole.La Politique du livre : une singularité de la politique culturelle bordelaise
1. Bordeaux, ville de création littéraire
Dans le sillage des « 3M »- Montaigne, Montesquieu, Mauriac- la vie littéraire bordelaise
n’a cessé de se développer. Le XXème siècle a été marqué par les œuvres de Louis Emié,
Jean Balde, Jean de la Ville de Mirmont, Raymond Guérin, Jean Cayrol, Pierre Veilletet.
Plus récemment, Hervé le Corre, Sophie Avon, François Garcia, Mathieu Larnaudie. Si les
auteurs de littérature générale, et en particulier les romanciers, trouvent toujours à Bordeaux
l’inspiration et à Paris un éditeur, le secteur du livre connaît, ces dix dernières années, un
essor important, la BD lui donnant une forte impulsion. Consciente de l'importance du livre
dans la politique culturelle de la Ville, Bordeaux est la seule grande ville de France à s'être
dotée d'une délégation à la « Politique du Livre » confiée à Estelle Gentilleau.
1.1 Bordeaux, deuxième ville BD de France, après Paris
Une soixantaine d'auteurs, illustrateurs, scénaristes, coloristes vivent et travaillent à
Bordeaux. Leur nombre double si le territoire girondin est pris en compte.
Il existe un effet « Angoulême » : les plus jeunes acteurs de ce secteur se sont souvent
formés dans la capitale charentaise. Ses Beaux-Arts, tout comme ceux de Bordeaux créent
depuis 20 ans un réseau très dense de la BD bordelaise. La qualité de vie et le rayonnement
de notre ville génèrent une attractivité qui n’existe pas ailleurs. A la première génération des
scénaristes ou illustrateurs comme Eric Corbeyran, David Prudhomme, Christian Cailleaux,
se greffent de nouvelles plumes : Alfred –Fauve d’or 2014 au Festival international de la BD
d’Angoulême- Bast, Guillaume Trouillard également cofondateur des éditions La Cerise…
Depuis 2012, la Ville soutient la création BD via les résidences de la rue du Professeur
Demons. Leur durée a été augmentée cette année de 9 mois renouvelables à 12 mois
renouvelables, afin d’accompagner pleinement le processus de création d’une BD. L’idée
force de ce dispositif est de permettre à des auteurs précaires -la grande majorité des auteurs
BD vivant avec le SMIC- de trouver les conditions nécessaires à l’exercice de leur art. Les
critères de sélection sont plus souples qu’au niveau national. Deux publications nationales
sont nécessaires pour postuler, alors que trois sont, en général, exigées dans les autres
résidences françaises.
La collaboration avec l’association 9-33 est, à ce titre, primordiale. Créée à l’initiative d’un
ancien libraire BD, Eric Audebert, et soutenue par des auteurs, elle réalise un important travail
de médiatisation de ce genre littéraire qui souffre parfois de certains clichés. 9-33 a développé
un véritable réseau de la BD : professionnel par la mise en relation des auteurs entre eux mais
également par le développement de liens avec les professionnels du livre (libraires, éditeurs,
bibliothèques…) et public en fédérant amateurs éclairés et grand public, via le festival et les
actions d’éducation artistique en milieu scolaire.1.2 L’illustration, nébuleuse éclectique, de la jeunesse à l’expérimentation graphique
L’illustration jeunesse est en plein essor à Bordeaux. Dans le sillage de la BD, des illustrateurs
s’installent et travaillent à Bordeaux, la porosité des disciplines générant des collaborations
et même des partages d’ateliers comme Alfred et Régis Lejonc dans leur « Atelier flambant
neuf ». La renommée et le rayonnement national de Max Ducos, de Claude Cachin, de Régis
Lejonc, de Jean-Denis Pendanx créent un effet de locomotive dans un secteur qui ne bénéficie
pas d’un réseau aussi structuré que celui de la BD.
Mais cette activité demeure fragile, à l’image de tout le secteur du livre, qui n’assure pas
un revenu régulier et, souvent, suffisant aux créateurs. Nombre d’entre eux multiplient
les actions de médiation culturelle - animation d’ateliers pour les enfants, intervention en
bibliothèque ou en milieu scolaire- ou répondent à des commandes commerciales.
L’illustration est une discipline éclectique qui recouvre des réalités artistiques très diverses,
de l’édition d’albums aux traits classiques comme chez Max Ducos, à l’expérimentation
esthétique comme dans les travaux de Corinne Lataste (N’a qu’un œil) ou la linogravure
de Stéphane Gétas (Spig Linocut Factory). Il n’est plus alors question de jeunesse mais de
création graphique, pour un public adulte voire averti ; certains créateurs, tel Jérôme d’Aviau,
multipliant les genres. Le livre est alors un dénominateur commun, partie prenante du secteur
beaucoup plus large de l’Image. Il faut noter que certains auteurs, dont le bordelais Hervé
Bourhis, investissent déjà le champ du dessin animé.
1.3 Bordeaux, ville de romanciers
La littérature générale et le roman ont toujours eu leur place à Bordeaux. Michel Suffran
notamment, médecin et membre de l'Académie des sciences, arts et belles lettres de
Bordeaux nous rappelle par ces écrits nombreux l’importance d’une « génération perdue »
d’auteurs bordelais et aquitains.
Aujourd’hui, beaucoup d’auteurs trouvent un écho dans les maisons d’éditions parisiennes :
Sophie Avon au Mercure de France, François Garcia chez Verdier, Hervé Le Corre chez
Rivages, Mathieu Larnaudie chez Actes Sud. Ces dernières années ont vu la publication des
romans, souvent le premier, du médecin Fred Leal (chez P.O.L.), de l’universitaire Mélanie
Sadler et de l’étudiant en journalisme Clément Benech chez Flammarion. La jeune Emmanuelle
Richard s’est d’abord essayée à la littérature jeunesse, avant de publier un roman aux éditions
de L’Olivier. Depuis quelques mois, l’auteur québécois, publié aux éditions Phébus, Eric
Plamondon vit et écrit à Bordeaux.
Pour ces auteurs aux métiers et aux âges différents, nés, de passage ou enracinés à
Bordeaux, l’Escale du livre est souvent l'un des rares moments de rencontre.LA VILLE S’ENGAGE pour un soutien renforcé à la création.
La question du lieu d'écriture ou de l'atelier de dessin est centrale dans l'activité d'un auteur,
quel que soit son champ littéraire. La précarité économique de ces artistes ne leur permet
souvent pas de louer un espace pérenne de travail, or le domicile n'est pas nécessairement
un lieu adéquat pour travailler en toute sérénité. C’est pour cela que la Ville souhaite accueillir
de nouveaux auteurs en résidence rue du Professeur Demons grâce à une reconfiguration
de l’espace. Des bureaux de passage pour des durées courtes mais renouvelables (journée,
1/2 journée) seront créés pour répondre à une forte préoccupation.
Ces nouveaux espaces seront ouverts à la littérature jeunesse qui doit elle aussi bénéficier
d'un cadre de création approprié.
Le rôle de l'association 9-33 est primordial dans la dynamique BD qui existe à Bordeaux,
tant dans le réseau quasi exhaustif qu'elle a tissé dans ce milieu que par sa collaboration
aux résidences Demons et par la qualité du festival Regard 9. La Ville continuera de soutenir
la structuration de l’association tant sur le plan financier qu’organisationnel.
Enfin, les Villes de Bordeaux et Angoulême ont fait le choix de se rapprocher pour constituer
un axe clef du développement de la nouvelle grande région. Le plan d’action en cours
d’écriture intègrera un volet culturel au cœur duquel la BD sera particulièrement présente.
2. L’économie du livre à Bordeaux, en pleine croissance
2.1 La dynamique éditoriale
Il serait faux de croire qu’un éditeur bordelais serait nécessairement régionaliste. Tout comme
la création, l’édition à Bordeaux revêt des réalités très différentes.
La littérature générale est fortement implantée. Finitude, L’Arbre Vengeur, Monsieur
Toussaint Louverture partagent une ligne éditoriale exigeante, pointue et saluée par la
critique, qui les inscrit dans le paysage littéraire français comme étant installés à Bordeaux
mais rayonnant nationalement. Les éditions Finitude ont ainsi obtenu le très germanopratin
Prix de Flore en 2013 alors que l'Arbre Vengeur avait fait parti, cette même année, de la
dernière sélection du Prix Wepler. Quant à Monsieur Toussaint Louverture, la réédition du
"Karoo" de Steve Tesich lui a valu un succès critique général et un plébiscite des lecteurs.
Jusqu'à l'émergence de ces maisons, seul William Blake and Co. pouvait se targuer d'une
audience nationale.
Le Festin incarne une dimension plus régionale mais avec, pour ce dernier, une réelle curiosité
patrimoniale. On doit au Festin la réédition des œuvres des Bordelais Louis Emié, Jean Balde
et Jean Forton. Les éditions Elytis, Trinôme, Confluences participent d’un milieu littéraire
plus local.La littérature de genre et spécialisée est, quant à elle, en plein essor. A la charnière des
années 2012-2013, deux maisons d’édition se sont créées à Bordeaux : L’ire des marges,
expérience collective au catalogue mêlant poésie, roman ou théâtre et Mirobole qui ouvre la
porte à la littérature de genre à Bordeaux. Nadège Agullo et Sophie de Lamarlière, installées
dans le quartier Nansouty, ont choisi de dénicher de nouvelles voix dans les littératures
fantastiques et dans le polar. Dans cette sélection précise et rigoureuse, un de leurs ouvrages
a été sélectionné dans la première liste du Prix Médicis Etranger en 2014.
La littérature jeunesse commence à trouver sa place dans notre Ville alors qu’existe en la
matière un très fort prisme parisien. Si La Compagnie Créative est durablement installée
depuis près de 15 ans, les éditions Milathéa ont quitté le sud-Gironde pour s’établir en 2008
près de la place des Quinconces, à quelques encablures des éditions Dadoclem. Ces deux
dernières maisons ont fait le choix d’une ligne éditoriale locale et pédagogique. Milathéa
s’inspire fortement du paysage et de la culture bordelaise et plus largement aquitaine. Les
éditions Dadoclem font le pari de créer des BD bilingues à destination des enfants. Un créneau
atypique mais qui séduit jusqu’aux enseignants américains, notamment pour l’enseignement
du latin, le Palais Gallien en vedette. Il est à noter que Caraibeditions, maison antillaise dont
les vocations principales sont la traduction de BD (Astérix, Tintin, Titeuf...) en créole et
l'édition d'ouvrages pédagogiques sur l'esclavage, s'est implantée à Caudéran en Juin 2015.
Bientôt un pôle d'édition BD à Bordeaux ? La récente implantation de la maison Cornelius à
la Fabrique Pola met en lumière un paradoxe : si Bordeaux est la deuxième ville de BD de
France en matière de création, les éditeurs du genre y sont encore peu nombreux. Néanmoins,
l'attractivité de la ville, sa qualité de vie, l'action de l'association Regard 9 ont motivé son
directeur Jean-Louis Gauthey à délocaliser son siège ici. Un pari pour la maison mais un levier
pour la ville : Cornelius est l'éditeur, par exemple de Willem, Joann Sfar ou Winshluss.
Cornelius a suivi l'exemple des Requins-Marteaux, autre éditeur d'envergure installé à
Bordeaux depuis 2010 et également accueilli dans les murs de la Fabrique Pola. Le
collectif ex-albigeois a développé une structure pluridisciplinaire dont l'univers, souvent
irrévérencieux, se décline au travers de BD mais aussi d'expositions ou de films. Ils viennent
compléter un paysage qui compte également les éditions La Cerise, collectif de 6 diplômés
des Beaux-arts d'Angoulême, emmené depuis 2003 par Guillaume Trouillard. La maison se
distingue par un catalogue très restreint, mû par une exigence graphique souvent à la lisière
d'autres disciplines.
La plus ancienne des maisons d'édition BD bordelaises est Akileos, qui a la particularité
d'éditer, entre autres, des intégrales de comics américains.
Enfin, des maisons d'édition enracinées dans la culture locale jouent, elles aussi, un rôle
important. Chaque édition de Bordeaux et ses vins est un petit évènement dans le monde
viticole : les éditions Féret existent depuis 1812. La plus ancienne des maisons d’édition
bordelaises demeure un des symboles de la dynamique littéraire de Bordeaux. Cet ancrage
local est également incarné par les Dossiers d'Aquitaine.LA VILLE S’ENGAGE vers l’accompagnement des nouveaux modèles économiques
L'activité d'éditeur relève à la fois du champ culturel et du champ économique. Si la Ville
n'a pas vocation à aider financièrement ces structures, elle peut accompagner la mise en
place d'un modèle économique plus collaboratif. La demande de mutualisation est forte,
elle s'exprime notamment dans des postes onéreux comme la fourniture de matériel ou
le stockage. L'ouverture de la fabrique Pola a déjà enclenché un mouvement de réflexion
chez les éditeurs qui y cohabitent (Cornelius, les Requins-Marteaux, l'Arbre vengeur). La
proximité physique permet d'envisager des achats groupés ou le partage des services d'un
comptable, par exemple. Le stockage des ouvrages est également un réel problème pour
ces entreprises qui ne peuvent souvent assumer un loyer élevé. Or, un lieu commun voire
un personnel mutualisé engendrent un effet bénéfique : moins de pilon, faute de place et
la possibilité de créer une plateforme de vente en ligne commune, ainsi que les Editions La
Cerise, par exemple, l'évoquent déjà. La Ville favorisera l’implantation de ce type d’outils
dans les espaces commerciaux des nouveaux quartiers en cours de construction à Bordeaux
(Brazza notamment dont la vocation économique semble constituer un lien évident).
La bibliothèque doit également se faire le relais des parutions bordelaises : un nouvel
espace dédié aux éditeurs et auteurs bordelais sera créé à la bibliothèque Mériadeck et les
expositions d'illustrateurs seront facilitées dans les espaces du réseau de lecture publique.
La Ville souhaite également favoriser la mise en réseau des auteurs et éditeurs en s'associant
à l'Escale du Livre pour organiser chaque année la présentation de la production littéraire
bordelaise. A cette occasion, éditeurs et auteurs viendront présenter au public leurs
nouveautés.
2.2 La densification du réseau des librairies
La renommée de la librairie Mollat, plus grande librairie indépendante de France, l'inscrit
aujourd'hui au rang de monument, au sens propre comme au sens figuré. D’une manière
générale, le réseau des librairies indépendantes se densifie à Bordeaux, une singularité
remarquable.
La Machine à lire, dans le quartier Saint-Pierre, poursuit son développement avec l'ouverture
de la Petite Machine au Jardin Public et de la Machine à musique dans l'hyper-centre.
Depuis deux ans, la librairie Le Passeur réussit le pari de créer une attractivité culturelle dans
le quartier de la Bastide. S'y croisent une clientèle de quartier et une autre séduite par la
qualité de sa sélection littéraire et BD, qui fait la part belle à la création bordelaise. Dans le
quartier des Chartrons, c'est la librairie Olympique qui enracine profondément son identité
dans la poésie, la philosophie et les littératures étrangères.
Au titre des librairies spécialisées, il est important de souligner la présence de deux librairies
jeunesse-Comptines et Le Petit Chaperon Rouge, d'une librairie BD, le BD Fugue Café et
d'une librairie-galerie, la Mauvaise Réputation.Deux nouvelles librairies, orientées BD et littérature jeunesse pour l’une, gastronomie et art
de vivre pour l'autre, ouvriront dans le courant du deuxième semestre 2015, place de la
Comédie et cours de l'Intendance. Une troisième, dédiée aux cultures urbaines, a ouvert
cours Victor Hugo.
LA VILLE S’ENGAGE à favoriser l’implantation de librairies dans toute la Ville
Une première action de soutien aux librairies a été initiée par la Métropole via l'exonération
de CFE pour les librairies titulaires du label LIR. Si, à Bordeaux, cette mesure concerne dans
un premier temps Mollat, La Machine à Lire et Comptines, elle a incité Le Passeur et BD
Fugue Café à entreprendre la démarche d'obtention du label.
Le Passeur, Le Petit chaperon rouge, la Librairie olympique montrent combien les librairies
constituent un pôle d'attractivité dans les quartiers et contribuent ainsi à un maillage culturel
équitable du territoire. Les entreprises culturelles sont considérées comme partie prenante
de l'attractivité des nouveaux quartiers de Bordeaux comme les Bassins à flots ou Brazza. La
Ville et la Métropole, grâce au rôle moteur (et réglementaire) qu’elles jouent dans le domaine
de l’aménagement urbain, favoriseront l’implantation de librairies au cœur des quartiers
nouvellement créés.
2.3 Evènements littéraires : renforcer l’existant et innover
Avec près de 40 000 visiteurs à chaque édition, l'Escale du livre a trouvé sa place et son
public dans le quartier Sainte-Croix. Plus qu'un salon du livre, la manifestation a su s'imposer
comme festival des créations littéraires. La collaboration avec le TNBA et aujourd'hui avec
l'IJBA font office d'accélérateur. Aux traditionnelles conférences et dédicaces sur les stands
de libraires ou d'éditeurs se mêlent performances théâtrales, lectures et cartes blanches
souvent transdisciplinaires.
Partenaire privilégié de l'Escale du livre sur la BD, l'association 9-33 est également
l'organisatrice du festival Regard 9 dont l'ADN repose sur la mise en lumière d'un auteur BD,
local ou résident de la rue du Professeur Demons, pour les dernières éditions. Plus qu'une
exposition de travaux disparates, c'est une commande de créations qui est passée.
Si Ritournelles se concentre sur le territoire bordelais, le festival des littératures
contemporaines explore les lieux (librairies, musées) et croise les genres, de l'art
contemporain à l'expérimentation littéraire.
Le festival Lettres du monde a, quant à lui, investi la Métropole et plus largement le
département, invitant à la rencontre d'auteurs étrangers, dans le réseau des bibliothèques
publiques.Enfin, les prix littéraires participent au rayonnement de Bordeaux, ainsi le Prix Mauriac
distingue un auteur engagé dans son temps, le Prix Montesquieu, un écrit historique et le
Prix Montaigne un essai célébrant la liberté d’esprit et l’humanisme. Régis Debray est le
lauréat 2015.
LA VILLE S’ENGAGE à enrichir l’agenda littéraire
La Ville poursuivra le soutien et l’accompagnement des événements existants qui créent des
synergies indispensables avec le public et entre les différents acteurs du monde du livre.
La Ville s’engage aussi à soutenir de nouveaux événements pour contribuer à valoriser la
créativité de la vie littéraire bordelaise. Ainsi, l'association Lettres du Monde organisera pour
la première fois en octobre 2015 « In Situ » qui invite des comédiens à des lectures dans
des lieux de patrimoine de la ville, avec le concours des bibliothèques pour la sélection des
textes.
Un autre salon verra le jour en septembre 2015 : Polar en cabanes, dont les premières
éditions se sont déroulées sur le bassin d'Arcachon. Il prend une nouvelle dimension en
s'implantant à Bordeaux. Les littératures policières représentent un quart des ventes de
romans en France, soit près de 20 millions de livres noirs vendus par an.
Il convient enfin pour la Ville de participer à la valorisation et la médiatisation de cette richesse
littéraire via les outils de communication municipaux : affichage, journaux et réseaux sociaux.
A cette fin, il sera publié un supplément de "Bordeaux Mag" consacré à la vie du livre.
Synthèse
Les 10 engagements de la Ville de Bordeaux pour soutenir le Livre
LA VILLE S’ENGAGE pour un soutien renforcé à la création
1- Accueillir de nouveaux auteurs en résidence notamment issus de la littérature jeunesse.
2- Poursuivre le soutien à l’association 9-33 tant sur le plan financier qu’organisationnel.
3- Développer des actions communes entre Bordeaux et Angoulême concernant la BD.
LA VILLE S’ENGAGE vers l’accompagnement des nouveaux modèles économiques
4- Favoriser l’implantation d’outils mutualisés au service des éditeurs dans les espaces
commerciaux des nouveaux quartiers.
5- Créer un nouvel espace dédié aux éditeurs et auteurs bordelais à la bibliothèque
Mériadeck. Les expositions d'illustrateurs seront facilitées dans les espaces du réseau de
lecture publique.
6- Organiser chaque année la présentation de la production littéraire bordelaise.LA VILLE S’ENGAGE à favoriser l’implantation de librairies dans toute la Ville
7- Favoriser l’implantation de librairies au cœur des nouveaux quartiers.
LA VILLE S’ENGAGE à enrichir l’agenda littéraire et à faire savoir
8 - Poursuivre le soutien et l’accompagnement des événements existants.
9- Soutenir de nouveaux événements comme « In Situ » ou Polar en cabanes.
10- Publier un supplément de "Bordeaux Mag" consacré à la vie du livre.
ADOPTE A L'UNANIMITE
Fait et Délibéré à Bordeaux, en l’Hôtel de Ville, le 28 septembre 2015
P/EXPEDITION CONFORME,
Monsieur Fabien ROBERT