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Conseil Municipal - 77 d1707306217687
Document publié le Lundi 5 février 2024 par la commune de Niort.
Lien du pdf (Conseil Municipal - 77 d1707306217687)
Thèmes du document : Culture et patrimoine, Histoire et mémoire, Aménagement du territoire,
DEPARTEMENT
DES
DEUX-SEVRES _______ VILLE DE NIORT
________
EXTRAIT DU REGISTRE DES DELIBERATIONS
DU CONSEIL MUNICIPAL
___________
Conseillers en exercice : 45
Votants : 43
Convocation du Conseil municipal :
le 30/01/2024
Publication :
le 09/02/2024
SEANCE DU 5 FÉVRIER 2024
Délibération n° D-2024-36
Fouilles Archéologiques du pourtour du Donjon de Niort -
Année 2012 - Propriété des biens
Président :
Monsieur Jérôme BALOGE
Présents :
Monsieur Jérôme BALOGE, Monsieur Dominique SIX, Madame Rose-Marie NIETO, Madame Christelle CHASSAGNE, Monsieur Nicolas VIDEAU, Monsieur Lucien-Jean LAHOUSSE, Madame Anne-Lydie LARRIBAU, Monsieur Elmano MARTINS, Madame Florence VILLES, Monsieur Philippe TERRASSIN, Madame Valérie VOLLAND, Monsieur Thibault HEBRARD, Madame Marie- Paule MILLASSEAU, Monsieur Gerard LEFEVRE, Monsieur Eric PERSAIS, Madame Yvonne VACKER, Madame Aline DI MEGLIO, Madame Sophie BOUTRIT, Monsieur Florent SIMMONET, Monsieur Hervé GERARD, Madame Aurore NADAL, Monsieur François GUYON, Madame Stéphanie ANTIGNY, Madame Yamina BOUDAHMANI, Monsieur Karl BRETEAU, Monsieur Romain DUPEYROU, Madame Noélie FERREIRA, Monsieur Nicolas ROBIN, Madame Fatima PEREIRA, Madame Ségolène BARDET, Monsieur Baptiste DAVID, Monsieur François GIBERT, Madame Véronique BONNET-LECLERC, Madame Cathy GIRARDIN, Monsieur Sébastien MATHIEU, Madame Elsa FORTAGE, Madame Véronique ROUILLE-SURAULT, Monsieur Hugo PASQUET--MAULINARD, Madame Julia FALSE.
Secrétaire de séance : Florence VILLES
Excusés ayant donné pouvoir :
Monsieur Michel PAILLEY, ayant donné pouvoir à Monsieur Thibault HEBRARD, Madame Jeanine BARBOTIN, ayant donné pouvoir à Madame Valérie VOLLAND, Madame Lydia ZANATTA, ayant donné pouvoir à Madame Aurore NADAL, Monsieur Bastien MARCHIVE, ayant donné pouvoir à Madame Florence VILLES
Excusés :
Monsieur Guillaume JUIN, Madame Mélina TACHE.CONSEIL MUNICIPAL DU 5 février 2024
Délibération n° D-2024-36
Pôle Ingénierie Technique Fouilles Archéologiques du pourtour du Donjon de Niort - Année 2012 - Propriété des biens
Monsieur Dominique SIX, Adjoint au Maire expose :
Mesdames et Messieurs,
Vu le Code du Patrimoine dans sa version applicable en 2012 au moment des fouilles, notamment son art L 523-14, antérieur à la loi 2016-925 du 07 juillet 2016 ;
Des fouilles archéologiques ont été réalisées du 23 mai au 03 août 2012 autour du Donjon de Niort sur une parcelle cadastrée BO 153, propriété de la Ville de Niort ;
Considérant le rapport dressé en juin 2014 par le cabinet HADES missionné par la DRAC SRA afin de réaliser la-dite fouille préventive ;
Conformément à l’article L523-14 du code du patrimoine qui régit la propriété des biens archéologiques mobiliers mis au jour lors d’une opération archéologique préventive, les biens archéologiques mobiliers issus de cette opération sont partagés à parts égales entre l'État et le propriétaire du terrain.
Ainsi, la Ville de Niort a le droit de recevoir un lot de biens archéologiques mobiliers dont la valeur correspond à la moitié de la valeur totale des biens inventoriés lors de cette opération.
Compte tenu de la compétence agréée « Musée de France » détenue par la Communauté d’Agglomération du Niortais via le musée Bernard d’Agesci, la Ville décide de transférer à la Communauté d’Agglomération du Niortais avec l’accord de cette dernière, le résultat de la fouille qui lui revient, ce qui permettra ainsi, l’analyse et la valorisation des objets collectés dans des conditions optimales de traitement.
Il est demandé au Conseil municipal de bien vouloir :
- approuver la demande de la Ville de Niort auprès de la DRAC pour récupérer 50% du résultat de la fouille archéologique réalisée du 23 mai au 03 août 2012 autour du Donjon de Niort ;
- transférer à la Communauté d’Agglomération du Niortais le résultat de cette fouille pour une valorisation et conservation au sein du musée Bernard d’Agesci.
LE CONSEIL
ADOPTE
Pour : 43
Contre : 0
Abstention : 0
Non participé : 0
Excusé : 2
Le Secrétaire de séance
Florence VILLES
Le Président de séance
Jérôme BALOGEOpérateur d'archéologie préventive
créé en 1994 - Agréé par l'État
d’investigations
archéologiques
DONJON
ÉTUDE DES VESTIGES DU FRONT OUEST
NIORT
DEUX-SÈVRES
CAROLINE CHAUVEAU
ÂVEC LA COLLABORATION DE :
ARMEL BOUVIER
CÉLINE CHAUVEAU
ÂLEXIS CORROCHANO
JULIEN COUSTEAUX
YOLAINE ROUZO-LENOIR
FRANCIS DIEULAFAIT
FANNY LARRE
MATHIEU LINLAUD
LAËTITIA PÉDOUSSAUT
MAÎTRE D'OUVRAGE :
VILLE DE NIORT
VOLUME 1 - TEXTE ET ANNEXES
RAPPORT FINAL D'OPÉRATION ARCHÉOLOGIQUE
MOYEN ÂGE, ÉPOQUES MODERNE ET CONTEMPORAINE
JUIN 2014DoNJON
ÉTUDE DES VESTIGES DU FRONT OUEST
NIORT
DEUX-SÈVRES
POITOU-CHARENTES
Caroline Chauveau
Avec la collaboration de :
Armel Bouvier
Céline Chauveau
Alexis Corrochano
Julien Cousteaux
Yolaine Rouzo-Lenoir
Francis Dieulafait
Fanny Larre
Mathieu Linlaud
Laëtitia Pédoussaut
Code INSEE :
79 191
N° Hadès :
À 12-023
N° d'opération archéologique :
2012-5650
Maître d'ouvrage :
Ville de Niort
N° de l'arrêté de prescription :
AF/11/160
N° de l'arrêté de désignation :
AN/12/222 du 25 mai 2012
Date de réalisation de l'opération :
du 29 mai au 3 août 2012
RAPPORT FINAL D'OPÉRATION ARCHÉOLOGIQUE
MOYEN ÂGE, ÉPOQUES MODERNE ET CONTEMPORAINE
JUIN 20142 « Donjon », Niort (Deux-Sèvres). HADES, 2014
« L'utilisation des données du rapport de fouilles est régie par les dispositions du code de la propriété intellectuelle concernant la propriété littéraire et artistique. Les prises de notes et les photocopies sont autorisées pour un usage exclusivement privé et non destiné à une utilisation collective ou commerciale (article L 122-5 du code de la propriété intellectuelle). Toute reproduction du texte accompagnée ou non de photographies, cartes ou schéma, n’est possible que dans le cadre de courte citation, avec les références exactes et complètes de l’auteur et de l’ouvrage. Toute utilisation des données du rapport à des fins commerciales est interdite en vertu de l’article 10 de la loi modifiée du 17 juillet 1978 relative à l'amélioration des relations entre l'administration et le public. Le non-respect de ces règles constitue un délit de contrefaçon puni par l’article 425 du code pénal!. »
1 - Loi n° 78-753 du 17 juillet 1978, article 10 « les documents administratifs sont communiqués sous réserve des droits de
propriété littéraire et artistique. L'exercice du droit à la communication (...) exclut, pour les bénéficiaires et pour les tiers, la possibilité de reproduire, de diffuser ou d'utiliser à des fins commerciales les documents communiqués ».« Donjon », Niort (Deux-Sèvres). HADÈS, 2014 4 3
NOTICE SCIENTIFIQUE
Dans le cadre d’une restructuration urbaine des abords du donjon de Niort, un projet de réaménagement du front ouest a été décidé par la ville. Le jardin-terrasse surplombant le quai de la Préfecture et la rue Léon Blum devait laisser la place à un espace paysager en pente, entraînant un terrassement important jusqu'en- dessous du niveau de la route. Un diagnostic archéologique ayant révélé de nom- breux vestiges maçonnés sur l'emprise au pied du donjon, le service régional de l’Archéologie de Poitou-Charentes a émis une prescription de fouilles.
Les résultats viennent considérablement enrichir la connaissance des abords du donjon, entre ce dernier et la Sèvre, sur le front ouest. Pour la troisième fois, les investigations ont confirmé l'occupation précoce du site à l’époque des X°- XII: siècles, dans une zone qui n'avait pas été explorée jusqu'ici. Un bâtiment à contreforts plats est avéré à une époque antérieure au donjon, vers les XI°- XII: siècles. Si sa fonction reste à déterminer, sa construction prend place dans un espace entre la rivière et le plateau qui sert d’assise au château. Sa datation permet de le replacer dans un paysage urbain médiéval en plein essor, peu de temps après la mention du castrum dans les sources écrites vers 946. Lorsque le donjon à deux tours est édifié sur le promontoire calcaire dans le dernier quart du XIT° siècle, il est difficile de dire à quelles activités est dévolu cet espace tourné vers la ri- vière. Le premier aménagement qui atteste d’une réorganisation spatiale autour du donjon est le creusement du fossé périphérique sur ses fronts nord, est et sud, ainsi que la construction d’une fausse-braie à l’est. Côté ouest, deux courtines rectilignes ferment une cour basse située au pied du donjon, dont elles assurent la défense et dont l'accès se fait par une entrée au nord. Ces constructions modifient considérablement les abords du donjon et renforcent son caractère fortifié de ma- nière manifeste. Ils sont datés des XIII°-XIV siècles. Par la suite, l’escarpe ouest est maçonnée et un bâtiment est construit contre le parement nord de la courtine sud au XV: siècle. Ce dernier sert probablement d’écurie dans un premier temps, avant d’être divisé en plusieurs salles pour abriter une salle d'armes, un magasin aux poudres et un magasin d'artillerie jusqu’au début du XVIF siècle. À partir de 1727, la salle centrale et la pièce orientale de ce bâtiment sont réaménagées de voûtes et leurs niveaux de sol sont décaissés pour donner un aspect casematé à ces nouvelles pièces qui abritent les approvisionnements en poudres et en artillerie. Le bâtiment est en ruine vers 1817 et sera comblé et remblayé pour la construction du jardin-terrasse qui remplace le préau de la maison d'arrêt du donjon en 1853. La partie nord de l'emprise a révélé les vestiges de l’ancien magasin aux pompes à incendie construit au début du XIX® siècle et d’une maison d’habitation qui dis- paraîtra lors du lotissement des abords du donjon à l'époque contemporaine. Le jardin-terrasse est doté d’un monument commémoratif des soldats niortais morts lors de la Première Guerre Mondiale. Aujourd’hui, le projet de réaménagement au pied du donjon consiste en un accès piétonnier depuis la rue Du Guesclin vers la Sèvre, avec une pente végétalisée recouvrant les vestiges archéologiques de l'enceinte basse du château.4 « Donjon », Niort (Deux-Sèvres). HADES, 2014
REMERCIEMENTS
Dans le cadre de cette opération et tout au long de son traitement post-fouille, plusieurs personnes ont apporté leur aide et nous souhaitons les remercier. Madame Anne-Marie Cottenceau, conservateur en charge des Deux-Sèvres au service régional de Poitou-Charentes, a montré une bienveillance dans l’accom- pagnement de cette opération. Nous lui en sommes très reconnaissants. Les échanges scientifiques ont été particulièrement riches grâce à la présence régulière de Mademoiselle Céline Trézéguet qui occupait le poste d'archéologue municipale à la ville de Niort au moment de notre intervention : ses connaissances sur la ville et le château nous ont permis d’appréhender les résultats des nombreuses explorations archéo- logiques qu’elle a dirigées. De fructueuses collaborations avec Madame Marie-Pierre Baudry-Parthenay, spécialiste des fortifications Plantagenét du Poitou médiéval, et Monsieur Daniel Courant, président de la Société historique et scientifique des Deux-Sèvres, ont permis d'approfondir les recherches en archives, notamment.pour les documents iconographiques. Il nous faut ici remercier les personnels des archives départementales des Deux-Sèvres, les personnels des archives municipales de la ville de Niort et les agents du service du Génie à Vincennes. Enfin, l’équipe ayant participé à la réalisation cette opération doit trouver l'expression de toute ma gratitude.« Donjon », Niort (Deux-Sèvres). HADES, 2014 5
Notice scientifique 3 Remerciements 4
Données administratives 9
Fiche signalétique Il Générique des intervenants 13 Fiche d’état du site 15 Extraits de cartes topographiques au 1/250 000 et au 1/25 000 17 Extrait cadastral 18 Pièces administratives 19
Résultats scientifiques 43
1. Principes méthodologiques 45
1.1. Cadres de l'intervention et déroulement de l'opération 45
1.1.1. Éléments de la prescription archéologique 45 1.1.2. Déroulement de l'opération et contraintes techniques rencontrées 45 1.1.3. Localisation des zones de fouille archéologique et problématiques 46 1.1.4. Présentation de la stratigraphie générale 48 1.1.5. L'enregistrement des données archéologiques 49 1.1.6. L'étude des vestiges bâtis 49 1.1.7. Les levés topographique, orthophotographique et photogrammétrique 50 1.1.8. L'archivage des documents de l'opération 51 1.1.9. Le mobilier archéologique 51 1.1.10, Les stages d'archéologie préventive et les collaborations scientifiques 51 1.111. La portée médiatique de la fouille et les journées portes ouvertes 52
1.2. Choix des analyses et post-fouille 52
1.2.1. Les datations radiocarbones 52 1.2.2. Les études du mobilier archéologique 53 1.2.3. L'étude documentaire 53
2. État des connaissances 55 2.1. Contexte géographique et géologique 55 2.2. Contexte historique 56 2.2.1. Niort à l’époque médiévale : une histoire d'essor 56 2.2.2. Des guerres de Religion à la Révolution : des modifications amorcées 61 2.2.3. Après la Révolution : faire table rase 63 2.3. Contexte archéologique 65 2.3.1. La ville de Niort 65 2.3.2. Le château 67 2.3.3. Le donjon et son enceinte basse 70 3. Résultats archéologiques 73 3.1. Description archéologique 73 3.1.1. Le décapage sous surveillance archéologique 73 3.1.1.1. Le jardin du musée et son bassin d'agrément, fin du XIX° siècle-début du XX* siècle 73 3.112. Le jardin public et le monument de commémoration aux XX° et XXI siècles 74 3.1.1.3. Les systèmes d'évacuation domestiques appuyés centre le flanc ouest du donjon 75« Donjon », Niort (Deux-Sèvres). HADES, 2014
3.1.2. Le sondage nord (zone A) 77 3.2.1.1. La courtine nord de l'enceinte basse ? 78 3.2.1.2. Les jardins en terrasse du château au XVIIF siècle 79 3.2.1.3. L'équipement municipal pour la lutte contre le feu : le deuxième magasin des pompes à incendie (1817-1824) 81
3.2.1.4. La création d'un jardin terrasse au pied du donjon, fin XIX‘-XX‘ siècles 84
3.1.3. Le sondage au pied du donjon (zone C) 87 3.1.3.1. Des traces d'occupation des X°-XII° siècles 87 3.1.3.2. Un niveau de circulation dans la cour basse aux XIII°-XIV* siècles 88 3.1:3.3. La construction du mur d’escarpe au pied du donjon, XIV*-XVF siècles 89 3.1.3.4. Le remblaiement au pied du front ouest du donjon, XVIII‘-XIX" siècles 91 3.1.4. La zone sud (zone B) 92 3.1.4.1. Une occupation inédite des X°-XI° siècles 93 3.1.4.2. La construction d’un nouvel édifice à contreforts plats et d’un bâtiment annexe (XII‘-1** moitié XIII 5.) 94 3.1.4.3. La construction de la courtine sud (XITI*-XTV siècles) 97 3.1.4.4. La construction du bâtiment sud, l’écurie de la cour basse (état 1, XV=-XVI' siècles) 101 3.1.4,5. Le changement d'affectation du bâtiment sud, le magasin aux poudres (état 2, de 1727 au début du XIX°s.) 103 3.1.4.6. L'aménagement du jardin en terrasse, XIX'-XX siècles 106
4. Synthèse générale 109
4.1. Une occupation des X°-XT° siècles inédite sur le versant de la Sèvre 109
4.2. Les constructions antérieures au donjon (XI°-XII siècles) 109
4.3. La construction de l’enceinte basse du donjon (XIIF siècle ?) 110
4.4. L'habillage de l’escarpe et la construction de l’écurie (XIV*-XV:-XVI' siècles) 1il
4.5. Les travaux pour le nouveau magasin aux poudres (premier tiers du XVIII° siècle) 112
4.6. La restructuration urbaine des abords du donjon (XIX*-XXI° siècles) 112
5. Les études du mobilier archéologique 115
5.1. L'étude du vaisselier céramique (Yolaine Rouzo-Lenoir) 115
5.1.1. Les X°-XII° siècles 117
5.1.2. Les XTII°-XIV* siècles 117
5.1.3. Les XV:-XVT: siècles 119
5.1.4. Les XVII*-XIX° siècles 121
5.1.5. Conclusion 122
5.2. L'étude numismatique (Francis Dieulafait) 124
5.2.1. Remarque 124
5.2.2. Catalogue 124
5.3. L'étude du mobilier métallique (Alexis Corrochano) 128
54. L'étude du petit mobilier de jeu (Fanny Larre) 165
5.5. L'étude du mobilier en verre (Laëtitia Pédoussaut) 166
Sources et bibliographie 167
Annexes 176
Annexe 1 - Pièces justificatives 177
Annexe 2 - Inventaire des unités stratigraphiques (US) et des faits 185
Annexe 3 - Liste des groupes techniques et comptage de la céramique médiévale 197
Annexe 4 - Inventaire provisoire du mobilier archéologique 199
Annexe 5 - Rapport de datation radiocarbone Beta Analytics et CIRAM 203
Annexe 6 - Inventaire des documents graphiques 211
Annexe 7 - Inventaire des documents photographiques 215
Annexe 8 - Photogrammétrie : rapport qualimétrique 221
Volume 2 - FiguresDONNÉES
ADMINISTRATIVES« Donjon », Niort (Deux-Sèvres). HADEÈS, 2014 Il
FICHE SIGNALÉTIQUE
Identité du site
Localisation
Région : Poitou-Charentes
Département : Deux-Sèvres
Commune et code INSEE : Niort, 79 191
Lieu-dit ou adresse : « Donjon »
N° du site : 79 191 0044
Références cadastrales actualisées
Commune : Niort
Année : 2012
Section : BO
Parcelles : 153
Statut du terrain : propriété de la ville de Niort
Nom donné au site : « Donjon »
Coordonnées Lambert II: X:384,280 Y :151,095 Z : 16 m NGF (IGN69) X : 384,325 Y:15L115 Z : 16 m NGF (IGN69)
Propriétaire du terrain : ville de Niort
Opération archéologique
N° d'opération archéologique : 2012-5650
N° de l'arrêté de prescription : AF/11/160
N° de l'arrêté de désignation du responsable scientifique : AN/12/222 du 25 mai 2012
Valable du 25 mai 2012 au 24 mai 2014
Opérateur archéologique : s.a.5s. HADÈS
Adresse : 9 rue Vidailhan - 31130 Balma .
Responsable scientifique : Caroline Chauveau (s.a.s. HADÈS)
Nature de l'aménagement : aménagement paysager aux abords d’un Monument Historique Maître d'ouvrage des travaux : ville de Niort
Type d’intervention : fouille archéologique préventive
Emprise du projet : 1 600 m°
Surface à évaluer : 1 600 m°
Dates d’intervention : du 29 mai 2012 au 25 avril 2014 {fouille du 29 mai au 3 août 2012)
Nature des découvertes
Mots clefs (thesaurus PATRIARCHE pour la chronologie et les vestiges immobiliers) - sur la chronologie : bas Moyen Âge, Moyen Âge, haut Moyen Âge, Temps moderne, époque con- temporaine.
- sur la nature des vestiges immobiliers : structure fossoyée isolée, sols, édifice militaire, enceinte cas- trale, escarpe, écurie, poudrière, édifice public, habitat urbain, édifice commémoratif, jardin public. - sur la nature des vestiges mobiliers : céramique, armes, outils, coutellerie, serrurerie, monnaies, mobilier d’harnachement, objets de jeu, verre, lithique, tabletterie.
Lieu de dépôt du mobilier archéologique : dépôt archéologique du SRA de Poitou-Charentes« Donjon », Niort (Deux-Sèvres). HADÈS, 2014 13
GÉNÉRIQUE DES INTERVENANTS
Intervenant phase préparatoire et suivi administratif
Service Régional de lArchéologie,
Thierry Bonin - Conservateur régional de l’Archéologie, DRAC Poutou-Charentes Anne-Marie Cottenceau - Conservatrice'en charge des Deux-Sèvres, DRAC Poutou-Charentes
HADÈS,
Jean-Luc Piat - Directeur général
David Peressinotto - Directeur de l'agence de Bordeaux et responsable administratif de l'opération
Intervenant phase terrain
Équipe de fouille, photographies,
Caroline Chauveau - Responsable d'opération
Mohamed Sassi - Responsable de secteur (phase suivi de terrassements)
Julien Cousteaux - Responsable de secteur (phase fouille)
Marianne Alascia-Morado - Technicienne qualifiée
Amandine Ladam - Technicienne qualifiée
Guillaume Sence - Technicien qualifié
Cécile Giraud - Technicienne qualifiée
Céline Trézéguet - Stagiaire, archéologue de la ville de Niort
Jean-Marie Bineau - Stagiaire, assistant de conservation du Musée du Donjon de Niort
Relevés de terrain,
Équipe de fouille
Aurélie Guesdon et Stéphane Jupin, services3D
Topographie,
Sandra Malpelat - Topographe
Céline Proye-Guimard - Topographe
Cabinet SCP Guichard-de-Gromard - Géomètres-experts
Intervenants phase rapport
Équipe de rédaction,
Caroline Chauveau
Alexis Corrochano - Étude du mobilier métallique, Landarc
Francis Dieulafait - Numismate
Fanny Larre - Étude du petit mobilier de jeu
Mathieu Linlaud - Spécialiste de la serrurerie médiévale, CESCM, Université de Poitiers Laëtitia Pédoussaut - Étude du mobilier en verre
Yolaine Rouzo-Lenoir - Céramologuei4
Infographie,
Caroline Chauveau
Céline Chauveau - Technicienne qualifiée
Julien Cousteaux
Sandra Malpelat
Mise en forme du RFO),
Gwendaëlle Bonte - Responsable PAO
« Donjon », Niort (Deux-Sèvres). HADES, 20i4« Donjon », Niort (Deux-Sèvres). HADÈS, 2014 15
FICHE D'ÉTAT DU SITE
État des lieux avant intervention
L'opération de fouilles archéologiques préventive a porté sur la parcelle ceinturant le donjon de Niort sur le front ouest. Avant notre intervention, cette parcelle est aménagée d’un jardin public en terrasse qui domine de trois mètres Le quai de la Préfecture, la rue Léon Blum et le jardin de la Préfecture. Il est
composé d’un talus végétalisé au pied du donjon, d’une terrasse équipé de bancs et d’un monument
commémorant les combattants de la Première Guerre Mondiale. Ce dernier a été déplacé avant le
démarrage des terrassements. Le jardin est ceinturé par un mur-terrasse surmonté de petits piliers
entre lesquels ont été fixées des rampes de sécurité. Quelques arbres ont été abattus et Le talus végéta- lisé a été exploré jusqu’au substrat rocheux. Les travaux ont nécessité la démolition du mur-terrasse sur toute sa hauteur jusqu’au niveau de circulation du quai de la Préfecture. Les terrassements ont été réalisés sur une profondeur de 2,50 m, laissant ainsi apparaître les premiers vestiges arasés.
État des lieux après intervention
Au regard du projet d'aménagement et des vestiges qui sont apparus au terme du terrassement général
de la parcelle, trois zones de fouille ont été déterminées pour répondre aux objectifs de la prescription archéologique. La zone nord a été explorée sous la forme d’un sondage à partir des maçonneries mises au jour, entraînant la destruction partielle des éléments les plus récents. Compte-tenu de l'importance des déblais et de la profondeur des vestiges, les éléments les plus anciens ont été partiellement dégagés. Ils sont conservés sous les remblais rapportés au terme de la fouille pour reboucher les sondages. Dans la zone sud, les vestiges mis au jour ont été fouillés sur une surface plus importante, ce qui a permis de
réaliser des sondages complémentaires plus profonds pour comprendre le séquençage stratigraphique. Le mur nord-est du bâtiment sud a été coupé par un sondage après étude et les voûtes de la salle nord-
ouest ont été démontées pour des raisons de sécurité et pour permettre une meilleure compréhension des vestiges plus anciens. Les remblais appuyés contre le parement sud du mur de courtine MR 1038
ont été enlevés sur une profondeur maximale de 4,50 m ponctuellement, puis nivelés en fin de fouille pour le rebouchage de cette zone. Enfin, le sondage réalisé au pied du donjon a été réalisé sous la
forme d’une tranchée à trois paliers de sécurité dont le rebouchage a été réalisé au terme de la fouille
avec les déblais. L'aménagement d’un mur de soutènement le long du mur mitoyen avec le jardin de
la Préfecture a nécessité un suivi de terrassement vierge de toute trace archéologique antérieure au XX: siècle. À la fin de l'opération, les sondages réalisés ont été rebouchés et la parcelle a été nivelée afin de ne laisser apparent que l’arase du mur de courtine sud.
Éléments conservés
. Les éléments conservés sont majoritairement des maçonneries s’échelonnant de la période médiévale à notre époque. Les plus anciennes sont des maçonneries dont l'intégralité n'a pas pu être dégagée dans l'emprise des sondages et datent des X°-XII° siècles. Elles fonctionnent avec des niveaux de sol et des structures en creux de la même époque. Plus particulièrement, un bâtiment construit en petits moellons de calcaire et à contreforts plats est apparu bien conservé dans l'emprise de la fouille. La courtine sud de l'enceinte basse du donjon a été découverte sur une longueur de 19 m et sur 4,50 m16 « Donjon », Niort (Deux-Sèvres). HADES, 2014
de hauteur : son état de conservation est particulièrement satisfaisant et méritait d’être protégé. Pour
cette raison, l'ouverture de tir OUV 1058 n’a pas été explorée. Le bâtiment, accolé contre la courtine sud, a livré deux salles conservées sur au moins 3 m de hauteur, aménagées de voûtes. Pour des rai- sons de sécurité, la salle sud-est n’a pas été explorée et est conservée en intégralité. Au contraire, la salle nord-ouest a pu être explorée sur toute sa surface : les voûtes ont été démontées après étude et le mur gouttereau nord-est coupé par un sondage. Dans l’ensemble, le bâtiment sud a été conservé sur sa partie sud-est. La latrine découverte dans Le sondage situé au pied du donjon a été conservée.
Extension du site
Compte-tenu du nombre important de vestiges datés de la période médiévale, il apparaît vraisem- blable que la cour basse du donjon ait été occupée dès la construction de son enceinte. De plus, des vestiges antérieurs à la construction du donjon montrent que le site est occupé entre les X°- XIT siècles. S’il reste difficile de caractériser avec précision cette occupation, elle peut être rapprochée des vestiges découverts lors des fouilles réalisées dans la fausse-braie du donjon, côté est. Le site de cette période s'étend donc au moins sur les bords de la Sèvre dans ce qui est par la suite l'enceinte du château de Niort. De plus, les vestiges mis au jour lors de notre intervention peuvent aussi être rap- prochés des découvertes réalisées lors des diagnostics archéologiques et des suivis de travaux de ces dernières années. Les plans anciens laissent apprécier l'emprise totale du château et de ses bâtiments dans la ville ancienne, repères que la ville ne permet plus d'appréhender dans son paysage actuel si ce n'est pas le donjon, seul élément en élévation conservé et abritant le musée de la ville.
Éléments non traités ou à surveiller
Les vestiges archéologiques de la zone nord laissent deviner la présence de l’enceinte de la cour basse du donjon sans que celle-ci ait été caractérisée avec certitude. Il est donc important de conserver cet aménagement ou de le découvrir sous surveillance archéologique si besoin. De même, l'espace com- pris entre le sondage nord et le bâtiment sud n’a pas fait l’objet d’une exploration complète : il s’agit de la cour basse installée au pied du donjon dont les traces d'occupation peuvent révéler des fonctions défensives et/ou de chevalerie. Les structures les plus anciennes datent des X°-XII° siècles, soit une période antérieure à la construction du donjon dont nous ne connaissons que trop peu d’éléments archéologiques pour la ville de Niort. Tout aménagement impactant la parcelle et ses environs à partir de 16 m NGF risque d’endommager ou de détruire des vestiges dont l'analyse archéologique permettra d'enrichir les connaissances sur le site castral de Niort. Le potentiel archéologique reste donc élevé autour du donjon.
Éléments non traités ou à surveiller
Les éléments détruits lors de la fouille sont de nature sédimentaire et consistent en des remblais de comblement divers, associés à plusieurs phases d'occupation de la parcelle. D’autres vestiges ont été partiellement ou entièrement démontés pour permettre une exploration satisfaisante des vestiges antérieurs. C’est le cas des voûtes du bâtiment sud dans la salle nord-ouest dont nous avons laissé en place que quelques assises de fondation qui marquent l'emprise de cet aménagement. De plus, le mur gouttereau nord-est du bâtiment a été coupé par un sondage mécanique, nécessaire pour la com- préhension des vestiges les plus anciens et vérifier la continuité du bâtiment à contrefort plat. Avant chaque démontage de maçonnerie ou fouille d'un niveau sédimentaire ou construit, les données archéologiques ont été recueillies17 ; « Donjon », Niort (Deux-Sèvres). HADÉS, 2014
Fig. la
Extraits de cartes topographiques au 1/250 000 et au 1/25 000« Donjon », Niort (Deux-Sèvres). HADEÈS, 2014
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Extrait cadastralË 19 « Donjon », Niort (Deux-Sèvres). HADÉS, 2014
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RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
AF/11/i60
PREFECTURE DE LA REGION
POITOU-CHARENTES
LE PREFET DE LA REGION POTTOU-CHARENTES, i
PREFET DU DEPARTEMENT DE LA VIENNE, +
OFFICIER DE LA LEGION D'HONNEUR,
OFFICIER DE L'ORDRE NATIONAL DU MERITE
VU le code du patrimoine, et notamment son livre V ;
VU le décret n° 2004-1490 du 3 juin 2004 relatif aux procédures administratives
et financières en matière d'archéologie préventive ;
VU l'arrêté du 16 septembre 2004 portant définition des normes d'identification,
d'inventaire, de classement et de conditionnement de la documentation
scientifique issu des diagnostics et fouilles archéologiques ;
VU l'arrêté du 27 septembre 2004 portant définition des normes de contenu et de présentation des rapports d'opérations archéologiques ;
VU le décret n° 2004-374 du 29 avril 2004 relatif aux pouvoirs des Préfets, à l'organisation et à l'action des services de l'Etat dans les régions et les
départements ;
VU le décret du 9 octobre 2008 portant nomination de M. Bernard TOMASINI aux fonctions de Préfet de la région Poitou-Charentes, Préfet de la Vienne ;
VU l'arrêté du préfet de la région Poitou-Charentes, préfet de la Vienne, n°
233, en date du 16 décembre 2010, portant délégation de signature à M. Jean-Paul GODDERIDGE, directeur régional des affaires culturelles de Poitou-Charentes
(administration générale) ;
VU le compte rendu d'intervention réalisé par monsieur Adrien Montigny ; reçu le
10 janvier 2011 ;
VU le courrier de la ville de Niort, confirmant le projet d'aménagement ; reçu
le 07 février 2011 ;
VU la validation en CIRA écrite du rapport de diagnostic le 02 mai 2011 ;
CONSIDERANT que des structures d'un intérêt majeur appartenant au système défensif du donjon de Niort (classé monument historique) ont été mises au jour :
courtine, salpêtrière notamment
ARRETE
Article ler : Est prescrite une fouille préventive préalable aux aménagements,
ouvrages où travaux portant sur le terrain sis en :
région : Poitou-Charentes
département : Deux-Sèvres
commune : Niort
lieu-dit : "Donjon"
cadestré : section BC, parcelle 0153
propriétaire : Ville de Niort« Donjon », Niort (Deux-Sèvres). HADES, 2014
Article 2 : La fouille sera réalisée conformément au cahier des tharges annexé, sous la maîtrise d'ouvrage de l'aménageur (Ville de Niort}, qui projette d'exécuter les travaux donnant lieu à la présente prescription. Les emprises concernées sont celles signalées sur le document graphique anne*é au présent arrêté. hi.
Sa réalisation peut être confiée, au choix du maître d'ouvrage, à l'Institut
national de recherches archéologiques préventives, à un service archéologique
territorial agréé ou à tout autre opérateur de droit public ou privé titulaire de l'agrément prévu au chapitre IX du décret susvisé.
Le contrat conclu avec l'opérateur comporte le projet d'intervention de ce dernier précisant les modalités de mise en œuvre des prescriptions , contenues
dans le cahier des charges. *,
Article 3 : La fouille ne pourra être entreprise qu'après autorisation par le
préfet de région, délivrée à la demande de la personne qui projette d'exécuter les travaux, au vu du dossier transmis comprenant le contrat mentionné à l'article 2, le justificatif de l'agrément de l'opérateur et, le cas échéant, la déclaration sur l'honneur prévue à l'article 41 du décret susvisé,
Article 4 : Le directeur régional des affaires culturelles est chargé de l'exécution-du présent arrêté, qui sera notifié à la Ville de Niort, Madame G. Gaillard, députée-maire, mairie de Niort, direction de l'AMERU (à l'attention de M. Joncheray), BP 516, 79022 Niort cedex (service instructeur].
Fait à Poitiers, le 4 MALO
Le Préfet de Région
£f par délégani
Le Directeur Keaton
des Affaires Culturelles
Jean-Paul GODDE
Copie à :
. Préfecture(s) de . Préfecture de région
département is) (archivage) - Gendarmerie au Police urbaine , Mairie({(s) . Personne qui projette les
travaux
- Service départemental de . Direction régionale des . Autorité compétente pour l'architecture et du patrimoine affaires culturelles {service instruire la demande
régional de l'archéologie) d'autorisation« Donjon », Niort (Deux-Sèvres). HADES, 2014
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Litone + Égolié - Prat
RÉPUULIQUE FRANÇAISE
CAHIER DES CHARGES SCIENTIFIQUE POUR UNE OPÉRATION
PE FOUILLE ARCHÉOLOGIQUE PRÉVENTIVE
“ 1- Données administratives
Arrêté de prescription n° AD/10/91
Région : POITOU-CHARENTES
Département : Deux-Sèvres
commune : NIORT
Lieu-dit : « Donjon »
Cadastre : section BO, parcelle : 153
Propriétaire : Ville de Niort
Maître d'ouvrage : Ville de Niort
Nature du projet : aménagement paysager sur un monument historique
Diagnostic archéologique
Prescrit le :22 mars 2010
Période (s) : médiéval et moderne
Responsable d'opération : Adrien Montigny
Emprise du diagnostic : 2 976 m°
2- Jocalisation et données techniques particulières;
Emprise de [a fouille : 1 600 m * environ
Section et parcelle(s) concernées par la fouille : section BO, parcelle 153p
Profondeur des vestiges : 0,30/0,50 m en fonction des tranchées
Epaisseur des vestiges : plus de 2,50 m
Données techniques particulières : terrain en pente de la base du donjon au quai, soit plus de 4 à 5 m de
dénivelée (niveaux NGF : 14,40/18.70 en moyenne), remblais importants et peu stables dans lesquels se
trouvent les vestiges
3- Données scientifiques ;
3.1- Contexte archéologique
Contexte général
La ville de Niort est traversée par un petit fleuve, la Sèvre Niortaise, navigable jusqu'au XXé siècle. La commune comporte de nombreux sites recensés, de toutes époques et sur l'ensemble de son territoire. Le donjon est installé dans un méandre du fleuve en plein centre ville. Les terrains sont calcaire et le donjon est construit au sommet d'une plate-forme rocheuse formée par le front d'érosion de la Sèvre. Tout le système défensif autour du donjon a occupé l'escarpement jusqu'au fleuve. On peut encore distinguer à l'heure actuelle sous les quais des vestiges des tours de ce système, Deux opérations archéologiques ont déjà eu lieu dans le donjon ( à l'intérieur de la fausse braie (cf. rapports E. Henry 1993 et Th. Cornec 2007), On sait qu'un castrum existe dès le Xè siècle, l'occupation carolingienne est attestée par la fouille de 2007. Le donjon a été construit au XIIe siècle pendant l'occupation des Plantagenêt et la ville est ensuite dotée d'une enceinte urbaine s'appuyant sur le château (cf. mañtrise de Th. Lecroëre 2804). Le donjon est le seul bâtiment encore en élévation et classé au titre des Monuments historiques. Des aménagements successifs notamment aux XVIHé et XIXè siècles vont transformer l'aspect défensif de l'ensemble dont subsiste le donjon. De nombreux plans, des illustrations et un fonds documentaire et historique importants sont disponibles (cf. bibliographie du rapport de diagnostic et médiathèque du patrimoine à consulter)
…l.
LShaLDNS « Donjon », Niort (Deux-Sèvres). HADES, 2014
Eléments acquis lors du diagnostic (pour chaque occupation reconnue) °
Neuf sondages ont été pratiqués tout autour du donjon avec plusieurs sondages profonds (plus de 2,50 m) afin de déterminer, dans la mesure du possible, le profil du rocher. L'instabilité des remblais n'a pas toujours
permis de faire des relevés au plus près des structures. Les sondages situés au sud permettent de retrouver les fondations des maisons construites au XTXè siècle, détruites au XX& siècle et qui s'élevaient devant l'entrée du donjon. Un mur de la tranchée 5 (5.1) pourrait être lié à l'accès à la fausse braie. Par ailleurs.dans la
tranchée 3, fe rocher sur lequel s'assoit le donjon apparaît avec une pente abrupte au départ, plus douce ensuite avec paliers successifs. Au nord et au nord-ouest les tranchées 2, 7 et 8 se sont révélées positives. La tranchée 2 comprend des vestiges de murs des constructions érigées au début du XIX& siècle, encore existantes au début du XXè siècle et deux murs, l'un -2.4- situé presque perpendiculairèment aux murs récents, le second -2.5- sous un mur du XDXè siècle. Ces deux murs ne sont présents sur aucun plan du donjon et difficilement datables, a priori antérieurs aux aménagements du XIXè siècle. La tranchée 7 est la plus intéressante puisqu'elle a permis de retrouver fe mur de courtine du donjon en direction de la Sèvre et deux murs d'un bâtiment, sans doute la Salpétrière, adossé à la courtine. À l'intérieur de ce bâtiment sont apparus les vestiges d'une voûte que les plans du XIXè siècle n'indiquent plus. Enfin la tranchée 8 a fait apparaître, après un replat du rocher, une structure qui n'est indiquée sur aucun plan, recouverte par un aménagement maçonné, en partie démoli au cours du diagnostic, pour découvrir trois murs liés formant peut- être un réceptacle rectangulaire, de 1, 45 m dé large et de longueur et de profondeur indéterminées. Les sondages, en général, n'ont pas permis de mettre au jour des sols d'occupation, sauf quelques éléments dans la tranchée 2, en grande partie en raison de l'importance des remblais utilisés.
3.2- Documentation disponible
Une première liste bibliographique est donnée à la fin du rapport de diagnostic et des éléments cartographiques y sont inclus.
4 Objectifs scientifiques et principes méthodologiques
En PATES la découverte des vestiges, principalement la courtine et Ja salpétrière, amènent la ville de Niortà réfléchir à une mise en valeur de ces murs, mais sans plan définitivement arrêté à l'heure actuelle. Une fouille préventive de toute la superficie le long du quai de la Préfecture et sur une partie des côtés du donjon est donc nécessaire et c'est en fonction des éléments trouvés que le projet sera modifié et/ou affiné. La partie donnant sur la place du donjon conservant les fondations des bâtiments du XIXë siècle, et ne nécessitant pas de décaissement, reste en dehors de l'opération envisagée. La fouille portera sur les parties nord, ouest et sud-ouest autour du donjon.
1 Une recherche documentaire et historique sera menée en préalable à la fouille afin d'avoir la maximum de données textuelles, les plans, cartes et illustrations qui permettent de comprendre le lieu et son évolution au cours des siècles. Les archives municipales, la Médiathèque du patrimoine à Paris et les archives militaires à Vincennes seront consultées autant que de besoin.
2 La fouille préventive envisagée a plusieurs objectifs : dégager les structures appartenant à l'ensemble castral et aux aménagements directement en rapport avec celui-ci, étudier les niveaux d'occupation, période par période, en faisant le lien avec les structures dégagées, étudier et comprendre l'implantation du système défensif et son évolution. Les décaissements doivent aussi permettre au maître d'ouvrage et au maître d'œuvre de réfléchir à la stratégie de mise en valeur des bâtiments, dans le cadre du projet, (en fonction des profondeurs nécessaires au projet, en fonction des élévationsà conserver et à garder visibles). Des réunions seront à organiser avec toutes les parties de façon spécifique en fonction des orientations à prendre.
Il sera donc prévu une tranche ferme et une tranche conditionnelle permettant de gérer au mieux l'étude des lieux, puisque tous les vestiges découverts sur l'emprise dessinée seront à étudier, avec des choix systématiques pour les structures appartenant à l'ensemble castral, sans insister sur les structures des bâtiments du X[Xè siècle.
Un décapage mécanique de la totalité de l'emprise aura lieu, soit environ 1 600 m°, par paliers successifs étant donné leur important volume. Un nettoyage général des structures sera fait afin de visualiser l'organisation du site, notamment dans les espaces compris entre les tranchées 2, 7 et 8. Un choix de fouille manuelle sera alors à faire.« Donjon », Niort (Deux-Sèvres). HADES, 204
Le terrain, fera donc ensuite l'objet d'une fouille manuelle : Structures, sols de démolition, d'occupation, de construction afin de comprendre l'érection du donjon sur l'escarpement rocheux, [a présence des douves, la construction des courtines, des bâtiments qui leur sont adossés et les traces potentielles, à l'ouest, de cheminement vers la porte de Fer. Par ailleurs des indices d'une occupation carolingienne antérieure à la construction du donjon du XIIé siècle pourraient apparaître ; ces éléments seront à fouiller (peut-être des fosses, des niveaux de sols.) S
Enfin afin d'avoir les informations les plus complètes, une étude du bâti mis au jour sera faite très soigneusement (phasage de construction, aménagernents, techniques de construction, marques lapidaires notamment puisque le donjon lui-même en comporte plus d'une centaine différentes). $ . 5
Tout type de mobilier mis au jour sera bien entendu étudié comme marqueur typo-chronologique.
La totalité des structures sera relevée en plans géoréférencés et en coupes, 1] en sera réalisé un descriptif détaillé accompagné d'une iconographie adaptée (relevés, dessins, photographies.)
En préalable au début de l'opération, le responsable scientifique prendra contact avec la personne en charge du dossier au service régional de l'archéologie. Il rendra compte régulièrement de l'avancement de la fouille, notamment en cas- de découverte archéologique majeure, afin d'adapter au mieux le déroulement de l'opération.
Le projet comprendra :
- les modalités de décapage, détail de leur mise en œuvre et type d'engins utilisés :
— le mode d'enregistrement des données ;
— la méthodologie adoptée pour la fouille (en particulier pour les structures complexes) : — la prise en compte des données paléo-environnementales:;
S- Qualification du responsable d'opération et de l'équipe ; durée d'intervention : FE RTE NEZ À F1 ISRAEL NOSS nr age £ 57e Ar RATER EE
Responsable d'opération
Le Préfet de région désignera comme responsable un archéologue spécialisé, un médiéviste spécialisé en castellologie et dans les opérations de sites urbains.
Dans son projet, l'opérateur pourra proposer le nom du responsable scientifi ue de l'opération. P
Equipe de fouille
Les effectifs prévus dans le projet d'opération seront définis en fonction de la durée de l'intervention et des objectifs scientifiques émis par le Préfet de région.
Le projet devra en outre indiquer :
- le nombre de responsables de secteurs et leurs compétences respectives, le schéma d'organisation dans
lequel ils interviendront ;
- Le nombre et les qualifications des spécialistes, céramologue, géomorphologue, sédimentologue, anthracologue si nécessaire ;
— le nombre d'analyses radiocarbone envisagées :
— le nombre de techniciens de fouille et, dans la mesure du possible, leurs compétences particulières.
Durée de l'intervention
La durée minimale d'intervention sera d'environ 6 à 7 semaines pour fa tranche ferme et 2 à 3 semaines pour la tranche conditionnelle.
6- Mise en forme des données : ee 4 ne nt
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La phase de mise en forme des données consistera à traiter, imventorier, analyser puis mettre en forme les données de terrain afin de rédiger un rapport final d'opération. il sera rédigé en français.
Le délai limite pour la remise du rapport final est fixé à 12 mois après la date d'achëvement de la phase terrain.
...« Donjon », Niort (Deux-Sèvres). HADES, 2014
Le rapport final sera remis en 7 exemplaires, dont un exemplaire non relié. Deux de ces rapports'au moins, comporteront des tirages photographiques argentiques pour des questions d'archivage pérenne : les autres
pourront contenir des photocopies couleur.
> L'inventaire détaillé du mobilier issu de
l'opération sera joint en annexe des rapports destiriés à l'Etat et au
propriétaire des terrains. À
Le rapport final d'opération sera organisé en trois sections :
La première section comprendra : A
— Fiche technique de l'opération : référence du site, du projet et de l'opération. :
— Générique de l'opération préventive : liste détaillée des intervenants scientifiques, techniques et
administratifs.
— Eléments de rappel de la prescription : décision de prescription émise par le Préfet de région, DRAC, SRA.
La deuxième section comprendra dans le corps du rapport :
- Introduction : circonstances de l'opération, cadre environnemental et contexte archéologique, données d'archives. ,
— Déroulement de l'opération : modalités techniques, méthodologie, stratégie et objectifs de l'opération. Le rapport indiquera les aspects de la prescription qui n'ont pas pu être pris en compte et / ou qui n'ont pas fourni de résultats, ainsi que les difficultés éventuelles rencontrées lors de la mise en œuvre de l'opération.
— Résultats scientifiques : analyse de la stratigraphie, des structures et du mobilier ; description des résultats.
— Synthèse scientifique : diagrammes stratigraphiques de mises en phase et période, conclusions par période chronologique qui renvoient aux plans par phase en regard de l'argumentation archéologique, apport de l'étude topographique et des recherches en archives, comparaisons avec d'autres sites régionaux connus.
— Documentation iconographique : carte de localisation (département, commune, site), contexte géologique et topographique, localisation cadastrale, plan général des vestiges dans la parcelle cadastrale et son environnement, plans par phase, planches de mobilier, vues argentiques significatives et tout document susceptible d'éclairer les résultats (archives, restitutions, plans de synthèse...) Les plans devront tous être orientés selon le même axe avec une échelle graphique courante.
— Bibliographie
La troisième section regroupera les inventaires :
Inventaire de la documentation de terrain, inventaire du mobilier archéologique avec mode d'enregistrement, de stockage et lieu de dépôt provisoire, listing des documents photographiques et du mobilier. Il est impératif que l'inventaire de ce mobilier soit effectué à la parcelle et que le responsable d'opération soit en mesure de fournir la date de sa mise au jour, le propriété étant établie au jour de la découverte.
Le mobilier archéclogique devra être conditionné dans le respect des mesures de conservation préventive adaptées à chaque matériau, Le matériel céramique et lithique, toutes périodes confondues, fera l'objet d'un inventaire et de caractérisations typologiques détaillées. Chaque contenant portera, de manière lisible, et pérenne, le numéro d'opération archéologique ainsi que le numéro de l'arrêté de l'autorisation de fouille.
Les archives de fouille et le mobilier devront être remis à la fin de l'opération selon Les normes définies par le
SRA de Poitou-Charentes, que le responsable d'opération aura pris soin de connaître avant la phase de mise en forme des données. La remise s'effectuera sur rendez-vous en présence d'un membre du service régional et du responsable d'opération afin de vérifier la conformité du mobilier avec la liste d'inventaire,in oi
« Donjon », Niort (Deux-Sèvres). HADES, 2014
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Liberté Égolité * Fraternité
AN/12/222 RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
LE PREFET DE LA REGION POITOU-CHARENTES,
PREFET DU DEPARTEMENT DE LA VIENNE,
OFFICIER DE LA LEGION D'HONNEUR,
OFFICIER DE L'ORDRE NATIONAL DU MERITE
VU le code du patrimoine, et notamment son livre Y et sa partie régiementaire,
articles R. 522-1 à R.523-68 ;
VU le décret n° 2004-374 du 29 avril 2004 relatif aux pouvoirs des Préfets, à
l'organisation et à l'action des services de l'Etat dans les régions et iles
départements ;
VU le décret du 22 juillet 2011, portant nomination de M. Yves DASSONVILLE aux
fonctions de Préfet de la région Poitou-Charentes, Préfet de la Vienne ;
VU l'arrêté du préfet de la région Poitou-Charentes, préfet de
la Vienne, n°
125/SGAR/2012, en date du 11 avril 2012, portant délégation de signature à Mme
Anne-Christine MICHEU, directrice régionale des affaires culturelles de Poitou-
Charentes (administration générale} ;
VU l'arrêté AF/11/160 du 04 mai 2011, portant prescription d'une fouille
archéologique, "Donjon", commune de Niort, Deux-Sèvres ;
VU que le responsable d'opération n'a pas été désigné par l'arrêté susvisé ;
ARRETE
Article ler Madame Caroline CHAUVEAU est désignée responsable scientifique de
l'opération archéologique prescrite par l'arrêté n° AF/11/160 du 04 mai 2011,
susvisé.
Article 2 : La directrice régionale des affaires culturelles est chargée de
l'exécution du présent arrêté, qui sera notifié à l'opérateur Hadès.
Fait à Poitiers, le
Le Préfet de Région
et par délégation
P/La Directrice Régionale
des Affaires Culturelles
Le Conservateur Régional
de l'Archéologie
pu PO Thierry BONIN
25 MAI 2012
Copie à :
. L'opérateur
. Préfecture({s) de
département (s)
. Direction régionale des
affaires culturelles (service
régional de l'archéologie}
. Gendarmerie ou Police urbaine
. Service départemental de
l'architecture et du patrimoine
. Autorité compétente pour
instruire le demande
d'autorisstion
. Mairie({s}
. Préfecture de région
(archivage)
. Personne qui projette les
travaux« Donjon », Niort (Deux-Sèvres). HADÈS, 2014
EU 5 7
Liberté « Égalité + Fraternité ’
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
AA/12/223 /
{
LE PREFET DE LA REGION POITOU-CHARENTES,
PREFET DU DEPARTEMENT DE LA VIENNE,
OFFICIER DE LA LEGION D'HOMNEUR,
OFFICIER DE L'ORDRE NATIONAL DU MERITE
VU le code du patrimoine, et notamment son livre V et sa partie réglementaire,
articles R. 522-1 à R.523-68 ;
VU l'arrêté du 16 septembre 2004 portant définition des normes d'identification,
d'inventaire, de classement et de conditionnement de la documentation
scientifique issu des diagnostics et fouilles archéologiques ;
VU l'arrêté du 27 septembre 2004 portant définition des normes de contenu et de présentation des rapports d'opérations archéologiques ;
VU le décret n° 2004-374 du 29 avril 2004 relatif aux pouvoirs des Préfets, à l'organisation et à l'action des services de l'Etat dans les régions et les départements ;
VU le décret du 22 juiilet 2011, portant nomination de M. Yves DASSONVILLE aux
fonctions de Préfet de la région Poitou-Charentes, Préfet de la Vienne ;
VU l'arrêté du préfet de la région Poitou-Charentes, préfet de la Vienne, n° 125/8GAR/2012, en date du 11 avril 2012, portant délégation de signature à Mme Anne-Christine MICHEU, directrice régionale des affaires culturelles de Poitou- Charentes (administration générale) ;
VU l'arrêté de prescription de fouille archéologique n° AF/11/160 du 04 mai 2011 et son cahier des charges ;
VU l'acte ‘d'engagement conclu entre l'aménageur et l'opérateur pour la
réalisation de la fouille prescrite, reçu définitivement le 27 avril 2012 et
l'ensemble des autres pièces du dossier de demande d'autorisation ;
CONSIDERANT que l'acte d'engagement, ét notamment le projet d'intervention de
l'opérateur, sont conformes au cahier des charges prescrit ;
ARRETE
est autorisée à faire réaliser par Article lex : La Ville de Niort, aménageur,
Hades, opérateur, sous la direction scientifique de Madame Caroline CHAUVEAU, la fouille archéologique préventive portant sur le terrain sis en :
région : Poitou-Charentes
département : Deux-Sèvres
commune : Niort
lieu-dit : "Donjon"
cadastré : section 80, parcelle 0153
Numéro du site archéclogique 79 191 0044
propriété de : Ville de Niort30 «Donjon », Niort (Deux-Sèvres). HADEÈS, 2014
l'opérateur notifieront au service régional Article 2 : L'aménageur et à fouille au moins cinq jours d'archéologie les dates de début et de fin de 1
ouvrables avant le début de l'opération et faciliteront par tous moyens aux représentants de l'Etat l'exercice de leur mission de contrôle. Avec le
responsable scientifique, ils veilleront, chacun pour ce qui ie concerne, à la
mise en œuvre des observations et des instructions formulées par le représentant de l'Etat lors de visites ou de réunions de chantier.
Article 3 : Aux fins de son étude scientifique, le mobilier archéologique issu
de la fouille est placé sous la garde de l'opérateur, qui en dresse
l'inventaire, prend les dispositions nécessaires à sa sécurité et, en tant que
de besoin, à sa mise en état pour étude.
A l'expiration de la période de garde, qui ne peut excéder deux ans à compter de
la date de délivrance de l'attestation de libération de terrain visée à
l'article 5, l'opérateur remet le mobilier à l'Etat avec la documentation scientifique constituée au cours de l'opération.
Article 4 : Lorsqu'il n'est pas lui-même propriétaire du terrain, l'aménageur communique au service régional d'archéologie le nom et l'adresse du ou des
propriétaires afin que ceux-ci puissent, le cas échéant, exercer leurs droits
sur le mobilier dont l'inventaire leur sera transmis par l'Etat.
L'aménageur notifie l'achèvement de l'opération de fouille sur le uivant la réception de cette notification, une
Faute de délivrance de
Article 5
terrain. Dans les quinze jours s
attestation de libération du terrain lui est délivrée. ‘attestation dans ce délai, celle-ci est réputée acquise.
Article 6 : La directrice régionale des affaires culturelles est chargée de l'exécution du présent arrêté, qui sera notifié à l'aménageur (Mairie de Niort, direction de l'AMERU, M. Joncheray, BP 516, 79022 Niort cedex) et à l'opérateur (Hades).
Fait à Poitiers, le 25 MAI 2017
Le Préfet de Région
et par délégation
P/La Directrice Régionale
des Affaires Culturelles
Le Conservateur Régional
de l'Archéologie
$ (ok Thierry BONIN
Copie à : l . L'opérateur Gendarmerie ou Police urbaine . Mairie(s) . Préfecturefs) de - Service départemental de Préfecture de région
département (s) l'architecture et du patrimoine {archivage}
Direction régionale des . Autorité compétente pour Personne qui projette les
travaux instruire la demande affaires culturelles (service
d'autorisation régional de l'archéologie}« Donjon », Niort (Deux-Sèvres). HADES, 2014
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BUREAU
D'INVESTIGATIONS
ARCHEOLOGIQUES
NIORT (Deux-Sèvres)
Le donjon
FOUILLES ARCHÉOLOGIQUES PRÉVENTIVES
DEVIS n° D 11-103
PROJET SCIENTIFIQUE ET TECHNIQUE
OBJET DE L'OFFRE
Un projet de réaménagement du centre urbain de Niort (78) concerne les abords immédiats du donjon
médiéval. Classé aux titres des Monuments Historiques, il est construit au sommet d'une plate-forme rocheuse
constituée de calcaire. if s'agit d'une puissante tour maîtresse, élément d'un ensemble initial beaucoup plus
vaste. La présence d'un castrum est attestée dès le Xe siècle, avec une occupation carolingienne mise en
évidence lors de la fouille menée par T. CORNEC en 2007. Le donjon lui-même a été érigé au cours du XIle
siècle. la ville étant par la suite dotée d'une enceinte urbaine s'appuyant sur le château. Des aménagements
des abords du donjon au cours des XVIIIe et XIXe siècles ont considérablement remodelé le système défensif,
dont il ne subsiste plus que le donjon aujourd'hui. L'opération de diagnostic, menée par l'INRAP (responsable
A. MONTIGNY) a permis de mettre en évidence ces vestiges d'aménagements défensifs, connus par différents
documents d'archive. Elle a notamment permis de documenter la topographie des fossés avant leur
comblement. Le substrat rocheux à en effet pu être atteint de part et d'autre du donjon. Dans la partie nord-
ouest, concemée par {a présente prescription de fouilles, le substrat présente une paroi verticale qui peut
correspondre à un front d'érosion dans un méandre de la Sèvre Niortaise. En ce qui concerne l'occupation
archéologique, le principal élément mis au jour correspond à un puissant mur de plus de deux mètres de large
appartenant aux défenses qui se développaient entre le donjon et la Sèvre, contre lequel est adossé un
bâtiment dont la fonction semble avoir varié au fil du temps.
Pour ceite raison, une fouille archéclogique préalable aux travaux d'aménagement a été prescrite par Arrêté
du Préfet de région n° AF.11.160 du 04 mai 2011 sur une zone de 1600 m° environ (cadastre section BO,
parcelle n° 153).
Siège social: 9, rue Vidaïhan, 31130 BALMA — Tel. OS 61 00 49 85 - Fax : 05 61 00 93 73 - E-mail : contact touiouse@hades-archeologie.com
Agence Bordeaux: 60 cité Reinette 33190 BORDEAUX - Tel. 05 56 40 22 53 - Fax: 05 56 49 26 88 - E-malt : contact.bordeaux@hades-archeologie,com
S.A.S. AU CAPITAL DE 37 000 €- R.C.S. TOULOUSE B 394 785 034 - SIRET 394 785 034 00049 - APE, 7112B
Js32 « Donjon », Niort (Deux-Sèvres). HADEÈS, 2014
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OBJECTIFS
-La découverte de ces vestiges conduit la ville de Niort à envisager une mise en valeur de ces maçonneries,
sans qu'un projet ne soit définitivement arrêté. C'est en fonction des éléments que mettra en évidence
l'opération de fouille préventive que le projet sera finalisé. La fouille portera sur les parties nord, ouest et sud- ouest autour du donjon.
Les objectifs scientifiques définis par l'Etat sont :
d'effectuer en préalable une étude documentaire et historique permettant de rassembler l'ensemble des
donriées textuelles, plans, cartes et illustrations, qui permettent de comprendre le lieu et son
évolution (cette étude sera réalisée aux archives municipales de Niort, à la Médiathèque du Patrimoine à Paris, ainsi qu'aux archives militaires à Vincennes) ;
-dégager l'ensemble des structures appartenant à l'ensemble castral et aux aménagements directement
en rapport avec celui-ci ;
-étudier les niveaux d'occupation conservés, période par période, en faisant le lien avec les structures
dégagées ;
-étudier et comprendre l'implantation du système défensif et son évolution ;
- organiser des réunions avec le maître d'ouvrage, le maître d'œuvre, le Service Régional d'Archéologie de
Poitou-Charentes, afin d'amener des éléments de réflexion quant à l'élaboration du projet d'aménagement final de ce secteur des quais ;
enregistrer toute l'information disponible quant à la physionomie primitive des constructions et
aménagements postérieurs (caractérisation des magçonneries, mise en œuvre, types d'ouvertures, constructions et sols associés, ….);
-dater les phases de construction, des origines jusqu'aux époques contemporaines, les repérer, les
replacer dans le contexte historique du site et plus largement apporter des points de vues comparatifs avec des sites régionaux ;
donner des interprétations fonctionnelles des différentes élévations, des reprises et ruptures observables,
des aménagements et espaces associés.
Pour ce faire, la méthodologie recommandée requiert :
- un décapage mécanique de l'ensemble de l'emprise par paliers successifs ;
- un nettoyage général des structures afin de visualiser l'organisation du site ;
- de faire des choix dans les structures à fouiller, en fonction du projet d'aménagement à mettre en
œuvre, cela en concertation avec l'ensemble des parties ;
- d'effectuer la fouille manuelle, dans le but notamment de comprendre le mode de construction du
donjon, et mettre en évidence les douves, les courtines, ainsi que les bâtiments et les traces de
cheminement ;
- d'effectuer une étude de bâti des éléments maçonnés mis au jour {phases de construction,
aménagements, techniques, marques lapidaires) ;
- de récolter l'ensemble du mobilier archéologique afin de pouvoir réaliser des études typo-
chronologiques permettant d'apporter des éléments de chronologie relative ou absolue.« Donjon », Niort (Deux-Sèvres). HADÈS, 2014
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METHODOLOGIE
Afin de permettre ces investigations, trois archéologues, le responsable de l'opération, un archéologue
assistant d'étude et un archéologue technicien qualifié, suivront les terrassements effectués par le lot 04,
terrassement, fondations spéciales et mur de soutènement. Il s'agira de suivre dans un premier temps la
réalisation des micro-pieux (deux semaines), puis la réalisation des terrassements (deux semaines). lls auront
en charge de suivre le décapage mécanique et de marquer au sol les structures dès qu'elles apparaissent.
Dès que les terrassements seront terminés, un archéologue topographe se rendra sur site afin d'enregistrer la
position spatiale des structures et de les restituer sur plan. Une réunion sur site sera suscitée auprès du
Service régional d'archéologie de Poitou-Charentes et de l'aménageur, afin que puisse être discuté les choix de
fouille manuelle, en fonction de la densité et de l'importance des vestiges. L'enclenchement ou non de la
tranche conditionnelle sera également discuté à cette occasion.
D'une manière générale, les principes d'intervention consisteront au dégagement et au nettoyage des
structures bâties et creusées, à effectuer des relevés graphiques en plan et en coupe, à la collecte du mobilier
archéologique, à l'enregistrement sur fiches des observations, à effectuer des levés topographiques et
photographiques des vestiges. Une attention particulière sera portée aux relations stratigraphiques visibles, afin
de renseigner au mieux la chronologie des diverses structures rencontrées. Les fossés seront fouillés à l'aide
de sondages régulièrement répartis afin d'obtenir des coupes transversales et longitudinales, permettant le
relevé du profil de creusement ainsi que la stratigraphie du remplissage.
Au cours de cette phase, une mini-pelle sera employée pour le dégagement de remblais qui n'auraient pas été
enlevés lors de la première phase de décapage. Elle sera notamment utilisée afin d'enlever des niveaux de
remblais à l'intérieur de bâtiments, ou de terrasser des niveaux qui auraient été laissés en place lors de la
phase initiale des terrassements (niveaux d'occupation, de circulation, de démolition, qui devront faire l'objet
d'investigations archéologiques avant d'être enlevés.
Pendant l'intervention, un ramassage exhaustif du mobilier archéologique sera assuré et se verra complété
par le passage d’un appareil de détection électromagnétique sur la totalité de l'emprise de fouille ainsi que sur les déblais issus de cette derniére.
L'ensemble du mobilier archéologique recueilli sera traité, inventorié et conditionné sur site et en dépôt
archéologique par un archéologue technicien qualifié, qui répartira son intervention entre le terrain et le dépôt
de la société Hadès situé à Bordeaux. L'observation de ce mobilier lors de la phase de post-fouille permettra
de réaliser des études typo-chronologiques permettant d'affiner la chronologie des phases d'occupation.
Un rapport d'intervention conforme aux normes ministérielles en matière d'archéologie préventive sera établi
et présentera les résultats des fouilles, comprenant le contexte sédimentaire, un plan des vestiges, les
résultats de l'étude documentaire, ainsi qu'une synthèse des données avec présentations des phases
d'occupation.
Les temps d'intervention présentés ci-après ont été définis d'après le cahier des charges établi par le Service
Régional de l'Archéologie.
ee]UJ34 « Donjon », Niort (Deux-Sèvres). HADES, 2014
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CONTENU DE LA MISSION : TRANCHE FERME
Suivi des travaux de terrassements préalables (20 jours à un archéoloque responsable d'opération, un archéologue assistant d'étude et un archéoloque technicien qualifié)
+ Suivi archéologique des terrassements mécaniques préalables sur une surface de terrain représentant
1600 m°, les terrassements étant effectués par l'entreprise du lot 04 (terrassement, fondations spéciales et
mur de soutènement).
+ Le décapage se fera par passes successives décimétriques jusqu'à atteindre des ensembles significatifs.
Deux archéologues auront à charge de surveiller le décapage mécanique, d'identifier et de marquer au sol les
structures mises au jour.
+ Au cours de cette phase, le topographe se rendra sur le site pour effectuer une cartographie spatiale des
structures et fournira un plan rapidement afin que puisse être discuté au cours d'une réunion avec des
représentants du Service régional de l'archéologie et de l'aménageur les choix de fouille manuelle ainsi que l'enclenchement ou non de la tranche conditionnelle.
Travaux de terrassements en cours de fouilles (15 jours à une mini-velle mécanique de 5 tonnes et un
chargeur)
+ La mini-pelle sera essentiellement utilisée pour enlever des remblais qui auront été laissés en place au cours de l'opération de décapage initiale réalisée par le lot 04.
« Les terres de déblais générées par l’action de la mini-pelle seront évacuées de l'emprise à l'aide du chargeur
sur la zone de stockage de déblais, telle que définie au préalable en concertation avec l'aménageur.
» La terre végétale sera distinguée du reste des terres.
* Les tas de déblais ne devront pas faire obstacle à l'écoulement normal des eaux de pluie, comme il est
demandé à l'article 3 du C.C.T.P.
Travaux de terrassements en fin de fouilles pour rebouchage des excavations (4 jours à une pelle
mécanique de 22 tonnes, deux tombereaux articulés et un bulldozer)
+ Il s'agira de remettre en place les terres de déblais, stockées à proximité de la fouille en cours d'opération.
+ Une pelle mécanique de 22 tonnes sera mobilisée au niveau de l'endroit de stockage pour charger deux
tombereaux articulés qui effectueront des rotations jusqu'au lieu de l'excavation.
+ Un bulldozer égalisera les terres sur l'ensemble de l'emprise. En aucun cas la société Hadès ne pourrait prendre en charge le compactage de ces terres.
Fouille manuelle (30 jours à un archéologue responsable d'opération, un archéologue assistant d'étude
quatre archéoloques techniciens qualifiés)
+ Les fouilles manuelles comprendront le dégagement des niveaux d'occupation et des structures bâties et
creusées, un nettoyage des élévations, des coupes, le relevé des vestiges et de la stratigraphie, la collecte du
mobilier archéologique.
. Des travaux de terrassement ponctuels seront réalisés par une mini-pelle mécanique pour le dégagement de
niveaux ou de structures archéologiques d'intérêt secondaire ou ne nécessitant pas de fouilles fines.
+ Des relevés topographiques, graphiques et photographiques des structures seront effectués régulièrement à
l'avancement de la fouille.
Traitement et conditionnement du mobilier (20 jours à un archéologue technicien qualifié : 10 jours à un
opérateur de saisie)
+ Lavage et conditionnement du mobilier archéologique mis au jour lors de l'opération de fouïle ;
+ Le prélèvement, nettoyage, classement et conditionnement du mobilier archéologique destiné à l'étude en
laboratoire fera l'objet d'un traitement en dépôt archéologique au fur et à mesure de sa collecte selon les
normes ministérielles en vigueur.« Donjon », Niort (Deux-Sèvres). HADES, 2014
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+ Des inventaires par unités stratigraphiques ou structures archéologiques seront réalisés sur bases de
données informatiques au fur et à mesure de leur conditionnement avant envoi pour études où analyses en
laboratoire.
Travaux topographiques (19 jours à un archéologue topographe sur la totalité de la tranche ferme)
+ Réalisation d'un premier enregistrement dès la fin des terrassements afin que puisse être rapidement
discuté l'organisation des vestiges défensifs, les choix des fouilles manuelles du responsable d'opération et l'enclenchement ou non de la tranche conditionnelle ;
+ Relevés et positionnement topographique des excavations et des vestiges dégagés et observés sur le terrain
à l'avancement du chantier.
+ Dépouillement et traitement informatique des données et mise au propre des relevés.
Étude post-fouille {30 jours à un archéoloque esponsane d'opération, 20 jours à un archéoloque assistant jours à un spécialiste des obiets métalliques : 2 jours à un
infographiste) -
+ Analyse des données du terrain, numérisation et infographie des relevés stratigraphiques.
« Etude typo-chronologique du mobilier céramique et métallique permettant de recaler chronologiquement les
structures entre elles et de préciser les dates d'occupation du site.
* Rédaction d'un Rapport d'opération d'archéologie préventive (R.O.A.P.) regroupant l'ensemble des données et leur interprétation.
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CONTENU DE LA MISSION : TRANCHE CONDITIONNELLE
Cette tranche conditionnelle ne sera encienchée qu'après validation par le Service régional d'archéologie de la région Poitou-Charentes.
Fouille manuelle (10 jours pour un archéologue responsable d'opération, un archéoloque assistant d'étude, 4 archéoloques techniciens qualifiés)
« Les fouilles manuelles comprendront le dégagement des niveaux d'occupation, des structures bâties et
creusées, un nettoyage des élévations et des coupes, le relevé des vestiges et de la stratigraphie, la collecte
du mobilier archéologique.
+ La tranche conditionnelle permettra de fouiller l'ensemble des structures de manière exhaustive dans le cas
où elles se révèlent beaucoup plus nombreuses que prévu.
+ Des relevés topographiques, graphiques et photographiques des structures seront effectués régulièrement à l'avancement de la fouille.
Traitement et conditionnement du mobilier (5 jours à un archéoloque technicien qualifié; 2 jours à un
opérateur de saisie)
+ Lavage et conditionnement du mobilier archéologique mis au jour lors de l'opération de fouille.
+ Le prélèvement, nettoyage, classement et conditionnement du mobilier archéologique destiné à l'étude en
laboratoire fera l'objet d'un traitement en dépôt archéologique au fur et à mesure de sa collecte selon les normes ministérielles en vigueur.
+ Des inventaires par unités stratigraphiques ou structures archéologiques seront réalisés sur bases de
données informatiques au fur et à mesure de leur conditionnement avant envoi pour études ou analyses en
laboratoire.
Travaux to raphiques (5 iours pour un archéoloque topoaraphe sur la totalité de la tranche conditionnelle
* Relevés et positionnement topographique des excavations et des vestiges dégagés et observés sur le terrain
à l'avancement du chantier.
* Dépouillement et traitement informatique des données et mise au propre des relevés.
Étude post-fouille (10 jours à un archéologue responsable d'opération ; 5 jours à un assistant d'études ; 5
jours à un céramoloque médiéviste : 2 jours à un spécialiste des objets métalliques : 1 iour à un infographiste
+ Etude typo-chronologique du mobilier céramique et métallique permettant de recaler chronologiquement les
structures entre elles et de préciser les dates d'occupation du site.
+ Analyse des données du terrain, mise au net des relevés, infographie et étude du mobilier archéologique.
+ Rédaction d'un Rapport d'opération d'archéologie préventive (R.O.A.P.) regroupant l'ensemble des données
et leur interprétation.« Donjon », Niort (Deux-Sèvres). HADEÈS, 2014 37
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ORGANISATION ET PLANNING DE PRODUCTION PREVISIONNEL (INDICATIF)
> Phase 1 : étude documentaire préalable => semaines 2 à 5 (2012 ; 4 semaines) ;
> Phase 2: suivi des terrassements et mise en place des micro-pieux effectués par le lot 04 =>
semaines 6 à 9 (2012 ; 4 semaines),
Phase 3 : fouille manuelle tranche ferme => semaines 10 à 15 (2012 ; 6 semaines) ;
Phase 3 bis : fouille manuelle tranche conditionnelle => semaines 16 à 17 (2012 ; 2 semaines) :
Phase 4 : post-fouille / rapport => remise du rapport en avril 2013.
Estimation fin de l'intervention sur site en tranche ferme : 16 avril 2012.
- Phase 1 : 4 semaines à un historien, entre le lundi 09 janvier 2012 et le vendredi 03 février 2012.
- Phase 2 : 4 semaines à trois archéologues, entre le lundi 06 février 2012 et le vendredi 02 mars 2012.
- Phase 3 : 30 jours ouvrés du lundi 05 mars 2012 au lundi 16 avril 2012 (décalage d'une journée en raison
d'un jour férié au mois d'avril = lundi 09 avril 2012).
- Phase 3 bis (dans le cas où la tranche conditionnelle soit affermie) : 10 jours ouvrés du mardi 17 avril 2012
au tundi 30 avril 2012.
- Phase 4 = étude post-fouille et production d'un Rapport Final d'Opération (RFO). La remise du rapport
interviendra dans un délai maximum de 12 mois après la fin de l'intervention sur le terrain, soit au plus tard pour la fin du mois d'avril 2013.
MOIS D anv12 | févi2 [__ mars-12 | avr-12 mai-12 juin-12 |
DEROULEMENT DE L'OPERATION
PHASE 1 - Suivi des terrassements du lot 04 (4 semaines)
1 historien CLILITIIIITEI D II D PHASE 2 - Suhi des terrassements du {ot 04 valise
1 responsable d'opération (20 j.)
4 assistant d'éludes (20 j}
1 topographe (3j)
PHASE 3 - Fouites manuslles (lranche
1 responsable d'opération (30 j}
À assistant d'études (30 j)
A techniciens qualifiés (30 j.)
4 &chnicien (30 j.)
4 technicien (20 j)
1 topographe (6j)
PHASE 3 bis - Fouilles manuelles
À responsable d'opération (10 j)
1 assistant d'études (10 j.)
4 techniciens qualifiés (10 j)
2 techniciens (10 j.}
À topographe (2 j.}
PHASE 4 - Etude post-fouille / Rapport
4 resp. d'opération (30 j+TC 10j;
1 assistant d'études (20 j.+TC 5 j}
4 céramologue (18 j. + TC 5j)
1 spécialiste métal (5: + TC 2j.)
Atopographe (19 j + TC 3j)
À infographisie (2j + TC 1j)
Mracretere eance conionnelle [ours à répartir« Donjon », Niort (Deux-Sèvres). HADES, 2014
RESSOURCES ET CV
- Responsable de l’opération spécialité protohistoire
Benoit GARROS (C.V. en annexe)
- Assistant d'études spécialité protohistoire
Damien DELAGE (C.V. en annexe)
- Organisätion, suivi et logistique
Jean-Luc PIAT, responsable de l'agence Hadès de Bordeaux
David PÉRESSINOTTO, responsable adjoint de l'agence Hadès de Bordeaux
Jean Luc CAMINADE, logisticien Hadès Bordeaux
- Travaux topographiques
Céline PROYE-GUIMARD, topographe Hadès Bordeaux
- Traitement du mobilier sur site et en dépôt
Un archéologue technicien qualifié
- Céramoiogue médiéviste
Armelle GUERITEAU (céramologue Hadès Bordeaux)
- Spécialiste petit mobilier (stabilisation de mobilier métallique notamment)
Fanny LARRE (CV en annexe)
COMMUNICATION
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* La société Hadès s'engage à participer à toute action de communication souhaitée par l'aménageur et le Service Régional d'Archéologie.
+ Des panneaux explicatifs pourront être réalisés, avec l'accord du maître d'ouvrage, à l'attention des riverains.
+ De la même façon, des dépliants présentant brièvement l'opération avec les principales attentes, pourront
être mis à dispositions de la commune à l'attention des résidents.
« Le responsable d'opération se rendra à chaque réunion suscitée par le maître d'ouvrage, afin de rendre
compte de l'avancée des travaux. Un responsable administratif pourra également être présent si le maître
d'ouvrage le souhaite.« Donjon », Niort (Deux-Sèvres). HADÈS, 2014 39
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PRESTATIONS NON PRÉVUES, À FOURNIR PAR LE MAITRE D'OUVRAGE
Libération des terrains :
* L'espace à fouiller devra être libre de constructions, dépôts, stationnement ou éléments entraînant une
limitation en durée ou en volume de la fouille prescrite (article 2 du C.CTP).
* Le cas échéant et aux fins d'exécution effective et normale de la prescription de fouille, le maître d'ouvrage
se charge de réaliser ou faire réaliser les confortements, parois, démolitions anticipées, défrichements,
surveillance du bâti riverain etc. qui, prévisibles ou non, s'avèreraient nécessaires.
Démarches préalables :
- L'aménageur fera parvenir à Hadès tous renseignements utiles relatifs aux ouvrages privés situés dans ou
sous l'emprise du terrain objet de la fouille, dont le maître d'ouvrage aurait connaissance.
Prestations particulières à fournir:
+ Ja mise à disposition d'une zone connexe à l'emprise de fouille pour le stockage des terres de
déblais ;
« la mise à disposition d'une zone connexe à l'emprise de fouille pour le cantonnement de chantier (3
bungalows de chantier, un container outillage, un bloc sanitaire) ;
TERRASSEMENTS
En réponse à l'article 3 du C.C.T.P.:
* En préalable au début de l'opération, la société Hadès se chargera de faire parvenir les DICT aux différents
concessionnaires dont la liste aura auparavant été fournie à l'opérateur par la ville de Niort.
« Les terrassements initiaux seront assurés par l'entreprise du lot O4 « terrassement, fondations spéciales et
mur de soutènement ». Les archéologues ne font qu'assurer le suivi des terrassements pendant cette phase.
L'évacuation des déblais et le stockage des terres seront donc entièrement à la charge du lot 04.
+ Au cours de l'opération de fouille manuelie, les terrassements complémentaires seront à là charge de la
société Hadès, avec l'intervention d'une mini-pelle mécanique et d'un chargeur avec chauffeur pendant 15 jours
ouvrés.
« Lors de cette dernière intervention, à la charge d'Hadès, les matériaux seront décapés et stockés en
distinguant la terre végétale du reste des terres.
+ Les terres de déblais ne feront pas obstacle à l'écoulement normal des eaux de pluie.
+ Au cas par cas et en fonction de ce qui sera demandé à l'ordre de service, la société Hadès se chargera de remettre en place les terres excavées.
« Attention : en aucun cas, la société Hadès ne pourra pas prendre en charge le compactage des terres. Il
s'agira uniquement d’une remise en place avec un nivellement par l'intermédiaire d’un bulldozer, mais
il n’y aura aucun compactage.
INSTALLATION DE CHANTIER / SECURITÉ
+ La prestation de Hadès comprend la fourniture et le repli d'une instailation de chantier complète.
Comprenant un cantonnement de chantier conforme aux règles d'hygiène et de sécurité relatives aux travaux
publics (bungalow bureau, réfectoire, vestiaire, conteneur outillage, sanitaires).
- La prestation de Hadès prévait la mise en place d'une clôture de chantier avec des barrières de type HERAS, cela pour une durée de un mois.
+ En ce qui concerne les deux premiers mois d'intervention, l'entreprise-du lot 04 doit clôturer le chantier, cela
pour une durée de deux mois (durée de leur intervention).40 « Donjon », Niort (Deux-Sèvres). HADEÈS, 2014
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* La société Hadès prendra donc le relais de l'entreprise du lot 04 en ce qui concerne la clôture de chantier,
cela donc pour une durée de un mois.
PRESENCE DE RESEAUX
+ L'article 3 du C.C.T.P. prévoit que l'opérateur, en cas de présence de réseaux sur l'emprise de la fouille,
procède sous sa responsabilité à la dépose de ces réseaux. En l'absence d'information plus précise de la part de l'aménageur quant à la qualité de ces réseaux, cette clause doit être nuancée :
+ La société Hadès prévoit de déplacer un réséau uniquement dans le cas où il s'agisse d'un réseau
électrique d'éclairage public. Il ne s'agira alors pas d'une dépose mais d'un déplacement provisoire dans le
cadre de l'intervention archéologique. Il appartiendra au maître d'ouvrage de le déplacer s’il le souhaite.
+ Pour tout autre réseau en fonctionnement, la société Hadès ne peut EN AUCUN CAS s'engager sur le
dépiacement ou la dépose d’autres réseaux (par exemple réseaux R.T.E. ou gaz, pour lesquels il faut des
demandes particulières auprès des concessionnaires type EDF ou GDF et où seuls des spécialistes de ces
entreprises peuvent intervenir sur ce type de réseaux).
+ Dans le cas de telles découvertes, une réunion sur site devra être organisée avec le maître d'ouvrage et des
entreprises spécialisées devront être consultées. Ces opérations feront l'objet d'avenants au présent marché
ou de marchés complémentaires.
+ Dans le cas de découverte d'anciens réseaux, la société Hadès prendra en charge la dépose du réseau
uniquement dans le cas où le maître d'ouvrage aura identifié le réseau en auestion comme non fonctionnel.
Dans ce cas, la société Hadès procèdera à la dépose du réseau, uniquement dans le cas où l'absence
d'amiante soit attestée. Dans le cas où le réseau ancien soit constitué d’amiante, ou de tout autre matériau
qui doive faire l'objet d’un traitement particulier en centre de retraitement, la société Hadès ne prendra en charge ni la dépose, ni le traitement des déchets issus de cette dépose.
+ Dans le cas de découverte d'anciens réseaux, identifiés comme non fonctionnels par la mairie de Niort,
courrier à l'appui, qui ne contiennent pas d'amiante ou de matériau devant faire l'objet d'un retraitement
particulier, la société Hadès procédera à la dépose du réseau en question. Toutefois, la mise en décharge des
matériaux n'est pas prévue dans la présente prestation. La prise en charge des matériaux sera l'affaire du
maître d'ouvrage.
DÉCOUVERTES PARTICULIÈRES
La mise au jour d'éléments sortant du domaine des découvertes normalement attendues (mosaïques, enduits
peints ou structures en bois par exempie) et nécessitant la mise en œuvre de moyens non courants conduira
le responsable de chantier de la société Hadès à prendre l'avis scientifique du Service Régional de
l'Archéologie. Dans le cas où ce dernier prescrirait une extension de la fouille engagée, une prestation
nouvelle, ta mise en œuvre de moyens particuliers, l'intervention de personnel spécialisé et plus généralement
toutes prestations non prévues dans le présent devis, celles-ci seront réputées non comprises dans ia
présente proposition. La société Hadès ne pourra être rendue responsable du retard consécutif à de telles
découvertes.
RESTITUTION DES TERRAINS OBJET DE L’EMPRISE DE FOUILLE
A la fin de l'opération de fouille, le terrain est restitué à la mairie de Niort. La société Hadès fera alors parvenir au maître d'ouvrage un proces-verbal contradictoire de fin de chantier. La mairie de Niort fera parvenir ce procès-verbal de fin de travaux au préfet de la région Poitou-Charentes afin que ce dernier lui délivre l'attestation de libération du terrain visée par l’article 53 du décret n° 2004-490 du 3 juin 2004.RÉSULTATS
SCIENTIFIQUES« Donjon », Niort (Deux-Sèvres). HADES, 2014
1. PRINCIPES MÉTHODOLOGIQUES
1.1. CADRES DE
LINTERVENTION ET
DÉROULEMENT DE
LOPÉRATION
1.1.1. ÉLÉMENTS DE LA PRESCRIPTION
ARCHÉOLOGIQUE
L'arrêté préfectoral de prescription archéologique
n° AF/11/160, signé le 4 mai 2011, porte sur la
réalisation d’une fouille archéologique préalable à
l'aménagement des abords du donjon par la ville
de Niort.
Le cahier des charges qui lui est annexé rappelle
que le diagnostic archéologique! (fig. 2) a révélé les
vestiges d’une courtine et d’une « salpêtrière » que
la ville réfléchit à intégrer dans son projet sans plan
définitif au moment de la prescription, ni au mo-
ment de la fouille. Cette dernière est donc prescrite
sur les fronts nord, ouest et sud-ouest du donjon, le
long du quai de la Préfecture.
Les objectifs consistent à dégager les structures qui
forment l’ensemble castral de la fin du XIT° siècle
ou qui sont en relation directe avec lui pour étudier
les niveaux d’occupation successifs et comprendre
l'implantation du système défensif sur le front oc-
cidental et son évolution.
Dans ce but, un décapage mécanique de la plate-
forme servant de jardin public doit être réalisé
sur les 1600 m’, par paliers successifs, de façon à
envisager les zones de fouille manuelle à explorer
pour répondre à des interrogations ciblées (fig. 4).
1 Montigny 2012.
Celles-ci portent sur la compréhension de l’érec-
tion du donjon sur l’escarpement rocheux ; sur la
présence de douves au sud de l’enceinte de la cour
basse du château ; sur la construction des courtines
de cette enceinte et de leurs liens avec le donjon
mais aussi avec les bâtiments qui leur sont ados-
sés ; sur le cheminement mentionné par les plans
anciens menant à la porte de Fer sur le front ouest
de l’enceinte castrale. Enfin, une attention particu-
lière est requise sur les vestiges bâtis mis au jour
qui doivent faire l’objet d’une étude de bâti appro-
fondie.
Au regard des préconisations émises, les vestiges
des périodes médiévale et moderne sont privilégiés
de façon à saisir l’histoire du donjon de Niort de-
puis sa construction, à la fin du XIT° siècle, jusqu’à
sa cession à la Ville et au Département après la
Révolution. Cette opération archéologique devait
aboutir à une relecture des connaissances archéo-
logiques et historiques du site castral, et plus parti-
culièrement de son front ouest.
1.1.2. DÉROULEMENT DE
LOPÉRATION ET CONTRAINTES
TECHNIQUES RENCONTRÉES
L'opération archéologique s’est déroulée en deux
phases successives sur le terrain sur une durée to-
tale de 10 semaines, du 29 mai au 3 août 2012.
La première phase a consisté en un suivi de ter-
rassements mécaniques de la parcelle par l’entre-
prise Boilivaud, chargée de réaliser l'évacuation des
déblais et la démolition du mur-terrasse du jardin
(fig. 4). Parallèlement, les micropieux étaient ins-
tallés sur le front sud du château par l’entreprise
Clivio (fig. 5). Destinés à supporter une prome-
nade en escalier partant de la rue Du Guesclin,46
à l'est, jusqu’au quai de la Préfecture, à l’ouest, les
micropieux devaient être installés à 1,50 m du mur
de clôture du jardin de la Préfecture, sur une lon-
gueur d'environ 18 m (fig. 6). Les 17 micropieux
scellés par injection ont été installés à intervalles
plus ou moins réguliers jusqu’à une profondeur de
7 m à l’aide d'une foreuse : un mur de soutènement
en béton armé a été construit dans le double but de
contrebuter les remblais et de supporter la rampe
en escalier (fig. 7).
Ces installations ont nécessité la démolition du
mur-terrasse tout le long du quai de la Préfecture
et sur le côté nord du donjon (fig. 8). De même, la
plate-forme du jardin devait être abaissée de plu-
sieurs mètres pour suivre l’'emmarchement de la
promenade. Il a donc été décidé de procéder par
paliers successifs depuis le talus végétalisé situé
au pied du donjon jusqu’au niveau de la chaussée
du quai de la Préfecture (fig. 9 et 10). Au moment
du démarrage de Fopération, le projet de la ville
de Niort consistait à réaliser une pente végétalisée
depuis le donjon jusqu’à la chaussée en laissant une
bande d’1,50 m au pied de l'édifice (fig. 11 et 12).
Toutefois, il faut signaler que ni le calcul du cubage
de cette première phase, ni les plans de réalisation
des micropieux (notes de calcul et notice tech-
nique avec plan projeté) n'ont été communiqués
aux archéologues. Ces négligences ont considéra-
blement alourdie la co-activité entre les entreprises
Boilivaud, Clivio et la société Hadès, rendant les
conditions d'intervention difficiles faute d’organi-
sation. La circulation du quai de la Préfecture a été
aménagée sur une voie pendant la démolition du
mur-terrasse (arrêté municipal n°2012-0955/571
en date du 18 juin 2012) puis avec un alternat de
circulation (fig. 7, 8 et 9). Les nombreux réseaux
de fluides ont été déposés sauf la conduite de gaz,
située à la jonction entre la chaussée et le mur-ter-
rasse, repérée par les services compétents (fig. 13,
14 et 15).
Durant cette première phase, deux archéologues
ont été mobilisés pendant deux semaines, les cah-
tonnements de chantier ont été préalablement
installés contre la façade sud-est du donjon, dans
lemprise du chantier de réhabilitation des abords
du donjon (place du Donjon, rue Du Guesclin, rue
Léon Blum). La co-activité avec l’entreprise Euro-
via, en charge des nouveaux aménagements des
fluides et des espaces arborés, n’a pas posé de pro-
blème.
1. Principes méthodologiques
La deuxième phase de l'opération a mobilisé six
archéologues et un topographe Hadès pendant huit
semaines. Le suivi technique et scientifique de l’opé-
ration était assuré lors des réunions hebdomadaires
organisées par la mairie de Niort, en la présence du
conservateur du service régional de l’Archéologie en
charge .du dossier. Après la phase de terrassement,
l'emploi d’une pelle mécanique s’est avéré nécessaire
pour atteindre les niveaux d'occupation ancienne :
la cote d’arrêt du terrassement ne permettait que de
dégager l’arase de la courtine sud, le reste de la sur-
face de fouille ne livrant que des remblais d'époque
contemporaine (fig. 16 à 21). Il a donc fallu définir
les zones de fouille manuelle sans avoir de visibilité
précise sur les potentiels vestiges archéologiques.
De plus, les remblais restés en place pour la rampe
d’escalier masquaient le parement sud de la courtine
sud qu’il a fallu dégager mécaniquement sur une
profondeur de 4 m et sur 20 m de long. Les déblais
générés par ce sondage ne pouvaient être déposés à
proximité de la zone ni sur l'emprise de la fouille :
l'évacuation a donc été réalisée à l’aide de camions-
bennes 6x4 qui ont effectué plusieurs rotations. Le
financement a été pris en charge par la société Ha-
dès en intégralité. Pour les autres zones de fouille,
les déblais ont pu être stockés sur l'emprise de la
fouille, comme le montre le plan topographique où
sont reportées les contraintes techniques (fig. 13).
Compte-tenu de la puissance stratigraphique et du
foisonnement des déblais, il a été décidé de fouiller
en profondeur trois zones sur l'emprise.
1.1.3. LOCALISATION DES ZONES
DE FOUILLE ARCHÉOLOGIQUE ET
PROBLÉMATIQUES
Trois zones (A, B et C) ont été privilégiées pour
mener une fouille manuelle aidée ponctuellement
d’une pelle mécanique de 14 tonnes munie d’un go-
det lisse de 1,80 m de large (fig. 13). Le seul accès à
la fouille était aménagé dans la partie nord de la par-
celle, le cheminement des engins mécanique étant
facilité par une rampe. Par conséquent, les engins
mécaniques ne pouvaient pas avoir accès à la zone
sud de l'emprise, ce qui a entraîné la mise en place
d’un cheminement le long du talus végétalisé pour
débuter la fouille par le sud et progresser vers la zone
nord de l'emprise. Les trois zones de fouille ont été
explorées en regard des problématiques pressenties.« Donjon », Niort (Deux-Sèvres). HADES, 2014
La zone nord (A) couvre une surface de 98 m°eta
livré des vestiges de maçonneries dont la stratigra-
phie se révélait complexe. Deux longs murs orien-
tés nord-ouest/sud-est, parallèles l’un à l’autre, et
des massifs de maçonneries sont apparus à une
altitude de 16 m NGF. Le diagnostic archéologique
a permis de les repérer sans pour autant qu'il soit
possible de les interpréter’. Le massif de maçon-
nerie (MR 1009 - MR 1010 - MR 1008), décou-
vert plus au sud-ouest de ces murs, a révélé plu-
sieurs occupations successives qui prennent appui
directement sur des vestiges bâtis plus anciens. La
consultation des plans anciens permettait d’y voir
les vestiges du magasin des pompes à incendie du
début du XIX® siècle. Ce bâtiment a été construit
dans la partie nord-ouest du château, vraisembla-
blement au nord de l'enceinte basse du donjon. La
fouille de la zone nord a donc été menée dans le
but de traiter les données de cet édifice et de son
articulation avec les réaménagements successifs
du XIX: siècle au nord du donjon. De plus, la pro-
blématique portant sur l’ensemble castral, et plus
particulièrement sur l'enceinte basse du donjon,
nécessitait la réalisation d’un terrassement consé-
quent, les vestiges les plus anciens ayant été repérés
à 14,60 m NGF lors du diagnostic. Le sondage a été
implanté dans l’axe du contrefort nord-ouest du
donjon nord, à une distance de 6,50 m vers l’ouest :
la zone de fouille nord a porté sur plus de 98 m°.
L'objectif de ce sondage devait permettre de mettre
au jour les vestiges de la courtine nord de l'enceinte
basse et éventuellement du système d'entrée attesté
sur les plans anciens. L'entrée se faisant sur le front
nord de cette enceinte basse, un chemin ou un ni-
veau de circulation était pressenti dans l’axe de la
porte, menant aux bâtiments situés dans la cour et
à la porte de Fer donnant sur la Sèvre.
La zone sud (B) de l'emprise a été particulièrement
riche en vestiges : le diagnostic archéologique avait
déjà permis la découverte d’un tronçon de la cour-
tine sud dans l’axe du contrefort sud-ouest du don-
jon sud (fig. 13). À la fin du décapage total lors de
la fouille, le mur est apparu très bien conservé sur
une longueur totale de 19 m, jusqu'au mur-terrasse
du quai de la Préfecture (fig. 18). Son arase est
apparue à une altitude de 16,20 m NGF en même
2 Montigny 2012, p. 28.
temps que des murs dessinant en plan un bâtiment
partiellement démoli, appuyé contre le parement
nord de la courtine. Côté sud, aucun vestige n’est
apparu en lien avec la courtine : l'hypothèse de
douves situées entre cette enceinte et l'enceinte
castrale restait à démontrer, ce qui a motivé une
exploration dans cette zone (fig. 22). Côté nord,
la fouille devait permettre de préciser les relations
chronologiques entre les différentes structures et
entre elles et le donjon. Leurs fonctions devaient
être précisées dans la mesure du possible ainsi
que leur évolution jusqu’à leur abandon respec-
tif (fig. 25). Une attention particulière devait être
apportée aux éventuelles traces du système de
défense de la courtine et à son articulation avec
le donjon. Enfin, une salle du bâtiment accolé au
parement nord, située au nord-ouest, a été fouillée
puisque les vestiges étaient directement impactés
par le projet d'aménagement de la ville de Niort. Ce
dernier n'ayant pas évolué au regard des éléments
archéologiques mis en lumière, nous avons orienté
le choix de la fouille sur les parties les plus exposées
par l'aménagement initial.
La troisième zone de fouille (C) a été implantée au
pied du donjon, à la jonction entre le contrefort
nord-ouest du donjon sud et le mur reliant les deux
tours sur le front ouest (fig. 13). Après le décapage
complet, une maçonnerie est apparue sous le talus
végétalisé qui a été construit à l’aplomb de celle-ci.
Il a fallu dégager la façade ouest au pied du don-
jon ainsi que les nombreuses maçonneries qui sont
apparues entre la courtine, le donjon et le promon-
toire rocheux. N’ayant pas livré suffisamment de
données sur la maçonnerie prise sous le talus végé-
talisé, un sondage exploratoire a été mené au-de-
vant de ce mur (fig. 24). Compte-tenu de l'impor-
tante puissance stratigraphique à laquelle il a fallu
faire face, le sondage a été réalisé sur une profon-
deur de 5,35 m avec des paliers de sécurité. IL n’a
pas permis d'atteindre le substrat et a été interrom-
pu pour des raisons de sécurité à une altitude de
11,65 m NGF. Cependant, les éléments découverts
ont permis de préciser les phases de remblaiement
et d'occupation aux abords du donjon.48
1.1.4. PRÉSENTATION DE LA
STRATIGRAPHIE GÉNÉRALE
Avant l'opération, le jardin en terrasse occupait
tout le front ouest du donjon jusqu’à la chaussée
du quai de la Préfecture. Maintenu par un mur
de soutènement, ce jardin marquait un horizon
à pendage vers l’ouest autour de 17,40 m NGF,
le talus végétalisé étant à environ 18,40 m NGF.
Lors du diagnostic, les vestiges archéologiques
sont apparus à partir de 16,60 m NGEF côté nord
et 16,25 m NGF côté sud. Le décapage par paliers
de la plate-forme a été interrompu à 14,50 m NGF
côté nord et à 14,09 m NGF côté sud : le dénivelé
entre le sol du jardin en terrasse et la chaussée est
de l’ordre de plus ou moins 3 m.
Au cours du décapage de l'emprise, la zone nord
(A) présentait des couches de remblais contempo-
rains : les arases de murs sont apparues à l’angle
nord-ouest de l’emprise à une altitude d'environ
15,70 m NGF. Les structures de la zone sud (B) sont
apparues à partir de 16,40 m NGF au pied du don-
jon et à 15,12 m NGF vers le quai de la Préfecture.
Cette différence s'explique avant tout par le nivel-
lement du jardin suivant un pendage d’est en ouest
pour permettre l'évacuation des eaux pluviales.
Les vestiges archéologiques ont donc été particu-
lièrement bien conservés grâce au remblaiement
des structures lors de leur abandon et à l'apport
massif de remblais pour finaliser la plate-forme
au moment de la construction du mur-terrasse.
La principale donnée qui manquait pour saisir le
potentiel de conservation des vestiges était la cote
d'apparition du substrat rocheux. Si le promon-
toire calcaire est apparu directement sous la terre
végétale au pied du donjon (autour de 19 m NGF),
il n’avait pas été repéré plus avant dans l'emprise de
fouille lors du diagnostic archéologique pour des
raisons évidentes de sécurité”, Malheureusement,
l'opération que nous avons menée n’a pas non plus
permis d'atteindre le substrat rocheux dans chaque
zone de fouille.
3 Montigny 2012, p. 42 : « Le substrat rocheux se développe
un mètre au-delà du mur [ouest] du donjon pour ensuite
plonger verticalement sur au moins deux mètres de
hauteur. Il n’a pas été possible de le suivre au-delà en raison
de l'instabilité du terrain ». |
1. Principes méthodologiques
La zone nord (A) a été explorée jusqu’à une pro-
fondeur de 13,67 m NGF ce qui a permis de mettre
au jour les arases d’un mur qui pourrait être le mur
de courtine nord. Compte-tenu des conditions de
sécurité, la fouille n’a pas été poursuivie plus avant,
les déblais de la fouille contraignant l'emprise de
cette zone. En revanche, la zone sud (B) a été dé-
gagée sur une surface de 288 m°, ce qui a permis
d'atteindre des niveaux de sol et des maçonneries
entre 13,27 m NGF et 10,95 m NGF. La densité des
vestiges est forte avec des maçonneries en élévation
encore parfaitement conservées sur 3 m de hauteur
et une succession de plusieurs niveaux de sol alter-
nés avec des couches d'occupation et de nivelle-
ment. La zone sud (B) est aussi l'endroit qui a livré
le plus de mobilier archéologique, tant par l'occu-
pation continue qui y est attestée que par la fouille
manuelle assez conséquente des niveaux les plus
anciens. Ainsi, une stratigraphie complexe en place
est attestée sur 2,32 m de hauteur. Il faut souligner
que la fouille a été interrompue à 10,95 m NGF de
chaque côté de la courtine sud en raison des condi-
tions difficiles d'intervention liées à la remontée de
la nappe phréatique et à de forts risques de décom-
pression des remblais au sud. Si les fondations de
la courtine ont pu être observées intra et extra-mu-
ros, il n’a pas été possible d'atteindre le substrat
puisque la nappe phréatique remontait dans les
sondages pratiqués. Il est plus que probable que les
ressauts de fondation reposent directement sur le
socle rocheux calcaire à une altitude indéterminée
à ce jour.
La zone C a aussi fait l’objet d’une exploration
fortement contrainte par les remblais stockés sur
l'emprise de la fouille. Ouverte sur 80 m”, cette zone
a livré une séquence stratigraphique complexe,
sous d’épais remblais situés entre 14,16 m NGF et
11,65 m NGE, que le mobilier archéologique per-
met de dater du Moyen Âge. Le substrat rocheux
a été effleuré au fond du sondage à 12 m NGF :
il suit un profil sub-vertical et semble se poursuivre
vers l’est en direction de la fondation du donjon.
IL est permis d’y voir l’escarpe du socle rocheux qui
supporte le donjon qui, comme nous l'expliquons
plus loin, a été habillé de maçonneries à plusieurs
époques pour en freiner l’érosion naturelle. La
fouille de cette zone a été arrêtée à 11,36 m NGF.« Donjon », Niort (Deux-Sèvres). HADES, 2014
D'une manière générale, les niveaux archéologiques
sont apparus sous des remblais massifs à partir de
16,40 m NGF/15,70 m NGF. Selon les probléma-
tiques de chaque zone de fouille, et en fonction
des contraintes de stockage des déblais générés, Les
données archéologiques ont été appréhendées sur
environ 2,50 m de stratigraphie. Plusieurs horizons
de circulation, de construction, d'occupation et
d'abandon ont pu être étudiés dans ces séquences,
dont la datation s’échelonne des X°-XII° siècles à
l’époque moderne. Seule la zone nord a livré des
vestiges plus récents, datables de l’époque contem-
poraine. Les limites de l'intervention ont dûment
été conditionnées par la profondeur des vestiges
et l'absence de données sur le niveau d'apparition
du substrat rocheux, motifs auxquels il faut ajouter
l'incertitude de l’évolution du projet de la ville.
1.1.5. L'ENREGISTREMENT DES
DONNÉES ARCHÉOLOGIQUES
Les données archéologiques sédimentaires et bâties
ont été enregistrées selon le protocole de Syslat-
Terminal 4, sur des fiches papier‘. Les US ont été
numérotées en continu de 1000 à n en fonction de
l'avancement de la fouille. Par commodité, le sol
actuel porte le numéro d’US 1000 et le substrat
rocheux a été numéroté US 1999 sur l’ensemble
de la fouille. Les US conservent le même numéro
lorsqu'elles doivent être regroupées pour devenir
un fait ; seul un préfixe ajouté indique le type de
structure auquel il se réfère : par exemple, l'US 1038
s’est avérée être un mur correspondant à une phase
d'occupation spécifique donc il constitue le fait ap-
pelé MR 1038 pour toute son occupation. Les pré-
fixes ainsi utilisés sont en adéquation avec la base
de données Syslat-Terminal 4 dans laquelle chaque
fait est identifié : PR pour porte, MR pour mur, TR
pour tranchée, FS pour fosse, FO pour fossé, etc. .
L'enregistrement photographique des données
” a été exécuté à l’aide d’un appareil numérique de
marque Canon, modèle PowerShot SSIS pour
chaque structure, en plan, en coupe et en élévation
autant que de besoin pour assurer la conservation
numérique des éléments stratigraphiques et bâtis.
4 Pour l’évolution du protocole et l’utilisation de cette base
de données, se référer au site Internet (http://syslat.on-rev.
com/forum/?q=node/101).
49
Les clichés ont été inventoriés à partir du numé-
ro attribué par l'appareil sous la forme d’une liste
avec les données descriptives de base et leur orien-
tation. Ils ont été inventoriés sans modification du
numéro originel pour l’archivage et une table des
illustrations est disponible à la fin du volume 2,
regroupant les relevés et les photographies du pré-
sent rapport final d'opération.
L'enregistrement graphique des données archéo-
logiques a été réalisé par l’équipe de fouille : il a
consisté à produire des relevés manuels à diffé-
rentes échelles, principalement au 1/20 ou au 1/10.
Les relevés manuels ont été réalisés sur des feuilles
de calque hydromorphe A3 à l’aide de mines de
carbone HB. Des colorations ont été apportées
et légendées chaque fois que nécessaire et les lec-
tures faites au niveau de chantier sont reportées
et corrigées sur chaque minute. Au total, ce sont
38 minutes qui ont été inventoriées dont 4 sont des
croquis à main levée pour les levés topographiques.
Les minutes de terrain ont été inventoriées dans un
tableau avec un bref descriptif des structures repré-
sentées, l'orientation, l'échelle, l’auteur et la date.
1.1.6. L'ÉTUDE DES VESTIGES BÂTIS
L'enregistrement des vestiges bâtis a été reporté
sur des fiches US spécifiques regroupant les don-
nées architecturales, en particuliers les matériaux
de construction et leurs techniques de mise en
œuvre. Une attention particulière a été apportée
aux liants des maçonneries (argile appelée « tine »
et mortiers de chaux) et à la présence de revête-
ment des parements (enduit, lait de chaux), de dé-
cors ou de marques liées à la construction (épure,
marques lapidaires). Compte-tenu de l'importance
des marques lapidaires recensées sur le donjon,
il était important de compléter le corpus déjà exis-
tant par les éventuels exemplaires mis au jour lors
de la fouille. Sur l’ensemble des zones explorées,
seuls deux marques lapidaires ont été découvertes,
situées sur le parement du contrefort sud-ouest.
Une campagne de photogrammétrie 3D a été réali-
sée pour l'élévation du parement sud de la courtine
sud de l'enceinte basse. Le plan du bâtiment sud
a été traité par orthophotographies avant la fouille
de la salle nord-ouest. Ces documents ont servi de
support à l'enregistrement des données archéo-50
logiques du bâti. Elles ont été complétées lorsque
cela s’est avéré nécessaire par des relevés manuels
comme, par exemple, pour le parement nord de la
courtine sud, dégagé des remblais et des maçon-
neries qui le masquait. Compte-tenu de la nature
des liants qui sont majoritairement composés
d'argile à cœur, des analyses n’auraient pas apporté
de données supplémentaires pour le phasage des
constructions. Il a donc été décidé de ne pas pro-
céder à ces analyses sur les maçonneries, faute de
mortiers de chaux.
Enfin, malgré un tronçon de courtine parfaitement
conservé au sud, nous n'avons pas trouvé de char-
bons de bois dans les joints, ce qui s’explique faci-
lement par l'absence de mortier de chaux à cœur.
Aucun élément de datation absolue n’a été décou-
vert dans les zones de maçonnerie non perturbées,
ce qui impose de nous appuyer sur le mobilier ar-
chéologique et sur la chronologie relative parfois
appuyée d'une analyse radiocarbone.
Si l’état de conservation des bâtiments est particu-
lièrement satisfaisant pour l'analyse archéologique,
la fouille a entraîné la destruction de vestiges bâtis
nécessaire pour la compréhension des niveaux
d'occupation anciens. Ainsi, la voûte nord-ouest
du bâtiment, dont l'état de dégradation entravait la
poursuite de la fouille, a été détruite une fois l’ac-
quisition des données finalisée (fig. 26 et 27). De ce
voûtement ne restent aujourd’hui que les deux pre-
mières assises de fondation. De même, le mur nord-
est du bâtiment sud a été sondé lors de l’agrandis-
sement de la zone de fouille pour mettre au jour
les relations stratigraphiques entre le bâtiment et
les structures antérieures. En fin d’intervention, la
salle a été remblayée pour éviter les déstabilisations
des maçonneries en élévation (fig. 28). De manière
générale, les éléments architecturaux mis au jour
présentent un état de conservation très satisfai-
sant pour une mise en valeur, sous réserve de les
restaurer et de les entretenir à l’aide de matériaux
sains et compatibles avec ceux qui les composent
à l'origine (calcaire, argile, mortier de chaux). La
conservation des structures a été assurée par un
remblaiement en fin d'opération, le temps que la
ville de Niort décide d'intégrer ou pas ces vestiges
archéologiques dans son projet de réaménagement
des abords du donjon.
1. Principes méthodologiques
1.1.7. LES LEVÉS TOPOGRAPHIQUE,
ORTHOPHOTOGRAPHIQUE ET
PHOTOGRAMMÉTRIQUE
Pendant la campagne de fouille, la topographie
a été réalisée par le bureau de géomètres-experts
SCP Guichard-de Gromard, domicilié à Poitiers.
Les topographes sont intervenus à quatre reprises
(12 juin, 28 juin, 26 juillet et 31 juillet 2012) sur
le site pour effectuer les levés topographiques en
fonction de l’avancement de la fouille. De façon à
organiser concrètement l'acquisition des données
topographiques et à les exploiter avec fiabilité par
la suite, un cahier des charges a été élaboré pour
encadrer les procédures de levé et de rendu des
documents bruts (calcul, interprétation et fichiers).
Sur site, le topographe du cabinet SCP Guichard
de Gromard a réalisé les levés à l’aide d’un tachéo-
mètre électronique robotisé de type Leica TCRP
1203. Au total, dix stations ont été implantées
dont quatre dans l'emprise de la fouille et deux à
proximité immédiate pour servir au quotidien : le
fort dénivelé présent dans chaque zone de fouille a
entraîné le rajout de stations sur les vestiges bâtis
(zone À, station 8 et zone B, station 9) permettant
un meilleur angle de visée. Ce sont donc les sta-
tions 1, 4, 5, 6, 8 et 9 qui ont le plus servi à recaler
les structures archéologiques en altitude à Paide du
niveau de chantier : le système de coordonnées pla-
nimétrique est en projection Lambert II et le sys-
tème de nivellement en NGF IGN69.
Pour chaque levé, une codification des points pris a
été mise en place de façon à isoler les axes de relevés
manuels (de 1000 à 2999), les structures archéolo-
giques (de 3000 à 9999), les limites de fouille ou
les zones de stockage des déblais (20 000 à 20 999)
et les points de calage pour les orthophotographies
(de 13000 à 14 999). Après chaque levé un plan au
format DWG et un plan final GT7 ont été fournis
ainsi qu’un plan au format PDF à l'échelle du 1/50.
Les levés orthophotographiques ont été réalisés au
fur et à mesure de l'avancement du dégagement des
structures en élévation et en plan : elles ont porté
essentiellement sur la zone B dont l’état de conser-
vation des vestiges s’avérait satisfaisant en plan et
en élévation comme, par exemple, le bâtiment sud
après décapage. Dès le nettoyage des maçonneries,« Donjon », Niort (Deux-Sèvres). HADÈS, 2914
il est apparu que le bâtiment avait été arasé jusqu’à
l'interface entre son rez-de-chaussée et le 1° étage,
révélant ainsi des aménagements des deux niveaux
en plan. La technique orthophotographique sem-
blait donc pertinente pour réaliser un relevé précis
de ces éléments en une seule fois avant d’en réaliser
une exploration approfondie. Les clichés ont été
réalisés avec un appareil photographique numé-
rique Canon (PowerShot S5IS) au format JPG. Ils
sont inventoriés au même titre que les photogra-
phies de l'opération en clichés isolés.
La photogrammétrie a été utilisée pour créer un
modèle numérique de terrain en 3D du pare-
ment sud de la courtine sud de l’enceinte basse
(MR 1038). L'élévation de ce mur a été mise au jour
au fur et à mesure de l'avancement du chantier sur
5 m de hauteur et 19 m de longueur. Pour en faci-
liter l'analyse et le rendu graphique, le MNT a été
réalisé par la société Services3D à partir de clichés
sous différents angles de vue et a été recalé dans
le système de géoréférencement réglementaire. Un
rapport qualimétrique de cette intervention est
présenté en annexe : il sert à estimer la marge d’er-
reur dans le calcul de corrélation dense qui a per-
mis de construire le modèle 3D (vol. 3, annexe 9).
1.1.8. LARCHIVAGE DES DOCUMENTS
DE L'OPÉRATION
Le dossier stratigraphique présenté à la fin du vo-
lume 3 du présent rapport compile l'inventaire des
US et des faits archéologiques et les diagrammes
stratigraphiques. Le mobilier archéologique est in-
ventorié par matériau (métal, céramique, verre...)
et par objets (monnaies, prélèvements...) : à
l'heure où nous produisons ce rapport, certains
objets métalliques sont en cours de- déchlorura-
tion au laboratoire Materia Viva. Afin de présen-
ter un inventaire complet et exhaustif du mobilier
archéologique, il a été décidé d’attendre la fin du
traitement du mobilier métallique pour intégrer les
objets à l'inventaire général. Dans ce but, le verse-
ment du mobilier archéologique de l'opération sera
accompagné de l'inventaire final, au terme du trai-
tement physico-chimique des objets métalliques.
51
Les documents graphiques et photographiques ont
été inventoriés dans les tableaux présentés à la fin
du volume 3 du présent rapport. Ils sont regroupés
dans le dossier documentaire.
Enfin, les analyses menées dans le cadre de la post-
fouille portent sur des datations radiocarbones réa-
lisées au sein de deux établissements (Beta Analytics
et Ciram). Leurs rapports et les résultats sont com-
pilés dans le dossier analyses du volume 3. Les choix
des éléments datés sont expliqués au chapitre 1.2.
1.1.9. LE MOBILIER ARCHÉOLOGIQUE
Le mobilier archéologique découvert dans chaque
US a été prélevé et isolé en fonction de la nature
des objets (charbons, os, verre, métaux, céramique,
etc.) dans des sachets MiniGrip où des étiquettes
imputrescibles renseignaient la provenance du
mobilier par le numéro d’US. Lorsque cela était
nécessaire, des isolations ont été pratiquées pour
des objets fragiles (état pulvérulent, matériau déli-
cat, petits objets comme les monnaies, les pions,
le verre) en précisant leur destination et/ou les
traitements à envisager avant étude. Ainsi, les
numérotations du mobilier archéologique suivent
strictement les numéros de l'enregistrement stra-
tigraphique et les isolations sont identifiées par un
numéro de 1 à n ajouté au numéro d’US (1175-2,
isolation n° 2 de l'US 1175).
1.1.10. LES STAGES D'ARCHÉOLOGIE
PRÉVENTIVE ET LES
COLLABORATIONS SCIENTIFIQUES
Durant l'opération, les collaborations scientifiques
ont été riches, notamment avec la présence de
Céline Trézéguet, archéologue municipale de la
ville de Niort, qui a pu participer à la fouille dans
le cadre d’un stage conventionné. Sa connaissance
de l’évolution de la ville, sa maîtrise de la bibliogra-
phie historique et ses relations avec la communau-
té scientifique ont enrichi considérablement notre
connaissance du site et de son contexte urbain. Sa
présence à nos côtés lors des réunions de cadrage
hebdomadaires s’est vite avérée indispensable pour
la coordination entre l’opération de fouille du don-
jon et les interventions archéologiques qu'elle me-
nait sur la place du Donjon, côté est.1115
La participation de Jean-Marie Bineau, assistant
de conservation au musée du donjon de Niort, a
également permis à l’équipe de mieux connaître le
donjon grâce à ses connaissances en architecture
et en histoire. Ce stage a été l’occasion pour Jean-
Marie Bineau de prendre la mesure des vestiges
découverts et de leurs liens avec le donjon de la fin
du XTIT° siècle.
Des échanges avec deux membres de la commu-
nauté scientifique qui possèdent des connaissances
approfondies sur le donjon ont eu lieu lors de la
post-fouille. Marie-Pierre Baudry-Parthenay était
alors en pleine préparation de sa publication parue
à la fin de l’année 2013, Le château de Niort, aux
éditions Patrimoines Médias’. Par ailleurs, Daniel
Courant, directeur du musée du donjon de Niort
à la retraite et président de la Société Historique et
Scientifique des Deux-Sèvres, nous a apporté une
aide précieuse par sa collection photographique
des plans anciens conservés aux archives du Génie
à Vincennes et la lecture architecturales du donjon.
Ces collaborations scientifiques ont été bénéfiques
pendant la fouille archéologique et au moment du
traitement post-fouille afin de préciser le contexte
historique des vestiges archéologiques.
1.1.11. LA PORTÉE MÉDIATIQUE
DE LA FOUILLE ET LES JOURNÉES
PORTES OUVERTES
Les Niortais se sont passionnés pour la fouille si-
tuée au pied du donjon et face au marché couvert
qui est un lieu de sociabilité incontournable dans
le centre-ville. La Nouvelle République est l'organe
de la presse écrite qui a le plus relayé les activités
du chantier archéologique et les principales dé-
couvertes au fur et à mesure de son avancement.
Soulignant l'engouement des riverains, le journal
a aussi permis d'annoncer les portes ouvertes lors
des Journées Nationales de l’Archéologie de 2012.
Des visites commentées se sont déroulé pendant la
journée du samedi 24 juin 2014, entre 10h et 18h,
permettant l'accueil de plus de 300 personnes. Ce
succès témoigne, s’il le fallait, de l'intérêt que le pa-
trimoine archéologique suscite auprès des publics.
5 Baudry 2013.
1. Principes méthodologiques
Un reportage France3 Poitou-Charentes a été enre-
gistré lors du rebouchage de la fouille en fin d’opé-
ration en la présence de M Geneviève Gaillard,
députée-maire de la ville de Niort. Les coupures de
presse sont régroupées dans le dossier communi-*
cation du volume 3 accompagnant ce rapport.
1.2. CHOIX DES ANALYSES ET
POST-FOUILLE
1.2.1. LES DATATIONS
RADIOCARBONES
Trois datations radiocarbones ont été pratiquées
sur les rares charbons de bois découverts lors de la
fouille, dans des structures archéologiques fermées
correspondant à différents aménagements. Comme
nous l’avons dit plus haut, l'absence de mortier de
chaux pour servir de liant aux maçonneries dimi-
nue les chances de réaliser de type d’analyse pour
les murs. En revanche, les niveaux charbonneux et
les fragments de charbons de bois mis au jour ont
été majoritairement prélevés dans les niveaux les
plus anciens de la zone B. Les trois prélèvements de
charbons de bois ont été réalisés dans des contextes
sédimentaires humides en raison de la proximité
de la nappe phréatique. Deux échantillons ont été
envoyés au laboratoire Beta-Analytics, en Floride
(US 1164 et US 1279), le troisième a été confié à
Armel Bouvier (Ciram). Les rapports d'analyse
sont présentés en annexe dans le volume 3 et les ré-
sultats discutés dans les chapitres 3.1.4.2 et 3.1.4.3
en lien avec les niveaux d’occupations qu'ils per-
mettent de dater avec précision.
Le prélèvement issu de l’US 1164 avait pour objectif
de préciser une datation mal renseignée par le mo-
bilier céramique (XIII-XIV® siècles ?) et par une
monnaie de la première moitié du XIT° siècle dé-
couverte dans cette couche. Stratigraphiquement,
PUS 1164 est un horizon d'abandon et de remblaie-
ment antérieur à la construction de la courtine sud
de l'enceinte basse, qui présente la particularité de
sceller les aménagements des phases antérieures
sur toute la surface fouillée. Les nombreux frag-
ments de charbon de bois ont donc constitué une« Donjon », Niort (Deux-Sèvres). HADÈS, 2014
possibilité d'affiner la datation de cet horizon. Le
mobilier métallique propose une fourchette chro-
nologique couvrant le dernier quart du XII° siècle
jusqu’au milieu du XITI° siècle.
Le prélèvement issu de PUS 1279 est issu de la tran-
chée de fondation de la couïtine sud de l’enceinte
basse du donjon. Si le mobilier céramique orien-
tait une datation autour des XIII*-XIV® siècles,
‘échantillon de charbon de bois a offert la possi-
bilité de contraindre la fourchette chronologique
aux années 1190-1210 (Cal AD 1190 et Cal AD
1200 et Cal 1210). Le mobilier métallique évoque
une fourchette chronologique plus ancienne que le
mobilier céramique, du dernier quart du XII siècle
au milieu du XITT° siècle.
Le prélèvement réalisé dans la fosse FS 1244
(US 1245) a été proposé en datation radiocarbone
car il s’agit de la structure la plus ancienne décou-
verte lors de la fouille. Les mobiliers céramique et
métallique proposent une fourchette couvrant le
X° siècle jusqu’au milieu du XI° siècle, voire le dé-
but du XII: siècle. La datation radiocarbone réali-
sée par Armel Bouvier (Ciram) a permis d'estimer
la fourchette chronologique de la fin du X® siècle
jusqu’à la fin du XI° siècle (avec une probabilité
entre 1018 et 1045).
Ces trois datations ont apporté à chaque fois une
précision importante, surtout lorsqu'elles étaient
confrontées et pondérées aux datations issues des
études du mobilier céramique et métallique.
1.2.2. LES ÉTUDES DU MOBILIER
ARCHÉOLOGIQUE
Le mobilier archéologique était composé d'objets
en céramique, en verre, en différents métaux, de
monnaies, de petits objets de jeu et d'éléments de
serrurerie. Plusieurs études ont donc mobilisé des
spécialistes en fonction des objets et de leur maté-
riau. Il faut remarquer l'absence d'objets en maté-
riaux organiques.
Le mobilier céramique a été nettoyé et conditionné
selon les normes en vigueur, l'étude a été réalisée
par Yolaine Rouzo-Lenoir, céramologue médié-
viste. Le mobilier métallique a été radiographié au
laboratoire Arc’Antique, à Nantes, qui a fourni des
copies numériques de chaque planchef. L'étude du
mobilier a été confiée à Alexis Corrochano, sous la
direction de Nicolas Portet du laboratoire Landarc,
à Fleurance, qui a assuré le nettoyage, la déchloru-
ration et l'étude des objets métalliques. À l'issue de
cette intervention, des objets nécessitant un traite-
ment de déchloruration ont été transmis au labo-
ratoire Materia Viva, à Toulouse. Mathieu Linlaud,
spécialiste de la serrurerie médiévale, a participé
à l'étude des éléments de serrurerie (clefs, serrure
et cadenas) découverts lors de l'opération. Le petit
mobilier de jeu - une bille et un pion -— a été étudié
par Fanny Larre, spécialiste pour le petit mobilier
à l'agence Hadès de Bordeaux. Le seul fragment
d'objet en verre a été étudié par Laëtitia Pédous-
saut, à l’agence de Balma. Enfin, les vingt monnaies
découvertes pendant l'opération ont été nettoyées
et étudiées par Francis Dieulafait, numismate pour
les périodes antique et médiévale. Au terme des
études, l’ensemble du mobilier a été conditionné
selon les normes en vigueur et le cahier des charges
du service régional de l’Archéologie de Poitou-
Charentes.
1.23. L'ÉTUDE DOCUMENTAIRE
L'étude documentaire a été réalisée pendant la
phase de post-fouille afin de cibler les archives
les plus pertinentes au regard des résultats de la
fouille archéologique. Les fonds explorés devaient
apporter des éléments de compréhension pour les
occupations successives de l’espace situé à l’ouest
du donjon, principalement au sein de l'enceinte
basse. Les archives municipales, les archives dé-
partementales des Deux-Sèvres et les archives du
service du Génie à Vincennes ont été consultées
de même que les archives conservées à la Média-
thèque de l'architecture et du patrimoine ou celles
de la Médiathèque de Poitiers. Ces recherches ont
bénéficié de l’aide précieuse de Daniel Courant qui
a mis à disposition les ressources qu’il possède sur
le château de Niort, notamment les photographies
de plans anciens datés des XVII-XVIIT siècles.
Les documents graphiques utilisés pour l'étude do-
6 Le rapport final d'opération est accompagné d'un cédérom
sur lequel sont enregistrées les données numériques telles
que les radiographies et les photographies du mobilier
métallique, les planches originales des études spécialisées
et la version numérique des rapports des analyses.cumentaire sont composés de plans anciens (plans,
coupes, élévations), de photographies anciennes et
de documents administratifs relatifs aux décisions
de conseils municipaux ou encore d’échanges de
correspondance entre la Ville de Niort et le Dépar-
tement des Deux-Sèvres.
La bibliographie concernant le château de Niort est
abondante et à hauteur de l’intérêt qu'il a suscité
chez nombre de chercheurs. Dans le cadre de cette
étude, nous avons privilégié les approches histo-
riques, stylistiques et archéologiques du château et
les travaux historiques récents portant sur la ville
de Niort aux époques médiévale et moderne. Les
sources ont été vérifiées et approfondies lorsque
cela était nécessaire. D’une manière générale, les
recherches menées par Marie-Pierre Baudry-Par-
thenay” sur les fortifications sous le règne des Plan-
tagenêts dans le Poitou sont les plus complètes à
ce jour. Il faut noter l'apport de la synthèse sur la
question de l’évolution urbaine de Niort pour les
périodes médiévale et moderne réalisée par Tho-
mas Lecroëre en 2004$. Ces recherches amendent
considérablement les connaissances historiques
et archéologiques de Niort et du château en par-
ticuliers. Toutefois, les vestiges découverts lors de
la fouille ont conduit à une investigation dans les
ouvrages traitant de la période contemporaine :
l'étude de Florent Bonnifait sur l’évolution de
Niort au cours du XVIII: siècle demeure un travail
de référence’. Les sources archivistiques ont per-
mis de prendre le relais lorsque les publications
manquaient sur un sujet.
Au total, l'étude documentaire présentée dans ce
rappott a été réalisée sur une durée de 20 jours
dont 17 jours pour la consultation des documents
et 3 jours pour la rédaction. l
7 Baudry 2001, Baudry 201i, Baudry 2013.
8 Lecroëre 2004.
9 Bonnifait 1993.
1. Principes méthodologiques« Donjon », Niort (Deux-Sèvres). HADES, 2014
2. ÉTAT DES CONNAISSANCES
2.1. CONTEXTE
GÉOGRAPHIQUE ET
GÉOLOGIQUE
La ville de Niort est située dans la partie sud-ouest
du département des Deux-Sèvres, dans la région
Poitou-Charentes (fig. la et 1b). Elle est établie
dans la plaine gâtinaise sur la rive gauche de la
Sèvre niortaise dont elle occupe un méandre. Ce
dernier montre un resserrement au nord-ouest et
conflue avec le Lambon au nord. Au sud, la ville
est délimitée par une plaine qui ouvre sur le marais
Poitevin (fig. 1b).
La ville a été implantée sur un banc de calcaire gra-
veleux blanc ou jaunâtre à filaments mis en place au
Jurassique moyen (Bajocien) qui forme un cordon
sinusoïdal orienté nord-ouest/sud-est (fig. 3).
Ce dernier est englobé dans un socle de calcaire
graveleux à silex beige, en bancs massifs décimé-
triques à métriques. Ces calcaires sont ponctuelle-
ment recouverts au Quaternaire par une formation
de grèzes, située au sud-est de Niort, témoignant
d’une occupation datant de Facheuléen (intergla-
ciaire Riss-Würm) piégé entre deux niveaux gré-
zeux. Au nord, en amont de Bessac, la vallée de la
Sèvre niortaise est composée de marnes entrecou-
pées de bancs de calcaire argileux et d'alluvions en
nappe graveleuse à stratification caractéristiques
des moyennes vallées fluviatiles. Le méandre de
Bessac est composé d’une vaste étendue d’alluvions
fluviatiles caillouteuses de basse terrasse déposées
au Pléistocène. Des calcaires graveleux à filaments
et des grèzes forment une barre au niveau où le
méandre de Bessac se resserre. Les îles formées
10 Cariou, Coirier, Dupuis, Gabilly 1983.
59
dans le lit de la Sèvre sont le fait d’alluvions flu-
viatiles déposées à chaque crue sur un socle de bri
ou de tourbe qui forment des digues ou des levées
naturelles. Au Moyen Âge, l'attrait principal de ces
îles réside dans l’utilisation du courant pour entrai-
ner le mécanisme des moulins à draps et à grains
qui y sont construits.
Le substrat calcaire a été atteint ponctuellement
lors de la fouille. Au pied de l'élévation ouest
du donjon, il a été repéré entre 18,90 m NGF et
19,23 m NGF. Il est composé d’un promontoire
calcaire graveleux blanc ou jaunâtre à filaments qui
se délite par blocs décimétriques et métriques. Son
érosion est forte lorsqu'il est exposé à l’action de
l'air : il se délite rapidement car les fines piégées
dans les interstices calcaires fondent. Cette obser-
vation incite à penser que l’escarpe du donjon était
protégée par un aménagement maçonné, probable-
ment dès sa construction. Le substrat a été observé
dans le sondage C à une altitude de 12 m NGF :
il affecte un profil plongeant jusqu’à 11,38 m NGF
et disparaît derrière des sédiments qui n’ont pas été
fouillés. Un sondage réalisé au pied de l'élévation
sud de la courtine sud a révélé une stratigraphie
sédimentaire jusqu’à 10,98 m NGF, dans l'axe du
substrat découvert dans le sondage C. La fouille de
la zone A a été interrompue avant d’atteindre le
substrat et aucune exploration en contrebas du quai
de la Préfecture n’a été réalisée pour des raisons de
stabilité de terrain. Il nous faut donc conclure à des
données lacunaires quant à l’évolution du socle
rocheux qui a sans doute été restructuré lors de la
construction des bâtiments des X°-XII° siècles et
du donjon. La puissance stratigraphique des rem-
blais qui recouvrent les niveaux archéologiques
permet une conservation optimale de ces données
que seule la fouille permettra d'interpréter.2.2. CONTEXTE HISTORIQUE
2.2.1. NIORT À L'ÉPOQUE MÉDIÉVALE :
UNE HISTOIRE D'ESSOR
Le donjon de Niort est le seul édifice conservé à ce
jour qui témoigne d'un château médiéval dans la
ville. La comparaison des cadastres levés en 1809 et
en 1846 parle d'elle-même : sur le premier (fig. 29),
l'enceinte castrale est encore visible avec le front
nord et ses bâtiments, l'entrée principale au nord-
est et huïît tours délimitant le tracé à l’est, au sud
et à l’ouest. Sur le second (fig. 30), réalisé trente-
sept années après seulement, ne figure plus aucun
élément architectural de l'enceinte castrale autour
du donjon et de sa fausse-braie côté est. Malgré ses
caractéristiques exceptionnelles, le donjon ne peut
résumer à lui seul le château de Niort qui occupait
une vaste surface entre la ville et la Sèvre niortaise,
délimitée par une enceinte trapézoïdale de 675 m
de long, dans laquelle plusieurs bâtiments y avaient
pris place. Si le château de Niort a attiré l'attention,
c'est aussi au détriment de l’espace urbain médiéval
et moderne dont la ville conserve encore de nom-
breux vestiges. Les recherches ont porté manifeste-
ment plus sur le donjon que sur l'articulation entre
la ville médiévale et le château, laissant de côté une
réflexion globale et nécessaire pour la compréhen-
sion de la mise en place de l’agglomération. Si les
récents travaux, principalement archéologiques
et historiques, renouvellent partiellement la mor-
phogenèse de la ville médiévale, ils attestent sans
équivoque du potentiel archéologique et architectu-
ral des vestiges encore conservés aujourd’hui. Des
études patrimoniales approfondies apporteraient
des connaissances primordiales à la fois pour mettre
en valeur le patrimoine ancien de la ville et servir de
support à des actions de médiation vers les publics.
Les premières mentions de Niort sont diverses
mais, lorsque l'étymologie est invoquée, certains
auteurs du XIX° siècle les rendent confuses. Il faut
attendre les recherches du XX* siècle pour en saisir
l’évolution. Le toponyme « Niort » fait référence à
une nouvelle agglomération (ñnovus riotus « nou-
veau gué ») fondée sur la rive gauche de la Sèvre, qui
donne naissance au pagus Niortensis. Un vicus est
attesté à l’époque gallo-romaine sur les collines de
Saint-Hubert qui dominent le méandre de Bessac
2. État des connaissances
et la Sèvre!!. Il s’étendrait sur 60 ha et marquerait
une étape sur la route reliant Saintes et Bordeaux
au moyen Poitou dans un contexte d’essor écono-
mique du golfe des Pictons. Le vicus aurait disparu
vers le [* siècle de notre ère. Bessiacum mention-
nerait dès le haut Moyen Âge l'actuel quartier de
Bessac qui est finalement délaissé au profit des
collines Saint-André et Notre-Dame, situées sur la
rive gauche, à l'emplacement de l’actuelle ville de
Niort. Cet espace ne semble pas tout à fait désert
puisqu’une chapelle dédiée à saint Vaize” y serait
déjà installée et que Charlemagne aurait donné la
viguerie du château de Niort à l'abbaye de Char-
roux en 785%. Au IX° siècle, Charles le Chauve
confirme à l’abbaye de Charroux la donation du
monastère Saint-Florent (869), situé au sud de
Niort#. L'abbaye Saint-Liguaire apparaît dès 961!
et, au début du XIV® siècle, l'abbé possède le droit
de nommer le prêtre chargé d’une église située
dans le château, en plus des églises Saint-Vaize et
Saint-Gaudens (Sainte-Marie-et-Saint-Florent ?).
La villa de Niort est mentionnée pour la première
fois vers 940, lorsque l’évêque Gausbert donne au
monastère de Saint-Maïxent plusieurs biens dont
une maison située « in villa Niorto »', Le chà-
teau est mentionné pour la première fois sous le
terme castrum vers 946-947 dans une donation
de l’évêque de Poitiers Alboin à l’abbaye de Char-
roux concernant des terres situées à côté du cas-
trum, « à cause des invasions des Normands »!”’.
11 Hiernard, Simon-Hiernard 1996, p. 213.
12 Saint Vaize est un martyr de la deuxième moitié du
V: siècle, mort près de Saintes, qui fut inhumé dans une
chapelle. En 587, l’évêque Palladius, reconnaissant une
attraction importante des reliques au sein de la communauté
chrétienne, fait ériger une église et un prieuré : le culte de
saint Vaize se diffuse donne naissance au bourg du même
nom situé en Charente-Maritime (Gautier 1839, p. 122-123).
13 Briquet 1832, p 246. L'auteur n'avance aucune référence
pour étayer ces affirmations, ce qui nous enjoint à les
considérer avec prudence.
14 Poignat 1982, p. 35.
15 Op. cit. p. 35 et note 8, p. 36.
16 Baudry 2013, p. 21 ; Cart. St-Maixent, I, p. 28.
17 Baudry 2011, p. 50 ; Baudry 2013, p. 21 ; Cart. St-Cyprien,
p- 326 et suivantes : charte n° 554, « in villa que dicitur Ad
Fontem [village de Fontaine] media leuga a castro Niorto
distante (...) opera de terra vacante juxta Niorto » ; charte
n° 555, « vineas prope castro Niorto » ; charte n° 557, « in
castello Niorto, unam mansionem in solario », vers l’an mil.« Donjon », Niort (Deux-Sèvres). HADÈS, 2014
Le castrum de Niort fait alors partie des posses-
sions du comte de Poitou, comme le château de
Saint-Jean-d’Angély (990), de Gençay (993) et plus
tard celui de Couhé (début du XI° siècle). Enclave
de l'autorité publique en la personne du comte, le
castrum apparaît comme un gage de protection
pour les populations soumises aux invasions des
Normands des VITIIS-IX® siècles : dans une dona-
tion de biens situés à proximité du castrum au
monastère de Saint-Cyprien, l'abbé de Charroux
invoque la menace des Normands!. On peut alors
s'interroger avec M.-P. Baudry de savoir si les biens
sont cédés parce que les Normands menacent les
propriétés de l’abbaye de Charroux qui souhaite
s’en défaire ou s’il s’agit d’une transaction normale
où le castrum serait mentionné comme gage de
protection comtale. Même si cette question reste
difficile à trancher, il est probable que le castrum ait
influencé ces transactions sous la promesse d’une
protection en cas d’invasion des Normands, tout
autant que pour assurer un contrôle par le comte
sur le monastère Saint-Cyprien de Poitiers. Le cas
de la création du castrum de Rochemeaux à Char-
roux dès le X° siècle illustre une certaine volonté du
pouvoir laïc de protéger et de contrôler l’abbaye de
Charroux”.
La réalité archéologique du castrum de Niort est
aujourd’hui indéterminée et peu de renseigne-
ments peuvent être élaborés à partir des docu-
ments planimétriques. Sur les plans anciens du
XVII: siècle, une butte de terre est localisée dans
le quart sud-est de l'enceinte castrale, matéria-
lisant une motte castrale (fig. 31). Arborée et
entourée de jardins cultivés sur son côté sud, elle
est contournée par l'enceinte castrale sur son
flanc est et barrée au nord par une succession de
bâtiments de service. Son état de conservation est
difficile à appréhender sur ce type de documents
mais il semble bien que son élévation soït encore
importante au XVIL° siècle car elle est mentionnée
sur chaque plan de cette époque. En revanche, on
s'étonne de son absence sur les rares plans datés
du XVIF siècle (fig. 32). Aux X°-XI° siècles, le cas-
trum est associé à trois lieux de culte localisés dans
18 Op. cit. : « Hec fecerunt propter injestationem
Normannorur ».
19 Bourgeois 2005, p. 43-75.
son enceinte : Saint-Vaize (989)*, Saint-Gaudens
(988 ou 992) puis Sainte-Marie-et-Saint-Florent
(milieu du XI° siècle}!. Au XIT° siècle, il y aurait
eu deux églises paroissiales (Notre-Dame et Saint-
André) et deux églises de moindre importance,
Saint-Vaize et Saint-Gaudens, la seconde absor-
bant la première vers la fin du Moyen Âge et se
trouvant réunies à Notre-Dame à partir de 1600.
En 1270, il faut ajouter une chapellenie fondée par
Alphonse de Poitiers. Le tracé de l’enceinte cas-
trale suit un renflement dans sa partie sud-est qui a
été interprété comme une rémanence du tracé de
l'enceinte du castrum primitif qui devait recouvrir
une surface plus petite”?, Un autre tracé, de forme
circulaire, est signalé au nord de l’église Saint-An-
dré et pourrait matérialiser l'emplacement d’un
bourg primitif sur la colline. Aux XI°-XIT siècles,
trois prieurés sont attestés sur la rive gauche de la
Sèvre : le plus important est celui de Notre-Dame
qui appartient à l’abbaye de Charroux, le prieuré
Saint-Gaudens appartient à l’abbaye Saint-Liguaire
et le prieuré Saint-Étienne à l’abbaye Saint-Pierre
de Maillezais (1171).
La présence du comte de Poitou à Niort n’est pas
attestée dans les sources écrites avant le XIT* siècle
mais plusieurs indices prouvent qu'il tient sous son
autorité le castrum et le territoire qu’il domine.
D'abord, les comtes de Poitou frappent mon-
naie au château de Niort dès le XI° siècle, ce qui
montre leur attachement à cette place forte qu'ils
tiennent pour une des plus importantes. De plus,
des hommes de confiance issus de la mouvance du
comte obtiennent la garde du château comme, par
exemple, Aimar de Niort en 1045 ou Guillaume
Le Queux à la fin du XII siècle. Il faut souligner
que le comte de la Marche détient les châteaux
de Lussac et de Civray, qui contrôlent respective-
ment des points stratégiques sur la Vienne et la
Charente, et que le comte d'Angoulême possède
de nombreuses places fortes, dont certaines sont
des donations du comte de Poitou (Ruffec, Cha-
20 D'après Robert Favreau, Saint-Vaize pourrait être l’église
donnée en 989 par Guillaume, comte de Poitou, à l'abbaye
Saint-Jean-d’Angély que cette dernière cède en 1096 à
l'abbaye de Charroux (Combes 1982, p. 39).
21 Lecroëre 2004, p. 49, à partir du plan de Claude Masse
daté de 1699.
22 Ibidem, p.50.58
banais et Confolens}”*. Le comte de Poitou cède
des possessions au comte d'Anjou, Foulque Nerra,
ou à son fils dans la vallée de la Loire. En 1104, un
conflit oppose le comte de Poitou au comte d’An-
jou, Geoffroy Martel, qui incendie les places fortes
de Niort, Thouars et Beauvoir”. Les dégâts réels de
cet évènement sont difficilement appréhendables
en ce qui concerne le castrum. En revanche, peu
avant 1134, Guillaume IX, comte de Poitou, signe
une charte au profit de l’abbaye de Fontevrault « in
aula niortensi castri » et Louis VII, en 1141, signe
une charte pour Saint-Vincent de Nieul « in pala-
cio nostro » à Niort”.
La concomitance des termes castrum, aula, pala-
tium à Niort est déjà attestée par les sources écrites
à la fin du XJ° siècle. Elle révèle une réalité topo-
graphique du castrum de Niort plus complexe et
plus dense avec des espaces fonctionnels identifiés
comme les lieux d'exercice du pouvoir royal, dans
ses fonctions politique et juridique, ou de ses re-
présentants comtaux dont le statut est ainsi mis en
avant. La grande salle d’audience à laquelle il est fait
mention en 1134 pourrait traduire les prérogatives
qu’exerce le comte de Poitou et la mention du palais
en 1141 évoquerait la présence du roi dans la pleine
jouissance de ses privilèges au sein d’une place di-
rectement commandée par le comte. Mais, il n’est
pas improbable que plusieurs espaces coexistaient
dans le château de Niort à cette époque, répondant
aux différentes séquences de la vie politique et ju-
ridique comtale. De même, il semble vain de voir
dans le donjon, tel qu’il est conservé aujourd’hui,
les espaces de la vie politique et juridique. En effet,
il est vraisemblablement construit sous l’autorité
d'Henri II Plantagenêt ou de son fils Richard I® et
ne peut donc pas abriter les évènements que nous
venons de décrire#. La date de construction n’est
pas mentionnée dans les sources écrites aussi ne
reste-t-il que la confrontation de celles-ci avec les
données archéologiques et stylistiques. M.-P. Bau-
23 Lecomte d'Angoulême possède au XT siècle une résidence
secondaire à Andone (abandonnée entre 1020 et 1028 pour
Montignac), les forteresses de Matha, Macillac, Surgères
et Villebois avant l’an mil, auxquelles il faut ajouter leurs
possessions de Merpins, Montausier et Marestay (Baudry
2011, p. 56).
24 Cart. St-Maixent, p. 176-177.
25 Marchegay 1858, p. 323 ; Guérin 1883, p. 105.
26 Baudry 2001, p. 205.
2. État des connaissances
dry propose deux hypothèses : la première avance
que le donjon est construit à partir de septembre
1183, date à laquelle Richard, alors comte de Poitou
et duc d'Aquitaine, s’affranchit de l'autorité d'Hen-
ri II qui lui ordonne de se défaire de l’Aquitaine au
profit de son frère Jean sans Terre. La seconde pro-
pose une construction à partir de 1189, année de
décès d'Henri I, qui voit Richard I* couronné roi
d'Angleterre et Aliénor d'Aquitaine à ses côtés”.
Véritable place comtale positionnée sur la Sèvre,
le castrum de Niort devient un point stratégiqüue
pour la communication fluviale des marchandises
entre l’intérieur des terres et le port de La Rochelle
et pour l’organisation d’un nouveau territoire qui
s’amorce autour de l’an mil. Il est souvent associé
dans les sources écrites à des constructions civiles
(maisons, jardins) et à des structures économiques
comme les moulins et les pêcheries. Mais, c’est le
port qui lui est associé de La façon la plus évidente.
Même si son emplacement change au fil du temps,
le port est initialement situé à la confluence du
ruisseau du Bouillounouse avec la Sèvre, au nord
de l'enceinte castrale. Son entrée se fait par une
porte ouverte dans l'enceinte construite au début
du XIII: siècle qui donne directement sur une anse
protégée : un « arceau » marque le passage couvert
situé dans l'enceinte urbaine et permet d’accé-
der au port situé dans la ville, à l'emplacement de
l'actuelle rue Brisson et des halles. La mise en place
d’un espace portuaire sur la Sèvre est tradition-
nellement attribué aux religieux de Saint-Liguaire
qui procèdent à l’assèchement des marais dès la fin
du XI° siècle. Le port est appelé le « Grenier » en
raison des grandes quantités de marchandises qui
y transitent pour rejoindre l'océan Atlantique :
en 1262, une ligue se forme entre les villes de La
Rochelle, Niort et Saint-Jean-d’Angély et la com-
tesse de Flandre et de Hainaut pour obtenir des
privilèges par le biais de franchises commerciales.
Niort est alors l’arrière-port de La Rochelle qui
ouvre les échanges commerciaux vers l'Angleterre
et l'Espagne. En 1285, l’activité débordante et les
problèmes de navigation motivent les bourgeois de
Niort à demander la création d’un port franc où les
27 Ibidem. Le château et plus particulièrement le donjon sont
abordés d’après les données archéologiques et stylistiques
dans le chapitre 2.3.
28 Combes 1982, p. 53 ; Tinthoin 1966, p. 486.x Donjon », Niort (Deux-Sèvres). HADEÈS, 2014
marchandises peuvent être débarquées ou transiter
moyennant des droits établis par tarif : le roi octroie
le tiers du droit de rivage au maire et à la commune,
à lever sur toutes les marchandises, afin de payer le
nouveau projet et les réparations des rives.
L’essor de la ville et du château de Niort prend un
tournant important dans la deuxième moitié du
XI siècle, sous l'impulsion d'Henri II Plantagenêt
et de ses fils, Richard I® et Jean sans Terre. Sous le
règne d'Henri IL la ville est dotée des autorisations
royales pour la tenue de foires et l'établissement de
marchés”. Le 31 août 1199, Jean sans Terre donne
une charte de franchise pour la création d’une
commune à Niort, sur l'exemple des Établisse-
ments de Rouen, et la donne en douaire à Isabelle
d'Angoulême. À partir du XIII siècle, les troubles
entre le roi d'Angleterre et le roi de France n’au-
ront visiblement pas de répercussions sur l’écono-
mie de Niort dont la prospérité est à chaque fois
assurée par la présence des représentants du pou-
voir royal, témoignant ainsi de leur intérêt pour
cette place stratégique. En 1204, Philippe-Auguste
se rend maître de Niort et Guillaume Le Queux
reste en possession de ses biens inféodés dans
la ville (fours banaux et marché vieux de Beau-
champs, garde du château ?). En 1205, Savary de
Mauléon reprend la place pour le compte du roi
d'Angleterre. Devant l'augmentation des troubles,
Jean sans Terre décide d’octroyer, le 14 mars 1214,
100 marcs d’argent à Hubert de Burgh, sénéchal du
Poitou, et au maire de Niort pour faire réaliser une
enceinte urbaine*. Cet acte marque donc le début
de la construction d’une enceinte dite de réunion
qui ferme l’espace urbain sur ses quatre côtés et se
raccorde à l'enceinte castrale*!. Savary de Mauléon
devient le sénéchal de Poitou et obtient les profits
des péages et des foires de la ville mais aussi le droit
de battre monnaie à Niort”.
29 Baudry 2001, p. 193.
30 Baudry 2013, p. 26.
31 La première enceinte urbaine construite en pierre avec des
tours pleines est datée de la deuxième moitié du XII° siècle
(Lecroëre, 2004), côtoyant des tours hémicylindriques plus
tardiveset diversaménagementsenbois (palissades, etc.). Cette
juxtaposition de structures apporte la certitude que l'enceinte
urbaine a été modifiée à plusieurs reprises. La confrontation
des sources écrites avec les données archéologiques s'avère
fondamentale pour en comprendre l’évolution globale.
32 Jean sans Terre confie à Jean Aimeri la charge de fabriquer
sa monnaie du Poitou à Niort (Favreau 1987, p. 44).
Jusqu'à sa prise par le roi de France, en juin 1224;
la ville connaît une période faste qui lui confère un
rôle important à l'échelle du comté de Poitou : les
seigneurs de Parthenay, de Lusignan et de Thouars
se révoltent contre Henri III et établissent leur
base au château du Coudray-Salbart, ce qui leur
permet de commettre des exactions à Niort pour
faire pression sur le roi d'Angleterre. Ce dernier a
donné la garde du château à Geoffroi de Neuville
et aux bourgeois de Niort la garde d’une tour à
l'angle nord-ouest de l’enceinte castrale (tour du
Maire)#. Excommuniés en 1223, les seigneurs poi-
tevins abandonnent leur cause et il faut attendre
le mois de juillet 1224 pour que le roi de France,
Louis VII reprenne les villes de Niort et de
La Rochelle sous la garde de Savary de Mauléon.
À partir de ce moment, Guillaume Le Queux et ses
héritiers perdent leurs biens situés dans la ville de
Niort qui sont confisqués*. Le dernier fait d'arme
qui a lieu à Niort avant qu'Alphonse de Poitiers
reçoive le Poitou en apanage est la chasse aux juifs
initiée par Philippe-Auguste et qui gagne en inten-
sité au XIII° siècle. En 1236, la communauté juive
se réfugie dans l’enceinte castrale pour se protéger
des persécutions dont ils font l’objet. L'histoire ne
dit pas s’ils en réchappèrent et ni comment la com-
munauté juive a pu continuer à vivre dans la ville.
Le véritable tournant du XIIF° siècle s'opère lors de
la gouvernance d’Alphonse de Poitiers à partir de
1241. Le château est l’objet de nombreux travaux
de réaménagement et d'entretien qui apparaissent
dans les sources écrites : en 1245, le pavement de
l'aula est refait et en 1253 quelques travaux sont
à nouveau réalisés dans la grande salle et dans le
château. La concomitance des termes aula et cas-
trum dans les textes révèle une possible grande
salle, détachée du château et du donjon, comme s’il
existait une salle comtale dans la ville. De même,
M.-P. Baudry a mis en avant la mention des appar-
téments de la grande salle et celle des appartements
33 Lecroëre 2004, p. 78. Pour l’auteur, en 1220, le maire de
Niort prête serment au roi d'Angleterre et obtient un lieu
d'expression de la justice communale sur l'enceinte du
château (la tour du Maire a servi de prisons).
34 Guillaume Le Queux possédait les droits sur des fours
et le vieux marché de Beauchamps concédés Richard I* en
perpétuel hommage, ainsi que le pré-le-roi, situé au pied du
château (Favreau 1983, p. 52, note 38),
35 Baudry 2013, p. 29.60
du château qui sont rapportées dans les textes de
la deuxième moitié du XII: siècle. Cette juxtaposi-
tion de lieux révèle l'exercice de plusieurs fonctions
comme la résidence du comte (appartements), la
salle de justice et d'audience (aula) où il exerce ses
prérogatives politiques et le château ou le donjon
qui matérialise dans le paysage la puissance défen-
sive, la protection du comte. Cette répartition est
clairement affirmée en 1293-1294 par la distinction
qu'apportent les textes entre l’aula, le château (cas-
trum) et la cohue de Niort, défendue par le donjon
qui contrôle les espaces économiques de la ville de
Niort (port et accès au marché)*.
Cette fonction défensive du donjon de Niort
trouve des éclairages intéressants dans les comptes
mentionnant les travaux effectués au milieu du
XIII: siècle : côté est, la fausse-braie est réaména-
gée et une partie des fossés sont restructurés, un
nouvel avant-pont est installé. Mais le plus intéres-
sant porte sur les dépenses engagées pour l’appro-
visionnement en armes de la garnison de Niort :
des commandes de carreaux d’arbalète, de ba-
listes”, de perrières et d’autres provisions d’armes
sont passées en 1243, 1246, 1247 et vers 1267. Si
certaines des armes sont commandées à des for-
gerons, d’autres sont apportées de Talmont ou
réalisée directement au château de Niort. En 1244,
neuf arbalétriers de pied, quinze manœuvres et un
forgeron perçoivent une rémunération au château
de Niort, en plus du capitaine du château, du por-
tier, de gardes, du gardien de la grande salle, de la
garenne, du charpentier et de l’artilleur*. En 1251-
36 Ibidem. Pour l'auteure, cette distinction entre la grande
salle et le donjon évoque la disposition classique qui, aux
XII-XITE siècles, repose sur la construction d’une grande
salle au pied ou à proximité de la tour-maîtresse, attestant
ainsi d’une séparation des espaces aux fonctions défensive
et politique.
37 En guise d'armement, on trouve à cette époque l’espringale
qui est une machine de jet permettant d'envoyer un
projectile grâce à la force de propulsive produite par torsion
d’écheveaux de crin ou par la tension de deux branches
installées dans un chevalet (Durand 2012). Elle rappelle
la baliste de l’époque antique et s'apparente à l’arbalète
médiévale, ce qui permettrait de rapprocher le nom d’une
tour de l'enceinte urbaine d’un usage lié à cette arme (tour
de l’Espingole = espringale ?).
38 L'artilleur s'occupe à la fois de la fabrication et de l’entretien
des machines de guerre en contexte de rase campagne ou
pour les sièges (Durand 2012, p_ 70, 77 et 91). L'« artillier » est
le fabricant d’arbalètes et d’arcs. Il est possible que ces deux
mots désignent finalement la même fonction au XIIF siècle.
2. État des connaissances
1252, les dépenses pour La garnison du château de
Niort atteint les 300 livres par an ce qui en fait la
plus importante du comté de Poitou. Assurant la
protection de la Sèvre par la porte de Fer aménagée
dans l'enceinte basse ouest, le château de Niort est
topographiquement associé au port qui longe ses
murs au nord et au nouveau marché situé au nord-
est de l’entrée principale du château. En 1261, une
nouvelle halle est construite dans le prolongement
du port, dans la petite vallée du Bouillounouse. La
nécessité de créer un port fait son apparition dans
les textes en 1285, mais en septembre 1325, les
travaux n’auront toujours pas commencé et l'ap-
proche des conflits avec le royaume d'Angleterre
pousse le sénéchal de Poitou à lever une taxe pour
fortifier la ville. La période de la guerre de Cent
Ans marque un arrêt brutal dans l’essor de la ville
et il faut attendre la période de règne de Jean, duc
de Berry, pour que les travaux d'aménagement et
de réparation soient concrétisés.
Les conflits de la guerre de Cent Ans prennent
place ponctuellement à Niort dans le mois de sep-
tembre 1346 pendant lequel la ville, alors défendue
par Guichard d’Angles, est assiégée par les troupes
anglaises. La garnison du château est renforcée avec
cinq sergents et sept arbalétriers de plus en mai
1353. Le traite de Brétigny place la ville de Niort
entre les mains d’Édouard IIL roi d'Angleterre, en
1360, ce qui sera le cas jusqu’au 27 mars 1373, date
à laquelle les troupes françaises reprennent Niort
et le Poitou. Le duc de Berry prend possession de la
ville en avril 1373 et y séjourne de temps en temps.
Lors de sa gouvernance, de nombreux travaux sont
entrepris pour relever l’économie : la halle est re-
construite, une horloge est installée place du Pilori
et le nouveau port est enfin construit entre 1377 et
1379. Un premier creusement dans la Sèvre a lieu
derrière le fort Foucault (construit au XITI° siècle)
et le second permet l'ouverture d’un canal en
amont de Belle-Isle, ce qui permet aux bateaux de
bénéficier d’un bassin plus important”. Les mar-
chandises sont alors acheminées sur des embarca-
tions de rivière jusqu’à la ville. La fin du XTV® siècle
est marquée par une campagne de fortification de
la ville mais, en 1393, d’intenses crues de la Sèvre
mettent à mal les remparts de la ville côté ouest :
39 Tinthoin 1966, p. 489.« Donjon », Niort (Deux-Sèvres). HADES, 2014
de nouvelles aides sont apportées par le duc pour
remédier aux dommages et les travaux de fortifica-
tion se poursuivent jusqu'en 1419.
À la mort de Jean de Berry, la ville de Niort re-
tourne dans l'apanage royal tandis que le château
reste sous la garde du sénéchal de Poitou : Charles
VII place la ville entre les mains de Jean d’Alen-
çon qui, mécontent du gouvernement du roi, orga-
nise la révolte de la Praguerie en 1440 jouant sur
l'opposition du dauphin Louis contre son père.
À l'issue de ce conflit, Jean d'Alençon perd Niort et
les bourgeois se trouvent privés de leurs privilèges
pendant deux années.
Quelques travaux qui portent essentiellement
sur le château sont mentionnés dans les textes au
XVE siècle. En 1462, le maître des œuvres du roi,
Jean Guibon, paye pour la nouvelle couverture en
tuiles de la grande salle du donjon et des salles si-
tuées entre les deux tours du donjon. Le logis cen-
tral, établi entre les tours nord et sud du donjon, est
déjà construit au milieu du XV" siècle. Côté ville,
le pont-levis est refait et, côté Sèvre, un pont-levis
communique avec le fort Foucault. Il est également
fait mention d’une porte par laquelle on accède au
port de Niort sans qu’il soit possible de la locali-
ser avec certitude (porte Pelet“’, porte de Fer ?). La
documentation écrite renseigne sur quelques amé-
nagements mais seule l’archéologie apporte des
preuves vérifiables or la fouille de l'enceinte basse
du donjon n’a pas permis de mettre au jour ces
aménagements situés en dehors de l'emprise. Au
début du XVT: siècle, le château de Niort n’abrite
plus qu’une garnison réduite et le guet est une tâche
qui revient aux habitants des paroisses voisines.
La ville et le château de Niort prennent leur essor
dès le X° siècle, sous l’autorité du comte de Poitou
qui crée une place comtale importante entre Poi-
tiers et La Rochelle. Il y installe ses représentants
qui ont pour tâche de tenir le port et d’encadrer
40 Laporte Peletestmentionnée pour la première fois danses
textes en 1487. Le fort Foucault est construit au XIIF siècle
et il est possible que l'accès se fasse par un appontement
reliant le château au fort : la porte de Fer est suggérée en
1494 sou l'expression « pont levys de Foucault », mais c’est
en 1611 qu’elle est précisément décrite comme un châtelet
à « deux tours dudit pont de Foucault ». Plusieurs phases
‘d'aménagement sont pressenties par M.-P. Baudry mais la
date de construction de cette porte reste indéterminée.
un territoire devenant un pôle économique de pre-
mier ordre dans le Poitou. Les sources écrites ap-
portent de précieux renseignements sur la période
des X°-XIIT° siècles ; elles précisent à la fois le rôle
résidentiel du château, sa fonction défensive à côté
du port et sa mission symbolique, liée au pouvoir
comtal, auprès des échevins de la ville. La place du
château est donc clairement affirmée tout au long
du Moyen Âge et le donjon, tour-maîtresse de la fin
du XIT: siècle, en est un des attributs les plus im-
portants avec la maison du Gouverneur et la tour
du Maire. Les édifices religieux de l’époque médié-
vale, peu étudiés jusqu’à maintenant, n’en sont pas
moins remarquables et nombreux : qu’il s'agisse
d’églises, de prieurés, de chapelles ou de chapel-
lenies, le château comme la ville de Niort en sont
pourvus. Pour certains, leur localisation demeure
incertaine mais il est sûr que leurs constructions
s’échelonnent du X° au XITII° siècle.
2.2.2. DES GUERRES DE RELIGION
À LA RÉVOLUTION : DES
MODIFICATIONS AMORCÉES
La ville et le château subissent de nouveau des chan-
gements pendant les guerres de Religion puisqu'ils
sont disputés par les catholiques et Les protestants
qui veulent chacun y établir leur base d'expédition.
En 1568, les protestants s’y installent et le comte
de Lude parvient à la récupérer en juin 1569 pour
le compte du roi de France : il devient gouverneur
du Poitou. Après une période de trêves, Catherine
de Médicis séjourne deux mois à Niort au début
de l’année 1587. À cette occasion, on apprend
dans une lettre datée du 18 février 1587 qu’elle a
fait construire un pont de bois, reliant son logis au
château pour pouvoir y accéder plus facilement. La
création de ce pont aurait entraîné le percement
d’une porte dans l'enceinte castrale dont la loca-
lisation demeure inconnue. Dans la nuit du 27 au
28 décembre 1588, les protestants prennent la ville
de Niort, alors défendue par Malicorne, gouver-
neur de la place, dont les lettres au roi précisent
qu'il avait laissé les canons dans les halles de façon
à rassurer les habitants de la ville. La garde est donc
confiée à Jean de Baudéan-Parabère.62
Les barbacanes situées devant les portes de la ville
sont mentionnées sur les plans anciens mais les
données archéologiques demeurent lacunaires.
La porte Saint-Gelais au nord est construite sur
un plan quadrangulaire et correspond à une bar-
bacane munie de trois tours d’angle défendant le
fossé et le boulevard nord de la ville. Elle est reliée à
la ville par un pont situé dans son quart sud-ouest
qui enjambe le fossé. Sa datation est estimée des
XIV=-XV® siècles, elle ouvre sur la route menant à
Poitiers, Thouars et Parthenay. La porte Saint-Jean,
située au sud, est construite sur le même plan que
la porte Saint-Gelais, avec une barbacane de plan
quadrangulaire défendue aux quatre angles par
une tourelle et reliant la ville par un pont enjam-
bant le fossé. Des observations archéologiques ont
été menées sur la porte Saint-Jean lors de travaux
d'aménagement dans les années 1980. Elle est esti-
mée des XIV°-XV* siècles et ouvre sur la route me-
nant à La Rochelle et Fontenay-le-Comte. Enfin, la
porte Mellaise, située à l'angle sud-est de l'enceinte
urbaine, apparaît dans les textes en 1260 et est
murée au XVII siècle. Elle est construite dans un
massif de plan quadrangulaire évoquant le système
de la tour-porte décliné dans les constructions réa-
lisées par les Plantagenêt à partir de la deuxième
moitié du XIT siècle.
Les conflits ont créé des dégradations importantes
dans les fortifications urbaines, brèches dans les
courtines et tours démolies. Le témoignage de
René Androuet du Cerceau, en 1611, révèle un
état des lieux des plus intéressants sur la ville et le
château. Ce dernier fait l’objet de réparations en
1673 pour lesquels les octrois de la ville fournissent
exceptionnellement la somme de 5420 livres. Dès
le début du XVII: siècle, il sert de prison pour les
prisonniers de guerre : en 1712, 300 hommes sont
transférés dans le château, dans les salles du chä-
telet d'entrée et du donjon. En 1734, le besoin de
créer des casernes plus grandes se fait ressentir. Le
milieu du XVTIT' siècle passe pour être une période
de crise, où les émeutes populaires le disputent aux
épidémies et aux difficultés économiques. Dans
ce contexte précaire, la guerre contre l'Angleterre
éclate en 1755. Pourtant, la ville de Niort amorce
un tournant vers la modernité dans ses infrastruc-
41 Lecroëre 2004, p. 114.
2. État des connaissances
tures urbaines*® : l’insalubrité et l'entretien des
structures fluviales deviennent des préoccupations
de premier ordre pour la municipalité et de nom-
breux travaux sont engagés pour Les améliorer. En
1730, 1740 et 1747, des crues emportent les ponts
sur la Sèvre et dégradent les fortifications de la ville :
des travaux sont engagés pour y remédier mais sur
la base des constructions réalisées au XVII* siècle
qui imposent trop de résistance à l'écoulement de
l'eau. Les fortifications urbaines sont réparées dès
1718 mais elles sont de moins en moins considé-
rées comme un élément défensif : elles jouent dé-
sormais un rôle de clôture de la ville. Les officiers
municipaux engagent les travaux nécessaires et
c’est ainsi que les brèches sont comblées, les portes
reconstruites et les pans de mur relevés. De cette
façon, ils espèrent lutter contre la fraude au droit
d’entrée qui constitue d'importants revenus avec la
mise en place du tarif d'octroi.
Progressivement, à partir du milieu du XVIIT siècle,
les tours de l’enceinte castrale sont délaissées et les
fossés sont comblés pour permettre l’aménage-
ment d’un aqueduc. Le tracé de l'enceinte est recti-
fié pour créer une rue à l'emplacement de l’ancien
port (rue Brisson) et la poterne Pelet, qui a été
bouchée au XVII: siècle, est ré-ouverte dans des
dimensions plus vastes pour un passage charretier
(rue de l’Abreuvoir). Jusqu'à la Révolution, l’urba-
nisme de Niort évolue dans une certaine « persis-
tance médiévale [qui] pèse sur la mentalité urbaine
du-XVTIT: siècle » : il repose sur un « aspect sécu-
risant de la vie urbaine puis, dès l'Ancien Régime,
se fluctue entre des persistances archaïques et des
aspirations nouvelles »“. Toutefois, des éléments
de modernisation font leur apparition à l’initiative
de la municipalité qui œuvre pour l’amélioration
des conditions de salubrité et de protection des ha-
bitants®. L'exemple de la lutte contre les incendies
est particulièrement évocateur : le 30 janvier 1754,
le corps de ville achète un équipement spécial dédié
à la lutte contre le feu et sa propagation. Il se com-
pose de 600 seaux de cuir, de pioches, d’échelles et
de haches qui servent aux personnes réquisitionnés
42 Bonnifait 1993.
43 Ibider, p.94.
44 Ibidem, p. 96.
45 Ibidem;, p.158.« Donjon », Niort (Deux-Sèvres). HADEÈS, 2014
par le corps de ville pour lutter contre un incen-
die : il ne s’agit pas encore de professionnels mais
de maîtres maçons, de charpentiers, de couvreurs
et de plombiers qui ont obligation de répondre au
son de la cloche qui annonce un sinistre. Cette ini-
tiative montre une volonté affirmée de prendre en
main la sécurité de la ville et donc une évolution
dans les mentalités de l'Ancien Régime. L’entre-
prise est confirmée par l’achat de deux pompes à
incendies commandées au meilleur fabricant dans
ce domaine, M. Thellaye de Rouen, par le premier
échevin M. Moriceau.
Le changement d’un service basé sur la réquisition
de différents corps de métier à un corps de profes-
sionnels du feu s'effectue juste après la Révolution :
en 1798, une escouade de pompiers est établie et
dotée du matériel nécessaire pour intervenir rapi-
dement. Ce souci de lutte contre les incendies avait
déjà été appréhendé tout au long du XVII siècle,
notamment avec la publication d'ordonnances ré-
gissant les matériaux de construction et leur mise
en œuvre, le ramonage des cheminées, l’utilisation
des fours et des fourneaux. La création d’un corps
de professionnels traduit l'attention portée au
bien commun : l'aboutissement de ce projet est la
construction d’un magasin aux pompes à incendie
au début du XIX* siècle.
Les périodes moderne et pré-révolutionnaire
sont marquées par un abandon progressif de
l'urbanisme médiéval et de ses marqueurs topo-
graphiques qui ne répondent finalement plus
aux besoins de la ville. Même si les fortifications
urbaine et castrale sont réparées et relevées, elles
ne remplissent plus vraiment leur rôle de défense
contre l'extérieur : les seuls murs qui finalement
gardent un intérêt sont ceux du château puisqu'il
est converti en prison. Au même moment, les fos-
sés d'enceinte sont comblés et seront lotis après la
Révolution, marquant ainsi un abandon décisif des
structures de défense médiévales et un renouveau
dans l’urbanisme de la ville. Celle-ci s'affirme à tra-
vers l'acquisition d’équipements et l'installation
d’infrastructures qui témoignent d’une modernité
tournée peu à peu vers le bien commun.
2.2.3. APRÈS LA RÉVOLUTION : FAIRE
TABLE RASE
Les sources écrites comme les plans anciens
montrent la considérable évolution de la topo-
graphie urbaine qui s’opère à partir de la Révo-
lution. Une comparaison des plans de la fin du
XVIIT siècle (fig. 33) avec les cadastres de 1809 et
de 1846 (fig. 29 et 30) illustre parfaitement la rapi-
dité de cette évolution urbanistique : le relief est
lissé par le comblement des fossés et les bâtiments
sont démolis, effaçant ainsi toute trace du château,
de ses enceintes et de l’enceinte de la ville. En fé-
vrier 1790, les terrains de cette dernière sont esti-
més pour leur vente, le château est vendu à la ville
à l'exception du donjon qui devient la propriété du
Département par décret impérial, en août 1808. La
démolition des fortifications laisse la place à dif-
férents projets allant du lotissement privé à l’ins-
tallation d’un jardin botanique, en 1798, dans la
partie sud de l'enceinte castrale encore mentionné
en 1820 (fig. 34). Le plan d’alignement de l’année
1820 illustre dans le détail les nouvelles construc-
tions qui sont en cours à l'emplacement de la par-
tie occidentale du château : cette même année, les
deux tours de la porte d’entrée principale du chà-
teau, située au nord-est, sont démolies“ et en 1822,
la municipalité aménage les abords du donjon qui
demeure le seul vestige du château en élévation.
Des habitations sont construites le long du mur
est du donjon, donnant sur la rué d'Angoulême,
et sur le côté ouest, deux bâtiments sont visibles
(fig. 34), l’un au sud, désigné comme le magasin
aux poudres, l’autre au nord, Le long de la rue Dau-
phine, servant de remise pour les pompes à incen-
die. Son accès se fait par le nord dans une cour et
un mur de clôture le sépare du préau du donjon‘.
À cette époque, le quai de la Préfecture est appelé
quai du Jardin des Plantes, son aménagement est
réalisé entre 1809 et 1820 car il n'existe pas encore
sur le cadastre de 1809 (fig. 29).
46 AD79,2 O 1654.
47 Le mur de clôture nord où se trouve l'entrée de la cour
du magasin aux pompes à incendie a été retrouvé lors du
diagnostic archéologique dirigé par Jean-Paul Nibodeau en
septembre 2012 (Nibodeau 2012).64
En 1611, René Androuet du Cerceau évoque un pe-
tit chemin inondable le long de la Sèvre à l’ouest du
château, aménagé d’une barbacane et de la porte
de Secours (porte de Fer). Une gravure de 1752
montre une représentation du donjon vue depuis
le nord-ouest avec la Sèvre au premier plan, l'église
Notre-Dame à l’arrière-plan à droite et derrière le
mur d'enceinte (fig. 35). Ce dernier est aménagé
d’une porte (porte Pelet ?) couverte d’un arc sur-
baissé, dont il est difficile de dire si elle est bouchée
ou non. Ÿ sont figurés des habitations construites
en avant du donjon, sur la pointe sud de l’île du
Moulin du Milieu, et une partie d’enceinte vue du
nord-ouest. On devine celle-ci sur le côté gauche
de la gravure sous une végétation imposante. De
plus, à l'arrière de l'enceinte, on aperçoit la pile
d’un pont et un départ d’arc qui enjambe un fos-
sé : il pourrait s’agir de la représentation du pont
permettant d’enjamber le fossé périphérique du
donjon côté est ou, plus probablement, celle du
pont construit en avant des deux tours du châtelet
d'entrée. Entre 1752 et 1809, les abords du donjon
ont donc considérablement changé. Le front nord
de l'enceinte castrale est aménagé de bâtiments
pour servir au stockage des outils nécessaires à la
lutte contre les incendies (pièce justificative n° 1)
en 1809 : trois petits bâtiments sont adossés au mur
d’enceinte du château, ce qui suppose que le fossé
soit comblé, avec un hangar pour les échelles, un
pour les pompes et les seaux, et le troisième pour
les casiers. Une tour de l'enceinte est intégrée au
projet afin d’y entreposer à l’écart les tuyaux des
pompes (fig. 36)“.
Les halles n’ont pas changé d'emplacement entre le
XIII et la fin du XVIII: siècle : à l’origine, les mar-
chands de bétail tenaient une échoppe aux halles
tandis que les bêtes étaient gardées sur l’esplanade
du vieux marché (place de Chanzy). Elles sont dé-
truites entre le 10 et le 27 juillet 1793 pour l’instal-
lation d’une place ouverte et on finit par construire
le bâtiment actuel du marché à la fin des années
1860. Les halles du début du XIX°* siècle sont trop
petites et peu fonctionnelles, la ville peine à orga-
niser un espace économique digne des foires et
des commerces de Niort : dès 1802, Thierry Bris-
48 Comme nous le montrons dans l'étude documentaire, le
magasin aux pompes à incendie a connu deux projets à peu
de temps d’intervaile.
2. État des connaissances
son, maire de Niort, adresse un courrier au pré-
fet pour lui signifier le profond « préjudice » que
l'absence de grandes halles impose aux commer-
çants. Mais le projet met du temps à se concrétiser
car le concours relatif à la construction des halles
est ouvert en 1866 et les délibérations ont lieu en
juillet. Le lauréat retenu pour le nouveau projet
est l'architecte Durand, de Niort, qui propose une
halle d'inspiration Baltard, sur deux niveaux avec
esplanade à l’est et possibilité pour les 500 mar-
chands d'œufs et de beurre qui stationnent debout
dans la rue des Halles d’y trouver une place satis-
faisante. Les fondations du bâtiment sont creu-
sées jusqu'à 12 m et impactent très certainement
l'ancien hôtel de Mairie (maison du Gouverneur)
qui était situé dans l'enceinte castrale, à l’'empla-
cement de l’ancien marché (fig. 34, 37 et 38). Les
immeubles d’habitation construits le long du côté
est du donjon sont réalisés en 1820, soit vingt ans
avant le classement de l'édifice au titre des Monu-
ments Historiques (1840). Ils seront démolis par
Firmin Antony Tapon, entrepreneur de travaux
publics qui en donne une liste précise au début du
XX° siècle. En 1854, les salles basses du donjon sont
décaissées et un puits y est découvert. Cédé à la
ville en 1869, il devient le lieu du dépôt des archives
municipales et, en 1896, le musée y est installé. Les
premières campagnes de restauration sous l’auto-
rité des Monuments Historiques ont lieu au début
du XX° siècle : Joseph Déverin, architecte-en-chef,
engage des travaux sur les toitures, les parements et
certaines ouvertures.
L'époque contemporaine sonne le glas des vestiges
du château de Niort et de l'enceinte castrale. Ce
besoin de restructuration urbaine évoque tantôt la
modernisation des infrastructures, quand il s’agit
des halles par exemple, tantôt l’urbanisation foi-
sonnante opposée aux archaïsmes du parcellaire et
du bâti médiéval qui a une mauvaise image dans les
mentalités de l’époque. Progressivement, le donjon
reste le seul vestige en élévation, témoin d’une vaste
et importante place forte médiévale et moderne. Le
classement au titre des Monuments Historiques
l'a placé sous une protection plus que nécessaire
au regard de l'urbanisation du centre-ville qui est
amorcé dès la deuxième moitié du XVIII siècle.
Aujourd’hui encore, il matérialise dans le paysage
l'unique repère topographique qui permette de
replacer l’existence d’un château comtal à Niort et« Donjon », Niort (Deux-Sèvres). HADÈS. 2014
d'évoquer le passé historique et archéologique de
la ville, socle indispensable pour l'appropriation
d’un territoire pour les citoyens. La fouille archéo-
logique que nous avons menée au pied du donjon a
révélé des vestiges qui jouent un rôle capital pour la
compréhension de l’évolution urbaine et des socié-
tés qui s’y sont succédé.
2.3. CONTEXTE
ARCHÉOLOGIQUE
2.3.1. LA VILLE DE NIORT
Les interventions archéologiques sur le territoire
communal de Niort se sont développées depuis les
années 1970, soutenues par l'essor de l’archéologie
de sauvetage. De nombreuses interventions ont
ainsi apporté des éléments de connaissance à l’évo-
lution topographique de Niort, depuis l’époque
gallo-romaine jusqu’à la période moderne. Le
volume consacré aux Deux-Sèvres de la Carte
Archéologique de la Gaule recense les opérations
archéologiques et synthétise les données pour la
période antique : l'occupation gallo-romaine est un
vicus d'environ 60 ha, dont l’organisation spatiale
et ses infrastructures restent à déterminer“. En
revanche, le noyau de peuplement est attesté sur la
rive droite de la Sèvre, dans le méandre resserré de
Bessac où des traces funéraires ont été découvertes
(fig. 39). Vraisemblablement délaissé au cours du
Ir siècle de n. è., l’activité est déplacée sur la rive
gauche de la Sèvre entre les collines Saint-André
et Notre-Dame : Novioritum (« nouveau gué ») de-
vient le nouveau lieu d’habitat, centré sur l'exploi-
tation de la Sèvre et de ses ressources naturelles.
C’est au cours du Moyen Âge que cette nouvelle
entité territoriale connaît un essor important, sou-
tenu par les comtes de Poitou.
L’archéologie n’a livré que trop peu de données
permettant d'appréhender les phases primitives du
peuplement donnant naissance à une aggloméra-
tion. Les sources écrites mentionnent un castrum
dès 946-947, composé d’une motte castrale associée
49 Hiernard, Simon-Hiernard 1996.
65
à un territoire délimité par une fortification, pro-
babiement de terre. Mais, l’installation du castrum
sur la rive gauche de la Sèvre n’a pas condamné la
rive droite à l'abandon : le prieuré Saint-Martin,
situé sur les collines Saint-Hubert (rive droite),
a révélé une nécropole des VIS-VIT siècles d’une
envergure majeure (237 sépultures sont fouil-
lées en 1968) en lien avec une voie romaine utili-
sée jusqu’au XVII siècle” (fig. 39). De même, au
chevet de l’église Saint-Florent, des sarcophages
d'époque mérovingienne ont été découverts en
1973, indiquant une zone funéraire contemporaine
de celle du prieuré Saint-Martin mais située cette
fois sur la rive gauche de la Sèvre“!. L'installation
d'établissements religieux est donc ancienne et
précède la mise en place du castrum et du territoire
qui en dépend.
La première mention de la villa de Niort est attes-
tée dans les sources écrites en 940° et la première
mention du castrum au milieu du X* siècle. Elles
revêtent une réalité archéologique difficilement
repérable dans le paysage et dans le parcellaire ac-
tuels. La motte castrale mentionnée sur les plans
du XVII siècle n’est pas conservée et n’a pas fait
l'objet de fouilles. Située dans la zone sud-est de
l'enceinte castrale, elle marque l’épicentre du cas-
trum et représente le symbole du pouvoir com-
tal sur la colline Notre-Dame. Délimitée par une
enceinte, son emplacement supposé est au croise-
ment des actuelles rue Du Guesclin, Saint-Gaudens
et de la Préfecture. Elle épouserait le relief topogra-
phique du plateau calcaire situé à 20 m NGF qui
domine la Sèvre. Cette enceinte primitive n’a pas
laissé de traces dans le parcellaire actuel. Les édi-
fices cultuels de cette période sont tous signalés
dans le castrum, même s’ils apparaissent disper-
sés : ils ne doivent pas être pour autant associés au
château, mais plutôt intégrés dans les fortifications
primitives qui s'étendent autour de la motte. Les
textes rapportent un pagus de Niort en 968-969 et,
vers l’an mil, une vicaria Niortense qui semble se
substituer à celle de Bessac.
50 Ibidem, p.240.
51 Ibidem, p. 244.
52 Chartes et documents pour servir à l'histoire de Saint-
Maixent, Richard 1886, p.28.66
La ville de Niort apparaît dans les textes à partir
de l'établissement du corps de ville à l'initiative
de Jean sans Terre, le 31 août 1199. Une enceinte
dite de réunion serait construite dans la deuxième
moitié du XIT° siècle, englobant les deux noyaux de
peuplement situés sur la rive gauche, Saint-André
et Notre-Dame, mais aucune trace archéologique
n’en confirme l'existence”. Sa datation est fondée
sur les plans anciens qui montrent une enceinte ur-
baine avec des tours hémicylindriques pleines asso-
ciées à des tours pleines caractéristiques de la fin du
XIT° siècle’. Si, pour cette période, aucune enceinte
n'est mentionnée autour de la ville, la période des
XITI--XV® siècles est marquée par la construction
d’une nouvelle enceinte fortifiée : longue de plus
de 2 km, de forme trapézoïdale, son tracé suit le
cours de la Sèvre à l’ouest, barre l'entrée au bourg
de Saint-André au nord, ferme la petite vallée du
Bouillounouse à l’est et rejoint la Sèvre en formant
un arrondi. Les sections arrondies de l'enceinte
sont localisées dans sa partie sud-est et pourraient
être issues du tracé de l'enceinte primitive. Ainsi, le
noyau de peuplement des X°-XI° siècles aurait été
implanté où le relief atteint les 25 m NGF et domine
la vallée du Bouillounouse au nord. Sa position en
arrière de la motte castrale souligne la position
stratégique du château sur la Sèvre qui en contrôle
l'accès depuis la ville, la traversée vers Bessac et les
échanges avec le port. Malgré l’essor urbain, cette
configuration perdure jusqu’à l’époque Moderne.
Trois portes donnent accès à la ville : au nord-est,
la porte Saint-Gelais donnant sur la route de Poi-
tiers, Thouars et Parthenay ; au sud-est, la porte
Mellaise qui ouvre vers Melle et Angoulême ; au
sud, la porte Saint-Jean sur la route de La Rochelle
et Saint-Jean-d’Angély. Il faut ajouter la porte du
Pont qui permet un accès à la ville depuis la route
menant à Fontenay-le-Comte en enjambant la
Sèvre et la porte de la Rivière qui ouvre sur le port
primitif situé au nord du château. La porte Mel-
laise apparaît dans les textes en 1260 mais il se
peut qu’elle existe déjà au XIT° siècle, sous la forme
d’une tour-porte à l'origine, englobée par une
construction plus tardive. Les autres portes sont
datées de la deuxième moitié du XIII° siècle mais
53 Lecroëre 2064, p. 50.
54 Ibidem, p. 133.
2. État des connaissances
avec des caractéristiques qui portent à les dater des
XIVE-XVE siècles (châtelet)*. L’enceinte urbaine
fait l’objet de nombreux réaménagements, notam-
ment lors de la guerre de Cent Ans et des guerres
de Religion, temps forts où les remparts subissent
des assauts répétés créant des brèches et démolis-
sant des tours. Les fortifications urbaines à la fin du
XIV: siècle sont composées de tronçons en pierre
et de palissades en bois en guise de réparations. De
plus, le déplacement du port au sud et les évolu-
tions dans l’armement motivent l'abandon de la
porte de la Rivière qui est remplacée par la porte
de la Grenouille (1612) et l'aménagement de bar-
bacanes défensives installées aux portes Saint-Ge-
lais et Saint-Jean. Plusieurs poternes sont percées
dans l'enceinte urbaine, à des dates indéterminées
et montrent la nécessité d'adapter les axes de péné-
tration dans la ville à travers l'époque médiévale et
jusqu’à l’époque Moderne.
La ville de Niort apparaît structurée territoriale-
ment à partir du X* siècle avec un pôle dédié au
pouvoir comtal et un pôle d'habitat auquel sont déjà
attachés de nombreux lieux de culte. S’il reste dif-
ficile d'appréhender l'emprise du castrum primitif,
l'essor de la ville à partir de la deuxième moitié du
XII: siècle peut être rapproché de la construction
d’une nouvelle enceinte en pierre avec des tours
pleines. Son tracé sera partiellement ( ?) repris pour
l'enceinte urbaine de la fin du Moyen Âge et défen-
due par des barbacanes disposées aux portes prin-
cipales Saint-Gelais et Saint-Jean. En même temps
que la ville acquiert une monumentalité, elle est le
siège d’un corps de ville où les échevins élisent un
maire qui les représente. Ils obtiennent des droits et
des privilèges que le roi leur concède et que les sou-
verains successifs leur confirment. Le château reste
sous l'autorité royale ce qui permet de conserver
l'autorité sur la ville lors des conflits avec l’Angle-
terre. En 1241, la ville devient siège d’une baïllie de
Poitou avec un prévôt royal mais le château est pla-
cé entre les mains de Hardouin de Maïllé, sénéchal
55 Ibidem, p. 114.
56 Le détail des portes et poternes ouvertes dans l'enceinte
urbaine est donné dans le mémoire de maîtrise de
Thomas Lecroëre. Nous n'avons pas repris ici le détail de
cette étude menée à partir du parcellaire et des éléments
archéologiques découverts lors de fouilles. L'auteur donne
une interprétation complète des fortifications urbaines de
Niort et de ieur possible évolution.« Donjon », Niort (Deux-Sèvres). HADEÈS, 2014
de Poitou, qui contrôle ainsi la place face à Hugues
de Lusignan. En 1261, Alphonse de Poitiers reçoit
en apanage le Poitou et Niort dont il confie les re-
venus des péages au corps de ville”. Plus tard, Jean
de Berry exempt la commune des impôts royaux
pour une durée de cinq ans afin de relever l'activité
économique. Ces exemptions aident la commune
à réparer et à fortifier la ville lors de conflits de la
guerre de Cent Ans : dès 1379, quatre deniers pour
une livre de denrée sont perçus au profit de La ville
et en 1385, le droit de barrage est concédé par le
roi pour assurer l'entretien des ponts, des portes
et des murailles jusqu’en 1398. L'échevinage nior-
tais devient une charge anoblissante qui attire les
vocations : Louis XI donne un titre de noblesse au
maire, aux douze échevins et aux douze jurés. Ce
privilège est conservé jusqu’à son abandon en 1667
sous le motif qu’elle déstructure l'institution. En
1675, on dénombre 3000 feux, 7000 communiants
dans la paroisse de Notre-Dame et entre 3000 et
4000 à Saint-André’?
2.3.2, LE CHÂTEAU
Le château de Niort continue à susciter des travaux
de recherche menés dans un souci de confronta-
tion des données historique, archéologique et sty-
listique. Récemment, les recherches de M.-P. Bau-
dry ont enrichi la lecture du monument tel qu'il est
conservé aujourd’hui dans une monographie où
l'auteure aboutit à l'analyse architecturale du site.
C’est en effet le seul ouvrage, avec le mémoire de
Th. Lecroëre, qui souligne l'ampleur du château de
Niort au sein de la ville et au contact de la Sèvre.
Les ouvrages plus anciens ont porté principale-
ment sur le donjon qui était alors le seul vestige en
élévation encore visible d’un ensemble castral plus
complexe, chose que démontrent bien les plans
anciens conservés aux archives du Génie et mis en
lumière dans ces deux ouvrages. C’est donc à par-
tir d’une documentation de choix et des connais-
sances historiques précises que le château de Niort
retrouve une place prépondérante dans le paysage
urbain du Moyen Âge, autour du donjon.
57 Giry 1883, p. 252.
58 De la Terraudière 1866.
67
Avant nos recherches, plusieurs opérations archéo-
logiques ont été menées aux abords et dans le don-
jon. Vers 1854, alors que le donjon ne sert plus de
prison depuis un an, les salles basses du donjon
sont décaissées sur plus d’un mètre de profondeur :
un puits est mis au jour lors de ces travaux dont il
ne reste quasiment aucune trace dans les archives®.
Dès les années 1990, la ville de Niort a voulu amé-
nager la place du Donjon, côté est, en parking
souterrain ce qui a motivé une expertise archéo-
logique. Pendant l'été 1991, E. Henry souligne le
potentiel archéologique de cette zone : il met au
jour des niveaux d'occupation datés de l'époque
carolingienne vers le nord-est de la place, à l'em-
placement où les plans anciens signalent une butte
de terre (fig. 31). Située entre le fossé du donjon
et l'entrée principale du château, elle est interpré-
tée comme le vestige d’une motte castrale. L’abon-
dance du mobilier des XI°-XII siècles montre que
cette zone est occupée de façon dense et ce jusqu’à
l’époque moderne dont les vestiges bâtis sont appa-
rus dans un bon état de conservation. Le projet est
ajourné!.
En 1993, un projet d'installation d’une salle tech-
nique sous la fausse-braie du donjon est envisagé,
le long du flanc oriental du donjon sud et du logis.
La surveillance archéologique réalisée par E. Hen-
ry a permis de mettre au jour les assises basses
du donjon sud et d'observer des structures fos-
soyées (fosses, silo, trous de piquet) associées à un
foyer, tous antérieurs à l'édification du donjon®.
Le mobilier céramique et métallique découvert
oriente la datation vers les X®-XI° siècles. De plus,
l’auteur évoque la présence d’une couche sédimen-
taire aménagée en pente sur environ trois mètres
de hauteur au-dessus du sol daté du X° siècle :
il pose la question de son appartenance à la motte
castrale et propose d’y voir la trace d’une « ligne
de défense contemporaine de cette motte » que les
travaux de construction du donjon auront fait dis-
paraître®. La localisation de la motte castrale n’est
59 Desaivre 1910.
60 Information orale de M. Daniel Courant quia mis à notre
disposition son temps et ses archives sur le donjon, qu'ilen
soit chaleureusement remercié ici.
61 Henry 1991.
62 Ibidem.
63 Ibidem.68
donc pas arrêtée et continue de faire débat encore
aujourd’hui. Les fondations du donjon laissent de-
viner un mode de construction « peu soigné » mais
avec de nombreuses marques de tâcheron. Malgré
des résultats parfois difficiles d'interprétation, ces
deux interventions archéologiques ont permis de
mettre en lumière une, occupation carolingienne
antérieure au donjon qui, même si son emprise
demeure indéterminée, confirme la mention du
castrum dans les sources écrites du X° siècle.
En 2005, une nouvelle intervention archéologique
est programmée lors des travaux de décaissement
pour créer une salle dans la partie nord de la
fausse-braie“*, Elle a permis d'observer le mode de
construction du mur de la fausse-braie, de complé-
ter le relevé des fondations du donjon pour sa tour
nord et de découvrir un sol et des structures fos-
soyées datés des IX°-X* siècles par le mobilier. Pour
l’auteur, les niveaux intermédiaires entre l’occupa-
tion carolingienne et la construction du donjon ont
disparu lors de la construction de la fausse-braie,
fondée sur les derniers remblais du haut Moyen
Âge. Les assises de fondation du donjon nord ne
présentent .pas de différence avec les assises de
parement, ce qui montre que le terrassement anté-
rieur à sa construction évoqué par E. Henry n'est
pas attesté pour la tour nord. Enfin, des études de
la faune et des grains retrouvés dans les structures
fossoyées renseignent sur le mode d’alimentation
carné et céréalier/fruitier des occupants du cas-
trum aux IX°-X° siècle. En plus de la triade clas-
sique porcin/bovin/ovicaprin, lalimentation car-
née est composée de poules et d’oies, ainsi que de
chevreuil parmi les espèces chassées. Le fruit de la
pêche est marqué par quatre espèces de poisson,
aussi bien de rivière que de milieu maritime. Les
plantes cultivées ou sauvages ont aussi montré un
spectre varié malgré une place moins importante
pour le seigle, dominé par l'orge vêtue et la lentille.
L'aménagement de la place du Donjon est relancé
par la Ville dont le projet prévoit la réhabilitation
d’un espace piétonnier aux abords du marché et du
donjon. Dans le cadre de ces travaux, elle a recruté
une archéologue dont la mission est de « surveiller
les terrassements et de [...] mener en parallèle des
64 Réalisée par Thierry Cornec, Inrap GSO, en septembre
2005 (Cornec 2006).
2. État des connaissances
recherches documentaires et archivistiques » néces-
saires à la mise en pérspective des données observées.
Céline Trézéguet a occupé ce poste de 2011 à 2013
et a considérablement contribué à l'élaboration des
connaissances sur la ville médiévale et moderne.
Elle a notamment travaillé sur les opérations archéo-
logiques de l’Inrap et de la société Hadès, consciente
que l'élaboration scientifique est meilleure sous le
sceau de la collégialité. Plusieurs surveillances ont
porté sur les abords directs du donjon : sur la place
du Donjon, elle a mis au jour les vestiges de la cave de
la maison du Gouverneur, datés de la fin du Moyen
Âge, dont la localisation au nord du donjon est attes-
tée par le plan de Claude Masse qui montre que la
cave ouvrait sur le fossé. Dans la zone nord-est au
contact du donjon nord, les vestiges bâtis découverts
font référence au magasin des pompes à incendie du
début du XIX* siècle : un pilier encadrant la porte
située à l’est de ce bâtiment a été mis au jour (fig. 40)
et certaines maçonneries peuvent être rapprochées
de celles observées par Jean-Paul Nibodeau lors du
diagnostic de la rue Léon Blum en septembre 2013.
Enfin, une surveillance archéologique a été entre-
prise sur le flanc nord-ouest du donjon nord lors
du terrassement du talus végétalisé, ce qui a permis
d’observer les assises de fondation.
En 2012, un diagnostic archéologique a été dirigé
par Emmanuel Barbier dans la partie orientale de
la rue Léon Blum, entre le marché et la place du
Donjon. Motivée par un réaménagement du réseau
d'évacuation des eaux pluviales, cette intervention
a permis de mettre au jour des traces d'extraction de
matériau qui ont laissé des espaces excavés servant
par la suite de surface à des aménagements s’éche-
lonnant des XI°-XII° siècles aux XIV®-XV* siècles.
Les vestiges bâtis montrent un bon état de conser-
vation aussi bien pour les plus anciens que pour
la structure excavée datée de l’époque moderne‘.
65 Nous renvoyons le lecteur à la synthèse des surveillances
réalisées sous la direction scientifique de C. Trézéguet à
l'issue de sa mission (Trézéguet 2013).
66 Trézéguet 2013, p. 106.
67 Barbier 2012. Il faut ajouter que les vestiges de la place Victor
Hugo, où le marché se tenait à partir de la deuxième moitié du
XII siècle, Céline Trézéguet a mis en évidence une salle dont
la hauteur des murs reste très bien conservée, datée de la fin
du Moyen Âge. Même si chaque intervention archéologique
montre un arasement des vestiges à la fin du XVIII et au
début du XIX° siècle, les vestiges de l’époque médiévale
demeurent dans un état de conservation très satisfaisant d’un
point de vue archéologique et de la conservation.« Donjon », Niort (Deux-Sèvres). HADES, 2014
Celle-ci est, selon l’auteur, à rapprocher de la cave
visible sur l’esquisse de plan réalisée par Claude
Masse en 1716 ou sur le plan de 1713 (fig. 41) :
un bâtiment longitudinal, orienté est-ouest, ouvre
dans le fossé du donjon et est aménagé d’arcs qui
délimitent plusieurs travées contrefortées à l'exté-
rieur. À son extrémité est, deux salles séparées par
un mur sont visibles, celle au nord est légèrement
décentrée par rapport à l’axe de l'édifice tandis que
celle au sud est plus grande et semble aménagée
de deux espaces distincts. Si l'association entre ce
bâtiment et les vestiges maçonnés découverts lors
du diagnostic est possible, la fonction n’est pas clai-
rement définie (cave ?) et sa relation avec le donjon
difficile à saisir®. Dans son ouvrage, M.-P. Bau-
dry propose de l’interpréter comme la crypte de
la chapelle castrale, construite avec plusieurs tra-
vées, axée sur un chevet plat à trois salles. Or, si
l’on regarde de plus près le plan réalisé en 1723, on
remarque que la plate-forme de terre qui est située
sur son côté nord délimite un chemin formant une
patte d’oie, dont une branche contourne la butte
et l’autre donne accès à l'entrée sud de l'édifice
(fig. 42). Ce petit chemin surplombe la contre-es-
carpe du fossé périphérique du donjon et l’entrée
est à la fois raccordée à une paroi nord et fermée
au sommet du fossé de contre-escarpe par un petit
muret qui forme un décroché : l'entrée ouest n'est
donc pas excavée. Au sud, il faut remarquer une
autre entrée qui est accessible depuis le donjon en
passant par le pont qui enjambe le fossé à l’est. De
même, s’il s’agit bien d’une ouverture aménagée
dans la façade sud, elle serait située de plain-pied
et non en souterrain comme le propose M.-P. Bau-
dry qui estime qu’il s’agit d’une crypte. La ques-
tion du plan et de la fonction de cet édifice reste
ouverte, seule certitude acquise, son abandon lors
du remblaiement de la cour du château et du fossé
dans la deuxième moitié du XVIII' siècle.
Le diagnostic archéologique réalisé par Adrien
Montigny, en novembre 2010, aux abords directs
du donjon a révélé des vestiges bâtis plutôt bien
conservés. Si l'aménagement de la Ville portait
essentiellement sur un terrassement du côté ouest,
quelques vestiges des habitations du XIX* siècle
68 Barbier 2012, p. 47-48.
69 Baudry 2013, p. 77.
69
affleuraient sous le niveau de sol actuel. Le sondage
situé en face de la tour sud du donjon a permis de
découvrir partiellement l’escarpe du fossé périphé-
rique à une altitude de 20,57 m NGF et sur plonge
sur une hauteur de 2 m suivant une pente verticale
forte. Son profil suit ensuite une pente plus douce
et s’étage vers Le sud par paliers successifs en fonc-
tion de l'érosion naturelle du rocher”!, L'auteur re-
marque que l’escarpe ne présente aucune trace de
chemisage. Côté nord-ouest, le rocher a été repéré
à 17,19 m NGEF, niveau sur lequel la tour nord du
donjon est construite. Les sondages réalisés sur le
flanc ouest ont apporté des données supplémen-
taires sur des maçonneries orientées nord-ouest/
sud-est dont la fonction n'est pas déterminée à
l'exception du mur de courtine sud (époque mé-
diévale) et d’un bâtiment annexe qui est appuyé
contre son parement nord (époque moderne) : le
bâtiment est qualifié de plusieurs fonctions qui
semblent se succéder dans le temps (salpêtrière,
magasin d'artillerie, écuries,...). Le substrat ro-
cheux n’a été atteint qu’à ses points les plus hauts
c'est-à-dire au pied du ‘donjon, sous les assises de
fondation qui sont directement posées dessus. La
forte puissance stratigraphique des remblais n'a
pas permis lors du diagnostic d’atteindre le subs-
trat dans la partie ouest de la parcelle.
Le château de Niort est une vaste place forte située
dans la partie médiane de la ville sur son flanc
ouest : il est délimité par une enceinte castrale de
plan quadrangulaire sur 650 m de développement
devant laquelle des fossés ont été creusés sur les
côtés nord, est et sud. Le côté ouest de l'enceinte
longe la Sèvre et est raccordé à l’enceinte urbaine
aux angles nord-ouest (tour du Maire) et sud-ouest
(tour du Pelet). L’enceinte castrale est composée de
dix-neuf tours dont certaines ne figurent plus sur
les plans anciens. Mis à part la tour du Maire qui
ne possède pas d’attributs défensifs, les autres tours
sont de plan circulaire ou circulaire extraverti et
aménagées de salles circulaires ou quadrangulaires
dotées d'ouvertures de tir de type archère. L’entrée
principale du château se fait à l’angle nord-est de
l'enceinte par un pont escamotable installé dans
le prolongement d’un pont dormant qui enjambe
le fossé et donne accès au châtelet. La datation des
70 Montigny 2010, p. 31.70
aménagements de cette entrée est difficile sans don-
nées archéologiques, mais plusieurs états semblent
se succéder pour aboutir au système d’entrée si-
gnalé sur les plans du XVIII: siècle. L'autre accès
au château est situé sur le côté ouest de l'enceinte
entre la Sèvre et le donjon. À l’intérieur de cette
enceinte, une partition de l’espace est visible avec
une zone composée des bâtiments résidentiels et
domestiques, du donjon et de son enceinte basse,
qui occupe la moitié nord. La moitié sud est plutôt
réservée à des plantations signalées sur le plan de
1695 (fig. 32) et apparaît bien séparée de la par-
tie nord par une succession de bâtiments servant
d’écurie et de logements : un mur de clôture ferme
l'espace entre le dernier bâtiment à l’ouest et le
fossé du donjon, laissant un passage pour accéder
aux jardins. La butte de terre interprétée comme la
motte castrale est située dans la zone sud, à proxi-
mité d’une tour de l'enceinte castrale.
2.3.3. LE DONJON ET SON ENCEINTE
BASSE
Le donjon occupe une place prépondérante dans
la zone nord tant par ses dimensions que par les
aménagements qui lui sont associés : le fossé pé-
riphérique creusé dans le substrat ne délimite en
fait que les côté nord, est et sud de la plate-forme
sur laquelle est édifié le donjon à deux tours. Le
côté ouest est occupé par une enceinte basse de
plan quadrangulaire, ouverte au nord par un
passage simple et à l’ouest par un châtelet à deux
tours (porte de Secours ou porte de Fer) donnant
accès à la rive gauche de la Sèvre et à un système
de ponts reliant le donjon au fort Foucault sur une
île. L’enceinte basse est dotée d’un mur de courtine
sud qui montre plusieurs ouvertures de tir sur les
plans anciens, participant à la défense du fossé sud.
L’enceinte basse est raccordée à l'enceinte castrale
aux angles nord-ouest et sud-ouest, où deux tours,
respectivement la tour du Retranchement et la tour
des Poudres, sont aménagées d’archères et assurent
la défense du bras de la Sèvre et du moulin instal-
lé sur l’île voisine. Dans la cour basse du donjon,
deux bâtiments sont attestés au XVIII siècle’! :
71 Je remercie très sincèrement Marie-Pierre Baudry qui,
alors que le rapport était en cours d’élaboration, m'a
transmis les documents qu'elle a trouvé concernant cet
espace de la cour basse.
2. État des connaissances
lun, situé au sud, se décline tantôt en une grande
salle avec une porte centrée sur sa façade nord (de
1695 à 1723, fig. 43a et 43b), tantôt en une suc-
cession de trois salles aménagées utilisant la même
entrée centrée (de 1726-1727 à 1770, fig. 44a et
44b) ; l’autre est situé au nord de la cour basse, à
l'angle nord-ouest, et correspond à un mur orienté
est-ouest, ancré dans le mur d'enceinte ouest et pa-
rallèle au mur d’enceinte nord. Les plans de 1714,
1716 et 1723 le mentionnent sans mur pignon côté
est qui viendrait fermer un espace délimité. Un
plan de 1743 signale des maçonneries orientées
nord-sud dans la zone orientale de la cour basse
du donjon : visiblement, les terrains situés dans la
cour sont cultivés et un mur (de clôture ?)} mar-
quant un décroché les sépare du reste de la cour
(fig. 44). S'il faut considérer avec précaution les
données figurées sur les plans anciens, certains
éléments architecturaux permanents, apparaissant
associés au donjon, sont à remarquer et permettent
de pressentir un espace à fort potentiel archéolo-
gique.
Le donjon est composé de deux tours de plan qua-
drangulaire, dotées de contreforts circulaires aux
angles et de contreforts hémicylindriques sur leurs
quatre faces. Ces tours sont alignées l’une derrière
l’autre, du nord au sud, et reliées entre elles par
deux murs de courtine. L'évolution architecturale
du donjon a fait l’objet d’une récente publication où
M.-P. Baudry présente les arguments historiques et
archéologiques pour donner une vue d'ensemble
de cet édifice depuis sa construction jusqu’à la
Révolution et sa destitution à la ville”. Édifié sur
un promontoire calcaire, le donjon est situé sur
une légère rupture de pente avec un fossé périphé-
rique sur trois de ses côtés et une enceinte basse
à l’ouest. Sans entrer dans le détail des élévations
du donjon, nous pouvons aujourd’hui décomposer
son évolution en 4 phases. La première correspond
à sa construction avec les deux tours et les murs
de courtine qui les relient : la tour nord est légè-
rement plus petite que la tour sud (23 m contre 28
m) et les courtines délimitent une cour au centre,
tout en permettant de circuler d’une tour à l’autre.
Deux portes d’entrée permettaient d’accéder à la
cour : en rez-de-chaussée, côté ouest, une porte au-
72 Baudry 2013.« Donjon », Niort (Deux-Sèvres). HADÈS, 2014
jourd’hui disparue ouvrait sur la salle basse du don-
jon (fig. 45) et au premier étage, côté est, une porte
aux caractéristiques architecturales identiques que
la précédente ouvrait sur une entrée coudée dans
l'épaisseur du mur de courtine. Elles sont défen-
dues en partie haute par une bretèche mais il faut
souligner que ces défenses n'existent pas dans la
première phase d'occupation du donjon. Les tours
possèdent trois ou quatre niveaux (rez-de-chaus-
sée, 1° et 2° étages pour la tour sud, la tour nord
a un 3° étage) et la cour centrale abrite une salle
sur deux niveaux (salle basse en rez-de-chaussée et
aula au 1“ étage) qui est ceinturée par le chemin de
ronde au sommet. Les activités pratiquées dans ces
salles sont tournées vers la défense du site avec de
nombreuses archères percées sur les quatre côtés
du donjon, principalement vers la ville, alors que
des fenêtres géminées agrémentaient le 1° étage du
bâtiment central. Chacune des tours possède un
escalier à vis logé dans une tour d’angle qui dessert
les étages sur toute la hauteur de l'édifice : elles sont
les seules à être dotées de nombreux jours pour
éclairer les degrés (fig. 45). Les fenêtres d'origine
apparaissent étroites et largement ébrasées vers
l'intérieur. Les ouvertures de tir sont composées
d’un type rare, à fentes multiples, connu en Europe
avant la fin du XII siècle et fréquemment mis en
œuvre dans les constructions des Plantagenêt dès
1180 (fig. 46). Enfin, les mâchicoulis sur arcs de
la tour sud évoquent un modèle de défense som-
mitale rapporté lors des croisades : ce dispositif a
été employé particulièrement dans les châteaux de
Richard I“ (Château-Gaillard, Niort puis Albi dans
le troisième tiers du XIT° siècle).
Ces éléments architecturaux spécifiques, associés à
la noblesse d'exécution dont témoigne la mise en
œuvre et les traces lapidaires observées sur les ma-
çonneries les plus anciennes, confirment la contem-
poranéité des deux tours et de leur espace central
dès la première phase de construction. Formant
un unicum architectural de la fin du XII° siècle, le
donjon de Niort a été à juste titre classé parmi les
donjons romans des pays de l'Ouest, décrits par
A. Châtelain*. Malgré sa singularité architectu-
rale, il a souvent été comparé aux autres donjons
73 Ibidem, p. 139.
74 Châtelain 1971.
doubles comme ceux de Châteaumur, Noirmou-
tier, Pouzauges, Tiffauges, Angles-sur-l’Anglin,
Gouzon à Chauvigny, Beaumont (parties nord du
château), ou encore de Touffou (parties ouest)” :
ces rapprochements permettaient de proposer
soit une interprétation fonctionnelle des espaces
(une tour résidence, l’autre pour la défense), soit
une interprétation sociale (une tour pour le duc,
l’autre pour le capitaine)", ou encore une inter-
prétation symbolique dont la gémellité devait ser-
vir d'illustration à l'expression d’une prééminence
seigneuriale exacerbée’” et/ou à l'association de
deux pouvoirs royaux (Henri IT et Aliénor, Aliénor
et Richard I® ou Henri II et Richard [*)#. De ces
comparaisons, celle qui fait autorité aujourd'hui a
été développée dans les études castellologiques que
M.-P. Baudry a réalisée pour sa thèse : l'auteure
confirme l'hypothèse de la contemporanéité des
deux tours et d’un espace central permettant une
circulation entre elles. La datation de la construc-
tion du donjon est placée entre 1175 et 1184, pé-
riode à laquelle Richard est comte de Poitou sous
l'autorité de son père, Henri IL, et continue à porter
le titre de duc d'Aquitaine jusqu’en 1184 : le don-
jon double matérialiserait la cosouveraineté des
deux Plantagenêt”°.
Des modifications architecturales sont vite appor-
tées au donjon, vraisemblablement dans le premier
tiers du XIIT° siècle. L'espace central est couvert et
divisé en deux étages (rez-de-chaussée et 1‘ étage),
ce qui n’enlève en rien le caractère défensif de cette
partie du donjon dont les ouvertures de tir sont
placées côté ville tandis que des fenêtres d’agré-
ment sont installées côté Sèvre. Cet aménagement
prendrait place au moment où les seigneurs poite-
vins sèment des troubles à Niort pour signifier leur
opposition à Henri III (vers 1219 - 1233). C'est éga-
lement à cette époque que l’enceinte castrale serait
édifiée avec des tours circulaires dotées de salles
quadrangulaires à archères raccordées d’une part
au donjon par des courtines munies d’archères et,
d'autre part, à l'enceinte urbaine aux angles nord-
75 Favreau 1987, p. 40.
76 Ibidem, p. A1.
77 Mesqui 1991, p. 63-64.
78 Baudry 2001 et 2013.
79 Baudry 2015, p. 140.72
ouest et sud-ouest. Par ailleurs, l’enceinte castrale
est mentionnée pour la premièré fois dans les
textes en 1236, lorsque les juifs s’y réfugient. Au
milieu du XIII siècle, un espace plus résidentiel est
créé dans le château (aula) et le bâtiment central
du donjon abrite un étage résidentiel avec chemi-
née et peintures. Ces travaux s’accompagnent de
la création du fossé périphérique du donjon, de la
construction de la fausse-braie et de la cour basse
qui le sépare de la Sèvre à l’ouest®®. Ces travaux ont
pour conséquence de modifier considérablement
les traces des circulations originelles entre les deux
tours et l’espace central, ce qui donne lieu à débat.
La seconde phase d'occupation du donjon est da-
tée des XIV® et XV°® siècles lorsque de nouveaux
logis sont installés dans le bâtiment central et des
chambres dans les tours, alors agrémentées de
cheminées. La façade ouest est ouverte de grandes
baies dont le verre est commandé en 1494. Cette
campagne donne un caractère plus résidentiel au
donjon.
La troisième phase d'occupation est caractérisée
par des travaux de réparation sur les enceintes cas-
trale et urbaine, pendant les guerres de Religion.
Le donjon est adapté à l'artillerie qui nécessite la
réalisation de voûtes sous les terrasses sommitales,
la transformation de la fausse-braie et l'installation
de la tour-porte avec son système de franchisse-
ment du fossé côté est.
Au XVII siècle, le donjon est délaissé au profit du
nouveau logis du gouverneur dont les salles sont
plus vastes et plus confortables et dont la construc-
tion est attribuée à Charles de Neuillan, représen-
tant du roi. Le donjon est moins l’objet de troubles
à cette époque mais, en 1673, l'enceinte castrale
est adaptée à l'artillerie moderne: Si la fonction
carcérale est connue dès l’année 1400 dans la tour
nord du donjon (salle basse}, elle est confirmée
au XVIII siècle lorsque le château tout entier sert
de prison. Les cellules sont aménagées à tous les
étages du donjon et des accès de service pour les
gardes sont percés en partie basse. En 1791, il sert
de maison d'arrêt au Département qui sera trans-
férée en 1853.
80 Ibidem, p. 143.
2. État des connaissances
Les connaissances sur le château de Niort de-
meurent très lacunaires au regard de la vaste place
forte qu’il a été jusqu’à la fin du XVII siècle. C’est
une fois de plus le donjon qui est le mieux docu-
menté en raison de sa conservation jusqu'à nos
jours et des études récentes dont il a fait l’objet.
Les données archéologiques apportées ces derniers
temps par les diagnostics et les surveillances de
travaux confirment, s’il le fallait, que les vestiges
du château et de la ville médiévale sont particu-
lièrement riches pour la connaissance de la ville
de Niort. On ne peut que déplorer que les inter-
ventions archéologiques soient fractionnées et
détachées souvent les unes des autres, laissant de
nombreuses questions en suspens. Soutenues par
les pouvoirs locaux, ces investigations trouveraient
une ampleur scientifique et une répercussion patri-
moniale à hauteur du passé remarquable de la ville
médiévale.« Donjon », Niort (Deux-Sèvres). HADES, 2014
3. RÉSULTATS ARCHÉOLOGIQUES
3.1. DESCRIPTION
ARCHÉOLOGIQUE
Le démarrage de l'opération archéologique a porté
sur la surveillance du terrassement de la partie ouest
de la parcelle BO 153. Cette intervention consistait
à décaisser la plate-forme du jardin et à démolir le
mur de soutènement qui l’entourait jusqu’au ni-
veau de la chaussée du quai de la Préfecture. Côté
nord, une rampe d’accès a dû être aménagée pour
permettre le chargement des camions et leur éva-
cuation par la rue Léon Blum. Enfin, une attention
particulière devait être apportée à l'installation des
micropieux nécessaires au mur de soutènement de
la promenade en escalier réalisée au sud du don-
jon. Il a donc été décidé de procéder par passes
depuis le sud vers le nord en laissant une bande de
roulement le long du talus végétalisé situé au pied
du donjon. En raison de l’apparition de vestiges
archéologiques, le terrassement ne pouvait pas se
faire en suivant la pente initiale du projet depuis le
pied du donjon jusqu’à la chaussée du quai. Nous
avons donc procédé à un terrassement par paliers
en laissant dans un premier temps le talus végéta-
lisé en place et en créant un palier intermédiaire
avant le niveau de la chaussée. La zone sud de
l'emprise était décaissée plus profondément pour
permettre la construction du mur de soutènement
et le mur-terrasse du jardin a été démoli au fur et
à mésure de l’avancement du terrassement général
afin d’éviter tout effondrement sur la fouille et sur
la chaussée. Rappelons ici que la difficile coordi-
nation avec l’entreprise de construction du mur de
soutènement et les hésitations sur l’aboutissement
du projet d’origine par la Ville ont freiné l'impact
du terrassement initialement prévu, ayant pour
conséquence de ne dégager que les arases des murs
73
côté sud, le reste de la parcelle étant encore den-
sément occupée par des remblais contemporains
recouvrant les vestiges archéologiques. Au terme
de ce terrassement, peu de vestiges anciens appa-
raissaient dans l'emprise : trois zones ont donc été
définies pour des explorations plus approfondies,
sous la forme de sondages profonds. Nous présen-
tons d’abord les vestiges d'époque contemporaine
qui sont apparus directement lors du terrassement
de l'emprise de façon à décrire ensuite les vestiges
plus anciens par zone.
3.1.1. LE DÉCAPAGE SOUS
SURVEILLANCE ARCHÉOLOGIQUE
3.1.1.1. Le jardin du musée et son bassin
d'agrément, fin du XIX® siècle-début du
XX: siècle
Le terrassement général s’est effectué par paliers,
laissant une bande de roulement le long du talus
végétalisé pour l’évacuation des déblais. Sous le sol
actuel (US 1000), une structure de plan légèrement
ovoïde a été mise au jour face aux contreforts hé-
micylindriques 4 et 5 (fig. 47). Elle mesure 5,50 m
de long (nord-sud) et 4,70 m de large (est-ouest).
Elle est composée d’une maçonnerie de moellons
de calcaire liés au mortier de sable jaune compacté,
installée dans une couche de terre à jardin argilo-
sableuse brun (US 1003). La structure bâtie SB 1001
est apparue à une altitude de 16,81 m NGF, sur une
profondeur maximale de 0,75 m. Arasée en partie
sommitale, la maçonnerie a une épaisseur variable
entre 0,45 m et 0,80 m et comporte un décroché
d’une dizaine de centimètres formant un creux à
l’intérieur (fig. 48). La partie interne est enduited’un mortier très riche en chaux, lissé avec soin
sur une épaisseur de plus de 7 cm et très compacte.
Dans sa partie sud, une petite tranchée rectiligne
a été installée suivant une orientation est-ouest :
à l'extrémité est, des éléments de canalisation en
terre cuite sont engagés dans la paroi de la struc-
ture SB 1001 et montrent une pâte très riche en
grès et vernissée à l’extérieur, garantissant ainsi une
étanchéité optimale. La canalisation mesure 3 m de
long sur 15 cm de large et est raccordée côté ouest à
une évacuation en plomb qui habille un trou percé
dans l’épaisseur de la maçonnerie.
La structure SB 1001 est un bassin d'agrément,
construit au pied du donjon, peu de temps avant
l'aménagement du sol actuel en gravier (fig. 49) :
elle est recouverte par une couche de remblais
qui sert de nivellement au sol du jardin actuel.
Son abandon est donc récent, tout autant que sa
construction, ce que tendent à prouver la stratigra-
phie et les matériaux employés pour sa construc-
tion. Elle témoigne de l’aménagement d’un bas-
sin d'agrément qui a-pris place dans le jardin du
donjon, aussi appelé jardin du musée, alors que ce
dernier était déjà mis en place avec sa terrasse sur-
plombant le quai de la Préfecture. En effet, le mur-
terrasse actuel est en réalité une reconstruction : le
5 mai 1873, un avis d’adjudication est rendu public
dans lequel le maire fait savoir qu’il recevra les
propositions pour les « travaux ayant pour objet la
reconstruction du mur retenant les terres du jardin
du donjon, quai de la Préfecture » pour la somme
de 2 200 francs’. Sont conservés aux archives mu-
nicipales les plan, coupe et élévation du mur-ter-
rasse, signés par l’architecte de la ville le 1* sep-
tembre 1873. Le mur-terrasse actuel est antérieur
de peu à l'installation du bassin d'agrément qui est
installé dans la dernière couche de remblais de la
terrasse (US 1003). Sa durée d’utilisation est courte
car des photographies anciennes permettent de
constater qu'avant 1923 - voire avant 1906 - le
bassin n'existe plus dans le jardin qui a été recou-
vert d’une couche de graviers et aménagé de par-
terres fleuris (fig. 50 et 51). Il semble donc avoir été
utilisé environ un quart de siècle, avant de céder la
place à l’esplanade fleurie.
81 AM Dossier Château.
3. Résultats archéologiques
3.1.1.2. Le jardin public et le monument de
commémoration aux XX° et XXI siècles
L'aménagement en place au pied du donjon au dé-
but de l'opération était un jardin public, construit
en terrasse, occupant les côtés nord, ouest et sud du
donjon. Cet espace était doté de parterres fleuris,
d’un talus végétalisé longeant le pied du donjon et
cachant ses assises de fondation, de bancs et d’un
monument aux morts. Ce dernier a été déplacé en
2006 et ne se trouvait plus sur place lors de notre in-
tervention. Il est situé aujourd’hui à côté du centre
culturel du Moulin du Roc. Le jardin domine la
rue Léon Blum au nord, le quai de la Préfecture à
l’ouest et est séparé de ce dernier par un mur de
soutènement à l’ouest. Ce mur sert de soutènement
à la plate-forme et est couronné d’une rambarde
en fer à croisillon, attachée à des piliers quadran-
gulaires en calcaire coiffés d’un prisme aplati.
Il entoure le jardin public sur ses côtés nord et
ouest et créé une esplanade accessible depuis la
place du Donjon de plain-pied.
Le mur-terrasse est reconstruit dans l’année 1873,
depuis l’angle avec la Préfecture sur une longueur
de 21 m vers le nord (fig. 52). Il se compose de six
pans de mur composés de pierres de taille en granit
liés au ciment lissé au fer. Ces pans de mur sont
chaînés les uns avec les autres par un harpage ver-
tical, composés de pierres de taïlle de dimensions
plus importantes : les assises mesurent 0,32 m de
hauteur et alternent des pierres disposées en car-
reau-boutisse. Le mur-terrasse mesure 3,20 m de
hauteur depuis le niveau de la chaussée du quai et
est fondé sur une base quadrangulaire de 2,50 m de
large sur 1,30 m d’épaisseur. La rambarde mesure
0,80 m de hauteur et délimite Le jardin sur ses côtés
ouest et nord. Sur les plans de 1873, six travées sont
représentées : elles correspondent à celles qui sont
édifiées depuis le jardin de la Préfecture jusqu’à
l'angle d’une maison d’habitation située au nord-
ouest de la parcelle (fig. 53). Cette maison a laissé
quelques vestiges dans le sondage nord qué nous
aurons l'opportunité de décrire plus loin, mais on
peut remarquer qu’elle est antérieure au nouveau
mur-terrasse qui semble prendre appui contre son
parement sud. Sur une photographie datée autour
de 1908, le mur-terrasse apparaît avec ses six pans
de mur et les harpages verticaux qui les associent
les uns aux autres (fig. 53). Il faut toutefois noter« Donjon », Niort (Deux-Sèvres). HADÈS, 2014
que si tous les pans de mur depuis le sud sont
réguliers et montrent des modules de pierres de
taille réguliers, le pan de mur contre la maison se
distingue par des moellons de plus petites dimen-
sions, ne prolongeant pas les assises des autres pans
de mur : cette maçonnerie pourrait être antérieure
à l'édification du mur-terrasse de 1873 et matéria-
liser un vestige de l’ancien mur de soutènement
que ce dernier remplace. Enfin, une évacuation est
aménagée dans ce mur pour permettre aux eaux
de ruissellement de la plate-forme d’être évacuées
vers le quai de la Préfecture et une porte a été per-
cée dans le nouveau mur-terrasse, sans qu’elle soit
mentionnée dans le projet initial de 1873.
Le jardin, une fois consolidé par le mur de sou-
tènement de 1873, sera aménagé dans un second
temps à l’angle nord-ouest de la parcelle, lorsque
les deux bâtiments qui y sont construits dans la
deuxième moitié du XIX° siècle sont détruits. En
effet, les photographies anciennes montrent bien
que le nouveau mur-terrasse est installé jusqu'à
une maison qui est elle-même construite contre
l'ancien magasin des pompes à incendie. Avant
1923, les bâtiments sont démolis et l’angle nord-
ouest du jardin est aménagé avec la même maçon-
nerie de pierres de taille de granit, chaînées par des
harpages en calcaire couronnés des mêmes piliers
et de la même rambarde. L'extension du jardin vers
le nord avec les mêmes aménagements marque une
fusion des parcelles anciennes, l’une appartenant
au Département, l’autre à la Ville, au profit de la
municipalité. Comme on le voit sur la figure 50,
les bâtiments ont disparu et les piliers de l'angle
de la parcelle apparaissent en blanc vif alors que
les autres situés à l'arrière sont plus anciens et une
patine leur donne déjà une teinte plus grise. Cette
photographie est antérieure à 1923 car le monu-
ment aux morts n’est pas encore installé dans la
partie sud du jardin.
Lors du terrassement de la parcelle, la zone sud a
révélé une banquette de maçonnerie de pierres de
taille de calcaire, liées avec un mortier pauvre en
chaux mais riche en sable roux. Elle est encadrée
de deux massifs de blocs et de moellons de calcaire,
liés au ciment, situés contre ses angles sud et ve-
nant contrebuter la base située au centre (fig. 54).
D'une longueur totale de 5,50 m, la base du monu-
ment commémoratif a été fondée sur une profon-
75
deur de plus d’1,40 m. À l’origine, le monument est
composé d’une stèle où 564 noms de soldats morts
lors de la Première Guerre Mondiale sont gravés.
Au centre de la stèle, se dresse un personnage fé-
minin rigide et hiératique qui protège de ses bras
les noms des soldats (fig. 55). Elle est coiffée d'un
bonnet phrygien, et porte une ceinture aux chiffres
REF pour « République Française » et une cuirasse.
Ces attributs la désignent clairement comme Ma-
rianne, figure allégorique de la République depuis
1792. Ce monument a été réalisé par le sculpteur
Pierre-Marie Poisson et sera inauguré au pied du
donjon en 1923 où il restera jusqu’en 2006 (fig. 56).
3.1.1.3. Les systèmes d'évacuation domestiques
appuyés contre le flanc ouest du donjon
Trois structures ont été découvertes sous Le talus
végétalisé situé au pied du donjon : l’une entre les
contreforts 3 et 4, l’autre entre les contreforts 4 et
5, la troisième entre les contreforts 6 et 7 (fig. 47).
La première structure a été repérée lors du sondage
réalisé par Adrien Montigny et a été partiellement
détruite à cette occasion (fig. 57)* : dans la tran-
chée n°8, l’auteur a remarqué une structure de plan
quadrangulaire qui est appuyée contre le substrat
rocheux. La maçonnerie décrite est identique à celle
que nous avons observée avec des moellons de cal-
caire plus ou moins équarris, liés au mortier argi-
leux de couleur orange foncé. Le bâtiment LAT-01
n’a pas été dégagé lors de la fouille (fig. 58) : le mur
MR 1034, orienté nord-sud, en délimite sa partie
ouest tandis que deux murs perpendiculaires en
ferment les côtés nord et sud. Observé sur une
longueur totale de 5,70 m, les murs sont larges de
0,70 m et les angles nord-ouest et sud-ouest sont à
pans coupés. Si l’intérieur du bâtiment n'a pas été
sondé, l'extérieur a livré en plan un calage de petits
moellons et de cailloux de calcaire le long du pa-
rement ouest du MR 1034. Ce détail nous incite à
penser que le bâtiment est enterré sur une profon-
deur d’au moins 1,20 m dans les remblais US 1013.
Postérieur à ces remblais contemporains, le bâti-
ment est ensuite abandonné lors de la création du
talus végétalisé qui le recouvre quasiment jusqu'au
mur MR 1034.
82 Montigny 2012, p. 42.76
La fonction du bâtiment nord n’a pasété déterminée
par la fouille mais plutôt par analogie avec un autre
bâtiment situé plus au sud, qui offrait les mêmes ca-
ractéristiques architecturales. Le mur MR 1030 est
apparu directement sous le muret de soutènement
du talus végétalisé, entre Les contreforts 4 et 5 du
donjon, sur une hauteur de 1 m (fig. 59). Il est com-
posé de moellons de calcaire équarris avec un liant
composé d’une argile gravillonnaire à petits silex
orange vif ; les joints sont beurrés. Orienté nord-
est/sud-ouest, il est parallèle au donjon et se situe à
4,30 m des fondations de ce dernier. Au nord et au
sud du MR 1030, deux murs perpendiculaires sont
apparus après enlèvement du talus végétalisé : ils
ferment les côtés d’une construction partiellement
enterrée adossée au donjon (fig. 60). Le bâtiment
LAT-02 mesure 4,90 m de longueur pour une lar-
geur de 4 m, soit ume surface de 19,60 m°. Sa partie
sommitale a révélé une maçonnerie de dalles de
calcaire disposées à plat et liées avec la même argile
gravillonnaire compactée : un soin particulier a été
apporté à la maçonnerie sur les côtés nord et sud
qui épouse les anfractuosités du substrat rocheux
et révèle des accroches propres (fig. 61a et 61b).
La maçonnerie qui Le recouvre suit une pente d’est
en ouest de 16,5%, suffisante pour évacuer les eaux
de ruissellement. Les surfaces des dalles montrent
des usures liées au piétinement ce qui confirme que
la surface maçonnée a fait office de sol à l’époque
de l’utilisation du bâtiment LAT-02. Cette obser-
vation est confirmée par l'aménagement US 1154
situé à l'angle sud-est contre le substrat rocheux :
composée de deux assises de blocs calcaires retail-
lés et assisés, l'US 1154 délimite un espace qui
ouvre sur l’intérieur du bâtiment LAT-02, le liant
est le même que celui de l’ensemble de la construc-
tion et deux pierres longitudinales placées sur son
côté ouest marquent un accès direct avec un petit
emmarchement. Conservé sur 0,66 m de hauteur et
1,64 m de longueur, l'ouverture quadrangulaire est
délimitée à l’est par le substrat qui a pu être taillé
d’aplomb pour y accoler la maçonnerie US 1154.
Une exploration de l'intérieur a été organisée
pour vérifier le volume de ce bâtiment partielle-
ment encavé et sa fonction. De plus, les plans du
XVIII siècle montrent sur la façade ouest du don-
jon, entre les contreforts 4 et 5, l'emplacement de
l’ancienne porte romane du donjon qui ouvrait
sur la cour basse côté ouest et donnait accès à l’es-
3. Résultats archéologiques
pace central du donjon situé entre Les deux tours
(fig. 45). Il était donc intéressant de savoir des
vestiges de système d’appontement, de rampe ou
de tout autre moyen de circulation existait à l’in-
térieur du bâtiment. Malheureusement, il n’a pas
été décelé de construction antérieure à cet espace
maçonné semi-enterré : les parois nord-ouest et
sud-est sont impeccablement maçonnées avec le
rocher, le MR 1030 a été observé sur une hauteur
d'environ 3 m (fig. 62a) et forme un arc plein-
cintre reposant sur une maçonnerie située au sud-
est (fig. 62b), probablement chaînée avec les bancs
naturels du rocher. Les parois nord-est et sud-ouest
sont constituées du rocher calcaire qui a pu être
retaillé pour accueillir Le bâtiment LAT-02 : à l’alti-
tude d'environ 15,70 m NGF, le rocher montre des
bancs de 0,80 m d’épaisseur, moins érodés que les
bancs du sommet de la plate-forme qui mesurent
une trentaine de centimètres. L’homogénéité de la
maçonnerie évoque une construction en une seule
fois. Un cône de rejets composé de sédiments orga-
niques et d'éléments de démolition en partie haute
obstrue la zone située sous l'ouverture US 1154.
Des déchets de vaisselle récents ont été observés,
témoignant d’un abandon au cours du XIX‘ siècle
(fig. 62c et 62d).
Le bâtiment LAT'-02, par ses caractéristiques archi-
tecturales et les observations réalisées à l’intérieur,
peut être interprété comme une latrine maçonnée
avec une fosse d’aisance couverte en plein-cintre
permettant de supporter un niveau de sol maçon-
né en pente. L’orifice d’aisance est maçonné dans
l'angle sud-est, au-devant duquel un emmarche-
ment a été installé pour rattraper le niveau du siège.
La latrine n’a pas conservé ses éléments en éléva-
tion qui ont été démolis lors de l'aménagement du
talus végétalisé au pied du donjon. Toutefois, elle
n’est pas abandonnée pour son usage domestique
car une canalisation du deuxième étage, qui court
le long du contrefort n° 5, indique qu'une évacua-
tion rejette ses déchets directement dans la latrine
LAT-02 (fig. 63). Si l'accès à la fosse d’aisance ne se
fait plus de plain-pied, la latrine continue d’être uti-
lisée comme fosse septique et est recouverte de vé-
gétation à la fin du XIX* siècle. La photographie qui
témoigne de cet aménagement daterait de la mise
en place du musée ethnographique au deuxième
étage, en 1896, qui a nécessité installation de com-
modités. Elle évoque le même système d’évacuation« Donjon », Niort (Deux-Sèvres). HADEÈS, 2014
installé le long de la face nord-ouest du contre-
fort 4, dont la canalisation pourrait se vider dans
le bâtiment LAT-01. À l'origine, il est possible que
ces latrines semi-enterrées aient été installées dans
le préau du donjon lorsque celui-ci sert de prison et
qu’elles aient été réutilisées a posteriori.
La troisième et dernière structure d'évacuation
repérée (US 1106) est située au nord du contre-
fort 6, dans le talus végétalisé, à une altitude de
18,29 m NGF. Elle est composée d’une gaine ver-
ticale construite avec des blocs et des moellons de
calcaire récupérés ou bruts sur un plan quadran-
gulaire et est scellée par des blocs calcaires, à pierre
sèche comme en témoignent les espaces vides entre
les pierres (fig. 64). Elle a été observée sur une lar-
geur totale de 0,80 m et une hauteur maximale de
1,08 m. Profonde seulement de 0,66 m, l'US 1106
semble construite pour ne pas assurer une grande
étanchéité : montée à pierres sèches et de petite
dimension, elle sert d’exutoire aux eaux pluviales
de la terrasse de la tour sud, évacuées par une gout-
tière installée le long de la face nord du contrefort
(fig. 63) à la fin du XIX* siècle et par une canali-
sation en terre cuite vernissée marron servant de
guide jusqu’à la structure US 1106.
Sur les trois aménagements servant d'évacuation,
deux peuvent être interprétés comme des latrines,
construites à flanc du substrat rocheux, retaillé
pour l’occasion, et une matérialise l'évacuation des
eaux pluviales de la terrasse de la tour sud. Les la-
trines n’ont pas été fouillées, ce qui laisse ouverte la
question de leur date de construction et des modi-
fications que cela engendre. Cependant, la latrine
LAT-02 semble connaître deux états : le premier
caractérisé par un niveau de circulation et une fosse
d’aisance accessible par deux petites marches, le se-
cond caractérisé par l'abandon de l’accès de plain-
pied et le réemploi de la fosse septique servant
d’exutoire à la canalisation du deuxième étage du
donjon (fin XIX* siècle). Il faut souligner l'emplace-
ment de LAT-02 sous une baie qui a été à l'origine la
porte romane desservant la cour basse occidentale
depuis le rez-de-chaussée du donjon. Compte-tenu
du peu d’observations menées dans LAT-02, il n’est
pas possible aujourd’hui de connaître le potentiel
archéologique d’un système d’accès à la porte s'ori-
gine : cette zone demeure donc à préserver de tout
aménagement en deçà de 15,70 m NGF.
Au terme du décapage de l'emprise, seules des
structures d'époque contemporaine ont été explo-
rées, au pied du donjon et au contact direct avec le
substrat rocheux. Ces aménagements témoignent
de l’évolution du jardin ouest qui sert de préau
au donjon lorsque ce dernier est affecté à un rôle
carcéral, jusqu'en 1853. Le déplacement des pri-
sons entraîne un abandon du site qui reprend une
place dans la ville avec l'installation du musée eth-
nographique en 1896. Cependant, les abords du
donjon font l’objet de changements remarquables
avec une densification de l'habitat sur le côté est
et des constructions sur le front nord, dès le début
du XIX: siècle. Les aménagements de cette période
remplissent une fonction domestique rattachée à
l’époque récente du monument. D’autres ont été
découverts dans la zone nord-ouest de la parcelle,
permettant une meilleure compréhension de l'évo-
lution de son front ouest.
3.1.2. LE SONDAGE NORD (ZONE À)
La zone nord (À) a été explorée sur une surface de
42,25 m° et une profondeur maximale ponctuelle
de 2,50 m : la fouille a d’abord porté sur les ves-
tiges qui apparaissaient après le décapage et affec-
taient un plan en L. Une première bande orientée
nord-est/sud-ouest de 7,50 m de long sur 2,60 m
de large a été fouillée, le long du quai de la Préfec-
ture, puis une seconde, de 7 m de long et 3,25 m
de large, orientée nord-ouest/sud-est, dans l’axe
du contrefort d'angle nord-ouest du donjon. Cette
zone d'exploration a été contrainte dans l'espace
par les déblais issus de la fouille des deux autres
zones, dont le stockage a été fait à proximité sur
l'emprise de la fouille, contrairement à ce qui avait
été convenu avec le maître d'ouvrage dans le pro-
jet scientifique et technique (fig. 24 et 28). Cette
configuration a évidemment eu des conséquences
sur la bonne conduite de l'opération et sur le déga-
gement des vestiges que nous n'avons pas toujours
pu atteindre de manière satisfaisante (fig. 65, 66
et 67a). En effet, le décapage général a été inter-
rompu à une altitude de 16 m NGF au plus haut,
soit à environ 1 m au-dessus des premiers massifs
maçonnés qui correspondent aux époques les plus
récentes (XIX°-XX: siècles). Il a donc fallu évacuer
mécaniquement une partie de la stratigraphie la
plus récente pour atteindre les maçonneries plus
anciennes, sans pour autant ouvrir une surfacede plus de 33,28 m° (6,40 m de long sur 5,20 m
de large). Les vestiges les plus anciens ont été dé-
couverts à partir de 14,30 m NGF. Une rampe de
circulation pour la pelle mécanique a été laissée le
long du contrefort nord-ouest ce qui ne nous a pas
permis de dégager les vestiges à cet endroit. Finale-
ment, quatre phases d'occupation ont été repérées,
s’échelonnant de la fin du Moyen Âge à l’époque
contemporaine.
3.1.2.1. La courtine nord de l'enceinte basse ?
L'occupation la plus ancienne observée dans la
zone nord est composée d’un tronçon de mur
(MR 1289) orienté nord-ouest/sud-est, dont l’arase
est apparue à 14,30 m NGF d'altitude (fig. 67b).
Il sert de semelle de fondation à un autre mur qui
masque son parement nord (MR 1295). Le mur
MR 1289 a été observé sur 3,50 m de longueur et
une hauteur maximale de 1,19 m sur son parement
sud avec au moins six assises de pierres de taille de
calcaire visibles (fig. 68). Le liant utilisé en fourrure
est une argile orange assez pulvérulente et les joints
dégradés n’ont pas conservé de traces de mortier
lissé. Le MR 1295 recouvre de façon irrégulière le
MR 1289 : les parties ouest et nord s'appuient clai-
rement sur le parement nord et sur une partie de
l'arase du MR 1289. Elles sont composées d’une
maçonnerie grossièrement mise en œuvre avec des
blocs de calcaire de 30 à 50 cm noyés dans un liant
argileux jaune. Les trois assises supérieures qui ré-
vèlent un appareillage mixte de moyens et de gros
blocs de calcaire taillés et assisés appartiennent au
mur MR 1295: côté sud, elles sont légèrement en
débord par rapport aux trois assises inférieures
sur lesquelles elles reposent. La distinction entre
ces deux types d'appareil révèle l'aménagement
du MR 1295 sur une maçonnerie antérieure.
Le MR 1289 montre un parement sud composé de
blocs de calcaire équarris dont les faces n’ont pas
été dressées mais simplement plus ou moins apla-
nies. Les blocs ne sont donc pas taillés avec finesse
comme, par exemple, les parements du donjon
mais offrent un aspect plus grossier. Le liant est
une argile orangé visible dans les joints larges qui
montrent parfois quelques cailloux de calage entre
deux blocs (fig. 68). Le MR 1289 a été observé sur
une hauteur maximale de 0,50 m : les blocs ont des
longueurs comprises entre 18 et 50 cm pour des
3. Résultats archéologiques
hauteurs d’assise entre 12 et 30 cm. Cet appareil-
lage est différent de celui du mur de courtine sud
qui a été mis au jour dans la zone sud de la fouille
(MR 1038). Toutefois, leurs liants sont proches
par leur texture et par leur couleur légèrement
orangée. De même, l’arase du MR 1289 se situe à
l'altitude de 13,89 m NGF ce qui pourrait corres-
pondre à l'interruption de la courtine nord (ara-
sement, sommet ?). Orienté nord-ouest/sud-est,
le MR 1289 peut vraisemblablement être raccordé
avec le contrefort nord-ouest du donjon, fermant
ainsi le front nord de l'enceinte basse (fig. 67).
Le MR 1289 a été observé sur 3,50 m de longueur
puis il est interrompu à l’ouest où une limite rec-
tiligne est nettement visible suivant un axe nord-
sud et séparant le MR 1289 d’une autre maçonne-
rie. Des pierres de taille alignées du nord au sud
semblent matérialiser un angle qui incite à penser
qu’une ouverture était aménagée à cet emplace-
ment, encadrée par le MR 1289 à l’est et un autre
mur à l’ouest dont nous n'avons pas retrouvé de
trace. Les pierres de taille du mur MR 1289 ont été
dégagées sur 2,65 m de long et montrent une dispo-
sition en escalier de 14,35 m NGF à 13,74 m NGF:
elles suivent une limite parfaitement rectiligne et
forment un angle chaîné et bien assisé avec le reste
du MR 1289. Ces observations nous incitent à l’in-
terpréter comme l'extrémité ouest du mur de cour-
tine nord, dont les parties sommitales ont pu être
arasées pour permettre l'aménagement des struc-
tures postérieures. Cette hypothèse est renforcée
par les plans du XVIIT siècle qui montrent un pas-
sage aménagé dans l'enceinte basse nord pour accé-
der à la cour occidentale. Dans les années 1740, ce
passage est composé d’un mur orienté nord-ouest/
sud-est, relié au contrefort nord-ouest du donjon,
qui est interrompu pour laisser un passage étroit et
visiblement encadré de deux murets orientés nord-
sud (MR 1289). L'autre extrémité du passage est
délimitée par un mur qui montre les mêmes carac-
téristiques que le premier et se poursuit en direc-
tion de l’enceinte ouest du château et se raccorde
à la tour du Retranchement (1752). Des fentes de
tir sont mentionnées par un plan des années 1740,
encadrant chacune le passage d'entrée nord : elles
sont représentées à ébrasement intérieur droit,
à l’identique des fentes de tir de la courtine sud.
Faute d’avoir atteints les niveaux d'occupation et
de défense du mur MR 1289, nous pouvons néan-« Donjon », Niort (Deux-Sèvres). HADÈS, 2014
moins avancer l'hypothèse qu’il s’agit bien du tron-
çon est de l'enceinte basse du donjon qui défend le
seul accès depuis la cour haute du château à la cour
basse du donjon.
Le mur MR 1289 a été arasé sur une hauteur au-
jourd’hui inconnue en lien avec l'abandon du sys-
tème défensif du château. En revanche, il montre
un état de conservation relativement satisfaisant
à une altitude de 14,30 m NGF et pourrait révéler
une élévation importante sous les remblais qui le
recouvrent de chaque côté. Il mesure approximati-
vernent 2 m d'épaisseur au niveau de son arase, ce
qui autorise à penser qu'il est fondé profondément
et que des aménagements défensifs pourraient être
CONSELVÉS.
Sur un plan de 1752 (fig. 75)%, le mur rectiligne
s’élance depuis le contrefort nord-ouest du donjon
jusqu’à la tour du Retranchement et pourrait si-
gnaler la courtine nord de l’enceinte basse : aucune
ouverture n’a été reportée, ce qui ne signifie pas
qu’elle n'existe pas à cette époque, et des jardins
sont aménagés dans la cour basse du donjon ainsi
que dans la partie nord du château. En revanche,
un plan de 1770 montre que le mur est de la cour-
tine nord n’est plus utilisé pour délimiter les jar-
dins de la cour basse (fig. 44b) : au contraire, on
y voit un chemin qui sillonne depuis l’angle nord-
est du fossé du donjon jusqu’à la porte de Fer en
longeant la tour nord. Ensuite, le chemin fait une
boucle pour rejoindre l'angle sud-ouest du donjon
en contournant le bâtiment qui sert de magasin aux
poudres et pénétrer dans les jardins sud du châ-
teau. Le mur MR 1289 apparaît sur le plan de 1695
qui est le plus ancien et bien qu'il représente les cir-
culations au niveau du chemin de ronde (fig. 43) :
un passage étroit est aménagé dans la courtine
nord, plutôt centré et ouvrant avec deux vantaux
qui se rabattent vers la cour basse. Les ouvertures
de tir ne sont pas représentées, ni dans la courtine
nord, ni dans la courtine sud. Par contre, le mur se
raccorde bien au contrefort nord-ouest du donjon.
En 1723, le passage dans l’enceinte nord est men-
tionné avec ses deux archères qui défendent le seul
83 Pian conservé à la Bibliothèque nationale de France dont
la version numérique est accessible sur Gallica : plan réalisé
par Antoine-René de Voyer d’Argenson en 1752, BNF
N7100508.
accès à la cour basse et le mur MR 1289 est bien lié
au contrefort nord-ouest du donjon (fig. 43). C’est
donc tardivement que le chemin nord est encadré
de deux murets séparant le fossé nord du donjon
des jardins du Gouverneur au nord-ouest (fig. 69).
Le.mur MR 1289 témoigne du bon état de conser-
vation de l’enceinte basse nord qui ferme la cour
du donjon. Bien que partiellement dégagé des rem-
blais qui le recouvrent, il a livré des données qui
concordent avec les autres maçonneries de la fin du
Moyen Âge découvertes sur le site. Faute de mobi-
lier, aucune datation ne peut être avancée mais les
représentations anciennes et la rémanence d’une li-
mite dans le parcellaire jusqu’au début du XX° siècle
invitent à considérer ce mur comme un marqueur
fort de la partition de l’espace castral, entre donjon
et cour haute. Son abandon est probablement pré-
cédé de démolitions des parties sommitales qui, une
fois arasées, servent de fondation à une nouvelle
construction barrant le front nord de la cour basse.
Au regard des éléments archéologiques découverts
dans la zone sud (C) et plus particulièrement en
lien avec la courtine sud, le potentiel archéologique
de la zone A reste fondamental pour connaître le
système d’entrée d’origine de l'enceinte basse, ses
caractéristiques défensives mais aussi son évolu-
tion jusqu’à sa disparition au XIX* siècle. Le seul
élément de datation venant renseigner l’époque de
travaux à cet endroit est un fragment de céramique
datant du XVI: siècle, retrouvé dans l'US 1281 qui
scelle l’arase du MR 12859.
3.2.1.2. Les jardins en terrasse du château au
XVII siècle
La seconde phase d’occupation reconnue dans
la zone nord est composée de deux maçonneries
construites après une campagne de remblaie-
ment des vestiges de la courtine nord sur environ
0,50 m. Les deux maçonneries sont identiques et
appartiennent au même aménagement, PR 1294
(fig. 70) : il s’agit de deux piédroits de porte com-
posés de blocs de calcaire quadrangulaires taillés
et assisés verticalement avec un mortier de chaux
blanc qui garnit des joints particulièrement fins.
Les piédroits sont disposés en degrés car les assises
rétrécissent du bas vers le haut (fig. 71 et 72) et elles
sont disposées en carreau-boutisse pour permettre
un chaïnage avec une maçonnerie située sous les80
remblais vers le nord qui n’a pu être dégagée lors
de la fouille. Le piédroit ouest est installé dans une
fosse (FS 1285), creusée dans la dernière couche
de remblais qui scelle l’arase du mur MR 1289. Le
piédroit oriental est également installé dans une
fosse (FS 1284) : leurs fondations sont apparues
respectivement à 13,99 m NGF et à 14,21 m NGF,
ce qui indique probablement une légère déclivité
du terrain. Le piédroit ouest est composé de deux
assises conservées tandis que le piédroit est en
possède trois et est arasé à 14,97 m NGF. Ils en-
cadrent un passage de 2,10 m de large ouvrant vers
le nord qui est ensuite condamné après la démoli-
tion des piédroits : ces derniers sont scellés par une
couche d'argile orangé gravillonnaire assez com-
pacte (US 1286), indurée par piétinement. Cette
couche est issue de la démolition de la substructure
du passage : elle recouvre les piédroïits et s'appuie
contre la face nord du piédroit est pour disparaître
ensuite derrière le mur MR 1006, contre son pare-
ment nord (non fouillé). L'US 1286 suit une pente
d’est en ouest de 10% et témoigne d'un nivellement
régulier des structures avant qu'elles soient à nou-
veau recouvertes de remblais de démolition impor-
tants (US 1287, US 1288).
Si la disparition des substructures de la porte
PR 1294 ne nous permet pas d'estimer leur hau-
teur, un niveau de circulation semble avoir fonc-
tionné avec cette entrée : le sol SL 1016 a été repéré
en coupe et en plan à une altitude de 14,40 m NGF.
Composé d’un niveau de cailloux de calcaire noyés
dans une matrice de mortier de chaux blanc.com-
pacte, le sol SL 1016 a été repéré en deux endroits
lors de la fouille. Il est apparu dans la coupe ouest
de la zone nord (fig. 70 et 71) sur une longueur
de 2,06 m, une largeur maximale de 1,15 m et une
épaisseur de 8 cm ; il a été observé à environ 5 mau
sud-ouest de cette zone, sur une surface de 1,10 m
de long sur 0,50 m de large (fig. 67). Le SL 1016
repose sur une couche de remblai de nivellement
(US 1291) qui est un niveau de préparation pour le
sol. Cet aménagement prend place sur des remblais
(US 1292, US 1282, US 1281) qui scellent l'abandon
du mur de courtine nord MR 1289 et rehaussent le
deuxième niveau d'occupation d'environ 0,60 m
de hauteur. Ces remblais sont les mêmes que ceux
impactés par l'installation de la porte PR 1294, ce
qui indique une contemporanéité entre la porte et
le sol SL 1016. Interrompu par le creusement de la
3. Résultats archéologiques
tranchée de fondation du mur MR 1007 à l’ouest,
le sol SL 1016 n’apparaît plus en connexion avec le
piédroit ouest de la porte, mais le niveau de circu-
lation à 14,40 m NGEF correspondrait à un chemin
aboutissant entre les deuxième et troisième assises
de la porte, disparu lors de la démolition de ce pas-
sage. L'abandon du sol SL 1016 est scellé par un
remblai de démolition (US 1290) qui est contem-
porain des remblais US 1288 et US 1287 : ces trois
couches sont antérieures à la construction du mur
MR 1007, fondé à 13,84 m NGEF.
Le sol SL 1016 a été observé dans un sondage réalisé
dans le remblai US 1039, au sud-ouest des vestiges
de la zone nord. Il est apparu directement sous la
couche de remblais US 1039 (égale à US 1291) à
une altitude de 14,32 m NGF et est composé des
mêmes matériaux (cailloutis de calcaire noyé dans
une matrice de chaux compacte). Il a été dégagé
manuellement le long du mur MR 1014 situé en
limite ouest de la parcelle sur une bande de 0,55
m° (fig. 73a). Son épaisseur est également de 8 cm.
La fouille a permis de constater que le sol SL 1016
est antérieur au mur de clôture MR 1014 : en effet,
la première assise de fondation de ce mur est direc-
tement posée sur Le sol (fig. 73b).
Faute d’une exploration plus approfondie de cette
zone, il reste difficile d'avancer une datation du
sol SL 1016 et de saisir son étendue : il est scellé
lors d’une phase de remblaiements importants qui
recouvrent en même temps les piédroits de la porte
PR 1294. En ce sens, ils sont contemporains et leurs
altitudes correspondent à un niveau de circulation
à 14,40 m NGF qui occupe la partie nord du jar-
din du château. Les plans datés du XVIII: siècle
laissent voir une organisation des jardins du front
nord-ouest du château en plusieurs espaces com-
partimentés par des murs de clôture : en 1770, les
jardins sont divisés en quatre espaces qui occupent
le fossé nord du donjon jusqu’à l’enceinte castrale à
l'arrière de la maison du Gouverneur (fig. 33). Un
jardin intermédiaire, tout en longueur et suivant
un plan en chicane, est mentionné avec un passage
ouvrant sur la cour basse du donjon, ce qui pourrait
correspondre à la porte PR 1294. À cette époque, le
tronçon oriental de l’enceinte du donjon ne semble
plus faire partie du paysage et a laissé La place à un
chemin qui mène de la maison du Gouverneur à
la cour basse, en longeant la tour nord du donjon.« Donjon », Niort (Deux-Sèvres). HADES, 2014
Sur le plan de 1770, le piédroit ouest de la porte est
associé à un mur qui la relie à la tour du Retran-
chement de l'enceinte basse. Or, le piédroit est de
PR 1294 n'est pas associé à une maçonnerie qui
permettrait de le relier au contrefort nord-ouest du
donjon : cet espace est ouvert ce qui signifie que le
tronçon oriental de la courtine a bien disparu du
paysage à cette date. En revanche, en 1752 et sur les
plans antérieurs, il apparaît nettement (fig. 33, 69
et 75). Par la suite, cet espace ouvert est à nouveau
fermé par une maçonnerie (MR 1006). La dispo-
sition des jardins suit un plan en L avec un em-
boîtement des parcelles depuis l’enceinte castrale
nord jusqu’à la tour nord du donjon. Les murs de
clôture qui les compartimentent sont probable-
ment installés en raison d’un étagement des jar-
dins aménagés en terrasse : Le point le plus bas est
le fossé nord du donjon où un jardin est accessible
depuis une allée arborée installée sur la contre-es-
carpe, desservi par un escalier (fig. 69 et 74). Le
second niveau est matérialisé par cette allée coudée
qui possède une porte à chacune de ses extrémi-
tés (fig. 76) dont la porte PR 1294 que nous avons
mise au jour : il est appelé « jardin du Milieu » en
1747. Le troisième niveau de jardins est installé en
surplomb des deux autres et marque certainement
la limite supérieure de la contre-escarpe du fossé
du donjon. Il est ouvert par une porte au nord-est
en face d’un pavillon de la maison du Gouverneur
et est appelé « jardin haut » (fig. 33 et 74). Enfin le
dernier jardin qui domine l’ensemble appartient à
la maison du Gouverneur : il est installé contre le
mur d'enceinte nord du château et s'étend jusqu'à
la tour du Maire (ou tour du Parterre). Au vu des
plans anciens, le mur de clôture sud de ce jardin
semble avoir été déplacé pour l'aménagement du
jardin haut.
Les aménagements au XVIII siècle ont été nom-
breux dans l’enceinte du château et ont porté plus
particulièrement sur les abords du donjon de façon
à occuper les espaces défensifs tombés en désué-
tude. Ainsi, le fossé périphérique est partiellement
comblé au nord pour servir de jardins aménagés en
terrasses, depuis la maison du Gouverneur jusqu'à
la tour nord du donjon. Ces installations n’appa-
raissent pas sur les plans de 1695, 1714 ou 1720
mais elles sont mentionnées sur les documents ico-
nographiques à partir de 1740 et jusqu'en 1770 au
moins. Par la suite, les jardins sont abandonnés et
Sl
recouverts de remblais pour niveler la plate-forme
plus régulièrement entre la fin du XVIII: siècle et
le premier tiers du XIX siècle. Cette campagne de
remblaiement est attestée dans les sources écrites :
alors que le donjon sert de prison dès le début du
XVIIT siècle, les éléments architecturaux de l'en-
ceinte castrale perdent leur caractère défensif et
ce, même s'ils sont réparés en 1718. Vers le milieu
du XVIII: siècle, les tours et les fossés de l'enceinte
urbaine sont comblés et délaissés, traduisant une
nouvelle orientation de la communauté urbaine
vers des infrastructures plus modernes et corres-
pondant aux besoins de l’époque (caserne, aque-
duc, percement de rues, etc.). Le cadastre de 1809
illustre le dernier état du parcellaire des jardins en
terrasse occupant l’angle nord-ouest du château :
les murs de clôture des jardins n’y sont pas men-
tionnés (fig. 29).
3.2.1.3. L'équipement municipal pour la
lutte contre le feu : le deuxième magasin des
pompes à incendie (1817-1824)
La troisième phase d'occupation reconnue dans
la zone nord est matérialisée par des vestiges de
plusieurs murs situés à l’angle nord-ouest de l’em-
prise : MR 1004, MR 1007 et MR 1006 (fig. 67).
Ils sont tous Les trois installés dans les remblais qui
servent à réaliser la plate-forme régulière du jar-
din ouest du donjon (US 1005, US 1039). Seul le
mur MR 1007 a été observé en coupe : il est fondé à
13,84 m NGF et a été arasé à 16,17 m NGF : sa hau-
teur totale n’est donc pas connue. Les deux autres
murs ont été observés en plan, leurs parements sud
ont été dégagés partiellement pour comprendre
l'articulation entre MR 1006 et MR 1007.
Le MR 1004 est situé à l'extrémité nord de Pem-
prise et a été observé sur une longueur de 12,30 m.
Orienté nord-ouest/sud-est, il est apparu directe-
ment sous les remblais de nivellement du jardin
aménagé au XX° siècle, à 16 m NGF ; sa maçon-
nerie se poursuit sous la cote d’arrêt des terrasse-
ments à 14,63 m NGF. Il est composé de moellons
de calcaire équarris en parement avec une fourrure
de petits blocs liés à l'argile orange de texture très
plastique (fig. 77a). Conservé sur au moins 1,50 m
de hauteur, il mesure 0,65 m d'épaisseur. La partie
orientale du MR 1004 n'a pas été dégagée pour des
raisons de circulation des engins dans un premier82
temps, puis de stockage des déblais dans un second
temps. Il se poursuit donc sur une distance non
déterminée vers le sud-est. Un aménagement en
arc de cercle est apparu en plan dans la partie ouest
du MR 1004 (fig. 77b) : il s’agit de cinq blocs de
calcaire équarris, disposés en quart de cercle légè-
rement brisé, liés avec une argile orange identique
à celle utilisée pour le MR 1004. Cet aménagement
ouvre vers le sud et constitue une interruption dans
le parement sud du mur qui n’est toutefois pas une
ouverture car l'arc de cercle maçonné ferme cet
espace du côté nord. Cette configuration rappelle
la structure d’une fontaine adossée, comprise dans
l'épaisseur d’un mur et généralement débordante,
qui a pour fonction de distribuer l’eau. Le mur
MR 1004 est parallèle au mur MR 1007 avec lequel
il fonctionne.
Le MR 1007 est situé à 5,45 m au sud du mur
MR 1004 et a été dégagé sur une longueur to-
tale de 11 m. Orienté nord-ouest/sud-est, il est
apparu à 16,17 m NGF dans les remblais du jar-
din du XX* siècle et sa fondation a été observée à
13,84 m NGF. Il est composé de moellons de cal-
caire équarris et de blocs de calcaire en fourrure,
liés à l’argile orange légèrement gravillonnaire
(fig. 78a et 78b). Le parement nord a été dégagé sur
une hauteur maximale de 1,50 m et révèle une mise
en œuvre de moellons équarris de différentes hau-
teurs d’assise : une alternance entre les assises de
moellons est corrigée par des blocs de calcaire plus
importants, disposés en carreau-boutisse formant
liaison pour rattraper les niveaux d’assises. Cette
stéréotomie révèle une construction réalisée soit
par plusieurs équipes avec remaillage au point de
jonction des deux chantiers, soit un aménagement
en escalier depuis les fondations jusqu’à la partie
sommitale du mur MR 1007. Il mesure 0,65 m
d'épaisseur et a été enduit par plusieurs couches de
lait de chaux, notamment sur son parement nord,
côté ouest. Des trous circulaires et quadrangulaires
sont visibles sur son parement nord sans que l’on
puisse définir leur fonction. En plan, côté est, le
mur MR 1007 est appuyé contre un massif maçon-
né, MR 1006, qui en forme son prolongement vers
le nord-est (fig. 78a). Ce dernier est nettement dif-
férent à la fois dans les matériaux mis en œuvre que
dans ses dimensions : il est composé de moellons
de calcaire liés à l'argile jaune de texture gravillon-
naire et mesure 1,18 m d'épaisseur. Il n’a pas été
3. Résultats archéologiques
possible de le dégager sur toute sa longueur en rai-
son de la rampe de circulation des engins, mais il
suit la même orientation que le mur MR 1007 et se
prolonge probablement au nord le long du donjon.
En ce sens, il matérialise la limite parcellaire visible
sur le cadastre de 1846 (fig. 30). Faute de données,
il est difficile d'affirmer que ce mur est installé
en même temps que MR 1007 car il pourrait être
antérieur et servir de support au mur MR 1007.
La différence des liants argileux laisse la question
ouverte. En revanche, le parement nord du mur
MR 1006 est identique à celui de MR 1007 et aucun
indice de remaillage n’est perceptible à ce stade de
la fouille (fig. 78b). Il est donc associé à la phase
de construction du MR 1007, même s’il est envisa-
geable qu’il appartienne à une phase intermédiaire
entre l'abandon des jardins et la construction du
mur MR 1007. Il est antérieur aux murs MR 1008
et MR 1009.
Cet ensemble de murs {MR 1004 - MR 1007 -
MR 1006) forme non pas un bâtiment mais un espace
ouvert, une cour délimitée au nord par MR 1004 et
au sud par les murs MR 1007 - MR 1006. En effet,
le cadastre de 1846 montre un bâtiment rectangu-
laire qui longe la rue de la Petite Boucherie à l'angle
nord-ouest du jardin du donjon (fig. 30). Ce bâti-
ment est désigné comme le magasin des pompes à
incendie dont on peut retracer l’histoire à travers
les archives municipales. En 1808, le corps muni-
cipal décide de faire construire un magasin pour y
entreposer les pompes et les ustensiles nécessaires
à la lutte contre le feu“. Deux devis sont conservés
dans lesquels on apprend que ce magasin à pompes
sera adossé au mur de l'enceinte castrale, près de
la porte d'entrée du château (fig. 29). Le plan des
installations montre une succession de trois pièces
aménagées entre deux tours de l’enceinte castrale,
au niveau de Fancien fossé nord qui est alors comblé
(fig. 79). La première, à l'est, sert pour Le stockage
des échelles, la seconde, au centre, pour entreposer
les pompes, les cordes et les seaux et la troisième,
à l'ouest, accueille les casiers. La tour ouest est uti-
lisée pour y placer les boyaux et on y pratique une
ouverture plus large vers le nord pour permettre la
84 Le détail de cette installation est apporté dans les pièces
justificatives présentées en annexe (PJ n° 1 et 2). La décision
date de 1808 et les devis sont conservés aux archives
départementales (AD79 2 O 1641).« Donjon », Niort (Deux-Sèvres). HADES, 2014
circulation vers la rue. Les matériaux de construc-
tion sont apportés de différentes carrières mäis les
moellons de la porte et du rempart du Pelet servent
au gros œuvre. Le long du mur d’enceinte, sont pla-
cés les échelles, les casiers et les tonneaux dans un
ballet ou appendice aménagé à cet effet. Les fonda-
tions sont creusées sur 0,97 m de profondeur et les
déblais doivent être régalés, étendus sur l'emprise
de la construction, pour en niveler le sol et limiter
le coût de l’évacuation des terres. Dans le second
devis, l'entrepreneur souligne « la difficulté d’at-
teindre le solide » pour justifier l'emploi de pierres
de taille en « rangs de fortes pièces ». Il précise que
le mur du château doit être arasé à la même hau-
teur que le mur du magasin de façon à y placer la
charpente et indique que les moellons « seront pris
à la porte Pelet et proviendront de la démolition
des anciens remparts »%, Ce magasin des pompes
à incendie est construit en 1808 et servira jusqu'en
1817, date à laquelle il est démoli.
Le 27 mai 1817, les terrains du château sont ven-
dus et la démolition des bâtiments qui y avaient pris
place est réalisée peu de temps après avec, parmi
eux, le magasin des pompes à incendie. Le conseil
municipal décide de faire construire un nouvel han-
gar pour y entreposer tout ce qui est nécessaire en
puisant dans les bénéfices de la vente des terrains.
Un devis estimatif est approuvé le 13 juin 1817 où
le détail de la nouvelle construction est précisé :
il s’agit d’un bâtiment de 20,50 m de long sur 6,17 m
de large hors-tout, dont chaque pignon sera amé-
nagé d’une porte couverte par un fronton. Le mur
gouttereau qui donne sur la rue Dauphine est percé
de cinq fenêtres. L'entrée est ouverte dans la même
rue et donne accès à une cour située sur les côtés est
et sud du magasin. Un devis approuvé par le conseil
municipal le 22 juin 1821 apporte une précision
concernant l'épaisseur des murs (0,65 m)%. Parallèle
85 Ilest probable que cette ouverture ait été aménagée dans
une ancienne archère de la tour, utilisant le vide dans la
maçonnerie pour y pratiquer un passage.
86 L'entrepreneur signale aussi que Le sable proviendra des
carrières situées dans les environs de Niort mais qu'il
pourra réutiliser le sable issu des murs des remparts. Cette
indication étonne car dans les maçonneries médiévales et
modernes observées lors de la fouille, les liants sont des
argiles très pauvres en sable et sans chaux.
87 AD792 0 1641, devis estimatif pour le second magasin (PJ n°3).
88 AD79 2 O 1641, devis estimatif de la dépense à faire
pour construire la façade de l’ancien magasin aux pompes,
83
à la rue Léon Blum (anciennement rue Dauphine),
le mur MR 1004 peut être interprété comme le mur
sud du second magasin des pompes à incendie. Le
mur nord a été partiellement découvert lors du dia-
gnostic archéologique réalisé par J.-P. Nibodeau en
septembre 2012 et se situe en limite de l'emprise”.
Une photographie ancienne montre l'angle de La
rue de la Petite Boucherie avec le quai de la Préfec-
ture où l’on peut voir l'extrémité ouest du maga-
sin des pompes (fig. 80). En 1818, la municipalité
« établit dans son magasin et pour son service ex-
clusif une pompe dans le puits », situé sous le mur
du magasin, qui sera ensuite déplacée en 1822 « en-
dehors », dans le jardin ouest de la Mairie. L’amé-
nagement situé dans le mur MR 1004 qui forme
une niche dans l’épaisseur du mur, ouverte au sud,
laisse supposer la présence d’une fontaine adossée
au magasin des pompes. Cette pompe est située à
l'extérieur, dans la cour qui est délimitée par le mur
MR 1007 au sud (fig. 30).
Par le décret du 7 août 1808, la Ville obtient tous les
terrains de l’ancien château, sauf le donjon qui sert
de maison d’arrêt et Le terrain attenant à l’ouest qui
sert de préau, dont la propriété revient au Dépar-
tement. La clôture du préau est réalisée en 1830,
vraisemblablement sans aucune ouverture don-
nant dans la cour du magasin aux pompes (fig. 34
et 81). Vers 1836 ou 1837, une porte est aménagée
par le Département pour permettre au concierge
de la maison d’arrêt de puiser l’eau de la pompe
dans la cour du magasin. Cette porte devait ouvrir
entre le préau et la cour du magasin. La Mairie
décide de déplacer la pompe « du côté opposé au
magasin sur la voie publique », donc dans la rue
de la Petite Boucherie, en octobre 1846. Cet évè-
nement va engendrer un conflit entre les deux ins-
titutions puisque l’accès à l’eau n’est plus possible
par le passage aménagé, le statut de voie publique
de ce passage est âprement discuté, jusqu’à la pro-
priété du terrain. Le Département bloque le pro-
jet de construction d’un pavillon pour le logement
d’un employé municipal préposé à la pesée des bes-
tiaux à la fin de l’année 1846, s’appuyant sur cette
question de propriété du terrain et le statut de voie
publique qu’il a gagné à l'usage que les habitants
en faisaient pour aller puiser l’eau à la fontaine du
présenté au budget supplétif de 1824 (PJ n° 4).
89 Nibodeau 2012, p. 37-38.magasin des pompes avant son déplacement. Le
Conseil municipal insiste pour que la construction
ait lieu rapidement de façon à organiser le prélè-
vement de l'octroi sur le pesage des bestiaux avant
qu'ils soient menés à l’abattoir : dans l’extrait de la
séance extraordinaire du 7 décembre 1846, le pavil-
lon est décrit comme un bâtiment divisé en trois
pièces qui ont toutes une sortie côté ouest, donnant
sur le quai de la Préfecture, et une autre du côté
est, sur le terrain qui fait l’objet de la contestation”.
Les animaux doivent entrer par un passage situé au
sud du pavillon, où la bascule sera contrôlée par
l'employé, et sortir par le passage au nord, ouvrant
sur la rue de la Petite Boucherie. Le Maire propose
que le passage, étant ouvert au moins durant tout le
jour pour la bonne circulation des animaux, reste
accessible et libre pour le concierge de la maison
d'arrêt « à titre de continuation de tolérance ».
L'accès nord donnant rue de la Petite Bouche-
rie reste donc ouvert ce qui laisse la possibilité au
concierge de la maison d'arrêt d'entrer par ce pas-
sage et d’aller puiser à la fontaine située de l’autre
côté du magasin.
Le passage dont il est question côté quai de la
Préfecture est situé entre les murs MR 1004 et
MR 1007, la porte entre le jardin du château et
le magasin des pompes n’a pas été retrouvée lors
de la fouille. Elle devait être située dans les murs
MR 1006 et/ou MR 1007. L'équipement muni-
cipal en matière d'infrastructure et d'outils pour
la lutte contre le feu dévoile une modernisation
des moyens, mise en œuvre depuis le milieu du
XVIII siècle à Niort. La proximité des abattoirs et
la création de la Petite Boucherie poussent la ville
dans une gestion sanitaire qui a des conséquences
sur le réseau des fontaines publiques et sur l’usage
des riverains de l’espace public, notamment en
matière de circulation. Le magasin des pompes est
relativement bien documenté par les documents
iconographiques puisqu'il est situé devant le don-
jon qui attire les regards. Une gravure du début du
XIX* siècle le montre depuis le sud-ouest, ce qui est
extrêmement rare d'autant plus que le mur du quai
de la Préfecture n’est pas encore construit (fig. 82).
90 AD79 2 O 1641, séance extraordinaire du 7 décembre
1846, extrait du registre des délibérations du Conseil
municipal (PJ n°5).
3. Résultats archéologiques
Le magasin est édifié en 1817 mais le cadastre de
1809 montre des parcelles non construites tout au-
tour du donjon et le front ouest de l’enceinte dans
un état de ruine déjà avancé. Ces deux documents
se complètent assez bien et donnent une idée plau-
sible des abords du donjon avant que le quai de la
Préfecture soit créé. La gravure montre le mur pi-
gnon nord-ouest du magasin aux pompes, recon-
naissable avec sa grande porte et son fronton. Par
contre, l’auteur n’a pas voulu ou pas pu représen-
ter le beffroi qui sert pour sonner l'alarme en cas
d'incendie dans la ville. Une photographie datée
autour de 1908 dévoile la partie haute du magasin
des pompes (fig. 83) : prise depuis la terrasse ouest
des halles vers le sud-est, on y voit le pignon ouest
du magasin aux pompes, le versant nord du toit en
tuiles et le beffroi. En arrière-plan, un bâtiment se
distingue avec une fenêtre, qui pourrait être la Pe-
tite Boucherie installée à l’angle de la rue du même
nom et de la rue de la Préfecture (aujourd’hui rue
Du Guesclin). Les bâtiments construits sur le flanc
est du donjon sont construits en 1820 puis ils sont
remplacés en 1920 par des immeubles construits par
Firmin Antony Tapon, entrepreneur qui obtient le
marché : le logement des inspecteurs de police et du
gardien des pompes en fait partie des bâtiments dé-
molis. Une photographie prise autour de 1920 laisse
voir le pignon ouest du magasin aux pompes dégagé
des constructions attenantes (fig. 84) et un mur en
arrière-plan qui s'étend du contrefort d'angle du
donjon vers le quai de la Préfecture : il est possible
que ce mur soit l'extrémité du MR 1006.
3.2.1.4. La création d’un jardin terrasse au
pied du donjon, fin XIX°-XX* siècles
La quatrième et dernière phase d'occupation re-
connue dans la zone nord de la fouille correspond
à l'aménagement du jardin avec le mur-terrasse qui
s'élevait sur le quai de la Préfecture. Cet aménage-
ment est réalisé en deux étapes successives dont
témoignent plusieurs maçonneries (MR 1009,
MR 1010, MR 1008, MR 1014 et MR 1011). Le mur-
terrasse MR 1011, qui soutient les remblais sur les-
quels est installé le jardin public, est l'élément ar-
chitectural prépondérant que l’on retrouve sur tout
le pourtour du jardin (ouest et nord, fig. 67a). Or,
il a été édifié en deux fois, laissant ainsi un espace
au nord occupé par le magasin aux pompes et par
une nouvelle construction qui lui est accolée.« Donjon », Niort (Deux-Sèvres). HADEÈS, 2014
Le mur MR 1009 est apparu directement sous
les remblais du jardin terrasse à une altitude de
16 m NGF sur une hauteur maximale de 1,20 m
côté est (fig. 85). Orienté nord-est/sud-ouest, il
est à l’origine de plan quadrangulaire sur 2,60 m
d'épaisseur mais a été rogné dans sa partie sud lors
de la construction du mur-terrasse MR 1011 (fig.
86). Côté nord-est, il s'appuie contre le parement
sud du MR 1007 et sert d'appui au mur MR 1008
situé contre son angle nord-est. Le MR 1009 est
construit en moellons de calcaire bruts formant
un appareil moyen de 15 cm d’assise sur 30 cm
de longueur en parement. Le liant est une argile
jaune gravillonnaire et les joints sont plutôt gras
et débordants. Coté est, sa fondation a été obser-
vée à 14,65 m NGE avec un ressaut de maçonnerie
sur plus d’un mètre de profondeur : le MR 1009
repose sur le sol SL 1016 et a été installé dans les
remblais de nivellement US 1290 (fig. 70). Il n’est
pas chaîné avec le MR 1008 mais tous deux pos-
sèdent les mêmes caractéristiques architecturales
qui permettent de les associer. Le côté sud-est du
MR 1009 subit un rétrécissement qui ne semble pas
lié à une démolition et se poursuit jusqu’à retrou-
ver une épaisseur de 1,75 m. Le parement sud du
MR 1010 correspond en réalité à l'extrémité sud
du MR 1009 : la distinction a été faite lors de la
fouille car il n’était pas apparu que ces deux murs
n’en formaient qu’un lors du décapage. C’est seu-
lement lors de la fouille des couches de remblais
(US 1012, US 1018 et US 1017) qu'il a été certain
que MR 1009 et MR 1010 étaient égaux.
Le mur MR 1014 est apparu à une altitude de
14,63 m NGEF dans le parement sud-ouest du
MR 1010 (fig. 87) : il mesure 1 m de large et a été
observé sur une longueur de 29 m, suivant une
orientation nord-est/sud-ouest. Il est directement
posé sur Le sol SL 1016, comme les fondations de
MR 19009, et recouvert par les remblais de nivelle-
ment du jardin terrasse. Sa hauteur n’a pas pu être
estimée faute d’élévations suffisamment conser-
vées. En revanche, le MR 1014 sert de clôture à
l'espace du jardin du château jusqu'au mur MR
1046 avec lequel il est chaîné à son extrémité sud-
ouest. Ils sont composés de blocs de calcaire équar-
ris avec un blocage de moellons plus ou moins liés
à l'argile brun moyen. Compte-tenu de l'emploi
des matériaux qui diffère des autres murs, il est dif-
ficile d'affirmer que la mise en place du MR 1014
85
est strictement contemporaine de MR 1009-1010.
En tout cas, ils fonctionnent ensemble lorsqu'une
nouvelle construction est établie au sud du maga-
sin aux pompes. Le mur MR 1046 est orienté nord-
ouest/sud-est et ferme au sud-ouest l’espace cen-
tral situé au pied du donjon : cette configuration
rappelle le mur de clôture du préau mentionné sur
les plans de 1820 (fig. 34). Ces deux murs sont
installés au milieu du XIX* siècle et délimitent le
préau de la maison d’arrêt avant l’installation de
la nouvelle construction. L'extrémité nord-est du
MR 1014 serait donc insérée dans le massif maçon-
né MR 1009-1010 dans un second temps, pérenni-
sant ainsi la limite parcellaire jusqu’à la construc-
tion du mur-terrasse MR 1011.
Cette nouvelle construction entraîne des modi-
fications au niveau des maçonneries MR 1009-
1010. Les remblais US 1012, US 1017 et US 1018
occupent un espace délimité au nord et à l’est par
le MR 1009, au sud par le MR 1010 et à l’ouest par
le MR 1011. L'US 1012 est composée d’une couche
d’argile limoneuse hétérogène avec des blocs et des
inclusions multiples (tuile, céramique, verre, objets
métalliques non identifiés, os, coquilles d’huître,
etc.) dévoilant un rejet d'époque contemporaine
particulièrement récent. Cette couche a été fouillée
sur 4,50 m de longueur et s'appuie sur l'US 1017
qui est composée de blocs de calcaire disposés le
long du parement est du MR 1011. Elle est aména-
gée en talus avec une base large qui diminue vers le
haut et contre lequel ont été apportés deux couches
de remblais (fig. 88a et 88b). L’US 1018 est la pre-
mière couche qui remplit l'espace entre le MR 1010
et le MR 1011 : elle est composée de blocs de calcaire
et d’argile jaunâtre avec des inclusions de mobilier
récent, identique à celui qui a été mis au jour dans
PUS 1012. Elle repose directement sur une arase
de pierres de taille en calcaire, liées à l'argile jaune,
qui appartient au MR 1009. Cette limite de pierres
de taille est rectiligne, dans l’axe du retour formé
par le MR 1010 côté ouest : elle matérialise l’arase
du parement nord-ouest du mur MR 1009 qui est
une façade sur rue, partiellement démolie pour la
construction du MR 1011. L’angle sud-ouest du
bâtiment formé par les murs MR 1009, MR 1010 et
MR 1008 semble englober le mur MR 1014 dont la
partie sud est recouverte par le MR 1011 qui prend
appui sur cette limite parcellaire.86
Les photographies anciennes apportent un éclai-
rage intéressant sur l’évolution de ces aménage-
ments qui, au regard des sources, prennent place
entre le dernier tiers du XIX* siècle et le début du
XX siècle. Le 02 avril 1878, un avis d’adjudication
est rendu public pour les « travaux ayant pour
objet la reconstruction du mur retenant les terres
du jardin du donjon, quai de la Préfecture ». Les
plans contenus dans le dossier conservé aux ar-
chives municipales montrent les élévations, coupe
et plan du mur-terrasse tel qu’il est envisagé de le
réaliser depuis 1873. Il est composé de six pans de
mur chaînés avec des harpages verticaux, soulignés
en partie haute par des piliers de petite dimension
qui servent d'ancrage à une rambarde (fig. 89).
Il s'étend depuis le jardin de la Préfecture au sud-
ouest jusqu'au mur MR 1014 auquel il est raccordé.
En coupe, le mur-terrasse MR 1011 mesure envi-
ron 4 m de hauteur depuis le niveau de la chaussée.
Il est fondé sur une maçonnerie de blocs de calcaire
de gros appareil de 1,30 m de hauteur sur 2,50 m
de large. Côté intérieur, il est construit avec trois
degrés qui permettent de contrebuter les rermblais
du jardin du donjon. Lors de la fouille, le mur-ter-
rasse a été dégagé sur toute sa hauteur dans la zone
sud : il diffère des plans de principe de 1873 car,
côté intérieur, sa maçonnerie ne possède pas de de-
grés et les dimensions sont beaucoup plus impor-
tantes que celles prévues initialement. Sa fondation
mesure au moins 1,50 m de large au niveau de la
chaussée et a été construite sur 2,30 m de profon-
deur (fig. 90). Elle est fondée sur des remblais argi-
lo-limoneux de texture organique à une altitude
de 11,30 m NGF. En partie haute, la tranchée de
fondation du mur-terrasse a coupé l’arase du mur
de courtine sud (MR 1038) et coupe également la
tranchée de fondation du mur MR 1014 au nord.
Plusieurs photographies du début du XX° siècle
montrent l'élévation du mur-terrasse donnant sur
le quai de la Préfecture : on y remarque qu'il a été
construit avec des pierres de taille en granite en
moyen appareil formant les pans de mur liaisonnés
par des harpages aux dimensions plus importantes
(fig. 91a). Le liant est une argile jaune gravillon-
naire mais les joints sont enduits d’un ciment gris
et tirés au fer. Le mur-terrasse MR 1011 rejoint une
maçonnerie différente à son extrémité nord-ouest,
composée de moellons de calcaire de petit à moyen
appareil, formant un pan de mur à l’appareillage
quelque peu irrégulier : il s’agit du MR 1014. Un
3. Résultats archéologiques
jour est visible en partie basse de cette maçonne-
rie qui devait servir d'évacuation pour les eaux de
ruissellement du jardin. De plus, elle est raccor-
dée avec l’angle sud-ouest d’une maison d’habita-
tion dont on peut voir la façade sur rue avec des
ouvertures donnant sur le quai de la Préfecture
(fig. 91b). Cette façade est composée de pierres de
taille calcaires sur deux niveaux et se trouve accolée
au mur sud du magasin aux pompes (fig. 91c). Une
porte est ouverte à la jonction entre le mur-terrasse
MR 1011 et la maçonnerie MR 1014 pour servir
de passage entre le jardin et le quai. Ainsi, il est
possible d'interpréter les maçonneries MR 1009,
MR 1010 et MR 1008 comme les vestiges de la mai-
son construite entre le dernier tiers du XIX° siècle
et le début du XX: siècle. À ce moment-là, le mur-
terrasse est construit jusqu’au tronçon du mur de
clôture MR 1014 situé au nord-est de la parcelle
et ne fait pas encore Le tour complet du jardin.
Il sera complété par la suite, après la démolition de
la maison et du magasin aux pompes à partir de
1920 (fig. 914).
Cette quatrième occupation connaît donc deux états
qui se succèdent rapidement avec, en premier lieu,
la construction du mur-terrasse MR 1011 raccordé
au MR 1014 et à la maison construite Le long du ma-
gasin aux pompes. Cet état peut être daté des années
1880-1920 d’après les sources écrites, les photo-
graphies anciennes et les données archéologiques.
Le second état est rapidement mis en œuvre après
la destruction des bâtiments qui occupent l’angle
nord-ouest de la parcelle et le mur-terrasse MR 1011
est prolongé dans la rue Léon Blum jusqu’à la rue
Du Guesclin. Cette construction a pour objectif de
compléter l'aménagement du jardin du donjon dans
le deuxième tiers du XX° siècle (fig. 91e). :
En guise de conclusion, la zone nord de la fouille a
révélé de nombreux vestiges de l'époque contem-
poraine qui permettent d'apporter un éclai-
rage sur l’évolution du paysage urbain depuis le
XVII siècle. L'élément archéologique le plus in-
téressant demeure le tronçon de la courtine nord,
mise au jour sous des maçonneries et des rem-
blais massifs d'époque contemporaine qui en ont
contraint l'exploration. Toutefois, la courtine nord
de l'enceinte basse du donjon semble encore bien
conservée et offre un potentiel archéologique ma-
jeur au regard de son articulation avec le donjon.« Donjon », Niort (Deux-Sèvres). HADES, 2014
Même si la datation de ce mur reste indéterminée,
il est certain qu’il a été mis en place pour fermer
la cour basse du donjon et en contrôler l'accès par
le nord, depuis la cour haute du château. Sur les
plans anciens, le passage nord est encadré par deux
ouvertures de tir rappelant des archères que l’on
est tenté d’associer à celles qui sont percées dans
le mur de courtine sud. Dans ce sens, et faute de
données archéologiques, nous avançons l’hypo-
thèse que les murs de courtine nord et sud sont
construits à la même époque (XIII®-XIV® siècles).
Par la suite, le fossé du donjon est comblé progres-
sivement et des jardins en terrasse sont aménagés
entre la maison du Gouverneur et la cour du don-
jon qui sert toujours au stockage des matériels pour
l'artillerie. Ces jardins sont étagés et leurs accès
(chemin, escalier) sont construits par rapport au
niveau de circulation de la haute cour du château.
La division des terrains date de 1791, lorsque la
ville établit son siège dans le château et que le don-
jon est attribué au département qui y administre
la maison d’arrêt jusqu’en 1853. Le préau est alors
fermé sur ses trois côtés et le magasin aux pompes
occupe l’angle nord-ouest de la parcelle. Après le
transfert de la prison, l’espace du préau devient un
jardin public dont le mur de soutènement donnant
sur le quai de la Préfecture est reconstruit à partir
de 1878. Il est complété à l'angle nord-ouest et le
long de la rue Léon Blum à partir de 1920, après la
démolition du magasin aux pompes et de la mai-
son située contre son mur sud. Il ne nous a pas été
possible d'approfondir certaines questions, notam-
ment celles qui ont trait à la courtine nord, pour les
raisons expliquées plus haut. C’est pourquoi nous
signalons l'importance de traiter cette zone en tant
que réserve archéologique qui pourra révéler des
éléments majeurs lorsque de nouvelles fouilles se-
ront envisagées.
3.1.3. LE SONDAGE AU PIED DU
DONJON (ZONE C)
Le sondage implanté au pied du donjon a été réa-
lisé dans le but de déterminer la stratigraphie sous
le niveau d'installation des latrines (MR 1030/
LAT-02) de l’époque contemporaine. Le son-
dage 1227 a été ouvert au droit du mur MR 1030
vers le nord-ouest sur 18,50 m de longueur et une
largeur de 11,50 m : son exploration a été réali-
sée sur une profondeur de 4,60 m (fig. 92 et 93).
87
Cette profondeur a permis d'atteindre la cote des
11,65 m NGF, sans pour autant dégager le substrat
rocheux : ce dernier a été à peine dégagé au fond
du sondage à partir de 12,07 m NGF sur environ
0,64 m de hauteur. À cette profondeur, le subs-
trat est composé d’un calcaire massif qui se délite
par bancs métriques, orientés nord-sud, et plonge
sous le niveau d’arrêt de fouille. Compte-tenu des
contraintes techniques, le sondage 1227 a été l'oc-
casion de repérer les niveaux d'occupation succes-
sifs à l'angle du donjon sud avec la courtine ouest,
sans pour autant atteindre les premiers niveaux
d'occupation. L'identification précise des niveaux
archéologiques reste assujettie à l'exercice du son-
dage qui parfois n’offre pas de visibilité suffisante
pour permettre une interprétation fiable. Toute-
fois, les coupes nord-est et sud-ouest du sondage
1227 renseignent sur une succession de quatre
phases d'occupation qui couvrent une chronologie
allant des X°-XIT° siècles aux XVIII-XIX" siècles.
3.1.3.1. Des traces d'occupation des X°-
XII siècles
Le sondage 1227 a été arrêté à 11,65 m NGF pour
des raisons de sécurité liées au terrassement : les
remblais supérieurs étant extrêmement graveleux
et rocäilleux, les effondrements étaient fréquents,
ce qui a entraîné une ouverture large pour le mettre
en sécurité et l'aménagement d’une rampe pour
accéder au sondage depuis le nord-ouest. La cote
d’arrêt de fouille a coïncidé avec la mise au jour
du substrat rocheux dont l'extrémité nord plonge
sous un comblement anthropique qui recouvre
le calcaire et suit un pendage d’est en ouest très
marqué. LUS 1258 est une couche d’argile brune
dont la texture est rendue assez plastique par les
remontées capillaires de la nappe phréatique (fig.
94). Des inclusions de charbons de bois et d’argile
rubéfiée sont diffuses avec quelques petits blocs de
calcaire issus du rocher naturel. De rares tessons
de céramique ont été prélevés, datant des X°-XII°
siècles. L’'US 1258 est apparue au contact du cal-
caire et se poursuit sous l'arrêt de fouille. Sa par-
tie sommitale affecte une pente d’est en ouest qui
suit le profil du substrat : dans la coupe sud-est, elle
repose directement sur le rocher, le recouvrant sur
0,50 m d'épaisseur. Elle a été aplanie pour l’instal-
lation de PUS 1239. Il est impossible de dire si l'US
1258 est la première couche qui recouvre le subs-88
trat puisque ce dernier n’a pas été dégagé en plan et
que l'US 1258 continue sur une profondeur indé-
terminée. En revanche, son pendage et sa compo-
sition autorisent à y voir une couche de rejet ou
une couche de remblai qui s’appuie contre la paroi
calcaire du substrat. LUS 1258 pourrait matéria-
liser un comblement du front rocheux ouest, ‘soit
par apport de remblais, soit par rejets diffus liés
à une occupation située au sommet du promon-
toire. Dans les deux cas, hypothèse qui peut être
avancée porte sur l'existence d’un front calcaire
formant une escarpe sur le côté ouest du promon-
toire. Son comblement témoignerait d’un abandon
de l'utilisation du front rocheux ouest et de l’uti-
lisation de la pente comme exutoire. L'exigüité
du sondage 1227 n’a pas permis une exploration
plus approfondie de cette couche et du substrat.
Le mobilier céramique est rare mais les quelques
fragments mis au jour évoquent une datation des
X'-XIT siècles”.
3.1.3.2. Un niveau de circulation dans la cour
basse aux XITII-XTVE siècles
La seconde occupation est caractérisée par un ni-
veau de sol (SL 1239) installé sur deux couches de
remblais, US 1263 et US 1262. L’US 1263 est di-
rectement au contact de l’US 1258 et suit le même
pendage d'est en ouest. Composée d’une matrice
argileuse gravillonnaire de couleur jaune orangé,
l'US 1263 a été observée sur une longueur de 2 met
montre une épaisseur de 0,65 m côté ouest contre
0,30 m côté est. Elle est recouverte par l'US 1262,
composée d’une argile grise avec de fréquents
graviers, assez compacte, qui suit un pendage du
nord-est vers le sud-ouest. Ces deux couches sont
nivelées en même temps que l'US 1258 et servent
de niveau d'installation pour un niveau de circu-
lation (SL 1239). Le mobilier céramique est absent
de ces remblais sur la courte section qu’il nous a
été possible d'observer. Par contre, un lot de six
monnaies (esterlins) a été mis au jour”? : prove-
nant d’ateliers anglais, elles sont issues de frappes
royales anglaises et non baronniales dont les plus
récentes sont produites entre 1310 et 1314, sous
91 L'étude du mobilier céramique est présentée au
chapitre 5.1.
92 L'étude numismatique a été menée par Francis Dieulafait
et est présentée dans le détail au chapitre 5.2.
3. Résultats archéologiques
le règne d’Édouard IL. Les autres monnaies sont
attribuables au règne d'Édouard I* (1272-1307).
Elles constituent un pécule modeste mais dont
l’homogénéité du lot permet d’affirmer avec certi-
tude une datation de la fin du XIII au début du
XIV® siècle. De même, un outil en fer a été décou-
vert dans l’US 1263, formant une tige munie d’une
douille assez longue” : cet outil peut être interprété
comme un peloir, un racloir ou comme une gouge
en fonction de la partie active que l’on veut y voir,
ce que l’état de conservation de l'outil ne permet
pas de déterminer avec certitude. Par contre, sa
datation reste centrée sur les XIIIS-XIV* siècles, ce
qui concorde avec la chronologie des monnaies.
Le sol SL 1239 est composé d’un galetas de caillou-
tis et de cailloux de calcaire blanc compacté pris
dans une matrice limono-argileuse gris beige très
pulvérulente (fig. 94 et 95). Il scelle les remblais
US 1258, US 1262 et US 1263 et suit un léger pen-
dage d'est en ouest qui est compensé par le nivel-
lement des couches antérieures. Il forme un plan
régulier à 12,30 m NGF et disparaît côté est sous
des remblais massifs qui supportent des maçonne-
ries postérieures (MR 1225-US 1226, phase 3). Son
épaisseur est variable du nord au sud, de 6 cm à
18 cm et il se poursuit à la même altitude vers le
nord-ouest. Par la suite, il est partiellement entail-
lé au sud et recouvert par l'US 1257 qui marque
l'abandon de ce niveau de circulation.
La phase d'installation du sol SL 1239 entraîne le
nivellement et l’aplanissement des remblais qui
recouvrent l’escarpe ouest du promontoire ro-
cheux à environ 12,20 m NGF. D’après le mobi-
lier archéologique, ce nivellement aurait lieu entre
le XIIT° siècle et le début du XIV siècle, époque à
laquelle le donjon avec ses deux tours et sa cour
centrale est déjà construit. Ces aménagements
du front ouest ne peuvent donc pas être contem-
porains de la construction du donjon, datée de la
fin du XII° siècle. Au début du XIII siècle, la cour
centrale est aménagée pour abriter un corps de
logis qui continue à remplir un rôle défensif grâce
au chemin de ronde crénelé à son sommet. Vers
le milieu du XIII siècle, de vastes travaux sont
engagés pour créer un espace résidentiel dans le
93 L'étude du mobilier métallique a été réalisée par Alexis
Corrochano du laboratoire Landarc (voir chapitre 5.3).« Donjon », Niort (Deux-Sèvres). HADES, 2014
château (aula qu’il n’est pas possible de localiser
aujourd’hui), pour installer le fossé périphérique
du donjon, construire la fausse-braie (dont on ne
connaît finalement pas le tracé d'origine) et amé-
nager la cour basse. Si le fossé est creusé à cette
époque, c’est dans le but d’isoler le donjon du reste
de la cour haute du château sur ses flancs nord, est
et sud. Il s’agit aussi d'augmenter les défenses du
côté ville, probablement en lien avec les troubles
initiés par les barons poitevins entre 1219 et 1233.
On peut se demander si à cette époque le flanc
ouest n’était pas déjà aménagé par l'escarpement
abrupt du rocher naturel, ce qui aurait finalement
guidé le creusement du fossé sur les trois autres
côtés, le point le plus bas à l’ouest servant de réfé-
rence pour la profondeur du fossé. Le plan dressé
en 1695 évoque assez bien les amorces du creuse-
ment du fossé qui sont de plus en plus marquées
dans le paysage depuis l’ouest vers l’est (fig. 43a).
De même, on peut s'interroger sur la nature des
travaux qui portent sur la cour basse à partir du
milieu du XIIT° siècle et sur l'articulation entre cet
espace et Le fossé du donjon. La cour basse a pu être
occupée dès les X°-XII° siècles, comme nous le ver-
rons plus loin, ce qui implique que les travaux du
milieu du XIII° siècle ont nécessairement apporté
des modifications dans l’organisation spatiale de
cet espace. Lors de ces travaux, et puisqu'une en-
trée est encore en usage sur le côté ouest du donjon,
il apparaît vraisemblable qu’un niveau de circu-
lation entre le donjon et la cour soit proprement
ragréé et construit au moment des travaux qui y
sont entrepris, comme le montre le sol SL 1239.
En revanche, la chronologie relative des niveaux
archéologiques évoque une datation légèrement
plus tardive que celle des sources écrites, incluant
le début du XIV= siècle, ce qui peut indiquer une
phase récente dans les nombreux travaux engagés
aux abords du donjon.
3.1.3.3. La construction du mur d’escarpe au
pied du donjon, XIV®-XV* siècles
La troisième phase d'occupation est marquée par
un aménagement maçonné le long de l’escarpe-
ment rocheux au pied du donjon. Le sol SL 1239
est remblayé par l'apport d’une couche de démo-
lition, composée de blocs et de cailloux de cal-
caire pris dans une argile jaune orangé (US 1257).
Cette couche recouvre le sol SL 1239, les éléments
89
lourds sont tombés au contact direct avec ce der-
nier (fig. 94). Elle a été observée sur 2,15 m de long
dans le sens est-ouest et 3 m dans le sens nord-sud,
sur une épaisseur maximale de 0,69 m. L'US 1257
ne montre pas de pendage particulier, suivant plus
ou moins le niveau du sol SL 1239. Elle est apparue
à 13,31 m NGF et n’a pas livré de mobilier archéo-
logique. Elle est contemporaine de l’US 1222 qui
est composée des mêmes éléments sédimentaires
mais sans cailloux calcaires. Elle a été observée sur
1,87 m de long et 0,50 m d'épaisseur, suivant un
pendage du nord vers le sud. Ces deux US servent
à rehausser le niveau de la cour au pied du donjon
et scellent l’abandon du sol SL 1239. En revanche,
elles sont utilisées pour asseoir les fondations du
mur d’escarpe construit contre l’escarpement na-
turel du rocher dans la cour basse.
En effet, un mur orienté nord-est/sud-ouest
(MR 1225) a été découvert, composé de plusieurs
éléments : cinq assises de pierres de taille et de blocs
calcaires (US 1226) ont été mises au jour, formant
un ressaut de fondation directement posé sur les
US 1222 et US 1257 (fig. 94). Elles sont disposées
en débord de la maçonnerie MR 1225 qui forme
l'élévation du mur, avec un premier ressaut de 10
cm et un second de 12 cm. LUS 1226 est construite
avec des assises comprises entre 18 et 22 cm dehau-
teur, liées à l'argile jaune dont les joints sont gras et
croisés. Côté sud, l’assise supérieure des fondations
est installée en glacis au lieu de suivre le ressaut ob-
servé au nord : cette modification illustre un petit
changement d'orientation en cours de construc-
tion, pendant laquelle le tracé du mur est redressé
vers le nord de quelques degrés, peut-être pour
mieux épouser l’escarpement naturel. Les fonda-
tions supportent l'élévation MR 1225, dont quatre
assises ont été dégagées sur 4,80 m de longueur.
Il est composé de pierres de taille calcaires soi-
gneusement assisées avec des joints fins et croisés,
alternant des assises de 20-24 cm avec des assises
de 30-32 cm de hauteur. Le MR 1225 présente un
appareil soigné avec des traces de taillant droit par
endroits. Le liant utilisé est une argile jaune légè-
rement orange, particulièrement bien classée dont
la caractéristique plastique est évidente. Le blocage
du mur comble un espace situé entre le parement
ouest et l’escarpement du rocher : il est composé de
blocs de calcaire bruts, issus du naturel, noyés dans
le même liant argileux (US 1216). Le mur MR 122690
a été observé sur une hauteur conservée totale de
2,71 m dans le sondage 1227 : il a été arasé en par-
tie haute à une altitude de 14,60 m NGF et recou-
vert de plusieurs couches de remblai. En revanche,
il a été possible d’observer qu'il se poursuit vers
le sud-ouest, le long du rocher, où son arase a été
découverte sur 6,45 m de long, jusqu’au contrefort
hémicirculaire central de la tour sud (T6, MR 1082,
fig. 96a). |
Le mur MR 1082 est une maçonnerie située en
débord du contrefort T6 qui chemise le substrat
rocheux à l'identique du MR 1225. Il est apparu
directement après l'enlèvement du talus végétalisé
et est parfaitement conservé sur au moins 2 m de
hauteur et 3,16 m de circonférence. Son parement
courbe est construit en pierres de taille calcaires
soigneusement assisées selon un appareil à joints
croisés. Les joints sont particulièrement fins, à
l’image de ceux du MR 1225, et mesurent moins
de 1 cm d'épaisseur pour les joints de lit contre
0,5 cm pour les joints montants (fig. 96c). Aucun
calage n’est mis en œuvre en parement, accentuant
la régularité des assises. Ces dernières mesurent
entre 0,25 met 0,385 m de hauteur du haut vers le
bas. Deux liants sont utilisés ; une argile de couleur
brune est utilisée pour le blocage entre les blocs de
parement et le substrat et sert aussi pour les assises
du parement. Ce dernier est agrémenté d’un mor-
tier de chaux qui est appliqué sur les joints pour
étanchéifier la maçonnerie et la rendre plus solide
au phénomène d’érosion naturelle (pluie et vent).
Une dernière particularité mérite d’être soulevée :
le mur MR 1082 est inséré dans le substrat qui a
nécessairement été entaillé pour permettre une
construction encastrée dans le rocher, destinée à
chemiser ce dernier au pied des fondations du don-
jon (fig. 96a et 96b). Des traces de griffe ont été
observées sur les parements, signe du soin apporté
à l’aspect régulier des parements.
Au droit du mur MR 1225, une lentille de
construction a été observée dans la coupe sud-
ouest (US 1230), située à l'interface entre les fonda-
tions et le parement. Elle est composée de cailloux
de calcaire pris dans une matrice argileuse jaune
orangé qui correspond aux matériaux de construc-
tion du MR 1225. L’US 1230 est recouverte d’un
niveau de calcaire concassé et compacté avec de
nombreux cailloux pris dans une matrice limo-
3. Résultats archéologiques
no-argileuse brun clair (SL 1240). Cette couche
homogène suit un plan régulier sur 3,80 m de long
pour une épaisseur de 6,25 m en moyenne et est
appuyée contre les premières assises du MR 1225
(entre 13,58 m NGF et 13,89 m NGF). Elle se pour-
suit vers le nord-ouest mais n’a pas été dégagée :
ses caractéristiques la désignent comme un niveau
de circulation aménagé dans la cour, contempo-
rain de la construction du MR 1225 (fig. 97). Son
extension vers le sud-ouest et le MR 1082 n'a pas
été observée.
Les murs MR 1225 et MR 1082 sont composés des
mêmes éléments architecturaux et ont une mise
en œuvre identique, ce qui permet de les associer
à la même campagne de travaux de construction
réalisés le long de l’escarpement naturel du pro-
montoire. Aucune trace lapidaire n’a été obser-
vée sur les parements pas plus que des traces de
taillant contrairement aux pierres de taille utili-
sées pour la construction du donjon. Enfin, les
joints du donjon et de ces murs sont nettement
différenciés. Ces remarques poussent à dissocier
l'aménagement de l’escarpe de la construction
du donjon, au moins pour les structures mises au
jour lors de la fouille. De plus, le mobilier archéo-
logique permet de mieux saisir la chronologie de
cette occupation avec des éléments céramiques
qui ne sont pas antérieurs au XIV® siècle, décou-
verts dans les remblais supportant la fondation du
MR 1225 (US 1222). En revanche, les couches qui
scellent l’arase du mur d’escarpe après sa démoli-
tion partielle ont révélé un mobilier céramique des
XVE-XVT: siècles (US 1175, US 1215, US 1241 et
US 1242) : la construction du chemisage de l'escar-
pement rocheux aurait donc pris place au XIV®
siècle jusqu’à La fin du XV* siècle, voire au début
du XVI siècle. Or, les sources écrites de cette pé-
riode nous éclairent sur un nombre considérable
de travaux entrepris aussi bien dans la ville qu’au
sein du château : ils portent tout autant sur des
réparations et des travaux d'entretien que sur la
création du nouveau port sur la rive droite de la
Sèvre, sur les reprises des défenses du donjon ou
encore sur les trois entrées principales du château :
dont une ouvre sur le port de Niort. La guerre de
Cent Ans est certainement une période troublée
ayant des incidences sur les mises en défense de
l'enceinte urbaine et du château : les portes ou-
vertes dans les fortifications urbaines font l'objet« Donjon », Niort (Deux-Sèvres). HADEÈS, 2014
de réaménagements importants, voire de recons-
truction avec un système de défense plus adapté
(porte bastionnée St-Jean, par exemple). Les murs
d’escarpe construits le long du substrat rocheux au
pied du donjon prennent place dans ces nombreux
travaux qui modifient le paysage urbain de Niort.
Qu'ils soient construits pour chemiser et assurer la
protection du rocher contre une érosion naturelle
qui se traduirait par un encombrement de la cour
basse semble évident. Mais, on peut aussi évoquer
par la qualité de réalisation que ces murs d’escarpe
sont visibles depuis la Sèvre, depuis le fort Foucault
situé en face du donjon, ou encore depuis la porte
de Fer. Ils parent le rocher avec un soin particulier
qui n’est pas sans imiter les parements du donjon
lui-même (assises régulières alternées, taillées avec
soin, joints fins avec un mortier de chaux, emboi-
tement des maçonneries avec le substrat spéciale-
ment taillé à cet effet, etc.). Le XVI° siècle est mar-
qué par les conséquences cumulées de la guerre de
Cent Ans, où les infrastructures urbaines et cas-
trales ont été mises à rude épreuve ou ont tout bon-
nement manqué d'entretien, ce qui conduit à un
état de ruine assez généralisé’? Il faut y ajouter les
troubles des guerres de Religion pendant lesquels
la ville de Niort et le château sont assiégés et âpre-
ment disputés entre Catholiques et Protestants. La
destruction est peut-être déjà engagée au niveau
sommital des murs d’escarpe MR 1225 - MR 1082
dont les arases sont scellées par des remblais datés
des XV°-XVI siècles puis par un apport massif de
remblais au XVIII siècle. Un petit muret construit
en pierre sèche (MR 1261) a été installé contre le
parement du MR 1225, suivant une orientation
sud-est/nord-ouest (fig. 95) : observé sur 1 m de
hauteur et 0,70 m de large, il est construit en cail-
loux de calcaire, posés sur l'US 1257 entaillée à cet
effet. Son épaisseur mesure entre 10 et 25 cm et il
semble présenter un parement droit vers le sud-
ouest, Appuyé contre le MR 1225, il pourrait ser-
vir à soutenir ponctuellement les remblais ou tout
simplement à combler la tranchée de fondation du
MR 1225.
94 Les détails de ces aménagements et des troubles qui se
succèdent sont présentés dans l'ouvrage de M.-P. Baudry
(Baudry 2013).
91
3.1.3.4. Le remblaiement au pied du front
ouest du donjon, XVIII-XIX* siècles
La démolition des parties supérieures des murs
d’escarpe est suivie de remblais modernes qui ac-
compagnent la pente du rocher, du sud-est au nord-
ouest. Les couches sont nombreuses et affectent
le même pendage du sud-est vers le nord-ouest,
ce qui induit une importante campagne de com-
blement de la cour au pied du donjon en suivant
la pente du rocher. D’autres couches de remblais
sont disposées à plat ou encore s'appuient contre le
mur nord du bâtiment sud. Elles sont antérieures à
l'installation du mur MR 1046 qui ferme le préau
de la maison d’arrêt au XIX® siècle et s'appuient
sur lélévation du mur nord du bâtiment sud ac-
colé à la courtine dans la zone sud (MR 1021). Ces
remblais sont souvent des couches de rejet ou des
couches de démolition dont le mobilier témoigne
d’une datation couvrant les XVIII-XIX® siècles.
Ils marquent Le rehaussement de la cour pour l’ins-
tallation de jardins qui servent de préau à la maison
d’arrêt jusqu’au milieu du XIX: siècle. Par la suite,
les couches observées dans le sondage 1227 sont
coupées par l'installation de la latrine (LAT-02)
dont la semelle de fondation est posée sur le rocher,
à l'interface avec le blocage du MR 1225 : elles ont
été observées à partir de 14,88 m NGF sur une hau-
teur totale de 1,40 m et servent d'appui au MR 1030
dont le niveau de circulation pour rejoindre la
latrine est à 17,02 m NGF. Comme nous l'avons
indiqué dans le chapitre 3.1.1, cet aménagement
est récent et témoigne de la dernière occupation de
la cour avant l’installation du jardin terrasse côté
ouest du donjon.
Pour conclure, il faut souligner que les éléments ar-
chéologiques découverts dans le sondage 1227 ont
révélé une séquence stratigraphique confirmant
le potentiel archéologique de la parcelle. Même si
les conditions d’intervention nous ont obligés à
interrompre le sondage à 4,60 m de profondeur,
un niveau archéologique daté des X°-XII° siècles a
été repéré au pied du donjon : il démontre pour la
première fois que le front ouest du promontoire est
partiellement remblayé à cette époque (fig. 98a et
98b)}. Le remblai peut être rapproché des occupa-
tions repérées lors des fouilles effectuées sur le côté
est du donjon en 1993 et 2006. En effet, les fouilles
dirigées par É. Henry en 1993 ont mis en lumièreune occupation des X°-XI° siècles sous la forme de
structures fossoyées, de foyers et de niveau de circu-
lation®. Une activité métallurgique et des fosses de
rejet confirment une occupation antérieure au don-
jon dont la tranchée de fondation recoupe les struc-
tures installées au sommet du substrat rocheux. Ce
dernier a été observé à 21,85 m NGF dans la partie
sud de la fausse-braie orientale. En 2006, la partie
nord fait l’objet d’une opération archéologique di-
rigée par Th. Cornec : les structures mises au jour
confirment la continuité des niveaux repérés par É.
Henry, avec des structures fossoyées, de nombreux
foyers et des niveaux de circulation antérieurs à
la tranchée de fondation du donjon’. Le mobilier
évoque une datation des IX°-XT° siècles, à une alti-
tude comprise entre 21,46 m NGF et 21,58 m NGF.
Cette fouille a également permis de dégager le toit
du substrat rocheux qui affecte une légère pente du
sud au nord (21,40 m NGEF à 21,11 m NGF). Côté
ouest, le substrat rocheux est apparu à différentes
altitudes sous les semelles de fondation du donjon :
dégagé depuis le contrefort central (T4, MR 1191,
18,10 m NGF) jusqu’au contrefort sud-ouest (T7,
MR 1081, 18,43 m NGF), il n’est pas aplani mais
forme un escarpement dont le profil est irrégulier
et s'étend sur au moins 6,36 m de long, par paliers
formés par les diaclases du banc calcaire. La pente
avoisine les 95 % du pied du donjon au fond du
sondage 1227. L’escarpement naturel constitue
le versant est de la vallée de la Sèvre avant que la
rivière soit canalisée et déviée. Les niveaux archéo-
logiques des IX°-XT° siècles découverts au sommet
du promontoire et le remblai US 1257 mis au jour
dans le sondage 1227 évoquent une occupation
contemporaine de la mise en place du castrum
mentionné vers 946-947. Leur interprétation reste
difficile à extrapoler compte-tenu des emprises de
fouille, mais ils témoignent de la conservation de
niveaux archéologiques antérieurs à la construc-
tion du donjon et permettent de localiser les ves-
tiges médiévaux actuellement les plus anciens.
L'aménagement de la cour basse est marqué par le
nivellement des remblais pour permettre l’instal-
lation d’un sol en galets de calcaire entre le XIII°
et le XIV® siècle. Ce niveau de circulation précède
95 Henry 1993.
96 Cornec 2006.
3. Résultats archéologiques
de peu la construction des murs qui servent à che-
miser l’escarpement du promontoire qui a pris
place aux XIV®-XVE* siècles. Seule la moitié sud de
l’escarpement a été mise àu jour, mais à chaque
fois, les fondations du donjon sont nettement dis-
posées sur l’arase du promontoire située à environ
2,50 m ou 3 m plus bas que les fondations du front
est. L’escarpement ne semble pas avoir été renforcé
ou protégé lors de la construction du donjon à la
fin du XII° siècle. Si cela a été le cas, aucune trace
n’a été observée lors de la fouille, le talus végéta-
lisé ayant directement recouvert le rocher. L’éro-
sion du rocher est plutôt rapide, surtout en partie
sommitale ou le calcaire se délite en petits moel-
lons, ce qui a pu entraîner des désagréments dans
la cour basse. Le chemisage de l'escarpement est
entrepris en suivant les arases naturelles du rocher
le long desquelles un mur d’escarpe est construit
avec soin. Son utilité ne doit pas masquer la valeur
symbolique d’un travail de maçonnerie aussi soi-
gné qui devait être vu depuis la ville au nord ou le
fort Foucault à l’ouest. Il s'inscrit dans une période
d’intensification des réparations sur les fortifica-
tions qu’elles soient urbaines ou castrales, voire
d’une modernisation des défenses à l'artillerie sur
les fronts les plus vulnérables. Ces lignes de défense
tombent en désuétude au XVII: siècle et accusent
un état de ruine au XVIII siècle, évolution que
confirment les détériorations des murs d’escarpe
et les remblais qui les recouvrent pour former la
plate-forme du jardin.
3.1.4. LA ZONE SUD (ZONE B)
La zone sud de l'emprise a fait l’objet d’une explo-
ration sur une surface maximale de 273 m° et une
profondeur maximale de 5 m. Elle a porté sur l’em-
placement de la courtine sud de la cour basse et
une partie de l'emprise d’un bâtiment situé le long
de son parement nord (fig. 99). Lors du diagnostic
réalisé par A. Montigny, les vestiges repérés cor-
respondaient à l’arase de la courtine sud et à deux
murs perpendiculaires installés dans la cour. Les
vestiges sont apparus à une altitude de 16 m NGF
sous les remblais de nivellement du jardin terrasse
des XIX°-XX* siècles. La zone de fouille sud a été
explorée en fonction des contraintes techniques
inhérentes au terrain (profondeur des vestiges,
stabilité de la chaussée du quai) et en fonction
du projet de réaménagement de la ville de Niort.« Donjon », Niort (Deux-Sèvres). HADES, 2014
La construction d’une rampe d’escalier le long du
mur de la Préfecture a nécessité la mise en place
d’un mur de soutènement à environ 2 m du mur de
clôture (fig. 6 et 23). Des micropieux ont été ins-
tallés pour y accrocher une rampe de béton armé
servant de soutènement à ce dernier. Une partie
de l'emprise était donc déjà aménagée dès le début
de l'opération, ne permettant pas de procéder à
la fouille des niveaux anciens. En revanche, nous
avons mené la fouille des niveaux situés le long du
parement sud de la courtine sud pour dégager au
maximum l'élévation : la Mairie ne pouvant assu-
rer la mise à disposition des abords du donjon pour
le stockage des déblais comme cela était convenu,
cette intervention a nécessité un terrassement et
une évacuation des déblais supplémentaires, réali-
sée par des rotations de camions 6x4 (fig. 100a et
100b). Cet imprévu a généré un surcoût non négli-
geable à l'opération. Cependant, au terme de l’éva-
cuation, nous avons pu poursuivre le dégagement
de l'élévation sud en installant des paliers de sécu-
rité dans les niveaux de remblais contemporains, la
nature de ces derniers présentant des risques d'ef-
fondrement importants. Au sud-est de la zone C,
les terrassements ont été réalisés depuis le pied du
donjon afin de découvrir les fondations du contre-
fort sud-ouest (T7) et d'observer les relations entre
le donjon et la courtine sud (fig. 100c). Un sondage
ponctuel a été réalisé pour repérer les fondations
de la courtine sud côté extramuros. Au sud-ouest,
c’est l'angle entre la courtine et le mur-terrässe du
jardin qui a été dégagé sur une profondeur de 5 m:
cette exploration n’a permis d’atteindre ni les fon-
dations de la courtine ni le substrat à cet endroit, les
terrassements ont été interrompus à 11,15 m NGF.
Côté intramuros, la fouille a porté sur l'emprise
d’un bâtiment accolé à la courtine sud, dégagé sur
15,30 m de long et 7 m de large, soit 107,10 m°.
Son état de conservation s’est avéré particulière-
ment intéressant en élévation, sous des remblais
de démolition qui en comblaient les deux salles
repérées en plan. Pour des raisons de sécurité évi-
dentes, nous avons procédé à la fouille de la salle
nord-ouest dont la surface couvrait 9,55 m de long
sur 6,15 m de large, soit près de 59 m°. Au terme
du terrassement général, la salle nord-ouest est
apparue ouverte sur toute la largeur du bâtiment,
donnant ainsi un accès sécurisé à une pièce voû-
tée. L'enlévement des remblais de démolition qui
occupaient l’espace de cette salle a révélé une élé-
vation des maçonneries conservée sur au moins
3 m (fig.101). Compte-tenu de l'importance des
remblais et de la difficulté de les stocker aux abords
de l'emprise du chantier, nous n’avons pu procéder
qu'à la fouille de la salle la plus grande du bâtiment
située au nord-ouest. La salle sud-est présentait un
espace trop exigu pour descendre sur une profon-
deur aussi importante (24 m°) compte-tenu de la
poussée des remblais environnants sur les murs.
Une réserve archéologique a donc été ménagée
dans cette salle, dont la conservation permet de
préserver une séquence stratigraphique complète
pour l'avenir. Les aménagements de la Mairie ne
devaient pas impacter cette salle sous le niveau de
terrassement général, soit à partir de 16 m NGF.
Finalement, la salle nord-ouest a permis d’explo-
rer 57,80 m° de stratigraphie depuis l'apparition
des vestiges (16 m NGF) jusqu’à l'arrêt de fouille
le plus bas (10,95 m NGF) mais sans atteindre le
substrat : six phases d'occupation ont été observées,
couvrant une chronologie allant des X°-XIT° siècles
au XVIII siècle.
3.1.4.1. Une occupation inédite des X°-XT° siècles
Même s'ils restent difficiles à interpréter, les ni-
veaux les plus anciens découverts dans la zone sud
permettent d’attester une occupation antérieure à
la construction du donjon, située au pied du ver-
sant sud-est de la Sèvre (fig. 99). Nous avons vu que
le versant est escarpé sur au moins 6,40 m de hau-
teur depuis le pied du donjon jusqu’à 12 m NGF, ce
qui lui confère une pente particulièrement forte de
95 %. Or, dans la zone sud, le substrat n’a pas été
atteint à 10,95 m NGF, ce qui évoque la possibilité
d’une pente encore soutenue d’au moins 15 % qui
pourrait former l’ancienne terrasse alluviale de la
Sèvre. Les vestiges antérieurs à la construction du
donjon auraient donc pu prendre place sur cette
ancienne terrasse.
La fenêtre d'observation des vestiges les plus an-
ciens est assez réduite : un sondage de 2,30 m de
long sur 2,10 m de large a été ouvert pour sonder
le potentiel archéologique sous le niveau de sol
SL 1237 situé à 11,85 m NGF (fig. 102). Réalisé à
l'aide de la pelle mécanique sur 0,60 m de profon-
deur, il a été interrompu sans permettre d'atteindre
le substrat : le niveau d’arrêt de fouille est un rem-94
blai argileux gris foncé avec des nodules d’argile
rubéfiée et quelques cailloux de calcaire (US 1246).
S'il n’a livré aucun mobilier archéologique, il n’en
demeure pas moins anthropique et semble servir
de nivellement avant l'installation du sol SL 1237.
Des lambeaux de maçonneries sont mélangés à
cette couche : ils sont composés de moellons et de
gros blocs de calcaire pris dans un mortier à base
d'argile jaune orangé (US 1250 et US 1256) mais
sans réelle organisation (fig. 103a à 1034). De plus,
la coupe sud-ouest du sondage montre une certaine
continuité entre les US 1250, US 1255 et US 1256,
même si les deux dernières sont plus perturbées.
En revanche, l'US 1250 montre une limite verticale
avec des blocs plus importants sur son côté ouest
et des moellons pris dans un mortier jaune orangé,
posés sur une semelle de moellons bruts disposés
à plat. Elle disparaît sous le mur MR 1213 vers le
sud-est. L’étendue du sondage ne permet pas de
déterminer avec certitude que l'US 1250 est un
tronçon de maçonnerie mais les matériaux em-
ployés plaident en faveur de cette interprétation.
Il pourrait s’agir d’un vestige de maçonnerie anté-
rieur au mur MR 1213 dont la démolition aurait
entraîné le comblement de l’espace anciennement
construit et un rehaussement suivis de l’installa-
tion des murs MR 1213, MR 1214 et MR 1248. En
effet, les US 1255 et US 1256 possèdent les mêmes
caractéristiques que l'US 1250 mais elles semblent
piégées dans le remblai US 1246 qui témoigne
d’une surépaisseur de 0,60 m au moins avant la
construction d’un nouvel édifice.
Avant la construction du nouveau bâtiment, une
fosse est creusée dans le remblai US 1246 : à l’ori-
gine, la fosse FS 1244 est à deux creusements im-
briqués l’un dans l’autre (fig. 104a) sans qu'il soit
possible de confirmer que ce sont deux fosses qui
se recoupent. Ce type de structure fossoyée a été
mise au jour lors de la fouille de la fausse-braie et
plaide pour des creusements réalisés quasi simul-
tanément”, L'emplacement du sondage a coupé la
fosse double à peu près dans son milieu mais il n’a
pas été possible de délimiter les deux fosses en plan
sous le sol SL 1237. De forme oblongue, la FS 1244
a des parois verticales légèrement évasées. Le lobe
nord mesure 1,11 m de long pour 0,64 m de large
97 Cornec 2006, p. 19.
3. Résultats archéologiques
et 0,30 m de profondeur ; le lobe sud mesure 0,80
m de long pour 0,52 m de large et une profondeur
de 0,36 m (fig. 104b). Le comblement est une argile
noirâtre très meuble avec des fragments de char-
bon de bois diffus, des os de faune et quelques cail-
loux de calcaire. De rares fragments de céramique
ont été découverts, permettant une datation des
X°-XII° siècles. Le mobilier métallique issu de la
fosse FS 1244 confirme cette chronologie et la res-
serre autour des X°-XT° siècles grâce à des éléments
de maréchalerie (fer à cheval, clous) et à un frag-
ment de paumelle. Ces objets révèlent la présence
d’équidés à proximité d’une résidence où le vaisse-
lier domestique est présent, même s’il reste sous-
représenté par les seuls tessons issus de la fosse de
rejet”, Une datation radiocarbone a été réalisée sur
un fragment de bois de section quasiment entière :
elle a livré une fourchette couvrant l'extrême fin du
X° siècle jusqu’au milieu du XIF siècle, avec une
probabilité plus forte pour la période de la pre-
mière moitié du XI° siècle. La FS 1244 a été repérée
à 11,85 m NGF.
Loin de pouvoir avancer une quelconque hypo-
thèse sur la nature de l’occupation découverte, il
est important de souligner que le versant sud-est
de la terrasse alluviale de la Sèvre a pu être occupé
aux X°-XI° siècles. Cela a déjà été démontré pour le
haut du promontoire rocheux lors des campagnes
de fouilles dans la fausse-braie, mais aucune don-
née n'avait été mise au jour en contrebas du ver-
sant. Cet indice d'occupation évoque la période
de restructurâtion du paysage liée à l'installation
du castrum comtal vers 946. Une exploration sur
une étendue plus satisfaisante permettrait de com-
prendre l’organisation spatiale et de mettre au jour
les niveaux antérieurs, qu'ils soient liés à la forma-
tion de la terrasse alluviale ou à des activités an-
thropiques.
3.1.4.2. La construction d’un nouvel édifice
à contreforts plats et d’un bâtiment annexe
(XIT°-première moitié XIIT° siècles)
L’abandon de l’occupation des X°-XI° siècles est
scellé par l'installation d’un niveau de circulation
(SL 1237 et SL 1188) et, dans un second temps,
38 Pour le détail, voir les études du mobilier céramique et
métallique (chapitres 5.1 et 5.3).« Donjon », Niort (Deux-Sèvres). HADES, 2014
d’un mur (MR 1213) muni de contreforts plats
(MR 1214 et MR 1248). Le niveau de circulation est
apparu sur une surface de 24,52 m° depuis le palier
nord-ouest jusqu'au mur MR 1213 : la limite de la
fouille n’a pas permis de vérifier s’il s’étendait au-
delà de cette construction, ce qui ne semble cepen-
dant pas être le cas. Côté sud-ouest, le niveau de
circulation est interrompu par la tranchée de fon-
dation du mur de courtine sud MR 1038 (TR 1279)
qui a également coupé les parties sud-ouest du mur
MR 1213 et du contrefort MR 1214. Côté nord-est,
il a été observé jusqu’à la limite du parement nord-
est du mur MR 1189 qui le recouvre. Lors de la
fouille, le niveau de circulation est apparu sous la
forme de deux sols strictément contemporains : le
sol SL 1188 est localisé dans l’angle nord-ouest de
la zone fouillée, tandis que le sol SL 1237 occupe
une bonne moitié sud-est. Le premier est composé
d’un niveau compact de cailloux de calcaire pris
dans une gangue de calcaire pulvérulente blanche,
d’une épaisseur maximale de 6 cm. Il suit un léger
pendage du sud-ouest vers le nord-est et disparaît
progressivement dans la zone sud-est pour laisser
la place au sol SL 1237. Ce dernier est composé
d’un galetage de cailloux calcaires pris dans une
matrice argileuse beige clair dont la limite avec le
sol SL 1188 est diffuse : son épaisseur moyenne est
de 8 cm. Les deux niveaux de sol sont apparus à
un horizon entre 11,97 m NGF et 11,82 m NGF.
Un troisième niveau de circulation a été observé
au sud-est du MR 1213 : le sol SL 1271 possède les
mêmes caractéristiques que le sol SL 1237. Il est
recoupé par la tranchée de fondation TR 1279 et
est apparu à 11,91 m NGF, ce qui tend à interpréter
sa mise en place en même temps que les deux sols
identifiés.
Le niveau de circulation SL 1188 - SL 1237 pré-
cède la construction d’un mur orienté nord-est/
sud-ouest (MR 1213) muni de deux contreforts
plats le long de son parement nord-ouest. Le mur
MR 1213 a été observé sur une longueur de 6,62 m
mais il se poursuit au-delà de l’arrêt de la fouille
vers le nord-est (fig. 102). En revanche, il a été
coupé au sud-ouest par la tranchée de fondation
du mur de courtine sud MR 1038 (TR 1279), ce qui
ne permet pas d’en connaître l’extension dans cette
direction. Le contrefort plat MR 1214 est situé à
son extrémité sud-ouest et est aussi recoupé par la
tranchée TR 1279. Il est appuyé contre le parement
95
du mur MR 1213 mais sans trace de chaînage,
comme le contrefort MR 1248 situé au nord-est. Le
mur MR 1213 mesure 0,68 m de largeur et a été ob-
servé sur une hauteur totale de 0,60 m, fondations
comprises. Son mode de construction est original
au regard des autres murs observés sur l’ensemble
de la fouille : il est composé de moellons de cal-
caire de petit et moyen appareil, équarris et assisés
avec des joints croisés qui forment les parements ;
la fourrure est composée de cailloux bruts et d’un
cailloutis pris dans un liant argileux gris moyen
gravillonnaire de texture plastique. Aucun enduit
n’a été observé sur le parement nord-ouest mais
il est évident que le mur devait être protégé par la
pose d’un enduit à base de chaux pour éviter l’éro-
sion des joints. À l'extrémité sud-ouest, le liant du
mur est une argile jaunâtre et les blocs sont de taille
plus importante que sur l’ensemble de la maçonne-
rie : cette distinction semble indiquer un renfort du
mur à l'endroit où le contrefort est construit (ori-
ginelle, réparation ?). Les contreforts MR 1214 et
MR 1248 ont été respectivement mis au jour sur
une hauteur de 0,50 m et 0,24 m ; ils mesurent entre
1 m et 1,10 m de long et entre 0,41 m et 0,63 m de
large. L'un comme l’autre ne sont pas chaînés avec
le mur MR 1213 au niveau des fondations.
Le mur MR 1213 est fondé à partir de 11,83 m NGF
et a partiellement coupé le sol SL 1237, son arase
est conservée jusqu'à l'altitude de 12,47 m NGF.
Un tronçon du parement nord-ouest a été mis
au jour dans le sondage 1243, ce qui a permis
d'observer un léger débord des deux assises infé-
rieures du mur, marquant un ressaut de fondation
de quelques centimètres (fig. 103b). Les contre-
forts plats, espacés de 4,60 m l’un de l’autre, révèle
l'emplacement de la façade extérieure du bâtiment,
l’intérieur devant de situer au sud-est. Un sondage
(SD 1270) pratiqué entre l'extrémité sud-est du
MR 1213, le mur de refend MR 1063 et la voûte
sud VT 1054 n’a pas apporté d'éléments pour loca-
liser un sol à l’intérieur du bâtiment : les niveaux
en place sont tous coupés par la tranchée TR 1279
et par la tranchée de fondation du mur MR 1063
{TR 1272). Le niveau de sol contemporain de cet
édifice reste indéterminé.
Le mur MR 1213 présente des caractéristiques bien
particulières qui le distinguent des constructions
du donjon datées du dernier tiers du XII° siècle.96
D'abord, son mode de construction, composé de
petits moellons de calcaire équarris formant une
épaisseur modeste, incite à modérer la hauteur
totale de son élévation. Le rôle des contreforts est
alors primordial : situés à un intervalle de 4,60 m
l’un de l’autre, ils n'apparaissent pas chaînés avec
le MR 1213. Ce mode de construction permet de
contreforter, de renforcer l'élévation du mur ce
que l'épaisseur ne permettait pas : Les contreforts
ont pu s'élever le long du mur jusqu’à son sommet,
ce qui n'est pas vérifable par la fouille. Côté sud-
est, le parement de MR 1213 n’a pas livré de traces
de piliers qui auraient éventuellement supporté la
poussée de voûtes : la construction des contreforts
était donc nécessaire pour soutenir l'élévation du
MR 1213. De forme quadrangulaire, entièrement
saillants et à décrochement simple, les contreforts
appartiennent à une catégorie très répandue dans
lés constructions romanes, comme l’a démontré
André Châtelain” pour les régions de l'Ouest. Les
caractéristiques architecturales du MR 1213 et de
ses contreforts évoquent les constructions des XI°-
XIT° siècles en contexte castral. Les exemples sont
nombreux lorsqu'il s’agit des tours maîtresses qui
ont fait l’objet de nombreuses études et de publica-
tions de grande qualité. En revanche, les synthèses
sur les bâtiments résidentiels et d’apparat, annexes
de la tour maîtresse aux XI°-XTI° siècles, sont plus
rares. Les vestiges découverts à Niort ne nous per-
mettent pas de qualifier la fonction du bâtiment
qu'ils matérialisent : tout au plus pouvons-nous
proposer l'hypothèse d’y voir une salle de plan qua-
drangulaire, flanquée de contreforts plats, orientée
nord-ouest/sud-est, dont les éléments architectu-
raux illustrent une datation des XI°-XIT° siècles.
De même, compte-tenu des données issues de la
fouille, on ne s’autorisera qu’à poser l'hypothèse
que ce bâtiment est antérieur au donjon construit
dans le dernier tiers du XIT° siècle.
Dans un second temps, un aménagement prend
place perpendiculairement au mur MR 1213 : le
mur MR 1189 est fondé sur Le sol SL 1237, suivant
un axe nord-ouest/sud-est sur 5,25 m de longueur,
et s'appuie contre le parement nord-ouest du
MR 1213. Il mesure 0,62 m de largeur et est conser-
vé sur une seule assise. Il est construit avec des
99 Châtelain 1973.
3. Résultats archéologiques
moellons calcaires parementés liés à l'argile jaune
gravillonnaire et un blocage de petits cailloux de
calcaire. Il délimite un espace situé contre la façade
nord-ouest du MR 1213 dont la fonction n’a pas
été déterminée lors de la fouille. En effet, le mur
MR 1189 est très peu conservé et aucun niveau de
circulation de part et d'autre de la maçonnerie n’a
été mis au jour. Il est recouvert par une couche de
destruction (US 1170) dans laquelle ont été obser-
vés des éléments issus de sa maçonnerie pris dans
une argile beige grisâtre gravillonnaire identique à
celle de sa fondation. Des inclusions d’ossements,
des objets métalliques et des fragments de céra-
mique ont été prélevés dans l'US 1170 : ils datent la
démolition du MR 1189 entre la fin du XIII° siècle
et le début du XIV* siècle et témoignent de plu-
sieurs activités.
Le lot céramique issu de l'US 1170 permet d’attes-
ter une occupation domestique avec des fragments
de vases destinés à la cuisson et de récipients à
liquide dotés d’un bec rapporté. Ces éléments de
vaisselle dédiée à la cuisson et au service des ali-
ments côtoient des vases de réserve destinés au
stockage des denrées : l’homogénéité du corpus
montre une vaisselle commune qui ne révèle pas la
présence d’une classe aristocratique particulière!®.
En plus de confirmer une occupation domestique,
le mobilier métallique permet d'appréhender des
activités liées à l’entretien des chevaux : des clous
de maréchalerie, des fragments de fer à cheval, un
anneau servant de passant pour une lanière d’atte-
lage ou encore un marteau de bourrelier illustrent
sans équivoque la présence de chevaliers et de
maréchal-ferrant!!, Ils côtoient des frâgments de
couteaux, de pointes, un fer de trait et un probable
manche d’ustensile qui confirment une datation
couvrant la deuxième moitié du XIIT° siècle et Le
début du XIV siècle.
La fonction de l’espace délimité par le MR 1189
reste difficile à établir : il pourrait s’agir d’un bâti-
ment annexe, construit contre le parement nord-
ouest du bâtiment à contreforts plats, dans le but
d’abriter des activités nécessaires à l'entretien des
100 Le détail est apporté dans l’étude du mobilier céramique
réalisé par Yolaine Rouzo-Lenoir {chapitre 5.1).
101 L'étude du mobilier métallique est présentée au
chapitre 5.3.« Donjon », Niort (Deux-Sèvres), HADÈS, 2014
chevaux. Le niveau de démolition du MR 1189 est
recouverte par une couche d'incendie qui scelle la
destruction des maçonneries et s'étend sur l’en-
semble de la surface au sud du MR 1189 mais aussi
au nord, en-dehors de la zone explorée. Le donjon
est construit dans le dernier quart du XII° siècle.
Cette disposition incite à voir une phase d’amé-
nagement de la cour basse lors de l'édification du
donjon avec des bâtiments annexes qui occupent
la partie sud. Il semble que le bâtiment à contre-
forts plats, et le bâtiment annexe qui lui est.associé,
soient contemporains de la première phase d’occu-
pation du donjon dès le début du XII siècle, voire
la fin du XIT° siècle et qu’ils perdurent jusqu'à la
construction de l'enceinte basse du donjon.
3.1.4.3. La construction de la courtine sud
(XITI-XIVE siècles)
Une vaste campagne de construction est engagée
à l’ouest du donjon et nécessite la démolition des
bâtiments qui en occupent l'espace, notamment
dans la partie sud. Les vestiges qui composent cette
phase dans la zone sud de l'emprise de fouille sont
caractérisés par le mur MR 1038 découvert sur
19 m de long dans l’axe du contrefort sud-ouest
du donjon, sur une largeur de 2,15 m au niveau de
l’arase. Suivant une orientation nord-ouest/sud-
est, il est appuyé contre le substrat à l’est et a été
coupé à son extrémité nord-ouest par la construc-
tion du mur-terrasse MR 1011 servant de soutè-
nement au jardin de l’époque contemporaine. Son
arase qui avait été partiellement mise au jour lors
du diagnostic d’Adrien Montigny est apparue à
partir de 16 m NGF. Le mur MR 1038 a montré un
état de conservation exceptionnel sur une élévation
de 4,70 m pour son parement sud et de 4 m pour
son parement nord. De part et d’autre, deux son-
dages ont permis d'explorer ses fondations.
Construit en pierres de taille calcaires bien assisées,
le mur MR 1038 possède un appareillage régulier
avec des joints croisés d’une largeur variant entre
2 et 5 cm (fig. 105 et 106). Deux liants sont uti-
lisés pour sa construction : une argile jaune par-
ticulièrement plastique a servi pour agglomérer
le blocage interne et lier les parements entre eux.
Dans les joints, un mortier de chaux beige blan-
châtre à inclusions de cailloutis calcaire permet
de les protéger des érosions liées aux intempéries
97
et du lessivage de l'argile en cœur de maçonnerie.
Il a été consciencieusement appliqué sur les joints,
lissé, et a fait l’objet d'entretiens réguliers comme
l’atteste la superposition de plusieurs couches de
mortier conservées à certains endroits. Les faces de
parement des blocs sont dressées au taillant droit.
L’appareillage d’origine du MR 1038 est régulier
mais des parties sont apparues plus érodées avec des
joints lessivés et agrandis qui, faute de protection se
sont vidés, ou encore des bouchages avec des petits
moellons de calcaires incrustés dans les zones dé-
tériorées, formant un appareillage plus hétéroclite.
Seule la partie est du mur MR 1038 a été remontée
à une époque plus tardive, comme le laisse devi-
ner le changement de mise en œuvre (MR 1033,
fig. 105). L’extrémité sud-est du MR 1038 a subi
un arasement plus fort que le reste de la maçon-
nerie d'environ 1,30 m. Lors du l'enlèvement des
remblais contemporains, l’arase du parement
nord-est a été observée : elle se compose de trois
blocs laissés en élévation formant un arrachement
des assises qui se prolongeaient vers le sud-est et
de l’arase complète reliant le promontoire rocheux
sur lequel est installé le donjon, en face du contre-
fort sud-ouest. L’arase de MR 1038 est recouverte
d’une couche de démolition qui est composée des
mêmes éléments que le mur, attestant de sa des-
truction à une altitude de 14,70 m NGF. Ce niveau
reporté sur l'élévation sud correspond à la limite de
changement d'appareil entre MR 1038 et MR 1033.
Un seul aménagement a été observé sur l’ensemble
de l'élévation sud qui couvre une surface d'environ
43 m° : une ouverture de tir de forme rectangulaire
a été installée dans la partie ouest (OUV 1058) ou-
vrant vers le sud. Elle signale une mise en défense
de la courtine et flanque le fossé sud. Elle mesure
0,95 m de hauteur pour une largeur de 5 cm, son
encadrement extérieur est composé des mêmes
pierres de taille calcaires que celles utilisées pour
le parement de la courtine. Côté nord, intramu-
ros, POUV 1058 a été bouchée par une maçonne-
rie marquant l'abandon de son utilisation dans le
système de défense (US 1059) : il ne reste aucune
trace dans le parement nord de l'encadrement de
FOUV 1058 mais, compte-tenu de la largeur du
bouchage, il est possible qu’il s’agisse d’une archère
à ébrasement intérieur simple relativement étroite.
La maçonnerie de bouchage n’a pas pu être démon-
tée pour des raisons de sécurité, une telle opération98
aurait entraîné la détérioration du mur de courtine
MR 1038 dans des proportions trop importantes. .
L'interprétation de l'OUV 1058 comme élément de
défense est fondée sur ses caractéristiques architec-
turales et sur les plans anciens qui montrent plu-
sieurs fentes de tir disposées dans l'épaisseur de la
courtine sud. En revanche, il convient de nuancer
ces plans car s’ils mentionnent parfois trois, par-
fois cinq fentes de tir, une seule a été observée lors
de la fouille. Cette remarque nous conduit soit à
nuancer le nombre d'ouvertures de tir représentées
sur les plans anciens, soit à envisager qu'elles ne
se situaient pas au même niveau que l'OUV 1058
et qu'elles aient disparu avec la partie sommitale
du mur. Deux évènements ont pu motiver l’abais-
sement de la partie supérieure de la courtine sud
d’abord pour supporter la charpente du bâtiment
qui lui est accolé au nord, ensuite lors de l’aban-
don de la cour basse et de son remblaiement massif
aux XVIIT et XIX° siècles. Aussi reste-t-il difficile
d'évaluer le niveau sommital d’origine de la cour-
tine et d'en connaître avec précision les aména-
gements : le plan de 1695 et les suivants qui ren-
seignent parfois sur les circulations au sommet de
l'enceinte castrale et de ses raccords avec l'enceinte
urbaine n’apportent aucun élément concernant les
courtines de l'enceinte basse. De plus, aucune trace
d’accroche n’est visible sur le contrefort sud-ouest
du donjon, ce qui laisse en suspens la question de
l'articulation entre les deux édifices.
Le parement nord de MR 1038 a montré plusieurs
fines couches de laits de chaux appliquées sur les
pierres de taille. Leur état de conservation est très
dégradé mais ils ont tout de même permis d’ob-
server des traces de probables faux joints rouges
réalisés sur l’ensemble de l'élévation (fig. 107).
En revanche, aucune trace lapidaire n’a été obser-
vée sur les parements nord et sud de la courtine,
ce qui induit que les équipes de tailleurs de pierre
et de maçons n’ont pas eu besoin de distinguer
leurs travaux comme ils l'ont fait pour le donjon.
Cette distinction permettrait également de dater
la construction de la courtine à une période pos-
térieure à l'édification du donjon dans le dernier
quart du XII° siècle, lors d’une campagne de réor-
ganisation du front ouest engendrant de nouveaux
aménagements. Enfin, le calcaire employé pour
la construction de la courtine ne possède pas les
mêmes caractéristiques pétrographiques que celui
3. Résultats archéologiques
utilisé pour le donjon : plus tendre, de couleur
beige légèrement jaunâtre, il se dégrade plus rapi-
dement en raison des remontées capillaires géné-
rées par la présence de la Sèvre. Cette contrainte
environnementale explique la mise en œuvre des
deux liants, l’un argileux utilisé pour amortir le
tassement différentiel du mur et éviter les fissures
en bénéficiant de la souplesse de l'argile à cœur,
l’autre à base de mortier de chaux beurré et lissé
sur les joints afin d’étanchéifier les parements et de
les protéger de l'érosion. L'état de dégradation de
ce calcaire a forcément été précipité par le manque
d'entretien : à certains endroits, le calcaire, plus
fragile que le mortier des joints, a commencé à dis-
paraître en parement (trouées dans les blocs). Ces
caractéristiques de mise en œuvre plaident pour
une dissociation des deux chantiers dont les maté-
riaux ne sont manifestement pas issus des mêmes
lieux d’approvisionnement. De plus, le lien archi-
tectural entre la courtine sud et le donjon restent
sans réponse faute de traces archéologiques.
La tranchée de fondation de la courtine sud a été re-
pérée côté intramuros lors de l'apparition du bâti-
ment à contreforts plats qu’elle recoupe (TR 1279).
Son observation en plan a été difficile à obtenir
pour plusieurs raisons. D'abord, à l'extrémité sud-
est du mur MR 1038, la fouille a été interrompue
à l'altitude de 14,60 m NGF ce qui a permis de
mettre au jour la portion la plus arasée de la cour-
tine mais sans atteindre le niveau de fondation.
Côté nord-ouest, la moitié du mur a été dégagée.
Des structures construites a posteriori le long du
parement nord sont apparues : il s’agit notamment
de la voûte VT 1054 appuyée contre le parement
nord de MR 1038 et dont la tranchée de fonda-
tion occulte celle de la courtine sur toute sa lon-
gueur. Une fosse de rejet intermédiaire (FS 1139)
a également perturbé les niveaux de fondation de
‘la courtine côté nord. La tranchée de fondation
TR 1279 est apparue à partir de 12 m NGF, recou-
pée par plusieurs structures. Elle montre un profil
vertical légèrement évasé sur au moins 1,36 m de
profondeur et est comblée par une seule couche de
sédiments argilo-limoneux de couleur brun gris
foncé comportant des inclusions de calcaire et des
nodules d’argile orange liés à la construction de la
courtine (fig. 108a et 108b). Le sondage a permis
d'observer quatre assises de fondation sans pour
autant atteindre la première assise ni le substrat en« Donjon », Niort (Deux-Sèvres). HADÈS, 2014
raison d’une remontée rapide de la nappe phréa-
tique à partir de 10,95 m NGF. Les quatre assises
inférieures sont composées de blocs équarris en
calcaire disposés en débord formant une semelle
supportant l'élévation du mur dont l'épaisseur di-
minue progressivement jusqu’à l’arase située 4 m
plus haut. Quelques fragments de céramique ont
été recueillis dans le comblement de la TR 1279,
ainsi qu'un fragment de charbon de bois suffisam-
ment satisfaisant pour une datation C.
Côté extramuros, la fondation de la courtine a été
mise au jour à l'extrémité sud-est dans un sondage
réalisé à l’angle avec le mur MR 1081. La séquence
stratigraphique de la partie sud de l'emprise a été
particulièrement perturbée par un remblaiement
massif de l’ancien fossé à l'époque contemporaine :
les niveaux les plus anciens en place sont apparus
seulement à partir de 12,50 m NGF, soit à 3,50 m
de profondeur par rapport à l’arase de la courtine.
Ils recouvrent les assises de fondation du parement
sud sans qu'aucune limite d’une tranchée de fon-
dation ne soit avérée. Observées sur une hauteur
de 1,40 m, au moins huit assises forment la semelle
de fondation, disposées en débord (fig. 109a) :
elles sont composées de blocs de calcaire équarris
ou taillés, présentant des traces de taillant droit
sur leurs faces, liés à l'argile orange avec quelques
cailloux servant de calage entre les assises. L'état
de conservation ne permet pas de dire si les joints
étaient beurrés avec du mortier de chaux mais cette
hypothèse est fort probable. La semelle de fonda-
tion sud n’a pas été dégagée sur toute sa hauteur
en raison des remontées de la nappe phréatique
à partir de 10,97 m NGF, ce qui correspond à ce
qui a été observé côté intramuros. La semelle se
termine à 11,11 m NGF (fig. 109b). Contraire-
ment au côté inframuros, aucune trace de tran-
chée de fondation perçant des niveaux antérieurs
n’a été observée. La séquence stratigraphique mise
au jour côté extramuros est composée de quatre
couches sub-horizontales qui s'appuient contre la
semelle de fondation (US 1267, US 1268, US 1269
et US 1209, fig. 109c et 1094). La plus ancienne
repérée est composée d'argile limoneuse brun ver-
dâtre meuble à inclusions de cailloux calcaires et
n’a livré aucun mobilier archéologique. LUS 1268
est une couche d’argile brun moyen d'environ
0,44 m d'épaisseur, de texture gravillonnaire et à
nombreux fragments de tuiles, avec des inclusions
99
de coquilles d’huîtres et un fond de pot en céra-
mique à glaçure kaki interne postérieur au début
du XIV® siècle. Cette couche de rejet est recou-
verte par l'US 1269 qui est composée d’une argile
brun noirâtre de 0,11 m d'épaisseur, à inclusions
de charbons de bois et dont le mobilier céramique,
plus abondant, a permis de dater sa mise en place
dans la deuxième moitié du XIV® siècle. L'US 1209
a été observée sur 0,35 m d'épaisseur : elle est com-
posée d’une argile brun jaunâtre avec des cailloux
de calcaire, dont le rare mobilier céramique évoque
la période des XIIIS-XIV® siècles jusqu’à l’époque
Moderne. Cette couche a probablement été nivelée
à 12,10 m NGF pour permettre le décaissement de
l'espace situé entre la courtine et le mur du jardin
de la Préfecture à l’époque contemporaine : elle
est apparue directement sous les remblais hétéro-
gènes datés de la deuxième moitié du XIX' siècle,
postérieurs à la construction du mur MR 1081. Un
important hiatus archéologique existe donc dans
cette zone entre la fin du Moyen Âge et le milieu
du XIX* siècle. En revanche, l'absence de tranchée
de fondation et de niveaux antérieurs à la courtine
sud est un indice intéressant. Il illustre le décaisse-
ment du front sud-ouest du promontoire rocheux
faisant disparaître les occupations antérieures que
nous avons repérées côté inframuros et qui se pro-
longeaient dans cette zone. Cette campagne de
travaux de terrassement rappelle le creusement du
fossé périphérique du donjon sur ses trois côtés,
mentionné dans les sources écrites au XIIT° siècle.
Cette campagne a pu avoir lieu avant ou pendant la
construction de la courtine.
La datation de la construction de la courtine sud
peut être affinée grâce à plusieurs éléments chro-
nologiques. D’abord, la tranchée de fondation
nord TR 1279 recoupe les structures de la phase
d'occupation antérieure datée des X°-XII° siècles.
L'abandon de cette phase d'occupation est scel-
lé par une couche de démolition datée entre le
XIIT: siècle et le début du XIV* siècle. Une datation
C' a été réalisée sur un fragment de charbon de
bois découvert dans la tranchée TR 1279 : il donne
une datation calibrée entre 1190 et 1210 qui sert de
terminus post quem à la construction de la cour-
tine sud. Le mobilier céramique qui lui est associé
évoque les XITI-XIV* siècles, malgré un fragment
résiduel des X°-XT° siècle appartenant aux niveaux
antérieurs perturbés par la tranchée de fondation.100
Le mobilier céramique découvert dans les rem-
blais appuyés contre le parement sud de la cour-
tine évoque la possibilité que la semelle de fonda-
tion était dégagée et visible jusqu’au début du XIV®
siècle. Les remblais se succèdent ensuite signalant
un comblement progressif du fossé à partir de cette
période. Il faut signaler qu'aucune trace de passage
permettant de circuler de la cour basse du donjon
au fossé sud n’a été observée dans l'élévation de
la courtine. Les plans anciens sur lesquels la cour
basse du château et la courtine sud apparaissent
varient beaucoup entre 1695 et 1770 : si un chemin
relie effectivement la cour basse aux jardins sud du
château en 1770, il devait prendre place à une alti-
tude plus haute que les niveaux médiévaux décou-
verts dans le fossé sud.
Le niveau de sol le plus ancien qui fonctionne
avec la courtine a été repéré côté intramuros et
s'appuie contre le parement nord à une altitude
de 12,30 m NGF (fig. 110). Le sol SL 1085 est
composé d’une couche d’argile jaune à caillou-
tis de calcaire indurée qui a été dégagée sur une
surface fouillée de 38,80 m°. À plusieurs endroits,
des plaques de mortier de chaux blanc très indu-
rées ont été observées avec quelques inclusions de
charbon de bois diffuses. Le sol SL 1085 présente
une texture très compacte sur toute sa surface avec
un cailloutis diffus piégé dans la matrice argileuse.
Il s'appuie contre le parement nord et est composé
des mêmes matériaux de construction que celui-ci
(fig. 111). Il a également été repéré dans la coupe
nord-est sous la voûte VT 1019 ce qui indique qu’il
se poursuit vers le nord sous les maçonneries du
bâtiment et qu’il a été coupé au sud-est par la tran-
chée de fondation du mur de refend du bâtiment
sud (MR 1095). Son étendue complète n’a donc
pas été identifiée. Il est installé sur deux couches
de remblais qui recouvrent la démolition du mur
MR 1189 et la tranchée de fondation de la courtine
sud. La première couche (US 1164) est composée
de charbons de bois et de fragments ligneux calci-
nés pris dans une matrice limono-argileuse fine qui
recouvrent directement la démolition des struc-
tures datées des X°-XII° siècles. Hétérogène, elle
a livré des fragments de tuiles rubéfiés et de rares
tessons de céramique datés des XIII*-XIV® siècles.
Une ‘datation C a été réalisée, livrant la date de
1220, qui peut être rapprochée de la fourchette
chronologique donnée par le mobilier métallique :
3. Résuitats archéologiques É
certains éléments de maréchalerie et d’armement
de trait évoquent une datation jusqu’au troisième
quart du XIII siècle. Un denier d'Anjou, frappé au
nom de Foulques, comte d'Anjou, a été identifié :
ce type est en circulation à partir du XII° siècle.
La deuxième couche (US 1171) est un remblai
argileux à cailloutis et à cailloux, peu compact, de
couleur gris jaunâtre qui sert de couche d’instal-
lation au sol SL 1085. L’US 1171 sert à égaliser et
niveler le sol avant l'installation du niveau de cir-
culation SE 1085. Le mobilier archéologique est
quasiment absent : seule une monnaie frappée au
nom de Richard, duc d'Aquitaine, a été recueillie
et permet d’avancer une datation du dernier quart
du XII° siècle au plus tôt. Le niveau de circulation
SL 1085 semble donc bien mis en place au plus tôt
au tournant des XII°-XIII* siècles ou à la fin du
XIII: siècle.
La courtine sud est un marqueur architectural
important dans l’évolution du site castral de Niort
car elle matérialise la clôture et la mise en défense
d’un espace resserré sur le front ouest du donjon.
La cour basse est ainsi délimitée au sud par une en-
ceinte rectiligne munie d’au moins une fente de tir
qui défend le nouveau fossé périphérique. Dans sa
construction originelle, aucun passage n’est amé-
nagé pour permettre une circulation entre la cour
et le fossé. De même, son articulation avec le don-
jon n'est pas renseignée : aucune trace d’ancrage de
la courtine n’est visible sur l’élévation du donjon et
de son contrefort sud-ouest et le niveau sommital
de la courtine a disparu. Massive et surplombant le
fossé, la courtine affirme un caractère défensif sans
équivoque. Côté nord-ouest, elle devait être rat-
tachée à l’enceinte longeant la Sèvre au milieu de
laquelle la porte de Fer ouvrait sur la berge. D’après
les résultats archéologiques, il est difficile de dire si
l'espace intérieur situé le long de la courtine était
aménagé d’une galerie. L'accès à l'ouverture de tir
OUV 1058 a pu être couvert mais aucune trace
d'ancrage de charpente n’a été retrouvée sur le
parement nord. Le premier niveau de circulation
SL 1085 est installé sur les niveaux de démolition
datés des XII°-XIIT° siècles et marque la première
occupation contemporaine de la courtine sud.
Celle-ci reste en place jusqu’au XVIII siècle ser-
vant de mur gouttereau à deux bâtiments successifs
malgré un arasement des parties sommitales.« Donjon », Niort (Deux-Sèvres). HADES, 2014
3.1.4.4. La construction du bâtiment sud,
l'écurie de la cour basse (état 1, XV:-
XVT siècles)
La quatrième phase d'occupation découverte dans
la zone sud est caractérisée par la construction d'un
bâtiment de plan quadrangulaire, orienté nord-
ouest/sud-est, appuyé contre le parement nord
de la courtine sud (fig. 112a, 112b et 113). Il est
apparu tronqué à son extrémité nord-ouest par la
construction du mur-terrasse MR 1011 qui sert de
soutènement au jardin du XX: siècle. Le nouveau
bâtiment est composé d’un mur gouttereau paral-
lèle à la courtine MR 1038 (MR 1021) et est fermé
au sud-est par une maçonnerie orientée nord-est/
sud-ouest (MR 1066). Lors de sa découverte à par-
tir de 16 m NGE, la courtine sud MR 1038 est in-
terrompue entre l’angle sud-est du bâtiment et le
rocher sur lequel est construit le donjon : elle a été
arasée plus fortement à cet endroit et sert d’assise
au mur sud-est du bâtiment (MR 1066, MR 1187).
D'une longueur conservée sur 14,40 m et une lar-
geur de 7 m, le bâtiment sud s’étend sur une sur-
face d'environ 101 m° hors-tout. Cette construc-
tion a été réaménagée dans un second temps
(chapitre 3.1.4.5) et change d'affectation, comme
l’'attestent les indices d'occupation.
Le mur gouttereau nord-est du bâtiment (MR 1021)
est construit avec des blocs taillés et des moellons
de calcaire équarris, liés à l’argile rougeâtre : en
fourrure, la maçonnerie est composée de cailloux
calcaires noyés dans l’argile (fig. 114a et 114b).
Certaines assises sont plus hautes que d'autres,
donnant un aspect hétérogène à l’appareillage
sans qu'aucune raison architecturale soit appa-
rente : le mode de construction du mur MR 1021
est identique à celui du mur MR 1066, tous deux
se distinguent parfaitement des constructions pré-
cédemment décrites par leur stéréotomie. Leur
épaisseur est de 0,74 m et ils ont été ponctuellement
mis au jour sur environ 2 m d’élévation au nord et
1,50 m au sud-est pour les besoins de la fouille. La
fondation du mur MR 1021 a été observée à une
altitude de 12,57 m NGF tandis que la fondation du
MR 1066 n’a pas été observée au sud-est pour des
raisons de sécurité. Le sol SL 1069 associé à cette
construction a été découvert à l’état de lambeau
côté nord-ouest (fig. L15) : il recouvre des remblais
de démolition nivelés dont l'US 1079 qui lui sert de
101
niveau d'installation. Le sol SL 1069 est composé
d’une couche argileuse surmontée de pavés de cal-
caire froid dont la surface supérieure est bombée et
montre un aspect usé par un piétinement fréquent
(fig. 116a et 116b). Il a été découvert sur la totalité
de sa surface conservée et est coupé au nord-ouest
par la construction du mur-terrasse MR 1011 et au
sud-est par le réaménagement du bâtiment (état 2).
Le sol SL 1069 marque un horizon de circulation
situé entre 13,10 m NGF et 13,20 m NGF et s'étend
sur 6 m de long pour 1,50 m de large. Les pavés du
SL 1069 sont liés par une argile brun moyen qui
forme une matrice à fine granulométrie entre les
blocs. Ils disparaissent dans la partie sud-ouest qui
a été perturbée par les aménagements de l’occupa-
tion postérieure du bâtiment. Le sol est recouvert
d’une couche d’abandon liée à la démolition du
bâtiment et à son remblaiement.
Côté nord-est, le sol SL 1069 est apparu particuliè-
rement bien disposé le long du parement sud du
mur MR 1021, face à un bloc de calcaire taillé, dis-
posé dans l'épaisseur du mur (fig. 117a). Ce der-
nier évoque le vestige d’un piédroit dont l'élévation
a disparu et marque l'emplacement d’une probable
ouverture. Le piédroit trouve son pendant avec le
piédroit sud-est conservé sur trois assises de pierres
de calcaire taillées et disposées en carreau-boutisse
(fig. 117b). Le sol SL 1069 arrive au niveau du seuil
supposé de cette ouverture et devait s’étendre dans
le bâtiment avant sa destruction pour l'aménage-
ment des voûtes de l’occupation postérieure : cette
modification entraîne également la disparition du
sol SL 1069 et l'aménagement d’un petit emmar-
chement reliant le niveau de circulation SL 1069 à
l'espace excavé de l’état 2. L'ouverture nord-ouest
possède une longueur d’au moins 3 m repérée en
élévation ce qui indique un passage large don-
nant de la cour à l’intérieur du bâtiment. Les plans
anciens apportent des éclairages intéressants sur
cette façade du bâtiment pour le premier tiers du
XVII: siècle où l’on voit une ouverture large dont
la hauteur est estimée à 2,95 m. Il pourrait s'agir
de l'ouverture observée dans le mur MR 1021 qui
aurait perduré jusqu'à cette époque.
Une structure fossoyée est associée à l'occupation
de ce bâtiment et permet de préciser la chronolo-
gie de construction de ce dernier. La fosse FS 1139
est une structure isolée dont le creusement coupele sol SL 1085, ses remblais d'installation et le sol
SL 1237. Elle est apparue le long de la courtine sud
sous les remblais contemporains liés à l’aménage-
ment de l’état 2 du bâtiment et sous l'US 1138 qui
appartient à la séquence stratigraphique d’installa-
tion du sol SL 1069 (fig. 118). De plan ovale, elle a
été observée sur 2,33 m de long et 1,05 m de large.
Sa partie sud-ouest est entièrement tronquée par le
creusement de la tranchée de fondation de la voûte
VT 1054 installée a posteriori. Deux comblements
ont été observés en coupe : l'US 1273 située au fond
de la fosse est une couche d’argile gris moyen assez
plastique avec un cailloutis de calcaire diffus. Le
fond de la fosse a été atteint à 11,09 m NGPF, soit
une profondeur maximale conservée de 1,26 m. Le
mobilier céramique issu de l'US 1273 couvre un
spectre chronologique large et peu cohérent : nous
mettons la diversité du lot sur le compte de la pol-
lution des niveaux percés sans y accorder d’impor-
tance sauf peut-être au fragment de « rose-bleue »
lavalloise du XVI° siècle qu’il est plus logique de
rattacher à l’US 1140. Le comblement supérieur de
la fosse est majoritairement composé d’une couche
d’argile peu limoneuse, brun rougeâtre, compacte
(US 1140) d’une épaisseur de 0,90 m. Elle a livré
un mobilier abondant de petits fraginents de céra-
mique, de terre cuite architecturale et un mobilier
métallique qui fait référence à la présence d’équidés
(élément d’harnachement, clou de maréchalerie
et fragment d’éperon). Si l’on exclue les quelques
aberrations du mobilier céramique de l'US 1273, la
datation du comblement de la fosse ES 1139 tourne
autour des XV°-XVTF siècles, ce que confirme éga-
lement la découverte d’une monnaie frappée dans
la première moitié du XV° siècle. La fonction de
cette fosse reste indéterminée.
À l’origine, le bâtiment quadrangulaire adossé à la
courtine sud n’est pas divisé en plusieurs pièces et il
ouvre sur la cour grâce à un passage vaste qui per-
mettait d’y faire pénétrer un cheval. Au regard des
éléments de ce passage initial qui ne présente au-
cune feuillure sur les faces intérieure et extérieure
du piédroit conservé, il est possible qu'aucun sys-
tème de fermeture ait été installé dans un premiers
temps. Une maçonnerie est construite pour en
condamner le passage lors du changement d’affec-
tation du bâtiment (état 2). L'hypothèse d’y voir un
espace dédié au soin et des chevaux et au stockage
des accessoires de harnachement peut être avan-
3, Résultats archéologiques
cée, compte-tenu de ses caractéristiques architec-
turales et de la quantité de mobilier matérialisant
ce type d'activité pour les XV*-XVIF siècles. Cette
occupation fait suite à celle des XITI*-XIV® siècles
(US 1170) qui attestait déjà d’une forte activité
équestre dans cette zone.
Les plans les plus anciens du château de Niort,
conservés aux archives du Génie, montrent un état
du bâtiment sud proche de celui que nous avons
décrit : en 1695, le bâtiment sud est représenté sous
la forme d’une salle rectangulaire, composée de la
courtine sud et accolée à l'enceinte castrale avec
laquelle elle semble communiquer par l’intermé-
diaire de la tour située au sud de la porte de Fer
(fig. 119a). Des fenêtres sont représentées dans
le mur gouttereau nord-est, disposées de manière
régulière. L'entrée principale du bâtiment semble
centrée sur la façade nord-est et fait plus ou moins
face à l'entrée de la cour basse au nord. Il est in-
téressant de noter qu'aucun mur de refend n'est
mentionné dans le bâtiment, comme c’est le cas
pour les plans s’échelonnant dans le premier tiers
du XVIIF: siècle. Le plan de 1701, qui a fait l'objet
de corrections à la plume noire, montre le même
état du bâtiment sans partition interne (fig. 119b),
comme les plans datés de 1713 (fig. 119c), de 1716
qui mentionne les écuries dans le bâtiment sud
(fig. 119d), et de 1727 (fig. 119e). Jusqu'à cette
date, le bâtiment est tantôt qualifié d’ancienne sal-
pêtrière, tantôt d’écurie, ce qui souligne une acti-
vité de stockage des poudres à l'issue des troubles
des guerres de Religion pendant lesquels Niort a
joué un rôle stratégique prépondérant. L’aban-
don de cette activité pourrait illustrer un transfert
des poudres dans d’autres locaux (tour 52, par
exemple) et le retour (?) à l'usage des cavaliers et
de leurs montures. Ainsi, l'affectation du bâtiment
sud n'aurait été modifiée qu’en période de conflit
pour entreposer les matériaux de l'artillerie néces-
saires à la défense de la place. Une fois ces troubles
pacifiés, le bâtiment sud a pu retrouver sa fonction
première jusqu’au tournant de 1730.
La datation du bâtiment est établie d’après le mobi-
lier céramique et le mobilier métallique découverts
dans les niveaux antérieurs au sol SL 1069 et dans
le comblement US 1140 de la fosse FS 1139. Ils
donnent une fourchette chronologique qui couvre
les XV°-XVT° siècles. Certains objets méritent« Donjon », Niort (Deux-Sèvres). HADÈS, 2014
d’être signalés car ils témoignent d'activités telles
que la forge et la maréchalerie, d’autres liées à la vie
quotidienne comme une serrure, un possible calel.
Le mobilier céramique de cette période est le plus
représentatif : il évoque des contenants à liquide
(cruche filtrante à bec tubulaire, pichet), des pots
à cuire, un vase de réserve et un possible lèche-
frite. La vaisselle est commune sans signe révéla-
teur d’une occupation aristocratique : ce lot est le
mieux appréhendé à travers un mobilier abondant
et homogène qui permet de dater la mise en place
du bâtiment de la fin du Moyen Âge. Sa fonction
est à rapprocher d’une écurie installée dans la cour
basse où le mobilier met en lumière des activités
liées à la maréchalerie et à l’entretien des chevaux
dont l’usage perdure du XV* siècle au premier tiers
du XVIII° siècle.
3.1.4.5. Le changement d'affectation du
bâtiment sud, le magasin aux poudres (état 2,
de 1727 au début du XIX° siècle)
Le bâtiment sud fait l’objet d’un réaménagement
motivé par un changement d’affectation dont les
éléments architecturaux mis au jour permettent
d'appréhender les nouvelles fonctions du bâtiment.
La partition du rez-de-chaussée en plusieurs salles
est apparue dès le décapage (fig. 120a et 120b),
avec une grande salle au nord-ouest (67,20 m° au
moins) et une pièce plus petite au sud-est (27 m’),
toutes les deux couvertes par des voûtes (VT 1019
et VT 1054 au nord-ouest, VT 1097 et VT 1099 au
sud-est). Les murs de refend MR 1063 et MR 1095
encadrent une porte (PR 1100) qui permet un pas-
sage entre ces deux salles. Une allège de fenêtre
(OUV 1094) a été mise au jour dans le MR 1021,
antérieur à la construction de la voûte nord-est de
la petite salle, qui témoigne d’un apport de lumière
naturelle dans la pièce sud-est. Les aménagements
dont est l’objet le bâtiment sud sont réalisés en
deux temps, progressivement à l’évolution des
usages qui en est faite.
3.1.4.5.1. La division interne en plusieurs salles
(état 2-1)
Les murs de refend MR 1063 et MR 1095 sont
construits en moellons de calcaire équarris et pare-
mentés, liés à l'argile jaune orangé, les joints sont
recouverts d’un mortier de chaux blanc à sable sub-
millimétrique. Les assises sont régulières et dispo-
103
sées avec soin sur une hauteur conservée de 2,14 m
sur des ressauts de fondation construits avec les
mêmes matériaux et mis en œuvre dans une tran-
chée de fondation qui a percé les niveaux anciens
(TR 1272) à 12,29 m NGF. Le mur sud MR 1063
est appuyé contre la courtine sud MR 1038 sauf
sa partie sommitale qui est chaînée avec la cour-
tine et mesure 2,05 m de long (fig. 120b). Le mur
nord MR 1095 est appuyé contre le mur MR 1021
sur toute sa hauteur conservée et mesure 3,04 m
de long. Leur épaisseur est de 0,66 m. La porte
PR 1100 est presque centrée dans le mur de refend .
mais légèrement décalée vers le sud-ouest. Cha-
cun de ses piédroits est conservé sur une hauteur
de 1,98 m au-dessus du ressaut de fondation et est
composé de pierres de taille calcaires soigneuse-
ment assisées et liées avec la même argile que les
murs MR 1063 et MR 1095. Les joints fins sont
recouverts du même mortier de chaux que celui de
la maçonnerie et les parements de l'encadrement
témoignent de plusieurs laits de chaux enduits sur
les pierres. Le niveau de seuil a pu être restitué à
une altitude de 13,37 m NGF. Une feuillure forme
un retrait de 4,5 cm pour permettre le logement
d’un battant qui ouvre vers le sud-est : le battant est
fixé à des gonds placés dans le piédroit sud-ouest,
la fermeture est effectuée à l’aide d’un clapet qui a
laissé une encoche verticale dans le piédroit nord-
est à 1,02 m au-dessus du seuil. La porte PR 1100
laisse un passage de 0,96 m de large et divers outils
ont été utilisés pour la taille des blocs (taillant droit,
taillant brételé, pic/broche). Le layage observé sur
les parements est serré et fin ce qui incite à le dater
de la période moderne. Les liants utilisés pour les
murs et la porte sont nettement différents de ceux
employés pour la construction du bâtiment (état 1)
et pour les voûtes qui sont aménagées q posteriori
dans chaque pièce.
Le seuil de la porte PR 1100 permet de resti-
tuer un niveau de circulation à une altitude de
13,40 m NGF : si, pour des raisons de sécurité, la
salle sud-est n’a pas été explorée et constitue au-
jourd’hui une réserve archéologique, des traces
d'aménagement d’un sol ont été découvertes dans
la salle nord-ouest et malgré d’importantes modifi-
cations correspondant à l’état 2-2 du bâtiment. Le
parement nord de la courtine sud a été mis au jour
derrière la voûte de l’état 2-2 : dans l'alignement
du ressaut de fondation du MR 1063, un trait de104
graphite tracé sur les pierres calcaires a été particu-
lièrement bien conservé. Il marque un niveau situé
à 13,49 m NGF qui passe sur une ligne de deux
encoches installée dans le parement (US 1127). Ces
deux encoches ont été réalisées a posteriori dans le
MR 1038 comme en témoignent les traces de bu-
chage des pierres de taïlle et les contours irréguliers
des encoches. Situées sensiblement à la même alti-
tude que le seuil de la porte PR 1100, les encoches
sont de section quadrangulaire et mesurent autour
de 12 cm de côté sur 10 cm de profondeur per-
mettant d'y loger une solive en bois soutenant un
plancher. Ainsi, la partition interne du bâtiment
entraîne l'abandon du sol SL 1069 en moellons de
calcaire au profit d’un sol planchéié installé dans
l'alignement du seuil de la porte PR 1100. Par la
suite, le décaissement de la salle nord-ouest a en-
traîné la disparition du niveau de circulation qui a
certainement fonctionné avec le SL 1069 conservé
à l'extrémité nord-ouest de la salle.
La division du bâtiment en trois pièces distinctes
est mentionnée par les plans anciens où l’on ob-
serve bien la pièce sud-est, nommée salle d’armes
(légendée 23 sur les plans), la pièce centrale qui
sert de magasin d'artillerie (légendée 24) et la pièce
nord-ouest qui sert de magasin aux poudres (légen-
dée 25). La salle d'arme 23 est une pièce de petite
dimension, fermée sur deux côtés, desservie par la
porte PR 1100 et éclairée par la fenêtre OUV 1094
située en partie haute de son élévation (fig. 1214).
Son seul accès se fait par le magasin d’artillerie en
empruntant la porte PR 1100. Il faut remarquer
que l'entrée principale du bâtiment n’est pas modi-
fiée entre l’état 1 et l’état 2-1 et reste largement ou-
verte sur la cour et dans l’axe du chemin qui mène
du bâtiment à l'entrée de la cour basse au nord.
Une troisième salle est créée au nord-ouest pour
y entreposer les poudres : la salle 25 est aménagée
contre la tour 52 qui est déjà dévolue à cet usage,
matérialisant une probable augmentation de l’ap-
provisionnement. Les premiers plans sur lesquels
cette disposition est mentionnée sont datés de
1727, 1730 et 1739 (fig. 121b, 121a et 121c) : cer-
tains détails révélés par ces plans renforcent l’idée
d'une partition interne en trois espaces, avec de
surcroît pour la salle 25 un mur nord-est plus épais
que pour les salles 23 et 24 et un voûtement mis
en place avant 1739. Le sur-épaississement du mur
nord-est et le voûtement de la salle 25 évoquent
3. Résultats archéologiques
sans conteste l’aménagement d’une poudrière dont
les attributs architecturaux plaident pour une mise
en sécurité des explosifs dans un espace confiné,
casematé. Enfin, le projet qui accompagne le profil
du bâtiment précise qu'il s’agit d'installer le maga-
sin aux poudres « pour retirer celles qui sont dans
le dit donjon ». La coupe (fig. 121b) laisse voir le
mur de refend entre les salles 24 et 25 dont l’épais-
seur, plus importante que l'épaisseur du refend
entre les salles 23 et 24, participe à la mise en sécu-
rité de la poudrière qui y est prévue. Cette partie du
bâtiment a été démolie par la mise en place du quai
de la préfecture et la construction du mur-terrasse
MR 1011 du jardin public.
D’après les vestiges archéologiques mis au jour,
cette phase de restructuration du bâtiment sud
intervient après la construction de l'écurie où
l’activité est attestée de manière franche par le
mobilier archéologique au moins jusqu’à la fin du
XVF siècle. En revanche, à partir de la tripartition
du bâtiment, les activités équestres disparaissent au
profit d’un usage destiné au stockage de matériaux
qui trahit un engouement pour l'artillerie et les ex-
plosifs dans les pratiques militaires. Il est probable
que les troubles des guerres de Religion aient eu des
conséquences sur l’usage du bâtiment sud permet-
tant d’y déposer les matériaux nécessaires à l’artil-
lerie, usage qui sera privilégié finalement à partir
du début du deuxième tiers du XVIIT° siècle et qui
motivera le déplacement des écuries dans la cour
du château au nord, puis la création de la nouvelle
caserne au début du XIX* siècle. Dans un mémoire
sur l’état des fortifications daté du 15 septembre
1789, il est conseillé de faire réaliser une couver-
ture neuve sur l’ensemble du toit du bâtiment sud
car les salles sont encore utilisées : « la salle d’arme
cottée 23 sert de magasin depuis la suppression de
l'artillerie ; le magasin 24 a été destiné à l’entrepre-
neur des fortifications pour y renfermer des maté-
riaux ; et celui 25 sert de dépôt journalier pour la
poudre de la garnison de la-ville et du château »1°2,
102 AGénie, 1 VH 1276, dossier 1789.« Donjon », Niort (Deux-Sèvres), HADÈS, 2014
3.1.4.5.2. L'extension du magasin aux poudres
(état 2-2)
Dès le décapage, les voûtes sont apparues en
mauvais état de conservation, leurs parties cen-
trales étant effondrées dans les deux pièces du
bâtiment sud. La salle sud-est n’a pas été fouillée,
aussi les voûtes demeurent en place à une altitude
de 16 m NGF (VT 1097 et VT 1099, fig. 112). En
revanche, elles possèdent les mêmes caractéris-
tiques architecturales que les voûtes de la salle
nord-ouest dont nous avons exploré les maçon-
neries, ce qui tend à les associer à la même phase
d'aménagement. Les voûtes VT 1019, au nord-est,
et VT 1054, au sud-ouest, forment un seul voûte-
ment qui est ajouté à la salle nord-ouest (fig. 122a,
122b et 122c). Ce voûtement a entraîné la modi-
fication de l'entrée du bâtiment sud donnant sur
la cour sans qu’il soit possible de l’observer sur les
plans anciens.
Les voûtes VT 1019 et VT 1054 ont été construites
sur un profil d’arc plein-cintre avec des blocs qua-
drangulaires formant un appareillage régulier al-
ternant entre 0,25 m et 0,35 m de longueur et des
assises de hauteur variable comprise entre 0,18 m
et 0,35 m. La fondation des voûtes montre un ap-
pareil identique. L'ensemble de la maçonnerie pré-
sente des traces de broche sur les parements dres-
sés et le liant est une argile orange clair avec des
gravillons calcaires diffus. Aucune trace d’enduit
n'a été observée sur les parements.
L'état de conservation du voûtement est apparu as-
sez mauvais dès le décapage : leurs parties centrales
se sont effondrées sous les remblais contemporains
qui comblaient la salle nord-ouest et l'extrémité de
la voûte VT 1019 a été perturbée lors de la destruc-
tion du bâtiment. Il a donc fallu, pour des raisons
de sécurité et pour observer les vestiges archéolo-
giques antérieurs, procéder à la démolition du voû-
tement après enregistrement des données. Seules
les deux assises de fondation ont été laissées en
place pour permettre de localiser l'emprise de cet
aménagement au sud-ouest, un sondage profond
a nécessité de couper les maçonneries au nord-est
pour dégager les vestiges les plus anciens (fig. 112).
105
Une fois l’évacuation des remblais de démolition
et de comblement de la salle nord-ouest réalisée,
les départs de voûte sont apparus appuyés contre le
mur de courtine MR 1038 et contre le mur MR 1021
du bâtiment sud : l'ouverture de tir OUV 1058 aété
obstrué par une maçonnerie identique à MR 1021
lors de la construction du bâtiment (état 1).
Il semble que l'accès principal du bâtiment ait
été refermé puisque la voûte VT 1019 est directe-
ment appuyée contre la maçonnerie de bouchage
US 1129 qui en condamne l'accès. Cette maçonne-
rie est composée de moellons de réemploi attestant
de la même mise en œuvre que celle des voûtes
comblant un espace d'environ 3 m de long, situé
contre le piédroit sud-est de la porte du bâtiment
sud (fig. 123). La fermeture de cet accès est moti-
vée par la nécessité de casemater, de sécuriser le
nouvel entrepôt par la mise en place du voûtement
sur toute la longueur de la salle nord-ouest. Elle
entraîne donc une modification dans la circulation
pour accéder aux salles depuis la cour. Compte-
tenu des éléments observés lors de la fouille, il
semble que la nouvelle entrée ait été déplacée vers
la zone nord-ouest du MR 1021 de façon à accéder
à la salle 25 donnant accès aux salles 24 et 23 en
enfilade. Cette modification n’est jamais mention-
née par les plans anciens qui privilégient la tripar-
tition du bâtiment et continuent à localiser l'entrée
dans la façade nord-est sans modifier sa position.
Ces observations révèlent la prudence avec laquelle
les plans anciens doivent être appréhendés et la fia-
bilité toute relative qui leur est accordée.
Les départs de voûte VT 1019 et VT 1054 sont éga-
lement postérieurs au mur de refend formé par les
maçonneries MR 1063 - MR 1095 contre lequel ils
s'appuient. Le voûtement de la salle est donc bien
postérieur à la division en trois pièces du bâtiment
sud. Les fondations des voûtes ont été installées
dans une tranchée de fondation qui recoupe des
niveaux antérieurs le long des muïs gouttereaux
du bâtiment : la tranchée TR 1141 située le long
de la courtine sud a coupé la fosse FS 1139 sur près
de 0,20 m de profondeur ainsi que la tranchée de
fondation du MR 1063 (TR 1272). Les premières
assises de fondation sont apparues à une altitude
de 12,29 m au sud et 12,51 m au nord, les murs
s'élèvent sur une hauteur d’environ 0,90 m. À par-
tir de 13,40 m NGEF, les claveaux du voûtement
sont installés jusqu’à une hauteur conservée de106
14,63 m NGF, ce qui permet de restituer l’intrados
de la voñûte à 15,50 m NGF. Le voûtement participe
à l'encaissement, au confinement de la salle tout
comme l’abaissement du niveau de circulation. Le
décaissement du sol SL 1069 côté nord-ouest est
manifeste au-devant des départs de voûtes et la
dépose du sol SL 1127 ancré dans la courtine était
nécessaire pour construire le départ de la voûte
VT 1054. Les encoches de solives sont apparues
derrière la voûte VT 1054, après son démontage.
L’extrémité nord-ouest de la salle est intéressante
car on a pu y observer le creusement des tranchées
de fondation des voûtes VT 1019 et VT 1054, en-
taillant les niveaux antérieurs et plus particulière-
ment le SL 1069. Le départ de voûtement VT 1054
montre en partie basse un arrachement de maçon-
nerie signalant que le mur se prolongeait vers le
nord-ouest, contre la courtine (fig. 124a). Il forme
ensuite une élévation maçonnée (MR 1053), orien-
tée nord-est/sud-ouest et dont le parement est
orienté vers le nord-ouest, indiquant que la voûte
ne se poursuivait pas au-delà de cette limite. De
l’autre côté, la VT 1019 est dans un état de détério-
ration qui ne permet pas d'observer de traces d’une
maçonnerie comme le MR 1053 (fig. 124b). Cette
interruption de VT 1054 correspond aussi à l’inter-
ruption des parties basses du voûtement de chaque
côté de la salle, au contact avec le sol SL 1069.
Il apparaît donc évident que ces deux aménage-
ments, qui ne sont pas contemporains au départ,
ont pu fonctionner ensemble lors de la mise en
place du voûtement et l’abaissement du niveau
de circulation de la salle. On peut aussi proposer
l'hypothèse que la limite nord-ouest des départs
de voûte marque l'emplacement d’un mur qui
venait fermer la salle sur ce côté. L'état de pertur-
bation laissé après la construction du mur-terrasse
MR 1011 ne permet pas de vérifier cette supposi-
tion et aucune trace de mur de refend n’a été obser-
vée. En revanche, le niveau de soi SL 1071 retrouvé
sous les déblais de la voûte marque le niveau de
circulation lié à cette occupation, à une altitude
moyenne de 13 m NGF : il est composé d’une
matrice argileuse montrant un pendage vers l’est
et contenant de nombreux fragments de tuiles et
de petits cailloux de calcaire. Lors de la fouille, le
SL 1071 prolongeait le SL 1069 mais à une hauteur
différente : la jonction entre les deux niveaux de
circulation se fait par un emmarchement réalisé
3. Résultats archéologiques
avec deux blocs de calcaire disposés l’un sur l’autre
(fig. 124c). Cet aménagement permet de descendre
d'environ 0,28 m pour circuler dans la salle voûtée.
Le mobilier archéologique est rare : un pion en
granite fin aplani à la base a été découvert maïs il
peut aussi bien être attribué à la période médiévale
qu’à la période moderne. Seule, une monnaie datée
de la fin du XVIIF siècle vient conforter une data-
tion contemporaine de l’aménagement de la voûte
dans la salle nord-ouest. La construction d’un nou-
veau magasin pour y entreposer les poudres a pu
être motivée à cette époque par un approvision-
nement dans des quantités plus conséquentes ou
par une nouvelle gestion des matériaux d’artille-
rie qui étaient stockés dans le donjon. Ce dernier
servant de prison à partir du deuxième tiers du
XVIII: siècle, les intérieurs sont réaménagés en cel-
lules, ce qui a pu entraîner la création d’une nou-
velle poudrière dans la continuité des deux salles
déjà dévolues à cet usage (tour 52 et salle nord-
ouest du bâtiment cotée 25 sur les plans anciens).
Alors que le donjon sert de prison et que le terrain
situé sur son flanc ouest sert de préau, le bâtiment
perdure : il sert même d’appui au mur sud du préau
qui est nettement appuyé contre son parement
nord (fig. 125). En 1820, le magasin est encore en
élévation et continue à être utilisé (fig. 34 et 82) :
il est délimité au nord par le préau du donjon et au
sud par le Jardin des Plantes qui laissera la place au
jardin de la Préfecture. L’abandon des deux salles
découvertes lors de la fouille est effectif vers le mi-
lieu du XIX° siècle, tandis que la partie nord-ouest
du bâtiment (salle 25) et l'enceinte castrale ont déjà
disparu pour laisser la place au quai de la Préfec-
ture qui longe la Sèvre.
3.1.4.6. L'aménagement du jardin en terrasse,
XIX:-XX" siècles
Comme pour toute l'emprise de la fouille, les ves-
tiges archéologiques du bâtiment sud sont scellés
par les remblais de comblement qui servent à réa-
liser la plate-forme du jardin au pied du donjon.
Les salles sont comblées par la démolition de leurs
voûtements et remblayées par des apports massifs
de matériaux hétérogènes dans lesquels le mobilier
archéologique permet d'identifier avec certitude la
période des XIX°-XX: siècles.« Donjon », Niort (Deux-Sèvres. HADES, 2014
D’importants remblais comblent le fossé périphé-
rique sud et rehaussent le niveau de circulation sur
le flanc ouest du donjon pour le faire correspondre
avec le niveau de la nouvelle place située à l’est, an-
ciennement la place du château. Pour les maintenir
en place, le mur MR 1081 est construit depuis le
contrefort d'angle sud-ouest du donjon, suivant une
orientation nord-est/sud-ouest (fig. 126) : il barre le
fossé au sud du donjon et ferme l’espace entre le fos-
sé sud et le fossé ouest. Chaîné avec le promontoire
rocheux qui sert de semelle au donjon et ancré dans
le MR 1080, le mur MR 1081 est construit en pierres
de taille calcaires, taillées et régulièrement assisées,
dont le liant est une argile jaune brun, comblant
des:joints croisés particulièrement fins (fig. 127a).
Le MR 1081 a été arasé lors du réaménagement du
jardin public au XX* siècle et de la construction du
mur du jardin de la Préfecture. Son blocage est im-
portant en épaisseur (1,20 m obseïvé) et il affecte
un glacis prononcé sur une hauteur considérable :
repéré à 17,59 m NGF, il mesure plus de 5,80 m de
hauteur et sa semelle de fondation a été observée
entre 12,45 m NGF et 11,75 m NGF, sans atteindre
le fond de la tranchée de fondation TR 1206. Il est
clairement appuyé contre le mur MR 1080 et contre
le parement sud de la courtine MR 1038. Ses fonda-
tions sont composées de deux semelles débordantes
construites avec plusieurs assises de blocs équarris,
au fond de la tranchée, et taillés. Cet aménagement a
engendré la réalisation d’une tranchée de fondation
(TR 1206) recoupant les niveaux anciens le long de
la courtine (US 1207, US 1208 et US 1209) et un
remblaiement massif contre le parement ouest de
MR 1081 (US 1204, US 1205). Ce dernier est défini-
tivement enfoui sous les remblais du jardin-terrasse
qui sont contemporains du mur MR 1011.
Le comblement de la tranchée de fondation
TR 1206 est composé des remblais qui prennent
appui contre le parement oriental du MR 1011 qui
leur sert de soutènement. La mise en œuvre du
MR 1011 est la même que celle observée dans le
sondage nord mais, dans la zone sud, le mur a été
exploré sur une profondeur de 3 m sous le niveau
du quai de la Préfecture (fig. 128a). Il montre une
maçonnerie régulière de blocs de calcaire taillés et
assisés dont la plupart évoquent des remplois, liés
avec une argile orange à inclusions gravillonnaires
de calcaire en cœur de maçonnerie. Le MR 1011 a
été observé sur 2,20 m de profondeur sous le quai
de la Préfecture sans atteindre ses fondations. Il est
appuyé sur toute cette hauteur contre le parement
sud de la courtine MR 1038. Mesurant 1,50 m de
large, une assise de gros blocs calcaires disposés en
queue dans la maçonnerie marque un changement
de mise en œuvre (fig. 128b) : cette assise supporte
l'élévation du MR 1011 qui clôture le jardin-ter-
rasse et signale l’ancien niveau de voirie du quai
de la Préfecture. Le parement ouest est réalisé en
pierres de taille de calcaire, dont la face a été apla-
nie à l’aide de broches, liées au mortier de chaux
blanc très riche et jointoyé au ciment tiré au fer. Les
assises sont régulières et disposées à joints croisés.
La construction du MR 1011 a nécessité le creuse-
ment d’une tranchée de fondation observée dans la
zone sud puisqu'elle coupe l’extrémité nord-ouest de
la courtine MR 1038 (fig. 128c). Si les fondations du
MR 1011 s'appuient proprement contre la courtine
MR 1038 sur une profondeur minimale de 2,20 m,
l'élévation visible du MR 1011 a entraîné une démo-
Jition partielle des vestiges antérieurs ainsi que la réa-
lisation de la voirie créée le long de la Sèvre. Comme
nous l'avons déjà évoqué, le MR 1011 est aménagé
en deux temps : d’abord, dans la zone sud, au contact
avec le jardin de la Préfecture jusqu’à la maison d’ha-
bitation qui est située au nord-ouest de la parcelle.
Une fois le terrain de cette maison acquise par la ville
et le magasin des pompes à incendie transféré, le mur
MR 1011 est complété avec une nouvelle élévation à
l'angle nord-ouest de la parcelle; rejoignant le croise-
ment des rues Léon Blum et Du Guesclin actuelles. Le
MR 1011 n'apparaît pas sur le cadastre daté de 1809
où l’on peut voir les derniers vestiges de l’enceinte
castrale comme la tour nord-ouest et les tours de la
porte de Fer (fig. 29). Deux traits perpendiculaires
reliant le contrefort sud-ouest du donjon au mur du
Jardin des Plantes, d’une part, et à la rive gauche de
la Sèvre, d'autre part, matérialisent les MR 1081 et
MR 1038. En 1820, le plan d’alignement du quartier
mentionne l'aménagement d’une voie de circulation
sur un espace gagné sur l'enceinte castrale (fig. 34).
En 1846, le cadastre montre le quai de ia Préfecture
qui est une allée arborée (fig. 30). Le magasin aux
poudres est signalé sur le plan d’alignement de 1820
et a fait l’objet d’une gravure romantique autour de
1817, alors qu’il tombe en ruine (fig. 82) : on y aper-
çoit en arrière-plan le magasin des pompes à incen-
die avec son fronton dominant une vaste porte et le
bâtiment sud dont l'extrémité nord-ouest est déjàdans une ruine avancée. Entre les arrachements des
murs gouttereaux, un mur de refend ferme une salle
accessible par une porte et supporte la charpente :
il pourrait s’agir du mur de refend observé en fouille
(MR 1063 - MR 1095) ou du mur de refend de la
salle nord-ouest dont nous n’avons pas retrouvé de
trace lors de la fouille. Par la suite, le bâtiment n’est
plus mentionné sur les plans ce qui incite à dater son
remblaiement et sa disparition du paysage urbain
avant le milieu du XIX° siècle.
Le jardin-terrasse est construit suivant une plate-
forme dominant le quai de la Préfecture et donnant
une vue agréable sur la Sèvre qui coule à quelques
mètres. Il est aménagé d’un talus végétalisé au pied
du donjon et, après la Première Guerre Mondiale,
il est doté du monument aux morts rappelant les
noms des combattants niortais qui ont péri entre
1914 et 1918.
La zone sud apparaît comme la zone la plus dense
en vestiges archéologiques car c’est la zone qui a
été la plus explorée. Elle révèle six occupations qui
se succèdent depuis la fin du X* siècle jusqu’à nos
jours. Cette séquence stratigraphique a permis de
découvrir une occupation des X°-XII° siècles qui
doit être mise en relation avec les vestiges de cette
époque découverts dans la fausse-braie du donjon.
La fosse FS 1244 est Le niveau le plus ancien décou-
vert dans l'emprise de la fouille au pied du donjon et
se rapproche par sa typologie et par sa chronologie
des fosses découvertes en 2006 par Thierry Cornec.
Elle ne suffit malheureusement pas pour caractériser
l'occupation et ne peut pas être considérée comme la
première phase d’une anthropisation de cette zone :
le versant de la Sèvre a pu être occupé avant l'époque
médiévale. Faute d’avoir pu atteindre le substrat, l’ex-
ploration archéologique a été arrêtée au niveau d’ap-
parition des vestiges des X°-XT° siècles. Malgré cette
contrainte, la découverte de ces derniers reste inédite
sur le front ouest du donjon. Suivie par la construc-
tion d’un mur à petits moellons et à contreforts plats,
un bâtiment matérialise une densification de l'occu-
pation du versant au tournant des XI°-XIT° siècles :
son étendue et sa fonction demeurent indéterminées.
Par ses caractéristiques architecturales et la chrono-
logie issue de la stratigraphie, il serait contemporain
du castrum mentionné dès 946 qui aurait précédé
103 Cornec 2006.
3. Résultats archéologiques
le donjon à deux tours. La construction de ce der-
nier intervient dans le dernier quart du XII siècle
et transforme considérablement le paysage castral.
Il ne semble pas encore doté de larges fossés périphé-
riques à cette époque et la cour ouest semble être le
lieu d'activités liées à l'équitation, témoignant de la
présence de chevaliers. L'enceinte basse du donjon
est postérieure aux bâtiments construits dans la par-
tie sud de la cour : sa tranchée de fondation recoupe
côté nord les niveaux de sol et les maçonneries tan-
dis que côté sud aucune tranchée de fondation n’a
été observée. Cette différence est peut-être due au
creusement des fossés périphériques autour du pro-
montoire du donjon au XIII‘ siècle. La tranchée de
fondation de la courtine sud a permis une datation
des XIII°-XIV® siècles, bien postérieure au donjon,
ce qui est conforté par la différence de traitement
architectural entre les deux structures (appareillages
différents, absence de traces lapidaires sur la cour-
tine). La parfaite conservation de la courtine sud est
notamment due à l'installation d’un bâtiment contre
son parement nord servant d’écurie et ouvrant sur
la cour basse du donjon aux XV°-XVIF siècles. De
plan quadrangulaire, le bâtiment est doté d’une large
porte et de fenêtres hautes. Composé d’une seule
salle à l’origine, il est divisé en au moins deux pièces
par un mur de refend dont la plus grande a été mise
au jour dans la partie nord-ouest. Les plans anciens
mentionnent trois salles dont la principale est au
centre mais la fouille n’a pas permis d'en observer
plus de deux (la salle principale au nord-ouest et une
salle plus petite au sud-est). La partition du bâtiment
traduit un changement d'affectation ou, au moins,
une réorganisation de l’espace interne. Cette modifi-
cation a lieu à partir du début du XVIII siècle et sera
rapidement suivie d’une nouvelle phase d’occupa-
tion trahissant une affectation, mieux connue par les
sources écrites et par les plans anciens, de stockage
pour l'artillerie. À cet effet, l'entrée primitive du bâ-
timent donnant sur la cour basse est condamnée et
les salles sont aménagées de voûtes qui doublent les
murs gouttereaux. Il semble que l’entrée se fasse par
une nouvelle entrée au nord-ouest de la précédente,
la salle principale volontairement encaissée est alors
accessible par un emmarchement. Le bâtiment ainsi
casematé est prêt pour accueillir les explosifs et les
différents matériels servant à l'artillerie. Au début du
XIX° siècle, le bâtiment est ruiné et abandonné (les
voûtes s’effondrent sur le sol). Des remblais massifs
comblent les salles de façon à édifier la plate-forme
du jardin-terrasse au pied du donjon.« Donjon », Niort (Deux-Sèvres). HADES, 2014
4. SYNTHÈSE GÉNÉRALE
4.1. UNE OCCUPATION
DES XE-X IE SIÈCLES INÉDITE
SUR LE VERSANT DE LA SÈVRE
L’occupation la plus ancienne à l’ouest du donjon a
été mise au jour dans les zones B et C à une altitude
comprise entre 11,40 m NGF et 12 m NGF. À peine
mise au jour, elle reste difhcile à caractériser avec
précision : une seule structure a été observée, la
fosse FS 1244, dans laquelle le mobilier et un frag-
ment de charbon de bois orientent la datation vers
le XI: siècle. Dans les zones B et C, ce niveau d’oc-
cupation est probablement nivelé pour permettre
l'installation de niveaux de sol construits en cail-
loux de calcaire (SL 1237 et SL 1239) à 12 m NGF
et 12,40 m NGF. Ces deux niveaux de circulation
ne semblent pas pour autant appartenir au même
horizon chronologique ni à la même occupation.
La ressemblance entre la FS 1244 et les structures
fossoyées découvertes en 2006 lors de la fouille de
la fausse-braie plaide pour une contemporanéité
de ces structures : elles matérialisent une occupa-
tion antérieure à la construction du donjon, aux
X°-XI° siècles, alors que les sources écrites men-
tionnent le castrum de Niort et, avec lui, une pos-
sible restructuration du paysage et du peuplement.
4.2. LES CONSTRUCTIONS
ANTÉRIEURES AU DONJON
(XI-XIIE SIÈCLES)
Le versant est de la Sèvre est aménagé d’un bâtiment
orienté nord-est/sud-ouest découvert dans la zone
B. Composé d’un mur en petits moellons de calcaire
équarris et liés à l’argile (MR 1213), le bâtiment est
doté de contreforts quadrangulaires plats (MR 1214
et MR 1248) qui viennent renforcer la faible épais-
seur du mur gouttereau. Ces caractéristiques archi-
tecturales évoquent une construction autour du
XI: siècle qui est antérieure au donjon. Le bâtiment
n’a pas pu être dégagé sur toute son emprise mais
son côté ouest a révélé une maçonnerie qui lui est
postérieure et qui aurait pu délimiter une pièce an-
nexe. Cette occupation scelle la fosse FS 1244 et est
abandonnée au tournant des XIIS-XIIT° siècles, lors
de la construction de la courtine sud de l’enceinte
basse du donjon. Les vestiges du bâtiment n'ont pas
permis d’en déterminer la fonction mais leur état de
conservation est particulièrement bon.
La construction du donjon intervient dans le dernier
quart du XIT° siècle et génère des modifications im-
portantes dans cette partie du château qui domine la
Sèvre, le port et la ville. Le lien entre le donjon et le
bâtiment à contreforts plats ne peut pas être éclairé
par les résultats de la fouille et reste une question
non résolue. La construction du donjon sur le point
culminant du rocher a perturbé des niveaux datés
des IX°-XI° siècles sur le côté oriental du donjon.
Aucune trace de bâtiment n’a été mise au jour dans
cet espace. À partir de la fin du XIF siècle, le château
est restructuré dans sa zone la plus occidentale : le
donjon à deux tours communique avec la cour qui
s'étend à ses pieds le long de la sèvre, à l’ouest. Une
porte est aménagée dans le mur ouest qui relie les
deux tours du donjon mais son système de circu-
lation n’a pas été retrouvé lors de la fouille. À l’ori-
gine, la cour ouest n’est pas isolée du reste du chà-
teau par des fossés ou par des remparts. L’horizon
de Foccupation des XI°-XII siècles a été repéré au
sud de l'emprise de fouille à une altitude comprise
entrel2mNGFet12,50mNGF.110
4.3. LA CONSTRUCTION DE
L'ENCEINTE BASSE DU DONJON
(XIIE SIÈCLE ?)
La restructuration qui affecte les abords du don-
jon est marquée par l'ampleur des aménagements
et des terrassements qu’ils nécessitent. D’après les
sources écrites, les fossés périphériques du donjon
sont creusés à cette époque sur ses côtés nord, est et
sud. Ils servent à isoler l'édifice du reste du château,
en lui conférant un aspect fortifié plus prononcé.
Si la fouille n’a pas livré d’indices pour étayer cette
hypothèse, elle a permis de mettre au jour les ves-
tiges de l'enceinte basse construite à l’ouest du
donjon. Cette enceinte ferme un espace rectangu-
laire situé le long de la façade ouest de l'édifice. Elle
s'étend depuis le donjon jusqu’à l'enceinte castrale
qui longe la Sèvre dans l'alignement des contreforts
nord-ouest et sud-ouest de celui-ci. Son mode de
construction se différencie de celui employé pour
le donjon en de nombreux points (nature du cal-
caire, appareillage, absence de traces lapidaires).
De plus, lors de la construction de la courtine sud,
les niveaux antérieurs ont été perturbés par sa tran-
chée de fondation. Le mobilier archéologique et
la datation radiocarbone évoquent le XIII° siècle,
jusqu’au début du XIV* siècle, pour cet aménage-
ment.
Côté sud, la courtine a été dégagée sur 19 m de
longueur, 5 m de hauteur et 2,45 m de large : son
arase est apparue à 16 m NGF et ne permet plus d'y
distinguer d'aménagements défensifs. Sa fondation
a été repérée à 10,85 m NGF mais sans atteindre
la première assise. Une seule ouverture défensive
a été repérée dans sa partie ouest : l'OUV 1058 est
une fente de tir dont l’ébrasement a été fermé lors
de la construction du bâtiment sud. Pour des rai-
sons de sécurité, nous n’avons pas démonté la ma-
çonnerie de bouchage qui la condamne. Tronquée
par la construction du mur-terrasse au XIX* siècle,
la courtine sud se prolongeait vers le nord-ouest et
se raccordait à l'enceinte castrale.
Côté nord, dans la zone À, un mur mis au jour a
été interprété comme la courtine nord de l’enceinte
basse (MR 1289). Les conditions de la fouille n’ont
pas permis de dégager ce mur au-delà de son arase
apparue à partir de 13,79 m NGF. Situé dans l’ali-
4. Synthèse générale
gnement du contrefort nord-ouest du donjon, il est
composé des mêmes matériaux que la courtine sud.
Son arase et son abandon sont scellés par un rem-
blai non daté mais antérieur aux aménagements
du XVIF siècle. L'entrée se fait par la courtine
nord dont le chemin longe le fossé nord et pénètre
dans la cour basse par une porte encadrée de deux
ouvertures de tir (d’après les plans anciens). Cet
accès n’entraîne pas la disparition de la porte qui
permettait de communiquer avec la partie centrale
du donjon située entre les deux tours alors que
celle-ci est couverte et aménagée en logis : la porte
occidentale primitive n’est transformée en fenêtre
que bien plus tard. Un autre accès est aménagé.
dans l'enceinte castrale et ouvre sur la cour basse :
la porte de Fer (ou porte de Secours) qui permet
d'accéder à la Sèvre et aux moulins. La datation de
cette enceinte est estimée aux premières décennies
du XIII: siècle!%*.
L'occupation de la cour basse du donjon est donc
fortement modifiée par la fortification des abords
du donjon, ce qui entraîne l'abandon des anciens
bâtiments et la création de nouvelles constructions.
La mise en défense du donjon est particulièrement
renforcée au sein du château qui est doté d’une en-
ceinte construite en calcaire et qui enferme l’espace
castral sur ses quatre côtés. Comme le montrent
les plans anciens, les défenses sont tournées vers
la ville mais aussi vers le port, sur les fronts nord-
ouest, nord et est. Les fortifications des fronts sud
et sud-est apparaissent plus espacées mais sont tout
aussi efficaces. Cette densification des éléments de
défense et l’adaptation de lespace castral à cette
nouvelle organisation spatiale font du château de
Niort une garnison de premier rang au XIII siècle.
Durant cette période, les conflits entre le royaume
d'Angleterre et celui de France se succèdent pour
le contrôle des ports et des villes du Poitou. Niort
est un enjeu économique de taille puisque la ville
est l’arrière-port de La Rochelle mais aussi un atout
stratégique pour le contrôle des seigneurs poite-
vins prompts à se soulever. Malgré les exactions
et Les faits d’armes des troupes royales, l'essor éco-
nomique de la ville ne semble pas mis à mal. Les
travaux effectués sous Alphonse de Poitiers, attes-
tés par les sources écrites, portent sur des aména-
164 Baudry 2001, p. 194 ; Lecroëre 2004, p. 77.« Donjon », Niort (Deux-Sèvres). HADEÈS, 2014
gements défensifs et des approvisionnements en
armes. Mais ils portent aussi sur une amélioration
de la résidence, notamment de la grande salle et
des appartements. Il ne s’agit donc pas de renfor-
cer uniquement Les fortifications du château et du
donjon, mais également d'affirmer les lieux de rési-
dence et d’apparat liés à la fonction comtale. Le ni-
veau de circulation dans la cour basse a été repéré
au pied du donjon à une altitude de 12,30 m NGF
pour Le XIII° siècle.
4.4. L'HABILLAGE DE L'ESCARPE
ET LA CONSTRUCTION
DE L'ÉCURIE
(XIVE-XVE-X VIE SIÈCLES)
Au regard des résultats de la fouille, il reste diffi-
cile de connaître les aménagements créés dans
l'enceinte basse à partir du XIIT° siècle. Le premier
et l'élément archéologique le plus ancien découvert
est le mur de protection construit contre l’escarpe
et au pied d’un contrefort hémicylindrique du
donjon. Ces aménagements prennent place sur un
niveau de circulation daté des XIII*-XIV* siècles.
La maçonnerie de l’escarpe a probablement été
motivée par la dégradation rapide des bancs du
promontoire rocheux, mais on peut aussi invoquer
une volonté de renforcer l'aspect massif du don-
jon en partie basse. Rappelons que le fossé péri-
phérique occupe trois côtés du donjon et qu'une
fausse-braie est construite contre le flanc oriental
au XIII siècle, le côté occidental restant vraisem-
blablement vierge d'aménagements le long du
donjon. Le mur d’escarpe est apparu bien assisé,
soigneusement appareillé, et s'étend avec certitude
jusqu’à la courtine sud. De plus, les fortifications
urbaines font l’objet de nombreux travaux à partir
de la fin du XIV: siècle qui s’échelonnent laborieu-
sement jusqu’au début du XV* siècle.
L'aménagement le plus important porte sur le
front nord de la courtine sud contre lequel un bâti-
ment de plan quadrangulaire est construit. D’après
le mobilier archéologique et les caractéristiques
architecturales, il a servi d’écurie pour abriter des
activités liées au soin des chevaux et pour stoc-
ker les accessoires d’harnachement. Muni d’une
il
vaste porte ouvrant sur la cour, il est muni d’un sol.
construit en dur dans sa partie ouest. Son mode de
construction est clairement distinct des construc-
tions antérieures et son mur sud-est est visiblement
ancré dans le parement nord de la courtine sud.
L’emprise totale du bâtiment primitif n'a pas été
appréhendée dans l'emprise de la fouille et sa partie
nord-ouest est apparue nettement perturbée par la
construction du mur-terrasse à l'époque contem-
poraine. Tout au plus peut-on observer que le mur
de refend qui le sépare en deux pièces est postérieur
et correspond à une phase de réaménagement. Le
plan le plus ancien daté de 1695 laisse deviner un
bâtiment sans cloisonnement avec des ouvertures
percées dans le mur gouttereau nord. Même si ce
plan reste un schéma théorique, les résultats de la
fouille permettent d'envisager un bâtiment primi-
tif dont l’espace intérieur n'aurait pas été divisé
avant la fin du premier tiers du XVIII siècle. En
ce sens, il est représenté de manière identique à un
autre bâtiment de plan quadrangulaire, situé dans
la cour du château à l’est du donjon, dont les carac-
téristiques architecturales paraissent similaires. Ce
dernier est évoqué sous le nom d’écuries « fort rui-
nées » sur le plan de 1695 tandis que le bâtiment
retrouvé en fouille est désigné comme la « vieille
salpêtrière ». Il nous paraît très probable que ces
deux constructions aient été utilisées comme écu-
ries avant de changer d’affectation pour le stoc-
kage des matériaux d'artillerie. Les sources écrites
évoquent l’approvisionnement en poudre à canons
et le stockage de l'artillerie dans le donjon, sous le
contrôle du capitaine du château, et la présence de
canons dans les halles entre le XV° et le XVI* siècle.
Ainsi, le bâtiment servant à l'origine d’écurie dans
la cour basse du donjon a-t-il pu être transformé
en salpétrière à l’époque des guerres de Religion.
Au début du XVT siècle, les effectifs de la garnison
sont réduits à leur minimum et le guet incombe
aux habitants des paroisses voisines, ce qui montre
bien le déclin de la place forte dont le mauvais état
général est décrit par René Androuet du Cerceau
en 16111%. Dans ce compte-rendu, l’auteur évoque
la nécessité de refaire le mur « de l’escurie qui est
contre la tour du Moullin » : cette écurie est située
dans la cour basse du donjon, à l'angle nord-ouest
formé par la courtine nord et l'enceinte castrale, à
l'arrière de la tour dite du Moulin.
105 Baudry 2013, p. 152 - 154.4.5. LES TRAVAUX POUR LE
NOUVEAU MAGASIN AUX
POUDRES (PREMIER TIERS DU
XVIIT SIÈCLE)
Malgré cet état avancé des dégradations, le chä-
teau reste utilisé comme prison à partir du début
du XVIII siècle. Dans la cour basse, des travaux de
réaménagement sont engagés pour casemater les
salles de façon à y établir une salle d'armes, un ma-
gasin aux poudres et un magasin pour l'artillerie.
La tour sud-ouest de l’enceinte basse est dévolue au
stockage des explosifs, comme l’indique son nom
de tour des Poudres en 1732. Son rez-de-chaussée
communique avec la salle ouest du bâtiment sud,
évoquant un entrepôt important, retranché dans
l'enceinte basse du donjon.
La fouille a livré des résultats particulièrement éclai-
rants sur cet aménagement qui nécessite d’abord
la condamnation de la porte d’entrée du bâtiment
primitif et le déplacement vers l’ouest de l'entrée.
Cette dernière a été perturbée par la construction
du mur-terrasse à l'époque contemporaine, le ni-
veau de circulation de l'écurie de XV°-XVT° siècles
est réutilisé dans le prolongement de cette nouvelle
entrée. Les principales modifications à l’intérieur
du bâtiment sud ont porté sur le décaissement
des salles et la construction de voûtes venant dou-
bler les murs gouttereaux du bâtiment. Les voûtes
massives, légèrement surbaissées, évoquent sans
conteste une volonté de casemater, d’encaisser les
réserves de poudres et d’en contenir une éventuelle
explosion en créant des salles excavées avec un
dispositif de couvrement limitant les effets d’une
explosion du stock de poudres. Ainsi les deux salles
découvertes lors de la fouille ont-elles été dotées de
voûtes. Le sol de la salle nord-ouest a été décaissé
et un emmarchement a été installé pour passer du
sol primitif du bâtiment, encore en usage à cette
époque, au sol en terre battue du magasin aux
poudres. Vraisemblablement, un mur de refend
fermait la salle nord-ouest dans l'alignement de ces
marches qui correspond aussi à l'interruption des
voûtes.
4, Synthèse générale
Les fortifications urbaines et castrales se dégradent
rapidement à partir du milieu du XVIT siècle. Le
bâtiment sud est en état de ruine au début du XIX°
siècle et de nouvelles casernes sont construites dans
le quartier nord de la ville, permettant un transfert
des militaires.
4.6. LA RESTRUCTURATION
URBAINE DES ABORDS DU
DONJON (XIX:-XXI SIÈCLES)
Alors que les fossés du château et du donjon sont
comblés et servent de jardins, le château est vendu
en 1791 à la municipalité et le donjon, propriété
du Département, continue d’être utilisé comme
maison d'arrêt. La surpopulation carcérale oblige à
transférer les prisonniers dans une nouvelle prison
en 1853 située dans le jardin du palais de Justice.
Le préau situé sur le flanc ouest du donjon devient
un jardin et reste clôturé d’un mur sur ses côtés
ouest et sud. Le bâtiment sud se dégrade progressi-
vement et est coupé par l'aménagement du quai de
la Préfecture, dans un premier temps, puis du mur-
terrasse du jardin public dans un second temps.
Ce jardin public s'étend du mur mitoyen avec le
jardin de la Préfecture, au sud, à la cour du magasin
aux pompes à incendie reconstruit au nord-ouest
du donjon. Ce magasin est le second équipement
de lutte contre les incendies réalisé par la ville de
Niort, le premier étant situé contre l'enceinte nord
du château, à l’emplacement du fossé. Devenu
vétuste et la démolition des fortifications étant
votée pour réorganiser l’espace urbain, ce pre-
mier magasin aux pompes à incendie est déplacé à
proximité du donjon. Découvert lors de la fouille,
il se décline sous la forme d’un bâtiment quadran-
gulaire, couvert de tuiles, avec un beffroi permet-
tant de sonner l'alerte en cas d'incendie. Il ouvre
sur le quai de la Préfecture et sur une petite cour,
il est approvisionné en eau par une fontaine amé-
nagée dans son mur gouttereau sud. La séparation
entre la cour du magasin aux pompes et le préau
du donjon est matérialisée par un mur qui relie
l'angle nord-ouest du donjon au mur du quai de la
Préfecture, situé sur l'emplacement de l’ancienne
courtine nord. La rémanence de cet aménagement« Donjon », Niort (Deux-Sèvres). HADES, 2014 /
du XII siècle dans la parcellarisation urbaine est
évidente jusqu’à l’époque contemporaine. Enfin,
une maison d'habitation est construite entre le
magasin aux pompes et le jardin du donjon : elle
possède vraisemblablement un jardin dont l’accès
se fait par une porte aménagée dans le mur de clô-
ture ouest.
La création du jardin public au pied du donjon
entraîne le remblaiement massif de toute la zone
ouest au pied du donjon, à l'exception de l'angle
nord-ouest. Ce remblaiement s'accompagne de
la construction d’un mur-terrasse dont la tran-
chée de fondation recoupe la courtine sud et le
bâtiment sud. Dans un premier temps, il s'appuie
contre le mur de clôture au nord-ouest qui appar-
tient à la maison d’habitation et matérialise le mur
du préau du donjon. Par la suite, la démolition du
magasin aux pompes et de cette maison permet de
poursuivre le mur-terrasse pour fermer le jardin à
l'angle formé par le quai de la Préfecture et la rue
Léon Blum. Après la Première Guerre Mondiale,
un monument commémoratif est construit le long
du mur sud du jardin.
Parallèlement, à partir de 1821, le côté est du
donjon est considérablement remblayé sur toute
l'emprise du château. Les fossés du donjon et du
château sont comblés et les fortifications servent
ponctuellement de carrières pour des projets ur-
bains. De nouveaux immeubles sont construits et
forment des îlots bordés de nouvelles rues comme
la rue Du Guesclin, par exemple. De nouvelles
halles sont construites au nord du donjon dans
l'esprit des constructions de Baltard. La restruc-
turation urbaine de cette époque ne laisse aucune
trace de l'emprise du château dans le tissu urbain
actuel dont le seul vestige visible reste le donjon qui
abrite le musée d’histoire locale et régionale.
La fouille archéologique réalisée en 2012 au pied
du donjon de Niort a permis de mettre en lumière
six grandes phases d'occupation couvrant une
période allant des X°-XII° siècles à nos jours. La
mise au jour d’une occupation antérieure au don-
jon, datée du XI° siècle, reste sans conteste une dé-
couverte importante au regard des connaissances
sur la ville de Niort concernant cette période. Elle
confirme une occupation sur le versant oriental
de la Sèvre et complète modestement les données
113
mises au jour lors de la fouille de la fausse-braie
en 2006. Précédent la construction du donjon, ces
structures archéologiques permettent d'étendre
la zone de peuplement des X°-XII° siècles sans
pour autant la définir avec précision. De même, la
construction d’un bâtiment à contreforts plats sou-
ligne une densification de l’occupation dont le sta-
tut nous échappe mais qui, par ses caractéristiques
architecturales, prend place au XII° siècle, avant
la construction du donjon. L'espace situé entre le
donjon et la Sèvre apparaît donc comme un lieu
occupé et bâti où les activités humaines prennent
un essor bien avant la construction du donjon à
deux tours, en rapport avec le castrum mention-
né dans les sources écrites. Le donjon, édifié sous
l'impulsion d'Henri Il Plantagenêt ou de son fils
Richard I“, matérialise un tournant décisif dans
la réorganisation des fortifications du château de
Niort — voire de la ville - et signale la place straté-
gique que la ville acquiert à l'échelle du comté de
Poitou et du duché d'Aquitaine. Il semble indisso-
ciable de cet espace situé à ses pieds, à tel point que
le fossé périphérique n’est pas creusé du côté ouest
et qu’il est aménagé d’une enceinte qui ferme sa
cour basse et permet d’en assurer la défense. L’arti-
culation entre le donjon et sa cour basse est clai-
rement affirmée par la construction des courtines
massives qui se raccordent sur l’enceinte castrale
au XIII° siècle. Le comblement du fossé sud, com-
posé de couches de rejets, a livré du mobilier daté
des XIII-XIV® siècles. Les deux éléments, donjon
et cour basse, s'avèrent imbriqués l’un à l'autre et
composent un véritable fortin aux caractéristiques
défensives indéniables. Isolés de la cour du chä-
teau par les fossés et l’enceinte basse et défendu par
une fausse-braie à l’est, le donjon et sa cour basse
apparaissent comme une entité à part entière qui
s'affirme dans le paysage castral comme indépen-
dante, dissociée du château mais au cœur du chài-
teau, qui se distingue par ses attributs défensifs.
Le mobilier archéologique renforce cette impres-
sion puisque le vaisselier est composé de céra-
miques communes, sans aucune évocation d’une
résidence aristocratique, et que les objets métal-
liques illustrent des activités militaires et équestres
s’échelonnant jusqu'au XVII° siècle. Les résultats
de la fouille au pied du donjon de Niort a permis
de redonner une dimension plus complète à cette
entité formée par le donjon et sa cour et de mettre
en lumière une succession d’occupations inédite.|
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RL« Donjon », Niort (Deux-Sèvres). HADES, 2014
5. LES ÉTUDES
DU MOBILIER ARCHÉOLOGIQUE
5.1. LÉTUDE
DU VAISSELIER CÉRAMIQUE
(YOLAINE ROUZO-LENOIR)
Le lot céramique issu du site du donjon de Niort est
constitué, après recollage, de 806 tessons ou NR'%
répartis sur 56 US. On y recense 192 NMT'” dont
150 bords.
L'observation, conduite à l’œil nu sur l’ensemble
des tessons, s’est dans un premier temps effectuée
par US c’est-à-dire sans connaissance des données
stratigraphiques. La confrontation du matériel de
certains niveaux s’est organisée dans un second
temps afin d’affiner les propositions de datation.
Le tri et le comptage des tessons ont été menés à
mesure de la détermination des groupes tech-
niques en présence. Parallèlement, les éléments
morphologiques les plus significatifs et/ou les
mieux conservés ont été isolés pour représentation
graphique.
Un inventaire général du lot a été établi par US :il
rend compte pour chaque groupe technique du NR
/ NML, du nombre d’anse et de bec, des formes en
présence, des décors et traitement de surface, des
observations et de l'orientation chronologique!"
{annexe 3).
106 NR : Nombre de Restes céramiques.
107 NMI : Nombre Minimum d’fndividus. Il a été calculé
par US et par groupe technique en tenant compte des
bords après collage. En l’absence de bord, les fonds ont été
comptabilisés. En l’absence de bord ou de fend, le NMI est
considéré comme nul.
108 Les propositions de datation peuvent préciser s’il s’agit de
là première moitié du siècle (A) ou de la seconde moitié (B).
Exemple : une US datée de la seconde moîtié du XIV siècle
sera dans l'inventaire notée XIV:B.
La détermination des groupes techniques ou caté-
gories de pâtes s’est établie selon les critères tra-
ditionnels de couleur de pâte, de texture (nature,
quantité, granulométrie des dégraissants) et de
traitement de surface (essentiellement caracté-
ristiques de la glaçure). Le mode de façonnage ne
s’est pas avéré discriminant car, à deux exceptions
près”, tous les groupes techniques sont tournés.
Devant la quantité et la diversité des pâtes en pré-
sence, témoignant de la durée d'occupation du site
sur plusieurs siècles, une classification propre a
été rnise en place!!° : sept grands groupes de pâtes
ont été déterminés sur un critère général de tex-
ture, désignés par les lettres À, B, C, D, E, F, G, P.
Au sein de ces groupes, une numérotation (Al, A2
etc...) a été octroyée aux pâtes observées qui pré-
sentent des aspects ou caractéristiques distinctes.
On dénombre un total de 33 catégories de pâtes.
Nous mentionnons ici les groupes principaux et
renvoyons à l'annexe et au corps de l’étude pour la
description précise de tous les groupes techniques :
- groupe À (Al à A7) : pâtes fines tendres (glaçures
sans engobe) ;
- groupe B (BI à B4) : pâtes fines à moyennement
fines feuilletées (glaçures sur engobe) ;
- groupe C (Copeint à C5) : pâtes sableuses ;
- groupe D (D1 à D4) : pâtes non micacées à inclu-
sions grossières ;
- groupe E (E1 à E5) : pâtes micacées à inclusions
grossières ;
- groupe F (F1 et F2) : faïence ;
- groupe G (G1 à G3): grès ;
- groupe P : porcelaine.
109 Groupes E3 et Es.
110 Voir annexe 3 . Dans la mesure du possible, des
équivalences sont établies avec le répertoire du Centre-
Quest de la France du réseau ICERAMM (« Information
sur la CERA Médiévale et Moderne » dirigé par Philippe
Husi : http://iceramm.univ-tours.fr.116
Les études céramiques convoquées pour comparai-
son concernent essentiellement des sites du Poitou
(Niort!!!, Melle! Poitiers'!) et de la Charente-
Maritime (La Rochelle!l#, La Laigne!!*) ; des ou-
vrages de synthèse et travaux de recherches récents
permettent également des comparaisons avec les
productions médiévales et modernes de la Sain-
tonge!!f et du pays charentais!!7.
5. Les études du mobilier archéologique
La présentation du mobilier céramique se fait en
fonction des grandes phases chronologiques dé-
gagées à l’issue de l'étude. D'ores et déjà, on peut
dire que la représentation quantitative est inégale
(graph. 1) : pour le Moyen Âge, Les X°-XII° siècles
occupent une faible part de l’ensemble alors que
les XIII-XIV* siècles recouvrent la plus forte pro-
portion du lot ; la période de transition entre les
époques médiévale et moderne (XV® et surtout
XVI siècles) est bien représentée contrairement à
la période moderne dont les niveaux ont manifes-
tement subi d'importantes perturbations : les in-
dices du XVII siècles sont absents et le plein XVTIT*
n’est que discrètement représenté. En revanche, les
niveaux contemporains (fin XVIII-XX® siècles)
livrent un mobilier abondant.
m Xe-XIle
2 XIIIe-XIVe
= XVe-XVIe |
a XVIIIe
a fin XVIIIe-XIXe-xXe
Graphique 1 - Répartition des tessons par grandes phases chronologiques (en %)
111 Le Donjon et la place du Donjon : VEQUAUD 2006
et VEQUAUD 2012 ; la rue de Fontenay : CHIRON-
CHAMPAGNE 2012 ; le parking du Moulin du Milieu :
VEQUAUD 2008: ; L'Ecole Michelet-Filles : HENRY 1990 ;
L'Espace Niortais « îlot n°1 » : VEQUAUD 1997.
112 Place Bujault : VEQUAUD 2008b et MARCHAND 2010.
113 VEQUAUD 2603 et VEQUAUD 2067.
114 La Place de Verdun-Château Vauclerc (VEQUAUD sous
presse) ; la Rue Verdière (VEQUAUD, POUPONNOT,
VALLET 2010) ; Gabut II (NIBODEAU 2069) ; la Porte
Maubec (NORMAND 2069b).
115 VEQUAUD 2064.
116 HUGONIOT 2002 ; CHAPELOT 1975.
117 NORMAND 26694 et NORMAND 2011.« Donjon », Niort (Deux-Sèvres). HADÈS, 2014
5.1.1. LES X5-XTIIS SIÈCLES (FIG. 129)
Comme il vient d’être mentionné en introduction,
les indices céramiques qui caractérisent cette phase
sont peu abondants et représentent moins de 3%
du total NR'F (graph. 1). Les niveaux en place cor-
respondent aux US 1245, 1255 et 1258.
Les vases sont tournés et les parois sont plutôt
fines ; le seul fond conservé porte des traces de dé-
collement à la ficelle (fig. 129, n° 4).
Les pâtes : des six catégories céramiques détermi-
nées, la pâte rosée à aspect soyeux, peu micacée,
finement sableuse à inclusions de quartz (C5) est la
plus représentée avec 18 tessons ; les autres n’appa-
raissent que de façon anecdotique :
- un tesson (US 1245) en pâte orangée bien cuite à
grosses inclusions de quartz et de mica (E4) ;
- deux tessons (US 1245/1258) en pâte blanche avec
inclusions rouges affleurantes et abondantes (D1) ;
- un fond (US 1245) en pâte rosée finement dé-
graissée (D2) ; |
- un bord (US 1255) en pâte sableuse très cuite de
teinte orangée (C2) qui sera très présente dans la
- phase chronologique suivante ;
- enfin, le seul tesson en pâte sableuse blanche à dé-
cor peint (COpeint) rencontré sur le site se trouve
en position résiduelle dans l'US 1279 : à la lèvre
éversée en amande est attachée une anse rubanée
qui porte un décor de virgules horizontales peintes
de couleur ocre-rouge (fig. 129, n° 1). D’après les
données comparatives, cet élément pourrait s’ap-
parenter aux productions peintes régionales des
X°-(fin IX° ?)-XT° siècle!!?.
Les formes : la lèvre en bandeau court (fig. 129,
n° 2, 5 et 6) peut appartenir à des vases de cuis-
sons comme à des vases à liquide. La cruche de
l'US 1245 (n° 2) est munie d’un bec verseur rap-
porté dont la base est pincée. Une anse diamétrale-
ment opposée est attachée sur la lèvre. Ce type de
118 On en dénombre 28, dont 8 en position résiduelle (dans
les US 1065/1170/1175/1273/1279).
119 Voir notamment VEQUAUD 2006 p. 25 et CHIRON-
CHAMPAGNE 2012, p. 92. Ces céramiques peintes sont
largement attestées au X‘siècle en Poitou. Elles disparaissent
dans le courant du siècle suivant. Pour la correspondance
typologique du pot n°1, voir par exemple VEQUAUD 2906,
fig. 22 n°18 (Niort) où MARCHAND 2010, fig. 77 n°93
(Melle).
lèvre en bandeau apparaît au X* siècle et se main-
tient, dans une grande diversité de variantes mais
sans majeure évolution apparente, jusqu’à la fin du
XIT° siècle voire au début du siècle suivant!?, Ici,
les profils en bandeau peuvent être rapprochés des
vases découverts sur le site de l'Espace niortais ?.
La lèvre éversée à gorge interne (fig. 129, n° 3),
également façonnée en pâte C5, ne doit pas éton-
ner : la coexistence de la lèvre en bandeau et de la
lèvre éversée à gorge est attestée à Niort pour cette
époque!?.
Notons, dans les niveaux en place, l’absence de cé-
ramique peinte et de céramique à glaçure primitive
qui ne peut permettre d'en préciser la datation.
5.1.2. LES XITT-XIVE SIÈCLES
(FIG. 130 ET 131)
La période des XIII et XIV® siècles est la mieux
représentée sur le site : elle correspond à 38 % du
NR total (graph. 1) et se trouve matérialisée par
quelques 300 tessons, répartis sur 10 niveaux!*. Les
US 1170, 1229 et 1269 contiennent le mobilier le
plus abondant et représentatif.
Les pâtes : les catégories céramiques présentes dans
la phase précédente tendent à disparaître au profit
d’une plus grande variété de pâtes. Si les pâtes C5
et E4'* perdurent de façon anecdotique (respec-
tivement deux tessons dans l'US 1170 et un bord
dans l'US 1279), de nombreux groupes techniques
apparaissent :
- les pâtes sableuses très cuites non micacées à
parois fines (C1/C2/C3) sont les plus nombreuses
avec 206 tessons. Elles peuvent être de teinte claire
(CL), rouge-orangée (C2) ou grise, ce qui informe
sur des modes de cuisson variés qui ne semblent
toutefois pas discriminer des productions. Les
parois extérieures des vases ont fréquemment reçu
120 VEQUAUD 2004, p. 361 et suivantes.
121 Datés autour des X°-XT° siècles : VEQUAUD 1997, PL. V
et VII.
122 VEQUAUD 1997, p. 52 (voir par exemple PLV n° G59-4
et 065-5).
123 US 1141, 1164, 1170, 1190, 1222, 1228, 1229, 1231, 1269
et 1279.
124 De façon intéressante, la pâte E4 semble à cette période
surtout utilisée pour la confection de tuiles canal fines
abondantes dans les niveaux 1179, 1273, 1279 et 1164.118
une glaçure mouchetée externe de teinte vert clair
(C1el/C2gl/C3gl) et deux tessons portent respecti-
vement sous la glaçure un décor imprimé à la mo-
lette et au poinçon circulaire (fig. 130, n° 14 et 15).
De pareils décors ont été décrits pour cette période
sur le site du Donjon de Niort'#, ainsi qu'à Melle"*.
Un petit tesson de panse montre également un mo-
tif ondulatoire incisé (pâte C3, US 1229) ;
- la pâte surcuite orangée micacée (E2) est repré-
sentée pour ces niveaux à hauteur de 33 tessons ;
la pâte E3 (3 tessons) lui est très proche mais s'en
distingue par son façonnage par modelage : les pa-
rois très épaisses renvoient à des ponnes ou vases
de stockage. Ces deux groupes techniques seront
encore présents dans les niveaux modernes ;
- enfin, notons l’apparition d’une pâte claire et fine
saintongeaise qui reste en proportion assez faible
sur le site (28 tessons)'7. Cette pâte peut être dénuée
de traitement de surface (A1-6 tessons), couverte
d’une glaçure extérieure verte mouchetée (A3-
15 tessons) rarement striée au peigne, ou décorée
de motifs polychromes vert-brun (A2-8 tessons).
La glaçure mouchetée incolore de teinte jaune clair
(A4) ne concernent quant à elle que 3 tessons dont
un à motif estampé engobé (fig. 131, n° 22).
Les formes :
Plusieurs types de bords, associés à des formes fer-
mées, coexistent dans des proportions différentes.
- la lèvre en bandeau, encore abondante à cette pé-
riode à Niort! ou à Melle”, n’est représentée ici
que par un seul individu (US 1222 - fig. 130, n° 7);
sa forme allongée marque les XIII-XIV® siècles,
sachant que ce profil tend à disparaître dans le cou-
rant du XIV® siècle!* ;
- la lèvre éversée à gorge interne est représentée par
sept bords!! (fig. 130, n° 8, 9, 10 et fig. 131, n° 24) ;
l'individu n° 10 est muni d'au moins une anse
attachée sur la lèvre. Cette forme est notamment
125 VEQUAUD 2006, p. 24 et VEQUAUD 2012, p. 52.
126 VEQUAUD 2008, $ IL.4.2 fig.11 et MARCHAND 26010,
fig. 80 n° 104.
127 Présentes dans 4 US : US 1170 (x1) ; US 1229 (x21) :
US 1242 (x2) et US 1269 (x4).
128 HENRY 1990, fig. 27.
129 MARCHAND 2010, p. 86.
130 VEQUAUD 2004, p. 361 et suivantes et VEQUAUD
2007, p. 115.
131 Dont un résiduel en US 1175.
5. Les études du mobilier archéologique
comparable aux profils de vases issus des sites de
Niort'*? ou de Melle *. Le récipient n° 24, désigné
comme une cruche par le départ visible d’un bec
verseur, est décoré de cordons digités verticaux ;
- cette phase chronologique est résolument ma-
térialisée par l'apparition d’une nouvelle forme
de récipients au bord long et soupe dont l'extré-
mité en quart-de-rond est sensiblement rentrante
(fig. 130, n° 11 et 12 ; fig. 131, n° 16). Les 18 indi-
vidus!# répertoriés, tous façonnés en pâte sableuse
(C1/C2/C3) incarnent à la fois des vases destinés à
la cuisson (traces d’exposition au feu nombreuses)
et de vases à liquide munis d’un bec rapporté (fig.
130, n° 12). Il reste difficile, en l’absence de formes
complètes, de déterminer alors s’il s’agit de cruches
ou de pichets. Le fond le mieux conservé qui ren-
voie à cette forme présente un pied faiblement ba-
lustre (fig. 131, n° 17). On a vu que la glaçure mou-
chetée est fréquente et ne concerne que l'extérieur
du vase. Ce profil, considéré comme une forme
évoluée du bandeau développé! est abondam-
ment attesté à Niort'%, à Melle, ou encore signalé
à La Laigne!#. Selon les contextes céramiques et
stratigraphiques, cette forme est rattachée avant”
ou après!# le milieu du XIV* siècle ;
- l'unique bandeau évolué à extrémité biseautée
(fig. 131, n°26), issu de l’US 1242, est également
compatible avec une datation du bas Moyen Âge,
des XIV°-XV" siècles. Cette forme ne trouve pas de
comparaison sur Niort mais elle est fréquente dans
le mobilier poitevin"*!.
132 Voir le contexte 300 de l'Ecole Michelet-Filles : HENRY
1990, fig. 26 et le Donjon de Niort : VEQUAUD 2012, p. 53
n° 5et6.
133 VEQUAUD 2008b, fig. 13 n° 11.
134 Dont trois en position résiduelle dans les US 1064-1079.
135 VEQUAUD 2012, p. 52.
136 À l'Ecole Michelet-Filles : HENRY 1990, fig. 26 n° 13 ;sur
la place du Donjon : VEQUAUD 2012, p. 53 n° 8 ; à l'Espace
niortais « îlot n° 1 » : VEQUAUD 1997, PL. II n° 049-4 ;
Rue de Fontenay, en position résiduelle, CHIRON-
CHAMPAGNE 2012, fig. 106 n° 1266-01.
137 VEQUAUD 2008b, fig. 13 n° 4, 5, 14, 15, 16 et
MARCHAND 2010, fig. 79 n° i0E.
138 VEQUAUD 2004, p. 576, fig. 10 n° 5.
139 À Melle par exemple : VEQUAUD 2008b, $ 114.3.
140 C'est le cas à La Laigne : VEQUAUD 2804, bâtiment 16.
141 Elle s'apparente au pot 13c : VEQUAUD 2063, p. 75
fig. 17.« Donjon », Niort (Deux-Sèvres). HADES, 2014
Les vases à liquide en pâte fine saintongeaise sont
au nombre de sept. L’individu à lèvre triangulaire à
méplat (fig. 131, n° 18) montre le départ d’un bec
rapporté mais son état de conservation ne permet
pas de trancher entre un pichet et une cruche. La
glaçure verte mouchetée extérieure est rythmée
par des stries horizontales peignées. Ce traitement
de surface est généralement associé à des niveaux
XIIT-première moitié XIV* siècle ®. Il est éta-
bli que la glaçure verte mouchetée est remplacée,
dans le courant du XIV* siècle, par des produc-
tions à glaçure jaune mouchetée et à décors poly-
chromes!#, Deux pichets assez bien conservés, issus
des US 1229 et 1269, sont décorés de motifs poly-
chromes vert-brun sous glaçure transparente. Le
premier (fig. 131, n° 20) voit sa lèvre triangulaire à
méplat soulignée par une bande horizontale. Sans
doute ce bord fonctionne-t-il avec le fond (fig. 131,
n° 21) dont la base faiblement débordante est aussi
marquée par deux bandes vert-brun tandis que sur
la panse se développe un décor vertical. Le pichet
de l'US 1269 correspond à une forme bien connue
du type « La Chapelle-des-Pots » (fig. 131, n° 23):
la lèvre est en quart-de-rond et un ressaut externe
marqué reçoit l’attache de l’anse (non conservée
ici). L'état de conservation du vase ne permet pas
d'y associer un motif figuré mais le motif géomé-
trique vert et brun se développe lisiblement sous
le ressaut et sous le bec rapporté. La morphologie
et le décor placent ce pichet dans le courant, peut-
être la seconde moitié du XIV*siècle *. Contempo-
rain à cette production se rattache le tesson décoré
d’un motif estampé et peint à l’engobe sous glaçure
incolore (fig. 131, n° 22). Peut-être s’agit-il ici de la
queue /crête d’un gallinacé'*.
Deux grands vases de réserve, issus des US 11790 et
1164, sont modelés en pâte grossière claire micacée
E3 (fig. 130, n° 13); la lèvre à méplat est saïllante ;
la fonction décorative du large cordon digité hori-
zontal, systématiquement associé à ces formes, est
doublée d’une fonction technique de renfort du
vase. Les rapprochements typo-chronologiques
sont nombreux'“.
142 VEQUAUD 2004, p. 379.
143 Ibid. et VEQUAUD 2010, p. 276.
144 Ibid. fig. 233 0° 21-22. |
145 HUGONIOT 2602, p. 165-106.
146 Voir par exemple à Melle : VEQUAUD 2008b, fig. 13
n° 12.
119
Enfin, on note la présence d’un bord de couvercle
(fig. 131, n° 25) dont le diamètre et la forme glo-
bale restent indéterminés. Il porte de manifestes
traces intérieures de chauffe.
À part une queue creuse de préhension qui a pu ap-
partenir à un poêlon ou à une lèchefrite (US 1222
en pâte C2), l'absence de formes ouvertes tradi-
tionnellement associées au bas Moyen Age (réci-
pients culinaires, jattes ou mortiers) est notable. De
même, aucune tasse n'a été répertoriée.
Est-il possible d’affiner la fourchette chronologique
de ces niveaux ?
Si l'on compare le mobilier des US 1170 et 1229
(fig. 131 et 132 et annexe 3), on constate d'abord
que les deux niveaux présentent des caractères très
proches dans la proportion de pâtes sableuses à
glaçure mouchetée, la présence de bords longs et
souples et l'absence de lèvres en bandeau. Toute-
fois, la présence de pichets décorés saintongeais
dans l’US 1229 permet de considérer cette dernière
comme postérieure à l'US 1170 qui ne livre qu'un
seul tesson à glaçure verte mouchetée peignée.
Ainsi nous proposons le XIII*-début XIV* siècle
pour US 1170 (et avec elle les US 1164 et 1279) et
le courant du XIV* siècle (milieu-seconde moitié ?)
pour l’US 1229 (et les US 1269, 1231, 1242).
5.1.3. LES XV°-XVT SIÈCLES
(FIG. 132 ET 133)
Bien que quantitativement moins représentée que
la période précédente, cette phase chronologique
est nettement lisible dans l’ensemble céramique.
Les quelques 223 tessons qui la caractérisent, soit
28 % du NR total (graph. 1), sont répartis prin-
cipalement sur sept niveaux : US 1079, US 1084,
US 1127, US 1138, 1140, 1143, 1281.
Les pâtes : les pâtes micacées E2 et E3 perdurent
mais plusieurs catégories céramiques apparaissent
dans des proportions variées :
- Ja pâte fine très blanche AS est associée à des
parois fines à glaçure vert clair homogène. Elle est
matérialisée par 23 tessons ; il s’agit d’une produc-
tion très présente à Surgères (mais d’origine indé-
terminée) marquant les XV*-XVT siècles? ;
147 Equivalence ICERAMM su2f : http///iceramm.univ-
tours.fr/index.php. Je remercie ici Eric Normand pour la
confirmation faite de cette équivalence.120
- la pâte claire plus ou moins grossière associée à
une glaçure verte intérieure sur engobe (D3) est
contemporaine et se trouve également mise en évi-
dence sur le site de Surgères'*# ; elle est caractérisée
par 48 tessons ;
- la pâte El est claire, micacée et de texture plus
ou moins grossière ; abondamment représentée
(94 tessons), son origine de production reste indé-
terminée! mais elle est systématiquement associée
au groupe technique précédent D3 ;
- la pâte D4 renvoie à la production lavalloise dite
« Rose-Bleu »!% qui marque à Niort le XVI° siècle
(fin XV°-tout début XVII° siècle) “! ; on en réper-
torie 37 tessons dans le lot étudié! ;
- onze tessons de grès sont présents dans les ni-
veaux considérés® ; il s’agit essentiellement d’un
grès sombre (G1) probablement de production
normande. L'importation de grès est attestée dans
la région Poitou-Charentes au XVI° siècle mais,
concurrencé par la « Rose-Bleu », il y reste rare*.
- de façon anecdôtique, la pâte A2 est matérialisée
par une petite anse de section ovale à décor poly-
chrome (US'1142),
- enfin, un unique tesson en pâte E5 (US 1079)
évoque la production dite « Modelée Grise Mo-
derne » ® : cette céramique à cuisson réductrice
non tournée originaire de Charente couvre les
XVIS-XVIF siècles'#,
Les formes conservées renvoient exclusivement à
des vases fermés.
148 Ibid. équivalence ICERAMM sulls.
149 Jbid., équivalence ICERAMM 17i?
150 Jbid., équivalence 10a.
151 Déjà attestée sur le site du Donjon (VEQUAUD 2012,
p. 52) et sur le parking du Moulin du Milieu (VEQUAUD
2008a p.32).
152 US 1079, 1140, 1143, 1215, 1231, 1273, 1281. Dix tessons
sont en position résiduelle (US 1012, 1064, 1065, 1154).
153 Concentrés dans les US 1140, 1143, 1079.
154 NORMAND et al. 2011, p. 41-43.
155 Cette production, très particulière au sein des
productions modernes et aisément caractérisable, a
fait l’objet de recherches ciblées au sein du PCR dirigé
par Eric Normand, voir NORMAND et al. 2069a, p.
44-59.
156 Elle est cependant présente dès la fin du XV* siècle à
PAbbaye de Fontdouce (près de Saintes) et dans un contexte
du XVII siècle aux Capucins d'Angoulême, ibid. p. 44-45.
5, Les études du mobilier archéologique
Les vases à liquide sont faiblement représentés :
la petite cruche à bec tubulaire court de l'US 1079
(fig. 132, n° 31) a reçu une glaçure verte homo-
gène extérieure et sa fonction filtrante est assurée
par quatre perforations de la panse au niveau du
bec ; l'individu en grès sombre livré par l'US 1143
(fig. 133, n° 37) semble quant à lui correspondre
à un pichet : le col très haut est terminé par une
lèvre saillante triangulaire biseautée qui montre
un départ de bec tiré probable. Il fonctionne avec
un fond plat à parois fines (fig. 133, n° 38) dont
le diamètre reste indéterminé (environ 14 cm ?).
Il s'apparente au mobilier découvert sur le site des
Cordeliers à Poitiers".
Les pots à cuire sont plus fréquents : les bords droits
ou obliques répondent à quatre profils proches
mais distincts :
- un bord long et droit à extrémité triangulaire bi-
seautée (fig. 132, n° 28 ; fig. 133, n° 36 et 39). Les
récipients, munis d’une ou deux anses, sont tous
_façonnés en pâte El et peuvent être décorés de cor-
dons digités verticaux qui viennent mourir sous la
lèvre (n°36) ou se ponctuent par des tétons (n° 39).
Cette forme est, par comparaison, encore impar-
faitement datée : on la trouve à Niort sur le site de
l'Espace Niortais® et de l’Ecole Michelet-Filles'”
ainsi qu’à Poitiers * ;
- dans la même pâte et dans la même US, deux pots
à cuire exposés au feu possèdent une lèvre droite
plus courte à sommet en méplat (fig. 133, n° 32
et 33). Le fond plat montre une petite base débor-
dante et les parois sont relativement épaisses. Cette
forme est comparable au pot 12b de la typologie
de Poitiers!$! et peut être rapproché d’un récipient
issu d’un niveau daté du XVI siècle de la Rue Fon-
tenay'® ;
- aux pots à glaçure interne sous engobe (D3) cor-
respondent deux types de bords : le bord oblique
à extrémité en méplat (fig. 132, n° 27 et 30) et le
bord en forme de ‘S’ (fig. 133, n° 34). Ce dernier
157 NORMAND et al. 2011, p. 43 fig. 7.
158 VEQUAUD 1997, PL. IV n°44-10 (contexte perturbé
XITI-XVT siècles).
159 HENRY1990, fig. 30 n° 179-29 (contexte des carrières
du XVT: siècle).
160 VEQUAUD 2003, pot 13a, p. 71 et fig. 17.
161 VEQUAUD 2003, fig, 17.
162 CHIRON-CHAMPAGNE 2012, fig. 109 n° 1004-65.« Donjon », Niort (Deux-Sèvres). HADES, 2014
profil est fréquent dans le mobilier charentais mo-
derne et semble surtout marquer la seconde moîitié
du XVI siècle!®.
Le vase de réserve issu de l'US 1084 (fig. 132,
n° 29) présente des caractéristiques semblables à
ceux de l’époque précédente mais la lèvre à méplat
rentrante est moins saillante et le cordon digité est
doublé d’un cordon simple.
Le seul couvercle répertorié, façonné en pâte fine
A5, est issu de l'US 1143 (fig. 133, n° 35). De faible
diamètre (environ 8 cm), il est muni d’un bouton
de préhension et sa paroi extérieure est couverte
d'une glaçure verte homogène. Il est tentant de le
rapprocher de la cruche n° 31.
L'éventuelle présence du type lèchefrite est peut
être trahie par une queue de préhension creuse
dans l’US 1079 mais les indices céramiques sont
pauvres et trop ténus pour l’affirmer.
Enfin, à côté de la vaisselle de table, il faut mention-
ner les formes de pot à beurre en « Rose-Bleu » qui
sont matérialisées par cinq NMI, dont trois dans
VUS 1281 (fig. 133, n° 40 à 42).
La confrontation des données céramologiques, nu-
mismatiques et stratigraphiques permet d'affiner
la chronologie de ces niveaux. En termes relatifs,
il est clair que la séquence des US 1138/1083/1084
est antérieure aux niveaux 1079/1140 et 1143.
Or VUS 1138 a livré une monnaie frappée dans
la première moitié du XV° siècle!$* tandis que les
US 1079/1140 et 1143 contiennent toutes trois des
tessons de « Rose-bleu » et de grès, productions
qui apparaissent en Poitou-Charentes vers la fin
du XV:-XVI: siècle. Considérant l’homogénéité
du mobilier céramique et de la séquence stratigra-
phique de ces ensembles, on envisage une conti-
nuité chronologique du milieu du XV siècle à la
première moitié du XVT°.
L'apport de ces données aux connaissances céra-
mologiques est considérable puisqu'elles per-
mettent de situer une production homogène tant
par la pâte (E1) que par la morphologie des vases
de cuisson à bord droit et à lèvre biseautée ou plate
(fig. 132, n° 28 et fig. 133, n° 32, 33, 36 et 39).
163 Voir par exemple à La Rochelle : NORMAND 2068b,
isolat 3003-04 (Porte Maubec) et NIBODEAU 2009, fig. 4
p. 93 (Gabut Il).
164 Voir étude numismatique, chp. 5.2.
5.1.4. LES XVIIF-XIX® SIÈCLES
(FIG. 134 ET 135)
Au préalable, soulignons l'absence remarquable
d'indices céramiques caractérisant le XVII siècle :
s'agit-il d’un hiatus dans l’occupation du site ou
d’une vidange de ces niveaux ? Ensuite, notons que
les niveaux marquant le XVIII: siècle (US 1150,
1172, 1154, 1067/1068) sont peu nombreux et ne
concernent qu'une soixantaine de tessons soit en-
viron 7 % du NR total (graph. 1). Les autres ni-
veaux offrent un mobilier mélangé ou significatif
de la période contemporaine.
Le vaisselier qui matérialise cette phase consiste en
250 tessons environ répartis sur 28 US'$.
Les pâtes :
- les pâtes claires à rouges moyennement fines
feuilletées à glaçure posée sur engobe sont les plus
nombreuses : B2 (glaçure vert pomme -61 tes-
sons), B3 (glaçure jaune avec ou sans taches noires
-37 tessons), B4 (glaçure rouge ou jaune avec décor
rouge ou blanc inversé -3 tessons) ;
- la pâte fine claire avec glaçure verte A6 sans en-
gobe concerne 38 tessons ;
- la pâte rouge moyennement fine à sableuse est
souvent associée à une glaçure brune (A7/A7gl
-30 tessons) ;
- la pâte sableuse micacée C4 peut être associée à
une glaçure vert kaki Cägl (20 tessons) ;
- la faïence reste assez faiblement représentée :
la pâte F1 (36 tessons) correspond à une glaçure
stannifère blanche décorée (liserés jaune/bleu) ou
non ; le groupe technique F2 renvoie à une pâte
rouge fine à moyennement fine à glaçure intérieure
blanche et à « cul noir » (9 tessons) ;
- le grès reste anecdotique : grès sombre (G1 -2 tes-
sons) ; grès clair (G2 -2 tessons) ; grès à cœur gris et
paroi intérieure orangée (G3 -1 tesson) ;
- la porcelaine n’est pas décorée (3 tessons).
Les formes : les formes conservées concernent très
majoritairement des récipients ouverts et renvoient
à un catalogue réduit'$,
165 US1012/ 1015/1018/ 1039/ 1048/ 1964/ 1065 / 1067_1068
1 1068 / 1070 / 1071 / 1108 / 1131 / 1144 / 1150/ 1152 / 1154
11172/ 1174/ 1176 / 1183 / 1198 / 1205/ 1208 / 1211 / 1212.
166 À noter un pied de vase tripode dans l’US 1176 (pâte
C3) et un élément central provenant probablement d'un
réchaud dans l’US 1231.L’US 1172 est le niveau le plus homogène qui
marque cette phase moderne récente. Le pot à lèvre
déjetée en forme de « S » en 1172 (fig. 134, n° 43)
peut marquer la seconde moitié du XVII siècle
mais il s'accompagne de formes ouvertes de pro-
duction saintongeaise typiques du siècle suivant : la
jatte dont la lèvre éversée enroulée forme un court
marli concave (fig. 134, n° 44) porte un décor de
taches noires sur glaçure jaune!*” ; la jatte profonde
à lèvre verticale (fig. 134, n° 45) et l'assiette creuse
à lèvre enroulée (fig. 134, n° 46) ont toutes deux
reçu une glaçure vert pomme sur un engobe blanc
caractéristique du XVIII siècle. Cette dernière
forme, particulièrement bien représentée dans le
lot céramique du donjon peut aussi porter un dé-
cor de pastillage blanc sur glaçure rouge (fig. 134,
n° 49). Ce motif, également typique du XVIII: siècle
saintongeais" se trouve aussi décliné sur le marli
d’un plat issu de l'US 1154 (fig. 134, n° 47) ; il est
contemporain des motifs de cercles associés à des
points (fig. 134, n° 48)!!. Ce dernier tesson, issu de
l'US 1144 se trouve toutefois en position résiduelle.
Le pichet en grès clair (du Beauvaisis ?) à col haut
et petit bec pincé (fig. 134, n° 50) est ainsi datable
du XVIII siècle.
La fin du XVTIIF- siècle et le siècle suivant sont illus-
trés par un plat oval festonné en faïence ‘à cul noir’
décorée!”? (fig. 135, n° 51) ; la jatte à rebord en
baïonnette (fig. 135, n° 52), ici également en pâte
F2, se rencontre fréquemment en céramique glaçu-
rée au XIX: siècle'”.
167 Elle répond aux mêmes caractères typologiques que les
jattes de la Rue Verdière (POUPONNOT 2010, p. 291 fig.
242) et s'apparente à la production de La Chapelle-des-Pots
(HUGONIOT, 2002, p. 164, n° 436 et 438).
168 Ces formes et ce traitement de surface sont également
une production de La chapelle-des-Pots très répandue
dans toute la Saintonge. Voir par exemple à Niort (Moulin
du Milieu) : VEQUAUD 20082, p. 32, fig. 15, n° 8,9et 13;
à La Rochelle (Rue Verdière) : VALLET 2010, fig. 249 ou
HUGONIOT 2002, p. 149.
169 HUGONIOT 2002, p. 166.
170 HUGONIOT 2002, p. 166 n° 446.
171 Ce décor est fréquemment appliqué à des formes
ouvertes, HUGONIOT 2002, p. 165 et p. 170 mais on le
trouve aussi associé à des pichets, ibidem p. 114.
172 Cetype de faïence reste mal connu : s’il apparaît à Rouen
au début du XVIII siècle, il n’est pas attesté dans la région
Poitevine avant la fin du XVIIT° et se répand abondamment
au cours du siècle suivant, voir CHIRON-CHAMPAGNE
2012, p. %.
173 HUGONIOT 2002, p. 167.
5. Les études du mobilier archéologique
On peut enfin décrire pour les niveaux contempo-
rains une jatte à collerette et bec verseur (fig. 135,
n° 53) ; une jatte à lèvre simple à gorge intérieure
(fig. 135, n° 54) ; une jatte de type gardale à lèvre
en poulie (fig. 135, n° 55) ; un plat à pied annu-
laire dont la glaçure brune interne déborde sur
l'extérieur de la lèvre (fig. 135, n° 56) et enfin une
forme fermée (cruche ?) à lèvre éversée à gorge in-
terne qui a reçu une glaçure de teinte marron clair
(fig. 135, n° 57).
Aucun vase lié aux fonctions d'hygiène (bassin,
plat à barbe, pot de chambre, pot de chaise percée)
n’a été répertorié.
5.1.5. CONCLUSION
En termes de chronologie diachronique et d’oc-
cupation, le mobilier céramique témoigne de
quelques dix siècles de présence humaine et de ni-
veaux plus ou moins denses ou perturbés : aux deux
extrêmes chronologiques, peu d’indices subsistent
de la période médiévale haute des X°-XIT siècles et
les niveaux modernes semblent avoir été largement
victimes d'aménagements contemporains ; en re-
vanche la fin du Moyen Age et le début de l’époque
moderne (XIII-XVI® siècles) sont illustrés par un
mobilier abondant et homogène.
Toutes périodes confondues, le site du donjon livre
exclusivement de la vaisselle de nature domes-
tique liée à la cuisson, préparation, conservation et
service des aliments et des liquides. Somme toute,
il faut souligner que les formes en présence sont
relativement peu variées ; de nombreuses formes
traditionnellement répertoriées sont absentes ici
du catalogue typologique : mentionnons pour le
Moyen Âge, l'absence (ou présence anecdotique)
de poélons, lèchefrites, jattes, mortiers ou tasses ;
pour le XVI siècle, on s'étonne de ne compter
aucune forme ouverte (écuelles ou jattes) et le
type réchaud est absent du mobilier moderne. En
revanche, l'étude céramique permet d’associer
certaines formes abondamment présentes à des
phases chronologiques déterminées : si les pots à
cuire et vases à liquides à la lèvre longue et souple
(fig. 130, n° 11 et 12, fig. 131, n° 16) étaient déjà
largement connus pour illustrer la culture maté-
rielle céramique des XIII®-XIV® siècles, on sait
désormais que les pots ansés à bord droit à lèvre
biseautée ou plate, parfois agrémentés de décors« Donjon », Niort (Deux-Sèvres). HADÈS, 2014
rapportés (fig. 132, n° 28 et fig. 133, n° 32, 33, 36
et 39), caractérisent à Niort la seconde moitié du
XV* et la première moitié du siècle suivant.
La vaisselle décrite est commune et, à part peut-
être les pichets polychromes du XIV* siècle, rien ne
permet de mettre en avant un mobilier lié à une
classe sociale aisée.
La vaisselle médiévale semble majoritairement
d’origine locale et la production saintongeaise du
type « Chapelle-des-Pots », si elle est bien présente,
reste discrète. À la période suivante, les abondantes
productions locales, qui restent toutefois d’ori-
gine indéterminée (pâtes A5, D3, El), côtoient
des importations qui deviennent plus lisibles à
travers les tessons de « Rose-Bleu » et de grès. La
phase moderne n’a pas livré de proto-faïence et le
XVII siècle, essentiellement caractérisé par les
productions de La Chapelle-des-Pots, trahit une
importation du grès du Beauvaisis.
123124
5.2. LÉTUDE NUMISMATIQUE
(FRANCIS DIEULAFAIT)
Stabilisation-restauration : laboratoire Materia Viva-Toulouse
5.2.1. REMARQUE
Dans une même US, il est fréquent de trouver du
matériel numismatique couvrant un arc chrono-
logique assez large. Pour donner au responsable
de l'opération un élément supplémentaire à sa ré-
flexion nous ajoutons aux données métrologiques
traditionnelles prises sur chaque pièce - poids,
diamètre, axe - une information qualifiant son état
d'usure. Cette donnée, qui reste subjective, essaie
de caractériser l'usure due à la circulation et faire
abstraction de l’état de conservation lié au séjour
dans le sol.
Cet état d'usure est noté sur une échelle qui com-
porte 5 valeurs, symbolisées par des étoiles, comme
suit :
* : fruste, rien n’est lisible.
*# : légendes et types quasi illisibles, beaucoup plus
de manques que d'éléments visibles.
##* : légendes et types lisibles mais certaines lettres
ou des détails effacés.
###* : légendes et types entièrement lisibles mais
reliefs usés.
#PHX ; état presque sans usure.
5.2.2. CATALOGUE (FIG. 136 ET 137)
US 1039 - iso 3
Droit : fruste.
Revers : fruste.
Cuivre, monnaie moderne, module du liard de
France de Louis XIV.
Diamètre : 21,5 mm;poids:2,22g;axe:-h;état:*.
US 1062 - iso 9 .
Droit : LOUIS XVI - ROY DES FRANÇAIS
(cœur) 1793 BB ; buste à gauche.
Revers : [la nation] LA - LOI LE ROI (molette)
L’'AN 5 DE LA {liberté], [2] - S$ ; faisceau surmonté
du bonnet phrygien, dans une couronne de chêne.
Cuivre, pièce de 2 sols de Louis XVI frappée à
Strasbourg en 1793.
Diamètre : 32 mm ; poids : 24,04 g ; axe : 6 h ; état : ***.
Réf. : Dup. 1722.
5. Les études du mobilier archéologique
US 1071 - iso 1
Droit : REPUBLIQUE FRANÇAISE (sans accent
sur le E de REPUBLIQUE) ; tête de la République
à gauche, cheveux longs, coiffée d’un bonnet phry-
gien ; dessous signature Dupré en cursif entre
2 points. Grènetis de 50 perles.
Revers : UN / CENTIME / L’AN 6 * / À. Grènetis
de 50 perles.
Bronze, pièce de Un centime, type Dupré, frappée
à Paris en 1797-1798.
Diamètre : 18 mm; poids : 1,72 g;axe:6 h ; état : *****,
US 1079 (interface 1071/1079) -— iso 7
Droit : LeXIIII-ROY (2 roses ? en sautoir)
DE*FR°ET°eDE*NA ; buste juvénile couronné à
droite.
Revers : [IIARD / Dfe] / [france], À entre 3 lis.
Cuivre, liard de France de Louis XIV frappé à Paris
en 1655-1658.
Diamètre : 22 mm ; poids : 2,88 g;axe:7h;état:**.
Réf. : Dup. 1588.
US 1138 - iso 8
Droit : +[...]D.B.COm{...] ; dans le champ EL
sous un trait d’abréviation.
Revers : + ODO![...JLVS ; croix pattée, sans
meuble, dans un grènetis.
Billon, imitation d’une double mite de Flandre,
1e moitié XV°s.
Diamètre : 16 mm ; poids: 0,53 g (léger manque de
métal) ;axe:3h;état :**.
Commentaire : la double mite de Flandre (avec
EL dans le champ au droit) apparaît en 1374 avec
Louis II de Mâle (type Gaillard 229). Sur l’exem-
plaire de Niort les vestiges du droit pourraient
correspondre à la double mite de Philippe le Hardi
(Rouyer 1847, p. 461), de Jean sans Peur (Rouyer
1848, p. 410-411), de Philippe le Bon (Rouvyer 1848,
p. 417-418), voire de Charles le Téméraire (Rouyer
1848, p. 431), mais la légende de revers et la croix
sans meuble de notre exemplaire ne correspondent
pas. Il faut donc voir dans cette pièce une de ces
nombreuses imitations contemporaines (Rouyer
1848, p. 411-412). Celle-ci se rapproche par le re-
vers de la petite série mise en évidence et décrite
par A. Clairand (Clairand 1994) attribuables à « un
atelier de ces régions [flamande et Pays-Bas méri-
dionaux] qui aurait fonctionné durant la première
moitié du XV° siècle ». Les légendes reconstituées« Donjon », Niort (Deux-Sèvres). HADÈS, 2014
à partir des huit exemplaires du trésor de Taille-
bourg (17) étudié par l’auteur sont du type :
- Droit : +INS*DEIGRA(CIA ou CIAS ou CIE) /
IN dans le champ
- Revers +OBOLVS°CAROLVS ou
+ODOLVSCAROVS.
Un autre exemplaire a été découvert lors des
fouilles à Parthenay distante d'environ 40 km
de Niort (Clairand 2000), et un autre au château
d’Apcher en Lozère (Dieulafait 2013).
Pour l'importance des liens commerciaux entre
Niort et la Flandre voir notamment Favre (Favre
1880, p. 50).
US 1144 - iso 5
Droit : [RED HENReDeGePRI°AV ; buste à
droite, coupant la légende.
Revers : [] DOVBLE+TOVRNOIS 16[..] ; trois
trèfles posés 2 et 1.
Cuivre, double tournois de Frédéric-Henri de Nas-
sau, prince d'Orange (1625-1647), frappé à Orange
en 1640-43.
Diamètre : 19,5 mm ; poids : 3,14 g ; axe : 6 h ; état : ****,
Réf. : CGKL 780.
US 1145 - iso 10
Droit : GLI[ck kump]T*VON*GOT*ISTWAR* (=
En vérité, la bonne fortune vient de Dieu) (ponctua-
tion de petits quatrefeuilles) ; 3 lis alternant avec
3 couronnes, au centre une rose à 5 pétales, quatre-
. feuilles autour.
Revers : HANS*SCHVLTES*ZV[*nur]ENBERG
(= Hans Schultes de Nuremberg) (ponctuation de
petits quatrefeuilles) ; globe crucigère dans un tres-
sure de 3 lobes et 3 angles, quatrefeuilles autour.
Laiton, jeton de Nuremberg, fabrique de maître
Hans Schultes III, frappé vers 1608-1612.
Diamètre : 25 mm ; poids : 1,55 g (manque de mé-
tal) ; axe : 12 h ; état : 66e,
Réf. : Mitchener, 1403-1404.
US 1150 - iso 11
Droit : LOVIS*XIII*R*D*FRAN*ET*NA H (ponc-
tuation de petites étoiles à 5 rais) ; buste lauré
(lacets courts), drapé et cuirassé à droite, dans un
cercle.
Revers : + DOVBLE*TOVRNOIS*1640 {ponctua-
tion de grandes étoiles à 5 rais) ; trois lis posés 2 et 1.
Cuivre, double tournois de Louis XIII frappé à
La Rochelle en 1640.
Diamètre : 20,5 mm ; poids : 2,15 g (léger manque
de métal) ; axe : 6 h ; état : +66,
Réf. : CGKL 332 (type bI3).
US 1152 - iso 2
Droit: [fm] D L.TO[ur] DVC-D-BVILLO[n] (dé-
but de légende à 12h) ; buste nu, drapé, à droite,
dans un cercle.
Revers : + DOVBLE*DE+SEDAN°e1641 ; semis de
lis dans un cercle.
Cuivre, double tournois de Frédéric-Maurice de La
Tour d'Auvergne (1623-1643), frappé à Sedan en
1641.
Diamètre : 19 mm ; poids : 1,87 g;axe:6 h; état : ****,
Réf. : CGKL 580 (type a2).
US 1164 - iso 4
Droit : + [f[VLCO CO[melJS (légende commençant
à 3 heures) ; croix à laquelle sont appendus l'alpha
et l’'oméga.
Revers : [...]S AND[...] (ND liées) ; monogramme
de Foulques.
Billon, denier d'Anjou, type immobilisé au nom de
Foulques, XIF s.
Diamètre : 19 mm ; poids : 0,57 g (incomplète) ;
axe :6h ; état: **,
Commentaire : cette monnaie est usée et, comme
beaucoup de cette série, peu lisible. La légende de
revers semble être du type VRBS ANDEGAV{(I)S
(réf. Dup. 376).
US 1171 -is06
Droit : + / [rJICA / [r]JDVS/W
Revers : [+a]QVITAf[nie] ; croix.
Billon, obole de Richard Cœur de Lion, duché
d'Aquitaine, vers 1172-1199.
Diamètre :9 mm ; poids : 0,15 g (important manque
de métal et trouée) ; axe : 3 h ; état : **.
Réf. : Elias 6.
US 1242 - iso 12
Droit : + [(ph]ILIPPVS REX ; croix.
Revers : + TV[ro]NVS'CIVIS ; fronton de châtel
tournois sommé d’une croisette débutant la lé-
gende.
Billon, denier tournois de Philippe III ou Philippe
IV, frappé en 1280-1295.
Diamètre : 18 mm ; poids :0,73g;axe:6h ; état: **.
Réf. : Dup. 223 ou 225.1 a
US 1263
Six esterlins (ou pennies) d'Édouard I (1279-1307)
ou d'Édouard II (1307-1327)
1)Droit : +eD[...] R ANGL DNS hyB (A non bar-
ré, E fermé) ; buste couronné vu de face, couronne
bifoliée.
Revers : CIVI-TAS-LON-DON ; croix coupant la
légende, 3 besants en triangle dans chaque canton.
Billon, frappé à Londres.
Diamètre : 18 mm ; poids : 1,26 g; axe :9 h ; état : *#*,
2)Droit : +eDWAÏ]...]L DNS h{..] (À non barré, E
fermé) ; buste couronné vu de face, couronne bifo-
liée.
Revers : [civi]-TAS-L[on]-DON ; croix coupant la
légende, 3 besants en triangle dans chaque canton.
Billon, frappé à Londres, classe 11a.
Diamètre : 18 mm ; poids : 1,17 g;axe:11h ; état: ***,
3)Droit : +eD WAR ANGL DNS hyB (A non barré,
E fermé) ; buste couronné vu de face, couronne
bifoliée. :
Revers : CIVI-TAS-LON-DON ; croix coupant la
légende, 3 besants en triangle dans chaque canton.
Billon, frappé à Londres, classe 10-11.
Diamètre : 17 mm ; poids : 1,07 g;axe:9h ; état: ****.
4)Droit : [...]R’ ANGL’ DNS hyB (A non barré, E
fermé) ; buste couronné vu de face, couronne tri-
foliée.
Revers : CIVI-TAS-Clan]-[to]R ; croix coupant la
légende, 3 besants en triangle dans chaque canton.
Billon, frappé à Canterbury, classe 4.
Diamètre : 18 mm ; poids : 1,19 g;axe:2 h ; état : ****,
5)Droit : +eDWAR’ ANGL’ DNS hyB (A non bar-
ré, E fermé) ; buste couronné vu de face.
Revers : CIVI-TAS-LON-DON ; croix coupant la
légende, 3 besants en triangle dans chaque canton.
Billon, frappé à Londres.
Diamètre : 19 mm ; poids : 1,18 g;axe:8 h ; état : °°.
6)Droit : +eDWAR R ANGL DNS hyB {A non bar-
ré, E fermé « pointed-backed ») ; buste couronné vu
de face, couronne bifoliée.
Revers : CIVI-T[as]-CAN-TOR ; croix coupant la
légende, 3 besants en triangle dans chaque canton.
Billon, frappé à Canterbury, classe 11b.
Diamètre : 18 mm; poids :1,25g;axe:1h ;état :**"%*%*.
5. Les études du mobilier archéologique
Commentaires : les 6 monnaies proviennent de
2 ateliers anglais, Londres et Canterbury, ce sont là
des frappes royales anglaises au nom d’Édouard I
(1272-1307) ou Édouard II (1307-1327) et non des
émissions baronniales d'Aquitaine.
Nous avons utilisé louvrage de P. & B. Withers
(Withers 2006) qui reprend, simplifiée, la typo-
chronologie de ces monnaies donnée par Jeffrey
J. North (English Hammered Coins 1272-1662,
Spink, 2006). Les types de ces esterlins (pennies)
sont répartis en 15 classes et plusieurs sous-classes
surtout différenciées d’après la forme des lettres
des légendes et des ornements de la couronne au
droit, ces derniers pas toujours très lisibles, Néan-
moins les monnaies les plus récentes (n° 2 et 6)
” semblent pouvoir être attribuées à Édouard II et
frappées vers 1310-1314.
La modicité de ce dépôt de 6 monnaies, et leur pro-
venance exclusive d'ateliers britanniques - pièces
qui circulent couramment en Aquitaine -, nous
fait privilégier l'hypothèse d’un petit pécule (une
bourse ?) arrivé d'Angleterre. Un prélèvement
local nous aurait très certainement livré au moins
une des monnaies, royale ou baronniale, frappées
en France et communes dans la région puisqu'elles
figurent en nombre dans les dépôts de la même
époque qui contiennent des esterlins (Depeyrot,
Belaubre 1988 ; Clairand 2002).
Pour estimer la valeur de cette « bourse » on peut
se tourner vers l'ordonnance du sénéchal de Poi-
tiers qui indique des prix payés lors du séjour que
fit le pape Clément V à Poitiers en 1307 (Dupré
de Saint-Maur 1741, p. 198-199 ; Lecointre-Du-
pont 1879, p. 405-412 ; Favre 1880, p. 59-60). On
y apprend que le salaire journalier « sans dépens »
(c'est-à-dire sans charge supplémentaire pour
l'employeur) d’un « bon » maçon est de 18 deniers,
d’un maçon « moyen » de 12 d. et celui de menus
ouvriers de 8 à 9 d.
En 1262, un esterlin équivaut à 4 deniers tournois
(Ordonnances des roys de France de la troisième
race... t. I. Paris, 1723, p. 93-94). Les 6 esterlins de
Niort équivalent ainsi à environ — ce n'est qu'une
estimation — 24 dit. soit env. 2 journées de travail
d’un ouvrier moyen.« Donjon », Niort (Deux-Sèvres). HADEÈS, 2014
US 1280
Droit : LVDeXIIIeDeGeFR[.et|:NAVeREX ; buste
lauré à gauche.
Revers : H-DOVBLE TOVRNOIS-1643+ (début de
légende à 12h) ; trois lis posés 2 et 1.
Cuivre, double tournois de Louis XIIT, frappé à
La Rochelle en 1643.
Diamètre : 20 mm ; poids : 2,65 g; axe : 6h; état : **###*,
Réf. : CGKL 516 (type Aad).
HS (déblais SD 1227)
Droit : [...] ; tête laurée à droite.
Revers : [...] ; personnage féminin debout, non
identifié.
Alliage cuivreux, as flavien (Titus ?), frappé à
Rome, fin du [“s. de n.-ë.
Diamètre : 25-27 mm; poids : 5,72 8; axe: 12h ; état : **.
Commentaire : cette monnaie ne provient pas
nécessairement d’un niveau antique. Des témoi-
gnages font état de bronzes antiques encore pré-
sents dans la circulation du XIX* siècle, certaine-
ment en raison de leur similitude de module et de
poids avec certaines pièces en cuivre modernes.
Ainsi, par exemple, le catalogue de la collection de
M. Médale (collectionneur à Saint-Sulpice - Tarn)
contient des bronzes romains qu’il mentionne
avoir acquis « [en 1828, 1830...] dans la circulation
courante », document des Archives départemen-
tales du Tarn communiqué par Marc Comelongue
(étude à paraître). À Pau (Pyrénées-Atlantiques),
fin XIX: siècle, la caisse de commerçants contient
des bronzes romains reçus en paiement (com-
munication orale Colloque internationnal de Pau
sur les monnaies béarnaises, décembre 2012, à pa-
raître).
Ces exemples méridionaux ne sont certainement
pas des cas isolés.
Références numismatiques
CGKL = Crépin et al. 2002
Dup = Duplessy 1999
Elias = Elias 1984
Mitchener = Mitchener 1988
Gaillard = Gaillard 1852
Abréviations
RN = Revue Numismatique. Paris.
BSEN : Bulletin de la Société française de Numisma-
tique. Paris.128 5. Les études du mobilier archéologique
5.3. LÉTUDE
DU MOBILIER MÉTALLIQUE
(ALEXIS CORROCHANO)
1 — Présentation des résultats
Le mobilier métallique découvert en 2012 sur le ci, 15% (NMI = 27) sont considérés comme
sire du « Donjon » de Niort (79) se compose de archéologiquement complets tandis que 70% 216 restes (en excluant la numismatique) pour un montrent une représentation partielle (Fig. 1). nombre minimum de 179 individus. Parmi ceux-
Représentation de la collection
B Sériel; Fragment;
27: 15% O Sériel; Complet; 27; 15%
O Complet
B Partiel
B Fragment
& Sériel; Partiel, 125;
70%
L J Fig. 1: Diagramme circulaire de représentation de La collection étudiée
Processus de corrosion
# SE Ce PRE Série Faible; 5;
3%
D Sériel; Forte; 98;
55% B Sériel; Moye, DFaible 76; 42% B Moyenne
O Forte
B Complète |
KL ) Fig. 2 : Diagramme circulaire du processus de corrosion« Donjon », Niort (Deux-Sèvres). HADES, 2014
Ploimts
Alliage 1
Cuvécus
tn
Terre cuite
[LA
kr
EE
Fig. 3 : Diagramme circulaire de répartition par matériau
180
Répartition des objets métalliques par matériau
160
140
120
é
en
unités 3
Quantit
5
40
20
Davec
traitement
de surface
Bons
traitement
de surface
su # EE _" Mo mo 0 Mi #0 ss:
Alliage Alliage Or Argent Etain Plomb Alliage Terre cuite
Cuivreux Cuivreux Plomb-
+ Fer étain
Fig, 4 : Diagramme en bartes de 1a répartition des objets par matériau
L'étude du petit mobilier a donc porté sur ‘une
majorité d’objets en fer souvent corrodés et sur
quelques objets en alliage cuivreux également très
fragilisés. Une campagne de radiographie
systématique a été réalisée par le laboratoire
Arc’Antique (Nantes).
En préalable à l'étude du mobilier métallique, 33
objets en fer et 2 objets en alliage cuivreux ont
fait l’objet de mesures de conservation130
(nettoyages complets ou partiels, recollage,
restauration) par le laboratoire Materia Viva
(Toulouse). Huit éléments ferreux ont été jugés
instables et bénéficient d’une stabilisation par
déchloruration dans le but d’assurer leur
conservation.
1.1. Bilan par catégorie
Le mobilier est réparti dans diverses catégories
morphologiques et fonctionnelles (Fig. 5)
Une quarantaine d’éléments métalliques m'ont pu
être identifiés. Il s’agit généralement de plaques
ou de tiges en fer très corrodées et fragmentées
pour permettre une identification.
Concernant les pièces d’assemblage, plus de 60
clous en fer (complets ou non) ont été inventoriés
dans la collection. Ce chiffre reste relativement
faible compte tenu de la longue plage
chronologique abordée.
Dans la catégotie regroupant le mobilier en lien
avec lhabitat et l’ameublement, on citera 4 pièces
de serrurerie. Ces objets ont été étudiés par
Mathieu Linlaud, expert en serrurerie médiévale.
I s’agit de deux clés en fer (1138-1 et 1229-1, PI.
V, n° 2 et 3), d’un petit cadenas à ressort (dit « à
canon») en alliage cuivreux (1268-1, PL V, n° 1)
et enfin d’une serrure à bosse en fer (1140-4), de
forme rectangulaire, fonctionnant avec un pêne à
barbe et un ressort à gotge. Une clé est restée en
position ouverte dans la serrure.
L’outillage est rare sur le site du Donjon de Niort
(NMT = 3) et il n’est représenté par trois objets
de fonction variée. {l s’agit d’un marteau à deux
panes de type artache-clou (1170-1) qui pourrait
être lié au travail du bois. Mais sachant que trois
clous de ferrure sont plantés dans le bois
perminéralisé piégé dans l'orifice
d’emmanchement, il poutrait plus probablement
s’agir d’un marteau de bourrelier ou de maréchal-
ferrant (PI. III, n° 2). Une petite lame de hache
(1079-1) en fer (liée au travail du bois, par
exemple au débitage de l’écorce ?) ainsi qu’une
petite « enclume tas » portative (1175-2, PL III,
n° 6) sont également à mentionner.
L'objet 1263-1 (PL III, n° 3) est constitué d’une
tige munie d’une douille opposée à une pointe en
forme de lame courte, plate et légèrement
recourbée, il s'agirait d’un racloir que Île
5. Les études du mobilier archéologique
dictionnaire des outils anciens permet de
rapprocher d'un «péloir» ou d’un «rusquié »,
instrument utilisé pour lécorçage (Boucard 2006,
p. 611).
Cinq couteaux ont été découverts sur le site.
L'apport le plus intéressant repose sur la présence
dans le même contexte (1170 2) de deux
couteaux en fer, d’assez grand format à semelle
large et rivetée. Si des formes à semelle concave
assez semblables sont connues en Angleterre à
partir du XIVe s. (Cowgill et al 1987, p. 85, fig.
68, n°63), on en connaît des exemples
méridionaux dès Le XIIIe s. à Lastours (Gardel
dir. 1999, p. 851) et en Provence à Saint-Gilles du
Gard.
Sur l’ensemble de la collection, les déchets de
métallurgie ne sont représentés que par quelques
scoties, généralement dans des contextes tardifs,
d'époque moderne au plus tôt.
L’armement est notamment représenté par cinq
fers de trait. Cet effectif n’est pas exceptionnel
mais confirme nettement la proximité du
contexte militaire du donjon. On distingue deux
carreaux d’arbalète (1084-1 et 1190-1) et trois
pointes de flèche (1164-1, 1164-2 et 1170-4). Les
deux catreaux sont rattachés au type E de la
typologie Serdon 2005 (p. 101) et renvoient à une
datation encore large des XIIe-XITIe s. (PI. II, n°
5 et 6).
Les trois pointes de flèche sont du type À de la
typologie Serdon 2005 (p. 116) et renvoient à une
datation entre la fn du XIIe s. et le milieu du
XIXe s. (PL II, n° 7 à 9).
Il faut en outre signaler la découverte d’une
chausse-trape (US 1071), arme défensive typique
des contextes de forteresse de la fin du Moyen
Âge et de l’époque modèrne.
Enfin, l'interprétation de la grande lame en
ctoissant (1175-1) pose question (PL II, n° 7). Si
une utilisation comme arme 2 pu être appropriée,
la forme de ia lame rappelle au départ les serpes à
bois du second Moyen Âge (Reigniez 2002, p.
158-166).
2 Cf étude du mobilier métallique par Landatc dans :
Carme dir. 2013.« Donjon », Niort (Deux-Sèvres). HADEÈS, 2014
Le matériel équestre est assez présent sur le site,
c’est la catégorie fonctionnelle qui offre la plus
latge palette chronologique pour situer les
occupations successives du site, Ainsi, les clous
de maréchalerie (NMI = 11) et les fers d’équidé
(NMI = 4) permettent d'étendre la fourchette
chronologique entre les Xe-XIle s. pour les plus
anciens éléments datants (notamment les US
1245 et US 1164) et la fin du Moyen Âge (US
1170 et 1170_2) voire l’époque moderne (US
1140) si l’on se réfère au premier phasage
archéologique essentiellement basé sur l’analyse
numismatique (PL I, n° 5 à 7).
La découverte la plus remarquable dans cette
catégorie concerne la présence dans la couche US
1140 d’un éperon et de son attache à boucle et
crochets (PL. I, n° 1) datables entre la fin du XIVe
s. et le milieu du XVe s. (Haïlbout # 44 1987, p.
234; Clark 1995, p. 143-145). Il faut peut-être
ajouter à ce registre la découverte d’un passant de
lanière (1170-5, PL I, n° 2), probable pièce
d’attelage d’après une comparaison envisageable
sur le site du castrum d’Andone (Bourgeois dir.
2009, p. 211).
Les objets à valeur ornementale sont assez rares
sut le site. On observe tout de même trois
boucles de ceintute ou de lanière, dont deux
boucles simples en fer (1079-4 et 5, PL VI, n° 5
et 6) - il pourrait aussi s'agir de boucles de
courroie liées à l'équitation - et une boucle
décorée en alliage cuivreux (1170-3, PI. VI, n° 4)
dont la forme, à mi-chemin entre l’arc outrepassé
et le trapèze, s’observe largement entre la fin du
XIILe siècle et le XIVe siècle sur l’ensemble du
tertitoire (Demians d’Archimbaud dir. 1980, p.
495 ; Legros 2001, p. 51, fig. 12, n°101).
Dans le domaine vestimentaire, on signalera aussi
deux petites épingles en alliage cuivreux (PI. VI,
n° 2 et 3) dont le type à tête enroulée et le
module assez faible évoquent une datation
typologique au plus tôt du bas Moyen Âge mais
que l’on rencontre également pour le début de
l’époque moderne (Boudriot 1998, p. 232-238).
Enfin, un bouton vestimentaire (1067-1068-1, PI.
VI, n° 1) à été découvert dans un contexte des
XVIIIe-XIKe. Il s’agit d’une forme simple qui
porte au revers l'inscription circulaire « PARIS -
TRIPLE DORE - S» et dont des exemplaires
comparatifs du nord de la France et de
l'Angleterre permettent de proposer une datation
dans le courant du XIXe s. voire du début du
XXe 5.
Enfin, la catégorie des «ustensiles divers» est
représentée par quelques éléments. Il s’agit
notamment d’un calel (1079-2, PI. IV, n° 12),
lampe en fer originellement de plan
quadrangulaire à rebords rectilignes et dotée de
becs à chaque angle. Même fragmentée et
incomplète, cette lampe (triangulaire ou
quadrangulaire) trouve des éléments comparatifs
pour les XIVe-XVe s., notamment à Toulouse et
Montségur (Archéologie et vie quotidienne 1990, p.
155 n° 15) ainsi qu'à Rougiers où un exemplaire
de plan losangique est connu (Demians
*Archimbaud dir. 1980, p. 477).
En outre, nous mentionnerons la découverte
d’une pipe en terre blanche (1054-1, PI. IV, n° 4).
Cet objet, bien que fréquemment rencontré dans
les niveaux moderne et contemporain, possède
une motphologie singulière. Si les travaux
anglophones ou ceux relatifs au Nouveau Monde
sont nombreux sur ce type d'objet (Higgins
1995; Bradley 2001), les recherches en France
restent très rares (Chiron-Champagne, Larre
2013) et l'élément découvert à Niort, bien
qu'incomplet, demeure original. Le fragment de
pipe présente en effet un système d’armature de
tube et de bandelettes en alliage cuivreux qui
renforçaient très certainement la jonction entre la
tige et le fourneau. Le fourneau est sans décor
mais doté d’une virole qui devait enserter les
bandelettes tout en recouvrant le col du fourneau.
Ces observations, associées à celle d’un angle
réduit de la jonction fourneau - tige (proche de
l'angle droit) et à un diamètre très réduit du
tirage, permettent d'envisager une production
tardive, très certainement postérieure au milieu du
XVIIIe s.
Les rares éléments de comparaison suggèrent
deux pistes de réflexion. D'une part, le système
métallique est peut-être lié à une volonté de
protéger le fumeur de pipe des brûlures, comme
l'avait promulgué en Allemagne du nord le duc de
Braunschweig-Lüneburg par une loi en 1719.
Cette loi aurait imposé que les pipes en terre
soient munies d’un couvercle ou d’une capsule
métallique (Articus 1995). D'autre part, il semble
131que des pipes munies de couvercles et
d’armatures métalliques soient connues au
Canada pour la deuxième moitié du XIXe s.
(Bradley 2001, p. 140-143.
Un autre objet tardif est représenté par une
fourchette en fer étamé (US 1012, PL IV, n° 5)
dont la datation demeure malaisée faute de
référentiels archéologiques, la fourchette
n'appataissant pas avant le milieu du XVIIe s.
dans le service de table (Moore 2006).
1.2. Bilan chronologique
L'étude par catégories fonctionnelles du mobilier
métallique permet d’esquisset l’évolution
sociofonctionnelle du site, entre le Moyen Âge
central et l’époque (sub-)contemporaine, sachant
que les périodes les mieux représentées
correspondent principalement au bas Moyen Âge
et au début de l’époque moderne.
Aux Xe-XIle s., c’est un clou de maréchalerie (US
1245) qui fournit le meilleur marqueur
chronologique, sachant toutefois que la même
unité a également livré un fer d’équidé plus tardif,
databie entre le fin du XIIe et la première moitié
du XIlle s. au plus tard. D’autres clous de
matéchalerie ont été identifiés dans l'US 1279 qui
renvoient à une datation typologique de la
première moitié du XIITe s.
Pour les XITIe-XTVe s., les éléments datants -
sont mieux représentés. Il s’agit surtout de pièces
équestres, de projectiles militaires et de couteaux.
Par ailleurs, l'US 1170 livre un mobilier métallique
assez important attribué aux XIIIe-XTVe siècles.
Pour les XVe-XVIe s., les objets caractéristiques
sont plus diversifiés et font apparaître la catégorie
des pièces d’huisserie er de serrurerie. L’US 1229
livre ainsi une clé en fer des XVe-XVIe s. , tandis
que l'US 1268 livre un petit cadenas en alliage
cuivreux postérieur au XIVe s. L’US 1140
rassemble une serrure à bosse avec sa clé, un
3 Nos remerciements vont à Fanny Larre (Hadès) pour nous
avoir transmis de la documentation sur les pipes à tabac.
5. Les études du mobilier archéologique
éperon (daté du XVe s) et un clou de”
maréchalerie (postérieur au milieu du XTVe s.).
Le comblement de PUS 1079 a livré plusieurs
éléments ferreux, dans un contexte du XVe s. ou
du début de l'époque modeïne, notamment deux
boucles de ceinture (ou de sous-ventrière) en fer,
un petit couteau (de la premier moitié du XVe s,),
un fer de hache ainsi que le calel fragmenté.
Enfin, certains objets découverts dans PUS 1175,
dans un temblai mélangeant des débris
médiévaux et modernes, semblent datables de la
fn du Moyen Âge. Il s’agit notamment d’un
couteau à semelle, de l’enclume tas et d’une lame
d’outil ou d’arme en forme de croissant.
Pour l'époque moderne plus largement, le site
livre quelques objets remarquables et très variés.
Les registres équestres et militaires sont pat
contre nettement moins représentés dans le
mobilier métallique.
Si la datation ne peut toujours être précisée, on
signalera tout particulièrement une chausse-trape
(US 1071), deux épingles en bronze (1145-1-AC
et 1212-1-AC), une tige à crochet en alliage
cuivreux de fonction indéterminée (1144-1-AC),
et plus tardivement un bouton vestimentaire à
queue et enfin une fourchette en fer étamé (US
1012).
Pour conclure, les 179 éléments métalliques
retrouvés à la fouille ne présentent pas une valeur
statistique pour, à eux seul, permettre d'identifier
évolution fonctionnelle des espaces fouillés.
Cette synthèse reste de la responsabilité de
latchéologue, seule personne ayant une vision
globale du site et de l'apport respectif de chaque
étude. Pour exemple, la présence marquée du
mobilier équestre et militaire à la période
médiévale, et la sous-représentation de ces
catégories aux périodes post-médiévales, ne peut
être analysée sous le prisme réducteur du petit
mobilier. Mais ce «petit mobilier» permet 4
minima de préciser, voire conforter, le cadre
chronologique esquissé par l’étude numismatique
et l’analyse stratigraphique.« Donjon », Niort (Deux-Sèvres). HADES, 2014
Répartition par catégories fonctionnelles
1 Sous-Total
Indéterminé,
détermination 26 45
incertaine
Clon
Habitat / Ameublement
de
de l'artisanat
Déchets
Coutellerie
de
et de chasse
Profection
/ Lance
Mobilier
—_—
| TN em, —
Mobilier à valeur
ornementale
Ferret
Ustensile divers
Total
Fig. 5 : Tableau de répartition par catégories134 5. Les études du mobilier archéologique
Répartition typologique de la collection
|
ladéterminé, détermination incertaine
Eléments
d'assemblage
Habitat
/ Ameublement
Système
de
suspension
Déchets
3 82 81 09
l F LE 5 4 = y ge à vo = = 5 » 3 Ëë u y & D = e £ FA & a EL T3 ms À À S S = £ £ © & AC G à s à -& © ce
4 24 + LE À à LC GS à = L 9 G £ D = & Ÿ 2 = € ÿ 2 + = LS à a FRE 2 pe e © TD T Oo =
1 2 = E
Fig, 6 : Diagramme en batres de la répartition de la collection par catégories fonctionnelles
\
2 — Catalogue des objets remarquables par catégorie fonctionnelle
Catégorie 1 : Indérterminé, détermination
incertaine
pastille ou lest de pêche ? : 1185 - (PL VI,
n°10)
Mañière : Plomb
Description : Elément indéterminé de type applique en
forme de pastille irrégulière de plan pentagonal à
angles arrondis et doté d'une perforation. Il pourrait
s'agir d'un petit lest de pèche en plomb. ”
Mesures: L. max. 14 mm ; ép. moy. 1,5 mm ; poids
128 Datation typologique : -
tige indéterminée à crochet : 1144 -2 (PL
IV, n°4) Matière: Alliage Cuivreux
Description : Tige coudée et munie d'un crochet
terminal, en alliage cuivreux et probablement
incomplète, de fonction indéterminée.
Mesures: L. grand tronçon tige en all. cu. 79 mm ; ép.
tige en all. cu. 3 rm ; poids 6,1 g
Datañon fypologique : -
chape ou plaque indéterminée : 1131 -
(PL VI, n°8) Matière : Alliage Cuivreux
Desvriprion : Fine chape ou plaque en alliage cuivreux,
déformée et incomplète, munie d'une perforation
pseudo-circulaire, de fonction indéterminée.
Mesures: L. max. estim. 24 mm ; L max. estim. 14
nm ; ép. moy. 0,5 mm ; poids 0,5 g
Datation pologique : -
lot de tôles indéterminées (récipient ?) :
1143- (PL IV, n°1) Matière : Alliage Cuivreux |
Description : Lot de deux fragments de tôle en alliage
cuivreux, incomplets, de forme incurvée et munies
de tebords- L'idenfication est impossible mais le
recollage permet d’imaginer un récipient.
Mesures: poids 9,2 g
Dafation fypologique : -
objet indéterminé : 1145 -
Mafière : Fer
Description : Objet en fer, assez corrodé, indérerminé,
constitué d'une partie concave prenant la forme
d'une cuillère dont l'extrémité est perforée : il
manque peut-être une tige. Une barre régulière,
épaisse et courte s'y oppose.« Donjon », Niort (Deux-Sèvres). HADES, 2014
Mesures : L. tot. 72 mm ; L. barre 35 mm ; ép. moy.
pattie concave 2 mm
Datation ypologique : -
anneau indéterminé (passant de ceinture
ou pièce d'attelage ?) : 1170 -5 (PLI,
n°2)
Mafière : Fer
Description: Anneau en fer, très corrodé, très aplati
(comme un briquet) et muni sur une traverse longue
d'un départ de tige de section plane. Identification
indéterminée.
Mesures : H. max. 56 mm ; ép. moy. 7 mm
Dafation fpologique : -
Il pourrait peut-être s'agir d'un passant de lanière où
d'une pièce d'attelage dont la tige cassée serait le reste
d'un rivet (Egan, Pritchard 1991-2002, p. 231-232, fig,
147, n°1236 ; Bourgeois dir. 2009, p. 211).
outil ou pointe indéterminée (racloir ?) :
1263-1 (PL III, n°3) Matière : Fer
Description: Pointe en fer, assez cottodée, allongée
munie d'une longue douille d'enmanchement de
faible ouverture et d'une partie active (cassée,
incomplète) à carènes permettant d'envisager une
pointe de section plane er de forme foliacée.
Mesures : L. tot. cons. 155 mm ; ép. pointe 4 mm ;
diam. int. ouverture douille 12 mm
Catégorie 2 : Éléments d'assemblage
lot de clous de charpenterie : 1190 -
Matière : Fer
Description: Lot de trois clous de charpenterie,
incomplets, corrodés, dont un est entier et présente
une tige pointue de section quadrangulaire et une
tête en T.
Mesures: L. tot. cons. 85 mm ; L. tête 26 mm
Datation typologique : -
piton : 1190 -
Matière : Fer
Description: Piton en fer, incomplet et très corrodé.
La barre coudée est large et de saction plane assez
épaisse, la fiche est manquante.
Catégorie 3 : Habitat / Ameublement
paumelle (ou vertevelle ?) : 1245_2- (PL.
III, n°4)
Matière : Fer
10
Datation typologique : XI a-XIV d
L'identification teste difficile tant les comparaisons
sont tates. Le rapport entre longueur du fer et
ouverture de la douille indique un enmanchement
long. La forme générale pourrait évoquer un outil à
peler l'écorce, de type "peloir" ou "rusquié" (Boucard
2006, p. 611). Néanmoins, une autre interprétation a
été proposée pour un objet assez semblable découvert
sur la ferme du Bellé. En identifiant la douille comme
une partie active et la pointe cassée comme une soie
bloquante, V. Legros propose en effet d'identifier
l'objet assez semblable à une gouge (Legros 2001).
Des gouges présentant des formes semblables sont
connues à York également pour le courant voire le
milieu du XIIIe s. (Ottaway, Rogers 2002, p. 2725, fig,
. 1335, n°8190). La douille est cependant ici peu ouverte
et évoquerait ainsi plutôt un racloir. L'interprétation
d'un outil destiné au travail du bois reste valable dans
chacun des cas.
tôle indéterminée : 1170 2- (PL VI, n°7)
Matière : Alliage Cuivreux
Description : Fragment de tôle incurvée en alliage
cuivreux, d'identification indéterminée.
Mesures : poids 14,5 g
Datation fypologique : -
Mesures : H. piton 40 mm ; ép. moy. estim. 4 mm
Dafation tybologique : -
lot de clous (de charpenterie ?) : 1164 -
Matière : Fer
Description: Lot de deux clous en fer, corrodées, à
tige droite et épaisse, de section subrectangulaire et à
tête en T évoquant des clous de charpenterie.
Mesures : L. tête 28 mm ; L. tot. cons. 60 mm ; ép.
moy. 8 mm
Dataïion bypologique : -
Description: Paumelle en fer, assez corrodée, de
petites dirnensions à anneau simple et large et à
pattes droites de section plate dont l'extrémité est
135recourbée, Les sections aplaties pourraient peut-être
évoquer une vertevelle.
Mesures : L. tot. cons. 67 mim ; h. anneau 21 mm ;
diam. int. anneau 23 mm
Sous-catégorie 3,1 : Serrurerie / Huisserie
Étude et dessins : M. Linlaud
cadenas à canon : 1268 -1 (PI. V, n°1)
Matière: Alliage Cuivreux
Description : Petit cadenas à ressort fragmentaire.
L'objet a perdu le cache servant d’entrée à la clé. Le
mécanisme fonctionne avec deux ressorts de renvois
en pailette soudés à deux petites barres faisant
office de pène. Le mécanisme est en position fermé.
Les deux petites perforations observables sur l’objet
servaient à relier les deux parties mobiles à l’aide
d’une petite chainette pour éviter dé perdre les deux
patties. Le boitier possède un léger décor incisé
végétalisant de lignes et points Le décor est
cependant très effacé (étude M. Linlaud).
Mesures: L. tot. canon 45 rom ; h. tot. max. 34 mm;
ép. moy. canon 12 mm;,298g
Datation bpologique : XV a-XVI d
Ün cadenas à canon en fer provenant de York,
typologiquement très proche, mais plus simple, est
daté largement des XVe-XVIe s. (Biddle dir. 1990, p.
1011-1012, fig. 313, n°3667).
serrure (et clé) : 1140 - 4
Matière : Fer
Description: Serrure à bosse presque complète. Le
boîtier et le mécanisme sont conservés. L'objet est
fragmenté en une vingtaine de fragments qui
recollent parfaitement. Le boîtier est rectangulaire.
Le mécanisme fonctionne avec un pêne à barbes et
un ressort à gorge. La clé est encote insérée dans le
mécanisme. Celui-ci est figé en position ouverte. Il
s’agit d’une clé à canon creux (f) réceptionné par un
foncet à broche {?). L’anneau de la clé est cassé. Elle
Catégorie 4 : Système de suspension
tourillon ? : 1079 — 3 (PL III, n°5)
ii
Matière : Fer
Description: Anneau en fer, très corrodé, de section
épaisse et muni d'un système rotatif, évoquant un
toutillon dont il manquerait la tige rotative. Des
traces ligneuses sont conservées par endroits.
Mesures : Diam. int, Tour 26 mm ; ép. anneau 10 mm
Datation fypologique : -
5. Les études du mobilier archéologique
Datation typologiqne : -
possède un panneton pourvu d’une bouterolle et
d’un rouet sur la rive interne (étude M. Linlaud).
Mesures: boîtier : 132 x 127, ép. boitier : 35 mm, L.
cons, Clé : 55 mm
Dafañion typologique : -
clé:1138-1 (PL V, n°2)
Matière : Fer
Description : Petite clé à tige pleine non débordante en
mauvais état de conservation. Elle possède un
anneau ovale fissuré. La partie située entre l'anneau
et le pannetoa est ttop corrodée er trop floue à la
radiographie pour observer sa forme ou sa section.
Le panneton présente une longue bouterolle, un
pertuis fermé circulaire désaxé vers la rive externe,
un touet en rive interne. Son museau présente un
léger râteau à quatre dents (étude M. Linlaud).
Mesures : -
Datation fypologique : -
clé :1229 -1 (PL V, n°3)
Matière : Fer
Description: Clé à tige pleine débordante possédant
un large anneau losangique. Le panneton possède
une section tourmentée formant un coude, Îl est
pourvu de deux rouet un sur la rive interne et un sur
la rive externe (M. Linlaud).
Mesures : L. : 100 mm, panneton : 14 x 20 mm
Datation Hypologique : -
Les anneaux à toutillon sont bien répandus dans la
littérature archéologique, dans les contextes d’habitat
de la fin du Moyen Âge (Halbout e7 44 1987, p. 179,
n°678-679) et de l’époque moderne (Legros 2011, pl.
10, n°45).« Donjon », Niort (Deux-Sèvres). HADEÈS, 2014
Catégorie 5 : Outillage
marteau : 1170-1 (PL III, n°2)
Marière : Fer
Description: Marteau de charpentier (ou de
boutrellier ?) opposant une pointe aplatie à une
masse allongée cylindrique, l'ensemble est incurvé.
La pointe applatie est incomplète, il devait y avoir
deux pannes au départ, apparentant cette partie
active à un artache-clou. L'enmanchement était en
bois, il en reste des fragments nombreux dans
l'orifice. L'enmanchement était renforcé par
plusieurs clous destiner à caler le manche en bois
(trois clous de maréchalerie sont visibles en
radiographie et une fois le marteau restauré).
Mesures : L. tot, 145 mm ; ép. max. 22 mm ; diam.
partie masse 16 mm ; L max. pane 14 mm ; L. estim.
tête clou 14 mm ; poids 236,7 g
Datation bpologique : XX d-XTII b
Il pourrait s'agir d'un possible marteau de boutrelier
(Boucard 2006, p. 450), d'autant qu'un exemplaire
assez proche a été découvert à Montségur (Ariège, cf.
Czeski dir. 1980, p. 201) pour les XIITe-KIVe s. et est
interprété comme un brochoir pour les travaux de
sellerie ou la ferrure des sabots (Lassure 2003, p. 187-
188). La présence de clous de maréchalerie renforce
l'interprétation d'un marteau destiné au soin équestre.
La longueur estimée de la tête des clous (visible au
sommet de l'orifice de la masse) permet d'envisager
une chronologie assez resserrée dans la première
moitié du XIILe s. (Portet, Raynaud 2009).
Catégorie 7 : Coutellerie
couteau à semelle : 1175-3 (PL II, n°1)
Matière : Fer
Description: Couteau en fer, corrodé, incomplet, à
lame à dos droit et pointe rabattue vers le tranchant.
La semelle du manche est plate et assez large (sans
doute munie de tivets (un semble se dessiner au
niveau de la cassure), séparé de La lame par un
épaulement qui marque l'existence originelle de
plaquette rivetée sur la semelle pour le manche.
Mesures: L. tot. cons. 123 mm ; L. semelle 14 mm ; 1
max. lame 21 mm ; ép. dos 4 mm
Datation Hpologique : Post-XTIT d
La présence d'une mitre forgée séparant une lame
courte à pointe rabattue et une semelle incomplète
incitentn à une datation tardive, au plus tôt de la fin du
Moyen Âge. Une datation antérieure au XIVe s.
semble exclue (Cowgill ef al 1987, p. 85, fig, 58, n° 63 ;
p. 9%, fig. 64, n°132, p. 103, fig. 67, n°266).
12
hache :1079-1 (PL III, n°) Matière : Fer
Description : Hache en fer, assez corrodée, munie d'un
enmanchement. La lame est très arrondie,
Mesures : L. tot. estim. 145 mm ; L max. lame 76 mm
; diam. int. enmanchement 8 mm ; poids 385,9 &
Dafation bypologique : -
Il pourrait s'agir d'une hâche viticole pour les chais
(Boucatd 2006, p. 195) ou plus largement d'une hâche
pour le travail du bois (Boucard 2006, p. 170-171) ?
enclume tas portative ? : 1175 -2 (PI. IT,
n°6)
afière : Fer
Description : Probable enclume tas, portative, en fer, à
tige épaisse et massive et base circulaire plane.
Alesures: H. max. 61 mm ; diam. moy. tête 28 mm ;
poids 78,9 g
Dafation fypologique : -
L'identification n'est toutefois pas complètement
assutée. Aucune marque d'applatissage ne se marque
pleinement, il pourrait aussi s'agir d'un élément de
fixation ou d'assemblage de gros-œuvre ou de
menuiserie.
couteau à semelle : 1079 -6 (PL. II, n°2)
Matière : Fer
Description: Petit couteau, en fer, incomplet, assez
corrodé, à semelle fine et plate à terminaison
arrondie et munie de quatre rivets. La lame est fine
et peu large et ne semble conservée qu'à mi-
longueur environ.
Mesures : L. tot. cons. 124 mm ; L. manche 75 mm ;L
manche 11 rm ; L moy. lame 15 mm ; ép. dos lame
2mm ‘
Datation typologique : Post-XUI d
Le système de semelle alignée sur le dos, munie de
trois rivets, associée à une lame de faible largeur
(probablement assez courte), séparée de la semelle par
un tivet qui devait enserrer une mitre, permettent
d'envisager une datation assez tardive, au plus tôt de la
fin du bas Moyen Âge, possiblement dans la première
moitié du XVe s. d'après une comparaison assez
proche en Angleterre (Cowgill et al 1987, p. 103, fig.
67, n°266).
a
4138
lame de couteau : 1170 -
Marière : Fer
Descriphion: Lot de quatre fragments d'une lime de
couteau en fer, très corrodée, incomplète.
Mesures: L. cons. 149 mm ; L moy lame 32 ram ; L.
soie 16 mm
Datation fypolosique : -
Le départ de la soie (plate et peu large) sémble aligné
sur le dos de la lame (bien que le dos ne se distingue
pas beaucoup du tranchant en coupe). La lame est
assez large et la pointe est manquante. L'absence
d'éléments typologiques conservés (soie, pointe, etc.)
limite beaucoup l'interprétation.
couteau : 1170_2- (PL III, n°4)
ilatière : Fer
Description : Couteau incomplet, en fer, assez
corrodé, constitué d'une lame longue à dos droit et
wanchant droit dont la pointe devait s'aligner sur le
dos. Le départ de la semelle rmarque un petit
décrochement à partir du dos, la soie est munie d'au
moins deux rivets qui permettent par leur
dimensions d'envisager un manche assez épais.
Aucune marque n'est observée.
Mesures: L. cons. 210 mm ; L. soie 14 mm ; L. tot.
river 17 mm ; ép. dos 5 mm
Dafafñion bpologique : Post-XII c
L'association entre une semelle large, épaisse et munie
de gros rivets et une lame longue, à dos dtoitet de
faible largeur trouve assez peu d'élements comparatifs.
En Angleterre, les semelles ne semblent pas utilisées
avant le début du XTVe s. (Cowgill et 44 1987, p. 82).
Toutefois, on rencontre des couteaux à semelle large et
rivetée à bords concaves et à lame longue à dos droit
5. Les études du mobilier archéologique
dès le XIIIe dans le Midi, notamment à Lastours -
Cabaret (Gardel dir 1999, p. 851, fig 8, n° 1 et 2) ou
encore à Saint-Gilles-du-Gard (étude N. Portet, RFO
Hadès R. Carme).
couteau : 1170 2- (PI. III, n°3)
Matière : Fer
Description: Couteau en fer incomplet, en fer,
corrodé, constitué d'une lame très incomplète à dos
droit et d'un tranchant droit plutôt régulier (assez
proche du couteau précédent, mais la largeur de la
lame est plus faible). La semelle est assez large et
présente des bords concaves. Elle ne marque que
peu de décrochement avec la lame, elle est munie de
gros rivets également, permettant de restituer un
manche assez épais. aucune marque n'est observée,
Mesures : L. cons. 122 mm ; L soie 16 mm ; ép. moy. 5
mm
Datation typologique : Post-XII c
L'association entre une semelle large, épaisse et munie
de gros rivets et une lame longue, à dos droitet de
faible largeur trouve assez peu d'élements comparatifs.
En Angleterre, les semelles ne semblent pas utilisées
avant le début du XIVe s. (Cowgill # al 1987, p. 82).
Toutefois, on rencontre des couteaux à semelle large et
rivetée à bords concaves et à lame longue à dos droit
dès la fin du XIIe et le début du XIIIe s. en France,
notamment à Montbaron dans l'Indte (Querrien, coll.
Blanchard 2004, p. 113) et à Lastours - Cabaret
(Gardel dir. 1999, p. 851, fig. 8, n° 1 et 2) ou encore à
Saint-Gilles-du-Gard (étude N. Portet, RFO Hadès R
Carme).
Catégorie 8 : Équipement de guerre et de chasse
Lame en croissant : 1175 -1 (PL III, n°7)
Matière : Fer
Description: Grande lame en forme de croissant, en
fer, assez cotrodée et incomplète. Elle est munie
d'un tranchant sur Le bord interne et d’un dos
régulier sur le bord externe. La partie basse de la
lame est manquante mais était peut-être munie d’une
soie pour l’enmanchement. L’extrémité de la lame
du tranchant est manquante, elle formait une lame
en croissant à pointe recourbée.
Mesures : L. cons. 156 mm ; 1. lame 78 mm ; ép. dos 6
mm
Datation typologique : -
L'interprétation est incertaine mais On pourrait
évoquer le registre de l'armement compte tenue du
contexte archéologique général. Les outils agricoles
ont souvent setvi de base à l'élibotation des armes au
13
cours du plein Moyen âge, sachant que les traités
modernes présentent certains objets (haches,
hallebardes, etc.) dont les lames sont assez semblables
(cf. Traité des Armes 1678, p. 35-36). Toutefois, il
pourrait aussi s'agit d'une serpe de grand format,
servant alors au débitage du bois par exemple, des
formes assez semblables étant connues dès le bas
Moyen Âge au moins (Reigniez 2002, p. 158-166). La
datation ne peut être précisée.
chausse-trape : 1071 -
Matière: Fer
Description : Chausse-trape, en fer, corrodée,
incomplète et fragmentée, constituée de quatre tiges
pointues reliées à leur base.
” Meswres : L. tige 56 mm« Donjon », Niort (Deux-Sèvres). HADES, 2014
Datation typologique : -
Accessoires militaires de défense (et d'attaque)
typiques des forteresses de l'époque de Vauban, les
chausse-trapes s'observent dans les contextes militaires
Sous-catégorie 8,1 : Fer de trait
fer de trait : 1084-1 (PI II, n°6)
Matière : Fer
Description : Projectile en fer de type carreau
d'arbalète, à douille de section circulaire fermée et à
pointe pyramidale à losangique de section carrée.
Mesures: L. tot. 65 mm ; diam. int. douille 8 mm ;
poids 15,2 g
Datation tpologique : XII a-XITI d
La morphologie du projectile La morphologie du
projectile associant pointe pyramidale de section
cartée à douille correspond au type E des carreaux de
la typologie Serdon 2005 (p.101). L'étranglement est
marqué entre la pointe et la douille, tañdis que les
proportions en font un objet à vocation clairement
militaire, dont les comparaisons se trouvent un peu
pattout sut le territoire mais dans le centre-ouest de la
France entre le XIe et le XIVe s. Des fers du même
type ont été mis au jour plus largement dans toute
l'Europe de l'Ouest et la datation peut parfois
atteindre la XVe s. comme en Allemagne et en Suisse
(Serdon 2005, p. 101-102). Toutefois, certains
contextes archéologiques méridionaux pourraient
permettre d'envisager une datation plus resserrée entre
le XIIe et le XIe s., par exemple à L'Isle-Bouzon et
L'Isle-Jourdain dans le Gers (Lassure 1998, p. 355-357)
ou encote à Montségur en Ariège (Czeski dir. 1980, p.
115). '
fer de trait : 1190 -1 (PL II, n°5)
Makière : Fer
Description: Projectile en fer de type carreau
d'arbalète, à douille de section circulaire fermée et à
pointe pyramidale à losangique de section carrée.
Mesures : L. tot. 55 mm ; diam. int. douille 7 mm ;
poids total avec clou 19,8 g
Datation typalogique : XIT a-X1U d
La morphologie du projectile associant pointe
pyramidale de section carrée à douille correspond au
type E des carreaux de la typologie Serdon 2005
(p.101), en plus courte et trapue. L'étranglement est
marqué entre la pointe et la douille (assez courte),
tandis que les proportions en font un objet à vocation
clairement militaire, dont les comparaisons se trouvent
un peu partout sur le territoire mais dans le centre-
ouest de la France entre le XIe et le XIVe s. Des fers
du même type ont été mis au jour plus largement dans
toute l'Europe de l'Ouest et la datation peut parfois
atteindre la XVe s. comme en Allemagne et en Suisse
14
dès la fin du Moyen Âge et le début de l'époque
moderne, notamment en Alsace pour les XVe-XVIe s.
(Livre au Moyen Age 1990, p. 422-423).
(Serdon 2005, p. 101-102). Toutefois, certains
contextes archéologiques métidionaux pourraient
permettre d'envisager une datation plus resserrée entre
le XTle et le XIIIe s., par exemple à L'Tsle-Bouzon et
L'Tsle-Jourdain dans le Gers (Lassure 1998, p. 355-357)
ou encore à Montségur en Ariège (Czeski dir. 1980, p.
115).
pointe de flèche : 1170 - 4 (PL IT, n°8)
Matière : Fer
Description: Fer de trait de type pointe de flèche, à
douille assez longue et à flamme simple assez
longue, de type foliacée (de section plate légèrement
renflée dans l'axe).
Mesures: L. tot. 78 mm ; L. flamme 53 mm ; diam.
int. ouverture douille 7 mm ; poids 9,7 g
Datation typologique : XII d-XTII c
La morphologie du projectile associant une pointe
foliacée de section plane légèrement renflée dans l'axe
à une douille correspond au type À des pointes de
flèche de la typologie Serdon 2005 (p.116). La douille,
assez allongée et la forme foliacée de la flemme
laissent envisager un objet à vocation militaire, dont
les comparaisons se trouvent un peu partout sur le
territoire, notamment dans le Midi ou les productions
sont fréquemment datées entre la fin du XIIe et le
milieu du XIIIe s comme à L'Isle-Bouzon dans le
Gers (Lassure 1998, p. 350), sachant que des
exemplaires seraient connus en France dès la fin de
l'époque carolingienne (Serdon 2005, p. 116). En
Angleterre, les études tendent à placer clairement ce
type de ptojectile dans une fourchette chronologique
serrée autour du milieu du XTITe s. (Jbid).
pointe de flèche : 1164 - 1 (PL II, n°7)
Matière : Fer
Description: Fet de trait de type pointe de flèche,
corrodée et fragmentée en deux. Le fer est muni
d'une douille fermée et d'une flamme foliacée assez
longue et large, de section plane et légèrement
renflée dans l'axe.
Mesures: L. flamme 65 mm ; diam. estim. douille 9
rom ; poids 20,9 g
Datation tpologique : XII d-XIII c
La morphologie du projectile associant une pointe
foliacée de section plane légèrement renflée dans l'axe
à une douille correspond au type À des pointes de
139140
flèche de la typologie Serdon 2005 (p.116). La douille,
assez allongée et la forme foliacée de la flemme
laissent envisaget un objet à vocation militaite, dont
les comparaisons se trouvent un peu partout sur le
territoire, notamment dans le Midi ou les productions
sont fréquemment datées entre la fin du XIle et le
ruilieu du XIIIe s comme à L'Isle-Bouzon dans le
Gers (lassure 1998, p 350), sachant que des
exemplaires seraient connus en France dès la fin de
l'époque carolingienne (Serdon 2005, p. 116). En
Angleterre, les études tendent à placer clairement ce
type de projectile dans une fourchette chronolopique
serrée autour du milieu du XIILe s. (kid).
&
pointe de flèche : 1164-2 (PL II, n°9)
Matière : Fer
Description: Fer de trait de type pointe de flèche,
cotrodée et incomplète. Le fer était certainement
muni d'une douille fermée (absente car brisée ici) et
d'une flamme foliacée assez longue et large, de
Catégorie 9 : Mobilier équestre
éperon : 1140 -1 (PL I, n°1)
Mafière : Fer
Description: Eperon en fer, dont la tige,
probablement assez longue à l'origine, est
incomplète (pas de pointe ou ni bouton terminal).
Le tige, droite, est reliée par le collet aux branches
cassées et incomplètes (l'extrémité manquante est
constituée d'un oeillet double, cf. objet n° 1140 - 2).
Les branches sont très incurvées, quasiment à 90°,
elles sont assez larges et de section plate et fine. De
la même manière, la partie supérieure du collet est
couvrante et présente une volute dont la lèvre est
courbée vers l'arrière.
Mesures : L. tot. cons. 95 mm ; ouverture branches 52
run ; L branche 13 mm ; ép. branche 7 mm ; L. cons.
Tige 39 mm
Datation #pologique : XIV c-XV c
Il est fort probable que la tige (de section circulaire,
sans doute assez longue et hotizontale) était
originellement munie d'une molette étoilée. Si
plusieurs caractéristiques typologiques (branches
plates, couvrantes et coudées, volute à lèvre retombée
sur le collet) permettent d'évoquer une datation à
partir de la deuxième moitié du XIVe s (Halbout ef ai.
1987, p. 234, n° 967 à 969; Legros 2012, p. 97-98,
n°25), on peut envisager une datation dans la première
moitié du XVe s. (voire le tout début de ce siècle) pour
cet exemplaire qui trouve alors quelques comparaisons
notamment en Angleterre entre 1400 et 1460 (Ward-
Perkins 1940, p. 105-112 ; Clark 1995, p. 143-145,
n°345, 347-348, 350-351).
15
5. Les études du mobilier archéologique
section plane et légèrement renflée dans l'axe. Point
de flèche, en fer, corrodée et incomplète.
Mesures: L. flamme estim. 45 mm ; poids 11,1g
Datation typolagique : KTI d-XIIT c
La morphologie du projectile associant une pointe
foliacée de section plane légèrement renflée dans l'axe
à une douille correspond au type À des pointes de
flèche de la typologie Serdon 2005 (p.116). La douille,
assez allongée et la forme foliacée de la flerame
laissent envisager un objet à vocation militaire, dont
les comparaisons se trouvent un peu partout sur le
territoire, notamment dans le Midi ou les productions
sont fréquemment datées entre La fin du XIIe et le
milieu du XIIIe s. comme à L'Isle-Bouzon dans le
Gers (Lassure 1998, p. 350), sachant que des
exemplaires seraient connus en France dès la fin de
l'époque carolingienne (Serdon 2005, p. 116). En
Angleterre, les études tendent à placer clairement ce
type de projectile dans une fourchette ‘chronologique
serrée autour du milieu du XIIIe s. (Ibid!)
boucle d'éperon : 1140 -2 (PL I, n°1)
Matière : Fer
Description: Système d'attache de l'éperon (issu de la
même couche) constitué d'une boucle ovale à
ardillon pivotant sur une traverse centrale sur
laquelle pivotant également une attache triangulaire à
deux languettes latérales et à un crochet opposé. Ce
crochet s'articule dans l'extrémité en oeillet bilobée
d'une branche d'éperon (le même ?) depuis laquelle
une dernière attache en forme de T et munies de
crochets opposés s'articule. Recollée à la branche de
l'éperon, sa position extérieure permet de
déterminer qu'il s'agit d'un éperon de pied droit.
Mesures: L. boucle 34 mm ; L max. boucle 31 mm ;
ép. max. traverse latérale 4 mm ; L max. crochet
intermédiaire 23 mm
Datation typologique : -
La boucle circulaire ovale à traverse médiane rectiligne
trouve des parallèles, hors accessoires équestres, pour
la fin du Moyen Âge et l'époque moderne (notamment
un exemplaire assez proche en Angleterre, cf.
Whitehead 1996, n° 259). Les attaches à crochets en
forme de T sont connues sur une, large plage
chronologique entre le XIIe et le XVIe s,
spécialement à la fin du XIVe s. en Angleterre (Clark
1995, p. 148-149, n° 365, 367-368). Une boucle assez
similaire articule l'attache de la courroie d'un éperon
découvert à Dijon sur le boulevard de la Trémouille,
daté de la seconde moitié du XIVe s. (Legros 2013, p.
45-47). La datation ne peut être précisée en l'absence
de référentiels mais la fourchette supposée (autour des« Donjon », Niort (Deux-Sèvres). HADES, 2014
XIVe-XVe s.) est cohérente avec la datation proposée
pour l'éperon.
clou de maréchalerie ? : 1142 -
Matière : Fer
Description: Clou de matéchalerie, dont la tige à
incomplète (manque la pointe) et la rête forme un T
plat (probablement très usée).
Mesures: L. tête 16 mm
Datation typologique : -
lot de clous de maréchalerie : 1279 - A
(PL I, n°7) Matière : Fer
Description: Lot de trois clous de maréchalerie en
assez bon état de conservation, de dimensions
similaires. Si deux des clous ont leur tête usée et
donc non identifiable pour la typologie, le troisième
clou (le seul à être dessiné car bien identifié) s'avère
complet et présente une forme de type la (Portet,
Raynaud 2009). La datation pourrait alors s'aiguiser
dans le courant du XIIIe s.
Mesnres : L. tête 14 mm
Datation Hpologique : XII d-XITI b
clou de maréchalerie : 1279 -B (PL I,
n°6)
Matière : Fer
Description: Clou de maréchalerie, cotrodé et en
mauvais état, à tête de type la (Portet, Raynaud
2009)et à tige courte. La longueur de la tête (entre 16
et 18 mm selon le degré de desquamation du fer...)
incite à une datation typologique haute, entre le
milieu du XIe et le début du XIIIe s.
Mesures: L. tète 16 mm
Datation tpologique : Ant-XTIT b
clou de maréchalerie : 1245 -
Mañière : Fer
Description: Clou de maréchalerie de type la
(Raynaud, Portet 2009) d'assez grandes dimensions
permettant d'envisager une datation typologique
haute.
Messres : L. tête 16 mm
Datation bpologique : X a-X1 b
lot de clous de maréchalerie : 1170 -
Afatière: Ter
Description: Lot de trois clous de maréchalerie,
corrodés, à tige incomplète ou peu lisible, maïs à tête
similaire de type 1a Portet, Raynaud 2609).
Mesures: L. tête 14 mm
Datation typologique : XIIT a-XIT b
Le tÿpe des têtes et leurs dimensions (13 mm de
longueur pour l'un et 14 mm pour les deux autres)
permettent d'envisager une datation dans la premierè
moitié du XIIIe s.
16
clou de maréchalerie : 1140 -3 (PLI,
n°5)
Matière : Fex
Description : Clou de maréchalerie de type 5c (Portet,
Raynaud 2009).
Mesures : L. tête 8 mm
Dafation dpologique : Post-XTV b
Le type de tête quadrangulaire à carrée et les
dimensions assez faibles indiquent une datation
typologique postérieure au milieu du XTVe siècle.
lot de clous de maréchalerie : 1170_2 -
Matière : Fet
Description: Lot de deux clous de maréchalerie très
corrodés mais complets.
Mesures : L. tête RX 13 mm
Datation Hybalogique : KIII b-XTV b
En radiographie, l'un des clous présente une tête de
type indéterminable mais dont les dimensions
permettent d'envisager entre le milieu du XIIIe et le
milieu du XIVe s. (Portet, Raynaud 2009).
clou de maréchalerie : 1164 - 3
Matière : Fer
Description : Clou de maréchalerie, corrodé, complet.
Mesures : L. tête NR 18 mm ; L. tot. 47 mm
Datation typologique : XI c-XII d
La tète de type 3b (à moins qu'il s'agisse du type 1a
très abimé) et ses dimensions assez importantes
permettent d'envisager une datation typologique entre
le milieu du XIe et la fin du XIIe s. (Portet, Raynaud
2009).
fer d'équidé : 1245 -
Matière : Fer
Description : Fragment de fer d'équidé (branche avec
éponge et quartier) muni d'une étampure assez
longue et rectangulaire.
Mesures: Couverture estim. RX 22 mm ; L. étampute
estim. RX 14 mm
Datation sypologique : IX d-XIUX b
Le format de l'étampure permet d'envisager une
datation dans la première moitié du XIIe s. au plus
tard (Portet, Raynaud 2009).
fer d'équidé : 1170_2 - A (PL I, n°3) Matière: Fer
Description : Fer d'équidé incomplet représenté par
une branche en deux fragments très corrodés.
Mesures : L. étampure RX 8 mm
Datation ypalogique : Post-KIV b
141L'éponge simple est de type 1 (Portet, Raynaud 2009).
Les étampures trectanpulaires de petite longueur
évoquent une datation postérieure au milieu du XIVe
s.
fer d'équidé : 1170 2-B (PL I, n°4)
Matière : Fer
Description : Fer d'équidé complet, fragmenté en trois,
très cortodé.
Mesures : Couverture 26 mm ; L. étampure RX 8 mm
Datation #pologique : Post-KIV b
Les éponges sont de type de 52 et il pourrait s'agir d'un
fer de mulet (Portet, Raynaud 2009). Les étampures
rectangulaires de petite longueur évoquent une
datation postérieure au milieu du XIVe s.
Catégorie 10 : Mobilier à valeur ornementale
œillet : 1170_2 -
Matière : Alliage Cuivreux
Description : Œillet en alliage cuivreux, fragmentaire
mais complet, constitué d'un anneau de section plate
et fine recouvert d'une dorure.
Aesures : Diam. ext. moy. 12 mm ; ép. 1,5 mm ; poids
04g
Datation typolggique : -
bouton : 1067-1068 - 1 (PL. VI, n°1)
Matière : Alliage Cuivreux
Description : Bouton à queue, plat et cirulaire, en
bronze, muni d'une attache simple (le culot est
monté sur plaquette). L'avers n'est pas décoté, tandis
que le revers porte l'inscription circulaire "PARIS .
TRIPLE DORE .$ ." complétée par un symbole de
fleurons ou de couronne à fleurons.
Mesures : Diarn. 22 mm ; ép. moy. 1,2 mm ; poids 4,2
8
Datation #ypologique : XTX a-XX a
L'absence d'effigie permet d'écartet l'identification
formelle d'un bouton militaire ou d'uniforme à
proprement parler. Il pourrait tout autant s'agir d'un
bouton de vêtement civil, produit à Patis, la datation
de ces boutons étant à placer dans le courant du XIXe
s. voire jusqu'au début du XXe siècle d'après des
exemplaires similaires découvetts sans précision dans
le nord-est de la France. La découverte de ce type de
bouton (tardif) est rare et peu valorisée dans les
opérations d’archéologie, mais on connaît quelques
découvertes assez similaires en Île-de-France,
notamment à Verneuil-sur-Seine (Soulat dir. 2012, p.
169-170). En outre, on connait dans les pays
anglophones de très nombreuses découvertes fortuites
(probablement issues de la télédétection ou du pillage)
dont des productions similaires en Angleterre portant
l'inscription "TREBLE GILI" et la vile de
production, généralement : LONDON). La traduction
17
5. Les études du mobilier archéologique
fer d'équidé : 1170 - 2 Matière : Fer
Description: Fet d'équidé, corrodé, incomplet,
représenté pat une branche de fer postérieur gauche
@).
Mesures : Couverture 21 mm ; L. étampure RX 8 mm
Datation typolegique: Past-XIV b
L'éponge est rétrécie et forme un repli proche du type
5d (Portet, Raynaud 2009). La longueur de l'étampure
permet d'envisager une datation postérieure au milieu
du XIVe s.
française TRIPLE DORE (soit «triple doté »)
implique donc plus probablement la technique de
dorure (à l'aide de trois couches de feuilles d’or)
apposée sur le bouton à l'origine.
pendant circulaire (?) : 1140 -
Matière : Fer
Description : Possible pendant (de harnachement)
constitué d'une plaque de forme ellipsoïdale et deux
départs de branches opposés, de fonction exacte
indéterminée en l'état.
Mesures : Diam. max. 56 mm ; ép. moy. estim. 2 mm
Datation fypologique : -
boucle de ceinture : 1170 - 3 (PL VI, n°4)
Matière : Alliage Cuivreux
Description: Boucle de ceinture en alliage cuivreux,
complète et en bon état de conservation à
l'exception de l'anneau de l'ardillon.La boucle es de,
forme trapézoïdale. La traverse distale est arrondie,
elle est décorée de stries aux angles et au niveau du
tepose-ardillon qui marque une gorge médiane. La
traverse proximale est réduite à une tige fine de
section semi-circulaire autour de laquelle pivote
l'atdillon.
Mesures: L. 21 max. 21 mm ; L max 27 mm ; L. min.
21 mm ; poids 13g
Dataïion Spologique : XIII d-XTV d
Le type de la boucle trapézoïdale à traverse distale
épaisse ne trouve pas de comparaison directe dans la
littérature consultée. La forme générale s'observe par
contre fréquemment sur le territoire national entre la
fin du XIe et le XIVe s. (Démians d'Archimbaud dir.
1980, p. 495 ; Monnet dir. 1990, p. 268, fig 18,
n°7068-483 ; Legros 2001, p. 51, fig, 12 n° 101).« Donjon », Niort (Deux-Sèvres). HADES, 2014
boucle de ceinture : 1079 -5 (PI. VI, n°6)
Matière : Fer
Description : Boucle en fer, assez corrodée, en forme
de D outrepassé, à travetse distale simple de section
circulaire et traverse proximale droite de fine setion
sur laquelle pivote un ardillon simple de section
plate.
Mesures : L. boucle 33 mm ; h. boucle 53 mm ; L.
traverse proximale 37 mm; ép. traverse proximale 3
mm ; ép. traverse distale 5 mm ; L. estiro. ardillon 57
mm
Datation tybologique : -
Ce type de boucle simple, parfois associé aux
accessoires vestimentaires d'équitation, est assez
fréquent dans les contextes de la fin du XIIIe jusqu'à
la fin du XIVe s., tant à Londres (Egan, Pritchard
1991-2002, p. 90, n°397) que dans le sud de la France
(Demians d'Archimbaud 1980, p. 482) La fin
d'utilisation de ce type étant mal ciblée, le type a pu
perdurer au-delà du XTVe s. sans précision.
boucle de ceinture : 1079 -4 (PL VI, n°5)
Matière : Fer
Description: Boucle en fer, assez corrodée, de forme
trapézoïdale, à traverse distale simple de section
circulaire et angles atrondis, et traverse proximale
droite de fine setion sur laquelle pivote un ardillon
simple de section plate.
Mesures : L. 32 mm ; h. 40 mm ; ép. traverse distale 7
mm
Daïation typologique : -
Ce type de boucle simple est assez fréquent dans les
contextes datés entre le milieu du XIILe et le milieu
voire la fin du XIVe s., tant à Londres (Egan, Pritchard
1991-2002, p. 92-93, n°409 et 415) que dans le sud de
la France (Demians d'Archimbaud dir. 1980, p. 486,
Catégorie 12 : Ustensile divers
pipe en terre cuite : 1054-1 (PL IV, n°4)
Matiére : Terre cuite (et alliage cuivreux)
Descriplion: VPipe en terte cuite, incomplète et
fragmentée, représenté par un fourneau de pipe
renforcé par une atmature cylindrique en alliage
cuivreux formant un cerceau su le col. Un tube en
alliage cuivreux entoure le tuyau à la jonction entre
le fourneau et la tige, ce tube tant muni de 7 lamelles
qui apposées en bandelettes verticales sur le
fourneau et sont ensertées sous le cerceau au niveau
du col du fourneau L'embout est manquant et on
n'observe aucun ergot à la base du fourneau mais le
tube cylindrique en alliage cuivreux montre un petit
anneau au même endroit supposé (anneau de
suspension).
Mesures: Diam. d'ouverture estim. 16 mm ; Diam.
ext. Tuyau 6 mm ; diam. du tirage 1,5 mm ; poids
18
fig. 462). La fin d'utilisation de ce type étant mal ciblée,
le type a pu perdurer au-delà du XIVe s. sans
précision.
épingle : 1212-1 (PI. VI, n°3)
Matière : Alliage Cuivteux
Description: Epingle en bronze, complète et en bon
état, munie d'une petite tête sphérique simple et
d'une tige courte.
Mesures : L. tot. 29 mm ; diam. tête 2 mm ; poids 0,3
©œ D
Datation bbolagique : -
La tête sphérique est formée par enroulement d'un fil
de bronze autour de la base de la tige avec un probable
matriçage servant à former une tête ronde. Les
épingles de ce type seraient de plus en plus fréquentes
à partir du XIVe s. et on les observe durant l'ensemble
de l'époque moderne (Boudriot 1998, 232-238).
épingle (?) :1145-1 (PI. VI, n°2) Matière : Alliage Cuivreux
Description : Fragment d'épingle en alliage cuivreux
dont on n'observe que la tige à extrémité coudée (la
tête est manquanre).
Mesures: Ep. tige 1 mm ; Poids 0,2 g
Datation tybologique : -
La tête est absente mais devait être constituée d'un fil
de bronze entoulé. Les épingles de ce type seraient de
plus en plus fréquentes à partir du XIVe s. et on les
observe durant l'ensemble de l'époque moderne
(Boudtiot 1998, 232-238).
tot. 16,5 g ; poids fourneau 8,5 g ; poids armatures 8
8
Datation #pologique : Post-XVTHI b
Petit objet portuaire par excellence des villes de
l'époque moderne. Ici, les éléments métalliques
rendent l'objet différent des productions connues par
exemple à La Rochelle (Chiron-Champagne, Larre
2013, p. 136-139). Le diarnètre intérieur de très faibles
dimensions associé à l'absence de décors conservés ne
permettent pas de proposer une datation pout cet
objet qui pourrait être tardif, peut-être postérieur aux
années 1750 (7). Par compataisons avec certaines
productions de pipes décorées (mais sans alliages
cuivreux) qui affichent parfois des rainures verticales
linéaires tout autour du fourneau (Higgins 1995, p. 48 ;
Btadley 2001, p. 129), on pourait peut-être préciser la144
datation dans le courant du XIXe s., d'autant que des
pipes sont parfois munies de couvercles métalliques
dans la deuxième moitié de ce siècle (Bradley 2001, p.
140-143).
calel (?) :1079-2 (PL. IV, n°2) Matière : Fer
Description : Lot de quatre fragments en fer, très
corrodés, dont les deux plus gros fragments
constituent des tôles à surface planes et munies d'un
bec à l'un des angles. L'ensemble des fragments
pourrait appartenir à un même objet en forme de
boitier (sonnaille ?) ou de contenant (lampe de type
calel #. On remarque sut l'un des deux fragments
un apport superficiel d'alliage cuivreux (reste d'une
attache rapportée ? altération d'un élément cuivreux
à proximité ?) La forme des becs et le recollement
possible entre trois fragments incite plutôt à voir un
calel.
Mesures : h. moy. bec 17 mm
Datation typologique : -
Si les sonnaïlles sont fréquentes au bas Moyen Âge, les
calels sont connus surtout dans les régions
métidionales pout la fin du Moyen Âge (plusieurs sont
localisés en ville à Toulouse et un au château de
Monségur pour les XIVe-XVe s., cf. Archéologie et vie
gaotidienne 1990, p. 155 n° 152). La présence d'un bec
incite à identifier une lampe de type calel même si
l'ensemble ne dessine pas forcément une lampe de
symétrique quadrangulaire. Des formes triangulaires
ou losanpiques de calel ont pu exister, notamment à
Rougiers (Démians d'Archimbaud dit. 1980, p. 477,
n°454-2).
19
5. Les études du mobilier archéologique
manche ? : 1170 -
Matière : Fer
Description: Tige en fer, corrodée, de section fine et
régulière, plate à légèrement incurvée sut les bords,
et dont une extremité s'élargit (comme un manche)
et l'autre est manquante (mais amorce une courbe).
Mesures : L. cons. 122 mm ; ép. estim. moy. 3 mm
Datation typologique : -
On pourrait envisager un manche d'ustensile ou de
couvett (un manche de cuillère ?), sans pouvoir
lassuter.
fourchette : 1012 - (PL IV, n°5)
Matière : Fer
Description: Fourchette, en fer étamé, incomplète et
fragmentée en deux. Par restitution, on peut
envisager une fourchette à 4 dents alignées,
opposées à un manche fin, de profil recourbé (dont
la jonction ansée est manquante) et à terminaison
linguiforme.
Mesures : L. estim. dent 57 mm
Datation bpologique : Post-XVII b
La datation demeure malaisée en l'absence de
référentiel archéologique local ou régional, la
découverte et l'étude de fourchettes découverte en
contexte étant particulièrement rare, Les fourchettes
appataîtraient progressivernent dans le service de table
français à partir du milieu du XVIIe s. (Moore 2006).« Donjon », Niort (Deux-Sèvres). HADÈS, 2014
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21
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4 — Pièces annexes
Catégories fonctionnelles
Le tableau suivant exprime les catégories fonctionnelles servant de cadre de classement au mobilier. Certaines
catégories sont elles-mêmes divisées en sous-catégories.
Ti
Clou
Clou
Ameublement
Serrurerie/Huisserie
de
de l'artisanat
Déchet
Scorie
Coutellerie
de
Fer de trait
Protection
Mobilier
‘Clou de maréchalerie
Fer d'
Mobilier ornemental
Boucle
Bouton
Etat de conservation
L'état de conservation du mobilier à été décliné dans le tableau selon deux critères, la représentation ef le processus de corrosion. La représentation permet de savoir si l’objet est complet, partiellement conservé (c’est-à-dire incomplet mais identifiable) ou bien fragmentaire (incomplet et non identifiable). La corrosion s décline en quatre niveaux, faible, moyenne, forte ou complète :
22
Faible, la corrosion est quasi imperceptible à œil,
Moyenne, la corrosion est partielle mais permet une lecture complète de l’objet sans déformation de sa surface,
For, Vobjet est identifiable mais la corrosion 4 nettement modifié la surface de l’objet, Compiète, le processus d’altération est complet, absence de métal sain et fonme résiduelle la corrosion est
partielle mais permet une lecture.
147148
Datation
L'expression de la datation est formulée de la manière suivante :
- Il : Ile siècle avant Jésus-Christ
II : IT: siècle après Jésus-Christ
Ânt : Antérieut
Post : Postérieur
a : premier quart de siècle
b : deuxième quart de siècle
c : troisième quart de siècle
d : dernier quart de siècle
5. Les études du mobilier archéologique
Ainsi, la formule VIII b-X'a exprime une fourchette chronologique qui englobe le deuxième quart du VIII:
et qui s'étend jusqu’au premier quart du X° siècie inclus.
La formule Ante-XIV D signifie que la datation est antérieure au deuxième quart du XIVe siècle.
La formule Post-IX c signifie que la datation est postérieure au troisième quart du IX‘ siècle.
Abréviations
23
L. : Longueur
L : largeur
diam. : diamètre
estim. : estimé
CONS. : CONSELVÉ
tot. : totale
qin. : Minimum
max, : Maximum
int. : interne
ext. : externe
BE : Bon état
ME : Mauvais état
AC : Alliage cuivreux
AB : Alliage blanc
MDA : Matière dure animale
(NR) : Non restauré
(RX) : Radiographié149 (Deux-Sèvres). HADES, 2014
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5.4. L'ÉTUDE
DU PETIT MOBILIER DE JEU
(FANNY LARRE)
La présente notice s'intéresse à deux artefacts isolés
dont la nature et la fonction ne pouvaient s'intégrer
d’une part, dans l’étude du mobilier métallique et
d’autre part, à l’analyse du vaisselier en céramique
ou en verre. Ces deux objets sont décrits dans les
notices qui suivent.
Remarques méthodologiques
Les dimensions sont exprimées en mm. Les renvois
aux figures sont mentionnés pour chaque objet. Les
abréviations correspondent aux critères descriptifs
suivants : D. diamètre ; H. hauteur.
Bille (US 1198) (fig. 144)
Sphérique (D. 19), en céramique à pâte claire, re-
couverte d’une glaçure verte, cette bille est par-
ticulière du fait d’un décor constitué d’une suc-
cession de rainures se rejoignant au sommet. Elle
prend ainsi un aspect côtelé, caractéristique origi-
nale au sein des corpus référencés. En effet, bien
que fréquentes sur les sites de période médiévale
ou moderne, les billes ont une surface régulière,
qu’elles soient en pierre, en plâtre, en céramique
ou en verre modelé, les décors de surface étant qua-
si inexistants. Il se peut alors que cet exemplaire,
découvert dans un remblai exogène, ait constitué
un unicum, objet de collection. En outre, il est en-
visagé que la bille côtelée appartenait à un jeu avec
des règles particulières. La position stratigraphique
de cet artefact suggère une datation récente, soit le
XIX® siècle. On pourra ainsi comparer notre ex-
emplaire à des pièces de jeu d’époque victorienne,
connues en Angleterre sous le nom de « knuckle-
bone » et « alley-gobs », petits objets cubiques, rai-
nurés, fabriqués en céramique glaçurée, courantes
entre le XIX° et le XX° siècle (Biddle 1990, p. 706,
n° 2243). Il n’est pourtant pas exclu que cette bille
soit issue d’une période plus ancienne, les exem-
plaires glaçurés étant connus dès XIIT° siècle (Je-
andemange 2012, p. 460, n° 679/1 ; Berthon 2013,
p- 119). On pourra d’ors et déja rapprocher de cet
exemplaire trois billes en terre cuite mises au jour
165
lors de fouilles récentes effectuées dans le quartier
Saint-Michel à Bordeaux, découvertes en asso-
ciation avec du mobilier de période moderne!”*,
L'originalité de ces éléments réside dans leur dé-
cor, constitué de lignes de petits points appliqués
par impression, à l’aide d’une molette ou manuel-
lement. La présente notice constitue un premier
essai qui pourra être complété suite à la découverte
de billes comparables.
Pion (US 1071)(fig. 145)
Circulaire (D. 17,5), bombé (H. 14), l’objet présente
une face parfaitement plane (D. 14) et peut être
décrit comme une sphère tronquée. Il a été façonné
dans une pierre tendre de couleur gris perle, dont
l'observation montre un aspect granitique très fin.
La surface régulière atteste d’un polissage et d’une
possible usure liée à son utilisation. Une altération
marquée par un dépôt beige à brun pourrait être
due aux interactions subies lors de l’enfouissement.
Par sa configuration générale, cet objet s'apparente
à un pion, pièce de jeu dont la prise en main
s'effectue à l’aide de deux doigts, le geste du joueur
consistant à le faire glisser sur la face inférieure,
plane. La forme, connue dès l'Antiquité en par-
ticulier sur des pions façonnés dans de la matière
dure animale, perdure encore au Moyen Âge, pé-
riode pendant laquelle les jeux de table jouissent
d’une certaine popularité”. Bien que certains
exemplaires comportent des marques ou des dé-
cors, le pion décrit ici semble en être dépourvu,
sans doute du fait de sa composition. Sa position
stratigraphique, en contexte de remblai, de même
que son caractère isolé ne permettent pas de tenter
une interprétation globale du jeu auquel il fait ré-
férence.
174 Inventaire général du mobilier (annexe 24), dans :
Sauvaître, N. — Espace Saint-Michel, Bordeaux. Rapport
final d'opération archéologique, Antiquité romaine,
périodes médiévale et moderne, Hadès (à paraître)
175 Pour en savoir plus , consulter Grandet et Goret 2012,
Jendemange 2012.166 5. Les études du mobilier archéologique
5.5. LÉTUDE
DU MOBILIER EN VERRE
(LAËTITIA PÉDOUSSAUT)
Le fragment étudié correspond à la tige d’un verre
à pied découvert dans l'US 1228. Il est conservé sur
une longueur de 8,5 cm et le diamètre varie de 1,6 à
2,2 cm. Cette tige est creuse et nervurée en surface
(fig. 146, n° 1). Le verre est opaque et friable, la
surface est brunâtre et très altérée (fig. 146, n° 2).
Cette mauvaise conservation est liée au mode de
fabrication : le fondant utilisé pour abaisser le point
de fusion de ce matériau est de la potasse, obténue
à partir de cendre de fougères. L’enfouissement, en
milieu humide, a certainement aussi aggravé son
état.
L'élément mis au jour ne comporte que la tige ; en
l'absence de la base et de toute la partie supérieure
l'identification demeure mal aisée. IL est possible
cependant de le rapprocher des verres à pied du
bas Moyen Âge (Foy 1988, p. 240-241). Ce type
de vase est assez commun et quelques exemples
existent pour la région. À titre d'exemple, on peut
citer la synthèse récente sur les verres médiévaux
de la place Camille-Jullian, à Bordeaux (Foy 2013).
Des verres à pied similaires y sont documentés dès
le XII° siècle, mais leur présence est importante
surtout dans les contextes des XIIT* et XIV® siècles
(Foy 2013, p. 107).« Donjon », Niort (Deux-Sèvres). HADÈS, 2014 167
SOURCES ET BIBLIOGRAPHIE
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ouvrages à faire pour la construction d’un hangar
ou magasin propre au dépôt des pompes à incen-
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lequel sera adossé au mur d’enceinte du château,
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faire pour la construction d’un hangar ou magasin
devant servir au dépôt des pompes à incendie, de
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à incendie à édifier sur les terrains du château dont
l'estimation a été autorisée par l'ordonnance du roi
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à faire pour de nouveaux arrangements dans le
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400 seaux de plus qui viennent d’être confection-
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- AD79 2 O 1641, Préfecture des Deux-Sèvres,
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du 31 octobre 1846 [...], Emplacement du pavillon
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