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Arrêté - Préfecture - Puy-de-Dôme - 3 PDA Clermont Ferrand Cathedrale Notre Dame de L ASSOMPTION
Document publié le Mardi 18 mars 2025
Lien du pdf (Arrêté - Préfecture - Puy-de-Dôme - 3 PDA Clermont Ferrand Cathedrale Notre Dame de L ASSOMPTION)
Thèmes du document : Aménagement du territoire, Histoire et mémoire, Culture et patrimoine,
PERIMETRE DELIMITE DES ABORDS (PDA) DES
MONUMENTS HISTORIQUES
COMMUNE DE CLERMONT-FERRAND
CATHEDRALE NOTRE-DAME-DE-L’ASSOMPTION
JANVIER 2023
CLERMONT AUVERGNE M ETROPOLE2
S OMMAIRE
I. Le cadre réglementaire ............................................................................................................... 3
1. Les textes de référence ........................................................................................................... 3
2. Mise en œuvre......................................................................................................................... 3
3. Application............................................................................................................................... 4
4. Synthèse pour la commune de Clermont-Ferrand .................................................................. 4
II. Présentation générale de la commune ....................................................................................... 5
1. Situation .................................................................................................................................. 5
2. Histoire .................................................................................................................................... 5
3. Sites patrimoniaux remarquables ............................................................................................... 6
4. Sites protégés au titre du Code de l’environnement .................................................................. 7
III. Le Monument historique : la cathédrale Notre-Dame-de-l’Assomption ................................ 8
IV. Présentation du secteur .......................................................................................................... 9
1. Histoire du secteur .................................................................................................................. 9
2. Analyse du développement urbain ....................................................................................... 11
3. Morphologie urbaine............................................................................................................. 16
4. Vues et environnement actuel de la cathédrale ................................................................... 27
V. Définition du projet de modification du périmètre de protection............................................ 32
1. Analyse du périmètre actuel ................................................................................................. 32
2. Proposition de Périmètre délimité des abords ..................................................................... 323
I. LE CADRE REGLEMENTAIRE
Le Périmètre délimité des abords (PDA) introduit par la loi relative à la Liberté de la création, à l'architecture et au patrimoine (LCAP) du 7 juillet 2016, vise à définir des périmètres de protection pour les immeubles ou ensembles d’immeubles qui forment avec un Monument historique un ensemble cohérent ou qui sont susceptibles de contribuer à sa conservation ou à sa mise en valeur.
L’article L. 621-31 du Code du patrimoine prévoit la possibilité de créer des Périmètres délimités des abords (PDA) sur proposition de l’Architecte des bâtiments de France (ABF), mais également sur proposition de l’autorité compétente en matière de Plan local d’urbanisme (PLU) ou de document d’urbanisme en tenant lieu. La création de PDA peut concerner les Monuments historiques classés ou inscrits.
1. Les textes de référence
- L’ordonnance n°2005-1128 du 8 septembre 2005 relative aux Monuments historiques (MH) et Espaces protégés.
- La loi SRU n°2000-1208 du 13 décembre 2000, notamment l’article 40.
- Le décret n°2007-487 du 30 mars 2007 relatif aux MH et Zones de protection du patrimoine, de l’architecture et du paysage (ZPPAUP).
- La circulaire du 6 août 2004 relative aux PPM.
- La circulaire du 4 mai 2007 relative aux MH et aux ZPPAUP.
- La note d’octobre 2007 de la Direction de l’architecture et du patrimoine (DAPA) sur la réforme des périmètres de protection autour des Monuments historiques.
- Le Code du patrimoine, concernant les dispositions relatives aux immeubles adossés aux immeubles classés et aux immeubles situés dans le champ de visibilité des immeubles classés ou inscrits (article L. 621-30-1).
- Le Code de l’environnement, relatif au champ d’application et objet de l’enquête publique, notamment les articles L. 123-1 et suivants, et les articles R. 123-1 et suivants. - La loi n°2016-925 du 7 juillet 2016 relative à la Liberté de la création, à l’architecture et au patrimoine, notamment l’article 75, modifiant le Code du patrimoine aux articles L. 621-30 et L. 621- 32 portant sur les « abords » et R. 621-92 à R. 621-95.
2. Mise en œuvre
En application des articles L. 621-30 à L. 621-32 du Code du patrimoine, les immeubles ou ensembles d’immeubles qui forment avec un Monument historique un ensemble cohérent ou qui sont susceptibles de contribuer à sa conservation ou à sa mise en valeur sont protégés au titre des abords. La protection au titre des abords a le caractère de Servitude d’utilité publique (SUP) affectant l’utilisation des sols dans un but de protection, de conservation et de mise en valeur. La protection s’applique à tout immeuble, bâti ou non bâti situé dans un périmètre délimité par le préfet de Région, autorité administrative compétente. Ce périmètre peut être commun à plusieurs Monuments historiques.
Le périmètre est créé par décision du préfet de Région, sur proposition de l’Architecte des bâtiments de France, après enquête publique, consultation du propriétaire ou de l’affectataire, et le cas échéant de la ou des communes concernées et accord de l’autorité compétente en matière de PLU ou de document en tenant lieu.
L’organe délibérant de la collectivité territoriale compétente se prononce sur le projet de périmètre en même temps qu’il arrête le projet de Plan local d’urbanisme, conformément à l’article L. 153-14 du Code de l’urbanisme. Lorsque cet avis est favorable, l’enquête publique prévue par l’article L. 153- 19 du Code de l’urbanisme porte à la fois sur le projet de Plan local d’urbanisme et sur le projet de Périmètre délimité des abords (article R. 621-93 du Code du patrimoine).4
Le commissaire enquêteur consulte le propriétaire ou l’affectataire domanial des Monuments historiques concernés. Le résultat de cette consultation figure dans le rapport du commissaire enquêteur. Après avoir reçu le rapport et les conclusions motivées du commissaire enquêteur ou de la commission d'enquête, le préfet demande à l'autorité compétente en matière de Plan local d'urbanisme ou de document d'urbanisme en tenant lieu un accord sur le projet de Périmètre délimité des abords, éventuellement modifié pour tenir compte des conclusions de l'enquête publique. En cas de modification du projet de Périmètre délimité des abords, l’autorité compétente consulte, le cas échéant, à nouveau la ou les communes concernées. A défaut de réponse dans les trois mois suivants la saisine, l'autorité compétente est réputée avoir donné son accord. En cas de modification du projet de PDA, l’ABF est également consulté.
La décision de création d'un PDA est notifiée par le Préfet de Région à la commune ou à l’EPCI compétent en matière de Plan local d'urbanisme ou de document d'urbanisme en tenant lieu. Elle fait l'objet des mesures de publicité et d'information prévues à l'article R. 153-21 du Code de l'urbanisme.
Lorsque le territoire concerné est couvert par un PLU, un document d'urbanisme en tenant lieu ou une Carte communale, l'autorité compétente annexe le tracé des nouveaux PDA à ce plan, dans les conditions prévues aux articles L. 153-60 ou L. 163-10 du Code de l'urbanisme.
3. Application
Le PDA se substitue au « rayon de 500 mètres », ainsi la protection au titre des abords s’applique à tout immeuble, bâti ou non bâti et le critère de (co)visibilité ne s'applique alors plus. Le régime d'autorisation pour les travaux situés à l'intérieur de cette servitude est inchangé. Il est régi par l’article L. 621-32 du Code du patrimoine.
L’ABF sera consulté pour tout projet modifiant l’aspect extérieur d’un immeuble bâti ou non bâti protégé au titre des abords. Le projet ne pourra être accepté sans l'accord de l’ABF dès lors que le projet concerne un immeuble protégé au titre des abords.
Tout projet non soumis à autorisation au titre du Code de l'urbanisme, devra faire l'objet d'une demande préalable au titre du Code du Patrimoine (article L. 621-32). Lorsque la délivrance du permis ou la décision de non-opposition à la déclaration préalable est subordonnée à l'accord de l’ABF, le délai d'instruction est prolongé d’un mois lorsque les travaux portent sur un immeuble situé dans les abords des Monuments historiques.
L’ABF dispose d’un délai d’un mois pour se prononcer sur un dossier de demande d’autorisation de travaux relevant du Code du patrimoine. Le périmètre de protection du monument ne s'accompagne pas d'un règlement propre, contrairement aux Sites patrimoniaux remarquables (SPR).
4. Synthèse pour la commune de Clermont-Ferrand
Nombre de Monuments historiques 180
Nombre de Monuments historiques
concernés par le présent dossier 1
Règlement urbain en vigueur
PLU approuvé le 4 novembre 2016 (Modification
simplifiée n°1 du PLU approuvée le 18 décembre 2020)
SPR Clermont centre en cours d’étude
Autorité compétente Clermont Auvergne Métropole5
II. PRESENTATION GENERALE DE LA COMMUNE
1. Situation
Située dans la région Auvergne-Rhône-Alpes, capitale historique de l’Auvergne, Clermont-Ferrand fait partie des grands pôles urbains qui structurent le territoire national, et rayonne sur l’ensemble du Massif central. La commune compte près de 145 000 habitants (en 2020).
Clermont-Ferrand constitue la ville-centre de Clermont Auvergne Métropole, composée de 21 communes, qui entend se positionner comme une métropole d’équilibre de l’ouest régional. La ville est installée sur une butte d’origine volcanique et se situe dans un amphithéâtre bordé au nord par le plateau basaltique des Côtes de Clermont, au sud par la coulée de Saint-Jacques, et à l’ouest par les contreforts de la Chaîne des puys (et la faille de Limagne). A l’est, la cité s’ouvre sur la plaine de Limagne.
Clermont-Ferrand est implantée au carrefour de plusieurs axes autoroutiers : un axe nord-sud avec l’A75 et un axe est-ouest avec l’A89. Par la route, la ville est située à 420 km de Paris, 370 km de Bordeaux, 165 km de Lyon et 50 km de Vichy.
La ville est traversée par plusieurs cours d’eau : la Tiretaine, l’Artière et le Bédat. La Tiretaine, qui prend sa source à Orcines, descend la vallée de Royat et se scinde en plusieurs bras avant de se jeter dans l’Artière et le Bédat.
2. Histoire
L’histoire de la ville remonte à l’Antiquité, période au cours de laquelle elle a été une cité gallo- romaine prospère. Elle porte au cours de son histoire plusieurs noms : Augustonemetum - qui signifie « le sanctuaire d’Auguste » (du Ier au IIIe siècle), Arvernis - à la fin de l’Antiquité (à partir du IIIe siècle et pour plusieurs siècles), Clermont depuis l’époque carolingienne, et enfin Clermont-Ferrand à partir du XVIIe siècle après l’union avec la cité de Montferrand.
L’enceinte aux cinq portes du Bas-Empire qui protégeait le haut de la butte est encore en partie visible dans le tracé de certains axes. Cependant, malgré l’existence d’une trame viaire orthonormée à l’époque gallo-romaine, la trame urbaine de Clermont découle d’un urbanisme spontané, comme le prouvent nombre de rues à la fois sinueuses et non calibrées.
Durant le Moyen Age, trois faubourgs se développent, l’un à l’est, autour de l’église de Notre-Dame- du-Port, l’autre à l’ouest, autour de l’église Saint-Pierre (appelé quartier des Gras) et enfin au sud, autour de l’église Saint-Genès.
La nouvelle enceinte de la fin du Moyen Age englobe ces faubourgs. Elle est percée de trois portes principales : la porte Neuve au sud, la porte des Gras à l’ouest, et la porte Champet à l’est (nommée aussi porte Royale).
La cité épiscopale occupe alors le sommet de la butte, autour de la cathédrale. Tout comme à Montferrand et Riom, une grande vague de reconstruction suivit les tremblements de terre de la fin du XVe siècle. Dès lors, les propriétaires les plus fortunés se firent construire de riches logis. Les couvents de la Contre-Réforme se multiplient, ils s’installent dans les vides à l’intérieur et à l’extérieur des fortifications, figeant durablement la physionomie de la ville.
L’édit de Troyes du 15 avril 1630 rassemble autoritairement Clermont et Montferrand. Cette union est confirmée en 1731 par Louis XV avec le second édit d’Union. La situation centrale de Clermont protège la ville des guerres et des assauts des armées étrangères. Ainsi, l’enceinte est progressivement laissée à l’abandon.
La suppression des remparts permet, dès la fin du XVIIe siècle, l’aménagement de la périphérie de la ville.6
Les XVIIIe et XIXe siècles sont marqués par les aménagements et l’embellissement de la ville : aménagement de places, création de boulevards et constructions de nombreux équipements.
L’activité industrielle du caoutchouc et l’industrie mécanique inscrivent de leurs empreintes l’histoire de la ville. La première usine Michelin s’installe place des Carmes en 1889. L’expansion de l’entreprise entraîne la création des Cités Michelin où est logé le personnel. La ville connaît une forte augmentation de sa population avec l’expansion de l’activité industrielle dans les années 1920. Le développement urbain de Clermont-Ferrand reprend dans les années 1960 pour aboutir à la création d’une véritable agglomération, offrant une continuité de l’habitat avec les communes avoisinantes, tel que l’on peut le voir de nos jours.
3. Sites patrimoniaux remarquables
Les Sites patrimoniaux remarquables sont des périmètres dans lesquels ont été identifiés des enjeux de conservation des qualités urbaines, architecturales et paysagères, et où l’avis de l’ABF est systématique. Il s’agit d’une Servitude d’utilité publique (SUP). Le SPR est doté d’un outil de gestion qui définit les éléments à protéger et les règles de construction. Ces règles s’appliquent à l’intérieur du périmètre identifié. La publicité est interdite dans les SPR, sauf s’il existe un Règlement local de publicité (RLP/RLPi) autorisant la publicité dans certains secteurs.
A Clermont-Ferrand, le centre ancien de Montferrand est doté d’un SPR (ancien Secteur sauvegardé créé dans les années 1960). Depuis 1997, un Plan de sauvegarde et de mise en valeur (PSMV) règlemente les aménagements et les constructions à l’intérieur du SPR.
Cartographie des SPR à Clermont-Ferrand. Extrait de l’Atlas des Patrimoines.7
4. Sites protégés au titre du Code de l’environnement
Les Sites inscrits et classés ont pour objectif la préservation et la mise en valeur d’espaces naturels ou artificiels présentant un intérêt certain au regard de critères artistiques, historiques, scientifiques, légendaires ou pittoresques, conformément à la loi du 3 mai 1930. Cette législation fait référence aux articles L. 341-1 et suivants du Code de l’environnement.
Deux sites sont protégés au titre du Code de l'environnement sur la commune de Clermont-Ferrand :
Centre ancien de Clermont Inscrit 27/02/1979 Surface : 36,7 ha
Ensemble urbain de Montferrand Inscrit 04/04/1972 Surface : 24 ha
Cartographie des sites protégés au titre du Code de l'environnement. Extrait de l’Atlas des Patrimoines.8
III. LE MONUMENT HISTORIQUE : LA CATHEDRALE N OTRE -D AME -DE -L ’A SSOMPTION
Les données présentées correspondent aux informations communiquées par les Services de l'État (base Mérimée et archives de l'UDAP). Le présent dossier porte uniquement sur la cathédrale Notre-Dame- de-l’Assomption.
Localisation :
Place de la Victoire, Clermont-Ferrand
Références cadastrales :
IK 142
Date et niveau de protection :
Classement par liste de 1862
Précision sur la protection de l'édifice :
La cathédrale en totalité
Auteur de l'édifice :
-
Description :
Sa construction s’est déroulée en deux phases. Au Moyen-Age, à partir de 1248, le chevet, le chœur, le transept et les trois premières travées de la nef remplacent progressivement la cathédrale romane dont il ne reste en 1350 que la façade. Après une interruption de 500 ans, la vieille façade romane est démolie en 1851 et Viollet-le-Duc et ses successeurs achèvent la cathédrale de 1866 à 1902.
Les évêques fondateurs de la cathédrale gothique Hugues et Guy de la Tour étaient proches du roi Louis IX (Saint Louis) et l’architecte Jean Deschamps, à qui on en attribue la construction, aurait été formé en Picardie : la cathédrale de Clermont est très influencée par le style gothique de la France du Nord du XIIIe siècle. On y retrouve les principales caractéristiques du style gothique rayonnant :
- chœur entouré d’un vaste déambulatoire à chapelles rayonnantes ;
- nef à cinq travées prolongeant le transept et le chœur ;
- élévation à trois étages (deux rangées de hautes arcades de même hauteur séparées par un triforium aveugle) ;
- légèreté des piliers étroits où chaque nervure se prolonge jusqu’aux ogives des voûtes attirant irrésistiblement le regard vers le haut ;
- large ouverture à la lumière tamisée par les vitraux des chapelles, les verrières du chœur et les roses du transept.
Viollet-le-Duc reprend et achève le projet des architectes du Moyen-Age en construisant au XIXe siècle les deux dernières travées de la nef et le porche en style néogothique du XIIIe siècle.
A l’extérieur, l’architecture du chevet est caractéristique du style attribué à Jean Deschamps : - un premier étage (chapelles rayonnantes à pans coupés séparés par les contreforts et déambulatoire) couvert par une terrasse dallée - un deuxième étage constitué du haut chœur équilibré par des arcs-boutants à double volée ;
- chaque étage est couronné par une balustrade ajourée.
Le toit à la française recouvert de plomb date du XVIe siècle, il a été restauré au XIXe siècle. La statue de la Vierge au-dessus d’un Arbre de Jessé reproduit à l’identique celle qui a été fondue à la Révolution.9
IV. PRESENTATION DU SECTEUR
1. Histoire du secteur
Métropole régionale située au centre de la France, Clermont-Ferrand s’est construite sur un monticule s’élevant comme une île au-dessus de la plaine, relief nommé aujourd’hui « la butte » ou « plateau central ». C’est dans ce secteur que va s’installer la ville antique (Augustonemetum).
L’agglomération antique se concentre sur la butte de Clermont et, sur une surface d’environ 150 hectares, cinq espaces funéraires délimitent alors son extension. Nommée Augustonemetum, la cité est située à un carrefour de voies importantes :
- l’axe ouest-est relie Saintes à Lyon ;
- l’axe sud-ouest/nord-est relie Brive à Autun (liaison avec le territoire vellave au sud-est).
Le réseau viaire et les édifices publics structurent l’espace urbain. Le cardo maximus et le decumanus maximus sont les axes fondateurs. L’axe nord-sud est pérennisé aujourd’hui par les rues de Rabanesse, Vercingétorix et Ballainvilliers. Le tracé du decumanus maximus reste incertain.
Le forum domine la butte. Installé au croisement des deux axes fondateurs de la ville antique, il s’installe à l’emplacement de l’actuelle place de la Victoire et de la cathédrale. Les caves de la butte conservent les traces de galeries techniques appartenant aux infrastructures d’un vaste ensemble monumental.
Les quartiers résidentiels se développent sur le versant est et sud de la butte. Les quartiers artisanaux sont cependant très mal connus des chercheurs. Les lieux de cultes suburbains animent le paysage et contribuent à la mise en scène de la ville.
Au milieu du IIIe siècle, la ville subit l’invasion de peuples germaniques. Les temples romains sont détruits. La ville se replie sur elle-même et s’entoure d’une enceinte. La superficie enclose de l’ordre de trois hectares pouvait contenir une population de 700 habitants environ. Cette fortification est connue sous le nom « d’enceinte aux cinq portes ». Le tracé de cette enceinte a été reconnu en plusieurs points. Les prospections récentes menées dans les caves de la butte ont montré que l’enceinte est conservée en plusieurs endroits.
La cité prend la dénomination d’Arvernis ou Arvenos, au IVe siècle, prenant ainsi le nom du peuple dont elle est la capitale, les Arvernes. Une première église épiscopale est établie au milieu du Ve siècle sur la butte par l’évêque Saint-Namace, formant probablement la première cathédrale. A cette période, les premières implantations qui vont constituer les futurs quartiers du Clermont médiéval se développent autour de la future rue des Gras à l’ouest, de la rue Saint-Genès au sud, et surtout vers le « portus », autour d’une église, au nord et à l’est de la cité (actuelle rue du Port).
Le faubourg du Port, dit le « portus », traduit l’endroit où l’on apporte les marchandises diverses. C’est un quartier commerçant qui se constitue à proximité d’un vaste espace libre dit Champ-Herm (ou champ vide). Le long de la future rue des Gras, un faubourg se constitue. La ville est cédée aux Wisigoths par l’empereur Julius Nepos et intégrée avec toute la région au royaume wisigoth jusqu’en 507.
Au fil du temps, la ville prend dans le langage oral un nom dérivé de celui de la forteresse (Clermont), même si officiellement le nom Arvernis restera longtemps utilisé, comme en témoignent les deniers du XIVe siècle. La première mention de la toponymie de « Clermont » date de 848.
La ville est pillée et ravagée au cours du IXe et Xe siècle. Cette période est probablement à l’origine de la restructuration de la ville. L’enceinte antique subsiste durant tout le Moyen-Age, l’emplace- ment des portes va déterminer le tracé des rues lorsque la ville du Moyen-Age se développe.10
La cathédrale constitue le cœur de la cité médiévale, elle s’installe au sommet de la butte. La construction gothique que l’on connaît aujourd’hui débute au milieu du XIIIe siècle à la suite de la conquête de l’Auvergne par le roi de France Philippe-Auguste.
L’extension de la ville amorcée dans le secteur ouest autour de l’actuelle rue des Gras se poursuit, un véritable faubourg se constitue entre la ville fortifiée et l’église Saint-Adjutor (détruite lors de la Révolution). Ce quartier s’organise autour de l’église Saint-Pierre (détruite lors de la Révolution - située à l’emplacement actuel du marché Saint-Pierre) et s’anime autour de la rue des Gras, dont la largeur (7 à 9 mètres), est propice aux marchés.
A l’est, le faubourg du Port s’organise autour de deux rues perpendiculaires venant des portes du Terrail et du Palais (actuelles rues Pascal et du Port) et de l’église. Les grandes parcelles de la rue Pascal supportent les hôtels des nobles et des abbés. Ce tissu contraste avec le parcellaire étriqué et hétérogène plus à l’est du secteur appelé « Villeneuve », urbanisé plus tardivement. Un autre noyau de construction se constitue autour de la collégiale Saint-Genès et de la chapelle Saint-Eloy.
Une enceinte médiévale est érigée. Sa datation du tout début du XIIIe siècle est bien documentée pour la partie nord (entre la rue des Gras et le Champ Herm, aujourd’hui place Delille). La partie sud autour du quartier Saint-Genès est probablement plus tardive. La ville fortifiée s’étend sur environ 28 ha et laisse de nombreux faubourgs à l’extérieur des murs.
Clermont et Riom sont touchés par trois séismes au XVe siècle (1450, 1477 et 1490). Ils entraînent des dégâts et des destructions. Les principaux dommages concernent à Clermont-Ferrand, l’Hôtel de Ville (tour détruite), la tour des Gras (qui a été abattue), la porte de la Boucherie (brèches), la tour et la porte Saint-Pierre (partiellement écroulées). De plus la tour de Bort, la porte des Frères Mineurs, la tour Constave, la tour Ligonne et la tour Champeau, une tourelle de la tour Notre-Dame ainsi que la tour Cornay et la tour Neuve doivent être réparées. La tour des Frères Mineurs menaçant ruine est irréparable et doit être abattue. Le mur d’enceinte depuis la chapelle Saint- Barthélemy jusqu’à la porte Saint-Pierre nécessite aussi des réparations. Enfin, la tour Doyre est tombée. Cet évènement participe au renouvellement de la cité.
L’image de l’enceinte du XVe siècle est approximativement connue grâce à la vue de l’Armorial de Guillaume de Revel exécutée entre 1444 et 1475. L’enceinte du XIVe siècle est représentée doublée d’un fossé et pourvue de tours. Ce rempart suit approximativement le tracé actuel des voies suivantes : avenue des États-Unis, place Gaillard, rue Saint-Hérem, place de la Poterne, Place d’Espagne, place Delille, boulevard Trudaine, place Michel de l’Hospital, rue Ballainvilliers, boulevard Léon Malfreyt, boulevard Desaix, place de Jaude.
L’état de la ville est bien connu à partir du XVIe siècle, le plateau central est toujours entouré par une enceinte, il forme une sorte de « castrum » et regroupe la cathédrale, les bâtiments capitulaires, l’évêché et l’Hôtel de ville. Dans cet espace, la présence laïque est minoritaire, mais quelques hôtels de lignages aristocratiques complètent un paysage urbain très dense aux abords de la cathédrale. L’agglomération se fige durablement.
La situation centrale de Clermont protège la ville des guerres et des assauts des armées étrangères. Ainsi, l’enceinte n’a plus d’autre utilité que celle de barrière d’octroi. La suppression des remparts est engagée dès la fin du XVIIe siècle. Les fossés sont également progressivement comblés pour la construction de places, cours, promenades et autres jardins. Ainsi, entre 1758 et 1767, débute l’aménagement du « tour de ville ». Cette ceinture de boulevards sera achevée au XIXe siècle par le cours Sablon.
Au lendemain de la Révolution, la création de la place de la Victoire transforme le centre de la butte. Cet aménagement correspond à l’emprise des bâtiments ecclésiastiques, notamment épiscopaux, devenus biens nationaux. La démolition d’églises, de biens du clergé et la construction d’équipe- ments entraînent l’ouverture de nouvelles voies au cours du XIXe siècle sur la butte.11
2. Analyse du développement urbain
- Les abords directs de la Cathédrale
Sur le cadastre napoléonien, l’ensemble de la butte est urbanisé. La cathédrale s’inscrit dans un tissu urbain dense et un chapelet de petites places l’entoure : « place derrière Clermont », « place devant Clermont », « Place de la Bourse » et « place Royale ». Des constructions viennent s’adosser directe- ment sur l’édifice, ils sont représentés en rose. Une salle de spectacle est également repérable sur l’actuelle place de la Victoire.
Cadastre dit Napoléonien, 1831, Section N de la Cathédrale et de Saint-Genès, 1ère feuille, AD Puy-de-Dôme, 51 Fi 1552.
Le dégagement de la façade occidentale est repérable sur les cartographies de la seconde moitié du XIXe siècle. Sur le plan géométrique de la ville de Clermont-Ferrand, daté de 1856, l’ouverture de la façade occidentale sur la place des Gras et le dégagement de l’angle sud-ouest sont réalisés.12
Extrait de SAUTY Auguste, Plan géométrique de la ville de Clermont-Ferrand, 1856, Overnia, CA Del 1949.
A la fin du XIXe siècle, le Tribunal de Commerce est restructuré, transformant la géométrie des espaces publics sur lesquels s’ouvre le bas-côté nord de la cathédrale. Au sud, la démolition du théâtre/salle de spectacle a lieu dans les années 1880. La place prend alors une géométrie proche de celle qu’on lui connaît aujourd’hui. Les immeubles qui la bordent sont construits à partir de 1904. Nommée place Royale sous la Restauration, puis place Impériale sous Napoléon III, elle redevient place Royale sous la Troisième République. Elle prend finalement son nom actuel : place de la Victoire après la Première Guerre mondiale.
La fontaine d’Urbain II, dit aussi Monument des Croisades, est réalisée en 1898. Elle commémore le huitième centenaire de la première croisade. La fontaine est inscrite aux Monuments historiques depuis 1994. La place a fait l’objet d’un vaste réaménagement en 1995, projet de Bernard HUET.13
Extrait de Plan de Clermont-Ferrand, Juliot imprimeur, 1800-1899, Overnia, CA Del 1954, CA Del 1954 bis.
Cadastre actuel superposé au cadastre napoléonien.
La cathédrale elle-même va connaître des transformations avec la démolition de sa façade romane en 1851. Les travaux menés par Eugène Viollet-le-Duc et Anatole de Baudot à partir de 1866 vont permettre l’édification de la façade occidentale avec ses flèches modifiant le paysage urbain de Clermont-Ferrand et sa région de façon durable.14
- La butte et ses quartiers périphériques
Entre 1831 et aujourd’hui, la butte et sa périphérie se densifient et certains secteurs cultivés s’urba- nisent. La transformation de Clermont débute réellement dans la seconde moitié du XIXe siècle. L’extension de la ville se réalise principalement vers l’est et l’ouest. Le sud est contraint par l’Hôtel- Dieu et le jardin Lecoq. Au nord, la raideur des pentes limite jusqu’aux années 1920, l’urbanisation. La gare s’installe loin de l’agglomération urbaine, dans le territoire humide de la Grenouillère, dans un secteur occupé par des jardins et prairies. L’équipement achevé en 1855 donne lieu à l’urbani- sation de l’est de la butte, au-delà des boulevards de ceinture : c’est la construction et l’aménage- ment du quartier de la gare.
Au nord-est, la rue des Jacobins est aménagée. Le secteur, longtemps occupé par la vigne, subit une grande transformation avec la crise du phylloxéra. Les parcelles anciennement cultivées sont urbanisées. Les usines de l’industrie pneumatique (Bergougnan et Michelin) jouent un rôle déterminant dans la modification profonde de la périphérie des quartiers bâtis. Les usines achèvent l’occupation du « no man’s land » entre Clermont et Montferrand, déjà partiellement comblé par la place d’Armes, l’usine à gaz et l’abattoir.
A l’ouest, la rue Blatin est percée permettant l’ouverture à l’ouest de la place de Jaude et une liaison avec la route de Volvic. Au sud de cette même place, un large dégagement est opéré vers la grande route de Beaumont. L’angle compris entre ces deux nouvelles voies reste un vaste espace occupé par les jardins des Salles. Il est progressivement loti à la fin du XIXe siècle et surtout dans la première moitié du XXe siècle.
La formation de nouveaux quartiers et l’embellissement de Clermont se poursuivent au XXe siècle. Un plan d’aménagement, d’extension et d’embellissement est impulsé par les premières lois d’urbanismes (loi Cornudet) dès 1925.
De nouveaux axes structurants au-delà de la seconde couronne de boulevards sont ainsi percés. L’extension de la ville dans la première moitié du XXe siècle se conjugue avec les industries florissantes de la ville. Dès les années 1910, le développement du groupe Michelin s’accompagne de l’implantation de nouveaux sites industriels sur le territoire clermontois.
La forte croissance démographique qui accompagne l’installation de ces usines, du début du XXe siècle et jusque vers 1975, suscite la formation d’un tissu pavillonnaire important. Cette croissance de population amène également la construction de grands ensembles (La Plaine, Saint-Jacques, avec la « Muraille de Chine ») dans les années 1960 et 1970.
Cette urbanisation rapide au XXe siècle vient combler le vide entre Clermont et Montferrand reliant physiquement les deux cités. Le plateau central va dans les années 1960 être remanié et changer de visage notamment le quartier Saint Eloy. Des immeubles administratifs et de nouveaux logements plus modernes, les HLM, vont modifier l’allure de ce quartier en créant des « galeries marchandes» en rez-de-chaussée.
Dans les années 1970, le Fond de Jaude, alors constitué de petits immeubles en très mauvais état, est entièrement remodelé, plusieurs îlots sont totalement démolis au profit de la construction d’un centre commercial (le Centre Jaude) et d’immeubles de logements collectifs (le Grand Pavois).
Les quartiers Fontgiève et Saint-Alyre, au nord-ouest de la butte, sont urbanisés au XXe siècle : des rues pavillonnaires d’abord et des opérations de logements collectifs dans l’après-guerre. Cet étalement urbain est particulièrement visible sur les photographies prises depuis les belvédères.15
Vue générale de Clermont-Ferrand, probablement au début du XXe siècle.
Photographie depuis le belvédère du parc de Montjuzet, agence AEI, août 2022.
Vue générale de Clermont-Ferrand,
probablement au début du XXe siècle.
Photographie depuis la rue de Nohanent,
agence AEI, août 2022.16
Vue générale de Clermont-Ferrand,
probablement au début du XXe siècle.
Photographie depuis le point de vue « Pierre
Carrée », agence AEI, août 2022.
3. Morphologie urbaine
L’analyse menée dans le cadre de la création du Site patrimonial remarquable de Clermont-Ferrand a permis d’identifier plusieurs grands secteurs urbains qui caractérisent les abords directs et lointains de la cathédrale.
- Le centre
Le secteur CENTRE correspond au plateau central, soit le quartier le plus ancien de Clermont-Ferrand. Le secteur se structure autour de la cathédrale et autour de deux axes : la rue des Gras et la rue Saint-Genès. Au tissu d’origine médiévale décrivant une trame viaire sinueuse, un parcellaire étroit et une densité bâtie importante, se superpose un tissu bien plus régulier présentant des voies percées et planifiées.
Le dégagement de la cathédrale est à ce titre significatif. L’embellissement de la ville justifie la démolition de nombreux édifices au début du XIXe siècle pour dégager les abords nord de la cathédrale.
Autour de la place Saint-Pierre, deux rues sont ouvertes à l’emplacement de l’ancien hôpital : la rue du 11 Novembre et la rue Jean Rochon. Elles sont bordées par des édifices au gabarit régulier dont l’ordonnancement des façades traduit la planification de l’ensemble. On notera la série d’arcades en rez-de-chaussée.
Le secteur est délimité au sud par la rue Neuve des Carmes ouverte à la fin du XVIIIe siècle et qui vient bouleverser l’enclos des Carmes. Les décrochements, les dilations et les resserrements de l’espace correspondent généralement à l’application de plans d’alignement ou de règlements d’urbanisme.
Trois grands types de parcelles ont été repérés : les petites parcelles étroites, les moyennes et grandes parcelles assez régulières qui laissent une place au jardin et enfin les parcelles totalement restructurées à partir de la fin du XVIIIe siècle.17
Place du Terrail. Rue du Cheval Blanc. Rue des Gras.
- Fontgiève / Montlosier / Saint-Alyre
Les quartiers Fontgiève et Saint-Alyre sont situés au nord-ouest de Clermont, entre le centre-ville et la colline de Montjuzet. Ils sont traversés dans leur partie nord par la Tiretaine, principal cours d’eau de l’agglomération clermontoise.
Saint-Alyre, correspond à un bourg indépendant, rattaché en 1798 à Clermont-Ferrand, qui se déve- loppe autour de l’abbaye bénédictine. Elle dispose d’une clausura monastique attestée au XIIIe siècle, doublée par une enceinte « villageoise» pendant la guerre de Cent Ans. Ainsi, autour de la très grande emprise de l’abbaye, le tissu urbain présente une trame viaire sinueuse, un parcellaire étroit et une densité bâtie importante. Les grandes parcelles correspondent à l’urbanisation des parcelles de jardins engagée dans la seconde moitié du XXe siècle pour accueillir des équipements commer- ciaux ou des immeubles de logements collectifs.
Au sud de la rue du Pont Naturel, deux types de tissus se distinguent. Le premier correspond à un héritage du tissu médiéval avec de petites parcelles et une densité bâtie importante. Le second décrit de larges îlots où l’espace libre est important. Ces parcelles, au sud de la rue Montlosier, correspondent historiquement aux terrains des sœurs hospitalières, de l’évêché et du couvent des Augustins, aménagés au XIXe siècle. Les aménagements et les constructions de la rue Montlosier tirent parti de la topographie.18
Saint-Alyre. Ancien bourg de Saint-Alyre. Boulevard Lavoisier.
- Champgil / Cité Judiciaire
Le secteur s’organise aujourd’hui autour de la Cité judiciaire qui a remplacé dans les années 1970 un équipement hospitalier. Les immeubles de l’hôpital ont été démolis en totalité à l’exception de la chapelle - protégée au titre des Monuments historiques. Au nord de ce vaste complexe, on retrouve deux équipements : le Centre de rééducation pour déficients visuels et la Police municipale.
En contraste avec les très larges îlots de ces équipements, le secteur se caractérise par de nom- breuses petites parcelles aux géométries régulières ou légèrement accidentées. Elles correspondent à une restructuration du secteur menée au XVIIIe siècle.
Les parcelles de petite dimension (6 à 20 mètres de profondeur et 6 à 10 mètres en moyenne de largeur) accueillent de petits immeubles ou maisons de villes alignés sur la rue.19
Chapelle de l’Hôpital général -
Cité Judiciaire.
Cité judiciaire. Place de la Liberté.
- Jaude / Saint-Eloy
Le secteur de la place de Jaude a connu de profonds remaniements dans la seconde moitié du XXe siècle. La construction du « Centre Jaude » est entreprise à la fin des années 1970. Le quartier du Fond de Jaude, qui regroupait sur un parcellaire étroit et très dense de nombreuses maisons de ville et petits immeubles, est totalement démoli. Les rues Charretières, Bancal et Jolie laissent place à 24 000 m² de surface commerciale. A cette occasion, les limites de la place sont redéfinies, le plan viaire et parcellaire également. Aujourd’hui on distingue les grandes architectures commerciales au sud de la place.
Le quartier Saint-Eloy correspond aux îlots bâtis entre les rues de Ballainvilliers, George Clémenceau, la place Renoux et la rue Lagarlaye. La trame urbaine avant le XVIIIe siècle était complexe. Le tissu urbanisé se caractérisait par un réseau complexe de rues, ruelles et impasses et d’un bâti très dense.20
Place de Jaude. Centre commercial Jaude 2
depuis la place de Jaude.
Rue George Clémenceau.
- Blatin
Ce quartier situé à l’ouest de Clermont, entre la place de Jaude et la commune de Chamalières, fut pour l’essentiel urbanisé durant la seconde moitié du XIXe siècle et la première moitié du XXe siècle. Il correspond néanmoins à un quartier occupé dès l’Antiquité, comme le montrent les rares vestiges du temple de Vasso Galate.
Ce secteur correspond ainsi à un espace dont l’urbanisation a été planifiée. La trame viaire décrit une géométrie régulière. Les parcelles possèdent également une géométrie régulière. Elles sont de moyenne à très grande dimension en fonction du programme qu’elles supportent.
Les parcelles de moyenne dimension accueillent des immeubles de logements. Les grandes à très grandes parcelles supportent des opérations de logements collectifs importants, des petites manufactures ou des équipements.
Ce secteur se caractérise par l’alignement des constructions sur rue, des voies plus larges et recti- lignes que dans le centre ancien.21
Avenue Julien. Rue Blatin.
- Hôtel-Dieu / jardin Lecoq
Installé au sud de la butte, ce secteur se caractérise par la présence de deux grands équipements. Le premier équipement, bâti au sud-est, est l’Hôtel-Dieu. Son site, initialement plus étendu, fut réduit d’abord à l’ouest et au sud entre 1858 et 1862 pour la création des boulevards, puis en 1968 pour la construction d’un ensemble d’immeubles résidentiels et commerciaux.
Les grandes parcelles font aujourd’hui l’objet d’un vaste projet. Le bâtiment DIJON de l’Hôtel-Dieu accueillera la Bibliothèque métropolitaine avec une entrée rue Lagarlaye. Le reste du site est destiné à un nouveau quartier de logements prévoyant la réhabilitation des édifices protégés au titre des Monuments historiques et la construction de nouveaux immeubles.
A l’ouest, un vaste îlot libre de constructions se distingue. Il accueille le jardin Lecoq.22
Jardin Lecoq. Nouveaux immeubles sur le
site de l’Hôtel-Dieu - avenue
Vercingétorix.
Hôtel-Dieu - bâtiment
restructuré.
- Lecoq / conservatoire
Ce secteur correspond à la partie sud du plateau central de Clermont. Situé en partie hors les murs de l’enceinte médiévale, le quartier est occupé par de nombreuses congrégations religieuses : les Jésuites, les Capucins et les Bénédictines notamment. L’ancien collège des Jésuites, construit à la fin du XVIIe siècle, abrite entre autres aujourd’hui le conservatoire.
Les grandes rues du secteur : Ballainvilliers et Maréchal Joffre sont ouvertes à l’emplacement de l’an- cienne enceinte fortifiée et ses fossés comblés. Ces travaux, réalisés au milieu du XVIIIe siècle, sont accompagnés de la construction de la Halle aux blés, bâtie entre 1762 et 1771.
Le tracé des voies qui traversent le secteur est orthonormé. Les voies sont redressées sur la base de chemins et petites venelles plus anciennes. La majorité des parcelles possède ainsi une géométrie assez régulière. Le secteur conserve encore de très larges parcelles correspondant aux anciennes emprises conventuelles. Le quartier accueille au sud, le long du boulevard Lafayette, le musée Bargoin et le musée Lecoq, ouverts au début du XXe siècle, ainsi que des bibliothèques universitaires.23
Rue Bargoin. Rue Breschet. Rue Ballainvilliers.
- Jeanne d’Arc / Blaise Pascal
Le secteur se caractérise par la présence de très grandes voies : cours Sablon, avenue Sadi Carnot et avenue des Paulines et les très nombreux équipements scolaires qui s’y installent.
Avant le XIXe siècle, les lieux sont occupés par le petit Séminaire. Le quartier est investi en 1858 par le quartier de cavalerie puis d’artillerie de Gribeauval. Le manège est le seul bâtiment témoignant de cette installation. La proximité avec le centre-ville et les grandes emprises foncières motivent la construction de nombreux équipements scolaires et universitaires.
Le lycée Jeanne d’Arc est ainsi édifié de 1894 à 1899. La Cité universitaire et la Faculté de Lettres le long de l’avenue Sadi Carnot sont achevées en 1935. Dans les années 1960-70, le quartier renforce son caractère de quartier scolaire avec la construction du nouveau Lycée Blaise-Pascal.24
Lycée Jeanne d’Arc. Avenue Carnot. Rue d’Amboise.
- Quartier de la Gare
Le quartier de la Gare doit sans surprise sa naissance à l’arrivée en 1855 du chemin de fer dans un secteur jusque-là non urbanisé. De nouvelles artères furent alors tracées pour relier la gare et ses environs au centre-ville, via la place Delille. L’avenue Albert et Elisabeth, inaugurée en 1885, vient doubler l’avenue Charras.
Le plan du quartier s’organise ainsi depuis la place Delille jusqu’à la gare à travers un système viaire géométriquement régulier et qui met en valeur deux édifices remarquables : l’église Saint-Joseph, construite entre 1883 et 1906, qui reprend les canons des églises romanes majeures d’Auvergne et le marché couvert Saint-Joseph, de style Baltard, qui fut érigé en 1891-1892 par la société d’un des fondateurs de l’entreprise Michelin.
Le plan parcellaire laisse entrevoir deux grands types de parcelles. Les parcelles régulières sont issues d’une urbanisation planifiée, les îlots ont des formes géométriques régulières. La division parcellaire ne définit pas de parcelles identiques, mais opère un découpage régulier des îlots. Les larges parcelles repérées correspondent principalement à l’installation historique d’ensembles ecclésiastique (les jacobins, archevêché), mais également à la présence des équipements scolaires et d’anciens ensembles manufacturiers dans le secteur.25
Avenue Albert et Elisabeth. Vue sur l’église Saint-Joseph
depuis l’avenue Charras.
Halle Saint-Joseph.
- Les Carmes
Le secteur correspond à la juxtaposition de plusieurs types de tissus et de fonctions. Il est géographiquement au nord de la butte, au-delà de la rue Montlosier et de l’avenue George Couthon, et traversé par le boulevard Jean-Baptiste Dumas.
La première grande entité est formée par les vestiges du couvent des Carmes et le cimetière du même nom. Le second correspond au site Michelin, siège social de l’entreprise. L’emplacement, investi en 1889, correspond à la première usine dans la ville. Les parcelles situées le long de la Tiretaine correspondent jusqu’au début du XXe siècle à des jardins et des cultures.
Le développement de Michelin est tel que l’usine des Carmes, saturée, ne suffit bientôt plus. En 1921, une nouvelle implantation est construite à Cataroux. L’entreprise se développe et s’agrandit sans cesse en périphérie de Clermont-Ferrand. Michelin entreprend une importante mutation à la fin des années 1990. L’ancien site industriel devient majoritairement tertiaire et renforce son statut de siège social, les ateliers sont démolis et l’ensemble du site connaît une grande mutation au début des années 2000. Le site qui était jusque-là totalement bâti propose de vastes espaces verts, le réaménagement permet également une redécouverte de la Tiretaine.26
Enfin autour de la place des Bughes, de petites parcelles de géométrie régulière, accueillent de petits immeubles, pavillons et maisons de villes. Installées à l’alignement sur rue ou en léger recul, ces architectures sont mitoyennes.
Cimetière des Carmes. Aménagements autour de la
Tiretaine - site Michelin.
Place des Bughes.27
4. Vues et environnement actuel de la cathédrale
• Les vues proches
Les aménagements urbains menés au XIXe et au XXe siècle autour de la cathédrale et sur la butte ont permis de créer des perspectives directes sur la cathédrale. Ces vues, souvent très qualitatives, sont tenues par les alignements bâtis qui soulignent la silhouette de la cathédrale.
1. Depuis la place de la
Victoire.
2. Depuis la rue Philippe
Marcombes.
3. Depuis la rue des Gras.
4. Depuis la rue Saint-Genès. 5. Depuis la rue du Terrail. 6. Depuis la rue Boirot.
• Les vues lointaines
Le gabarit de la cathédrale et sa silhouette caractéristique émergent du paysage clermontois. Elle forme un repère et un emblème territorial.28
A la faveur de la topographie de la butte, mais également des quartiers périphériques, des vues lointaines sur la cathédrale se dégagent. Elles existent dans tous les secteurs géographiques de la ville.
1. Depuis la chaussée
Claudius.
2. Rue Maréchal de Lattre et
de la 1ère Armée.
3. Vue depuis le pied de la
Préfecture.
4. Depuis le boulevard
Gordon Bennett.
5. Vue depuis la place des
Bughes.
6. Rue Jean-Baptiste Torrilhon.29
7. Depuis le boulevard
Lafayette.
8. Depuis la rue Pierre
Semard.
9. Depuis le boulevard Jean-
Baptiste Dumas.
• Les belvédères / identification de l’écrin urbain et paysager de la cathédrale La cathédrale est située sur le sommet de la butte. Elle s’installe dans un territoire totalement urbanisé mais dans une géographie où le relief dégage de nombreux belvédères et vues de la butte vers le grand paysage et des buttes et coteaux vers la ville.
Les zones à l’est sont fortement urbanisées et leur altitude est notablement inférieure à la butte. Le tissu urbain assez dense ne permet pas de dégager de belvédère et d’apprécier la cathédrale et de comprendre ses abords.
Le piémont de la Chaîne des puys à l’ouest et le plateau nettement plus élevé de Chanturgue au nord présentent quant à eux des balcons et des pentes qui offrent de nombreuses vues sur la cathédrale, d’autant plus aisées que le tissu y est plus « aéré » et le relief plus marqué.
Depuis la butte et le parc de Montjuzet, il est facile de distinguer ce qui fait l’écrin de Clermont. La lecture aisée de la volumétrie des édifices et du traitement de leur toiture permet de fixer une limite entre tissus traditionnels et urbanisation moderne et contemporaine au-delà de la rue Fontgiève et de l’abbaye Saint-Alyre. La rue Gabriel Péri, prolongée par la rue Bonnabaud, marque également une rupture entre un tissu très dense et une urbanisation plus lâche.
Panorama depuis le parc Montjuzet (vue vers le nord-est).30
Panorama depuis le parc Montjuzet (vue vers le nord-ouest).
Depuis les hauts de Chamalières, un très large panorama s’offre sur la butte. Depuis ce point de vue, on aperçoit l’opération de logements collectifs qui bordent le nord de la rue Fontgiève et le Fond de Jaude marque des limites franches à la butte et son tissu urbain traditionnel.
Panorama depuis les hauts de Chamalières, point de vue de la « Pierre Carrée ».
Au sud, le plateau Saint-Jacques offre un panorama très large sur la butte. L’urbanisation depuis les années 1930 au sud de la butte et les nombreux immeubles de grandes hauteurs masquent le relief sur la butte. Ils marquent également une rupture franche de tissus.31
Panorama depuis le viaduc Saint-Jacques.
Panorama depuis le plateau de Saint-Jacques (Muraille de Chine).32
V. DEFINITION DU PROJET DE MODIFICATION DU PERIMETRE DE PROTECTION
1. Analyse du périmètre actuel
La carte ci-après rappelle la géométrie et la localisation du périmètre actuel.
La cathédrale installée au sommet de la butte de Clermont, classé au titre des Monuments histori- ques, génère un périmètre de protection automatique d’un rayon de 500 mètres autour de l’édifice. Ce périmètre protège quasiment l’ensemble de la butte dans les limites de l’enceinte médiévale, mais également au nord les abords de la rue Montlosier et de l’église Sainte-Eutrope, à l’est de la place Delille et les bâtis alentour. A l’ouest, le périmètre automatique porte au-delà de la place de Jaude et presque jusqu’à la rue Bonnabaud.
Ce périmètre couvre donc un territoire portant un patrimoine urbain et architectural de qualité, mais il ne prend pas en compte la cohérence des tissus, des quartiers et les nombreuses vues lointaines sur la cathédrale.
2. Proposition de Périmètre délimité des abords
o Philosophie générale
Pour définir le Périmètre délimité des abords de la cathédrale, plusieurs choix ont dicté la géométrie proposée :
- La mise en valeur de la cathédrale et des vues les plus remarquables autour sur cette dernière ;
- La cohérence et la qualité des tissus urbains et architecturaux de la butte et de ses quartiers périphériques ;33
- La définition de limites compréhensibles (par le public) ;
- La prise en compte des architectures et ensembles repérés dans le cadre de la définition du SPR, participant à la qualité patrimoniale du secteur.
o Description du périmètre proposé
Ces différents choix conduisent à présenter un périmètre élargi, ajusté aux réalités du territoire, par rapport au aux secteurs automatiquement protégés. Sans reprendre totalement les limites du Site patrimonial remarquable (SPR) de Clermont centre, le périmètre propose de prendre en compte :
- L’ensemble de l’ancien bourg de Saint-Alyre au nord - jusqu’au boulevard Lavoisier. - L’entièreté du cimetière des Carmes et de la place du 1 er Mai (ces limites se superposent avec celle de la zone tampon Unesco de Notre-Dame-du-Port).
- La totalité du quartier de la gare.
- Au sud-est, la limite est proposée sur le boulevard Côte Blatin.
- Au sud, le périmètre automatique s’inscrit sur le boulevard Jean Jaurès, le tissu au-delà de l’Hôtel Dieu et du Jardin Lecoq étant très hétérogène.
- À l’ouest, sur la base de la cohérence des tissus, de l’urbanisme et des architectures, la limite est proposée sur la rue Bonnabaud.
Surface du périmètre actuel : 785 398 m² soit 78,53 ha.
Surface du périmètre proposé : 2 561 981 m² soit 256,19 ha, soit une augmentation de 226.2 %.