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Document publié le Mercredi 12 novembre 2025 à 09h44
Lien du pdf (unknown - Communauté de communes - Pays d'Apt Luberon - 3 Cadre dorientations strategiques 2018 2028)
Thèmes du document : Santé, Handicap et inclusivité, Fin de vie,
Provence-Alpes-Côte d’Azur
Cadre d’orientations
stratégiques2
1- LA SANTÉ EN PACA : FAITS MARQUANTS ET PRIORITÉS ............................................................... 3
1.1 FAITS MARQUANTS DE LA REGION PACA .......................................................................................................... 3
1.1.1 UNE DÉMOGRAPHIE CONTRASTÉE ET QUI LE RESTERA EN 2030 ....................................................................... 3
1.1.2 UNE POPULATION ÂGEE MARQUÉE PAR LA PAUVRETÉ ET LES INÉGALITÉS SOCIALES...................................... 4
1.1.3 UNE RÉGION FORTEMENT EXPOSÉE AUX RISQUES NATURELS ET ENVIRONNEMENTAUX ............................... 4
1.1.4 UNE CONSOMMATION DE SANTÉ PLUS FORTE QUE LA MOYENNE NATIONALE ............................................... 4
1.1.5 UNE OFFRE SANITAIRE PLUS PRÉSENTE QUE L’OFFRE MÉDICO-SOCIALE .......................................................... 5
1.1.6 UNE DIVERSIFICATION DE L’OFFRE AU PROFIT DES ALTERNATIVES A L’HEBERGEMENT TEMPS PLEIN ............. 5
1.2 LES PRIORITÉS RÉGIONALES DE SANTÉ PUBLIQUE ........................................................................................... 5
1.2.1 PRENDRE EN COMPTE LES BESOINS D’UNE POPULATION VIEILLISSANTE ........................................................ 5
1.2.2 METTRE EN PLACE UNE POLITIQUE GLOBALE EN FAVEUR DES ENFANTS ET DES JEUNES................................. 6
1.2.3 PROPOSER UNE PALETTE DE RÉPONSES DIVERSIFIÉES AUX PERSONNES EN SITUATION DE HANDICAP ......... 7
1.2.4 RENFORCER LA POLITIQUE DE SANTÉ MENTALE POUR FAIRE FACE AUX DÉFIS À VENIR ................................... 7
1.2.5 POURSUIVRE LA BAISSE DE LA MORTALITÉ PRÉMATURÉE ................................................................................. 8
1.2.6 ORGANISER LA PRISE EN CHARGE DES MALADIES CHRONIQUES ...................................................................... 8
1.2.7 RÉDUIRE L’IMPACT SUR LA SANTÉ DE L’EXPOSITION AUX RISQUES ENVIRONNEMENTAUX ............................. 8
2- LES TENDANCES : PROSPECTIVE SUR LA SANTÉ EN 2030 ............................................................ 10
2.1 DES ÉVOLUTIONS TECHNIQUES ET ENVIRONNEMENTALES .......................................................................... 10
2.1.1 DES INNOVATIONS TECHNIQUES DE NATURE À REVOLUTIONNER LES SOINS ............................................... 10
2.1.2 LA PLACE CROISSANTE DE LA PRÉVENTION CONNECTÉE ................................................................................ 11
2.1.3 DE NOUVEAUX RISQUES .................................................................................................................................... 11
2.1.4 LE CHANGEMENT CLIMATIQUE ET ENVIRONNEMENTAL ................................................................................. 11
2.2 DES ÉVOLUTIONS DES PRATIQUES, DES MÉTIERS ET DES FORMATIONS EN SANTÉ ................................... 11
2.2.1 LA TÉLÉMÉDÉCINE ET LA RELATION « PROFESSIONNEL-MALADE » ................................................................. 11
2.2.2 LA MUTATION DES MÉTIERS ET DES FORMATIONS INITIALES ET CONTINUES DES PROFESSIONNELS........... 12
2.3 UNE NOUVELLE SOCIÉTÉ FAÇONNERA UN NOUVEAU SYSTÈME DE SANTÉ................................................. 12
2.3.1 UN SYSTÈME DE SANTÉ QUI FERA FACE A DES CHOIX DE SOCIÉTÉ .................................................................. 12
2.3.2 LA SOUTENABILITÉ ÉCONOMIQUE RESTERA UN SUJET INCONTOURNABLE ................................................... 13
3- STRATÉGIE RÉGIONALE POUR TRANSFORMER LE SYSTEME DE SANTÉ ..................................... 14
3.1 LES AXES STRATÉGIQUES DE TRANSFORMATION DE NOTRE SYSTÈME DE SANTÉ ...................................... 14
3.1.1 AXE 1 : RENFORCER LA PRÉVENTION ET L’IMPLICATION DES USAGERS ........................................................... 14
3.1.2 AXE 2 : S’APPUYER SUR DES GOUVERNANCES PARTAGÉES DANS LES TERRITOIRES ....................................... 15
3.1.3 AXE 3 : RECONFIGURER L’OFFRE DE SANTÉ ....................................................................................................... 15
3.1.4 AXE 4 : ANTICIPER L'ÉVOLUTION DES MÉTIERS TOUT EN ACCOMPAGNANT CELLES DES ORGANISATIONS .. 16
3.1.5 AXE 5 : UTILISER LES INNOVATIONS ET LES OUTILS NUMÉRIQUES .................................................................. 16
3.1.6 AXE 6 : DÉVÉLOPPER LA COLLABORATION ET LA COORDINATION DANS LES PRISES EN CHARGE DE
PROXIMITÉ .................................................................................................................................................... 17
3.2 ORGANISER LES SEPT PARCOURS PRIORITAIRES DANS LA RÉGION ............................................................. 18
3.2.1 MODÉLISER DES PARCOURS DE SANTÉ : PASSER D’UNE LOGIQUE DE STRUCTURE À UNE LOGIQUE DE
PARCOURS .................................................................................................................................................... 18
3.2.2 LES PARCOURS PRIORITAIRES DE LA RÉGION PACA ......................................................................................... 18
4- PILOTAGE ET ÉVALUATION DU PRS .............................................................................................. 193
FIGURE 1 –
LA PERIURBANISATION
PORTE LA CROISSANCE
REGIONALE
1- LA SANTÉ EN PACA : FAITS MARQUANTS ET
PRIORITÉS
La région Provence-Alpes-Côte d’Azur est marquée par de grandes diversités géographiques,
démographiques, économiques, sociales, urbaines et environnementales. Ces caractéristiques sont à
l’origine de besoins spécifiques qui influencent la consommation et l’offre de soins et doivent
nécessairement être prises en compte dans les priorités de santé publique.
1.1 FAITS MARQUANTS DE LA REGION PACA
1.1.1 UNE DÉMOGRAPHIE CONTRASTÉE ET QUI LE RESTERA EN 2030
- Près de 5 millions d’habitants en 2015.
- 90% de la population habite sur la bande littorale ; en d’autres termes, 3 habitants sur 4
résident sur un dixième du territoire.
- Des densités de population très hétérogènes (très faibles dans les zones alpines et rurales) et
fluctuantes en fonction des saisons (31 millions de touristes par an et 150 000 travailleurs
saisonniers).
- Une prévision de croissance démographique (5,7 millions d’habitants en 2040) de tous les
départements, hormis dans les Alpes-Maritimes.
- Une recomposition au profit des zones périurbaines.
Source : Insee, Recensements de la population 2008 et 20134
1.1.2 UNE POPULATION ÂGEE MARQUÉE PAR LA PAUVRETÉ ET LES
INÉGALITÉS SOCIALES
- En 2015 : 27,7% de +60 ans ; l’indice de vieillissement est le 5ème plus élevé de France.
- Entre 2007 et 2040, les +60 ans augmentent de 57%.
- En 2040, il y aurait 1 900 000 personnes âgées de +60 ans et 910 000 personnes âgées de
+75 ans.
- La région Paca est la 3 ème région la plus pauvre de France. En 2013, plus de 880 000
personnes vivaient sous le seuil de pauvreté (17,3% vs 14,5% en France).
- Le taux de chômage (14,6%) est supérieur à la moyenne nationale (13,6%).
- Les écarts de niveau de vie sont parmi les plus importants de France : le rapport entre les
deux déciles extrêmes s’élevait à 6,5 (8,1 dans le 13) en 2013, contre 3,5 en France.
- Un habitant sur 10 vit dans un quartier politique de la ville (la moitié à Marseille).
- Le taux de familles monoparentales (27,4%) est parmi les plus élevés de France (+6,6%
depuis 2008) avec une augmentation de 6,6% depuis 2008.
- Les familles monoparentales sont les plus touchées par la précarité : 63% vivent sous le seuil
de pauvreté.
- Plus d’une personne sur trois vit seule, +9,8% depuis 1999 dont 200 000 sont âgées de plus
de 75 ans.
- En 2004-2013, dans la région, la probabilité de décéder d’un cancer est 3,5 fois plus élevée
chez les ouvriers et les employés (61,6/100 000) que chez les cadres supérieurs (17,4/100
000).
- La prévalence du diabète de type 2 est élevée chez les populations de niveau
socioéconomique moins favorisé.
- Le risque de souffrance psychologique est élevé.
1.1.3 UNE RÉGION FORTEMENT EXPOSÉE AUX RISQUES NATURELS ET
ENVIRONNEMENTAUX
- Forte exposition à la pollution atmosphérique : la concentration moyenne annuelle en
particules fines (PM10) est une des plus élevée de France. En 2015, plus de 340 000
personnes résidaient dans une zone dépassant la valeur régionale limite, 4 millions en
considérant les lignes directrices de l’Organisation mondiale de la santé.
- Forte exposition aux risques climatiques, naturels et aux risques épidémiques liés aux
maladies vectorielles (40% des signalements de cas suspects importés en métropole) et
région la plus touchée par le développement de foyers épidémiques autochtones
d’arboviroses (dengue, chikungunya, zika).
- Plus de 70% des habitants se déclarent très sensibles à l’environnement et à ses impacts sur
la santé, aux premiers rangs desquels la qualité de l’air et les pesticides.
1.1.4 UNE CONSOMMATION DE SANTÉ PLUS FORTE QUE LA MOYENNE
NATIONALE
- Près de 18 milliards d’euros de dépenses d’Assurance maladie en 2016 (9% des dépenses
nationales, pour 8% de la population).
- En région Paca, cette dépense est de 3 570€/habitant, soit 490€ de plus par habitant que la
moyenne nationale (+16%) dont 413€ en soins de ville.
- Une dynamique de progression équivalente au niveau national (+12% entre 2011 et 2016) qui
ralentit en 2016 (+1,86% contre +2,15% au niveau national).5
1.1.5 UNE OFFRE SANITAIRE PLUS PRÉSENTE QUE L’OFFRE MÉDICO-SOCIALE
- Une offre libérale nettement supérieure aux moyennes nationales : +23% pour les médecins
généralistes, +51% pour les spécialistes, +185% pour les infirmières.
- De fortes inégalités de répartition (concentration de l’offre sur la bande littorale) et quelques
déserts médicaux en spécialistes (dans l’arrière-pays).
- Des départs à la retraite à prendre en compte à court terme (les médecins de la région sont
plus âgés que la moyenne nationale).
- Des capacités d’accueil sanitaires supérieures aux valeurs nationales (+12% en PACA en
2015) et en augmentation.
- Un secteur privé plus fortement représenté qu’au niveau national : hospitalisation à domicile
(86% versus 71% en France), chirurgie (60% versus 57% en France) et les Soins de suite
(81% versus 61% en France).
- A contrario, l’offre médico-sociale est inférieure aux moyennes nationales : -17% pour les
personnes âgées, -22% pour les adultes handicapés, -16% pour les enfants et adolescents
handicapés (3ème région la plus mal dotée en places de MAS et FAM).
1.1.6 UNE DIVERSIFICATION DE L’OFFRE AU PROFIT DES ALTERNATIVES A
L’HEBERGEMENT TEMPS PLEIN
- En psychiatrie générale : +18% en lits d’hospitalisation temps plein et +1% en places
d’hospitalisation de jour par rapport au territoire national.
- En Médecine-Chirurgie-Obstétrique : +8% en lits et places en alternative à l’hospitalisation
complète (19%).
- Les proportions d’HAD sont équivalentes à la moyenne nationale.
- En médico-social : les alternatives à l’hébergement complet sont peu développées et non
saturées et il existe beaucoup de services à domicile : +9% en SSIAD, +7% en SESSAD.
- Une dynamique en grande partie tirée par une représentation de l’offre privée largement
supérieure à celle du territoire national.
Ainsi, notre région se caractérise par un territoire contrasté, soumis à de nombreux risques
environnementaux. Il abrite une population vieillissante, globalement pauvre bien que porteuse
d’inégalités sociales très importantes et prise en charge par une offre de santé où les
établissements et services privés ainsi que les professionnels libéraux sont fortement
représentés. Naturellement, ces déterminants de l’état de santé de la population ont leurs
dynamiques propres et interagissent. Se pose alors la question de leurs évolutions dans les
années à venir (prospective) et de l’influence que les plans et campagnes consacrés aux priorités
de santé publique pourront exercer sur ces évolutions et sur l’état de santé de nos concitoyens.
1.2 LES PRIORITÉS RÉGIONALES DE SANTÉ PUBLIQUE
L’analyse de l’état de santé de la population régionale, la réponse aux besoins de santé exprimés par
les patients et leur famille, et la déclinaison de la stratégie nationale de santé sur notre territoire se
traduisent en enjeux et priorités régionales de santé publique. Ces priorités président aux orientations
des schémas, aux actions retenues par les appels d’offres et aux allocations de ressources.
1.2.1 PRENDRE EN COMPTE LES BESOINS D’UNE POPULATION VIEILLISSANTE
- En 2016 dans la région Paca, 575 000 personnes ont plus de 75 ans. En 2030, elles seront
175 000 de plus.
- Problèmes de santé chronique chez une personne sur deux de +75 ans.6
- Après 75 ans, la perte d’autonomie, les pathologies chroniques, les risques liés à la
polymédication, à la multiplicité des prescripteurs et des intervenants sont importantes.
- 30 000 malades et 30 000 aidants sont concernés par la maladie d’Alzheimer ou une maladie
apparentée en Paca (2ème région la plus touchée).
- Les problèmes de santé mentale sont fréquents : une personne âgée sur 6 présente une
souffrance psychologique.
- Les chutes sont les premières causes de décès accidentels (1 425 personnes âgées décèdent
chaque année en Paca).
- Augmentation des décès liés à un accident de la vie courante depuis 2007, contrairement à la
tendance nationale.
- Ainsi, en 2016, les personnes de plus de 75 ans ont effectué 250 000 passages aux urgences
dont la moitié est suivie d’une hospitalisation.
- 330 000 séjours hospitaliers et 55 000 séjours en SSR.
L’enjeu est de renforcer les filières gériatriques et le maintien à domicile, de développer une
coordination en ville ou avec les EHPAD permettant de limiter au maximum les hospitalisations, de
développer également la prévention primaire par l’activité physique, le maintien de relations affectives
et de stimulations intellectuelles, la prévention de la iatrogénie, la prévention des chutes et de la
dénutrition. Sans adaptation de l’offre de santé, il faudra faire face à 150 000 séjours supplémentaires
en médecine et chirurgie et 15 000 séjours supplémentaires pour les SSR.
1.2.2 METTRE EN PLACE UNE POLITIQUE GLOBALE EN FAVEUR DES ENFANTS
ET DES JEUNES
- La région Paca compte un des taux de familles monoparentales les plus élevés de France
(190 000 familles monoparentales en 2013, en augmentation constante) dont 63% vivent
sous le seuil de pauvreté.
- Sur 1 500 000 enfants de moins de 25 ans, 62% vivent dans des territoires en situation de
désavantage social.
- Les jeunes de la région sont moins qualifiés que les jeunes des autres régions et sont
davantage touchés par le chômage et la pauvreté.
- 30% des étudiants déclarent avoir renoncé à voir un médecin, près de la moitié invoquent des
raisons financières.
- 12,4% d’enfants obèses (67% d’augmentation entre 2007 et 2012).
- La couverture vaccinale (Rougeole, Oreillons, Rubéole) est moins élevée qu’en France
(64,4% contre 67,2%).
- 4% à 5% des élèves d’une classe d’âge sont dyslexiques, 3% dyspraxiques et 2%
dysphasiques.
- Les décès par morts violentes : 54 décès par accident de la route chez les jeunes de 15 à 24
ans en 2016 ; le suicide représente la 2ème cause de mortalité prématurée évitable en région,
avec environ 750 décès par an, dont 20% chez les jeunes âgés de 15-34 ans.
- La consommation excessive d’alcool, en augmentation de 8% par rapport à 2008.
- L’usage de cannabis dans le mois est supérieur à celui constaté en France (30% des 15-24
ans en Paca versus 26% en France). Son usage régulier (au moins 10 fois dans le mois)
concerne au moins 30 000 jeunes de 15 à 24 ans.
- Le tabagisme des adolescentes de 17 ans est supérieur dans la région Paca tant pour
l’expérimentation que pour le tabagisme quotidien.
- Le taux annuel d’IVG est le plus élevé de France métropolitaine chez les mineures (13,1‰
versus 10,5‰).
L’enjeu est la prise en compte des inégalités sociales et territoriales de santé dès la grossesse et la
petite enfance pour cibler les actions de prévention et de promotion de la santé afin notamment de
développer les compétences psychosociales, le sentiment d’emprise sur la vie et la mise en place de
facteurs de protection physique, psychologique et sociaux. Ainsi, l’ensemble des déterminants de la7
santé (éducation, logement, environnement, aide sociale, protection de l’enfance…) doit être
considéré par les intervenants et les institutions dans le champ de l’enfance.
Par ailleurs, le dépistage et le repérage des troubles du développement de l’enfant, la promotion d’une
alimentation équilibrée et de l’activité physique, la protection contre les toxiques environnementaux
sont également fondamentaux. Enfin, à l’adolescence et pour les jeunes adultes, les priorités sont
l’éducation à la sexualité, la prévention des conduites addictives et le repérage de la souffrance
psychologique.
1.2.3 PROPOSER UNE PALETTE DE RÉPONSES DIVERSIFIÉES AUX PERSONNES
EN SITUATION DE HANDICAP
- 10 000 déficiences sévères chez les enfants de 0 à 19 ans (9,1‰), 20 000 (19‰) pour
l’ensemble des handicaps.
- 11 000 enfants (10‰) sont atteints de troubles du spectre autistique.
- Environ 4 000 enfants en attente de prise en charge (notamment 13 et 06) et des situations
complexes et/ou critiques en augmentation de plus de 400%, (34 à 171) entre 2014 et 2016.
- 17 524 enfants scolarisés en milieu ordinaire avec un plan personnalisé de scolarisation, 30%
en classes spécialisées.
- 80 000 adultes bénéficient d’une prestation handicap, 200 000 si l’on ajoute les
reconnaissances de qualité de travailleurs handicapés.
- 568 accords CDAPH en 2014 pour le maintien sous amendement CRETON.
- L’accompagnement et la prise en charge des personnes handicapées sont généralement
marqués par de forts risques de ruptures aux différents âges de la vie.
L’enjeu est de faire évoluer le secteur médico-social selon une approche plus inclusive prenant en
compte les besoins des personnes en situation de handicap et leurs aidants. Il s’agit de promouvoir
une réponse « accompagnée pour tous » qui implique de diversifier les modes d’intervention, de
raisonner en logique de dispositif et de prestations de service plutôt qu’en logique de structure, de
promouvoir la construction de solutions, de réponses partagées et coordonnées entre les différents
secteurs et le milieu ordinaire (école, travail, loisirs…) afin de permettre des choix au plus près de
la vie en société selon un principe de subsidiarité. Améliorer l’accès à la prévention et aux soins de
ces personnes est également un enjeu majeur.
1.2.4 RENFORCER LA POLITIQUE DE SANTÉ MENTALE POUR FAIRE FACE AUX
DÉFIS À VENIR
- La santé mentale représente 15% des dépenses de l’Assurance maladie soit 22 milliards
d’euros en 2016. C’est le 2ème poste de dépenses devant les cancers, les pathologies
cardiovasculaires et le diabète.
- En région Paca, 166 000 personnes ont été traitées pour une pathologie psychiatrique
identifiée et 447 500 pour un traitement psychotrope sans maladie psychiatrique identifiée.
- 1/3 des patients cumule troubles psychiques et addictifs.
- Recours aux soins insuffisant des personnes atteintes de dépression, notamment chez les
hommes et les jeunes.
La santé mentale nécessite une approche systémique, elle ne se limite pas aux soins psychiatriques
ou à la prise en charge du handicap psychique. Le champ de la santé mentale couvre à la fois les
troubles psychiatriques mais également les problématiques de souffrance psychiques et, pour trouver
ou construire des réponses durables, la juxtaposition des compétences ne suffit pas.
Assurer la qualité des actions à chaque étape du parcours, coordonner la prise en charge entre les
multiples intervenants (repérage précoce ; premier recours ; soins somatiques ; soins psychiatriques ;
soins en addictologie) tout au long de la vie des personnes et prendre en compte l’environnement
social et familial sont des enjeux majeurs pour améliorer la vie de ces personnes.8
1.2.5 POURSUIVRE LA BAISSE DE LA MORTALITÉ PRÉMATURÉE
- 8 000 décès surviennent avant 65 ans, 1/3 liés à des comportements à risque (tabagisme,
alcoolisme, alimentation déséquilibrée, sédentarité, conduites dangereuses, suicides…).
- Les trois principales causes de mortalité prématurée en Paca sont : les cancers (40,9% soit
plus de 3 000 par an), les traumatismes (15,9% dont 6,3% liés aux suicides et 3,1% liés aux
accidents de la circulation), les maladies cardio-vasculaires (12,5%).
Ces trois causes de mortalité évitables sont sensibles à la prévention et demandent des actions
systémiques : amélioration de la qualité de l’air, politiques d’urbanisme pour favoriser les
déplacements non polluants, exercice physique, alimentation, empowerment des jeunes et de la
population en général sur le contrôle de sa santé, modification des comportements, dépistage, prise
en charge précoce…
En parallèle des actions de prévention, le progrès médical notamment pour la cardiologie, la
traumatologie et l’oncologie, l’amélioration des prises en charge contribueront également à retarder la
mortalité. Néanmoins, le vrai progrès sera celui de la diminution de l’incidence par une prévention
globale et portée par tous.
1.2.6 ORGANISER LA PRISE EN CHARGE DES MALADIES CHRONIQUES
- En 2015, 1,2 million de personnes ont été prises en charge en Paca pour pathologies
chroniques (cancers, diabète, maladies cardiovasculaires, maladies neurodégénératives,
asthme et bronchopneumopathie chronique obstructive - BPCO) et 1,8 millions pourraient
l’être en 2028.
- +8,5% de mortalité par cancers de la peau depuis 2000.
- +30% de mortalité par cancer du poumon chez les femmes entre 2009 et 2013.
- Une augmentation de l’asthme et des BPCO. Paca est une des régions d’Europe les plus
exposées à la pollution par l’ozone.
Même si l'allongement de l'espérance de vie et l’augmentation de l’exposition aux polluants et aux
toxiques, en partie responsable de l’apparition de certains cancers/allergies/maladies cardio-
vasculaires, ont pour corollaire l'augmentation des maladies chroniques, l’enjeu demeure d’en limiter
l’apparition et d’améliorer les prises en charge sanitaires, médico-sociales et sociales, ainsi que leur
coordination.
Cette transition épidémiologique remet en cause notre système de santé, ses structures et son
organisation. C’est également un défi pour l’avenir de son financement (61% des dépenses liées aux
pathologies et traitements chroniques pour 35% de la population).
1.2.7 RÉDUIRE L’IMPACT SUR LA SANTÉ DE L’EXPOSITION AUX RISQUES
ENVIRONNEMENTAUX
Des disparités sont observées entre les territoires qu’ils soient ruraux, industriels ou urbains. Ces
disparités sont accentuées par des inégalités sociales et environnementales. En région Paca
particulièrement, la santé des habitants est fortement influencée par les caractéristiques de leur
environnement.
Comme le préconisent les recommandations nationales, la mobilisation forte et durable des
collectivités territoriales et des Etablissements publics de coopération intercommunale constitue un
enjeu fort. Le Plan régional santé environnement 3 encourage et favorise l’adoption de choix
d’aménagements favorables à la santé : réduction des nuisances, des sources et expositions aux
polluants, espaces réunissant les conditions pour l’adoption de comportements favorables à la santé.
D’autre part, des évolutions sont nécessaires en matière d’information du grand public pour une
meilleure compréhension des enjeux liés à la santé environnementale et pour l’adoption de
comportements favorables à la santé (activité physique, espaces verts, utilisation des transports9
collectifs…). Ces évolutions concernent aussi l’éducation et la formation des jeunes ; la responsabilité
des politiques publiques est de pouvoir les préparer à comprendre, appréhender et agir sur
l’environnement pour mieux préserver leur capitale santé.
Pour en savoir plus sur la santé en Paca, les travaux de l’Observatoire régional de la santé Paca sont disponibles
à cette adresse : www.sirsepaca.org :
- Etats de santé et évolutions en région Paca
- Synthèse du tableau de bord santé-environnement Paca – édition 2016
- Portraits de territoires et indicateurs sur l’état de santé à différentes échelles géographiques
L’évolution démographique, avec notamment le poids de plus en plus important du vieillissement
et la croissance des maladies chroniques, impliqueraient à elles seules une adaptation de
l’accompagnement et des prises en charge. Mais, ces constats doivent être complétés par un
approfondissement de la connaissance des territoires infrarégionaux, caractérisés par une très
grande diversité géographique, économique et sociale. Et enfin, nous devons tenir compte de
plusieurs autres polarités qui viennent mettre en tension le système de santé comme les
innovations technologiques, l’intelligence artificielle ou l’apparition de nouveaux risques. Ainsi,
une analyse pertinente de la santé en région appelle une démarche de prospective pour mieux
cerner les tendances et les lignes d’évolution en cours, peut-être pas encore visibles, mais déjà
structurantes, et pouvoir alors définir les priorités à mettre en œuvre pour adapter le système de
santé aux besoins des habitants de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur de 2030.10
2- LES TENDANCES : PROSPECTIVE SUR LA
SANTÉ EN 2030
Le vieillissement de la population entraine des
évolutions épidémiologiques : maladies
chroniques, maladies neurodégénératives,
maladies cardiovasculaires, cancers,
déficiences visuelles, auditives et de l’appareil
locomoteur,… Cette transition épidémiologique
se traduit par une perte d’autonomie, des
handicaps, un besoin en accompagnement
des malades et des aidants, un besoin en
service à la personne et en matériel de
suppléance (appareillages). Les patients
seront certes plus âgés et plus dépendants
mais certainement plus exigeants, plus
autonomes et plus actifs dans leur prise en
charge et dans leur traitement.
2.1 DES ÉVOLUTIONS TECHNIQUES ET ENVIRONNEMENTALES
2.1.1 DES INNOVATIONS TECHNIQUES DE NATURE À REVOLUTIONNER LES
SOINS
On ne soignera plus en 2030 comme on soignait en 2010. Les impacts prévisibles des innovations sur
le système de santé sont recensés dans de nombreux rapports. Elles favoriseront l'autonomie,
suppléeront une fonction physiologique, amélioreront le diagnostic, la qualité des gestes
interventionnels, adapteront la thérapeutique aux patients, faciliteront le suivi des maladies chroniques
ou encore amélioreront les parcours des patients et l'efficience des soins. Parmi toutes ces
innovations attendues, certaines sont déjà des réalités.
Le séquençage du génome, exceptionnel il y a 20 ans, sera demain généralisé et rapide grâce à la
puissance des systèmes d'information. Grâce à eux, la médecine prédictive verra le jour, soulevant
d’épineuses questions éthiques. Le dépistage et le traitement de nombreuses pathologies, dont le
cancer, en seront transformés : ils seront ciblés et adaptés au niveau de risque du patient.
L’acte chirurgical sera moins invasif. Grâce aux progrès des techniques interventionnelles
(endoscopies, radiologie interventionnelle) et à la généralisation de la robotique, les chirurgiens
pourront tester les actes par simulation sur des patients virtuels ou des modèles en 3D avant d’opérer.
Le robot chirurgical intelligent accompagnera les chirurgiens dans leurs gestes.
L’ingénierie du vivant, la régénération tissulaire par des cellules-souches, le premier larynx artificiel
posé en 2017, ouvriront de nouvelles voies thérapeutiques.
L’électronique médicale : la pose d’implants et la réparation de l’ADN transformeront l’approche du
handicap et de la dégénérescence cellulaire. Après les implants cochléaires pour le traitement de la
surdité, les implants dans le cerveau pour soigner la maladie de Parkinson puis d’Alzheimer, les
rétines artificielles, de nouvelles pistes de guérison seront ouvertes.11
2.1.2 LA PLACE CROISSANTE DE LA PRÉVENTION CONNECTÉE
Il sera possible de suivre certains déterminants de santé (expositions environnementales individuelles)
grâce aux objets connectés. Les conseils de prévention pourront être personnalisés et diffusés
directement à l’individu au moment opportun.
Les politiques de prévention et d’éducation pour la santé seront intégrées, de l’école au milieu
professionnel, dans l’urbanisme, dans les services et dans les politiques publiques.
La robotique pourra assister et accompagner et ainsi venir en soutien des campagnes de prévention
notamment auprès des malades chroniques, des personnes âgées dépendantes et des personnes
handicapées.
2.1.3 DE NOUVEAUX RISQUES
- Le traitement de l’information de masse : leur fiabilité, la capacité des utilisateurs à
développer un regard critique, leur sécurisation, la fracture numérique et l’accroissement des
inégalités d’accès à ces technologies. L’inquiétude créée par une (sur)abondance
d’informations et le risque de surconsommation médicale interroge déjà.
- Le risque que le recours systématique à la technologie n’appauvrisse la relation
médecin-patient. Face à la technicisation des soins, il sera nécessaire d’accompagner les
usagers et les professionnels et créer le cadre de relations plus empathiques.
2.1.4 LE CHANGEMENT CLIMATIQUE ET ENVIRONNEMENTAL
Le changement climatique affecte la santé de façon inédite dans l’évolution et dans l’histoire de
l’humanité : stress thermiques, problèmes respiratoires, allergies, infections bactériennes et/ou virales,
cancers de la peau…. Nombre de pathologies sont susceptibles d’émerger ou d’évoluer dans leur
répartition spatiale et temporelle, leur incidence et leur intensité sous l’influence du changement
climatique et environnemental.
Il s’agit d’une tendance lourde qui va avoir des répercussions à la fois sur la prévalence de certaines
pathologies, mais également sur la résilience des structures d’offre de soins pour s’adapter à ces
changements.
2.2 DES ÉVOLUTIONS DES PRATIQUES, DES MÉTIERS ET DES FORMATIONS EN
SANTÉ
2.2.1 LA TÉLÉMÉDÉCINE ET LA RELATION « PROFESSIONNEL-MALADE »
Les usagers développent des connaissances expérientielles sur leurs maladies ou leurs handicaps. Ils
deviennent acteurs des décisions ayant attrait à leurs prises en charge et gagnent en autonomie
grâce aux objets connectés qui leur permettent de surveiller leur état de santé.
La télémédecine va également modifier la relation médecin/malade qui pourrait s'organiser à distance
et de manière asynchrone.
Cette relation pourrait également s'élargir à la machine : le diagnostic, symbole de l’art médical et
privilège exclusif des médecins, pourrait être effectué par des algorithmes qui associeraient anamnèse
et données biologiques, imagerie et génétiques pour produire des diagnostics instantanés et fiables.
Jusqu’à présent, c’était le savoir et l’expertise qui fondaient la compétence médicale. Il est probable
que demain la compétence relationnelle, l’écoute empathique, l’intelligence émotionnelle, la
pédagogie et la capacité à travailler en équipe, l’éducation thérapeutique du patient…soient prises en
compte dans la sélection et la formation des jeunes médecins et qu’elles soient déterminantes dans
les pratiques pour que le professionnel passe d’une posture prescriptive à une posture plus éducative.12
2.2.2 LA MUTATION DES MÉTIERS ET DES FORMATIONS INITIALES ET
CONTINUES DES PROFESSIONNELS
En 2030, les traitements se dérouleront plus souvent en ambulatoire et les prises en charge au
domicile. L’organisation du travail, la répartition de tâches entre professionnels évolueront et
transformeront la nature des métiers de la santé.
Il est probable, par exemple, qu’en 2030 la réponse de premier niveau soit assurée par un infirmier
référent dans le cadre de protocoles supervisés par les médecins. Il est probable également que les
systèmes d'information permettent le suivi, la coordination des acteurs du premier recours, la
coordination ville-hôpital, la centralisation des données, les avis en réseau et l’accès raisonné aux
plateaux techniques de manière graduée.
Les professionnels devront intégrer ces compétences nouvelles, voire créer de nouveaux métiers :
analyse de données, recherche clinique systématisée, encadrement d’infirmiers spécialisés et
protocolisés, en plus d’un rôle accru d’accompagnement des malades et des aidants.
Il faudrait par conséquent introduire dans les formations l’enseignement de l’évaluation, l’application
des données probantes, des stratégies et outils de transfert de savoir, de la mise en place
d’organisations « apprenantes », renforcer la bio-statistique, la génomique, la médico-économie, et
surtout la psychologie dans la relation soignant-soigné, l’analyse partagée des pratiques
professionnelles et accorder une place importante à la réflexion éthique.
Par ailleurs, le système de santé intégrera certainement dans ses équipes des spécialistes d’autres
champs d’expertise que la santé : des courtiers du savoir, des bio-informaticiens spécialistes du
datamining, des spécialistes de la modélisation, de l’intelligence artificielle, de la robotique.
«Une médecine sans les médecins est impossible, car seule la communication entre deux êtres permet
la confiance. Nous devons garder la maîtrise sur les machines et algorithmes, tout en nous appuyant
dessus pour nous faire gagner du temps humain…Que ça nous libère, mais ne nous remplace pas»1.
2.3 UNE NOUVELLE SOCIÉTÉ FAÇONNERA UN NOUVEAU SYSTÈME DE SANTÉ
2.3.1 UN SYSTÈME DE SANTÉ QUI FERA FACE A DES CHOIX DE SOCIÉTÉ
En 2030, les patients prendront certainement davantage la parole par des associations ou des
communautés constituées sur les réseaux sociaux, ils s’organiseront probablement pour peser sur les
décisions en matière d’organisation des soins, de résultats attendus et de santé environnementale. Il
est permis d'imaginer que la santé s'invitera de plus en plus dans le débat politique et inversement.
En contrepartie, les patients pourraient être davantage responsabilisés sur leur capacité à se prendre
en charge et à utiliser le système de santé.
De la même manière, les avancées technologiques, les systèmes d'information, la croissance
continue des dépenses font peser des risques sur notre système de santé qui s’appuie sur des
principes d’une grande force, d’universalité, de solidarité et d’égalité d'accès aux soins. Les équilibres
actuels pourront être interrogés : libre choix du patient, liberté de prescription, liberté d’installation,
confidentialité des données de santé mais également rôle et place des assurances obligatoires et
complémentaires. Le système de santé n’évolue pas indépendamment de la société qui le structure.
Ces principes fondateurs ont de forts déterminants politiques et donc démocratiques. Ils ont
également de forts déterminants éthiques qui ne pourront être ignorés dans les débats
démocratiques, dans les instances de démocratie sanitaire, dans les dispositifs de formation mais
également dans la pratique quotidienne.
1 Professeur Jean-François Mattei, Questions de Consciences, De la génétique au post humanisme, Ed. Les liens qui libèrent, 201713
2.3.2 LA SOUTENABILITÉ ÉCONOMIQUE RESTERA UN SUJET
INCONTOURNABLE
La prise en compte de la dimension économique est la condition de l’accès aux soins de tous : toute
ressource mal utilisée est un coût social inutile, et un risque d’inégalités entre citoyens.
En 2030, les questions de l’efficience et de la pertinence des actes et des organisations seront,
encore plus qu’aujourd’hui, les conditions de l’investissement, de l’innovation et de l’universalité de
l’accès.
Des modes de financement autres que les dotations ou le financement à l'activité s'imposeront
probablement. Ils pourraient valoriser la qualité, la valeur recueillie par le patient et son entourage
pour une séquence ou un épisode de prise en charge. Dans ce contexte, l'optimisation des coûts, la
pertinence des actes et de la coordination des prises en charge deviendraient des objectifs directs des
professionnels de santé. Ils y seraient de ce fait financièrement incités.
Ainsi, cette toile de fond sociétale forme un socle commun qui portera les transformations à
venir du système de santé. Plusieurs scénarii sont possibles, avec, selon les décisions politiques
et les choix de financement, une part plus ou moins importante accordée à la prévention, à la
dimension environnementale, ou à la prise en compte de la santé dans les politiques publiques.
Plus largement, la diminution des coûts, l'amélioration de la performance et de l'efficience
pourraient entraîner une amélioration de l'accès aux soins et à l'innovation pour tous. Elles
pourraient aussi conduire à des refus de soins et à la distribution de dividendes. De la même
manière, l'usage de la technologie, dont l'exploitation des données de santé et l'intelligence
artificielle, pourrait conduire à une déshumanisation et une perte de sens de la relation de soins.
Ces questions renvoient au bon usage des démocraties sanitaire et parlementaire qui chacune à
leur niveau auront à explorer ces questions et à les éclairer d'éthique et des valeurs de notre
société.14
3- STRATÉGIE RÉGIONALE POUR
TRANSFORMER LE SYSTEME DE SANTÉ
Les singularités des territoires et de la
population régionale, les priorités de santé
publique poursuivies en Provence-Alpes-Côte
d'Azur, les orientations de la stratégie
nationale de santé et les évolutions attendues
dans les années à venir sont les principaux
déterminants du cadre d'orientation stratégique
régional.
De ces constats et de ces perspectives se
dégagent des opportunités, des leviers que
nous devons partager et actionner de concert
pour enclencher la transformation vertueuse et
contrôlée de notre système de santé dans les
10 années à venir.
3.1 LES AXES STRATÉGIQUES DE TRANSFORMATION DE NOTRE SYSTÈME DE
SANTÉ
3.1.1 AXE 1 : RENFORCER LA PRÉVENTION ET L’IMPLICATION DES USAGERS
L’accès à la santé suppose de pouvoir utiliser le système de santé à bon escient. Le but est de
progresser pour que, en 2030, le système de santé soit devenu plus lisible et plus compréhensible
pour les usagers.
Renforcer la prévention et la promotion de la santé dans tous les milieux
- Mobiliser les institutions et les élus pour construire des politiques intégrées visant à
promouvoir des comportements et des conditions de vie favorables à la santé, en maîtrisant
notamment les risques environnementaux.
- Evoluer vers des méthodes et des actions qui permettent l’implication
des personnes concernées («empowerment») et ainsi l'évolution des
comportements favorables à la santé de ceux qui en ont le plus besoin.
- Favoriser les actions de renforcement des compétences psychosociales.
Renforcer la place du citoyen-usager du système de santé
- Rendre plus lisibles et utilisables les informations et données en santé pour permettre une
meilleure utilisation du système de santé.
- Développer la démocratie participative pour valoriser les initiatives probantes.
- Impliquer les usagers, écouter et soutenir les aidants.
- Reconnaitre, valoriser, et utiliser le savoir-expérientiel, complémentaire au savoir médical.
« Les patients ne comprennent rien au système de santé et médico-social. Le parcours de soins est subi.
On ajoute, à la douleur de la maladie, la lourdeur administrative », disait un directeur d’EHPAD lors
de la concertation organisée en juin 2017.15
3.1.2 AXE 2 : S’APPUYER SUR DES GOUVERNANCES PARTAGÉES DANS LES
TERRITOIRES
La complexité du système de santé peut constituer un obstacle à l’organisation d’une réponse rapide
et pertinente notamment par l’absence de communication entre les acteurs, l’émiettement des
responsabilités et des financements ou la redondance des instances de gouvernance.
Face à ce constat, l’enjeu est de clarifier les responsabilités, de définir des objectifs communs, et de
préciser la part de chacun pour leur réalisation. Les interdépendances peuvent ainsi devenir des
synergies et permettre de mutualiser des ressources pour améliorer les réponses et non les mettre en
concurrence ou en redondance.
Les leviers d’une gouvernance partagée.
- Réunir, dans les territoires, l’ensemble des acteurs de santé pour partager le diagnostic, les
orientations et les objectifs à mettre en œuvre et s’entendre sur la méthode.
- Prendre en compte la santé dans toutes les politiques publiques : environnement et
urbanisme, politiques industrielles et de logement, agriculture, éducation …
- Expérimenter de nouvelles organisations de prise en charge, centrées sur les besoins des
populations et non sur les champs de compétences des opérateurs présents.
- Concevoir des financements cohérents avec les objectifs, mieux utiliser les souplesses
existantes, expérimenter et innover, associer les partenaires dans des co-financements pour
avoir un effet levier.
- Evaluer et sélectionner les modalités qui font ou auront fait leurs preuves, informer les
institutions, les élus, les usagers et la population, pour rendre compte des résultats et des
évolutions de pratiques ; étudier les conditions de réussite et diffuser les actions probantes.
3.1.3 AXE 3 : RECONFIGURER L’OFFRE DE SANTÉ
Face aux évolutions en cours et annoncées, tous les acteurs vont devoir adapter leurs
fonctionnements, modalités d’intervention, périmètre d’action et modalités de coopération. Pour utiliser
au mieux les ressources disponibles, l’articulation entre les différentes prises en charge devra être
structurée : c’est le principe de la gradation des soins.
Les leviers de la gradation des soins sont les suivants.
- Favoriser l’accès aux soins de proximité en développant les stages ambulatoires notamment
dans les zones sous-dense, en développant l'exercice coordonné, en accompagnant la
révolution numérique, projetant du temps médical et soignant notamment en encourageant
l'exercice mixte, en développant les coopérations entre professionnels de santé, en simplifiant
la vie des professionnels et en les accompagnant dans l'élaboration et la mise en œuvre de
leurs projets.
- Développer des «réponses accompagnées pour tous», adaptées aux besoins de chacun,
avec des préfigurations d’habitat inclusif.
- Définir, structurer et organiser le second recours et garantir l’accès à l’expertise.
- Accompagner le virage ambulatoire, qui s’opère dans le champ sanitaire et médico-social. Il
modifiera les prises en charge dans les établissements en les limitant notamment aux temps
diagnostiques ou thérapeutiques. Il modifiera également les soins et l'accompagnement des
patients comme de leur entourage au domicile.
- Mailler le territoire avec des filières gériatriques et une offre adaptée aux enjeux de la perte
d’autonomie des personnes âgées.
- Systématiser la gradation des plateaux techniques.
- Réguler les pratiques par la qualité et la pertinence des prises en charge.
- Contractualiser avec les acteurs de santé pour mettre en œuvre ces transformations.16
3.1.4 AXE 4 : ANTICIPER L'ÉVOLUTION DES MÉTIERS TOUT EN
ACCOMPAGNANT CELLES DES ORGANISATIONS
L’évolution des métiers de la santé dans les 10 ans à venir doit permettre de garantir l’accessibilité à
la santé sur tout le territoire, de répondre aux besoins d’une population plus âgée et souffrant de
pathologies chroniques. Il s’agit donc de modifier les pratiques pour prendre en compte un triple
changement : la technicité croissante dans les stratégies thérapeutiques ; la personnalisation de
l’accompagnement et des prises en charge des personnes et de leur entourage ; le développement de
la pluridisciplinarité et des pratiques partenariales.
Les leviers des évolutions des métiers de la santé.
- Travailler avec l’Université, le Conseil régional et la DRJSCS pour enrichir l’offre de formation
: associer les patients experts, développer le e-learning, promouvoir des approches plus
globales (promotion de la santé, culture gériatrique,…)
- Faciliter l’intégration des résultats de la recherche et de l’innovation : développer la recherche
clinique en médecine générale, les living labs, la simulation, le transfert de savoir entre
professionnels.
- Soutenir les nouvelles pratiques : s’appuyer sur des organisations apprenantes 2, intégrer des
professionnels à la recherche et à la construction des politiques publiques, accompagner le
déploiement de nouveaux métiers : en pratiques avancées, référents parcours et
coordonnateurs, médiateurs santé,…
- Soutenir la démographie médicale dans les territoires ruraux : mettre en place une politique de
formation et de recrutements des professionnels de santé valorisant l’exercice dans les
territoires isolés.
- Développer les professions d'accompagnateur, de médiateurs, de référents de proximité pour
accompagner les patients dans leur parcours ainsi que des conseillers en environnement ou
en habitat, mieux prendre en compte les déterminants environnementaux.
- Mettre en place une gestion prévisionnelle des emplois et des compétences, anticiper la
gestion des carrières dans les métiers de la santé : valorisation de l’expérience, deuxièmes
carrières,…
- Prendre soin de ceux qui soignent et mettre en place des politiques de prévention des risques
dans tous les établissements, avec une attention particulière pour le secteur médico-social.
Initier un dispositif spécifique pour la santé des médecins, quel que soit leur statut (salarié ou
libéral).
3.1.5 AXE 5 : UTILISER LES INNOVATIONS ET LES OUTILS NUMÉRIQUES
Les outils numériques représentent des opportunités pour l’accessibilité aux soins et à l’expertise, la
sécurisation des prises en charge, le suivi régulier des malades chroniques, le maintien au domicile,
l’organisation en réseau des professionnels de santé, le fonctionnement des établissements et
l’organisation des parcours. Le numérique est un levier de développement de la politique régionale de
santé. Tous les acteurs sont incités à l’innovation organisationnelle et technique avec pour objectifs la
qualité, l’efficience et la pertinence des prises en charge.
Les leviers du développement des innovations et du numérique.
- Mettre en œuvre et accompagner les projets innovants, en lien avec la recherche, les acteurs
de santé, les institutions et les industriels. Pour cela, l’article 51 de la loi de financement de la
sécurité sociale pour 2018 ouvre un cadre utile.
2 Les organisations intelligentes ou communautés apprenantes ont été décrites dans le monde des entreprises par des auteurs
comme Frederic Laloux (reinventing organizations, 2014) qui décrit dans son livre un système d’organisation d’infirmières libérales, Buurtzorg, qui est devenu la première entreprise des Pays-Bas dans le secteur des soins à domicile aux personnes âgés et proposant une organisation du travail inspirée, sans hiérarchie ni chef.17
- Stabiliser une gouvernance régionale des systèmes d’information, permettant la concertation
responsable et l’implication des acteurs concernés, afin de renforcer l’implication des acteurs
et des usages.
- Généraliser les normes et usages pour les outils de partage d’information, en lien avec les
plateformes et projets nationaux : messagerie sécurisée de santé, dossier médical partagé,
répertoire opérationnel des ressources et serveur régional de rapprochement des identités,
politique de sécurité des systèmes d’information, intégration et interopérabilité,
accompagnement à la mise en œuvre des systèmes d’information des groupements
hospitaliers de territoires.
- Accompagner les acteurs de santé dans la mise en œuvre de la politique nationale sur les
systèmes d’information : télémédecine, dossier communicant en cancérologie, accès aux
outils de diagnostic en imagerie médicale, coordination et gestion des parcours de santé. Pour
cela, l’accès à l’espace numérique de santé sera généralisé pour l’ensemble des acteurs de
santé.
- Développer des outils et services à destination des patients.
- Favoriser «l’empowerment» des acteurs la démocratie sanitaire en créant des espaces
d’échanges entre usagers du système de santé et entre professionnels.
«Les technologies du numérique sont porteuses de changements majeurs dans l’organisation et le
fonctionnement de notre système de santé. Elles permettent non seulement de moderniser les
organisations actuelles, mais aussi d’imaginer des pratiques radicalement nouvelles. Notre système de
santé a besoin de ces innovations pour dépasser les difficultés de coordination entre professionnels,
faire face à une part croissante de patients atteints de maladies chroniques, permettre aux citoyens et
patients d’être plus impliqués dans leur prise en charge», Stratégie nationale e-santé 2020.
3.1.6 AXE 6 : DÉVÉLOPPER LA COLLABORATION ET LA COORDINATION DANS
LES PRISES EN CHARGE DE PROXIMITÉ
La gestion des situations complexes butes sur le cloisonnement et les ruptures dans les parcours de
soins et d’accompagnement. La coordination territoriale nécessite d’identifier les responsabilités des
acteurs et d’organiser les prises en charge de manière coordonnée.
A côté des cas les plus complexes, des actes de coordination efficients et plus standards seront
identifiés et déployés sur le territoire pour les professionnels, les patients et leur entourage.
Les leviers de la coopération et de la coordination territoriale.
- Repérer et soutenir les dispositifs d’appui au maintien à domicile et les initiatives confortant
les prises en charge en proximité ;
- Coordonner les parcours de santé complexes et organiser la disponibilité des services d’appui
concernés dans les territoires ;
- Développer les techniques et outils de la coordination partagés et interopérables, en
particulier les services numériques ;
- Faire évoluer les modes de financements et donner un intérêt à agir pour la coordination des
prises en charges.
«Aujourd’hui, on ne sait pas faire circuler les patients entre le secteur de la santé et le secteur social».
Un professionnel de santé.18
3.2 ORGANISER LES SEPT PARCOURS PRIORITAIRES DANS LA RÉGION
3.2.1 MODÉLISER DES PARCOURS DE SANTÉ : PASSER D’UNE LOGIQUE DE
STRUCTURE À UNE LOGIQUE DE PARCOURS
Organiser des parcours en santé implique,
pour tous les acteurs de passer d’une logique
de structure à une logique de trajectoire ; d’une
logique de production de soins a une logique
de valeur retirée par le patient et son
entourage de la séquence de prise en charge
proposée.
Cela implique des temps de soins et des
temps d’accompagnement et de coordination.
Cela implique également que le patient puisse
devenir autonome, acteur, partenaire, et pilote
de son projet de santé.
Les organisations en place sont trop souvent
cloisonnées. Elles sont issues de logiques
d’institution et de public ou de pathologies
spécifiques. Or les besoins évoluent. Les
patients sont devenus chroniques et
complexes, et nous sommes tenus à
l’optimisation, à l’efficience et à la pertinence
des actes, mais également de la globalité des
prises en charge. Il s’agit donc de lever les
freins de ces parcours, d’identifier les étapes
clés, d’en faciliter l’accès : de placer des
«panneaux indicateurs».
Cette démarche passe par une attention
accrue à la prévention et à l’anticipation des
moments charnières pour la personne. Elle
s’appuie sur l’identification des risques de
ruptures et de dégradation de l’état de santé,
l’agencement des différents
accompagnements entre eux, ainsi que sur
l’adaptation des réponses de santé face aux
évolutions dans le temps des besoins et
attentes de la personne. L’ensemble des
dimensions de la situation des personnes est
pris en compte par les acteurs du soin et de
l’accompagnement, y compris la participation
sociale, la citoyenneté, l’insertion scolaire et
professionnelle.
L’organisation des parcours en santé implique
l’action coordonnée sur un territoire des
acteurs de la prévention, du sanitaire, du
médico-social et du social. Elle intègre les
facteurs déterminants de la santé que sont
l’hygiène, le mode de vie, l’éducation, le milieu
professionnel et l’environnement. Elle répond
aux transformations nécessaires pour les
prises en charge de qualité des malades
chroniques et des situations de dépendance.
3.2.2 LES PARCOURS PRIORITAIRES DE LA RÉGION PACA
Nous avons ainsi identifié sept parcours de santé prioritaires dans une logique de trajectoire. Certains
sont populationnels, d’autres sont thématiques. Ils ont été retenus au regard de l’enjeu en termes de
santé publique pour la population régionale, tels que décrits dans la première partie de ce document.
L’existence de marges de transformation fortes et de gains d’efficience attendus avec le
décloisonnement est également un des critères, tout comme la capacité de l’ARS à agir.
La notion de parcours populationnel ou thématique facilite l’élaboration de réponses concrètes au
service des personnes et des acteurs de santé. Naturellement, le patient peut être concerné par
plusieurs parcours: être malade chronique et sujet au vieillissement, ou être adolescent et en situation
de handicap, ou encore être en situation de précarité et souffrir de troubles psychiques.19
Ainsi, il n’y a pas que «sept parcours», mais une démarche qui vise à réfléchir à la prise en charge de
la personne en intégrant l’ensemble de problématiques qui concourent à sa santé, regroupées autour
des points structurants suivants.
- Construire un environnement favorable.
- Favoriser la promotion de la santé, par une approche transversale des
déterminants de la santé, le développement des compétences individuelles,
l’éducation et la prévention.
- Développer le repérage, le dépistage le diagnostic et l’annonce des problèmes de
santé.
- Développer une prise en charge coordonnée des personnes, au plus près de leur
domicile.
- Organiser l’accès à l’expertise et à des concertations pluri-professionnelles, le
recours à des soins spécialisés.
- Renforcer l’accompagnement pour les personnes en perte d’autonomie ou
souffrant de handicaps.
Les sept parcours prioritaires concernent :
- Les enfants, adolescents, jeunes adultes.
- Les personnes âgées.
- Les personnes atteintes de maladies chroniques.
- Les personnes en situation de précarité.
- Les personnes en situation de handicap.
- La santé et les addictions.
- La santé mentale.
Avec pour tous, le souci d’impliquer l’ensemble des parties prenantes et les acteurs concernés pour
avoir des organisations et des outils permettant une bonne coordination des interventions autour de la
personne.
4- PILOTAGE ET ÉVALUATION DU PRS
La mise en œuvre du Projet Régional de Santé nécessite :
Un dispositif de pilotage spécifique permettant de rendre compte de la mise en œuvre des
actions prévues,
Une organisation en mode projet impliquant l’ensemble des directions métiers, délégations
territoriales de l’Agence Régionale de Santé et des partenaires externes.
Sa gouvernance s’appuie sur le CODIR qui assure un suivi régulier des actions et programmes menés
et garantit leur cohérence avec le Projet régional de santé et ses orientations stratégiques.
Ce suivi sera partagé annuellement avec les instances de démocratie et les partenaires externes.
Le décret n° 2016-1023 du 26 juillet 2016 relatif au projet régional de santé prévoit une évaluation au
terme de l’échéance respective du COS et du SRS. L’expérience de notre premier PRS a démontré
l’intérêt de la participation des acteurs de la démocratie sanitaire dans le domaine de l’évaluation.20
Ainsi, des représentants de la CRSA et des conseils territoriaux de santé seront associés au cadrage
des travaux d’évaluation : définition des enjeux et objectifs de l’évaluation, construction des
référentiels, partage des résultats et des perspectives. Les modalités seront à définir en concertation.
Cette évaluation se déclinera sous la forme :
D’un suivi opérationnel des actions prévues dans le Schéma régional de santé et dans le Programme Régional d’Accès à la Prévention et aux Soins des plus démunis, au travers d’indicateurs de moyens et de résultats qui seront intégrés dans l’outil informatique 6PO, permettant de simplifier le partage et la communication des résultats. Ce suivi régulier s’effectuera au niveau régional et sur les territoires.
L’ensemble des indicateurs (actuellement en cours de description) seront publiés dans un document spécifique qui suivra la publication du PRS.
D’évaluations d’actions ou de programmes emblématiques de l’action de transformation du système de santé, engagée par l’Agence dans le cadre du Projet régional de santé. Le programme des évaluations pourra être réexaminé annuellement, en concertation avec les instances de démocratie sanitaire.
D’une évaluation d’impact au terme du SRS. Tout en s’appuyant sur les résultats du suivi et des évaluations menées au cours des cinq années, l’évaluation d’impact associera largement les professionnels de santé et citoyens.
Par le biais de méthodes évaluatives associant les citoyens, (enquête, focus groups, entretiens,…), cela pourra être l’occasion d’interroger l’alignement des actions menées avec le vécu des usagers. Pourront notamment être abordés les thèmes centraux du Schéma régional de santé, tels que les parcours de santé, la coordination et la pertinence des prises en charges, la réduction des inégalités sociales et territoriales, la transformation de l’offre de santé, le déploiement des innovations, de la prévention, l’intégration des soins primaires…