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Conseil Municipal - Vitry94 180814 Refugies
Document publié le Mardi 14 août 2018 par la commune de Vitry-sur-Seine.
Lien du pdf (Conseil Municipal - Vitry94 180814 Refugies)
Thèmes du document : Droits de l'homme, Humanitaire, Guerre en Ukraine,
Mairie de Vitry-sur-Seine – contact : 01 46 82 80 00
Crise de l’accueil des réfugiés : l’État doit prendre ses responsabilités et ne pas laisser les
collectivités seules
Mardi 14 août 2018
Encore une fois, l’Aquarius fait de nouveau, malheureusement, parler de lui. L’Italie et Malte ont
refusé d’accueillir sur leur sol les 141 réfugiés, dont 67 mineurs, sauvés en mer méditerranée par le bateau humanitaire de SOS Méditerranée alors que ces derniers se trouvaient sur des
embarcations en bois surchargées sans eau ni nourriture. Devant cette violation de la Convention de
Genève, l’ONG a lancé un appel à l’aide aux États membres de l’Union européenne. Par solidarité et
par devoir d’humanité, le président du port de Sète et ancien ministre communiste, Jean-Claude
Gayssot, a sollicité le Président de la République pour permettre une prise en charge rapide par
la France de ces femmes, hommes et enfants en détresse.
Avec de nombreux élus de Vitry, je salue l’initiative et la proposition de M. Gayssot d’ouvrir le
port de Sète à l’Aquarius. Je refuse, en effet, de voir se répéter l’épisode terrible du mois de juin
dernier où plus de 600 êtres humains ont été prisonniers en mer pendant des jours dans des conditions indignes. Le refus, voire l’inaction de certains États européens, dont la France, contribua
largement à ce drame humanitaire.
Cette situation n’est pas réservée à la méditerranée. Le sort des réfugiés dans les camps de fortune
qui s’installent dans toute l’agglomération a ému et indigné de nombreuses Vitriotes et Vitriots.
C’est aujourd’hui une réalité pour toutes les villes d’Ile-de-France qui voient se créer ce type de
campement précaire où les conditions de vie sont préoccupantes.
La France doit montrer l’exemple et faire honneur à ses valeurs, celles de la République et des droits de l’Homme. La politique d’accueil et d’asile de la France ne peut se résumer à de simples
discours humanistes à Bruxelles. Il faut des actes à la hauteur des enjeux. Le gouvernement doit
agir et peser de tout son poids dans les instances européennes pour anticiper les migrations qui se
font sous la pression des changements climatiques, les catastrophes qui en découlent, sous la pression
des dominations économiques et les conséquences sociales, ou sous la pression des conflits armés et
des victimes civiles. L’Union européenne et ses États membres doivent revenir sur le chemin du
droit international.
Si à Vitry, on dénombre aujourd’hui plusieurs campements ou squats, cette situation est le lot commun
de tous les maires de l’Ile-de-France qui composent entre cadre de vie des riverains et dignité et
humanité dues aux réfugiés. Depuis le début de l’année, la résorption de plusieurs situations a eu un
coût pour la commune de Vitry-sur-Seine. Les collectivités locales ne peuvent être laissées seules
face à l’afflux de réfugiés et à la création de campements ou squats. L’État doit prendre ses
responsabilités et proposer des solutions concrètes aux collectivités dans la gestion quotidienne
de ces campements, pour la dignité de leurs occupants comme la préservation du cadre de vie
des riverains.
Il n’en demeure pas moins que face à ce défi d’humanité que constitue l’accueil des réfugiés, notre
pays a réellement besoin d’une politique d’avenir pensée, co-élaborée et débattue
démocratiquement par tous les acteurs concernés, État, collectivités locales, associations et
citoyens.