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Déliberation - 002927 AR 8 Document de travail Ocres tome 1
Document publié le Jeudi 1 janvier 2026 par la commune d'Apt.
Lien du pdf (Déliberation - 002927 AR 8 Document de travail Ocres tome 1)
Thèmes du document : Culture et patrimoine, Aménagement du territoire, Espaces terrestres et maritimes,
Opération Grand Site
Dossier de candidature - Année 2022
Structure porteuse : Communauté de Communes Pays d’Apt Luberon
Délibération n° : ...
Approuvé par le Comité de Pilotage du ...
TOME 1
Le Projet
LES OCRES DU LUBERON
DOCUMENT
DE TRAVAIL VERSION NON FINALISÉE
Accusé de réception en préfecture
084-218400034-20221206-002927-DE
Date de réception préfecture : 12/12/2022L’ensemble formé du site classé des Ocres du Luberon est un
site divisé géographiquement et qui implique l’intégration
de juridictions différentes. Il constitue un site naturel et cul-
turel d’exception : à son paysage industriel monumental, à
ses curiosités géologiques spectaculaires et sa biodiversité
remarquable, qui s’intègre au label Géoparc Mondial UNE-
SCO attribué au Parc Naturel régional du Luberon en 2019.
La puissance paysagère de ce site, reconnu en 2016 par le
label EDEN de site d’excellence européenne, attire une im-
portante fréquentation touristique liée, notamment, aux
activités de pleine nature. Le Sentier des ocres de Roussillon
par exemple est le troisième site payant le plus fréquenté de
Vaucluse, après le Palais des Papes et le Pont Saint Bénezet.
En quelques chiffres, le Site des Ocres du Luberon, c’est
aujourd’hui 700 000 visiteurs annuel, 10 communes, 1 in-
tercommunalité gestionnaire du projet, près de 2500 ha
d’ocres en site classé, 1 Réserve nationale géologique, 3
sites Natura 2000, 1 Espace naturel sensible.
La pandémie mondiale des deux dernières années a forte-
ment accéléré et aggravé tous les enjeux liés au paysage
(fermeture forestière, érosion, risques à gérer) et à la bio-
diversité (faune et flore endémiques à protéger, vision
naturaliste, méconnaissance de l’action de l’homme, patri-
moine industriel non revendiqué, communication subie, ...).
Ce massif des ocres souffre, victime de son succès : la mise
en place d’une Opération Grand Site signifie que les men-
aces ont été identifiées. Les principales tiennent à la sur-
fréquentation touristique d’avril à septembre et la dispari-
tion du paysage spectaculairement minéral des ocres. C’est
pourtant ce paysage singulier qui a motivé la distinction du
site classé des « Ocres du Pays d’Apt ». Cette question est
aujourd’hui capitale. Le projet se propose de créer un pay-
sage nouveau, celui de l’équilibre entre la forêt, l’ouverture
paysagère, et les directives de protection des milieux.
Cette ambition n’est pas nouvelle. En 2009, le projet à été
porté à l’étude suite à une réponse favorable du Ministère
de l’écologie et du développement durable. Le projet achevé
en 2013 a été validé par le COPIL mais non adopté par les
élus. La relance, aujourd’hui, d’une nouvelle candidature
témoigne d’une volonté forte et unanime des acteurs et
gestionnaires locaux: Communauté de Communes du Pays
d’Apt Luberon, Conseil départemental du Vaucluse, Région
SUD, et communes du Site classé, en lien avec les services
de l’Etat, de faire avancer la cause du paysage dans ce site.
Le projet d’aujourd’hui est sobre, réversible, et pensé pour
toute l’année. Ancré dans le territoire, il s’articule autour de
quatre objectifs stratégiques majeurs :
• Préserver et valoriser les qualités paysagères et envi- ronnementales
• Accueillir le public et organiser les déplacements • Développer l’identité du Grand Site
• Faciliter la contribution des habitants et des acteurs au projet.
Toutes les conditions sont donc réunies aujourd’hui pour
que ce projet aboutisse : un projet qui remet le paysage au
centre du propos, des élus locaux volontaires et décidés,
des partenaires associatifs et socio-professionnels impli-
qués, une collaboration avec l’Etat jusque dans les détails
de la conception du programme.
Le suivi, l’évaluation et les engagements des partenaires
sont organisés autour d’une convention cadre de gouvern-
ance, et d’un site internet www.grandsiteocresluberon.fr
sur lequel nous retrouverons les rapports d’activités, des
indicateurs variés, une carte interactive participative, un
observatoire et l’état d’avancement des fiches actions.
Cette candidature concrétise le classement du site classé
en septembre 2002 : une histoire de plus de 20 ans et la vo-
lonté forte de témoigner et d’agir pour appliquer au quoti-
dien les valeurs du Label Grand Site de France. Il garantira
la sauvegarde et la pérennité de la gestion exemplaire enga-
gée sur ce territoire de vie exceptionnel, parfois convoité et
plus fragile qu’il n’y paraît.
vue au dessus de Gargas
Edito
Dominique Santoni
Vice-Présidente de la Communauté de Communes
Pays d’Apt Luberon
Présidente du Conseil départemental de Vaucluse
Présidente du Parc naturel régional du Luberon
Tome 1 - Le Projet - Opération Grand Site Les Ocres du Luberon p. 2 grandsiteocresluberon.fr p. 3
Accusé de réception en préfecture
084-218400034-20221206-002927-DE
Date de réception préfecture : 12/12/2022SOMMAIRE
A. PRÉSENTATION DU PROJET D’OPERATION
GRAND SITE “DES OCRES DU LUBERON”................
1/ CONSTRUCTION ET ÉMERGENCE DU PROJET
1.a) Rappel du cadre et contexte légal
1.b) Situation géographique et inscription du site classé
1.c) Reconnaissance de la qualité des espaces, protections
contractuelles et inventaires
1.d) Origine de la démarche, étapes et relance du projet
2/ PAYSAGE DE L’OPÉRATION GRAND SITE DES OCRES
DU LUBERON
L’état des lieux : la fulgurance des couleurs révélée par le
travail de l’homme
2.a) Structures paysagères caractéristiques du Pays du
Calavon
2.b) Les sous-unité paysagères
2.c) Spécificité géologique, le fondement physique de la
formation des ocres
2.d) Intervention de l’homme, fabrique d’un paysage industriel
et culturel
B. LE DIAGNOSTIC DU TERRITOIRE.........................
1/ ÉTAT DES LIEUX
1.a) Une biodiversité riche et souvent fragile
1.b) Complexité de la gestion forestière paysagère à l’échelle
du massif des Ocres.
1.c) L’eau, l’élément indissociable de l’ocre
1.d) Le réseau viaire
2/ PRATIQUES ET FLUX DANS LES SITES OCRIERS
2.a ) Les sites ocriers touristiques
2.b ) Les sites plus confidentiels
3/ VIVRE LE TERRITOIRE
3.a ) Les habitants
D’une politique publique attentive au tourisme subi
3.b ) La fréquentation touristique
Le tourisme, une ressource pour qui ?
Quand les touristes chassent les locaux
C. LA STRATÉGIE DU PROJET OGS DES OCRES
DU LUBERON.....................................................
1/ LE TERRITOIRE DES OCRES DU LUBERON
Proposition de périmètre
Proposition de schéma d’interprétation
Liste différenciée des sites de découvertes actuels
2/ LES SINGULARITÉS DE CHAQUE ESPACE
3/ LA GESTION FORESTIÈRE ET LES OUTILS POUR
RÉVÉLER LE NOUVEAU PAYSAGE DES OCRES
4/ LES MOBILITÉS ET LA GESTION DES FLUX
5/ NOS OBJECTIFS STRATÉGIQUES
Axe 1
Préserver et valoriser les qualités paysagères et
environnementales du Massif des Oces
Axe 2
Accueillir le public et organiser les déplacements du
Grand Site
Axe 3
Développer l’identité du Grand Site
Axe 4
Faciliter la contribution des habitants et des acteurs au
projet Grand Site
.
D. UN PROJET QUI FÉDÈRE AUTOUR D’UNE
GOUVERNANCE À L’IMAGE DU
TERRITOIRE.....................................................
1/ LE RÔLE DE LA STRUCTURE DE GESTION
2/ LE PRINCIPE DE FONCTIONNEMENT
Rôle des communes et de la communauté de
communes
Rôle du PNRL
Implication des habitants dans la gouvernance
3/ LA CONVENTION CADRE DE GOUVERNANCE
POUR LA PRÉSERVATION, LA GESTION ET LA MISE
EN VALEUR DU TERRITOIRE
Annexes : Charte de gouverance pour la préservation,
la gestion et la mise en valeur du territoire des ocres du
Luberon et Convention de partenariat avec le PNRL
112
114
120
126
130
132
.
134
135
136
140
ANNEXES SUPPLÉMENTAIRES..........
Liste de l’inventaire des MH
Plan de Paysage Luberon-Lure
Arrêté préfectoral du 3 mars 2022
Fréquentation touristique Vaucluse et Luberon
2021 - VPA - Flux Vision
Feuille de méthode pour étude de fréquentation
2022
Diagnostic Géotech.
Règlement d’architecture du PNRL
SCOT
Statut de la régie du Service Tourisme
Intercommunal
Stratégie pour un tourisme durable en pays
d’Apt Luberon 2022-2026
Étude de requalification des Mines de Bruoux
Charte de Gouvernance
Charte graphique et planche de tendances.
BIBLIOGRAPHIE.................................
Crédits photos :
Communauté de Communes
Pays d’Apt Luberon
Pierre Guillaume Baret - Objet Libre
Office de Tourisme Pays d’Apt Luberon
Amandine Naulin, Cindy Rouchet
Société des Ocres de France - FB
rustrel.free.fr
3D Photographe
Alain Hocquel
Département de Vaucluse
Parc naturel régional du Luberon
Stéphane Legal
OPÉRATION GRAND SITE LES
OCRES DU LUBERON
EN VAUCLUSE
Vaucluse
Hautes-Alpes
Alpes-de-Haute
Provence Alpes Maritimes
Bouches-du-Rhône
Var
7
8
18
38
40
76
106
Tome 1 - Le Projet - Opération Grand Site Les Ocres du Luberon p. 4 grandsiteocresluberon.fr p. 5
Accusé de réception en préfecture
084-218400034-20221206-002927-DE
Date de réception préfecture : 12/12/2022Lexique
CONTRIBUTEURS
ABF : Architecte des
Bâtiments de France
ACR : Association
Colorado Rustrel
APFM : Agent de
protection de la forêt
Méditerranéenne
ASAGF : Association
syndicale autorisée de
gestion forestière
ASLGF : Association
syndicale libre de gestion
forestière
AURAV : Agence
Urbanisme Rhône
Avignon vaucluse
CCPAL : Communauté de
Communes Pays d’Apt
Luberon
CD84 : Conseil
Départemental de
Vaucluse
CEN : Conservatoire des
Espaces Naturels
CODIS : Centre Officiel
Départemental d’Incendie
et de Secours
CAUE : Conseil
d’Architecture
d’Urbanisme et de
l’Environnement
CRMH : Conservation
Régionale des
Monuments Historiques
UDAP : Unité
Départementale de
l’Architecture et du
Patrimoine
DRAC : Direction
Régionale des Affaires
Culturelles
CRPF : Centre Régional de
la Propriété Forestière
DUP : Déclaration d’Utilité
Publique
EDEN : European
Destinations of
ExcelleNce (Destinations
Européennes
d’Excellence)
ENS : Espace Naturel
Sensible
DDT : Direction
Départementale des
Territoires
DREAL : Direction
régionale de
l’Environnement, de
l’Aménagement et du
Logement
FA : fiche-action
GIEFF : Groupement
d’Intérêt Economique et
Environnemental Forestier
GRF : Garde Régional
Forestier
MH : Monuments
Historiques
ODD : Objectif de
Développement Durable
OGS : Opération Grand
Site
ONF : Office National des
Forêts
OTI : Office de Tourisme
Intercommunal
OT : Office de Tourisme
PACA : Provence Alpes
Côte d’Azur
PCAET : Plan Climat Air
Energie Territorial
PLU : Plan Local
d’Urbanisme
PNR : Parc Naturel
Régional
PNRL : Parc Naturel
Régional du Luberon
SCIC : Société
Coopérative d’Intérêt
Collectif
SCOT : Schéma de
Cohérence Territoriale
SDDT : Schéma
Départemental de
Développement
Touristique
SOF : Société des Ocres
de France
SRCE : Schéma rég. de
cohérence écologique
VBM : Valeur Biologique
Majeure
VPA : Vaucluse Provence
Attractivité
ZSC : Zone Spéciale de
Conservation
ZNIEFF : Zone Naturelle
d’Intérêt Ecologique,
Faunistique et Floristique
Suivi du projet :
Sous-préfecture de l’arrondissement
d’Apt : Christine Hacques
DREAL Provence Alpes Côte d’Azur:
Odile Reboul, inspectrice des sites,
et Coraline Zakarian chef de l’unité
Sites et Paysages (Service Eau
Biodiversité et Paysages – Chef
de service : Hélène Souan, adjoint :
Catherine Villarubias)
Bureau des sites, secteur
géographique PACA : Bertrand
Hervier
Ministère MTES : Isabelle POULET (à
la suite de Mme Vic Thépot), chargée
de mission Grand Site
Acteurs du site :
Portage par la Communauté de
Communes Pays d’Apt Luberon
à partir de 2016, président Gilles
Ripert, maire de Caseneuve
10 communes (le GS concerne 10
communes sur les 25 de la CCPAL)
Parc Naturel Régional du Luberon:
Patrick Cohen (Patrimoine culturel et
aménagement durable du paysage),
Francoise Boulet-Delville (Paysage),
Stéphane Legal (Conservateur
RNGL), Mathieu Berson (Natura
2000), Jean Noël Baudin (Tourisme
durable, marque Valeurs Parc,
Espace valléen), Aline Salvaudon
(Biodiversité, géologie et ressources
naturelles), Eric Garnier (Sports de
nature et fréquentation des milieux
naturels).
Mme Santoni, vice président CC
chargée “Tourisme”, Présidente du
Parc Naturel régional du Luberon,
Présidente du Département de
Vaucluse
Martine Di Cicco : cheffe de projet
GS à la CC Pays d’Apt-Luberon,
Pascal Jouval : Chargé du tourisme
Durable
Ludovic Laffitte : directeur du
service Tourisme intercommunal CC
Pays d’Apt-Luberon
Pierre Guillaume Baret : Assistant à
maîtrise d’ouvrage
Responsables des sites ouverts au
public :
M. Hassaïne, gestionnaire d’Arcano,
Mines de Bruoux (en DSP),
M. Barrois, directeur général
d’ôkhra-écomusée de l’Ocre, société
coopérative de l’usine Mathieu (en
DSP),
Mairie de Gargas, maire (Mme
Laurence Leroy)
Sentier des Ocres, maire de
Roussillon (Mme Gisèle Bonnelly)
Mairie de Rustrel, maire (M. Pierre
Tartanson)
Présidente de l’Association du
Colorado de Rustrel (qui réunit les
propriétaires privés et la commune)
Mme Chantal Pontet
Conservatrice du Musée d’Apt (Mme
Sandra Poezevara).
Site classé :
Le 18 septembre 2002, sur 7
communes : Apt, Roussillon, Gargas,
Villars, Rustrel, Gignac, Caseneuve.
La superficie du site classé est de
2 427 hectares.
A.PRÉSENTATION
DU PROJET
D’OPÉRATION
GRAND SITE
“DES OCRES DU
LUBERON”
Tome 1 - Le Projet - Opération Grand Site Les Ocres du Luberon p. 6 grandsiteocresluberon.fr p. 7
Accusé de réception en préfecture
084-218400034-20221206-002927-DE
Date de réception préfecture : 12/12/20221 CONSTRUCTION ET ÉMERGENCE DU PROJET Un Grand site est un territoire remarquable pour ses qualités paysagères, naturelles et culturelles, dont la dimension nationale est reconnue par un classement d’une partie significative du territoire au titre de la protection des monuments naturels et des sites, qui accueille un large public et est engagé dans une démarche partenariale de gestion durable et concertée pour en conserver la valeur, l’attrait, et la cohérence paysagère. Extrait doc RGSF L’Opération Grand Site Une Opération Grand Site est une approche originale et pragmatique qui vise à initier localement une démarche de gestion des sites classés majeurs. Elle est proposée par la
Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du
logement. En France, on compte aujourd’hui quarante-neuf sites
nationaux majeurs faisant aujourd’hui l’objet d’une Opération
Grand Site dont vingt et un possédant le label « Grand Site de
France » qui récompense une gestion exemplaire, garante de la
préservation de « l’esprit des lieux ».
Sans être en soi une procédure réglementaire et sans caractère
juridique, une Opération Grand Site doit répondre à quatre
conditions préalables indispensables :
• Compter un site classé au titre de la loi de 1930 (Art. L341-1 à 22 du Code de l’Environnement)
• Concerner un site de renommée et d’intérêt national • Subir une fréquentation importante, excessive et source de
déséquilibres
• Faire l’objet d’une volonté locale et d’un large consensus.
Dans ce contexte, la démarche vise
plusieurs objectifs :
• Restaurer et assurer de manière pérenne les équilibres physiques et la qualité paysagère du site
• Déterminer une politique d’entretien et de gestion reposant sur une structure responsable de la mise en œuvre des actions,
de l’animation et de la mise en valeur du site
• Permettre que les mesures adoptées bénéficient au développement local des communes supports de ces opérations
• Obtenir, à terme, le Label « Grand Site de France ».
Le présent document est le dossier de candidature de la CCPAL
pour obtenir après réalisation des actions, le label Grand Site de
France pour le territoire des Ocres du Luberon.
1.a) Rappel du cadre
et contexte légal
Tome 1 - Le Projet - Opération Grand Site Les Ocres du Luberon p. 8 grandsiteocresluberon.fr p. 9
Accusé de réception en préfecture
084-218400034-20221206-002927-DE
Date de réception préfecture : 12/12/2022“Protégé au sud des assauts belliqueux de
l’histoire par le magique Luberon, dinosaure
géant fossilisé depuis la nuit des temps, il est
au nord frangé sur ciel d’azur ou en voiles
changeants par le Ventoux dont les anciens
avaient fait le séjour des dieux. Tel est en
prologue pour le visiteur qui veut y être
intronisé, le Pays d’Apt”
René Bruni, auteur, conteur et historien de
Buoux en Luberon
1.b) Situation
géographique et
inscription des
Ocres à l’échelle du
territoire
Le grand territoire
La CCPAL s’étend sur vingt-quatre communes du département de
Vaucluse et une commune des Alpes-de Haute-Provence pour une
population de 30 820 habitants. Elle est située en Région Sud. Sa
situation, au cœur du Parc Naturel Régional du Luberon, territoire
reconnu pour la qualité de son environnement et de sa biodiversité,
lui assure un caractère rural typique et préservé. D’autre part, la
CCPAL qui est très attractive pour ses multiples activités de pleine
nature, son offre événementielle et son terroir, concentre des sites
touristiques emblématiques captant d’importants flux touristiques.
Le territoire est composé d’une unité de paysages remarquables
et rares en France, “le Pays du Calavon” ou le « Pays d’Apt ». La
structure primaire de ce grand paysage y est claire et lisible : entre
les contreforts des Monts de Vaucluse au Nord et la face Nord du
Massif du Luberon au Sud. La vallée est traversée par l’imprévisible
Calavon, un affluent de la Durance qui prend sa source dans les
Alpes-de-Haute-Provence et alterne des crues impétueuses et de
longues périodes de sécheresse. Entre Monts de Vaucluse et Lu-
beron s’étire une plaine agricole au pied des villages et ponctuée
de hameaux et de résidences.
Le Massif des ocres est situé au cœur des terres du Pays d’Apt
dont Apt, ville-centre du territoire, est une sous-préfecture.
Carte d’identité du PNRL
Le PNR du Luberon est un espace vivant et préservé
qui s’étend sur 185 000 hectares, répartis sur 77 com-
munes: 51 communes en Vaucluse et 26 communes
dans les Alpes-de-Haute-Provence. Sa population est
d’environ 184 000 habitants.
Constitué autour du Massif du Luberon qui culmine à
1 125 m au sommet du Mourre Nègre, le PNRL s’étire
sur 75 km d’Est en Ouest. La limite Nord est constituée
par une partie des Monts de Vaucluse, tandis que la Du-
rance établit la frontière géographique Sud.
Au carrefour des influences climatiques méditerranéennes et
montagnardes, le PNRL combine des reliefs, des paysages et
des milieux naturels très variés, résultats de la géologie, du cli-
mat, et des hommes qui l’occupe depuis la Préhistoire.
Le PNRL est doublement reconnu par l’UNESCO. Il constitue la
deuxième Réserve de Biosphère la plus étendue de France, et
d’autre part, son patrimoine géologique exceptionnel et ses ac-
tions de valorisation des patrimoines naturel et culturel, lui va-
lent le label Géoparc mondial UNESCO.
Tome 1 - Le Projet - Opération Grand Site Les Ocres du Luberon p. 10 grandsiteocresluberon.fr p. 11
Accusé de réception en préfecture
084-218400034-20221206-002927-DE
Date de réception préfecture : 12/12/2022Le site classé
des “Ocres du
Pays d’Apt”
En dehors des carrières de Mormoiron (au Nord du
Vaucluse), le bassin d’Apt tel que le nomment les
géologues et géographes, recèle la totalité des réserves
ocrières du Sud de la France. Ces gisements d’ocre
sont aujourd’hui considérés comme les plus importants
connus dans le monde et les seuls à présenter un faciès
d’une telle épaisseur.
Le site classé des « Ocres du Pays d’Apt » occupe une
superficie totale de 2427 hectares qui se répartit sur 7
communes : Apt, Caseneuve, Gargas, Gignac, Roussillon,
Rustrel et Villars.
Le Massif des ocres émerge entre 350 et 500 m
d’altitude. Il s’étire en longueur sur une bande étroite
d’environ 25 km et est composé de collines siliceuses
enchâssées dans des massifs calcaires qui atteignent
jusqu’à 1000m d’altitude.
Le périmètre général apparaît discontinu par la nature
même du massif ocrier dont la géomorphologie
explique cette apparence. La description en est donc
plus complexe qu’un site unique. Les sables colorés
qui affleurent dans le bassin d’Apt présentent quatre
grandes unités ocrières : les ocres de Roussillon, les
ocres de Gargas, les ocres de Villars et les ocres de
Rustrel. Ces zones, les plus spectaculaires et les plus
marquées par l’histoire de l’ocre, présentent aussi
les sites les plus connus. Certaines carrières d’ocre
existantes à Gargas, des aménagements économiques
et des habitations très proches du massif ocrier sont
sur le périmètre.
De part et d’autre de Villars, un village localisé à
l’articulation de deux grandes entités, on peut distinguer
le Massif des ocres aux segments successifs, et la plaine
en relation étroite avec le massif où sont principalement
implantées les installations liées à l’industrie de l’ocre,
les hameaux et les villages.
A l’Est (de Villars à Gignac), le Massif des ocres montre
une barre unitaire de 11 km sur 1,5 km bien définie
dans le paysage. Dans cette partie, le massif est en
retrait des grands axes, peu urbanisé et l’agriculture est
bien présente. A l’Ouest (de Goult à Villars), la chaîne
des ocres forme deux collines (autour de Gargas et
Roussillon) qui se dressent au milieu d’une vaste plaine
agricole très urbanisée du fait de sa proximité avec la
RD900 et la ville d’Apt, et en raison de la notoriété du
village de Roussillon.
L’hydrologie, la composition des sols et leurs propriétés
ont composé un paysage spécifique, très différent
des paysages habituels de cette région : des îlots de
terre jaune et rouge au milieu d’une Provence calcaire,
habités par des espèces végétales attachées aux sols
siliceux, et à l’histoire industrielle peu commune dont
on remarque les nombreux vestiges enfouis sous la
végétation.
Cette aventure humaine par l’exploitation de l’ocre, a
contribué à construire et façonner un paysage de la
couleur inestimable autant sur le plan paysager que
sur le plan culturel. Il est essentiel de remarquer que
ce paysage esthétique et pittoresque est en grande
partie, un paysage artificiel et récent, façonné de main
d’homme en un peu moins deux cents ans.
Bien que discontinu, le Massif des ocres est une
véritable entité géologique, culturelle, économique et
historique.
Au regard de la richesse paysagère et patrimoniale du
massif, le 18 septembre 2002, l’État en concertation
avec les élus locaux, a classé le site des « Ocres
du pays d’Apt » au titre de la loi de 1930 avec la
motivation suivante :
« Ce massif dont le gisement d’ocres est probablement
le plus important du monde, non continu dans sa
morphologie, a fait la richesse économique du
pays d’Apt pendant plus d’un siècle. Il compose
aujourd’hui un paysage exceptionnel, naturel
et culturel, d’une grande qualité, alliant l’intérêt
écologique aux traces des pratiques traditionnelles
de l’extraction du minerai, mémoires des lieux et des
hommes d’autrefois ».
Ce classement reste singulier dans l’attention qu’il
porte à l’histoire humaine et industrielle particulière
du massif. Au-delà des qualités naturelles du site, il
est également venu reconnaître la forte dimension
patrimoniale et culturelle du paysage des Ocres.
Les Ocres Du Luberon s’inscrivent aujourd’hui, dans
un ensemble de politiques publiques et de visions
d’acteurs à différentes échelles dont le projet de
trame verte et bleue de la Région Sud porté par
cinq parcs naturels régionaux : Alpilles, Camargue,
Luberon, Queyras et Verdon.
En plus du caractère géologique, floristique et culturel
du massif, il est utile d’ajouter que l’environnement du
paysage des ocres est indissociable de l’espace agricole
quand il appartient à la lisibilité du massif. L’espace
agricole est fondamental pour la protection et la mise en
valeur des ocres. Les terres agricoles (vergers, vignes,
céréales) qui jouent souvent le rôle de zone d’approche
de l’ocre sont fondamentales pour la protection et la
mise en valeur des ocres particulièrement sur les cônes
de vue paysagers des ocres.
Lioux
Murs
Joucas
Goult
Ménerbe Ménerbe
Lacoste Bonnieux
Buoux Buoux
Apt
Sivergues Sivergues
Auribeau Auribeau
Caseneuve
Viens
Gignac Rustrel
Villars
Gargas
Saignon
Rousillon
Saint-Saturnin-lès-Apt
Castellet-en-Luberon Castellet-en-Luberon
Céreste
Saint-Martin-de-Castillon
Lagarde-d’Apt
Tome 1 - Le Projet - Opération Grand Site Les Ocres du Luberon p. 12 grandsiteocresluberon.fr p. 13
Accusé de réception en préfecture
084-218400034-20221206-002927-DE
Date de réception préfecture : 12/12/2022Un patrimoine naturel et
culturel riche et protégé
Les périmètres de protection
La Réserve Naturelle Nationale Géologique du Luberon.
Le PNRL est gestionnaire de la réserve qui comprend
28 sites classés (399 ha) répartis sur 20 communes et
strictement protégés. Un périmètre de protection autour
de la réserve nationale s’étend sur 27 communes (70
000 ha) où les fouilles et extractions de fossiles sont
réglementées, mais l’exploitation de carrières est
autorisée.
Les réserves biologiques de l’ONF. Ces périmètres
situés dans la forêt publique sont gérés par l’ONF. Les
Réserves biologiques dirigées (RBD) ont pour objectif
principal la conservation des espèces ou milieux
remarquables, au sein desquelles diverses activités
humaines sont possibles et les Réserves biologiques
intégrales (RBI) dédiées à la libre évolution de la forêt
ainsi qu’à leur étude. Le site classé n’est pas concerné.
Les Arrêtés de protection du biotope (APB). Huit APB
concernent le PNRL. Il s’agit d’une protection du
patrimoine naturel visant généralement les milieux
naturels ou les espèces vis-à-vis des activités
humaines. L’OGS est concernée par la zone de la Colline
de Perréal à Gargas/Saint-Saturnin-les-Apt (102 ha)
pour la conservation d’espèces floristiques rares et
protégées avec réglementation de cueillette, urbanisme,
et de circulation motorisée.
Les ENS. Ces dispositifs relèvent du Schéma
Départemental des Espaces Naturels Sensibles. Parmi
les nombreux ENS du Vaucluse, deux sont situés sur le
périmètre de l’OGS : la Colline de La Bruyère à Villars
et les Marnes Aptiennes de la Tuilière à Saint Saturnin
lès Apt. Ils sont gérées par le CEN PACA et le PNRL et
font l’objet d’un plan de gestion. L’ouverture au public
est une dimension importante des ENS, dès lors qu’elle
ne remet pas en cause les objectifs principaux de
conservation.
La Zone de nature et de silence du PNR du Luberon.
Sans être un périmètre de protection de l’environnement
au sens strict, il demeure important pour le PNRL.
Ce document qui est opposable aux documents
d’urbanisme des communes adhérentes à la Charte,
veut préserver l’authenticité d’un rapport de l’humain
à la nature basé sur des pratiques respectueuses des
milieux naturels, de la faune et de la flore, des paysages
et des usages traditionnels agricoles, pastoraux,
forestiers, cynégétiques, de cueillette et de loisirs.
Les périmètres de
gestion écologiques et de
contractualisation
Le réseau des sites Natura 2000. Le PNRL compte
dix sites Natura 2000, huit d’entre eux relevant de la
Directive européenne Habitats, Faune, Flore et deux de
la Directive Oiseaux. Sept sont animés par le PNRL. Le
périmètre de l’OGS est concerné par les ZSC «Calavon
et de l’Encrême» (966 ha), et « Ocres de Roussillon et de
Gignac, marnes de Pérreal » (1306 ha).
Les périmètres d’inventaire
Ces périmètres sont identifiés et reconnus pour leur
intérêt écologique dans la perspective de constituer un
socle de connaissance aidant à la décision en matière
d’aménagement du territoire. Deux outils existent sur
le territoire : les secteurs VBM, propre au PNRL et qui
recoupent souvent l’outil national, les ZNIEFF. Parmi
les secteurs VBM, la Charte 2009–2021 a identifié des
milieux exceptionnels, particulièrement importants
pour le territoire tels que les affleurements de sables
ocreux. L’inventaire des ZNIEFF (121 700 ha, soit 42 %
du territoire du PNRL) est devenu un élément majeur de
la politique de conservation de la nature dans le cadre
de l’aménagement du territoire.
La Réserve de Biosphère Luberon-Lure. Le PNRL
a intégré le réseau en 1997 avec une extension du
périmètre en 2010 et coordonne ce programme UNESCO.
Onze ODD ont été mis en œuvre avec les projets
suivants : alimentation territoriale, logiciel Chemins des
parcs, Economisons l’eau, Charte forestière du territoire,
Cahier du changement climatique, etc.
Conservation du
patrimoine bâti
Le patrimoine bâti est le témoin concret de l’histoire
du pays. Les hommes et les femmes du Pays d’Apt
sont parvenus à produire une œuvre matérielle et
immatérielle traditionnelle ou originale dont la valeur
nécessite qu’elle soit transmise aux générations futures:
des sites majeurs tels que le Pont Julien et l’ancienne
Cathédrale-Basilique d’Apt, des châteaux et chapelles,
des musées originaux (Musée de la boulangerie, Musée
du tire-bouchon), le patrimoine du XXe siècle (poste de
conduite de tir au LSBB à Rustrel, zone de lancement
de missiles nucléaires à l’observatoire SIRENE), le
petit patrimoine rural (bories, moulins et pigeonniers),
des jardins remarquables (Jardin de la Louve). Les
bâtiments en lien avec les ocres (anciennes mines,
friches industrielles restaurées de la Lustrerie Mathieu
par ex.) ou bien le patrimoine vernaculaire ocrier
(aqueduc de Couloubrier) ont une place particulière,
d’autant plus que les descendants des anciens ocriers
sont encore présents sur place. Au-delà du patrimoine
bâti, des savoir-faire locaux ont aussi été soit reconnu
par l’UNESCO pour « l’art de la construction en pierre
sèche » ou inscrit à l’inventaire national du patrimoine
culturel immatériel français pour ce qui concerne la
fabrication des fruits confits d’Apt.
La conservation du patrimoine et des MH n’est activée
que sur sollicitation des services de la DRAC qui sont
aussi chargés de la connaissance. Néanmoins, la
protection est limitée par les moyens financiers des
collectivités et des particuliers. Concernant le patrimoine
rural, le PNRL a mené un inventaire très fourni au
début des années 2000 et a lancé des programmes de
conservation de certains édifices malgré des moyens
très faibles (réhabilitation de 5 à 7 édifices par an sur
les 1000 (approx.) en attente. Un Conseil Architectural
qui travaille en concertation avec les services de l’état
(UDAP et CRMH) et avec le CAUE de Vaucluse a été initié
par le PNRL. Les communes adhérentes s’appuient sur
ce conseil pour mesurer le contenu des règlements
d’urbanisme et l’aspect extérieur des constructions.
Conformément à la loi du 3 janvier 1977 sur l’architecture,
il contribue à la protection du patrimoine architectural,
urbain et paysager et porte tous les projets, qu’ils soient
ou non dans des secteurs à vocation patrimoniale et/
ou paysagère, dans des milieux urbanisés ou en voie
de l’être, ou agricoles. Cette mission a été étendue à
la qualité environnementale des constructions et des
aménagements.
L’inventaire des MH atteste de la richesse patrimoniale
culturelle et architecturale de la CCPAL et du territoire
concerné par le GS en projet : 23 inscrits et 9 classés
dont 2 sur le périmètre de l’OGS
Annexe : Liste de l’inventaire des MH
1.c)
Reconnaissance
de la qualité
des espaces,
protections
contractuelles et
réglementaires.
Tome 1 - Le Projet - Opération Grand Site Les Ocres du Luberon p. 14 grandsiteocresluberon.fr p. 15
Accusé de réception en préfecture
084-218400034-20221206-002927-DE
Date de réception préfecture : 12/12/2022classement du site
délibération pour demander une OGS des communes fédérées
autour du PNR du Luberon
sollicitation de la DIREN
dépôt de la note argumentaire
les représentants des communes, associés aux services du Parc
du Luberon et de la DREAL PACA ont lancé un appel d’offres
afin d’être accompagnés par un bureau d’études dans la phase
d’élaboration du projet d’Opération Grand Site.
élaboration du projet OGS.
Le projet à été porté à l’étude suite à une réponse favorable du Ministère chargé de l’écologie et du développement durable. Le PNR du Luberon, en accord avec la Direction Régionale de l’Écologie, de l’Aménagement et du Logement (DREAL), a pris en charge le pilotage. Les attentes exprimées par les élus portent sur les points suivants : définition des conditions pour assurer de manière pérenne la qualité paysagère de l’ensemble du site, définition d’une politique intercommunale d’entretien et de gestion du site bénéficiant au développement local, recherche d’une meilleure organisation intercommunale, en relation avec les propriétaires privés et publics, pour une mise en œuvre cohérente des actions de mise en valeur et d’animation du site.
Un groupement de deux paysagistes, deux architectes urbanistes et d’un sociologue a constitué l’équipe de maîtrise d’œuvre qui a réalisé l’étude d’Opération Grand Site de 2010 à 2012 intitulée “L’archipel des ocres”. Un COPIL a piloté les travaux de l’équipe de maîtrise d’œuvre et du comité technique (composé des techniciens du territoire et des gestionnaires de sites Ocriers), sous la maîtrise d’ouvrage du Parc du Luberon.
Première action collective de communication (OT, communes, sites) avec l’édition du dépliant « Ocres en Luberon, une rencontre entre la nature et l’homme », présentant conjointement les lieux ouverts au public sur les ocres à Roussillon, Gargas, Rustrel et Apt (Musée de l’aventure industrielle). Création du Service Tourisme Intercommunal. Recrutement au PNR d’une chargée de mission dédiée au projet OGS.
Malgré l’adoption en COPIL du dossier en fin 2012, le plan d’actions issu de l’étude n’a pas été poursuivi pour diverses raisons.
2002
2005
2007
2009
2010
2011 / 2012
2020, sous l’impulsion du nouveau directeur du Service
Tourisme, l’argumentaire et les fiches actions sont débattues en
réunion de travail avec les nouveaux élus et partenaires privés et
une actualisation du projet par l’équipe OGS (3 personnes) avec
l’aide d’un AMO est démarrée fin 2021
création de la CCPAL
la CCPAL s’approprie le dossier initial et désigne un nouveau chargé de mission dédié : le Service Tourisme Intercommunal. Depuis, des comités stratégiques et techniques, des réunions de concertation, de sensibilisation, des présentations au public, des manifestations et des enquêtes ont été organisées. Désignation d’une Cheffe de projet OGS.
Regroupement de 25 communes par la fusion de deux communautés de communes.
2020
2014
2016
Les Ocres du Luberon attirent la curiosité d’un public à la
recherche d’authenticité, d’histoire, de savoir-faire et surtout
de paysages uniques. Les sites connaissent en pleine saison,
une fréquentation considérable, estimée à près de 700 000
visiteurs par an. Cette notoriété grandissante laisse penser
que l’affluence augmentera dans les années à venir. Elle a,
de fait, été récemment aggravée par la récente pandémie
du COVID19. Aussi, au regard des enjeux de gestion et des
risques de dégradations que pose la pression touristique
actuelle et à venir, cette fréquentation ne paraît pas être
gérée à la hauteur des qualités du site. Les difficultés de
fonctionnement et les craintes partagées par les différents
acteurs concernant l’accueil du public, la dégradation du
patrimoine et des paysages du massif ont conduit les élus
des communes concernées, en partenariat avec le PNRL, à
demander le lancement d’une étude d’Opération Grand Site
sur « Le massif des Ocres du Pays d’Apt ».
Le projet OGS est pris en compte dans la Charte du PNR du
Luberon dans les objectifs C.2.1, «Conforter le développement
d’un tourisme durable» et objectif A.1.8, «Renforcer la
protection des milieux exceptionnels», parmi lesquels figurent
les affleurements de sables ocreux et A.3.1 “Renforcer les
actions de protection, de gestion et d’aménagement des
paysages. » Le 11 octobre 2019, le comité syndical du PNRL a
délibéré sur le lancement de la révision de la Charte du Parc en
vue du renouvellement du classement 2024-2039.
Le SDDT de Vaucluse 2020-2025 porte une attention
particulière aux OGS
1.d) Origine de la démarche, étapes et
relance du projet.
Tome 1 - Le Projet - Opération Grand Site Les Ocres du Luberon p. 16 grandsiteocresluberon.fr p. 17
Accusé de réception en préfecture
084-218400034-20221206-002927-DE
Date de réception préfecture : 12/12/2022“Le Pays d’Apt est peut-être le
seul à offrir une telle palette de
couleurs. Aux verts multiples et
à leurs ombres d’encre bleue-
noir, aux blancs éblouissants de
tous les calcaires vient s’insérer
de manière presque insolente,
l’éclat des ocres. De Roussillon au
Colorado provençal, la nature et
l’homme ont écrit en notes de feu
une étrange symphonie. Tous les
rouges, tous les jaunes d’or et de
paille, tous les violets jusqu’aux
reflets indigo, contribuent aux
interrogations alchimiques du
passant troublé.”
René Bruni, auteur, conteur et
historien de Buoux en Luberon
L’esprit des lieux :
la fulgurance des
couleurs révélée
par le travail de
l’homme.
2
PAYSAGE DE
L’OPÉRATION GRAND
SITE DES OCRES DU
LUBERON
P. 19 Tome 1 - Le Projet - Opération Grand Site Les Ocres du Luberon p. 18
Accusé de réception en préfecture
084-218400034-20221206-002927-DE
Date de réception préfecture : 12/12/2022Au milieu d’une Provence majoritairement
calcaire, quatres affleurements de silice
constituent le Massif des ocres où se
développe une flore unique dans le sud de
la France.
En effet, la végétation des ocres est
caractéristique d’un milieu sableux, ferreux
et acide. Ici, les sous-bois donnent une
ambiance de maquis à la Provence. Le ciste
à feuille de laurier associé à la bruyère à
balais1 et la bruyère callune aux jolies fleurs
roses, ajoutent des couleurs vives. À leur
base, poussent une douzaine de plantes
annuelles rarissimes de très petite taille :
la Loeflingie d’Espagne aux fleurs vertes,
la Gagée de Bohème aux fleurs jaune vif, ..
Ces espèces se sont adaptées à des sols
très filtrants en développant un système
racinaire superficiel. Les orchidées
sauvages sont fréquentes ainsi que la
garance voyageuse (Rubia peregrina L.).
1 Elle porte ce nom car on l’utilisait dans le temps pour
fabriquer des balais
Depuis, dans les carrières
abandonnées, les processus
naturels d’érosion ont sculpté des
formes extraordinaires : dunes
ciselées, rochers aux faux airs
d’Australie, arêtes dentelées et
aiguilles insolites appelées,
les « cheminées de fées ».
Ces paysages extraordinaires qui nous
font rêver, ont été créés par les ocriers,
souvent au prix de leur vie. En moins de
deux siècles, l’exploitation industrielle des
gisements d’ocre a révélé en surface les
multiples couleurs de l’ocre allant du blanc
au violet et du jaune au rouge vif.
Fragiles, les sables ocreux du
Pays d’Apt se modèlent au gré
des intempéries,
ce qui engendre la constante évolution
des sites spectaculaires et les paysages
si singuliers que l’on peut aujourd’hui
observer. Pour appréhender et comprendre
les paysages du massif des Ocres, les
liens entre géologie et industrie sont
indissociables et constituent l’essence
même de l’esprit du lieu.
Tome 1 - Le Projet - Opération Grand Site Les Ocres du Luberon p. 20 grandsiteocresluberon.fr p. 21
Accusé de réception en préfecture
084-218400034-20221206-002927-DE
Date de réception préfecture : 12/12/20222.a) Les
structures
paysagères1
caractéristiques
du Pays du
Calavon
1 Extrait du plan Paysage du Luberon disponible en annexe
Les nombreux vergers de cerisiers Cette culture a été encouragée pour l’industrie des
fruits confits, production traditionnelle d’Apt. Une
spécialisation des cultures s’est opérée là où on trouvait
autrefois une grande diversité d’arbres fruitiers.
Les cultures traditionnelles non
irriguées Le canal de Carpentras marque la limite ouest du
bassin: l’irrigation gravitaire ne dessert pas ce territoire,
seules des portions sont aujourd’hui irriguées sous
pression. Traditionnellement il s’agissait donc de
cultures “sèches” avec, sur les pentes, l’aménagement
de terrasses de culture. La vigne occupe aujourd’hui de
vastes superficies. Les parcelles sont modestes sur les
secteurs de relief, plus vaste au cœur du bassin. Dès
que l’on pénètre dans la vallée depuis l’ouest, les haies
de cyprès disparaissent : la vallée est relativement
abritée du mistral par rapport à la plaine du Comtat.
Les versants boisés La garrigue et les boisements couvrent les versants des
reliefs : chênes verts sur les basses pentes des Monts
de Vaucluse, chênes blancs sur le versant du Luberon.
Les boisements pionniers de pins d’Alep ont colonisé
d’anciennes parcelles agricoles abandonnées.
Les collines au coeur de la plaine Les parcelles, de taille moyenne ou modeste, étirées
en longueur, sont structurées par le réseau de canaux
suivant leur taille, leur fonction et l’appellation locale.
Utilisés pour l’irrigation, ils servent également au
drainage des parcelles. Des cannes de Provence
poussent sur les talus et marquent leur présence.
Les silhouettes villageoises Ce bassin est densément peuplé. Les villages se sont
implantés sur de petits reliefs tels Roussillon, ou sur
les versants et rebords de plateau, très souvent sur les
zones d’affleurement de molasse. Ces implantations
d’origine médiévale sur des sites défensifs et à l’abri des
inondations, correspondent souvent à la présence de
sources. Les villages perchés sont ici particulièrement
remarquables par leur nombre, la diversité de leurs sites,
le caractère de leur silhouette. Ils s’égrènent le long des
versants du Luberon.
Point d’appel
Les Mas isolés Les mas isolés sont composés de plusieurs corps de
bâtiments regroupés souvent autour d’une cour en L
ou en U. Certaines de ces fermes à cour fermée sont
situées sur les sites de villas gallo-romaine et leur
forme en est vraisemblablement une réminiscence.
Les routes de qualité
De nombreuses routes secondaires sillonnent
l’ensemble du territoire. Des ouvrages de pierre
bordent les routes et forment leur soutènement.
Des bandes boisées de chênes blancs ou des arbres
fruitiers accompagnent certains tronçons.
La D900 Axe structurant La D900 qui structure cet espace reprend le tracé
de la voie Domitienne qui suivait le Calavon depuis
Cavaillon jusqu’à Céreste. Elle franchissait la
rivière au pont Julien, vestige romain. Il s’agit d’un
axe de vue majeur, de découverte du paysage du
territoire. Cette voie de communication importante
a attisé l’implantation d’établissements industriels
et commerciaux. Des bâtiments industriels et
cheminées d’usines se signalent sur le territoire, en
particulier autour d’Apt : ils témoignent de la vocation
artisanale et industrielle de ce secteur (carreaux de
terre cuite, fruits confits, ocres)
+ route pittoresque (tracé bien intégré dans les
reliefs, porte d’entrée des les paysages
+ Points de vue
Le Plan de paysage.
Lauréat en 2017, le PNRL a mené ce projet
à l’échelle du territoire de la Réserve de
Biosphère Luberon-Lure. Cet outil non
contraignant permet une approche qualitative
de l’aménagement. Les projets du territoire
sont identifiés et intégrés au paysage et
constituent ainsi un atout pour la qualité
du cadre de vie et l’attractivité du territoire
tout en permettant de fédérer les acteurs
et habitants du territoire autour de projets
d’adaptation au changement climatique.
« Ici tout se voit ! Apt
au coeur du bassin,
la constellation
des villages en
son pourtour, la
campagne en écrin »
Le bassin du Calavon (ou Coulon) est une
région densément habitée, aux nombreux
villages perchés. Les versants du Luberon
et des Monts de Vaucluse constituent des
limites visuelles très fortes qui donnent son
unité à cet espace.
grandsiteocresluberon.fr p. 23 P. 22
Accusé de réception en préfecture
084-218400034-20221206-002927-DE
Date de réception préfecture : 12/12/20222.b) Les sous unités
paysagères² du Pays
du Calavon
Les sihouettes villageoises et les falaises d’ocres : des points d’appuis visuels majeurs des ocres qui affirment l’identité paysagère du territoire.
« Îlots de silice dans un océan de calcaire. »
Un élu
² Extrait issu du Plan de Paysage du Vaucluse
Le relief, la géologie et l’occupation des sols offrent une variété au
sein même du bassin, et conduisent à distinguer trois sous-unités :
• Le haut Calavon • La plaine du Coulon
• Les collines du pays d’Apt analysées ci-dessous :
Un ensemble de collines De Goult à la sortie d'Apt, on traverse un paysage vallonné,
relativement boisé. Alors que le cours du Calavon est à 150 m
d’altitude moyenne dans cette partie de la vallée, les collines
dépassent les 300 mètres. Les versants des Monts de Vaucluse
et du Luberon sont encore présents mais souvent en arrière-plan.
Les villages s'égrènent sur les reliefs. Les sites de villages perchés
sont nombreux : Bonnieux, Lacoste, Roussillon, Saignon, Saint-
Saturnin. Ils constituent des points d'appel visuels majeurs.
Les ocres du pays d’Apt Cette sous-unité abrite la plus grande réserve d’ocre du monde.
Magnifique et insolite par la gamme des couleurs de sable allant
du rouge foncé au jaune d’or, ce paysage conserve la mémoire
d’une exploitation intense menée au XIXe et au début du XXe
siècle. On y découvre des cheminées de fées et des pans de
falaises multicolores aux formes parfois étranges. L’ocre est aussi
très présent dans les enduits des maisons : les façades rouges,
orangées de Roussillon sont perceptibles de loin.
Le maintien d'une polyculture L'agriculture s'est développée dans les petites plaines qui
s'étendent entre les collines, et sur les piémonts. Elle est encore
diversifiée : vergers de cerisiers, céréales et grandes cultures,
vignes et quelques oliviers. Sur les piémonts et versants, les
terrasses de culture étaient très présentes. Elles ont été largement
abandonnées et des friches se signalent ponctuellement y compris
dans la vallée.
Les nombreux alignements d'arbre Des alignements d'arbres marquent les entrées de village : à
Bonnieux, Ménerbes, Saignon, et les entrées de domaines. Le plus
souvent constitués de platanes ainsi que de micocouliers, tilleuls
et marronniers. D'anciens alignements d'amandiers subsistent en
bordure de routes, sur des parcelles cultivées.
Tome 1 - Le Projet - Opération Grand Site Les Ocres du Luberon p. 24 grandsiteocresluberon.fr p. 25
Accusé de réception en préfecture
084-218400034-20221206-002927-DE
Date de réception préfecture : 12/12/2022Qu’est-ce que l’ocre ?
L’ocre un pigment naturel d’origine minérale présentant
une palette infinie de nuances allant du jaune pâle
au rouge vif. La roche d’où est extraite l’ocre est une
formation sableuse constituée d’environ 80% de grains
de quartz.
Les particules de taille inférieure à 0,04 millimètres qui
sont intercalées entre ces grains correspondent à l’ocre
proprement dite.
Elle est composée :
• d’une argile de couleur blanche, la kaolinite, • d’un hydroxyde de fer, la goethite, de couleur brune,
à l’origine de la coloration de l’ocre. Parfois, la goethite
est accompagnée d’un oxyde de fer brun rougeâtre :
l’hématite.
2.c) Spécificité géologique,
le fondement physique de la
formation des ocres.
kaolinite goethite hématite
La formation géologique
Dans les années 1970, à partir d’une série d’études
sur le Vaucluse et le Gard et par comparaison avec
des formations géologiques analogues en Afrique,
les mécanismes de la formation des sables ocreux
sont mis en évidence par Jean-Marie Triat. Il publie
sa thèse, Paléoatérations dans le Crétacé supérieur
de Provence rhodanienne, en 1979. Son ouvrage, Les
Ocres (CNRS Editions) publié en 20w10 est une réfé-
rence pour connaître l’origine géologique des ocres
et leur utilisation.
L’ocre provient d’une roche sédimentaire d’origine
marine. Sa formation se passe à la fin du Mésozoïque
(ère secondaire) dans une Provence très différente
de celle d’aujourd’hui. En effet, durant la majeure
partie du Mésozoïque, la mer recouvre la Provence.
D’épaisses couches de roches sédimentaires (cal-
caires, argiles, marnes, grès, etc.) s’accumulent. Il y
a 120 millions d’années, ce sont des marnes grises
qui se déposent. Elles seront utilisées par Alcide
d’Orbigny, en 1840, pour définir l’étage Aptien de
l’échelle des temps géologiques à partir de la localité
d’Apt.
> Etape 1. Dépôt de sables verts
glauconieux
Vers -110 millions d’années (Albien), des sables
issus de l’érosion du Massif Central viennent
s’accumuler au fond de la mer. Ils sont composés
de grains de quartz et de micas. Le calcaire issu des
organismes marins se mêlent au sable ainsi qu’un
nouveau minéral argileux de couleur verte qui se
forme à l’interface eau/sédiment, la glauconie. Après
consolidation, une nouvelle roche est née : un grès
vert glauconieux.
> Etape 2. La mer se retire, les
sables ocreux se forment.
Vers -100 millions
d’années (Albien-
Cénomanien), à la
faveur de mouvements
tectoniques, un vaste
pli entre Massif
Central et massif des
Maures se met en
place, le bombement
durancien. La mer se retire d’une partie de la
Provence et les grès verts glauconieux du Pays
d’Apt se trouvent émergés. Le climat est tropical
humide. La chaleur et les fortes pluies entraînent des
réactions chimiques intenses au sein des grès verts.
Le calcaire, les micas et la glauconie, instables dans
ces nouvelles conditions, sont altérés et libèrent
leurs éléments chimiques. Ceux-ci se combinent
pour former de nouveaux minéraux plus stables
qui constituent l’ocre : la kaolinite, la goethite et
l’hématite. L’altération a pu se réaliser.
Dans le paysage, cette
altération constitue un
profil type constitué de
bas en haut des grès
verts glauconieux, des
sables ocreux, de sables
blancs et d’une cuirasse
ferrugineuse qui coiffe
l’ensemble.
Par la suite, au
Cénozoïque, les sables
ocreux ont été recouverts
de nouvelles couches
sédimentaires.
Ce sont les déformations
tectoniques qui ont donné
naissance aux massifs
provençaux (phase
p y r é n é o - p r o v e n ç a l e ,
phase alpine) et l’érosion
intense du Quaternaire
qui sont à l’origine du
paysage des ocres, avant que les habitants taillent de
grandes parois pour l’exploitation des sables ocreux.
La nature, puis l’homme sont à l’origine de ces paysages
si singuliers. Quand l’histoire géologique est lisible dans
un paysage, elle nous donne un certain vertige avec ses
millions d’années et ses phénomènes prodigieux, qui
nous replacent dans un instant où notre condition de
passager furtif est palpable. Nous ne sommes nés que
dans ces dernières minutes.
Tome 1 - Le Projet - Opération Grand Site Les Ocres du Luberon p. 26 grandsiteocresluberon.fr p. 27
Accusé de réception en préfecture
084-218400034-20221206-002927-DE
Date de réception préfecture : 12/12/20221. sables ocreux
2. sables blancs au sommet du profil
3. quartzites blancs
4. sables rouges continentaux
5. cuirasse ferrugineuse géolithique
1
2
3 4
5
Particularités géologiques
visibles dans le massif des
Ocres du Luberon
Le massif des Ocres s’étend sur une bande discontinue de 25
km de long sur 3 km de large. Ce sont les cours d’eau au pied
des Monts de Vaucluse qui découpent ainsi le massif des Ocres
(Imergue, Urbane, Riaille,…).
A Roussillon comme à Gargas, l’étude géologique révèle
des terrains similaires. On peut constater que les grès verts
glauconieux reposent partout sur les marnes de l’Aptien et que
ces sables et grès glauconieux sont surmontés partout par
des faciès ocreux. L’épaisseur des dépôts et leurs colorations
bigarrées, donnent ici une vision complète et spectaculaire de
l’organisation des couches d’ocre : au-dessus des sables verts
à glauconie, se succèdent les niveaux rouges, jaunes, puis
rouges. Surmontés à leur tour, sur plus de 10 m d’épaisseur,
par les sables grossiers, voire conglomératiques, à grandes
stratifications obliques, qui présentent de remarquables
variations chromatiques, l’ensemble est couronné parfois encore
par les sables blancs et la cuirasse ferrugineuse sommitale.
Le site de Villars présente une singularité géologique unique qui
le distingue des autres : sur les marnes aptiennes, de bas en
haut, les sables ocreux rouges sont recouverts de sables ocreux
jaunes, eux-mêmes coiffé par une formation verte, argilo-
sableuse glauconieuse, datée du cénomanien inférieur par les
microfaunes. Cette suite verticale de faciès est exactement
l’inverse des successions décrites dans les autres secteurs.
« L’originalité du site de Villars est
l’exceptionnelle superposition verticale de
faciès unique dans le bassin. »
J.M Triat.
De Viens jusqu’à Rustrel sur environ 10 kilomètres, les falaises
offrent à la vue les couches successives de sédimentation.
Ainsi, il est possible d’observer de façon très visible sur le terrain
le passage latéral entre les grès glauconie albo-cénomaniens
à l’est et les faciès jaune rouge des sables ocreux à l’ouest. On
retrouve les mêmes superpositions de faciès dans les carrières
d’ocre tant au sud de Rustrel, qu’à Roussillon ou à Gargas.
« L’intérêt géologique majeur du site de
Rustrel, est la suite verticale de faciès
superposés »
J.M Triat.
Exemple de classement oblique des grains de sable, au sein
des sables ocreux albiens de la carrière de la S.O.F. à Gargas. On retrouve ici les mêmes figures que dans les grès verts de Rustrel et de même dimension décimétrique.
Exemple de méga-figures de sédimentation. De puissants courants sous-marins ont ici classé les grains de sable en stratifications obliques de dimension métrique.
² En 1840 Le paléontologue Alcide d’Orbigny intitule “Aptien” l’avant dernier étage stratigraphique du Crétacé
inférieur en référence à la ville d’Apt.
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Accusé de réception en préfecture
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Date de réception préfecture : 12/12/2022En 1877, l’ouverture de la ligne de chemin de fer Apt-Cavaillon
permet et facilite le transport des barils d’ocre jusqu’aux ports
d’embarquement. L’extraction du minerai prend une dimension
industrielle sous forme de galeries souterraines spectaculaires
ou de carrières à ciel ouvert dont les fronts de taille ocreux,
constituent l’héritage le plus visible. Les pigments d’ocre du Pays
d’Apt sont alors exportés sur chaque continent, utilisés comme
pigment dans la fabrication de peintures, mais surtout en tant
que charge minérale colorante dans l’industrie du caoutchouc,
du papier et du linoléum et dans une moindre mesure par celles
des cosmétiques, et de la pharmaceutique.
Alors que le Vaucluse du XIXe siècle connaissait un exode
rural important à cause d’hivers rigoureux, de la maladie dans
les élevages de vers à soie, et plus tard du phylloxéra, le Pays
d’Apt est relativement préservé grâce à l’exploitation ocrière. On
recense à cette période, l’ouverture de plus de 100 carrières et
plus de 25 usines.
Cette « ruée vers l’ocre » accélère la parcellisation de la zone,
chacun désirant sa propre carrière. Les 425 hectares de Rustrel
sont divisés en 92 exploitations de 30 à 3 hectares. Cette
division parcellaire a demeuré jusqu’à nos jours.
Après-guerre, la rentabilité de l’ocre ayant décru, les carrières
vont peu à peu fermer.
En 1973, le manque d’eau va définitivement arrêter la
majeure partie des exploitations. Ce déclin débute en 1929,
progressivement l’exploitation a diminué au point qu’il ne reste
aujourd’hui plus qu’un seul site d’extraction encore en activité
sur l’ensemble du massif. En effet, au milieu du XXe siècle, après
cet âge d’or, l’ocre est remplacée en tant que charge minérale
colorante par les charges minérales colorées (composées de
carbonate de calcium ou de craie + colorants artificiels).
En France, quatre grands gisements
d’ocre ont existé : les Ardennes,
Bagnères de Bigorre, Auxerrois et
Puisaye et Pays d’Apt. Aujourd’hui, seul
celui du Pays d’Apt est encore exploité.
Jean-Étienne Astier, fondateur de l’industrie ocrière en pays d’Apt à le fin du XVIIIe siècle
Extraction de l’ocre à la lumière électrique - Émile Bancard XIXe s
Usine d’ocre d’Apt avec au premier plande bassin de décantation
des ocres - Éd. Pascal, libraire à Apt
Godet à ocre, Paléolithique supérieur, provenant de la grotte de la
Laugerie ( haute-Dordogne ). Musée Saint-Remi à Reims.
² En Grèce, Théophraste (372/287 av.JC), à Rome Pline l’ancien (23/79 av. JC)
dans le “ Naturalis Historia ” et dans le “ De
Architectura ” de Vitruve (90/20 av. JC).
L’ocre est un pigment estimé et
utilisé depuis le Paléolithique. Il y a
30 000 ans, nos ancêtres peignaient
avec seulement 3 couleurs : l’ocre
rouge et l’ocre jaune et le noir de
charbon.
L’Homo Sapiens savait déjà chauffer l’ocre pour obtenir une
couleur plus intense et des bâtonnets d’ocre ou des pinceaux
de brindilles ont été retrouvés dans les grottes qu’il fréquentait.
À Saint Saturnin lès Apt, la grotte de la Baume Peinte, montre
une série de traits et de points dessinés à l’ocre rouge. Durant
l’Antiquité, l’usage des ocres était très courant. Son exploitation
et son utilisation sont notamment évoqués dans des ouvrages²;
on peut y lire la préparation d’ocre rouge par cuisson d’ocre
jaune, encore pratiquée de nos jours.
En Pays d’Apt, c’est à la fin du XVIIIe siècle, que le précurseur,
Jean-Etienne Astier commence à exploiter les sables ocreux
pour en extraire le pigment (1780/1785). On raconte qu’il utilisait
pour cela un simple pétrin de boulanger pour séparer le sable de
l’ocre et l’eau. L’industrie de l’ocre du bassin lui doit beaucoup.
En 1790, le conseil municipal accorde à ce roussillonnais, la
permission d’utiliser le moulin à huile pour fabriquer de l’ocre.
Le pigment broyé avec des rouleaux de pierre voyageait ensuite
à dos de mulet jusqu’à Marseille par la combe de Lourmarin.
En 1810, malgré les temps troublés de la Révolution Française
et du Premier Empire, Astier devient propriétaire de deux usines
à proximité du village et d’une autre dans le village-même,
provoquant la colère des villageois. Mais ce n’est qu’un début.
2.d) Intervention
de l’homme,
fabrique d’un
paysage culturel
et industriel.
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Date de réception préfecture : 12/12/2022Les carrières Quand la partie “stérile” était suffisamment épaisse, des
hommes à la pioche creusaient des galeries. Le mineur
d’avancement creuse devant la paroi une voûte en plein cintre.
Deux autres mineurs, un droitier et un gaucher, entament de
chaque côté de cette voûte une cheminée très étroite. Les
carrières à ciel ouvert comme les carrières souterraines ont
pendant longtemps été réalisées sans règles très précises. À
partir de 1887, la réglementation impose des dimensions de 4
mètres de hauteur pour les gradins et 2 mètres de profondeur
pour les terrasses. De nos jours, l’exploitation de l’ocre n’est
autorisée que dans les carrières à ciel ouvert.
Elles sont plus récentes :
« Les carrières à ciel ouvert connaissent leur période de
pleine activité du début octobre à la fin avril seulement.
L’extraction faite pendant ces sept mois suffit généralement
aux besoins de la mine. Et pendant les beaux jours, il ne reste
guère sur les chantiers à ciel ouvert, que la cinquième partie
de l’effectif d’hiver. Trois autres cinquièmes sont reportés sur
les chantiers de lavage et le dernier cinquième des ouvriers a
quitté spontanément le travail pour vaquer à leurs occupations
agricoles »
Extrait d’un rapport du service des Mines sur l’industrie ocrière
du Vaucluse, 1926.
Obtenir le pigment Les saisons, comme pour les métiers agricoles, régissent
l’exploitation de l’ocre. L’extraction avait lieu de la Toussaint au
mois de mai, lorsque l’eau était en abondance et que le travail
aux champs venait à manquer. La fabrication de l’ocre est un
long procédé qui s’étend sur plusieurs mois et se réalise par
étapes. À l’image des agriculteurs, les ocriers travaillent avec
les éléments : vent, soleil et eau. Autrefois, on extrayait deux
sortes d’ocre : les jaunes et les rouges. Aujourd’hui, seuls les
jaunes le sont encore. À cette époque, les paysans de Rustrel
vont inventer une méthode adaptée à la géomorphologie de
leur site, ils utilisaient toute l’épaisseur du coteau comme
système d’extraction : grâce à des pompes et un important
système de tuyaux métalliques qui assurent l’acheminement
de l’eau dans les points en hauteur, le lavage du front de taille
pouvait remonter loin dans les collines. L’écoulement des eaux
chargées de pigment s’appuyait sur les nombreux talwegs
pour alimenter en aval les bassins situés au niveau du cours
d’eau de la Dôa, affluent du Calavon.
Entrée des galeries de Bruoux, 1920
Entrées des galeries vu d’au-dessus ↑
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Date de réception préfecture : 12/12/2022Les différentes étapes de
l’exploitation
L’ocre est issu du minerai qui se présente en couches
d’épaisseur variable, dont certaines peuvent atteindre 35 m
de hauteur. Un long travail de préparation dit de “découverte”
consistait à déboiser la surface exploitable et préparer le
terrain en enlevant la terre végétale nommée le “stérile”. Le
minerai était ensuite attaqué au pic et quelquefois à l’explosif.
Les ocriers travaillaient avec des pioches de différentes formes
ou des barres à mine. Le sable ocreux était chargé à la pelle
dans des charrettes appelées « tombereaux » pour être mené
au lavage.
Plus tard, des installations de petits rails et de wagonnets
communs à toutes les industries minières modernisent ce
transport. Aujourd’hui dans la dernière exploitation en activité,
le sable ocreux est extrait une fois par an au bulldozer. Des
banquettes de 15 mètres de hauteur sur 5 mètres de profondeur
sont aménagées. Le sable est ensuite transporté sur l’aire de
lavage en camion. Le lavage dissocie l’ocre marchande des
sables inertes par lévigation : c’est le premier traitement. Il a
depuis toujours été réalisé à proximité d’un cours d’eau (la Dôa
ou le Calavon) ou d’un point d’eau (source, citerne, ...), afin de
garantir l’opération dans une région où la sécheresse est très
régulière. Le principe consiste à projeter de l’eau à l’aide de
tuyaux sur les parois des carrières ou à creuser des galeries
souterraines ; la pression détache alors des blocs qui, avec le
courant, se dirigent vers un malaxeur à hélice, puis entraînés
dans les batardeaux, petites canalisations en pierre. Le sable
étant plus lourd, il se dépose en premier dans les rigoles
tandis que les autres particules, plus fines et plus légères sont
véhiculées par l’eau qui ne charrie alors que de l’ocre pur vers
les bassins de décantation. L’opération est renouvelée tous les
jours jusqu’au moment où les bassins étaient pleins. À partir
du mois de mai après décantation, lorsque l’ocre avait pris une
consistance ferme et atteignait 50 cm d’épaisseur, on griffait
la surface à l’aide d’un traîneau à 4 pointes. Cette opération
de carrelage permettait d’accélérer l’évaporation, d’éviter les
craquelures et enfin de préformer des mottes d’ocre. On laissait
alors agir le vent et le soleil. Fin août, les briquettes d’ocre étaient
extraites et entassées en murets jusqu’à séchage complet.
Depuis les années 60, la méthode de lavage a changé. Le mélange
minerai/eau est envoyé dans un séparateur épaississeur, un «
cyclone » revêtu de caoutchouc pour éviter l’abrasion, par une
pompe. Le mélange arrive avec une forte pression (500 gr/cm2),
sous l’action de la force centripète, le sable tombe, sous forme
de pâte et l’eau ocreuse sort en surverse, puis est dirigée vers la
canalisation allant aux bassins de décantation. La décantation
se fait toujours dans des bassins à l’air libre, car cette méthode
donne les meilleurs résultats. Le cycle de la production dépend
donc encore en grande partie de la nature et des conditions
météorologiques. A la fin de l’été, l’ocre une fois sèche, est
transportée à l’usine pour l’achèvement de sa fabrication. En
chauffant l’ocre, l’oxyde de fer se déshydrate et se transforme
en hématite. A partir de 400° la couleur, ordinairement jaune
devient rouge. La calcination des ocres jaunes qui était faite
dans un four à bois, se fait de nos jours dans des fours tournants
ou tunnels, chauffés au gaz. L’ocre est cuite à point après 15
minutes. Elle sera broyée dans un blutoir après quelques jours
de refroidissement. La cuisson est le moyen le plus sûr de
maîtriser la teinte du produit fini et ses nuances. Auparavant,
la pratique était très subtile, car elle était fondée uniquement
sur les critères de sensibilité de l’ocrier (odeur, aspect de la
fumée, ...). Pour obtenir les teintes désirées et toute la gamme
des couleurs chaudes ocrées, il est nécessaire de mélanger
différents ocres provenant de plusieurs gisements. Prête, la
poudre est conditionnée en barils de bois de 50 à 250 kg. De nos
jours, ce sont des sacs de 20 kg et de 25 kg. Les barils de bois
ont été depuis longtemps abandonnés.
« Il fallait deux arrivées d’eau : la lance à eau et le jet
pour aider à aller dans le ruisseau. Il me fallait 6 m3/
heure d’eau sur 9 heures. (...) On faisait un batardeau
pour arrêter les sables avant le bassin et un second
pour arrêter les sables fous (le sable se déposait tout
au long du parcours, il était aussi teint que l’ocre mais
plus lourd !) L’eau arrivait dans un angle du bassin de
décantation : 4 pieux et un mur de bruyère pour freiner
l’eau et retenir les feuilles. On avait un tuyau de purge
pour faire partir l’eau qui restait dans le bassin. On
faisait un gros mois de lavage jusqu’à ce qu’on ait des
couches de 35 cm. Ensuite il fallait carreler. Si le trait
de faille restait ouvert, c’était bon. Les mottes étaient
empilées en mur pour sécher plus vite. Sur les murs
on mettait des débris, cela faisait un chapeau soudé
par la première pluie. Il fallait 40 jours de séchage. Les
bassins étaient en terre et pour extraire les mottes il
fallait un coup de main pour ne pas tout arracher. On
tirait l’ocre et on le carrelait. »
Roger Arnaud, ocrier
Carrières à ciel ouvert, Gargas, 1950
1. Lavage 2. Batardeau
4. Carrelage
3. Décantation
5. Découpage 6. Mur de séchage
1. La couche de terre et de roches recouvrant le minerai,
le “stérile” est évacué.
2. Deux trous très profonds
sont pratiqués à la barre à
mine et au foret.
3. L’explosif est disposé au
fond des deux tunnels pour
former la chambre.
4. De l’explosif en plus
grande quantité est disposé
dans la chambre.
5. La nouvelle explosion provoque
la mise en place d’un grand front
de taille.
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Date de réception préfecture : 12/12/2022Les grandes dates à retenir
Une utilisation diversifiée
Éclat, pouvoir colorant, finesse et variété des couleurs,
telles sont les qualités d’une ocre de premier choix :
“Nos ocres sont exemptes d’argile” comme le disait les
publicités des années 20. Dans la tradition provençale,
l’enduit joue un rôle important dans le revêtement des
constructions. Il constitue « l’enveloppe » des maisons
provençales, leur conférant cette lumière et cette
douceur abricotée. Mélangée avec des granulats (sable)
et des liants (chaux), elle assure l’étanchéité des murs
tout en les laissant respirer. Cependant, sa plus grande
qualité reste sa résistance à la chaleur et à la lumière, ce
qui explique son utilisation dans tous les pays du sud.
L’ocre est aussi introduite omme charge minérale
colorante et dans l’industrie du caoutchouc comme
charge minérale colorante (linoléum et papier, cercles
de scellement des bocaux à confiture, chambres à air,
par exemple). L’ocre s’emploie donc principalement
dans le bâtiment, mais également dans la décoration
et l’artisanat pour les stucs, trompe-l’oeil, les frises,
peintures sur meuble, la poterie et la teinture. Son
pouvoir couvrant et colorant, sa miscibilité dans tous
les liquides, son inaltérabilité aux ultraviolets, sa non-
toxicité et son prix de revient peu élevé font de lui un
matériau avec des qualités indiscutables.
Ces spécificités génèrent une volonté profonde de
perpétuer un savoir-faire ancestral.
Formation du massif des ocres
Premier usage humain de l’ocre
Papyrus Harris I (don d’ocres de Ramsès III aux temples égyptiens)
Jean-Etienne Astier “découvre” les ocres
Desserte ferroviaire d’Apt
Premiers colorants chimiques
Apogée de la production d’ocre 44 000 tonnes
Déclin de la production d’ocre
Jean-Marie Triat, chercheur, découvre l’origine géologique des ocres
1000 tonnes/an produites par la Société des Ocres de France et
700 000 visiteurs/an sur l’ensemble des sites du massif des Ocres du Luberon
-100 MILLIONS D’ANNÉES
-250 000 ANS
1153 AVANT JC
1780->85
1877
1918
1928
1940
1979
2021
Savon coloré
Peinture
Tome 1 - Le Projet - Opération Grand Site Les Ocres du Luberon p. 36 grandsiteocresluberon.fr p. 37
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Date de réception préfecture : 12/12/2022B. LE DIAGNOSTIC
DU TERRITOIRE Un diagnostic du territoire à été mené entre 2009 et 2011 par l’équipe de maîtrise d’œuvre en charge de la constitution d’une première version de ce dossier, il s’est alors appuyé sur une étude de fréquentation, une série d’entretiens réalisés avec les différents acteurs locaux (institutionnels, professionnels, associatifs, visiteurs,) et sur une analyse de terrain approfondie. Un travail d’analyse très fine a posé son regard sur le territoire et l’ensemble de l’approche a permis en premier lieu de faire connaître et d’informer les acteurs locaux sur la démarche Grand Site et de son
intérêt, de les impliquer dans la démarche
de l’Opération Grand Site dès les premières
phases d’analyse et de diagnostic, d’en saisir
leurs attentes et les préoccupations propre à
chacun. Le fait de les questionner sur le devenir
de leur territoire à permis aussi d’identifier les
spécificités propres à chacun des lieux liés à
l’ocre et de faire émerger les éléments porteurs
d’une identité culturelle commune à l’échelle
du massif.
Cette version du dossier est une mise à jour du
diagnostic initial, des enjeux et des orientations
stratégiques identifiées. Pour la réactualisation
de ce diagnostic, des données de fréquentation²
ont été collectées à nouveau auprès des
acteurs locaux, des habitants et des visiteurs.
Des réunions d’informations et techniques,
des présentations publiques, des ateliers, des
journées dédiées aux socio-professionnels et
des événements de sensibilisation festifs, ont
été organisées de 2017 à 2022.
Un site internet a été créé en avril 2022. Au-
delà de fournir les informations relatives à
la démarche dans laquelle s’est engagé le
territoire en entamant une Opération Grand Site
pour les Ocres du Luberon, c’est avant tout un
outil de pilotage et de suivi, de sensibilisation.
Il permet au travers de questionnaires, et d’une
carte interactive, d’apporter une dimension
participative à la démarche en servant de lien
avec la population locale. Les impressions et
données collectées sont un apport qui permet
de compléter et de mettre à jour le contenu
de l’étude. Il servira entre autres à présenter
l’ensemble des photos d’un futur observatoire
photographique. Enfin c’est un outil de
transparence vis-à-vis de la politique publique
relative à l’ensemble des sujets concernant le
projet OGS, en effet chaque fiche action sera
accessible aux internautes, ils pourront suivre
le démarrage, l’avancé et la fin des réalisations
au long cours.
² Voir feuille de méthode en annexe.
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Date de réception préfecture : 12/12/20221 ÉTAT DES LIEUX
1.a) Une biodiversité riche
et souvent fragile
Les corridors de la biodiversité
Le SRCE identifie de grands réservoirs de biodiversité sur le
territoire. Il s’agit notamment des versants des Monts de Vaucluse
au Nord, et du massif du Luberon au Sud. Des réservoirs de
biodiversité en « îlots » sont également identifiés plus au centre
du territoire, à proximité de la vallée du Calavon. Ils correspondent
à des sites classés Natura 2000, et particulièrement les sites des
Ocres de Roussillon et Gignac. Le SRCE met en avant deux corridors
écologiques sur le territoire à préserver :
• Le premier au Nord Ouest, entre Joucas et Lioux, au Sud de la Commune de Murs,
• Le second, à l’Est, qui part de Saignon et remonte jusqu’à Rustrel.
La trame bleue est constituée par le réseau hydrographique.
L’ensemble des cours d’eau du territoire est donc identifié en tant
que réservoir de biodiversité. Par ailleurs, le plan d’eau de la Riaille
à Apt est également identifié, et constitue un réservoir humide
assez important.
Le reste du territoire est principalement identifié par des espaces
agricoles et naturels. Aucun corridor ou réservoir n’est identifié en
zone urbaine.
À noter qu’en plus d’être des lieux de vie, ils jouent
également le rôle, plus particulièrement lorsqu’une
ripisylve est présente, de corridor écologique avéré pour
de nombreuses espèces de chiroptères.
De plus, une étude d’identification de la trame verte et
bleue a été réalisée par un bureau d’études spécialisé
(AURAV), dans le cadre de l’écriture du SCOT du Pays
d’Apt. Au regard de la structuration du Pays d’Apt, 4
types de corridors ont été identifiés en fonction des
différentes sous-trames du territoire :
• corridors boisés • corridors agricoles
• corridors ouverts • corridors humides
Ces différents corridors présentent des enjeux de
préservation particuliers à leur nature, et certains
présentent des enjeux de préservation supplémentaires
dus à une pression importante (notamment le passage
de la D900).
“Ces paysages aux couleurs si merveilleuses du Pays d’Apt ne
pouvaient que donner naissance à la légende.
Ne dit-on pas que se livra ici un combat terrible entre l’archange
Gabriel et les anges déchus, dont le sang teinta cette terre à
jamais ?
Et la légende rejoint la vérité poétique en ces lieux, cirques,
falaises, promontoires, cheminées de fées, sentiers, où les
couleurs et les formes se répondent pour la plus belle exaltation
de notre curiosité”
Serge Bec, poète
Colline autour du Colorado de Rustrel
Extrait du SCOT Pays d’Apt Luberon
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Date de réception préfecture : 12/12/2022Les espèces endémiques
Le document d’objectifs (DOCOB) de la zone spéciale
de conservation des “Ocres de Roussillon et de Gignac,
Marnes de Perréal” réalisée par le PNR du Luberon, a
permis de :
• Faire le diagnostic de la répartition et de l’état de conservation des espèces et des habitats visés par la
Directive « Habitats, faune, flore » (et aussi des autres
éléments naturels présentant une valeur patrimoniale)
sur le site Natura 2000 ;
• Faire un état des lieux écologique et cibler les indicateurs d’évaluation de l’état de conservation des
habitats et des espèces d’intérêt communautaires sur
le site ;
• Étudier la compatibilité des activités et mesures de gestion en vigueur avec la conservation des espèces et
des habitats d’intérêt communautaire ;
Ce travail a donné lieu à une réflexion sur une délimitation
plus cohérente et plus complète du site Natura 2000,
notamment sur le secteur de la colline de la Bruyère
labellisé Espace Naturel Sensible en 2015.
Le PNR du Luberon et le CEN PACA (Conservatoire des
Espaces Naturels) travaillent en partenariat pour la
protection de cet espace. C’est une zone qui nécessite
une extrême vigilance face aux aménagements pour
préserver la richesse des milieux et de sa biodiversité.
Le plan de gestion de cet espace naturel sensible a été
validé pour la période de 2019-2023. Différentes études
menées par le Conservatoire Études des Écosystèmes
Provençaux (CEEP) et le Groupe chiroptères de Provence
(GCP) ont permis de mettre en place un programme de
protection menée par le PNR du Luberon, associé au
GCP et financé par la DREAL PACA
La colline de la Bruyère a
une richesse écologique
exceptionnelle.
Le sol argileux en surface formant
des mares temporaires, en fait un
habitat de prédilection pour les
nombreux amphibiens, chiroptères,
insectes, et oiseaux présents sur
le site. La qualité du substrat, la
quasi-absence de traitements
chimiques et de routes en font un
lieu propice à la conservation des
amphibiens.
La Pélobate cultripède est l’espèce la plus emblématique
du territoire, c’est elle, qui représente l’enjeu de
conservation le plus fort.
Ces amphibiens ont besoin de mares pour se
reproduire, d’un espace suffisant d’ouverture de
la végétation pour circuler, et de se nourrir. Ces
points d’eaux particuliers n’ont été recensés que
sur trois des six secteurs qui constituent le site
Natura 2000 : Roussillon, Perréal et Rustrel. Malgré
leurs présences, elles ne sont pas toutes dans un
bon état de conservation, les éléments résultant de
l’exploitation de l’ocre (anciens bassins, dépressions
issues du creusement), conjugués à l’imperméabilité
du substrat, en font des sites où ces enjeux, bien que
localisés, sont importants.
Certaines espèces comme la Rainette méridionale
(Hyla meridionalis) et le Crapaud calamite
(Bufo calamita) sont largement réparties et ne
semblent pas être menacées, en revanche le
Pélobate cultripède est observable qu’en faible
effectif et de manière très localisée. En effet,
cette espèce est complètement absente des
massifs calcaires, car elle nécessite la présence
d’un substrat meuble pour pouvoir s’y enterrer.
Pour les différentes espèces de
chauve-souris, le principal enjeu
se porte sur leurs abris tels que
les anciennes carrières d’ocres et
quelques gîtes en construction.
Pour mettre en place des
objectifs qui permettront la
protection de ces chiroptères, un
ordre de priorité a été établi :
1. la conservation des populations de
Minioptères de Schreibers et de Petit rhinolophe.
2. le renforcement des populations des
espèces de Chiroptères cavernicoles tel que le Grand
rhinolophe, le Murin à oreilles échancrées et le Petit
murin.
3. le renforcement des populations des
espèces de Chiroptères forestières comme le
Barbastelle d’Europe, le Murin à oreilles échancrées…
Au niveau des besoins de ces animaux d’un point de
vue écologique, il est nécessaire d’établir également
un ordre de priorité pour mettre en place un réseau
pérenne de gîte avec la constitution d’un noyau dur
fermement protégés :
1. en cavernicoles pour le Minioptère de
Schreibers, le Petit rhinolophe, le Grand rhinolophe, la
Barbastelle d’Europe, le Petit murin, le Murin à oreilles
échancrées.
2. en bâtiments pour le Petit rhinolophe,
mais qui profite également au Grand rhinolophe et au
Murin à oreilles échancrées.
3. en forêts pour la Barbastelle d’Europe et
un grand nombre d’espèces rares et protégées. Ces
divers habitats doivent assurer les fonctions pour
faciliter la reproduction, l’hibernation et le transit de
ces espèces fragiles.
Hyla meridionalis -photo : Alexandre Roux
Hyla meridionalis -photo : Alexandre Roux
Hyla meridionalis -photo : Alexandre Roux
Hyla meridionalis -photo : Alexandre Roux
Pelobates cultripes - photo : Alexandre Roux
Le trou des américains - photo : Yves Provence
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Date de réception préfecture : 12/12/2022On peut observer dans ces
espaces la présence d’espèces
d’insectes spécifiques :
Cerambyx Cerdo (Linné, 1758) - Le Grand Capricorne
Est une espèce commune dans la région, inféodée
aux chênes ; sa larve consomme le bois dépérissant.
Les populations régionales sont en bon état de
conservation de façon générale.
Lucanuscervus (Linné, 1758) - Le Cerf-volant
Est une espèce également commune, néanmoins plus
polyphage dont la larve se développe dans les parties
basses, mortes ou sénescentes, de feuillus. Elle se
trouve ainsi dans une plus grande variété de milieux,
en particulier dans les ripisylves. Les populations
régionales sont aussi en bon état de conservation, en
France.
De façon générale, ces deux espèces appartenant au
cortège des saproxyliques en constituent en quelque
sorte les ambassadrices, ainsi, malgré leur caractère
assez commun, dans le contexte de Natura 2000,
elles permettent de proposer des actions en faveur
des écosystèmes de forêt mature ou vieillissante qui
recèlent également de nombreuses autres espèces
dont le statut de menace et/ou la plus grande rareté
plaiderait en faveur de mesures spécifiques. En ce
qui concerne spécifiquement le site concerné, étant
donné ce qui précède et ses dimensions relativement
faibles, il semble difficile de justifier des mesures
visant directement ces espèces. Par contre, on peut
noter qu’elles seront toujours favorisées, comme
effet « collatéral » par des mesures propres à assurer
le vieillissement des boisements, le maintien d’arbres
morts et de bois mort qui seraient pris en faveur
d’autres espèces (Chiroptères, en particulier).
Euphydryas Aurinia (Rottemburg,1775) - Le Damier
de la Succise
présente une large répartition, avec une grande
variation qui a amené à distinguer au moins 4
sous-espèces. Dans le sud-sud-est de la France,
elle est représentée par la sous-espèce Provincialis
(Boisduval, 1829), bien présente dans les zones de
terrains remaniés, certaines friches et éboulis. Aucune
mesure de gestion spécifique n’est nécessaire dans
l’état actuel des populations.
Eriogaster Catax (Linné,1758) - La Laineuse du
Prunellier
l’hôte des prunelliers et des aubépines, est très
répandue, voire en extension avec la déprise agricole.
Les chenilles qui forment des nids collectifs, peuvent
provoquer des défoliations importantes. Les données
sur le secteur des ocres sont assez anciennes. Des
prospections seraient utiles pour connaître le statut
actuel de cette espèce et pour préciser l’état des
populations qui semblent, plutôt en mauvais état,
si l’on s’en tient au faible nombre d’observations
connues.
Euplagia Quadripunctaria (Poda, 1761) - L’Ecaille
chinée
est une espèce polyphage largement répandue et
commune en Europe. En France, elle ne nécessite
aucune mesure particulière de gestion. Tout au plus,
peut-on raisonnablement penser que les populations
de cette espèce, comme la plupart des insectes,
subissent les agressions que représente la régression
et la dégradation des habitats naturels, la pollution
diffuse, la fragmentation de beaucoup de milieux.
Coenagrion Mercuriale (Charpentier 1840)
La présence de l’Agrion de Mercure n’a pas été
répertoriée, mais les effectifs de cette espèce discrète
sont assez faibles et peuvent passer inaperçus à
défaut d’une prospection spécifique aux Odonates.
Très sensible à la qualité de l’eau, C. mercuriale pâtit
sans doute de la dégradation globale des cours d’eau.
On trouve également dans ces espaces des papillons
remarquables : sésie apiforme, sphinx de l’épilob.
Lépidoptères de la ripisylve de la Dôa : Archanara
neurica, Catocala optata, Epione repandaria, Epizeuxis
clvaria, Idaea emarginata, Macrochilo cribrumalis,
Ptilodon capucina, Sphynx de l’épilobe, Sthanelia
tibiaria.
Lucanus cervus (Le Cerf-volant) - photo Simon A. Eugster
Euphydryas aurinia female (Damier de la Succise) - photo : Le.Loup. Gris
Cerambyx cerdo (grand capricorne) - photo : Thomas Ribière
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Date de réception préfecture : 12/12/2022Lucanus cervus (Le Cerf-volant) - photo Simon A. Eugster
La Ligue de Protection des Oiseaux de PACA (LPO PACA)
mentionne 326 espèces d’oiseaux observées sur ce territoire du
Luberon. Ce contingent global recouvre des réalités très diverses
selon les espèces et leur utilisation du territoire, depuis le simple
passage migratoire ou occasionnel jusqu’à la nidification, sans
oublier l’hivernage.
Par souci de synthèse, la brève analyse qui suit considère
uniquement les espèces dites nicheuses, c’est-à-dire utilisant ou
ayant utilisé le territoire pour la période cruciale de reproduction.
Quelques espèces cumulent des statuts très défavorables
au sens des listes rouges nationale et régionale (a minima
« en danger »), à différentes échelles ainsi qu’une utilisation
importante de notre territoire (parfois historique ou localisée).
Citons l’Aigle de Bonelli (Aquila fasciata), le Butor étoilé (Botaurus
stellaris), le Busard cendré (Circus pygargus), le Bruant ortolan
(Emberiza hortulana), le Blongios nain (Ixobrychus minutus), la
Pie-grièche méridionale (Lanius meridionalis), la Pie-grièche à
tête rousse (Lanius senator), le Vautour percnoptère (Neophron
percnopterus), le Traquet oreillard (Oenanthe hispanica) ou
encore le Moineau friquet (Passer montanus).
Parmi les 156 espèces d’oiseaux nicheurs recensées dans le territoire, 75 d’entre elles, soit 48 %, connaissent un statut défavorable.
Un tel niveau de vulnérabilité pour un groupe d’espèces n’est pas propre au territoire, mais est bien entendu très alarmant quant à l’état de conservation, non seulement des oiseaux, mais de la biodiversité en général.
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Date de réception préfecture : 12/12/2022Flore des ocres garrigues
et maquis
Contrastant particulièrement avec
la végétation des sols calcaires
que l’on retrouve habituellement
dans le Luberon, une végétation
calcifuge s’est développée sur les
gisements d’ocres. Ici poussent
six espèces végétales protégées,
ainsi que d’autres espèces
rares. Avant l’exploitation de
l’ocre, le manteau forestier
était constitué essentiellement
d’espèces feuillues, mais pour
accéder aux gisements, l’homme
dut en premier lieu, déforester
des hectares entiers de bois. Ce
faisant, il a considérablement
changé le couvert primitif.
Introduisant des espèces résineuses pour
stabiliser les sols et éviter les éboulements après
les exploitations, l’homme a implanté et favorisé
l’expansion de pins d’Alep et de pins maritimes.
Ce dernier apporte une note particulière dans le
paysage par son port régulier en fuseau ou son tronc
rectiligne. Mais, profitant de l’arrêt des exploitations,
les résineux ont progressivement gagné les versants
cachant ainsi les fronts de taille des gisements d’ocre
provoquant la tendance à la fermeture végétale du
massif que l’on observe aujourd’hui.
Sur l’ensemble de ces espaces, on retrouve
également le châtaignier qui se plaît dans ces
terrains acides où il occupe de préférence les vallons
bien alimentés en eau. En sous-bois, la bruyère est
la reine des arbustes, elle ajoute à cette végétation
particulière la couleur blanc verdâtre de ses fleurs.
Elles éclairent les sentiers au printemps, tandis que
la bruyère callune, plus petite, fait éclater ses fleurs
rose-violet à l’automne. Associées au ciste à feuilles
de laurier, espèce rare en Provence, au genêt à balai
ainsi qu’au lupin à fleur bleu, à la fougère aigle, aux
orchis à cônes, elles constituent le maquis. Sur les
pelouses ou formations herbacées qui colonisent
de petites clairières isolées, trouvent refuge de
nombreuses espèces végétales annuelles souvent
rarissimes, dont 12 sont protégées. La dualité des
sols, mais aussi le climat, la température, l’humidité,
l’exposition constituent autant de facteurs naturels
qui concourent à la sélection et à la variété des
espèces.
La colline de la Bruyère est identifiée comme un site
majeur en termes floristique. Elle abrite une flore
particulièrement rare, xérophile-acidiphile, comme
le ciste à feuilles de laurier (cistus laurifolius, “
massuga “ en Provençal), représentant de la flore
languedocienne qui est arrivée en Provence. Une
partie de ces terrains (14 ha) ont été acquis par le PNR
du Luberon en partenariat avec le CD du Vaucluse,
pour l’intégrer au réseau des ENS. Un sentier a été créé
pour mettre en valeur cette richesse. Sa gestion a été
confiée au Conservatoire-Études des Écosystèmes
de Provence (CEEP) qui mène des actions d’entretien
de stations ou de creusement de mares.
Meneerke bloem
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Date de réception préfecture : 12/12/2022Le COPIL Natura 2000 et ENS, dans
l’objectif de réguler la fréquentation,
a pris la décision de restructurer les
sentiers pédestres du site.
Seuls ont été conservés une petite boucle et une grande
traversée, laissant en sommeil les autres pistes. Des
mesures de précaution validées par arrêté préfectoral
(mise en défens, contournement ou évitement) autour du
lieu-dit “Mare des Américains” ont été mises en place par
le PNR du Luberon lors d’évènements sportifs. Certains
secteurs, comme Rustrel ou Perréal, ont également de
grandes qualités environnementales équivalentes, mais ne
semblent pas bénéficier de la même attention. Ces secteurs
sont tout de même protégés au titre du site classé et de la
gestion Natura 2000.
L’habitat naturel « d’intérêt communautaire » protégé
(Directive habitat 92/43/CEE) est composé de :
• Pelouses siliceuses de Tuberario- Corynephoretum • Pelouse du xérobromion
• Prairies mésophiles • Landes subatlantiques à Bruyères et callunes
• Lande à spartier • Matorral à genévrier
• Pinèdes de Pins mésogéens (ou atlantiques) à Pin maritime
• Chênaies pubescentes méditerranéennes • Chênaies vertes du mésoméditerranéen et du
supraméditerranéen
• Rivières méditerranéennes à débit intermittent • Forêt galerie à Saule blanc et Peuplier blanc
• Forêt galerie méditerranéenne à aulne glutineux • Forêt de Châtaigniers
• Formations riveraines à Petite Massette
Espèces protégées :
Danthonia alpina, Loeflingia hispanica, Ononis
alopecuroides, Paronychia cymosa, Trifolium bocconei,
Minuartia viscosa, Ventenete dubia, Gagea bohemica, Carex
punctata, Trifolium hirtum, Bassia laniflora, Helychrysum
italicum, Silene portensis, Trifolium spumosum, Typha
minima.
Lichens rares : Lobaria pulmonaria, Lobaria scrobiculata,
Peltigera leucophlebia
Site classé
1 2
3
4
5
6
7 8 9
10
11
12 13
14
15
Secteurs floristiques d’intérêt majeur :
1 / Secteur des Petites veines :
Airopsis tenella - Veronica spicat - Danthonia decumbens
2/ Secteur Chemin de la Mutte :
Avellinia michellii Corynephorus divaricatus - Sagina subulata
- Gastridium ventricosum - Trifolium glomeratum - Juncus
capitatus - Psilurus incurvus
3/ Secteur le Hameau :
Silene portentis - Ulex europaeus
4/ Secteur Le Pierroux :
Bassia laniflora - Silene portentis - Bufonia tenuifolia -
Matthioola fructiculosa
5/ Secteur des Combes :
Chrysopogon gryllus
6/ Secteur la Gardette :
Ononis alopecuroides - Gastridium ventricosum - Myosotis
sicolor - Juncus capitatus - Linaria pelisseriana - Moenchia
erecta - Psilurus incurvus - Silene coniva
7/ Secteur de la Bruyère :
Loeflingia hispanica - Paronychia cymosa - Airopsis tenella -
Asplenium spetentrionale
8/ Secteur Jean Jean :
Venteneta dubia - Montia fontana - Gastidium ventricosum
- Trifolium glomeratum - Biza major - Cytinushypocistis -
Trifolium bocconei - Agrostis canina
9/ Secteur Pantailiane :
Typha minima
10/ Secteur Notre Dame des Anges :
Pelouses silicieuses
11/ Secteur Couvine :
Typha minima - Pyrala minor - Pyrola chlorantha
12/ Secteur Fond de Vallon :
Drypteris dilatata - Athyrium filix
13/ Secteur cuirasse ferrugineuse :
Asplenium spetentrionale - Plantago holosteum - Cistus
laurifolius - He licluysum italicum
14/ Secteur lichen :
rarissimes en Provence
15/ Secteur Logis-Neuf :
Sedum rubens et rubrum - Lupinus angustifolius - Montia
fontana - Paronychia cymosa - Sagina subulata - Trifolium
tomentosum
Lioux
Murs
Joucas
Goult
Ménerbe
Lacoste Bonnieux
Buoux
Apt
Sivergues
Auribeau
Caseneuve
Viens
Gignac Rustrel
Villars
Gargas
Saignon
Rousillon
Saint-Saturnin-lès-Apt
Castellet-en-Luberon
Céreste
Saint-Martin-de-Castillon
Lagarde-d’Apt
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Date de réception préfecture : 12/12/2022La gestion forestière
Nous abordons ici une question
centrale : la gestion forestière, au
carrefour des besoins individuels
et collectifs. Il existe une forêt
communale dans chaque commune
du massif des ocres dont une en
cours de création à Roussillon et
une forêt domaniale à Viens. Cette
gestion est globalement identifiée
comme une difficulté.
En effet, elle tente de combiner des besoins en sécurité
face aux incendies dans les zones à forte fréquentation
et des besoins de réouverture paysagère pour donner
de la visibilité aux paysages de l’ocre souvent cachés
par la végétation. Mais la gestion et l’intervention
dans les forêts se confrontent notamment, à trois
problématiques :
• Les nombreuses réglementations (site classé, Natura 2000), méthodes et parcours procéduraux sont
méconnus ou mal compris par les acteurs. Ce constat
est particulièrement prégnant à l’est du massif.
• Le statut privé de la forêt de la majorité des secteurs et le morcellement des propriétés augmentent les
difficultés d’intervention des gestionnaires (CRPF). La
forêt sert aussi de rempart contre les touristes pour
certains des propriétaires fonciers confrontés à la
fréquentation sauvage de leurs propriétés au sein des
ocres.
• L’absence d’une vision globale et partagée des enjeux de paysage liés à l’ocre et au développement du
couvert forestier : si le déboisement est un préalable
indispensable pour certains, pour d’autres il ne peut se
justifier que sur certaines zones, la « nature ayant repris
ses droits ».
• Pour autant, les acteurs forestiers ne manquent pas et constituent une ressource importante en termes de
savoir-faire et de capacité d’intervention : syndicat mixte
départemental, ONF et ses APFM, CRPF, coopératives
forestières. Enfin, en cas de coupe, il est utile d’associer
les chasseurs aux interventions par le truchement de la
fédération départementale.
En pratique, les procédures administratives liées
au classement ont été mieux appropriées à l’ouest
du massif qu’à l’est. Dans un secteur englobant
Gargas, Goult et Roussillon, les acteurs ont intégré
ces procédures dans la gestion des sites (coupes
forestières, aménagements...). Autour d’un noyau de
propriétaires motivés, l’association syndicale libre de
gestion forestière du massif des Ocres (ASLMDO) a été
créée en 2011. Cette structure de gouvernance locale est
devenue un interlocuteur privilégié pour les collectivités
et les institutions et s’insère maintenant comme
partenaire à part entière du territoire. Un plan simple de
gestion multifonctionnel a été rédigé en concertation
avec les propriétaires, le PNR du Luberon et la DREAL
et le CRPF. Il a été voulu comme un document cadre
pour la gestion globale du site en parfaite adéquation
avec les enjeux territoriaux : garantir une sylviculture «
paysagèrement et environnementalement compatible »
; intervenir spécifiquement sur des peuplements définis
au préalable comme ayant un enjeu paysager fort.
Cependant, dans les communes de Gignac et Rustrel,
ces procédures génèrent encore des incompréhensions
et bloquent la dynamique des sites.
Pour ce qui concerne l’ensemble des sentiers pédestres,
le territoire est soumis à un régime strict en période
estivale au vu du risque d’incendie sur le massif
forestier. Ce risque est déterminé quotidiennement
par la Préfecture après émission du bulletin de Météo
France qui s’appuie sur différents paramètres comme
le climat et l’hydrographie. Un arrêté préfectoral
prévoit différentes sortes de patrouilles sur le territoire
(patrouille armée en eau APFM et patrouille de
surveillance ONF). La surveillance de l’ONF, en lien avec
le Codis et les comités de feux de forêt à Rustrel et à
Roussillon, vise à l’application de la réglementation.
Pendant la période estivale, l’ouverture des sentiers
est fixée par un arrêté préfectoral, mais dans le PNRL,
certains sites restent accessibles sous conditions
dérogatoires. C’est le cas du Colorado Provençal à
Rustrel. Le Vallon de Péquincan sur le site d’ôkhra,
Ecomusée de l’ocre, est en attente d’une décision
préfectorale. Néanmoins, il s’ajoute aujourd’hui une
difficulté supplémentaire dûe aux applications mobiles
promouvant des parcours au moyen de traces GPX, ce
qui permet aux utilisateurs d’ignorer la réglementation
et la communication officielle des services de l’Etat.
1.b) Complexité
de la gestion
forestière
paysagère à
l’échelle du
massif des
Ocres
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Date de réception préfecture : 12/12/2022Évolution de la couverture végétale entre 1944 et 2021
La vue satellite nous montre une nette évolution de la couverture forestière, en constante progression depuis l’arrêt de la quasi totalité des exploitations liées à l’ocre.
IGN - remonterletemps.ign.fr - 2021 - Pays d’Apt
IGN - remonterletemps.ign.fr - 1958 - Pays d’Apt
Fermeture progressive du paysage
Fermeture progressive du paysage 1900 - 2021
Pousses de pins maritimes
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Date de réception préfecture : 12/12/2022Les processus d’érosion (chutes de blocs,
éboulements) sont des phénomènes naturels et
inhérents à toute paroi rocheuse étant soumise
aux facteurs climatiques et mécaniques.
L’érosion est lisible dans les figures pittoresques
des ocres, cheminées des fées coiffées de
cuirasse ferrugineuse protectrice, mais aussi
dans des détails, dans les tris granulométriques
des fortes pluies et la coloration du Calavon.
On retrouve des sables ocreux jusque dans les
enduits des façades anciennes qui longent le
Calavon.
De manière évidente, les sables ocreux subissent
l’effet de l’érosion naturelle. En premier lieu,
processus actif de la fabrication du paysage,
l’érosion est un facteur d’altération qui produit
la matière. Bien plus tard, l’homme a commencé
à extraire les sables ocreux pour fabriquer du
pigment et a inventé des méthodes d’extraction
spécifiques : dé-compactage par explosion,
lavage, acheminement par batardeaux,
creusement des galeries. La qualité extrêmement
volatile du sable (privé d’argile) a conduit les
exploitants à fixer les dunes de stérile avec du
pin maritime, un végétal révélateur des zones de
présence de l’ocre et des espaces anciennement
exploités. D’importants dépôts de ces sables
dans le lit du Calavon ont eu des effets directs
sur les inondations, les sables résiduels
de l’exploitation étaient transportés par les
modestes affluents du Calavon : la Dôa, la Riaille
et l’Urbane.
Depuis l’arrêt total de l’exploitation à Roussillon
et à Rustrel (années 90), la périodicité des
événements mécaniques dépend uniquement
de la nature ou de l’état actuel des sols, de sa
morphologie et des variations climatiques
(orages, gels et sécheresse).
Ce phénomène naturel pose la question de
la pérennité des ouvrages conséquents à
l’exploitation et des conditions de sécurité
relatives à la découverte de ces espaces. Par
exemple, le premier itinéraire du territoire, “le
sentier Morénas” dans le Colorado Provençal, a
disparu.
Aujourd’hui, cette dynamique a été intégrée
dans la conception et la gestion des
L’érosion, un facteur de risques
naturels qui conditionne le
maintien du paysage.
cheminements. Dans les sites ouverts au
public, l’aménagement actuel des itinéraires
de découverte prend en compte le caractère
éphémère du paysage ocrier, les instabilités
et les éboulements qui peuvent se produire.
Certains lieux ne présentent pas de risques:
la végétation dense et compacte en bordure
de chemins ou de falaises, limite les
mobilités hors sentier. Cependant, certains
itinéraires ouverts au public, compte tenu des
échancrures en crête, de l’érosion régressive,
des terrains sous cavés, ont été mis totalement
en retrait (ex. site des cheminées de fée dans
le Colorado Provençal). D’autres parcours
ont été remaniés en intégrant des mesures
d’interdiction de s’approcher du bord de la
falaise ou bien des mises en défens (nouveau
tracé du Sentier des ocres en 2007/2008).
Croquis - Patrimoine industriel abandonné - Pierre Guillaume Baret
Sentier Morenas : reste d’une marche
Une surveillance régulière est réalisée par les
gestionnaires des sites ocriers. On peut citer
le contrôle annuel géotechnique aux Mines
de Bruoux et la réunion d’une Commission de
sécurité en fonction des besoins. Tous les ans à
minima, un travail de purge et de nettoyage des
sentiers et des parois afin d’éliminer les parties
les plus sensibles, est pratiqué en accord avec
les services de l’État afin de s’assurer de la mise
en sécurité du public.
De manière générale, l’ensemble des
interventions préconisées par les experts
favorisent les mesures d’évitement et de
contournement, contrairement aux gros
aménagements qui ont un impact sur l’esprit
des lieux. Les installations réversibles sont
encouragées.
Annexe : Diagnostic Géotech.
Colline de la Bruyère : disparition du paysage
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Date de réception préfecture : 12/12/2022LES SIGNES DE L’OCRE DANS
LE PAYSAGE
En dehors des signaux monumentaux (Colorado
Provençal, Mines de Bruoux, Sentier des ocres)
assimilés à des « sites naturels » (bien que nés
de l’homme), perdurent au détour des routes, des
restes d’émergences ocrières…
On distingue les signes industriels comme les
anciennes carrières nées de l’exploitation par
l’homme et plus modestes mais visibles, des points
de couleurs issus de l’érosion naturelle des sols,
comme le Collet de Flaqueirol à Viens. Le “paysage
touristique” admiré par les visiteurs est un paysage
industriel. Lutter contre la fermeture de ce paysage,
c’est lutter pour la préservation d’un paysage
industriel issu d’une activité qui fait la renommée
du Pays d’Apt. Cependant, ces sites n’étant pas
entretenus, ils disparaissent sous une végétation
calcicole active. Dans certains cas, l’ouverture de ces
signes pose la question de la fréquentation : ouvrir
la végétation, faire revenir le paysage de l’ocre, c’est
prendre le risque de voir arriver des touristes, égarés
ou volontaires, là où la confidentialité est peut-être
recherchée (Colline de la Bruyère) et la sécurité en
question (carrières de la SOF).
Les nombreux vestiges du patrimoine vernaculaire
ocrier décrivent pourtant l’histoire d’une industrie
intégrée à la structure rurale : alternance de côteaux
et de carrières, fermes et bâtiments, conduites,
champs de cultures, restanques et bassins de
décantation. Cette histoire culturelle de l’intégration
du travail de l’ocre dans une société paysanne, a été
abordée pour Roussillon par l’auteur Laurence Wylie
(Un village du Vaucluse, Paris, Gallimard, 1968). Mais
les signes de l’industrie de l’ocre révèlent également
les différentes méthodes d’extraction utilisées au
travers du temps.
Lavages
Lavage de la Choque Lavage des Vernets
Lavage des Tamisiers
La valorisation patrimoniale s’est centrée
principalement sur l’usine Mathieu (ôkhra-écomusée
de l’ocre) qui propose une découverte qualitative
des savoir-faire ocriers, orientée sur la question de
la production de la couleur. En revanche, les vestiges
monumentaux des deux anciennes usines de fer de
Rustrel (1832/1885) ont été classés aux MH, mais
ne bénéficient pas d’une valorisation, des gîtes ont
été construits à l’intérieur de l’enceinte.
Des actions d’inventaire restent à mettre en place
pour le patrimoine vernaculaire lié à l’exploitation
de l’ocre (tuyaux, rails, wagonnets, pompes, bassins
de décantation, galeries) qui jalonnent l’ensemble
du territoire, mais ne bénéficient pas de mesures
de conservation. Ils pourraient toutefois servir de
support à des parcours de découverte culturelle
complémentaire.
Il en va de même pour une partie du patrimoine
immatériel lié à l’utilisation des outils et des
infrastructures adaptés au relief et aux enjeux
d’extraction notamment à Rustrel, la commune du
dernier ocrier traditionnel, en activité jusqu’en 1990.
Roger Arnaud est le dernier témoin direct de cette
époque.
Dans les espaces urbains, seules certaines
communes (mobilier et ronds-points à Gargas par
ex.) ont recherché par une approche contemporaine,
l'expression ou l'affirmation de l'image des ocres
à travers un urbanisme artialisé. Des vestiges
industriels ponctuent les parcours, mais ces indices
du passé portent une dimension patrimoniale qui n’a
pas été révélée sur tout le territoire.
Si Gargas et Apt bénéficient du maintien d’une activité
d’exploitation de l’ocre en lien avec l’histoire et grâce
à l'activité de la Société de Ocres de France (SOF),
cette dimension patrimoniale n’est pas orientée vers
le tourisme, pour des raisons de sécurité de visiteurs
potentiels et leurs incidences sur des risques liées à
l’incendie.
1 2
3
4 6
1
2
3
4
6
Les patrimoines de la production industrielle d’ocres
de Gargas :
Mines
Mines de Bruoux
Usine
Usine de la Choque
Société des ocres
de France
1
5
5
Gargas
Anciens bassins de lavage et séchage de la Choque - Gargas
IGN - remonterletemps.ign.fr - 1958 - Gargas 01/09/2022 11:02 Document
Remontez le temps !
https://remonterletemps.ign.fr
Couche 1 : 1950-1965 (PHOTOS)
Couche 2 : Aujourd'hui (PHOTOS)
1/9/2022 — 11:02:31
IGN - remonterletemps.ign.fr - 2021 - Gargas
Tome 1 - Le Projet - Opération Grand Site Les Ocres du Luberon p. 58 grandsiteocresluberon.fr p. 59
Accusé de réception en préfecture
084-218400034-20221206-002927-DE
Date de réception préfecture : 12/12/2022Lavages
Les patrimoines de la production industrielle d’ocres
de Villars :
IGN - remonterletemps.ign.fr - 1958 - Villars
IGN - remonterletemps.ign.fr - 2021 - Villars
« L’exploitation s’est arrêtée en 1955 : il y avait de l’extraction du fer par les Américains (d’où le trou). L’activité forte se situe au début du siècle : il y avait 1 100 habitants à Villars ; puis les galeries ont servi de champignonnières après-guerre jusque dans les années 60. Il y a des kilomètres de galerie dans la Bruyère. Les champignonniers habitaient dans la Bruyère : tous ont disparu ».
Un élu
Lavages
Les patrimoines de la production industrielle d’ocres
de Rustrel :
IGN - remonterletemps.ign.fr - 1958 - Rustrel
IGN - remonterletemps.ign.fr - 2021 - Rustrel
« Nous, on est la dernière génération à avoir vu l’exploitation de Rustrel, on l’a vue sans arbres, c’était notre terrain de jeux, il restait des wagonnets, des mines, des rails, on jouait au Far- West. Maintenant on promène le long de la falaise, le long du GR actuel, à cheval aussi. Les enfants y vont, mais c’est dangereux. Pas plus que quand nous on y allait, mais c’est comme ça. On organisait des chasses au trésor »
Un élu
Rustrel
Gignac
Villars
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Accusé de réception en préfecture
084-218400034-20221206-002927-DE
Date de réception préfecture : 12/12/2022Lavages
Lavage du petit Piquebauf Lavage de Chiffron
Lavages de la Balissonne Lavage des “Colorants”
Lavage de Vilanchier Lavage de Peyrolin
Lavage des Miffres Lavage de Mauderie
Lavage du bassin rond Lavage Vaison
1 2
3
11 15
2
3
11
Les patrimoines de la production industrielle d’ocres
de Roussillon :
Mines
Mines de Parrot
Usine
Usine des ocres de France
Usine Guillen
Usine Camille Mathieu
Usine des Marquets
1
12
Roussillon
IGN - remonterletemps.ign.fr - 1958 - Roussillon IGN - remonterletemps.ign.fr - 2021 - Roussillon
5
7
9
4
6
8
10
13
14
3
4
5
6
7
8
9
10 12 15
13
14
Comparatif IGN - remonterletemps.ign.fr - 1958 > 2021 - Sentier des Ocres - Roussillon
« Nous, avant, on allait chercher nos enfants en passant par le sentier. Nous, on évite notre village. On fuit notre village. Toute la période de saison, on évite le village. Ou alors, on y va à pied ».
Un acteur économique
« Les deux sentiers font le tourisme ocrier, comme le palais des Papes fait le tourisme en Avignon. »
Un technicien
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Accusé de réception en préfecture
084-218400034-20221206-002927-DE
Date de réception préfecture : 12/12/2022Composition de
l’agriculture locale
Le terroir des ocres accueille
à proprement parler peu
d’agriculture, principalement des
vignes et arboriculture. Le massif
est installé dans un bassin
agricole qui, lui, offre un paysage
typique du Luberon.
La spécificité de ce secteur se caractérise par
des petites surfaces cultivées. Les trois cultures
principales sont par ordre d’importance : la vigne,
la cerise et le maraîchage. La mosaïque agricole
qu’elles constituent se décline suivant trois grandes
zones : la plaine est composée de maraîchage et de
grandes cultures, de vignes pour le vin de pays et
de friches; les coteaux servent à l’arboriculture et
également à la viticulture ; les hauteurs accueillent
de grandes cultures, les plantes à parfum, et les
élevages. Chacune de ces zones dessine ses propres
motifs agricoles à partir de la répartition entre
cultures dominantes et minoritaires.
À l’automne particulièrement, l’émergence verte des
arbres à feuilles persistantes sur les sols siliceux des
collines et vallons du massif révèlent par contraste
la vaste planéité colorée des parcelles agricoles
bordées des espèces à feuilles caduques
La vigne est mieux défendue aujourd’hui
qu’auparavant, même si des friches peuvent être
repérées à l’ouest du territoire. La production est
destinée en majorité à 90% aux coopératives. On
compte 7 à 8 caves situées dans le massif des ocres
vendant intégralement leur production en direct
auprès des touristes (80%) et des restaurants (20%).
Les touristes des ailes de saison sont les meilleurs
acheteurs. D’importants efforts ont été fournis ces
dernières années sur les procédés de vinification ou
de labellisation (bio), entraînant une hausse de la
qualité. Le secteur souffre aujourd’hui d’un problème
de commercialisation, le terroir ne bénéficiant pas
d’une identité reconnue, comme ce peut être le cas
pour ses voisins (Côtes-du-Rhône, Côteaux d’Aix-
en-Provence) malgré l’obtention en février 2022 du
label “Vignoble et Découverte Luberon”. Être réparti
sur deux appellations distinctes (AOC Luberon et
AOC Ventoux, limitées par le Calavon) freine cette
identification. Par ailleurs, la vigne produit un raisin
de table d’origine contrôlé (AOC Muscat du Ventoux),
reconnu pour être un des meilleurs de France.
La cerise (bigarreau Napoléon) tient ses difficultés de
sa dépendance à une seule filière d’écoulement, tenue
par une unique entreprise qui absorbe quasiment
100% de la récolte. La société Aptunion qui fait
aujourd’hui partie d’un groupe familial de 5 sociétés
spécialisées dans l’agro-alimentaire, a obtenu en
2017 le label EPV et a créé la Maison du fruit confit,
composée d’un espace muséal ludique, d’un espace
de dégustation, d’un magasin d’usine et d’un salon
de thé. Pour les seuls bigarreaux, elle revendique
200 arboriculteurs en Provence, 1000 ha de vergers
et 10 000 tonnes de fruits récoltés. Aptunion a aussi
entrepris un programme d’investissement pour la
plantation de cerisiers dans la région. Le paysage du
Pays d’Apt parsemé de champs de cerisiers dépend
du maintien de cette activité. Aujourd’hui la quasi-
totalité de la production est récoltée mécaniquement,
ce qui a eu un léger impact sur la structure paysagère
des parcelles.
Globalement, les exploitations agricoles souffrent
d’un manque de jeunes repreneurs, mais la surface
de terre cultivée reste quasiment inchangée.
Les exploitations sont ainsi de moins en moins
nombreuses, mais s’agrandissent d’année en année
(superficie moyenne de 30 à 40 ha). Les acteurs
font le constat d’un décalage entre la qualité et la
reconnaissance des paysages du Luberon, l’autorité
et la notoriété internationale du territoire, et le fait
que les produits du terroir n’utilisent pas cette
image. Un travail de valorisation des produits est
attendu. Il pourrait soutenir des démarches de
commercialisation également assez atone sur le
territoire. Enfin, pour certains acteurs, l’agriculture
apparaît comme une piste de renouveau économique,
permettant d’articuler patrimoine et savoir-faire
locaux, économie et tourisme.
Cerisiers de Villars
41%
19%
10%
8%
5%
5%
4% 4%
2% 2%
Viticulture
Arboriculture
Grandes cultures dont plantes aromatiques et
médicinales
Polyculture
Ovins et caprins
Polyculture, élevage et apiculture
Horticulture
Maraîchage
Céréales et oléprotéagineux
Autres animaux
Tome 1 - Le Projet - Opération Grand Site Les Ocres du Luberon p. 64 grandsiteocresluberon.fr p. 65
Accusé de réception en préfecture
084-218400034-20221206-002927-DE
Date de réception préfecture : 12/12/2022Évolution de
l’urbanisation du bassin
d’Apt.
En parallèle de la disparition
du patrimoine ocrier sous le
couvert végétal, les relevés
cartographiques comparés entre
1944 et 2017 montrent la forte
progression des constructions
urbaines sur l’ensemble du
territoire.
À Rustrel, on constate une avancée gravitaire vers
le fond de vallée tandis que le village descend vers
la Dôa, c’est l’expression des nouveaux modes
constructifs et des nouvelles exigences des
habitants.
Pour Villars, l’extension de l’habitat reste concentrée
sur les abords du village et autour des hameaux
périphériques et sur l’axe Apt/ Saint Saturnin lès Apt
(D111), à l’ouest du village.
Dans les années 80, un ensemble d’une vingtaine
de hameaux voit arriver la naissance du centre-ville
de Gargas. Cette urbanisation située au sud-est le
long de la D101 fait de Gargas un prolongement de
l’aire urbanisée d’Apt. Plus au nord, les massifs de
la Gardette et Perréal (Gargas) en ont naturellement
limité l’extension.
Ayant une structure de village perché classique, à
Roussillon, le développement s’est effectué le long
des axes routiers situés au sud (D104, D199).
Goult a également une structure classique de village
perché et un habitat parsemé dans la plaine agricole
et présente la particularité d’avoir une dualité ocre/
pierres dans l’architecture. En effet, le village est
à l’articulation du territoire de l’ocre et de la pierre
que l’on retrouve dans les villages voisins tels que
Gordes ou Bonnieux.
Les paysages mais aussi le patrimoine bâti du
territoire sont caractérisés par des images de
type «cartes postales». Ces sites sont soumis à la
fréquentation touristique ainsi qu’à une pression
urbaine parfois importante. Ce patrimoine bâti
participe fortement à la qualité paysagère du
territoire. Il témoigne de pratiques architecturales et
des savoir-faire ancestraux spécifiques au territoire :
silhouettes villageoises, chapelles, châteaux, bories,
terrasses de pierre sèche. Malheureusement, certains
éléments de ce patrimoine sont quelquefois en voie
de disparition dû au manque d’entretien des murs de
pierre sèche ou à des restaurations hasardeuses.
Certaines communes conscientes de cette
problématique ont lancé des actions de préservation
ou de restauration du patrimoine rural en concertation
avec le PNRL.
Face à la forte attractivité du territoire en termes
d’habitations, et depuis quelques années déjà, les
communes du périmètre de l’OGS ont élaboré leurs
règles locales et se sont dotées de documents
d’urbanisme. Ces derniers s’appuient sur l’inventaire
du petit patrimoine réalisé par le PNRL et prennent
en compte ces éléments du patrimoine pour les
préserver (identification, réglementation spécifique).
D’autre part, les PLU intègrent le périmètre du site
classé des Ocres du Pays d’Apt : pour les projets de
travaux à déclaration préalable, l’avis de l’ABF est
requis et concernant les demandes de permis de
construire la Commission départementale des sites
est sollicitée.
Les PLU n’ont pas encore été modifiés pour
intégration au SCOT de la CCPAL, validé le 11 juillet
2019.
Annexe SCOT
Communes Type de document d’urbanisme
Apt PLU approuvé en juillet 2019
Caseneuve PLU approuvé en novembre 1991
Gargas PLU approuvé en mars 2010
Gignac PLU approuvé en juin 2019
Goult PLU approuvé en novembre 2013
Roussillon PLU approuvé en décembre 2017
Rustrel PLU approuvé en juin 2007
Saint Saturnin Lès
Apt
PLU approuvé en février
2020
Viens PLU approuvé en février 2017
Villars PLU approuvé en août 2017
Rustrel
Gargas
Tome 1 - Le Projet - Opération Grand Site Les Ocres du Luberon p. 66 grandsiteocresluberon.fr p. 67
Accusé de réception en préfecture
084-218400034-20221206-002927-DE
Date de réception préfecture : 12/12/2022Le Pont Julien - Bonnieux
Le territoire des Ocres du Luberon
est traversé par une multitude
de petits cours d’eau. Cet aspect
hydrologique est un des facteurs
essentiels qui a permis l’exploitation
du minerai.
En effet, le procédé d’extraction inventé à la fin du XVIIIe s.
par Jean-Etienne Astier, est basé sur les caractéristiques
physiques du matériau : l’ocre est plus léger que le sable
dans lequel il est contenu. C’est donc par lavage successif
et par décantation que la séparation du sable et du pigment
est opérée. L’exploitation de l’ocre étant ainsi dépendante
d’un accès à l’eau. Pour Rustrel, les cours d’eau : la Dôa et
le Calavon, ont joué un rôle primordial dans cette aventure.
Pour Gargas et Roussillon, la nappe phréatique alimentait
(et alimente encore aujourd’hui) les lavages d’ocres en
circuit fermé avec réutilisation de l’eau; une vingtaine de
norias encore visibles dans le paysage de Roussillon.
De ce fait, l’ensemble du patrimoine d’exploitation lié à
l’ocre : batardeaux, bassins de décantation, systèmes de
pompes et de réseaux tubés, est situé à proximité du réseau
hydrographique. La qualité de ce lien est une richesse
patrimoniale immatérielle d’un savoir-faire « géographique
» et géologique de l’ocrier : où placer ses pompes, où
placer ses charges, comment utiliser la pente pour faire
descendre l’eau chargée d’ocre … autant de connaissances
que le temps pourrait emporter sur son passage.
La récolte et la transmission de ce savoir vernaculaire
peuvent encore être réalisées grâce à la présence de
quelques anciens, témoins de cette époque. Aujourd’hui,
les habitants et les visiteurs (42% des visiteurs du
Colorado) ont une forte appétence pour ces patrimoines
liés à l’ocre : mémoire du travail des hommes, flore et
espèces naturelles, paysages et patrimoines des carrières
d’ocre.
Mais la transmission du savoir paysan se dissout peu à peu
par la mutation de nos sociétés et plus particulièrement
par l’évolution du milieu rural.
Site classé
1.c) L’eau, élément
indissociable de
l’ocre
Hydrologie et patrimoine
Ocrier : sans eau, pas d’ocre
Affluent du Calavon au niveau de Apt, la
Dôa est un torrent qui prend sa source
dans la commune de Viens.
Le Calavon prend sa source au village de
Banon, il conflue avec la Durance sur la
commune de Caumont-sur-Durance
Anciens sites
de lavages
Anciennes mines
Anciennes usines
Lioux
Murs
Joucas
Goult
Ménerbe
Lacoste Bonnieux
Buoux
Apt
Sivergues
Auribeau
Caseneuve
Viens
Gignac Rustrel
Villars
Gargas
Saignon
Rousillon
Saint-Saturnin-lès-Apt
Castellet-en-Luberon
Céreste
Saint-Martin-de-Castillon
Lagarde-d’Apt
la Dôa
Le Calavon
Le Calavon
L’Urbane La Raille L’Imergue
Aurette
Rau de la Verrière
Rau de Chante Grillot
fossé de Rabas
Ravin de Perrotet
Rau des Viaux
Rau de Trecassats
Rau des Grandes Terres
Rau des Bicolets
Rau des Coulets
fossé du Devenes
Grand Salat
Le Calavon
Tome 1 - Le Projet - Opération Grand Site Les Ocres du Luberon p. 68 grandsiteocresluberon.fr p. 69
Accusé de réception en préfecture
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Date de réception préfecture : 12/12/2022Au détour d’une courbe, les
talus prennent de la couleur :
la destination est proche. Les
visiteurs accèdent au Massif des
Ocres à 95%, par l’une des six
entrées principales :
• La porte Nord située entre Sault et Saint Saturnin Lès Apt sur la D943. De par sa situation en surplomb,
elle offre une vision plongeante exceptionnelle, sur
l’ensemble du massif et des vues frontales sur les
falaises colorées, avec en fond les courbes du Luberon.
C’est le seul point de vue d’où l’on peut voir la totalité
du massif des Ocres du Luberon en un seul regard.
Ce panorama permet également de saisir les grandes
entités géographiques et paysagères du territoire ainsi
que la réalité géomorphologique du massif des Ocres.
• La porte Nord-est se trouve sur la D51 lorsque l’on arrive de Simiane-la-Rotonde et également depuis le
village perché de Viens. Cette entrée donne une vision
sur la vallée vers Rustrel, en corridors, avec des vues
lointaines sur la Bruyère, Perréal, Roussillon puis la
vallée du Rhône au loin
• La porte Nord-Ouest, située sur la D4 pour les visiteurs en provenance de Carpentras, donne depuis
Murs une très belle vue sur Roussillon et les fronts de
taille de la Société des Ocres de France (SOF) située à
Gargas.
• L’entrée sud se fait depuis la D943 au débouché de la Combe de Lourmarin, elle permet une vision territoriale
du massif mais l’ocre reste peu visible depuis cet accès.
• La porte Est, située sur la D900 (ancienne N100) via Céreste n’offre pas de vision des ocres, c’est l’accès
depuis lequel le sentiment d’ « entrée » dans le massif
est le plus faible.
• La porte Ouest se trouve elle aussi sur la D900 via Coustellet. Bien que cette entrée ne propose aucune
vision de l’ocre, elle reste la principale porte d’entrée
dans le territoire de l’ocre puisqu’elle est utilisée par
tous les visiteurs en provenance de l’A7 le long de la
vallée du Rhône. L’entrée dans Apt traverse un espace
banalisé par une urbanisation lâche.
1.d) Réseau viaire
Les portes du massif
Au sein du massif, trois types de
voies déterminent une hiérarchie
de proximité aux lieux.
• La D900 (ex RN100) qui longe le Calavon offre un accès rapide à la vallée, avec une vitesse et une largeur
de chaussée qui opèrent une mise à distance du paysage
et une certaine uniformisation des plans lointains.
• Les routes départementales structurantes, plus proches, permettent la lecture des signes d’ocre et des
approches de sites, tout en conservant une efficacité
PORTE
NORD
D943
PORTE
SUD
D943
PORTE
NORD EST
D51
de transport affirmée permettant la mise en réseau des
polarités du massif : (Apt-St-Saturnin, Apt-Rustrel, Apt-
Roussillon...).
• Enfin, les petites routes de campagne, plus étroites (4m), permettent une desserte plus fine du territoire.
Déjà empruntées par l’itinéraire de découverte cyclable
des « Ocres à vélo », elles permettent une proximité des
abords, en relation avec de larges espaces agricoles, des
ambiances variées et un ombrage sur de nombreuses
portions.
Sur l’ensemble du massif, la grande majorité des fronts
de taille ocreux est orientée au Nord. Malgré cela, la
signalétique actuelle favorise l’accès au massif par
le sud via les grands axes routiers de la vallée. Ces
itinéraires n’offrent malheureusement pas de point de
lecture du paysage qui permettrait une découverte de la
géologie du massif dans sa réalité territoriale. Le réseau
de petites routes de campagne situé au Nord possède
un fort potentiel de découverte du massif et semble
propice au développement de modes de déplacement
doux.
PORTE
NORD OUEST
D4
PORTE
OUEST
D900
vers Cavaillon
Vers
Pertuis
Vers
Carpentras
Vers
Manosque
Vers
Forcalquier
Vers
Le Mont
Ventoux
PORTE
EST
D900
Site classé
Axes routier principaux
Lioux
Murs
Joucas
Goult
Ménerbe
Lacoste Bonnieux
Buoux
Apt
Sivergues
Auribeau
Caseneuve
Viens
Gignac Rustrel
Villars
Gargas
Saignon
Rousillon
Saint-Saturnin-lès-Apt
Castellet-en-Luberon
Céreste
Saint-Martin-de-Castillon
Lagarde-d’Apt
Collet de Flaqueirol
Colorado Provençal ENS La Bruyère
ENS La Tuilière
Carrière SOF
Mines de Bruoux
Sentier des Ocres
Roussillon village ÔKHRA
Moulin de Salignan
S.O.F. Musée d’Apt
Musée de Géologie
Tome 1 - Le Projet - Opération Grand Site Les Ocres du Luberon p. 70 grandsiteocresluberon.fr p. 71
Accusé de réception en préfecture
084-218400034-20221206-002927-DE
Date de réception préfecture : 12/12/2022Apt au cœur du réseau
Bien qu’elle ne fasse pas
véritablement partie du massif
des Ocres d’un point de vue
géologique, la ville d’Apt
possède un rôle historique dans
la structuration des flux de
déplacements de ce territoire en
étant la plateforme d’expédition
des productions locales.
Pôle de convergence des flux, la ville est installée sur
l’ancienne voie romaine de la via Domitia qui longeait
le Calavon jusqu’à Cavaillon et dont l’actuel D900
reprend en partie le tracé antique. Au XIXe siècle,
l’arrivée du chemin de fer, qui permettra l’exportation
des ocres dans le monde entier, est venue confirmer
ce statut de “capitale” du bassin. Cependant, avec le
déclin de l’industrie, la fermeture de la ligne ferroviaire
Apt-Avignon et la concurrence des infrastructures
de transport de la vallée du Rhône pour les trajets
de transit entre Rhône et Durance (TGV, autoroutes),
Apt a progressivement perdu son statut de carrefour
commercial. Malgré cela, à ce jour la ville continue de
capter les flux en provenance de l’A7 à l’Ouest (venant
d’Avignon) et de l’A51 à l’Est (venant de Manosque).
Sa position géographique de carrefour entre la D900
et la D943 en fait un lieu de transit privilégié pour les
trajets en direction du massif des Ocres tout comme
pour ceux entre les parties Orientale et Occidentale
du massif.
Ludovic Laffitte
Sur le plan culturel, la ville d’Apt propose une offre
muséologique large au travers de plusieurs structures
largement identifiées par les habitants. Le Musée
d’Histoire et d’Archéologie, fermé actuellement et le
Musée de Géologie, installé à la Maison du Parc du
Luberon, invite à remonter le temps, à la découverte
de l’histoire du Luberon depuis plus de 130 millions
d’années. La ville propose un regard intéressant sur
la question des patrimoines industriels au travers du
Musée d’Apt* (ex : Musée de l’aventure industrielle)
qui développe trois thématiques principales et liées:
les céramiques, les fruits confits, et les ocres ; de
l’artisanat à l’industrie, l’histoire de l’essor, des crises
et des mutations est contée au moyen d’expositions
sur l’outillage, les produits et les techniques.
Au regard de son offre culturelle et de sa situation
géographique, la ville d’Apt apparaît aujourd’hui
comme une polarité privilégiée capable d’articuler
l’accessibilité du massif avec sa desserte interne par
la redistribution des flux de la D900 sur le massif des
Ocres via des modes doux.
* Le Musée d’Apt a fait l’objet d’un Projet Scientifique
et Culturel qui a pour objectif de définir les grandes
orientations dans le cadre d’une réunification des
collections muséales de la ville. Cette réunification vise
à proposer un parcours permettant de comprendre la
ville et son pays, tout en dotant le musée d’espaces
rationalisés et adaptés à un meilleur accueil du public
et à une meilleure conservation et étude de ses
collections. Sur cette base, une étude de définition et
de faisabilité a été programmée dès 2021.
Tome 1 - Le Projet - Opération Grand Site Les Ocres du Luberon p. 72 grandsiteocresluberon.fr p. 73
Accusé de réception en préfecture
084-218400034-20221206-002927-DE
Date de réception préfecture : 12/12/2022La trame viaire dense en plaine et
les variétés de paysages favorisent
les initiatives de découverte douce,
randonnées, balades à pied, à
cheval, vélo (boucle des Ocres à
vélo en cours de redéfinition en
2022).
Avec ses 30 km de long, le massif des Ocres du Luberon,
tout en étant vaste, permet des randonnées courtes
et variées sur une journée. Toutefois, cette pratique
manque de porteurs et les initiatives sont encore trop
localisées. Le territoire ne possède pas de pratique
douce offrant une continuité sur l’ensemble du massif.
On note pourtant que 43% des visiteurs des ocres sont
demandeurs de transports doux. Un système de navette
intéresse 20% des visiteurs. Les + de 60 ans sont les
plus intéressés par un mode de transport type navette
(33% d’entre eux). L’ensemble des résultats indique
la nécessité d’avoir une pluralité d’offres en fonction
des sites et des catégories de public (jeunes, familles,
personnes âgées).
Les différences de niveaux de fréquentation de l’année
2021 (295 727 pour le sentier des Ocres à Roussillon,
289 850 pour le Colorado provençal, 30 023 pour les
Mines de Bruoux et 15 139 pour Ôkhra) impliquent
des approches spécifiques pour chaque espace.
Si l’accessibilité aux différents sites peut se traiter
spécifiquement par zone, la mobilité douce peut trouver
des solutions dans une vision d’ensemble, à l’échelle du
Massif des Ocres du Luberon.
En ce sens, quelques actions de l’Agenda 21 2020-2025
du Conseil général de Vaucluse qui a une ligne d’action
sur le développement des pratiques de mobilités
durables et les sites touristiques à forte fréquentation,
peut constituer une opportunité d’action (notamment
en lien avec la véloroute du Calavon).
Déplacement doux
et patrimoine ocrier
Tome 1 - Le Projet - Opération Grand Site Les Ocres du Luberon p. 74 grandsiteocresluberon.fr p. 75
Accusé de réception en préfecture
084-218400034-20221206-002927-DE
Date de réception préfecture : 12/12/20222 PRATIQUES ET FLUX DANS LES SITES Sur l’ensemble du Massif des Ocres du Luberon, on recense cinq sites majeurs qui suscitent un intérêt marqué pour les visiteurs. Trois des sites se situent sur la commune de Roussillon : le village, le sentier des Ocres, le ôkhra-écomusée de l’ocre. Les Mines de Bruoux se visitent sur la commune de Gargas et le Colorado Provençal sur la commune de Rustrel. Ces cinq sites constituent l’attrait principal pour les visiteurs venus de tous horizons afin d’admirer les couleurs, profiter des balades, acquérir des connaissances. En moyenne, 27% de tous les visiteurs du Luberon sont motivés en priorité par la visite des Ocres et une nature
préservée. Si l’on considère uniquement la tranche des
moins de 30 ans, on atteint 60% d’intérêt.
• Sur 245 répondants en 2022 : “Pour vous les ocres du Luberon c’est ?”
• Sur 174 répondants (dont 32% de locaux) en 2022 : “Quelles activités y pratiquez-vous ?”
2.a ) Les sites ocriers
touristiques
“Couleurs des terres d’ocre où chante la Provence,
Blason de pourpre et d’or au cœur du Luberon :
Nous autres gens d’ici, avons bien pris conscience
Que peintres et poètes longtemps célèbreront
Notre montagne bleue et notre privilège
D’un environnement qui enchante les yeux.
Pourquoi les laisser seuls goûter les sortilèges
Des sons et des parfums qui habitent ces lieux ?
N’oublions pas non plus la caresse du vent
Ou la fraîcheur des sources qui murmurent souvent
Dans les creux des vallons loin du soleil vainqueur.
Il reste enfin les goûts des produits du terroir ;
Bien trop longs à chanter ! … Aussi venez nous voir :
Toujours vous garderez le Luberon au cœur !”
Roger Fenouil
Tome 1 - Le Projet - Opération Grand Site Les Ocres du Luberon p. 76 grandsiteocresluberon.fr p. 77
Accusé de réception en préfecture
084-218400034-20221206-002927-DE
Date de réception préfecture : 12/12/2022• “Avec quel moyen de transport vous déplacez-vous ? ”
• Sur 60 répondants (dont 22% de locaux) en 2022 : Selon vous, qu'est-ce-qui caractérise le mieux les
ocres ?
• A quel point appréciez-vous cet environnement ? Donnez une note de 0 à 10. 0 signifie : vous n’avez pas
apprécié. 10 signifie : vous avez beaucoup apprécié.
Moyenne = 9,12.
La solitude/l’intimité et davantage de sentiers balisés
sont les souhaits les plus exprimés par les répondants.
Parmi les plus mécontents, la gestion de la
fréquentation est une priorité (“Contrôler le nombre
d’entrées et fixer une jauge limite à ne pas dépasser”.
“Des entrées sur réservation uniquement”. “Offrir aux
visiteurs des plages horaires pour la gratuité des
parkings”.)
Qui n’aimerait Roussillon, s’il aime la lumière, la couleur, l’ardeur, les
vastes horizons et cette pax minérale des nuits étoilées du Midi.
Marie Mauron, écrivaine et poétesse
Le Pont Julien - Bonnieux
SENTIER DES
OCRES
Vers
ÔKHRA
1.6 km
LE VILLAGE
Roussillon : un trio
exceptionnel
Parmi les premières destinations
touristiques du Luberon, Roussillon
est perçu comme le point central du
massif des Ocres. C’est sans doute
car on retrouve sur un périmètre de
seulement 1,5 km de distance : le
village de Roussillon, le Sentier des
ocres et ôkhra-écomusée de l’ocre.
Le tout est magnifié par la situation en promontoire du
village qui le pose en belvédère sur la vallée et des monts
de Vaucluse, offrant au visiteur un panorama incomparable.
Par la route, l’entrée nord est la plus belle, elle permet de
découvrir la dualité de l’ocre avec le village. Le sud est
l’accès majoritairement emprunté, mais il ne donne pas à
voir la silhouette du village. Cet accès permet de découvrir
la couleur en passant devant ôkhra-écomusée de l’ocre,
mais cette ancienne usine ne capte pas les visiteurs dont
l’objectif est le village ou le Sentier des ocres. C’est en venant
de Goult que l’ocre en bord de route est plus présente. Le
premier relief ocrier visible pour les visiteurs en provenance
de la vallée du Rhône, est situé sur cette commune. Depuis
la route on peut observer que la formation ocreuse s’amincit
et disparaît progressivement, ne subsistant plus que par
petites poches au abord de Bédouin et Mormoiron. C’est une
perspective assez complète sur le relief provençal allant de
la grande plaine est-ouest entre Ventoux et Luberon. Même
si des carrières d’ocres sur le secteur des Petites Vaines ont
été en activité à une époque, la plupart des gens n’associent
pas Goult à l’ocre. A Roussillon, le Sentier des ocres est
accessible depuis le cœur du village. Berceau de l’histoire
industrielle de l’ocre, le déclin de cet épisode industriel dans
les années 1950, a laissé une grande richesse patrimoniale
sur la commune : alternance de coteaux et de carrières, de
fermes et de bâtiments industriels, de champs de cultures et
des bassins de décantation 1.
1 L’histoire culturelle de l’intégration du travail de l’ocre dans une société pay- sanne, a été partiellement abordée par Laurence Wylie (Un village du Vau- cluse, Paris, Gallimard, 1968).
le
village le Sentier des Ocres
ÔHKRA
Tome 1 - Le Projet - Opération Grand Site Les Ocres du Luberon p. 78 grandsiteocresluberon.fr p. 79
Accusé de réception en préfecture
084-218400034-20221206-002927-DE
Date de réception préfecture : 12/12/2022MUSÉOGRAPHIE :
panneaux informatifs bilingues (FR/GB) sur la
géologie, le massif ocrier, le type de carrières, la
végétation, l’usage de l’ocre et l’histoire industrielle.
PARCOURS ET SIGNALÉTIQUE :
Les aménagements réalisés en 2007-2008 ont été
rénovés en 2021-2022 avec installation d’une rampe
métallique dans l’escalier principal et amélioration
de l’accès PMR au premier belvédère. Le sentier
est suffisamment signalé, il n’y a pas de problème
particulier de visibilité et de fonctionnement. On
pourrait noter que l’esplanade à l’entrée du sentier
est peu en rapport avec le grand paysage des monts
de Vaucluse. Il n’y figure pas d’informations portant
sur l’histoire du village et la place haute est une
limite au lieu d’être un carrefour à la visite du village
(belvédère…).
Deux circuits en boucle de 1 à 1,5 km sur quelques
hectares arborés sont accessibles en visite libre (30
à 60 minutes) ou en visite guidée du sentier seul
réalisée par la SCIC ôkhra ou combinée avec la visite
du village et/ou de l’Usine Mathieu – écomusée de
l’ocre.
Une visite d’exception ternie par la
voiture :
Les visiteurs, au sentier des ocres comme au village,
se déplacent avant tout pour passer un moment de
détente. La seconde raison de la venue du public
dans le village réside dans la beauté des couleurs.
Ces couleurs constituent également un argument de
poids pour la visite du Sentier des ocres, au même
titre que « le Luberon et ses paysages » observables
depuis le site.
Le village et le sentier ont des publics très semblables.
Il s’agit d’une clientèle plus jeune et plus familiale
qu’à ôkhra-écomusée de l’ocre, même si ce site
reçoit annuellement entre 4000 et 6000 scolaires
essentiellement issus du primaire. Cela s’affirme
avec la transformation récente d’ôkhra en écomusée
de l’ocre et la généralisation des visites guidées-
atelier où les enfants et leur parents peuvent toucher
l’ocre et peindre.
Le Sentier des ocres est très majoritairement
perçu comme suffisamment mis en valeur. Les
visiteurs ne souhaitent pas y voir d’aménagements
supplémentaires. Les paysages perçus sont
également très appréciés par les visiteurs. Sur le site
du Sentier des ocres, 14% des visiteurs déclarent
avoir le sentiment de visiter un site fréquenté.
Depuis 2010, 15 982 avis en ligne ont été récoltés
via l’agrégateur Fair Guest (Google My Business,
Tripadvisor, etc.). La note moyenne est de 9/10.
LE VILLAGE
A Roussillon, on peut observer
à quel point l’architecture
traditionnelle est capable de
pousser le mimétisme avec
son environnement immédiat.
Omniprésente, les nuances des
ocres teintent l’ensemble des
façades du village 1 .
Classé parmi les “Plus Beaux villages de France”,
Roussillon est un des villages perchés du Luberon
où la pierre sèche n’est pas dominante. Roussillon
a la particularité d’être le point de départ principal
d’accès au Sentier des ocres. La commune a
connu une importante croissance au cours des
cinquante dernières années. Cela s’est traduit par
le développement d’un tissu lâche de maisons
individuelles le long des routes d’accès au village
(702 habitants en 1962; 1280 en 2007; 1335 en 2019).
Ce phénomène a participé à l’obstruction progressive
des vues directes sur les fronts de taille d’ocre, lui-
même accentué par la tendance à la fermeture
végétale de ces espaces. Boisements et urbanisation
ont fait disparaître les infrastructures d’extraction et
les vues sur les falaises d’ocre. Aujourd’hui, alors que
l’ensemble est un site d’extraction, il ne reste d’ocre
visible que là où l’on n’a pas construit de maisons
individuelles.
En pressentant l’intérêt que pouvait susciter ce
patrimoine auprès des visiteurs, la commune s’est
investie assez tôt sur la question du tourisme
vernaculaire. La configuration unique du village, avec
sa vallée et ses sentiers d’ocres, lui font bénéficier
d’attraits puissants. Les initiatives touristiques
débutent dans les années 1995, elles s’orientent
vers un tourisme culturel basé sur l’esthétique et
la facilitation de l’accès à l’art. Le développement
qui s’ensuit est très important, le village voit naître
au fil du temps nombre d’activités liées à l’ocre en
plus des restaurants, galeries, commerces et hôtels.
La renommée du village s’installe ce qui n’est pas
sans poser de problèmes auprès des 1300 habitants
à l’année. En effet, ce dynamisme est tellement
concentré sur les périodes estivales, qu’il n’est pas
simple pour les résidents de composer avec les pics
de sur-fréquentation. Tout en étant une source de
revenus fort pour la commune et ses administrés,
une forme de rejet se manifeste notamment par la
fermeture des propriétés privées. Ainsi la perméabilité
des espaces est altérée, progressivement, les
passages et sentiers ont été obstrués par des
grillages, empêchant des traversées hors route.
1 Règlement d’architecture du PNRL en annexe.
La pierre calcaire du Luberon étant gélive, les maisons étaient toutes enduites à la chaux et souvent colorées par les sables lavés issus de l’exploitation de l’ocre. Après-guerre, la mode de décroutage des enduits pour faire apparaître la pierre a transformé la perception de l’habitat du Luberon. Par ex., dans le village de Goult les maisons se répartissent aujourd’hui entre façades enduites et façades à pierres apparentes.
“Alors, chaque année on découvre,
étonné, un autre Ménerbes, un
nouvel Oppède, et chaque année, le
prieuré de Saint Symphorien paraît
plus gracieux, plus fragile, et plus
précieuses semblent les falaises de
Roussillon.”
Simonne et Jean Lacouture, auteurs,
historien, journaliste
Tome 1 - Le Projet - Opération Grand Site Les Ocres du Luberon p. 80 grandsiteocresluberon.fr p. 81
Accusé de réception en préfecture
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Date de réception préfecture : 12/12/2022Ludovic Laffitte
La fermeture de ces cheminements provoquent
lentement l’exclusion de certaines activités dont
les randonnées équestres et les randonnées en
vélo tout terrain. Même les sentiers historiquement
pratiqués par les locaux pour relier Roussillon aux
autres sites disparaissent. La densité de touristes
s’accompagne d’un flux automobile considérable et
se confronte aux choix des aménagements urbains,
qui jusqu’à présent ont privilégié le renforcement
du noyau villageois historique au détriment d’une
répartition plus large sur l’ensemble de la commune.
La concentration des commerces, des équipements,
et l’aménagement des espaces publics ont provoqué
une omniprésence des véhicules sur les trajets
piétons. Les parkings étant situés proches du sentier
et du village, sont la source de nombreux points de
conflits d’usage entre habitants, visiteurs, piétons
et automobilistes. Congestionné par les voitures
et envahi par le commerce touristique, le village
présente une image consumériste et si l’impression
de sur-fréquentation est encore relativement limitée,
son risque est parfaitement bien saisi. D’ailleurs, des
élus locaux commencent à exprimer le sentiment
d’avoir atteint un seuil d’acceptabilité à ce niveau.
Cette perception s’est d’abord traduite au travers
d’une politique communale orientée vers les résidents
avec la création d’une zone bleue spécifique, et en
favorisant la redistribution des fruits du tourisme
afin d’améliorer l’acceptation sociale des visiteurs.
La question du stationnement constituant le point
essentiel à résoudre sur la commune.
MUSÉOGRAPHIE :
La dimension patrimoniale liée à l’histoire du village
reste malheureusement très faible malgré l’affichage
de plusieurs plans de situation indiquant les points
d’intérêts.
Il en est de même pour le patrimoine vernaculaire
ocrier, qui jalonne l’ensemble de la commune et
qui ne bénéficie pas de mesures de conservation.
Pourtant, il pourrait servir de support à des parcours
de découverte.
LE SENTIER DES OCRES
Situé à proximité immédiate, le départ du
Sentier des ocres prend appui directement
sur le village comme un prolongement
de l’espace public offrant un parcours
de découverte à ciel ouvert à travers
l’ancienne carrière.
Les aménagements apportés année après année depuis 2007 ont
été réalisés avec un soin du détail notable, ils sont exemplaires du
point de vue de l’équilibre et de l’adaptation au site. La promenade
s’effectue sur la face cachée du massif, orientée vers le nord dans
un jeu d’échelle dans le paysage avec des vues sur les monts
de Vaucluse, Saint-Saturnin, Perréal et de lointain avec le mont
Ventoux. Le mariage du village et du Sentier des Ocres développe
une singularité propre, la présence du rouge dans un milieu végétal
le positionne comme le joyau du paysage de la couleur malgré les
conditions d’accessibilité générale au site.
Propriété communale et gérée en régie directe, cet ensemble
Sentier des ocres et village bénéficie d’une forte intervention des
nombreux agents communaux durant la haute saison. Cependant,
il existe une forte disparité entre l’attention qui a été portée
à l’aménagement du Sentier des ocres avec l’excellence des
matériaux et des finitions, l’approche contemporaine, la justesse
de l’échelle; et ceux pensés pour l’espace public inadapté à
l’omniprésence de la voiture en période estivale.
En effet, la renommée du Sentier des ocres génère une
fréquentation estimée à 295 727 visiteurs en 2021. Cependant
cette fréquentation reste, comme pour le village, principalement
concentrée sur les mois d’été. Ce tourisme tout public s’inscrit au
travers d’une visite de découverte assez libre du Sentier des ocres
et du village, c’est avant tout une activité familiale, avec ou sans
enfant, à caractère de détente. Le village et le Sentier des ocres
forment ainsi une entité contiguë qui donne au site une certaine
unité : continuité piétonne entre l’entrée du Sentier des ocres et le
village, prolongement de l’offre ocrière dans le village : boutiques
à souvenirs, 10 galeries d’art. Le duo en fait l’une des premières
destinations touristiques du Luberon (avec Gordes). La dimension
municipale de la gestion est perceptible. La commune intervient
régulièrement sur la maintenance du sentier des ocres.
Tome 1 - Le Projet - Opération Grand Site Les Ocres du Luberon p. 82 grandsiteocresluberon.fr p. 83
Accusé de réception en préfecture
084-218400034-20221206-002927-DE
Date de réception préfecture : 12/12/2022LE TERRITOIRE LOCAL :
une avant-garde à reconnaître
Pionnier et visionnaire vis-à-vis de l’ocre, ce projet a
insufflé de nouveau, une dynamique de valorisation
à l’échelle du massif à la fin des années 1990.
Débutant en tant qu’association, le projet a pris
une forme juridique originale (Société coopérative
d’intérêt collectif - SCIC) qui permet l’association de
personnes,de capitaux privés et publics au sein d’un
projet commun. La coopérative réunit aujourd’hui un
grand nombre des acteurs ocriers publics et privés du
massif. Elle a acquis la reconnaissance de la qualité
de son travail par les professionnels du secteur.
Cependant, l’ambition du projet n’a pas su atteindre
un public suffisamment nombreux pour trouver un
équilibre financier. De 2011 à 2019, sa fréquentation à
baissé régulièrement en passant de 26 500 visiteurs,
à moins de 15 000 visiteurs en 2020 et 2021 en raison
de la crise sanitaire et de la perte quasi-totale de
groupes. Il en nécessiterait 40 000 pour assurer une
viabilité pérenne de l’entreprise. De 2008 à 2018, un
billet couplé avec le Sentier des ocres, les liens avec
les Mines de Bruoux (filiale à 50% de la SCIC ôkhra) ou
la vente de produits dérivés ont permis d’améliorer la
situation, sans vraiment réduire les inquiétudes des
gestionnaires. Tout en reconnaissant la spécificité de
leur offre et du public qui y répond, le faible portage
institutionnel local de leur projet, notamment par la
discontinuité piétonne avec Roussillon et l’absence
d’une politique touristique ocrière à l’échelle
du massif, sont deux facteurs majeurs dans la
problématique de développement d’ôkhra-écomusée
de l’ocre.
ÔKHRA-ÉCOMUSÉE DE
L’OCRE
Un enclos entre patrimoine et
modernité
Le site est une propriété communale gérée en
délégation de service public par contrat d’affermage
par la SCIC ôkhra. D’une durée de 20 ans, le contrat
s’achèvera en novembre 2027. La SCIC ôkhra réunit
dans son capital 240 sociétaires privés et publics
dont 6 collectivités territoriales détenant 40% du
capital (commune de Roussillon, Communauté de
Communes Pays d’Apt Luberon, PNR du Luberon,
Département de Vaucluse, Région Sud).
Située à 1,6 km du centre du village sur la route d’Apt
(D104), l’usine Mathieu abrite l’écomusée de l’ocre
géré par ôkhra, société coopérative d’intérêt collectif.
La SCIC ôkhra est labellisée Qualité Tourisme, ESUS
(Entreprise Solidaire d’Utilité Sociale), Valeurs Parcs
naturel régional et Géopartenaire du PNR du Luberon.
En 2016, la SCIC ôkhra a également obtenu avec la
CCPAL, le label EDEN de site d’excellence européenne
sur la thématique du tourisme culturel.
L’association ôkhra, créée en 1994 par la commune
de Roussillon et deux porteurs de projets Barbara
et Mathieu Barrois, a pour mission essentielle la
valorisation des savoir-faire ocriers et de la couleur.
Elle a investi l’usine Mathieu, réhabilitée par la
Commune de Roussillon avec des subventions de
l’Etat, de la Région et du département de Vaucluse.
C’est le lieu de référence concernant la connaissance
de l’ocre, de la fabrication à l’usage des pigments
et de la couleur à travers l’histoire locale. Depuis
l’ouverture au public en juillet 1995, ôkhra-écomusée
de l’ocre, propose une découverte qualitative des
savoir-faire ocriers, orientée sur la question de la
production de la couleur. Le bâtiment du jaune, situé
en bord de route, est le premier point de couleur
que l’on rencontre à l’entrée Est de la commune de
Roussillon. L’architecture a été restaurée dans les
règles de l’art avec un véritable soin du détail. Les
grands volets, vivement colorés, agissent comme un
signal et apportent un jeu d’équilibre entre patrimoine
et modernité qui peut représenter un modèle
d’aménagement en la matière. Une belle combinaison
du modeste et de l’affirmer habite ce site : très sobre
dans les volumes et très vif dans les couleurs (la
coexistence du patrimoine et de la modernité). À
l’intérieur de son enceinte, il se dégage une certaine
ampleur : l’esprit des lieux est bien interprété. On
regrette l’actuel manque d’ouverture sur le grand
paysage, tout est très clos, très autonome, et ne
développe pas de liens avec d’autres lieux.
Depuis 28 ans ôkhra-écomusée de l’ocre préserve le patrimoine
industriel ocrier du Pays d’Apt avec la récupération en 1994 de 3
moulins de l’usine Lamy d’Apt, en 1999 du bâtiment Petite Vitesse
de la gare d’Apt, les archives de l’usine Mathieu-Thomassin de
Roussillon (1890-1901). Le four, ainsi que deux séries de lavage
ont été réhabilités et ont été remis en marche lors d’évènements
comme les Journées du Patrimoine ou la Fête de la Science.
Une étude ethnographique a été financée par la DRAC en 1997
et réalisée par Francine Simonin sur le fonctionnement de l’usine
Mathieu à partir du témoignage d’Elie Icard, contremaître de l’usine
en 1942.
Aux yeux des visiteurs, ôkhra-écomusée de l’ocre apparaît avant
tout comme un musée de culture scientifique et technique, un lieu
de transmission des savoir-faire. La visite d’ôkhra-écomusée de
l’ocre est associée au travail de l’ocre et à la couleur. Par ailleurs,
la distance qui sépare ôkhra-écomusée de l’ocre du village de
Roussillon et du Sentier des ocres est un élément essentiel du
déficit de fréquentation (nécessité de reprendre son véhicule).
Plan de circulation du site
Tome 1 - Le Projet - Opération Grand Site Les Ocres du Luberon p. 84 grandsiteocresluberon.fr p. 85
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Date de réception préfecture : 12/12/2022MUSÉOGRAPHIE :
Des choix muséographiques faisant parfaitement
écho au concept d’ôkhra-écomusée de l’ocre on
été fait, ce qui peut donner le sentiment d’une offre
destinée à des visiteurs initiés. La mise en scène du
contenu qui accompagne le visiteur dans chaque
espace à été travaillée avec beaucoup d’attention
avec la création d’un parcours pédagogique « circuit
du rouge » de 20 panneaux informatifs bilingues
(F/E) sur la géologie, l’histoire de l’ocre à travers
les âges, l’usine Mathieu, les matériaux, la couleur
et les principaux types de peinture. L’ensemble de
ce contenu est issu d’un travail très documenté, on
peut noter malgré tout que la mise en scène des
salles pourrait sembler un peu figée. En 2022, ôkhra-
écomusée de l’ocre a rejoint la FeMs, Fédération des
écomusées et des Muses de société regroupant en
France plus de 130 institutions et 180 sites ouverts
au public.
PARCOURS ET SIGNALÉTIQUE :
Le domaine de 5 hectares comprend 2 bâtiments
principaux de fabrication d’ocre d’une surface de
1800 m² et 4 séries d’aires de lavage sur 4 hectares.
Pour des raisons de sécurité, seule la partie haute du
site et la première aire de lavage sont accessibles au
public depuis 1995. Friche industrielle à l’abandon
depuis 1993, l’usine a été totalement réhabilitée en
1994-1999. Les espaces extérieurs et la première
aire de lavage ont été aménagés en 2007-2010 et
une seconde aire de lavage avec circuit en boucle
accessible pour tous publics vient d’être aménagée
et sera ouverte au public en 2023. Le parking de
30 places est saturé en haute-saison. La visite
guidée-atelier d’1h15 est la modalité principale de
découverte du lieu. Des ateliers pratiques d’1h30
à 3 jours sont proposés toute l’année : ateliers
ludiques “à la manière de …” pendant les vacances
scolaires, visites, ateliers et circuits pour les groupes
scolaires et adultes, journées d’initiation aux
peintures naturelles farine, colle de peau, caséine)
et aux finitions de chaux (badigeons, marmorino et
tadelakt).
Ôkhra-écomusée de l’ocres assume son côté
historique, pédagogique des ocres et trouve un
équilibre ludique qui intéresse un public familial en
proposant des animations récurrentes. Une amorce
qui mériterait d’être développée avec les aspirations
des générations X, Y. Les aménagements de grande
qualité résultent d’un beau travail d’architecture, et
d’une restauration qui a pris soin du détail. Il y a ici,
ce jeu d’équilibre entre patrimoine et modernité, qui
peut représenter un modèle d’aménagement en la
matière. Un grand nombre d’intervenants, artistes
et artisans d’art, ont travaillé à l’aménagement du
parcours. On peut observer des œuvres artistiques,
contemporaines et artisanales durant le circuit
de visite. Ces oeuvres apportent une autre teinte
de couleur dans le paysage : dans le cabanon de
l’ancien contre-maître de l’usine, on contemple : le
cadran solaire de Marielle Bonnefoi-Peterson, les
luminaires de Claudia Serantès, les sfrafittos réalisés
par les stagiaires de Solène Delahousse.
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Accusé de réception en préfecture
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Date de réception préfecture : 12/12/2022Si la commune a compris
en avance le potentiel de
développement touristique et
culturel que représentaient les
ocres et la situation préférentielle
du village, la cohérence du
triptyque village/Sentier des
ocres/ôkhra-écomusée de l’ocre,
trouve cependant ses limites
au travers de la place accordée
jusqu’alors à ôkhra-écomusée de
l’ocre.
Ce site semble détaché d’un duo fusionnel village/
Sentier des ocres, en raison d’une discontinuité
piétonne, comme s’il constituait un élément à part
alors même que la thématique, les liens touristiques
avec le village de Roussillon et le Sentier des ocres
sont évidents.
Le dernier trimestre de 2021 marque un changement
important dans la gouvernance de la SCIC ôkhra-
écomusée de l’ocre, avec l’arrivée d’un nouveau
président, fort d’une vision pour reconfigurer
l’équilibre entre ces trois entités : « Ôkhra doit se
positionner à l’intérieur d’un triangle composé du
village de Roussillon, du Sentier des ocres et ôkhra-
écomusée de l’ocre. »
Pour Roussillon, les enjeux
locaux sont de :
• Développer une meilleure synergie entre les trois sites : village/Sentier des ocres/ôkhra-écomusée de
l’ocre
• Etudier une mobilité douce et durable entre les trois sites roussillonnais
• Désenclaver le centre du village et le Sentier des ocres en très haute saison
• Eviter des files d’attentes trop longues à l’entrée du Sentier des ocres en été
• Stopper la sous-fréquentation structurelle d’ôkhra - écomusée de l’ocre.
• Trouver une solution alternative locale avec ôkhra- écomusée de l’ocre en cas de fermeture du Sentier
des ocres pour risque feux de forêt.
Mairie de Roussillon
Sentier des Ocres - Roussillon
ôkhra-écomusée de l’ocre
ôkhra-écomusée de l’ocre
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Accusé de réception en préfecture
084-218400034-20221206-002927-DE
Date de réception préfecture : 12/12/2022ex. tournages). D’autre part, malgré une recherche
esthétique et architecturale qui a réussi à se marier
avec la splendeur des lieux, le bâtiment présente
des problématiques de fonctionnement et des
faiblesses de construction, des améliorations
pourraient permettre d’en accroître les usages.
L’actuel délégataire propose aussi de développer la
muséographie intérieure et extérieure, notamment
pour le public scolaire.
Par ailleurs, le site des Mines est disjoint du village
et de ses commerces. Pourtant, la mémoire de la
culture ouvrière est encore très présente dans le
village; un lien permettrait de pouvoir lier l’ensemble
pour participer à l’économie locale.
Aujourd’hui, les enjeux locaux qui
se présentent sont les suivants :
• Adapter les aménagements aux usages du site et aux risques naturels
• Valoriser les espaces extérieurs aux abords immédiats des mines.
• Développer une meilleure synergie entre le village, les Mines de Bruoux, Mathieu Lustrerie et la SOF.
• Sécuriser l’accès routier aux Mines de Bruoux
• Etudier une mobilité douce et durable entre le village et les Mines de Bruoux et les autres sites
ocriers
LES MINES DE BRUOUX
Les Mines de Bruoux sont situées au
nord-ouest de la commune de Gargas.
C’est grâce à l’évolution des méthodes
d’extractions que l’on observe vers
la fin du XIXe siècle, que ces galeries
souterraines monumentales ont été
creusées par les ocriers..
L’activité industrielle étant depuis longtemps à l’arrêt, après
une transformation partielle et éphémère en champignonnière,
la commune prit la décision de créer un lieu de transmission
patrimoniale. Le site, ouvert le 1er mai 2009, propose au travers
l’histoire des lieux et des mineurs au travers d’une visite guidée
et commentée. Ce patrimoine remarquable demeure finalement
le seul endroit du massif où est transmise une l’histoire de cette
aventure industrielle et humaine qui a accompagné la formation
des paysages spectaculaires du massif des ocres.
Dans cet espace, l’industrie se télescope avec la géologie. Le
plus frappant ici, c’est justement cette diversité qui rassemble le
caractère monumental des galeries, la qualité des matières, mais
également les couleurs et les effets que la lumière produit sur les
ocres. Il existe un alliage parfait entre passé et présent, nature et
artifice ; en effet, la mise en scène des voûtes d’entrée et l’imposant
front de taille de la carrière produisent un effet monumental que les
équipements d’architecture contemporaine respectent.
La gestion des Mines de Bruoux a été confiée à la société ARCANO
par délégation de service public. Cette entreprise associe la SOF
(Société des Ocres de France) et Ôkhra. Chacun des partenaires
jouent un rôle important au sein de cette délégation. Depuis leur
ouverture au public, les Mines rencontrent un vif intérêt auprès
de visiteurs avides de connaissance concernant la diversité des
paysages de l’ocre. Ils se disent satisfaits de la visite à 99 %, 80 %
des visiteurs trouvent que le site est suffisamment mis en valeur,
dans ce panel, 20 % sont originaires de la région et 27% viennent
passer des vacances dans la région.
Depuis 2009, 2 693 avis ont été récoltés via l’agrégateur Fair Guest
(Google My Business, Tripadvisor, Yelp, etc.). La note moyenne est
de 9.3/10.
Cependant, les Mines sont soumises à des contraintes en termes
d’accueil du public qui rendent extrêmement fragile sa viabilité
financière. Ces difficultés, pour développer les activités du site
sont en partie dues à l’accessibilité routière et à la gestion des
risques incendies (situation au cœur du site classé et de la forêt
communale). La réalité du lieu et ses contraintes de sécurité
jouent également un rôle important et impose une jauge limitant
à 99 personnes simultanément à l’intérieur des galeries. De plus,
actuellement le parcours permet difficilement l’obtention du label
Tourisme et Handicap et les manifestations extérieures sont
limitées en termes d’Établissement Recevant du Public (ERP).
Dans une perspective de développement du site, de sa visibilité
et de sa viabilité, il est envisagé la création d’un espace
restauration/bar/boutique dans l’objectif d’améliorer l’accueil
grand public et l’accueil groupes et d’autres prestataires (par
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Date de réception préfecture : 12/12/2022Louis Bonnefoy était assis sur le banc devant Mazan (l’actuelle Auberge de Rustreou). Il était heureux et fier. Il venait, la veille de terminer avec succès l’installation du moteur à gaz pauvre pour le lavage de son chantier des Vernes. Il en écoutait avec ravissement le bruit sourd, lent et régulier et prenant à témoin les passants leur disant:
“Entendes aco ? Ei moun cor que pico, me fai d’ocro !
(Entendez-vous cela ? C’est mon cœur qui bat, il me fait de l’ocre !)”.
Sur sa lancée il fit même un quatrain, retrouvé dans un cahier de mon grand-père :
« Entendez-vous le bruit de ce moteur
Oui fait notre bonheur ?
Il monte l’eau qui coule rousse comme l’or
Et qui remplit nos coffres-forts. »
Extrait de “Rustrel” n°24. avril 1995 par Roger Fenouil
Le Colorado Provençal - Rustrel
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Date de réception préfecture : 12/12/2022AUTOUR DU SITE, TROIS
VILLAGES ONT UNE RELATION
SPÉCIFIQUE À L’OCRE
Caseneuve Le village est situé en belvédère sur les crêtes, est géographiquement
tourné vers Apt ; seule la crête fait partie du site. Sa relation à
l’activité touristique ocrière étant limitée, la commune est lucide sur
son offre touristique. Elle accueille tout de même quatre entrées de
sentiers pédestres en direction des ocres. Le sentier qui chemine
le long des crêtes est aussi très prisé des vététistes et cavaliers.
Aussi et parfois, des visiteurs à la recherche du Colorado font une
halte au village. Il s’agit donc essentiellement d’un tourisme de
passage. Le restaurant fondé par un chef de renom a permis de
développer une clientèle de personnes plus aisées. La commune
garde tout de même l’ambition d’être un pôle résidentiel. Une
extension a permis d’installer un commerce pérenne (multiservices
dont bistrot). Des agriculteurs, éleveurs et vignerons ont investi les
terres, ce qui fait bénéficier d’un regain agricole.
La commune attend aujourd’hui essentiellement du Grand Site,
la prise en charge des entrées pédestres, notamment celle de
Pradenques, pour laquelle a été identifié des opportunités foncières.
Gignac En retrait, observateur en questionnement sur la transmission de
son patrimoine ocrier, dans ce village perché de petite dimension,
le rejet du tourisme a pour diverses raisons et pendant un moment
englobé toutes les formes de développement. Ce n’est que dans
les dernières années que la commune à commencer à accueillir
un tourisme propre à son identité, lié au caractère authentique du
village et de ses habitants. Ceux-ci sont attachés au respect de
l’environnement et l’accueil du public ne doit pas porter atteinte au
fonctionnement de leur village. Les questions de la gestion de l’eau,
du quotidien et de la restauration du cœur de Gignac, ont permis à la
commune d’établir une vision propre du tourisme. Malgré un riche
patrimoine ocrier, cette mise à distance des ocres s’est diffusée
dans les représentations locales et ce positionnement a été intégré
par les autres acteurs du massif. Cependant, Gignac évoque
l’intérêt de faire connaître cet héritage auprès des scolaires. Mais
le patrimoine ocrier, comme souvent , est en train de disparaître
sous la végétation , de plus certaines associations et les vététistes
en ont profité pour mieux s’approprier les espaces.
Rustrel Rustrel est un village en balcon sur les ocres et la vallée de la
Dôa. L’économie directe est essentiellement liée au tourisme. Ce
dynamisme lui confère une place centrale sur les ocres en tant que
pôle secondaire de services. Cependant, la plupart des habitants,
comme ceux de Gignac ou de Caseneuve, travaillent à Apt et parfois
beaucoup plus loin.
Les collines, ici, ont été le berceau d’une histoire culturelle de
l’intégration du travail de l’ocre dans une société paysanne, elles
révèlent les différents systèmes de production qui s’y sont succédé
(artisanales et industrielles). Cette commune a été celle du dernier
ocrier traditionnel en activité jusqu’en 1992. Très souvent présent
dans le Colorado, Roger Arnaud est un des derniers témoins de
cette époque. Rustrel a été également un lieu d’extraction et de
traitement du minerai de fer (1832-1885) avec l’existence de deux
usines. L’une d’entre-elles a été classée MH mais ne bénéficie pas
d’une valorisation, des gîtes ayant été construits à l’intérieur même
de l’enceinte. A ce jour, il n’est pas prévu d’entreprendre des actions
de conservation ou de valorisation sur ce secteur.
LE COLORADO
PROVENÇAL
Les ocres s’étendent de
Viens à Rustrel sur environ
10 kilomètres. Dans ce
long bandeau, la relation
symbiotique de la roche
et de l’eau fabrique des
microreliefs, des chambres
végétales, des corridors
d’eau et de sable et des
lieux intimes qui participent
à la variété des ambiances
dans ce territoire restreint.
Dans cette unité panoramique forte et lisible,
le Colorado provençal forme un paysage
remarquable par la dimension du site et la
variété des teintes ocrées (69 hectares). Le
site est issu d’anciennes carrières d’ocre à
ciel ouvert. Côté géologie, tous les profils de
sédimentation sont représentés. En outre,
ce type de formation sédimentaire a induit
des modalités d’extractions spécifiques,
adaptées à la morphologie du site. On trouve
ainsi le lavage du front de taille, l’utilisation
des nombreux talwegs (micro-reliefs) pour
alimenter les bassins de décantation situés
au niveau de la Dôa (rivière qui coule d’est en
ouest) amenant la fraîcheur d’une ripisylve
riche. Les crêtes et la Dôa sont les fils
conducteurs des paysages, mais également
des touristes qui peuvent facilement les
localiser pour retrouver leur chemin vers les
diverses routes et parkings ou s’égarer au
milieu de toutes ces proéminences. Multiple
et grandiose, le Colorado garde une image
très «sauvage».
Cheminée de fées - Le Colorado Provençal - Rustrel
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Date de réception préfecture : 12/12/2022L’accès routier au site se fait depuis la RD22 vers le
parking des Mille couleurs qui constitue l’unique point
d’accueil des véhicules. Le site est toutefois accessible
à pied de toute part puisque, bien que privées en grande
partie, les parcelles d’ocre ne sont pas clôturées. Ce
parking n’a pas été aménagé au cours des années avec
pour conséquences une importante dégradation des
arbres et des sols en terre battue et non nivelés, sous
l’influence des véhicules et des eaux de ruissellement.
Des tables de pique-nique ont été installées en 2022.
Le cheminement de départ en mauvais état et l’entrée
de type péage est controversé (local mal intégré dans
le paysage et construit en 2017 sans autorisation
d’urbanisme). La surface du parking principal autorisée
dans le PLU est d’environ 7400 m2. En période de forte
affluence, une aire supplémentaire d’environ 7 500m2,
non autorisée dans le PLU, est ouverte. En l’absence
de régulation des visiteurs, cette mesure n’est pas un
frein à la saturation des parkings en haute-saison (été
et week-ends de printemps).
Les années COVID19 ont été révélatrices de la mauvaise
organisation du site et ont fait peser lourdement la
problématique de la circulation routière et de la sécurité
sur les services de l’État et la commune de Rustrel.
Les habitants de Rustrel et les usagers de la RD22 font
face à des difficultés en matière de circulation et des
risques d’accidents ou sont parfois dans l’impossibilité
d’accéder à leur domicile du fait des stationnements
sauvages ou de la circulation liées à la saturation du
site.
Une étude commandée par l’ACR en 2018 a proposé des
solutions. Les actions nécessaires n’ont pas été mises
en œuvre.
Un tiers des visiteurs est insatisfait de la disponibilité
du stationnement et du caractère payant. Sa capacité
estimée à 400 places, fait qu’il est rarement saturé par
rapport à la fréquentation enregistrée (même en haute
saison). On constate un phénomène de mimétisme
relatif au parking sauvage sur la route départemental:
lorsqu’un véhicule se gare sur ce parking sauvage le
long de la route, d’autres s’y garent ensuite.
On trouve trois buvettes/restaurants et une boutique
(réouverte en 2022), ces commerces privés sont
organisés sur un mode concurrentiel mais sans lien
entre eux. Les sanitaires sont situés derrière la boutique
mais insuffisants pour le site. Elles sont situées au
niveau du parking, leurs aspects sont proches de
maisons individuelles et les abords ne sont pas traités.
Malgré de récentes améliorations dûes à l’influence
de la commune et de la DREAL, la gestion du site ne
correspond pas aux normes qualitatives : accueil
minimum, comptage aléatoire, parkings en terre battue
et en mauvais état, mobilier et bâtiments de mauvaise
qualité, communication ciblée sommaire, difficultés
de management. Les acteurs et gestionnaires de sites
ocriers qui œuvrent en réseau, regrettent une absence
de coordination et de transversalité avec les membres
de l’ACR. Le mode de gestion en vigueur depuis 2009,
paraît en être l’obstacle majeur malgré les quelques
travaux à la marge entrepris dernièrement. La mise
en œuvre du projet d’OGS se trouverait facilitée avec
une gouvernance consolidée et une vision durable et
planifiée pour le site du Colorado de Rustrel.
Au vu de la multiplicité des acteurs, de la gestion bipartite
inopérante de l’ACR et de son recours permanent au
public pour pallier aux insuffisances, la commune
projette l’acquisition du site afin de maîtriser les flux, de
repenser et diversifier les parcours du site et d’assurer
un meilleur niveau de sécurité. D’ailleurs la commune
a déposé en mai 2022 un dossier de demande de DUP
simplifiée.
D’autre part, la commune a
la volonté de poursuivre ce
développement en reconnectant
le village au site du Colorado. Les
enjeux identifiés sont les suivants :
• Aménager, baliser et entretenir les sentiers en prenant en compte l’érosion des sols tout en conservant l’aspect
sauvage de ce site.
• Élaborer un projet d’ensemble permettant de valoriser le patrimoine industriel et proposer une muséographie
adaptée
• Améliorer les liens entre le village et le site.
• Limiter l’accès au site en période de haute fréquentation et mettre en place une réservation en ligne
• Sécuriser l’accès à leurs domiciles aux riverains et habitants de Rustrel.
Depuis 2010, 9 192 avis ont été récoltés via l’agrégateur
Fair Guest (Google My Business, Tripadvisor, Facebook,
etc.). La note moyenne est de 8.6/10
L’ensemble des itinéraires du Colorado provençal est
situé sur des emprises privées. La gestion est assurée
par l’Association du Colorado de Rustrel (ACR) qui
regroupe une association de propriétaires et la mairie de
Rustrel. Elle est l’aboutissement d’un compromis entre
ces deux parties, après des années de conflits qui ont
fortement nui à l’image du site. L’aire de stationnement
appartient à une SCI privée (SCI des Soeurs Borel); un
bail a été signé entre la SCI et l’ACR. La fréquentation du
Colorado estimée à 115 000 visiteurs en 2011 a atteint
289 850 visiteurs en 2021. Cette fréquentation a un
impact visible sur le site.
La balade et la randonnée pédestre sont les activités
les plus pratiquées sur ce bout du massif malgré son
relief accidenté qui rend l’accès un peu complexe.
Le VTT et la randonnée équestre sont proscrits, mais
tolérés sur ses marges telles que les chemins de crête.
Cette interdiction demeure peu visible, permettant une
pratique occasionnelle hors saison. La moto et le quad
ont également quelques usagers, le plus souvent des
propriétaires, arguant d’aller voir leurs parcelles pour se
promener sur le site. Ces ayant-droits utilisent parfois
cette dérogation de manière abusive. Il existe aussi
une activité encadrée, de type accrobranche à l’ouest
(entrée de la Forge). La chasse est auto-exclue puisque
des touristes sont présents toute l’année.
On a relevé des questions sur l’identification du
parking et des balisages qui tendent à rendre difficiles
les déplacements dans le Colorado. La signalétique
hétéroclite qui détériore l’image du site (ex. panneaux
cloutés, pochettes) a été améliorée mais le manque
de cohérence générale s’ajoute à l’orientation
confuse générée par le caractère érosif de l’ocre. Les
aménagements des sentiers restent encore sommaires
et posent parfois des problèmes de sécurité, même
s’ils participent malgré tout, à l’ambiance sauvage du
Colorado. Il n’existe pas de sentier aménagé pour les
personnes à mobilité réduite.
De plus, la fragilité érosive de l’ocre, ses micro-reliefs
tout comme la fermeture du paysage par la végétation
perturbent l’orientation dans le site. D’autre part, sur les
différents parcours, il subsiste encore aujourd’hui de
nombreuses traces d’extraction dont l’aspect dégradé
et abandonné donne le sentiment d’un patrimoine en
danger. Le Colorado Provençal de Rustrel accueille une
faune et une flore particulières, parmi lesquelles figurent
plusieurs espèces protégées, justifiant que ce site soit
inclus dans plusieurs périmètres de protection.
Un circuit touristique proposant deux variantes
relie des points spectaculaires, mais le tout reste
déconnecté de son paysage. Les cheminements se
contentent d’amener les visiteurs d’un point à un autre
et confèrent à ce parcours un aspect consumériste. Les
contenus du site demeurent très peu lisibles (et donc
souvent incompréhensibles) au regard du potentiel du
lieu: aventure industrielle, géologie, faune, flore… Les
gestionnaires ont timidement et très récemment, tenté
de diversifier l’offre avec quelques visites guidées et
une application mobile (juillet 2022). Mais malgré ces
efforts, le Colorado souffre toujours d’une absence
de muséographie et surtout de planification de ces
aménagements.
L’ONF est missionnée pour assurer une surveillance du
site durant les périodes de forte fréquentation et assister
l’ACR. Lors des journées à risque d’incendie « très
sévère », le site du Sahara dans le Colorado Provençal,
fait partie des zones dérogatoires dont l’ouverture est
maintenue jusqu’à 20h (c’est aussi le cas du parcours
des couleurs dans le Vallon de Péquincan situé à ôkhra,
Ecomusée de l’ocre) . D’une manière générale, le régime
des autorisations spéciales, inhérent aux sites classés
et destiné à garantir des aménagements de qualité,
n’a pas encore été approprié localement et génère
des incompréhensions. Etant donné le statut privé de
la majorité des espaces, l’aménagement et la gestion
du site sont perçus comme des difficultés. Dans cette
configuration, il est en effet complexe d’envisager d’y
installer des équipements publics.
Tous les acteurs ne se sont pas entendus sur les
typologies de débroussaillement conciliant tous les
enjeux (écologiques, paysagers, DFCI) s’agissant de
concilier les enjeux paysagers et les contraintes DFCI.
Certaines parties du site nécessitent la réduction de la
masse combustible, un entretien des élagages annuels
en accord avec les préconisations de la DREAL aux
abords des falaises, et des cheminements à sécuriser.
Globalement, il manque à ces chemins un entretien
spécifique et particulier pour la forte érosion de l’ocre
qui ne dispose pas encore de savoir-faire étudié et
stabilisé. En saison estivale, une sensibilisation aux
risques est assumée par un dispositif de la Région
mené par le PNRL.
Le Colorado Provençal - Victime de son succès - Rustrel
Le Colorado Provençal - Parking - Rustrel
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Date de réception préfecture : 12/12/2022« Goult, c’est partiel, il y a un
peu d’ocre. C’est tellement peu
de chose. C’est un endroit que
je n’ai presque pas étudié. »
J.M Triat.
En plus des sites majeurs cités précédemment et très
fréquentés par la clientèle touristique, des sites naturels
et culturels potentiels mais à la richesse patrimoniale
importante, permettent d’appréhender les ocres sous toutes
leurs facettes et dans des contextes très variés.
2.b ) Les sites plus confidentiels SOCIÉTÉ DES OCRES DE FRANCE LE DERNIER OCRIER EN
FRANCE
Initialement créée en 1901, La Société
des Ocres de France est fondée par la
fusion de plusieurs sociétés ocrières
pour homogénéiser les problématiques
de concurrence de l’époque. En 1974,
après avoir subi le déclin du marché de
l’ocre, sur le point de cesser son activité,
elle est acquise par Gilbert Guigou.
Aptésien à la retraite, connaissant bien l’ocre pour l’avoir utilisé
dans son métier de maçon, il reprend l’entreprise avec l’idée de
trouver de nouveaux débouchés pour les pigments. Plus tard,
elle absorbe une autre société historique du bassin : la SARL
Lamy fondée en 1880. La SOF est aujourd’hui une entreprise
familiale depuis 4 générations. On l’appelle communément la
SOF ou par le patronyme Usine Guigou. Il s’agit de la dernière
exploitation d’ocre en activité. Aujourd’hui, elle représente à
elle seule le renouveau du commerce de l’ocre (CA 1,5 million
d’euros).
Le gisement est extrait dans la carrière de Gargas sur 18
hectares. La transformation du minerai en pigment est effectuée
dans son usine à Apt.
La production annuelle se situe autour de 1000 tonnes dont 65%
est destinée à l’exportation. Ce produit est très apprécié hors de
nos frontières, particulièrement en Afrique. Le premier usage est
le secteur de la construction, suivi par celui de la cosmétique. La
SOF fabrique et commercialise des ocres et terres naturelles, des
oxydes, des couleurs à la chaux, des badigeons prêts à l’emploi,
de la chaux aérienne en poudre, de l’enduit de piscine, etc. La
société a été distinguée par le label “Entreprise du patrimoine
vivant”. À ce titre, elle s’est engagée à communiquer sur son
savoir-faire d’excellence. Néanmoins, malgré l’intérêt qu’elle
suscite, l’objectif actuel n’est pas d’ouvrir la carrière de Gargas
au public de manière permanente, notamment pour des raisons
de sécurité (à l’exception de journées portes ouvertes).
On note néanmoins que la Société des Ocres de France est
sociétaire de la SCIC ôkhra qui gère l’écomusée de l’ocre à
Roussillon. En 2008, elle a également créé avec ôkhra, la Sarl
ARCANO, qui gère les Mines de Bruoux à Gargas.
La production de pigments en quelques chiffres :
1899 : 22 000 tonnes – 160 ouvriers
1909 : 29 000 tonnes
1914 : 36 000 tonnes
1929 : 40 000 tonnes
1950 : 15 000 tonnes
1974 : 3 300 tonnes
2021 : 1 000 tonnes – 8 employés
GOULT
LES PREMIERS JALONS D’OCRE
L’accès par Goult au massif des ocres est
géographique et permet de comprendre
l’imbrication des échelles grandes ou petites,
avec la vue sur le Ventoux, Roussillon, les
Monts de Vaucluse, le Luberon, … La formation
ocreuse s’amincit et disparaît progressivement,
ne subsistant plus que par petites poches vers
le nord.
Les sites ocriers sont très peu accessibles, pris dans des parcelles privées closes. Vers les Petites Vaines, la route longe une petite combe appréciée des ramasseurs de champignons, c’est-à-dire très confidentielle. Elle offre cependant une vision singulière de l’ocre en surplomb d’une veine d’ocre.
Tous les aspects de l’ocre à Goult n’ont pas encore été étudiés : des indices du passé existent sur le terrain mais rien dans les écrits. Du point de vue des habitants, et même s’il y a eu un temps des carrières d’ocres sur le secteur des Petites Vaines, cette histoire n’est pas restée dans les esprits.
Goult à proprement parlé est d’une structure classique de village perché avec une dualité entre ocre/pierres dans l’architecture et d’ailleurs à l’articulation du territoire de l’ocre et de la pierre. La commune a ainsi valorisé le savoir-faire lié à la pierre sèche au travers d’un Conservatoire des terrasses de culture. Concernant le développement touristique, la commune souhaite rester à l’écart.
Lors du classement du massif, l’intérêt pour l’ocre a été relancé. La présence d’un terrain de moto-cross sur la commune est devenue réglementée. En accord avec l’ONF, le PNRL et la municipalité, cet équipement installé sur un terrain public, peut accueillir cette activité mais d’une manière très encadrée pour réduire au minimum ses impacts sur l’environnement (7 week-ends par an maximum sur la période du 15 septembre au 15 mars, nombre de pilotes limité, interdiction de créer de nouvelles pistes de circulation ou d’accueil du public, etc. (cf. arrêté préfectoral du 3 mars 2022 en annexe).
Goult se considère comme une frontière « avec un pied dans les ocres ». L’intérêt pourrait être pour Goult de jouer un rôle de porte identifiée à l’ouest du massif.
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Date de réception préfecture : 12/12/2022MATHIEU LUSTRERIE
Mathieu Lustrerie a été fondée par
Henri Mathieu en 1948 à Marseille.
Depuis 1992, son fils Régis s’est
installé à Gargas dans une usine d’ocre
désaffectée. En moins de 2 décennies,
cet artiste-entrepreneur a su faire
partager son expertise de la lustrerie
en France et dans le monde entier,
devenir l’interlocuteur privilégié des
conservateurs du patrimoine et réaliser
des restaurations prestigieuses (Galerie
des glaces, Opéra Garnier, etc.).
Les artisans d’art de l’entreprise, pour la plupart Compagnons
du Tour de France, œuvrent quotidiennement et aux yeux du
public dans ce lieu qui a conservé et sublimé, à la lumière des
lustres, tous les éléments historiques de l’ancienne usine d’ocre.
Après la création du Mathieu Museum qui présente 5 siècles
d’art décoratif à travers l’exposition de plusieurs centaines de
lustres, puis le showroom en 2010, Régis Mathieu a aujourd’hui
lancé une reconversion de toute la friche industrielle existante.
Le projet consiste à construire de nouveaux bâtiments dans
l’esprit des anciennes usines d’ocre pour accueillir une extension
des ateliers, doublée d’un espace contemporain dédié à la mise
en scène des lustres, ainsi que la restauration des espaces
extérieurs au patrimoine industriel très riche (une douzaine
de bassins de décantation, des batardeaux et des écluses,
etc.). Tout cet espace aménagé et ouvert à tous les publics,
racontera l’histoire de l’ocre, de la lustrerie et d’objets décoratifs
prestigieux. L’objectif revendiqué reste dans la droite ligne
d’un engagement de respect et de conservation du patrimoine
vernaculaire des ocres.
GARGAS/LA GARDETTE-
PÉRREAL
La richesse patrimoniale de cette zone est
liée à la place historique de Gargas dans
l’exploitation passée de l’ocre (plus de
40 km de galeries souterraines) et dans
la production industrielle contemporaine
(voir plus haut : la SOF). Aussi,
l’intégration de cette culture liée à l’ocre
s’est affirmée dès 1989.
Ce devoir de mémoire s’est traduit par l’accueil de l’une des
premières expositions sur le travail de l’ocre et par des acquisitions
foncières pour initier un projet culturel : les Mines de Bruoux. La
commune a également soutenu la valorisation d’une ancienne
usine d’ocre par Régis Mathieu, créateur renommé de luminaires.
D’autre part, son vaste territoire, maillé de hameaux, mise sur la
diversité des ambiances comme cadre d’accueil d’un tourisme de
haut standing, comme au Domaine de la Coquillade.
Actuellement, le tourisme ocrier paraît pour certains, relativement
déconnecté de l’économie locale et les acteurs ne perçoivent pas
encore les retombées, malgré l’utilisation du cadre des Mines de
Bruoux pour accueillir des spectacles qu’elle organise. En revanche,
le réseau de sentiers pédestres et VTT attirent déjà les locaux et
les connaisseurs. L’organisation de la manifestation Ride & Trail
in Ocre est attendue chaque année par les sportifs amateurs.
La filière de découverte des ocres liée aux activités sportives et
évènementielles se développent peu à peu.
Originellement, l’occupation de la commune était concentrée
autour du centre-bourg de Gargas, mais depuis quelques années
elle est tournée vers Apt. La dynamique de périurbanisation qui
caractérise le développement conjoint du centre-bourg de Gargas
et de la périphérie d’Apt a contribué à la production d’un tissu
urbain lâche et presque sans limites entre les deux communes. En
revanche, les liaisons avec Roussillon qui ont marqué l’histoire du
site lors de l’exploitation industrielle des carrières sont aujourd’hui
peu lisibles.
Pour valoriser le site, il serait bénéfique de penser une réflexion
autour de l’articulation entre les villages, les sites d’extractions et
les sites naturels.
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Date de réception préfecture : 12/12/2022ENS DES MARNES APTIENNES
DE LA TUILIÈRE (SAINT
SATURNIN LÈS APT)
Le site des marnes aptiennes de
la Tuilière a intégré le réseau des
Espaces Naturels Sensibles du
département de Vaucluse en 2012. La
commune de Saint-Saturnin-lès-Apt
en est gestionnaire dans le respect
de la « charte de qualité des espaces
naturels sensibles de Vaucluse ».
Le Département de Vaucluse fait
bénéficier la commune des soutiens
techniques, administratifs, et financiers
pour des actions d’investissement et
d’acquisition foncière.
Le PNRL est animateur de la gestion du site, en partenariat avec
la commune et le département.
L’ensemble des marnes sont situées sur des terrains d’âge
Aptien, étage de l’échelle internationale des temps géologiques
(-125 et -113 millions d’années). Il s’agit d’un des rares sites
où les marnes grises, qui ont servi à la définition de l’Aptien par
Alcide d’Orbigny, en 1840, sont accessibles.
Des équipements d’accueil ont été mis en place en 2018 afin
d’apporter une information réglementaire et une interprétation
du site : panneau d’accueil à parking, de potelets directionnels,
panneau d’accueil sur le site et deux pupitres d’interprétation
réalisés avec la participation d’une classe de l’école Empereur
dans le cadre d’une action éducative du Parc. Un totem de
Géosite a été placé en 2019. Des toilettes et un point d’eau sont
aménagés sur le parking de la salle des fêtes de la Tuilière.
L’intérêt géologique constitue l’atout majeur de ce site,
caractéristique d’une période qui précède la formation des ocres.
Ce lieu atypique est en effet un géosite permettant d’aborder
des principes fondamentaux de la géologie : paléontologie,
stratigraphie, sédimentologie, paléoécologie, …
Le site a vocation à accueillir le public. Sa proximité des sites
ocriers de l’OGS des ocres du Luberon, en fait un lieu qui
pourrait bénéficier d’un accroissement du nombre de visiteurs
et du délestage des sites sur fréquentés; mais sa vulnérabilité
doit être prise en considération pour limiter l’impact d’une
fréquentation non maîtrisée.
Stéphane Legal, géologue au Parc naturel régional du Luberon et conservateur de la Réserve naturelle géologique du Luberon. « Les collines de marnes grises autour du hameau de la Tuilière ont participé, au XIXe siècle, à la création d’un nouvel étage stratigraphique appelé « Aptien », par Alcide d’Orbigny. Apt est alors devenu le « stratotype » de l’Aptien, la référence mondiale de cet étage. L’Aptien couvre la période comprise entre -125 et -113 millions d’années, au Crétacé inférieur dans l’ère Secondaire (ou Mésozoïque). Les terrains à l’origine de la création de l’Aptien, entre Apt et Gargas, ont presque tous disparu sous l’urbanisation. Seuls subsistent, à proximité, quelques affleurements, dont les buttes ravinées de la Tuilière ».
ENS DE LA COLLINE DE
LA BRUYÈRE, JARDIN DES
HABITANTS
La colline de la Bruyère est située entre
Roussillon et Rustrel. On y trouve à son
pourtour, des hameaux tels que Les
Trécassats, Les Jean-Jean, Les Petit
Cléments dont les bâtis ont été réalisés
en partie avec des blocs de cuirasse
ferrugineuse. Ces lieux-dits encadrent la
colline comme des postes de garde qui
viennent circonscrire un sanctuaire.
Le patrimoine physique du site se manifeste principalement sous
la forme de nombreuses galeries d’extraction. La Bruyère abrite
l’une des plus longues galeries du massif, malheureusement elles
sont d’ailleurs pour la plupart inaccessibles aux visiteurs pour
risques d’éboulements. Le milieu forestier, très fermé, ne permet
pas de déambuler librement, les marcheurs étant regroupés sur
l’unique chemin d’usage. Cet inconvénient pour les touristes est
aussi une opportunité pour la préservation du milieu faunistique
et floristique. Néanmoins, cette végétation fournie devient une
problématique puisqu’elle s’avère indéfendable en cas de feu de
forêt, une interdiction de fréquentation semble complexe à mettre
en place.
La colline de la Bruyère est avant tout un espace fréquenté par les
habitants du territoire, plus particulièrement ceux de la commune
de Villars. Ces derniers y ont un attachement patrimonial important
et y pratiquent la balade ou la cueillette des champignons
régulièrement. Les chemins d’accès sont en grande partie privés,
la seule entrée publique (ZAPEF) garde un accès très discret.
De plus, l’ENS est une des étapes de la Grande Traversée du
Vaucluse en VTT. Côté randonnée pédestre, deux itinéraires ont été
mis en valeur ici, ils favorisent la sensibilisation à la biodiversité
fragile des lieux. La colline de la bruyère à l’écart des liaisons
inter-villages, avec ses accès confidentiels est préservée presque
naturellement. La population et les élus souhaitent aujourd’hui
que sa fréquentation soit maîtrisée afin de conserver l’aspect
très naturel et intimiste du site. D’ailleurs, le PLU révisé en 2017
n’intègre pas de nouvelles constructions dans cet espace.
L’histoire industrielle de la colline de la Bruyère encore présente
dans l’esprit des habitants mériterait d’être étudiée et ses vestiges
valorisés. En effet, l’absence de visite à dimension patrimoniale
dans la zone fait défaut.
Le site est soumis à un impératif d’équilibre entre le maintien de
son ouverture au public et la maîtrise de sa fréquentation, estimée
à un peu plus de 10 000 visiteurs par an. La fermeture du milieu
présente ainsi des avantages et des inconvénients. Une réflexion
sur la mise en scène paysagère concernant la route des ocres,
l’accès aux hameaux et les cheminements internes sont à prendre
en compte ainsi qu’une réflexion sur les connexions entre le site et
Villars. L’enjeu est de conserver le caractère sauvage et intimiste
des lieux afin de garantir et de préserver la richesse de la colline
de la Bruyère.
LE COLLET DE FLAQUEIROL
À VIENS
Ce site n’est pas spectaculaire
au premier abord, mais il est d’un
intérêt majeur pour comprendre
l’histoire géologique des Ocres, en
effet, il a permis l’étude des premiers
stades de l’altération des sables
glauconieux albo-cénomaniens.
Lorsqu’on prend la direction de Viens en partant de Rustrel,
on aperçoit en bord de route une carapace
ferrugineuse au-dessus de plusieurs mètres de sable
colorés qui se superposent. Ce sont les travaux de Jean-
Marie Triat (1982, 2010) qui ont permis la différenciation
des 4 faciès géologiques qui se succèdent ; ils sont
facilement reconnaissables pour tous grâce à leur couleur
caractéristique.
On peut y voir à la base des sables et des argiles verdâtres
riches en glauconie, des sables vert pâle glauconieux
décarbonatés au pied de la falaise. Il y a également des
sables blancs déglauconitisés aux argiles dégradées et
enrichies par la kaolinite ainsi que des sables jaune orangé
de kaolonite, colorés par la goethite créant une carapace
ferrugineuse.
La constitution du Collet de Flaqueirol et son éloignement
des zones fréquentées rendent ce site particulièrement
fragile. D’autre part, la zone est dangereuse à cause
des risques d’éboulements qui sont fréquents. Pour ces
raisons, l’accès au site ne peut être envisagé qu’avec
grande précaution. Il est donc important d’avoir une
réflexion cohérente sur sa fréquentation.
Marnes Aptiennes de la Tuilière - St Saturnin Lès Apt
Tome 1 - Le Projet - Opération Grand Site Les Ocres du Luberon p. 102 grandsiteocresluberon.fr p. 103
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ÉCONOMIQUE : CŒUR
DE TERRITOIRE, PORTE
D’ENTRÉE SUR LES OCRES.
« La ville d’Apt s‘est développée
sur l’emplacement d’une cité gallo-
romaine. Cette implantation de type
exceptionnel dans la vallée du pays
d’Apt est à mettre en relation avec la
présence d’axes de communication
et commerciaux : depuis l’époque
romaine, la voie Domitienne suivait
La rivière, le Calavon. La D900 qui
structure cet espace reprend ce tracé.
Une route nord-sud (RD 943) traverse
la vallée à Apt ; elle permet de franchir
le Luberon par la combe de Lourmarin
et de rejoindre le plateau de Sault» (Atlas des paysages du Vaucluse).
L’arrivée du chemin de fer à Apt lors de la révolution industrielle
a renforcé ce rôle de carrefour et a permis l’exportation des
ocres à travers le monde. Depuis le XIXe siècle, son activité
industrielle se caractérise par la transformation de ses trois
principales ressources naturelles : l’ocre qui permet de
fabriquer les pigments de couleur ; l’argile pour les faïences et
les céramiques architecturales comme les carrelages ou les
tuiles et également les cultures fruitières pour la fabrication
de fruits confits. Par ailleurs, le déclin de l’industrie a fait
perdre à la ville d’Apt son rôle historique de carrefour de
flux de déplacement à grande échelle, que ce soit pour les
voyageurs ou les marchandises. Elle s’est progressivement
transformée en un pôle plus local d’emploi et de services.
Aujourd’hui, c’est cette dernière transformation qui structure
les déplacements à l’échelle du territoire.
La ville se retrouve donc enclavée en situation relative
de « cul-de-sac » contrairement à la vallée du Rhône et à
ses infrastructures de grands flux (A7, TGV, LGV). En effet,
la fermeture de la ligne ferroviaire Avignon, le parcours
autoroutier Avignon-Aix-Manosque mettant en concurrence
la D900 pour les trajets transit entre Rhône et Durance fait
qu’elle ne se situe plus sur un axe majeur de déplacement.
Si l’on veut rejoindre la gare TGV, il faut compter 40 minutes
en partant de Goult et 50 minutes d’Apt. Pour la gare TER de
Cavaillon, il faut rouler 25 minutes pour Goult et 35 minutes
d’Apt par la route. La commune d’Apt est cependant la
seule ville des ocres à être desservie par des transports en
commun comme les bus du CG84, la ligne Avignon-TGV/Apt
qui emprunte la D900. Depuis 2021, le centre ville d’Apt s’est
doté d’un service communal de bus gratuit : “Mobily”.
Les autres agglomérations fonctionnent uniquement avec le
transport à la demande. Malgré son rôle de pôle économique
local et son riche patrimoine architectural et industriel, elle
est la seule commune du massif des ocres qui présente un
solde migratoire négatif depuis 1975 (-0,4 % en moyenne). Ces
chiffres traduisent une attractivité résidentielle faible, car en
joute avec les villages et hameaux voisins qui, dans ce nouveau
contexte, présentent la même accessibilité. Néanmoins, un lieu
d’articulation entre la grande accessibilité du massif des ocres
et sa desserte interne reste aujourd’hui possible.
Apt un centre patrimonial et culturel en
quête de reconnaissance
La CCPAL a réalisé un état des lieux culturel identifiant deux
thématiques particulières en lien avec le projet GS: l’art visuel
et les musées.
Ainsi, l’étude montre que les structures capables d’affirmer une
identité créative sont peu nombreuses et de taille modeste par
rapport à la densité des peintres et des galeries privées existantes.
La culture du partenariat n’est pas suffisamment ancrée pour
mettre en valeur la diversité des courants esthétiques, le
potentiel créatif est peu visible. Le principal espace de création
et de diffusion est la Fondation Blachère, lieu privé dédié aux
artistes africains (17 000 visiteurs par an). On y trouve un espace
d’exposition, une boutique présentant de l’artisanat africain, une
librairie ainsi qu’un lieu de résidence artistique. Sur le plan de
la conservation de la mémoire immatérielle du territoire, depuis
1983, l’association ARCHIPAL oeuvre dans les domaines de
l’histoire et de l’archéologie, ainsi que l’association Territoire et
Mémoire à Gargas, Les Amis du Patrimoine et l’association Pays
d’Apt en vidéo à Rustrel. Ce travail réalisé par des bénévoles et
amateurs éclairés, prépondérant dans le Pays d’Apt, mérite une
reconnaissance et un soutien appuyés.
Concernant les musées, la ville apparaît là aussi comme centrale.
Le musée d’histoire et d’archéologie (ouvert ponctuellement)
présente l’histoire de la ville et du pays d’Apt du 1er siècle à
nos jours. Le musée d’Apt qui était anciennement le musée
de l’Aventure industrielle (ouvert en 2003) développe trois
thématiques principales en dehors des expositions temporaires
sur les ocres, les fruits confits, les céramiques et faïences. De
l’artisanat à l’industrie, au travers des crises et des mutations,
l’histoire de l’essor est racontée au moyen d’exposition sur
l’outillage, les produits et les techniques. Sa fréquentation ne
cesse de diminuer, on comptait 6 600 visiteurs en 2010, et 3 700
visiteurs en 2021. On déduit que cet équipement ne capte qu’une
infime partie des visiteurs du massif. L’étude conclut alors que
« sa muséographie est moderne, son propos est attractif. Quant
à sa muséographie, elle pourrait être à la fois plus interactive
et davantage participative, en particulier à destination du jeune
public et des familles ». Par ailleurs, le musée jouxte la maison
du PNR qui accueille également un Musée de la géologie. Ce
dernier a amené, il y a 20 ans, la création de la réserve naturelle
géologique du Luberon et aujourd’hui le classement du PNR
en tant que Géoparc Mondial UNESCO. La Ville d’Apt porte un
ambitieux projet de réaménagement de ses musées pour les
prochaines années.
La cathédrale-basilique Sainte-Anne est le symbole de la grande
histoire de la ville. Apt, ancienne cité romaine avec sa situation
géographique stratégique sur un axe de transit vers l’Italie et
proche d’une agglomération fortifié préexistante (Oppidum de
Perréal), nous offrent aujourd’hui de nombreux vestiges encore
bien visible.
L’ocre est clairement identifiée comme une thématique
qui se prête à une mise en valeur à l’échelle du pays
d’Apt, à la fois par son caractère différenciateur et par
le lien qu’elle permet d’établir avec la thématique de la
couleur. Cette dernière permettrait de faire un pont avec
le secteur des arts plastiques, avec la perspective de
conforter l’héritage historique des peintres provençaux
(Paul Guigou est né à Villars en 1834) et des artistes
contemporains, afin de donner une image valorisante
au territoire.
L’étude montre également la situation préférentielle
d’Apt comme « introduction logique pour la découverte
du territoire ».
Le Bassin de vie Aptésien est identifié par le schéma
départemental du développement durable du Vaucluse
comme un « cœur de Vaucluse » et porte une attention
particulière à ce territoire « soumis à une pression
résidentielle à proximité de la RN 100 et à une pression
des résidences touristiques dans son ensemble,
un phénomène accentué par une forte croissance
démographique ».
Cathédrale-Basilique Sainte-Anne - Apt
Musée d’Apt
Musée de Géologie - Maison du PNRL - Apt
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Date de réception préfecture : 12/12/20223 VIVRE LE TERRITOIRE
D’une politique publique
attentive au tourisme subi
Le territoire, en termes de
fonctionnements économique et
social, apparaît cohérent aux yeux des
acteurs. Son isolement relatif participe
sans doute à cette intégration et à
sa qualité de vie.Si pour un temps,
avant la création de la communauté
des communes Pays d’Apt Luberon,
la division intercommunale et la
centralité exercée par Avignon étaient
perçues comme un risque important de
dislocation, elle traduisait pour certains,
l’absence d’une vision du massif pour
les élus. L’échelon communal est lui
aussi un maillon très important dans les
fonctionnements de l’ensemble : il est le
territoire d’appartenance des hommes; il
qualifie les espaces du massif en autant
de motifs distincts, faisant sa richesse
au travers de la diversité.
Roussillon est un exemple parlant. La commune a connu un
développement touristique très important, notamment à travers
l’accueil de nombreux commerces destinés aux visiteurs. On
trouve notamment : 12 restaurants, 32 commerces variés de
vêtements, 9 galeries d’art, 5 hôtels 1 camping et 22 chambres
d’hôtes et 150 locations saisonnières - 1300 habitants. La
commune offre des petites structures en termes de capacité
d’accueil des touristes, mais la qualité est satisfaisante.
Pour faire un bref comparatif : Gargas compte deux fois
plus d’habitants mais deux fois moins de commerces et
d’hébergements : 16 commerces - 7 restaurants dont 3 sur le
même domaine - 2 hôtels - 1 camping - 6 chambres d’hôtes -
69 locations saisonnières - 2924 habitants.
L’accession des jeunes au parc immobilier et l’exclusion
volontaire des chasseurs des massifs forestiers participent
au mécontentement général des villageois sur l’ensemble des
communes. Cette tension est beaucoup plus perceptible à
l’ouest qu’à l’est du massif et détermine les attentes en termes
de développement touristique : Roussillon et Rustrel souhaitent
contenir la fréquentation touristique estivale ; Gargas et Villars
n’en souhaitent pas davantage ; Apt et Rustrel sont prêtes
à accueillir de nouveaux touristes ; Gignac ne souhaite pas
être associé au tourisme de masse ; Viens, Caseneuve, Saint-
3.a ) Les habitants
Saturnin lès Apt et Goult ne se sentent pas très impliqués dans
le développement du tourisme ocrier, mais sont prêts à jouer un
rôle dans sa répartition sur le territoire.
Ces différences témoignent de l’absence, jusqu’en 2017, d’une
vision intercommunale du développement touristique qui soit
liée au développement de filières (les itinérances et les activités
de pleine nature, la culture, le patrimoine bâti, l’événementiel,
l’art de vivre identifié par sa gastronomie son artisanat et son
terroir). Le PNR n’a pas voulu jouer ce rôle, ni le département,
préférant accompagner individuellement les initiatives locales.
Ainsi, pour certains acteurs, le territoire subit encore le tourisme
malgré une vision de plus en plus partagée : “La stratégie pour
un tourisme durable en Pays d’Apt Luberon doit permettre de
répondre aux enjeux sociaux, environnementaux et économiques
de la destination, tout en générant de nouvelles opportunités
et en valorisant le patrimoine et les acteurs locaux. À travers
l’implémentation de cette stratégie, la destination a la volonté
d’innover et de devenir un modèle d’exemplarité en termes de
tourisme durable.”
Une stratégie touristique a donc été votée par les élus locaux
dès 2021 avec des marqueurs d’une ambition forte, des
enjeux touristiques clairement identifiés et un positionnement
différenciateur. Le tourisme constitue une part importante des
retombées économiques locales (119 000 000€ de retombées
économiques directes / an), constituant autant une aubaine
pour le territoire qu’une situation de rente. La prise en main de
la compétence tourisme par la CCPAL du Pays d’Apt Luberon
depuis 2014 et le pilotage de l’Opération Grand Site de France
depuis 2017 peut, de ce point de vue, apparaître comme une
opportunité, dans un stade de maturité récent, pour animer une
stratégie touristique à long terme, intégrant les enjeux du Site
classé des ocres mais également le développement des filières
à plus grande échelle.
L’équipe mène ainsi une politique volontariste en direction des
habitants pour leur octroyer des nouveaux avantages : ateliers
ambassadeurs, politique greeters, éductours et visites guidées
“spécial habitants et socioprofessionnels”, investissement
d’équipement à usage quotidien et non seulement de loisirs,
parcours historiques dans les villages, accompagnement dans
la montée en gamme de service (classement et qualification des
hébergements), création d’emplois saisonniers etc.. L’idée est
de permettre l’acceptation du tourisme par les citoyens, car le
tourisme est une source de revenus sur laquelle la communauté
de commune et les communes doivent pouvoir compter. Cette
focalisation autour d’une redistribution des fruits du tourisme
et la gestion continue des flux touristiques, a pendant un temps
empêché la mairie de Roussillon par exemple, d’envisager une
politique d’accueil des visiteurs sur le long terme.
Aujourd’hui, le projet du Grand Site de France des Ocres
du Luberon est saisi comme une opportunité pour engager
une réflexion globale sur les circulations, l’accès et l’accueil
des touristes aux sites touristiques. C’est aussi un moyen
d’allongement de la saisonnalité. Pour le moment, la gestion
de la fréquentation ne concerne pas l’ouverture de nouveaux
sites ocriers, même si le potentiel est bien présent (Collet de
Flaqueirol, La Garenne, La Gardi).
Annexe : Stratégie pour un tourisme durable
en Pays d’Apt Luberon 2022-2026 Bonnieux
Tome 1 - Le Projet - Opération Grand Site Les Ocres du Luberon p. 106 grandsiteocresluberon.fr p. 107
Accusé de réception en préfecture
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Date de réception préfecture : 12/12/2022La clientèle du massif des Ocres
dépense plus que le visiteur en
Vaucluse. On l’estime en moyenne à
806,9 euros déboursés contre 569,3
euros. Par ailleurs, l’accès aux sites
presque systématiquement payant, ainsi
qu’un accueil souvent médiocre, peuvent
produire une image dévalorisante de la
visite.
Cet impact négatif peut se retrouver dans la note d’appréciation
générale des visites: ⅓ des visiteurs ne sont pas pleinement
satisfaits de la visite quel que soit le site exploré. Une clientèle
pas ou peu fidélisée en effet seulement 3 séjours en moyenne
sont effectués sur le territoire au cours des cinq dernières
années : 61% des visiteurs viennent pour la première fois dans
le massif des ocres ; Ôkhra, Ecomusée de l’ocre semble mieux
positionné de ce point de vue.
Un territoire qui bénéficie d’une saisonnalité relativement
longue, appuyée par le vélo et la randonnée, activités propres
à la demi-saison. Des périodes sociales de fréquentation
peuvent-être remarquées. En effet, les jeunes adultes, les
personnes âgées, les couples et les régionaux viennent plutôt
dans les ailes de saison. En juillet, ce sont plutôt des familles du
grand Sud-Est ayant entre 35-60 ans tandis qu’en août viennent
les familles entre 45-60 ans venant du nord de la France ou de
l’étrangers. Il est à noter qu’au mois de juillet, 1 visiteur sur 4
réside en région PACA, en août 1 sur 10, en septembre 1 sur 3.
Les visiteurs situés à moins de 3 heures de trajet représentent
47% du total des visites et constituent le cœur de cible de l’offre
touristique de ce territoire. Quelques visiteurs sont des fidèles
(11%), puisqu’ils ont passé au moins 3 séjours dans le massif au
cours des cinq dernières années. Mais la majorité des visiteurs,
soit 61%, viennent pour la première fois dans le massif.
La balade et la randonnée pédestre sont les deux activités
attachées à Rustrel. Leur pratique est reliée au caractère naturel
et sauvage que lui confère le public. Dans le questionnaire, le
Colorado provençal est librement qualifié au travers des mots
nature, calme, tranquillité, couleurs, dépaysement et découverte.
De manière directive, le Colorado provençal de Rustrel est décrit
comme un site sauvage (15%), spectaculaire (17%) et géologique
(17%). En termes de population, le Colorado de Rustrel est
surtout par des employés-ouvriers, professions intermédiaires
et sans activité. Ils viennent de PACA ou du Nord-ouest et ont
entre 45 et 60 ans. Mais les très jeunes visiteurs du massif (-25
ans) vont aussi majoritairement à Rustrel. C’est également là
que l’on retrouve le plus de locaux et des personnes hébergées
en camping, confirmant donc le caractère populaire du site.
Les critiques adressées par les professionnels du tourisme à
l’encontre du site se retrouvent dans les attentes exprimées
par ses visiteurs. Le balisage est jugé problématique sur le
site du Colorado à 35% (contre 1 à 2% pour les autres sites). Il
manque principalement de l’information (24% contre 7% dans
les autres sites), des bancs (13 % contre 2%) et des points de
vue (10% contre 2%). C’est le site qui est majoritairement cité
comme « pas assez mis en valeur » (32%, contre 7 à 8% pour
les autres sites). Par ailleurs, on peut remarquer que presque un
visiteur sur deux (48%) a visité le village de Rustrel, malgré son
éloignement et sa déconnexion du site.
Le massif des Ocres connaît une fréquentation estimée à
700 000 visiteurs en 2021 selon l’outil FluxVision géré par VPA.
• À Roussillon, le sentier des Ocres compte 295 727 visiteurs pour 15 139 visiteurs à Ôkhra. A ce jour, la commune de
Roussillon ne peut estimer le nombre de visiteurs dans le centre
du village.
• On comptabilise 289 850 visiteurs au Colorado provençal.
• Les Mines de Buoux accueillent 30 023 visiteurs.
Ces fréquentations témoignent d’une répartition inégale, plus
importante dans la partie Ouest que dans la partie Est du massif.
• Le musée d’Apt (ex aventure industrielle) connaît 3 700 visiteurs. Le musée est situé à proximité de la maison du PNR
qui connaît, elle aussi, une fréquentation assez limitée. Ces
deux lieux sont totalement déconnectés du massif des Ocres et
ne sont pas suffisamment intégrés dans les circuits de visites
traditionnels proposés sur l’ensemble du territoire.
L’inégale répartition de fréquentation et les différences visibles
d’un site à un autre montrent à nouveau le manque de lien entre
eux. Les lieux sont dispersés et laissent à penser que seules
certaines parties sont reconnues et que le massif des Ocres
n’est pas identifié comme une destination à part entière.
Le tourisme, une ressource pour qui ? Au niveau départemental : « Avec 4 millions de visiteurs chaque
année, représentant 22 millions de nuitées, le tourisme génère
directement ou indirectement 15 % des emplois vauclusiens et
produit un chiffre d’affaires de 650 millions d’euros. Le Vaucluse
bénéficie d’un très grand potentiel touristique du fait de la
qualité et de l’importante diversité de ressources paysagères,
de sites historiques et archéologiques, de lieux et événements
culturels à la réputation prestigieuse. »
Annexe : Fréquentation touristique Vaucluse et Luberon -
Synthèse 2021
Quand les touristes chassent les locaux Aujourd’hui, la surfréquentation est ressentie au niveau du
massif (pics sur les weekends de mai et 15 août), et certains
acteurs en perçoivent le risque, surtout dans le secteur de
Roussillon. En juillet et août, cet effet a tendance à exclure les
habitants fragiles, même si elle fournit de l’activité économique.
Des acteurs voudraient encore allonger la saison, d’autres
pensent qu’il est important que les sites et les hommes puissent
se reposer de décembre à mars. L’importante fréquentation
touristique est mal vécue par la population locale dans certains
secteurs.
Par ailleurs, le tourisme peu contrôlé que subit le territoire
pendant environ 4 mois de l’année à tendance à impacter les
marges non gérées: on peut voir ça et là, des déchets dans les
interstices, malgré les moyens mis en œuvre par les communes.
Le rejet du tourisme par les locaux a aussi des conséquences,
les passages et les sentiers ont été peu à peu obstrués par des
grillages, empêchant des traversées hors route. Des activités
se sont trouvées lentement exclues par la fermeture de ces
cheminements (cheval, VTT). Les parcours pédestres reliant les
différentes communes disparaissent, même ceux pratiqués par
les habitants. La gestion touristique s’est également traduite par
un resserrement des sites accessibles aux touristes et de fait
aux locaux également. En effet, si quelques années auparavant
plusieurs carrières étaient librement ouvertes au public, celle
de Pierroux notamment, ces sites d’intérêts sont aujourd’hui
fermés ou volontairement peu mis en valeur afin d’éviter une
dispersion du public. Le cyclotourisme, pourtant très présent,
notamment sur l’itinéraire « Les ocres à vélo », est considéré
comme étant mal accueilli par certains opérateurs touristiques.
La « pression touristique » actuelle ressentie en été, fait émerger
la double question de la préservation du paysage, de « l’esprit
des lieux » et de l’accès « aux locaux » qui se sentent dépossédés
de leur territoire.
3.b ) La fréquentation
touristique
Saint Saturnin Lès Apt Marché d’Apt
Tome 1 - Le Projet - Opération Grand Site Les Ocres du Luberon p. 108 grandsiteocresluberon.fr p. 109
Accusé de réception en préfecture
084-218400034-20221206-002927-DE
Date de réception préfecture : 12/12/2022À la lecture de l’ensemble de ces observations sur le territoire
des Ocres du Luberon, il apparaît que la spécificité géologique
unique présente dans ces lieux est en danger.
En effet, elle souffre de l’attrait qu’elle suscite auprès des nombreux visiteurs plus particulièrement en période estivale, révélant à cette occasion les disparités d’aménagement et la mauvaise connaissance des multiples points d’intérêts qui pourrait permettre d’alléger les parties saturées. Cette étude révèle également l’aspect éclaté des différentes dynamiques liées à l’ocre, et ainsi le manque de lien entre les sites même à proximité et d’autant plus quand il se situent à l’autre bout du massif. Une évolution sur ce plan, en plus de donner au visiteur un intérêt supplémentaire dans des parcours plus riches, est un des éléments nécessaires pour l’émergence d’une identité liée aux ocres du Luberon. Cette reconnaissance, déjà entérinée par l’État n’a pas été encore vraiment assimilée au niveau local.
Un travail, avec une vision d’ensemble, doit se porter sur des aspects imbriqués les uns aux autres tels que la muséographie, la scénographie et les aménagements pour développer une offre culturelle complète appuyée sur l’ocre tout en le préservant. Cet équilibre entre tourisme et préservation du patrimoine naturel est l’enjeu évident de toute cette démarche. L’étude fait ressortir la valeur de la nature de ces sols qui ont permis le développement d’une faune et d’une flore endémique unique. La menace sur ce patrimoine n’est pas seulement due à la fréquentation. La prolifération des résineux introduits par l’homme lors des exploitations passées, ont à la fois bouleversé le biotope tout en participant à la naissance de ce paysage de l’ocre, créant une densité forestière qui devient un risque vis-à-vis de la question du feu. Parallèlement à cette problématique, cette forêt de pin gagne progressivement du terrain bouchant les vues depuis les sites et sur l’extérieur.
Aujourd’hui grâce à l’élan donné par la communauté des communes et à la maturité de la politique locale une opération Grand Site semble être l’outil idéal pour le territoire. Cette opportunité permettra à celui-ci de s’inscrire dans une dynamique de prospective nécessaire et qualitative en s’attachant à répondre aux quatre grands axes de développement regroupant les enjeux identifiés au terme de cette analyse de l’état des lieux.
Tome 1 - Le Projet - Opération Grand Site Les Ocres du Luberon p. 110 grandsiteocresluberon.fr p. 111
Accusé de réception en préfecture
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Date de réception préfecture : 12/12/2022C. LA STRATÉGIE
DU PROJET OGS
DES OCRES DU
LUBERON
“Une vision pour l’Opération
Grand Site”
“L’esprit des lieux” est le pari
de la géologie comme lien
entre les paysages. Ainsi ce
socle géologique constitue la
base de notre étude.
La stratégie de découverte du site classé des
ocres a été construite à partir de l’étude et des
ateliers thématiques qui ont eu lieu depuis 2011
et des exigences des Grands Sites de France
sur la protection et la valorisation des qualités
paysagères, culturelle et environnementale,
sur l’accueil du public et l’organisation des
mobilités dans le respect des sites, sur le
développement économique local, dans le
respect des habitants et dans une perspective
de développement durable.
Ces temps de partage avec les acteurs du
territoire ont permis d’élaborer un scénario
à l’échelle des orientations stratégiques de
découverte et de vie de ce site classé :
1. Le territoire des
Ocres du Luberon
2. Les singularités
de chaque espace
3. La gestion forestière
et les outils pour révéler le nouveau
paysage des ocres
4. Les mobilités au cœur
de la gestion des flux
Crêtes du Luberon
Tome 1 - Le Projet - Opération Grand Site Les Ocres du Luberon p. 112 grandsiteocresluberon.fr p. 113
Accusé de réception en préfecture
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Date de réception préfecture : 12/12/20221/ LE TERRITOIRE DES
OCRES DU LUBERON
PROPOSITION DE PÉRIMÈTRE
Le périmètre naturel
“Le périmètre du site classé : une
échelle humaine, géologique et
culturelle de l’ocre appuyée sur le
bassin versant du Calavon.”
La présence de l’ocre et/ou d’une zone de biodiversité
sensible sur la commune, la relation avec les flux
touristiques et la volonté de prendre part à la dynamique
du projet d’OGS sont les éléments principaux qui
ont guidé les discussions pour aboutir au périmètre
présenté sur la carte du territoire. Il a été défini vis à vis
de plusieurs indicateurs essentiellement naturels.
Le paysage des ocres est structuré autour du réseau
hydraulique, comme le réseau routier avec la D900 et
l’« EuroVélo 8 ». Ainsi, à la lecture du territoire et en
connaissance du lien intime qu’ont l’eau et l’ocre, il
apparaît un périmètre se dessinant des crêtes au nord
qui drainent l’eau des affluent du Calavon, il s’appuyant
à l’est et au sud sur ce dernier. À l’ouest c’est l’Imergue,
coulant entre monts de Vaucluse et petit Luberon qui
referme cet espace au sein duquel sont contenus les
quatre principales zones des gisements d’ocres.
La présence de l’ocre ou d’une activité liée à celui-
ci est naturellement un facteur qui a joué un rôle
important pour délimiter la zone d’intervention du projet
OGS. Ces limites sont renforcées par les vues sur les
affleurements ocreux du site classé du bassin d’Apt :
• LES OCRES DE ROUSSILLON
• LES OCRES DE GARGAS
• LES OCRES DE VILLARS
• LES OCRES DE RUSTREL. `
Lioux
Murs
Joucas
Ménerbe
Lacoste Bonnieux
Buoux Sivergues
Auribeau
Saignon
Castellet-en-Luberon
Céreste
Saint-Martin-de-Castillon
Lagarde-d’Apt
Goult
Apt
Caseneuve
Viens
Gignac Rustrel
Villars
Gargas
Roussillon
Saint-Saturnin-lès-Apt
Collet de Flaqueirol
Colorado Provençal ENS La Bruyère
ENS La Tuilière
Carrière SOF
Mines de Bruoux
Sentier des Ocres
Roussillon village ÔKHRA
Moulin de Salignan
S.O.F. Musée d’Apt
Musée de Géologie
Limite du périmètre de l’OGS
Site classé
sites d’intérêt principaux
307,89 km² (Marseille : 240 Km²)
10 communes: Goult, Roussillon, Gargas, Apt,
Villars, Saint Saturnin lès Apt, Rustrel, Gignac,
Caseneuve, Viens.
23 724 (77 hab./km²).
Communauté de Communes Pays d’Apt Luberon.
Tome 1 - Le Projet - Opération Grand Site Les Ocres du Luberon p. 114 grandsiteocresluberon.fr p. 115
Accusé de réception en préfecture
084-218400034-20221206-002927-DE
Date de réception préfecture : 12/12/2022PROPOSITION DE SCHÉMA
D’INTERPRÉTATION
Les ocres de Gargas :
Extraction et mémoire de l’ocre
Découvrir l’intervention humaine et les modes
d’extration de l’ocre souterraine d’hier et à ciel
ouvert d’aujourd’hui (Mines de Bruoux – carrières
de la SOF – Lustrerie Mathieu – Village – Colline
de Perréal)
Les ocres de Roussillon :
Les Couleurs
Les couleurs et pigments, l’habitat coloré et la
mémoire humaine. Expérimenter le patrimoine
industriel ocrier et les matériaux de la couleur
(Village et castrum - Sentier des ocres – Ecomusée
de l’ocre – Fontaine des Naïades)
Goult :
La porte d’entrée
Approche du paysage des ocres avant-
poste, l’ocre et la pierre sèche (Gare de
Lumières/véloroute - Village )
Saint Saturnin lès Apt :
Une lecture du paysage
Lire l’ensemble des espaces dans le socle agricole
depuis le belvédère du GS et une approche
géologique plus large en interprétant le massif des
marnes de l’Aptien (Belvédère/aire des moulins -
ENS de La Tuilière)
Apt :
Le cœur du Massif des Ocres
Le paysage de l’aventure industrielle. Apprendre à
lire le paysage industriel des ocres et comprendre
sa formation : un processus culturel et naturel,
un patrimoine vivant, la fabrique du paysage de
demain : les artistes dans l’ocre, une ressource
inépuisable. Comprendre l’aventure industrielle de
l’ocre (Musée de géologie – Musée d’Apt – SOF
(usine) – OTI/Maison du GS – Fondation Blachère
- Moulin de Salignan)
Les ocres de Rustrel :
Le Colorado provençal
Géologie / Fer / Eau. Les paysans agriculteurs
jardiniers de l’ocre. Découvrir le patrimoine
géologique des ocres et du fer : les faciès
géologiques, les différents minéraux, le rapport à
l’eau (Colorado de Rustrel, lavage d’ocre de Barriès,
la forge, le sentier des charbonniers, le village de
Rustrel, le sentier toponymique, le sentier de la
Doa, les crêtes de Caseneuve, faune et flore pour
les scolaires à Gignac)
Viens :
Les origines géologiques,
le Collet de Flaqueirol.
Villars La Bruyère :
La faune et flore.
Protéger la biodiversité, particularités faunistiques
(ENS de La Bruyère, village.)
Goult
Apt
Caseneuve
Viens
Gignac Rustrel
Villars
Gargas
Roussillon
Saint-Saturnin-lès-Apt
Lioux
Murs
Joucas
Ménerbe
Lacoste Bonnieux
Buoux Sivergues
Auribeau
Saignon
Castellet-en-Luberon
Céreste
Saint-Martin-de-Castillon
Lagarde-d’Apt
Gignac et Caseneuve :
Les franges des ocres
En retrait géographique ou en attente
volontaire.
Limite du périmètre de l’OGS
Site classé
Tome 1 - Le Projet - Opération Grand Site Les Ocres du Luberon p. 116 grandsiteocresluberon.fr p. 117
Accusé de réception en préfecture
084-218400034-20221206-002927-DE
Date de réception préfecture : 12/12/2022LISTE DIFFÉRENCIÉE DES SITES DE
DÉCOUVERTE ACTUELS
Les sites en capacité d’accueillir des
visiteurs :
• ôkhra-écomusée de l’ocre accueille de multiples activités dont les loisirs culturels tournés vers les
pratiques des pigments et de la couleur.
• Les Mines de Bruoux, en améliorant les conditions d’accès, de stationnements et d’accueil
du public
• Le Musée de Géologie et le Musée d’Apt, au cœur de la ville-centre, entité urbaine au riche
patrimoine disposant de tous les services.
Les sites en capacité d’accueillir des
visiteurs :
• ôkhra-écomusée de l’ocre accueille de multiples activités dont les loisirs culturels tournés vers les
pratiques des pigments et de la couleur.
• Les Mines de Bruoux, en améliorant les conditions d’accès, de stationnements et d’accueil
du public
• Le Musée de Géologie et le Musée d’Apt, au cœur de la ville-centre, entité urbaine au riche
patrimoine disposant de tous les services.
Les sites dont la fréquentation doit être
maintenue à un niveau maîtrisé :
• Le Sentier des ocres, un site aménagé de manière à préserver la qualité paysagère et la découverte.
• Le village de Roussillon, organisé pour limiter la circulation et le stationnement
Goult
Apt
Caseneuve
Viens
Gignac Rustrel
Villars
Gargas
Roussillon
Saint-Saturnin-lès-Apt
Lioux
Murs
Joucas
Ménerbe
Lacoste Bonnieux
Buoux Sivergues
Auribeau
Saignon
Castellet-en-Luberon
Céreste
Saint-Martin-de-Castillon
Lagarde-d’Apt
Limite du périmètre de l’OGS
Site classé
Collet de Flaqueirol
Colorado Provençal ENS La Bruyère
ENS La Tuilière
Carrière SOF
Mines de Bruoux
Sentier des Ocres
Roussillon village ÔKHRA
Musée de Géologie
Tome 1 - Le Projet - Opération Grand Site Les Ocres du Luberon p. 118 grandsiteocresluberon.fr p. 119
Accusé de réception en préfecture
084-218400034-20221206-002927-DE
Date de réception préfecture : 12/12/2022Apt - Capitale du Luberon
2/ LES SINGULARITÉS DE CHAQUE ESPACE
Apt au cœur du territoire des ocres
Objectif : Une centralité retrouvée
La ville est un point pivot majeur dans l’articulation des flux des visiteurs, elle capte les flux depuis l’A7 et l’A51. Le territoire y a réalisé un outil d’accueil culturel et touristique rayonnant : la Maison du tourisme intercommunal à vocation multimodale (Véloroute, RD900, arrêt de transports publics), situé dans l’ancienne gare d’où partait l’ocre expédié à travers le monde. Le site dédié au voyage apporte une vision globale des séquences ocrières et suscite la découverte. Cette vision des ocres est alors basée sur une approche plus sensitive. Le choix de la ville d’Apt permet aussi le regroupement des acteurs de l’économie locale (tourisme, agriculture, viticulture, industrie, ..) et elle présente, par le biais de la couleur, toutes les initiatives locales.
Les flux largement retenus le long de la D900 font du site classé des Ocres du Pays d’Apt un territoire de découverte où les circulations douces sont privilégiées, créant une identité territoriale singulière, unique au monde, partagée entre visiteurs et habitants.
APT
GIGNAC
CASENEUVE
St Martin
de Castillon
Bonnieux
Lacoste
VIENS
VILLARS
GARGAS
ROUSSILLON
GOULT Lumières
Coustellet
Gordes
St Pantaléon
La Riaille
L’Imergue
Le Calavon
Le Coulon
l’Urbane
La Doa
Collet de Flaqueirol
Gare de Lumières
RD900
D179
D943
D22
D2
Cours d’eau principaux
Urbanisation
Site classé des Ocres
du Pays d’Apt
Les Ocres à vélo :
Transports :
Navette
Voie structurante auto
Relais d’Ocres
Équipements liés à la mobilité :
ST-SATURNIN-LÈS-APT
RUSTREL
Véloroute du Calavon
Eurovélo 8 :
Maison du Grand Site
Stationnement en amont
D900 D900
Vers AVIGNON
Tome 1 - Le Projet - Opération Grand Site Les Ocres du Luberon p. 120 grandsiteocresluberon.fr p. 121
Accusé de réception en préfecture
084-218400034-20221206-002927-DE
Date de réception préfecture : 12/12/2022Gargas, La Gardette - Perréal
Objectif : Relier l’ocre d’hier
et d’aujourd’hui
Cours d’eau
Urbanisation
Ocres
Les Ocres à vélo :
Transports :
Navette
Voie structurante auto
Liaison pédestre Mines > Village
Aménagements :
Relais d’Ocres
Belvédère
Arrêt navette
Équipements liés à la mobilité :
Parcours historiques
GR6
ST-SATURNIN-LÈS-APT
Roussillon
Objectif : Se déployer à l’échelle de la commune
Urbanisation
Ocres
Les Ocres à vélo :
Transports :
Navette
Voie structurante auto
Aménagements :
Relais d’Ocres
Belvédère
N Arrêt navette
Équipements liés à la mobilité :
Parcours historiques
GR6
ROUSSILLON
Accessibilité :
Avec la navette :
Arrivée par le sud, en passant par le village, depuis la Maison Grand
Site à Apt.
Depuis les Ocres en vélo :
Connexion à la Véloroute du Calavon au niveau de la Maison Grand
Site à Apt (services VAE, bornes de rechargement et connexions
aux transports publics), au secteur de Roussillon par l’Ouest et à
Villars par l’Est, par une voie secondaire
Relais d’ocres :
Quatre relais d’ocres ponctuent le secteur.
Au cœur du village, les relais de la place de la Fontaine
et de l’église Saint Denis sont en lien avec le Parcours
historique du village.
La friche industrielle ocrière de la Lustrerie Mathieu
pour l’extraction de l’ocre à travers le temps et les
Mines de Bruoux sont signalés « sites majeurs des
ocres ».
la Gardette
RD101
RD4 l’Urbane Riaille
VILLARS
GARGAS
les Tamisiers
les
Devens
longs
la Choque
Calavon
RD2
Véloroute du Calavon - Eurovélo 8 APT
Mines de
Bruoux
SOF
Lustrerie
Mathieu
D179
D943
D900
Véloroute du Calavon - Eurovélo 8 :
Maison du
Grand Site
GR6
Accessibilité :
Avec la navette :
Arrivée par Gargas depuis le Nord, avec une halte à ôkhra-écomusée
de l’ocre, puis à l’entrée du village au niveau des parkings extérieurs
pour limiter le trafic routier. Une navette propre au village peut être
envisagée en associant un nouveau parking dit « Grimaud » situé
sur la route de Saint Saturnin lès Apt.
Depuis les Ocres en vélo :
Le parcours est connecté au cœur du village et au sentier des
ocres et dessert Okhra-écomusée de l’ocre depuis Goult à l’Ouest
et Gargas à l’Est.
La Véloroute du Calavon est reliée au Sud à Apt au point nodal de
la Maison Grand Site.
Relais d’ocres :
Trois relais jalonnent le secteur.
En amont, en venant de Goult, le lieu-dit La Garenne
propose une halte, point de vue remarquable sur le
village.
Le village au niveau de l’entrée du Sentier des ocres et
ôkhra-écomusée de l’ocre sont signalés comme des «
sites majeurs des ocres ».
L’éventuel parking Grimaud à créer éventuellement
apporte des informations utiles à la visite.
Hameau
des ocres
St
Michel
St
Joseph
Val des Fées
Pié Bousquet
Pierroux
N
N
N
GARGAS
Ôkhra
RD227
RD149
D104
D104
D227
Vers APT
Vers ST SATURNIN LÈS
APT
Vers GOULT
Sentier des
Ocres
GR6
D199
N
N
N
N
N
Tome 1 - Le Projet - Opération Grand Site Les Ocres du Luberon p. 122 grandsiteocresluberon.fr p. 123
Accusé de réception en préfecture
084-218400034-20221206-002927-DE
Date de réception préfecture : 12/12/2022Rustrel
Objectif : Accueillir tous les publics en
préservant l’esprit sauvage des lieux
Cours d’eau
Urbanisation
Ocres
Les Ocres à vélo :
Transports :
Navette
Voie structurante auto
Sentier cœur de site
Aménagements :
Relais d’Ocres
Sentier tour de site
Belvédère
Arrêt navette
Équipements liés à la mobilité :
Parcours historiques
GR6
Villars
Objectif : Mettre en distance un site
confidentiel
RD22
VTT et sentier
VILLARS
Trécassats
Les Petits Cléments
les Viaux
la Riaille
ST-SATURNIN-LÈS-APT
la Dôa
Cours d’eau
Urbanisation
Ocres
Les Ocres à vélo :
Transports :
Navette
Voie structurante auto
Sentier cœur de site
Aménagements :
Relais d’Ocres
Sentier tour de site
Belvédère
Arrêt navette
Équipements liés à la mobilité :
Parcours historiques
GR6
Les Jean-Jean
RD22
Colorado Provençal
Collet de Flaqueirol
Mille Couleurs
GIGNAC
CASENEUVE
Sentier toponymique et
sentier des Charbonniers
la Dôa
vers VILLARS
Sahara
PR - Tour du Colorado
VIENS
vers APT
RD22
Accessibilité :
Avec la navette :
Arrivée depuis Villars, la navette dessert la Forge, le village de
Rustrel, le parking du Colorado provençal, Gignac au carrefour de
la D22, le Collet de Flaqueirol, un belvédère, porte d’entrée Nord-Est
du massif. La navette rejoint ensuite Apt, en desservant Viens et
Caseneuve.
Depuis les Ocres en vélo :
L’itinéraire dédié arrive d’Apt par la vallée de la Dôa et rejoint le
village puis le parking des du Colorado Provençal et reprend la D22
jusqu’au Collet de Flaqueirol.
Relais d’ocres :
Le village de Rustrel et son accès dédié aux mobilités
douces permet sa requalification en le reliant à l’ocre
et au site du Colorado Provençal. Lien avec le Parcours
historique du village.
La halte avec vue sur Gignac devient un lieu de
contemplation d’un village en retrait des axes.
Le Collet de Flaqueirol est aménagé sobrement comme
un belvédère et lieu de compréhension de la géologie
des ocres.
Le parking du Colorado Provençal devient un espace
d’accueil du public en établissant une cohérence entre
son bâti actuel, son aspect sauvage et sa vocation
d’entrée dans le Colorado provençal en lien avec le
village. Le site affiche sa qualité de « site majeur des
ocres ».
RUSTREL D30
RD22
D179
ST MARTIN DE CASTILLON
D190
D35
D35
D33
D112
vers APT
GR6
Accessibilité :
Avec la navette :
Arrivée par le nord depuis Saint-Saturnin lès Apt, un arrêt au cœur
du village, le positionne comme porte d’entrée à l’ENS de la Bruyère.
Le massif de la Bruyère se découvre à partir de parcours pédestres
et VTT depuis le village. Lien avec le Parcours historique du village.
Depuis les Ocres en vélo :
Le circuit passe par Le village et se dirige vers l’ENS.
Relais d’ocres :
Le village offre un belvédère sur le massif préservé de
la Bruyère.
Les parcours pédestres et la traversée VTT, donnent
des vues sur les hameaux du piémont du massif des
ocres et relie le site au GR6.
vers RUSTREL
D179
D214
D111A
vers APT
GR6
ENS de la Bruyère
N
N
N
N
N N
N
N
N
Tome 1 - Le Projet - Opération Grand Site Les Ocres du Luberon p. 124 grandsiteocresluberon.fr p. 125
Accusé de réception en préfecture
084-218400034-20221206-002927-DE
Date de réception préfecture : 12/12/2022SENTIER DES
OCRES
LE VILLAGE
SIGNAL
Sentier des ocres
SIGNAL
Village
SIGNAL
Val des Fées
3/ LA GESTION PAYSAGÈRE
FORESTIÈRE ET LES
OUTILS POUR RÉVÉLER LE
NOUVEAU PAYSAGE DES
OCRES
“Une gestion forestière pour une
cohérence territoriale affirmée, un
nouveau paysage”
Objectif : Révéler le nouveau
paysage de l’ocre
Le diagnostic a montré que la fermeture du paysage
ocrier est en passe de faire perdre le sens du classement
du site. En effet, c’est bien la lisibilité des fronts de taille
qui a motivé le classement. Or, cette lisibilité a disparu
dans les frondaisons des pins maritimes.
L’exploitation est terminée : Il s’agit de trouver une
nouvelle cohérence aux ouvertures visuelles de ce
paysage nouveau, dans une recherche d’équilibre entre
zones ouvertes et fermeture ainsi que leur répartition à
l’échelle du massif. Dans ce paysage de la couleur, une
approche visuelle, plastique, esthétique peut être :
• Un levier,
• Une manière contemporaine de proposer un regard sur ce paysage,
• Un moyen pour résoudre l’équation délicate de la protection et de l’ouverture,
• Un cadre pour prendre en compte les contingences environnementales (zones protégées, risques incendies,
foncier, répartition des visiteurs).
Objectif : Structurer les signes
d’ocres
À l’échelle du territoire, il s’agit bien de répartir les
signaux en échos des covisibilités. Ainsi, les signes
d’ocre guident les visiteurs, facilitent l’orientation. Le
regard ricoche : depuis Goult, on capte du regard le
village de Roussillon, depuis la place, on aperçoit les
lignes blanches et jaunes de Gargas. Saint-Saturnin-
lès-Apt fait le lien avec la Bruyère et le Colorado
provençal. C’est depuis Saint-Saturnin-lès-Apt qu’un
signe majeur prend place dans le paysage, une ligne,
une marque, un signal qui exprime l’unité et l’échelle
géologique du massif.
Exemple : signaux de Roussillon
Tome 1 - Le Projet - Opération Grand Site Les Ocres du Luberon p. 126 grandsiteocresluberon.fr p. 127
Accusé de réception en préfecture
084-218400034-20221206-002927-DE
Date de réception préfecture : 12/12/2022SIGNAL
du Colorado
provençal
SIGNAL
du Collet de Flaqueirol
SIGNAL
des Ocres de
Gignac
Exemple : signal de Rustrel Exemples : signaux depuis Gignac et Viens
RUSTREL
Signaux à Saint Saturnin Lès Apt
Tome 1 - Le Projet - Opération Grand Site Les Ocres du Luberon p. 128 grandsiteocresluberon.fr p. 129
Accusé de réception en préfecture
084-218400034-20221206-002927-DE
Date de réception préfecture : 12/12/2022Limite du périmètre de l’OGS
Limite communales
Site classé Autour du Luberon à vélo
Ocres à vélo Grande randonnée
Promenades et randonnées
Gordes à vélo
Véloroute
4/ LES MOBILITÉS ET LA
GESTION DES FLUX
• D900 ET VÉLOROUTE : UN ACCÈS CLARIFIÉ ET DOUX
• MAINTENIR UNE DÉCOUVERTE VISUELLE AU NORD
• LES OCRES À VÉLO : TRANSFORMER LES DÉPLACEMENTS EN PROMENADE : DES USAGES
MULTIPLES (QUOTIDIEN ET DE LOISIRS)
• LA NAVETTE : LE GS POUR TOUS POUR RELIER SITES ET VILLAGES
• LES RELAIS D’OCRES : JALONNER LE GS DE LIEU DE DÉTENTE, D’INFORMATION, DE CONTEMPLATION ET
D’INTERMODALITÉ.
Lioux
Murs
Joucas
Goult
Ménerbe Lacoste
Bonnieux Buoux
Apt
Sivergues
Auribeau
Caseneuve
Viens
Gignac Rustrel
Villars
Gargas
Saignon
Rousillon
Saint-Saturnin-lès-Apt
Castellet-en-Luberon
Céreste
Saint-Martin-de-Castillon
Lagarde-d’Apt
Tome 1 - Le Projet - Opération Grand Site Les Ocres du Luberon p. 130 grandsiteocresluberon.fr p. 131
Accusé de réception en préfecture
084-218400034-20221206-002927-DE
Date de réception préfecture : 12/12/20225/ NOS OBJECTIFS
STRATÉGIQUES
Axe 1 : Préserver et valoriser
les qualités paysagères et
environnementales du Massif
des Ocres
L’axe 1 regroupe les actions conçues pour protéger le
site classé et retrouver la qualité paysagère du cadre
de vie des habitants, sans lesquels l’opération ne peut
aboutir.
Le diagnostic a mis en avant la fragilité des paysages
du Site classé et sa disparition progressive sous la
fermeture forestière. C’est là une priorité du projet.
Cet axe met également l’accent sur les risques naturels
qui mettent en danger les paysages fragiles des
ocres en favorisant des mesures de d’éducation et de
sensibilisation des publics.
En complément, il s’agit aussi d’être vigilant sur les
pratiques et les usages des sites naturels et de veiller à
la qualité paysagère du site classé.
Programme d’actions
Action 1 : Anticiper les risques naturels et sensibiliser
les publics
Action 2 : Définir et mettre en œuvre les plans de gestion
forestière concertés à l’échelle du GS
Action 3 : Localiser et résorber les points noirs
paysagers
Action 4 : Créer un atlas de la biodiversité des communes
de l’OGS et du Pays d’Apt Luberon
Action 5 : Créer un observatoire photographique du
paysage du GS en projet
Action 6 : Produire les outils méthodologiques d’usage
du GS en projet
Axe 3 : Développer l’identité du
Grand Site
L’axe 3 veut prendre la mesure des enjeux liés à la
connaissance et au partage de l’identité locale : intégrer
les valeurs, explorer l’imaginaire pour enfin permettre
d’accéder aux fondamentaux et construire une stratégie
globale de communication de ce projet de territoire.
Action 20 : Créer l’identité graphique des outils de
communication du GS en projet
Action 21 : Déployer un dispositif de jalonnement
d’équipements et d’aménagement qui invitent à
l’itinérance les Relais d’ocres
Action 22 : Développer des parcours historiques avec
mobilier urbain dans les villages du Pays d’Apt Luberon
Action 23 : Lancer une campagne de communication
pour promouvoir la production locale
Axe 4 : Faciliter la contribution des
habitants et des acteurs au projet
Grand Site
L’axe 4 s’appuie sur les habitants et les acteurs du Grand
Site et vise à l’émergence de la spécificité culturelle
partagée du territoire.
En premier lieu, il est question d’informer sur la
démarche au travers d’un outil numérique de pilotage
du projet et de communiquer de manière responsable.
Il s’agit ensuite d’encourager l’adhésion et la
coopération, des habitants volontaires aux socio-
professionnels, et de donner à comprendre l’ocre dans
toutes ses dimensions.
Action 24 : Créer un outil numérique innovant
d’accompagnement de l’OGS
Action 25 : Elaborer le projet culturel des ocres
Action 26 : Organiser un événement de semsibilisation
GS “L’Université des jeunes écocitoyens”
Action 27 : Valoriser l’histoire du Grand Site par la
création d’un centre de ressources virtuel
Action 28 : Structurer les acteurs du tourisme local en
valorisant et en communiquant sur les savoir-faire et
productions
Axe 2 : Accueillir le public et
organiser les déplacements du
Grand Site.
L’axe 2 répond à la nécessité de gérer les flux et vise à
apporter des solutions face aux modes de voyage et aux
comportements touristiques actuels.
Il est question de mettre en place une organisation
de la visite depuis les grands accès jusqu’aux sites
et de proposer des découvertes alternatives ou
complémentaires dans le respect des paysages du
territoire.
Les actions de cet axe concernent aussi la requalification
de certains lieux du Grand Site pour mieux accueillir en
prenant en compte l’adaptation à l’environnement et au
climat.
Programme d’actions
Action 7 : Identifier des solutions de pilotage des flux
adaptées au territoire du GS en projet
Action 8 : Réguler les flux et apporter une solution
à l’affluence touristique, développer un tourisme de
proximité inter-saisonnier
Action 9 : Etude/Réflexion globale sur la gestion du
site classé, l’accès et les risques naturels à l’échelle de
Rustrel et de son bassin de vie
Action 10 : Améliorer les conditions de stationnement
du parking des Mille Couleurs
Action 11 : Etude complémentaire de requalification des
Mines de Bruoux à Gargas
Action 12 : Développer le Centre de la Couleur de
Roussillon sur les bases de l’offre actuelle d’Ôkhra
Action 13 : Développer un cheminement doux et une
signalétique entre les sites ocriers de Roussillon
Action 14 : Créer un nouveau maillage cyclable basée
sur l’itinéraire existant “Les Ocres en vélo”
Action 15 : Réaménager et améliorer la découverte
pédestre reliant les sites ocriers (GR6)
Action 16 : Etudier la mise en œuvre d’un système de
navettes saisonnières pour desservir les sites du GS
Action 17 : Réaliser un parcours de découverte du
patrimoine et du paysage : le Sentier des ocriers
Action 18 : Faire évoluer la Maison du tourisme d’Apt en
Maison GS
Action 19 : Créer et aménager un bureau d’information
touristique BBC innovant à Roussillon
Il nous est également apparu important
d’apporter une dimension numérique pour
limiter les impacts visuels dans les paysages
et créer des outils modulables. Cet aspect
numérique est transversal à l’ensemble de
nos objectifs. Pensés avec le numérique nos
outils et nos réalisations ont une possibilité
d’évolution souple et permettront au-delà de
mises à jour de contenu informatif, d’influer
sur le comportement des visiteurs en
instaurant des nouveaux usages à la faveurs
des nos sites et de nos paysages.
Tome 1 - Le Projet - Opération Grand Site Les Ocres du Luberon p. 132 grandsiteocresluberon.fr p. 133
Accusé de réception en préfecture
084-218400034-20221206-002927-DE
Date de réception préfecture : 12/12/2022D. UN PROJET QUI
FÉDÈRE AUTOUR
D’UNE
GOUVERNANCE À
L’IMAGE DU
TERRITOIRE
1/ LE RÔLE DE LA
STRUCTURE DE GESTION
Jusqu’en 2014, l’Opération Grand
Site était en phase d’étude, portée
sous la maîtrise d’ouvrage du
PNRL. Cette phase s’appuyait sur :
La stratégie de découverte du site classé des ocres a été
construite à partir de l’étude et des ateliers thématiques
qui ont eu lieu depuis 2011 et des exigences des Grands
Sites de France sur la protection et la valorisation des
qualités paysagères, culturelle et environnementale, sur
l’accueil du public et l’organisation des mobilités dans
le respect des sites, sur le développement économique
local, dans le respect des habitants et dans une
perspective de développement durable.
Ces temps de partage avec les acteurs du territoire
ont permis d’élaborer un scénario à l’échelle des
orientations stratégiques de découverte et de vie de ce
site classé :
• Les communautés de communes, non fusionnées à l’époque,
• Les collectivités,
• Les gestionnaires de sites Ocriers (Arcano, ACR, Ôkhra, Sof, etc.),
• Et les partenaires institutionnels (DREAL, Service tourisme, Vaucluse Provence
Attractivité, etc.)
Une sensibilisation s’est aussi engagée dès le début
auprès de la population (réunions d’information
et ateliers auprès des associations, agriculteurs,
plaquettes d’informations, articles de presse, etc.).
En 2016, la gouvernance a évolué pour permettre la
coordination et l’animation du Grand Site. En effet,
compte tenu de la fusion des 2 communautés de
communes du territoire, la CCPAL a manifesté la volonté
de se positionner comme structure de gestion du Grand
Site en projet. Cette proposition s’est faite en accord
avec les communes et le PNRL, ainsi que tous les
acteurs publics ou privés intéressés par la démarche.
Le rôle de la CCPAL comme structure de gestion est
primordial pour la continuité de la démarche. Sa position
lui permet de coordonner, d’animer, de porter les projets
d’ingénierie et d’organiser le GS pour la mise en œuvre
du plan d’actions.
La CCPAL doit élaborer les dossiers
indispensables :
• À l’approbation du programme d’actions,
• Et la demande à terme de labellisation en « Grand Site de France ».
Au titre du GS, elle est l’interlocutrice de l’État dans
toutes ces démarches. Dans cette perspective, la
CCPAL met à disposition de ce projet trois agents (1.5
ETP) intégrés au Service tourisme intercommunal et
bénéficie des contributions techniques de plusieurs
autres directions internes (développement économique
et aménagement de l’espace, protection et mise en
valeur de l’environnement, culture et de communication).
L’ensemble de ces directions constituent une équipe
projet interne en faveur de l’OGS en projet. Elle permet
de maintenir une veille des projets en cours sur le Grand
Site en projet et d’assurer leur cohérence avec les
objectifs fixés par la démarche.
En parallèle, en tant que structure de gestion, elle
peut être amenée à conventionner, lorsque cela est
nécessaire, avec les structures concernées par l’OGS en
projet. Ces partenariats assurent une bonne articulation
des projets de chaque structure en lien avec le territoire.
À titre d’exemple, une convention de partenariat a
été signée avec le PNRL en juillet 2022 pour définir et
valoriser le travail collaboratif en faveur du Grand Site
en projet.
Tome 1 - Le Projet - Opération Grand Site Les Ocres du Luberon p. 134 grandsiteocresluberon.fr p. 135
Accusé de réception en préfecture
084-218400034-20221206-002927-DE
Date de réception préfecture : 12/12/20222/ LE PRINCIPE DE
FONCTIONNEMENT
La CCPAL est ainsi la clé d’entrée
pour tous les acteurs et projets
en lien avec l’OGS. À cet effet,
une enveloppe annuelle de
fonctionnement est nécessaire
pour la réalisation des missions
de structure de gestion. Elle a été
estimée à 50 000€ par an depuis
2017 pour les premières années de
portage, incluant la rémunération
de 1.5 ETP.
Une équipe OGS autonome mais asso-
ciée au Service Tourisme
Intégrer le développement durable à tous les niveaux
du développement économique constitue l’un des
enjeux fondamentaux de demain. Consciente de cette
nécessité, la CCPAL a confié cette mission au Service
Tourisme dont les missions régaliennes (accueil,
promotion et mise en réseau des acteurs du territoire)
sont à la base de la communication du territoire qui
doit inciter les visiteurs à respecter leur environnement
temporaire, et les habitants à accueillir ces derniers.
L’objectif est d’aller au-delà de l’intégration de filtres
éco-responsables pour imprégner sa stratégie de
valeurs.
Présentation de l’équipe OGS
L’équipe OGS assure les missions suivantes :
• Coordination et pilotage du projet : budget, liens avec les collectivités, les partenaires et le RGSF
• Concertation et animation territoriale en lien avec les acteurs économiques et associatifs
• Gestion de la communication, site internet et réseaux sociaux, signalétique
• Organisation de l’évènementiel, de la médiation culturelle et d’animations
• maîtrise d’ouvrage des aménagements et des travaux transversaux du projet et soutien aux partenaires privés
et publics pour les travaux les concernant.
Moyens techniques affectés à la gestion
du Grand Site en projet :
Les membres de l’équipe sont installés à la Maison du
tourisme : ancienne gare d’Apt et lieu d’expédition des
pigments d’ocre. Des bureaux, salles de réunion et salle
d’animation sont dédiés à l’OGS. La réserve et lieux de
vie sont partagés avec le Service tourisme. L’équipe
bénéficie de tout le matériel nécessaire à une bonne
gestion administrative et concernant la communication,
d’un drone, appareil photo, etc. Des véhicules de service
du parc CCPAL sont disponibles.
Soutenu par la Région Sud et le CD84 qui ont pris position
en faveur des politiques de développement durable des
territoires et ont confirmé leur intérêt pour ce projet
(cf. lettres de soutien), le programme est assuré par
une prise en charge de la CCPAL pour tous les projets
d’intérêt communautaire et par chaque commune
pour les projets les concernant individuellement.
Dans cet objectif, la Communauté de Communes et
les communes concernées devront se prononcer par
l’intermédiaire de leur instance délibérative.
Le plan d’actions du Grand Site peut aussi faire l’objet
de maîtrises d’ouvrage partagées ou nécessitant
d’être confiées à un tiers. Les études, prestations
ou travaux concernant un périmètre sur plusieurs
communes ou communautés de communes peuvent
ainsi être mutualisés dans le cadre d’une convention
de groupement de commandes publiques ou d’une
autre forme de procédure. Leurs conditions techniques,
administratives et financières peuvent être définies
au cas par cas en fonction de la nature des actions
engagées. Il n’y a en aucun cas de quote-part
systématique de participation de la Communauté de
Communes pour la réalisation des actions locales.
Rôle des communes et de la communau-
té de communes
Les communes et la CCPAL sont les acteurs de la
mise en œuvre de la démarche via leurs instances de
gouvernance et la participation au fonctionnement de
la structure de gestion. Il s’agit pour ces collectivités
d’affirmer les principes suivants :
• Porter les principes de la démarche Grand Site et l’accompagner,
• Mettre en œuvre les opérations les concernant dans le plan d’actions, ou en y participant, en assurant en
tant que de besoin leur rôle de maître d’ouvrage pour
les études et actions liées à leurs compétences,
• Participer aux instances de gouvernance de la démarche,
• Contribuer au fonctionnement de la structure de gestion.
La démarche Grand Site est pilotée à travers plusieurs
instances de concertation nécessaires au bon
fonctionnement et à la bonne communication entre
tous les acteurs.
En tant que structure de gestion et de coordination, le
service tourisme intercommunal sous l’autorité de sa
présidente, convoque et anime les groupes de travail
et les commissions, constitués selon les besoins, des
élus, des collectivités, des partenaires institutionnels
dont le PNR du Luberon et acteurs socio-économiques.
L’instance décisionnelle : Le Comité de
Pilotage (Délibération n°CC-2022-83)
La mise en place et le suivi global du projet Grand Site
des Ocres du Luberon sont assurés par un Comité de
Pilotage. Il est co-présidé par le Président de la CCPAL
et par la Sous-Préfète de l’arrondissement d’Apt.
Le COPIL est composé de l’Etat (DREAL, DDT84), des
communes concernées, du Conseil Régional, et du
CD84. De plus, un collège de membres assurent une
instance contributive (Gestionnaires de sites publics et
privés, PNRL, ONF PACA, SDIS 84, Gendarmerie).
Il se réunit autant que de besoin, au minimum une fois
par an. Il peut, s’il l’estime nécessaire, convoquer des
experts, proposer des réunions en configuration élargie
et mettre en place des commissions thématiques… Il
fixe les orientations globales du projet partagé, en valide
les contenus (notamment les enjeux, les actions qui en
découlent et leur priorisation), ajuste les opérations
projetées au fil des années, réalise les arbitrages
stratégiques, maîtrise la communication afférente au
projet, etc.
Les instances délibérantes :
Les délibérations des actions du projet Grand Site
des Ocres du Luberon sont assurées par le Conseil
communautaire de la CCPAL après avis du Conseil
d’Exploitation du Tourisme pour les actions d’intérêt
intercommunal.
Pour les actions d’intérêt local, les Conseils
Municipaux et d’autres instances concernées (Conseil
d’administration, Comité syndical, commission
Biodiversité, etc.) devront également délibérer.
Les instances délibérantes ont pour vocation principale
d’informer régulièrement les élus locaux des avancées
du projet et de les impliquer activement à la démarche
via les votes des délibérations.
L’instance opérationnelle : Le Comité
Technique
Le Comité technique est coordonné et animé par le
Service Tourisme de la CCPAL et est composé des
directeurs de service de CCPAL, de la DREAL, du Parc
naturel régional du Luberon et des structures maîtres
d’ouvrage des actions de l’OGS. Les élus sont également
conviés. Il ne constitue pas une instance décisionnelle.
Il se réunit en amont des COPIL et a pour vocation d’en
préparer le contenu technique, de manière concertée
et dans une configuration partenariale interservices. Il
se réunit autant que de besoin, pour le suivi d’études
opérationnelles. Il pourra être proposé en configuration
« élargie » en fonction des thématiques, en intégrant
d’autres participants ou partenaires institutionnels.
Les Groupes de travail thématiques
Les groupes de travail sont animés par la CCPAL,
et prennent appui sur les acteurs institutionnels et
socio-économiques représentatifs du territoire. Ils
ne constituent pas une instance décisionnelle mais
ont pour vocation d’impliquer ces acteurs dans la
démarche, de les faire participer activement, de
collecter leurs idées et leurs attentes. Au-delà des
acteurs socio-professionnels, les associations locales
qui oeuvrent sur le territoire (dans les domaines de la
mémoire, histoire, traditions, arts, etc.) seront associées
au projet avec leurs compétences et leurs initiatives.
Les membres des groupes de travail sont régulièrement
tenus informés des avancées du projet et sont réunis en
fonction des besoins. Des représentants des habitants
et représentants d’associations locales peuvent être
intégrés à ce groupe.
Rôle du PNRL - Délibération n°CC-2022-85
Le PNRL est le partenaire privilégié ayant été à l’origine
du projet OGS. Une convention cadre spécifique a été
formalisée pour définir le partenariat technique entre
la CCPAL et le PNRL. Ce partenariat vise également à
renforcer la valorisation réciproque du lien unissant le
territoire concerné par la démarche OGS des Ocres du
Luberon et le PNRL.
Groupe de travail thématique - Apt
Tome 1 - Le Projet - Opération Grand Site Les Ocres du Luberon p. 136 grandsiteocresluberon.fr p. 137
Accusé de réception en préfecture
084-218400034-20221206-002927-DE
Date de réception préfecture : 12/12/2022Implication des habitants dans la gou-
vernance de l’OGS et sensibilisation des
habitants
La volonté des habitants à agir dans le sens de la
protection du paysage et du partage de la culture locale
est une des qualités fondamentales d’un OGS. Dans cet
objectif, tout au long de l’élaboration du projet, dès ses
origines jusqu’à sa relance, des actions ont été initiées
sur le territoire du Massif des ocres pour favoriser la
concertation locale et garantir la concordance du projet
aux besoins des habitants et des socio-professionnels.
Ce travail est mené au moyen d’outils de gouvernance
et de communication.
A l’échelle locale, le rôle du Conseil d’exploitation du
Service tourisme est capital. Le CE est composé d’élus
et de personnes qualifiées dans le domaine du tourisme.
Le suivi de la démarche OGS est régulièrement à l’ordre
du jour.
Des interventions dans les conseils municipaux ont
été organisées pour les élus dans chacunes des
communes ocrières mais aussi des autres communes
de la CCPAL afin qu’ils relaient l’information auprès
de leurs administrés. Des réunions d’information
complémentaires, à destination des chefs de service de
la CCPAL, des techniciens des institutions, de la garde
forestière régionale et des OT du Vaucluse, ont suivi.
L’équipe de pilotage OGS participe aux conseils
d’administration d’ôkhra-écomusée de l’ocre et de l’ACR
et aux COPIL Natura 2000, des ENS et de la Réserve
nationale géologique du Luberon.
Pour l’équipe technique interne du Service tourisme
(7 bureaux d’information touristiques – 16 ETP), des
ateliers de sensibilisation à la démarche ont été mis en
place.
À destination des socio-professionnels, des ateliers
ambassadeurs et des éductours ont lieu chaque année
sur la thématique de l’environnement et de l’OGS (ex.
présentation de la marque Valeurs Parc, produits
agricoles locaux, Economisons l’eau, le géotourisme,
observations ornithologiques et des chiroptères, sorties
vélo). Accompagnés ou encadrés par un membre de
l’équipe, la question de l’OGS est systématiquement
abordée.
À l’échelle régionale, l’équipe de pilotage participe
fréquemment à des conférences et des tables-
rondes (ex. Rencontres Valeurs Parc Géopartenaires,
Rencontres annuelles du tourisme durable). Les
interventions hors territoire comme la présentation de
l’OGS au Congrès Géoparc Mondial UNESCO 2019 sont
relayées par la presse locale.
Le Directeur du Service Tourisme est intervenu
directement auprès des services de la Région Sud et
du Département de Vaucluse au sujet de la nécessaire
modération de la promotion touristique des ocres en
saison estivale.
Pour ce qui concerne la communication,
un panel de moyens a été mis en place :
En premier lieu (FA 22 réalisée), le site internet de
pilotage du projet www.gransiteocresluberon.fr a
été lancé en 2022 : en toute transparence, il fait état
de l’avancement de l’OGS, informe, sensibilise et
sollicite en permanence les habitants, les personnes
intéressées et les visiteurs curieux. Une newsletter
dédiée a naturellement accompagné le site internet :
3249 inscriptions volontaires ont été enregistrées à ce
jour.
• Une page recueille l’avis des habitants et des personnes intéressées au moyen de différents
questionnaires. Ces enquêtes sont un moyen essentiel
pour communiquer sur la démarche et les objectifs de
l’OGS ; les questions concernent la perception du GS en
projet, le ressenti sur la fréquentation, les transports.
• Grâce à la carte interactive participative, les habitants peuvent aussi exprimer leurs souhaits d’amélioration et
les impacts sur leur cadre de vie.
Les pages des réseaux sociaux du Service tourisme
relaient régulièrement l’information OGS, notamment
en période estivale pour sensibiliser les publics aux
risques naturels. Une page facebook dédiée a aussi été
créée : https://www.facebook.com/ocres.luberon .
Chaque année, l’édition du dépliant “Ocres du Luberon”
est réalisée en concertation avec les gestionnaires des
sites ocriers. Ce support a 2 intérêts : informer sur l’OGS
et sur la découverte. Il est édité à 100 000 exemplaires/
an, bilingue et contient 20 pages dont la moitié dédiée
à l’OGS. Il est diffusé sur toutes les manifestations
festives, bourses aux dépliants départementales et par
courrier par les 7 offices de tourisme locaux. Environ
6 tournées de livraison par an sont organisées chez
les hébergeurs du territoire (hôtels, campings) et pour
alimenter les 26 bornes/relais d’information par le
Service Touisme dans des lieux stratégiques (mairies,
commerces).
Les dépliants du RGSF sont également diffusés sur les
manifestations d’intérêt : Fête du PNRL, Ride & Trail in
Ocre, Salon de la gastronomie, marchés hebdomadaires,
salons du tourisme, etc. et dans des lieux d’accueil
(Maison du tourisme, CCPAL).
Trois vidéos documentaires ont été réalisées en
2017/2018 : sur la démarche OGS, sur la découverte et
sur le tourisme.
La Fête de l’ocre bisannuelle “Objectif Grand Site”
(2017/2019) a ciblé en priorité les habitants. Elle n’a pas
pu être organisée en 2021 pour raisons sanitaires liées
à la pandémie COViD-19.
Le programme a fait la part belle aux contenus culturels
informatifs et pédagogiques.
Ex. du programme 2019:
1. Conférences : Les savoir-faire ocriers, l’Histoire géologique du Luberon à travers les ocres, plâtres
et chaux, La Formation et l’exploitation des ocres de
Rustrel, Le Géoparc du Luberon,
2. Tables-rondes : les enjeux des Grands Sites, les mobilités douces, la gestion forestière en site classé
Exposition du réseau des grands sites, exposition
Objets du patrimoine ocrier,
3. Visites commentées : 3 anciens chantiers ocriers, les carrières d’ocre en activité de la Société des ocres
de France, l’Usine d’ocre Mathieu, les Mines d’ocre de
Bruoux ,
1. Visites libres : musée, Sentier des ocres et Colorado provençal, Ecomusée du Moulin à huile de RustreL,
5. Ateliers : peintures à l’ocre, Photographie NATURA 2000.
Un nouvel événement innovant est pro-
grammé
La presse et les médias restent un relais essentiel de
grand intérêt pour l’OGS. La presse institutionnelle
(bulletins communaux, magazines intercommunal,
départemental et régional), la presse et les médias
locaux, régionaux et nationaux (le Luberon est
l’hôte de nombreuses résidences secondaires) : La
Provence, Haute-Provence infos, Le Figaro, France
Bleu, Radio France, RAI 5, etc.), ainsi que des bloggeurs
sensibilisés au « slow tourisme ». Grâce aux réunions
de travail thématiques et dès 2020, une limitation de la
communication globale diffusée en saison estivale a
été décidée par les acteurs du territoire.
Enfin, le COPIL est garant de la communication afférente
à la démarche Grand Site, et décide de la conduite
d’informations et de réunions à destination du public
aux étapes clés du projet.
SCHÉMA DE GOUVERNANCE
Tome 1 - Le Projet - Opération Grand Site Les Ocres du Luberon p. 138 grandsiteocresluberon.fr p. 139
Accusé de réception en préfecture
084-218400034-20221206-002927-DE
Date de réception préfecture : 12/12/20223/ LA CONVENTION CADRE
DE GOUVERNANCE POUR
LA PRÉSERVATION, LA
GESTION ET LA MISE EN
VALEUR DU TERRITOIRE -
DÉLIBÉRATION N°CC-2022-84
Une convention cadre de gouvernance a
été proposée aux communes du Grand
Site pour définir le fonctionnement de
ce partenariat technico-administratif et
financier entre la Communauté de Com-
munes et les dix Communes du Grand
Site de France des Ocres du Luberon en
projet. Cette charte a vocation à réguler
les relations à ce sujet et les rôles de
chacun, afin de refléter leur engagement.
La charte est établie pour la période de 2023-2029
couvrant la mise en œuvre du programme d’actions.
Des avenants pourront être établis selon les besoins
(modifications de la durée de la charte, des partenaires,
révision des engagements, et/ou du périmètre du Grand
Site, etc.).
La convention de gouvernance a fait l’objet d’une
présentation officielle auprès de la presse et des
partenaires de la démarche en 2022. Il s’agissait d’un
temps fort et important pour les élus du Grand Site et
les Institutions.
CHARTE D’ENGAGEMENT
CONVENTION CADRE DE
GOUVERNANCE
Pour la préservation, la gestion et la mise
en valeur du territoire du Grand Site
des Ocres du Luberon
Délibération n°2022-84
CHARTE ACTEUR DE L’OPÉRATION GRAND SITE
ET DU LABEL GRAND SITE DE FRANCE 2022 - 2026
Le diagnostic de notre territoire
confronté aux enjeux du cahier
des charges des Grands Sites de
France a permis de définir les
grandes lignes des objectifs à
atteindre afin de prétendre à une
labellisation.
Pour y répondre, un certain nombre de fiches actions
ont été mises en place ou le seront dans la réalisation
du futur programme présenté en partie IV.
Toutes les actions regroupées dans le tome 2 découlent
d’une stratégie élaborée pour permettre à ce territoire
d’exception d’être perçu, considéré et vécu par tous,
dans sa globalité et sous chacun de ses aspects.
Tome 1 - Le Projet - Opération Grand Site Les Ocres du Luberon p. 140 grandsiteocresluberon.fr p. 141
Accusé de réception en préfecture
084-218400034-20221206-002927-DE
Date de réception préfecture : 12/12/2022Remerciements
APT • CASENEUVE • GARGAS • GIGNAC
• GOULT • ROUSSILLON • RUSTREL •
SAINT-SATURNIN-LÈS-APT • VIENS •
VILLARS
Gestionnaires des sites ocriers
Services de l’État (Dreal, DDT, Udap 84),
Parc naturel régional du Luberon, Région Sud,
Département de Vaucluse,
Vaucluse Provence Attractivité
Réseau des Grands Sites de France et bureau
des sites et espaces protégés du Ministère
de la transition écologique et solidaire qui
ont apporté leur regard, expertise technique
et soutien à la rédaction de ce dossier ainsi
que toutes les personnes qui ont apporté leur
contribution.
Accusé de réception en préfecture
084-218400034-20221206-002927-DE
Date de réception préfecture : 12/12/2022OpératiOn Grand Site
LES OCRES DU LUBERON
Communauté de Communes
81 Avenue Frédéric Mistral, 84400 Apt
06 02 01 59 90
https://grandsiteocresluberon.fr/
contact@grandsiteocresluberon.fr Réalisation Pierre Guillaume Baret - Objet Libre - Communauté de Communes Pays d’Apt Luberon Accusé de réception en préfecture 084-218400034-20221206-002927-DE
Date de réception préfecture : 12/12/2022