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Document publié le Vendredi 14 novembre 2025 à 19h42
Lien du pdf (unknown - Communauté de communes - Plateau Picard - La tonte differenciee)
Thèmes du document : Changement climatique, Aménagement du territoire, Animaux,
La tonte différenciée
Fiche infos n°29 – Avril 2022
Pour maintenir son aspect soigné de gazon anglais, une
pelouse demande de l’entretien : tonte, scarification, apport
d’engrais, désherbage, arrosage.
Essentiel au maintien d’un certain esthétisme, tous ces
efforts sont-ils pertinents pour la santé du jardin ? Existe-il
une autre façon d’entretenir sa pelouse ? Photo : pixabay.com
Le rôle écologique de la pelouse
Au naturel la pelouse est constituée de multiples espèces végétales qui offrent le gîte et le couvert à des animaux variés (insectes, petits mammifères, ...). C’est un écosystème qui, grâce à sa diversité floristique et faunistique, est capable de se défendre contre les maladies ou les parasites.
La pelouse facilite l’infiltration des eaux pluviales dans le sol. De fait, elle est un outil de lutte contre l’imperméabilisation et l’érosion de ce dernier. Le développement et la décomposition de son système racinaire permet aussi le stockage de CO2.
Des pratiques non réfléchies telle qu’une tonte excessive peuvent endommager ces fonctions.
Tondre trop fréquemment ou trop court ne laisse pas suffisamment de temps aux végétaux pour se régénérer. Le sol est exposé aux battances, à la pluie, au vent, puis à l’érosion.
L’habitude d’apporter les tontes en déchetterie engendre une perte de matière pour le jardin. Il s’appauvrit progressivement et perd de sa fertilité ; ce que le jardinier tente de compenser par l’apport d’engrais de synthèse !
Photo : www.debrouissaillez.fr
Enfin ne conserver qu’un seul type
d’herbacée pour composer une
pelouse engendre une perte de
biodiversité.
Fleurs et plantes disparaissent et
à leur suite les insectes
pollinisateurs, les auxiliaires et
leurs prédateurs (oiseaux, chauve-
souris, …). Le jardin perd de sa
richesse et devient plus sensible
aux maladies.
En quoi consiste la tonte différenciée ?
Tout simplement à adapter la hauteur et la fréquence de
coupe à l’espace et à son utilisation. Par exemple le fond du
jardin, peu fréquenté, est tondu plus rarement et/ou plus
haut que l’aire de jeu des enfants.
Photo : www.jardinature.netQuels en sont les bénéfices ?
Au-delà de préserver l’environnement, la tonte différenciée a des bénéfices immédiats pour le jardinier : gain de temps, mais aussi de matériel. Là où un tracteur-tondeuse était nécessaire, une tondeuse devient suffisante. La pelouse retenant mieux l’eau, sans arrosage, elle reste verte plus longtemps !
Elle permet aussi de délimiter différentes zones, de structurer l’espace, et de proposer une circulation via des allées de tonte. D’une année sur l’autre, il est facile de modifier l’aspect du jardin : il suffit de modifier leur tracé.
Par ailleurs le cortège d’espèces floristiques qui se développe dans les zones non tondues est d’une grande richesse. Ortie, bourrache, plantain, pissenlit, ail des ours, etc. sont autant de fertilisants ou de répulsifs à utiliser au jardin que d’ingrédients « santé » pour la cuisine.
Photo : //lesjardinsdemalorie.be Photo : www.jardin-qui-se-mange.fr
Comment procéder ?
La tonte est adaptée à l’usage des différents espaces du jardin, les moins fréquentés étant les moins tondus. Certains ne sont pas tondus de la saison. Une fois par an, en fin d’été, lorsque l’activité biologique se ralentit, ceux-ci sont fauchés pour repartir d’une « page vierge » l’année suivante. Quelques zones-refuges font exception à la règle, sur environ 10% de la surface, afin d’abriter les insectes pendant l’hiver.
Pour le reste, quelques astuces :
- Bien marquer les chemins donne le sentiment d’un jardin
entretenu ;
- Tondre de 6 à 10 cm l’été permet de garder un aspect
verdoyant plus longtemps ;
- Tondre les surfaces plus importantes depuis leur centre vers
leur périphérie autorise les insectes à fuir vers les
extérieurs pour assurer leur survie ;
- Relier deux zones tondues par une bande non tondue crée
un corridor où les espèces circulent plus facilement ;
- « Laisser pousser » est le meilleur moyen d’obtenir une
prairie naturelle durable (plutôt que planter). Photo : //lesjardinsdemalorie.be