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Conseil Municipal - acte 00102955 Q
Document publié le Mardi 29 septembre 2020 par la commune de Bordeaux.
Lien du pdf (Conseil Municipal - acte 00102955 Q)
Thèmes du document : Inégalités sociales, Égalité et non-discrimination, Institutions publiques,
EXTRAIT DU REGISTRE DES DELIBERATIONS
DU CONSEIL MUNICIPAL
___________
Conseillers en exercice : 65
Date de Publicité : 30/09/20
Reçu en Préfecture le :
CERTIFIÉ EXACT,
Séance du mardi 29 septembre 2020
Q e - 2 0 2 0 / 7
Aujourd'hui 29 septembre 2020, à 14h30,
le Conseil Municipal de la Ville de Bordeaux s'est réuni à Bordeaux, sous la présidence de
Monsieur Pierre HURMIC - Maire
Suspension de séance de 17h50 à 18h26
Etaient Présents :
,
Madame Sylvie JUSTOME présente à partir de 15h43
Excusés :Question écrite d'Evelyne Cevantes-Descubes
à propos du ' traitement ' de la délinquance
Madame Evelyne CERVANTES-DESCUBES, Conseillère municipale, présente le rapport suivant :
Mesdames, Messieurs,
Question écrite d’Evelyne Cevantes-Descubes
A propos du « traitement » de la délinquance
L’actualité bordelaise depuis plusieurs mois est marquée par une série d’agressions dans la rue, de violences faites aux personnes, de bagarres entre bandes, parfois mafieuses, des faits largement repris et commentés dans la presse, par des élu.es ou par des responsables politiques. Ce qui sans doute a eu pour effet d’amplifier et déformer la réalité, fabriquant quelque part un fort sentiment d’insécurité parmi les habitant.es.
En réalité, nous ne savons pas de quoi il retourne exactement, de quelle délinquance, avec quelle ampleur, nous n’avons pas vraiment de chiffres qui permettraient de vérifier, de faire un état des lieux et de mesurer l’évolution ou l’aggravation éventuelle de la situation.
Quelle réflexion y a-t-il ? Cette violence d’où vient-elle, pourquoi s’intensifierait- elle maintenant ? N’aurait-elle aucun lien avec la violence de la société en générale ? Pas de lien avec la crise d’un système économique qui produit licenciements et chômage, pauvreté, et précarité, des inégalités sociales qui se généralisent ? Aucun lien avec un monde toujours plus individualiste, brutal, cynique ? Pas de lien non plus avec la destruction terrible de la planète, de notre environnement ?
Au lieu de questionnements, de tentative pour comprendre, nous subissons à nouveau les clichés, caricatures, avec une démagogie sécuritaire, des discours simplistes et en même temps manipulateurs.
Bordeaux En Luttes est en désaccord total avec ces discours comme avec les réponses qui sont données pour soi-disant traiter une délinquance dont nous ne voyons pas trop les délimitations : le recrutement de policiers municipaux, l’arrivée dans la ville d’une compagnie de CRS (ou d’une moitié), la mise en place d’un Groupe Local de Traitement de la Délinquance (G.L.T.D).
Même décalage incroyable que pour les réponses à la crise sanitaire. Il faut traiter à coup de répression, en renforçant la police. Alors que par expérience, nous savons que cela ne peut qu’entrainer un engrenage de violences, qu’au bout ce traitement de choc est inefficace, à part peut-être pour faire diversion, pour faire que les gens s’en prennent aux petits délinquants qui « dealent » ou qui volent plutôt qu’aux grands qui trafiquent en grand et qui volent en grand.
Nous sommes pour des réponses sociales, pour un traitement avant tout social de la délinquance comme de la violence en général.
Pour Bordeaux En Luttes, la priorité est de redévelopper des services publics dans les quartiers, de récréer des lieux de vie, de culture, de loisirs, de sport, des salles, des cafés, des endroits où l’on peut se retrouver, prendre du temps ensemble, pour favoriser les liens sociaux.Il faut aussi recruter dans animateurs, des éducateurs dans les centres sociaux, des ATSEM dans les écoles, il faut des assistants sociaux, des structures d’aides. Enfin, pour ne pas s’enfermer dans la spirale du chômage et de l’exclusion, il faut du travail pour les jeunes ou les moins jeunes, d’où l’importance de recruter dans les services publics.
Nous sommes conscients que pour mener une telle politique, il faut un autre regard sur la société, sur la population, sans préjuger, sans mépris.
Pour cela, il faut faire des choix différents, changer les priorités, redistribuer l’argent différemment de manière à mettre les moyens pour permettre au gens de vivre dignement.
Un tel débat est-il possible au sein du conseil municipal, une telle politique sociale est-elle envisageable avec la nouvelle mairie qui se revendique justement du changement ?
Fait et Délibéré à Bordeaux, le 29 septembre 2020
P/EXPEDITION CONFORME,
Madame Evelyne CERVANTES-DESCUBES