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Thèmes du document : Sport, Aménagement du territoire, Histoire et mémoire,
Magazine municipal - hors série - été 2024
D’R SCHLETTSTADTER
SÉLESTAT ET LES JEUX OLYMPIQUES NUMÉRO SPÉCIAL JEUX OLYMPIQUES ET PARALYMPIQUESLE SÉLESTADIEN 3 2 HORS SÉRIE - JUILLET 2024
Chères Sélestadiennes,
chers Sélestadiens,
Au lendemain de la cérémonie d’ouverture des
JO de Paris 2024, nous avons le plaisir de vous
présenter ce hors-série du Sélestadien, Sélestat et
les Jeux Olympiques, un numéro spécial consacré
aux Jeux Olympiques et Paralympiques.
Certains d’entre vous s’en souviennent, d’autres
l’ignorent peut-être, mais notre ville a une histoire
particulière avec le sport en général et les Jeux
Olympiques en particulier. Nous avons souhaité
retracer cela dans ce numéro spécial et rendre
hommage à nos sportifs, ces Sélestadiennes et
Sélestadiens entrés dans l’histoire du sport et des
JO, que ce soit dans l’ombre ou dans la lumière !
Nous remercions particulièrement tous ceux, sportifs,
familles, responsables associatifs, qui ont répondu
à l’appel de la Ville pour construire ce numéro
exceptionnel. Nous avons ainsi reçu des centaines de
documents en tout genre, photos, vidéos, témoignages,
coupes, médailles et tant d’autres encore !
Comme vous pouvez aisément l’imaginer, il a bien sûr
fallu faire des choix lors de la création de ce document,
parfois à contrecœur, et toutes vos contributions,
aussi intéressantes et passionnantes soient-elles, n’ont
pu être intégralement reprises dans ce numéro.
Mais soyez rassurés, elles seront présentées et mises
en valeur dans la très belle exposition Sélestat label(le)
sportive qui se tiendra du 27 juillet au 11 août au
complexe Sainte-Barbe, puis du 26 août au 15 novembre
aux Archives municipales, avenue de la Liberté.
Cette exposition ne se limitera pas à une simple
rétrospective des exploits passés, mais offrira
une expérience immersive permettant de
comprendre pleinement l'engagement et les
efforts déployés par la Ville et par les associations
sportives pour favoriser, promouvoir et rendre
accessible le sport à tous les niveaux.
Et pour ceux qui disposeraient encore de documents
en lien avec l’histoire sportive de Sélestat, n’hésitez pas
à contacter les Archives municipales pour les valoriser.
En attendant d’avoir le plaisir de vous retrouver à
l’occasion des différentes manifestations estivales, nous
vous souhaitons une excellente lecture et un agréable
moment à travers l’histoire sportive de Sélestat !
Tous nos encouragements aux Sélestadiens
engagés dans les compétitions olympiques
et paralympiques de cet été !
Sportivement,
Marcel BAUER
Maire de Sélestat
ÉDITO SOMMAIRE
4 1ère association sportive de Sélestat
6 Le CCA, institution phare à Sélestat
8 Sélestat, championne de foot
10 Le SCS, club omnisport
13 Le saviez-vous : le golf de Sélestat
14 La lutte sélestadienne aux JO
18 1967-1992 : la flamme olympique à Sélestat
21 Le saviez-vous : le Corso Fleuri et les JO
22 Aménagement du Grubfeld
25 Sport de haut niveau : le handball
31 On nage aux remparts
38 À vos baskets : les courses de Sélestat
40 Pratique du sport et protection de la nature
42 Le saviez-vous : Jean-Claude Killy
43 Sélestat, terre d'accueil du cyclisme
48 Sélestat, ville la plus sportive
50 Les volontaires de Paris 2024
Directeur de publication : Marcel Bauer, maire de Sélestat
Directrice de publication adjointe : Nadège Hornbeck, adjointe chargée de la Ville de Demain, de la Communication et du Numérique
Responsable de la rédaction : Grégory Frantz, responsable du service communication
Rédactrice en chef : Carole Menzer
Contributions : Pauline Billet, Anne-Laure Fabre
Maquette et mise en page : Carole Menzer
Photos : Archives municipales et Ville de Sélestat, sauf mention contraire
Impression : L’Ormont Imprimeur (impression encre végétale sur papier recyclé) Distribution : Médiapost • 03 88 50 50 86
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SÉLESTAT ET LES JEUX OLYMPIQUES
Concours régional de gymnastique sections féminines - 1949
Cathy OBERLIN-KUGLER
Adjointe au maire,
chargée du Sport et
du soutien au Monde associatifLE SÉLESTADIEN 5 4 HORS SÉRIE - JUILLET 2024
SÉLESTAT ET LES JEUX OLYMPIQUES SÉLESTAT ET LES JEUX OLYMPIQUES
La salle Vauban
La 1 ère association sportive de Sélestat La délibération du 19 mars 1866 a pour conséquence la création le 18 juillet 1866 de la Société de Gymnastique de Schlettstadt.
Après 1870, la société connait quelques
vicissitudes de fonctionnement,
faites de dissolution, reformation,
changement de nom (Société de
Gymnastique du Haut-Koenigsbourg,
Turnverein Schlettstadt 1866...).
Après la Première guerre mondiale,
elle adhère à l’Union des Sociétés de
gymnastique de France et le nombre
de ses membres atteint les 175.
À partir de 1949, la société commence
à se faire un nom sur la scène mondiale,
grâce notamment à de grands gymnastes
comme Reiss, Jessel ou Charles Studler.
Ce dernier, champion d’Alsace de 1953
à 1960, est sélectionné pour les JO
d'Helsinki en 1952 et participe aux
championnats du monde en 1954.
En 1962, la société devient omnisport
par l’adhésion de la section de lutte et
d’haltérophilie de l’ Athlétic Club 52, et
s'appelle la Société de gymnastique
et des sports athlétiques (SGSA).
Sa devise : « Développer les aptitudes
morales, intellectuelles et physiques
indispensables à la jeunesse ».
1866 : date clé pour le sport à
Sélestat. En effet, ce serait la
première mention de l’implication
de la Ville dans le développement du
sport, avec la création de la Société
de Gymnastique de Sélestat.
Certes auparavant, d’autres sources évoquent une certaine pratique sportive, mais cette dernière avait plutôt pour but l’entraînement des militaires en garnison dans la ville de Schlettstadt.
Ainsi, en 1849, le Génie propose l’acquisition
de différents instruments de gymnastique
tels qu’un trapèze, un sautoir, un jeu de barres
parallèles, un cheval de voltige... Bien que
cela ait eu lieu il y a plus de deux siècles, il est
amusant de remarquer que les instruments
de gymnastique n’ont guère changé, sauf
dans les matériaux utilisés. Par exemple, le
cheval de voltige, plus connu sous le nom de
« cheval d’arçons » n’est plus constitué de
charpente en chêne, mais plutôt de cuir.
Cependant, en 1866, la pratique sportive
à Sélestat quitte quelque peu les sphères
uniquement militaires. Lors d’une séance
extraordinaire du 19 mars 1866, le conseil
municipal décide la création d’un cours
de gymnastique communal, à l’usage des
élèves de l’école primaire des garçons
pour « développer les forces physiques de la
jeunesse ». Il est proposé que le manège
de cavalerie soit mis à la disposition de
la Ville pour dispenser ces cours.
Éducation physique et entraînement
militaire vont donc de pair dans les premiers
temps du sport à Sélestat. Ainsi, à l’école, la
gymnastique se base sur des mouvements
inspirés de l’exercice militaire, en privilégiant
les valeurs de l’ordre et de la discipline. En 1924, la société fait aménager une salle au 2, boulevard Vauban,
afin de répondre au mieux aux
besoins des gymnastes.
En 1946, un revêtement en
parquet est ajouté et la salle est
agrandie de salles annexes, afin
d’accueillir en 1963 les sections
de lutte et d’haltérophilie.
Enfin, le lieu connait une campagne
de rénovation de 1982 à 1987. Ces
travaux permettent notamment
d’accueillir en 1992 la rencontre
internationale de gymnastique
France - Hongrie, pour la sélection
des Jeux Olympiques de Barcelone.
©
Archives municipales de Sélestat
Concours départemental de l'AGR - 1947
Concours régional de gymnastique sections féminines - 1949
La salle Vauban en 1924
Photos ©
Archives municipales de Sélestat Charles Studler,
champion d'Alsace de 1953 à 1960LE SÉLESTADIEN 7 6 HORS SÉRIE - JUILLET 2024
SÉLESTAT ET LES JEUX OLYMPIQUES SÉLESTAT ET LES JEUX OLYMPIQUES
Le CCA, institution phare de Sélestat
Fort d'un passé riche en
performances dans tous les
domaines de son activité, le
Cercle Catholique Aloysia était
un acteur majeur dans la vie
sportive et culturelle de Sélestat.
Au mois d’août 1897, le curé de l’église Sainte-Foy, M. Brach, fonde le Jünglings Verein Aloysia, pour permettre à la jeunesse catholique sélestadienne d’organiser ses loisirs de façon
autonome, mais de façon plus accessible,
surtout d’un point de vue financier.
Les premières activités ont lieu dans le
petit hangar construit dans le jardin du
curé. Pour être admis, il fallait alors être
parrainé par deux membres et l’admission
se faisait officiellement à l’église.
Les premières sections apparaissent :
Clairons et tambours et Gymnastique.
Dès 1900, le hangar étant devenu trop
petit, un bâtiment est construit, la maison
des Cercles ou Vereinshaus (club-house),
puis Cercle Catholique Aloysia (CCA)
au 2 place du Maréchal de Lattre de
Tassigny). La section Théâtre voit le jour
et se produit dès l’année suivante.
Une section d’Escrime et une Fanfare sont
par la suite créés. En 1906, la maison des
Cercles est agrandie avec la construction de
la salle de gymnastique et de salles réunion.
Les activités, un temps suspendues le
temps de la Première guerre mondiale,
sont reprises et se diversifient encore, avec
par exemple la section Chant, en 1920.
La maison est saccagée durant le conflit
de la Deuxième guerre mondiale :
les agrès et appareils sont dispersés,
les instruments de musique démolis
ou volés, le drapeau, datant de 1901,
disparu. Il faut donc tout reconstruire.
Malgré cela, en 1946 est créée la première
section féminine du CCA, puis en 1953, une
section Basket-Ball, qui se réunit d’abord sur
le terrain situé derrière le lycée Koeberlé, puis
dans la cour du CCA, aménagée en terrain
de basket. En 1955, l’équipe senior de basket
obtient le titre de championne d’Alsace, et
en 1969, l’équipe masculine participe pour la
première fois aux championnats de France,
imitée un an après par les féminines.
La section Tir est créée en 1965 et compte
parmi ses membres de nombreux tireurs
d'élite.
En 1972 est créée une section Tennis de table.
La même année, une section Majorettes
apparait, titrée en 1979 championne
d’Alsace. Le nom Majorettes devient plus
tard Twirling, les effectifs devenant mixtes.
En 1976, la section Danse Moderne
voit le jour, qui deviendra ensuite le
Ballet Théâtre d'Aujourd'hui (BTA) et
comptera des générations de jeunes
danseuses et danseurs, dans des
prestations toujours plus nombreuses.
Après 120 ans d’activités, le CCA doit
malheureusement fermer ses portes le 31
décembre 2021, les coûts pour l’entretien du
bâtiment étant devenus trop importants.
Jusqu’au bout, l’idée fondatrice de rendre les
loisirs accessibles à tous a été maintenue :
en 2017, la cotisation annuelle de 40 €
permettait de s’inscrire à toutes les sections.
Le saviez-vous ?
Doù vient le nom Aloysia ?
Pourquoi Aloysia ? Tout simplement parce que le curé Brach choisit comme patron saint Louis de Gonzague, également connu sous le nom d’Aloysius de Gonzague, en latin.
Le CCA avant 1906
Le CCA entre 1991 et 1998
©
JP Schmitt
Section Gymnastique sportive féminine - années 1970, devant le CCA
Section Théâtre - 1946
La Fanfare - 1954
Première équipe féminine de basket - 1971
Les Majorettes - entre 1970 et 1990 Section Tir - 1981 (avec Marcel Bauer au centre)LE SÉLESTADIEN 9 8 HORS SÉRIE - JUILLET 2024
SÉLESTAT ET LES JEUX OLYMPIQUES SÉLESTAT ET LES JEUX OLYMPIQUES
Sélestat, championne de foot En 1907, la municipalité attribue au SFC un terrain situé à l’emplacement du stade actuel ; puis en 1912, le terrain d’entraînement est un temps transféré en bordure de la route d’Orschwiller. En 1921, le SCS construit entièrement
à ses frais un stade à l’emplacement
initial, comprenant à l’intérieur de
la clôture un terrain de football, des
courts de tennis, un terrain de basket
et des tribunes avec douches.
Cependant, l’entretien est lourd à porter
par l’association et elle sollicite la Ville en
1936 pour l’aider à rénover ses installations.
Le projet se forme alors d’aménager un
stade municipal, ce qui permettrait à la
municipalité d’obtenir des subventions.
En effet, les années 1930
voient la promotion de
l’éducation physique
auprès de la jeunesse,
pour des raisons de
santé publique mais aussi
d’entraînement militaire.
« Nous appelons l’attention
des élus de la commune
sur les conditions de la vie
moderne, dans laquelle
l’éducation physique doit
marcher de pair avec
l’éducation morale et
intellectuelle. En ce qui
concerne Sélestat, l’assainissement de la Ville
doit avoir pour corolaire le développement
des jeux et exercices de plein air, qui ont pour
but l’éducation physique de la jeunesse. »
(lettre du président du SCS, A. Bur,
le 13 juin 1936 - PA71).
Assistée par des conseillers auprès du
gouvernement et des architectes de la
Ville de Paris, la Ville de Sélestat conçoit
la création d’un parc municipal des
sports, alors qu’aucun centre d’éducation
physique n’existe dans la région.
Malheureusement, tout est stoppé
avec l’entrée en guerre. Les travaux ne
démarrent finalement qu’en 1948 pour la
première phase, avec la construction d’un
stade de football, d’une piste de course,
de terrains de basketball et de tennis.
Club de sport emblématique
de Sélestat, le SCS Foot a connu
des épisodes glorieux.
Le 7 septembre 1906 naît le Schlettstader Fussball Club (SFC) à Sélestat. En 1909, les étudiants sélestadiens fondent le Spiel und Sportverein Schlettstadt, qui fusionne avec le SFC pour devenir
plus tard le Sport Club Sélestat (SCS).
Le niveau de jeu du club s’améliore
ensuite grâce à la présence d’ouvriers
anglais employés à la Filature de Sélestat.
Ces derniers ont en effet une maîtrise
plus historique de ce sport, existant
en Angleterre depuis le 19e siècle.
Ces efforts permettent à l’Équipe 1 de devenir
championne d’Alsace le 22 février 1920.
La même année, le gardien de but Charles
Kuentz, surnommé « Schwarze Katze »
est présélectionné pour les JO d’Anvers,
et durant cette saison, l’équipe participe
à la Coupe de France de football, ainsi
que durant les années 1920 - 1930 (16e
finaliste de la Coupe de France en 1922).
Les années suivantes sont faites de différents
succès, mais aussi de périodes plus difficiles :
durant l’Occupation, l’équipe de football est
mise sous la tutelle du régime nazi, le sport
étant utilisé comme vecteur de propagande.
Après la guerre, le SCS se reconstruit et,
en 1962, la section de foot gagne la Coupe
d’Alsace face au FC Mulhouse, devant
3000 spectateurs. Jamais avant, un club de
promotion d’honneur ne réalisa cet exploit.
La mascotte de l'équipe
Charles Kuentz emmenait toujours
dans son but un petit singe en
peluche (voir photo ci-dessus).
Création de la Ligue d’Alsace de football
Le n°10 de la rue Sainte-Barbe à Sélestat
fut le premier siège de la Ligue d'Alsace
de football, en 1919. Georges Lévy,
président du SCS, en devint le président.
L'équipe 1 du SCS, première championne d'Alsace saison 1919-1920, avec Charles Kuentz et sa mascotte
Pourquoi le violet
pour la couleur des
maillots des équipes
sélestadiennes ?
Selon Pierre Hugonin ( journaliste
à Ballons d’Alsace ), les joueurs du
SCS ont été pendant longtemps les
seuls Alsaciens à porter du violet,
« tout simplement parce que des
ingénieurs anglais, en poste dans
la cité du dahlia, avaient trouvé la
recette qui faisait tenir la teinture de
manière durable sur les maillots ».
Le SC Sélestat 1977-1978, champion d'Alsace de division 1
Photos © Archives municipales de SélestatLE SÉLESTADIEN 11 10 HORS SÉRIE - JUILLET 2024
SÉLESTAT ET LES JEUX OLYMPIQUES SÉLESTAT ET LES JEUX OLYMPIQUES
Le Sport Club Sélestat, club omnisport
Le club omnisport est un lieu de
naissance et de développement de
disciplines sportives, constituées et
instituées grâce à son soutien et à
sa capacité à les promouvoir. C'est
le rôle qu'a joué le SCS à Sélestat.
Les footballeurs du Schlettstader Fussball Club (voir p.8) associent rapidement leur sport à la pratique de l’athlétisme. Dès 1907 est créée au sein du club une section dédiée, activité complémentaire et utile,
notamment pour meubler l’inter-saison.
Cette section Athlétisme prend surtout son
essor entre 1926 et 1939, avec des athlètes de
dimension nationale, voire internationale, qui
émergent, comme Paul Bronner (voir p.39). Ce
dernier est sélectionné en équipe de France
en 1935, champion de France au 100 et 200 m,
puis sélectionné pour les JO de Berlin en 1936.
L'entre-deux-guerres est une période
importante pour le Sport Club Sélestat
(SCS). Outre le football et l’athlétisme,
une troisième section est créée en 1922,
le Tennis. Le club aménage son stade
(voir p.9), qui lui permet d’accueillir de
nombreuses manifestations sportives.
Malheureusement, le Sport Club Sélestat est
dissout durant la Deuxième guerre mondiale.
Après la guerre, les activités reprennent
rapidement et de nouvelles sections
sont créées. Ainsi, outre les sections déjà
existantes de Football (1906), Athlétisme
(1907), Tennis (1922), apparaissent les
sections Amicale Bouliste sélestadienne
(1935), Natation (1946 - voir p.37), Basket
Ball (1947), Volley Ball (1960), Handball
(1967 - voir p.26) et Badminton (1988).
Le club renoue avec la victoire dans ces
disciplines : la section Athlétisme se classe
parmi l’élite régionale après la guerre,
jusque dans les années 1970, notamment en
saut. La section Tennis se distingue surtout
à partir des années 1970, en cumulant
les titres de championne d’Alsace.
L’équipe de la section Basket devient
vice-championne d’Alsace dès 1959 et
en 1985 l’équipe masculine seniors 2
est championne d’Alsace.
En 1998, les sections Basket du CCA
et du SCS fusionnent pour donner
naissance au Sélestat Basket Club.
Enfin, en volley, l’équipe féminine du SCS
devient en 1988 championne d’Alsace
Excellence. En 1997, elles accèdent
en Nationale 3 et l’année suivante, la
section Volley se détache du SCS et
prend son autonomie financière.
Le Sport Club Sélestat, club omnisport,
continue de faire connaître le nom de Sélestat
sur la scène sportive, a marqué la ville par
son dynamisme et, en particulier, par son
engagement à promouvoir l’aménagement
d’équipements sportifs dignes de ses sections.
À titre d'exemple, en 1959, le club compte 7
sections et 480 membres ; en 1991, il compte
8 sections et près de 1500 membres.
Photos © Archives municipales de Sélestat
© Archives municipales de Sélestat - 1906
1er cross de Sélestat - 1947
Le perchiste Clément Renaudet,
record d'Alsace - saison 1967-68
Meeting d'athlétisme du SCS,
arrivée du 1500 m seniors - 1939
Nicole Buck du SCS Athlétisme, championne d'Alsace du 800 m - 1969
Équipe féminine du SCS Volley, championne d'Alsace - 1996
Équipe 1 du SCS Volley - 1983LE SÉLESTADIEN 13 12 HORS SÉRIE - JUILLET 2024
SÉLESTAT ET LES JEUX OLYMPIQUES SÉLESTAT ET LES JEUX OLYMPIQUES
Francis Stenger, licencié au SCS Sélestat depuis 65 ans
Francis Stenger, 75 ans,
Sélestadien depuis toujours,
pratique encore le football
pour son plaisir, tous
les vendredis soirs.
Le football fait partie
intégrante de votre vie ?
« Le football et moi, c’est une histoire
fidèle. J’ai commencé le foot en pupille
à 10 ans, à l’époque nous avions gagné
la coupe d’encouragement contre
Strasbourg, 3 -1. Puis, je suis entré chez
les minimes avec lesquels nous avons
été champions d’Alsace en 1963.
À l’âge de 14 ans, j’étais chez les cadets
et j’ai eu la chance d’être sélectionné
en équipe d’Alsace. À partir des juniors,
j’ai pu jouer en équipe première, c’était
génial pour moi d’évoluer dans une
dynamique comme celle-ci. J’étais
milieu de terrain et cette année-là,
nous avions joué la finale de la coupe
Gambardella, quel souvenir... La
Coupe Gambardella est une épreuve
organisée par la Fédération française
de football, ouverte aux équipes de
moins de 18 ans. C'est l'occasion pour
les jeunes espoirs de démontrer leurs
qualités et de s'aguerrir dans une
compétition nationale très relevée.
Après ça, j'ai rejoint les seniors en
décembre 1967, j’ai longtemps
joué en division honneur, le
plus haut niveau régional.
Je suis heureux de mon parcours dans
le club, j’ai toujours été passionné
par ce sport et j’arrivais toujours à
trouver du temps pour m’entraîner,
même si j’étais très pris par mon
travail de responsable de service
dans l’industrie. J’ai travaillé pour
Socomec à Benfeld pendant 42 ans...
Aujourd’hui, je n’ai pas arrêté, même
si j’ai ajouté le vélo et le tennis à ma
discipline de prédilection. C'est tous
les vendredis soirs qu’on se retrouve
avec les vétérans section loisirs, pour
taper dans le ballon et partager la 3e
mi-temps avec beaucoup de plaisir.
Le foot, c’est une histoire de famille.
Mon père Charles était président du
club, mon fils Pascal a aussi longtemps
joué avant de s’orienter vers le tennis,
comme mes deux filles, Lysiane et
Céline, qui sont de très bonnes joueuses.
Mes deux petits-fils Charly et Hugo
sont licenciés en U11 et U7 au SCS
Sélestat, la relève est assurée ! »
Quel sont vos souvenirs sportifs
les plus mémorables ?
« J’avais 11 ans et j’étais scolarisé
à l’école du Heyden, nous avions
été invités à venir accueillir, avec
toute une foule sur le quai de la
gare de Sélestat, les grands lutteurs
Schiermeyer et Mannhard, qui avaient
participé aux JO de Rome en 1960.
Puis, quelques années après, en 1967,
j’ai pu porter la flamme olympique
pour les JO de Grenoble, ça restera
gravé dans ma mémoire. Partant
de la place Vanolles, j’ai traversé la
rue Poincaré pour me diriger vers
la route de Marckolsheim jusqu’au
Match (anciennement Migros). J’étais
entouré de mes coéquipiers, et le
cortège comprenait aussi des cavaliers,
le bruit des sabots des chevaux
résonne encore dans ma tête... ».
Francis Stenger porte la flamme
olympique le 23 décembre 1967,
pour les Jeux d'hiver de
Grenoble en 1968
Francis Stenger et son équipe
(en haut, 4e en partant de droite)
Il fut un temps et un lieu où les
"people" se pressaient à Sélestat,
à son golf, plus précisément.
De 1926 à 1939, hommes d’affaires
et politiciens s’y rencontraient sur
les greens et au club-house, dans
un décor naturel qu’on vantait.
Créé en 1926 au lieu-dit Galgenfeld, le golf de
Sélestat était le premier en Alsace réputé être
"pour les Alsaciens". Le bel avenir qu’on lui prédisait
a tourné court en 1939, mais a fait rêver et a
donné à la ville une dimension internationale.
À l'initiative du sénateur Lazare Weiller, le golf a
été inauguré le 2 mai 1926. L’idée était d’attirer
les Anglo-Saxons, « touristes par excellence, non
pas seulement pour de brefs séjours, mais afin de
les fixer pour de longs séjours », explique Lazare
Weiller lors du discours d'inauguration.
Sur 36 hectares, le golf de Sélestat comportait
9 trous ( « en attendant d’en d’avoir 18 » , précisait
sa plaquette en 1926) et 80 obstacles, disséminés
sur le terrain « suffisamment ondulé pour corser les
évolutions des joueurs ». Selon le préfet Borromée,
« l’inauguration de ce terrain est une grande journée
pour la capitale de la moyenne Alsace et Sélestat
mérite aujourd’hui le titre de haut lieu du sport que lui
envient beaucoup de cités plus grandes et plus riches ».
En 1931, le golf-club comptait plus de 150 membres,
mais plus qu’une soixantaine en 1939. Au fil des
ans, le parcours est perçu comme trop éloigné
pour les touristes de passage à Strasbourg comme
pour les citadins. En 1935, la création du golf-club
de Strasbourg à Illkirch-Graffenstaden marque
le début de la fin de celui de Sélestat, qui cesse
de fonctionner à la veille de la Deuxième guerre
mondiale. En 1950, les parcelles sont expropriées
pour le compte de la Radiodiffusion nationale,
pour la construction des antennes TDF.
Le saviez-vous ? Sélestat avait son golf
Photos de l'inauguration du golf de Sélestat
et son club-house, le 2 mai 1926
Photos © Collection privée de Francis Stenger
Photos © DR - L'Alsace
© Archives municipales de SélestatLE SÉLESTADIEN 15 14 HORS SÉRIE - JUILLET 2024
SÉLESTAT ET LES JEUX OLYMPIQUES SÉLESTAT ET LES JEUX OLYMPIQUES
La lutte sélestadienne aux JO
À Sélestat, la lutte et l’haltérophilie
sont pratiquées depuis plus
d’un siècle et ont fourni nombre
de sportifs de renom, qui ont
fait la gloire de la ville.
Ainsi, la vénérable Société Athlétique Alsatia de Sélestat (1908) a vu s’entraîner en son sein le lutteur Eugène Kracher, champion de France et membre de l’équipe de
France aux JO de Berlin en 1936, mais
aussi Roger Mannhard et René Charles
Schiermeyer, tous deux sélectionnés
pour les JO de Rome en 1960. Le second
y est d'ailleurs médaillé de bronze.
En 1952 est fondé l’Athlétique Club 52,
à la suite d’une scission avec l’Alsatia,
en proposant toujours la pratique
de l’haltérophilie et de la lutte.
Après l’incendie de sa salle d’entraînement
en 1961, le club déménage dans
la salle Vauban et fusionne avec
la Société de Gymnastique, pour
former la Société de Gymnastique
et des Sports Athlétiques (SGSA).
À nouveau, des champions émergent :
des années 1980 au début des années
2000, près de 25 titres nationaux sont
rapportés en lutte. Emmanuelle Blind
est deux fois championne du monde, en
1988 et 1989. En haltérophilie, Jean-
Marie Kretz est sélectionné pour les Jeux
Olympiques de Los Angeles en 1984.
Sélestat est alors reconnue comme
le meilleur club formateur de
jeunes au niveau national, et ce
plusieurs années consécutives.
En 2001, la section de lutte quitte la SGSA.
Elle avait déjà quitté la salle Vauban en
1998 pour le Cosec de l’Ill, plus grand ; de
nombreuses têtes de jeunes ayant éprouvé
la solidité des murs de l'ancienne salle, trop
rapprochés du tapis d’entraînement !
En 2004 est créé le club de
Lutte - Sélestat actuel. Emmanuelle Blind,
championne du monde 65 kg, Martigny 1989
René Charles Schiermeyer,
installé pour sa retraite bien
méritée à Villeneuve-Loubet,
à 100 mètres de la mer, vit des
jours heureux dans un cadre
qui l’aide à garder le sourire,
en dépit de soucis de santé.
Vous êtes considéré comme l’un
des meilleurs lutteurs français
de votre époque. Pouvez-vous
nous retracer votre histoire ?
« Je suis Sélestadien depuis toujours,
né en septembre 1938 dans cette belle
cité humaniste, j’ai fait mes débuts dans
la lutte car mon père pratiquait déjà
cette discipline. Il voulait absolument
que je fasse un sport. Je suis né
prématurément, très frêle, c’était une
sacrée revanche sur la nature !
Moi, je voulais faire de l’athlétisme,
j’étais grand et fin avec de longues
jambes, mais j’ai voulu faire plaisir
à mon père et à ma fratrie.
À l’époque, il y avait un club à Sélestat,
alors, quand nous avions 14 ans, j’ai
décidé avec un copain de me lancer
dans la lutte. Il n’y avait que des seniors
et nous sommes arrivés en plein milieu
des entraînements, nous deux, les
petits gamins, pour apprendre avec
des gars qui étaient déjà nos aînés. Il
fallait que l’on fasse nos preuves !
J’ai commencé à percer vers les 15 ans,
j’avais un superbe entraîneur, Eugène
Kracher, champion de France en 1938 et
sacré meilleur lutteur des championnats,
qui avait fait les JO de Berlin. Puis, j’ai été
entraîné par Lucien David. Sans ce dernier,
je n’aurais jamais eu cette carrière. Il m’a
appris à avoir une bonne hygiène de vie, il
était exemplaire. Lui et sa femme ont une
place dans mon cœur pour toujours. J’ai eu
3 mentors dans ma vie : mon père, Lucien
mon coach et mon professeur de piano.
En 1954, j’ai voulu moi aussi entraîner les
autres, j’avais 30 à 40 élèves lutteurs et
j’entretenais avec eux une relation très
amicale et fraternelle. J’étais d’ailleurs
témoin de mariage de l’un de mes élèves,
ça m’avait profondément touché. »
Comment avez-vous été
sélectionné pour participer
aux JO de Rome ?
« Pour être sélectionné pour Rome,
j’ai été titré 13 fois champion de
France. Dès 1959, je suis rentré dans
la sphère pour les JO de 1960.
Michel Drucker, encore inconnu à l’époque,
était venu pour m‘interviewer à Roubaix,
lors des sélections. Il devait rendre
une interview complète sur moi pour
pouvoir être recruté à la télévision. Je
me souviendrai de cette anecdote toute
ma vie, et je suis fier que mon parcours
ait contribué à sa carrière télévisuelle !
À Rome, on a lutté dans le Colysée,
c’était mémorable, un truc incroyable...
J’ai décroché la médaille de bronze
là-bas, j’étais le plus jeune des
médaillés aux JO en sport de combat,
depuis l’existence des Jeux. »
Et le retour à Sélestat ?
« Au retour de Rome, c’était le branle-
bas de combat à notre arrivée à Orly, il
y avait du monde comme je n’en avais
jamais vu ! On a été accueillis comme des
héros ! Même le préfet de Versailles Paul
Demange était là. On était escortés par des
dizaines de motards pour la traversée des
Champs-Elysées, et là, il y a eu la grande
réception avec tous les journalistes.
À Sélestat, c’est Albert Ehm qui nous a
reçus à l’hôtel de ville, je m’en souviendrai
toute ma vie. Revenir dans sa ville comme
quelqu’un qui a accompli de grandes
choses, c’est tellement élogieux.
En 1967, ma carrière s’est arrêtée, j’ai
été victime d’un accident de ski, j’ai
voulu éviter une professeure avec ses
élèves débutants et, voulant me jeter
sur le côté plutôt que de percuter les
bambins, je me suis luxé le genou car
mon ski ne s’est pas décroché dans la
chute. C’était la fin du sport pour moi.
Aujourd’hui, j’ai plaisir à jouer du piano,
une autre de mes passions... »
Photos © Archives municipales de Sélestat
René Charles Schiermeyer, médaillé de bronze aux JO de Rome en 1960
René Charles Schiermeyer (2e en partant de la droite) pose ici en 2020 avec Jean-Paul Salomon, l’un de ses anciens élèves, Marcel Bauer, maire de Sélestat, son premier coach Lucien David et Jean-Claude Brand, l’ex-entraîneur du club d’Obernai
© DRLE SÉLESTADIEN 17 16 HORS SÉRIE - JUILLET 2024
SÉLESTAT ET LES JEUX OLYMPIQUES SÉLESTAT ET LES JEUX OLYMPIQUES
Démonstration de lutte
avec Roger Mannhard,
lors de la réception du Challenge
l'Équipe de la Ville la plus sportive 1959,
décerné à Sélestat
Réception organisée à l'hôtel de
ville de Sélestat, en l'honneur des
athlètes, à leur retour des Jeux
Olympiques de Rome en 1960.
Ci-dessus de gauche à droite,
levant leur verre : Roger
Mannhard, le médaillé olympique
René Charles Schiermeyer et
Charles Studler, champion de
gymnastique du SGS.
Photos © Archives municipales de Sélestat
C’est dans une maison riche de
souvenirs, garnie de récompenses
sportives et de photos en noir et
blanc, que Roger Mannhard nous
a accueillis en toute simplicité.
Ce monsieur de 92 ans, plusieurs
fois champion de France, a
participé à deux reprises aux
championnats du Monde de
lutte et aux Jeux de Rome.
Racontez-nous vos souvenirs et ce
qui vous a amené à pratiquer la lutte
« Je suis né en 1932, j’avais 13 ans quand
j’ai participé au championnat d’Alsace en
1945. La lutte, c’est une histoire de famille.
C’est mon frère de 11 ans mon aîné qui m’a
donné goût à ce sport, puis il est parti à la
guerre et moi j’ai continué de lutter car, à
l’époque, j’étais un acrobate, j’arrivais à faire
beaucoup de choses, j’étais plein d’énergie.
D’ailleurs mon fils est comme moi,
il est aussi lutteur, champion de
France, mais en poids lourd.
On n’avait pas de salle de lutte pour
s’entraîner, alors on utilisait les locaux
de la Société de Gymnastique. Le
club l’Alsatia proposait deux activités
sportives, la lutte et l’haltérophilie.
À l’époque, ce n’était pas simple, je
n’avais pas d’entraîneur, pas de masseur,
je me débrouillais tout seul en essayant
de faire du mieux possible. Le matin,
je me levais et j’allais courir autour de
Sélestat pour m’entraîner à l’endurance,
puis je me rendais au travail, à l’abattoir
de la ville, j’étais boucher-charcutier.
En 1952, j’ai dû partir pour le service
militaire, en Allemagne, j’y ai rencontré
ma femme, que j’ai épousée deux
ans plus tard. En 1956, j’ai fait le
championnat d’Europe, j’avais 24 ans.
En 1959, j’étais qualifié pour les Jeux
Olympiques, mais il fallait que je vive
en France pour prétendre y participer,
je suis donc revenu vivre ici. Pendant
toutes ces années, je me suis entraîné
en Allemagne, j’ai appris énormément,
ils sont très forts en lutte, les Allemands.
J’ai mis en application tout ce que
j’avais appris à leurs côtés. »
Votre participation aux JO
de Rome en 1960, retracez-
nous ce grand moment..
« C’était un honneur pour moi de participer
aux JO mais j’avais déjà 28 ans, je n’étais
plus tout jeune. J’ai fini 10 e du classement
(62 kg). J’ai d’ailleurs failli ne pas participer,
je devais perdre 5 kg pour pouvoir rentrer
dans ma catégorie de poids, sauf que
je souffrais d’une angine et que j’avais
énormément de mal à courir, du coup je
ne maigrissais pas suffisamment vite. Les
organisateurs avait déjà fait appel à un
remplaçant et lui avait taillé sur mesure
la tenue qui m’était destinée. J’ai eu peur,
j’ai failli me faire prendre ma place !
Heureusement qu’Albert Ehm, le maire de
Sélestat de l’époque, est intervenu pour
appuyer ma sélection. Son appel m’a permis
de concourir et d’avoir la tenue taillée à ma
morphologie ! Quand je suis revenu de Rome,
avec René Schiermeyer, on a été reçus lors
d’une cérémonie grandiose, j’étais très ému...
Puis les années sont passées, j’ai
passé un diplôme de certification de
la viande en 1968, mais l’abattoir de la
ville a dû fermer et j’ai été reclassé.
En 1972, j’ai été victime avec ma fille d’un
accident de la route qui m’a grièvement
blessé, j’ai une plaque dans le ventre
et mon genou est abîmé. C’était la fin
de ma carrière sportive. J’en garde de
précieux souvenirs et je suis heureux de
pouvoir encore en parler aujourd’hui. »
Roger Mannhard, un autre lutteur aux JO de Rome en 1960
Photos © Collection privée de Roger Mannhard
L'équipe de lutteurs de 1950-51, avec Roger Mannhard (4e en partant de gauche)LE SÉLESTADIEN 19 18 HORS SÉRIE - JUILLET 2024
SÉLESTAT ET LES JEUX OLYMPIQUES SÉLESTAT ET LES JEUX OLYMPIQUES
1967 - 1992 : la flamme olympique à Sélestat
La flamme olympique a
circulé dans les rues de la cité
humaniste en décembre 1967
et en janvier 1992.
23 décembre 1967
pour les JO de Grenoble 1968
Lors du premier passage de la flamme
à Sélestat, le mauvais temps ne semble
pas empêcher la foule de se masser le
long de la route. Le maire Maurice Kubler
reçoit fièrement à l’hôtel de ville cette
flamme des mains de Marguerite Fuchs
(voir ci-contre) et la transmet à son tour
à Vinachin, champion de France junior
et universitaire de poids et haltères.
La flamme passe ensuite par la rue des
Chevaliers, puis elle est portée en dernier
lieu par les sportifs du SCS, dont Francis
Stenger (voir p.8) et du Football Club
Cité, et quitte Sélestat à 10h pour être
remise aux athlètes du Haut Rhin.
8 janvier 1992
pour les JO d'Albertville
Une nouvelle fois, la foule se presse du pont
d’Epfig à la place d’Armes, rue des Chevaliers,
place Vanolles, avenue de la Liberté et route
de Colmar. Pour cette édition, le parcours
de la flamme olympique est organisé par
la Poste, à travers toute la France. Tous les
1000 mètres, les porteurs se relaient, choisis
notamment parmi des postiers sportifs.
À Sélestat, il s'agit de Yannick Gross.
Escortée par le club de motards de Sélestat,
dénommé alors « New Génération »,
la flamme est accueillie dans la cité
humaniste par une foule de jeunes.
Jean-Paul Stotz, adjoint au Sport de
l’époque, la réceptionne à l’hôtel de ville.
Passage de la flamme
en 1992 pour les
Jeux d'hiver
d'Albertville
Passage de
la flamme en 1967
pour les Jeux d'hiver
de Grenoble en 1968
Photos © Archives municipales de Sélestat
Marguerite Fuchs, porteuse de flamme en 1967
Avec beaucoup d’humilité
et de nostalgie, Marguerite
Fuchs, épouse Wehrell,
nous raconte son passé de
championne de France de saut
en hauteur et son expérience
de porteuse de flamme.
Comment êtes-vous devenue
championne de France de
saut en hauteur en 1967 ?
« J’étais enfant, je me vois encore au
milieu de la cour de l’école Sainte-Foy
et mes copines montaient la corde le
plus haut possible pour que je saute !
J’avais une sacrée détente et je
m’amusais beaucoup. Puis, quelqu’un
m’a repérée et m’a fait entrer au SCS
Athlétisme, à 12 ans, en minimes.
À l’époque on se débrouillait seul,
vous savez, on n’avait ni entraîneur,
ni entraînement. Je passais du temps
au stade où j’effectuais mes sauts, de
manière complètement "sauvage" sans
savoir que j’étais douée dans la discipline.
Plus tard, j’ai décidé de participer à
des compétitions, des championnats
d’académie, des challenges régionaux.
Mon record aux championnats de
France scolaire était de 1,59 m.
Mes parents travaillaient beaucoup,
ils étaient maraîchers et moi, je rêvais
d’autre chose. J’étais grande avec
de longue jambes, ça m’a beaucoup
aidée. J’ai aussi fait du 100 m haies,
en 15 secondes. J’ai appris toute
seule la concentration, mais le réveil
musculaire était déjà entamé, tôt le
matin, quand il fallait porter les caisses
de salades ! Je savais que je ne pouvais
que m’élever si j’étais concentrée
et que je travaillais mes sauts.
Puis, à l’âge de 20 ans, j’ai réussi
le CAP d’institutrice et je me suis
orientée vers le handball ; j’étais arrière
droit, ma détente était un atout.
À mes 35 ans, j’ai décidé de me tourner
vers le vélo, je suis actuellement licenciée
au Rando-Cyclos Centre Alsace. En mai,
avec le club, on est partis faire le Mont
Ventoux avec nos vélos mécaniques. »
Porteuse de flamme lors
des JO de Grenoble en 1968,
racontez-nous ce souvenir
« Je me suis retrouvée à porter la
flamme des Jeux, comme ça, de la
rue Poincaré à la rue des Clés, il y avait
du monde. C’est un bon souvenir, je
me suis même fait interviewer par
la télévision, mais comme rien ne
m’impressionne, je me suis prêtée au jeu.
L’autre jour pendant une marche, mes
amies se sont arrêtées et ont dit :
« Mais vous vous rendez compte qu’on
a une championne de France avec nous
qui a porté la flamme olympique ! »
Alors que pour moi, j’ai rendu un
service, c’est le conseil municipal qui
m’avait choisie... », dit-elle en souriant.
Marguerite Fuchs porte la flamme olympique dans les rues de Sélestat, le 23 décembre 1967
Photo © L'Alsace - JP VesperLE SÉLESTADIEN 21 20 HORS SÉRIE - JUILLET 2024
SÉLESTAT ET LES JEUX OLYMPIQUES SÉLESTAT ET LES JEUX OLYMPIQUES
Philippe Desaintquentin au village olympique de Barcelone 1992
Adjoint au maire chargé des
Finances et des Domaines,
Philippe Desaintquentin était
élève au lycée hôtelier du
Touquet, lorsqu'il a eu la chance
de faire partie des sélectionnés
pour le service et la cuisine
du restaurant olympique.
Pouvez-vous nous raconter
ce voyage et cette
expérience inoubliable ?
« À l’époque de Barcelone 1992 - les
premiers Jeux organisés sur le territoire
espagnol - j’avais 20 ans et j’étais en
BTS hôtellerie restauration sur la côte
d’Opale, au Touquet. Les organisateurs
des JO avaient lancé un appel d’offre
pour le groupe Coemco-Sodexo
(société de restauration collective).
15 lycées hôteliers ont été retenus, soit
1 500 élèves à faire le voyage, c’était
du jamais vu. Nous étions logés dans
un camping "Campus 92" de plus de
7 000 m2, à quelques kilomètres de
Barcelone, dans des tentes de 6 à 8
jeunes. Tous les matins, nous étions
acheminés sur nos lieux d’affectation.
C'était génial, ça changeait tous
les jours, on pouvait voir les grands
sportifs, leurs habitudes alimentaires,
les côtoyer de près. Quelle chance
pour les jeunes que nous étions... ».
Comment était-ce organisé ?
« On travaillait en groupe, parfois à
la centrale, parfois au port, mais les
quantités de nourriture préparées
étaient impressionnantes. La
cantine fonctionnait 24h/24. J’ai
souvenir qu’on préparait plus de
10 000 sandwichs en une journée.
Certains athlètes devaient prendre
du poids, d’autres en perdre, alors ça
nous arrivait de voir ceux qui devaient
être plus lourds, venir manger toutes
les deux heures. La logistique était
de taille aussi, je n’avais jamais vu des
chambres froides aussi grandes, on
pouvait y circuler en Fenwick ! »
Quel souvenir gardez-vous
aujourd’hui ?
« J’ai eu la chance de prolonger ma
mission et donc de rester pour les
Jeux Paralympiques. J’en garde un
très bon souvenir et j’ai pu comparer
les différences entre les athlètes des
JO et ceux des paralympiques. Je me
remémore que les liens et le contact avec
les athlètes porteurs de handicap étaient
très forts, notamment les Canadiens.
Ils étaient très accessibles et leur
implication dans les compétitions était
aussi très humaine. Je me souviens aussi
que cette année-là, c’était l’apparition
du pin’s et, à cette occasion, une
collection spéciale JO avait été créée.
Aujourd’hui cette cantine olympique,
située le long de la plage de Barcelone,
est devenue un énorme supermarché,
avec au rez-de-chaussée le parking et
à l’étage la surface commerciale... »
Photo du haut : promotion 1992-93 du lycée hôtelier Le Touquet (P. Desaintquentin est au 2e rang, tout à gauche) Une petite partie du "Campus 92", qui comprenait 1500 élèves et étudiants.
Photos © Collection privée de Philippe Desaintquentin
Les Jeux olympiques et le sport ont inspiré plusieurs fois la décoration des chars du Corso Fleuri. C’est notamment le cas en 1988, où 16 chars défilent, représentant chacun une ville ayant accueilli les Jeux depuis 1896.
En 1991, le thème Sélestat dans la course
permet de mettre en avant les grandes
courses telles que le marathon, le Tour
de France, les courses équestres...
Et chaque année, de nombreux clubs
sportifs s’engagent dans le défilé, en
participant à leur décoration et animation,
et ce dès les premières éditions du Corso.
Le saviez-vous ? Le Corso Fleuri et les JO
1991
Photos © Archives municipales de Sélestat
1988
1947
1933
1952
1950LE SÉLESTADIEN 23 22 HORS SÉRIE - JUILLET 2024
SÉLESTAT ET LES JEUX OLYMPIQUES SÉLESTAT ET LES JEUX OLYMPIQUES
Aménagement du Grubfeld
À la fin des années 1960, les
installations du Grubfeld se limitent
à un terrain de foot, appartenant
à la Filature de Sélestat.
En 1978, les membres de l’association Les Amis du cheval s’installent au lieu-dit Grubfeld. En 1977, la Ville, en lien avec l’Office municipal
des sports et l’Office national des forêts,
aménage un parcours de santé en forêt du
Giessen, en collaboration avec la société
Vita, compagnie d’Assurance sur la vie. Cette
pratique de sport en plein air est alors de
plus en plus plébiscitée par les citadins.
Peu à peu le projet se forme d’y déployer une
zone de loisirs plus importante, mêlant à la
fois des espaces pour le sport encadré et pour
le sport libre. Des tournois et événements
sportifs y sont alors régulièrement organisés.
Dans les années 1980 sont successivement
aménagés un terrain hippique, un parcours
équestre en forêt, ainsi qu’un stand de
tir et deux terrains de tennis, un terrain
de rugby et deux terrains de foot.
Ces derniers sont utilisés par le FC
Cité, regroupant les jeunes du quartier
nord de Sélestat, et l'AS Portugais.
Le site se dote ensuite d’un terrain de
tir à l’arc et d’un boulodrome. Enfin,
dans les années 2000, sont ajoutés un
terrain multi-beach et un skate parc.
En 1991, pour les 10 ans du Club de Rugby, la Ville de Sélestat
offre au club un terrain avec une pelouse neuve.
Les principales associations
du Grubfeld
La Société de Tir de Sélestat est créée en
1922 et en 1977, une école de tir voit le jour.
Jusqu'en 1984, l'association est installée au
Giessen, puis la Ville lui loue un terrain au
Grubfeld pour y construire un nouveau stand
de tir. La société s’illustre régulièrement
aux championnats de France et d’Europe et
compte un quintuple champion du monde
de tir à l'arme ancienne, Noël Risch.
En 1970-1971, avec la venue des Portugais à
Sélestat, Salvador Rocha crée l’Association
catholique ainsi que la caisse mortuaire
des anciens portugais. En juillet 1974, les
immigrés portugais travaillant à la Filature
créent une association, le Centre des
Portugais de la filature de Sélestat, avec une
section de football qui deviendra ensuite le
club de foot A.S. Portugais de Sélestat.
Plus tard, pour favoriser la pratique du football
sur le site du Grubfeld, la Ville entreprend
l’aménagement de deux terrains, dont un
d’entraînement, de dimension réduite,
permettant la pratique du mini-football
et l’entraînement hivernal des joueurs.
En 1981 est formé le premier Club de Rugby
à Sélestat. Les entraînements ont d'abord
lieu à Châtenois, puis à Villé. En 1991, pour
les 10 ans du club, la Ville de Sélestat lui
offre un terrain avec une pelouse neuve.
Peu à peu, le club s’accroît, les activités
se diversifient, avec un fort engagement
dans la formation des jeunes. Un centre
d'entraînement de rugby est créé à Sélestat
en 1995. Aujourd’hui, le club ne compte pas
moins de 10 équipes et organise à domicile le
Challenge d’Alsace des écoles de rugby, qui
rassemble près de 700 petits rugbymens.
L’association Attelage Centre Alsace reprend
en 1996 la location du terrain et les anciennes
infrastructures des Amis du cheval. Créée
en 1985, elle a pour objet la pratique de
l’attelage, l’organisation de compétitions et de
manifestations équestres qui prennent, année
après année, une dimension internationale.
Organisation de jeux sportifs
Une école de rugby dynamique et labellisée par la Fédération Française de Rugby © Christophe Maillard © Michel Koebel Compétition internationale d'attelage - avril 2024
Photos © Archives municipales / Ville de SélestatLE SÉLESTADIEN 25 24 HORS SÉRIE - JUILLET 2024
SÉLESTAT ET LES JEUX OLYMPIQUES SÉLESTAT ET LES JEUX OLYMPIQUES
Myriam Wischlen : arbitre de boccia à Paris 2024
Myriam Wischlen, éducatrice
spécialisée depuis plus
de 30 ans, réalise un rêve,
celui d’arbitrer aux Jeux
Paralympiques de Paris
2024. À ce jour, on compte
660 compétiteurs et 3200
pratiquants et cadres
licenciés de boccia.
Qu’est-ce que la boccia ?
« Boccia signifie boule en italien, c’est un
ancêtre de la pétanque, on y joue avec
13 balles en cuir, un jack (le cochonnet)
et 6 balles en individuel ou en équipe.
Il y a 4 manches par match et deux
supplémentaires en équipe par 3.
Pour pratiquer ce sport, on distingue
surtout ceux qui ne peuvent pas lancer
la balle à la main, alors on les équipe de
licorne ou de rampe de lancement. Ce
sport mixte est le premier pratiqué en
handisport, vu le nombre de pratiquants.
En 1984, la boccia est apparue
pour la première fois aux Jeux
Paralympiques d’été à New York : 17
compétiteurs et 5 pays. La Boccia
International Sports Fédération
développe ensuite la discipline sur
le plan international et à l’ensemble
des communautés mondiales.
La boccia est un sport qui demande
beaucoup de stratégie : comme
aux échecs ou au billard, il faut
toujours avoir un coup d’avance, de
la tactique et de la concentration.
Pour des personnes qui ont des
capacités physiques réduites, cela leur
permet de se concentrer sur un objectif,
de trouver les meilleures solutions
pour pouvoir marquer des points. »
Vous avez été sélectionnée
pour arbitrer la boccia aux Jeux
Paralympiques, racontez-nous
« Je suis arbitre de boccia depuis 2010,
au club Jehm Le Sport à Strasbourg
et nous avons la fierté d’avoir eu deux
jeunes champions Handisport Grand
Est, qui sont allés jusqu’aux quarts de
finale du championnat de France. Au
quotidien, j’encadre des enfants de
8 à 10 ans en situation de handicap
à l’IME Saint-Joseph de Colmar.
Pour moi, avoir été sélectionnée pour
ces Jeux est un honneur. Au départ, il
fallait candidater suite à la campagne
de recrutement. Puis, le 18 février,
nous avons eu une sélection avec une
compétition internationale "testing" afin
de juger nos compétences à Voisins-
le-Bretonneux, dans les Yvelines.
Le 23 février, je recevais le tableau de
répartition officielle où j’ai vu inscrit mon
nom en tant qu’arbitre Liner (l’arbitre
le plus proche des joueurs). C’était le
graal, vivre ça une fois dans sa vie, je ne
l’aurais jamais cru possible pour moi. Je
serai donc au village olympique du 26
août au 6 septembre sur des journées
qui s’étaleront de 8h à 22h. Nous serons
32 arbitres au total, répartis en gestion
des scores, relevage des infractions
ou encore mesures à la raquette ».
Photos © Collection privée de Myriam Wischlen
En 2010 au CSI à Sélestat, l'équipe de France féminine de hanball remporte la victoire face à la RoumanieLE SÉLESTADIEN 27 26 HORS SÉRIE - JUILLET 2024
SÉLESTAT ET LES JEUX OLYMPIQUES SÉLESTAT ET LES JEUX OLYMPIQUES
Thierry Omeyer, double champion olympique
et quintuple champion du monde
Thierry Omeyer, ancien gardien
de but au SAHB et de l'équipe
de France, double champion
olympique en 2008 et 2012
et 5 fois champion du monde,
est aujourd’hui manager
général du Paris Saint-Germain
Handball, depuis janvier 2021.
Pouvez-vous nous parler de
votre parcours dans votre
premier club à Sélestat ?
« Originaire de Cernay dans le Haut-
Rhin, je fais mes études à Strasbourg
en sport-études. En 1994, j’intègre
le club de handball de Sélestat, où
je joue tout d’abord en espoirs. Très
rapidement, j’ai pu m’entraîner puis
débuter avec l’équipe de 1ère division en
mai 1995, au plus haut niveau français.
Je me souviens des matchs qu’on jouait
au Cosec, la salle était pleine à craquer.
Ce sont de très bons souvenirs avec des
gros matchs et de superbes ambiances.
À Sélestat, j’ai pu m’aguerrir au
plus haut niveau en bénéficiant de
beaucoup de temps de jeu et des
responsabilités très tôt dans ma carrière.
Ce qui m’a permis en 2000, de signer
pour le club Montpellier Handball.
Je suis revenu jouer à Sélestat, avec
Montpellier et la dernière fois avec le
PSG Handball, cette fois-ci, c’était au
CSI. J’ai plaisir à revenir régulièrement
voir la famille, j’ai d’ailleurs rencontré
ma femme à Sélestat. »
Pouvez-vous nous partager
vos souvenirs des JO ?
« J’ai eu la chance de participer aux
Jeux Olympiques à 4 reprises.
Cette compétition est pour moi la
plus belle et la plus symbolique en
tant que sportif. C’est la compétition
universelle par excellence.
J’ai participé ces 4 fois à la cérémonie
d’ouverture, qui est vraiment inoubliable
quand on entre dans le stade, avec
tous les athlètes de la délégation
française qui chantent la Marseillaise.
Bien sûr, les deux titres olympiques
remportés à Pékin et Londres restent les
moments les plus forts de ma carrière ! »
En 2017, gardien de but du Paris Saint-Germain Handball
Lors du défilé des médaillés
français des JO en 2012
© Georges Biard
© Wenflou
© Wenflou
Sport de haut niveau : le handball à Sélestat
Le club de handball de Sélestat
porte haut les couleurs de l’Alsace
Centrale. Il est une référence
en ce qui se fait de mieux dans
la pratique de haut niveau.
Le 19 août 1967 est créée au sein du SCS (Sport Club Sélestat) la section handball, suite à l’aménagement du nouveau plateau d’évolution au stade municipal. Cette initiative était demandée
depuis un certain temps par les jeunes, et
notamment par les scolaires. La gestion en
est confiée à Germain Spatz (futur président
de la Ligue d’Alsace de Handball en 1996).
L’enthousiasme des débuts ne faiblit pas,
et permet rapidement à l’équipe de gravir
les différents échelons des compétitions
départementales puis régionales.
Dès 1970, une école de handball fonctionne
au groupe Dorlan. Quant à l’entraînement,
il est transféré au gymnase Dr Koeberlé,
permettant ainsi d’être en salle, puis
plus tard au Cosec de l’Ill, qui deviendra
le haut lieu du handball sélestadien.
En ce qui concerne les performances,
l’équipe arrive dès 1972 en championnat
de France. Et lors de la saison 1978-1979,
c’est la consécration, les Violets deviennent
champions de France de Nationale 3.
Quelques années plus tard, lors de la saison
1989-1990, les Sélestadiens de Francis
Depp accèdent au plus haut niveau du
handball français, en Nationale 1/A.
Au début de l’année 1992, la section
de handball du SCS se conforme à la
réglementation régissant le handball
de performance, et se structure en
association avec des statuts à objet
sportif, en prenant la dénomination SC
Sélestat Handball Centre Alsace, et plus
tard, Sélestat Alsace Handball (SAHB).
En 1999-2000, il est le premier club alsacien,
rassemblant 701 pratiquants, pour atteindre
1080 l’année suivante. Il obtient aussi son
meilleur classement, terminant 5e aux
championnats de France 1ère Division.
Le handball se décline aussi au féminin
dans la cité du dahlia. L’histoire débute dès
1968, et l’équipe accède en 1979-1980 au
championnat d’Alsace et en 1997-1998 au
championnat de France, en Nationale 2.
Lors de la saison 2004-2005, le club obtient
le statut professionnel et la communauté
de communes de Sélestat décide la
construction d’une salle adaptée aux
différentes obligations fixées par le Ligue
nationale de Handball. Le Centre Sportif
Intercommunal voit le jour en 2010.
En 2008, l’équipe des U18 (joueurs de moins
de 18 ans) devient championne de France.
En 2014 est créée la section hand-fauteuil.
En 2018, l’équipe U18 est à nouveau
sacrée championne de France, et
en 2022, elle obtient le titre de
championne de France de ProLigue.
Le SAHB voit passer et forme des joueurs de
très haut niveau : Marc Wiltberger, pilier de
l'équipe 1 du SAHB et selectionné pour les
JO de Sydney en 2000 ; Thierry Omeyer, sacré
meilleur gardien du championnat de France
avec l'équipe de Sélestat, plus tard gardien de
but de l'équipe de France, double champion
olympique et quintuple champion du monde,
élu meilleur gardien de tous les temps en
2010 (voir ci-contre) ; plus récemment Yanis
Lenne, champion d'Europe 2024 avec l'équipe
de France, en route pour Paris 2024 (voir p.29).
Au Centre Sportif Intercommunal, le
SAHB accueille événements et matchs de
handball nationaux et internationaux.
Montée en Nationale 1/A pour l'équipe 1 - saison 1989-1990LE SÉLESTADIEN 29 28 HORS SÉRIE - JUILLET 2024
SÉLESTAT ET LES JEUX OLYMPIQUES SÉLESTAT ET LES JEUX OLYMPIQUES
Yanis Lenne, en route vers Paris 2024
Champion d’Europe avec
l’équipe de France en janvier
dernier, Yanis Lenne se prépare
pour les Jeux de Paris 2024.
Le Sélestadien Yanis Lenne est un
joueur de handball évoluant au poste
d’ailier droit au Montpellier Handball.
Formé au SAHB par Thierry
Demangeon, il joue ses premiers
matchs en championnat de France
en 2014. Il signe son premier contrat
professionnel au SAHB en 2015.
En 2016, il connait sa première sélection
en équipe de France face à la Lituanie,
à l’occasion d’un match de qualification
pour le championnat d’Europe 2018.
À la fin de la saison 2016-2017, Yanis
Lenne signe pour 4 ans au FC Barcelone.
En septembre 2018, il est prêté à Aix en
tant que joker médical jusqu’à la fin de
l’année 2018. Son prêt sera finalement
prolongé jusqu’à la fin de saison.
Il est annoncé à Montpellier en
janvier 2019 pour un transfert
effectif à partir de la saison 2020-
2021. Il rejoint finalement le club
héraultais dès l’intersaison 2019.
Après la retraite internationale de Luc
Abalo à l’issue du titre olympique en
2021, Yanis Lenne participe à sa première
compétition internationale à l’occasion
du Championnat d’Europe 2022.
En janvier 2024, il devient champion
d’Europe avec l’équipe de France.
© European Handball Federation
© Getty Images
1978-1979, l'équipe de handball de Sélestat
devient championne de France de Nationale 3
1989-1990 : montée de l'équipe 1 en
1ère Division, et réception par la municipalité
Accueil à l'hôtel de ville,
par l'équipe municipale,
du SAHB, champion de
France Proligue 2022
Photos © Archives municipales / Ville de Sélestat
Le Centre Sportif
Intercommunal
Cet équipement inauguré en 2010, qui constitue
un effort financier collectif (Communauté
de Communes de Sélestat, Conseil Régional,
Conseil Général) place le Centre Sportif
Intercommunal comme la plus grande salle
de sport d’Alsace Centrale, entre le Rhénus à
Strasbourg et le Palais des Sports à Mulhouse.
Répondant à une véritable attente de la
population locale en matière d’organisation
d’événements sportifs de haut niveau, il
dispose d’une capacité d’accueil de 2200
places pour une surface de 6550 m2
(vestiaires et annexes compris).
Avec une surface d’aire de jeu de 44 x 28 mètres
pour une hauteur de plafond de plus de 10
mètres, Sélestat s’est ainsi dotée d’un nouvel
écrin sportif pour accueillir des manifestations
de niveau national, voire international.
Lors de l'Eurotournoi de handball, en 2022LE SÉLESTADIEN 31 30 HORS SÉRIE - JUILLET 2024
SÉLESTAT ET LES JEUX OLYMPIQUES SÉLESTAT ET LES JEUX OLYMPIQUES
Affiche pour promouvoir le tourisme à Sélestat (années 1960)
Benjamin Brun, joueur de l’équipe de France de hand fauteuil
Benjamin Brun, joueur
de l’équipe de France de
hand fauteuil et entraîneur au
SAHB, sera l'un des capitaines du
relais de la flamme olympique.
Comment avez-vous
appris que vous porterez
la flamme symbolique ?
« Comme beaucoup de licenciés ou
membres d’associations sportives, j’ai
candidaté à une campagne faite par mail
où il fallait remplir un questionnaire.
Puis, j’ai eu la chance d’être convoqué
au premier stage de la toute nouvelle
équipe de France de hand fauteuil.
Après cela, la Fédération française
de handball m’a appelé et proposé
d’être capitaine du relais de la flamme
olympique. Lorsque j’ai reçu cet appel
de la Maison du Handball, j’ai à la fois
été surpris et surtout honoré qu’on
me le propose. J’en suis plutôt fier !
À défaut de participer aux JO pour
la compétition - le hand fauteuil
n’étant pas encore une discipline
paralympique - cela me permet d’y
prendre part d’une autre manière. »
Pouvez-vous nous en dire
plus sur le déroulement et
que représente cette flamme
olympique pour vous ?
« Nous, les porteurs de flamme,
sommes régulièrement informés
par mail des différentes opérations
et événements se passant avant
le jour J (interventions dans les
associations, écoles, parrainage...).
On reçoit les informations avec de
plus en plus de précisions au fur et
à mesure que la date approche.
La flamme olympique est partie
d’Olympie le 16 avril, elle est arrivée en
France le 8 mai et parcourra 64 territoires
dont 5 ultramarins, jusqu’au 26 juillet
pour la cérémonie d’ouverture des Jeux.
Pour le lieu de portage de flamme,
tout dépend de comment on a été
sélectionné, cela peut être via la ville,
la région, la fédération... Pour ma part
étant capitaine d’un relais collectif de
la Fédération française de handball,
j'avais appris que je serai à Lille, l'une
des villes hôtes pour la compétition de
handball, avec 24 acteurs de notre sport.
C’est un évènement qui n'a lieu que
tous les 4 ans, avoir la chance d’être
le pays organisateur n’est donc pas
facile, avoir les moyens de l’organiser
n’est pas évident non plus. Donc déjà
pour ça, c’est une fierté d’accueillir
les Jeux sur notre territoire.
La flamme est aussi tout le symbole
des Jeux. En plus de regrouper la
plupart des sports mondiaux dans
une seule compétition, elle incarne
toutes les valeurs du sport en général,
le respect, l’humilité, le courage,
le dépassement... Je pense que ce
sera une journée mémorable et
surtout chargée en émotions ! »
© Frédérc Bocquenet - SAHB © Archives municipalesLE SÉLESTADIEN 33 32 HORS SÉRIE - JUILLET 2024
SÉLESTAT ET LES JEUX OLYMPIQUES SÉLESTAT ET LES JEUX OLYMPIQUES
Les Bains froids, installés dans le Mühlbach dès 1891
© Archives municipales
À Sélestat, on nage aux remparts
Avec au départ un objectif
sanitaire, puis orientées vers la
compétition et le loisir, la baignade
et la natation se développent et
les équipements s'étoffent.
En 1874, la Ville de Sélestat devient propriétaire de toutes les fortifications, et notamment de la demi-lune 26, située à l'actuel emplacement de la route de Marckolsheim, après la médiathèque. Dans
le même secteur, elle acquiert en 1885-1886
la scierie liée au moulin de l’Illmühle. Cet
emplacement donne lieu à plusieurs axes de
réflexion de la part de la municipalité, dont
celui de transférer dans le Mühlbach (bras
de l’Ill) les Bains froids, installés alors dans
le canal de Saint-Hippolyte. Ces nouveaux
bains sont ouverts le 18 juin 1891.
Ces Bains froids sont ainsi dénommés
en opposition aux bains chauds, les
Bains municipaux, aménagés à partir
de 1927. La baignade avait alors avant
tout un but hygiénique, afin de lutter
contre les maladies et l’insalubrité.
Cependant, la natation se développe
peu à peu. La nage libre et la brasse sont
déjà présentes aux Jeux Olympiques
d’Athènes en 1896. Le Sport Club
de Sélestat se fait d’ailleurs l’écho
de cette aspiration à développer les
équipements propices à cette pratique.
« Située au milieu de cours d’eau, véritable
Venise alsacienne, Sélestat jouit d’une situation
privilégiée et mérite de prendre, dans le sport
de la natation, la place qui lui revient. Nous
nous bornerons, à ce sujet, à poser une seule
question : quelle est la personne de bon sens,
même d’esprit rétrograde, qui oserait soutenir
que la natation n’est pas un sport utilitaire ? »
(courrier du 13 juin 1936, adressé au maire
par le Dr A. Bur, président du SCS).
La municipalité s’empare de la question.
Le projet se forme dès 1937 de
l’aménagement d’un "Parc des sports",
comprenant le réaménagement du
stade municipal et l’aménagement près
des remparts d’une piscine ouverte.
Un temps freiné par le conflit de la Deuxième
guerre mondiale, le maire Albert Ehm (1953-
1965) amène le projet à sa concrétisation.
L’inauguration a lieu les 29 et 30 juin 1957.
Le public accourt pour voir ce stade nautique,
comprenant une piscine olympique, une
pataugeoire pour les enfants, un bassin
pour non-nageurs, des vestiaires et douches,
et un bar-restaurant, le Lido. Cette base
de loisir fait le bonheur des Sélestadiens,
ainsi que des habitants des alentours qui
viennent profiter de cette piscine située
dans un cadre idyllique. Près de 2000 à 3000
personnes s'y pressent lors des beaux jours.
Mais cette piscine n’est pas chauffée, et elle
n'est ouverte que de mai à fin septembre.
Afin de pouvoir accueillir tout au long de
l’année les nageurs ainsi que les scolaires, la
piscine couverte Koeberlé entre en fonction
en 1973, jusqu'en 2009, date à laquelle
elle ferme définitivement ses portes.
Au fil des ans, la piscine découverte subit
peu à peu les assauts du temps. L’hiver 2006
entraine des détériorations irréversibles
et il est décidé de sa fermeture.
Cependant, le site des remparts, berceau
de la natation à Sélestat, est à nouveau
choisi pour y aménager une nouvelle
piscine, la piscine des Remparts.
Depuis 2009, elle accueille petits et grands
autour d'une pataugeoire et d'un grand bassin
ouverts sur le panorama des Vosges et du
Haut-Koenigsbourg, d’espaces extérieurs et
de jeux d'eau donnant sur le lac de canotage.
Le stade nautique et sa piscine olympique découverte (photo prise entre 1957 et 1970) © Archives municipalesLE SÉLESTADIEN 35 34 HORS SÉRIE - JUILLET 2024
SÉLESTAT ET LES JEUX OLYMPIQUES SÉLESTAT ET LES JEUX OLYMPIQUES
Le sacre de Béatrice Hess, grande dame de la natation
Béatrice Hess, athlète la
plus médaillée au monde
des Jeux Paralympiques, a
remporté pas moins de 56
médailles internationales et
26 médailles paralympiques.
Comment avez-vous
découvert la natation ?
« Je suis née avec une maladie
apparentée à la sclérose en plaque,
qui m’a fait vivre une enfance un peu
compliquée, lourde de soins et de
contraintes. En 1973, lorsque j’avais 12
ans, on m’a préparé ma valise et on m’a
fait quitter Aubure et mes montagnes où
j’étais si heureuse. J’ai été hospitalisée au
centre de rééducation Jacques Calvé à
Berck-sur-Mer, dans les Hauts de France,
où j’ai vécu les pires années de ma vie.
À cette époque, le centre était dirigé par
des religieuses, je subissais opération sur
opération avec un tel acharnement...
La communauté n’était pas bienveillante
et je souffrais de maltraitance.
Malgré tout, j’ai commencé à
apprendre à nager là-bas, la piscine
était mon refuge. 4 ans plus tard, ce
fut la délivrance, je quittais une vie
de privation pour Étueffont. J’y ai
fait mes études et on y bénéficiait de
nombreuses activités. On pouvait faire
du shopping, mais moi à 17 ans, il n’y
avait plus que la natation qui comptait !
En octobre 1981, diplôme en poche,
j’ai trouvé du travail à Colmar et je me
suis inscrite au club de natation Centre
Alsace dont le siège était à Sélestat. Je
me suis entraînée assidûment et j’ai pu
participer aux championnats de France.
Je nageais parfois à Colmar, proche
de mon domicile, mais je profitais
aussi des entraînements de Sélestat.
En 1982, une nageuse avait été
sélectionnée pour les championnats
du Monde à Stoke Mandeville en
Angleterre, mais elle est tombée
enceinte. J'ai donc été prise comme
remplaçante "outsider" pour l’équipe
de France et j’ai décroché 4 médailles.
C’était le début des récompenses. Les
participations et les victoires aux Jeux
Paralympiques m’ont transformée,
je prenais une revanche sur la vie.
En 1994, à mon retour de maternité,
j’ai eu l’opportunité de trouver
un club valide qui m’accepte en
entraînement, une première pour
une personne en fauteuil roulant.
Ce nouveau départ fût un tournant
dans ma carrière et ma participation
aux trois Jeux Paralympiques suivants
n’a fait qu’accroître ma soif de victoire
et le besoin d’acculturer les Français
aux parasports. Je suis passée de la
personne en situation d’handicap
qui nage, à la sportive de haut niveau
nageant avec une différence. »
Aujourd’hui, vous êtes
engagée pour que le regard
change sur la différence
« Mon énergie, je la consacre désormais
au service de mon engagement. Je suis
membre de plusieurs associations au
sein desquelles je lutte pour l’inclusion
des personnes en situation de handicap,
avec l’éducation par le sport et la société.
À l’approche des JO, je souhaite
également promouvoir la pratique
sportive auprès de différents publics par
l’inclusion, notamment les plus jeunes, en
y intégrant les valeurs de l’olympisme. »
Partagez-nous vos émotions
du 8 mai dernier, quand vous
avez porté la flamme ?
« C’était incroyable, j’étais en conférence
avec Jean Galfione et là, 3 jours avant,
on m’appelle pour me dire que Tony
Estanguet souhaite que je sois avec eux à
Athènes pour être la dernière relayeuse
française à porter la flamme. Bien sûr, j’ai
accepté : porter la flamme dans le pays
berceau de l’Olympisme est un honneur !
J’ai pris ce moment comme une
aventure. Je me suis retrouvée 20 ans
en arrière dans le pays où j’ai fini ma
carrière de 20 années de haut niveau et
gagné 20 médailles d’or paralympiques.
J’étais fière de recevoir le relai d’une
athlète patineuse médaillée d’or en
couple aux Jeux Olympiques, pour
porter la flamme lors des derniers
mètres au stade panathénaïque.
Quel symbole que celui d’unir des
athlètes d’hiver, d’été, olympiques,
paralympiques et des artistes (NB : la
chanteuse grecque Nana Mouskouri
a interprété les hymnes grec et
français). Cette unité représente la
trêve olympique, celle de la paix. »
En 1996, Béatrice Hess est
multichampionne paralympique aux JO
d’Atlanta, avec 7 médailles d’or en nage
© Archives municipales
Inauguration de la piscine découverte en 1957
© Archives municipalesLE SÉLESTADIEN 37 36 HORS SÉRIE - JUILLET 2024
SÉLESTAT ET LES JEUX OLYMPIQUES SÉLESTAT ET LES JEUX OLYMPIQUES
Hector Denayer, paranageur, sélectionné pour les JO de Paris
Hector Denayer, paranageur
médaillé de bronze aux
championnats du monde
2023, médaillé d’argent aux
championnats d’Europe
2024 dans les catégories
100m brasse et 4 nages,
est qualifié pour les Jeux
Paralympiques de Paris 2024.
Hector, tu es qualifié pour
les Jeux Paralympiques de
Paris. Licencié à Handisport
Sélestat, raconte-nous en
quelques mots ton parcours
« Je suis paranageur pour Sélestat dans
les compétitions au niveau national et
je représente fièrement les couleurs de
mon pays en dehors de nos frontières.
J’entame ma deuxième année à Alliance
Dijon Natation, club dans lequel j’évolue
avec des sportifs qui me tirent vers le
haut. Aujourd’hui, après avoir réalisé tous
les critères sportifs demandés et repassé
ma qualification "handicap", je suis
sélectionné pour les Jeux Paralympiques.
Mon objectif : la première marche du
podium de l’épreuve paralympique
du 100 mètres brasse, dont la finale
aura lieu le 30 août prochain. »
Quelles sont tes spécialités
en natation et quel est ton
rythme d’entraînement ?
« À la base, j’ai commencé par le judo
puis le football en section sportive,
mais j’ai développé une maladie de
croissance au genou gauche, qui m’a
amené à la natation. Depuis mes 14 ans,
je suis parti de chez mes parents pour
intensifier mes entraînements.
J’ai 10 séances dans l’eau, plus 6 séances
en salle de musculation par semaine.
Une journée type c’est 2h de natation le
matin, 1 heure de musculation et 2h de
natation le soir. Je suis un compétiteur,
je considère chaque entraînement
comme une compétition. Pour les
Jeux, je nagerai le 100m brasse, mais je
serai aussi aligné pour les 200m quatre
nages et pour le relais 4x100 m. »
Tant de travail mérite
récompense, as-tu un
message à nous délivrer ?
« Je voudrais pouvoir réaliser mon
rêve, je bosse tous les jours pour ça...
Je compte sur tous les Sélestadiens
pour me soutenir quand je serai dans
la piscine à Paris. J’irai chercher la
médaille d'or et la ramènerai, tout
fier, à la maison à Sélestat. »
Hector Denayer en entraînement à la piscine des Remparts
Le SCS Natation
Le club de natation de Sélestat
existe depuis 1946. Cette
section du SCS est créée sous
l’impulsion d’Eugène Rost,
premier président du club. Ils
sont alors une quinzaine de
nageurs à se retrouver en hiver
à la piscine de Sainte-Marie-
aux-Mines tous les jeudis pour
s’entraîner. Heureusement, la
piscine olympique découverte
de Sélestat, ouverte en 1957,
apporte une évolution bienvenue
et le SCS Natation voit le nombre
de ses membres augmenter.
Les activités se multiplient
aussi : bébés-nageurs, école de
natation, section compétition,
water-polo, natation
synchronisée, sport adapté...
Aujourd’hui, le club se concentre
sur la natation de compétition,
et n’est pas peu fier de compter
dans ses rangs des champions de
France. Outre les compétitions
annuelles (challenge des Dahlias,
meeting des Zewele), le SCS
assure aussi chaque année
l’organisation de la traversée
de Sélestat dans l’Ill, comme
un retour aux sources...
La piscine Koeberlé,
ayant fonctionné de
1973 à 2009
La piscine des Remparts, inaugurée en 2009, et son espace de jeux d'eau extérieurs ouvert à l'été 2019
© Archives municipales / Ville de SélestatLE SÉLESTADIEN 39 38 HORS SÉRIE - JUILLET 2024
SÉLESTAT ET LES JEUX OLYMPIQUES SÉLESTAT ET LES JEUX OLYMPIQUES
Christine Romy, prête à courir le Marathon Pour Tous à Paris 2024
Sélestadienne et coureuse
quotidienne, Christine fait
partie des 20 024 heureux
élus qui prendront le départ
du Marathon Pour Tous,
le 10 août prochain. La
charmante quinquagénaire
trépigne d’impatience
de fouler le parcours des
athlètes des Jeux 2024.
Comment avez-vous obtenu un
dossard pour ce marathon ?
« Cette épreuve, je ne la connaissais pas
ou du moins j’en avais entendu parler,
mais jamais envisagé de la faire. Un
soir d’août, mon gendre me dit : « Mais
Christine, vous qui courez tout le temps,
vous n’avez pas installé l’application ? »
Après une recherche rapide, j’ai
téléchargé cette fameuse application
Marathon Pour Tous, qui consiste à
remplir un certain nombre de challenges
quotidiens, permettant de collecter des
points. Je me suis aperçue aussi que
ça faisait 4 ans que les gens pouvaient
obtenir des dossards, soit en réalisant
des courses, soit via cette application.
Cela m’a beaucoup amusée de réaliser
ces challenges (fractionné, distance à
effectuer...) et j’ai obtenu ce dossard
par tirage au sort lors d'un de ces
nombreux défis, validés entre le 1 er
août et le 30 novembre dernier, où j'ai
couru plus de 1000 km en 4 mois.
Le 30 novembre j’ai reçu un mail me
disant : « Christine, tu l’as fait ! » Je me
suis demandée de quoi il s’agissait, je
croyais que c'était pour le Marathon de
Paris du 7 avril, et quand j’ai déroulé le
texte, j’ai compris que j’avais obtenu le
fameux dossard qui allait me permettre
de vivre cette expérience de folie. Je
pense être super chanceuse... J’espère le
finir en moins de 4h, mais les conditions
seront bien différentes de celles que
je connais habituellement, il fera nuit
et le divertissement rendra sûrement
la concentration plus difficile ! »
Le marathon fait partie
intégrante de votre vie ?
« Vous savez, le marathon j’adore ça,
c’est vraiment mon épreuve de course
à pied préférée. Le marathon se vit,
il faut le découper dans sa tête pour
appréhender au mieux le parcours. Je
m’entraîne et relève régulièrement des
défis, j’ai quand même une vingtaine
de marathons à mon actif. J'en fais
deux par an et j’ai déjà fait Rome ( mon
premier, j’étais euphorique ! ) Berlin,
Prague, Chamonix, Strasbourg, Lyon...
J’ai d’ailleurs fait mon meilleur chrono
au marathon d’Amsterdam en 2015,
j’ai fini en 3h23. J’ai commencé à courir
quand mes filles étaient petites, j’ai
tout de suite été mordue, la course
à pied fait partie de mon équilibre,
elle me permet de décompresser en
nature et m’aide souvent à trouver
des réponses à mes questions.
J’ai aussi été meneuse d’allure à
Colmar, c’était une expérience
fabuleuse, emmener ces gens
avec vous et recueillir leur joie à
l’arrivée, c’est juste incroyable. »
À vos baskets : les courses de Sélestat
Les Courses de Sélestat
sont, depuis plus de
30 ans, un événement
incontournable de la vie
sportive sélestadienne.
La course emblématique de Sélestat, les 10 km, a été créée en 1992 par la Ville de Sélestat, l’Office municipal des sports et l’Athlétic Club
Centre Alsace (ACCA). Lors de
cette première édition, 600
coureurs se présentent au
départ, pour atteindre lors des
éditions suivantes près de 2000
personnes. Cette manifestation,
accessible à tous, est classée
5e course française de distance
en 2000. Les 10 km atteignent
rapidement une notoriété
internationale et son circuit plat
bénéficie du label national.
Les courses s'étoffent ensuite
avec de nouvelles épreuves : en
2009, le 5 km pour une pratique
plus familiale, et en 2011, le
semi-marathon qui répond à
une demande des sportifs les
plus aguerris. Les Foulées de la
Jeunesse offrent un vrai parcours
en situation de compétition
pour les plus jeunes dès 6 ans.
L’édition 2002 bat des records
avec le Kényan Laban Chege,
qui signe un chronomètre de
référence mondiale aux 10 km de
Sélestat, un temps de 28 minutes
et 14 secondes. C’est le meilleur
chrono jamais effectué sur le
territoire national à cette époque
et encore détenu aujourd’hui
dans la cité des dahlias.
Mais Sélestat n’a pas attendu la fin
du 20e siècle pour se distinguer en
course et en athlétisme. Dès 1936,
Paul Bronner, l'un des membres
du SCS Athlétisme représente la
France aux Jeux Olympiques de
Berlin, sur le 100 mètres plat.
Dans ce club, on peut d'ailleurs
souligner que dès les premières
années de sa création, les
animateurs reconnurent la
nécessité de la pratique rationnelle
de l’athlétisme pour acquérir la
condition physique nécessaire
à la pratique du football.
Les années 2000 voient
également des championnes
émerger : Elise Marcot, licenciée
de l’ACCA, remporte le titre de
championne du monde de course
de montagne en Autriche. Trois
ans plus tard en 2003, Laura Meyer,
championne de France de course
de montagne est sélectionnée
pour les championnats du monde. Les 10 km en 2001
Arrivée de la finale du 100 m
2e catégorie, remportée par
Paul Bronner en 11 secondes
(n° de dossard 147), au grand
meeting international de
l'AS Strasbourg Athlétisme,
le 26 août 1934.
© Archives municipales
© Archives municipales / Ville de Sélestat
© DRLE SÉLESTADIEN 41 40 HORS SÉRIE - JUILLET 2024
SÉLESTAT ET LES JEUX OLYMPIQUES SÉLESTAT ET LES JEUX OLYMPIQUES
Pratique du sport et protection de la nature
Permettre de pratiquer une
activité sportive en plein air
et initier les participants à des
activités dans un milieu naturel
qu'ils vont apprendre à connaître
et respecter, tel est l'objectif de
certaines associations de Sélestat.
Le CAKCIS
En 1983 est créé le CAKCIS (Canoë Kayak
Club de l’Ill de Sélestat) par Patrick Barbier
et d’autres défenseurs de la nature, pour
contrecarrer un projet d’endiguement
de l’Ill (bétonisation), qui sert alors à
débarrasser les eaux usées locales.
Dès le début, les membres de l'association
s’investissent dans des initiatives pour
nettoyer les berges de tous déchets.
Les jeunes affiliés sont sensibilisés non
seulement au maniement de l’embarcation,
mais aussi à la protection du milieu
aquatique (fonctionnement d’une rivière,
son rôle, l’enjeu de la qualité de l’eau...)
Rapidement, le club commence à
décrocher des médailles y compris au
plan national. En 2003, le CAKCIS arrive
à la10e place du classement national
des clubs en canoë-kayak. Pour son 30e
anniversaire en 2013, le Cakcis se classe 3e
au niveau national dans les compétitions
de slalom et slalom xtrem. Il est le 1er club
français en kayak cross en 2023 et 10e aux
championnats de France des clubs 2023.
Le CAKCIS, formateur de champions
Quentin Burgi est vice-champion du
monde junior par équipe en 2010, vice-
champion d'Europe en 2014, il rejoint
l'équipe de France en 2018 et arrive 3e aux
championnats d'Europe 2019. Il remporte,
avec Boris Neveu et Mathurin Madoré,
la médaille d'or en kayak par équipe aux
championnats d'Europe de slalom 2020.
Simon Hene est champion d'Europe par
équipe des moins de 23 ans et arrive 6e
aux championnats du Monde en 2022.
Les Mercredis de Neige
À Sélestat, l’un des premiers sports
scolaires est le ski. Créé en 1952, le Ski
Club Sélestat 52 introduit cette pratique
dans certains établissements scolaires
de la ville, une première en Alsace.
Le Ski Club Sélestat 52 perdurera
jusqu’en 2015, en s’adressant surtout
aux compétiteurs de ski de descente et
gérant un chalet au Schnepfenried.
Dès 1962-1963, une autre association
promeut la protection de la nature à travers
la pratique du sport. Les Mercredis de
Neige initie les jeunes Sélestadiens au ski.
À l'origine appelée Jeudis de Neige,
cette association change de nom lors de
la saison 1972/1973, les enfants ayant
désormais leur journée libre le mercredi.
L’association souhaite faire profiter tous
les enfants du grand air et des plaisirs de la
montagne. Des tarifs abordables pour les
sorties et la location d’équipement facilitent
l’accès à ce sport devenu plus populaire.
En 1985, le club est affilié à la Fédération
Française de Ski, ce qui oblige d'avoir
des moniteurs formés pour encadrer
les enfants. Ces derniers accompagnent
chaque hiver les enfants sur les pistes du
Schnepfenried, à la Bresse ou au Tanet.
L’association joue un rôle important dans
l'éducation sportive des enfants, elle inculque
des valeurs telles que l’esprit familial, la
santé et le bien-être, mais pas seulement.
Elle sensibilise également les enfants au
respect de l’environnement : à chaque fin
de saison, des opérations de nettoyage de
station sont organisées, qui permettent
de rappeler l’importance de prendre
soin de cet environnement si fragile.
Quentin Burgi aux championnats du Monde de slalom en 2019
© Antoine Lamielle
© Archives municipales
© Archives municipales
Plus de 50 ans et de nombreuses générations
de jeunes skieurs sélestadiens ont profité des
joies de la glisse grâce au Ski Club Sélestat 52
et aux Mercredis de NeigeLE SÉLESTADIEN 43 42 HORS SÉRIE - JUILLET 2024
SÉLESTAT ET LES JEUX OLYMPIQUES SÉLESTAT ET LES JEUX OLYMPIQUES
Jean-Claude Killy, triple
champion olympique de ski
alpin aux Jeux Olympiques
d'hiver de Grenoble en 1968, a
des origines sélestadiennes.
Le grand-père de Jean-Claude,
Werner Killy, s'installe à Sélestat en
1910, où il crée une entreprise de
construction, Killy Frères, située route
de Colmar. En 1914, Robert, le père
de Jean-Claude, naît à Sélestat.
Après son enfance dans la cité
humaniste, à 21 ans, Robert intègre
l’armée de l’air à Nancy, puis le
groupe de chasse II/3 comme pilote.
Durant les premiers combats de la
Deuxième guerre mondiale, il est
crédité de plusieurs victoires, ce qui
lui vaut le statut d’as de l’aviation.
En 1943, il quitte l’armée et s’installe à
Saint-Cloud avec son épouse Madeleine,
fille du concessionnaire Peugeot
de Sélestat de l'époque. Robert l'a
rencontrée lors d'une de ses visites
à Sélestat, leur mariage est célébré
en 1940 à la Chapelle des Neiges.
Jean-Claude Killy naît trois ans plus
tard, en 1943 à Saint-Cloud. La famille
revient en Alsace, et reste quelques
années à Sélestat, où Robert tente
de faire repartir avec son frère
l'entreprise familiale Killy Frères, qui
a beaucoup souffert de la guerre.
Passionné de ski, Robert se lie d'amitié
avec René Lafforgue, délégué à Sélestat
du ministère de la Reconstruction et
de l'Urbanisme, avec qui il partagera sa
passion. Ensemble, avec leur épouse, ils
décident de s'installer à Val d'Isère, petit
village des Alpes qui ne compte alors
qu'une trentaine de maisons, adossé
à l'aiguille Pers, entouré d'alpages et
de pentes couvertes de mélèzes.
Robert Killy, associé à René Lafforgue,
ouvre un magasin de sport et de location
de skis à Val d'Isère. D'autres Alsaciens
les rejoignent, une école de ski est
créée, un téléphérique inauguré :
la station Val d'Isère se développe.
Jean-Claude, qui a alors 3 ans et était
resté à Sélestat avec son oncle, rejoint
ses parents à Val d'Isère. Il reçoit une
paire de patinettes en bois, et à 5 ans, sa
première paire de skis. Téméraire, il passe
le plus clair de son temps sur les pistes,
plus taillé pour le ski que pour l'école. Le
reste appartient à l'histoire... et aux JO !
La 7e étape du Tour de France Femmes 2022
Le saviez-vous ? Jean-Claude Killy, enfant de Sélestat
© skimag.com
© Archives municipalesLE SÉLESTADIEN 45 44 HORS SÉRIE - JUILLET 2024
SÉLESTAT ET LES JEUX OLYMPIQUES SÉLESTAT ET LES JEUX OLYMPIQUES
Sélestat, terre d'accueil du cyclisme
Sélestat, avec ses pistes cyclables et
ses parcours entre milieux urbains
et naturels, a une longue pratique
du vélo, mais est aussi un lieu de
passage incontournable pour des
compétitions et des rencontres
sportives comme le Tour de France
ou le Tour Alsace cycliste.
Le vélo à Sélestat a une riche histoire qui remonte à 1893, date de la fondation du premier Vélo-Club. La popularisation de la bicyclette à Sélestat doit beaucoup aux établissements Wiederkehr, situés route
de Colmar, qui ont non seulement lancé
une campagne de publicité vigoureuse en
février 1893, mais ont aussi créé une école
gratuite de conduite, entrainant ainsi la
formation du premier club cycliste de la ville.
La pratique de la "petite reine" se développe
et un autre club voit le jour dans les années
1920, le Vélo-Club Étoile. Son premier
objectif est de familiariser les jeunes avec
le vélo, leur inculquer le sens de l’effort
sportif et la connaissance des notions
élémentaires de mécanique vélo.
Le club est structuré en trois sections
principales : l'école de cyclisme, la section
course et la section cyclotourisme, pour les
amateurs qui désirent pratiquer leur activité
en groupe, sans esprit de compétition.
Le Vélo Club Étoile organise aussi son grand
prix, dès les années 1970 jusqu'aux années
2000. Le circuit de 80 km passe par le Pont
du Sand et s’avance jusqu’aux abords de l’Ill.
Aujourd’hui, l’AS La Seigeoise renoue
avec cette tradition en organisant
depuis 2018 le Critérium de Sélestat,
course dynamique et rapide sur un
circuit fermé d’environ un kilomètre.
Tour de France
En parallèle des circuits de balades à
deux-roues, le vélo est aussi un sport
de compétition au rôle prépondérant
à Sélestat, illustré par le passage
d’événements d'envergure nationale.
Ainsi, la cité humaniste voit passer le
Tour de France en 1929, puis en 1961.
L'événement est renouvelé en juillet 2019,
pour l'arrivée de la 5e étape du Tour.
Le Tour de France Femmes a été accueilli
à Sélestat en 1997 et, plus récemment,
pour le départ de la 7e étape en 2022.
Enfin, le public sélestadien est aussi
habitué aux arrivées régulières du Tour
Alsace Cycliste, une manisfestation
sportive et festive appréciée du public.
5e étape du Tour de France en 2019
Le Vélo-Club Étoile, fin des années 1920
Passage du Tour de France en 1961
Le Tour de France passe à Sélestat en 1929
© Archives municipales - Le Miroir des Sports - 26 juillet 1929LE SÉLESTADIEN 47 46 HORS SÉRIE - JUILLET 2024
SÉLESTAT ET LES JEUX OLYMPIQUES SÉLESTAT ET LES JEUX OLYMPIQUES
Pierre Gaxotte, ancien secrétaire du Vélo-Club Étoile
C'est dans sa jolie maison au
jardin de roses, rue Jeanne
d’Arc, que Pierre Gaxotte,
88 ans, nous raconte ses
souvenirs du Vélo-Club Étoile.
« J'ai commencé le cyclisme vers l’âge de
14 ans et plus tard, dès mon retour de
Paris où j’ai vécu avec ma mère, j’ai rejoint
le Vélo-Club Étoile en 1958. Cette année-
là, apprenti mécanicien, j’ai participé
à ma première course régionale.
J’aurais voulu me mettre à mon compte
et ouvrir un magasin de cycles-moto,
mais la vie en a voulu autrement. Je
me suis fait plaisir en continuant de
courir pour le club. À l’époque, ce sont
les brasseries locales qui organisaient
les courses de vélo. Ma plus belle
course était celle organisée par la
brasserie Fischer de Schiltigheim, le
Grand Prix. Elle restera gravée dans
ma mémoire, j’avais 18 ans et j’étais
jeune et sportif, dit-il en souriant.
Le Vélo-Club Étoile a été affilié à la
Fédération Française de Cyclisme en
1951 et Edgar Soler a présidé le club
pendant presque 7 ans. En 1976, le
club trouve un nouveau souffle avec
une équipe dynamique et mordue
de cyclisme. Une section "course" est
alors formée et dès l’année suivante,
le comité se charge d’organiser la
première manifestation cycliste :
le 1er Grand Prix de Sélestat.
Le club compte alors une vingtaine de
coureurs. De nombreux jeunes, dont
Marcel Bauer - qui a d'ailleurs pris ma
succession en tant que secrétaire du
club - ont pu s’adonner à leur passion.
En 1980, le Vélo-Club Étoile développe
ses activités et décide de créer l’école
de cyclisme. Pierre Hihn - suivi de
Robert Hihn - devient président
et moi secrétaire. Le club organise
alors, tous les ans, bon nombre de
manifestations, dont le Grand Prix de
Sélestat, course en circuit fermé qui
réunissait un maximum de coureurs et
qui a été un véritable succès populaire.
Aujourd’hui, le Rando-Cyclos Centre
Alsace, association qui organise
des activités de cyclotourisme, est
né de la dissolution des sections
course et loisir du Vélo-Club Étoile.
Pour l’exposition Sélestat label(le)
sportive qui aura lieu fin juillet, j’ai
prêté aux Archives municipales
quelques souvenirs, dont le premier
maillot du club, vert et noir. »
Photos © Archives municipales / Ville de Sélestat
La Boucle verte
Aménagée en 2018, la Boucle verte est un parcours
balisé à vélo de 14 kilomètres, entre paysages
naturels et urbains, proposé par la Ville de Sélestat
pour une utilisation en toute liberté et autonomie.
Familial et accessible à tous, la Boucle verte emprunte
des pistes cyclables de Sélestat, tout en faisant
des incursions dans la forêt de l'IllWald et dans la
zone de loisirs du Grubfeld, pour une découverte
à vélo du patrimoine naturel et bâti de Sélestat !
Traversée des Vosges - vers 1990
Passage de la caravane du Tour en 2019
L'Italien Daniel Skerl,vainqueur de l'étape Europa Park - Sélestat
du Tour Alsace 2023
Départ de l'étape Sélestat - Le Markstein du Tour de France Femmes 2022
Le Vélo-Club Étoile en 1979
Photos © Collection privée de Pierre GaxotteLE SÉLESTADIEN 49 48 HORS SÉRIE - JUILLET 2024
SÉLESTAT ET LES JEUX OLYMPIQUES SÉLESTAT ET LES JEUX OLYMPIQUES
Sélestat, ville la plus sportive
Depuis de nombreuses
années, la Ville de Sélestat
a toujours affiché son
dynamisme sportif ; plusieurs
labels et prix ont récompensé
la culture sportive de la ville.
Ville la plus sportive de France
Sous l’impulsion du maire André Ehm,
Sélestat se voit remettre le titre de Ville la
plus sportive de France 1959, décerné par
le Journal l’Équipe. Sélestat était alors en
concurrence avec l’ensemble des autres
villes françaises, sans distinction faite sur le
nombre d’habitants. Pour fêter l’évènement,
la Ville organise une semaine uniquement
tournée vers le sport : brevets de natation
pour les jeunes dans le nouveau stade
nautique, rencontre de football, soirée
omnisport avec démonstrations...
Dans son discours lors de la remise du
challenge, le représentant du journal
sportif l’Équipe salue l’effort de la Ville
et souligne le fait qu’« une ville humaniste
peut également être une ville du sport. »
51 ans plus tard, cette reconnaissance est
renouvelée : Sélestat est la ville de moins
de 20 000 habitants la plus sportive de
France en 2010. Ce prix récompense non
seulement la ville pour son investissement en
faveur des sports, mais aussi les nombreux
sportifs qui font vivre leurs disciplines.
Ville européenne du sport
En 2022, Sélestat obtient le label Ville
sportive Grand Est et, à quelques mois
des JO, les labels Terre de Jeux, Centre
de préparation aux JO 2024 et
Olympiades culturelles attribués
à Sélestat démontrent encore
l’engagement sportif de la Ville.
Surtout, en 2024, elle est la
première de la région à être
labellisée Ville européenne du
Sport par l’association des capitales
et villes européennes du sport.
Ce titre récompense le tissu
associatif dynamique, la qualité
des infrastructures sportives et
ses espaces naturels, ainsi que
les initiatives novatrices pour
l’ensemble de la population.
Ce label témoigne non seulement
de la reconnaissance des efforts
en matière de politique sportive,
mais également de l’engagement
constant à s’améliorer. À ce jour, 15
villes françaises ont été labélisées.
Photos © Archives municipales / Ville de Sélestat
Remise du challenge L'Équipe de la ville la plus sportive 1959
Remise du challenge L'Équipe de la ville la plus sportive 2010
John Lenertz, préleveur antidopage pour Paris 2024
John Lenertz, bien connu des
Sélestadiens tant pour son
activité de médecin généraliste
et médecin sapeur-pompier,
que pour son engagement
au centre de vaccination
durant la crise du Covid, sera
préleveur agréé et assermenté
de l'Agence française de
lutte contre le dopage.
Être préleveur antidopage,
c’est quoi ?
« Un préleveur est une personne
habilitée à pratiquer des contrôles
antidopage, agréé par l’Agence française
de lutte contre le dopage (AFLD). Pour
être agréé, il est nécessaire d’avoir
suivi une formation initiale pratique
et théorique. Les préleveurs choisis
ont des entraînements théoriques et
des manipulations pour apprendre
et répéter les bons gestes. Je suis
préleveur toute l’année pour l’AFLD
et pour l’International Testing Agency
(ITA) à Lausanne, qui lutte contre le
dopage pour le compte des fédérations
internationales, des organisateurs
de grands événements et des autres
organisations qui sollicitent son soutien.
J’ai été sélectionné en juin 2023 pour les
Jeux européens à Cracovie en Pologne,
ainsi, quand j’ai porté ma candidature
en août 2023 pour les JO, j’ai eu la
chance d’être sélectionné parmi les
360 retenus sur les 1200 candidats.
Quand on est sur ce type de mission
pour les grands événements, on y reste,
les organisateurs cherchent des gens
d’expérience dans ce domaine. »
Quelle sera votre journée
type à Paris 2024 ?
« Je serai head dopping control officer,
responsable du contrôle antidopage d’un
des 22 centres antidopage, du 22 juillet
au 11 août pour les JO, puis du 26 août
au 8 septembre aux Jeux Paralympiques.
Chaque site de compétition est
doté d’un espace où les préleveurs
procèdent aux contrôles antidopage
sur les athlètes et s’assurent de leur
conformité. Je répartirai le rôle de mes
contrôleurs de mon site d’affectation,
mais aussi les escortes, ces personnes qui
emmènent les sportifs vers les centres
antidopage afin qu’ils réalisent leur test.
On aura deux types de prélèvements,
ceux hors compétitions qui seront
effectués pendant les entraînements
ou repos des athlètes et ceux après
l’épreuve sportive. Les sportifs médaillés
et ceux qui battent un record sont
automatiquement contrôlés, c’est
obligatoire pour valider la performance.
Les tests sont évidemment inopinés.
Quel que soit le sportif, il peut être
contrôlé et il est responsable de la prise
des substances détectées dans son
organisme. Les prélèvements peuvent
concerner l’urine, le sang ou encore,
depuis 2021, la goutte de sang séché.
Je serai en lien direct avec l’ITA, les
préleveurs et les escortes,et également
en charge d’acheminer par un convoyeur
les prélèvements au laboratoire de
l’AFLD. On va réaliser entre 10 000
et 12 000 tests antidopage sur la
période, c’est un chiffre considérable.
Les échantillons seront examinés par
le Laboratoire national du dépistage
du dopage (LNDD), domicilié à Orsay.
Les résultats seront ensuite traités
par l’Agence mondiale antidopage.
J’ai hâte d’y être et me réjouis d’être au
cœur d’une compétition sportive aussi
importante que les Jeux Olympiques ! »
Remise du label
Ville européenne du Sport 2024
à Bruxelles - décembre 2023LE SÉLESTADIEN 51 50 HORS SÉRIE - JUILLET 2024
SÉLESTAT ET LES JEUX OLYMPIQUES SÉLESTAT ET LES JEUX OLYMPIQUES
Geoffrey Feldner, volontaire pour le soin physique des athlètes
Footballeur dès son plus
jeune âge, Geoffrey Feldner,
kinésithérapeute à Sélestat
depuis 2016, est un amoureux
du sport. Participer aux Jeux
de Paris 2024 est pour lui
une opportunité en or.
L’engagement et la
solidarité sont des valeurs
qui vous animent ?
« J’organise tous les ans les 24h de
Sélestat, une course relais caritative
au profit du téléthon. Cette année,
la 4e édition aura lieu le 30 novembre
au Grubfeld, et l’objectif sera,
comme chaque année, de faire la
plus grande distance possible tous
ensemble pour la bonne cause.
En 2021, j’ai aussi fait le Tour de France
à vélo au profit de l’association Petits
Princes. Cette association a pour
objectif de réaliser les rêves d’enfants
malades. J’ai tellement pris de plaisir
durant ce défi sportif que je suis reparti
pour un tour en 2023, en Italie cette
fois. Et en 2025, j’ai d’ores et déjà
prévu de partir à la découverte de
l’Espagne et du Portugal, toujours dans
le but d’offrir et réaliser un maximum
de rêves aux enfants malades. »
Vous avez été sélectionné
pour être kiné aux Jeux, le bon
cocktail pour allier votre passion
sportive à votre métier ?
« C’est vrai ! Le sport a toujours fait
partie de ma vie, j’ai notamment fait
de la gymnastique et du football à l’AS
Portugais de Sélestat. Dernièrement, je
me suis plus orienté vers la course à pied,
j’ai d’ailleurs fait le Marathon de Paris en
2019. J’ai décidé de faire le métier de
kinésithérapeute pour cette proximité
avec le sport et aider mon prochain.
Alors, quand j’ai appris que j’avais
une chance de participer aux JO, je
n’ai pas hésité une seule seconde !
J’ai découvert que la Ville de Sélestat
proposait de recruter des volontaires
dans le cadre de son label Terre de Jeux.
Suite à cela, j’ai dû également remplir
ma candidature au niveau national
et cette dernière a été acceptée. Je
suis donc fier de pouvoir représenter,
à mon modeste niveau, la ville
de Sélestat aux JO de Paris.
Je serai mobilisé du 20 juillet au 11 août,
au parc des sports Auguste Delaune à
Saint-Denis. Sur place, je m’occuperai
de la récupération des athlètes :
massages, strapping, échauffement...
Le fait de vivre les JO de l’intérieur est
incroyable, je vais être au contact direct
des athlètes, l’olympisme représente
beaucoup pour moi, ses valeurs m’ont
conforté dans l’idée de m’engager.
Je sens autour de moi l’effervescence
que suscite l’événement, j’ai d’ailleurs
beaucoup de patients qui sont au
courant de ma participation à Paris
2024. Ils me posent des questions,
je sens un réel soutien de leur part
et c’est vraiment touchant ! »
Les volontaires sélestadiens de Paris 2024
Être volontaire de Paris 2024,
c’est partager des moments et
des émotions uniques. C’est
incarner le sens de l’hospitalité
et les valeurs de la France auprès
de tous les acteurs des Jeux.
Visages de Paris 2024 et de la France aux yeux du monde entier, les volontaires jouent un rôle essentiel dans le succès des Jeux. Ces 45 000 bénévoles garantissent le bon
déroulement de l'événement et des
interactions chaleureuses avec le public.
Les volontaires ont un rôle clé lors des Jeux.
Leurs missions sont variées, mais elles
poursuivent un but commun : rendre
exceptionnelle l’expérience vécue par
tous les acteurs des Jeux. De l’intervention
sur l’aire de compétition ou le terrain
d’entraînement pour assister le geste
sportif, à l’accueil des personnes venues
du monde entier, les volontaires de Paris
2024 sont indispensables au succès de cette
manifestation sportive d'envergure mondiale.
Les missions susceptibles d’être confiées aux
volontaires sont regroupées en six catégories :
• accueil, orientation et assistance
aux spectateurs, participants
et parties prenantes ;
• support aux opérations sportives ;
• soutien opérationnel à l’organisation ;
• transports ;
• soutien aux services médicaux ;
• support aux cérémonies.
La Ville de Sélestat est ainsi ravie de
compter sur son territoire des personnes
engagées de différentes manières
dans cet événement historique.
Il s'agit de (de gauche à droite sur la photo) :
Désirée Reichel, Marie-Bernadette Renou,
Philippe Slisse, Christine Romy(voir p.39),
Geoffrey Feldner (voir ci-contre), Caroline
Reys et Yannick Zeiger (NB : C.Romy et
Y.Zeiger participent au Marathon pour Tous).
N'ont pu être présents sur la photo :
Anne-Marie Guth, Pauline Boesch, Virginie
Ettlinger, Thomas Erhardt et Olivier Hirn.
Merci à eux et nous leur souhaitons de
vivre une expérience inoubliable !
À suivre...
Pour poursuivre le voyage au
cœur de l'histoire sportive
sélestadienne et de ceux qui l'ont
construite, les Archives municipales
proposent l'exposition Sélestat,
label(le) sportive, à retrouver du
27 juillet au 11 août au caveau
Sainte-Barbe et du 26 août
au 15 novembre aux Archives
municipales, avenue de la Liberté.
Grâce aux prêts et aux dons de
particuliers et d'associations, entre
anecdotes, souvenirs, documents
et photographies, découvrez
l'histoire des nombreux clubs et
disciplines sportives de Sélestat.
Allez à la rencontre des
associations sélestadiennes
samedi 7 septembre de 10h à
17h au CSI, lors de la Rentrée
des Associations. Journée
organisée par la Ville de
Sélestat, en collaboration avec
l’Office municipal des sports
et l’association MicCitéS, elle
sera l’occasion d’offrir aux
Sélestadiens un temps d’échange,
de promotion et de valorisation
du monde associatif local.
Complexe sportif Charlemagne
Au cœur d’une politique sportive
ambitieuse, le complexe
Charlemagne (projet d’ampleur
de restructuration du complexe
sportif Koeberlé) permettra au
plus grand nombre de disposer
d’un accès à des installations
sportives de qualité, et aux
utilisateurs sportifs (scolaires,
associations, bénévoles,
entraîneurs, licenciés) de
développer et promouvoir
leurs activités.
Démarré en automne 2022, le
nouvel espace Charlemagne
est en phase de finalisation.
Les utilisateurs pourront, dès
la rentrée prochaine, profiter
du nouveau gymnase, du mur
d'escalade, des salles de combat
et modulables, de l'espace billard
et d'un nouveau plateau sportif
extérieur. Suivra la réhabilitation
du gymnase Koeberlé avec
ses deux terrains, qui sera
opérationnel en septembre 2025.1988