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Arrêté - Préfecture - Haute-Savoie - Ceremonie 2018
unknown - ceremonie du 10 nov 2018 les discours1
Document publié le Samedi 10 novembre 2018 par la commune de Morvillars.
Lien du pdf (unknown - ceremonie du 10 nov 2018 les discours1)
Thèmes du document : Histoire et mémoire, Culture et patrimoine, Armement,
La poignée de mains franco-allemande
Intervention de Françoise RAVEY, maire de Morvillars, à la Nécropole le 10 novembre 2018 :
« Outre la mémoire des soldats morts pour la France, il s’agit bien de la PAIX que l’on célèbre aujourd’hui.
Un bien précieux dont il ne faudrait oublier ni le prix ni la valeur … ni la fragilité. Cette paix va être symbolisée par une poignée de mains que vont se donner devant le monument aux morts un français et un allemand en costume d’époque.
La poignée de mains vient d’un symbole de paix témoignant l’absence d’une arme dans la main.
Elle montre le désir d’absence de menace et donc de convivialité et de vivre ensemble.
La poignée de main s’accompagne nécessairement d’une posture et d’un regard. On se regarde dans les yeux pour signifier la confiance en l’autre.
Elle témoigne de la qualité de l’attention portée à l’autre. Elle représente le respect entre interlocuteurs. Elle est transfert d’énergie positive.
Un geste hautement symbolique qui donne du sens : un geste qui incarne la
réconciliation, l’entente, la fraternité, la paix : un geste qui dit nous sommes français, allemands mais aussi européens.
Un geste qui n’est pas sans rappeler la poignée de mains d’Helmut Kohl et de François Mitterrand 70 ans après l’année 1914, scellant l’amitié franco-allemande. Il n’y a pas de geste plus fort que celui-là. Il y a des gestes qui remplacent toutes les paroles, tous les discours.
On ne ressemble qu’à ce qu’on fait : poser des actes, avec conviction qui ont valeur exemplaire, est le meilleur gage d’une transmission sincère à nos enfants.
Messieurs, vous pouvez être fiers de l’avoir reconstituée ! »Allocution du 10 novembre 2018
De Françoise RAVEY, Maire de Morvillars
« En tant que maire, et au nom du Conseil Municipal, je suis heureuse de votre présence à l’occasion du 100ème anniversaire de l’Armistice de la 1ère Guerre Mondiale.
1918-2018 : 100 ans se sont écoulés…
Un siècle : c’est beaucoup à l’échelle de l’homme, car à ce jour plus un seul des soldats qui ont défendu au prix de leur vie notre liberté n’est de ce monde.
Un siècle pourtant ce n’est rien.
Ce n’est rien à l’échelle de la terre née il y a 4,54 milliards d’années…
D’autant plus que, loin de tirer les enseignements de cette boucherie sans précédent, éclatait 20 ans après la Seconde Guerre Mondiale !
Puisqu’il ne reste plus de témoin vivant de ces combats atroces ayant décimé 2 générations, trouver de nouvelles formes de transmission de cette mémoire était donc le seul moyen de rendre hommage à ces hommes, ces français, ces poilus mais aussi aux hommes de toutes nationalités, fauchés en pleine jeunesse qui n’ont connu que l’enfer pour horizon, que les combats pour voyage et que la mort pour toute promesse.
Associons à leur mémoire, celle des femmes : mères, épouses, veuves qui devaient remplacer les hommes à l’usine comme aux champs et élever seule des millions d’orphelins…
Nous devons avoir conscience que nous vivons un moment historique : aujourd’hui, dans notre village, comme dans tous les villages et villes de France est célébré l’Armistice qui officialisait la victoire des Alliés et la fin d’un conflit mondial faisant plus de 10 millions de victimes, dont 2 millions de français, morts pour la France.
En ce jour, de manière collective et simultanée, la France se rappelle l’ignominie d’un désastre mondial qui a semé mort, désespoir, ruines et traumatismes.
Mais en ce jour, la France célèbre ses héros qu’elle n’oubliera jamais et souhaite passer le relais auprès des jeunes générations.
« Un pays qui oublie son passé est condamné à le revivre ». Cette phrase affirme clairement que les mêmes erreurs peuvent être répétées si la leçon n’est pas tirée et transmise. La jeunesse, durant ces 4 années anniversaire, s’est intéressée et s’est impliquée dans l’hommage rendu sous toutes ses formes : travail de recherche sur l’histoire locale, rejoignant l’Histoire avec un grand H, exposés, visites de sites mémoriels, rencontres, débats.
C’est à ces conditions que la tolérance gagnera, que le respect gagnera, que l’intelligence gagnera, que la PAIX gagnera.
Avant la poignée de mains symbolique d’un français et d’un allemand en point d’orgue du centenaire, Morvillars a multiplié les initiatives durant ces 4 ans.
Le cimetière militaire de Morvillars, 2ème nécropole nationale, voire internationale du Territoire de Belfort, a fait l’objet de soins, de réhabilitation et d’animations de 2014 à 2018 : labellisé dans le cadre de la mission du Centenaire, le projet de la commune consistait à la ranimer et la faire vivre en perpétuant le souvenir du sacrifice des 169 soldats de la Première Guerre Mondiale qui sont inhumés. Une restauration complète du site a été opérée (du monument aux morts, des tombes, de l’allée, des plantations…) en collaboration avec le pôle des sépultures de guerre de Colmar qui a pris en charge financièrement 100% du coût des travaux via les crédits alloués par le Ministère de la Défense. Parallèlement, des animations, commémorations, hommages se sont multipliés durant ces 4 ans. La liste est longue, trop longue.
Vous pourrez la consulter sur le dernier ouvrage de Patrice Boufflers.Pour n’en citer que quelques-unes :
- Films réalisés par les élèves de BTS de Montbéliard,
- Les écoliers associés aux commémorations,
- Philatélie : deux jours exceptionnels à Morvillars (15/07/2014) / la mobilisation en timbres (03/08/2014),
- la Grande Guerre racontée aux écoliers (30/09/2014),
- Un jeu pour découvrir la Nécropole (01/10/2014),
- Lutrin sur la Nécropole Nationale,
- Dépliants touristiques en 3 langues (édition novembre 2015),
- Animation à la médiathèque, expositions,
- Le carnet de guerre d’un Poilu écrit par les écoliers (28/06/2016),
- De nombreux livres et brochures,
- Gravure de 2 noms supplémentaires sur le monument en morts,
- Inauguration de la Nécropole en novembre 2017,
- Reportage FR3 Bourgogne Franche-Comté,
- …
Pour toutes ces actions ou ces événements, je voudrais joindre à mes remerciements tous ceux qui ont contribué à leur donner du sens.
- Patrice Boufflers, notre historien local, qui a passé des milliers d’heures de son temps libre à réunir les éléments du patrimoine et de l’histoire de Morvillars, et à qui nous devons toutes les productions écrites nombreuses de la commune ainsi que les journées du patrimoine,
- le Souvenir Français : M. Trible, M. Buisson et tous les membres du comité local, - la Préfecture et l’ONAC, à qui nous devons l’exposition d’aujourd’hui,
- l’Association Transhumance et Tradition de M. Faivre et l’Association allemande Landwer 109 de Lörrach,
- le 1er RA de Bourogne,
- les Archives Départementales,
- les sapeurs-pompiers du Centre de Secours de Morvillars,
- l’école primaire de Morvillars,
- le collège Lucie Aubrac,
- les photographes : Brigitte Lochet et Jean Michelat,
- la presse : l’Est Républicain,
- sans oublier bien sûr Régis Ostertag, adjoint aux cérémonies qui s’est impliqué, démené pour organiser dans le détail, année par année, chaque temps fort,
Ainsi que tout le Conseil Municipal, de près ou de loin, y compris en fournissant les nombreuses petites mains nécessaires pour contribuer à la réussite de nos initiatives.
Les commémorations doivent demeurer des temps de recueillement et de souvenir. Mais elles doivent être aussi des moments de partage et de réflexion.
Je terminerai en ajoutant ceci :
Le meilleur garant de la paix est l’Europe. Certes, elle est perfectible. Mais c’est l’instrument le plus fiable pour maintenir la paix en Europe.
Le mois dernier, une délégation d’une quarantaine de maires s’est rendue au Parlement européen à Bruxelles à l’initiative de l’Association des Maires de France du Territoire de Belfort, présidée par Pierre Rey.
Sans être des eurosceptiques, bon nombre d’entre nous avions une vision floue et lointaine d’une Europe bureaucratique. A la suite de cette visite, nous étions 40 eurosconvaincus.
Nous avons touché du doigt le travail énorme déployé pour garantir la paix, l’harmonie, et tendre vers l’équité entre les peuples de 28 pays qui la composent.
S’entendre à 28 pays, avec 40 langues différentes, rechercher les consensus est un exercice de haute voltige et un tour de force que nous nous devons d’encourager.Si nous voulons maintenir la paix trop chèrement payée par nos libérateurs de 14-18 comme de 39-45, veillons à choisir des eurodéputés qui travailleront à cette perspective. Nier l’Europe c’est vouloir de nouvelles frontières, c’est reculer, c’est encourager le risque de guerre, ce que tous ici rejettent de tout leur cœur.
En mai 2019, les élections européennes auront lieu : soit dans 6 mois.
Choisissons la paix ! C’est ce que vous dit la petite lumière qui brille à nouveau au sommet du monument aux morts. C’est, je pense, ce que nous souffleraient ces héros qui ont tant espéré la paix. »ee
TR
2
D ne EE
VAMessage du Président de la République
À l’occasion du centenaire de l’Armistice de 1918
11 novembre 2018
Un siècle.
Un siècle que l’Armistice du 11 novembre 1918 est venu mettre
un terme aux combats fratricides de la Première Guerre mondiale.
A cet affrontement interminable nation contre nation, peuple
contre peuple. Avec ses tranchées pleines de boue, de sang et de larmes.
Ses orages de feu et d’acier qui grondaient par tous les temps et
déchiraient les ciels les plus calmes. Ses champs de bataille éventrés et
la mort, omniprésente.
Le 11 novembre 1918, un grand soupir de soulagement traverse la
France. Depuis Compiègne où l’Armistice a été signé à l’aube, il se
propage jusqu'aux champs de bataille.
Enfin, après quatre interminables années de bruit et de fureur, de
nuit et de terreur, les armes se taisent sur le front occidental.
Enfin, le vacarme funeste des canons laisse place à la clameur
allègre qui s’élève de volées de cloches en sonneries de clairons,
d’esplanades de grandes villes en places de villages.Partout, on célèbre alors avec fierté la victoire de la France et de
ses alliés. Nos poilus ne se sont pas battus pour rien ; ils ne sont pas
morts en vain : la patrie est sauvée, la paix, enfin, va revenir !|
Mais partout, aussi, on constate le gâchis et on éprouve d’autant
plus le deuil : là, un fils pleure son père ; ici, un père pleure son fils ; là,
comme ailleurs, une veuve pleure son mari. Et partout on voit défiler
des cortèges de mutilés et de gueules cassées.
Françaises, Français, dans chacune de nos villes et dans chacun de
nos villages, Françaises et Français de toutes générations et de tous
horizons, nous voilà rassemblés en ce 11 novembre.
Pour commémorer la Victoire. Mais aussi pour célébrer la Paix.
Nous sommes réunis dans nos communes, devant nos monuments
aux morts, pour rendre hommage et dire notre reconnaissance à tous
ceux qui nous ont défendu hier mais aussi à ceux qui nous défendent
aujourd’hui, jusqu’au sacrifice de leur vie.
Nous nous souvenons de nos poilus, morts pour la France. De nos
civils, dont beaucoup ont aussi perdu la vie. De nos soldats marqués à
jamais dans leur chair et dans leur esprit. De nos villages détruits, de
nos villes dévastées.
Nous nous souvenons aussi de la souffrance et de l’honneur de
tous ceux qui ont quitté leur terre et sont venus d’Afrique, du Pacifiqueet d'Amérique sur ce sol de France qu’ils n’avaient jamais vu et qu'ils
ont pourtant vaillamment défendu.
Nous nous souvenons de la souffrance et de l’honneur des dix
millions de combattants de tous les pays qui ont été envoyés dans ces
combats terribles.
Françaises, Français, nous sommes aussi unis en ce jour dans la
conscience de notre histoire et dans le refus de sa répétition.
Car le siècle qui nous sépare des terribles sacrifices des femmes
et des hommes de 14-18 nous a appris la grande précarité de la Paix.
Nous savons avec quelle force, les nationalismes, les
totalitarismes, peuvent emporter les démocraties et mettre en péril
l’idée même de civilisation.
Nous savons avec quelle célérité l’ordre multilatéral peut soudain
s’écrouler.
Nous savons que l’Europe unie, forgée autour de la réconciliation
de la France et de l'Allemagne, est un bien plus fragile que jamais.
Vigilance ! Tel est le sentiment que doit nous inspirer le souvenir
de l’effroyable hécatombe de la Grande Guerre.
Ainsi serons-nous dignes de la mémoire de celles et ceux qui, il y
a un siècle, sont tombés. Ainsi serons-nous dignes du sacrifice de celleset ceux qui, aujourd’hui, font que nous nous tenons là, unis, en peuple
libre.
Vive l’Europe en pax !
Vive la République !
Et vive la France !