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Conseil Municipal - acte 00128644 D
Conseil Municipal - acte 00124310 D
Document publié le Mardi 1 janvier 2058 par la commune de Bordeaux.
Lien du pdf (Conseil Municipal - acte 00124310 D)
Thèmes du document : Culture et patrimoine, Handicap et inclusivité, Histoire et mémoire,
BORDEAU
EXTRAIT DU REGISTRE DES DELIBERATIONS
DU CONSEIL MUNICIPAL
___________
Conseillers en exercice : 65
Date de Publicité : 08/06/2022
Reçu en Préfecture le : 08/06/2022
ID Télétransmission : 033-213300635-
20220607-124310-DE-1-1
certifié exact,
Séance du mardi 7 juin 2022
D-2022/186
Aujourd'hui 7 juin 2022, à 14h10,
le Conseil Municipal de la Ville de Bordeaux s'est réuni à Bordeaux, sous la présidence de
Monsieur Pierre HURMIC - Maire
Présidence de Madame Claudine BICHET de 14H48 à 16H05
Le maire quitte la séance de 16H04 à 16H05
Etaient Présents :
Monsieur Pierre HURMIC, Madame Claudine BICHET, Monsieur Stéphane PFEIFFER, Monsieur Bernard-Louis BLANC, Madame Camille CHOPLIN, Monsieur Didier JEANJEAN, Madame Delphine JAMET, Madame Harmonie LECERF, Monsieur Amine SMIHI, Madame Sylvie SCHMITT, Monsieur Dimitri BOUTLEUX, Madame Nadia SAADI, Monsieur Bernard G BLANC, Madame Céline PAPIN, Monsieur Olivier CAZAUX, Madame Pascale BOUSQUET-PITT, Monsieur Olivier ESCOTS, Madame Fannie LE BOULANGER, Monsieur Vincent MAURIN, Madame Sylvie JUSTOME, Monsieur Dominique BOUISSON, Madame Sandrine JACOTOT, Monsieur Laurent GUILLEMIN, Madame Françoise FREMY, Madame Véronique SEYRAL, Madame Marie-Claude NOEL, Monsieur Didier CUGY, Madame Véronique GARCIA, Monsieur Patrick PAPADATO, Madame Brigitte BLOCH, Madame Isabelle ACCOCEBERRY, Madame Isabelle FAURE, Madame Tiphaine ARDOUIN, Monsieur Francis FEYTOUT, Madame Eve DEMANGE, Monsieur Maxime GHESQUIERE, Monsieur Matthieu MANGIN, Madame Marie-Julie POULAT, Monsieur Jean-Baptiste THONY, Monsieur Radouane-Cyrille JABER, Monsieur Baptiste MAURIN, Monsieur Stéphane GOMOT, Madame Charlee DA TOS, Monsieur Marc ETCHEVERRY, Madame Béatrice SABOURET, Monsieur Pierre De Gaétan NJIKAM MOULIOM, Madame Nathalie DELATTRE, Monsieur Nicolas FLORIAN, Madame Alexandra SIARRI, Madame Géraldine AMOUROUX, Monsieur Marik FETOUH, Monsieur Fabien ROBERT, Monsieur Guillaume CHABAN-DELMAS, Monsieur Nicolas PEREIRA, Madame Anne FAHMY, Monsieur Thomas CAZENAVE, Madame Catherine FABRE, Madame Evelyne CERVANTES-DESCUBES, Monsieur Philippe POUTOU, Madame Myriam ECKERT,
Monsieur Bernard L BLANC présent à partir de 14h48, Monsieur Pierre De Gaétan NJIKAM MOULIOM présent jusqu'à 15h00
Excusés :
Monsieur Mathieu HAZOUARD, Madame Servane CRUSSIERE, Monsieur Guillaume MARI, Monsieur Aziz SKALLI, Madame Pascale ROUX,Capc musée d'art contemporain. Convention pluriannuelle
d'objectifs avec l'Etat-Direction Régionale des Affaires
Culturelles. Autorisation. Signature
Monsieur Dimitri BOUTLEUX, Adjoint au Maire, présente le rapport suivant :
Mesdames, Messieurs,
Par délibération n°2020/173 du 23 juillet 2020, le Conseil municipal a soutenu la demande d’une labellisation en tant que Centre d’art contemporain d’intérêt national pour le Capc musée d’art contemporain de Bordeaux.
Par arrêté de la ministre de la culture en date du 19 janvier 2021, le label « centre d’art contemporain d’intérêt national » a été attribué au Capc, musée d’art contemporain de Bordeaux.
L’attribution de ce label s’accompagne de la conclusion entre l’Etat et la Ville de Bordeaux d’une convention pluriannuelle d’objectifs.
Sur les bases du projet scientifique et culturel du Capc musée d’art contemporain de Bordeaux tel que validé par délibération n°2022/84 du 29 mars 2022, il a été élaboré, pour les années de 2022 à 2026, un projet de convention associant l’Etat – Direction régionale des affaires culturelles et la Ville dans le soutien pour le fonctionnement du Capc. La convention précise les conditions d’un partenariat entre la Ville et l’Etat et les engagements réciproques afin de soutenir les activités et projets du Capc.
En conséquence, nous vous demandons, Mesdames, Messieurs, de bien vouloir autoriser Monsieur le Maire à :signer cette convention et tous les documents afférents.
ADOPTE A L'UNANIMITE DES VOTANTS ABSTENTION DU GROUPE BORDEAUX EN LUTTES
ABSTENTION DE Madame Myriam ECKERT
Fait et Délibéré à Bordeaux, le 7 juin 2022
P/EXPEDITION CONFORME,
Monsieur Dimitri BOUTLEUXE
PRÉFÈTE
DE LA RÉGION
NOUVELLE-AQUITAINE Liberté
Egalité
Fraternité
BORDEAUX
1
CONVENTION PLURIANNUELLE D’OBJECTIFS
CAPC MUSEE D’ART CONTEMPORAIN DE BORDEAUX
CENTRE D’ART CONTEMPORAIN D’INTÉRÊT NATIONAL
2022 - 2023 - 2024 – 2025 - 2026
ÉTAT – VILLE DE BORDEAUX
Vu le règlement de l’Union Européenne n°651/2014 de la commission du 17 juin 2014 déclarant certaines
catégories d’aides compatibles avec le marché intérieur en application des articles 107 et 108 du traité, publié
au Journal Officiel de l’Union Européenne du 26 juin 2014, notamment son article 53 ;
Vu le régime cadre exempté de notification N°SA.42681 relatif aux aides en faveur de la culture et de la conservation du patrimoine pour la période 2014-2023 ;
Vu le Code général des collectivités territoriales, notamment son article L1111-4 :
Vu la loi n° 2021-1900du 30 décembre 2021 de finances pour 2022 ;
Vu le décret n° 2021-1939 du 30 décembre 2021 portant répartition des crédits et découverts autorisés par la loi n° 2021-1900 du 30 décembre 2021 de finances pour 2022 ;
Vu la loi n°2016-925 du 7 juillet 2016 relative à la liberté de création, à l’architecture et au patrimoine ;
Vu l’article 1 du décret n°2001-495 du 6 juin 2001 pris pour l’application de l’article 10 de la loi n°2000-321 du 12 avril 2000 et relatif à la transparence financière des aides octroyées par les personnes publiques ;
Vu le décret n°2004-374 du 29 avril 2004 modifié relatif aux pouvoirs des préfets, à l’organisation et à l’action des services de l’État dans les régions et départements, modifié par le décret 2010-146 du 16 février 2010 ;
Vu le décret n°2012-1246 du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique ;
Vu le décret n°2017-432 du 28 mars 2017 relatif aux labels et au conventionnement dans le domaine des arts plastiques, et l’arrêté du 5 mai 2017 fixant le cahier des missions et des charges relatif au label « Centre d’art contemporain d’intérêt national » ;
Vu la circulaire du 15 janvier 2018 relative aux modalités d’application du dispositif de labellisation et au conventionnement durable dans le domaine des arts plastiques ;
Vu le Contrat de filière arts plastiques et visuels Nouvelle-Aquitaine, signé entre l’État, la Région et le réseau Astre;
Vu la convention financière annuelle en date du en faveur du CAPC ;
Vu le décret du 27 mars 2019, portant nomination de Madame Fabienne BUCCIO en qualité de préfète de la région Nouvelle-Aquitaine, préfète de la zone de défense et de sécurité Sud-Ouest, préfète de Gironde ;2
Vu les circulaires signées entre les ministres de l’Éducation nationale et de la culture, du 3 mai 2013 et 10 mai 2017, relatives au développement d’une politique ambitieuse en matière d’éducation artistique et culturelle ;
Vu l’arrêté du 19 janvier 2021 portant attribution du label « Centre d’art contemporain d’intérêt national » au « CAPC musée d’art contemporain de Bordeaux», (Gironde) ;
Vu le décret du 27 mars 2019, portant nomination de Madame Fabienne BUCCIO en qualité de préfète de la région Nouvelle-Aquitaine, préfète de la zone de défense et de sécurité Sud-Ouest, préfète de Gironde ;
Vu le plan de lutte contre les violences et le harcèlement sexistes et sexuels dans le spectacle vivant du Mi- nistère de la Culture du 25 novembre 2021 ;
Vu les programmes n° 131 et n° 361 de la Mission Culture ;
Entre
d’une part,
L’État, représenté par Madame Fabienne BUCCIO, Préfète de la région Nouvelle-Aquitaine, préfète de la zone de défense et de sécurité du Sud-Ouest, préfète de Gironde,
et
d’autre part,
La Ville de Bordeaux, représentée par Monsieur Pierre HURMIC, Maire de la ville, dûment habilité à signer la présente convention par délibération n°………… du conseil municipal du XX XXXX 2022,
N° de SIRET : 213 300 635 00017 - Code NAF (APE) : 8411 Z
Identifiant Chorus : 2100015233
Catégorie de bénéficiaire : 63
et ci-après désigné « le bénéficiaire »
Il est convenu ce qui suit :
Préambule
Dans le cadre de la Loi relative à la liberté de la création, à l’architecture et au patrimoine, l’État, en partenariat avec la Ville de Bordeaux, confirme sa volonté de soutenir les lieux de production et de diffusion de la création comme les centres nationaux d’art contemporain d’intérêt national. Ces lieux labellisés s’inscrivent dans les réseaux de diffusion et de production nationaux et internationaux au sein desquels elles coopèrent afin d’assurer un soutien aux artistes, à leur circulation et à celle de leurs œuvres. Au cœur des territoires et des politiques partenariales avec les collectivités territoriales, les centres d’art contemporain d’intérêt national constituent un élément essentiel de l’écosystème de la création contemporaine. Leurs activités d’exposition, d’expérimentation, de production d’œuvres, de recherche, de diffusion et de médiation auprès des publics contribuent au renouvellement artistique et à la démocratisation culturelle ainsi qu’au dynamisme de la scène française et à son rayonnement international.
Ces structures labellisées ont aussi vocation à jouer un rôle majeur dans la professionnalisation de la filière des arts visuels. Elles constituent pour les artistes un lieu d’expérimentation, de production et d’exposition de leur travail et participent à la construction de carrière des artistes de la scène française et internationale, mais aussi des métiers du secteur (commissaires d’exposition, scénographes, médiateurs). Au-delà du respect du cadre réglementaire, inscrits dans une logique de filière, les centres d’art contemporain d’intérêt national ont vocation à promouvoir de bonnes pratiques dans les relations établies avec les différents acteurs et en tout premier lieu les artistes mais aussi les galeries, les sociétés de perception et de répartition de droits et l’ensemble de leurs partenaires.
Service déconcentré du ministère de la Culture en région, la DRAC Nouvelle-Aquitaine met en œuvre la politique de l’État sur le territoire régional en concertation avec les collectivités territoriales.3
Politique prioritaire des ministères de la Culture et de l’Education nationale, l’Education Artistique et Culturelle (EAC) contribue à l’affirmation individuelle et sociale de la personne et à la production d’un mieux vivre ensemble, Donnant corps à l’idéal de démocratie culturelle, elle est aujourd’hui sous-tendue par une dynamique de généralisation (objectif 100 % EAC) où demeure une attention forte s’agissant de l’accès à la culture des jeunes résidant dans des territoires ruraux, péri-urbains ou en quartiers prioritaires.
En application de cette politique nationale, la DRAC Nouvelle-Aquitaine élabore sa stratégie régionale pour l’éducation artistique et culturelle en œuvrant pour le 100%EAC, notamment sur des territoires prioritaires – quartiers de la politique de la ville, zones de revitalisation rurale, territoires ruraux ou périurbains éloignés de l’offre culturelle. Ainsi, les réseaux et professionnels des arts visuels – dont les centres d’art contemporain, – seront particulièrement mobilisés pour proposer des parcours d’éducation artistique et culturelle conjuguant les trois piliers (connaissances, pratiques artistiques, rencontres avec l’œuvre) conformément à la Charte du Haut conseil à l’éducation artistique et culturelle, des résidences de médiation, des dynamiques liées au 100%EAC (collectivités labellisées 100%EAC ou Contrats Territoriaux d’Education Artistique et Culturelle) et dans l’enseignement artistique spécialisé. Ces actions seront menées prioritairement auprès des jeunes, en temps et en hors temps scolaire, en partenariat avec les Rectorats, la Région Nouvelle-Aquitaine et les collectivités territoriales.
À ce titre, la DRAC Nouvelle-Aquitaine veille à accompagner les structures qui mettent en œuvre un projet artistique et culturel répondant aux objectifs précités. Elle s’attache à soutenir la création artistique et les lieux qui la portent sur l’ensemble du territoire régional. Elle défend un principe d’équité territoriale afin d’assurer une présence artistique au plus près des citoyens et permettre la mise en place d’une politique d’éducation artistique et culturelle visant l’ensemble des enfants et des jeunes du territoire. Le soutien de la DRAC au Capc musée d’art contemporain de la Ville de Bordeaux participe à ces ambitions nationales et à leur déclinaison sur le territoire.
Le conseil municipal inscrit au cœur même de son action une politique culturelle à la fois audacieuse, responsable et solidaire ; une politique qui, par la priorité qu’elle accorde à l’éducation artistique et culturelle et aux enjeux de proximité, articule étroitement cohésion sociale et cohésion territoriale.
Résultant à la fois de la démarche de co-construction portée par le Forum de la culture et du projet de man- dature, la politique culturelle de la Ville de Bordeaux s’articule autour de trois ambitions.
1. Garantir à toutes et à tous le droit de participer à la vie culturelle La Ville de Bordeaux entend replacer la culture au cœur de la cité, et en faire le ferment de son projet démocratique. Redonner à la culture sa place centrale dans la vie des personnes, est pour elle une manière de rappeler que la culture rassemble, qu’elle est la condition essentielle d’une démocratie vivante, un socle fondamental d’intégration et d’inclusion, d’équité et d’égalité entre toutes et tous, un puissant vecteur d’émancipation collective et individuelle. Chaque personne, quel que soit son âge, doit être en mesure d’exercer sa liberté d’expression et sa créativité.
Le développement d’une politique d’éducation artistique et culturelle ambitieuse et cohérente sera ainsi l’une des priorités de la mandature, allant de pair avec une attention accrue portée aux pratiques en amateur. La culture devra également tenir son rôle dans la construction d’une ville plus juste, plus solidaire et plus inclusive, donnant toute sa place à la jeunesse, et dans le contexte d’une transition écologique dont on ne saurait contester la nécessité. La Ville entend ainsi expérimenter de nouvelles manières de « faire culture ensemble », et affirmer Bordeaux comme une ville résolument ouverte à la diversité des formes artistiques et des expressions culturelles qui caractérise les sociétés contemporaines. L’esprit de partage, de dialogue, de tolérance et d’émancipation propre aux droits culturels nourrit une conception de la culture comme instrument privilégié du «vivre ensemble ».
2. Mettre l’art et la culture au cœur de la transformation urbaine L’art et culture sont placés non seulement au cœur de la cité, de la vie démocratique, mais également au cœur de la Ville, et contribuer pleinement à l’élaboration du nouvel modèle urbain bordelais. Un modèle qui fait la part belle aux quartiers, afin de favoriser un aménagement culturel du territoire plus équilibré, valorisant les acteurs de proximité. Un modèle qui accorde au lien social et à la vie en commun une place centrale, et dans lequel la culture joue un rôle essentiel. Animée par la conviction que la culture est un puissant levier de transformation urbaine, la Ville porte l’ambition d’une proximité affirmée au plus près des habitants comme un impératif. C’est en effet par cette relation permanente, en lien avec chaque quartier, qu’elle contribue activement à la fabrique d’une ville apaisée. Rendre l’art et la culture présents partout dans Bordeaux, dans l’espace public comme dans chacun des quartiers de la ville, c’est permettre un égal accès à l’offre culturelle sur l’ensemble du territoire et multiplier les occasions de rencontre, dans une logique d’un maillage plus équilibré qui replace la culture dans le quotidien de chacun. Cette politique prend appui sur un patrimoine architectural incomparable qu’il importe de continuer à faire vivre, et sur des lieux culturels envisagés avant tout comme des lieux de vie, grâce à une coopération renouvelée entre secteurs culturel et socioculturel.4
3. Soutenir et accompagner un environnement propice à la création La Ville de Bordeaux souhaite rester une ville créative. Une ville où les artistes veulent, et surtout peuvent, s’installer et demeurer, vivre et travailler. La présence d'une communauté d’artistes sur un territoire est l’un des meilleurs gages de la vitalité de celui-ci, c'est aussi la manière la plus naturelle d’ancrer la culture dans la ville. C’est pourquoi la politique culturelle de la Ville entend nouer un dialogue renouvelé, et jouer pleinement son rôle d’accompagnement, dans une logique d’écosystème plutôt que de communication événementielle. Cela se traduit par un soutien qui prend mieux en compte la question du « temps long », des espaces et des conditions de travail. Cela passe aussi par une organisation plus transversale des services municipaux et une politique culturelle véritablement partagée, au service des acteurs du territoire comme des citoyens.
A ce titre, le Capc musée d’art contemporain exerce une mission d’intérêt général. Dans le cadre de sa politique culturelle, la Ville de Bordeaux souhaite positionner son musée d’art contemporain comme une structure de référence dans le champ des arts plastiques et de l’art contemporain.
Le Capc musée d’art contemporain est un équipement culturel majeur inscrit dans un réseau culturel fort en centre historique et contribue à la dynamique de revitalisation mise en place par la Ville de Bordeaux avec les services de l’État. Le Capc Musée d’art contemporain est partie intégrante de la Ville, géré en régie directe avec la garantie d’une autonomie dans sa programmation et la constitution et gestion de sa collection d’œuvres dont la responsabilité est donnée à la direction.
Un des objectifs principaux de la politique culturelle de la Ville de Bordeaux est de promouvoir l’éducation artistique et culturelle tout au long de la vie. Dans ce cadre, la ville candidate au label 100% EAC afin de viser le bénéfice d'une éducation artistique et culturelle sous la forme de parcours pour 100% des jeunes du territoire.
Le rôle du Capc musée d’art contemporain de la Ville de Bordeaux est essentiel en matière d’éducation artistique et culturelle et d’action culturelle alliant la fréquentation des œuvres, la rencontre avec les artistes, l’acquisition de connaissances et la pratique artistique, touchant un nombre significatif de jeunes.
Par son programme de résidences d’artistes et sa programmation, le Capc musée d’art contemporain participe, à la dynamique culturelle et à son rayonnement sur le plan départemental, régional, national et international.
Ses actions de médiation contribuent à l’enrichissement de l’offre éducative faite aux publics scolaires et enseignants du territoire. Par ses réseaux et les partenariats qu’il développe il contribue à une mutualisation de moyens qui favorise la diffusion culturelle
Dans ce contexte, le Capc musée d’art contemporain constitue un élément structurant majeur à l’échelle
départemental, régional, national et international.
Article 1er
Objet de la convention
La présente convention a pour objet d’établir le cadre contractuel entre le bénéficiaire du label et les
partenaires publics pour la mise en œuvre du projet artistique et culturel du bénéficiaire et de définir les
modalités de son évaluation au travers des objectifs concrets.
Par la présente convention, le bénéficiaire s’engage, à son initiative et sous sa responsabilité, à mettre en
œuvre, en cohérence avec les orientations de politique publique mentionnées au préambule, le programme
d’actions participant à la réalisation de missions culturelles d’intérêt général décrit en annexe :
‒ le programme d’actions - Annexe I ;
‒ les indicateurs d’évaluation – Annexe II ;
‒ le budget prévisionnel pour la durée du programme d’actions – Annexe III
À ce titre, le bénéficiaire veille à la mise en œuvre des principes des droits culturels, à l’insertion profession- nelle et au développement de la coopération dans le champ de la création artistique. Le bénéficiaire s’en- gage également à mettre en œuvre les 5 engagements du plan de lutte contre les violences et le harcèle- ment sexistes et sexuels dans le spectacle vivant du Ministère de la Culture du 25 novembre 2021.
Le CAPC est installé à l’Entrepôt Lainé, grand bâtiment patrimonial du 19ème siècle, propriété en gestion directe
de la Ville de Bordeaux.5
Pour la mise en œuvre de ce programme d’actions, le bénéficiaire est soumis aux obligations mentionnées à
l’annexe I.
Dans ce cadre, l’État contribue financièrement à la réalisation de ce programme d’actions, au titre du règlement
(UE) n° 651/2014 du 17 juin 2014, visé ci-dessus. Il n’en attend aucune contrepartie directe.
Article 2
Modalités de mise en œuvre du projet artistique et culturel
Le Capc musée d’art contemporain, développe des dispositifs et des créations spécifiques en fonction des
caractéristiques de l'architecture du lieu et de son ancrage dans le territoire Bordelais.
Le projet scientifique et culturel 2022-2026 du Capc convoque l’histoire du Capc de manière vivante pour imaginer une nouvelle étape en phase avec son époque. Il propose une transformation des méthodes, principes et valeurs dans le rapport à l’artiste et à sa production, dans la relation aux publics, dans l’appropriation du bâtiment et dans l’inscription du Capc dans son territoire. En s’affranchissant d’une hiérarchie des savoirs excluante, et en privilégiant la polyphonie des voix à l’autorité d’une voix unique, le Capc souhaite entrer dans une aire plus inclusive et partagée, tout en ne cédant rien à l’exigence scientifique et à l’expérimentation indispensable au travail en profondeur avec les artistes. A l’aune de ces enjeux, ce Projet Scientifique et Culturel (PSC) tente de répondre de manière transversale à trois enjeux stratégiques qui irrigueront ses actions concrètes :
Un enjeu sociétal : comment le Capc convoque, dans sa programmation mais aussi dans son rapport aux publics, les grands enjeux actuels que sont la transition écologique, l’égalité femme/homme, la diversité, la nécessité de renouveler nos systèmes de représentation du monde, l’importance de développer des pratiques collaboratives et participatives, le travail des mémoires (mémoire du lieu lui-même, mémoire à travers la collection, et mémoire coloniale à travers l’histoire de l’Entrepôt Lainé) ?
Un enjeu territorial : le projet postule que la pertinence d’un lieu d’art réside dans son inscription dans des réalités territoriales qui fondent sa singularité, et dans la collaboration avec des acteurs très diversifiés, du plus local au plus international. Comment le Capc peut-il s’inscrire et s’ancrer dans la ville, de manière généreuse, fluide et non-autoritaire, au cœur d’un réseau partenarial qui inclut une scène artistique, des structures culturelles de tous les champs disciplinaires, des structures économiques et plus largement les habitants dans toute leur diversité ? Comment par ailleurs cette inscription territoriale se nourrit des liens privilégiés que le Capc entretient avec des scènes et des réseaux artistiques nationaux et internationaux ?
Un enjeu de transformation du rapport aux publics dans le respect des droits culturels : dans ce contexte de multi-crise, les institutions artistiques ont la responsabilité éthique et sociale d’arpenter des territoires qui ne leur sont pas familiers, d’aller vers des personnes qui ne se sentent pas représentées par elles. La prise en considération des personnes, non comme des sujets passifs ou consommateurs, mais porteuses de culture propre, crée un nouveau paradigme de la relation et façonne la médiation vers de nouvelles postures et outils. L’intelligence collective et les démarches participatives doivent pouvoir imprégner l’institution et ses modalités d’action.
La Convention Pluriannuelle d’Objectifs 2022-2026 a pour objectif de consolider le projet artistique et culturel
mis en place depuis 2022 à travers 5 grands axes :
1. Activer pleinement la double identité du projet à la fois musée de France et centre d’art contemporain d’intérêt national où l’art se produit et se vit au quotidien L’enjeu pour le Capc est de rendre visible et valoriser le lien organique entre la mission de production et d’expérimentation d’une part, d’acquisition et de conservation de l’autre, qui est au coeur de son ADN. Le double label (Musée de France depuis 2003 et centre d’art contemporain d’intérêt national depuis 2022) est une opportunité d’articuler création (art d’aujourd’hui) et patrimoine (d’hier et de demain). Le musée se définit en partie par la présence d’une collection encadrée par la Loi Musée alors qu’un centre d’art s’identifie dans ses missions de soutien à la production artistique et à l’expérimentation. Le Projet Scientifique et Culturel 2022-2026 entend rendre lisible, valoriser et développer cette singularité permettant d’articuler le temps long nécessaire à la constitution d’une collection avec le temps plus court et évènementiel des expositions temporaires. La collection, vient apporter un ancrage historique aux propositions de la génération actuelle, présentées lors des expositions temporaires. En parallèle, une nouvelle génération d’artistes va permettre une relecture de la collection au regard des circonstances historiques qui ont façonné sa constitution et sa réception.6
2. Faire vivre et exister des voix multiples et collaboratives sur l’art contemporain Il s’agit de penser et développer une vision polyphonique et collaborative au Capc impose de s’interroger sur les personnes entendues et celles qui ne le sont pas. Comment pouvons-nous écouter et donner la parole à différentes voix au sein de l’institution artistique ? Qui sont les personnes que nous écoutons déjà : les publics, les artistes, les théoriciens, les critiques d’arts, les différents services du musée ? Qui sont les personnes que nous aimerions entendre plus ? Sans jamais déroger à l’exigence artistique, comment faire en sorte que toutes ces voix aient une place dans nos actions et nos modalités de fonctionnement ? Comment faire en sorte qu’elles soient actives et non passives ? Quels outils mettre en place pour écouter ces voix ? Comment développer des logiques de construction qui n’imposent pas mais au contraire sont collaboratives ? Par définition, cette approche doit constamment se nourrir des rencontres et échanges au fil de l’eau mais nous esquissons ci-après les enjeux, outils et propositions concrètes que pourrait engager un tel changement de posture.
3. Favoriser la rencontre avec l’art par l’éducation artistique et culturelle tout au long de la vie et des actions de médiation inclusive
Le Capc est un lieu où l’art est vivant, la pensée est agile et contestée, le savoir est en train de se faire. Il est le lieu des débats, des oppositions assumées et des critiques constructives. Développer des parcours d’éducation artistique et culturelle (EAC) qui accompagnent la découverte d’artistes et d’oeuvres d’art contemporain est pour le Capc une manière d’œuvrer à développer l’autonomie des personnes, leur jugement, leur goût et leur sensibilité. Les parcours d’EAC reposeront sur les trois piliers : l’acquisition de connaissances, un rapport direct aux œuvres, la rencontre avec des artistes et professionnels de la culture, une pratique artistique et culturelle pour encourager la participation de tous à la vie artistique et culturelle. La médiation artistique et culturelle s’est historiquement fondée sur une relation verticale entre le sachant et celui à qui l’on transmet. Ce schéma doit être réinterrogé pour donner à chacune et chacun la possibilité d’une expérience singulière et propre, pour garantir une égalité de voix, pour valoriser l’expérience et la sensibilité individuelles, et pour favoriser la discussion en s’appuyant sur la participation.
4. Inscrire l’artiste au cœur du projet de l’institution et de la vie de la cité Un centre d’art se définit par sa capacité à positionner l’artiste au cœur de son réacteur de travail et à valoriser la production et l’expérimentation comme principes de fonctionnement. Au quotidien, le Capc s’engage dans des moments stratégiques de la recherche des artistes en les accompagnant au plus près de leurs projets. Expositions, collections, événements, résidences, ateliers de pratiques artistiques, l’artiste doit pouvoir avoir une place centrale physiquement et conceptuellement, à tous les endroits de l’institution. Ces processus de travail sont déjà largement convoqués dans la programmation du Capc, notamment par les expositions dans la nef, mais le nouveau Psc entend amplifier et mieux valoriser la place de l’artiste dans l’institution. Le compagnonnage avec les artistes conduit à des questionnements, à des remises en question des habitudes et même à des évolutions structurelles.
5. Faire vivre le Capc sous toutes ces différentes formes (dans ses murs, hors de ses murs et de manière dématérialisée)
Le Capc est une entité plurielle qui se déploie à la fois dans ses murs, hors-les-murs et de manière dématérialisée. Il s’agit dans cette période d’œuvrer à ce que toutes ces dimensions s’imbriquent, dialoguent et s’enrichissent mutuellement. Dans l’Entrepôt Lainé, le travail consiste à améliorer la circulation, physique et intellectuelle, entre tous les espaces qui le composent (librairie, espaces d’exposition, auditorium, bibliothèque) et ce en concertation et en lien avec les autres usagers du lieu (arc en rêve et Café du musée). Quant à la sphère digitale, elle permet plus que jamais au Capc d’exister en dehors de lui-même et d’attirer à lui notamment un public jeune, rompu à des usages numériques totalement intégrés dans leur vie quotidienne. La crise du Covid a été l’occasion de tester, parfois à marche forcée, de nouveaux formats numériques. A terme, et fort de ces expériences, l’enjeu consistera à mobiliser de nouveaux médias pour démultiplier l’expérience du visiteur sans se substituer à la spécificité irréductible de l’expérience de l’œuvre. Quant au hors-les-murs, il peut être un outil intéressant pour aller au-devant de personnes non familières du musée et proposer une première expérience de l’art moins intimidante.
6. Agir au service des transformations sociétales et environnementales Transition écologique, égalité femme/homme, diversité dans la programmation, soutien à l’économie locale et durable, l’idée est de questionner nos valeurs, nos systèmes de représentation et de fonctionnement pour créer de nouveaux schémas de pensée et d’action à l’aune des grands bouleversements sociétaux, sur fond de multi-crises (crise de la représentation, crise démocratique, crise de l’institution, crise environnementale). Comment proposer aux personnes fréquentant le musée une vision plus ouverte et diverse de la création artistique ? Comment favoriser l’égalité femme/homme dans tous nos moyens d’action ? Comment accueillir convenablement les personnes les plus vulnérables et les plus éloignées de l’art ? Comment développer une approche écoresponsable et véritablement mesurer notre impact climatique ? À quels endroits de l’institution, visibles et invisibles, les exigences d’inclusion et d’équité peuvent7
se porter ? Étant une régie directe, quels sont les moyens d’action du Capc ? Comment développer une démarche qui ne soit pas simplement cosmétique mais engage le Capc au quotidien de manière soutenable ? Comment le Capc se doit-il d’être exemplaire sur les grandes questions sociétales, développant une vision bienveillante, inclusive, égalitaire et ouverte ? Comment enfin se repense une structure culturelle dans un monde post-pandémie où l’art est une fenêtre sur le monde, engageant des démarches efficaces, exigeantes et pérennes, pour faire du Capc une institution capable de se remettre en question et de contribuer de manière intelligente aux enjeux à venir.
Quelques projets phares illustrent cette mise en œuvre :
Les Récits de collection. Historiquement, le Capc a toujours présenté sa collection de manière ponctuelle et non permanente. Dans les années à venir, les expositions de collection seront présentées de manière permanente avec un nouvel accrochage tous les 12/18 mois. Elles seront pensées comme un programme à part entière. Les Récits de collection, prennent pour postulat que la constitution d’une collection est toujours biaisée, que celle-ci est faite de manques, et que c’est à partir de ces manques et ces biais qu’il est possible de raconter des histoires, et pas seulement par la présence des œuvres « déjà-là ». Ainsi, d’autres collections pourront rentrer en dialogue avec la collection du Capc, ou des artistes contemporains pourront être invités à s’immiscer dans les présentations de la collection. Ce programme fait le constat qu’il est désormais essentiel de porter un regard renouvelé sur les collections publiques en lien avec les circonstances historiques qui ont façonné leur constitution et leur réception. La mission que se donne les Récits de collection est donc celle-ci : inscrire la collection du Capc dans l’écriture d’une dramaturgie critique de l’histoire de l’art.
L’Académie des Mutantes. Si « L’Académie des Mutantes » sonne comme le titre du prochain X-men, il est d’abord une référence à l’Université des Mutants, lieu d’échange et d’apprentissage fondé par le poète et homme politique Léopold Sédar Senghor en 1976, sur l’île de Gorée, au Sénégal. L’ambition de cette université, qui a été dissoute en 2006, était de penser des manières de vivre autrement, ensemble. Ce programme hybride a pour vocation de penser le monde contemporain par le biais de l’art, et notamment ses formes les plus éphémères, performatives et mutantes : de la musique à la danse en passant par la littérature, la mode, la théorie, le jeu de rôle et le théâtre. En dédiant un programme spécifique à ces typologies de pratiques, le Capc entend renouer avec un des éléments fondateurs de l’énergie de l’Entrepôt Lainé, notamment par le biais du festival Sigma. Dans les années à venir, L’Académie des Mutantes pourra prendre la forme de sessions d’écoutes, séries de performances, défilés de collections, concerts, symposium, workshops, groupes de lectures, sessions de jeux et plus encore. La temporalité des manifestations de L’Académie des Mutantes est également changeante et pourra durer aussi bien une nuit qu’occuper des espaces du Capc sur plusieurs semaines.
L’Atelier des communs. Un rendez-vous pour penser ensemble l’institution. Artistes, partenaires, étudiants, commerçants du quartier, travailleurs sociaux ou éducatifs, ou tout simplement habitants de la ville, seront invités à des journées de débats et d’ateliers participatifs pour imaginer ensemble le Capc de demain. Il s’agira, tous les ans à l’automne, de créer une nouvelle forme de dialogue où de non-professionnels de l’art discutent, échangent et élaborent des propositions avec l’équipe du Capc. La participation constitue un moyen de répondre à l’égalité d’accès à la culture, de reconnaître les droits culturels et d’être au service du développement de la société. Plus largement, il est question pour le Capc d’être une maison commune, perméable à la société civile. Cette démarche constitue un levier susceptible de faire tomber certaines barrières et peut permettre une meilleure appropriation de l’institution sur le territoire. L’ambition étant, à court, moyen et long terme, que L’Atelier des communs produise des conséquences concrètes sur l’institution, sa posture, ses modes de relations aux publics et ses espaces d’accueil. Par définition, une démarche participative ne peut être définie à ce stade, ni dans son contenu ni dans son résultat. Il conviendra de laisser une place à l’imprévu, au lâcher prise et même à l’erreur. Cette démarche nécessite également en amont des formations spécifiques pour les équipes afin d’acquérir les outils méthodologiques d’un projet participatif.
Les Nouveaux Acquéreurs propose qu’un groupe de personnes non expertes en art contemporain puisse faire l’expérience d’entrer dans les instances de décision du Capc et proposer l’acquisition d’une œuvre d’une ou d’un artiste vivant à Bordeaux. Le Capc collabore avec l’École de la 2ème chance de Bordeaux (E2C) pour ce nouveau dispositif. Sur la base du volontariat, un groupe de jeunes adultes se trouvant en situation de « décrochage » et inscrits dans un parcours d’insertion professionnelle, s’engage dans cette aventure des Nouveaux Acquéreurs. Le projet s’appuie sur un protocole permettant à chaque jeune de participer à toutes les étapes de l’acquisition d’une œuvre au Capc : la découverte de la création actuelle, les enjeux de la collection du Capc et la rencontre avec des artistes dans leur atelier. Après plusieurs semaines de séances hebdomadaires de travail, le groupe défendra l’œuvre qu’il aura choisie devant le Comité de suivi du Capc pour qu’elle soit acquise et qu’elle entre dans la collection du Capc. Cette œuvre, au-delà de ses qualités intrinsèques, constitue un témoignage de l’expérience vécue par le groupe. Ce projet constitue une expérience d’émancipation et d’apprentissage à la prise de décision, ainsi qu’un laboratoire visant à décloisonner l’institution et ses règles de pouvoir,8
tout en visant à créer des ouvertures et liens dynamiques vers la société et le territoire dans lequel elle s’inscrit.
Les espaces de médiation autonomes dans les salles d’expositions. À proximité ou au cœur des expositions, des ateliers pouvant être exploités en autonomie permettent aux familles d’expérimenter librement des concepts ou des techniques en écho aux projets artistiques présentés. En complément de la découverte des œuvres au fil de la visite, les visiteuses et les visiteurs sont « déplacés » vers une situation de pratique artistique inédite conçue sur le mode du jeu. Chaque proposition est envisagée comme une invitation à prendre part à un atelier dans un temps continu à celui de la visite en opérant une forme de « rebond » pratique à l’exposition en cours. Cette approche s’inspire des pratiques pédagogiques à l’œuvre dans les musées anglosaxons, mais aussi de propositions éducatives notamment développées dans les musées scientifiques, qui privilégient le geste et le « faire » à la simple observation. Des ateliers de ce type seront mis en œuvre régulièrement, dans une recherche constante de pertinence, de durabilité, d’ergonomie et dans le respect des propos et contenus artistiques. Ces espaces ont une forte exigence dans leur conception et leur réalisation et sont particulièrement adaptés à l’accueil des familles et aussi en général des personnes pour lesquelles une approche pratique constitue une porte d’entrée privilégiée dans la relation qu’elles peuvent établir avec l’art. La Résidence Les Furtifs. Après quelques mois de travaux pour créer un studio logement au sein même de l’établissement, le Capc crée Les Furtifs, nouveau programme de résidence. Ce programme emprunte son nom au roman de science-fiction éponyme d’Alain Damasio, dans lequel les furtifs sont des êtres de chair et de sons, à la vitalité hors norme, qui métabolisent dans leur trajet aussi bien pierre, déchet, animal ou plante pour alimenter leurs métamorphoses incessantes. La résidence Les Furtifs n’a ni forme ni durée préconçues. Ce projet souhaite renverser la logique habituellement proposée aux artistes, consistant à définir un format auxquels ceux-ci sont tenus de se conformer. En proposant un budget et la possibilité aux artistes de définir eux-mêmes, en lien avec l’équipe du Capc, la question du temps et de l’espace, Les Furtifs tentera de s’adapter de manière organique aux nouveaux formats de production et de diffusion de la création contemporaine : expositions digitales, projets en lien avec le champ social, projets de recherche, productions courtes et très intenses ou au contraire au long cours, ou encore conçues en co-construction avec d’autres champs disciplinaires, etc.
Le développement des publics cherche à favoriser la rencontre avec l’art : Les documents d’aide à la visite : les visiteurs du Capc peuvent choisir un parcours libre en s’aidant des documents bilingues mis à leur disposition pour chaque exposition. Conçues avec les équipes projets, ces aides à la visite peuvent prendre les formes les plus diverses en fonction de l’exposition concernée. Notons que la crise sanitaire a accéléré la mise en place d’alternatives « dématérialisées » (documents téléchargeables, mais aussi podcasts audio, web série, etc.). Les parcours d’Éducation Artistique et Culturelle (PEAC) reposeront sur les trois piliers : l’acquisition de connaissances et le rapport direct aux œuvres, la rencontre avec des artistes et professionnels de la culture, la pratique artistique et culturelle afin d’encourager la participation de tous à la vie artistique et culturelle. Donner à chacune et chacun la possibilité d’une expérience singulière et propre, pour garantir une égalité de voix, valoriser l’expérience et la sensibilité individuelles, favoriser la discussion en s’appuyant sur la participation, le rôle de l’équipe du Capc est de proposer un accompagnement libre et volontaire au service de cette autonomie pour donner l’envie et le goût de la pratique artistique, de la visite au musée et de la compréhension de l’environnement politique et social. En lien avec la programmation artistique du Capc, les projets d’EAC s’entendent dans une dimension de parcours (avant, pendant et après). Actions en partenariat avec des structures du champ social. L’invitation à des familles et des jeunes publics adhérents à participer aux workshops des vacances scolaires avec un artiste se poursuivra. Ainsi, les stages seront l’occasion de rencontres intergénérationnelles avec la participation par exemple de l’association France Alzheimer et le CADA de Bègles (Centre d’Accueil des Demandeurs d’Asile).
Actions à destination des personnes en situation de handicap. Un livret utilisant la méthode de FALC (Facile à Lire et à Comprendre) présentant le Capc, l’entrepôt Lainé et les œuvres in situ, co-créé avec des personnes en situation de handicap, verra le jour. En outre, les visites en langue des signes française (LSF) seront proposées toute l’année sur un ensemble d’expositions et des visites tactiles pour les personnes déficientes visuelles seront imaginées pour certaines expositions. Enfin, des partenariats au long cours seront amorcés ou reconduits avec le Centre occupationnel de Jour Emile Counord, l’association France Alzheimer… avec la mise en place de parcours de visites et d’ateliers.
Les ateliers d’expérimentation artistique. Les stages animés par des artistes sont organisés pendant les vacances scolaires, dans le cadre de l’été culturel, les mercredis et en nocturne une fois par mois.9
Dans le cadre des modalités de mise en œuvre de son projet artistique et culturel, le Capc constitue un comité
de suivi. Ce comité de suivi se réunira deux fois par an. Il a pour objectifs de rendre compte des actions de
l’année écoulée et de présenter la programmation et les objectifs de l’année à venir.
Ce comité de suivi est animé par la Direction du Capc est constitué de :
- membres de droit :
2 représentants de la Ville de Bordeaux : adjoint(e) au Maire en charge de la création et des
expressions culturelles et adjoint(e) au Maire en charge de l'éducation, de l'enfance et de la
jeunesse
2 représentants des services de l’Etat - Deux personnalités qualifiées extérieures qui sont Béatrice
Salmon, Directrice du Cnap et Alexandra McIntosh, Directrice du centre d’art et du paysage de
Vassivière.
- membres invités :
Directrice générale des affaires culturelles de la Ville de Bordeaux
2.1. Rémunération des artistes
Conformément à la loi n° 2016-925 du 7 juillet 2016 relative à la liberté de la création, à l’architecture et au
patrimoine, le CAPC musée d’art contemporain met en œuvre ses actions, dans le respect des droits
culturels énoncés par la convention de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la
culture sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles du 20 octobre 2005, dans
le cadre d’une action de service public construite en concertation avec les acteurs de la création artistique.
En assurant la rémunération des artistes dans le respect des droits sociaux et des droits de propriété
intellectuelle des artistes et des auteurs, le CAPC musée d’art contemporain participe ainsi au soutien des
artistes et des auteurs, qui interviennent dans les domaines de la création, de la production, de la diffusion,
de la recherche, de l’éducation artistique et culturelle, de l’éducation populaire et de la sensibilisation des
publics.
2.2. Indicateurs et base de données
Le CAPC musée d’art contemporain s’engage :
‒ à contribuer au renseignement de l’enquête des indicateurs de performance (PAP et RAP). Cette
contribution est obligatoire ;
‒ à remplir un tableau de suivi des indicateurs et des cibles. Ce tableau est annexé à la présente CPO 2022 – 2026.
2.3. Le projet artistique et culturel
Le CAPC musée d’art contemporain s’engage à rédiger un document programmatique écrit qui détermine
avec précision les orientations stratégiques de la structure pour une période comprise entre trois ans minimum
et cinq ans maximum. Il est élaboré par la directrice de la structure, de manière concertée avec les équipes
sur la base des éléments fournis le cas échéant par les partenaires publics et dans le respect du cahier des
missions et des charges du label concerné. Ce document est annexé à la présente CPO 2022 – 2026.
Article 3
Durée de la convention
La présente convention prend effet pour une durée de 5 ans, recouvrant la période du 1er janvier 2022 au 30
décembre 2026, sous réserve de la disponibilité effective des crédits.
La conclusion éventuelle d’une nouvelle convention, ou d’un avenant prolongeant la présente convention, est
subordonnée à la réalisation de l’évaluation prévue à l’article 10 de la présente convention et au contrôle prévu
à son article 11.10
Article 4
Conditions de détermination de la contribution financière
4.1 L’État
Au titre du règlement de l’Union Européenne n° 651/2014 précité, l’administration contribue financièrement au
programme d’actions visé à l’article 1er de la présente convention.
La contribution de l’administration est une aide au fonctionnement et prendra la forme d’une subvention. Elle
n’en attend aucune contrepartie directe. Cette subvention est spécialement versée en contrepartie de la
réalisation des activités et des actions précitées.
La définition du montant des subventions versées sur la période 2022 - 2023 – 2024 – 2025 - 2026 se fera
dans le respect de la règle de l’annualité budgétaire et sous réserve des conditions cumulatives suivantes :
‒ l’inscription des crédits de paiement en Loi de Finances ;
‒ la reconduction des critères d’intervention du ministère de la Culture dans le cadre de sa politique
nationale ;
‒ le respect par le bénéficiaire des obligations mentionnées aux articles 1er, 7 à 11 de la présente convention, sans préjudice de l’application de l’article 13 ;
‒ le contrôle par l’administration en fin d’exercice, conformément à l’article 11, que le montant annuel
de la contribution n’excède pas le coût annuel du programme d’actions.
La contribution de l’État fera l’objet d’une convention financière pluriannuelle bilatérale avec le bénéficiaire.
4.2. La Ville de Bordeaux
La Ville de Bordeaux a voté en 2022 un budget primitif de 522 000 € qui sera reconduit tous les ans sous réserve du vote du budget par la collectivité.
Article 5
Financement complémentaire au titre d’autres actions spécifiques
Compte tenu d’autres actions spécifiques qu’il organiserait et qui rentreraient dans les critères d’éligibilité du
ministère de la Culture, le bénéficiaire peut solliciter l’octroi de subventions spécifiques qui feraient l’objet d’une
instruction complémentaire selon les modalités en vigueur et seraient versées par un autre acte juridique
(arrêté ou convention).
Article 6
Modalités de versement de la contribution financière
6.1. L’État
La subvention est imputée sur les crédits des programmes 131 et 361.
Pour mémoire, le montant de la subvention versée en 2021 s’est élevé à la somme de 100.000 euros (dont
une dotation exceptionnelle de 20.000 euros pour les acquisitions d’œuvres 2021) pour l’accompagnement de
la labellisation « Centre d’art contemporain d’intérêt national » du Capc. Cette somme ne comprend pas les
financements perçus au titre d’autres programmes de soutien accordés par l’Etat à la Ville de Bordeaux pour son
musée d’art contemporain le Capc.
Pour l’année 2022, le versement de la subvention s’effectuera au moyen d’une convention financière
pluriannuelle entre l’État et le bénéficiaire, selon les procédures comptables en vigueur et en tenant compte
de la disponibilité des crédits au moment de la signature de la convention.11
Pour les deuxième, troisième, quatrième et cinquième années d’exécution de la présente convention,
l’administration notifiera chaque année le montant de la subvention par voie d’avenant à la convention
financière pluriannuelle.
Article 7
Justificatifs
Dans les six mois suivant la clôture de chaque exercice, le bénéficiaire s’engage à fournir aux partenaires
publics signataires de la présente convention :
‒ Le compte administratif de la collectivité tel que validé par le contrôle de légalité. Il est accompagné
d’un compte rendu quantitatif et qualitatif du programme d’actions comprenant les éléments
mentionnés à l’annexe II et définis d’un commun accord entre l’État et le bénéficiaire ;
‒ le rapport annuel d’activité de la structure ;
‒ tout autre document listé en annexe.
Article 8
Autres engagements
8.1. Le bénéficiaire informe sans délai les institutions signataires de toute modification de son identification
et fournit la copie de toute nouvelle domiciliation bancaire.
8.2. En cas d’inexécution, de modification substantielle ou de retard dans la mise en œuvre de la présente
convention, le bénéficiaire en informe les signataires sans délai par lettre recommandée avec accusé de
réception.
8.3. Le bénéficiaire déclare ne pas être bénéficiaire d’aide illégale et incompatible soumise à obligation de remboursement en vertu d’une décision de l’Union Européenne.
8.4. Le bénéficiaire s’engage également à veiller aux droits culturels, à l’insertion professionnelle et au développement de la coopération dans le secteur culturel.
8.5 Le bénéficiaire s'engage à mettre en œuvre, au cours de cette convention, les cinq engagements du plan de lutte contre les violences et le harcèlement sexistes et sexuels dans le spectacle vivant du Ministère de la Culture du 25 novembre 2021 :
1. Être en conformité avec les obligations du code du travail en matière de santé, de sécurité et de har- cèlement moral ;
2. Créer un dispositif interne de signalement efficace et traiter chaque signalement reçu ; 3. Former dès 2022 la direction, les encadrants, la DRH et les personnes désignées référentes au re- cueil de la parole et à la gestion des situations de VHSS ;
4. Sensibiliser formellement les équipes et organiser la prévention des risques ; 5. Engager un suivi et une évaluation des actions en matière de VHSS.
Article 9
Communication
Le bénéficiaire de cette subvention s'engage à indiquer de façon lisible et explicite l’identité visuelle de chaque partenaire public sur tous les supports et documents produits dans le cadre de la convention.
Il indiquera la participation de l’État et de la Région par une publicité appropriée écrite et/ou visuelle (logo) conforme aux éléments de communication fournis par la DRAC, la préfecture de région ou les préfectures de département, sur tous les supports de communication et d'information du public pendant la réalisation du projet https://www.culture.gouv.fr/Regions/DRAC-Nouvelle-Aquitaine/La-DRAC-Nouvelle-Aquitaine/Logos.12
Article 10
Procédures et sanctions en cas de retard ou d’inexécution
10.1. En cas d’inexécution, de modification des conditions d’exécution de la convention par le bénéficiaire
sans l’accord écrit des institutions signataires, celles-ci peuvent ordonner le reversement de tout ou partie des
sommes déjà versées au titre de la présente convention, la suspension de la subvention ou la diminution de
son montant, après examen des justificatifs présentés par le bénéficiaire.
10.2. Tout refus de communication ou toute communication tardive du compte rendu financier mentionné à
l’article 7 peut entraîner la suppression de l’aide. Tout refus de communication des comptes peut entraîner
également la suppression des aides.
10.3. Les institutions signataires informent le bénéficiaire de ces décisions par lettre recommandée avec
accusé de réception ou par voie électronique avec accusé de réception.
Article 11
Évaluation
11.1. Le bénéficiaire s’engage à fournir au moins six mois avant le terme de la convention, un bilan
d’ensemble, qualitatif et quantitatif, de la mise en œuvre du programme d’actions dans les conditions précisées
par des indicateurs concrets et mesurables sur les différents axes stratégiques recherchés, en annexe de la
présente convention. L'évaluation comportera également un bilan de la mise en oeuvre des 5 engagements
du plan de lutte contre les violences et le harcèlement sexistes et sexuels dans le spectacle vivant. En cas de
non-respect des engagements au moment de l'évaluation, la structure sera destinataire d'un courrier de mise
en demeure de se conformer à ses engagements, point de départ de la phase d'accompagnement qui s'ouvrira
alors pour aider la structure dans sa mise en conformité. L’obtention de nouvelles aides ne pourra intervenir
qu’après mise en conformité de la structure.
11.2. L’État et les partenaires signataires procèdent, conjointement avec le bénéficiaire, à l’évaluation des
conditions de réalisation du programme d’actions auquel elles ont apporté leur concours sur un plan quantitatif
comme qualitatif.
11.3. L’évaluation porte notamment sur la conformité des résultats à l’objet mentionné à l’article 1er et sur
l’impact du programme d’actions au regard de l’intérêt général.
Article 12
Contrôle de l’État et des partenaires signataires
12.1. Les partenaires signataires contrôlent annuellement, ainsi qu’à l’issue de la convention, que la
contribution financière n’excède pas le coût de la mise en œuvre du programme d’actions au titre duquel cette
contribution est accordée.
Ils peuvent exiger le remboursement de la quote-part excédentaire de la contribution financière.
12.2. Pendant et au terme de la convention, un contrôle peut être réalisé par les partenaires signataires,
dans le cadre de l’évaluation prévue à l’article 11 ou dans le cadre du contrôle financier annuel. Le bénéficiaire
s’engage à faciliter l’accès à toute pièce justificative des dépenses et tout autre document dont la production
serait jugée utile dans le cadre de ce contrôle. Le refus de leur communication entraîne la suppression des
aides.13
Article 13
Conditions de renouvellement de la convention
La conclusion éventuelle d’une nouvelle convention est subordonnée à la réalisation de l’évaluation prévue à
l’article 11 et au contrôle de l’article 12.
Article 14
Avenant
La présente convention ne peut être modifiée que par avenant signé par les partenaires signataires et le
bénéficiaire. Les avenants ultérieurs feront partie de la présente convention et seront soumis à l’ensemble des
dispositions qui la régissent. L’avenant conclu précisera les éléments modifiés de la convention, sans que
ceux-ci ne puissent conduire à remettre en cause les objectifs généraux définis à l’article 1er.
La demande de modification de la présente convention est réalisée en la forme d’une lettre recommandée
avec accusé de réception précisant l’objet de la modification, sa cause et toutes les conséquences qu’elle
emporte. Dans un délai de deux mois suivant l’envoi de cette demande, l’autre partie peut y faire droit par
lettre recommandée avec accusé de réception.
Article 15
Annexes
Les annexes font partie intégrante de la présente convention :
‒ Annexe I – le programme d’actions ;
‒ Annexe II – les indicateurs d’évaluation ;
‒ Annexe III – le budget prévisionnel pour la durée du programme d’actions.
‒ Annexe IV : plan de lutte contre les violences et le harcèlement sexistes et sexuels dans le spectacle
vivant du Ministère de la Culture du 25 novembre 2021
Le budget prévisionnel n’est présenté dans cette annexe qu’à titre indicatif. Il ne permet notamment pas de
déroger au principe selon lequel les aides attribuées par les partenaires publics signataires de la présente
convention le sont dans le respect de la règle de l’annualité budgétaire.
Article 16
Résiliation de la convention
En cas de non-respect par l’une des parties de l’une de ses obligations résultant de la présente convention,
celle-ci pourra être résiliée de plein droit par l’autre partie, sans préjudice de tout autre droit qu’elle pourrait
faire valoir, à l’expiration d’un délai de deux mois suivant l’envoi d’une lettre recommandée avec accusé de
réception valant mise en demeure de se conformer aux obligations contractuelles et restée infructueuse.14
Article 17
Recours
Tout litige résultant de l’exécution de la présente convention est du ressort du tribunal administratif de
Bordeaux.
La décision peut être contestée devant le tribunal administratif de Bordeaux dans un délai de 2 mois à compter
de sa notification. Le tribunal administratif peut être saisi par l’application Telerecours Citoyens, accessible par
le site internet http://www.telerecours.fr/
Fait à Bordeaux
Les signataires
La Préfète de la Région Nouvelle-Aquitaine Le Maire de Bordeaux
Fabienne BUCCIO Pierre HURMICeme
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Projet scientifique et culturel
2022-2026
Capc
Musée d’art contemporain
de Bordeauxp. 3 p. 2
« L’enjeu pour chaque homme et chaque femme est de s’enraciner au plus profond de sa propre civilisation pour mieux s’ouvrir aux pollens fécondants venus des quatre horizons. »
Léopold Sédar Senghor
« Malgré les représentations totalisantes de la réalité qu’impose
l’ici et le maintenant, nous devons nous efforcer de penser un
après et un ailleurs. D’aucun·es diront que seuls comptent les
plaisirs de cet instant, mais nous ne devons jamais nous contenter de transport minimal ; nous devons rêver et incarner des plaisirs
nouveaux et meilleurs et, en fin de compte, des nouveaux
mondes. »
Cruising Utopia, José Esteban Muñoz
Cession de Rollerquad avec BDX Rollergirls dans l’exposition Samara Scott, The Doldrums. Nef du Capc musée d’art contemporain de Bordeaux, le 23.05.2021. Photo : Frédéric Devalp. 5 p. 4
Directrices du projet
Sandra Patron, directrice
Rachel Cordier, directrice adjointe
Pilotage des groupes de travail
et comité de rédaction
Gilles Baume, responsable du service développement des publics et de la communication Cécile Broqua, responsable du centre communication
Anne Cadenet, responsable du centre collection
Alice Cavender, responsable du centre exposition
Cédric Fauq, commissaire en chef, responsable du service des projets Marion Vasseur Raluy, coordinatrice des expositions et commissaire associée des résidences
Comité de suivi
Représentants de la Ville de Bordeaux :
Dimitri Boutleux, adjoint au Maire en charge de la Création et des expressions culturelles Sylvie Schmitt, adjointe au Maire en charge de l’Education, de l’enfance et de la jeunesse Catherine Dupraz, directrice générale des affaires culturelles
Représentants du ministère de la Culture :
Direction générale de la création artistique,
représentée par François Quintin
Direction générale des patrimoines et de l’architecture,
représentée par Estelle Guille des Buttes
Direction régionale des affaires culturelles de Nouvelle-Aquitaine, représentée par Maylis Descazeaux
Personnalités qualifiées :
Alexandra McIntosh, directrice du Centre international d’art et du Paysage Béatrice Salmon, directrice du Centre national des arts plastiques (Cnap)
Ont participé à l’élaboration du PSC :
Gilles Baume
Renaud Beaurepaire
Mathilde Bertolo
Beverly Bitard
Emma Blanchard
Zahia Boufatit
Myrtille Bourgeois
Dimitri Boutleux
Cécile Broqua
Anne Cadenet
Emilie Cadillac
Alice Cavender
Cyril Chaumeau
Dominique Crouzet
Hugo Curdi
Véronique Darmanté
Karine Daviaud
François Denis
Valérie Desbiailhs
David Dinh
Laura Donin de Rosière
Muriel Dupont-Fudal
Catherine Dupraz
Stephane Espugne-Darses
Cédric Fauq
Romaric Favre
Joëlle Ferré
Farida Forgue
Fabien Guiet
Christophe Houdent
Clémence de La Tour du Pin
Pascal Lacampagne
Pauline Lacaze
Kevin Lanore
Valérie Lantignac
Marie Lauriat
Thibault Mahieux
Stéphane Mallet
Natacha Marini
Emmanuel Martins
Blandine Martre
Baptiste Maurin
Sylvain Mavel
Dominique Merle
Milena Paez-Barbat
Martine Péan
Violaine Pierrefixe
Jean-Luc Plétan
Lucille Poiret
François Poisay
Samuel Quebre
Patrick Renard
Julien Rister
Bernadette Sallaud
Sylvie Schmitt
Marion Vasseur Raluy
Béatrice Vert
Evelyne Videau-Sinsou
Béatrice Vigué
Nathalie Vimontin Situ
2. Le Capc polyphonique
et collaboratif
2.1 Constituer des communautés
de pensées
2.2 Restituer et démultiplier
les voix
2.3 Décloisonner les voix
3. Favoriser la rencontre avec
l’art par l’éducation artistique
et culturelle tout au long de
la vie et par des actions de
médiations inclusives
3.1 Prendre en compte les publics
dans leur diversité et assumer
des priorités
- La jeunesse, un enjeu
prioritaire
- Les scolaires, un public
à reconquérir
- Les familles, une offre
à construire
- Les personnes isolées,
un enjeu de solidarité
3.2 S’appuyer sur des méthodes
inclusives
3.3 Répondre aux objectifs
d’équité territoriale
Etat des lieux, Capc 2014-2021
Projet scientifique et culturel,
Capc 2022-2026
Introduction
1. Activer la double identité du
Capc, musée de France et
centre d’art contemporain
d’intérêt national
1.1 Le Capc musée : pour une
approche de la collection qui
décentre le regard
- Inventer de nouvelles
approches de présentation
de la collection
- Définir une politique
d’acquisition qui s’enrichit des
productions menées in situ
- Conservation et restauration,
un enjeu sur les réserves
1.2 Le Capc centre d’art contempo-
rain d’intérêt national : un labora-
toire de formes et de pratiques
- Développer une programmation
d’expositions qui embrasse la
pluralité du monde
- Développer une programmation
évènementielle au cœur des
enjeux sociétaux
- Soutenir la création émergente
- Développer les logiques de
productions in situ
- Concevoir une politique édito-
riale qui augmente la connais -
sance des œuvres
- Rendre publiques les archives
de manière innovante
- Accompagner les nouveaux
usages et relations aux publics
6. Le Capc, acteur des
transformations sociétales et
environnementales
6.1 Toutes les diversités
6.2 Accessibilité et convivialité vers
une accessibilité universelle
6.3 Amplifier la transition écolo-
gique et énergétique du Capc
6.4 Le statut de l’artiste et sa
juste rémunération
Epilogue
Annexes
4. L’artiste au cœur du projet
4.1 Renforcer la place de l’artiste
dans l’institution
4.2 Favoriser la rencontre entre
les artistes et les publics
4.3 Faire avancer structurellement
l’institution avec les artistes
5. Le Capc protéiforme
5.1 Le Capc dans l’Entrepôt Lainé
- Créer une relation partenariale
avec arc en rêve
- Créer une cohérence entre
le projet artistique et le café
du musée
- Créer des résonances de
programmation dans tous
les usages du lieu
- Mener une étude d’opportunité
et de contraintes du bâtiment
5.2 Le Capc hors-les-murs
5.3 Le Capc dématérialisé
5.4 Le Capc avec son territoire
- Développer les liens et syner -
gies avec l’écosystème de l’art
contemporain bordelais
- Développer des collaborations
avec des partenaires des villes
de la Métropole
- Se positionner comme un pôle
ressource de la communauté
artistique du territoire
- Renforcer les logiques de
réseaux nationaux et interna-
tionaux
- Renforcer l’attractivité touris-
tique
53
57
60
64
67
70
73
78
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121
123
Sommaire
9
31
32
35
39
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Arthur Péquin
p. 8 Vue de l’exposition Absalon Absalon. Nef du Capc musée d’art contemporain de Bordeaux, 26.06.2021-02.01.2022. Photo : Arthur Péquin
Etat des lieux
Capc 2014-2021p. 11 p. 10
Capc 2014-2021,
un bilan contrasté
Depuis sa fondation en 1973, le Capc – Centre
d’arts plastiques contemporains –, installé dans
l’Entrepôt Lainé, imposant bâtiment patrimonial
au cœur de Bordeaux, a toujours été un espace
exceptionnel pour la création. Dès l’exposition
inaugurale du centre d’art, Regarder ailleurs, son
fondateur Jean-Louis Froment donne le ton et
fait découvrir au public une création contempo-
raine résolument internationale, tournée vers
les grands artistes et courants de son époque,
ouverte à toutes les pratiques disciplinaires.
À cette époque, hormis le Centre Pompidou à
Paris (créé en 1977), le Nouveau Musée à Vil-
leurbanne (en 1978) et le Magasin à Grenoble
(en 1986), peu de lieux en France sont exclu-
sivement dédiés à la création contemporaine.
Le Capc acquiert rapidement, de ce fait, une
notoriété qui dépasse largement les frontières
nationales. Seul centre d’art de l’ancienne région
Aquitaine, le Capc a par ailleurs contribué tout
au long de son existence à une sensibilisation
à l’art contemporain sur le territoire dans lequel
il s’inscrit.
Au cours de ses quarante-huit années d’exis-
tence, ce lieu de recherche et d’expérimentation
a su rapprocher artistes et publics, curieux de
découvrir de nouvelles formes d’art, d’exposition
et de médiation, dans des formats toujours re-
nouvelés. La programmation annuelle organisée
en trois temps forts (printemps, été, automne)
conjugue, chaque année, expositions monogra-
phiques et collectives, cycles de projections et
de conférences, performances, rencontres,
débats et dispositifs d’accompagnement des
publics.
Fer de lance de sa programmation, les exposi-
tions monographiques dans la nef, produites
par et pour le lieu, deviennent vite sa marque
de fabrique. Elles accompagnent, et souvent
anticipent, la montée en puissance d’artistes
majeurs de leur époque, qu’il s’agisse de l’instal-
lation de Richard Serra pour la réouverture après
travaux en 1990, de l’installation de Daniel Buren
en 1991, restée dans la mémoire collective, ou,
plus récemment, des expositions in situ de Jim
Shaw (2010) ou de Leonor Antunes (2016).
Ces aventures avec les artistes, richement
documentées au sein d’une archive qu’il s’agi-
ra dans les années à venir de préserver et de
mettre en valeur, se sont faites autour d’œuvres
qui, pour beaucoup, ont rejoint la collection du
Capc. Riche de plus de 1 900 pièces signées
par plus de 300 artistes du monde entier, ce
fonds rassemble des œuvres d’artistes tels que
Daniel Buren, Nan Goldin, Sol LeWitt, Annette
Messager ou Richard Serra pour les plus histo-
riques, et de Benoît Maire, Julie Béna, Naufus
Ramírez-Figueroa, Danh Vō ou Leonor Antunes
pour les plus récentes. Cette importance de la
collection a légitimé, en 2002, l’appellation du
Capc comme Musée de France.
En parallèle, le Capc mène tout au long de son
histoire une réflexion sur le format de l’exposition
et les grands enjeux artistiques de son époque.
Ainsi dans les années 1980, le Capc propose
une série d’expositions liées à certaines avant-
gardes importantes des décennies précédentes
: Arte Povera, Art conceptuel, Art minimal, Land
Art. Durant la décennie suivante, le Capc donne
la parole à une nouvelle génération d’artistes et
de commissaires d’expositions, dont le rapport
aux médias, aux images et à leur circulation
s’est profondément transformé, comme par
exemple Traffic de Nicolas Bourriaud en 1996,
ou encore Cities on the move de Hou Hanru et
Hans Ulrich Obrist en 1998 (coproduction arc en
rêve). Dans les années 2000, le Capc s’attache
à repositionner l’institution artistique dans un
contexte culturel élargi qui prend en compte la
musique, l’architecture, les mass média et les
cultures populaires, avec notamment en 2009
l’exposition Insiders (coproduction arc en rêve)
ou Dystopia en 2011. Plus récemment, le Capc a
développé une identité forte autour de la mise
en lumière et de la relecture du travail d’artistes
femmes, à l’instar des artistes Judy Chicago,
Beatriz González, Takako Saito ou Irma Blank,
auxquelles le Capc a consacré, ces dernières
années, des rétrospectives d’envergure, posi-
tionnant l’institution parmi les plus audacieuses
au niveau national sur ce plan.
Le Capc en quelques dates et chiffres clés
Histoire
Collection
Expositions
En 47 ans d’activité, le Capc a organisé 467 expositions, dont 40 à l’étranger. 82 de ces projets ont été présentés dans la nef, dont 49 développés spécifiquement par des artistes pour cet espace monumental.
Sur les cinq dernières années, 49 artistes ont fait l’objet d’expositions solos au Capc, dont 53% de femmes et 88% d’artistes étrangers.
Médiation
Fréquentation sur la période
Réseaux sociaux
Création du Centre
d’Arts Plastiques
Contemporains de
Bordeaux.
Le Capc se
sédentarise et
s’installe dans
l’Entrepôt Lainé.
Le Capc constitue
une collection et
devient le musée
d’art contemporain
de Bordeaux.
Le Capc obtient
l’appellation
« Musée de
France »
Le Capc obtient
le label « Centre
d’Art Contemporain
d’Intérêt National »
1973 1979 1984 2002 2021
1 936
œuvres sont gérées
par la collection du
Capc
327
artistes
représentés
71
prêts faits
en 2019 dans
18
institutions
différentes
nationales et
internationales
287
actions de
médiation artistique
et culturelle
réalisées en 2019
19 222
participants
152
visites commentées
pour des groupes
scolaires
13
sessions d’ateliers
de pratique
artistique
46 621
abonnés aux
réseaux sociaux
8 092
abonnés à la
newsletter
2014
127 292
2015
99 129
2016
79 958
2017
97 112
2018
112 247
2019
125 457p. 13 p. 12
Enfin, dès sa création, le Capc a développé un
programme innovant d’outils de médiation afin
d’accompagner au mieux les personnes dans la
découverte de la démarche des artistes. Faire
connaître l’art contemporain aux enfants a
été pendant longtemps l’une des actions de
diffusion prioritaire du Capc. En 1975, avant
même l’ouverture permanente dans l’Entrepôt
Lainé, deux ans avant la création de l’Atelier
des enfants au Centre Georges-Pompidou, un
« Artbus » visitait les écoles primaires de Bor-
deaux, en privilégiant un contact direct avec
des œuvres et une pratique d’atelier. Dans les
années 1980, les Boîtes/exposition, imaginées
par les animateurs et les graphistes du Capc,
se présentaient comme des mini-expositions
avec images, textes, jeux, vidéos et objets. Ces
Boîtes/exposition sont réactualisées en 2010
en version tablette et en version dématérialisée,
pour une diffusion plus fluide auprès des publics
de l’Education nationale.
La programmation des expositions pendant la
période 2014-2021 a fait la part belle à la décou-
verte de personnalités minorées ou peu vues
en France (Beatriz González, Takako Saito ou
Alejandro Jodorowsky) ainsi qu’à la visibilité
de la collection à l’international avec MARCO
Museo de Arte Contemporáneo de Monterrey
au Mexique. Le partenariat avec le Jeu de Paume
dans le cadre du programme Satellite a permis
de faire découvrir au public une programmation
vidéo internationale de grande qualité, tout en
soutenant la création émergente par la copro-
duction avec l’institution parisienne. La notoriété
du Jeu de Paume a constitué un partenariat
fructueux et une visibilité internationale à ce
programme. Enfin, la mise en place d’une rési-
dence croisée avec SOMA à Mexico a permis
la découverte en France d’artistes mexicains et
de soutenir des artistes français au Mexique.
Malgré ces réalisations remarquables, en 2017,
l’institution a connu une crise profonde qui a
abouti à une vacance de direction de plus d’un
an. La directrice générale des affaires culturelles
de la Ville de Bordeaux a effectué l’intérim durant
lequel l’organisation du travail a été repensée
et a donné lieu à un nouvel organigramme voté
en comité technique à l’automne 2018. Dans
le même temps, la Ville a souhaité se donner
du temps et réunir un comité d’experts pour
statuer sur le devenir du lieu. La conclusion de
cette étape de concertation a été de réaffirmer
l’importance du Capc dans le champ de l’art
contemporain, à la fois dans sa fonction patri-
moniale avec la collection et dans sa fonction
laboratoire au plus proche des artistes. Un re-
crutement est lancé au printemps 2019, et en
septembre 2019, une nouvelle directrice est
entrée en fonction. Au cours de cette période
qui a provoqué des tensions en interne et des
polémiques en externe, l’équipe du Capc a su
garder le cap, montré son attachement à la
continuité du service public et sa volonté à me-
ner à bien les missions du Capc avec le public,
les partenaires et les artistes.
Les expositions
et la programmation culturelle 1
1 Les éléments de programmation cités sont issus du pré-projet scientifique et culturel 2014-2020 dirigé par Maria Inés Rodriguez
Des expositions collectives
mettant en lumière des
problématiques sociétales
contemporaines
Pour renforcer sa dimension de laboratoire
muséologique, le Capc a repensé et développé
des formes d’expositions avec une approche
évolutive, en lien direct avec l’actualité, de nature
à susciter enthousiasme et réflexion. Tous les
deux ans, le Capc a proposé une exposition col-
lective explorant les problématiques sociétales
les plus contemporaines. Et c’est naturellement,
à de jeunes commissaires en phase avec leur
époque qu’il a eu tendance à confier de tels
projets. En 2015, Catalina Lozano, avec l’ex-
position Ce qui ne sert pas s’oublie (22.01.15 au
03.05.15), explorait la vie des objets et mettait
en avant la manière dont, en circulant, ceux-ci
accumulent de l’information et intègrent ce
faisant un processus historique. L’exposition
s’est efforcée de faire comprendre comment
la relation au monde matériel engendre des
processus ouverts d’assimilation, d’accultura-
tion, de réappropriation et de ritualisation. En
2017, c’est vers le duo de commissaires établi à
Barcelone, Latitudes (Max Andrews et Mariana
Cánepa Luna), que le musée s’est tourné pour
concevoir l’exposition proposée comme contri-
bution au programme de la saison culturelle
Paysages Bordeaux 2017.
Une relecture de l’apport des
figures historiques
Chaque année, une grande exposition monogra-
phique a consacré le travail d’une figure tutélaire
de l’art contemporain n’ayant pas ou peu exposé
en France ou en Europe : Franz Erhard Walther
en 2014, Alejandro Jodorowsky en 2015, Judy
Chicago en 2016, Beatriz González en 2017,
Danh Vō en 2018. Le travail de recherche et le
dialogue mené avec ces artistes en amont de
leurs expositions, a eu pour objectif de réflé-
chir à la façon dont les artistes contemporains
s’inscrivent dans leur époque et dans l’histoire
du monde, à travers les multiples références
croisées qui ont enrichi leurs démarches au fil
du temps.
Un soutien à la création
émergente
Le Capc a maintenu le lien avec la création ac-
tuelle en montrant régulièrement dans ses murs
le travail d’artistes émergents, soit dans des
expositions collectives, soit dans des présen-
tations monographiques, format qu’a privilégié
par exemple la programmation Satellite copro-
duite de 2015 à 2018 avec le Jeu de Paume. Ce
programme initié par le Jeu de Paume en 2007
a offert la possibilité chaque année à une ou un
commissaire en début de carrière de proposer
un cycle d’expositions autour d’un projet cura-
torial original. Chaque artiste se voyait confier
la création d’une pièce vidéo et chaque expo-
sition faisait l’objet d’un catalogue coédité par
les coproducteurs, dont le design graphique
était confié à un studio différent chaque année.
Les livres d’artistes et éditions
Par la présentation de collections institution-
nelles comme cela a été le cas avec celles de la
Fondation Serralves de Porto ou du Cdla (Centre
du livre d’artistes) de Saint-Yrieix-la-Perche, et
aussi à travers des expositions consacrées à
des projets éditoriaux historiques comme ce
fut le cas avec l’exposition Beau Geste Press
qui retraçait l’histoire de cette maison d’édition
indépendante, active dans les années 1970,
le Capc a fait la part belle au livre d’artiste. La
continuation de la tradition éditoriale du Capc
a constitué également un aspect important
du rayonnement que l’institution a cherché à
avoir au-delà de ses murs et des expositions quiFemmes
21%
p. 15 p. 14
s’y tiennent. Outre la coédition avec le Jeu de
Paume des catalogues accompagnant chaque
exposition de la programmation Satellite, un
catalogue a accompagné l’exposition Ce qui
ne sert pas s’oublie et un livre de photographie
intitulé Andrée Putman au Capc par Heinz Pe-
ter Knes a rendu compte, à travers le regard
du photographe allemand, de la richesse du
projet fondateur du Capc. Une série de livres a
été consacrée aux projets in situ pour la Nef du
Capc avec des publications monographiques
liées aux expositions de Leonor Antunes et Rosa
Barba. Le musée a également publié la première
monographie de l’artiste Benoît Maire, dont le
travail a fait l’objet d’une exposition monogra-
phique en 2018.
2 Cf le document Capc – pré-projet scientifique et culturel 2014-2020
Conserver, enrichir et valoriser la collection2
Nature des collections
Collections gérées : 1 936
• Collection CAPC musée, ville de Bordeaux :
976 œuvres
• Dépôts : 667 œuvres se décomposant comme
suit :
- Cnap (Centre national des arts plastiques):
604 œuvres (dont 435 Fonds Feyzdjou)
- Mnam/Cci (Musée national d’art moderne)
Centre Georges Pompidou : 9 œuvres
- Collections publiques autres : 14 œuvres
- Collections privées et artistes : 36 œuvres
Fonds documentaires : 293 items
Fonds Putman : 105 items
Livres d’artiste : 71 items
Commande artistique Bordeaux Métropole :
21 œuvres
Fonds post récolement : 96 items
L’histoire de la collection du Capc s’appuie, dès
l’origine, sur les œuvres produites lors des expo-
sitions. Dès 1979, en soutien à la jeune création
locale et en lien avec sa dimension centre d’art
et prospective, le Capc acquiert des œuvres de
jeunes artistes, un engagement qui se poursuit
tout au long de son histoire. En mai 1984, fort
de son ancrage territorial, de son rayonnement
national et de sa collection reconnue d’inté-
rêt public, le Capc devient un musée classé et
contrôlé. Ce changement confère un nouveau
statut aux œuvres de la collection et place le
musée sous le contrôle scientifique de l’État.
De 1984 à 1996, les moyens alloués au musée,
notamment pour les acquisitions, permettent
un développement considérable de la collec-
tion avec 537 œuvres et la constitution d’en-
sembles conséquents de peintures et dessins
de Miquel Barceló ou de Robert Combas, de
photographies de Bernd et Hilla Becher, Jack
Pierson, Nan Goldin, ou encore Wolfgang Till-
mans, de sculptures de Richard Long, …
De 1996 à 2000, 84 œuvres sont acquises et
un important dépôt de 18 œuvres historiques
est effectué par le MNAM/CCI Centre Georges
Pompidou. Le Capc signe une convention de
dépôt avec la Caisse des Dépôts et Consignation
pour trois œuvres dont une sera transférée aux
collections du musée en 2005. 45 œuvres sont
mises en dépôts par le Cnap/Fnac (fonds
national d’art contemporain) et 12 par le FRAC
(Fonds régional d’art contemporain) Collection
Aquitaine. La majorité des œuvres acquises fait
suite à une exposition au Capc avec néanmoins
quelques achats effectués afin d’étayer
l’organicité d’ensembles existants ou de
valoriser une figure artistique majeure ayant
vécu à Bordeaux (Pierre Molinier).
De 2001 à 2006, la politique d’acquisition s’in-
fléchit ostensiblement vers des œuvres plus
historiques issues des dernières grandes avant-
gardes. 29 œuvres sont inscrites à l’inventaire
dont 27 résultent de dons d’artistes à la suite
d’une exposition au Capc (Pierre Buraglio, Si-
mon Hantaï, Noël Dolla, Tatiana Trouvé) ou de
dons de collectionneurs ou galeristes comme
Jean Fournier (Joan Mitchell, Bernard Piffaret-
ti). Les dépôts de l’Etat se poursuivent avec un
ensemble de 45 œuvres (Olivier Mosset, Will-
liam Kentridge, Annette Messager, …) auxquels
s’ajoute le Fonds d’atelier de l’artiste iranienne
Chohreh Feyzdjou dont l’inventaire définitif est
confié au Capc en 2004.
De 2007 à 2013, le projet scientifique repo-
sitionne le Capc sur la scène artistique inter-
nationale, dans un contexte culturel étendu,
élargi à la musique, l’architecture, le cinéma, la
littérature mais aussi la culture populaire. Un dé-
pôt supplémentaire de 35 œuvres est consenti
par le Fnac et certains dépôts historiques ne
sont pas prorogés. 27 œuvres ont été acquises
comprenant à la fois des œuvres vidéo et des
livres d’artiste. Les Amis du Capc soutiennent la
collection par l’acquisition de plusieurs œuvres
(Jim Shaw, Philippe Decrauzat). L’exposition
monographique du groupe bordelais Présence
Panchounette est aussi à l’origine de la consti-
tution d’un ensemble cohérent de 15 œuvres3
datées de 1972 à 1989.
Entre 2014 et 2019, 28 œuvres ont été acquises
dont un ensemble remarquable d’œuvres de
Takako Saito et 165 résultent de dons d’artistes
(parmi lesquels le don de plus d’une centaine
de dessins de Daniel Dezeuze). Ajoutons que la
collection du Capc se lit aussi ponctuellement
à travers les dépôts d’œuvres appartenant à
des collectionneurs privés.
3 Dont 6 ont été acquises pour la collection complétées par un dépôt des artistes et un dépôt du Fnac de 11 œuvres acquises à la suite de l’exposition.
Depuis une quinzaine d’années, le budget d’ac-
quisition commun aux 5 musées de la ville fait
l’objet d’un arbitrage annuel. L’enveloppe bud-
gétaire dédiée (entre 150 000 et 200 000€
sur la période) ne permet pas l’achat d’œuvres
historiques et patrimoniales à de très rares
exceptions.
Diversité dans la collection
La collection du Capc, à l’image de toutes les
institutions muséales de même envergure, pré-
sente une disparité en matière de représenta-
tion d’artistes femmes et hommes (les femmes
représentant moins de 21% des artistes de la
collection). Bien que ces catégories soient ques -
tionnables en termes « d’identité artistique »,
ces chiffres témoignent de l’implication directe
des institutions et leur contribution à minorer le
rôle des artistes femmes mais également des
artistes situés hors des scènes artistiques bi-
polaires (Europe et États-Unis) depuis le début
du XXème siècle.
Représentation Femmes/Hommes dans la collection du
Capc (propriété : Ville de Bordeaux)Femmes
18%
Hommes
82%
Artistes extra
Europe et USA
12%
Artistes Europe
et USA
88%
Artistes extra
Europe et USA
4%
Artistes
Europe et USA
96%
p. 17 p. 16
Représentation Femmes/Hommes dans les collections
gérées par le Capc (dont les dépôts)
Représentation diversité culturelle dans la collection du
Capc (propriété : Ville de Bordeaux)
Représentation diversité culturelle dans les collections
gérées par le Capc (dont les dépôts)
Dépôts
Dès 1985, le musée s’appuie sur les dépôts de
l’Etat (notamment du Cnap) et des artistes pour
mettre en perspective la collection afin d’enrichir
les dialogues et de constituer, entre autres, des
ensembles monographiques cohérents. Entre
1985 et 2017, le Cnap a mis en dépôt au Capc
672 œuvres dont 435 du fonds Feyzdjou. Citons
aussi parmi les institutions partenaires pour des
dépôts, le Frac Nouvelle-Aquitaine Méca qui
dès le milieu des années 80 a développé une
politique de dépôts (actuellement une seule
œuvre de Richard Long produite in situ en 1985
est exposée en permanence sur les terrasses du
musée), le Mnam-Cci Centre Georges Pompidou
avec 4 œuvres de Claude Viallat, Toni Grand,
Richard Serra et Mario Merz (convention signée
en 1999 et mise à jour en 2017) et la Caisse des
Dépôts et Consignations avec une œuvre de
Noritoshi Hirakawa (convention à réactualiser).
S’ajoutent à ces institutions publiques les dépôts
de collectionneurs privés (4) ou d’artistes (13).
Les dépôts les plus anciens n’ont pas encore
tous fait l’objet d’une convention.
Inventaire et récolement
Gestion des collections
L’inventaire réglementaire des œuvres de la
collection du Capc est informatisé depuis 1990
via Videomuseum à partir de l’application de
gestion des collections GCOLL. Il est à noter que
deux livres d’inventaire papier sont maintenus :
un pour la collection et l’autre pour les dépôts.
GCOLL contribue à sauvegarder l’ensemble des
opérations liées à la vie matérielle des œuvres
en assurant une gestion dynamique et efficace
de la régie des collections (inventaire, mouve-
ment lors des prêts, constats d’état, récolement,
dossier de restauration-conservation, suivi des
expositions de la collection, photographie des
œuvres inscrites à l’inventaire, …). La collection
est en ligne via le logiciel Navigart (plateforme
de diffusion des collections publiques fran-
çaises). Elle est accessible par Videomuseum
et à partir du site du Capc.
Étude des collections
En 2009, un plan de récolement décennal a
été rédigé et présenté à la Commission scien-
tifique de la région Aquitaine. Un état des lieux
de la collection et des réserves affectées à
la conservation des œuvres y est détaillé. Un
chantier de collection a été associé à ce pre-
mier récolement. Il visait une rationalisation
de la gestion, une amélioration significative
des conditions de conservation préventive des
œuvres et une consolidation du statut juridique
des collections en distinguant les collections
inaliénables des collections d’étude qui sont
désormais inventoriées hors registre d’inven-
taire règlementaire (fonds documentaire). Les
sept campagnes de récolement se sont éche-
lonnées de 2009 à 2014. Le procès-verbal du
premier récolement a été transmis à la DGAC
(Direction générale des affaires culturelles Ville
de Bordeaux) et à la DRAC (direction régionale
des affaires culturelles) Aquitaine en juin 2014.
Toutes les œuvres de la collection ont un dossier
d’œuvre qui archive et centralise l’ensemble
des documents relatifs à l’entrée de l’œuvre
dans la collection et à la vie de l’œuvre4. À noter
qu’une partie de ces documents sont numérisés
ou enregistrés en format numérique pour les
œuvres récemment acquises ou l’ont été au fur
et à mesure de la mise à jour des dossiers. Le
deuxième récolement décennal est en cours.
Il s’effectue dès qu’un prêt ou un mouvement
d’œuvre est engagé.
La bibliothèque et les archives ont, en complé-
ment des dossiers d’œuvres, capitalisé d’im-
portantes ressources documentaires en amont
des acquisitions pour la recherche et l’étude
des collections.
Conservation et état sanitaire des
collections
Comme beaucoup de collections d’art contem-
porain, la collection du Capc est caractérisée,
par l’hétérogénéité de ses matériaux. Leur
conservation-restauration est un véritable défi
tant au niveau technique que déontologique. Le
bilan sanitaire du premier récolement a permis
d’établir que 90 % des œuvres de la collection
étaient dans un état satisfaisant. Néanmoins,
4 Mouvements, constats, rapports de restauration, correspondances avec l’artiste ou ses ayant-droits, sa/ ses galeries, les questionnaires techniques et scientifiques, une documentation iconographique, une biobibliogra- phie et les notices qui se rapportent à l’œuvre.»
parmi les 12 œuvres identifiées en péril lors du
récolement, la plupart ont fait l’objet d’un constat
d’état, d’une étude préalable à la restauration ou
d’une restauration (Enzo Cucchi, Daniel Buren,
Wolfgang Tillmans, …). Deux plans pluriannuels
de restaurations ont permis de préciser, lors
des commissions scientifiques régionales des
collections des musées de France pilotées par
la Direction régionale des affaires culturelles,
le contexte de présentation des dossiers de
restauration.
Réserves – Sécurité - Sûreté
Réserve interne
La réserve interne du musée, située au rez-de-
chaussée de l’ancien Entrepôt Lainé, conserve
un peu plus de 1 400 œuvres stockées sur 500
m². La réserve se distribue en quatre zones
de conservation avec chacune une spécificité
liée à la nature du médium ou au domaine de
collection. La zone 1 est une zone de transit. Les
zones 2 et 3 sont essentiellement réservées à
la conservation des peintures, des œuvres gra-
phiques dans des meubles à plan et des œuvres
bidimensionnelles sur grilles coulissantes. En
Zone 3, une armoire métallique conserve toutes
les œuvres regroupées sous le terme nouveaux
médias (supports : VHS, Umatic, DVD, CD-ROM,
diapositives, clefs USB avec fichiers sons et/ou
images). La zone 4 regroupe plusieurs espaces
dans lesquels se répartissent les œuvres en
caisse sur racks, des œuvres bidimensionnelles
hors formats sur grilles fixes. La zone 4 com-
prend aussi un espace d’environ 20 m² dédié
au stockage à plat ou sur rouleaux.
A ce jour, la réserve interne ne comporte pas
de zone de quarantaine. L’aménagement d’une
zone de quarantaine est une nécessité pour
gérer la conservation (cf La question des ré-
serves, page 41).
La surveillance du climat est effectuée à partir
de sondes Hanwell dont les mesures sont en
lecture instantanée sur un poste informatique
dédié. La réserve interne n’a pas de système
de climatisation. Les 5 climatiseurs des zones
1, 2, 3 et 4 qui assuraient la régulation de la tem-
pérature et de l’humidité relative ont été dépo-p. 19 p. 18
sés en 2010. Sans climatisation, l’observation
des relevés des thermo-hygrographes puis la
surveillance via les sondes, a révélé un climat
relativement stable qui confirme l’inertie du
bâtiment. Les relevés climatiques indiquent des
températures sur l’année oscillant entre 20,5°C
et 21,5°C pour une HR de 49 % à 54 %. Le climat
apparaît donc comme un peu sec.
En 2014, grâce à un partenariat de compé-
tence, l’éclairage de la réserve a été repensé.
De nouveaux dispositifs techniques ont permis
un éclairage contrôlé par zones et une diminu-
tion de 25 à 30 % du nombre de lux. Les néons
ont été remplacés par des tubes fluorescents
qui diminuent la consommation électrique et
répondent plus favorablement aux normes
d’économie d’énergie.
De nouvelles réserves externes
En 2017, un transfert total des œuvres stoc-
kées sur le site de Leydet dont les conditions de
conservation mettaient les œuvres en péril a été
réalisé vers le site du Haillan. Ce site de stockage
est un entrepôt loué par la Ville de Bordeaux à un
particulier pour le stockage des collections du
Capc et du musée des Beaux-arts. Il répondait
en urgence à l’obligation d’améliorer significa-
tivement les conditions de conservation des
œuvres. Situé à une quarantaine de minutes du
Capc, ce site bénéficie d’un accès facile pour
les camions et possède un parking sécurisé.
Le bâtiment est sous télésurveillance avec un
prestataire de service et des astreintes sont
assurées par des agents de la ville 24h/24h.
L’arrivée des œuvres s’effectue sur une zone
de déchargement à l’intérieur du bâtiment qui
dessert les deux zones de stockage autonomes
pour le Capc et le musée des Beaux-arts. Le
Capc occupe un espace de 826 m2 divisé en 3
zones de stockage (Zone A, B et C) avec majori-
tairement des œuvres en caisse, de très grands
formats ou pondéreuses (Anish Kapoor, Richard
Long, Susana Solano, etc). Les conditions envi-
ronnementales sont adaptées aux typologies
d’œuvres stockées sur ce site (métal, pierre,
bois, résine, …). Le chauffage au sol permet
d’établir une zone de sécurité climatique entre
15°C et 25°C et de 40 à 65 % d’humidité relative.
Cette réserve est équipée d’un digicode afin
de contrôler l’entrée du site. Y ont accès les
personnels du centre collection, les personnels
des expositions et les surveillants principaux
du Capc. La réserve est fermée par deux portes
coupe-feu. La protection incendie était assurée
par un système au gaz halon qui, après un in-
cident en 2003 et l’interdiction du l’halon a été
déposé en accord avec la DMF (direction des
Musées de France), et remplacé par un système
de protection incendie dit de brouillard d’eau.
Après plusieurs incidents, ce système a été
déposé, lui aussi, et remplacé en 2013 par un
système de détection incendie par aspiration.
Restauration
Les restaurations engagées sur les œuvres de
la collection constituent un moment privilégié
pour l’étude et la connaissance de l’histoire «
matérielle » des œuvres. Elles participent à
identifier ou confirmer les risques d’obsoles-
cences technologiques des œuvres usant de
médium électro techniques (œuvres cinétiques,
sonores, lumineuses). Les chantiers de restau-
ration ont vocation à étudier les divers aspects
de la recherche théorique et pratique sur la
conservation des collections et à porter à la
connaissance du public des études de cas com -
plexes de restauration (exemple : la restauration
de Pièce archéologique de Daniel Buren ou en-
core celle d’une toile Sans titre d’Enzo Cucchi).
Le budget alloué à la restauration des œuvres
est depuis plusieurs années de 20 000 euros
par an. À celui-ci, s’ajoute un budget de 3 000
à 5 000 euros pour de petites interventions de
bichonnage ou de conservation préventive, le
plus souvent associées à une exposition in-
tramuros ou à une urgence.
Couverture photographique
des expositions
La couverture photographique des œuvres
de la collection est réalisée à 98 %. Les 2%
manquants correspondent à des œuvres hors
formats (peu exposées) et à quelques œuvres
vidéo entrées dans la collection pour lesquelles
se posent des problématiques techniques ou
de cession de droits avec l’artiste ou son ayant
droit.
La couverture photographique de la collection
(essentiellement en format numérique ou ar-
gentique numérisé pour les œuvres acquises
avant les années 2000) est réalisée en grande
partie par des photographes titulaires du service
photographique de la Ville de Bordeaux. Toute
œuvre entrant dans la collection fait l’objet d’un
contrat de cession des droits de présentation
et de représentation avec l’artiste/auteur de
l’œuvre et pour toute reproduction d’une œuvre
de la collection une demande doit être trans-
mise à la personne responsable des archives
iconographiques du Capc. À cette demande,
dans certains cas, s’ajoutent les droits d’auteur
des photographes.
Mise en ligne des collections
La collection est mise en ligne sur le site du
Capc à partir de la plateforme Navigart ainsi
que sur le site de Videomuseum, réseau de dif-
fusion des collections publiques d’art moderne
et contemporain. Cette publication accessible
par tous sans restriction est administrée, contrô-
lée, réactualisée par l’équipe du Capc.
Recherche
Deux axes de recherche sur la collection existent
à ce jour. Le premier concerne le préalable à
toute acquisition d’œuvre pour la collection à
savoir la constitution d’un dossier regroupant
l’ensemble des documents permettant de ca-
ractériser l’ADN de l’œuvre (intention, protocole
d’installation, textes de référence, provenance,
contrats, etc.), le second privilégie la recherche
autour de cas complexes de restauration. Durant
ces dix dernières années, des chantiers-écoles
en partenariat avec des écoles formant de fu-
turs conservateurs-restaurateurs ainsi que
plusieurs journées d’étude ont permis d’inscrire
le musée dans une dynamique de recherche et
de pallier la faiblesse du budget de restauration.
On citera en exemple Replace or remake – une
journée d’étude sur la restauration des œuvres
de Richard Long organisée en 2013 en partena-
riat avec la section conservation-restauration
des œuvres sculptées de l’Ecole supérieure
des Beaux-arts- Talm ou la journée Icom-Métal
France [Du métal au composite : la nécessité
des multi compétences. Travailler ensemble]
organisée en partenariat avec les laboratoires
Arc’Antique (Nantes), Traces (CNRS, Toulouse),
et l’Institut national du patrimoine (Paris).p. 21 p. 20
Au service des publics
Le Capc a une histoire intense en termes d’ac-
tion éducative. Dès les années 1980, le Capc
a été très actif et volontariste, apparaissant
alors comme pionnier par rapport aux autres
institutions d’art contemporain en France. Le dé-
veloppement d’actions d’accompagnement des
publics se généralisera sur le territoire national
dans le secteur de l’art contemporain, grâce aux
actions des Frac et centres d’art, seulement
à partir de la fin des années 1990 et au début
des années 2000, notamment à la faveur du
développement du dispositif Emploi-Jeunes,
permettant de recruter des équipes dédiées à
la médiation. Différents projets mis en œuvre
par les équipes du Capc ont fortement marqué
les esprits et restent dans la mémoire collective,
aussi bien au niveau local que dans l’histoire de
l’éducation artistique et culturelle, avec l’Art-
bus, les Boîtes/expositions et les ateliers de
pratiques artistiques de l’ Atelier du Regard.
Ce sont ainsi plusieurs générations de borde-
laises et bordelais qui ont été sensibilisées à
l’art contemporain par ces différents biais. Ces
dernières années, les actions de médiation ont
un bilan plus contrasté, avec notamment une
baisse significative du nombre de rencontres
avec les scolaires qu’il s’agira de combler dans
les années à venir, mais aussi de belles réussites
comme l’Atelier du Regard qui, avec ses ateliers
menés par des artistes résidant à Bordeaux,
reste une référence en la matière.
Connaissance des publics
Un premier niveau d’information relative à la
connaissance des publics du Capc provient des
données de la billetterie, qui sont centralisées
par la régie des recettes de la Dgac (direction
générale des affaires culturelles de la Ville) dont
fait partie le Capc. La Dgac collecte ces don-
nées et assure la diffusion d’un tableau de bord
mensuel et annuel qui grâce à des indicateurs
quantitatifs permet un suivi des tendances et
un pilotage des projets.
Par ailleurs, la Dgac a mené une évaluation de la
politique d’accès à l’offre des musées bordelais
qui a abouti en 2018 à un rapport d’étude per-
mettant de disposer de données quantitatives et
qualitatives sur la connaissance et la réception
par les publics interrogés de l’offre du Capc.
Accueil et expérience de visite
En termes d’outils de visites, le choix a été fait
de privilégier le déploiement de cartels sur les
murs du Capc, tout en ayant parfois recours à
des outils papier (journaux d’exposition, feuilles
de salle) comme cela semble nécessaire pour le
projet de l’artiste. En écho à l’étude des publics,
une refonte de la signalétique extérieure et
intérieure apparaît indispensable ainsi qu’une
réflexion sur les horaires d’ouverture et la re-
lation d’attachement à développer pour créer
chez les personnes des vocations d’ambassa-
deur du Capc. La boutique et le café-restaurant
participent de l’expérience de visite au Capc
sans pour autant avoir complètement fait l’objet
d’une réflexion partagée en ce sens.
Les outils et les dispositifs
d’accompagnement
Les visites constituent le cœur de l’action du
centre médiation et les formats proposés ont
permis d’attirer différentes typologies de per-
sonnes. Les visiteurs du Capc peuvent égale-
ment choisir un parcours libre en s’aidant des
documents bilingues (français / anglais) mis à
leur disposition pour chaque exposition.
Les dispositifs d’accompagnement à la visite
s’adaptent à ces différentes typologies :
Publics individuels
La fréquentation du Capc a accueilli plus de
125 000 visiteurs en 2019. Près de 60 % sont
originaires de la métropole bordelaise, ce qui
atteste du fort ancrage territorial du Capc.
Des grandes manifestations comme la Nuit
des musées et les Journées européennes
du patrimoine constituent des temps forts
qui rythment la programmation annuelle. Les
familles et jeunes publics bénéficient d’une
attention particulière dans les propositions
artistiques et culturelles faites lors de ces
événements.
Des visites accompagnées sont proposées
tous les samedis et dimanches à 15h, un mé-
diateur ou une médiatrice accompagne les vi-
siteurs dans leur découverte des expositions.
Visites augmentées : une personnalité exté-
rieure au monde de l’art apporte son expertise
décalée sur une exposition, avec l’accompa-
gnement d’un médiateur.
Visites « aller-retour » : autour d’une théma-
tique commune, le Capc s’associe avec un
autre musée de Bordeaux pour proposer des
visites croisées à deux voix de leurs exposi-
tions respectives.
Partenariat avec l’Education
nationale
Des projets sont proposés pour les publics sco -
laires en partenariat avec les services de l’Edu-
cation nationale : Dsden (Direction des services
départementaux de l’Education nationale) de la
Gironde et Délégation académique à l’éducation
artistique et culturelle de la Gironde. La mise à
disposition de deux enseignants relais permet
de fluidifier cette articulation (l’enseignante
pour le premier degré est mise à disposition à
mi-temps, tandis que l’enseignant relais pour le
second degré intervient seulement quelques
heures par semaine). Certains projets s’éta-
blissent en lien avec d’autres structures cultu-
relles comme la Manufacture Cdcn (Centre de
développement chorégraphique national), le
Jardin botanique de Bordeaux, …
Des documents d’accompagnement pédago-
gique pour chaque exposition (rédigés par l’en-
seignante mise à disposition, et disponibles en
ligne), ainsi que des rendez-vous enseignants
permettent de donner les clés pour une visite en
autonomie des expositions. L’enseignante mise
à disposition du Capc peut également intervenir
dans des groupes scolaires de Bordeaux pour
présenter les expositions en cours et à venir et
expliquer les modalités de visites.
Le Capc participe également à des projets d’ac-
tion culturelle départementale pour les élèves
du 1er degré de Gironde (en 2019, autour de
l’univers de Takako Saito), parfois conjointement
avec d’autres structures (parcours « Jardin(s)
& Entrepôt(s) du XVIIIème au XXIème siècles »
avec le Jardin botanique de Bordeaux en 2019).
L’enseignante mise à disposition participe par
ailleurs à la formation continue des professeurs
des écoles dans le cadre des stages proposés
par la Dsden.
Concernant la fréquentation des publics sco-
laires (7 500 élèves ont visité le Capc en 2019),
des marges de progression non négligeables
sont possibles et même nécessaires, le ratio
fréquentation générale/fréquentation scolaire
du Capc qui s’établit à 10 % étant bien inférieur
à la moyenne nationale des musées en région,
plutôt aux alentours de 15-20 %.
Partenariats avec des établisse-
ments de l‘enseignement supérieur
Le service des publics entretient des liens pri-
vilégiés avec les principaux établissements
d’enseignement supérieur bordelais et métro-
politains, dans lesquels ses médiateurs inter-
viennent, par ailleurs, régulièrement : l’Ebabx
(École des beaux-arts de Bordeaux), l’Université
de Bordeaux 3 (formation des étudiants de
Capes et agrégation d’arts plastiques), l’Espé
(École supérieure du Professorat et de l’Édu-
cation), l’Estba (École supérieure de théâtre
Bordeaux-Aquitaine) ou encore l’Icart, école des
métiers de la culture, avec laquelle a été initié le
programme Icart lab : dans le cadre duquel, des
étudiants de l’icart, préalablement formés par
l’équipe du Capc, proposent périodiquement des
médiations à destination du public ou de leurs
pairs. Un dispositif de formation et de mise en
situation analogue est également mené avec les
étudiants de la licence professionnelle Comedia
(Conception de projets & Médiation Artistique
et culturelle) de l’Iut Bordeaux-Montaigne.
Les autres partenariats
Le Capc a développé des actions « à la carte »,
dans le cadre général du troisième Projet Social
de la Ville, avec des associations d’aide aux
personnes : celles-ci concernent autant le do-
maine de la formation des animateurs sociaux
ou socio-culturels que l’accueil et l’initiation à
l’art actuel des personnes bénéficiaires. Parmi
les associations partenaires, on citera : Tout
Cérébrolésé Assistance (TCA), Cultures du
cœur Gironde, Cultures du cœur Aquitaine,Les
p. 23 p. 22
l’Association familiale laïque de Bordeaux Nord,
Promofemmes, l’association Esprit de quartier,
Association Abbé Jean Vincent.
L’Atelier du Regard
L’Atelier du Regard propose à l’attention notam-
ment des plus jeunes de nombreux workshops
de pratique artistique. Depuis l’origine du Capc,
cet espace situé sur le toit de l’Entrepôt ac-
cueille régulièrement des groupes d’enfants et
d’adolescents afin de développer leur regard
et leur sensibilité artistiques. Ces dernières
années, ces ateliers – l’Atelier du mercredi (les
mercredis après-midi hors vacances scolaires),
l’Atelier BÔ (tous les après-midis pendant les
vacances scolaires) et le workshop d’été (du-
rant la première semaine des vacances d’été)
– ont, en outre, permis de donner une visibilité
à de nombreux artistes et collectifs d’artistes
émergents, de la région : ceux-ci ont pu mettre
les enfants en contact avec les formes et les
médiums les plus contemporains, et leur offrir
une autre lecture des expositions en cours.
Chaque atelier se termine par un vernissage
réunissant les artistes, les enfants, leurs amis
et leurs parents autour des travaux réalisés.
Les Boîtes/exposition
Les 39 Boîtes/exposition qui sont mises à dis-
position des enseignants de tout le départe-
ment, explorent une thématique, un médium,
une œuvre ou un mouvement de l’histoire de
l’art contemporain et permettent chaque année
de toucher autour de 4 500 élèves. Une Boîte
numérique a été développée avec le soutien
de la Fondation Carasso. La Boîte Audio Room,
enfin, est le fruit d’une commande passée au
plasticien et artiste sonore bordelais Eddie
Ladoire, proposant une initiation à l’écoute et
à la création sonore au moyen de cd audio, de
pictogrammes et de pistolets amplificateurs
de son.
Actuellement, les Boîtes/exposition montrent
des signes d’obsolescence, leurs restaurations
et mises à jour sont parfois complexes, les
moyens nécessaires ne sont plus disponibles
et leur format ne semble plus correspondre
aux besoins des personnes et des utilisateurs.
Des ressources au service du projet
L’entrepôt Lainé
Le Capc est installé dans l’Entrepôt Lainé dont il
partage l’usage avec l’association arc en rêve et
l’exploitant du Café du Musée, la société Acme
Bordeaux. Le Capc coordonne la sécurité, la
maintenance et le nettoyage des parties com-
munes ainsi que la planification de l’utilisation
des différents espaces du bâtiment. Aucune
réhabilitation n’a été entreprise depuis la der-
nière phase de travaux achevée en 1990.
Les espaces accueillant
du public
Avec une surface nette de plancher de 15138 m²
qui se déploient sur trois niveaux, le bâtiment
offre une large part aux expositions et permet,
sur 4 300 m2, de présenter plusieurs projets
simultanément et à des échelles variables.
Le public accède à 10 450 m2 qui se répartissent
comme suit :
• L’entrée (226 m²)
• L’accueil et la boutique (223 m2)
• Les espaces d’expositions (4 300 m2)
• L’Atelier du Regard (290 m2)
• La bibliothèque (320 m2)
• L’auditorium (200 m2)
• Le restaurant (250m2)
Les espaces techniques de
production
Les ateliers de production (400 m2)
Dans ses ateliers de production attenant à la nef,
le Capc met à disposition une capacité impor-
tante de production en interne, pour répondre au
mieux aux besoins des artistes et des commis-
saires invités dans une démarche collaborative.
Ses ateliers de menuiserie, serrurerie, soclage,
peinture et électro-technique constituent pour
le Capc des atouts importants en termes de
réactivité et de maîtrise des coûts.
Le studio image & son (90 m²)
Au-delà des installations audio ou vidéo pour
les scénographies, le musée est régulièrement
producteur audiovisuel. Les équipements de
ce studio rendent possible un large éventail de
prestations. Les captations des performances,
concerts et autres événements produits par le
Capc sont réalisées en HD ou 4K. Le Capc peut
aussi, grâce à cette compétence interne, réaliser
des œuvres audiovisuelles pour les artistes. Le
maintien d’une régie vidéo dite « anciens formats
» permet par ailleurs de continuer à travailler
sur les œuvres d’« avant le numérique » de la
collection ou du fonds documentaire. Le studio
image & son a enfin une activité de production
pour la communication du Capc, notamment
via la réalisation d’interviews diffusées sur les
écrans au Capc, mais aussi sur les chaînes vi-
déo en ligne.
Les bureaux et les espaces
de travail
• Bureaux
Rez-de-chaussée - poste de contrôle – 70 m²
1er étage – bureaux de l’équipe du Capc – 710 m²
1er étage – bureau d’artiste – 15 m²
• Salles de réunion
1er étage Salle de communication – 65 m²
1er étage Atrium – 276 m²
• Espaces de stockages
Rez-de-chaussée - espace de stockages
divers – 320 m²
1er étage - stock de la bibliothèque – 70 m²
1er étage - stock archives – 73 m²
• Réserve d’œuvres
Rez-de-chaussée – 470 m²
Les espaces extérieurs
Parvis – 380m²
Terrasses – 930 m²p. 25 p. 24
Organisation et équipe
Capc, une régie directe de la Ville de
Bordeaux
En 1973, à sa création par Jean-Louis Froment,
le Centre d’arts plastiques et contemporains
est une association loi 1901. En 1984, le Capc
devient musée d’art contemporain de la Ville
de Bordeaux. Ainsi, en régie directe de la Ville
de Bordeaux, le Capc n’a pas de personnalité
juridique propre, il est un établissement de la
Ville de Bordeaux faisant partie de la Dgac (Di-
rection générale des affaires culturelles).
Un budget annuel, en fonctionnement et en
investissement, est alloué en budget primitif de
la Ville aux activités et au fonctionnement du
Capc. En tant que service de la Ville, le Capc s’in-
tègre à l’ensemble des processus transversaux
de gestion de la collectivité municipale et des
services mutualisés de Bordeaux Métropole.
La gestion des ressources humaines, l’adminis-
tration, les finances, les systèmes informatisés,
les transports, l’entretien et la maintenance du
bâtiment sont ainsi gérés grâce aux moyens et
aux expertises d’autres directions générales,
l’équipe du Capc assure un relai opérationnel
des stratégies et des gestions conçues et coor -
données par ces directions.
La Dgac anime des réseaux métiers transver-
saux (médiation, communication, administration
et finance, mécénat) dans lesquels l’équipe du
Capc est pleinement engagée. Les réseaux
métiers constituent des communautés de pra-
tique fonctionnelles et non hiérarchiques qui
permettent aux personnels d’un même domaine
d’activités d’échanger et de se coordonner.
Evolution de l’organisation
Au cours de cette période, l’équipe du Capc
est passée de 53 à 50 postes permanents, l’or-
ganisation du travail et des fonctions a connu
plusieurs évolutions notables.
Sur la base d’un diagnostic transversal, la Dgac
a mené une redéfinition des organigrammes de
l’ensemble des musées de la Ville en cherchant
leur harmonisation. Ces évolutions ont été va-
lidées en comité technique et mises en œuvre,
entraînant la redéfinition et la requalification de
plusieurs postes ainsi que la redistribution de
plusieurs rôles.
L’organigramme du Capc a été modifié en oc-
tobre 2018 afin de rendre son organisation plus
fluide. Il est composé dorénavant de quatre
services répondant aux grandes missions de
l’établissement et directement rattachés à la
direction du Capc : service des projets ; service
de développement des publics et de la commu-
nication ; service de l’administration générale ;
service production. A ceci, s’ajoutent une as-
sistante de direction et un chargé de mission
pour le suivi des travaux et de la maintenance
du bâtiment. Il est fait appel régulièrement à
des stagiaires dont le niveau d’études va du
baccalauréat au Master. En cas de nécessité de
soutien à certaines missions, le Capc recrute,
par ailleurs, des personnes en contrat à durée
déterminée pouvant aller jusqu’à douze mois.
Certaines compétences spécifiques, telles que
les conférences, les visites commentées ou en
langues étrangères, peuvent donner lieu à des
embauches en vacation.
Le service des projets (11 agents) met en œuvre
le projet artistique, scientifique et culturel, avec
quatre agents à la coordination des expositions,
un agent à la programmation événementielle,
trois agents au centre collection, un agent à la
bibliothèque et un agent aux archives images,
textuelles et sonores.
Le service développement des publics et com-
munication (9 agents) définit et met en œuvre
la politique de développement des publics ainsi
que la stratégie et les outils de communication.
Il est composé d’un responsable de service,
de trois agents au centre communication et
relations presse, de cinq agents au centre mé-
diation, développement des publics.
Le service production (18 agents) coordonne,
met en œuvre les installations des expositions
et productions avec les artistes ; assure la sur-
veillance des salles et leur entretien et veille à
la sécurité incendie et intrusion. Il est composé
d’un responsable de service, de sept agents au
centre technique, de huit agents pour la sur-
veillance et l’entretien et de deux agents pour
la mission incendie, hygiène et prévention.
Le service de l’administration générale (9
agents) coordonne, met en œuvre la gestion
comptable, humaine et juridique (deux agents),
l’intendance (un agent), l’accueil boutique
(quatre agents), un agent pour le développe-
ment, partenariat et privatisation. La respon-
sable de ce service est par ailleurs directrice
adjointe du Capc, deux postes à l’origine qui
ont été fondus en un seul.
Les ressources financières
Le budget de l’établissement Capc au sein de
celui de la Ville de Bordeaux
Le budget de fonctionnement du Capc est
constitué en plusieurs étapes :
En budget primitif de la Ville, il est voté un pre-
mier budget en dépenses et en recettes relative-
ment stable d’une année sur l’autre qui s’établit
aux alentours de 520 000 €.
Puis au cours de l’année de gestion, lors de
décisions modificatives budgétaires ou d’un
budget supplémentaire, il est pris en compte
des augmentations budgétaires en proportion :
• De recettes constatées au 31 décembre
de l’année précédente concernant une
partie des recettes de location d’espaces,
des recettes de billetterie et des bénéfices
de la boutique du Capc.
• Des subventions affectées à des projets.
• Des mécénats obtenus pour soutenir les
activités du Capc.
En règle générale, ces abondements doublent
les montants du budget primitif.
Le budget d’investissement du Capc est com-
posé chaque année :
• De dépenses liées à de grands travaux
votées dans le Plan Pluriannuel d’Inves-
tissement de la Ville.
• D’une enveloppe budgétaire dont le mon-
tant fluctue en fonction des moyens direc-
tement gérée par la Dgac pour des travaux
d’entretien du bâtiment.
• D’un budget dédié aux acquisitions
d’œuvres dont le montant est arbitré en
chaque début d‘année (55 000€ annuel
en moyenne sur les dix dernières années)
• D’un budget annuel destiné à la restaura-
tion des œuvres (20 000 €).
• D’un budget annuel destiné aux travaux de
petits entretiens, à l’acquisition de mobilier,
petit matériel d’exposition notamment
audiovisuel (29 000 €)
Les allocations de ressources non financières
• La Ville de Bordeaux dispose pour l’en-
semble de ses services dont ses musées
d’une capacité de transport notamment
utilisée pour le transport des œuvres. Le
camion ainsi utilisé est aux normes exi-
gées. Les chauffeurs et les manutention-
naires de la Ville sont formés à la spécificité
de ce type de transport et ont plusieurs
années d’expérience.
• Les assurances de type clou à clou sont
prises en charge par le budget général de
la Ville.
• L’agence de presse.
• L’affichage sur panneaux Decaux.
Les dépenses prises totalement en charge par
d’autres programmes du budget général de la
Ville :
• La masse salariale.
• Les dépenses liées à l’informatique (ma-
tériel, logiciels et grands projets).
• La totalité des fluides.
• La maintenance du bâtiment.
La totalité de ces dépenses s’élevait à plus de 4
millions d’euros pour l’année 2019 (voir l’annexe
du budget consolidé de la Ville de Bordeaux).p. 27 p. 26
Les partenariats de moyens
Les Amis du Capc
Créée en 2002, l’association des Amis du Capc
accompagne depuis près de vingt ans l’établis-
sement dans ses actions et initiatives. Que ce
soit dans l’enrichissement de ses collections,
le soutien au financement des expositions ou
le développement des programmes culturels
et éducatifs, l’association cherche à établir des
liens forts et durables entre l’institution et ses
adhérents en leur facilitant les contacts avec
les acteurs de l’art actuel.
Forte de ses 150 membres et avec plusieurs
niveaux de soutien possibles (allant de 80 à 10
000 € par an), l’association contribue réguliè-
rement aux actions culturelles du Capc en met -
tant en place avec son équipe des rendez-vous
privilégiés en présence des commissaires et
artistes.
Autre temps fort annuel, le Grand Banquet or-
ganisé chaque automne dans la nef du Capc
permet à l’association de poursuivre sa poli-
tique d’acquisition d’œuvres et de soutien au
programme culturel du musée. Cette soirée,
en partenariat avec l’Union des Grands Crus de
Bordeaux, regroupant amateurs d’art, artistes,
partenaires et entrepreneurs dynamiques de
la Métropole, permet de lever des fonds pour
acheter une ou plusieurs œuvres et en faire don
à la collection du musée. Lors des précédentes
éditions, les Amis du Capc ont pu acquérir des
œuvres de Leonor Antunes, Christina Hemauer
et Roman Keller, Michael Krebber, Benoît Maire,
Naufus Ramírez-Figueroa, Takako Saito, Franz
Erhard Walther, qui ont été données au Capc et
ont ainsi été intégrées à la collection du Capc.
Le Bureau de l’association des Amis du Capc
est composé comme suit :
• Régine de Boussac, présidente
• Hélène Lemoîne, vice-présidente
• Jeanne Queheillard, vice-présidente
• Bruno Cantelaube, trésorier
• Pascale Rousseau Dewambrechies,
secrétaire générale
Les subventions affectées à un projet
Dans le cadre de projets spécifiques, tels qu’une
exposition, le lancement d’un nouveau dispo-
sitif de médiation ou encore la publication d’un
catalogue, le Capc sollicite des subventions
auprès d’organismes français ou étrangers.
Les expositions monographiques consacrées
à des artistes étrangers sont particulièrement
l’occasion de tisser des partenariats avec des
organismes internationaux dont le but est de
soutenir et de diffuser la création artistique de
leur pays à l’étranger.
Les mécénats
Depuis sa fondation, le Capc est engagé dans
la recherche de ressources complémentaires
via le mécénat. Dès les années 1980, alors que
la pratique est encore peu répandue en France,
le Capc développe des liens avec des entre -
prises pour mener à bien des projets ambitieux,
s’appuyant à la fois sur leurs ressources finan-
cières mais également sur leur expertise et
leur savoir-faire. Conscient de l’importance de
tisser des liens avec des acteurs extérieurs pour
porter la vision d’un musée ouvert sur la cité et
sur le monde, le Capc s’est efforcé de construire
des partenariats solides et cohérents. C’est ce
dont témoigne la fidélité de certains mécènes
tels que le Château Haut-Bailly, mécène d’hon-
neur du Capc depuis 2015, ou encore Suez,
partenaire des actions de médiation du Capc
depuis 2011.
En 2013, le Capc lance le Ticket Mécène®. Pre-
mière initiative de ce type en France, ce disposi-
tif intègre les nouveaux réflexes du «crowdfun-
ding» (financement participatif) en mobilisant
le grand public autour de l’enrichissement de
la collection. Les visiteurs deviennent ainsi «
acteurs-bienfaiteurs » en participant à l’acqui-
sition d’une œuvre. Soutenu par le ministère
de la Culture et couronné par le Prix de l’Inno-
vation en mécénat de l’Association Française
des Fundraisers, Ticket Mécène® a, depuis,
été repris par de nombreuses institutions (le
musée Rodin en 2014, le Musée des beaux-
arts de Chartres en 2015 ou encore la Piscine
à Roubaix en 2017). Au Capc, trois campagnes
ont d’ores et déjà permis d’acquérir des œuvres
de Nicolas Garait-Leavenworth, Leonor Antunes
et Naufus Ramírez-Figueroa.
Il n’existe pas à ce jour de réseaux (cercle, club,
etc.) de mécènes du Capc
Les ressources financières annexes
En annexe de son activité fondamentale de mu-
sée et centre d’art qui engendre des ressources
de billetterie, le Capc dispose aussi de deux
autres sources de ressources spécifiques : la
privatisation de ses espaces et les ventes de
la boutique/librairie du Capc.
La privatisation d’espaces
Le Capc peut privatiser certains de ces espaces
dans le cadre d’événements d’entreprises. Ces
privatisations concernent : l’auditorium, qui
bénéficie d’un espace scénique intégré, d’une
cabine de traduction simultanée et d’un système
audiovisuel et multimédia performant ; la salle de
communication, pour des réunions, séminaires,
assemblées générales, conférences pour une
capacité de 40 places ; plus exceptionnellement,
la nef, dont la capacité maximale d’accueil est de
1 500 personnes pour un cocktail et 800 pour
un dîner ; et enfin les mezzanines, qui offrent
une capacité d’accueil de 500 personnes pour
un cocktail et 300 pour un dîner. Les recettes
de location d’espaces s’élevaient à 96 508 € en
2018 et à 40 594 € en 2019, le budget du Capc
est abondé de 40 % des recettes de l’année
précédente, soit 38 603 € en 2018 et 16 237€
en 2019.
La librairie / boutique du Capc
La librairie / boutique offre un large choix d’ou-
vrages sur l’art contemporain, de sérigraphies,
d’objets exclusifs. Dans le prolongement de la
programmation du Capc, la boutique propose
une sélection d’ouvrages et de produits dérivés
en lien avec les expositions, la collection et la
création artistique contemporaine. L’ensemble
des éditions du Capc disponibles y sont présen-
tées, de l’historique leporello de Sol LeWitt au
catalogue Beau Geste Press. La boutique offre
également une gamme originale de papeterie,
sérigraphies et bijoux de créateurs. Côté jeu-
nesse une sélection curieuse de livres et de jeux
ouvre sur le monde de l’art et de l’architecture.
Le budget du Capc est abondé de l’intégralité
des bénéfices de la librairie / boutique de l’an-
née précédente.p. 29 p. 28
Après un an et demi de vacance de direction, période pendant la- quelle une direction par intérim a été assurée par la directrice gé- nérale des affaires culturelles, Sandra Patron est devenue direc- trice du Capc en septembre 2019 dans un contexte profondément renouvelé.
Le Capc aborde un tournant important de son histoire. Une nou- velle équipe de direction au sein de l’établissement, une nouvelle direction des affaires culturelles de la Ville de Bordeaux, une nou- velle municipalité, la labellisation du Capc en tant que « Centre
d’art contemporain d’intérêt national », sont autant d’évolutions
structurelles et de regards nouveaux pour participer à l’adapta- tion du Capc à un contexte en constante transformation.hu
à
à
À
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ction Capc.
ée d'art contemporain de Bordeaux, 1512.2020-2310.2022.
Projet scientifique et
culturel
Capc 2022-2026
Nina Beier, Tilables, 2016 ; Haim Steinbach, On vend du vent, 1988, collection Capc. Vue de l’exposition Le Tour du jour en quatre-vingts mondes, Capc musée d’art contemporain de Bordeaux, 15.12.2020-23.10.2022. Photo : Arthur Péquinp. 33 p. 32
Introduction
Depuis sa fondation en 1973, le Capc a toujours
occupé une place particulière dans le cœur des
bordelaises et des bordelais, par la capacité
toujours renouvelée dont l’institution a su faire
preuve pour accompagner la découverte sen-
sible et aventureuse de la création contempo-
raine. Au cours de ses cinquante ans d’exis -
tence, ce lieu de création et d’expérimentation
a contribué à l’écriture d’une histoire de l’art des
années 1970 à nos jours, en France et en Europe,
dont nous pouvons collectivement être fiers et
qui s’incarne par une collection d’envergure
dont la collectivité est dépositaire et qu’il s’agit
au quotidien de valoriser.
Mais le monde dont est issu le Capc s’est radi-
calement transformé, et l’institution doit à pré-
sent faire entrer ses actions en résonances
avec de nouvelles et profondes aspirations de
la société. Les mutations sans précédent aux-
quelles nous sommes confrontés (mutations
climatique, sociale, sanitaire, identitaire et po-
litique), ainsi que la multiplication des contenus
en ligne et leur accessibilité sans limite, nous
demandent de modifier en profondeur nos ma-
nières de rentrer en dialogue avec les publics,
de produire avec les artistes, d’imaginer notre
programmation. La société dans son ensemble,
portée par la révolution numérique, aspire dé-
sormais à être associée à la prise de parole et
de décision. La consommation culturelle a lais-
sé peu à peu la place au désir de faire ensemble
et de vivre des expériences partagées. Les
notions d’égalité et d’ouverture à la diversité ne
constituent plus des requêtes mais sont désor-
mais des prérequis.
Le projet ici proposé pour les cinq prochaines
années convoque l’histoire du Capc de manière
vivante pour imaginer une nouvelle étape en
phase avec son époque. Il s’agira de proposer
une transformation des méthodes, principes
et valeurs dans le rapport à l’artiste et à sa pro-
duction, dans la relation aux publics, dans l’ap-
propriation du bâtiment et dans l’inscription du
Capc dans son territoire. En s’affranchissant
d’une hiérarchie des savoirs excluante, et en
privilégiant la polyphonie des voix à l’autorité
d’une voix unique, le Capc souhaite entrer dans
une aire plus inclusive et partagée, tout en ne
cédant rien à l’exigence scientifique et à l’ex-
périmentation indispensable au travail en pro-
fondeur avec les artistes.
A l’aune de ces enjeux, ce Projet Scientifique
et Culturel (PSC) tente de répondre de manière
transversale à trois enjeux stratégiques qui
irrigueront les actions concrètes énoncées
dans ce document :
Un enjeu sociétal : comment le Capc convoque,
dans sa programmation mais aussi dans son
rapport aux publics, les grands enjeux actuels
que sont la transition écologique, l’égalité
femme/homme, la diversité, la nécessité de
renouveler nos systèmes de représentation du
monde, l’importance de développer des pra-
tiques collaboratives et participatives, le travail
des mémoires (mémoire du lieu lui-même, mé-
moire à travers la collection, et mémoire colo-
niale à travers l’histoire de l’Entrepôt Lainé) ?
Ces thématiques ne seront pas importées ar-
tificiellement par l’institution, elles sont au cœur
des pratiques artistiques contemporaines, et
le Capc entend les aborder par le biais de son
compagnonnage avec les artistes, par leur pa-
role et le vocabulaire spécifique de l’art.
Un enjeu territorial : le projet postule que la
pertinence d’un lieu d’art réside dans son ins-
cription dans des réalités territoriales qui
fondent sa singularité, et dans la collaboration
avec des acteurs très diversifiés, du plus local
au plus international. Comment le Capc peut-il
s’inscrire et s’ancrer dans la ville, de manière
généreuse, fluide et non-autoritaire, au cœur
d’un réseau partenarial qui inclut une scène
artistique, des structures culturelles de tous
les champs disciplinaires, des structures éco-
nomiques et plus largement les habitants dans
toute leur diversité ? Comment par ailleurs cette
inscription territoriale se nourrit des liens pri-
vilégiés que le Capc entretient avec des scènes
et des réseaux artistiques nationaux et inter-
nationaux ?
Un enjeu de transformation du rapport aux
publics dans le respect des droits culturels :
dans ce contexte de multi-crise, les institutions
artistiques ont la responsabilité éthique et
sociale d’arpenter des territoires qui ne leur
sont pas familiers, d’aller vers des personnes
qui ne se sentent pas représentées par elles.
La prise en considération des personnes, non
comme des sujets passifs ou consommateurs,
mais porteuses de culture propre, crée un nou-
veau paradigme de la relation et façonne la
médiation vers de nouvelles postures et outils.
L’intelligence collective et les démarches par-
ticipatives doivent pouvoir imprégner l’institu-
tion et ses modalités d’action.
Ce document stratégique définit les orientations
générales du Capc en cohérence avec les ob-
jectifs politiques de la Ville de Bordeaux définis
par le projet de mandature. Il prend par ailleurs
pleinement en considération les obligations
d’un Musée de France telles qu’elles sont pré-
cisées dans le Code du patrimoine ainsi que les
enjeux posés par le label « Centre d’art contem-
porain d’intérêt national » décerné au Capc en
janvier 2021. Il a été pensé en concertation
constante avec l’équipe du Capc, les élus et les
services de la Direction Générale des Affaires
Culturelles de la Ville de Bordeaux et les repré-
sentants de l’état, qu’ils en soient ici chaleureu-
sement remerciés.
Sandra Patron, Directrice du Capc musée d’art
contemporain de BordeauxS © Q Tate Frédé
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1.
Activer la double
identité du Capc,
musée de France
et centre d’art
contemporain
d’intérêt national
Montage de l’exposition Absalon Absalon, 2021. Photo : Frédéric DevalAn
ne
.
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s.
p. 37 p. 36
En 2020, le Capc s’engage dans une demande de labellisation « Centre d’art contemporain d’intérêt national » auprès du Minis-
tère de la Culture obtenue en janvier 2021. Première institution française à obtenir le double label Musée de France (2002) et Centre d’art contemporain d’intérêt national, le Capc entend par ce biais rendre visible et valoriser le lien organique entre la mis- sion de production et d’expérimentation d’une part, d’acquisition et de conservation de l’autre, qui est au cœur de son ADN.
Ce double label constitue une opportunité nouvelle d’articuler création (art d’aujourd’hui) et patrimoine (d’hier et de demain). Un musée se définit en partie par la présence d’une collection enca- drée par la Loi Musée alors qu’un centre d’art s’identifie dans ses missions de soutien à la production artistique et à l’expérimenta- tion. La rencontre de ces différentes missions permet de penser une écologie de la création qui constitue la singularité du Capc depuis presque un demi-siècle.
Le PSC 2022-2026 entend rendre lisible, valoriser et développer cette singularité qui est une richesse au quotidien, permettant d’articuler le temps long nécessaire à la constitution d’une collec- tion avec le temps plus court et évènementiel des expositions temporaires. La collection, vient apporter un ancrage historique aux propositions de la génération actuelle, présentées lors des expositions temporaires. A l’inverse, une nouvelle génération d’artistes va permettre une relecture de la collection au regard des circonstances historiques qui ont façonné sa constitution et sa réception.
Malachi Farrell,
The shops are closed
, 1998.
Exposition
Le Tour du jour en quatre-vingts mondes
, Capc musée d’art contemporain de Bordeaux, 15.12.2020-23.10.2022. Photo : Arthur Péquin: approche de la
atre-vingts mondes, p. 39 p. 38
1.1 Le Capc musée : pour une approche de la
collection qui décentre le regard
Inventer de nouvelles approches
de présentation de la collection
Tout musée hérite d’une histoire et d’un en-
semble de normes et de partis pris historiques,
scientifiques et visuels qu’il s’agit d’interroger à
l’aune des enjeux contemporains. La collection
du Capc, à l’instar de la plupart des collections
européennes, se construit et se développe sur
un socle masculin, européen, et plus largement
occidental, alors même que l’histoire de la Ville
de Bordeaux ancre sa trajectoire commerciale
et culturelle vers l’Afrique, l’Asie et les Amériques
depuis le XVIIe siècle. En termes statistiques, la
collection du Capc est ainsi à 87 % masculine et
à 92 % européenne et nord-américaine. Cet état
de fait rend désormais essentiel la nécessité
de porter un regard renouvelé sur les collec-
tions publiques, et de proposer d’autres récits
de l’histoire de l’art, moins eurocentrés et plus
ouverts à l’incroyable richesse et diversité de
la création d’hier et d’aujourd’hui.
Propositions d’actions concrètes
• Le nouveau dépôt du Cnap, Centre
national des arts plastiques, un enjeu
majeur pour ouvrir la collection à la
diversité
Dans la mesure où il n’est pas envisageable
que les acquisitions à venir comblent les
insuffisances en termes de diversité, le
choix a été fait début 2020 de se
rapprocher du Cnap (Centre national des
arts plastiques) qui gère le Fnac (Fonds
national d’art contemporain), créé en 1793
et riche de plus de 100 000 œuvres. La
collaboration entre le Capc et le Cnap est
historique, avec presque 500 œuvres
déposées au fil du temps et toujours en
dépôt à l’heure actuelle pour la plupart. En
dialogue étroit avec les équipes
scientifiques du Cnap, le Capc a fait
déposer en octobre 2020 (dépôt long de
cinq ans renouvelables) 106 œuvres de 76
artistes, dont 76% sont des artistes
originaires de pays extra occidentaux (58
% d’Afrique, 34 % d’Amérique centrale et
du Sud, 8 % d’Asie et d’Inde) et 48 %
d’artistes femmes. S’il ne s’agit
aucunement d’assigner chaque démarche
artistique singulière à un déterminisme
géographique ou de genre, ce nouveau
dépôt va permettre dans les années à
venir d’alimenter les Récits de collection
avec un fonds plus hétérogène et ouvert à
la diversité.
• Rendre accessible aux publics la
dimension archive, recherche et
restauration de la collection
A ce premier récit s’ajoutera le récit de vie
de la collection. Cette approche,
complémentaire de la première, plus liée
aux métiers de la conservation et à la
matériologie des œuvres, permettra au
public d’accéder aux « coulisses » d’une
œuvre, de sa production à sa conservation.
Dans le parcours collection, des
salles « étude de cas » augmenteront la
connaissance et la réception de l’œuvre
par la présentation d’archives diverses
permettant de contextualiser sa
production (aussi bien matérielle que
politique) ou de mettre en avant le travail
de restauration en cours.
Depuis des années, le Capc s’enrichit en
effet des données essentielles à la
conservation des œuvres produites puis
acquises pour sa collection. Les projets de
restauration portés par le Capc,
conformes à l’expertise scientifique de
l’Etat et réalisés par des conservateurs-
Vue de l’exposition Le Tour du jour en quatre-vingts mondes,
Capc musée d’art contemporain de Bordeaux, 15.12.2020-23.10.2022. Photo : Arthur Péquinn situ
p. 41 p. 40
Définir une politique
d’acquisition qui s’enrichit
des productions menées in situ
Il est d’usage de dire que la collection du Capc
est une chambre d’enregistrement des aven-
tures menées avec les artistes, notamment
par les productions magistrales dans la nef,
mais cette assertion est malheureusement
en partie erronée. Un manque d’anticipation
entre le moment de la production et celui de
l’acquisition, mais aussi - et surtout - des bud-
gets insuffisants (55 000€ annuel en moyenne
sur les dix dernières années) n’ont pas permis
l’acquisition de plusieurs générations d’artistes
émergents alors même qu’ils sont par la suite
devenus des artistes de référence. De ce fait,
la collection ne reflète pas assez l’incroyable
diversité et force des propositions artistiques
menées tout au long de son histoire.
Il s’agira autant que possible que les futures
acquisitions puissent être pensées en amont et
en concertation avec les artistes construisant
leurs projets au cœur du Capc. Le processus
d’acquisition s’inscrira désormais dans un temps
long impliquant l’équipe du centre collection
dès les premiers dialogues avec les artistes
pour qu’elle prenne part au plus tôt à l’histoire
conceptuelle et matérielle de la production de
l’œuvre. Ces collaborations ainsi repensées per -
mettent d’anticiper et de fonder les négociations
d’acquisitions des œuvres sur des protocoles
de leur conservation. En impliquant le centre
Collection dans le processus de production, les
fondations des négociations en vue des acqui-
sitions sont également anticipées (notamment
en termes de protocoles et de conservation des
œuvres). Ce processus favorise de nouvelles
synergies entre création et patrimoine, au cœur
du double label.
Propositions d’actions
concrètes
• Tendre à consolider un budget
d’acquisition de 100 000€ par an.
• Repenser le processus d’acquisition
bien en amont de la production.
• Reprendre (et adapter aux nouvelles
technologies) l’opération Ticket
mécène® qui grâce à une contribution
exceptionnelle des visiteurs du Capc
permettait l’acquisition d’œuvres
d’artistes émergents.
• Inclure dans le budget d’acquisition
une somme réservée pour le projet les
Nouveaux Acquéreurs (Cf - 2 le Capc
polyphonique et collaboratif page 63).
• Créer des logiques d’acquisition en
lien avec la Résidence Les Furtifs.
restaurateurs habilités par le Service des
Musées de France, sont témoins de
l’extraordinaire mutation des supports et
des techniques ayant élargi le champ des
possibles en matière de création
contemporaine. Si l’exposition est la
première rencontre entre l’œuvre et le
public, le partage et la diffusion des savoir-
faire en matière de conservation et de
restauration des collections constitue une
nouvelle opportunité d’échanges et de
compréhension.
La vie de la collection sera vidéo-
documentée afin de communiquer sur les
différentes étapes de restauration dont
l’œuvre « en chantier » sera le sujet.
L’accent sera mis non seulement sur le
travail effectué, la valorisation des métiers
autour de la conservation-restauration
mais également sur la possibilité pour les
personnes visitant le Capc d’assister à ce
processus.
Conservation et restauration,
un enjeu sur les réserves
La question des réserves
Avec 95 % des œuvres conservées en réserve,
la sécurité et sûreté au service de la patrimo-
nialisation de la collection montre à quel point
l’enjeu sur les lieux de conservation est primor-
dial. La valeur des œuvres conservées dans
nos réserves est à réévaluer, ce qui sera un des
objectifs fixé à court terme. A titre d’exemple
de valeur patrimoniale, trois œuvres historiques
de Daniel Buren, dépassent, à elles seules, les
3 250 000 euros. Conformément aux priorités
du ministère de la Culture, un Plan de Sauve-
garde des Biens Culturels conservés dans nos
réserves est en cours de rédaction. Plusieurs
chantiers sont donc à planifier afin de prévenir
et contrôler les risques de dégradations sur les
collections.
Plusieurs problématiques existent sur les ré-
serves, que ce soit dans celles internes au Capc
(500 m²) ou dans celles externes au Haillan
(825 m²) :
· Améliorer les conditions de stockage et
les performances techniques du bâtiment est
un premier axe à programmer avec prioritaire-
ment une action contre l’empoussièrement des
collections. Une réflexion est aussi à mener sur
l’isolation du plafond de la réserve interne dont
le flocage est très pulvérulent et sur la proximité
de l’atelier menuiserie qui génère une pollution
non négligeable de l’air. À noter également,
le vieillissement du mobilier employé pour le
stockage qui ne suit pas l’accroissement des
collections et qui n’est plus adapté aux particu-
larités physiques des typologies de collection
et l’absence d’engin de levage et de personnels
qualifiés aux mouvements des œuvres en ré-
serve.
Clémence de La Tour du Pin,
Host,
2021. Les flacons de verre ont été réalisés avec Production
Ateliers du faire - Fondation d’entreprise Martell, 2021. Photo : Thomas Lanne.SpazioA, Pistoia. 2
équin Arthur P 2021. Photo
U #
p. 43 p. 42
· Quasi-saturation des espaces de ré-
serves : le stockage est assuré mais la gestion
des œuvres est compromise par le manque
d’espace et de moyens humains pour assu-
rer l’ensemble des opérations de gestion de la
collection. La politique d’acquisition prévoit un
taux d’accroissement des collections qui, avec
la saturation actuelle des espaces de stockage
des réserves, ne permettra plus d’assurer en
toute sécurité la conservation et le respect de la
chaîne opératoire de gestion des entrées et des
sorties des œuvres. L’aménagement d’une zone
de quarantaine est une nécessité qui fait, par
ailleurs, écho aux récentes recommandations
de l’Icom (International council of museums) sur
la manière de gérer la conservation en situation
d’urgence et de crise sanitaire.
· Zone de transit et absence de zone de
quarantaine : en l’absence de zone de qua-
rantaine, toute œuvre en prêt séjourne dans
la zone de transit qui est potentiellement une
source d’infestation pour toutes les œuvres
de la collection. En fonction des projets, de
20 à plus de 250 œuvres peuvent être stoc-
kées temporairement en zone de transit sur
une surface d’environ 90 m². Les mouvements
incessants d’œuvres et de personnes durant les
phases de montage et démontage des exposi-
tions sont un facteur de risque non négligeable.
Les Chantiers de restauration
En premier lieu, il s’agira de finir les restaurations
inscrites dans le plan pluriannuel de restauration
2017-2020 avec les restaurations presque
abouties des œuvres de Wim Delvoye et
Suzanna Solano et celle encore à venir de
l’œuvre de Wolfgang Laib, techniquement
complexe. Il s’agira par la suite d’établir un
nouveau plan pluriannuel qui prenne en compte
les dernières altérations constatées mettant en
péril l’intention ou l’intégrité de l’œuvre.
Développer les liens avec des groupes de tra-
vail internationaux afin de partager de bonnes
pratiques et positionner le Capc dans le champ
prospectif de la conservation (problématiques
des nouveaux matériaux et nouvelles tech-
niques / Journées d’études ou colloques de
l’inp, de l’Incca, de la SFIIC, du Reina Sofia…)
Et surtout, développer et s’appuyer sur les re-
cherches en cours dans différentes institutions
afin de permettre au Capc de questionner la
gestion de sa collection et d’interroger de fait
la pérennité de ses œuvres.
Propositions d’actions
concrètes
• Actualiser la valeur patrimoniale de la
collection.
• Améliorer l’aménagement des
réserves en commandant une mission
d‘évaluation auprès du Centre de
recherche et de restauration des
Musées de France.
• Finaliser le Plan de Sauvegarde des
Biens Culturels.
• Anticiper la saturation des réserves à
échéance 2025.
Sol (pour Clarice), 2021. Produit par Residenza LeNove & BottegaNove. Courtesy Arcade, Londres & Bruxelles et SpazioA, Pistoia. Vue de l’exposition Chiara Camoni, Deux soeurs, Capc musée d’art contemporain de Bordeaux, 24.06.2021-03.10.2021. Photo : Arthur Péquinp. 45 p. 44
Projet structurant
Les Récits de collection
Historiquement, le Capc a toujours présenté sa collection de manière ponctuelle et non permanente. Dans les années à venir, les expositions de collection seront présentées de manière permanente avec un nouvel accrochage tous les 12/18 mois. Elles seront pensées comme un pro- gramme à part entière. Les Récits de collection, prennent pour postulat que la constitution d’une collection est toujours biaisée, que celle-ci est faite de manques, et que c’est à partir de ces manques et ces biais qu’il est possible de raconter des histoires, et pas seulement par la présence des œuvres « déjà-là ». Ainsi, d’autres collections pourront rentrer en dia- logue avec la collection du Capc, ou des artistes contemporains pourront être invités à s’immiscer dans les présentations de la collection.
Ce programme fait le constat qu’il est désormais essentiel de porter un regard renouvelé sur les collections publiques en lien avec les circons- tances historiques qui ont façonné leur constitution et leur réception. La mission que se donne les Récits de collection est donc celle-ci : inscrire la collection du Capc dans l’écriture d’une dramaturgie critique de l’histoire de l’art.
Dominique Ghesquière, Vagues ; Vivian Suter, Sans titre, VIS 07 ; Sans titre, VIS 05 ; Sans titre, VS2 000035 ; Sans titre, VIS 25 ; Sans titre, VS2 000033. Toutes, dépôt du Centre national des arts plastiques. Vue de l’exposition Le Tour du jour en quatre-vingts mondes, Capc musée d’art contemporain de Bordeaux, 15.12.2020-23.10.2022. Photo : Arthur Péquin‘Xne9p10g
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p. 47 p. 46
1.2 Le Capc, Centre d’art contemporain d’intérêt
national : un laboratoire de formes et de
pratiques
Fort de son double label et de ses cinquante
années de programmation d’expositions, de
performances et autres interventions d’artistes,
le Capc entre dans une phase de son existence
qui est à la fois celle de la maturité mais qui doit
aussi faire la part belle au bouillonnement de
l’expérimentation. Pour les années à venir, le
Capc souhaite mettre en place une programma-
tion d’expositions diverses, entre rétrospectives
« augmentées » (faisant le pont entre figures ma-
jeures et méconnues de l’art et artistes contem-
porains), expositions-situations (jouant de la
nef comme espace fictionnel), et des formats
plus classiques d’expositions historiques et
de présentations solos (notamment d’artistes
émergents). Enfin, il s’agira, dans les années qui
viennent, de faire vivre le Capc au pouls d’une
programmation live (musique, performance,
poésie, mode et discussions) ambitieuse et
excitante qui doit permettre aux bordelaises et
bordelais, aux françaises et français, amatrices
et amateurs d’art ou non, et aux profession-
nelles et professionnels de l’art à l’international,
d’identifier le Capc comme un lieu de création
à part entière, suscitant la curiosité, la surprise
et le débat. Dans la recherche d’un équilibre
parfait et d’un dialogue fructueux entre le local,
le national et l’international, il sera question
de donner une place primordiale aux artistes
voisines et voisins du Capc, tout en cherchant à
collaborer et co-produire des événements ainsi
que des expositions avec des organisations
internationales.
Développer une programmation
d’expositions qui embrasse
la pluralité du monde
Le Capc a toujours eu à cœur de rendre compte
de la richesse de la création contemporaine. Il
s’agira dans les années à venir de privilégier la
polyphonie plutôt que l’autorité d’une voix unique
et de constituer des communautés dans et hors
l’institution. Cela se traduira notamment par
l’invitation faite à des commissaires extérieurs
à développer leurs projets au Capc, selon les
opportunités et nécessités de la programmation
et les collaborations fructueuses avec d’autres
partenaires et contextes géographiques. Au-
jourd’hui, une institution artistique telle que le
Capc doit assumer cette position multiple et
s’évertuer à fracturer les manifestations hé-
gémoniques de l’art contemporain, proposer
des récits alternatifs et des positionnements
parfois discordants. Il s’agira aussi de penser
sur un mode rhizomique, en lien constant avec
un écosystème local, national et international
dont les frontières physiques et conceptuelles
ne cessent de s’élargir et de se reconfigurer. Le
projet se nourrit également de la notion de mu-
sée-laboratoire que l’on doit à Georges-Henri Ri-
vière, où la recherche et l’expérimentation sont
au centre des méthodes de travail et innervent
non seulement les expositions temporaires,
mais également la collection et la médiation.
Développer une programmation
évènementielle au cœur des
enjeux sociétaux
En tant qu’institution artistique dont le cœur
de métier concerne le contemporain, le Capc,
en compagnie des artistes, se fait l’écho d’en-
jeux sociétaux. Ces questionnements actuels
trouvent un point d’ancrage dans l’Entrepôt Lai-
né, qui, avec son histoire coloniale forte, inspire
de plus en plus les artistes invités à produire
des œuvres ou des expositions en résonance
avec cette mémoire. Histoire coloniale mais
également artistique, avec une présence de la
performance et du spectacle vivant avec les
années Sigma dont le Capc reste un témoin
privilégié. Enfin, le Capc accompagne et donne
une visibilité aux nombreux questionnements
des créateurs contemporains sur l’évolution de
notre société moderne, se posant en réceptacle
bienveillant et ouvert d’œuvres d’art sous toutes
leurs formes qui permettent d’apporter des
éclairages incisifs, décalés ou solennels sur des
notions qui nous taraudent actuellement. Invités
à proposer des formes plastiques statiques, des
performances, des lectures, des événements
interactifs entre autres, le Capc se fait l’écho
de notre monde par le prisme des regards et
des interventions d’artistes. Par le biais d’une
programmation événementielle invitant des
personnalités du monde artistique et universi-
taire internationales, le Capc entend être une
plateforme de discussion et de débat de la vie
culturelle bordelaise et internationale.
Soutenir la création émergente
Afin de soutenir la création émergente tant au
niveau local que national et international, il sera
d’abord question d’établir des liens plus resser-
rés avec les Ecoles d’art, et d’abord avec l’Ebabx
et ses étudiants qui doivent pouvoir trouver
au Capc opportunités, soutiens et conseils.
Il sera aussi question de mettre à disposition
la bibliothèque du Capc pour la communauté
d’artistes bordelais émergents afin de s’en servir
comme lieu de réunion et d’échange ainsi que de
recherche (mettant à disposition les archives,
les livres de la bibliothèque, et les ressources
humaines du Capc pour des échanges ponc-
tuels / conseils). Au niveau national et interna-
tional, il sera question de soutenir la création
émergente par le biais d’expositions mais aussi
du nouveau programme Vidéodrame, qui repla-
cera l’art vidéo au cœur de la programmation du
Capc au rythme d’une vidéo par mois présentée
dans les galeries Arnozan. Ce rythme permettra
de montrer douze artistes par an dans ces es-
paces. L’équipe sera proactive dans la recherche
de partenariats avec d’autres structures na-
tionales et internationales afin de coproduire
et diffuser des œuvres vidéo et performatives
d’artistes émergents. Enfin, la programmation
de l’Académie des Mutantes (cf projet structu-
rant page 51) fera également la part belle à la
création émergente.
Vue de l’exposition
Le Club du Poisson-Lune
, Capc musée d’art contemporain de Bordeaux,
04.11.2021–27.03.2022. Photo : Arthur Péquin‘1c0c
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Développer les logiques de
productions in situ
Le Capc a une capacité importante de produc-
tion en interne, rare au sein des institutions
françaises d’art contemporain. Avec ses ateliers
de plus de 400 m², et un studio image et son
adapté aux évolutions numériques, l’équipe du
Capc est en capacité matérielle et humaine de
répondre au mieux aux artistes invités dans une
démarche collaborative, portée par un noyau de
techniciens permanents qui est consolidé au gré
des projets par des collaborations extérieures.
Cet atelier est un atout important en termes de
réactivité et de capacité à produire des projets
ambitieux et techniquement complexes. Cela
permet également une bonne maîtrise des coûts
et une approche durable (réutilisation de maté-
riaux, de cimaises d’une exposition à une autre
par exemple). La grande nef de 2 000 m² est à
la fois un lieu de fantasme pour de nombreux
artistes, et un espace de confrontation à sa
propre pratique, un passage important dans le
développement d’une carrière artistique. Cette
logique de production sur site, faisant à la fois
appel à l’écosystème local par la fourniture de
matières premières et de savoir-faire tout en
puisant dans la richesse iconographique de l’ar -
tiste, est une des forces du Capc, qu’il convient
de prolonger et d’amplifier.
La création à l’automne 2020 d’un appartement
pour des résidences crée une opportunité sup-
plémentaire qui va permettre aux artistes de
produire in situ sur des périodes plus longues
des pans entiers de leur exposition, en lien avec
des entreprises ou structures locales.
Concevoir une politique
éditoriale qui augmente la
connaissance des œuvres
Depuis sa création, le Capc développe une
politique éditoriale soutenue, principalement
dédiée aux expositions. À l’instar de la program-
mation évènementielle, le livre apparaît comme
un prolongement et un outil essentiel d’appro-
fondissement de la connaissance et d’enrichis-
sement du regard ; un moyen d’appréhender le
travail artistique sous un angle à la fois critique,
poétique et scientifique ; un vecteur de sens
destiné à construire la mémoire de l’institution.
Proposant des textes de contributeurs invités
au rayonnement international qui analysent le
travail d’une ou un artiste ou une thématique
spécifique, mais aussi des esquisses, plans,
ou photographies complémentaires, ces do-
cuments accompagnent les productions in situ
et permettent au visiteur de poursuivre sa dé-
couverte d’un travail ou d’un sujet, à travers des
objets ludiques et/ou des textes de recherche.
En complément des publications associées
aux expositions, deux nouvelles séries sont à
l’étude (en version papier ou numérique) : la série
Hyperbole, dossiers associés au programme du
même nom permettant la présentation « aug-
mentée » d’une œuvre de la collection du Capc
au cœur des expositions Récits de collection et
la série Oracle, publications en collaboration
avec l’Ebabx de textes d’artistes majeurs tra-
duits en français lors d’ateliers collectifs avec
les étudiants.
Rendre publiques les archives
de manière innovante
Le Capc conserve un ensemble riche d’archives
visuelles, sonores et vidéographiques que nous
souhaitons dans les années à venir rendre ac-
cessibles au public sous différentes formes.
Comment raconter une histoire passée en la
rendant vivante et tangible ? Comment retracer
les moments marquants de l’histoire du Capc à
travers ses archives ? Au sein des expositions
et de manière dématérialisée, des dispositifs de
consultation de ces archives accompagneront la
dimension expérimentale des nouvelles produc-
tions. C’est ainsi par le biais de formats à la fois
documentaires et ludiques que se renforcera la
visibilité de l’histoire du Capc, dans un dialogue
entre le contexte local et des récits transnatio-
naux. Ce projet d’activation des archives doit
être précédé d’un état des lieux réalisé par un
ou une archiviste professionnelle. Un parte-
nariat est envisagé en ce sens avec l’INHA et
la direction archives de Bordeaux Métropole.
Accompagner les nouveaux
usages et relations aux publics
Les espaces du Capc permettent de penser
des expositions aux typologies différentes, de
l’expérience de la monumentalité à des face-
à-face avec des œuvres de l’ordre de l’intime.
Si le Capc peut être vécu comme un musée
dans le sens classique du terme (parcours si-
lencieux), il faut penser les différents modes
d’existence des publics en son sein, car ses
espaces sont aussi des plateformes modulables
où il est possible de respirer et se perdre, afin de
laisser place à la déambulation, à la rencontre
fortuite et au dialogue. Dans cet esprit, les dif-
férentes composantes de la programmation
à venir sont pensées comme des rencontres.
Des rencontres qui provoquent des mises en
situation qui hackent l’expérience normative du
« corps au musée » et la temporalité classique
de la visite. Il s’agira de mettre l’accent sur des
pratiques qui appellent à d’autres sens que ce-
lui de la vision, des expositions qui sont elles-
mêmes des organismes vivants, qui bougent
et font bouger, ainsi que de travailler sur des
modes d’attention divers lorsque les exposi-
tions se multiplient et se superposent. La part
belle sera faite à des artistes qui emploient la
performance, travaillent le protocole, la mise
en situation ainsi que le jeu.
Catalogue de l’exposition
Absalon Absalon
. Co édition Capc, Bordeaux et Paraguay, Paris, 2021.
Photo : Mathilde Bertolo.
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Projet structurant
L’Académie des Mutantes
Si « L’Académie des Mutantes » sonne comme le titre du prochain X-men, il est d’abord une référence à l’Université des Mutants, lieu d’échange et d’apprentissage fondé par le poète et homme politique Léopold Sé- dar Senghor en 1976, sur l’île de Gorée, au Sénégal. L’ambition de cette université, qui a été dissoute en 2006, était de penser des manières de vivre autrement, ensemble. Ce programme hybride a pour vocation de penser le monde contemporain par le biais de l’art, et notamment ses formes les plus éphémères, performatives et mutantes : de la musique à la danse en passant par la littérature, la mode, la théorie, le jeu de rôle et le théâtre. En dédiant un programme spécifique à ces typologies de pratiques, le Capc entend renouer avec un des éléments fondateurs de l’énergie de l’Entrepôt Lainé, notamment par le biais du festival Sigma. Dans les années à venir, L’Académie des Mutantes pourra prendre la forme de sessions d’écoutes, séries de performances, défilés de collec- tions, concerts, symposium, workshops, groupes de lectures, sessions de jeux et plus encore. La temporalité des manifestations de L’Acadé- mie des Mutantes est également changeante et pourra durer aussi bien une nuit qu’occuper des espaces du Capc sur plusieurs semaines.
Lukas Hofmann, Into the Unknown, 2021, Photo : Iryna Drahun-
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2.
Le Capc
polyphonique
et collaboratif
Performance Cor à corps de Mona Varichon, 2021. Photo : Arthur Péquino)
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La polyphonie est l’idée d’un chœur dans lequel différentes voix se font entendre et finissent par former un tout, la collaboration est un espace dans lequel nous pouvons produire quelque chose ensemble. Penser et développer une vision polyphonique et col- laborative au Capc impose de s’interroger sur les personnes en- tendues et celles qui ne le sont pas.
Sommes-nous capables d’écouter et de donner la parole à diffé- rentes voix au sein d’une institution artistique ? Qui sont les per- sonnes que nous écoutons déjà : les publics, les artistes, les théo- riciens, les critiques d’arts, les différents services du musée ? Qui sont les personnes que nous aimerions entendre plus ? Sans ja- mais déroger à l’exigence artistique, comment faire en sorte que toutes ces voix aient une place dans nos actions et nos modalités de fonctionnement ? Comment faire en sorte qu’elles soient ac- tives et non passives ? Quels outils mettre en place pour écouter ces voix ? Comment développer des logiques de construction qui n’imposent pas mais au contraire sont collaboratives ? Par défini- tion, cette approche doit constamment se nourrir des rencontres et échanges au fil de l’eau mais nous esquissons ci-après les en- jeux, outils et propositions concrètes que pourrait engager un tel changement de posture.
Cellula
(Cellule en latin), espace de médiation autonome au sein de l’exposition
Absalon Absalon
, Capc musée d’art contemporain de Bordeaux, 24.06.2021-02.01.2022. Photo : Frédéric Devalp. 57 p. 56
2.1 Constituer des communautés de pensées
Dans un monde complexe et proliférant, l’équipe
d’un lieu culturel ne peut embrasser à elle seule
l’hétérogénéité géographique et conceptuelle
de la production artistique actuelle. A l’autorité
d’une voix unique qui a longtemps prévalu dans
les structures culturelles, nous privilégions celle
de constituer des communautés diverses qui
seront autant de cercles de pensées aptes à
rendre compte de la richesse de la création
contemporaine. Une institution artistique au-
jourd’hui peut et doit assumer cette position
multiple, proposer des récits alternatifs et des
positionnements parfois discordants.
Il s’agira aussi de penser sur un mode rhizo-
mique : l’amplification d’un réseau de parte-
naires, qu’ils viennent ou non du champ artis-
tique, permettra de démultiplier les approches et
de toucher de nouvelles personnes. La polypho-
nie doit être palpable d’abord d’un point du vue
programmatique : par l’invitation régulièrement
faite à des personnalités extérieures, qu’elles
soient françaises ou étrangères, à concevoir
des expositions ; par une plus grande place
accordée à l’artiste dans la structure même du
projet, comme ce sera le cas avec la résidence
les Furtifs, et par la diversité des partenariats à
développer, du plus local au plus international,
mais toujours en lien et en résonance avec le
projet et la parole de l’artiste. Dans l’institution,
la première des communautés est celle des
équipes, où chacun doit pouvoir trouver, dans
l’exercice de ses missions, un sens et une place
dans le projet commun.
Propositions d’actions
concrètes
• Penser l’institution avec son
entourage proche (Cf Projet
structurant, l’Atelier des communs -
page 59).
• S’associer à des personnalités
extérieures françaises et
internationales pour diversifier les
points de vue et les géographies de
l’art.
• Créer des liens et rebonds avec
d’autres champs disciplinaires
(L’Académie des Mutantes, cf Projet
Structurant - page 51)).
• Activer le nouveau comité de suivi
pour qu’il soit un lieu de pensée
stratégique du Capc. Le comité de
suivi se réunira une ou deux fois par
an. Il s’est réuni pour la première fois le
18 novembre 2021
• Mettre en place des partenariats pour
faciliter scientifiquement et
financièrement le déploiement des
projets sur le territoire.
Les Furtifs. Mona Varichon, en résidence au Capc, présente son travail à l’équipe du musée. Le 10.11.2021. Photo : Frédéric Devaldez-vous pour
man lors du montage de l'exposition Le Club du Poisson-Lune, 2021. Photo : Frédéric Deval p. 59
Les scénographes Deborah Bowmann lors du montage de l’exposition Le Club du Poisson-Lune, 2021. Photo : Frédéric Deval
Projet structurant
L’Atelier des communs : un rendez-vous pour
penser ensemble l’institution
Artistes, partenaires, étudiants, commerçants du quartier, travailleurs sociaux ou éducatifs, ou tout simplement habitants de la ville, seront invités à des journées de débats et d’ateliers participatifs pour imagi- ner ensemble le Capc de demain. Il s’agira, tous les ans à l’automne, de créer une nouvelle forme de dialogue où de non-professionnels de l’art discutent, échangent et élaborent des propositions avec l’équipe du Capc. La participation constitue un moyen de répondre à l’égalité d’ac- cès à la culture, de reconnaître les droits culturels et d’être au service du développement de la société. Plus largement, il est question pour le Capc d’être une maison commune, perméable à la société civile. Cette démarche constitue un levier susceptible de faire tomber certaines bar- rières et peut permettre une meilleure appropriation de l’institution sur le territoire. L’ambition étant, à court, moyen et long terme, que L’Atelier des communs produise des conséquences concrètes sur l’institution, sa posture, ses modes de relations aux publics et ses espaces d’accueil. Par définition, une démarche participative ne peut être définie à ce stade, ni dans son contenu ni dans son résultat. Il conviendra de laisser une place à l’imprévu, au lâcher prise et même à l’erreur. Cette démarche néces- site également en amont des formations spécifiques pour les équipes afin d’acquérir les outils méthodologiques d’un projet participatif.rain de Bordeaux, le 1512.2021. Photo :
p. 61 p. 60
2.2 Restituer et démultiplier les voix
Restituer les voix du Capc c’est faire entendre
la nature polyphonique d’une institution comme
le Capc. De nombreux projets qui y sont me-
nés ne semblent pas suffisamment être mis en
valeur, car traditionnellement perçus comme
moins importants que ne l’est l’exposition ou
la parole de l’artiste. Pour déhiérarchiser les
voix qui s’expriment au quotidien au Capc, un
travail de communication sera mené pour faire
entendre ces différentes personnes qui inter-
viennent et participent activement à la vie du
Capc. Au sein de la communication interne et
de la communication externe et avec l’appui du
travail de traitement des archives, des métiers
mal identifiés ou méconnus, des collaborations,
des partenariats pourront ainsi être valorisés.
Démultiplier les voix est l’occasion de réunir et
d’inviter différents actrices et acteurs, interlo-
cutrices et interlocuteurs pour associer leurs
savoirs, leurs singularités et leurs identités.
Ces différentes personnes réunies ensemble
peuvent nourrir et faire éclore un projet com-
mun. A travers ce partage d’expérience, il est
possible de réinventer une nouvelle relation à
la connaissance plus horizontale et de puiser
à travers les spécificités de chacune et chacun
différentes sources et origines du savoir.
Propositions d’actions
concrètes
• Inventer des projets collaboratifs à
partir de la collection
La démultiplication des voix prendra la
forme concrète d’un projet collaboratif
mené autour de la collection du Capc. Il
s’agirait de donner la possibilité à des
groupes constitués et identifiés du
territoire bordelais de monter une
exposition et/ou une médiation (visite
guidée, objet éditorial) autour d’une ou
d’œuvres de la collection en opérant une
relecture à la lumière de l’époque
contemporaine. Ce projet serait mené
avec des membres de l’équipe du Capc,
des associations ou encore des groupes
scolaires mais aussi avec des artistes, des
restaurateurs, des chercheurs, …
• Créer à voix multiples un événement
culturel
Dans la même veine, il pourrait être
imaginé à partir de la programmation du
Capc, un événement porté par un groupe
qui associe plusieurs voix qui viennent à la
fois du musée et en dehors de celui-ci.
Les Furtifs. Louise Siffert, Nothing ends. Performance au Capc musée d’art contemporain de Bordeaux, le 15.12.2021. Photo :p. 63 Les Nouveaux acquéreurs. Visite de l’atelier de Masahide Otani, le 05.11.2021.
Projet structurant
Les Nouveaux Acquéreurs
Les Nouveaux Acquéreurs propose qu’un groupe de personnes non ex- pertes en art contemporain puisse faire l’expérience d’entrer dans les ins- tances de décision du Capc et proposer l’acquisition d’une œuvre d’une ou d’un artiste vivant à Bordeaux. Le Capc collabore avec l’École de la 2ème chance de Bordeaux pour ce nouveau dispositif sur le premier semestre 2021/2022. Sur la base du volontariat, un groupe de jeunes adultes se trouvant en situation de « décrochage » et inscrits dans un parcours d’in- sertion professionnelle, s’engage dans cette aventure des Nouveaux ac- quéreurs. Le projet s’appuie sur un protocole permettant à chaque jeune de participer à toutes les étapes de l’acquisition d’une œuvre au Capc : la découverte de la création actuelle, les enjeux de la collection du Capc et la rencontre avec des artistes dans leur atelier. Après plusieurs semaines de séances hebdomadaires de travail, le groupe défendra l’œuvre qu’il aura choisie devant le Comité de suivi du Capc pour qu’elle soit acquise et qu’elle entre dans la collection du Capc. Cette œuvre, au-delà de ses qua- lités intrinsèques, constitue un témoignage de l’expérience vécue par le groupe. Ce projet constitue une expérience d’émancipation et d’appren- tissage à la prise de décision, ainsi qu’un laboratoire visant à décloisonner l’institution et ses règles de pouvoir, tout en visant à créer des ouvertures et liens dynamiques vers la société et le territoire dans lequel elle s’ins- crit.x, le 0112.2021.
musée
d'art
contemporain
de
Bordeau
p. 65 p. 64
2.3 Décloisonner les voix
Le Capc s’engage avec ce nouveau Psc dans une
démarche globale qui, pour rester cohérente
et comprise, doit s’initier dans l’ensemble des
aspects de sa vie et de son fonctionnement. S’il
est question de changer le prisme par lequel
la relation aux publics est envisagée alors les
méthodes collectives de travail et de solidarité à
l’œuvre au sein même de l’équipe doivent aussi
être interrogées pour privilégier la participa-
tion, la contribution et l’intelligence collective.
L’équipe dirigeante du Capc gère au quotidien
ce que l’on appelle le management opérationnel,
l’ensemble des outils de gestion des ressources
humaines (évolution de carrière, formation) sont
quant à eux modélisés et harmonisés à l’échelle
de la Ville et de Bordeaux Métropole.
Le Capc souhaite mettre en œuvre, dans la limite
de ses prérogatives, les mêmes méthodes de
collaboration, les mêmes modalités d’échanges
transversaux et participatifs aussi bien en in-
terne, qu’avec les artistes, les partenaires, les
publics. La démarche collaborative interne sur
laquelle s’est appuyée l’élaboration de ce Psc
sera prolongée pour introduire tout au long de
l’année des moments de partage et de réflexions
sur l’établissement, son fonctionnement et l’éva-
luation de ses activités et méthodes.
Propositions d’actions
concrètes
• Organiser un séminaire annuel interne.
• Traduire collectivement le psc en plan
d’actions annuel et en feuilles de route
de service coconstruites en équipe.
• Créer des temps d’échanges avec
l’équipe en dehors des contraintes
calendaires qui permettent de
coconstruire le projet.
• Imaginer des temps de débriefing et
de propositions d’amélioration au-delà
des points logistiques et
opérationnels.
Cours d’histoire de l’art.
Art une histoire de la violence
par Guillaume Désanges - L’objet humilié au Capc musée d’art contemporain de Bordeaux, le 01.12.2021.
In love scorpio ?,
Hugo Brillet dans l’exposition
Le Club du Poisson-Lune
, 2021. Photo : Arthur Péquin. Cellula (Cellule en latin),
3.
Favoriser la rencontre
avec l’art par
l’éducation artistique
et culturelle tout
au long de la vie et
par des actions de
médiations inclusives
Nuit européenne des musées 2021. Cellula (Cellule en latin),
espace de médiation autonome, le 03.07.2021. Photo : Frédéric DevalHa
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Le Capc est un lieu où l’art est vivant, la pensée est agile et contes- tée, le savoir est en train de se faire. Il est le lieu des débats, des oppositions assumées et des critiques constructives. Dévelop- per des parcours d’éducation artistique et culturelle (EAC) qui ac- compagnent la découverte d’artistes et d’œuvres d’art contem- porain est pour le Capc une manière d’œuvrer à développer l’autonomie des personnes, leur jugement, leur goût et leur sensi- bilité.
Les parcours d’EAC reposeront sur les trois piliers : l’acquisition
de connaissances, un rapport direct aux œuvres, la rencontre avec des artistes et professionnels de la culture, une pratique ar- tistique et culturelle pour encourager la participation de tous à la vie artistique et culturelle.
La médiation artistique et culturelle s’est historiquement fondée sur une relation verticale entre le sachant et celui à qui l’on trans- met. Ce schéma doit être réinterrogé pour donner à chacune et chacun la possibilité d’une expérience singulière et propre, pour garantir une égalité de voix, pour valoriser l’expérience et la sen- sibilité individuelles, et pour favoriser la discussion en s’appuyant sur la participation.
Le rôle de l’équipe du Capc est de proposer un accompagnement libre et volontaire au service de cette autonomie pour donner l’en- vie et le goût de la pratique artistique, de la visite au musée et de la compréhension de l’environnement politique et social.
De fil en aiguille
, atelier dans l’espace de médiation au sein de l’exposition de Caroline Achaintre,
Permanente
, le 25.05.2021. Photo : Frédéric Devalahieux
p. 71 p. 70
3.1 Prendre en compte les publics
dans leur diversité et assumer des priorités
S’adresser à toutes et tous est une mission fon-
damentale du Capc. C’est pourquoi des objectifs
de développement des publics sont définis. Non
pas pour entrer dans une politique du chiffre
mais bien pour que l’institution s’engage dans
un accompagnement qui prend en compte les
situations, les références et les pratiques de
chaque personne.
Les programmes EAC impliqueront une dimen-
sion de parcours (avant, pendant et après) et
auront pour vocation de proposer des outils
adaptés aux différents moments de la vie. Le
Capc souhaite pouvoir respecter des temps
d’appropriation et de formation pour l’ensemble
des parties prenantes à ces projets.
Pour que ces objectifs soient tenables pour
les équipes, la mise en œuvre de ces nouvelles
modalités de travail impose au Capc de se fixer
plusieurs priorités d’action, sans pour autant
que cela ne remette en cause l’objectif à moyen
terme, d’universalité.
La jeunesse,
un enjeu prioritaire
Le rôle des adolescents dans le renouvellement
des expressions artistiques et l’importance de
la culture pour construire leur identité collective
et personnelle doit être un moteur pour les ins-
titutions. Il est primordial de leur donner envie
de franchir les portes du Capc et de s’adapter
à leurs attentes, leurs codes et leurs besoins.
Elèves, étudiants, décrocheurs... les situations
sont hétérogènes et plurielles et c’est donc une
fois de plus l’identité de chacune et chacun qui
doit être prise en compte.
Alors que les pratiques culturelles peuvent re-
vêtir un aspect identitaire dont les motivations
sont le lien et le relationnel, le Capc doit s’inter-
roger sur sa manière de prendre en compte ces
différents usages et ces intérêts. En appui ou
en collaboration avec des acteurs spécialisés,
le Capc peut être moteur de projets spécifiques
autant pour des groupes constitués (hors temps
scolaire) que pour les publics individuels. Un
projet phare d’atelier artistique impliquant de
manière soutenue et régulière des jeunes gens
sera mis en place. Ces collectifs de jeunes pour -
ront prendre part à un projet artistique ambitieux
et coconstruit, s’engager dans des situations de
pratique mais aussi nourrir de leurs propositions
la programmation du Capc.
Les scolaires,
un public à reconquérir
Le développement de la relation avec les sco-
laires, 1er et 2nd degré, est une priorité des années
à venir, la fréquentation des publics scolaires
au Capc étant insuffisante en nombre et en
pourcentage de la fréquentation globale (7500
scolaires en 2019, 6,25 % de la fréquentation
globale).
Grâce au partenariat avec la communauté
éducative et notamment une collaboration
renforcée avec l’Education nationale, le Capc
proposera un programme d’actions et d’accom-
pagnements plus structuré, mettant en avant
de manière explicite la double mission centre
d’art / musée du Capc. Le Capc s’attachera à
proposer des outils qui permettent aux élèves de
s’approprier leur apprentissage et favorisent la
construction collective d’un savoir partagé. L’ac-
compagnement propose des pistes de compré-
hension pour rendre possible une interprétation
propre, encourager l’esprit critique ou construire
un discours collectif. Ces visites et ces outils
cherchent aussi à partager et faire connaître
le fonctionnement d’un musée / centre d’art
et à donner le goût et l’habitude de la visite au
musée. Le Capc investira pleinement son rôle
pédagogique acteur d’une culture humaniste.
En priorité, une offre de visites ainsi que des
outils spécifiques sont conçus en lien avec les
expositions de la collection du Capc, qui consti-
tuent une opportunité de qualité vers laquelle
orienter les enseignants. Ces expositions ont
l’avantage de proposer de riches panoramas
de la création contemporaine, d’aborder de
nombreux sujets esthétiques et sociétaux et
d’être présentées sur des temps longs, pro-
pices à l’élaboration de projets ambitieux de
collaboration.
Propositions d’actions
concrètes
• Créer des ressources pédagogiques
aux formats variés (dont documents
pédagogiques, teasers vidéo, visites
guidées, entretiens filmés, …) pour
chaque proposition artistique.
• Etablir une relation partenariale avec
les enseignants pour, au cours de
rendez-vous réguliers, partager les
outils, concevoir et mettre en œuvre
les collaborations.
• Identifier au sein de l’équipe une
personne référente interlocutrice
privilégiée des enseignants et du
monde de l’éducation facilement
identifiable. Son action est appuyée
par l’intervention de deux enseignants
mis à disposition par l’Education
nationale (pour 1er et 2nd degré).
• Affiner les fichiers et annuaires et
dédier des temps de recherche de
partenariat et de prise de contact.
Cellule
, Workshop d’été avec Milos Xiradakis, 06 07 2021 - 09.07.2021. Photo : Thibault Mahieuxp. 73 p. 72
Les familles,
une offre à construire
La sensibilisation des plus jeunes à la création
contemporaine par notamment un éveil artis-
tique passe par une réflexion sur les pratiques
et les usages en famille. La famille est entendue
comme une visite d’au moins un adulte avec au
moins un enfant. Chaque famille a des motiva-
tions propres dans sa fréquentation du Capc
et c’est à cet ensemble de besoins et d’envies
que le Capc cherchera à répondre.
L’ensemble de ces développements s’appuie
sur des dynamiques intergénérationnelles de
partage et de dialogue au service du contact
avec l’art contemporain.
Les personnes isolées,
un enjeu de solidarité
Les personnes isolées physiquement, sociale-
ment, économiquement seront au cœur d’un en -
semble d’outils et de projets d’accompagnement
construits avec et par elles. En s’inscrivant dans
une dynamique solidaire, le Capc se mettra au
service de partenariats et de collaborations avec
des acteurs locaux et régionaux des champs
social, médical, judiciaire, etc. pour élaborer
des projets spécifiques.
Les outils et méthodes du soin et de l’apprentis -
sage nourrissent les démarches de médiation
coconstruites avec des relais professionnels et
institutionnels. Parmi les personnes identifiées
en situation de fragilité, nous pensons notam-
ment aux personnes en situation de handicap,
d’exclusion sociale, aux personnes LGBTQI+,
aux personnes migrantes, aux personnes sous-
mains de justice.
Propositions d’actions
concrètes
• Proposer des workshops conçus en
partenariat avec des associations du
champ social, médical, judiciaire, ... Les
workshops sont pensés en lien avec la
programmation et sont articulés
autour du travail d’un artiste, pour un
moment privilégié de rencontre, de
pratique et d’échange.
• Renforcer les premiers partenariats
avec France Terre d’Asile et
PromoFemmes et créer d’autres
collaborations et construire d’autres
partenariats.
• Autour de la programmation, organiser
des actions d’échanges et de
pratiques en lien avec les œuvres et
les artistes.
• Pour exemple, en 2022, autour de
l’exposition d’Eva Koťátková, un atelier
avec l’artiste Lou-Andréa Lassalle sera
organisé avec le réseau AIME (Accueil
et Intégration des Migrants et des
Propositions d’actions
concrètes
• Proposer une offre en direction des
familles qui s’adapte à leurs horaires :
ateliers du week-end, ateliers pendant
les vacances.
• S’associer à des structures dédiées
pour imaginer des projets adaptés
(crèches, Maisons d’Assistantes
Maternelles (MAM), relais et acteurs
de la petite enfance à destination des
familles).
• Concevoir des actions spécifiques à
destination des enfants entre 3 et 6
ans.
• Dédier des ateliers de pratique et de
découverte autonomes au cœur
même des expositions qui favoriseront
l’accueil et la participation des familles
(cf projet structurant, les ateliers de
médiation autonome - page 77)
3.2 S’appuyer sur des méthodes inclusives
Les artistes et leurs œuvres nous incitent à
aborder des questions esthétiques mais aussi
intimes, politiques, sociétales, …. C’est de la
pensée de l’artiste et de sa traduction concep-
tuelle ou formelle que les actions d’éducation
artistique et culturelle du Capc se nourriront.
Les méthodes à l’œuvre au sein de l’EAC repo-
seront sur les trois piliers : la connaissance, la
rencontre et la pratique et chercheront à ré-
pondre à des enjeux majeurs pour le Capc :
· Être au service des solidarités à l’œuvre
sur le territoire en privilégiant les actions co-
construites avec des acteurs ou des partenaires
locaux et régionaux.
· Inviter des artistes pour imaginer des temps
de pratique qui s’adressent à tous types de
personnes. Il s’agit en priorité d’artistes de la
région et en résidence au Capc. Les artistes
seront spécifiquement rémunérés pour ces
temps d’intervention et l’équipe du Capc leur
apportera soutien, aide et appui à chaque étape
des projets.
· Utiliser pleinement la double identité du
Capc, à la fois centre d’art et musée. Si la mission
de centre d’art implique des temps de travail
avec des artistes vivants, privilégiant l’expéri-
mentation, la pratique, la participation active,
la mission de musée renvoie aux questions de
patrimonialisation, de contenus scientifiques
notamment en histoire de l’art contemporain
ou en techniques de restauration et conser -
vation des œuvres. Et si la collection du Capc
est un matériau privilégié pour la découverte
et la réflexion sur la création contemporaine,
l’institution muséale et le patrimoine commun ;
la résidence et la production in situ sont l’oppor -
tunité précieuse de la rencontre avec l’artiste,
de la découverte de la démarche artistique, de
l’initiation ou l’approfondissement de la pratique.
Exilés) et proposé à toutes personnes
pour réaliser des costumes mi-
poissons, mi-humains. Le dernier jour
de l’atelier se conclura par une
procession de ce nouveau peuple
d’êtres hybrides à laquelle seront
conviés les familles et amis des
participants. Toujours en marge de
l’exposition d’Eva Koťátková, un projet
Human Library est en cours de
définition avec des associations
sociales et culturelles du Grand Parc
et de Bacalan. Un autre projet avec
l’association PromoFemmes produira
une série de capsules audio et video
en différentes langues intégrant les
éléments disponibles pour le public
pendant la visite de l’exposition d’Eva
Koťátková.p. 75 p. 74
Les méthodes s’appuieront sur
quelques grands principes moteurs :
Rendre lisible
Permettre de voir et comprendre interroge la
manière dont on énonce. A travers l’adresse
orale, la qualité de l’accueil, les textes donnés à
lire, le Capc souhaite rendre intelligible le conte-
nu qu’il propose. Cet effort engage en premier
lieu les actions entreprises par les équipes des
publics, mais elles appellent à une mobilisation
de chaque membre de l’équipe, notamment à
l’accueil, la surveillance, la communication, la
conception et la coordination des projets.
Décloisonner
Pour être perméable aux expériences de ceux
et celles qui l’habitent et le vivent, le Capc ima-
gine des modalités d’accompagnement qui
encouragent le décloisonnement des usages
et l’appropriation des espaces. Faire exister
les visiteurs dans toutes leurs dimensions de
corps et d’âme est un levier de développement
d’une nouvelle relation entre l’institution et les
personnes.
Propositions d’actions
concrètes
• Former les personnels aux approches
participatives et collaboratives et au
respect des droits culturels.
• Au cœur des expositions, dédier des
espaces à une médiation autonome (cf
projet structurant page 77).
• Organiser des visites « autrement », en
faisant appel à une personne qui n’est
pas professionnelle de la visite guidée,
de l’histoire de l’art ou de sa médiation.
Ce sont des moments décalés qui
permettent d’enrichir la discussion par
la multiplicité des points de vue et
participent au développement d’un
regard personnel.
Propositions d’actions
concrètes
• Mettre à disposition des livrets ou des
textes de salle suivant la méthode
Facile A Lire et à Comprendre (Falc).
• Sous-titrer systématiquement toutes
les publications vidéo.
• Traduire en langue des signes les
prises de parole publique (vernissage,
etc.).
Utiliser le numérique au service de la
participation et de l’inclusion
C’est aussi grâce au numérique que le Capc
développe la sensibilisation à l’art contemporain
dans une dynamique participative et inclusive.
Accessible, libre, souple, le numérique amplifie
l’interaction et facilite contribution et partici-
pation tout en permettant une exposition plus
large des œuvres et des artistes.
Favoriser la pratique
Cette participation passe aussi par l’expérimen-
tation et la pratique. Que ce soit pour comprendre
une technique ou pour découvrir un savoir-faire
ou simplement pour le plaisir du faire par soi-
même (et sa capacité émancipatrice), le Capc
privilégie les temps et les espaces de pratiques
avec des artistes.
Propositions d’actions
concrètes
• Créer une zone de dialogue avec les
publics sur les réseaux sociaux (et pas
seulement du partage de contenu).
• Réaliser des capsules vidéo pour
découvrir les métiers du Capc pour
mieux faire comprendre le
fonctionnement et les enjeux de
l’institution artistique et susciter des
vocations.
• Proposer des contenus augmentés
accessibles en ligne ou par QR Code
depuis la salle d’exposition. A
géométrie variable, ils permettent aux
publics de choisir en autonomie le
degré d’information auquel ils
accèdent.
• Concevoir et diffuser des outils sur le
principe avant/pendant/après la
rencontre ou la visite (cf le Capc
dématérialisé page 102).
Propositions d’actions
concrètes
• Renforcer la mise en œuvre d’ateliers
et de workshops. Pensés en lien avec la
programmation, les workshops pour les
enfants/ados durant les vacances
scolaires sont articulés autour du travail
d’un artiste pour des temps privilégiés
de rencontres, de pratiques et
d’échanges. Les workshops sont
également proposés à des associations
du champ social. Outre France Terre
d’Asile et PromoFemmes, de nouvelles
collaborations sont en cours de
construction.
• Proposer, dans le cadre de l’été
culturel, des ateliers d’expérimentation
plastique avec des artistes durant l’été.
Ateliers dans et hors les murs
(notamment dans les quartiers
prioritaires de la politique de la Ville) à
destination des personnes isolées ou
en situation de fragilité.
• Ouvrir l’Atelier du regard à tous les
publics en proposant des temps
d’expérimentation artistique en
fonction de la programmation (familles,
très jeunes publics, en partenariat avec
des structures du champ social, …).
• Utiliser les ateliers autonomes au
cœur même des expositions pour
favoriser la pratique – (cf projet
structurant - page 77).Re) [= [e) = a O) = nr 1) LE ns] © [es ( = =] Lo D S TD
p. 77 Bonjour, Hello, Buenos dias, espace de de médiation autonome autour de l’exposition Le Tour du jour en quatre-vingts mondes, Capc musée d’art contemporain de Bordeaux, 24.06.2021-23.10.2022. Photo : Frédéric Deval
Projet structurant
Les ateliers de médiation autonomes dans les salles
d’expositions
À proximité ou au cœur des expositions, des ateliers pouvant être ex- ploités en autonomie permettent aux familles d’expérimenter librement des concepts ou des techniques en écho aux projets artistiques présen- tés. En complément de la découverte des œuvres au fil de la visite, les visiteuses et les visiteurs sont « déplacés » vers une situation de pra- tique artistique inédite conçue sur le mode du jeu. Chaque proposition est envisagée comme une invitation à prendre part à un atelier dans un temps continu à celui de la visite en opérant une forme de « rebond » pratique à l’exposition en cours. Cette approche s’inspire des pratiques pédagogiques à l’œuvre dans les musées anglosaxons, mais aussi de propositions éducatives notamment développées dans les musées scien- tifiques, qui privilégient le geste et le « faire » à la simple observation.
Des premiers essais ont été faits dans le cadre des expositions Ca- roline Achaintre, Permanente (expérimentations de la technique du tuftage), Absalon Absalon (jeux de construction à l’aide de petites briques) et Le Tour du jour en quatre-vingts mondes (pratique du des- sin avec une contrainte, inspirée par une œuvre de Denis Oppenheim). La réussite de ces premières réalisations encourage le Capc à mettre en œuvre régulièrement des ateliers de ce type, dans une recherche constante de pertinence, de durabilité, d’ergonomie et dans le res- pect des propos et contenus artistiques. Ces espaces ont une forte exigence dans leur conception et leur réalisation et sont particuliè- rement adaptés à l’accueil des familles et aussi en général des per- sonnes pour lesquelles une approche pratique constitue une porte d’entrée privilégiée dans la relation qu’elles peuvent établir avec l’art.PS = es Le = [e) pa [e) = CE cÈ [ail [e) N e Le [es [e] 5 4 Sylvanie Tendron. p. 79 p. 78
3.3 Répondre aux objectifs d’équité territoriale
Le Capc bénéficie d’une importante fréquenta-
tion locale (66 % de sa fréquentation totale en
2019) il est néanmoins fort à parier, même si le
Capc ne possède pas de données chiffrées à ce
sujet, que cette dynamique locale ne bénéficie
pas de la même manière à tous les quartiers de
la Ville. En tant qu’institution culturelle, le Capc
doit être un vecteur de lien social et de solidarité.
Le Capc s’engagera dans une démarche multi-
partenariale aux côtés des acteurs du territoire
pour tisser un maillage étroit de coopérations
pour lutter contre les inégalités territoriales,
économiques, culturelles et sociales.
Propositions d’actions
concrètes
• Systématiser et enrichir les relations
partenariales existantes avec l’association
des centres d’animation de Bordeaux, les
services d’éducation spéciale et de soins à
domicile, le pôle seniors, l’association
Promofemmes, Reg’Art, l’association
cultures du cœur, Le livre vert, France
terre d’asile, la Châtaigneraie centre social
de Pessac, le petit Ermitage centre social
de Léognan, France alzheimer, Oareil, … En
s’appuyant sur la richesse du territoire et
l’intelligence collective, le Capc peut être
partie prenante de projets transversaux,
variés et hétérogènes qui impliquent des
organismes du champ social, du handicap,
de la santé, de l’éducation, de l’insertion,
de la lutte contre l’exclusion ou contre les
discriminations, etc. et, bien sûr, en lien
avec d’autres acteurs culturels.
• Ces collaborations durables permettent
d’augmenter la capacité d’agir, de
démultiplier les possibles en croisant les
regards et en agrégeant connaissances,
expériences et expertises. Ces
partenariats sont aussi l’opportunité
essentielle de travailler avec les publics
concernés, ce qui est la seule garantie de
l’adaptation des actions à leurs besoins et
leurs désirs.
• Mener des « campagnes » de rencontres
et de découvertes à différents moments
de l’année, en fonction des priorités et des
territoires, impliquant le développement
d’outils spécifiques, la prise de contact
avec des structures relais, la participation
régulière à des actions de terrain
coordonnées par la Dgac, etc.
• Analyser les freins à la visite et décliner
des propositions spécifiques pour lever
ces réticences et permettre à chacune et
chacun de se sentir bienvenue au Capc.
Grâce à une attention aux personnes qui
ne sont pas familières des musées ou des
centres d’art, le Capc souhaite participer à
développer de nouveaux usages et de
nouvelles envies.
Tournage d’une Capçule Babel LSF avec Sylvanie Tendron.
Exposition Le Tour du jour en quatre-vingts mondes, 2021. Photo : Mathilde Bertolo< rs) ® = [o] Q
éric Fréd du CapcMusée, 06.12.1991-16.02.1992. Photo
4.
L’artiste
au cœur du projet
Absalon, 1991. Création d’une Cellule pour l’exposition Collection du CapcMusée, 06.12.1991-16.02.1992. Photo : Frédéric DelpechEC
EEE
RTE
Un centre d’art se définit par sa capacité à positionner l’artiste au cœur de son réacteur de travail et à valoriser la production et l’ex- périmentation comme principes de fonctionnement. Au quoti- dien, le Capc s’engage dans des moments stratégiques de la re- cherche des artistes en les accompagnant au plus près de leurs projets. Expositions, collections, événements, résidences, ate- liers de pratiques artistiques, l’artiste doit pouvoir avoir une place centrale physiquement et conceptuellement, à tous les endroits de l’institution. Ces processus de travail sont déjà largement convoqués dans la programmation du Capc, notamment par les expositions dans la nef, mais ce nouveau Psc entend amplifier mais également mieux valoriser la place de l’artiste dans l’institu- tion. Le compagnonnage avec les artistes conduit à des question- nements, à des remises en question des habitudes et même à des évolutions structurelles. Nous élaborons ci-dessous un ensemble de propositions et apports pouvant naître de ces situations parta- gées avec les artistes et les modalités de collaboration qui en ré- sultent.
Montage de l’exposition
Le Club du Poisson-Lune
, Capc musée d’art contemporain de Bordeaux, octobre 2021. Photo : Frédéric Devalyep
°9snu
9de9
np
odi
p. 85 p. 84
4.1 Renforcer la place de l’artiste
dans l’institution
Il existe un paradoxe de nos institutions artis-
tiques contemporaines : centrées intellectuel-
lement sur la figure de l’artiste, elles n’inscrivent
pas totalement le rôle et la place de l’artiste
dans les faits et la réalité de leur organisation
au quotidien. A cela deux raisons principales :
la première étant que les institutions sont
devenues des machineries complexes admi-
nistrativement, qui doivent répondre à des in-
jonctions parfois contradictoires (chiffres de
fréquentation versus pratiques expérimentales
/ parole de l’artiste versus parole facile à lire
et à comprendre, etc). La deuxième raison est
liée au fonctionnement et au développement
sans précédent du milieu de l’art globalisé qui
crée pour les artistes des agendas de travail
très contraints et rend difficile leur présence
au quotidien et/ou sur le long terme. Ces mo-
des de fonctionnement sont parfois durement
ressentis par les artistes qui ne se sentent pas
suffisamment écoutés et pris en compte par les
institutions qui sont censées les représenter et
soutenir. Comment faire en sorte que la parole
de l’artiste soit véritablement agissante dans
l’institution ?
Propositions d’actions
concrètes
• Inviter les artistes à coconstruire avec
les publics ou avec les équipes sur des
thématiques autres que celle stricto
sensu de l’exposition
Les artistes pourront être sollicités pour
accompagner le Capc sur des questions
relatives à son architecture, son histoire, la
façon dont elle rentre en relation avec le
public, etc. Non à la manière de faiseurs de
décor ou de prestataires de service, mais
bien à celle de constructeurs de sens, de
catalyseurs de forces et de formes. Qu’il
s’agisse de l’organisation de L’Atelier des
communs (Cf projet structurant page 59),
de l’expérimentation autour d’un nouveau
mobilier pour l’Atelier du Regard ou de la
nécessité de faire signe sur la façade du
Capc, il s’agira de cheminer avec les
artistes, de penser l’institution avec eux,
dans des modalités qui favorisent
l’expérimentation.
• Investir l’artiste dans l’histoire de
l’institution : l’histoire coloniale du
bâtiment, les archives, la collection
Le Capc est le fruit d’une double histoire,
une première marquée par le passé
colonial du lieu, autrefois entrepôt réel des
denrées coloniales, et une deuxième
marquée par son histoire artistique forte,
un des premiers lieux en France et en
Europe à être exclusivement dédié à la
création contemporaine. Cette histoire
s’incarne dans le bâtiment même, dans ses
archives qu’il s’agit à présent de
convoquer, et bien sûr dans sa collection
dont il faut renouveler le regard. Inviter des
artistes à penser cette double histoire
permet décentrer le regard, de créer des
dialogues inattendus entre les œuvres et
de tracer des correspondances et rebonds
entre l’histoire et notre période
contemporaine.
Olu Ogunnaike en montage de son exposition
Miettes
, avec l’équipe du Capc musée d’art
contemporain de Bordeaux, octobre 2021. Photo: Frédéric Devalp. 87 p. 86 Marion Vasseur, commissaire associée au programme de résidences, Louise Siffert, Mona Varichon et Clémence de La Tour du Pin, artistes. Résidence Les Furtifs, Capc musée d’art contemporain de Bordeaux, 2021. Photo : Frédéric Deval
Projet structurant
La Résidence Les Furtifs
Après quelques mois de travaux à l’automne 2020 pour créer un studio logement au sein même de l’établissement, le Capc crée en 2021 Les Furtifs, nouveau programme de résidence du Capc. Ce programme em- prunte son nom au roman de science-fiction éponyme d’Alain Damasio, dans lequel les furtifs sont des êtres de chair et de sons, à la vitalité hors norme, qui métabolisent dans leur trajet aussi bien pierre, déchet, ani- mal ou plante pour alimenter leurs métamorphoses incessantes. La ré- sidence Les Furtifs n’a ni forme ni durée préconçues. Ce projet souhaite renverser la logique habituellement proposée aux artistes, consistant à définir un format auxquels ceux-ci sont tenus de se conformer. En pro- posant un budget et la possibilité aux artistes de définir eux-mêmes, en lien avec l’équipe du Capc, la question du temps et de l’espace, Les Fur- tifs tentera de s’adapter de manière organique aux nouveaux formats de production et de diffusion de la création contemporaine : expositions digitales, projets en lien avec le champ social, projets de recherche, pro- ductions courtes et très intenses ou au contraire au long cours, ou encore conçues en co-construction avec d’autres champs disciplinaires, etc.p. 89 p. 88
4.2 Favoriser la rencontre entre les artistes et les
publics
Parmi les missions du Capc compte la nécessité
de mettre en avant des pratiques artistiques en
train de se faire. Les pratiques des artistes ne se
limitent pas au temps de l’atelier ni au moment
du vernissage. Ces temps de rencontres privilé-
giés avec les artistes permettront de découvrir
l’institution et le travail artistique dans toute sa
complexité, non pas comme un moment et un
espace figé, mais plutôt comme une pensée et
une énergie en perpétuel mouvement.
Propositions d’actions
concrètes
• Proposer des visites-chantier entre
l’artiste et le public pendant les
montages dans la nef
Afin de rendre plus concrètes les
différentes étapes de travail pour la mise
en œuvre d’une exposition entre l’instant
où elle commence à être pensée et son
actuelle mise en forme, le Capc proposera
au public des visites chantiers. En période
de montage des expositions dans la nef,
des visites seront organisées afin de
rencontrer les artistes de manière
privilégiée. Le public sera ainsi convié à
découvrir une exposition alors qu’elle est
en train de se faire, leur dévoilant les
coulisses d’un montage mais aussi les
prémices d’une réflexion artistique.
• A la faveur des résidences, créer des
moments de rencontres pour que le
public ait accès au processus de
création
Dans le cadre du programme de résidence
Les Furtifs, les visiteurs seront aussi
conviés à découvrir la pratique artistique
en train de se faire. L’artiste en résidence
proposera sous la forme qu’il ou elle
souhaite une entrée dans son processus
de travail, en offrant une rencontre
privilégiée dans l’espace où il ou elle crée.
Il s’agira autant de montrer les spécificités
d’une recherche en cours que de révéler
comment l’institution construit dans ses
murs avec un artiste sur une période plus
longue.
• Développer une programmation
évènementielle qui fait la part belle à la
présence physique des artistes
En proposant aux artistes d’être plus
intégrés à la programmation des
événements, il s’agira d’inventer des
nouveaux formats où les artistes
produisent de nouvelles œuvres
notamment immatérielles. Un forfait de
production leur sera alloué permettant
d’imaginer des formats live plus
expérimentaux. Il ne s’agira pas seulement
d’éclairer les expositions présentées au
Capc par des formats de discussions et de
conférences mais aussi de faire émerger à
travers une programmation d’autres
formats de création au-delà de
l’exposition.
Propositions d’actions
concrètes
• Les questions que nous posent les
artistes dans leur travail et leurs
méthodes
Deux volets sont à prendre en
considération dans l’accompagnement
des artistes sur notre manière de penser
l’institution. Le premier est lié aux
questions que posent les artistes par leur
méthode de travail et leur pratique
artistique. A chaque nouveau projet
d’exposition, chaque nouvel événement,
chaque nouvelle entrée d’œuvres dans la
collection, chaque nouvelle arrivée en
résidence, l’institution est continuellement
amenée à découvrir et à se confronter à
une manière singulière de travailler. Cette
capacité à se moduler, s’adapter et à
imaginer des nouvelles méthodes de
travail en fonction des artistes accueillis,
est aussi une grande force pour
l’institution car elle devient elle aussi un
corps mouvant en perpétuelle évolution et
transformation.
• Les questions que nous posons aux
artistes pour nous aider à résoudre des
questions structurelles
Grâce au travail mené avec les artistes et
des méthodes de travail différentes qu’ils
nous amènent, nous sommes aussi
amenés à réfléchir et à nous poser des
questions structurelles avec les artistes.
Dans le cadre du programme de résidence
Les Furtifs, nous avons accueilli en mars
2021 l’artiste sourd Kengné Téguia. Par
son expérience de la surdité et des
discriminations qu’il a subies et qu’il subit
encore et par le contrat de confiance qui
nous lie, il nous a permis de soulever un
ensemble d’améliorations nécessaires à la
structure pour pouvoir respecter au mieux
sa surdité mais aussi celle des publics
concernés. Par sa présence, un travail de
fond est actuellement mené sur les
différents handicaps pour pouvoir
respecter au mieux la diversité des
personnes.
4.3 Faire avancer structurellement l’institution
avec les artistes
Par l’échange et le contact avec les artistes, une
institution est amenée à évoluer et à se transfor -
mer, non pas seulement par les choix artistiques
et esthétiques qu’elle opère mais aussi sur le
plan structurel. En effet, les artistes, lorsque
leurs pratiques interrogent les évolutions po-
litiques de leur temps et les transformations
structurelles, peuvent accompagner le Capc
sur des manières de fonctionner.5 -
Le Capc
protéiforme
Vue de l’exposition Samara Scott, The Doldrums, Capc musée d’art contemporain de Bordeaux, 18.09.2020-23.05.2021. Photo : Arthur PéquinD.ns
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Le Capc est une entité plurielle qui se déploie à la fois dans ses murs, hors-les-murs et de manière dématérialisée. Il s’agira dans les années à venir d’œuvrer à ce que toutes ces dimensions s’im- briquent, dialoguent et s’enrichissent mutuellement. Dans l’En- trepôt Lainé, nous proposons d’améliorer la circulation, physique et intellectuelle, entre tous les espaces qui le composent (librai- rie, espaces d’exposition, auditorium, bibliothèque) et ce en concertation et en lien avec les autres usagers du lieu (arc en rêve et Café du musée). Quant à la sphère digitale, elle permet plus que jamais au Capc d’exister en dehors de lui-même et d’attirer à lui notamment un public jeune, rompu à des usages numériques totalement intégrés dans leur vie quotidienne. La crise du Covid a été l’occasion de tester, parfois à marche forcée, de nouveaux formats numériques. A terme, et fort de ces expériences, l’enjeu consistera à mobiliser de nouveaux médias pour démultiplier l’ex- périence du visiteur sans se substituer à la spécificité irréductible de l’expérience de l’œuvre. Quant au hors-les-murs, il peut être un outil intéressant pour aller au-devant de personnes non familières du musée et proposer une première expérience de l’art moins inti- midante.
Yoga géant, dans l’exposition de Samara Scott,
The Doldrums
, au Capc musée d’art contemporain de Bordeaux, le 21.10.2021. Photo : Arthur PéquinMoteu
Béttorst, Boutique
DE cmeete
Miettes, Olu Ogunnaike
_ Le Club du Poisson-Lune
p. 95 p. 94
5.1 Le Capc dans l’Entrepôt Lainé
Le Capc est protéiforme jusque dans ses murs
avec des espaces d’exposition, une biblio-
thèque, une librairie boutique, un auditorium
et deux autres usagers, arc en rêve et le Café
du musée. Il accueille également, dans une lo-
gique de privatisation, des publics qui ne sont
pas là pour le Capc mais que nous pourrions
intéresser à nos activités. Pour le moment, force
est de constater que ces entités fonctionnent
trop souvent comme des îlots hermétiques.
Comment créer des passerelles pour le public
entre toutes ces entités ? Comment développer
les flux de publics entre le Capc et arc en rêve ?
Comment améliorer la circulation, physique et
intellectuelle entre tous ces espaces ? La dimen-
sion protéiforme est également présente dans
la programmation : expositions, conférences,
concerts, ateliers de pratiques artistiques, com-
ment faire en sorte de donner sens, de faire lien
dans cette profusion ?
Créer une relation partenariale
avec arc en rêve
Arc en rêve centre d’architecture rejoint l’En-
trepôt Lainé en 1981, quelques années après le
Capc qui s’y est installé dès 1973. En quarante
ans de coprésence sur site, les deux institutions
ont peu œuvré de concert, qu’il s’agisse de pro-
grammation, de médiation, de communication
ou de parcours visiteur. Citons tout de même
deux coopérations qui ont marqué les esprits :
coproduction de l’exposition Cities On the Move
en 1997, dont le commissariat était assuré par
Hou Hanru et Hans Ulrich Obrist, qui explorait
la thématique des villes en mouvement ; et co-
commissariat en 2010 de Insiders autour du
vivre ensemble et des pratiques vernaculaires.
Au fil du temps, une logique de séparation - des
espaces, des équipes et des publics - s’est mal-
heureusement ancrée, qui n’a été profitable ni
au Capc ni à arc en rêve. L’arrivée d’une nouvelle
direction au Capc en 2019 et à arc en rêve un
an plus tard, permet de poser les bases d’une
relation partenariale, apaisée pour les équipes et
porteuse d’une plus grande lisibilité pour les pu-
blics. Le postulat de départ est celui d’un «destin
commun » des deux institutions, par l’usage
conjoint du lieu mais également par la nature
même de leurs champs disciplinaires respectifs.
Il ne s’agit pas de dissoudre les singularités de
chacun par un plus petit dénominateur commun
qui n’aurait pas de sens, mais bien de capitaliser
sur la renommée et l’expertise respectives de
ces deux institutions phares bordelaises pour
développer et diversifier les publics.
Propositions d’actions
concrètes
• Associer arc en rêve aux réflexions
globales sur le bâtiment et ses usages
Si le Capc, en tant que service de la Ville
de Bordeaux, assume la direction
générale du bâtiment, il sera toutefois
proposé d’associer arc en rêve aux
réflexions globales sur les usages du
lieu telles qu’elles sont définies dans ce
Psc : mise en place d’une signalétique
concertée intérieure et extérieure ;
participation à l’étude de potentialité du
bâtiment ; amélioration du parcours
visiteur et création de lieux de repos et
convivialité, afin de rendre l’expérience
de visite plus fluide et plus lisible.
Une série d’outils et de méthodologies
de travail sont mises en œuvre entre les
équipes des deux structures, au-delà
de la création simple de circuits de
communication mutualisée internes
(listes de diffusion de mail, etc.). Des
rendez-vous thématiques réguliers sont
organisés dont la fréquence dépend
des actualités et des besoins : réunion
mensuelle de partage et d’échange ;
réunion régulière de programmation, de
médiation, de communication et
réunion régulière concernant l’usage et
l’entretien du bâtiment.
• Concevoir des offres de visites
conjointes, notamment en direction
des publics scolaires
Actuellement, les classes scolaires
viennent découvrir le Capc sans passer
par arc en rêve et vice-versa.
Une offre de visite conjointe sera
proposée dès la rentrée 2022, en laissant
la possibilité aux établissements scolaires
de choisir visite conjointe ou spécifique à
une structure. Avec le temps, des ateliers
communs de pratique, sur des
thématiques liées à la programmation,
pourront être imaginés.
• Concevoir des logiques de
communication concertée
Les deux institutions conservent chacune
leur identité visuelle mais s’engagent à se
mentionner réciproquement dans leurs
outils de communication respectifs
(dossiers de presse, programme,
newsletter).
• Proposer des échos de programmation
entre les deux structures
Les deux institutions partagent plus que
des espaces physiques, elles partagent
également une relation au savoir et à
l’expérimentation qui offre des outils de
compréhension du monde. S’il ne s’agit pas
de forcer de manière artificielle des liens
entre leurs deux champs disciplinaires
spécifiques, des échos de programmation
peuvent être proposés quand cela est
cohérent, comme ce fut le cas pour la
rétrospective Absalon, proposée par le
Capc et qui a donné lieu à une série de
conférences proposées par arc en rêve.
Ceci nécessite en amont une bonne
anticipation et concertation, une
méthodologie de travail entre le Capc et
arc en rêve sera proposée en ce sens.
Nouvelles cimaises d’information et d’orientation. Design graphique : Spassky-Fischer. Photo : Frédéric Devalothortrrétonbutiicriontienitotiitotirthreiesse
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Créer une cohérence entre le
projet artistique et le Café du
musée
Toutes les raisons et les usages différents pour
lesquels les personnes viennent dans l’Entre-
pôt Lainé sont autant d’occasions de laisser la
place à la déambulation et à la spontanéité. Il
semble alors primordial de penser l’information
et la circulation des personnes en fonction de
cette géométrie variable. Faciliter la compré-
hension du lieu et de ce qui s’y déroule, permet -
tra à chaque personne en visite de choisir son
expérience du lieu en fonction de ses envies,
de ses besoins, de ses inspirations. Le soin à
apporter à la cohérence dans les horaires, les
tarifs, les propositions entre le projet du Capc
et celui du Café du musée doit conduire nos
relations, ce qui, à l’heure actuelle, n’est pas
possible. Entre l’offre de restauration du Café
et les actions artistiques et culturelles du Capc,
des ponts peuvent être créés pour continuer
de faire de l’usage du lieu une expérience riche
de possibles et de convivialités.
Créer des résonances de
programmation dans tous les
usages du lieu
Dans l’objectif de faire rayonner la program-
mation artistique au sens large – exposition,
événements, résidence – dans l’entrepôt Lai-
né et impliquer chaque aspect du Capc dans
l’énergie et la dynamique de programmation,
une pensée du ricochet et de la résonance sera
activée par les équipes. Cela impliquera une
communication interne sur le développement
des projets dès leur élaboration, afin d’infuser
de contenu créatif la majorité des espaces et
usages a priori « non artistiques » du Capc. En
effet, du café à la bibliothèque, de la salle de
communication aux mezzanines, des terrasses
au hall d’accueil, tous ces lieux cruciaux à l’ex-
périence du Capc, nécessitent une pensée plus
approfondie pour faire le pont avec ce qu’il se
passe en simultané au sein du musée – centre
d’art, au-delà de la présentation d’œuvres pé-
rennes ou semi-pérennes.
Mener une étude d’opportunité
et de contraintes du bâtiment
Rendre la circulation dans le bâtiment plus facile,
les activités plus lisibles, les différents espaces
plus accessibles, tels sont les objectifs d’une
étude d’opportunité et contraintes du bâtiment
qui sera menée dès 2022. Aucune réhabilitation
n’a été entreprise dans l’Entrepôt Lainé depuis
la dernière phase de travaux achevée en 1990.
L’enjeu sera d’étudier l’évolution de l’organisa-
tion des activités au sein du bâtiment pour en
améliorer à la fois les conditions d’exploitation et
les conditions de visite. Cette étude permettra
d’identifier des améliorations pertinentes et
soutenables de l’Entrepôt Lainé afin de répondre
aux besoins des équipes des structures qui
l’occupent (Capc, arc en rêve et Café du musée),
des artistes et des visiteurs, tout en mainte-
nant des conditions de production assurant la
meilleure qualité possible de présentation des
projets artistiques et culturels.
Propositions d’actions
concrètes
• Investir tous les espaces grâce à
l’installation d’œuvres.
• Systématiser les visites d’expositions
lors des privatisations d’espaces.
• Développer une ligne de produits
dérivés du Capc et des artistes
présentés.
• Proposer un volet archivistique dans la
bibliothèque en lien avec certaines
expositions.
• Valoriser les temps en chantier du
musée (notamment la nef) par le biais
de visites / rencontres avec les
équipes pour parler des métiers du
musée.
Exposition Absalon Absalon, Capc musée d’art contemporain de Bordeaux, 24.06.2021-02.01.2022. Photo : Arthur Péquin+
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p. 99 Nouvelle signalétique d’orientation. Design graphique : Spassky-Fischer. Photo : Frédéric Deval
Projet structurant
Création d’une signalétique intérieure
et extérieure à l’échelle du bâtiment
La signalétique du Capc fait, depuis des années, l’objet de retours né- gatifs des visiteurs quant aux problèmes d’orientation dans le bâtiment, d’identification des espaces et du manque de lisibilité globale. Le parti pris de « minimalisme » et de l’austérité qui prédomine dans les choix adoptés lors de la rénovation du bâtiment par les architectes Denis Va- lode et Jean Pistre entre 1984 et 1990, doit aujourd’hui être remis en question afin de proposer une signalétique offrant un abord plus ac- cueillant, lisible et inclusif. Cette signalétique devra être dessinée pour entrer en cohérence avec le lieu et surtout orienter, informer et iden- tifier. Pour mener à bien ce chantier de refonte, il est apparu essentiel de travailler en synergie avec le centre d’architecture arc en rêve, avec qui le Capc partage l’usage de l’Entrepôt Lainé. Le bâtiment fera ain- si l’objet d’une signalétique commune conçue par l’agence Spassky Fischer, à travers la présence d’une police neutre offrant une alterna- tive aux identités visuelles respectives des deux structures. L’ambi- tion du projet est d’offrir une meilleure accessibilité du bâtiment et de garantir une « expérience visiteur » optimale tout au long de son par- cours. Pour cela, la signalétique viendra au-devant du visiteur avec une intervention en façade pour permettre une identification immédiate des services et fonctions de l’établissement et de ses occupants. Elle communiquera les informations pratiques et le contenu de la program- mation en cours. À l’intérieur, l’accueil disposera d’une signalétique dy- namique sur écrans qui reprendra ces informations en les détaillant. Au cours de la visite, la signalétique directionnelle sur panneaux d’angle, sobre, discrète et précise viendra orienter les visiteurs et permettra une meilleure circulation dans le musée. Enfin, dans les espaces d’exposi- tion, textes sur cimaise, cartels courts ou longs et QR codes avec com- pléments d’informations numériques offriront aux visiteurs toutes les clés pour qu’ils vivent une expérience muséale agréable et complète.p. 101 p. 100
5.2 Le Capc hors-les-murs
Le musée demeure intimidant pour certaines
personnes qui n’osent pas entrer dans ce lieu
imposant. Dans ces conditions, il est essentiel
d’aller au-devant de ces personnes, de les ren-
contrer au plus proche de leurs lieux de vie ou
de travail pour leur faire découvrir les potentia-
lités offertes par les musées. Le hors-les-murs
possède ainsi un enjeu double : aller vers les
publics qui ne se déplacent pas jusqu’au Capc
pour créer une première rencontre ; et sortir les
œuvres du musée pour les « désacraliser ». Il y a
deux grandes catégories d’actions de présen-
tation des œuvres hors-les-murs : la première
est évènementielle, qui propose des expositions
dans des lieux souvent insolites ; la deuxième
relève plus de la présence et de l’appropriation
de l’œuvre dans un contexte social ou scolaire.
Ces actions hors-les-murs ne sont pas le cœur
de mission du Capc et doivent être envisagées
avec prudence car elles sont chronophages
pour l’équipe mais nous proposons de nous
engager sur plusieurs actions de manière non
systématique et toujours en lien avec des par-
tenaires.
Propositions d’actions
concrètes
• Proposer, à la faveur de partenariats
construits, une exposition hors-les-murs
dans une logique de coopération de
territoire
Depuis une dizaine d’années, le Capc a
proposé à intervalle régulier des
expositions de sa collection en partenariat
avec d’autres acteurs du champ
patrimonial, culturel et social à l’échelle de
la Ville. Les Saisons culturelles 2017 et
2019 ont mis à l’honneur deux figures
majeures de la collection, Richard Long et
Jean-Pierre Raynaud, à travers un
parcours d’œuvres dans la ville ; et plus
récemment le projet Tout doit disparaitre a
permis au public de découvrir en plein
cœur de la pandémie des artistes de la
collection dans huit vitrines commerciales
du centre-ville de Bordeaux. Des projets
plus légers à monter ont été également
proposés au fil des ans, comme à la
Bibliothèque Grand-Parc, avec la
présentation d’œuvres de la collection en
dialogue avec des œuvres d’artistes
africains sélectionnées par l’association
MC2a (Migrations Culturelles Aquitaine
Afrique) ou encore en 2013 au Rocher de
Palmer avec des œuvres sur le thème de la
musique. Ces logiques de coopération à
intervalle régulier et sans systématisme,
qui se fondent sur la rencontre et la co-
construction avec des partenaires locaux,
seront privilégiées dans les années à venir,
avec une attention particulière pendant les
Saisons proposées tous les deux ans.
• Le hors-les-murs, un outil au service de
la rencontre de l’art
Souvent, les institutions d’art
contemporain considèrent le hors-les-
murs comme l’occasion de grandes
manifestations qui répliquent les formats
normés et connus de l’exposition dans des
espaces autres que muséaux. Si cette
démarche peut avoir des vertus, l’équipe
du Capc souhaite parallèlement penser
des modes de manifestation du hors-les-
murs plus expérimentaux et incarnés dans
la vie associative, culturelle et
évènementielle existante. En développant
la logique de partenariat et en identifiant
des temps forts de la vie de la ville (Fête de
la Musique par exemple), l’équipe du Capc
pensera des extensions de la
programmation artistique par des
événements, des performances, des
workshops, des balades commentées et
autres, hors du Capc. Il s’agira également
de penser à des interventions ponctuelles
d’artistes dans le paysage urbain par le
biais de formats dits « légers » comme par
l’utilisation du son ou des supports
d’affichages de la ville, des interventions
qui mettent en avant du contenu mais
permettent également d’agir comme des
« phares » du Capc et attiser la curiosité et
l’intérêt de passants.
Takako Saito, Sound Dress N°1, 1999-2002 ; Do as You Like to N°1 et Do as You Like to N°2, 1982. Vue de l’exposition
Tout doit disparaitre
. Un projet hors-les-murs du Capc,
dans le cadre de
Ressources
, Saison Culturelle Bordeaux 2021. Photo : Frédéric Deval.S16ulA-a1zenb
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5.3 Le Capc dématérialisé
La sphère digitale permet plus que jamais aux
institutions comme le Capc d’exister en dehors
d’elles-mêmes. L’attractivité du numérique, son
aspect performant, ludique, démocratique, inte-
ractif, en fait un outil essentiel pour intéresser
des publics diversifiés en particulier les jeunes
pour lesquels, web et smartphones constituent
les accès les plus immédiats pour s’informer et
échanger. La volonté est donc ici de dévelop-
per un écosystème numérique constitué d’un
large panel d’outils offrant autant de portes
d’accès au projet du Capc. La multiplication des
supports permet de faire varier les registres
d’adresse adaptés à des personnes et des pu-
blics différents. Par nature polyphoniques, les
outils numériques permettent en effet de faire
coexister une parole vivante et décadrée avec
une autre plus institutionnelle ou scientifique.
Ils sont aussi l’espace privilégié pour restituer
la diversité des voix et valoriser les personnes,
les métiers et les projets souvent moins visibles
qui participent pourtant activement à la vie du
Capc. Ces dispositifs dans leur diversité - site
internet, réseaux sociaux, web-série, entretiens
vidéo, archives, notices d’œuvres numériques
- ont pour vocation tout à la fois d’augmenter
l’expérience du visiteur, avant, pendant ou après
sa visite ou de fonctionner de manière autonome
pour une découverte à distance des contenus et
des expositions. Il ne s’agit pas de se substituer
à l’expérience irréductible de l’œuvre, mais de la
prolonger grâce à une diversité de contenus ou
d’en proposer d’autres permettant de découvrir
le projet du Capc autrement.
Propositions d’actions
concrètes
• Développer une à deux webséries par an
sur des montages d’exposition, la
restauration d’une œuvre, un projet
collaboratif, …
Le principe de la websérie permet de
déployer un travail documentaire autour
des activités du Capc tout en restant dans
des formats de narration attractifs et
adaptés à la sphère numérique. Il s’agit de
donner accès aux coulisses du musée tout
en offrant un éclairage sur les enjeux
artistiques et humains d’un nouvel
accrochage, d’une restauration d’œuvre ou
encore d’un projet participatif d’éducation
artistique et culturelle. L’usage de la vidéo
permet ici de mettre en lumière des
personnes et des séquences de travail au
long cours le plus souvent invisibles dans
la vie publique du Capc.
• Montrer les coulisses, avoir une
approche métier
L’utilisation du numérique rend possible
l’exploration du Capc tout en assurant la
sécurité des œuvres et des collections.
Grâce à une diversité de formats vidéo ou
photo diffusés sur les réseaux sociaux, il
s’agit de faire découvrir différents métiers
peu connus ou invisibles et de donner la
parole aux équipes qui œuvrent en
coulisses à la conservation, la restauration,
au montage d’exposition, aux archives ou à
la sécurité. De cette manière, le choix est
fait d’incarner le projet par une diversité de
voix et de personnes habituellement dans
l’ombre et de dévoiler ainsi les multiples
strates, artistiques, techniques,
scientifiques, culturelles et sociales qui
participent à la fabrique du projet du Capc.
• Produire des teasers d’exposition
attractifs
Pour chaque exposition, des montages
vidéo courts, dynamiques et séduisants
seront diffusés pour générer de l’attrait et
de la curiosité sur les réseaux sociaux.
Associées à ce support attractif, d’autres
capsules vidéo viendront poursuivre le
teasing avec des entretiens flash d’artistes
et de commissaires ou des instants volés
durant le montage des expositions.
• Créer des espaces conviviaux au Capc
pour prendre le temps de consulter des
informations complémentaires
numériques qui enrichissent la visite.
• Retrouver sur la chaîne YouTube du
Capc toutes les rencontres et
conférences de la programmation
culturelle, montées et sous-titrées.
L’ensemble des rencontres et conférences
programmées au Capc feront l’objet d’une
captation vidéo avec plusieurs caméras et
seront systématiquement mises en ligne
sur la chaîne YouTube du Capc. Montées
et sous-titrées, ces archives du présent
pourront être consultées en ligne avec ou
sans le son et seront ainsi accessibles à
une audience large incluant les personnes
sourdes, mais aussi s’adaptant aux
nouveaux usages qui consistent à
consulter les vidéos sans son sous-titrées
dans les transports en commun, salles
d’attente, etc.
• Rendre accessibles en ligne certaines
archives qualifiées et des notices
rédactionnelles sur les œuvres.
Autour de chacune des expositions, une
documentation numérique sera proposée
en ligne sur le site Internet ou sur la chaîne
YouTube du Capc. Il sera possible de
consulter des notices d’œuvres et d’avoir
accès à des archives qualifiées liées au
projet de l’exposition. Autant de
documents qui permettent de prolonger la
visite ou de découvrir l’exposition à
distance.
Extrait de l’épisode 5 de la web série sur l’exposition
Le Tour du jour en quatre-vingts
mondes
. Image : Sylvain Mavel.p. 105
Eva Koťátková, Mon corps n’est pas une île, Capc, 2022. Photo : Aleksandra Vajd
Eva Koťátková, Sleeping Woman Going to Battle,
Meyer-Rieger. Photo : Lino Santo.
Capc
Musée d’art contemporain
de Bordeaux
Capc
Musée d’art contemporain
de Bordeaux
Capc
Musée d’art contemporain
de Bordeaux
Capc
Musée d’art contemporain
de Bordeaux
11. 02. 22—29. 05. 22 Eva Koťátková
04. 11. 21—27. 03. 22 Le Club du Poisson-Lune
Olu Ogunnaike
Jusqu’au 23. 10. 22 Le Tour du jour en quatre-vingts mondes
Projet structurant
Créer un nouveau site internet
Un site internet demeure aujourd’hui l’outil incontournable pour un musée en matière d’information et de communication. Il est la pierre angulaire de l’écosystème numérique, la vitrine virtuelle et le premier endroit où l’institution existe en dehors d’elle-même. Il est de ce fait, indispensable que ce dernier soit en phase avec les valeurs du projet engagé par le musée. Conçu il y a plus de dix ans, l’actuel site du Capc, par son de- sign aride, son manque d’attractivité et son défaut d’ergonomie perd de l’audience et affaiblit l’e-réputation du Capc. La nécessité de sa refonte s’est imposée tant il apparaît fondamental que le site porte et incarne de manière fidèle les ambitions du Capc en termes de démocratisation, d’accessibilité, d’inclusion et d’ouverture à une plus grande diversité de personnes. Le chantier de ce nouveau site est le fruit d’une collaboration du Capc et de la Dgac (Direction générale des affaires culturelles) avec la Dgnsi (Direction générale numérique et systèmes d’information) de la Ville de Bordeaux et Bordeaux Métropole pour la partie technique, et avec l’agence Spassky Fischer pour le design graphique. Le site sera ain- si mis en cohérence avec l’identité visuelle globale du Capc. Responsif, multimédia, souple et évolutif avec une interface dynamique et colorée, ce site porte l’ambition de pouvoir, en une image, permettre de com- prendre ce qu’est le Capc et la variété de personnes à qui il s’adresse. Sa page d’accueil, centrée sur un système d’agenda, proposera d’en- trer directement en contact avec l’actualité du Capc et la diversité de sa programmation. Son menu concis permettra ensuite à l’utilisateur de naviguer aisément pour découvrir la richesse des contenus artis- tiques, historiques, pédagogiques, scientifiques ou à valeur d’archives.p. 107 p. 106
5.4 Le Capc avec son territoire
Le Capc est un service de proximité de la Ville
de Bordeaux qui doit être parfaitement intégré
à son environnement immédiat pour établir
une meilleure relation entre les artistes, leurs
œuvres, le territoire et ses habitants. Parfois
perçu comme une citadelle impénétrable,
sentiment décuplé par l’architecture même du
bâtiment, le Capc doit dans les années à venir
mieux s’ancrer dans son territoire, soutenir à son
endroit l’écosystème artistique local, et déve-
lopper les coproductions et collaborations avec
un ensemble de partenaires du champ culturel,
éducatif, social et économique. En parallèle,
le Capc continue à développer ses réseaux et
collaborations nationales et internationales qui
lui assurent visibilité et rayonnement et qui par
réciprocité permettent de nourrir l’écosystème
local. Ce lien organique constant entre local,
national et international crée à terme un cercle
vertueux dans lequel le Capc nourrit ses rela-
tions territoriales avec des apports venus de
l’extérieur et vice-versa.
Développer les liens et
synergies avec l’écosystème de
l’art contemporain bordelais
Le Capc tient à avoir une participation active
dans les différents réseaux professionnels qui
se sont constitués à Bordeaux et en région
ces dernières années. Le Capc a renforcé son
implication dans le nouveau réseau régional
Astre en devenant, en 2020, membre du conseil
d’administration. Ce réseau fédère depuis 2018
les trois anciens réseaux régionaux et, dans le
prolongement du SODAVI, a signé le contrat de
filière régional dans le domaine des arts visuels.
Le Capc est également membre de l’associa-
tion Bordeaux Art Contemporain (B.A.C.) qui
fédère les institutions, galeries, associations et
collectifs d’artistes en art contemporain. Ces
instances offrent des occasions d’échanges,
de rencontres mais aussi de projets communs
comme le Week-end de l’art contemporain (Wac)
organisé par B.A.C. ou les avancées en ce qui
concerne la rémunération des artistes coor-
données par Astre.
Les liens et synergies se vivent aussi au quoti-
dien avec les partenaires naturels du Capc que
sont l’Ebabx, le Frac Nouvelle-Aquitaine Méca,
la Fabrique Pola et ses membres. Ces liens
sont amenés à se resserrer dans les années
qui viennent avec par exemple une présence
accrue des étudiants de l’Ebabx en stage sur
les montages d’expositions, des workshops
au Capc entre étudiants et artistes, des ren-
contres entre les artistes invités par le Capc
et les étudiants, un chantier partagé sur la mé-
diation avec le Frac-Méca, et une réflexion sur
des événements communs à imaginer avec le
Frac-Méca et la Fabrique Pola.
Développer des collaborations
avec des partenaires des villes
de la Métropole
Chaque projet au Capc doit pouvoir être l’oppor -
tunité d’un partenariat ou d’une collaboration sur
le territoire avec un ensemble de structures et
collectifs, pour certains issus du champ culturel
au sens large (art, danse, musique, cinéma, etc.),
pour d’autres plus éloignés et plus inattendus
(yoga, balade urbaine, roller, …) qui, tout en res-
tant en cohérence avec le projet des artistes,
permettent d’intéresser un autre public, dans
une démarche de rencontre conviviale. Il s’agit
dans le futur d’offrir aux artistes invités un outil
de travail qu’est le Capc mais aussi un contexte
de travail qu’est la ville, riche de forces vives ou-
vertes à la collaboration. La nouvelle résidence
Les Furtifs est un vrai accélérateur de particules
pour ces collaborations, à l’image de Mona Va-
richon qui a cocréé sa performance avec des
élèves du Conservatoire de Bordeaux Jacques
Thibault ou de Clémence de la Tour du Pin qui
a créé un parfum avec le studio Les Olfactines
et la Fondation Martell à Cognac. Quant à la
programmation événementielle, elle dévelop-
pera cette logique partenariale qui mutualise
les moyens, croise les publics et amplifie l’écho
qui leur sont donnés.
Le Capc développe des liens avec des entre-
prises pour mener à bien des projets ambitieux,
s’appuyant à la fois sur le partage d’expertises et
de savoir-faire et également sur des mécénats
financiers. Conscient de l’importance de s’as-
socier aux entreprises pour faire sens commun
sur un territoire riche de compétences et de
savoir-faire, le Capc continuera de construire
des partenariats cohérents et riches avec le
tissu économique.
Se positionner comme un pôle
ressource de la communauté
artistique du territoire
Le Capc est déjà un pôle ressource pour les ar-
tistes et chercheurs, la première des ressources
étant bien sûr l’exposition et la programmation
événementielle qui donne l’opportunité aux
artistes et chercheurs du territoire de rencon-
trer des personnalités du monde de l’art, de se
former sur les enjeux actuels de la création et
d’échanger avec leurs pairs. La deuxième res-
source est la bibliothèque du Capc, qui, riche de
40 000 ouvrages spécialisés, est la deuxième
plus grande bibliothèque spécialisée (après la
bibliothèque nationale de Paris) et qui accueille
sur rendez-vous artistes, étudiants en école d’art
et chercheurs (1 000 personnes en 2019). La
troisième ressource existante est économique,
dans la mesure où le Capc collabore avec des ar -
tistes du territoire pour ses ateliers de pratiques
artistiques et pour ses montages d’exposition.
Force est de constater que ces ressources sont
peu connues, la bibliothèque par exemple est
encore sans doute insuffisamment convoquée
par les étudiants de l’Ebabx, un travail devra être
fait pour une meilleure appropriation de cette
ressource précieuse.
Propositions d’actions
concrètes
• Améliorer la communication sur la
ressource que constitue la
bibliothèque, la rendre plus accessible
• Rendre accessible en ligne les
ressources textuelles et audiovisuelles
• Opérer une veille sur la scène
artistique locale pour les intégrer
quand c’est cohérent à la
programmation artistique
• Monter un chantier de réflexion sur la
ressource que constituent les ateliers
Visite commentée de l’entrepôt Lainé, 2021. Photo : Frédéric Devalp. 109 p. 108
Renforcer les logiques
de réseaux nationaux et
internationaux
Depuis sa création, le Capc est au cœur d’un
réseau international qui s’est, au fil du temps,
considérablement élargi et diversifié. Ces col-
laborations se manifestent sous des formes
diverses et variées : des projets itinérants, des
coproductions d’expositions, des coéditions, et
un travail soutenu et renouvelé avec de nom-
breux artistes et commissaires étrangers invi-
tés à contribuer à la programmation. Dans la
perspective d’une dynamique européenne et
internationale, chaque exposition fait l’objet d’un
partenariat spécifique avec d’autres institutions.
Pour exemple, l’exposition Permanente, Caroline
Achaintre (15.12.2020 à 23.05.2021) était l’étape
finale d’un projet itinérant conçu en coopéra-
tion avec Belvedere 21, Vienne (Autrriche) ; le
MO.CO. Panacée, Montpellier ; et la Fondazione
Giuliani, Rome (Italie) ; l’exposition Absalon Ab-
salon (24.06.2021 à 02.01.2022) est coproduite
et organisée avec Institut Valencià d’Art Modern
(IVAM) en Espagne ; l’exposition Miettes, Olu
Ogunnaike (04.11.2021 à 27.03.2022) est organi-
sée en lien avec Museum Folkwang d’Essen en
Allemagne. L’inscription du Capc dans un réseau
international structuré et transdisciplinaire est
une vraie force de l’institution : elle participe
pleinement d’un rayonnement international
qui continue de faire la notoriété du lieu et lui
permet de concevoir des expositions non seule-
ment plus ambitieuses, mais aussi plus visibles,
d’accueillir des plasticiens, performers ou des
musiciens à la renommée internationale, de
copublier des ouvrages de référence.
D’autre part, le Capc est engagé dans plusieurs
réseaux professionnels. Le Capc est membre
de DCA (réseau des centres d’arts contem-
porains en France), du conseil d’administra-
tion d’Astre (réseau arts plastiques et visuels
en Nouvelle-Aquitaine), de BLA !, association
nationale des professionnels de la médiation
en art contemporain, de B.A.C. Bordeaux art
contemporain. Cette mise en réseau est une
façon de coopérer et d’interagir au service de
la structuration du secteur des arts visuels et de
la prise en compte des spécificités de vie et de
travail de ses acteurs notamment les artistes.
Chaque professionnel du Capc est au cœur d’un
réseau de compétences et, à ce titre, est amené
à participer à des jurys de sélection, des comi-
tés d’experts, des séminaires professionnels, à
intervenir pour faire part de son expérience et
son expertise. Partages d’expériences, échange
de bonnes pratiques, transfert de savoir-faire,
cette vie en réseau est à la fois une précieuse
modalité de veille et de mutualisation des ex-
pertises et aussi une manière de valoriser les
compétences des agents du Capc.
Renforcer l’attractivité
touristique
Le Capc est implanté dans une ville d’une très
grande richesse historique, patrimoniale et
culturelle qui s’est enrichie ces dernières an-
nées de nouveaux établissements comme le
Frac-Méca, la Cité du Vin et les Bassins de Lu-
mières qui, avec les monuments patrimoniaux
et muséaux de la Ville, accueillent un public
touristique important, notamment estival, avec
plus de 6 millions de nuitées en 2019. Si le Capc
reste le musée bordelais qui connaît la plus forte
proportion de public international pendant la
période estivale, force est de constater que sa
fréquentation ne bénéficie pas assez de cette
situation favorable, la destination « Bordeaux »
étant plus marquée par une image liée à son
histoire et à son patrimoine qu’à son lien avec
la création et l’innovation. Si le Capc n’a pas en
interne la capacité ni la vocation à porter des
campagnes touristiques, et que toute opération
doit se concevoir dans l’union des acteurs du
tourisme, plusieurs pistes d’améliorations de
notre attractivité sont envisagées.
Propositions d’actions
concrètes
• Renforcer les liens avec l’Office du
Tourisme pour mieux faire connaître les
activités du Capc
• Proposer un rendez-vous aux acteurs du
tourisme avant la haute saison pour mieux
faire connaître l’offre
• Produire une vidéo promotionnelle grand
public sur le Capc
• Produire avec les acteurs de la création que
sont le Frac-Méca, la Fabrique Pola, mais
également les œuvres de la commande
Garonne, une plaquette de communication
« Bordeaux et l’art contemporain »
Visite pour l’association France Alzheimer. Capc musée d’art contemporain de Bordeaux, octobre 2020. Photo : Mathilde Bertolo6 -
Le Capc, acteur
des transformations
sociétales et
environnementales
Vernissage de l’exposition It Rains de l’artiste Ruth Ewan dans la nef du Capc, 2019. Photo : Frédéric Deval(ML
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EEE RE CEE)
Transition écologique, égalité femme/homme, diversité dans la programmation, soutien à l’économie locale et durable, l’idée est de questionner nos valeurs, nos systèmes de représentation et de fonctionnement pour créer de nouveaux schémas de pensée et d’action à l’aune des grands bouleversements sociétaux, sur fond de multi-crises (crise de la représentation, crise démocra- tique, crise de l’institution, crise environnementale).
Comment proposer aux personnes fréquentant le musée une vi- sion plus ouverte et diverse de la création artistique ? Comment
favoriser l’égalité Femme/Homme dans tous nos moyens d’ac- tion ? Comment accueillir convenablement les personnes les plus
vulnérables et les plus éloignées de l’art ? Comment développer
une approche écoresponsable et véritablement mesurer notre impact climatique ? À quels endroits de l’institution, visibles et in-
visibles, les exigences d’inclusion et d’équité peuvent se porter ?
Étant une régie directe, quels sont les moyens d’action du Capc ?
Comment développer une démarche qui ne soit pas simplement cosmétique mais engage le Capc au quotidien de manière soute- nable ? Comment le Capc se doit-il d’être exemplaire sur les
grandes questions sociétales, développant une vision bienveil- lante, inclusive, égalitaire et ouverte ? Comment enfin se repense
une structure culturelle dans un monde post-pandémie où l’art est une fenêtre sur le monde, engageant des démarches effi- caces, exigeantes et pérennes, pour faire du Capc une institution capable de se remettre en question et de contribuer de manière intelligente aux enjeux à venir.
Le Capc ne pourra porter toutes ces questions seul, elles doivent s’envisager en accord avec les dispositions générales de la col- lectivité et en lien avec les services de la Dgac et les autres direc- tions générales de la collectivité.
In love scorpio ?,
Hugo Brillet dans l’exposition
Le Club du Poisson-Lune
, 2021. Photo : Arthur Péquinp. 115 p. 114
6.1 Toutes les diversités
L’institution culturelle a pour rôle de s’interroger
sur ses capacités à inclure un public large dans
le respect de la diversité. Ces questions plus que
contemporaines sont au cœur des réflexions
qui traversent le monde de l’art et plus généra-
lement notre société actuellement. En fonction
des lieux, des générations, des héritages, ce
changement de paradigme est plus ou moins
accepté et plus ou moins rapide. Pourtant ce
changement se produit à tous les niveaux et
doit se faire au-delà de la représentation pour
s’inscrire dans les valeurs d’un établissement
culturel. Il ne s’agira donc pas simplement pour
le Capc d’inclure des personnes de différentes
origines, de différents genres au sein de sa pro-
grammation artistique mais aussi de s’interroger
sur comment une institution artistique peut
œuvrer au respect de la diversité. C’est en ce
sens que cette partie ne doit pas être comprise
comme un axe mais comme un ensemble de
valeurs qui infusent tout le programme scien-
tifique et culturel.
6.2 Accessibilité et convivialité
vers une accessibilité universelle
Le Capc se doit d’être un espace accessible
au plus grand nombre et notamment aux per-
sonnes handicapées physiques ou mentales.
Cela revient notamment à se repencher sur
des améliorations spatiales et l’aménagement
d’infrastructures afin de mieux circuler dans
le bâtiment pour le rendre plus accessible aux
personnes handicapées physiques. L’autono-
mie des personnes à mobilité réduite est une
priorité dans cette refonte de la circulation au
sein du bâtiment. L’accessibilité se veut aussi
plus grande dans les contenus proposés : créer
des contenus plus lisibles ou adaptés à tous les
publics, dans le but de permettre la compréhen-
sion du programme par tous et de participer à la
rencontre avec l’art et l’artiste. Les différentes
formes de handicaps demandent une attention
singulière pour pouvoir répondre le plus préci-
sément possible aux différents besoins avec
respect et sans jamais stigmatiser.
Propositions d’actions
concrètes
• Amélioration de l’accueil des personnes
à mobilité réduite
L’objectif du musée est de se rendre plus
accessible pour un meilleur accueil des
personnes à mobilité réduite (PMR). En ce
sens des améliorations du bâtiment sont à
prévoir notamment des ascenseurs afin de
permettre aux PMR de se déplacer en
toute autonomie sans l’aide d’une
personne de l’équipe du Capc. Ces travaux
seront à prévoir dans les cinq années à
venir.
• Aménager des espaces de repos et de
convivialité sur le parcours visiteur
Pour permettre au Capc d’être un endroit
où il est possible d’apprécier l’art dans le
respect du rythme de chacun, il est
essentiel de créer davantage d’espaces de
repos et de convivialité qui favorisent la
découverte et l’approfondissement des
expositions. Ce travail a déjà été entamé
en proposant des espaces de médiation/
repos qui prolongent l’exposition Absalon
Absalon avec un espace dédié aux enfants
où il leur est possible de réinventer des
œuvres architecturales de l’artiste à partir
de jeux de briques ou encore l’espace qui
prolonge l’exposition Le Tour du jour en
quatre-vingts mondes qui propose de
revenir en vidéos sur l’exposition à travers
des présentations en différentes langues
notamment en Langue des signes
française (LSF).
• Réflexion globale pour adapter les outils
aux handicaps
Dans la continuité d’un espace repensé, il
s’agit aussi de mieux adapter nos outils
pour le respect des différents handicaps
en proposant des supports de médiation
Perfomance de Nicolas Faubert au Capc, 2021. Photo : Frédéric Devalp. 117 p. 116
et de visites par exemple : des visites des
expositions en LSF avec une guide en art
contemporain sourde, des contenus en
braille pour les personnes aveugles ou
encore le sous-titrage systématique des
contenus vidéos en ligne.
• Développer une démarche Facile à lire et
à comprendre (Falc)
La démarche Falc permet de la manière la
plus inclusive possible de favoriser l’accès
aux contenus des expositions en
proposant un vocabulaire adapté et
accessible à tous. Au-delà de supports
textuels que le Capc souhaite mettre en
place, les discours et adresses tenus par
les commissaires ou en général les
équipes du Capc seront adaptés pour être
compréhensibles par tous.
• Démarrer les transformations et les
démarches pour obtenir le label
Tourisme & Handicap
Tourisme&Handicap est une marque
d’Etat attribuée aux établissements qui
s’engagent dans une démarche de qualité
ciblée sur l’accessibilité aux loisirs et aux
vacances pour tous. Cette marque
identifie les établissements répondant aux
besoins spécifiques des touristes en
situation de handicap qu’il soit auditif,
mental, moteur ou visuel. La marque
Tourisme & Handicap a défini des critères
d’accessibilité et d’accueil pour garantir le
tourisme à tous dans la plus grande
autonomie possible. Elle prend en compte,
notamment, l’accès facilité aux bâtiments
et aux prestations de l’établissement. Elle
est également attentive à l’accueil
personnalisé réservé aux touristes en
termes d’attention et de bienveillance.
Un établissement labellisé, répondant
donc à ces critères, est soumis à un
contrôle régulier par des évaluateurs
formés et spécialisés.
6.3 Amplifier la transition écologique
et énergétique du Capc
Un grand musée français émet environ 9 000
tonnes de CO2 par an, ce qui est l’empreinte
annuelle de 800 français. Cette statistique
alarmante se doit impérativement de changer,
pour tendre vers un concept de « Musée vert ».
Si nombre de problématiques sont portées à
l’échelle de la collectivité, en interne le Capc
peut s’investir dans une logique de l’anti-gas-
pillage, en étudiant les filières recyclables et en
s’appuyant sur une économie sociale, solidaire
et circulaire pour tous les aspects de l’activité
du musée, en s’interrogeant sur les aides à la
visites payantes ou dématérialisées, en identi-
fiant mieux les besoins en publication et leurs
quantités. L’écoresponsabilité passe aussi par
les bonnes pratiques au quotidien du personnel,
avec une sensibilisation accrue aux probléma-
tiques environnementales et des formations
sur des gestes à adopter pour mieux œuvrer
dans notre travail avec sobriété, efficacité et
résilience.
Le Capc a un véritable potentiel pour se faire un
vecteur de transmission de valeurs culturelles et
patrimoniales en cohérence avec sa transition
écologique. Par le biais de la pédagogie, il s’agit
d’éveiller les consciences et de donner à chacun
les moyens et les outils pour agir, de penser de
nouvelles formes de participation avec le public,
de créer et de faire preuve d’impact positif dans
tous les aspects de son fonctionnement.
Au-delà de la préservation évidente d’un patri-
moine matériel et immatériel qui est un des rôles
fondamentaux d’un Musée de France, l’idée
est de questionner les valeurs et les systèmes
traditionnels de fonctionnement pour créer de
nouveaux schémas de pensée. Par le biais de
cette sensibilisation formelle et informelle des
visiteurs comme des agents, le Capc apparaî-
trait comme un facilitateur de partenariats et
de collaborations intersectoriels, générateur
d’inclusion sociale.
L’artiste et la création contemporaine restent
au centre de la mission première et des pré-
occupations quotidiennes. Mais en proposant
des démarches qui se situent dans l’innovation
écologique et dans le storytelling intelligent, il
s’agit de déplacer le curseur, de diversifier l’in-
formation et son accès, et ainsi de penser de
nouvelles manières de raconter le Capc.
Propositions d’actions
concrètes
• Élaborer pour chaque projet un cahier
des charges global, comprenant le
sourcing et le devenir des matériaux
utilisés et son empreinte carbone,
faire un feedback systématique sur
chaque projet avec son bilan
écologique
• Proposer des expérimentations de
végétalisation du bâtiment dans une
logique de renaturation, en amenant
plus de vert sur les terrasses, le café,
les ateliers, la façade, par exemple en
phase 1 lors d’un workshop avec
l’Ecole du Paysage
• Créer un comité de suivi écologique
avec des volontaires du personnel, qui
se penchent sur les actions simples à
mener auprès de l’équipe, du public et
au sein des projets, pour avoir une
approche engagée et exemplaire
(réduction puis élimination du
plastique à usage unique, tri des
déchets, incitation à l’utilisation des
mobilités douces, valorisation des
partenariats avec des acteurs
écoresponsables locaux…).p. 119 p. 118
6.4 Le statut de l’artiste et sa juste rémunération
Le Capc est engagé depuis de nombreuses
années (plus de dix ans) dans une démarche de
rémunération des artistes sous forme d’hono-
raires et de droits d’auteur (incluant les droits de
présentation publique, droits de reproduction
et droits de représentation). Chaque exposition
donne lieu à un contrat qui établit clairement
ces droits. Le montant des honoraires a été revu
à la hausse en 2020 à l’arrivée de la nouvelle
direction, notamment pour les monographies
dans la nef, projets qui mobilisent les artistes sur
plusieurs mois. Les honoraires sont versés en
direct aux artistes. Les droits d’auteurs, quant
à eux, sont versés soit aux artistes eux-mêmes,
soit aux sociétés de gestion des droits si l’artiste
y est affilié. En cas de commercialisation de
l’image de l’œuvre comme en cas de création
de produits dérivés ou de produits d’édition,
l’artiste reçoit une rémunération spécifique
supplémentaire.
Par ailleurs, le ministère de la Culture a publié
en décembre 2019 une recommandation pour
instaurer un droit d’exposition au bénéfice des
artistes lors de l’exposition de leurs œuvres, ré-
sultat d’une concertation des services (direction
générale du patrimoine et direction générale
de la création artistique) avec les associations
regroupant les fonds régionaux d’art contem-
porain (FRAC) et avec les organismes de ges-
tion collective, ainsi qu’avec les directions des
musées et monuments nationaux. Par une note
du 1er février 2020, cette recommandation est
devenue une obligation pour les établissements
soutenus par le ministère de la Culture. Il s’agit
pour le ministère de la Culture d’organiser la
perception par l’auteur de l’œuvre d’un droit à
l’occasion de l’exposition en inscrivant ce droit
dans le cadre plus large d’une reconnaissance
matérielle du travail artistique au travers de sa
rémunération.
Le ministère de la Culture instaure ainsi un mi-
nimum de rémunération s’appliquant à la pré-
sentation d’une œuvre d’artistes vivants lors
d’expositions temporaires ou permanentes.
Cette rémunération du droit d’exposition des
artistes vivants s’intègre dans les obligations
des établissements et des structures labellisées
bénéficiant d’un soutien du ministère.
Olu Ogunnaike et Cédric Fauq lors du montage de l’expoisition Miettes, 2021. Photo : Frédéric DevalI
> [ex ‘Oo […E Us > = = tu < (e] + © Fun su a
p. 121 p. 120
Epilogue
Ce Psc se fonde sur un diagnostic de l’activité du
Capc et la prise en considération d’un contexte
en profonde mutation auquel ce document tente
de répondre. En renouvelant de manière pro-
fonde les modalités de relations entre les visi-
teurs, les habitants du territoire, les artistes et
les œuvres présentées, le Capc ambitionne de
devenir une institution de référence à l’échelle
territoriale, nationale et internationale, un lieu
ouvert, accueillant et en prise directe avec une
création artistique bouillonnante, diversifiée et
en lien avec les grands enjeux de notre époque.
Nous avons conçu ce Psc comme un outil évo-
lutif, qui ne cessera de s’adapter aux mutations
en cours. Associé à un plan d’action annuel, ce
PSC constitue une véritable feuille de route pour
les équipes, et donnera lieu à des évaluations
périodiques associant l’ensemble de l’équipe.
Dans sa volonté d’être un musée-laboratoire,
il assume tout autant le droit à l’expérimenta-
tion, le droit d’oser mais aussi le droit à l’erreur.
La dynamique de concertation et de dialogue
enclenchée se prolongera et se développera
dans la durée. Formalisée pendant la pandé-
mie, la concertation n’a pas pu suffisamment
se nourrir des apports extérieurs, c’est la rai-
son pour laquelle nous inscrivons L’Atelier des
communs, nouveau rendez-vous où les publics
seront sollicités pour penser ensemble l’insti-
tution, comme un élément fort de ce Psc qui
viendra le nourrir et l’abonder.
Ce Psc rend compte de notre ambition pour faire
du Capc un lieu intensément ouvert, passion-
nément vivant, en constante évolution, capable
de redéfinir ses méthodes pour se hisser à la
hauteur des exigences de notre présent : une
contemporanéité complexe, parfois anxiogène,
mais également foisonnante, engagée et pleine
de promesses, dont la création artistique ne
cesse de rendre compte.
Performance Cor à corps de Mona Varichon, 2021. Photo : Arthur Péquint.
LS =
a LT L
TÉL
GT
Photo : Arthur Péquin
Annexes
Organigramme p.1
Plan du site p.3
Plan de situation à l’échelle de
laville de Bordeaux p.4
Vue de l’exposition Deux sœurs de Chiara Camoni, 2021. Photo : Arthur PéquinSERVICE ADMINISTRATION
GENERALE
Directeur.ice adijoint.e
Partenariats et mécénat
Chargée de développement, des
partenariats et des privatisations
DIRECTION
Directeur.trice
Assistant.e de direction
Chargé.e de mission patrimoine et bâtiment
SERVICE PRODUCTION
Responsable de service
Sécurité incendie/ hygiène/
prévention
Chargée de sécurité incendie
Agent.e de sécurité
Centre comptabilité, finances
Comptable
Gestionnaire déconcentrée RH
Intendance et économat
Agent.e en charge de l'intendance et
économat
Centre surveillance et entretien
Responsable de centre
4 Surveillant.e.s principaux
3 Surveillant.e.s de salles
SERVICE DES PROJETS
Responsable de service
Archives : Chargé.e des archives
Bibliothèque : Documentaliste
Edition et évènementiel : Chargé.e de la
programmation événementielle et des
éditions
SERVICE DEVELOPPEMENT DES
PUBLICS ET DE LA COMMUNICATION
Responsable de service
Centre Accueil, boutique, logistique
et locations
Responsable de centre
Adijoint.e au responsable de centre
2 Agent.e.s d'accueil boutique
Centre technique
Responsable de centre
4 Agents.es technique
Audiovisuel
Agent.e en charge de l'audiovisuel
Electricité, éclairage
Electricien.ne
Centre collections et commande artistique
Responsable de centre
Chargée de la commande artistique
Régisseurs.euse collections
Centre communication, presse et
relations extérieures
Responsable de centre
Adijoint.e au resp. de centre
Assistant.e de communication
Centre expositions
Responsable de centre
Coordinateur.trice de la régie du service des
projets
Coordinateur.rice des expositions —
commissaire associé.e des résidences
Chargé.e de logistique
Centre médiation et développement
des publics
Responsable de centre
4 Médiateur.trices culturel.lles
Annexes – p. 2 Annexes – p. 1
OrganigrammeSe]
M
ue
in
HO)
Î/
Annexes – p. 4 Annexes – p. 3
Plan du site Plan de situation
à l’échelle de la ville de Bordeaux
Entrée
2 Atelier du Regard
2 Terrasse
2 Café du Musée
2 Auditorium
1 arc en rêve
centre d’architecture
1 Wc
0 Wc
0 Espace de médiation
2 Espace de médiation
0 Nef
1 Bibliothèque
0 Accueil, Boutique 0 Wc
0 Salon
1 Wc
Le Tour du jour
en quatre-vingts mondes
Le Tour du jour
en quatre-vingts mondes
Olu Ogunnaike
Cellula
Bonjour, Hello, Buenos
días,...
Le Club du Poisson-Lune
Absalon Absalon
2 Galerie Foy
2 Galerie Ferrère
0 Galerie du rez-de-chaussée
0 Galerie du rez-de-chaussée
2 Galerie Arnozan
NT
KH
KH
NT
NT
RL
RL
RL
RL
CB
Œuvres in situ NT Niele Toroni, KH Keith Haring, CB Christian Boltanski, RL Richard Long
Plan
Capc
Cité du vin
Fabrique Pola
Muséum de Bordeaux
Ebabx
Frac Nouvelle-Aquitaine MÉCA
Musée d’Aquitaine
MADD – Musée des arts décoratifs et du design
Base sous-marine
L’annexe BANNEXE 2
Axes stratégiques Objectifs opérationnels Indicateurs Modes de calcul
Augmenter la
fréquentation Fréquentation totale Nombre total de visiteurs
Nombre d'enfants et de jeunes ayant
bénéficié d'une action EAC
Nombre d'enfants et de jeunes ayant bénéficié d'une action EAC
- dont "temps scolaire" et "hors temps scolaire"
Volume d'heures consacré à l'EAC en
faveur des enfants et des jeunes
Nombre d'enfants et de jeunes ayant bénéficié d'une action EAC x nombre d'heures de transmission - dont "temps scolaire" et "hors temps scolaire"
Nombre de structures bénéficiaires
d'actions EAC
Nombre de structures bénéficiaires d'actions EAC
- dont jeune public
- dont publics du champ social
Favoriser la création
des œuvres
Nombre de commandes, acquisitions et
productions aidées
FRAC: Nombre de commandes et d'acquisitions d'œuvres d'art réalisées auprès d'artistes CAC: Nombre de commandes et de productions d'œuvres d'art réalisées auprès d'artistes
Accompagner le
parcours professionnel
des artistes
Nombre d'artistes soutenus pour la 1ere ou
2e fois dans la programmation
Nombre d'artistes soutenus pour la 1ere ou 2e fois dans la programmation de la structure (exposition, résidence, production, édition)
Promouvoir l'emploi
artistique
Part du budget consacrée à la rémunération
artistique
FRAC: [Montant des acquisitions et des commandes réalisées auprès d'artistes + Montant des acquisitions et des commandes réalisées auprès des galeries x 50 %] / Budget global FRAC et CAC: [Montant des honoraires + montant des cessions de droit + montant des droits de présentation publique versés aux artistes ] / Budget global
Maîtriser les charges
fixes Evolution des charges fixes
(Montant des charges fixes de l'année N - montant des charges fixes de l'année N-1) / montant des charges fixes de l'année N-1
Indicateurs spécifiques CAC
Axes stratégiques Objectifs opérationnels Indicateurs Modes de calcul
Part des artistes de la scène française dans
l'accès à la programmation dont les œuvres ont
été exposées
Nombre d'artistes de la scène française exposés/ nbre total d'artistes exposés (monographies)
Part des artistes de la scène française dans
l'accès à la programmation dont les œuvres ont
été produites
Nombre d'artistes de la scène française produits / nombre total d'artistes produits
Soutien à la scène
française
Ressources propres (recettes hors subventions) / ressources totales (%)
Accès pour tous à
l'offre culturelle Développer les actions
d'éducation artistique
et culturelle (EAC)
Soutien à la création
artistique
Situation financière
Développer les
ressources propres Taux de ressources propres
Encourager la
représentation des
artistes de la scène
françaiseAnnexe 3
2022 2023 50 ans du Capc 2024 2025 2026
DEPENSES FONCTIONNEMENT 1 022 000,00 € 1 172 000,00 € 1 042 000,00 € 1 077 000,00 € 1 097 000,00 €
Programmation artistique 646 000,00 € 742 000,00 € 660 000,00 € 685 000,00 € 685 000,00 €
dont Expositions et productions 540 000,00 € 600 000,00 € 540 000,00 € 560 000,00 € 560 000,00 €
dont Résidence Les furtifs 25 000,00 € 25 000,00 € 25 000,00 € 30 000,00 € 30 000,00 €
dont Editions 15 000,00 € 15 000,00 € 15 000,00 € 15 000,00 € 15 000,00 €
dont Evénementiel 25 000,00 € 50 000,00 € 30 000,00 € 30 000,00 € 30 000,00 €
dont Collection 27 000,00 € 30 000,00 € 30 000,00 € 30 000,00 € 30 000,00 €
dont Bibliothèque 7 000,00 € 10 000,00 € 10 000,00 € 10 000,00 € 10 000,00 €
dont Archives 7 000,00 € 12 000,00 € 10 000,00 € 10 000,00 € 10 000,00 €
Education artistique et culturelle 30 000,00 € 40 000,00 € 35 000,00 € 35 000,00 € 40 000,00 €
Action culturelle et médiation 65 000,00 € 75 000,00 € 65 000,00 € 65 000,00 € 70 000,00 €
Communication 65 000,00 € 80 000,00 € 70 000,00 € 70 000,00 € 75 000,00 €
Technique et fonctionnement du bâtiment 131 000,00 € 130 000,00 € 112 000,00 € 122 000,00 € 122 000,00 €
Administration et fonctionnement général 25 000,00 € 30 000,00 € 30 000,00 € 30 000,00 € 35 000,00 €
Boutique 60 000,00 € 75 000,00 € 70 000,00 € 70 000,00 € 70 000,00 €
RECETTES 1 022 000,00 € 1 172 000,00 € 1 042 000,00 € 1 077 000,00 € 1 097 000,00 €
Budget Ville de bordeaux 672 000,00 € 672 000,00 € 672 000,00 € 672 000,00 € 672 000,00 €
dont budget primitif 522 000,00 € 522 000,00 € 522 000,00 € 522 000,00 € 522 000,00 €
dont reversement recettes ville de bordeaux 150 000,00 € 150 000,00 € 150 000,00 € 150 000,00 € 150 000,00 €
Subventions et aides au fonctionnement 100 000,00 € 120 000,00 € 120 000,00 € 140 000,00 € 140 000,00 €
dont Subvention DRAC - Label CACIN - CPO 100 000,00 € 120 000,00 € 120 000,00 € 140 000,00 € 140 000,00 €
Subventions et aides dédiées à projet 24 500,00 € 30 000,00 € 30 000,00 € 35 000,00 € 35 000,00 €
dont Subvention DRAC - Projets de médiation 4 500,00 € 10 000,00 € 10 000,00 € 15 000,00 € 15 000,00 €
dont Subvention musée de France - Projets de médiation 20 000,00 € 20 000,00 € 20 000,00 € 20 000,00 € 20 000,00 €
Mécénats et partenariats, appels à projets 75 500,00 € 200 000,00 € 70 000,00 € 80 000,00 € 100 000,00 €
Convention de mécénat Wilmers 150 000,00 € 150 000,00 € 150 000,00 € 150 000,00 € 150 000,00 €
CAPC
Budgets prévisionnels pour les actions 2022-2026MINISTÈRE
DE LA CULTURE
Liberté
Egalité
Fraternité
PEC
TACLE
IVAN 25 NOVEMBRE 2021
Plan de
lutte contre
les violences
et le harcèlement
sexistes et sexuels
dans le spectacle
vivantExtension du plan
de lutte contre
les VHSS dans le
spectacle vivant
Dès 2017 — Des dispositifs pour lutter
contre les Violences et le Harcèlement
Sexistes et Sexuels (VHSS) dans les
services et établissements du ministère
• Formations
• Sensibilisation
• Prévention
• Cellule d’écoute pour faciliter
les signalements
et leur traitement
Sous l’impulsion de Roselyne Bachelot-
Narquin : conditionnement des aides
déjà en place au Centre National de
la Cinématographie (CNC), mise en
place par le Centre National de la
Musique (CNM) du conditionnement
des aides qu’ils versent aux structures
à des mesures de prévention et de
traitement des VHSS.
En janvier 2021 — Annonce de
l’extension, fin 2021, du plan de lutte
contre les VHSS dans le spectacle
vivant.
Dispositifs existants pour les
opérateurs nationaux du spectacle
vivant relevant du ministère de la
Culture.
• Depuis 2018 mise en place :
— D’une cellule d’écoute Allosexism
pour faciliter les signalements et
leur traitement.
— D’un réseau de référents dans les
services et établissements publics
• Depuis 2019, sous l’impulsion de
Franck Riester, des actions de
formation mises en œuvre à la faveur
d’un marché interministériel piloté
par les ministères sociaux, accessible
à tous les agents du ministère et
de ses établissements publics ainsi
que les étudiants de l’enseignement
supérieur culture en bénéficient.
• En 2021, lancement une formation
de recueil à la parole sensible pour
le réseau de référents (opérée
par Allodiscrim), diffusion de
fiches-réflexes pour guider les
établissements dans l’identification,
la qualification et le traitement des
VHSS.
Ministère de la Culture — Plan de lutte contre les violences et le harcèlement sexistes et sexuels dans le spectacle vivant 03Champ d’application
du plan pour le
spectacle vivant
Sont concernées toutes les structures
subventionnées par le ministère de la Culture :
• Structures labellisées par le ministère (ex : scènes
nationales, CDN, CCN, CDCN, CNAREP, etc.)
• Festivals soutenus par le ministère (sera inclus dans
la nouvelle politique du ministère de la Culture en
faveur des festivals)
• Autres lieux non labellisés régulièrement soutenus
par le ministère
• Équipes et ensembles artistiques
Ministère de la Culture — Plan de lutte contre les violences et le harcèlement sexistes et sexuels dans le spectacle vivant 04À partir de janvier
2022, le ministère de la
Culture conditionnera
le versement de ses
subventions au respect
de 5 engagements
1 — Être en conformité avec les obligations
du code du travail en matière de santé,
de sécurité et de harcèlement sexuel
2 — Créer un dispositif interne de signalement
efficace et traiter chaque signalement reçu
3 — Former dès 2022 la direction, les encadrants,
la DRH et les personnes désignées référentes au
recueil de la parole et à la gestion des situations
de VHSS
4 — Sensibiliser formellement les équipes
et organiser la prévention des risques
5 — Engager un suivi et une évaluation des actions
en matière de VHSS
Ministère de la Culture — Plan de lutte contre les violences et le harcèlement sexistes et sexuels dans le spectacle vivant 05ENGAGEMENT 1
Respecter les
obligations du code
du travail en matière
de prévention et de
lutte contre les VHSS
• Les obligations légales qui s’imposent
aux employeurs en matière de pré-
vention et de lutte contre les VHSS
sont fixées par le Code du travail
(article L. 1153-5 1°, L. 2314-1 et L.
2315-32).
• L’employeur prend toutes dispositions
nécessaires en vue de prévenir les faits
de harcèlement sexuel, d’y mettre un
terme et de les sanctionner.
• Ces obligations visent à prévenir les
risques, y mettre un terme lorsqu’ils
se déroulent et sanctionner :
— Une obligation d’information
des personnels : « dans les lieux
de travail ainsi que dans les locaux
ou à la porte des locaux où se fait
l’embauche, les personnels sont
informés par tout moyen du texte
de l’article 222-33 du code pénal
ainsi que des actions contentieuses
civiles et pénales ouvertes en
matière de harcèlement sexuel
et des coordonnées des autorités
et services compétents » (article L.
1153-5).
— La désignation obligatoire d’une
personne référente en matière de
lutte contre le harcèlement sexuel
et les agissements sexistes au sein
du comité social et économique
(CSE), pour une durée qui prend fin
avec celle du mandat des membres
élus du comité (article L. 2314-1).
— La désignation en plus d’une per-
sonne référente chargée d’orienter,
d’informer et d’accompagner les
salariés en matière de lutte contre
le harcèlement sexuel et les agis-
sements sexistes dans toutes les
entreprises employant au moins 250
salariés (article L. 1153-5-1 du code
du travail).
Ministère de la Culture — Plan de lutte contre les violences et le harcèlement sexistes et sexuels dans le spectacle vivant 06ENGAGEMENT 2
Former la direction,
les encadrants,
la Direction des
ressources humaines
et les personnes
désignées référentes
Les représentants légaux des structures
concernées par le plan s’engagent,
en 2022, à suivre une formation sur
la prévention des violences sexistes
et sexuelles ayant afin :
• D’identifier ce qui est légalement
considéré comme relevant du
harcèlement ou des violences
sexistes et sexuelles
• De connaître les obligations des
employeurs en matière de VHSS
et l’ensemble des actions à mener
s’ils sont témoins ou sont alertés
sur des comportements pouvant
relever des VHSS
• D’intégrer dans leurs plans de
formation, les formations ad hoc
à destination de leurs équipes
d’encadrants, leur service RH
et l’ensemble des personnes
désignées référentes en charge
du sujet.
Ministère de la Culture — Plan de lutte contre les violences et le harcèlement sexistes et sexuels dans le spectacle vivant 07ENGAGEMENT 3
Sensibiliser les
équipes et organiser
la prévention des
risques
• Former et sensibiliser l’ensemble des
salariés permanents de la structure
au moyen d’une formation tous les
2 ans.
• Mettre en place un réseau des réfé-
rentes et référents sur ces questions,
à qui s’adresser pour des informa-
tions et conseils à disposition des
salariés et des encadrants.
• Mettre à disposition des documents
d’information sur les VHSS, infor-
mer les personnels de l’existence de
la cellule d’écoute et d’alerte à leur
disposition.
• Afficher des risques encourus en cas
d’infraction (dans les espaces com-
muns, les studios, les loges…).
• Procéder à l’information et à la sen-
sibilisation des salariés non perma-
nents, par exemple en joignant au
règlement intérieur, au contrat de
travail ou à la fiche de paye une infor-
mation sur la prévention du harcè-
lement et des violences à caractère
sexuel.
• Mettre en place, en cas de produc-
tion artistique pouvant utiliser le nu
ou des situations à caractère sexuel,
un plan de prévention spécifique
avec une personne référente pour
suivre la production et conseiller les
équipes, de la conception jusqu’aux
représentations.
Ministère de la Culture — Plan de lutte contre les violences et le harcèlement sexistes et sexuels dans le spectacle vivant 08ENGAGEMENT 4
Créer un dispositif
interne de
signalement et traiter
systématiquement
chaque signalement
• Créer et faire connaître une procé-
dure de signalement interne à dis-
position de toute personne témoin
ou victime de violence sexiste ou
sexuelle.
• Assurer la protection de la personne
ayant signalé les faits.
• Assurer la protection des témoins
éventuels.
• Recevoir, écouter et accompagner
les personnes qui signalent des faits
susceptibles d’être qualifiés de VHSS.
• Systématiser les comptes rendus
écrits.
• Mener ou faire mener une enquête
interne (par le CSE, l’inspection du
travail, etc.).
• Informer la personne plaignante
de ses droits ou des outils à sa dispo-
sition afin qu’elle puisse, si elle
le souhaite, engager des démarches
judiciaires et le cas échéant l’accom-
pagner dans ces démarches.
• Engager, le cas échéant, une procé-
dure disciplinaire à l’encontre de la
personne responsable des faits.
• Dans le cas d’un établissement
public, informer le procureur de la
République au titre de l’article 40 du
code de procédure pénale en cas de
connaissance de faits qui pourraient
s’apparenter à un délit ou à un crime.
Ministère de la Culture — Plan de lutte contre les violences et le harcèlement sexistes et sexuels dans le spectacle vivant 09ENGAGEMENT 5
Engager un suivi
et une évaluation
des actions
• Afin de vérifier l’impact des mesures
présentées dans le présent plan,
la structure s’engage à réaliser
un diagnostic annuel de son niveau
de sécurisation en matière de VHSS.
• Ce diagnostic pourra intégrer un
questionnaire anonyme diffusé aux
équipes des structures concernées.
• Ce diagnostic sera un critère évalué
par les services du ministère de la
Culture pour l’obtention d’aides ulté-
rieures. En cas de non-respect des
engagements identifié au moment
de l’évaluation, la structure sera
destinataire d’un courrier de mise
en demeure de se conformer à ses
engagements, point de départ
d’une phase d’accompagnement.
• L’obtention de nouvelles aides
ne pourra intervenir qu’après mise
en conformité de la structure.
Ministère de la Culture — Plan de lutte contre les violences et le harcèlement sexistes et sexuels dans le spectacle vivant 10Le ministère
accompagne les
professionnels dans
la mise en œuvre
de leurs actions
Existant et pérennisé
En juin 2020, le ministère de la Culture
a contribué à la mise en place et soutient
fortement la cellule d’écoute psycho-
logique et juridique opérée par
Audiens (01 87 20 30 90 / violences-
sexuelles-culture@audiens.org)
DEPUIS LE 1ER JANVIER 2017,
LES CELLULES ALLODISCRIM
ET ALLOSEXISM ONT ÉTÉ MISES
EN PLACE ET ASSURENT UN
ACCOMPAGNEMENT JURIDIQUE
ET PSYCHOLOGIQUE POUR LES
AGENTS DES SERVICES CENTRAUX
ET DÉCONCENTRÉS DU MINISTÈRE
DE LA CULTURE ET DE SES OPÉRATEURS
AINSI QUE POUR LES ÉLÈVES
DES ÉCOLES DE L’ENSEIGNEMENT
SUPÉRIEUR CULTURE.
Nouveau
• Afin de faciliter les actions de forma-
tion et de sensibilisation, le ministère
de la Culture a accompagné l’AFDAS
dans le développement d’une offre de
formation « clé en main » destinée aux :
— Structures de la culture
et des industries créatives
— Intermittents du spectacle
et de l’audiovisuel
— Artistes auteurs
• 4 parcours adaptés aux différents
objectifs professionnels ont ainsi été
conçus et seront proposés, avec une
prise en charge financière facilitée par
l’AFDAS (opérateur de compétences
(OPCO) des secteurs de la culture, des
industries créatives, des médias, de la
communication, des télécommunica-
tions, du sport, du tourisme, des loi-
sirs et du divertissement), à compter
du 6 décembre 2021 :
Parcours 1 — « Acquérir les fondamen-
taux en matière de VHSS »
Parcours 2 — « Contribuer au déploie-
ment des mesures de lutte contre
les VHSS dans son organisation et
auprès de ses collègues »
Parcours 3 — « Mettre en place un plan
d’action et évaluer ses effets au sein
de sa structure »
Parcours 4 — « Être ambassadeur-
référent VHSS de sa structure ».
Ministère de la Culture — Plan de lutte contre les violences et le harcèlement sexistes et sexuels dans le spectacle vivant 11Modalités du
conditionnement
1 — Comment les labels et structures
conventionnées vont-ils s’engager ?
Un avenant intègrera les cinq engage-
ments prévus dans les conventions
pluriannuelles d’objectifs en cours.
Pour les conventions pluriannuelles
d’objectifs à venir, les cinq engage-
ments seront intégrés.
2 — Comment le conditionnement sera
traité dans les appels d’offres ?
Comme pour les aides publiques ver-
sées par le CNC et le CNM, le respect
des cinq engagements sera intégré aux
conditions pour candidater.
Pour la constitution de son dossier de
candidature, la structure devra fournir
certains documents attestant du res-
pect des engagements (ex : existence
d’un référent VHSS, actions de forma-
tion, etc.).
Quelles conséquences en cas de non-respect
des engagements ?
En cas de non-respect des engage-
ments identifié au moment de l’éva-
luation, la structure sera destinataire
d’un courrier de mise en demeure de
se conformer à ses engagements, point
de départ de la phase d’accompagne-
ment qui s’ouvrira alors pour aider la
structure dans sa mise en conformité.
L’obtention de nouvelles aides ne
pourra intervenir qu’après mise en
conformité de la structure.
Ministère de la Culture — Plan de lutte contre les violences et le harcèlement sexistes et sexuels dans le spectacle vivant 12Ministère de la Culture — Plan de lutte contre les violences et le harcèlement sexistes et sexuels dans le spectacle vivant 13En MINISTÈRE
DE LA CULTURE
Liberté
Egalité
Fraternité