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Document publié le Mardi 5 juillet 2022 par la commune de Cabriès.
Lien du pdf (unknown - Discours de Mme Amapola Ventron du 5 juillet 2022)
Thèmes du document : Histoire et mémoire, Culture et patrimoine, Armement,
Discours de Mme Amapola Ventron
Maire de Cabriès
Hommage à la mémoire des victimes des massacres d’Oran
Mardi 5 juillet 2022
Mesdames et Messieurs les représentants des autorités civiles et militaires,
Mesdames et Messieurs les Présidents d’associations patriotiques,
Mesdames, Messieurs les élus,
Mes chers concitoyens,
De nombreuses commémorations, durant l’année, nous invitent à nous souvenir d’un passé glorieux ou douloureux, récent ou plus ancien, qui a façonné nos institutions, notre société, jusqu’à notre territoire. Passé, durant lequel l’homme a su montrer le meilleur de lui-même, alors qu’il était confronté à l’infâmie de ses semblables.
Le devoir de mémoire est ainsi une obligation morale individuelle et collective. Pourtant la mémoire se montre quelquefois sélective lorsque la passion dépasse les faits, lorsque la blessure est encore trop vive pour être pansée.
Il en va, je crois, de la mémoire d’un massacre perpétré dans l’indifférence de la France et du monde qui croyait, à tort, que les problèmes d’une guerre qui n’en portait pas même le nom, avaient été réglés lors des Accords d’Evian du 18 mars 1962. Il s’agit du massacre de centaines de Français, Pieds noirs et Harkis le 5 juillet 1962, dont le sort ne devait plus faire tergiverser le récit, qui semblait clos, de l’histoire de la conquête et de l’administration de l’Algérie, histoire faite de sang de labeur et de rêves déçus.
La douleur, mais aussi sans doute la honte du déshonneur devant tant de terribles responsabilités, ne permettent pas encore de regarder collectivement la vérité historique. Des centaines de Français ont pourtant été massacrés, il y a quelques dizaines d’années seulement, le jour de l’indépendance de l’Algérie, pays dont l’acte de naissance sera ainsi marqué du sceau du sang. Alors que seule la vérité peut conduire à la réconciliation, ce jour funeste est encore l’objet de silences impardonnables.
Cette année à nouveau, rendons hommage à la mémoire de ces centaines de Pieds Noirs et de Harkis enlevés, torturés, liquidés en pleine rue, en seulement quelques heures dans les rues d’Oran il y a à peine 60 ans.
La guerre d’Algérie a profondément et durablement divisé les opinions publiques, déchiré les familles. Tous, soldats de métier ou du contingent, Harkis, Pieds Noirs, ont conservé de ce terrible conflit non seulement une peine et une douleur profondes, mais aussi le goût d’une inaltérable amertume.
Mais à la douleur des souffrances vécues, s’est ajoutée au fils des ans, la douleur de l’inacceptable oubli de ce massacre.
L’escalade de la folie meurtrière, durant des années d’affrontements, et plus encore durant des derniers mois jusqu’au-boutistes de part et d’autre, a entrainé l’irréparable à Oran. Cependant, au-delà des responsabilités, aussi lourdes soient elles, je souhaite que le massacre de tous ces hommes et de toutes ces femmes, de tous ces civils qui avaient foi en la France et qui ont perdu la vie à Oran, ne soient plus tus.
Ici, à Cabriès, notre présence participe à cette juste reconnaissance des nombreuses responsabilités de notre Etat. La France ne peut être elle-même qu’en pleine lumière, la France ne peut être à la hauteur de son histoire que lorsqu’elle sait se regarder en face.
Vive la République ! Vive la France ! Vive Cabriès-Calas !
Je vous remercie.