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unknown - Communauté d'agglomération - Pays Basque - OJ 39 Dossier PDA Bidart Ilbarritz
Document publié le Mercredi 1 janvier 2025
Lien du pdf (unknown - Communauté d'agglomération - Pays Basque - OJ 39 Dossier PDA Bidart Ilbarritz)
Thèmes du document : Aménagement du territoire, Culture et patrimoine, Espaces terrestres et maritimes,
ATELIER LAVIGNE – Architectes associés
URBANISTE DU TERRITOIRE – Guillaume Duhamel, urbanisme & patrimoines
BIDART, Pyrénées-Atlantiques
Périmètre Délimité des Abords
du Château d’Ilbarritz
Rapport de
délimitation du
Périmètre Délimité
des Abord
(PDA) Août 2023
COMMUNAUTE D’AGGLOMERATION PAYS BASQUE
15, avenue Foch – CS 880507 – 64 185 BAYONNE CEDEX
Protection patrimoines, paysages
Commune de Bidart, 64Bidart – Périmètres Délimités des Abords – Rapport – Atelier Lavigne & Guillaume Duhamel 2
. sommaire
1 contexte réglementaire et objet de l’étude p_03
1.1 Textes de référence
1.2 Contexte institutionnel
1.3 La protection au titre des Monuments Historiques
2 description de l’objet de l’étude p_07
2.1 Base Mérimée
2.2 Description
2.3 Historique
3 le monument et les composantes du site : intérêts et enjeux p_14
3.1 Bidart entre mer et montagne
3.2 Un site privilégié pour les grands domaines de villégiature
3.3 La tradition de la chasse à la baleine dans le paysage
3.4 L’évolution du paysage
3.5 Les permanences
3.6 Les relations de covisibilités
4 proposition de délimitation du PDA p_22
4.1 Scénario retenu de délimitation du PDA
4.2 Comparaison des délimitations des abords et du PDABidart – Périmètres Délimités des Abords – Rapport – Atelier Lavigne & Guillaume Duhamel 3
1 contexte
réglementaire
et objet de
l’étudeBidart – Périmètres Délimités des Abords – Rapport – Atelier Lavigne & Guillaume Duhamel 4
1.1 Texte de référence
Créé par la LOI n°2016-925 du 7 juillet 2016 - art. 75
Le périmètre de protection délimité des abords (PDA)
introduit par la loi « Liberté de la création à l’architecture
et au patrimoine » du 7 juillet 2016, est une servitude
d’utilité publique visant à limiter les « abords des
monuments historiques » aux espaces les plus intéressants
au plan patrimonial et qui participent réellement de
l’environnement du monument.
Il se substitue aux périmètres « classiques » de protection
de 500 mètres.
A l’initiative de l’architecte des bâtiments de France (ABF)
ou d’une collectivité, la création du PDA peut se faire à
tout moment, autour d’un monument historique classé ou
inscrit.
Le présent rapport vise à justifier la mise en œuvre d’un
Périmètre Délimité des Abords (PDA) adapté à l’ensemble
de cohérence autour de l’un des trois monuments protégés
au titre des Monuments Historiques de la commune.
source : ZPPAUP d’AragonBidart – Périmètres Délimités des Abords – Rapport – Atelier Lavigne & Guillaume Duhamel 5
1.2 Contexte institutionnel
source : Carcassonne-agglo.fr
La commune de Bidart est intégrée à la Communauté
d’Agglomération du Pays Basque. En situation littorale,
dans la continuité de la conurbation des communes du
rivage basque, elle jouit d’une situation exceptionnelle, en
balcon sur l’océan Atlantique et les Pyrénées.
Le Plan Local d’Urbanisme communal a été approuvé le 16
décembre 2011 et a fait l’objet jusqu’en 2017 de révisions
et de modifications simplifiées. De nouvelles modifications
sont en cours actuellement.
Un projet de Plan Local d’Urbanisme infracommunautaire
« Côte Basque Adour » sur les communes de Bayonne,
Biarritz, Bidart, Boucau et Anglet est en cours.
Le Règlement Local de Publicité intercommunal a été
approuvé en 2022.
En 2018, un travail d’inventaire a été engagé avec le
Service Régional du Patrimoine et de l’Inventaire de
Nouvelle Aquitaine.
Après un projet avorté de Zone de Protection du
Patrimoine Architectural Urbain et Paysager en 2007, la
commune a examiné l’opportunité de la délimitation
d’un Site Patrimonial Remarquable sur son territoire
pour encadrer une pression foncière très importante
menaçant son patrimoine urbain. L’étude de délimitation
confiée à l’Atelier Lavigne et Guillaume Duhamel a conclu
à la pertinence de la création de Périmètres Délimités des
Abords pour les trois monuments protégés de la
commune afin de répondre aux orientations politiques
suivantes suivants :
- la protection du paysage bidartar dans ses
perceptions et des pratiques par les habitants et les
visiteurs,
- l’accueil de nouveaux habitants sans dénaturer les
qualités architecturales et urbaines de Bidart,
- la qualité esthétique et d’usage des espaces publics et
le lien entre ceux-ci,
- l’anticipation de l’avenir et notamment du recul du
trait de côte. L’articulation de ces deux dispositifs
devra permettre une prise en compte des enjeux
patrimoniaux, urbains et paysagers aux différentes
échelles.Bidart – Périmètres Délimités des Abords – Rapport – Atelier Lavigne & Guillaume Duhamel 6
1.3 La protection au titre des Monuments Historiques
source : G. Duhamel d’après Atlas des Patrimoines
château d’Ilbarritz
inscrit partiellement
Monument Historique
(1990)
source : Base Mérimée
Le château d’Ilbarritz est
inscrit partiellement au
titre des Monuments
Historiques par arrêté du
30 mai 1990.
Les abords de 500
mètres s’étendent pour
partie sur la commune
de Biarritz où ils se
chevauchent pour partie
avec son Site Patrimonial
Remarquable, sauf sur
une portion minime (1).
Site Patrimonial
Remarquable
de Biarritz
source : Monumentum
1Bidart – Périmètres Délimités des Abords – Rapport – Atelier Lavigne & Guillaume Duhamel 7
2 description
de l’objet
de l’étudeBidart – Périmètres Délimités des Abords – Rapport – Atelier Lavigne & Guillaume Duhamel 8
2.1 Base Mérimée
source : Atlas des Patrimoines
Extrait de la notice Mérimée PA00084544
pop.culture.gouv.fr
Siècle de la campagne principale de construction
4e quart 19e siècle ; 20e siècle
Année(s) de(s) campagne(s) de construction
1896 ; 1960
Auteur de l'édifice
Huguenin Gustave (maître de l'oeuvre)
Description historique
Construit entre 1894 et 1907 (avec un agrandissement en
1960) par l'architecte biarrot Gustave Huguenin pour le baron
Albert de l'Espée (1852-1918), héritier des aciéries De Wendel,
personnage atypique et misanthrope, le château d'Ilbarritz
était la pièce maîtresse de tout un ensemble de constructions,
s'étageant du sommet de la colline à la plage, reliées entre
elles par quatre kilomètres de galeries couvertes. Le baron, qui
se souciait peu de l'esthétique traditionnelle, voulait avant tout
des édifices sans fioritures inutiles et fondamentalement
pratiques.
Nature de la protection de l'édifice
Inscrit MH partiellement
Date et niveau de protection de l'édifice
1990/05/30 : inscrit MH
Précision sur la protection de l'édifice
Façades et toitures ; salle d'orgue ; grand
escalier (cad. AX 96, 103) : inscription par
arrêté du 30 mai 1990
Nature de l'acte de protection
Arrêté
Intérêt de l'édifice
A signaler
Intérêt oeuvre
Premier orgue de Cavaillé Coll, transféré au
Sacré Coeur en 1914. Orgue actuel par
Mutin.
Statut juridique du propriétaire
Propriété d’une société privée
Date de rédaction de la notice
1993
Cadre de l'étude
Recensement immeubles MH
Typologie du dossier
Dossier de protection
source : G. Duhamel d’après Atlas des PatrimoinesBidart – Périmètres Délimités des Abords – Rapport – Atelier Lavigne & Guillaume Duhamel 9
2.2 Description
Le château est situé sur la crête de la falaise d'Ilbarritz
qui forme une terrasse dominant l'océan. Il est bordé au
nord et au sud par le golf d'Ilbarritz. Il est accessible
depuis l'avenue du Château qui monte la falaise par le
sud. Il se compose d'un volume originel formant un plan
en T sur lequel a été ajouté une aile qui se développe
vers le sud. Du fait de son exposition au vent, l'architecte
a choisit un plan en T afin de protéger l'arrière du
bâtiment qui renferme la pièce principale (la salle du
grand orgue) et l'appartement du baron. La grande
façade ouest forme un bouclier déviant les flux vers
l'extérieur. L'aile ouest est couverte d'un toit-terrasse. Le
château s'élève sur trois niveaux d'élévation. Les façades
présentent un moyen appareil en pierre de Bidache. Les
chaines d'angles sont en pierres de taille. Les baies ont
un encadrement en pierre calcaire. Le premier étage est
éclairé par des porte-fenêtres surmontées d'un oculus ou
d'une baie géminé. Au dernier niveau, une galerie en
fonte court sur chaque façade. Elle comporte un brise-
vent en bois qui sert à casser le souffle du vent. A l'est,
une longue terrasse se développe. Elle est fermée au
nord et au sud par un garde-corps en fonte. Elle est
accessible depuis l'intérieur du château par une large et
unique porte percée au premier étage de la façade est.
Une tourelle de plan carré monte le long de la façade
nord contre l'aile ouest et dépasse l'ensemble du
bâtiment pour former un belvédère protégé par une
toiture en ardoise reposant sur des piliers en fonte.
source : Date d'enquête 2018 ; Date(s) de rédaction 2019
(c) Commune de Bidart, (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire
général du patrimoine culturel, Ehlinger Maïté vue de l’entrée de la galerie reliant les cuisines et le château (source : © SRPI Nouvelle Aquitaine, Ehlinger Maïté)
vue du belvédère depuis le nord
(source : © SRPI Nouvelle Aquitaine, Ehlinger Maïté)
façade nord : détail de la fenêtre
de la salle d’orgue
(source : © SRPI Nouvelle
Aquitaine, Ehlinger Maïté)
vue de la façade sud et de ses
galeries
(source : © SRPI Nouvelle Aquitaine,
Barroche Adrienne)
vue de la façade sud et de ses
galeries
(source : © SRPI Nouvelle Aquitaine,
Barroche Adrienne)
détail de
la terrasse sud
(source : © SRPI Nouvelle Aquitaine,
Barroche Adrienne)Bidart – Périmètres Délimités des Abords – Rapport – Atelier Lavigne & Guillaume Duhamel 10
2.3 Historique
En septembre 1889, le baron Albert de l’Espée,
accompagné de sa femme Delphine de Bongars (1863-
1926), découvrit la côte basque au cours d’un séjour à
Biarritz près du lac Mouriscot. Héritier de la dynastie des
Wendel, riche famille de maîtres de forge de Lorraine, il
avait la réputation d'être un homme original pour ne pas
dire étrange. S'il avait probablement une santé fragile, il
souffrait manifestement d'hypocondrie que sa mère sut
entretenir tout au long de son enfance. Il ne sortait jamais
sans son ombrelle pour se protéger des rayons du soleil et
craignait toute forme de bactéries. Il partageait son temps
entre la musique, ses chiens et les travaux qu’il menait
dans ses diverses propriétés (Antibes, Belle-Isle-en-Mer,
Saint-Avé). Dès 1890, il décida de s'installer sur la côte
basque qu'il appréciait pour son climat tonique et ses
températures douces. A Paris, il commanda au facteur
d’orgue Cavaillé-Coll, un orgue à usage profane et
symphonique qui devint le cœur et la raison de la
construction de son nouveau projet architectural. En
septembre 1890, il engagea l’architecte Gustave Huguenin
(1858-1939), auteur de plusieurs villas à Biarritz, pour
dessiner l'écrin de son orgue, puis, en 1893, il jeta son
dévolu sur la falaise d’Ilbarritz, située entre la propriété de
Nathalie de Serbie au sud et Biarritz au nord. Le notaire
dut réunir les 75 parcelles appartenant à une trentaine de
propriétaires sous un seul et unique domaine de 60
hectares qui comportait alors deux ruisseaux, deux
sources, un étang, un moulin à marée (Mouligna
Larraldeco : section A, parcelle 32 du cadastre de 1831),
deux autres bâtiments (Moulho : section A, parcelle 37 ;
Handia : section A, parcelle 43), les vestiges d’une redoute
napoléonienne (section A, parcelle 35) et 1500 mètres de
littoral. En 1894, Gustave Huguenin dessina les plans du
château et des dépendances et les travaux
commencèrent. Le domaine fut entièrement clôturé, les
ouvriers récurèrent le ruisseau de Lamoulie, détournèrent
le second, pavèrent l’étang provisoirement asséché et
canalisèrent toutes les sources afin de sécuriser le terrain.
En 1895, le bâtiment des cuisines, situé au bord de la plage
(parcelle 35, section A) fut terminé.
Le Baron de l'Espée put ainsi séjourner sur place et
surveiller l’avancée des travaux. La maison Moulho fut
détruite alors que le moulin Larraldeco fut transformé en
une usine hydroélectrique destinée à approvisionner en
électricité l’ensemble du domaine et la maison Handia
devint la ferme du château. En 1896, le baron fit
construire à l’extérieur de son domaine mais accolée à
celui-ci - sur Biarritz - une villa pour sa maîtresse Biana
Duhamel - Villa Les Sables. A la fin de l’année 1897, l’orgue
fut installé et l’année suivante l’ensemble des
dépendances était terminé en effet le parc comportait une
dizaine de dépendances dont deux
cuisines indépendantes, une conciergerie, un
établissement des bains, un pavillon des bains, un chenil,
un pavillon chinois destiné aux chiens, une salle à manger
surélevée, un pont romain et un château féodal. Elles
étaient reliées entres-elles par des galeries qui pouvaient
être partiellement ouvertes ou totalement cloisonnées,
maçonnées ou charpentées, à cheminement simple ou
double. Le parc ponctué également de bungalows et
d'abris formait un parcours dynamique et hygiénique où
l'on pouvait s'abriter dans des salle de repos chauffé ou
encore s'hydrater. Le baron en profita peu car éploré par
sa rupture avec Biana Duhamel, en 1899, il décida de
vendre sa propriété. Il vida la château de son mobilier et
revendit l'instrument à Cavaillé-Coll. Le château ne
trouvant pas preneur, en 1904, Albert de l’Espée revint
s'installer à Ilbarritz pour la saison hivernale et profiter du
climat favorable à sa santé fragile. En 1905, il commanda
un nouvel orgue à Charles Mutin, le successeur d’Aristide
Cavaillé-Coll et réengagea l’architecte Gustave Huguenin
pour améliorer son château. Le grand perron de marbre
qui donnait accès à la salle d’orgue sur la façade est fut
supprimé et un second corps de bâtiment vint s’adosser à
la façade sud du château ; il comportait une vaste chambre
avec vue sur l’océan destinée à sa nouvelle maîtresse. En
1910, la maîtresse du Baron de l’Espée quitta le domaine
et il vendit le château.
Le château et son parc furent rachetés par la Société
Immobilière de la Côte Basque, qui avait pour
administrateur Pierre Barthélémy Gheusi (1865-1943),
directeur de l’Opéra Comique, co-directeur de l’Opéra de
Paris. Impressionné par le lieu, ce dernier le fit ouvrir au
public. Le 10 avril 1912, le domaine d’Ilbarritz accueillit
une fête en faveur de l’Aviation Militaire française. A cette
occasion, un concert fut donné dans la salle d’orgue du
château tandis que le reste du domaine fut ouvert au
public pour la somme de 5 francs, les visiteurs pouvaient
parcourir les 3 km de galeries et les dépendances. La
Société Immobilière de la Côte Basque souhaita
transformer le château et son parc en un haut lieu de
tourisme. Le projet fut suspendu par la guerre qui éclata
en juillet 1914. Jean Barthélémy Gheusi mit alors le
château d’Ilbarritz à disposition du Ministère de la Guerre.
En 1914, le ministère de la Guerre installa au château
d'Ilbarritz un hôpital militaire temporaire destiné à soigner
les militaires blessés. Charles Willems (1859-1930),
chirurgien renommé du début du 20e siècle, en fut
nommé administrateur. Les nombreuses terrasses et
l'isolement du château en fit un lieu propice au repos et à
la pratique des cures au grand air et au soleil, remèdes
préconisés contre la tuberculose osseuse.Bidart – Périmètres Délimités des Abords – Rapport – Atelier Lavigne & Guillaume Duhamel 11
2.3 Historique
Au cours des années 1914 et 1915, des concerts furent
organisés dans la grande salle d'orgue où l'on pouvait
entendre l’orgue Mutin encore en place. A la fin de la
Première Guerre mondiale, les hôpitaux maritimes furent
fermés. L’hôpital d'Ilbarritz perdura jusqu'en 1922. A sa
fermeture, il avait soigné quasiment un millier de malades.
En 1923, le domaine d’Ilbarritz fut acheté par la Société
Paris-Province dont l'administrateur était Edmond Hieulle,
homme d'affaires parisien. A son tour, elle souhaitait tirer
profit des hectares de terrain en front de mer et projeta
de lotir l’ensemble du domaine en découpant
pratiquement 400 lots. Très vite, elle entama le
démantèlement du haut mur d’enceinte, des galeries
couvertes et des dépendances. Le pont romain, la tour
hexagonale et le pavillon chinois furent détruits. La
conciergerie fut transformée en une maison de
villégiature. Les pièces et matériaux furent vendus.
D'après la presse locale, des travaux eurent lieu en août
1924 : La salle d’orgue fut transformée en salle des fêtes
tandis que des plantes et des fontaines lumineuses furent
installées dans le jardin et sur les terrasses. La presse
locale promettait des fêtes élégantes et fastueuses mais le
château fut évincé par la notoriété du Pavillon Royal. En
1928, l'hôtel de la Roseraie fut construit à l'emplacement
de la "cuisine est" qui fut détruite. En août 1931, le
château rouvrit sous le nom d’Impérial-Club. Le gala
d’ouverture fut prévu pour le 1er septembre 1931. Après
cette inauguration, l’Imperial-Club sembla tomber dans
l’oubli. Malgré la vente de nombreux lots, la crise
financière de 1929 bloqua l’épanouissement du domaine
d’Ilbarritz. En 1933, la Société Paris-Province endettée
vendit le domaine d’Ilbarritz aux enchères. Lors du rachat
par la Société Civile des Terrains et des Immeubles
d’Ilbarritz, le château d’Ilbarritz fut séparé de son parc.
Dès 1936, le château accueillit des réfugiés basques fuyant
la guerre civile espagnole puis en 1940 il fut réquisitionné
par l’armée Allemande. Après la Seconde Guerre
mondiale, le château fut racheté par Alexandre Legasse
qui l’utilisa comme ferme. La salle d’orgue devint bergerie,
la salle à manger abrita les cochons et les chevaux étaient
ferrés dans le salon. Les boiseries et les gouttières en
plomb furent vendues au poids.
En 1958, Monsieur Massiaux, ancien maître de chapelle de
Notre-Dame de Paris et son épouse achetèrent le château
vidé de son décor. Le couple souhaitait le transformer en
hôtel, les boiseries furent entièrement restaurées et une
salle à manger avec une vue panoramique sur l’océan fut
construite en jonction avec l’aile sud. L’établissement
ouvrit ses portes en juin 1960.
En juillet 1982, le S.I.A.Z.I.M, Syndicat Intercommunal pour
l’Aménagement de la Zone « Ilbarritz-Mouriscot »,
demanda la préservation du château d’Ilbarritz. En mai
1986, la Compagnie Française du Thermalisme fit
l’acquisition du château lors de la vente sur saisie
immobilière. En 1988, l’Association des Amis du château
d’Ilbarritz réalisa des travaux de remise en état et y
organisa durant la première quinzaine du mois d’août un
festival de musique classique et des expositions. En 1990,
Christophe Luraschi et René Massiaux renouvelèrent la
demande de protection au titre des Monuments
historiques afin de protéger le château des promoteurs qui
grignotaient les terrains alentours. En mai 1990, les
façades, la toiture, la salle d’orgue et le grand escalier
furent ainsi inscrits au titre des monuments historiques.
L‘orgue construit en 1887 par Cavaillé-Coll est aujourd’hui
au Sacré-Cœur à Paris. Aujourd'hui, le château appartient
à Bruno Ledoux. Les dépendances encore présentes sont :
la cuisine ouest devenue le restaurant Le Blue Cargo,
l'usine hydroélectrique qui abrite désormais le poste de
secours de la plage d'Ilbarritz et la conciergerie devenue
maison d'habitation.
source : Date d'enquête 2018 ; Date(s) de rédaction 2019
(c) Commune de Bidart, (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général
du patrimoine culturel, Ehlinger Maïté
vue du pavillon chinois et de la façade est du château,
carte postale, 1er quart du XXe siècle
(source : © SRPI Nouvelle Aquitaine, Ehlinger Maïté)Bidart – Périmètres Délimités des Abords – Rapport – Atelier Lavigne & Guillaume Duhamel 12
2.4 Iconographie complémentaire
Iconographie ancienne
plan du domaine d’Ilbarritz, 1904, Gustave Huguenin
(source : © SRPI Nouvelle Aquitaine, Ehlinger Maïté)
vue du domaine d’Ilbarritz depuis le nord,
galeries couvertes
(source : © SRPI Nouvelle Aquitaine, Rambert Christophe)
vue d’ensemble du château lors de sa transformation en hôpital militaire, 1916-1922
(source : © SRPI Nouvelle Aquitaine, Rambert Christophe)Bidart – Périmètres Délimités des Abords – Rapport – Atelier Lavigne & Guillaume Duhamel 13
2.4 Iconographie complémentaire
Vue du « pont romain » et du
grand salon avec l’orgue.
Photographies entre 1916 et 1922
(collection particulière).
source : Maïté Ehlinger, Eric Cron,
Bidart, Entre terre et Mer, Visages
du patrimoine en Nouvelle
Aquitaine numéro 14, Le Festin,
L’inventaire, 2021
La façade principale aux abords du château
source : G. Duhamel, juin 2022
carte postale ancienne
(source : monumentum.fr)Bidart – Périmètres Délimités des Abords – Rapport – Atelier Lavigne & Guillaume Duhamel 14
3 le monument
et les
composantes
du site :
intérêts et
enjeuxBidart – Périmètres Délimités des Abords – Rapport – Atelier Lavigne & Guillaume Duhamel 15
3.1 Bidart entre mer et montagne
La trame des maisons L’enceinte,
la porte Saint-Jacques
Le trait de cote
Les vues lointaines vers
la montagne
Les échappées vers l’océan
La trame urbaine du village
Les quartiers de
villégiature
Une ville en balcon sur l’océan Atlantique et les Pyrénées
« Ces recherches, combinées à l'inventaire du patrimoine réalisé par Maïté Ehlinger, nous ont montré une évolution dans les usages des espaces depuis le milieu du XXème siècle, ainsi que dans l'architecture des constructions sur la commune. Cette évolution ne semble pas avoir altéré une attention au vivre ensemble et un attachement à une pluralité de paysages, dont certains sont les témoins d'un récent passé agricole. Lors des enquêtes menées par Emilie Mendiboure, les habitant- es et ceux qui sont amenés à parcourir la commune à pied ont pu exprimer une forte sensibilité à la terre, au sens propre (celui du sol sur lequel se posent nos pieds), et un attachement aux vues paysagères et aux ambiances sonores, qui témoignent d'un cadre de vie exceptionnel. Dès lors que l'on chemine ensemble, des liens se tissent. La marche est l'occasion d’une transmission, d'une mémoire mise en partage, de l'évocation d'un attachement et de sensibilités. Le paysage cheminé est ainsi à la fois le théâtre et le témoin de l'évolution de la commune. Parcourir collectivement le paysage devient une pratique culturelle, mémorielle, sensible qui fait du paysage à la fois un patrimoine, un espace de vie et d'imagination des futurs. »Bidart – Périmètres Délimités des Abords – Rapport – Atelier Lavigne & Guillaume Duhamel 16
3.2 Un site privilégié pour les grands domaines de villégiature
L’atlas des paysages des Pyrénées Atlantiques : une « campagne urbanisée » sur le littoral basque
Ce sont les paysages de la côte basque et d'une
grande partie de l'intérieur du Labourd, résultats
de son urbanisation progressive, diffuse et confuse.
Les formes urbaines et architecturales que l'on y
trouve sont de nature très diverses (centres
historiques et zones d'extension des villes et
villages, habitat individuel et collectif anciens et
récents, zones commerciales et zones d'activités,
bâtis agricoles, infrastructures de déplacement, de
loisirs...). On y croise des assemblages végétaux
insolites mêlant espèces de jardins, espèces
spontanées et espèces cultivées par les mondes
agricoles et forestiers en voie de transformation
radicale... Les hinterlands agricoles sont en
devenir. Des modes de vie différents se
juxtaposent du fait de l'arrivée permanente de
nouveaux habitants. Ce territoire de collines plus
ou moins densément urbanisées mais en
perpétuel chantier est en pleine mutation sous
l’effet de la croissance démographique rétro-
littorale dont le front progresse de manière
spectaculaire depuis une vingtaine d’années vers
l'intérieur des terres comme les îlots d'un archipel
urbain.
La commune de Bidart se distingue de Biarritz et de Saint-
Jean-de-Luz toutes proches par une urbanisation moins
dense, laissant une part plus importante aux paysages
agraires en surplomb sur la mer.
C’est cette préservation d’une urbanisation littorale forte
dès le XIXe siècle qui justifie l’implantation de grandes
résidences de villégiatures et de leurs domaines sur ces
collines à flanc de falaises.
« Malgré l’absence d’équipements balnéaires, le village de
Bidart devint rapidement le lieu privilégié d’une aristocratie
à la recherche de grands espaces naturels à même
d’accueillir des programmes résidentiels exceptionnels. »
source : Maïté Ehlinger, Eric Cron, Bidart, Entre terre et Mer, Visages du
patrimoine en Nouvelle Aquitaine numéro 14, Le Festin, L’inventaire,
2021Bidart – Périmètres Délimités des Abords – Rapport – Atelier Lavigne & Guillaume Duhamel 17
3.3 Une succession de domaines sur le littoral
« Le quartier d’Ilbarritz, jouxtant la commune de Biarritz,
était occupé à l’origine par un petit hameau comportant
quelques maisons, un moulin isolé et des terres littorales
non exploitables. A la fin du XIXème siècle, ces landes
sauvages devinrent une terre de refuge pour des
aristocrates en quête de grands espaces, à l’image de la
reine Nathalie de Serbie et du baron Albert de l’Espée. »
Outre le château d’Ilbarritz, une série de villas et domaines
est construite sur les collines à flanc du littoral. Villa Aice
Colpea, dans le lotissement Garacoïtz, les villas Garacoïtz,
la Malika et Etche Tito, la villa Etche Spi.
La plus emblématique demeure la villa Sacchino puis les
Ailes, construite par Nathalie de Serbie (contrainte à l’exil).
L’architecture est établie suivant un plan massé sur le
modèle du Petit Trianon.
sources : Maïté Ehlinger, Eric Cron, Bidart, Entre terre et Mer, Visages du
patrimoine en Nouvelle Aquitaine numéro 14, Le Festin, L’inventaire,
2021
Villa Sacchino : carte postale avant les
agrandissements de Charles Siclis (Archives
départementales des Pyrénées-Atlantiques).
Villa Sacchino : élévation est par l’architecte Paul-Henri Datessen (1884-
1938), vers 1936 (Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques).
Villa les ailes depuis Ilbarritz
source : Atelier LavigneBidart – Périmètres Délimités des Abords – Rapport – Atelier Lavigne & Guillaume Duhamel 18
3.4 L’évolution du paysage
« Malgré l’échec de plusieurs lotissement, l’urbanisation de
ce secteur s’est étendue jusqu’au Plateau au cours du
XXème siècle. Depuis les années 1990, le Syndicat
intercommunal pour l’aménagement de la zone Ilbarritz-
Mouriscot s’est engagé dans un aménagement raisonné
tourné vers la préservation de l’environnement et la
valorisation des activités liées aux plages, à la nature, au
sport et à la promenade. »
L’urbanisation du quartier d’Ilbarritz et du plateau, bien
que limitée, s’accroît au cours du XXème siècle,
notamment par la construction de l’hôtel-casino La
Roseraie inauguré en 1928, édifice implanté sur la colline à
proximité du château d’Ilbarritz et très marquant dans le
paysage. Plus récemment des lotissements ont été établis
sur le plateau, plus près de la route. Les gabarits et
hauteurs des constructions sont bas. La végétation en
limite du parcours du golf et en arrière-plan, crée un
couvert végétal qui permet une bonne intégration des
constructions (à maintenir et entretenir). Le golf qui
s’étend au pied du château a permis de protéger la colline
et les abords du château.
La Roseraie d’Ilbarritz, photographies, vers 1928 (collection
particulière). En haut : élévation sur rue de l’hôtel. En bas :
le casino et l’aile en retour en cours de construction, à
l’arrière le château d’Ilbarritz, photographie avant 1928
(collection particulière).
sources : Maïté Ehlinger, Eric Cron, Bidart, Entre terre et Mer, Visages du
patrimoine en Nouvelle Aquitaine numéro 14, Le Festin, L’inventaire,
2021
Nouveaux lotissements sur le plateau
source : Atelier Lavigne
1954 2022
(source : IGN, Remonterletemps)Bidart – Périmètres Délimités des Abords – Rapport – Atelier Lavigne & Guillaume Duhamel 19
3.5 Les permanences
Outre les villas et domaines construits, les rares témoins
des nombreuses dépendances que possédait le château
peuvent être identifiés, parmi lesquels :
- La conciergerie du château d’Ilbarriz,
- L’ancien pavillon de la salle à manger du château
d’Ilbarritz aujourd’hui villa Aïrazia
Ces témoins sont repérés et décrits dans les fiches de
l’Inventaire topographique de Bidart.Bidart – Périmètres Délimités des Abords – Rapport – Atelier Lavigne & Guillaume Duhamel 20
3.6 Les relations de covisibilités
Le château sur la colline, au premier plan le Pavillon Royal
(source : © SRPI Nouvelle Aquitaine, Barroche Adrienne)
Perception du château depuis Biarritz
source : G. Duhamel, juin 2022Bidart – Périmètres Délimités des Abords – Rapport – Atelier Lavigne & Guillaume Duhamel 21
3.6 Les relations de covisibilités
Depuis le château, le Pavillon Royal
source : G. Duhamel, juin 2022
Les covisibilités entrantes vers le château d’Ilbarritz
permettent, et ce malgré les nouvelles constructions
autour, le camping dans le creux du vallon et le golf, de
lire le monument dans le contexte géographique sur
lequel il est venu s’implanter pour magnifier un site
collinaire exceptionnel en bord de mer, avec vue sur la
chaîne des Pyrénées. La préservation de ces vues
dégagées sur la colline littorale et des plages est ainsi un
enjeu très fort pour le devenir du site.
Les vues sortantes, elles, permettent d’embrasser du
regard l’étendue de l’ancien domaine aujourd’hui plus
morcelé mais préservé de l’urbanisation du XXe siècle et
ponctué à la fois des témoins de ces anciens
aménagements liés à la villégiature et à la fois du Pavillon
Royal qui porte lui aussi son intérêt propre de
préservation, en intégrant tous les aménagements de
jardins liés.Bidart – Périmètres Délimités des Abords – Rapport – Atelier Lavigne & Guillaume Duhamel 22
4 proposition
de
délimitation
du Périmètre
Délimité des
AbordsBidart – Périmètres Délimités des Abords – Rapport – Atelier Lavigne & Guillaume Duhamel 23
4.1 Scénario retenu de délimitation du PDA
La proposition de délimitation du Périmètre
délimité des abords s’appuie sur les intérêts
et enjeux les plus forts autour du monument
qui constituent l’écrin paysager élargi.
Le scénario retenu de délimitation du
Périmètre Délimité des Abords intègre :
- la totalité de la colline et du front de
mer : le périmètre de l’ancien parc du
château, la Roseraie et les nouvelles
constructions implantées sur le plateau
près de la route, en covisibilité avec le
château, le golf, le camping situé en
contrebas entre le domaine du château
et la villa des Ailes, la villa des Ailes et
son domaine, comme vue sortante et
arrière plan paysager vers l’océan,
témoin aussi comme le château, des
grands domaines implantés en balcon
sur l’océan.
- l’écrin paysager du quartier et du
monument : les collines dont les limites
sont marquées par l’océan, les plages et
la RD911 avenue de Biarritz, les parcs et
jardins des maisons et villas, le golf au
pied du château.
La colline du château et les constructions en frange, le périmètre du PDA reporté source : Atelier Lavigne
Les surfaces
PDA : 82,54 hectares
Château d’Ilbarritz
Villa des Ailes et son parc
La Roseraie
Golf
Nouvelles
constructions
RD911 avenue
de Biarritz
Commune de Biarritz
Conciergerie
du château
CampingBidart – Périmètres Délimités des Abords – Rapport – Atelier Lavigne & Guillaume Duhamel 24
4.2 Comparaison des délimitations des abords et du PDA
Le périmètre délimité des abords
s’appuie sur la limite communale au
nord avec Biarritz. Il ne déborde pas au
contraire du périmètre des abords.
Le périmètre délimité des abords
n’intègre pas non plus la portion de
l’océan.
Le périmètre délimité des abords devra
être pris en compte par le PLU (en
cours de modification). La mise en
place d’une OAP patrimoniale ou d’un
cahier de gestion du PDA serait à
envisager afin de garantir la qualité des
constructions nouvelles dans l’écrin
des monuments.
Les surfaces
Abords MH : 82,54 hectares
Abords MH sans surface
de l’océan : 63,62 hectares
PDA : 93,31 hectares
Le périmètre du domaine du château d’Ilbarritz, intégré en totalité dans le PDA, dans les limites communales de Bidart
source : Inventaire topographique de Bidart
Château d’Ilbarritz
Commune de Biarritz